Catégories
Hébergement Tourisme durable

Les tendances en matière d’adhésion à des labels écologiques dans les hôtels canadiens

Les améliorations de la performance environnementale du secteur de l’hôtellerie ne font pas l’objet d’une évaluation systématique. Il est donc difficile d’estimer la réelle ampleur du changement qui, dans le cas du Canada, n’est pas uniforme selon les divers programmes auxquels les établissements peuvent adhérer (voir tableau 1). Si quelques hôtels arrivent à verdir leur performance, le secteur n’en est qu’à la case départ en ce qui concerne la réduction de son empreinte écologique. En effet, moins de 2% des établissements hôteliers du Québec enregistrés par la CITQ (Corporation de l’industrie touristique du Québec) participent officiellement à l’un ou l’autre des programmes offerts.

Le Programme d’évaluation écologique Clé verte

Le programme d’évaluation écologique Clé verte a été inauguré en 1997; sa gestion est assurée par l’Association des Hôtels du Canada (HAC). Les clés vertes permettent d’identifier les établissements participants et le nombre de clés qui leur est accordé sert d’indicateur des mesures «vertes» mises en œuvre. Bien que cette étiquette soit disponible à tout demandeur, le programme est conçu pour les grands hôtels. Pour participer, il faut compléter un questionnaire en ligne composé de 140 questions portant sur cinq secteurs d’exploitation. Depuis 2007, l’AHC procède à des vérifications aléatoires sur le terrain.

Présentement, environ 600 propriétés à travers le Canada sont inscrites au programme (tableau 1). D’ici la fin de 2008, on souhaite atteindre 1000 établissements, soit 30 à 40% de tous les hôtels canadiens d’une capacité de 50 chambres ou plus. En mars 2008, l’Ontario et la Colombie-Britannique comptaient le plus grand nombre d’hôtels dans ce programme (tableau 1), la majorité d’entre eux affiliés à une chaîne et classés trois clés (graphique 1). Dans l’ensemble, on considère que les hôtels classés cinq clés ont respecté les normes les plus élevées en matière de gestion environnementale et de responsabilité sociale dans tous les secteurs d’exploitation. Les normes sont établies à l’échelle internationale et portent sur la durabilité des activités hôtelières (voir la liste en fin de texte pour des exemples).

Graphique 1: Nombre d’hôtels canadiens et leur classement selon le nombre de clés

Labels_ecologiques_hotels_graph1

Au Québec, les établissements ayant obtenu une certification sont inégalement distribués dans les régions touristiques (graphique 2). Montréal en compte le plus grand nombre, suivi de Québec et de la Montérégie, qui se classent respectivement aux deuxième et troisième rangs. Certaines régions ne sont pas du tout représentées.

 

Graphique 2: Nombre d’établissements qui participent au programme d’évaluation
écologique Clé verte selon les différentes régions touristiques québécoises

 

Labels_ecologiques_hotels_graph2

Programme Greenleaf d’Audubon

Depuis 2000, le programme d’évaluation écologique de l’organisme Audubon International est offert en collaboration avec l’agence TerraChoice Environmental Marketing, Inc. Les entreprises qui participent obtiennent de une à cinq feuilles vertes et le nombre de feuilles est une indication du nombre de mesures environnementales mises en œuvre. Les participants réalisent une autoévaluation des six principaux secteurs d’exploitation qui est ensuite analysée par TerraChoice Environmental Services. Ce dernier assure également la gestion du processus indépendant de contrôles ainsi que la tenue de vérifications aléatoires des adhérents sur le terrain.

Bien que tous les genres d’établissements hôteliers puissent adhérer au programme, à ce jour (mars 2008), seulement 44 membres au Canada – répartis surtout dans les provinces du Manitoba, de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario – l’ont fait (tableau 1). Au Canada, la plupart de ces établissements ont reçu trois feuilles. Au Québec, il y a deux établissements, situés à Montréal, et ils sont classés deux feuilles. Le faible nombre de participants canadiens s’explique par la popularité du programme Clé verte de l’AHC, bien que certains hôtels adhèrent aux deux programmes.

Réser-vert

En novembre 2007, l’Association des hôteliers du Québec, en collaboration avec ses partenaires des secteurs privé et public, a lancé son propre programme visant à identifier les établissements qui ont intégré les principes de développement durable à leurs opérations. Les établissements certifiés peuvent afficher un logo arborant un Thuya occidentalis, dont les trois couleurs sont représentatives des trois piliers du développement durable. Comparable aux autres, Réser-vert comprend aussi une autoévaluation, qui porte sur 140 opérations particulières dans 10 catégories. Tous les établissements hôteliers peuvent déposer une demande d’adhésion. Il est encore trop tôt pour calculer le taux de participation à l’aide de données statistiques.

LEED

Labels_ecologiques_hotels_tabl1

 

Présentement, parmi tous les programmes en matière d’environnement bâti, LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) est le plus rigoureux. Ce programme, géré par le Conseil du bâtiment durable du Canada, est conçu pour les établissements en construction ou en rénovation. Les participants réalisent une évaluation à partir d’indicateurs de rendement, de même qu’une évaluation qui porte sur plusieurs secteurs d’exploitation, dans le but de recevoir un certificat argent, or, ou platine. En mars 2008, parmi les six hôtels canadiens participants, la moitié se trouve en Ontario (tableau 1) et la certification la plus élevée octroyée jusqu’à présent est l’or.

Le marché réagit-il?

Il existe des preuves (avancées du moins par les grandes chaînes hôtelières) selon lesquelles être vert se traduit par une bonne image, des épargnes et une nette amélioration du rendement économique. Pendant cette période d’ajustement du marché à la «révolution verte», l’importance d’être vert ne cessera de croître. D’après les études recensées, il est clair que la demande pour un hébergement vert est grandissante, mais il est difficile de l’évaluer pour différentes destinations en s’appuyant sur des données avérées. Cela dit, il semble que les voyageurs sensibilisés à l’environnement ne se contentent plus seulement de mesures symboliques comme la réutilisation de serviettes de bain.

Selon des rapports en provenance d’Europe, la responsabilité sociale corporative devient de plus en plus un facteur de poids dans le secteur des conférences et des événements pour les années à venir et cette tendance se confirme également en Amérique du Nord. Le site greenlodgingnews.com présente les résultats d’un sondage réalisé en 2008 par l’Association des Hôtels du Canada et Fleishman Hillard sur les intentions de voyage à l’étranger. On y rapporte que 29% des voyageurs d’affaires et 21% des voyageurs d’agrément étaient prêts à débourser 5% de plus pour un séjour respectueux de l’environnement. L’étude montre aussi que 52% de tous les voyageurs interrogés recherchaient, «à l’occasion» ou «le plus possible», des hôtels qui ont adopté de solides pratiques vertes, alors que 46% ont répondu «rarement ou jamais». Il est intéressant de noter que 91% des répondants n’étaient pas au courant du programme canadien d’évaluation écologique Clé verte. À la question portant sur l’adoption par leur organisation d’une politique relative aux déplacements écologiques, 60% ont répondu non, 8% oui et 32% ont admis ne pas savoir.

Pendant ce temps, l’industrie hôtelière doit poursuivre ses «affaires». Un établissement qui présente une faiblesse sur le plan des valeurs et de la compétence commerciale n’améliore pas ses chances de succès. L’aperçu de la participation aux programmes de certification écologique donne à penser que l’attitude de responsabilité à l’égard de l’environnement des petits hôtels est moins évoluée que celle des hôtels certifiés appartenant à des chaînes. Dans les faits cependant, les petits établissements sont nombreux à améliorer leur performance de développement durable. Pour eux, l’environnementalisme comme moyen de générer un réel profit est peut-être un défi top ambitieux. Le fait que les touristes verts ne sont pas encore assez nombreux leur permet toutefois de gagner du temps. D’autres forces qui sont en jeu pourraient les inciter à changer de cap et à être plus respectueux de l’environnement, notamment l’augmentation de 70% des coûts énergétiques dans certaines provinces canadiennes ainsi que des coûts d’enfouissement des déchets plus élevés au cours des cinq prochaines années.

Tous les hôtels, sans exception, doivent apporter des modifications à leurs pratiques et progresser vers une responsabilisation accrue de leurs opérations. En vue de les aider à réussir dans cette démarche, il existe aujourd’hui des centaines de ressources et de nombreuses pratiques exemplaires.

Liste d’hôtels qui ont des pratiques exemplaires selon les programmes qui ont fait l’objet de cette étude:

Siwash Lake Ranch
The Fairmont Chateau Lake Louise
Hospitality Inns & Suites, Lloydminster
Monterey Inn Resort & Conference Centre
Trout Point Lodge
Aurum Lodge
E’Terra Inn

Notes:

Les droits de participation aux programmes sont variables. Pour les membres d’une organisation, les droits d’adhésion aux programmes de reconnaissance sont:

Clé verte de l’Association des Hôtels du Canada: 350 CAD (+ taxes) par propriété, payables annuellement.

Greef Leef d’Audubon: 500 CAD (+taxes) et 1 $ en sus par chambre, pour les établissements d’une capacité de 50 chambres ou moins; 800 CAD (+taxes) et 1$ en sus par chambre pour les établissements de plus de 50 chambres.

Réser-vert de l’Association des hôteliers du Québec: 150 CAD lors de l’adhésion; par la suite, cotisation annuelle fixe de 350 CAD (+taxes).

Leadership in Energy and Environmental Design (LEED): droits de participation variables selon la taille de l’établissement. Pour un hôtel québécois d’une superficie de plancher de moins de 500 mètres carrés, un investissement d’environ 4200 CAD (+taxes) est nécessaire pour obtenir la certification, en plus des frais d’enregistrement de 1000 CAD (+taxes). Pour les établissements en rénovation, le tarif est réduit de 50%, y compris les frais d’enregistrement.

