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Produits et activités Réseaux de distribution

La distribution en ligne d’expériences agrotouristiques

L’intérêt des consommateurs pour l’agrotourisme bat son plein et l’offre d’activités entourant le secteur continue de se déployer. Au Québec, comme ailleurs dans le monde, les producteurs innovent et proposent des expériences toujours plus variées afin de plaire aux visiteurs et de répondre à leur soif de découverte. Considérant l’abondance des propositions agrotouristiques, plusieurs destinations et associations gourmandes, optent pour des interfaces Web qui regroupent, organisent et commercialisent l’étendue des possibilités de façon à tendre la main aux visiteurs et à simplifier leur planification. 

Allier la convivialité à l’efficacité – Le cas du « Swiss Wine Tour »

Le projet oenotouristique Swiss Wine Tour vise à regrouper, à promouvoir et à vendre des expériences viticoles et touristiques suisses à travers des activités variées. Porté par la Fondation pour la Promotion du Goût, il mise avant tout sur la qualité de l’offre. D’ailleurs, seuls les prestataires qui sont passés à travers un processus rigoureux et qui ont obtenu le titre de « Swiss Wine Tour Partner » apparaissent sur le site Web.  

En ligne, les internautes découvrent des activités ayant comme dénominateur commun le milieu viticole. On peut, par exemple, y trouver des dégustations jumelées à une balade à vélo, un spectacle d’humour ayant pour scène un domaine viticole ou encore des ateliers pour créer son propre vin. L’offre se divise en différents thèmes (voir l’image ci-dessous) et regroupe des propositions claires et inspirantes.  

En cliquant sur une activité, le visiteur obtient tous les renseignements importants en un coup d’œil : description, coûts, informations pratiques. Des offres similaires se trouvant à proximité sont également proposées. La navigation sur la plateforme est facile et le processus d’achat se complète directement sur l’interface. 

Source : swisswinetour.com 

Aujourd’hui, les voyageurs réservent en ligne pratiquement toutes les composantes de leur périple. Habiles et expérimentés, ils désirent transiger sur des sites Web organisés, visuellement attrayants et qui répondent à leurs besoins. Lorsqu’ils trouvent ce qu’ils cherchent, ils souhaitent pouvoir réserver sur-le-champ et réduire au maximum le nombre de clics qui leur permettront de conclure leur transaction. L’objectif consiste donc à créer un processus de réservation en ligne sans friction, qui inspirera confiance aux visiteurs et qui leur donnera envie de venir sur place pour vivre l’expérience promise.  

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Produits et activités

Animer un port grâce à un village de conteneurs

Depuis juin 2022, les voyageurs qui arrivent au port de Saint John peuvent déambuler dans un village hors du commun. Composé de plus de 60 conteneurs et situé dans un ancien stationnement, le site offre aux visiteurs une diversité d’animation : des activités éphémères, des magasins qui mettent en valeur des produits locaux, des food trucks, un bar, une allée destinée à des murales de même qu’à des graffitis et enfin une programmation de spectacles.  

Les instigateurs du projet sont les organisateurs du festival AREA 506 qui célèbre la culture néo-brunswickoise depuis 2015. L’esprit de cet événement plane d’ailleurs sur le village de conteneurs et teinte l’expérience offerte sur place. Les croisiéristes qui débarquent à Saint John découvrent ainsi le caractère local de la destination dès leur arrivée. Le village est ouvert chaque jour où un navire accoste au port et durant certaines périodes clés, ce qui permet aux résidents de s’approprier le lieu.  

Communiquer l’évolution du projet

Dès le début de l’année 2022, l’équipe d’AREA 506 a diffusé de courtes capsules vidéo sur YouTube afin d’informer les résidents et le public en général de l’avancement du projet, de présenter les collaborateurs et d’offrir un accès privilégié dans les coulisses du village. Ce fut aussi l’occasion pour les internautes de suivre l’évolution de la transformation des conteneurs et d’assister à l’aménagement du village. Ces contenus ont également été partagés sur la page Facebook d’AREA 506.  

Source : compte Twitter de Discover Saint John 

Aménager des conteneurs en boutique n’est pas un concept unique au port de Saint John, d’autres lieux le proposent. Ce qui rend cet exemple inspirant est le fait que les responsables du projet aient tenu compte de toutes les clientèles (résidents, touristes et croisiéristes) pour transformer un stationnement en un lieu d’accueil authentique et dynamique. 

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Produits et activités

Développer l’offre touristique de la montagne sur 4 saisons

Au printemps 2022, la ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx, a invité neuf régions à lui soumettre un « Plan montagne » sur quatre saisons. L’un des objectifs est de renforcer l’attractivité de ces lieux pour assurer la vitalité économique des régions. Ce plan constitue l’occasion de plancher sur des solutions qui permettront de diversifier l’offre touristique en montagne et de faire face aux changements climatiques. À cet égard, la France propose quelques modèles inspirants qui sont présentés dans cette analyse.

