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Segments de clientèles

Les Canadiens sont-ils prêts à accueillir des touristes ?

Les intervenants touristiques du Canada et du Québec souhaitent une reprise rapide des voyages, mais qu’en est-il des résidents ? Sont-ils prêts à recevoir des touristes ? Afin de répondre à cette question, Destination Canada a mandaté la firme Léger pour effectuer un sondage hebdomadaire auprès de 1 800 Canadiens.

À ce jour, les résultats des cinq enquêtes successives montrent qu’au fil des semaines, les Québécois semblent de plus en plus favorables à accueillir des visiteurs en provenance de communautés situées près de chez eux, d’autres régions de la province ou encore d’ailleurs au Canada (voir le tableau 1). Seule la 4e vague a enregistré une baisse dans la proportion de résidents prêts à accueillir des touristes, mais elles ont remonté la semaine suivante.

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Dans la plus récente édition du sondage (9 juin), lorsque l’on compare les données des Québécois avec celles des Canadiens des autres provinces, on constate que les premiers sont les plus enclins à accueillir des touristes d’autres régions canadiennes, loin devant ceux des autres provinces (à l’exception de l’Alberta) et particulièrement de celles de l’Atlantique (voir le tableau 2). Ceci s’explique probablement par le fait que le Québec est la région la plus touchée par la pandémie et que les provinces de l’Atlantique, le Manitoba, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique sont celles qui enregistrent le moins de cas, démontrant ainsi que la crainte de contracter le virus est toujours très présente dans l’esprit des Canadiens. Les résidents de l’Ontario sont encore les moins enclins à accueillir des visiteurs de collectivités voisines ou d’ailleurs dans leur province.

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Selon un sondage SOM-Cogeco réalisé les 11 et 12 mai auprès de 1 100 adultes québécois francophones, la proportion de Montréalais qui se disent à l’aise de recevoir des visiteurs de l’extérieur du Grand Montréal l’été prochain est semblable à celle de l’ensemble des Québécois, soit 49 %. Par contre, seulement 28 % des répondants de l’extérieur du Grand Montréal déclarent être à l’aise d’accueillir des vacanciers de la région métropolitaine de Montréal dans leur coin de pays au cours de la belle saison.

Qu’en est-il des intervenants touristiques ?

Est-ce que l’idée d’accueillir de la clientèle provenant de l’extérieur de leur région rend les gestionnaires d’entreprises touristiques inconfortables ? Une enquête réalisée du 28 mai au 8 juin 2020 par la Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec le ministère du Tourisme et l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, auprès de 921 organisations touristiques procure des éléments de réponse. On y découvre qu’une très grande part de celles-ci (87 %) sont à l’aise de les recevoir. Cette proportion est un peu moins élevée lorsqu’il est question d’accueillir spécifiquement des visiteurs de la grande région de Montréal (voir le tableau 3). À cet égard, quelque 19 % ont souligné se sentir peu ou pas à l’aise. Le niveau de confort baisse d’un autre cran quand il s’agit de fréquentation par les touristes américains. Près de la moitié des intervenants touristiques sondés (47 %) se sentent inconfortables à cette idée. Les entreprises qui œuvrent dans le secteur de la nature et du plein air se montrent les plus à l’aise d’accueillir tous les types de clientèles, peut-être parce que la distanciation physique y est plus facile à appliquer.

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À ce jour, la crise de la COVID-19 a fait des ravages dans l’industrie. Avec la reprise graduelle des activités et le déconfinement de la population, celle-ci se sent de plus en plus prête à accueillir des visiteurs venus d’ailleurs : une bonne nouvelle à l’aube de la saison touristique !

Consultez ici les faits saillants de la 2e vague de l’enquête portant sur l’impact de la COVID-19 sur les organisations touristiques québécoises.

Source de l’image à la une : Pixabay

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Tendances

Attractivité territoriale, plus que du marketing touristique

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, dévoilait le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers, Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leurs réflexions afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

 

 

Le paradoxe du marketing territorial

Pour se faire connaître et attirer de nouvelles activités sur leur territoire, les régions et les municipalités utilisent souvent des techniques traditionnelles de mise en marché qui empruntent une approche de « push marketing » et reposent avant tout sur :

  • La création d’une image de marque pour représenter l’ensemble des forces vives du territoire et rayonner à l’intérieur et au-delà de leurs frontières ;
  • L’affichage de leurs atouts pour se démarquer, sortir du lot, attirer l’attention des entreprises, des investisseurs, des nouveaux résidents potentiels et des visiteurs.

Le paradoxe est que ces images de marque finissent toutes par se ressembler et que peu d’entre elles ressortent réellement du lot puisque tout le monde s’y met.

Cela est d’autant plus vrai que diverses organisations d’un même territoire (développement économique, promotion touristique, parc industriel, etc.) peuvent présenter chacune une image de marque distincte pour rejoindre un public précis et que les moyens pour promouvoir cette image sont souvent insuffisants pour réellement ressortir dans l’espace public.

Et qu’en est-il de l’attractivité territoriale ?

