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La consécration de l’Europe de l’Est sur l’échiquier touristique

CP_2008-09_EU_Est_img1Saviez-vous que les trois capitales des pays baltes font partie du patrimoine mondial del’Organisationdes Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)? Que plus de la moitié du territoire de la Bulgarie abrite des montagnes dont certains sommets avoisinent les 3000 mètres, où les domaines skiables abondent? Que la Roumanie dispose de plus du tiers des spas naturels de l’Europe et de milliers de centres de santé? On parle souvent d’une concurrence internationale qui s’intensifie, voici un regard sur une région du monde qui connaît l’une des plus fortes progressions touristiques: l’Europe de l’Est.

Tous progressent fortement sauf la Hongrie

En 2007, si on enlève la piètre performance de la Hongrie, on constate une progression de plus de 25% du nombre de touristes étrangers dans l’ensemble des pays de l’Europe de l’Est par rapport à l’année 2003. En termes de volumes, cela représente 7,3 millions de touristes additionnels (4,5 en incluant la Hongrie). Pour mesurer l’ampleur de ces gains, mentionnons que le Québec a accueilli en 2007 environ 3,2 millions de touristes, dont 1,1 million en provenance d’outre-mer.

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Les pays baltes

Anciens États de l’ex-URSS, les petits pays baltes, composés de la Lituanie, de l’Estonie et de la Lettonie, ont connu une véritable éclosion sur le plan touristique au cours de la dernière décennie. C’est d’abord la richesse culturelle de cette région du nord-est de l’Europe qui séduit les touristes.

Les trois capitales baltes (Vilnius, Tallinn et Riga) font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. À elle seule, la Lituanie abrite un impressionnant total de cinq sites de l’UNESCO. En dépit d’un territoire limité, ce pays est aussi reconnu pour la préservation de ses milieux naturels composés de cinq parcs nationaux et de 30 parcs régionaux. Elle obtiendra une reconnaissance supplémentaire lorsque Vilnius sera désignée comme l’une des deux capitales culturelles de l’Europe en 2009.

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Du côté de l’Estonie, la capitale Tallinn commercialise activement les city breaks qui sont particulièrement populaires auprès des Finlandais et des Britanniques. La carte culturelle est aussi au programme avec le centre historique et des sites importants tels que le Musée de l’occupation et la National Opera House. C’est toutefois à l’extérieur de la ville que se situent les meilleurs attraits touristiques et l’Estonie se positionne comme une destination «naturelle», avec son slogan marketing: «A Cool Country with a Warm Heart». L’hiver y est rigoureux et 40% du territoire est couvert d’une forêt naturelle abritant une riche faune (élans, ours, sangliers, etc.)

La Lettonie mise également sur son riche passé alors que Riga fut, aux 14e et 15e siècles, une place d’affaires majeure avec le deuxième port en importance de l’empire russe. Plusieurs édifices témoignent de cette époque et en font une destination de grand intérêt sur le plan du patrimoine architectural. On y trouve également plusieurs plages parsemées le long de la côte baltique.

Pologne

Dès son émergence de l’ère communiste, les Allemands et les Britanniques ont rapidement entrepris de découvrir la Pologne. Plus récemment, ce sont les touristes italiens, français et néerlandais qui débarquent en grand nombre dans cette région.

En 2006, la capitale Varsovie a bénéficié d’investissements de l’Union européenne et du secteur privé dépassant les 10 milliards USD pour améliorer son infrastructure touristique. De plus, comme Varsovie sera l’une des deux villes hôtes de l’Euro 2012 de soccer, le pays recevra beaucoup d’attention médiatique. Parmi les principaux attraits, mentionnons Cracovie, patrimoine mondial de l’UNESCO, et Zakopane, un resort qui se positionne comme une alternative beaucoup moins coûteuse que les autres centres de ski européens.

Roumanie

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Voilà une destination qui est encore loin de son plein potentiel touristique avec à peine plus de un million de touristes, principalement des Italiens, des Allemands et des Français. C’est d’abord la Transylvanie, pays du comte Dracula, qui vient à l’esprit quand on pense à la Roumanie. Cette région abrite plusieurs cités médiévales, dont Sibiu, élue capitale culturelle de l’Europe en 2007.

Le gouvernement roumain a entrepris de moderniser la capitale, Bucarest, qui compte maintenant quatre hôtels cinq étoiles. Le pays bénéficie aussi d’une longue tradition de thermalisme avec des milliers de centres de santé alimentés de sources d’eau minérale destinés d’abord à la population locale. Des plans sont mis en œuvre pour amener un plus grand nombre de spas à un calibre international.

Bulgarie

Même si elles sonnent identiques, la Bulgarie et la Roumanie sont loin d’être jumelles. La Bulgarie connaît un essor phénoménal grâce à ses deux principaux pôles touristiques: la villégiature de montagne et la plage. Plus de 70% des touristes internationaux en Bulgarie choisissent un resort le long du littoral de sable de 400 kilomètres bordant la mer Noire, attirés notamment par un chaud soleil et des prix très bas. La Bulgarie est en voie de devenir une sérieuse alternative à d’autres destinations plus coûteuses comme celles situées en Méditerranée.

La Bulgarie s’inscrit aussi comme une destination hivernale à fort potentiel. Plus de la moitié de son territoire est montagneux avec des sommets enneigés de près de 3000 mètres. Le plus réputé, Bansko, offre un centre de ski moderne muni d’infrastructures et d’équipements de pointe. On y trouve plus de 65 kilomètres de pistes entretenues, une trentaine d’hôtels et une centaine de restaurants et de bars.

Les autorités touristiques souhaitent maintenant diversifier la clientèle et développer davantage le tourisme haut de gamme.

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Les Canadiens vers l’Europe élargie

Nous passons rapidement sur les autres pays du bloc de l’Est qui ont néanmoins aussi beaucoup à offrir aux touristes avides de nouveautés; que ce soit la République tchèque pour Prague la magnifique, son héritage musical, ses spas ou ses vignes, la Hongrie pour son orchestre symphonique et son fameux lac Balaton ou la Slovaquie pour ses villages royaux, sa route gothique et ses neuf parcs nationaux.

Les Canadiens et les Québécois ne sont pas différents des autres touristes quant à la volonté de découvrir de nouvelles destinations (graphique 1). Ils effectuent de plus en plus de voyages vers des pays européens autres que le Royaume-Uni, la France et l’Italie. L’émergence de l’Europe de l’Est est en partie responsable de cette tendance. Selon le Print Measurement Bureau 2008, près de 1,3 million de Canadiens (dont 273 000 Québécois) ont déclaré avoir voyagé par agrément dans un «autre*» pays européen au cours des deux dernières années, soit une augmentation de 38% par rapport à 2001.

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Difficile pour une destination établie de concurrencer l’attrait de l’exotisme sans parvenir à renouveler son offre. Les positionnements stratégiques et les messages marketing revampés ont leurs limites. Pour séduire ces touristes qui carburent aux expériences inspirantes, il en faut davantage. L’industrie a besoin de nouveaux produits, de projets novateurs… et, surtout, mobilisateurs.

Sources:
– Al Hilal Publishing & Marketing Group. «Europe Benefits from Diaspora Tourism», Travel & Tourism News Middle East Eastern [www.ttnworldwide.com], vol. 26, no 8, août 2008.
– Mintel. «Emergence of Central & Eastern European Travel», Travel & Tourism Analyst, no 4 mars 2008.
– Print Measurement Bureau (PMB). «Two-Year Readership Database», 2001-2008.
– Pucci, Carol. «Lower Prices Luring Tourists to Eastern Europe», The Seattle Times, 14 mai 2007.
– TVNZ. «Eastern Europe Entices Aus Tourists», One News [www.tvnz.co.nz], 5 mai 2008.
– Harpaz, Beth. «Travel Trends for 2008», The Times-Picayune [blog.nola.com/millieball], 6 janvier 2008.

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Produits et activités Segments de clientèles Tendances

Tendances croisières: à chacun son expérience

Si le ralentissement économique inquiète certains acteurs touristiques, l’industrie des croisières internationales continue de voguer allègrement vers de nouveaux sommets. La demande de la part des Nord-Américains continue de croître à un rythme annuel supérieur à 4%. Chez les Européens, les taux de progression annuels atteignent 15%. Quant aux Québécois, ils n’échappent pas à cette tendance. Ils sont plus de un quart de million à être partis en croisière au cours des trois dernières années.