Sources:

– Association des Hôtels du Canada. [[http://www.hacgreenhotels.com/index.htm], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Association des hôteliers du Québec. [[http://www.hoteliers-quebec.org/fr/accueil.php], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Audubon Green Leaf Eco-rating Program. [[http://www.terrachoice.ca/hotelwebsite/indexcanada.htm], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Buckley, R. «Tourism Ecolabels», Annals of Tourism Research, vol. 29, no 1, 2002, p. 183-208.
– Conseil du bâtiment durable du Canada. [http://www.cagbc.org], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Corporation de l’industrie touristique du Québec. [http://www.citq.info/nouvelles/statistiques.asp], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Font, X. et C. Harris. «Rethinking Standards from Green to Sustainable», Annals of Tourism Research, vol. 31, no 4, 2004, p. 986-1007.
– Hasek, G. «Leed Gold-Certified E’Terra Inn Is Natural Fit for Niagara Reserve», Green Lodging News, 6 février 2008 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Hasek, G. «Canada’s Hoteliers Gather To Explore Green Trends, Best Practices», Green Lodging News, 26 février 2008 [www.greenlodgingnews.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Hospitality and Sales Association International. Resources for Resourceful – Hospitality Firms, été 2007, p. 28-30.
– McDonald-Gibson, C. «Des hôtels écolos tendent la main aux voyageurs», Agence France-Presse, jeudi 3 avril 2008.
– Reiser, A. et D.G. Simmons. «A Quasi-experimental Method for Testing the Effectiveness of Ecolabel Promotion», Journal of Sustainable Tourism, vol. 13, no 6, 2005, p. 590-616.
– Terra Choice Environmental Marketing. [http://www.terrachoice.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Verikios, M. «CSR Higher on the Business Agenda», Travel Daily News 19 octobre 2007 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 19 octobre 2007.
– Verikios, M. «Focus on Environmental Responsibility Within Meetings Industry», Travel Daily News, 04 septembre 2008 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 10 avril 2008.

Catégories
Faits et chiffres Segments de clientèles Technologies

Offensive féminine dans l’univers d’Internet

Où se situent les femmes dans le monde internaute? Les chiffres en témoignent, les femmes ont désormais intégré le Web dans leur quotidien. La forte croissance de l’utilisation de ce média par les femmes au cours des dernières années confirme presque «l’égalité des sexes» sur Internet. La progression du taux d’adoption est nettement plus marquée chez les adolescentes, qui prennent d’assaut blogues, réseaux sociaux et autres espaces participatifs. Voici un topo statistique de l’univers internaute.

Un coup d’œil sur la planète

Les États-Unis comptent le plus grand nombre d’internautes et le Canada se situe au 13e rang à ce chapitre. Cependant, son taux de pénétration (67,8%) positionne ce dernier au 3e rang derrière l’Australie (71,9%) et les États-Unis (69,7%) dans ce classement. Depuis 2000, le taux de pénétration de la population canadienne a augmenté de 27,5%.

Plusieurs pays ont un grand potentiel de développement, ce qui est le cas notamment de la Chine, de l’Inde et de l’Indonésie. En effet, malgré leur nombre élevé d’internautes, le pourcentage de pénétration dans la population reste faible.

ML_2008-04_offensv_feminine_tbl1

Au Canada

Les utilisateurs d’Internet (18 ans et plus) représentaient une proportion de 67,9% de la population canadienne en 2005 et les femmes (67,8%) étaient presque nez à nez avec la gente masculine (68%) (7).

Au début de 2008, on estimait la population internaute féminine canadienne à environ 12 millions et, au Québec, elle se situait autour de 2,2 millions. Ces marchés semblent avoir atteint une certaine maturité malgré un bond de 40% de la tranche des 12-17 ans de 2007 à 2008, qui a atteint 600 000 internautes (2).

Au Québec

Tous utilisateurs confondus, l’adoption d’Internet poursuit toujours sa progression au Québec, tant en ce qui a trait au nombre d’adeptes qu’à l’utilisation de diverses applications (commerce électronique, univers participatif du Web 2.0 – réseaux sociaux, blogues, wikis, baladodiffusion, etc.).

En 2007…
• Une moyenne de 71% des adultes, soit 4,4 millions, utilisent Internet sur une base régulière, contre 66% en 2006.
• L’écart entre les internautes féminins et masculins tend à diminuer. Le pourcentage des femmes est passé de 62,5% en 2006 à 69% en 2007 (74% chez les hommes en 2007).
• Les hommes et les jeunes adultes (18-34 ans) sont les plus grands adeptes du Web 2.0, mais la tendance laisse présager que le fossé s’amenuisera avec le temps.

La communication prime – 65% utilisent le courriel pour communiquer avec leurs parents ou leurs amis et 32% clavardent. Suit le divertissement, qui gagne rapidement des fidèles – 27% des Québécois écoutent ou téléchargent de la musique (comparé à 22% en 2006) et 20% y visionnent ou téléchargent des vidéos (13% en 2006). Le commerce électronique et le lèche-vitrine virtuel comptent également davantage d’utilisateurs – en 2007 un million d’adultes québécois (19%) achètent chaque mois sur Internet (15% en 2006) et 30% des Québécois utilisent Internet pour se renseigner sur un produit et conclure ensuite leur achat en magasin. En 2006, 39,1% y planifiaient leurs vacances. De nombreuses recherches effectuées sur le Web sont par ailleurs liées à la santé (1).

Aux États-Unis

En 2007, plus de 210 millions d’Américains étaient branchés à Internet, soit 69,7% de la population des États-Unis (4).

En 2008, on estime à 100,4 millions le nombre d’internautes féminines de tous âges (51,8%) qui se rendront au moins une fois dans un mois sur ce média, contre 93,5 millions d’hommes (48,2%). Une raison explique cette différence: selon les statistiques du US Census Bureau, les femmes (155 millions) sont plus nombreuses que les hommes (150 millions) au sein de la population. L’arrivée des adolescentes sur le Net explique la forte croissance de l’utilisation d’Internet par la gente féminine. Du côté des adultes, les femmes (68%) sont surpassées légèrement par les hommes (70%) (8).

ML_2008-04_offensv_feminine_grphq1

L’utilisation du courrier électronique, l’emploi de moteurs de recherche pour trouver de l’information, la consultation de cartes et d’indications routières, la recherche de renseignements liés à un hobby ou à un champ d’intérêt, à la santé, à un service ou à un produit à acheter, la consultation de la météo, la planification des voyages et la lecture des nouvelles constituent, dans l’ordre, les principales activités en ligne des internautes, et ce, dans une proportion de 70% et plus.

Internet est un mode de vie pour les jeunes – 93% y surfaient en 2007 – et ils sont des as de l’interaction sociale (blogues, réseaux sociaux, création de matériel digital de toutes sortes, etc.). Les adolescentes dominent la blogosphère, utilisent beaucoup plus les sites de réseaux sociaux que les garçons et les surpassent en matière de contenu créatif. Chez les jeunes, le courriel perd de son attrait à la faveur du téléphone cellulaire, des courts messages envoyés sur les appareils mobiles (SMS) et de la messagerie instantanée (MSN) (5).

L’enquête Women and Digital Lifestyles rapporte que le nombre de femmes dépasse celui des hommes dans la pratique de certaines activités: réseaux de télévision sur le Web, vidéos, jeux en ligne et sites de médias sociaux (ex. MySpace et Facebook). Les femmes sont plus enthousiastes à l’égard des communications en ligne que les hommes. Elles utilisent le courriel pour écrire aux amis et à la famille, pour organiser des événements, pour partager des nouvelles et des préoccupations, tandis que les hommes l’utilisent principalement pour communiquer avec différentes organisations (6).

Plus de 40% des internautes féminines (environ 35 millions) ont un enfant de moins de 18 ans à la maison et près de la moitié (47%) disent qu’elles utilisent Internet plus souvent depuis qu’elles ont un enfant. Les mères de famille consultent Internet au moins une fois par mois dans une proportion de 86%, comparativement à 68% des femmes en général, et ce pourcentage augmente à 94% chez les femmes qui sont enceintes ou qui s’attendent à avoir un enfant dans l’année suivante. Le magasinage en ligne et les réseaux sociaux s’immiscent lentement dans leur quotidien (3).

Sources:
(1) CEFRIO. «Enquête NETendances 2007: Les québécois passent au web participatif», 19 mars 2008.
(2) Conférence InfoPresse. «Femmes – À l’ère de la révolution numérique», Montréal, 2 avril 2008.
(3) emarketer. «My Mommy’s Online», [emarketer.com], 17 mars 2008.
(4) Internet World Stats, [www.internetworldstats.com/top20.htm].
(5) Lenhart, Amanda et al. «Teens and Social Media», Pew Internet & American Life Project, 19 décembre 2007.
(6 ) Solutions Research Group. «Femma Geeks Take Charge», Women and Digital Lifestyles, mars 2008.
(7) Statistique Canada. «Utilisation d’Internet par les particuliers et les ménages – Caractéristiques des individus qui utilisent Internet», 2005.
(8) Williamson, Debra Aho. «Men, You’re Outnumbered Online», [emarketer.com], 24 mars 2008.

Catégories
Faits et chiffres Marchés géographiques

Les Américains: de la visite rare, qui reste plus longtemps… mais dépense moins!

Saviez-vous que, en dépit du fait que le marché américain est en baisse au Québec, les touristes d’agrément qui viennent séjournent de plus en plus longtemps? Toutefois, on apprend aussi que les dépenses moyennes par visite et par nuitée sont en baisse. On constate par ailleurs que le marché de New York se porte plutôt bien alors que le Québec rencontre davantage de difficultés à intéresser les États de la Nouvelle-Angleterre. Voici un portrait détaillé du marché américain en 2006, dans une perspective de comparaison avec les données historiques des années précédentes.

Un regard historique

Depuis 2003, le Réseau de veille établit des profils détaillés de certains marchés comme celui des Américains. Pour les années précédentes, nous avions surtout proposé des portraits statiques puisque nous ne disposions pas de suffisamment de données antérieures pour procéder à une analyse évolutive. L’objectif du présent article consiste à présenter, pour une première fois, l’évolution du marché américain en comparant les données de l’année la plus récente (2006) avec les statistiques des années 2003, 2004 et 2005. Pour connaître les profils de nature qualitative qui traitent notamment des activités pratiquées et du mode d’hébergement utilisé, les articles précédents demeurent une bonne référence. (Lire aussi: Mieux comprendre le déclin du marché américain au Québec en 2005 et Profil des Américains au Québec en 2004.)