 Si l’objectif final est le même que celui du marketing territorial, l’attractivité territoriale est une approche qui s’inspire plus du « pull marketing », c’est-à-dire plus centrée sur la satisfaction des utilisateurs du territoire, qu’ils soient résidents, entrepreneurs ou touristes. L’idée ici est de les fidéliser et de rejoindre de nouvelles clientèles par la diffusion de cette image positive via ces ambassadeurs.

Cette approche semble plus en phase avec le contexte actuel où les visiteurs recherchent des destinations authentiques et se réfèrent aux locaux pour mieux connaître et décider de l’achat de produits et de services offerts sur place.

L’attractivité territoriale commande toutefois de bien cerner les besoins et les attentes des clientèles que l’on désire intéresser, et surtout de bien se connaître pour faire valoir nos avantages les plus significatifs pour ces clientèles. La promotion de l’image de marque demeure importante, mais elle doit alors reposer sur des bases solides et authentiques pour créer l’attraction, puisque ce sont les utilisateurs actuels du territoire qui en seront en bonne partie les porte-paroles et la force de persuasion.

Savoir reconnaître l’ADN de son territoire

L’ADN constitue nos chromosomes et porte nos gènes, donc l’essence même de nos caractères héréditaires. Par association, l’ADN d’un territoire est composé des diverses filiations historiques et actuelles qui construisent sa personnalité. Sa population, son histoire, ses caractéristiques physiques, tous ces éléments participent à mieux connaître et reconnaître ce qui fait l’unicité de son territoire. Et de ce fait, à mieux le développer pour le rendre attractif.

À titre d’exemple, l’ADN du produit touristique montréalais se définit entre autres par le caractère latin, accueillant et festif de sa population, sa résilience face aux crises, sa géographie insulaire, son urbanisme à la fois européen et nord-américain et enfin par ses dualités. Toutes ses réalités expliquent que Montréal se définit comme une « ville de tensions positives » à l’intérieur de laquelle le tourisme se développe par zones et par pôles d’attraction.

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Source : Conférence Pierre Bellerose

En Abitibi-Témiscamingue, dans les Cantons-de-l’Est, dans Lanaudière et plusieurs autres régions du Québec, des démarches de marketing de territoire sont en cours. Comment éviter les erreurs ? Une approche d’attractivité territoriale présente des défis majeurs puisqu’il est difficile de séparer l’attractivité touristique de celle cherchant à attirer de nouveaux résidents pouvant combler les besoins de main-d’œuvre. D’où l’importance de développer son pouvoir attractif d’abord pour les citoyens et les entreprises actuels et futurs, pour ensuite mieux rejoindre les visiteurs.

Pour mener à bien un exercice d’attractivité territoriale, il semble donc essentiel de savoir au départ d’où l’on vient pour mieux comprendre qui l’on est et où l’on va. Il faut donc bien définir l’ADN de son territoire :

  • Le tout commence par bien comprendre les filiations historiques – petites et grandes, passées et plus récentes – du territoire. Cela aide à préciser les autres dimensions.
  • Qui sommes-nous ? Comment pouvons-nous nous définir ?
  • Qu’est-ce qui nous différencie ? D’où provient notre unicité, notre identité collective ?
  • Quelles sont nos caractéristiques géographiques, physiques et culturelles ?
  • Quelles sont nos valeurs communes ? Notre façon de vivre ?
  • De quoi sommes-nous fiers ?

Les réponses à ces questions permettent ensuite de mieux se faire connaître, de faire valoir nos acquis, de mieux faire comprendre et imaginer les expériences que l’on pourra vivre comme résident, travailleur ou visiteur en habitant ce territoire.

La mobilisation et l’innovation territoriale comme stratégie de revitalisation

Comment l’attractivité territoriale peut-elle aider à faire face à la dévitalisation des communautés ? Certaines municipalités s’engagent dans une démarche qui mise avant tout sur la mobilisation des citoyens afin de :

  • Mieux appréhender l’avenir, créer de l’optimisme ;
  • Rester compétitif malgré des travaux d’envergure ;
  • Améliorer la qualité de vie ;
  • Mettre fin aux guerres de clocher et ficeler des partenariats ville-région, région-région.

Un bel exemple de mobilisation d’un territoire est celui de la démarche participative Culturat « qui vise à faire de l’Abitibi-Témiscamingue un territoire créatif et accueillant, animé par une diversité de cultures et de talents ». L’enthousiasme de tous les milieux participants a transformé ce projet de tourisme culturel en projet de société qui fait la promotion d’une région par les arts, la culture et son identité. 

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Source : Culturat

« Les projets qui ne tiennent pas en compte les intérêts de la population mènent toujours à des désastres » – Phyllis Lambert (architecte montréalais)

D’autres peuvent s’inscrire dans une démarche à plus long terme d’attraction par l’innovation.

En tourisme, les experts proposent une formule qui comprend les cinq éléments suivants (voir infographie) :

  • Affronter la résistance au changement
  • Cerner les problématiques et les opportunités
  • Adopter une posture et une vision
  • Faire les premiers pas pour activer le tout
  • Se mobiliser autour de l’innovation.

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Source : Réseau de veille en tourisme

En résumé…

L’attractivité territoriale commande une implication citoyenne qui passe nécessairement par une adhésion politique.