Un segment profitable pour le Québec

Puisque environ 50% de la clientèle est constituée de clients récurrents, de nouvelles destinations comme le Québec émergent pour satisfaire le besoin de nouveauté. Pour un grand nombre de croisiéristes, le fleuve Saint-Laurent exerce un fort attrait touristique; la ville de Québec principalement récolte la plus importante partie de la croissance des croisières internationales. Elle anticipe un sommet de 107 000 passagers, y compris les membres d’équipage, pour l’année 2008 (graphique 1). Toutefois, les acteurs présents sur le Saint-Laurent bénéficieront d’investissements majeurs – 115 millions CAD – pour permettre d’attirer davantage de croisiéristes et de rehausser leur expérience au Québec, notamment pour de nouvelles escales telles que Havre-Saint-Pierre, Bagotville et Gaspé.

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À l’échelle canadienne, Vancouver domine le marché des croisières internationales puisqu’elle accueille la moitié de l’ensemble des passagers au Canada.

Émergence de nouveaux marchés

Actuellement, de tous les voyageurs qui embarquent sur ces paquebots, une personne sur deux réalise sa première croisière. Selon la Cruise Line International Association (CLIA), qui représente la grande majorité des compagnies de croisières nord-américaines, en 2007, le nombre de croisiéristes a atteint 12,6 millions, dont près de 82% provenaient de l’Amérique du Nord. Chaque année, le taux de croissance surpasse les 4%. Et cette tendance se poursuivra en 2008 selon un récent sondage mené par la CLIA auprès de ses agents de voyages. En effet, plus de 60% d’entre eux s’attendent à obtenir des résultats supérieurs à ceux de 2007 et 20% croient même que la saison 2008 sera la meilleure jamais enregistrée.

Depuis deux ans, l’Europe affiche une progression spectaculaire, selon le European Cruise Council. Après une hausse de 9% du nombre de passagers en 2006, le nombre de croisiéristes a atteint les quatre millions en 2007, soit une croissance de plus de 15%. Le plus important contingent est composé de Britanniques (1,3 million), suivi d’Allemands (763 000), d’Italiens (640 000), d’Espagnols (518 000) et de Français (280 000). Le potentiel du marché européen demeure énorme alors que seulement 1% de la population a déjà fait une croisière.

L’engouement des Québécois

L’intérêt des Québécois pour les croisières augmente encore plus rapidement (en 2008* 25% de croissance par rapport à 2004) que celui de la demande en général (tableau 1) et le nombre de croisiéristes s’établit à plus de 260 000, soit près de 3,5% de l’ensemble de la population.

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Parmi les croisiéristes québécois, la proportion ayant réalisé une croisière de plus de une semaine a triplé en 2008 par rapport à 2001 (30% vs 10%); il s’agit majoritairement des segments des personnes âgées de 40 à 59 ans (38%) et de 60 ans et plus (30%).

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Voici quelques données additionnelles concernant les croisiéristes canadiens:

  • moyenne d’âge: 49 ans;
  • l’Ontario représente 47% du marché canadien, le Québec 20% et la Colombie-Britannique 18%;
  • Toronto représente 22% du marché canadien, Montréal et Vancouver, 12% chacun;
  • environ 46% des adeptes résident dans des villes de plus de un million d’habitants – la moyenne canadienne est de 35%;
  • près de la moitié (47%) disposent d’un revenu familial de plus de 75 000$, la moyenne canadienne s’élève à 38%;
  • séduit davantage les couples sans enfant au foyer (40%).

Dernières tendances

L’augmentation de la demande est notamment stimulée par l’ajout constant de nouveautés et la multiplication d’expériences. (Lire aussi: La croisière: un produit réinventé pour de nouveaux passagers.)

Voici quelques-unes des dernières tendances observées:

  • Les segments qui affichent les plus fortes croissances sont les familles multi générationnelles et les baby-boomers.
  • Les destinations dont la hausse de la demande est la plus forte sont la Méditerranée, l’Alaska et Hawaï. D’autres produits comme l’Amérique centrale et du Sud, l’Europe du Nord, l’Océanie et l’Asie sont aussi à surveiller.
  • La croisière de 6 à 8 jours demeure la plus prisée.
  • Les trois principales raisons évoquées pour choisir une croisière sont un bon rapport qualité/prix, une occasion de voir plusieurs destinations lors d’un même voyage ainsi que la simplicité et l’aspect pratique.
  • La restauration adopte une approche beaucoup plus flexible et diversifiée, dont une variété de menus santé.
  • La très grande majorité des croisières sont réservées plus de six mois à l’avance.
  • Les navires deviennent très imposants, pouvant accueillir plus de 3500 passagers. Oasis of the Seas, un mastodonte qui verra le jour en 2009, pourra en recevoir 5400.
  • Pour rejoindre une plus large clientèle, les expériences se diversifient, sur l’eau (pique-nique et pratique de golf sur gazon naturel, jeu de quilles, démonstration de verre soufflé, etc.) et à destination (circuits à vélo, programme «Silver Links» pour découvrir les clubs de golf dans le monde, etc.).
  • Les compagnies de croisières ciblent davantage les jeunes en développant des services dédiés tels que club de nuit, piscine de surf, saut à l’élastique sur trampoline, escrime, patin à glace, escalade, parc aquatique, cinéma 4D, etc.
  • Davantage de services payants viennent compléter l’offre de la croisière «tout inclus» (acuponcture, menus spécialisés préparés par des chefs de renom, cours de boxe, simulateur de golf, spas, dégustation de vin, etc.).
  • On note une tendance à la spécialisation des croisières (poker, religion, motocyclisme, musique, etc.) avec notamment la création d’un regroupement d’entreprises de niche: Niche Cruise Marketing Alliance.

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Un avenir radieux

Encore aujourd’hui, les consommateurs hésitent avant de réserver un forfait de croisière en ligne. Selon PhoCusWright, seulement 7% des internautes américains favorisent le Web comme mode de réservation de leurs vacances de croisière. Le réseau de distribution traditionnel constitue le principal outil de vente alors que l’expertise des agents de voyages demeure hautement valorisée.

Reste qu’en dépit d’une économie qui tourne au ralenti et des prix élevés à la pompe, l’intérêt pour les croisières ne s’atténue pas. Selon la CLIA, 77% des gens qui ont fait une croisière dans le passé souhaitent en faire une autre au cours des trois prochaines années. Dans le cas de la clientèle potentielle, c’est 55% qui se montrent intéressés à entreprendre une croisière au cours des trois prochaines années. All aboard!

Lire aussi: La croisière: un produit réinventé pour de nouveaux passagers.

Sources:
– Business Research & Economics Advisors. «The Economic Contribution of the International Cruise Industry in Canada 2007», mars 2008.
– CNN. «Cruise Trends for 2008: More Luxury, Potential Deals», [www.cnn.com], 31 janvier 2008.
– Diotte, Simon. «Croisières internationales: année record dans le Saint-Laurent», La Presse, 29 mai 2008.
– Dunham-Potter, Anita. «Recession? Not for the Cruise Industry», [Tripso.com], 17 mars 2008.
– Print Measurement Bureau. «Two-Year Readership Database», 2001, 2004, 2007 et 2008.
– Sarna, Heidi. «The Hottest New Cruise Ships for 2008», Forbes Traveler, 29 février 2008.
– Scemama, Corinne. «La croisière s’éclate», L’Express, 6 mars 2008.
– Steinmetz, Thomas. «CLIA’s Travel Professionals Reveal Top Cruise Trends», eTurboNews, 19 janvier 2008.
– TNS. «Cruise Lines International Association 2008 Cruise Market Profile Study», [www.cruising.org], mai 2008.

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Qui sont ces non-francophones québécois qui voyagent?

Près du quart (23,5%) des Québécois d’âge adulte parlent une autre langue que le français à la maison. Il s’agit sans conteste d’un marché non négligeable pour l’industrie touristique. Évidemment, qui dit profil linguistique différent dit aussi profil média distinct et, surtout, habitudes de voyages diverses. Alors, qui sont ces gens et que font-ils? S’intéresse-t-on suffisamment à eux comme marché par rapport aux efforts consacrés au marché francophone des Québécois (5,2 millions de personnes)?

Ça se passe dans le 514

Selon les données recueillies auprès du Print Measurement Bureau (PMB) en 2008, on recense quelque 1,08 million d’anglophones en plus de 521 000 allophones au Québec. Pourtant, ces importants groupes démographiques sont très peu visibles dans la majorité des régions touristiques du Québec. Grâce à un traitement spécial obtenu du PMB, nous avons compilé quelques données pour mieux cerner le comportement touristique de chacun des trois profils linguistiques de la population adulte du Québec.