Un total de 2,11 millions d’Américains ont effectué un voyage touristique au Québec en 2006, soit une baisse de 4% par rapport à l’année précédente (tableau 1). N’eut été de la performance positive des touristes en visite chez des parents et des amis (+6%), le bilan de 2006 aurait été beaucoup plus sombre. Du côté des excursionnistes, la chute s’avère très significative (-13%) avec un peu plus de un million de visiteurs. On remarque que le tourisme d’affaires a beaucoup moins souffert et qu’il enregistre même une hausse de 10% des visites du même jour.

CP_2008-03_amrcn_rare_tbl1

L’année 2004 s’est avérée un assez bon cru touristique pour le marché américain (graphique 1), surtout par rapport à 2003, année où l’industrie touristique a dû composer avec les conséquences négatives du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), apparu au printemps. D’ailleurs, on constate que les chiffres des trois derniers trimestres de 2003 demeurent inférieurs à ceux des années subséquentes. Depuis 2004, l’évolution du nombre de touristes américains d’agrément ou en visite chez des parents ou des amis, répartie selon les trimestres, indique que le Québec a subi des pertes à toutes les périodes de l’année.

evolution_americains.jpg

 

Où se fait l’érosion?

L’État de New York maintient sa place de principal marché émetteur de touristes américains au Québec avec 341 000 visites en 2006 (graphique 2). La baisse enregistrée en 2006 se reflète sur la majorité des États, particulièrement le New Hampshire (-41% vs 2004), le Michigan (-37% vs 2004), le Maine (-24% vs 2004) et le Connecticut (-24% vs 2004). Certains États émetteurs tels que New York, le New Jersey et la Pennsylvanie affichent une plus grande constance.

CP_2008-03_amrcn_rare_grphq1

La saignée des excursionnistes

Le Canada a beaucoup souffert de la baisse drastique du nombre d’excursionnistes américains au cours des dernières années. Le Québec a enregistré d’importantes pertes auprès des deux principaux marchés émetteurs de ce type de touristes, soit les États du Vermont et de New York (graphique 3). Il s’agit d’une baisse totale de 331 000 excursionnistes entre 2003 et 2006, dont plus de 200 000 en provenance du Vermont. Sur une note régionale, ce sont les Cantons-de-l’Est qui en ont accueilli le plus grand nombre en 2006 (377 000), dont 283 000 en provenance du Vermont.

CP_2008-03_amrcn_rare_grphq3

Ce sont les voyages de quatre à six nuitées qui, au total, sont les plus populaires (plus de 2,4 millions de nuitées en 2006, graphique 4). Même si le nombre de touristes américains est à la baisse, ces derniers prolongent toutefois la durée de leur séjour. De 3,64 nuitées en moyenne en 2005, il est passé à 3,79 en 2006. Ainsi, le total de nuitées enregistrées dans le segment des séjours de 10 à 16 nuitées est en hausse constante depuis 2003.

CP_2008-03_amrcn_rare_grphq4

Montréal et Québec à la loupe

Les villes de Montréal et de Québec constituent les deux pôles majeurs d’intérêt pour la clientèle touristique internationale. Vu l’importance de ces régions comme destination de voyage des Américains, nous présentons, pour chacune d’elles, l’évolution du nombre de touristes selon l’État de provenance, de 2004 à 2006.

 

evolution_americains_mtl.jpg

 

La métropole québécoise a accueilli quelque 1,1 million de touristes américains en 2006, soit une baisse de plus de 155 000 par rapport à 2004. Montréal a enregistré ses plus importantes pertes du côté des touristes en provenance du Massachusetts (une baisse d’environ 37 000 touristes depuis 2004). Le New Hampshire et le Vermont ont également connu de sévères baisses (25 000 et 21 000) depuis 2004. Par contre, le premier marché en importance, celui de New York, est demeuré stable avec plus de 206 000 touristes en 2006.

evolution_americains_que.jpg

La Vieille Capitale a reçu près de 640 000 touristes américains en 2006, c’est-à-dire une diminution d’environ 60 000 comparé à 2004. Par ailleurs, on remarque quelques divergences par rapport aux tendances notées précédemment pour Montréal. D’abord le marché du Massachusetts, qui, s’il a récemment délaissé la métropole, semble se diriger de plus en plus du côté de Québec avec un gain net de 10 000 touristes depuis 2004. On constate aussi l’importance du Maine comme marché primaire pour Québec avec 67 000 visiteurs en 2006, quoiqu’en forte baisse par rapport aux années précédentes. Autre fait intéressant, il y a plus de Floridiens (35 000) qui visitent la ville de Québec que celle de Montréal (32 000).

Profils par but de voyage

Comme dernier segment d’analyse, voici trois graphiques qui démontrent l’évolution du nombre de touristes américains selon les régions touristiques visitées (graphiques 7 et 8). Le premier traite spécifiquement des touristes d’agrément et le deuxième des touristes en visite chez des parents et des amis. La mention «autres» comprend non seulement les autres régions touristiques, mais aussi les voyageurs qui n’ont pas précisé la région visitée.

CP_2008-03_amrcn_rare_grphq7

 

CP_2008-03_amrcn_rare_grphq8

 

Quelques constats associés aux graphiques 7 et 8:

  • Sur le marché de l’agrément, Montréal et Québec enregistrent des pertes respectives de 124 000 et de 103 000 touristes en 2006 par rapport à 2004.
  • L’Outaouais et la Mauricie sont les seules régions qui affichent des hausses significatives sur le marché de l’agrément en 2006.
  • Le nombre de touristes en visite chez des parents et des amis est en baisse dans les régions des Cantons-de-l’Est et de Chaudière-Appalaches, entre autres, mais en hausse à Québec, dans les Laurentides et dans Lanaudière.

Pour conclure, le tableau 2 fournit quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des voyageurs d’agrément, selon l’année de référence.

CP_2008-03_amrcn_rare_tbl2

La première caractéristique, la taille des groupes, demeure relativement inchangée d’une année à l’autre. Tel qu’indiqué précédemment, on remarque avec intérêt que la durée de séjour prend une tendance positive avec une durée moyenne de 3,79 nuitées en 2006. Malheureusement, cela ne se traduit pas par plus de dépenses des Américains, puisque tant les dépenses moyennes par visite que par nuitée connaissent une baisse significative. Avec la poussée récente du dollar canadien, on peut s’attendre à ce que les données entourant les dépenses moyennes continuent de décliner en 2007 et en 2008.Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2003-2006.

Catégories
Tendances

Des incontournables qui rythment l’industrie touristique en 2008

L’année touristique sera-t-elle un grand cru, bonne ou juste ordinaire? Voici certaines tendances qui, à court terme, conditionnent le succès de l’année 2008 et d’autres qui, à plus long terme, façonnent l’industrie touristique. Voyez ce qui est sous haute surveillance, les inéluctables et les classiques.

Sous haute surveillance

Les voyages d’affaires et d’agrément, les taux d’occupation dans les hôtels seront-ils en croissance? Les facteurs qui suivent conditionnent grandement les flux touristiques et les recettes des entreprises.

  • Économie – les déboires du marché immobilier aux États-Unis se répercutent sur d’autres secteurs d’activité et une récession menace l’économie américaine, mais, pour l’instant, on préfère parler de ralentissement. Cette situation mine la confiance des consommateurs. Inévitablement, le marasme économique américain a des conséquences sur l’économie canadienne et ailleurs dans le monde.
  • Taux de change – on surveille la force du huard et le déclin de la devise américaine. Au Canada, la valeur élevée du dollar canadien favorise la tendance des voyages à l’étranger. D’autres monnaies qui ont pris de la vigueur incitent les voyageurs – européens et australiens, notamment – à sortir de leur pays.
  • Prix du pétrole – l’augmentation du prix du pétrole pousse les consommateurs à réduire leurs déplacements en raison des répercussions sur le prix à la pompe et sur le coût des billets d’avion.
  • Politique – la course à l’investiture pour la présidentielle américaine et les élections à la présidence retiennent l’attention. Généralement, les Américains voyagent moins durant cette période. La politique internationale continue de teinter le choix des destinations des voyageurs.
  • Sécurité, menaces terroriste, sanitaire et climatique – ces éléments influencent la décision des voyageurs dans leur choix de destination et peuvent, à tout instant, compromettre la saison touristique (violences postélectorales au Kenya, ouragan, etc.). La date butoir qui exige pour toute personne, entrant ou retournant aux États-Unis par voie terrestre ou maritime, d’être en possession d’un passeport ou d’un autre document de voyage sécurisé, a de nouveau été repoussée, cette fois-ci au 1er juin 2009. Malgré ces multiples reports qui n’ont réussi qu’à semer la confusion, plusieurs voyageurs, tant canadiens qu’américains, se sont procuré leur passeport, ce qui rend les voyages à l’étranger encore plus accessibles.

Aux États-Unis, les contrecoups de la situation économique, du prix élevé de l’essence, des exigences relatives aux passeports, de la faiblesse du dollar pourraient favoriser les voyages intérieurs. Selon les experts, les Américains voyageront quand même, mais ils feront des voyages plus courts et à proximité de chez eux. Ils feront des compromis. La durée des vacances et des séjours dans les hôtels sera réduite. Ils resteront plus près de la maison ou visiteront des amis ou des proches. De plus, la force du huard par rapport à la devise américaine nuit à la compétitivité des prix des destinations canadiennes.

Les inéluctables

On en a parlé, on en parle et on en parlera encore et encore. Il faut les avoir constamment dans le collimateur, car ces facteurs, dont plusieurs sont interreliés, doivent guider les décisions et les actions des décideurs et des gestionnaires. Attention, certains mouvements pourraient s’accélérer plus rapidement que l’on pense!