Elle exige aussi de « penser hors de la boîte » et donc de se montrer créatif à tous les niveaux et éventuellement de sortir des carcans imposés par les structures institutionnelles.

Bien comprendre l’ADN, les caractéristiques ainsi que les contraintes de la destination est essentiel. Mais si poser un bon diagnostic est un défi réalisable, passer à l’action est plus complexe.

Pour retrouver l’ensemble des tendances, nous vous invitons à consulter le livre blanc « Tendances touristiques 2020 : paradoxes et transformations » en cliquant ici.  

 

Source image à la Une : Vincent Gollain Overblog

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Marketing

Shawinigan 100 % accueillant

C’est ce qu’a soutenu Andréanne Boisvert, coordonnatrice Communication et Marketing, lors d’une présentation au 3e Grand rendez-vous en agrotourisme et tourisme gourmand, qui s’est tenu à Shawinigan du 5 au 7 novembre dernier.

L’accueil, une priorité

Les engagements du ministère du Tourisme (MTO) en matière d’accueil visent entre autres à « accroître la qualité de l’expérience et le niveau de satisfaction des visiteurs en ce qui a trait à l’accueil reçu ». Pour y parvenir, la Direction de l’accueil touristique et de l’information numérique du MTO propose la formation 100 % accueillant, « un programme court axé sur le savoir-être et l’accueil », à toute personne qui travaille dans l’industrie, mais principalement aux intervenants de première ligne tels que les guides, les chasseurs, les agents de bord, les préposés à l’entretien, etc. Cette formation est offerte en ligne par l’ITHQ et sous forme d’ateliers participatifs par plusieurs établissements d’enseignement.

Des résidents-ambassadeurs

Emboîtant le pas, certaines destinations choisissent de pousser la démarche encore plus loin en tissant des liens avec les résidents afin de les intégrer à leur réseau d’accueil. C’est le cas de Shawinigan qui, en 2014, a amorcé un virage sur le plan de l’accueil en misant davantage sur sa population pour recevoir les touristes. Comme ils sont bien souvent le premier contact du visiteur avec la ville, les habitants jouissent d’une influence certaine sur l’attractivité de la municipalité.

En plein cœur de l’été 2018, l’Office de tourisme foires et congrès de Shawinigan a lancé la campagne « Résidents-Ambassadeurs » dans ses nouveaux locaux, situés en plein centre-ville. Forts de leur amour pour Shawi, 61 personnes ont accepté de d’afficher leur fierté et de faire découvrir les multiples facettes de la ville aux touristes de passage. Aujourd’hui, ils sont 111 passionnés, âgés de 5 à 87 ans.

Source : Andréanne Boisvert, Tourisme Shawinigan

Le carnet Shawi

Pour accueillir et conseiller les visiteurs tout en créant des vacances authentiques, Tourisme Shawinigan a conçu un carnet qui présente, bien sûr, les coups de cœur et les incontournables des résidents-ambassadeurs, mais aussi leurs secrets bien gardés. De bonnes tables, des événements à ne pas manquer, des suggestions d’activités quatre saisons et plus encore attendent les lecteurs. Pour produire ce carnet, l’office consulte plus d’une centaine de personnes d’âges et de milieux divers. Deux éditions de cette publication ont été réalisées et une troisième verra le jour au printemps.

Source : Tourisme Shawinigan

Un bureau touristique nouvelle génération
Au-delà du simple acte de renseignement et de la distribution de brochures, un bureau d’accueil ou d’information touristique (BIT) doit offrir une vitrine à la destination et proposer une véritable expérience aux visiteurs. Inauguré à l’été 2018, le nouveau BIT Info Shawi reflète un esprit de proximité avec les gens. Il se veut un lieu de rencontres et d’échanges entre résidents et visiteurs. Des ambassadeurs y parlent de leurs passions et de leurs coups de cœur dans une ambiance dynamique, accueillante et chaleureuse.

Source : Andréanne Boisvert, Tourisme Shawinigan

Grâce à ce virage 100 % accueillant et à son carnet coups de cœur, l’Office de tourisme foires et congrès de Shawinigan a reçu un prix spécial Azimut pour le volet « Accueil par la population », lors du gala 2019 qui s’est tenu à Baie-Saint-Paul. Les prix Azimut, décernés par le gouvernement du Québec, visent à reconnaître et à valoriser le personnel des lieux d’accueil et de renseignements touristiques.

Miser sur ses résidents pour accueillir les visiteurs, c’est une formule gagnante. Comme l’a mentionné Andréanne Boisvert, « si un Shawiniganais reçoit environ cinq fois par année des parents ou des amis, avec une moyenne de quatre personnes par visite, multiplié par 111 résidents-ambassadeurs, on obtient 2200 individus contaminés positivement par la destination »!

 

Source de l’image à la une : présentation Andréanne Boisvert

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Produits et activités

Tourisme culinaire : préserver son authenticité

La gastronomie locale est le reflet de l’histoire et de l’héritage d’un territoire, mais aussi de la créativité de sa communauté. Pour un touriste, déguster les saveurs locales lui permet de comprendre les lieux visités. L’engagement et l’éducation de la communauté, l’intérêt des jeunes envers la cuisine régionale et l’élaboration d’une stratégie touristique culinaire incluant l’ensemble de la chaîne de valeur contribuent fortement à étendre et préserver son patrimoine culinaire.