D’entrée de jeu, voici quelques éléments qui caractérisent chacun des profils linguistiques:

  • Seulement 16% des francophones habitent sur l’île de Montréal, comparativement à 58% des anglophones et à 64% des allophones.
  • Les valeurs familiales sont très présentes chez les allophones alors que 73% vivent avec des enfants de 18 ans ou moins au foyer (57% chez les anglophones et 63% chez les francophones).
  • Les anglophones et les allophones sont plus instruits que les francophones.
  • Environ 20% des anglophones disposent d’un revenu familial de plus de 100 000$ (9% pour les allophones et 17% pour les francophones).
  • Plus de 69% des francophones sont propriétaires, comparativement à 61% des anglophones et à 53% des allophones.

L’Ontario séduit les non-francophones

Certaines associations touristiques régionales comme l’Office de tourisme de la ville de Québec ont tenté par le passé des offensives publicitaires à l’endroit du marché anglophone québécois, sans obtenir de résultats satisfaisants. Ce sont pourtant les anglophones qui sont les plus susceptibles de voyager au Canada par agrément. Selon le PMB (2008), plus de la moitié (53%) ont déclaré avoir effectué un voyage de vacances dans la dernière année, comparativement à 47% chez les francophones et à 41% chez les allophones (tableau 1).

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Les non-francophones viennent-ils en grand nombre au Québec? La réponse est non. Au contraire, ils sont un peu plus nombreux à choisir l’Ontario comme destination de vacances (28% d’anglophones et 22% d’allophones) que le Québec (27% et 21%). Quant aux francophones, ils sont quatre fois plus nombreux à privilégier le Québec avant l’Ontario.

L’importance des visites de parents et d’amis

La visite de parents et d’amis (35%) s’avère une source de motivation importante pour les anglophones dans leurs voyages de vacances au Canada (tableau 2). Les francophones se tournent davantage vers le sight-seeing (22%), les plages (12%), les randonnées pédestres ou d’aventure (10%) et les parcs thématiques ou les jardins zoologiques (7%). Précisons que ces pourcentages s’expriment par rapport à la population totale de chacun des segments linguistiques et non sur la base des voyageurs.

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Les anglophones nombreux à traverser au Sud

Le comportement de voyages des non-francophones se démarque de façon encore plus significative pour les voyages internationaux. Environ 42% des anglophones et 33% des allophones ont voyagé a l’étranger au cours de la dernière année, contre seulement 25% des francophones (tableau 3).

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On voit clairement que, en plus de l’Ontario, le nord-est des États-Unis et la Floride constituent de fortes destinations concurrentes au Québec, particulièrement pour le marché anglophone. Du côté des allophones, le Mexique et la France récoltent un intérêt élevé.

Les anglophones plus actifs

Pour les allophones, la visite de parents et d’amis s’inscrit comme une source de motivation primaire des voyages internationaux (tableau 4). Tant pour les francophones que les anglophones, on cherche d’abord à faire du sight-seeing et de la plage. On remarque aussi que les anglophones se démarquent des francophones pour certaines activités comme le golf, la visite de clubs de nuits, la visite de parcs et le magasinage. Les allophones sont, pour leur part, un peu moins actifs en voyage.

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Maintenant que faisons-nous?

Plusieurs questionnements émergent quant à l’enjeu d’améliorer notre performance sur le marché des non-francophones. Les avis sont partagés, particulièrement à l’endroit du segment des anglophones. Même si ce dernier présente le plus intéressant profil touristique, il semble qu’il soit particulièrement difficile à attirer dans les régions francophones du Québec. Seules les régions des Cantons-de-l’Est et de Tremblant ont traditionnellement obtenu un certain succès.

Mais une réalité demeure: le comportement touristique et les exigences des Québécois anglophones diffèrent de ceux des Américains. Notre histoire politico-linguistique a certainement façonné leurs mœurs, y compris leurs habitudes de voyages. Pour plusieurs, la période des vacances constitue un exutoire du quotidien qui débute par la recherche d’un environnement familier au chapitre de la langue. Ils n’ont pas, non plus, ce même attrait pour l’exotisme du fait français comme peuvent le ressentir d’autres clientèles. Quant à la minorité d’anglophones qui optent pour le Québec, ils s’avèrent plus exigeants que la moyenne et attachent une grande importance à la qualité de l’expérience, à commencer par un accueil dans leur langue.

En dépit du défi que représente la clientèle québécoise non francophone, il ne faut certainement pas ignorer son important potentiel. Nous ne maîtrisons pas encore très bien les différents facteurs qui les motivent à prioriser d’autres destinations de vacances que le Québec.

Il s’agit d’un marché que nous devons travailler sur le long terme et nous devons sans cesse nous questionner sur nos actions et nos performances. Par exemple:

  • Si la crainte linguistique s’avère un facteur réel, qu’en est-il sur le terrain?
  • Le service à la clientèle est-il bien adapté à leurs attentes?
  • Effectuons-nous un bon travail d’un point de vue marketing?
  • Est-ce que nous leur livrons le bon message pour leur vendre le Québec?

Si l’on fait exception des voyages dans le but de visiter la famille ou les amis, le Québec a tout le potentiel pour rivaliser avec l’Ontario comme destination de choix. Il faut trouver la bonne façon de raviver la flamme des anglophones et d’aviver celle des allophones.

Sources:
– English, Doug. «Anglos Find Quebec Hospitable», Sun Media, 18 juillet 2006.
– Johnston, David. «Where Are the Anglos?», The Gazette, 21 mars 2008.
– Mordret, Michel. «Signalisation problématique pour nos visiteurs anglophones…? Oui, mais surtout perception d’un manque de délicatesse envers eux qui viennent dépenser leur argent chez nous…!», Blogue Vocation: tourisme… [mmordret.blogspot.com], 31 juillet 2007.
– Print Measurement Bureau, 2008.

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Hébergement Tendances

Le tourisme et l’éveil culinaire québécois: une recette appétissante!

Fleur de sel, huiles raffinées, épices du monde et fruits exotiques; les cuisines québécoises se raffinent et se diversifient. En fait, les Québécois ont élargi leurs horizons culinaires au cours des dernières années. Les repas composés d’aliments frais et santé sont sur la table à tous les jours. Cette volonté de mieux manger n’est donc plus réservée aux grandes occasions, elle s’immisce dans le quotidien des gens, les rendant plus sensibles à l’égard de chacun de leurs repas. Considérant que les découvertes culinaires font partie intégrante d’une bonne expérience touristique, est-ce que les industries hôtelière et de la restauration sont bien au fait du niveau d’éveil de la clientèle?

Une tendance paradoxale

Comme ailleurs, le paysage agroalimentaire québécois s’est développé de façon paradoxale. Bien sûr, tout le monde n’est pas fin gourmet et même les plus grands gastronomes consomment des plats précuits ou fréquentent un restaurant-minute à l’occasion. Dans son étude sur les habitudes alimentaires des Canadiens, Statistique Canada nous apprend que 19% des Québécois fréquentent quotidiennement les établissements de restauration rapide (26% pour l’ensemble du Canada). Par ailleurs, 89% des Canadiens reconnaissent le lien entre l’alimentation et la santé à long terme, selon une étude du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec réalisée en 2004.

Si l’alimentation rapide a grandement influencé notre nutrition, un tout autre un pan de notre alimentation s’est aussi développé vers un idéal gastronomique ou de santé. Ainsi, nous observons l’effervescence des produits du terroir, de la filière biologique, des vins, des mets exotiques, des restaurants santé. Bref, au Québec, la gastronomie ne s’est jamais aussi bien portée. Même les supermarchés présentent à l’année des étals de fruits et de légumes frais, de viandes, de poissons et de produits fins.

Indice de l’éveil culinaire: la popularité des émissions de télévision, des livres de recettes et des magazines spécialisés

Les émissions dédiées à la cuisine sont très populaires: À la di Stasio attire environ 500 000 téléspectateurs chaque semaine, Ricardo Larrivée est sur les ondes partout au Canada et le Britannique très branché Jamie Oliver, LA star internationale. Les chaînes spécialisées suivent le courant: Food Network, Canal vie et Canal Évasion, Tout le monde à table, Bouffe en cavale et Nos restos chouchous. Ces émissions intéressent maintenant un public de gourmets beaucoup plus large qu’il y a dix ans où elles visaient une clientèle de femmes au foyer. Aujourd’hui, elles sont ouvertes sur le monde, proposent des recettes exotiques et sont d’ailleurs souvent diffusées à partir de divers coins du globe. En outre, la programmation incite à jumeler voyages et expériences culinaires. Les magazines de cuisine et les livres de recettes ont également la cote. Les gens ne voient plus la «popote» comme une corvée, mais comme un art de vivre. Selon le Print Measurement Bureau, 12% de la population québécoise a cuisiné un mets gastronomique à quelques reprises au cours de l’année 2006.