  • Tourisme durable – il comporte trois volets: économique, social et environnemental. Il est devenu une condition sine qua non pour développer un type de tourisme respectueux de la nature, des gens visités et de la main-d’œuvre embauchée. Il est une condition aussi pour sauvegarder notre ressource première, pour contribuer à l’essor économique d’une région et pour redorer l’image parfois écorchée de l’industrie.
  • Changements climatiques – avec les gaz à effet de serre (GES) en tête, ils n’ont pas fini d’alimenter les médias, d’alerter les groupes de pression et d’interpeller les gouvernements, les scientifiques et la population. Il faut donc s’y attaquer dès aujourd’hui car les répercussions sur l’industrie touristique sont inévitables.
  • Vert et éco – la «verdure» est de tous les discours, le préfixe éco se greffe à de nombreux produits et les initiatives prolifèrent. Un but: réussir à établir une grande chaîne verte – voyageurs, entreprises, fournisseurs et intervenants.
  • Responsabilité sociale – cela prévaut tant pour le voyageur que pour l’entreprise touristique. Déjà sensibilisés à la protection de l’environnement, les voyageurs démontrent leur volonté de passer à l’action. Ils veulent être des touristes responsables. La croissance des voyages à caractère humanitaire et engagé, des voyages équitables et de l’écotourisme en fait foi. Par conséquent, la responsabilité sociale des entreprises, où il faut montrer «patte verte», constitue un facteur important pour les consommateurs dans le choix des produits et des services.

Dans un autre ordre d’idées…

  • Vieillissement de la population – l’importance de ce phénomène oblige à segmenter une clientèle vieillissante en fonction de ses goûts, de ses revenus et de sa capacité physique, à modifier les infrastructures d’accueil et à redéfinir les modes de voyages et la pratique d’activités.
  • Main-d’œuvre – la pénurie de main-d’œuvre annoncée oblige les entreprises à se bâtir une réputation d’employeur de choix et à élargir le bassin de travailleurs en vue du recrutement: immigrants, préretraités, retraités, personnes en réinsertion sociale (décrocheurs, chômeurs, etc.).

Les classiques

A-t-on encore besoin d’explication pour les suivants?

  • Expérience mémorable – le Wow!
  • Qualité du produit et du service – un must!
  • Valeur ajoutée – le plus qui fait la différence!

À suivre sous peu, les hétéroclites, les populaires, les marginales, les essoufflantes, les étourdissantes.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «L’appréciation de la monnaie stimule l’ensemble des voyages à l’étranger», Bulletin de renseignements sur le tourisme, no 42, novembre 2007.
– Conference Board du Canada. «Voyages intérieurs et voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada», Analyse des perspectives du marché à court terme, Premier trimestre de 2008 / Résumé, Commission canadienne du tourisme, décembre 2007.
– Hospitality Net. «Travelodge Building New ‘Lego Style’ Hotels with Modified Shipping Containers», [www.hospitalitynet.org], 8 janvier 2008.

Catégories
Marketing

Créer son fichier «clients», pour quoi faire?

Disons-le tout de suite, le «client» est le cœur de votre entreprise, c’est lui qui la fait vivre. Sans lui, votre activité n’existe pas.

LL Bean, une entreprise d’articles et de vêtements de plein air aux États-Unis, affiche dans ses bureaux: «Le client ne dépend pas de nous. Nous dépendons de lui.»

Chez Disneyland/Paris on ne parle pas de client, mais plutôt du guest (de l’invité). Dans l’industrie des services et encore plus dans le secteur des loisirs et du tourisme, le client est un hôte.

C’est pourquoi aux «4 P» du marketing mix (Produit, Prix, Place et Promotion), je rajoute volontiers un 5e P (People), pour les clients et la gestion de la relation commerciale.

Bien connaître votre clientèle est une des clefs du succès pour augmenter votre chiffre d’affaires, car cela vous permet de:

  • proposer le bon produit ou la bonne formule de séjour
  • au bon client
  • au bon moment

La règle des 20/80 se vérifie souvent quand on analyse la clientèle d’une entreprise: 20% des clients représentent 80% du volume d’affaires. Avoir un fichier clients et connaître ses caractéristiques est donc un atout décisif pour améliorer votre chiffre d’affaires et donc la profitabilité de votre entreprise.

Ce fichier doit vous permettre de sélectionner vos clients ou vos prospects afin:

  • d’accroître le volume de votre chiffre d’affaires et votre profit
  • d’augmenter le nombre de nouveaux clients grâce au bouche-à-oreille de vos clients satisfaits
  • de fidéliser vos clients avec des nouveaux produits, des offres spéciales
  • de communiquer au bon moment, lors de la préparation des prochaines vacances ou d’un week-end d’escapade entre amis par exemple

Où trouver l’information dans une entreprise touristique?

Il faut commencer par ouvrir les tiroirs et les dossiers clients de votre entreprise. En procédant de façon chronologique, consultez, dans l’ordre:

JYT_2007-12_fichiers_clients_img1

Certains services de votre entreprise sont en relation directe avec les clients. Ils disposent de nombreux renseignements utiles à votre activité (à commencer par les coordonnées complètes obtenues lors de la réservation du dernier séjour ou de la demande d’information).

Votre site offre un lieu de vacances familiales? La collecte d’information sur vos clients (adultes, parents, enfants et grands-parents) pourra vous servir lors de la création de nouveaux produits ou forfaits, comme un séjour au printemps pour les seniors ou une escapade en famille pendant les longues fins de semaine du printemps.

Certains exploitants de l’hôtellerie de plein air recherchent davantage la clientèle familiale avec des enfants de 12 ans et moins, d’autres la clientèle des ados et des jeunes adultes. Bien connaître vos clients vous aidera à cibler ceux qui leur ressemblent.

On estime que le taux d’érosion et la perte de clients équivaut en moyenne à 10% par an. Il faut donc enrichir régulièrement votre fichier de nouveaux contacts et prospects. Vos clients actuels sont les meilleurs ambassadeurs de votre produit, profitez-en pour leur demander les coordonnées de leurs amis ou de leurs parents.

Organisation du fichier clients

Les données recueillies doivent être structurées et enregistrées en fonction de l’utilisation que vous souhaitez en faire. Un conseil… restez simple et opérationnel

Trop d’information tue l’information… tout savoir n’est ni utile ni exploitable, en tout cas pas au début. Il vaut mieux commencer simplement et faire évoluer votre base de données au fur et à mesure de vos besoins.

Aujourd’hui, des outils simples sont mis à votre disposition pour créer votre fichier personnalisé. En cliquant sur ce lien, http://www.actourism.fr/fichierclients, vous pourrez simuler la définition d’une fiche client adaptée à votre activité.

Fixez-vous des objectifs réalistes pour démarrer votre base de données clients et communiquez-les à vos collaborateurs. Ils auront certainement des remarques et des suggestions pour collecter et utiliser au mieux les renseignements recueillis.

JYT_2007-12_fichiers_clients_img2

Suivez deux marqueurs

En plus des données qualitatives comme le nom, les coordonnées complètes, sans oublier l’adresse courriel du client, il est utile de suivre l’évolution de deux éléments:

  • l’historique de consommation
  • l’historique de communication
  1. L’historique de consommation reprend des renseignements comme:
  • les dates de séjour
  • la durée
  • le nombre d’adultes et d’enfants (et leur âge)
  • les prestations réservées comme l’hébergement locatif – en chalet, mobile-home, bungalow, roulotte
  • les particularités comme l’emplacement – près dun lac, sous les bois, un site précis
  • plusieurs hébergements réservés avec des parents ou des amis
  • les activités payantes pratiquées: stages ou activités réservées comme la pratique du cheval, le tennis, le canoë, le mini-club enfant, etc.
  • une formule de restauration réservée, une soirée à thème par exemple
  • un service particulier comme le kit bébé
  • une prestation extérieure comme une soirée spectacle «Son et Lumière» dans les environs

Bien sûr, l’historique cumulera linformation sur les années antérieures.

L’expérience démontre qu’un client dépense sur le site de ses vacances l’équivalent du prix de sa location. En suivant la consommation de vos clients lors de leurs séjours, vous pourrez mesurer l’intérêt économique de chaque réservation et définir les profils des meilleures clientèles potentielles à courtiser.

Si vous possédez plusieurs sites, une consolidation de ceux-ci sera utile lors du renouvellement de contrats avec les intermédiaires et less professionnels du tourisme.

    2. L’historique de communication enregistrera les dates et les messages adressés à chaque client. Vous pourrez suivre et mesurer l’efficacité des communications et des promotions proposées.

Comme dans toute campagne de communication, il est recommandé de tester vos offres sur un échantillon de la clientèle représentatif de la cible que vous souhaitez viser. Un fichier bien structuré facilitera la mesure et l’évaluation de vos actions de communication. Cet historique est nécessaire pour fidéliser votre clientèle. Il permet de développer une relation durable en prenant en compte les goûts et les modes d’achats.

N’oubliez pas, il est cinq fois moins coûteux de faire revenir un client que d’en trouver un nouveau.

Les deux approches combinées (historiques de consommation et de communication) vous permettent, avec un peu d’expérience, de tirer des enseignements et de regrouper des profils de clients identiques ou proches.

  • Les critères de qualification, une fois définis, vous serviront à segmenter votre fichier. Des critères comme le code postal ou la période de séjour, la composition de la famille, les activités pratiquées, le mode d’achat direct ou indirect, vous permettront de sélectionner des clients qui ont les mêmes caractéristiques.

Par exemple, pour communiquer à votre clientèle une offre sur les week-ends du printemps, vous sélectionnerez toutes les adresses situées à moins de trois heures de route de votre site. Un forfait de quatre jours en juin pour découvrir et apprendre à déguster les vins de la Loire devra être adressé à votre clientèle capable de se libérer à cette période, comme la clientèle senior.

Connaître votre clientèle est également nécessaire pour positionner correctement votre offre. Dans un environnement économique de plus en plus concurrentiel, votre discours commercial et marketing doit être clairement affirmé.

Avec quels outils?