 

Engager la communauté : le cas de l’Irlande

Cet automne, les Irlandais célèbrent la gastronomie avec la campagne Taste the Island. Fáilte Ireland, l’autorité nationale de développement touristique, invite l’industrie à partager ses trésors culinaires, de la mi-septembre à la mi-novembre. Les organisations souhaitant prendre part à la campagne doivent adhérer à la charte et à ses engagements tels que prioriser l’approvisionnement local, sensibiliser les visiteurs aux produits régionaux et créer un événement qui met en valeur la culture culinaire, les gens et les lieux (voir la vidéo).

Source : Youtube 

Les entreprises participantes ont à leur disposition des ateliers et une boîte à outils qui comprend des conseils personnalisés sur l’éventail d’expériences à proposer, selon la catégorie d’activités :

– Restaurants, hébergements, pubs, cafés, attractions;

– Producteurs, microbrasseries, distilleries, marchés fermiers, vente au détail;

– Circuits et activités gourmandes;

– Festivals et événements.

Cette initiative a comme objectifs de créer un réseau d’ambassadeurs, de faire connaître l’histoire culinaire de l’Irlande à travers le monde et d’attirer les visiteurs en dehors de la période de pointe estivale. Ce programme, de portée nationale, est d’une durée de trois ans.

Intéresser la relève

L’éducation des jeunes constitue l’une des voies privilégiées pour préserver l’identité culinaire d’une destination. Selon un rapport de 2019 de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et du Centre culinaire basque (BCC), la gastronomie devrait être incluse dans le cursus scolaire dès le plus jeune âge. Le Japon, reconnu internationalement pour la qualité de sa cuisine, intègre ce principe.

Taki, une ville de 15 000 résidents, possède une école professionnelle de gestion de restaurant. Pour appliquer les notions apprises, les étudiants gèrent un restaurant de façon totalement autonome. Ouvert uniquement les fins de semaine, l’établissement jouit d’une grande popularité depuis son ouverture en 2002 et sert environ 200 repas par jour. De plus, lors de sa création, des étudiants en architecture ont contribué à la conception du design des lieux.

La ville de Niigata, quant à elle, se définit comme créatrice de culture culinaire. Une initiative de la municipalité cible les élèves des écoles primaires. L’institution Agri-Park offre des conseils et des activités pratiques en agriculture et de conscientisation sur l’alimentation. Cet établissement est aussi ouvert au public.

Jeunes chefs rebelles cuisinent pour jeunes gourmets

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En Belgique, un collectif de 53 chefs âgés de moins de 35 ans propose une introduction à la cuisine gastronomique flamande aux jeunes de 18 à 34 ans, et ce, deux fois par année. La campagne, menée par Visitflanders, vise à offrir à une jeune clientèle une introduction à la cuisine haut de gamme à prix raisonnable. Ces jeunes chefs, des ambassadeurs de la destination, sont connus sous la signature « Flanders Kitchen Rebels ».

Des besoins de formation se présenteront dans l’avenir avec l’arrivée de nouvelles techniques et technologies dans ce secteur. LABe, un nouveau laboratoire d’innovation ouverte, au croisement de la gastronomie et de la transformation numérique, a vu le jour en Espagne. LABe est un incubateur pour tester les idées et les projets en lien avec la gastronomie et l’innovation. Un restaurant alimenté par des producteurs locaux figure comme un des lieux d’expérimentation et de validation pour les chefs et les start-ups.

On ne s’improvise pas destination gourmande

Une stratégie touristique culinaire ou gastronomique s’avère un outil crucial de développement qui contribue à faire converger l’ensemble des acteurs vers un objectif commun. Selon l’OMT et le BCC, le repérage, l’inventaire et l’analyse des acteurs dans la chaîne de valeur du tourisme culinaire du territoire sont considérés comme des étapes clés. Celles-ci permettent de déterminer les synergies et les réseaux d’intérêt et de créer les produits touristiques qui forgeront la culture gastronomique de la destination.

Un exemple de synergie réussie est l’itinéraire Taste the Atlantic – A Seafood Journey, mis sur pied par Fáilte Ireland sur une partie de la populaire route touristique Wild Atlantic Way, en Irlande. À ses débuts en 2015, 28 restaurants ont été présentés à 8 pêcheurs locaux afin d’explorer des pistes de collaboration. L’initiative a été reprise par plusieurs autres localités de la route et compte maintenant 21 fournisseurs. Les visiteurs peuvent dorénavant se délecter des captures du jour dans les pubs et les restaurants locaux. Au Québec, il existe un nouveau réseau de la ferme à l’assiette pour professionnels. La plateforme Arrivage, encore à ses débuts, a comme mission d’approvisionner directement les restaurateurs par un circuit court avec les producteurs.  