Autre indice: la multiplication des produits du terroir, des produits naturels ou biologiques

Ce marché en pleine croissance répond à un réel besoin des consommateurs de trouver un plaisir associé à la consommation d’un produit authentique ou lié au savoir-faire patrimonial. Pour un bref aperçu de la tendance au raffinement et à l’authenticité, pensons à la multiplication des fromages artisanaux québécois. Les gens portent de plus en plus attention à leurs achats, soit entre autres, pour encourager l’économie locale, pour goûter les produits québécois ou éviter les produits chimiques ou modifiés. De nombreux restaurants servent des produits régionaux ou biologiques, et ce, depuis plusieurs années. D’ailleurs, les chaînes comprennent cette tendance. À titre d’exemple, Fairmont s’engage à utiliser, autant que possible, des produits locaux, biologiques et équitables dans ses services de restauration.

Encore un indice: la fréquentation des boutiques spécialisées et des marchés publics

Certes, la majorité des achats des Québécois se font en supermarché, mais il semble qu’un pourcentage croissant des produits soient achetés dans les boutiques spécialisées et les marchés publics. Ces derniers, disparus depuis le milieu du XXe siècle, réapparaissent dans plusieurs villes du Québec. Par leur diversité, ces marchés conviennent aux consommateurs qui cherchent l’efficacité, mais aussi la fraîcheur, les saveurs et l’authenticité.

La forte fréquentation des restaurants

Cette conscientisation et cet intérêt pour une alimentation saine et savoureuse affectent directement l’industrie de la restauration, mais également les services alimentaires des établissements d’hébergement. Dans leur vie quotidienne, les Québécois fréquentent souvent les restaurants: en 2006, selon les données de la Canadian Restaurant and Foodservices Association (CRFA), les Québécois ont visité les restaurants 8,7 fois sur une période de deux semaines (7,9 en 2005), et la moyenne des Canadiens, 11,7 fois, incluant les repas du midi.

De plus, de 1997 à 2005, les dépenses annuelles des foyers québécois au restaurant ont augmenté et représentent maintenant 21,6% des dépenses en nourriture (19,8% en 1997). Cette hausse peut être due au revenu personnel plus élevé et au rythme de vie accéléré. Enfin, les restaurants gastronomiques semblent populaires, selon le Print Measurement Bureau. Ainsi, 30% des Québécois ont fréquenté ces établissements au cours des 30 jours précédant l’enquête et 8%, plus de trois fois au cours de la même période.

Pour des raisons évidentes, les Québécois mangent encore plus souvent au restaurant lorsqu’ils sont en voyage. Selon Statistique Canada, ils consacrent 20,5% de leurs dépenses touristiques à la restauration lors de leurs voyages dans la province (agrément – 19%, affaires – 24% et visite de parents et d’amis – 21%) en 2004.

Les voyageurs: de fines bouches!

Le tourisme culinaire est un phénomène répandu et reconnu par la Commission canadienne du tourisme qui encourage les entreprises à développer des produits et des forfaits. L’émergence de circuits touristiques culinaires comme la Route des vins ou la Route des saveurs en est une autre démonstration.

Les gens voyagent de plus en plus et découvrent des cuisines et des aliments variés. Ils exigent désormais un choix beaucoup plus vaste de mets santé et espèrent qu’on leur servira une assiette saine et équilibrée comportant protéines, fibres et légumes.

Nos grandes villes débordent maintenant d’épiceries fines, de restaurants raffinés et les régions du Québec emboîtent le pas, chacune à sa façon et à son rythme. On trouve de grandes tables partout dans la province et les produits locaux y sont très bien mis en valeur. Mais c’est à tous les repas que l’on veut bien manger et, à cet égard, il y a encore place à la diversification et à la recherche d’authenticité. On ne parle pas toujours de haute gastronomie, mais également de bistrots bon marché, de restaurants de tapas et de cafés sympathiques.

En définitive, la population s’est sensibilisée à la bonne chaire, à la santé et aux cuisines du monde. Sans retour en arrière probable, toute destination touristique se doit maintenant d’être très sensible aux besoins de la clientèle et à ses intérêts en matière d’alimentation.

Retenez les mots clés: fraîcheur, diversité et authenticité!

Sources:

– Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). «L’activité bioalimentaire au Québec – bilan 2006», 2006.
– Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). «L’alimentation santé: quand trois acteurs se rencontrent», Bioclips +, vol. 8, no 3, avril 2005.
– Association des restaurateurs du Québec. Communiqués de presse du 16 février 2007 et du 31 juillet 2007, [www.restaurateurs.ca].
– Statistique Canada. «Les habitudes alimentaires des Canadiens», Rapports sur la santé, vol. 18, mai 2007.
– Bérubé, Stéphane. «Du nouveau dans l’assiette», La Presse, 7 mai 2006.
– Vallée, Pierre. «Les Québécois et l’alimentation – Au pays de la malbouffe», [Le Devoir.com], 16 mars 2005.
– Olivier Riopel. «Comment mange-t-on au Québec?», juin 2005.
– Communiqué de presse. «From the Farm to the Fork: Fairmont Offers a Fresh New Take on Menus», [www.fairmont.com], 27 août 2007.

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Produits et activités Segments de clientèles

Mise-t-on suffisamment sur la pêche sportive au Québec?

Peu souvent mise en vedette parmi les produits touristiques du Québec, la pêche sportive génère néanmoins annuellement 11,4 millions de journées de pêche effectuées par des Québécois. Le nombre d’adeptes québécois est relativement stable depuis quelques années. Par contre, même si nous disposons d’un produit de haute qualité, la demande provenant des visiteurs de l’extérieur de la province est en forte baisse. La pêche peut prendre plusieurs formes et se commercialiser de diverses façons, par exemple sous une forme plus traditionnelle, nommément en pourvoirie, combinée avec d’autres activités plus spécialisées, comme le saumon, ou même prendre la forme d’une expérience tout urbaine. Ancien fleuron de notre industrie touristique, pourrait-on lui faire regagner ses lettres de noblesse?

Un taux de pratique stable auprès des Québécois

Ce n’est pas d’hier que l’être humain s’intéresse à la pêche. Pratiquée d’abord à des fins de subsistance ou pour des raisons commerciales, c’est l’aspect ludique de la pêche qui la rend intéressante comme produit touristique. Même si pour les Québécois cette activité fait partie du domaine du loisir plus que du tourisme, reste que 16% de ceux-ci s’y adonnent au moins une fois par année. Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, le taux de pratique de la pêche au Québec est resté relativement stable au cours des dernières années (graphique 1). Lors de sa dernière enquête, le Print Measurement Bureau (PMB) recensait 1,07 million de Québécois qui étaient allés à la pêche au moins une fois au cours des douze derniers mois.

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Le nombre de permis de pêche vendus constitue un autre indicateur de la variation de la popularité de l’activité. À cet égard, les chiffres indiquent une baisse progressive depuis 1996, année où les Québécois ont acheté 690 000 permis, pour atteindre un creux en 2006 de 607 000.

Selon les données du PMB, la majorité des amateurs sont des pêcheurs d’occasion et ils pratiquent cette activité une ou deux fois l’an (graphique 2). À l’opposé, 188 000 Québécois (18% des pêcheurs) sont des mordus qui se consacrent à leur passion à au moins dix reprises par année. Ressources naturelles et Faune Québec (MRNF) estime que les Québécois effectuent annuellement 11,4 millions de jours de pêche récréative.

 

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Selon les données du gouvernement, en 2007, c’est dans les régions de la Montérégie, de Montréal, de la Capitale-Nationale et des Laurentides que l’on trouve le plus grand nombre d’adeptes ou de personnes intéressées (tableau 1). L’évaluation du nombre total de pêcheurs établie par le gouvernement du Québec varie par rapport à celle du PMB (814 000 vs 1 071 000). Le marché potentiel global des Québécois qui portent un intérêt à ce loisir sans pour autant le pratiquer est deux fois plus important, étant évalué à quelque 1,6 million de personnes par le MRNF.

CP_2007-08_peche_tbl1L’étude de Ressources naturelles et Faune Québec révèle également que les deux tiers des pêcheurs sont des hommes. Toutefois, la relève ne semble pas être au rendez-vous: alors que les jeunes âgés de 15 à 34 ans forment 33% de la population, ils ne composent que 21% des pêcheurs. On recense par ailleurs 244 000 ménages québécois qui comptent un pêcheur sportif possédant une embarcation.

D’où viennent les voyageurs-pêcheurs?