De nombreux logiciels sont disponibles sur le marché pour vous permettre de gérer un fichier clients. Privilégiez un outil personnalisé qui vous permettra de formater la base de données clients à vos objectifs et à l’utilisation que vous voulez en faire. Donnez la préférence à un outil que vous pourrez faire évoluer selon vos futurs besoins et qui fonctionnera avec vos programmes de bureautique (Excel, Word, Access…).

Enfin, votre base de données clients devra être connectable et exploitable en lien direct avec votre site Web.

Internet doit vous permettre de communiquer avec chacun de vos clients. Un outil de marketing direct est aujourd’hui indispensable pour communiquer et vendre, car plus de 50% des personnes cherchent sur Internet de linformation sur leur destination et leur lieu de vacances et 40% y ont déjà fait une réservation.

JYT_2007-12_fichiers_clients_img3

En cas d’exploitation de plusieurs entreprises touristiques, votre base de données clients construite sur votre site extranet gagnera en efficacité et en fonctionnalité. Vous pourrez centraliser certains renseignements ou les rendre accessibles et pratiques pour chacun des services de votre entreprise.

Bien sûr, les accès doivent être sécurisés et adaptés selon les responsabilités de chaque utilisateur. Le service commercial n’a pas besoin des mêmes données que celui de l’accueil-réception ou le responsable de l’animation.

Le fichier clients est la propriété de l’entreprise et c’est un facteur important pour son futur. Il est donc nécessaire de nommer une personne responsable d’animer et de coordonner ce projet avec le concours des services directement concernés.

Pour en faire quoi?

Offrir à tous les clients les mêmes avantages ou des réductions ne fera que baisser votre profitabilité sans garantir une augmentation de votre chiffre d’affaires. C’est souvent le début d’une course sans fin vers l’offre la moins chère. La seule règle: l’offre ou l’avantage promotionnel accordé à un client doit toujours être justifié et tenir compte de l’historique de la relation client.

Analyser les réservations faites et étudier le profil de vos clients vous permet de mieux comprendre les comportements d’achats et d’exploiter cette meilleure connaissance de la clientèle dans vos actions marketing.
Vous pourrez améliorer l’achalandage à certaines périodes difficiles ou accroître le revenu moyen par client.
Un programme de fidélisation pourrait être instauré pour développer une relation privilégiée par le biais de traitements de faveur et dattentions particulières. Le client privilégié acceptera de recevoir une communication de votre entreprise et de vous transmettre de précieux renseignements sur ses goûts et ses besoins futurs.

La sensibilisation et l’implication de vos collaborateurs sont primordiales. Sans leur concours de tous les jours, votre base de données deviendra vite inexploitable, car mal renseignée, incomplète, voire simplement pas à jour.

Un bon fichier doit être: sélectif, exhaustif, nominatif, récent et exact.


Jacques Yves Toulemonde, consultant et directeur, ACTourism – Pôle tourisme du Groupe Grandir
Champs d’expertise:

  • Marketing du tourisme
  • Loisirs

Site de l’institution

Voir les analyses de Jacques Yves Toulemonde

Catégories
Marketing

La Top 10 mania!

Tous les superlatifs y passent: les plus cool, les plus laids, les plus chers, les plus branchés, les plus insolites, les plus… meilleurs! Les Top 10 sont partout. On dresse une liste pour tout et pour rien. Même que ces compilations s’allongent: «Les 100 meilleurs employeurs», «1000 Places to See Before You Die». Votre entreprise a-t-elle ce petit quelque chose qui la rend digne de figurer dans un Top 10? Non? Peut-être y aurait-il lieu de plancher sur une stratégie pour vous démarquer, comme «Le meilleur service à la clientèle»?

Noyés dans une mer d’information, le Top 10 vient à la rescousse!

Les grandes organisations, les magazines, les journaux, les sites Internet, tous y vont de leurs classements, de leurs conseils ou de leurs découvertes: les best of…, les 10 façons de…, où aller pour…, les 10 choses qu’il faut savoir avant de… et tout le monde en raffole.

Pourquoi les gens aiment-ils tant les listes, ces fast-foods de l’information, et pourquoi les entreprises devraient-elles aussi les aimer? Parce qu’elles sont…

  • faciles à ingérer – Elles captent l’attention. Pas d’envolée dithyrambique, elles se lisent rapidement.
  • parfois difficiles à digérer – Pour ou contre? Elles suscitent les débats, soulèvent les controverses et engendrent les discussions tant sur le contenu que sur la méthodologie utilisée.
  • contagieuses – Chacun y va de son Top 10. Les résultats se propagent à la vitesse de l’éclair et le Web 2.0 n’est pas étranger à cette propagation.
  • de bonnes sources d’information – Elles simplifient surtout la vie du consommateur face à la surabondance d’information. Elles aident les gens à faire un choix éclairé ou à les conforter dans leur choix, à ne pas passer à côté de choses importantes, à faire de nouvelles découvertes.
  • un excellent moyen de communication – Elles sont une belle vitrine publicitaire (à moins de faire partie de la liste des 10 plus mauvais). Elles alimentent plus d’un article linéaire sur le sujet.
  • un avantage concurrentiel – Elles permettent aux entreprises de se démarquer de la concurrence. Elles font vendre. Elles génèrent un achalandage important sur les sites Internet et, par conséquent, améliorent le positionnement du site dans le résultat des moteurs de recherche.

Je cours les concours…

Quelles méthodologies se cachent derrière ces classements?

  • Il y a les classements établis par des méthodologies scientifiques et sérieuses.

N’y figure pas qui veut. Il suffit de penser aux sites classés Patrimoine mondial de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture). Dans le but d’aider les destinations à préserver des sites hors du commun, l’UNESCO évalue les candidatures proposées selon des critères scientifiques. Un site apparaissant à ce classement jouit d’un important prestige, mais rigueur, dossier imposant à monter et plusieurs critères s’imposent si la destination désire obtenir et conserver son titre.

Le classement mondial des destinations de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) permet aux destinations d’évaluer leur performance au fil des années et de se comparer à la concurrence.

  • Il y a les classements établis par des votes populaires.

Les gens aiment voter. Même si certains classements n’ont rien de scientifique, leur impact peut se révéler important et la participation peut même prendre une ampleur inattendue. C’est ce que l’on a pu constater lors du dévoilement à Lisbonne, le 07.07.07, des sept nouvelles merveilles du monde, où plus de 100 millions de votes ont été compilés. Pratique décriée par l’Unesco, l’initiative n’a pas fait l’unanimité. L’objectivité a souvent fait place à la partisanerie alors que d’importantes campagnes promotionnelles se sont organisées pour faire monter en flèche les votes d’un site.

Au Canada, la CBC (Canadian Broadcasting Corporation) y est allée de ses Seven Wonders of Canada. Plus de un million de votes plus tard, les sept merveilles du Canada ont été couronnées et le résultat des votes a donné lieu à différents classements: le classement des juges où le Vieux-Québec a obtenu leurs faveurs, les 52 merveilles du Canada, les merveilles par province et les «Other Weird and Wonderful Lists».

  • Il y a les classements établis par les magazines de prestige.

Généralement, lecteurs, jurys ou journalistes y vont de leur évaluation en fonction de certains critères.

À chaque année, le National Geographic Traveler évalue les pratiques de tourisme durable des destinations. Le dernier classement en liste portait sur les îles (petites et moyennes), ces régions trop souvent soumises à des pratiques touristiques néfastes. Avec la participation de la George Washington University, 522 experts en tourisme durable et gestionnaires de destination ont établi une liste de quelque 111 îles et archipels et ont donné une cote à leur état (en danger, en difficulté, etc.).

Des milliers d’électeurs, d’utilisateurs et de lecteurs de Spafinder.com et du Luxury SpaFinder Magazine, référence mondiale dans l’univers des spas, ont classé le Spa Eastman parmi les dix meilleurs spas au monde pour son «meilleur rapport qualité-prix». Le Spa Eastman est également identifié comme l’un des 100 meilleurs spas au monde par les auteurs du livre 100 Best Spas of the World.

La liste des prix s’allonge pour l’Auberge Saint-Antoine de Québec. Les derniers en titre sont: meilleur hôtel au Canada décerné par le magazine Condé Nast Traveler (sondage auprès des lecteurs – 800 000 abonnés et 3 millions de lecteurs à travers le monde); 56e rang du Top 100 des meilleurs hôtels sur la planète du magazine Travel and Leisure.

Tremblant peut s’enorgueillir d’avoir été nommé pendant dix années consécutives le «Centre de villégiature numéro 1 dans l’Est de l’Amérique du Nord» par les lecteurs de Ski Magazine.

  • Il y a les classements et les listes établis par le consommateur, lequel devient l’analyste expert.

Conséquence du règne de la transparence (lire aussi: L’ère de la transparence: adaptez votre mentalité!), cette folie des listes est bien souvent alimentée par l’internaute. Il y a toujours un consommateur quelque part qui connaît une entreprise (petite, moyenne ou grande) dans une destination populaire ou dans un coin perdu qui offre un produit hors du commun ou un service hors pair (ou exécrable) et qui veut le partager avec d’autres. L’engrenage se met en branle et finit par dégénérer en Top list, chacun y allant de son opinion. Sur le Net, même les secrets bien gardés finissent par se savoir et c’est tant mieux!

TripAdvisor demeure un site par excellence pour ses Top lists: les destinations hot aux États-Unis pour 2008, les hôtels hot à Paris, les top destinations à travers le monde, etc. Le Travel Channel demande aux gens de créer leur propre liste: «Build your ULTIMATE list of must-see destinations!»

La ville de New York vient de lancer une campagne multimédia «Lost in NYC? Just ask the locals», où elle invite les gens à prendre un moment pour «Just ask the locals» afin d’obtenir des suggestions d’endroits à visiter et de choses à ne pas manquer, de la pizza à déguster tard en soirée à la dernière exposition branchée. Robert De Niro, Julianne Moore, Jimmy Fallon y vont de leurs recommandations.