Les labels de qualité font aussi partie intégrante de la chaîne de valeur, car ils contribuent à conserver l’authenticité culinaire d’une destination et à éviter sa standardisation. Au Japon, le ministère de l’Agriculture, des Forêts et des Pêches délivre la certification Savor Japan – Explore Regional Flavors depuis 2016. Les régions certifiées sont souvent gérées par un organisme de promotion touristique et chacune met en valeur les spécialités locales. Au Québec, les produits d’appellation réservée pour le vin et le cidre de glace participent à la préservation de l’authenticité.

Enfin, les résidents prennent une place importante dans une stratégie. Ils agissent comme hôtes, comme visiteurs et, surtout, comme ambassadeurs : transmettez-leur votre histoire et votre vision afin qu’ils puissent se les approprier et les faire connaître à leur tour. 

Mettre en valeur les saveurs d’ici

Une nouvelle stratégie touristique canadienne honore les producteurs et les restaurateurs d’ici. Le tourisme de la ferme à la table – de l’océan à la table et le tourisme culinaire sont reconnus comme des priorités d’investissement, particulièrement les circuits gastronomiques, les expériences culinaires autochtones, les festivals alimentaires, les marchés de producteurs et les expériences culinaires locales.

Dans ce contexte favorable, il est d’autant plus opportun de connaître son authenticité culinaire et, surtout, de la faire rayonner auprès de la communauté, des jeunes et des visiteurs.

 

Image à la une : Pexels

Image Jeunes chefs rebelles : Michaël Dehaspe

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Destinations

Touristes et population locale peuvent-ils faire bon ménage?

Plusieurs initiatives inspirantes ont été présentées à l’occasion de l’événement français Place Marketing Forum 2019, organisé par la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial. Voici trois cas ayant fait l’objet d’une présélection en vue de la remise des Place Marketing Awards, qui récompensent les réalisations les plus remarquables en matière de marketing territorial.

 

 

Éduquer tout en formant des ambassadeurs : Culture Captcha

Le tourisme au Kenya constitue l’une des principales sources de revenus. Dans le but de mieux guider les visiteurs et d’accroître le tourisme intérieur, l’office de tourisme du Kenya a développé un test ludique destiné aux Kenyans, afin d’améliorer leurs connaissances des principaux attraits et monuments du pays. Le portail Culture Captcha fait référence aux tests d’identification que l’on trouve à la fin de certains formulaires en ligne et qui servent à distinguer un utilisateur humain d’un robot. Le format s’en inspire aussi. Il consiste en de courtes vidéos, de type GIF, illustrant des attraits touristiques du Kenya. L’utilisateur doit écrire le nom de l’attrait qu’il voit (ce nom apparaît dans la vidéo) pour passer au suivant. S’il le souhaite, il peut obtenir davantage d’informations à propos du site en question. La vidéo suivante présente plus en détail l’initiative Culture Captcha :

Source : Vimeo

Voilà qui devrait accroître chez la population la connaissance du territoire et favoriser un sentiment de fierté, tout en suscitant davantage d’interactions avec les voyageurs à la recherche de renseignements.

Créer des lieux hybrides : le Comptoir des Loisirs d’Évreux

À l’été 2018, l’Office de Tourisme et du Commerce d’Évreux, en Normandie, a été remplacé par le Comptoir des Loisirs, dont les locaux ont été relocalisés pour mieux servir, bien sûr, les voyageurs, mais d’abord et avant tout la population locale. En effet, le Comptoir des Loisirs répond à un besoin de la communauté, soit celui de redécouvrir sa ville, en lui faisant connaître l’offre au moyen d’une animation et d’activités jusque-là méconnues. Ce lieu se prête aussi bien aux touristes qu’aux locaux grâce à des services et des équipements utiles pour tous :

  • La présence de conseillers pour un contact personnalisé;
  • Des écrans d’affichage dynamique pour annoncer les événements en cours ou à venir;
  • Une carte géante de la Normandie, avec une application ludique pour la consulter;
  • Un coin de détente et de lecture, avec une bibliothèque;
  • Un lieu d’exposition, de coworking et de réunion;
  • Un espace de divertissement pour les enfants;
  • Une boutique de produits de la région;
  • Une station de recharge pour les appareils mobiles.

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Source : Mise en Sens – Agence de Retail Design et Merchandising

La fréquentation du Comptoir des Loisirs a plus que doublé par rapport à celle de l’Office de Tourisme et du Commerce. Alors qu’elle était de 17 000 visiteurs en 2017, le Comptoir a accueilli 41 000 personnes en 2018. Le nouvel emplacement du bureau, au centre de la ville, de même que l’approche ciblant une clientèle locale ont contribué à cette forte croissance. En valorisant l’offre d’activités auprès des résidents, l’agglomération améliore leur qualité de vie et favorise la création d’ambassadeurs.