La pêche sportive constitue un produit touristique de calibre international. Plusieurs destinations livrent une concurrence au Québec, qui jouit néanmoins d’une image de marque enviable auprès de la clientèle. Les principaux facteurs qui font la force d’une destination de pêche sportive sont les suivants: l’abondance de la ressource et le succès de pêche, la possibilité de pêcher un spécimen «trophée», la qualité de l’accueil et de l’hébergement et la beauté de l’environnement. Dans le cas de la pêche au saumon, la disponibilité de services de guide pouvant communiquer en anglais constitue aussi une priorité.

Selon l’enquête de Statistique Canada sur les voyages des Canadiens, le plus important contingent de pêcheurs ayant pratiqué la pêche sportive au Québec lors d’un voyage d’agrément provient de Montréal, avec 524 000 voyages-personnes en 2004 (graphique 3). Plus de 130 000 voyages de pêche ont été réalisés par des Canadiens d’autres provinces.

 

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La pêche comme activité touristique capable d’attirer des visiteurs de l’extérieur du Québec semble néanmoins en perte de vitesse depuis quelques années. Alors que le nombre de permis de pêche vendus à des non-résidents totalisait 33 700 en 1996, il n’était plus que de 15 000 en 2006.
Nos voisins du Sud représentent depuis longtemps un bassin de clientèle intéressant pour la pêche sportive au Québec. Selon l’étude Travel Activities & Motivation Survey 2006 réalisée par Lang Research, 32 millions d’adultes Américains ont effectué un voyage de pêche incluant au moins une nuitée à l’extérieur du domicile au cours des deux dernières années. De son côté, The Lifestyle Market Analyst 2005 évalue à 32,5 millions le nombre de ménages américains qui s’adonnent à la pêche sur une base régulière. Selon la même source, les activités les plus compatibles avec ce segment de population sont les suivantes (les chiffres entre parenthèses représentent l’indice de cette compatibilité; un indice 100 représente la moyenne de l’ensemble de la population américaine):

  • chasse, tir (244),
  • bateau à moteur, voile (209),
  • véhicules récréatifs (194),
  • camping, randonnée (190),
  • équitation (184),
  • mécanique automobile (170),
  • jardinage (159),
  • nature, environnement (156),
  • jeux vidéos (153),
  • collection de monnaie ou de timbres (152).

Voici quelques autres statistiques du marché américain des pêcheurs:

  • près du tiers (31%) sont âgés de 55 ans et plus, 24% de 35 à 44 ans, 23% de 45-54 ans et 17% de 25-34;
  • plus de 37% ont des enfants;
  • une importante proportion des amateurs sont mariés et ont des jeunes enfants;
  • le revenu moyen du ménage se situe à 46 000 USD.

Si l’on se fie aux indices du Lifestyle Market Analyst, l’Américain mordu de la pêche est beaucoup moins susceptible que les autres de voyager par agrément avec un indice de seulement 53.

Pourquoi pas la pêche urbaine?

On associe habituellement la pêche à l’évasion en grande nature, à la recherche de paysages bucoliques et de quiétude totale. C’est vrai, sauf que l’on remarque un certain engouement pour la pêche en zone urbaine. En effet, d’importants efforts ont été consentis au cours des dernières années pour assainir les cours d’eau en périphérie des grandes métropoles. Cela a eu comme résultat de régénérer les populations de poissons et de ressusciter l’intérêt des pêcheurs. On a aussi développé de meilleurs accès aux berges qui profitent aux pêcheurs. Précisons d’ailleurs que, selon la Recreational Boating & Fishing Foundation, 72% des pêcheurs aux États-Unis habitent en milieu urbain. De nombreux opérateurs américains proposent aux touristes de les embarquer pour des voyages de pêche guidés aux alentours des métropoles comme New York, Chicago ou Washington DC.

Mais Montréal n’a rien à leur envier, puisqu’on y trouve une très belle qualité de pêche urbaine, notamment sur les eaux du lac Saint-Louis au sud-ouest de la ville. De nombreux connaisseurs locaux s’y adonnent régulièrement, mais il ne s’agit pas encore d’une activité réellement commercialisée par l’industrie touristique montréalaise. Peut-être y aurait-il un intérêt de la part de la clientèle d’agrément ou d’affaires pour des excursions de pêche guidées à partir du centre-ville de Montréal? D’autant plus que cela procure une vue imprenable sur la ville.

Dans la même veine, soulignons l’initiative du parc de la Rivière-des-Mille-Îles de Laval qui propose, depuis cet été, un nouveau concept clés en main pour les pêcheurs. Destinés d’abord à la clientèle familiale, ce forfait comprend une embarcation avec moteur, des cannes à pêche, un coffre de leurres, des appâts, une glacière, des conseils de pêche, etc. Ce produit offert en périphérie urbaine vise particulièrement les Québécois en quête d’une première expérience de pêche, notamment les communautés ethniques de Montréal.

Par ailleurs, certaines régions peuvent être tentées de développer des créneaux de pêche uniques. C’est le cas par exemple de la région des Îles-de-la-Madeleine qui compte sur un exploitant qui, depuis 12 ans, offre aux touristes une expérience de pêche aux requins. Bref, autant il y a d’espèces à capturer, autant il y a une diversité de régions qui permettent aux touristes d’ajouter à leur voyage une sortie de pêche. Peut-être manque-t-il simplement d’un peu d’innovation et de promotion ciblée pour insuffler un regain d’intérêt à la clientèle extérieure?

Sources:
– Bouliane, Martine. «Un forfait clés en main pour les pêcheurs», La Presse, 25 août 2007.
– Diotte, Simon. «Pêcher à l’ombre des gratte-ciel à Lachine», La Presse, 13 août 2007.
– Lang Research. «Fishing While on Trips, US Travel Market – Travel Activities & Motivation Survey», 21 février 2007.
– Lifestyle Market Analyst. «Lifestyle Profiles», 2005.
– Print Measurement Bureau, 2001-2007.
– Ressources naturelles et Faune Québec. «La faune et la nature ça compte», 2000.
– Simier, Paul. «La pêche sportive au requin», Journal de Montréal, 3 octobre 2006.
– Wilson, Craig. «Urban Fishing Casts Wider Net of Popularity», USA Today, 8 septembre 2006.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Comparatif des voyages outre-mer des Québécois et des Ontariens

Les Ontariens sont beaucoup plus enclins que les Québécois à effectuer des voyages internationaux. Cela étant dit, nous sommes en présence de deux marchés constitués de plusieurs segments qui eux-mêmes affichent des comportements de voyages différents les uns des autres. Nous avons choisi d’étudier les déplacements à l’étranger de ces deux marchés majeurs en fonction de deux critères, soit les groupes d’âge et la saison des voyages.

Les Ontariens sont plus «sorteux»

Selon Statistique Canada, les Québécois ont effectué plus de 4,8 millions de voyages d’une nuit ou plus à l’étranger en 2005, soit l’équivalent de 37,4 millions de nuitées. Les dépenses touristiques internationales des Québécois se chiffrent à 3,17 milliards de dollars, soit une augmentation de 16% depuis 2003. Le tableau 1 établit la répartition des voyages outre-mer des Ontariens et des Québécois en 2005.

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Ces données confirment que, parmi les Canadiens, les Québécois sont les plus nombreux à ne pas voyager, particulièrement vers des destinations outre-mer. (Lire aussi: Un topo de la population canadienne qui ne voyage pas). Bien que la population de l’Ontario soit supérieure de 59% à celle du Québec, le nombre de ses voyages outre-mer est 137% plus élevé que celui des Québécois. Selon les données obtenues du Print Measurement Bureau (PMB), on constate que la propension des Ontariens à voyager à l’international (y compris aux États-Unis) est nettement plus forte que celle des Québécois, et ce, pour toutes les tranches d’âge (tableau 2), particulièrement à compter de 25 ans. Quant à eux, les Québécois de 25 à 34 ans affichent une faible tendance à voyager hors du Canada. En termes d’importance absolue, ce segment représente un volume de voyageurs à peine plus élevé que celui des seniors (16,7% contre 15,7%).

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Les individus du groupe des 25-34 ans jouent le double rôle de jeune professionnel et de chef de nouvelle famille. Il s’avère difficile de départager l’incidence des voyages d’affaires par rapport aux voyages personnels (en solo, en couple ou en famille). On constate néanmoins que les jeunes gens d’affaires ontariens voyagent plus à l’extérieur du pays et que les jeunes familles ontariennes ont plus tendance à partir à l’étranger que celles du Québec. En jumelant les deux segments les plus importants, on constate que les 35-64 ans représentent plus de 55% des voyageurs québécois à l’étranger. Du côté du segment des seniors, on voit que le potentiel du marché ontarien est nettement supérieur: quelque 609 800 Ontariens âgés de 65 ans et plus ont fait un voyage international, comparativement à seulement 126 000 Québécois du même âge.