… y paraît que j’ai toute pour (chanson de Robert Charlebois)

Les publications québécoises n’échappent pas à ces tendances: les destinations pour les romantiques ou les amoureux de la nature, les plus beaux lieux pour la pratique de la raquette, les plus beaux parcs, etc.ML_2007-11_top10_mania_img1

Le livre 500 coups de coeur pour découvrir le Québec de Michel Julien a été un des coups de cœur du public dès sa première semaine en librairie en figurant parmi les meilleurs vendeurs; quelque 7000 exemplaires du livre ont été distribués à travers le Québec la journée même de sa sortie. Michel Julien a d’ailleurs lancé, dans Facebook, un groupe «Coups de Coeur pour découvrir le Québec» où il annonce: «Vous aimez le Québec comme je l’aime? Aidez-moi à dénicher les musts du Québec et réaliser la deuxième édition de mon livre… Suggérez-moi votre resto préféré, votre hôtel de rêve, votre sentier de randonnée favori, etc.!».

Tous ces types de classement exercent un impact sur un produit ou sur une destination. Mais il faut batailler fort pour y demeurer et ne pas être seulement la saveur du mois.

Votre entreprise ou votre destination a-t-elle ce petit quelque chose qui lui permet de se démarquer, de soulever l’enthousiasme auprès de la clientèle ou de répondre aux critères des jurys? Dans quelle liste serait-elle digne de se classer?

Après avoir séduit les clients, se lancer dans un exercice de relations publiques auprès des éditeurs, des journalistes et autres influenceurs n’est pas exclu, car eux aussi recherchent des produits ou des destinations exceptionnels pour les faire connaître. Et du même coup, voici une occasion d’obtenir gratuitement une belle vitrine publicitaire.

Sources:
– Brown, Stuart. «Top 10 Reasons Why Top 10’ Lists Are So Popular», 21 juillet 2006.
– CBSNEWS. «Lists Are Taking Over America», 23 septembre 2007.
– Normandin, Pierre-André. «Les 7 nouvelles merveilles du monde: la mobilisation de certains pays aurait biaisé le vote», Le Soleil, 8 juillet 2007.
– Proulx, Steve. «Les listes sont partout», Bazzo.tv, 9 octobre 2007.
– TrendWatching.com. «Transparency Tyranny», no 45, mai 2007.
– UNESCOPRESS. «UNESCO confirms that it is not involved in the New 7 wonders of the world” campaign», Press Release no 2007-66, 7 juin 2007.

Sites Internet:
Auberge Saint-Antoine
Michel Julien
National Geographic
New York City
Seven Wonders of Canada
Spa Eastman
The New 7 Wonders Of The World
Tremblant
Travel Channel
TripAdvisor

Catégories
Enjeux Faits et chiffres Marchés géographiques

Ne blâmez pas trop vite le taux de change!

Maintenant atteinte, la parité du dollar canadien avec la devise américaine soulève une fois de plus de nombreux questionnements. Au cours des dernières années, la performance touristique du Canada vis-à-vis du marché américain s’avère certes décevante. L’irrésistible poussée du dollar canadien en 2007 contribue à attiser les inquiétudes de notre industrie. Mais notre déficit touristique est-il intimement lié aux aléas du taux de change? Doit-on s’attendre à ce que l’envolée de notre huard accentue, inévitablement, nos piètres résultats sur ce marché? Pourtant, en élargissant l’horizon d’analyse, nous découvrons une réalité beaucoup plus nuancée!

Le marché américain inquiète

La montée du dollar canadien par rapport à celui de l’Oncle Sam s’est avérée spectaculaire au cours des cinq dernières années. En 2002, 1 USD s’échangeait contre 1,57 CAD (taux de change annuel moyen). Longtemps le taux de change a fait partie des avantages mis de l’avant pour courtiser nos voisins du Sud avec des slogans tels que «Stretch your dollar». Il est clair que la soudaine parité du dollar suscite beaucoup d’inquiétudes dans un contexte où chacun cherche des solutions pour relancer ce marché en déclin, si névralgique pour notre industrie touristique.

Depuis 2002, année record du nombre de touristes américains au Canada, les chiffres sont en chute libre, mis à part une brève reprise en 2004. Mais doit-on lancer la première pierre au taux de change? Surestime-t-on l’influence qu’il a sur le comportement de voyage des Américains?

Qu’en est-il ailleurs?

Afin de mieux saisir et mettre en perspective l’impact réel du taux de change sur les décisions de voyages des Américains, nous avons comparé la progression du huard avec celle d’autres devises (graphique 1). Nous avons analysé la fluctuation du dollar américain depuis 1995 par rapport au dollar canadien, à l’euro, au peso mexicain et au yen japonais. En parallèle, nous avons mesuré l’évolution du nombre de départs internationaux des Américains vers le Canada, le Mexique et l’outre-mer. Afin de rendre toutes ces données comparables, 1995 constitue l’année de référence se traduisant par un indice 100. L’évolution des courbes illustre la diminution ou l’augmentation observée par rapport à l’année de référence.

CP_2007-09_taux_change_grphq1

Pour agrandir l’image, cliquez ici

Le graphique permet d’abord de constater que la chute du dollar américain par rapport à la devise canadienne (trait rouge) est beaucoup plus prononcée que la baisse enregistrée du nombre de touristes américains au Canada (pointillés rouges). Précisons qu’il s’agit de voyages d’une nuit et plus, les excursions d’une journée ayant en effet récemment subi des baisses plus drastiques.

Plus loin de nous

Il est erroné de croire que les Américains ne sortent plus en raison d’une combinaison de facteurs tels une devise anémique, des préoccupations liées à la sécurité, un repli sur eux-mêmes, etc. La courbe représentant les déplacements touristiques des Américains vers l’outre-mer (pointillés bleus) illustre de manière éloquente qu’ils démontrent plus que jamais de l’intérêt pour la découverte d’autres destinations. Par exemple, selon une enquête auprès des agences de voyages AAA, les réservations estivales de 2007 des voyageurs américains vers l’Europe de l’Est ont bondi de 55%.

On observe certes un recul momentané durant la période des événements du 11 septembre, mais la croissance a repris toute sa vigueur depuis 2003 sur ces marchés éloignés. Par ailleurs, l’euro représente la principale devise pertinente à l’analyse de l’impact du taux de change des déplacements des Américains vers l’outre-mer (bien que nous ayons ajouté le yen à titre indicatif). À l’instar du dollar canadien, l’euro s’est beaucoup apprécié (trait bleu foncé) vis-à-vis du dollar américain depuis 2001. Pourtant, durant la même période, le nombre de départs des Américains vers des destinations outre-mer affiche une croissance spectaculaire.

L’exemple du Mexique

Le Mexique représente un exemple très intéressant, notamment par sa situation géographique qui s’apparente à celle du Canada. À l’inverse de ce que nous vivons, le peso mexicain ne cesse de perdre des plumes depuis 1995 par rapport au dollar américain (trait vert). Pourtant, on remarque pendant cette période que l’accroissement du pouvoir d’achat ne s’est pas répercuté sur les décisions de voyages au Mexique, les résultats touristiques étant parallèlement demeurés au beau fixe (pointillés verts).

La loupe sur deux autres indices

«Toutes choses étant égales par ailleurs». Voilà une notion de base en économie qui sert souvent de prémisse pour analyser un phénomène lié à ce domaine. Cependant, dans la vraie vie, les choses ne sont jamais «égales par ailleurs»… Cette mise en garde s’avère nécessaire pour rappeler les limites du modèle d’analyse présenté au graphique 1.

CP_2007-09_taux_change_grphq2

Pour agrandir l’image, cliquez ici

L’intention de voyager est souvent liée à la performance de l’économie. Pour cette raison, nous avons jugé intéressant de comparer l’évolution des déplacements touristiques des Américains vers le Canada et l’outre-mer avec deux autres vecteurs économiques, soit le niveau des dépenses personnelles à la consommation (trait violet) et le prix de l’essence (trait jaune).

Indéniablement, la montée vertigineuse des prix à la pompe n’aide pas le tourisme de proximité des Américains qui ont l’habitude de venir au Canada en automobile. Au cours des dernières années, la baisse de ce segment de voyageurs a été beaucoup plus prononcée que celle du tourisme par avion. (Lire aussi: Provenance géographique des Américains au Québec selon leur mode de transport.)

L’évolution des dépenses personnelles à la consommation des Américains constitue un autre indice intéressant de leur pouvoir et de leur volonté de dépenser. On remarque justement que la forte croissance des départs vers l’outre-mer calque assez bien la courbe de l’indice lié à la consommation. Sans prétention scientifique, cela illustre assez bien la mouvance de l’intérêt touristique des Américains au détriment du Canada.

Mieux comprendre l’impact

Dans un article précédent du Réseau de veille en tourisme (lire aussi: La fluctuation des taux de change), nous évoquions des études qui démontraient que le taux de change pouvait influencer les intentions de voyages, particulièrement auprès de certains segments de clientèles. Ainsi, les Américains affichent une sensibilité limitée aux fluctuations des devises comparativement aux Canadiens en ce qui concerne la réalisation de voyages à l’étranger.

Certains facteurs contextuels viennent toutefois gonfler l’impact potentiel de la fluctuation des devises. C’est le cas notamment de la couverture médiatique accordée au phénomène. On peut supposer que les médias canadiens s’intéressent plus à la poussée de notre dollar que ne le font les médias américains.

Il est aussi vrai que même si les Américains ne sont pas réellement conscients ou qu’ils sont peu influencés par la perte de leur pouvoir d’achat, l’impact se fait définitivement sentir une fois qu’ils arrivent à destination. La firme Moneris Solutions a étudié les transactions effectuées par cartes de crédit américaines et cartes bancaires auprès de marchands canadiens. Le total des transactions d’espèces américaines a chuté en juillet et août 2007 par rapport à la même période en 2006.