Copenhague : engager les résidents dans l’expérience touristique

L’organisation de gestion de la destination (OGD) de Copenhague, Wonderful Copenhaguen (WoCo) a lancé, il y a quelques années, sa stratégie 2020, dans laquelle les résidents occupent une place centrale. Dans cette optique, l’OGD a réalisé une étude pour mieux connaître la perception des résidents par rapport aux visiteurs et vice versa. Cette consultation s’avère d’autant plus pertinente dans un contexte de développement durable et alors que certaines villes européennes semblent victimes de leur succès. Voici quelques-uns des résultats de cette étude :

  • Plus des deux tiers des résidents sondés ne sont pas d’avis que le tourisme à Copenhague leur pose problème;
  • Une forte majorité (81 %) estime que WoCo devrait poursuivre ses efforts promotionnels afin d’accueillir davantage de visiteurs;
  • Néanmoins, les résidents sont moins friands à l’idée qu’il y ait davantage de touristes dans leur quartier;
  • Quelque 87 % des visiteurs de Copenhague explorent le centre-ville. Cette proportion s’élève à 72 % parmi les résidents (pendant leurs temps libres), ils partagent donc le même territoire;
  • Les principaux problèmes évoqués par les résidents relèvent surtout du tourisme en général plutôt que des visiteurs individuels. Ils pointent du doigt, par exemple, le trafic généré au centre-ville par les autocars touristiques;
  • Les résidents apprécient davantage les visiteurs qui se mêlent à la population, qui découvrent les lieux de façon subtile, en petits groupes, plutôt qu’en masse.

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Source : 10xCopenhagen

Plusieurs autres aspects font l’objet des travaux de WoCo afin de développer un tourisme durable, en harmonie avec la volonté de la population locale et l’ADN de Copenhague. En procédant ainsi, l’OGD souhaite mieux cerner les perceptions des uns et des autres, orienter le développement touristique en conséquence et, ainsi, faciliter les échanges entre les résidents et les visiteurs. 

Voilà des initiatives inspirantes dans un contexte où l’intégration de la population locale à l’expérience touristique s’impose de plus en plus pour créer une offre authentique et, surtout, pour favoriser un développement touristique qui profite à tous.

Image à la une : Stock Snap

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Marketing

Attractivité territoriale : le cas de Strasbourg

Depuis 2009, Strasbourg s’est engagée dans une démarche d’attractivité territoriale afin de mettre en valeur ses atouts tels que la jeunesse, le dynamisme économique, la mixité des cultures, le sens de l’accueil et, surtout, l’optimisme de ses habitants, leur confiance en l’avenir et leur certitude de pouvoir surmonter les obstacles. Pour ce faire, elle a créé la marque Strasbourg Europtimist en 2011, « une marque de reconnaissance pour affirmer nos convictions, nos forces, nos valeurs, en France et à l’international ».

Tout récemment, cet emblème a subi une cure de rajeunissement. Il se montre sous un nouveau jour avec une identité visuelle (logo) plus attrayante pour les clientèles cibles — étudiants, professeurs, chercheurs, artistes, entreprises, startups, touristes, etc. Afin de le faire connaître et de communiquer sa vision au plus grand nombre possible, la destination a lancé une campagne publicitaire et mis en ligne un site Web. On y découvre une ville européenne entreprenante, éthique, expérimentale, écologique et engagée! On y invite aussi la population à faire partie d’un réseau d’accueillants, les « Résoptimist ». Cette communauté de Strasbourgeois engagés fournit des renseignements utiles et des conseils à toute personne désireuse de mieux connaître la ville ou de s’y installer. Selon les gestionnaires de la marque, il s’agit d’un excellent outil pour accroître l’attractivité du territoire.

Strasbourg mise également sur huit ambassadeurs, des « personnalités emblématiques cultivant un lien particulier avec Strasbourg ». Ces Chief Optimist Officers (COO), des gens dynamiques, engagés, optimistes… et bénévoles, agiront comme porte-parole du territoire et de la marque Strasbourg Europtimist pendant les deux prochaines années. Leur rôle : valoriser l’image de la métropole.

La démarche de Strasbourg constitue un bon exemple de stratégie d’attractivité territoriale. Portera-t-elle les fruits escomptés? À suivre…

Source de l’image à la une : Europtimist

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Tourisme durable

Fermé aux touristes… ouvert aux « volontouristes »

Les Îles Féroé, un archipel du Danemark situé dans l’océan Atlantique Nord, gagnent en popularité auprès des touristes depuis quelques années. Ce territoire de près de 50 000 habitants et de 80 000 moutons connaît une croissance annuelle de fréquentation de 10 % depuis cinq ans ; il accueillait environ 100 000 visiteurs l’année dernière.

Les paysages spectaculaires et la nature intacte constituent les principaux attraits de cette destination. Pour préserver ces richesses et passer un message clair aux futurs voyageurs, l’organisme de marketing de la destination Visit Faroe Islands lance la campagne Closed for maintenance, open for voluntourism. Ainsi, l’accès aux îles sera interdit aux touristes lors du week-end du 26 au 28 avril, à l’exception des 100 voyageurs qui se seront inscrits à l’avance pour les travaux d’entretien. Le projet consiste à rassembler touristes et résidents pour créer et entretenir des sentiers, améliorer l’accès à certains lieux, installer des panneaux signalétiques, etc. En échange, les visiteurs seront logés et nourris. La vidéo suivante présente la campagne.

Source : Youtube

Lancée le 20 février, l’invitation n’a pas tardé à être entendue. Une brigade de 100 volontaires provenant des quatre coins de la planète s’est formée en quelques heures. Étant donné l’enthousiasme généré par ce projet sur les réseaux sociaux, Visit Faroe Islands annonce que l’initiative sera renouvelée l’année prochaine.