La proximité frontalière de plusieurs grandes villes américaines (notamment Buffalo et Détroit) ainsi que les meilleures dessertes aériennes, autant transfrontalières qu’internationales, peuvent en partie expliquer cette grande différence entre les deux provinces.

Le top 3 des destinations

Les voyageurs présentent des différences significatives en termes de destinations de prédilection selon leur segment d’âge (graphiques 1 et 2). Pour les Québécois, le top trois des lieux de vacances est généralement composé de la France, de la République dominicaine et de Cuba. Le groupe des 35-44 ans se distingue avec le Mexique en deuxième place. Les personnes âgées de plus de 65 ans ont quant à elles un faible pour l’Italie qui se classe bonne troisième.

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Le topo est passablement différent chez nos voisins de l’Ontario. Ces derniers optent prioritairement pour des voyages du côté du Royaume-Uni ou du Mexique. Pour le reste on constate qu’il y a moins de constance en ce qui concerne les choix de chacun des segments d’âge. L’Italie intéresse les Ontariens comme les Québécois d’âge mûr (55 ans et plus), souvent accompagnés de leurs adolescents (12-19 ans). Les jeunes de moins de 25 ans se tournent avec plaisir vers la République dominicaine. Finalement, plusieurs familles (les groupes des 25-54 ans et des moins de 12 ans) apprécient grandement les plages de Cuba.Dans le groupe des 35-44 ans ayant fait un voyage outre-mer, un Québécois sur deux aura choisi le Sud et moins d’un Ontarien sur trois aura agi de la sorte.

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Les Caraïbes ont la cote auprès des Québécois

Pour tous les segments d’âge parmi les Québécois, les destinations des Caraïbes enregistrent des gains importants en 2005 lorsque l’on compare avec l’année 2002 (graphique 3). Cette croissance est particulièrement marquée auprès des jeunes de moins de 20 ans et auprès des gens âgés de 45 à 64 ans, qui marquent tous une progression de plus de 100% du nombre de départs.

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L’Amérique centrale et le Mexique sont en perte de vitesse auprès des jeunes Québécois de moins de 25 ans, alors que ces destinations intéressent maintenant davantage les segments des 25-44 ans et des 55-64 ans. On remarque aussi que l’Europe affiche une baisse du côté des 20-24 ans et des 35-44 ans, mais une hausse marquée chez les 12-19 ans et les 55-64 ans. À nouveau, on peut supposer qu’un nombre important de ces baby-boomers voyagent accompagnés de leurs enfants ou petits-enfants.

La France à la loupe

Comme la France représente la destination outre-mer la plus visitée par les Québécois, il est intéressant de regarder spécifiquement l’évolution du nombre de départs de 2002 à 2005, selon les différents segments d’âge (graphique 4). Ce sont les seniors (65 ans et plus) qui inscrivent la plus forte progression (+118%) au cours de cette période. Les groupes des 12-19 ans et des 35-44 ans représentent les segments en baisse. Dans le cas des 12-19 ans, on note au graphique 3 qu’il y a pourtant une croissance généralisée pour l’Europe comme destination de voyage. Ce segment délaisse ainsi la France pour se tourner massivement vers d’autres pays du Vieux Continent.

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Les voyages vers les Caraïbes explosent au 3e trimestre

On constate que cinq fois plus de Québécois ont choisi de partir vers les Caraïbes au cours du troisième trimestre de 2005 par rapport à 2002 (graphique 5). Autre changement intéressant, de plus en plus de voyageurs choisissent les mois d’hiver pour visiter l’Europe. L’Amérique centrale et le Mexique récoltent pour leur part un fort gain (+245%) au cours du deuxième trimestre.

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Sources:
– Print Measurement Bureau, 2006.
– Statistique Canada. Enquête sur les voyages internationaux, 2005.

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Faits et chiffres Technologies

Sommes-nous Web 2.0?

Souvent limitées à la population américaine, rares sont les statistiques témoignant du taux d’adoption par les Québécois d’Internet à la sauce 2.0. La dernière enquête du Print Measurement Bureau (PMB) s’est intéressée au comportement d’utilisation du Web des Canadiens en ce qui concerne spécifiquement les communautés virtuelles, les sites de clavardage, les blogues et le podcasting (baladodifussion).
Déjà près du tiers des Canadiens fréquentent des sites relatifs à des communautés virtuelles (graphique 1). À ce chapitre, le Québec affiche un important retard avec seulement 21% d’utilisateurs. Un nombre moindre de sites francophones dédiés aux communautés virtuelles pourrait expliquer cette différence. Les Québécois sont environ 17% à s’adonner au clavardage (chat) et 14% à visiter des blogues. L’utilisation du podcasting (baladodiffusion) s’avère encore marginale (5%).

À titre comparatif, les taux d’utilisation de l’ensemble de la population américaine adulte sont de 8% pour le podcasting, de 11% pour les sites de communautés virtuelles comme MySpace et de 26% les blogues.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Un topo de la population canadienne qui ne voyage pas

Saviez-vous que, parmi les Canadiens, les Québécois sont les plus nombreux à ne pas voyager? Règle générale, nous tentons de dresser le portrait le plus fidèle possible de notre clientèle cible afin d’orienter nos actions en conséquence. Nous voulons savoir qui nous visite, qui s’intéresse à nos produits. Rarement faisons-nous le raisonnement inverse, c’est-à-dire mesurer l’importance du segment de population qui s’avère le moins susceptible de voyager ou d’utiliser certains services touristiques, ne serait-ce que pour confirmer certaines intuitions et éviter des actions marketing moins efficaces.

Pas seulement les boomers

Selon le Print Measurement Bureau (PMB), environ 36% de la population canadienne adulte a déclaré ne pas avoir effectué de voyage d’agrément au Canada au cours des douze derniers mois. En premier lieu, on constate que l’âge des Canadiens exerce peut-être moins d’influence qu’on aurait pu le croire (graphique 1). Ce sont les jeunes de 18 à 24 ans qui sont les plus susceptibles de ne pas voyager, tant au Canada qu’à l’étranger. Pour les autres tranches d’âge, les résultats concernant la proportion des gens inactifs sont assez similaires. Si l’on ne tient pas compte de la fréquence des voyages, ces statistiques atténuent quelque peu l’affirmation populaire voulant que le titre de grand voyageur appartienne aux baby-boomers.

Les Québécois nombreux à ne pas voyager

Près de la moitié (46%) des Québécois adultes n’ont effectué aucun voyage de vacances au Canada au cours des 12 derniers mois, ce qui représente le plus fort pourcentage parmi les provinces canadiennes (graphique 2). Du côté des voyages internationaux, ce sont les résidants des provinces de l’Atlantique (69%) qui sont les plus casaniers, suivis des Québécois (61%). On remarque qu’une majorité de Britanno-Colombiens (57%), d’Ontariens (56%) et d’Albertains (54%) ont réalisé au moins un séjour à l’étranger au cours des trois dernières années, comparativement à seulement 39% des Québécois. 
 
L’âge des enfants au foyer constitue un autre facteur qui semble n’exercer que très peu d’influence sur le désir ou la capacité de partir en vacances. Les proportions de familles qui ne partent pas sont les mêmes pour toutes les catégories d’âge des enfants, tant pour les déplacements au Canada (environ 37%) que ceux à l’extérieur du pays (environ 54%). 
 
Par ailleurs, il semble que le voyage en famille fasse moins partie des moeurs au Québec. Seulement 11% des Québécois ont mentionné que des enfants faisaient partie du dernier voyage au Canada au cours des 12 derniers mois. C’est moins qu’en Alberta (20%), au Manitoba/Saskatchewan (18%), en Colombie-Britannique (17%) et en Ontario (14 %). Quant aux voyages avec des enfants à l’étranger, les proportions chutent avec, par exemple, 5% pour les Québécois et 9% pour les Ontariens.

L’éducation et le voyage fortement corrélés

Ce n’est pas pour rien que l’on dit souvent que les touristes sont généralement plus instruits que la moyenne. En effet, la proportion des Canadiens adultes n’ayant effectué aucun voyage d’agrément est nettement plus élevée parmi les gens sans diplôme scolaire (graphique 3). Il est clair que les études donnent l’envie de voyager, alors qu’environ seulement le quart des diplômés universitaires n’ont effectué aucun voyage de vacances au Canada au cours des 12 derniers mois.

Les moins nantis voyagent aussi

Un autre mythe prend du plomb dans l’aile: celui qui dit que seuls les plus riches voyagent (graphique 4). Le comportement de «non-voyage» vers l’international est sensiblement le même pour toutes les catégories de revenus de moins de 75 000$. On peut supposer que plusieurs Canadiens adultes, même s’ils déclarent peu de revenus, peuvent compter sur des actifs pour voyager.