Mentionnons toutefois que l’étude ne tient pas compte du nombre de visiteurs concernés. Les chiffres permettent néanmoins de supposer que le budget des dépenses diminue dans une proportion plus importante que celle du nombre de touristes américains. D’autres facteurs tels que le prix des chambres à la baisse en 2007 ont aussi exercé un impact sur l’assiette des dépenses. L’étude révèle que les secteurs les plus touchés ont été:

  • les commerçants spécialisés (-35%)
  • les terrains de camping et de caravaning (-22%)
  • les terrains de golf publics (-14%)
  • les réservations hôtelières (-13%)
  • les déplacements en autobus (-13%)
  • les restaurants (-8%)

Un défi de taille

Les difficultés qu’éprouve le Canada à reconquérir le marché américain sont profondes et ne se limitent pas aux facteurs conjoncturels. D’autres études arrivent aux mêmes conclusions: les Américains estiment que le Canada n’est plus aussi attrayant et préfèrent jeter leur dévolu sur de nouvelles destinations. Un taux de change défavorable et un prix de l’essence élevé ne viennent que s’ajouter à la liste des aspects dissuasifs, particulièrement en ce qui touche le tourisme de proximité. À l’heure de la parité, c’est maintenant que l’innovation et l’enrichissement de notre offre touristique feront la différence!

Sources:
– Montet, Virginie. «Les touristes américains découvrent l’Europe de l’Est», La Presse, 26 septembre 2007.
– Office of Travel & Tourism Industries.
– Turner, Riva. «U.S. Spending in Canada Sees Significant Decline», Moneris Solutions [www.moneris.com], 24 septembre 2007.
– U.S. Census Bureau.

Catégories
Faits et chiffres Marchés géographiques

On aspire à voir s’amplifier les silhouettes des touristes étrangers au Québec

Après avoir scruté les courbes des clientèles étrangères qui visitent le Canada, celles du Québec supporteront-elles la comparaison? Quels sont les marchés en déclin ou en croissance au Québec? L’augmentation du volume des voyageurs représente le seul cas où excès de poids et santé font bon ménage!

À la suite de la publication de Notre côté «voyeur»: les courbes des principales clientèles internationales qui visitent le Canada, nous avons voulu voir l’évolution du nombre de touristes étrangers qui visitent le Québec et comparer certaines statistiques avec celles du Canada.

Les données suivantes proviennent de l’Enquête sur les voyages internationaux (EVI) de Statistique Canada. Il est important de souligner que ces données sont à utiliser avec réserve puisque souvent la marge d’erreur est élevée. En outre, les statistiques de l’année 2006 sont provisoires.

Le Québec vs le Canada en 2006

Le tableau 1 classe les clientèles qui ont visité le Québec en 2006 (visites-province) par ordre d’importance. Il permet aussi de comparer le rang du Québec avec celui du Canada. La dernière colonne «% marché canadien» indique la proportion des visites-province au Québec par rapport au total de celles du Canada pour une clientèle donnée.

ML_2007-05_silouhettes_tbl1

Le Top 5 de la clientèle touristique étrangère qui visite le Québec est similaire à celui du Canada, à l’exception du Mexique. Parmi les cinq positions suivantes, l’Italie et la Belgique ont plus d’importance dans la hiérarchie québécoise que canadienne, alors que c’est l’inverse pour le Japon.

En ce qui concerne la part de marché du Québec, il n’est pas surprenant de constater qu’il récolte une bonne proportion des voyageurs de pays francophones (Maroc, France et Belgique). Bien que les États-Unis et le Royaume-Uni se situent dans le Top 5 des visites-province du Québec, ce dernier obtient moins de 15% du marché canadien (respectivement 14 et 11%).

Jetons un coup d’oeil sur les proportions des visites-province du Canada récoltées par le Québec:

  • plus des trois quart des visites-province des Marocains (85%)
  • près des deux tiers de celles des Français (64%)
  • la moitié de celles des Belges (50%)
  • plus du tiers de celles des Italiens (35%)
  • plus du quart de celles des Mexicains (29%) et des Suisses (26%) et un peu moins du quart des Espagnols (23%)
  • autour de 15% de celles des Allemands (17%), des Brésiliens et des Israéliens (16%), des Américains et des Chinois (14%)
  • un peu plus de 10% de celles des Anglais (11%).

L’évolution des clientèles étrangères au Québec

Comment se comporte l’évolution des clientèles étrangères qui visitent le Québec depuis 1998? Il s’avère difficile et complexe d’expliquer l’évolution de chacune des clientèles, car de nombreux facteurs peuvent interagir, favorablement ou non: conjoncture économique, contexte politique, terrorisme, modifications des liaisons aériennes, campagnes promotionnelles, représentativité du Canada dans une destination, fluctuation du taux de change, concurrence habile des autres destinations, effet de mode, phénomène migratoire, visibilité internationale, variation des prix, etc.

Il aurait été intéressant de comparer avec le Canada, mais… en se servant de la même base de comparaison, soit les visites-province au Canada, nous ne pouvons pas déterminer la proportion de la fluctuation attribuable au nombre de touristes étrangers qui entrent au pays et celle attribuable au nombre de provinces canadiennes visitées. Par exemple, si le nombre de visites-province des Français augmente au Canada, y a-t-il réellement plus de Français qui sont venus au Canada ou ont-ils simplement visité plus de provinces lors de leur séjour? Quelle est la proportion de l’augmentation attribuable à chacune des situations?

Le tableau 2 compile les différentes courbes des visites-province des touristes internationaux au Québec présentées dans les graphiques 1 à 24. Cette classification n’est qu’à titre indicatif, car certaines courbes présentent un caractère atypique et laissent place à interprétation.

ML_2007-05_silouhettes_tbl2

 

Si l’on regarde de plus près l’évolution de chacune des clientèles…

 

Graphique 1

ML_2007-05_silouhettes_grphq1

 

Graphique 2

ML_2007-05_silouhettes_grphq2

La France ne figure pas sur le graphique.

 

Graphique 3

ML_2007-05_silouhettes_grphq3

 

Graphique 4

ML_2007-05_silouhettes_grphq4

 

Graphique 5

ML_2007-05_silouhettes_grphq5

 

Graphique 6

ML_2007-05_silouhettes_grphq6

 

Graphique 7

ML_2007-05_silouhettes_grphq7

 

Graphique 8

ML_2007-05_silouhettes_grphq8

 

Graphique 9

ML_2007-05_silouhettes_grphq9

 

Graphique 10

ML_2007-05_silouhettes_grphq10

 

Graphique 11

ML_2007-05_silouhettes_grphq11

 

Graphique 12

ML_2007-05_silouhettes_grphq12

 

Graphique 13

ML_2007-05_silouhettes_grphq13

 

Graphique 14

ML_2007-05_silouhettes_grphq14

 

Graphique 15

ML_2007-05_silouhettes_grphq15

 

Graphique 16

ML_2007-05_silouhettes_grphq16

 

Graphique 17

ML_2007-05_silouhettes_grphq17

 

Graphique 18

ML_2007-05_silouhettes_grphq18

 

Graphique 19

ML_2007-05_silouhettes_grphq19

 

Graphique 20

ML_2007-05_silouhettes_grphq20

 

Graphique 21

ML_2007-05_silouhettes_grphq21

 

Bien que les clientèles suivantes ne figurent pas dans le classement principal des destinations en 2006, il s’avère intéressant de voir comment elles ont évolué dans les dernières années.

Graphique 22

ML_2007-05_silouhettes_grphq22

 

Graphique 23

ML_2007-05_silouhettes_grphq23

 

Graphique 24

ML_2007-05_silouhettes_grphq24

Merci à Mme Andrée Beaudoin du ministère du Tourisme du Québec pour avoir complété les statistiques manquantes.
Sources:

– Ministère du Tourisme du Québec. «Le tourisme au Québec en bref», de 1998 à 2004.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Le tourisme en chiffres 2006».
– Statistique Canada.

Catégories
Faits et chiffres Hébergement

Performance comparée: le Québec et Montréal tirent leur épingle du jeu en hébergement!

L’étude du ministère du Tourisme sur la performance du secteur de l’hébergement compile des statistiques sur les trois grandes villes touristiques canadiennes de même que sur les trois principales provinces. Nous vous présentons des tableaux-compilation de ces statistiques qui permettent d’y jauger la place de chacun.

Le présent texte fait suite à «L’industrie hôtelière au Québec: où en est-on?».

À première vue, le Québec et Montréal soutiennent la comparaison

Un premier coup d’oeil aux tableaux-compilation 1 et 2 laisse entrevoir que le Québec et Montréal tirent bien leur épingle du jeu. Pour observer l’évolution graphique des données des tableaux, consultez l’étude du ministère du Tourisme «La performance du secteur de l’hébergement au Québec». Il importe de rappeler qu’en 2003 le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) a touché plus durement Toronto et l’Ontario, de même que la Colombie-Britannique (clientèle asiatique).

Tableau 1
Performance comparée du Québec

Période 1998-2004

ML_2007-05_compare_qc_mtl_tbl1

A priori, on peut considérer que l’augmentation significative des prix dans la région de Montréal influence fortement les données du Québec et que ces dernières ne représentent pas la dynamique de l’ensemble des régions.

L’Ontario et la Colombie-Britannique, avec respectivement une hausse de 13 et de 15% de leur revenu total d’exploitation de 1998 à 2004, ont vu leur part relative diminuer au Canada, ce qui laisse supposer que leur performance se situait en deçà de la moyenne canadienne. Le Québec obtient une meilleure note car il a réussi à augmenter son revenu total d’exploitation de 29% et ainsi à gagner 1,3% du marché canadien.

Quant au revenu d’exploitation par établissement, le Québec a réussi un sérieux rattrapage (+51%) en haussant surtout le prix des chambres. Il a rejoint le revenu d’exploitation de la Colombie-Britannique et se rapproche de la moyenne canadienne. On observe toutefois une baisse du nombre d’établissements de 14% au Québec contre une augmentation de 10% en Colombie-Britannique.

Malgré des investissements privés et publics inhabituels en 1998 au Québec, la moyenne des sommes investies dans cette province reste inférieure à celles de l’Ontario et de la Colombie-Britannique.