Voilà une campagne qui marque bien le positionnement des Îles Féroé comme destination touristique responsable, faisant appel du même coup à des voyageurs sensibilisés et adhérant aux valeurs qui animent un tourisme plus durable.

 

Image à la une : Visit Feroe Islands

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Hébergement Tourisme durable

Fairbnb : une alternative éthique à l’hébergement collaboratif

Une version test de Fairbnb sera lancée au printemps 2019 dans cinq villes européennes : Amsterdam, Barcelone, Bologne, Valence et Venise. L’ouverture au public est prévue d’ici la fin de l’année.

Cette plateforme sera gérée par et pour les citoyens dans le but d’éviter de recréer les effets néfastes causés par l’hébergement collaboratif tels que l’embourgeoisement, l’augmentation du prix de l’immobilier, la fragmentation des communautés et la fermeture d’entreprises locales. Des activistes, des urbanistes, des chercheurs et des codeurs de diverses grandes villes se sont unis avec l’ambition de réintégrer le sens du partage au sein de l’économie de partage. À cet effet, 50 % des bénéfices seront réinvestis dans des projets locaux votés par les citoyens. Il peut s’agir de coopératives alimentaires, de terrains de jeux ou encore de cafés communautaires.

Fairbnb demandera à ses hôtes d’obtenir une licence valide démontrant qu’il s’agit bien de résidences principales. Cela pourrait contrer la problématique actuelle, où plusieurs propriétés sont achetées, puis louées à temps plein. Par souci de transparence, cette coopérative travaillera également avec les gouvernements locaux et se conformera à la législation en vigueur.  

Un modèle intéressant pour favoriser l’équilibre entre le développement d’un produit et la communauté locale.

 

Source de l’image à la une : Marie-Alice G., photographe

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Marketing

Les événements sportifs, un atout pour la destination

André Richelieu, chercheur et professeur au département de marketing de l’ESG UQAM, a démontré, dans son article A sport-oriented place branding strategy for cities, regions and countries, l’importance d’intégrer les événements sportifs dans la stratégie d’image de marque d’une destination (place branding). Grâce à une vaste revue de la littérature et une collecte de données secondaires, le chercheur a identifié les priorités des gestionnaires de territoires (organismes publics, organismes de gestion de la destination, etc.) pour mener à bien une telle démarche.

Définir l’image de marque d’une destination à travers le sport

Il s’agit de développer une marque pour un territoire en utilisant des techniques marketing, dans le but de transformer positivement son image. Différents vecteurs peuvent être utilisés, comme l’histoire, l’architecture, la gastronomie, la géographie ou encore le sport. Ce dernier représente un effet de levier important pour les gestionnaires de territoires en raison de son aspect émotionnel, de sa capacité à engager un large public et à créer un lien de confiance entre le lieu et ses clientèles cibles (touristes, entrepreneurs, investisseurs et résidents).

Selon monsieur Richelieu, il existe quatre façons d’utiliser le sport dans l’image de marque de la destination :

  1. Les événements sportifs majeurs (ex. : les Jeux olympiques) ou secondaires (ex. : course cycliste dans le périmètre d’une ville) ;
  2. Les équipes sportives privées (ex. : équipe de soccer de Manchester United) ou nationales (ex. : équipe de rugby les All Blacks de la Nouvelle-Zélande) ;
  3. Les participations sportives (ex. : courir un marathon) ;
  4. Les lieux sportifs (ex. : stades sportifs d’équipes populaires, anciens sites des Jeux olympiques).

Le chercheur s’intéresse plus particulièrement aux événements sportifs et à leurs impacts potentiels sur un territoire.

Un rayonnement fort pour une destination

Les événements sportifs peuvent offrir un rayonnement qui dépasse les limites du territoire et s’étend à l’international dans le cas de ceux de grande envergure. Ils sont d’autant plus attractifs et efficaces qu’ils évoquent des symboles forts et déclenchent de vives réactions émotionnelles de la part des spectateurs. Le sport peut être un grand catalyseur de l’image de marque d’une destination.

Retombées sociales des événements sportifs

Monsieur Richelieu relate cinq impacts sociaux potentiels de la mise en place d’une stratégie de marque d’un territoire misant sur les événements sportifs. Ces impacts ont également été identifiés par d’autres chercheurs :

Capital social : Les petits événements ont une moins grande portée que les manifestations majeures, mais peuvent produire davantage d’impacts intangibles. Ils bénéficient à une large part de la population locale en renforçant le sentiment d’appartenance à la communauté  suscité par son implication dans l’organisation. Leurs effets sont plus durables et il y a de grandes chances que ces événements laissent un legs socioéconomique pour le territoire.

Bien-être et identité collective : Le sport procure un effet de bien-être pour ceux qui le pratiquent. Ce bienfait se manifeste aussi chez les personnes assistant aux événements et celles qui s’y sont impliquées en tant que bénévoles. Les prouesses sportives des athlètes, qu’ils évoluent à l’échelle locale, nationale ou internationale, suscitent un sentiment de fierté pour la population et permettent de forger une identité collective autour du sport.