De plus, de nombreux étudiants profitent de leurs temps libres et s’organisent avec des moyens limités pour partir à la découverte. C’est ce qui explique notamment que 41% des gens ayant déclaré des revenus inférieurs à 20 000$ ont tout de même trouvé les moyens de prendre des vacances à l’étranger. Quoiqu’il en soit, considérant qu’il s’agisse d’un segment de population vivant sous le seuil de la pauvreté, cela témoigne de l’importance que l’on porte aux voyages pour son équilibre de vie.

La taille des municipalités

La proportion des gens qui ne partent pas en voyage varie aussi en fonction de la taille de la communauté dans laquelle ils habitent. En ce qui concerne les voyages au Canada au cours de la dernière année, la proportion des gens inactifs se détaille comme suit:

  • 36% pour les communautés de moins de 100 000 habitants,
  • 31% pour les communautés de 100 000 à 1 million d’habitants,
  • 41% pour les villes de plus de 1 million d’habitants.

Du côté des voyages internationaux au cours des trois dernières années, la proportion des gens sédentaires s’établit comme suit:

  • 61% pour les communautés de moins de 100 000 habitants,
  • 49% pour les communautés de 100 000 à 1 million d’habitants,
  • 43% pour les villes de plus de 1 million d’habitants.

On remarque que ce sont les habitants des villes de taille intermédiaire qui comptent la plus grande proportion de gens ayant réalisé au moins un voyage au Canada. Pour les déplacements à l’étranger, ce sont les résidants des municipalités de petite taille (61%) qui sont les plus nombreux à ne pas bouger, à l’opposé des citadins (43%).

Données complémentaires concernant les Québécois (12 ans et plus)

Sauf dans le cas des croisières, les statistiques concernent les 12 derniers mois.

  • 68% des Québécois n’ont pas pris l’avion, comparativement à 48% des Ontariens et à 42% des Britanno-Colombiens.
  • 76% des Québécois n’ont jamais effectué une croisière au cours des trois dernières années, comparativement à 64% des Ontariens.
  • 52% des Québécois n’ont effectué aucun séjour d’affaires en hébergement commercial, comparativement à 33% des Albertains et à 39% des Ontariens.
  • 71% des Québécois n’ont pas procédé à la location d’une voiture automobile pour affaires, comparativement à 57% des Ontariens.
  • 80% des Québécois n’ont acheté aucun chèque de voyages, comparativement à 66% des Ontariens et à 65% des Britanno-Colombiens.
  • 53% des Québécois n’ont visité aucun salon ou exposition.

Évidemment, les données présentées dans cet article demeurent quelque peu générales; néanmoins, elles permettent d’obtenir un aperçu du «non-comportement» de voyage qui constitue l’autre côté de la lorgnette, celui que nous ne sommes pas habitués à voir.
Source:
– Print Measurement Bureau, 2006.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Les Québécois à l’étranger: évolution du marché, 2005 vs 2003

Comment le marché touristique québécois a-t-il évolué de 2003 à 2005? L’Europe s’avère de plus en plus attirante aux yeux des Québécois, alors que des destinations comme l’Allemagne et l’Italie enregistrent des gains spectaculaires quant au nombre de nuitées touristiques en 2005 comparativement à 2003.

La rareté et la disponibilité des données traitant du tourisme expéditif international n’empêchent pas que cela demeure un volet important de notre industrie touristique. C’est pourquoi, il y a près de deux ans, le Réseau de veille faisait le point sur le comportement de voyages des Québécois vers l’étranger. Nous récidivons, en comparant cette fois les données de 2005 avec les précédentes (2003).

De plus en plus de voyages à l’étranger

Bien sûr, le Québec figure au premier plan pour les voyages des Québécois. Ces derniers ont néanmoins effectué plus de 4,8 millions de voyages d’une nuit ou plus à l’étranger en 2005, soit l’équivalent de 37,4 millions de nuitées. On constate que les Québécois passent de plus en plus de temps à l’extérieur du Québec, alors qu’on enregistre une croissance de 16% des nuitées par rapport à l’année 2003. (Lire aussi: Où vont les Québécois à l’étranger?) Quant aux dépenses touristiques internationales des Québécois, elles ont aussi augmenté de 16% pour la même période, atteignant les 3,17 milliards de dollars. Rappelons que toutes les dépenses excluent les transactions engagées au Canada.

Les destinations outre-mer gagnent du terrain par rapport aux États-Unis. L’ensemble des voyages des Québécois chez nos voisins du Sud a atteint 18,7 millions de nuitées, soit le même nombre que pour les voyages vers des destinations d’outre-mer. En 2003, la différence de nuitées s’élevait à 600 000 en faveur des déplacements vers les États-Unis. Les Québécois ne sont pas différents des autres touristes; ils cherchent à découvrir de nouveaux horizons et délaissent progressivement les lieux plus traditionnels.

États-Unis: domination de la Floride

Déjà confortablement installée en première position, la Floride continue de dominer comme destination, accaparant plus de 8,4 millions de nuitées, soit 45% du total des nuitées (graphique 1, mais non illustrée en raison de son importance disproportionnée). Le Maine obtient le plus grand écart par rapport à 2003, cet État enregistrant une hausse de 331 000 nuitées. Les États du Massachusetts, de New York et du Vermont présentent également des hausses statistiques assez fortes. Soulignons l’étonnante performance du Texas qui a vu son nombre de nuitées québécoises doubler depuis 2003.

Les dépenses touristiques des Québécois réalisées en sol américain pour des voyages d’une nuit et plus en 2005 ont totalisé 1,42 milliard de dollars, soit une augmentation de 14% (graphique 2). À elle seule, la Floride a reçu plus de un demi-milliard de dollars.

Tout comme pour le nombre de nuitées, les États de la Nouvelle-Angleterre et de New York ont réalisé des gains intéressants en matière de recettes touristiques. Viennent s’ajouter au paysage la Californie et le Nevada où les Québécois dépensent beaucoup en raison de séjours plus longs et de dépenses quotidiennes plus élevées. Ces dernières atteignent en moyenne 134 dollars par jour en Californie et 212 dollars au Nevada, lieu du divertissement par excellence. On remarque aussi qu’Hawaï, destination soleil long-courrier, semble en perte de vitesse.

Outre-mer: une forte attirance

Une multitude de destinations s’offre désormais aux Québécois, leur permettant de sortir des sentiers battus. Les voyages vers des pays outre-mer ont enregistré une croissance de plus de 18% en termes de nuitées de 2003 à 2005 (graphique 3). Au cours de la même période, le nombre de nuitées aux États-Unis a augmenté de 14%.

On assiste à un engouement remarquable des Québécois pour les destinations européennes avec, en tête de liste, la France qui a enregistré à elle seule un gain de près de un million de nuitées. Les taux de croissance des départs vers l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique sont encore plus spectaculaires. Le Royaume-Uni toutefois enregistre une baisse de 16%. Le taux de change avec l’euro ne semble pas être un facteur décisif, puisqu’il a peu fluctué par rapport au dollar canadien de 2003 à 2005. On doit toutefois prendre en compte la durée des séjours qui s’inscrit comme un facteur d’influence quant au nombre de nuitées. À titre d’exemple, la durée moyenne des séjours en France est passée de 15,8 à 13,7 nuitées de 2003 à 2005, alors qu’en Allemagne elle a presque doublé, passant de 7,8 à 14,6 nuitées.

Du côté des destinations soleil, les gains sont plus modestes, se rapprochant davantage de la croissance moyenne globale de 18%. Les destinations éloignées semblent avoir été massivement délaissées par les Québécois avec un nombre de nuitées en chute du côté des pays éloignés comme l’Australie et la Thaïlande. L’Inde a par ailleurs enregistré une forte hausse des nuitées (48%). Difficile d’évaluer l’effet réel de la catastrophe du tsunami dans la région de l’Asie du Sud-Est, mais on observe d’importantes baisses de la clientèle québécoise dans certaines destinations.

Quant aux dépenses touristiques en Thaïlande, en Inde et aux Philippines, elles ont diminué de façon importante (graphique 4). À l’exception d’une baisse notable pour le Royaume-Uni, on constate une augmentation significative des dépenses dans toutes les autres destinations populaires. On remarque aussi le retour en force de la Belgique qui a gagné plusieurs positions en quadruplant ses recettes issues du marché québécois.