Tableau 2
Performance comparée de Montréal
Période 1998-2006*

ML_2007-05_compare_qc_mtl_tbl2

On remarque que Montréal aussi s’est rattrapée depuis 1998 et cette amélioration est principalement due à la hausse des prix. Pour analyser ces chiffres et pour mieux évaluer la performance de chacune des villes, il importe de mettre en perspective la variation de l’offre et de la demande de chambres dans chacune d’elles.

Maintenant que Montréal s’est ajustée à la compétition, une hausse continue des prix pourrait lui être nuisible si elle veut concurrencer les autres grandes villes canadiennes. De plus, pour le Québécois qui veut faire une escapade à Montréal, il faut souligner que son salaire moyen se situe en deçà du salaire moyen de l’Ontarien et du salarié de la Colombie-Britannique et que le prix moyen des chambres à Montréal surpasse celui de ces villes. La clientèle québécoise est non négligeable pour Montréal car, selon Tourisme Montréal, environ un touriste sur deux provenait du Québec en 2004. Par ailleurs, la clientèle d’agrément (957 000), deux fois plus nombreuse que la clientèle d’affaires, est plus sensible au prix et pourrait alors s’héberger de plus en plus chez les parents et les amis.

Merci à Denis Dutilly, coordonnateur à la Direction de la recherche et de la prospective du ministère du Tourisme du Québec
.

Sources:
– Ministère du Tourisme. «La performance du secteur de l’hébergement au Québec», mai 2007.
– Tourisme Montréal. «Les touristes québécois à Montréal en 2004», avril 2006.
– Tourisme Montréal. «Le tourisme à Montréal», mars 2006.

Catégories
Faits et chiffres Hébergement

L’industrie hôtelière au Québec: où en est-on?

Le ministère du Tourisme s’est penché sur la question et a publié une étude sur la performance du secteur de l’hébergement. Cette étude dresse un topo de l’évolution de la situation de l’hébergement au Québec. Elle nous donne des pistes, nous aiguille. Elle soulève des réflexions, des questions et, à l’occasion, le besoin d’un deuxième «round», c’est-à-dire de pousser plus à fond les recherches. Une étude à consulter!

Nous n’avons pas voulu reprendre les faits saillants de l’étude (La performance du secteur de l’hébergement au Québec), préférant souligner des points qui nous apparaissaient importants, tenter de faire des liens et poser des questions.

Performance générale du Québec

De 1999 à 2006, l’offre d’hébergement au Québec a crû plus rapidement que la demande (10% contre 8,6%), ce qui a eu pour conséquence de faire fléchir le taux d’occupation. Après une année atypique en 2002, le taux d’occupation a repris lentement son ascension depuis 2004. L’hébergement de petite taille (4 à 39 unités) a subi le plus fort écart de variation alors que les unités disponibles augmentaient de 3,6% et que les unités occupées diminuaient de 2,7%.

Les établissements de taille moyenne (40 à 199 unités) ont eu le vent dans les voiles pendant cette période et ce, sur tous les plans: offre (+13,5%), demande (+11%), prix (+32%), taux d’occupation et revenu moyen par unité (+28,8%).

De 1999 à 2005, on observe, dans toutes les catégories d’établissements (du 4 unités au 200 unités et plus), une forte hausse des prix (26,3%), laquelle s’avère largement supérieure à l’inflation (14,4%). Un rattrapage s’imposait-il ou est-ce la conjoncture qui s’y prêtait? Cette augmentation a-t-elle influencé la demande?

Ce qui se profile à l’horizon et qui devient préoccupant pour l’hôtellerie traditionnelle (hôtels et motels), c’est la croissance soutenue des autres types d’hébergements auprès de la clientèle d’agrément: chalets loués, résidences secondaires, camping, hébergement chez les parents et les amis et autres. À ce titre, les nuitées dans les chalets loués ont crû de 45,3% de 1998 à 2004 et celles chez les amis et les parents de 98,8%. Les nuitées de la clientèle québécoise dans un chalet ou une maison de villégiature privée présentaient une hausse de 76,2% pendant la même période.

De 1999 à 2006, la demande pour le camping (+16%) a surpassé l’offre (+13%). Ce sont les campeurs de passage avec véhicule récréatif (VR) qui ont enregistré la plus importante croissance, soit 52%, tandis que les campeurs saisonniers affichaient une augmentation de 13%.

Les hôtels et les motels ne constituent pas le mode d’hébergement privilégié par la clientèle d’agrément car ils accaparent 28,1% seulement de toutes les nuitées et ce pourcentage diminue à 15,3% dans le cas de la clientèle québécoise.

Performance régionale du Québec

Les régions autres qu’urbaines et périurbaines présentent la plus faible croissance de l’offre (3,3%) et la plus importante croissance de la demande (7,8%), mais cela n’a pas été suffisant et leur taux d’occupation est resté le plus bas au Québec.

L’offre d’hébergement tend à se diversifier à Montréal alors que le nombre d’unités dans les petits établissements a augmenté de 33,8% de 1999 à 2005 et celui de catégorie moyenne de 28%.

À Montréal, les grands hôtels (200 chambres et +) constituaient la plus grande part l’offre en termes d’unités (52,8%) en 2005 tandis qu’à Québec c’était les établissements de catégorie moyenne (45,8%).

Quatre régions ont vu leur nombre d’unités occupées diminuer de 1999 et 2006: Cantons-de-l’Est (-2,4%), Saguenay-Lac-St-Jean (-2%), Centre-du-Québec (-1%) et Gaspésie (-1%). Est-ce attribuable à une baisse de la fréquentation touristique de la région et/ou à un mouvement vers d’autres types d’hébergement? En ce qui a trait aux Cantons-de-l’Est, les deux facteurs sont en cause: diminution de la clientèle américaine et engouement pour l’acquisition de résidence secondaire et pour la location de chalets.

De bonnes nouvelles en matière de classification… mais attention!

En ce qui concerne la classification, les statistiques sont encourageantes et la tendance est à l’amélioration. Mais il faut aussi regarder l’envers des statistiques

  • 72% de l’offre totale (nombre d’unités) au Québec est classée 3 étoiles et plus – 8 régions détiennent une moyenne d’au moins 3 étoilesQui dit classification ne dit pas nécessairement qualité à tous les points de vue, même si cela va de pair. La classification ne cote pas l’accueil, le sourire, le petit «plus» inattendu, la qualité de la table, etc.Il faut garder à l’esprit que cette offre est concentrée principalement à Montréal, à Québec et en périphérie, et que certaines régions peuvent présenter des lacunes. L’étude «Classification des établissements d’hébergement du Québec en 2006» publiée par le ministère du Tourisme permet de voir la répartition de la classification par région.Une région peut vouloir améliorer sa moyenne «étoilée», mais il faut souligner que les établissements 2 étoiles de bonne qualité ont leur place. Cela reste une question de demande et d’équilibre.

  • Qui dit amélioration de la classification dit amélioration de la performance (prix, taux d’occupation, revenu moyen par unité)Le facteur géographique influence grandement les résultats. L’amélioration de la performance s’explique en grande partie parce que la majorité des établissements classés 4 et 5 étoiles sont situés dans les régions de Montréal et de Québec et que les taux d’occupation y sont supérieurs au reste de la province.

Le phénomène de la saisonnalité s’atténue

La saisonnalité au Québec présente un caractère plus atypique qu’auparavant. Si l’on pouvait distinguer la clientèle d’agrément, d’affaires et de visites chez les parents et les amis, il serait plus facile d’expliquer les raisons de l’étalement de la demande. Si l’on regarde la moyenne de l’indice mensuel de saisonnalité (taux d’occupation d’un mois/taux d’occupation annuel moyen) de 1999-2006, on observe ce qui suit:

  • Terminée la suprématie du mois de juillet; le mois d’août l’a surpassée grâce à l’étalement des vacances.
  • L’automne gagne du galon; septembre et octobre dépassent la moyenne. Les congrès seraient-ils les coupables ou l’agrément exerce-t-il aussi un poids significatif avec les retraités qui fuient les périodes de pointe?
  • En hiver, février tire son épingle du jeu et se rapproche de la moyenne. On peut soupçonner les vacances scolaires.

Quant à la moyenne du nombre d’unités occupées de 2003 à 2006 par rapport à la période 1999 à 2002,

  • on observe une croissance au 1er trimestre (hiver) et au 4e trimestre (automne);
  • le 3e trimestre (été) a perdu du terrain et cette baisse est plus marquée que celle du 2e trimestre (printemps).

Les régions de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine, de Charlevoix et de Manicouagan présentent les plus fortes variations de leur taux d’occupation.

Enjeux et défis

Dans un contexte de forte compétitivité entre les destinations nationales et internationales, plusieurs enjeux interpellent le secteur de l’hébergement au Québec:

  • la concurrence significative des autres modes d’hébergement,
  • le défi de la qualité,
  • l’amélioration de la rentabilité,
  • la hausse marquée des prix au cours des dernières années,
  • l’adéquation entre la demande et l’offre,
  • la segmentation de marché, le besoin de se démarquer et de personnaliser son produit,
  • le clivage entre les milieux urbains et les régions,

  • l’e-marketing et la multiplication des canaux de distribution,
  • le poids des communautés virtuelles (Web 2.0) et leur influence sur l’information et les stratégies promotionnelles,
  • la pénurie de main-d’oeuvre, la rétention des employés et la relève,
  • l’engagement concret dans un processus de développement durable (ce qui va bien au-delà de la réutilisation des serviettes).

Pas de répit à l’horizon! L’avenir est à ceux qui sauront se démarquer et se positionner dans leur créneau de marché.

À suivre: Une performance comparée – Le Québec et Montréal tirent leur épingle du jeu!

Merci à Denis Dutilly, coordonnateur à la Direction de la recherche et de la prospective du ministère du Tourisme du Québec.

Michèle Laliberté

Sources:
– Ministère du Tourisme. «La performance du secteur de l’hébergement au Québec», mai 2007.
– Ministère du Tourisme. «Classification des établissements d’hébergement du Québec en 2006», 2007.