Participation sportive : La tenue d’un événement stimule la participation sportive de la population. Celle-ci, inspirée par la performance des athlètes, décide de pratiquer un nouveau sport ou d’accroître ses activités physiques. Néanmoins, il s’avère que cet effet est surtout visible à court terme et plusieurs études ne revèlent aucun changement significatif parmi les populations observées.

Capital humain : Les événements sportifs, grâce aux possibilités de bénévolat qu’elles offrent, encouragent les interactions sociales, le partage de connaissances, l’entraide et le développement des compétences de leadership. Ces effets touchent plus la population locale dans le cas des petits événements, où elle est davantage mise à contribution. Dans le cas de manifestations majeures, une grande part des bénévoles proviennent de l’extérieur du territoire.

Régénération urbaine : D’ambitieux plans de développement d’infrastructures sont mis en place pour accueillir des événements internationaux. Bien souvent, ces installations ne répondent qu’à un besoin ponctuel et n’ont plus d’utilité une fois la manifestation achevée. Mais certains exemples prouvent qu’il est possible, avec une bonne planification, de régénérer une zone urbaine durablement. C’est le cas de la Pologne, lors du Championnat d’Europe de football en 2012. Le pays a choisi d’investir davantage dans le transport local et national que dans la construction ou la rénovation de stades, ce qui aurait stimulé l’économie du pays, tout en améliorant son attractivité touristique.

Approche holistique de l’image de marque d’une destination à travers le sport

Afin de définir une image de marque liée aux événements sportifs qui se distingue de celles des destinations concurrentes, les gestionnaires du territoire doivent adopter une approche holistique articulée autour de quatre dimensions :

  • Sportive : L’objectif des gestionnaires est d’organiser un événement mémorable unissant sport et divertissement (« sportainment »). Cela peut générer une image positive et des partenariats avec des marques.
  • Économique : Les gestionnaires s’assurent que l’événement soit financièrement viable, doté d’infrastructures durables qui seront réutilisées par la communauté.
  • Commerciale : Les revenus provenant des commanditaires et des produits dérivés sont maximisés.
  • Sociale : Les gestionnaires, mais aussi les politiciens, sont transparents afin d’obtenir le support de la communauté locale. La communication, la collaboration et le consensus sont les clés du succès. Cette dimension implique également de porter une attention au legs de l’événement. Pour cela, une méthode de calcul fiable est utilisée pour mesurer les impacts économiques et sociaux.

Cette approche holistique présente le potentiel de laisser un legs et de créer de la valeur pour le territoire et sa population. Pour résumer, voici les trois priorités des organismes publics et de gestion de la destination lors de l’organisation d’un événement sportif.

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Source : André Richelieu

Le tourisme sportif, un marché de grande importance

Au sein de l’industrie du sport, le tourisme sportif est le segment qui croît le plus rapidement. Selon l’Alliance canadienne du tourisme sportif et Statistique Canada, le pays a enregistré 19,8 millions de touristes sportifs en 2017, dont une grande majorité de Canadiens (90 %). Le Québec est la deuxième province d’importance après l’Ontario, en termes de volume. En 2017, 4,89 millions de visiteurs s’y sont déplacés et ont dépensé 1,27 milliard de dollars canadiens.

Montréal a accueilli 55 événements sportifs en 2017, comparativement à 35 en 2012, l’année où la Ville a instauré un programme pour encourager la tenue de ce type de manifestation. L’administration finance les événements de petite et moyenne envergure à hauteur de 500 000 $ par année et souhaite qu’ils génèrent non seulement des retombées économiques, mais aussi sociales.

C’est donc un marché d’importance pour Montréal, mais aussi pour l’ensemble du Québec. Afin de s’assurer que les événements accueillis sur leur territoire génèrent des impacts sociaux, les gestionnaires québécois peuvent s’appuyer sur l’approche holistique de monsieur Richelieu.

 

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Laissez-passer culturel pour les résidents

Depuis juillet dernier, les citoyens de New York bénéficient d’entrées gratuites pour visiter des musées, ainsi que d’autres institutions culturelles, grâce à un partenariat avec les bibliothèques de la métropole. Pour bénéficier de ce privilège, les résidents doivent au préalable posséder une carte de bibliothèque, puis réserver leur laissez-passer sur le site de la Culture Pass.

Cette initiative rend la culture accessible à un plus grand nombre de personnes, incluant les communautés défavorisées. Elle encourage aussi tous les New-Yorkais à visiter ou à revisiter ces lieux qui témoignent de la richesse culturelle de leur ville.

Les résidents représentent une clientèle importante à ne pas négliger. Plusieurs institutions le réalisent et cherchent à impliquer davantage ces citoyens dans leur stratégie de marketing en développant un réseau d’ambassadeurs. Favoriser l’essor d’un sentiment d’appartenance auprès de cette clientèle locale peut s’avérer bénéfique pour l’attractivité du lieu. Parfois très engagés, ces résidents aiment partager leur passion, ce qui contribue à la promotion de l’établissement. (lire aussi : Comment impliquer les résidents dans le tourisme). Est-ce que ce laissez-passer culturel fera éclore une collaboration visant à mettre en valeur le tourisme culturel new-yorkais ? À suivre…

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Source : Culturepass.ny

 

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