Les États-Unis, la Floride en tête, continuent d’attirer un grand nombre de Québécois. Plusieurs destinations européennes, hormis le Royaume-Uni qui est en baisse, gagnent du gallon avec des taux de croissance importants. Les plus fortes progressions ont été enregistrées au Maine, au Massachusetts, au Texas, en Belgique, en Italie, en Allemagne et en France.

Quant aux dépenses touristiques des Québécois, elles sont en baisse dans certaines destinations long-courrier telles que la Thaïlande, l’Australie, l’Inde et Hawaï, de même qu’au Royaume-Uni. Les statistiques montrent toutefois une forte hausse en Belgique, en Espagne et en Allemagne, notamment.

Source:

– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2005.

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Qu’est-ce qui influence les habitudes de loisir?

Pour mieux apprendre à connaître notre clientèle, il est parfois utile de l’analyser sous de nouveaux angles. Nous avons cette fois-ci isolé deux variables particulières, l’occupation professionnelle et la taille de la communauté de résidence afin d’évaluer quelle incidence elles pouvaient exercer sur certains éléments relatifs aux loisirs et aux voyages des Canadiens.

Les Canadiens sous la loupe

Selon les données obtenues par le Print Measurement Bureau (PMB) 2006, les opportunités et les traditions familiales diffèrent radicalement selon que l’on habite dans une agglomération de moindre taille (moins de 100 000 âmes), dans une ville d’envergure (plus de 1 million d’habitants) ou dans une municipalité canadienne de catégorie intermédiaire dont la taille oscille de 100 000 à 1 million d’individus. La population canadienne se répartit de façon à peu près égale entre les trois segments.

Plus tôt dans l’année, le Réseau de veille en tourisme avait fait la lumière sur les façons dont les Québécois passaient leur temps libre, à savoir notamment quelles activités bénéficiaient de la plus forte intensité de pratique. (Lire aussi: Comment les Québécois utilisent-ils leur temps libre?) Cette fois, nous laissons de côté les volumes de participation en utilisant essentiellement des indices de propension à la réalisation d’une activité, d’un voyage ou autre. Ces indices fonctionnent sur la base où un résultat de 100 équivaut à la moyenne canadienne. Par exemple, si un segment de population obtient un indice de 150 pour la pratique du curling, cela signifie que ce groupe d’individus s’avère 50% plus susceptible d’être adepte de cette activité que la moyenne canadienne.

Participation aux activités de loisir

Le premier cas étudié concerne la propension des Canadiens à participer à certaines activités, selon la taille de leur communauté (graphique 1). Par exemple, celles de moins de 100 000 habitants s’adonnent beaucoup plus régulièrement aux activités en lien direct avec la grande nature telles que la chasse, la pêche, la motoneige et le bateau à moteur, alors que celles des villes intermédiaires ont une plus forte propension à pratiquer le golf, le ski de randonnée et la voile. Quand aux résidants des métropoles, on remarque qu’ils se tournent davantage vers le ski alpin et le vélo. Fait intéressant, ces derniers s’avèrent nombreux à s’évader de la ville pour s’adonner à la voile.

Nous avons aussi analysé les types d’activités correspondant à divers profils d’emploi. Fait important à noter, plus du tiers (36%) des Canadiens n’appartiennent à aucune catégorie d’emploi puiqu’ils sont retraités ou sans emploi notamment. Les différentes occupations professionnelles ainsi que la proportion de la population canadienne correpondant à chacune d’entre elles sont les suivantes:

  • professionnels (6%),
  • cadres supérieurs, propriétaires (3%),
  • cadres intermédiaires (13%),
  • cols blancs, techniciens, enseignants (9%),
  • commis, secrétaires (8%),
  • métiers spécialisés (25%),
  • autres (36%).

Évidemment, il existe une forte corrélation entre le niveau salarial, donc la catégorie de profession et le type d’activités pratiquées. Mais, au-delà de ce constat, on obtient d’autres renseignements intéressants, sans compter que des emplois appartenant par exemple à la catégorie des métiers spécialisés s’avèrent souvent aussi rémunérateurs que des professions de type cadre intermédiaire.

Certaines activités plaisent de façon à peu près égale à tous les Canadiens, peu importe leur corps de métiers. C’est le cas notamment de la pratique du camping et du vélo (graphique 2). Les professionnels enregistrent un intérêt marqué pour la voile, le ski de randonnée et le ski alpin, alors que les cadres supérieurs et les propriétaires favorisent davantage le golf, le bateau à moteur et la motoneige. On remarque que les gens oeuvrant dans le domaine des métiers spécialisés ont un profil nettement différent, leurs activités de prédilection étant la chasse, la pêche, la motoneige et la planche à neige.

Destinations de vacances

Nous avons mis en lumière les taux d’incidence des choix de vacances des Canadiens en regard de la taille de leur communauté (graphique 3). Malheureusement dans ce cas-ci, la variable de la proximité géographique vient un peu mêler les cartes puisqu’il est difficile de savoir, par exemple, si le comportement des gens d’une ville québécoise de moindre taille voyageant au Québec est le même que celui des habitants d’une autre ville canadienne d’envergure similaire qui choisit le Québec comme lieu de vacances. Au-delà de cette mise en garde, voici quelques constats intéressants :

  • Les voyages des Canadiens au Canada sont répartis de manière assez égale entre les diverses communautés.
  • Les Canadiens habitant dans les grands centres ont une plus forte propension à voyager au Québec.
  • Les voyages internationaux sont surtout l’apanage des résidants des grandes villes, particulièrement dans le cas des séjours en France.
  • Ce sont les Canadiens des villes intermédiaires qui sont les plus susceptibles de se rendre au Mexique.
  • Les Canadiens des petites communautés ont une moins forte propension que les autres à voyager en général dans ces destinations.

En ce qui concerne le jumelage des destinations avec le profil d’emploi (graphique 4), voici quelques constats:

  • Ce sont les professionnels qui affichent la plus forte propension à voyager pour toutes les destinations étudiées, sauf dans le cas des destinations «soleil», soit le Mexique et la Floride.
  • Le groupe des cols blancs, des techniciens et des enseignants est friand des vacances en France, au Mexique et au Royaume-Uni/Irlande, de même qu’en Floride et au Québec.
  • Les cadres supérieurs et les propriétaires sont ceux qui optent le plus souvent pour des vacances vers le Sud.
  • Les Canadiens oeuvrant dans des métiers spécialisés voyagent nettement moins que les autres travailleurs.

Sélection du mode d’hébergement

La taille de la communauté des résidants canadiens semble également exercer une influence sur le choix du type d’hébergement durant leurs vacances au Canada (graphique 5). On remarque notamment des taux d’incidence élevés chez les habitants des grandes villes à opter pour les gîtes du passant et les centres de villégiature. Les Canadiens des municipalités de taille moyenne affichent une plus grande propension à privilégier des vacances au chalet (commercial ou privé) et chez des parents et amis. Quant aux voyageurs des petites agglomérations, ils optent davantage pour les terrains de camping et les motels.

Par ailleurs, lorsqu’on met en parallèle l’hébergement privilégié avec les occupations professionnelles des Canadiens, un élément ressort clairement du lot (graphique 6): les travailleurs professionnels s’avèrent particulièrement friands des gîtes du passant. De leur côté, les cadres supérieurs et les propriétaires, de même que les cadres intermédiaires, affichent une propension plus élevée à choisir les centres de villégiature.

Activités pratiquées lors des vacances

Sur le plan des activités pratiquées au cours de vacances au Canada selon la taille de la communauté d’origine des Canadiens, on peut dégager d’intéressantes observations (graphique 7). Les résidants de municipalités de moindre taille affichent une forte propension à pratiquer la chasse et la pêche, de même qu’à assister à des conférences. Ce dernier constat s’explique par le fait que les réunions se déroulent habituellement dans les plus grands centres, d’où la nécessité, pour les gens habitant de petites communautés, de se déplacer.

On remarque également la tendance très urbaine du ski alpin/planche à neige, alors que ce sont les Canadiens des métropoles qui s’y adonnent davantage. Par ailleurs, le golf semble très populaire du côté des villes intermédiaires, possiblement en raison de l’accès à un grand nombre de parcours à proximité.

En terminant, on constate que les cadres supérieurs/propriétaires assistent régulièrement à des conférences et jouent souvent au golf lors d’un voyage au Canada (graphique 8). Ils affichent aussi une forte propension à pratiquer le ski alpin/planche à neige. Les professionnels, quant à eux, présentent des taux d’incidence nettement supérieurs à la moyenne canadienne pour à peu près toutes les catégories. On remarque aussi une certaine affinité entre les Canadiens qui occupent des postes de commis/secrétaires et les activités liées aux parcs thématiques/zoos et aux événements sportifs.

Source:
– Print Measurement Bureau 2006.