Développer l’offre de produits et surveiller son impact

Les enjeux que rencontrent les territoires de montagne sont nombreux et plusieurs destinations à travers le monde vivent des préoccupations semblables. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) publiait d’ailleurs un rapport en décembre 2021 sur le sujet. D’entrée de jeu, l’OMT souligne que pour développer ce produit, il est essentiel de diversifier ses sources de revenus en proposant une offre renouvelée à fort impact, en termes d’attractivité, mais à faible impact, d’un point de vue environnemental.

Source : UNWTO

Une proposition d’expériences nouvelles, voire innovantes, contribue à la transformation des zones de montagne en destinations touristiques quatre saisons. L’étendue des possibilités est vaste : plein air et aventure, culture, gastronomie, bien-être, agrotourisme, tourisme spirituel et tourisme « communautaire », c’est-à-dire qui favorise le contact avec la communauté locale.

D’après l’OMT, pour qu’un développement se fasse de façon harmonieuse, les nouveaux produits doivent :

– Être authentiques et refléter les attributs uniques de la destination de montagne ;

– Avoir le soutien des communautés locales ;

– Respecter l’environnement naturel et social ;

– Se différencier de la concurrence ;

– Apporter une contribution économique significative ;

– Être conçus selon une approche durable et inclusive, en intégrant la création d’emplois de qualité.

Dans cette optique, il est important de surveiller en continu l’impact et les bénéfices des nouveaux produits ou services sur le territoire et les communautés en place. Par exemple, en Italie, l’Observatoire du tourisme durable de la région du sud Tyrol utilise des indicateurs tels que la satisfaction locale, l’emploi, la saisonnalité, l’occupation du territoire, la diversité des paysages, la gestion de l’énergie et de l’eau afin d’évaluer l’impact du tourisme sur l’économie, l’environnement et la société.

Accompagner les territoires de montagne

La France a dévoilé son plan Avenir Montagnes en mai 2021. Ce dernier consacre un important budget au volet ingénierie qui est piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). Ce volet vise à accompagner près de 60 territoires de montagne qui désirent baser leur stratégie de développement sur une offre touristique diversifiée, quatre saisons, durable, respectueuse de la biodiversité et des paysages et qui consomme peu de ressources naturelles et foncières.

La vidéo qui suit présente les bonnes pratiques observées dans le massif des Bosges et le Massif central. On y trouve notamment le projet de rénovation de la Grande Traversée du Massif central à vélo. Accompagnée par l’ANCT, la démarche mobilise plusieurs acteurs locaux, valorise chacun des territoires qui sont traversés par l’itinéraire et contribue au développement de l’activité économique de la région.

Dynamiser les stations sur quatre saisons – Le cas de la station Chamrousse

Les motivations pour prendre des vacances à la montagne vont bien au-delà du ski. D’après une étude réalisée par Skift et Club MED, les visiteurs s’y rendent pour :

– Profiter de l’atmosphère et prendre de l’air frais (60 %)

– Recharger leurs batteries et déconnecter du quotidien (46 %) ;

– Passer du temps en famille et avec les amis (44 %) ;

– Utiliser les installations de bien-être comme le spa (28 %).

Depuis plusieurs années, de nombreuses stations de montagne font preuve d’innovation pour offrir une diversité d’activités et d’expériences sur quatre saisons. Par exemple, la station française Chamrousse, propose une panoplie d’expériences pour divertir et mettre au défi tous types de visiteurs, tant en saison blanche qu’en saison verte. On y trouve notamment 33 kilomètres de sentier pédestre qui se déclinent en balades familiales ou en randonnées sportives. Ces itinéraires incluent différentes activités ludiques telles que des parcours d’orientation, des chasses au trésor, des jeux-questionnaires, des activités de type escape game ou encore du géocaching et des balades guidées. Sur deux roues, les sportifs peuvent s’adonner à la descente en vélo de montagne, à la montée en vélo de route ou à des parcours de motocross, de BMX, de trottinette et de skateboard. En hauteur, les adeptes d’adrénaline retrouvent des activités telles que du via ferrata, de l’escalade, des parcours dans les arbres, de la tyrolienne et du parapente. Les plus courageux peuvent même dormir dans une tente suspendue à la falaise.

Au-delà de son caractère sportif, la station Chamrousse est une montagne qui met de l’avant la culture, l’artisanat et le bien-être. Il est donc possible d’y suivre des cours de yoga ou de photographie, de participer à toutes sortes d’ateliers (fabrication de savon, de biscuits, de produits cosmétiques, etc.), d’accéder à un spa ou même à une bibliothèque. Plusieurs fêtes et événements animent également la station.

L’engagement de la montagne envers le développement durable se traduit par plusieurs actions concrètes qui se déploient en respectant le patrimoine naturel du milieu. En 2019, la station a lancé le projet d’aménagement de la Croix de Chamrousse qui comprend :

– Des aménagements en montagne : passerelle piétonne de type himalayenne, itinéraires pédestres ;

– Des espaces de découverte : belvédères, espace de pique-nique, terrasse panoramique.

Pour veiller à la bonne intégration du projet dans son environnement naturel, une stratégie d’aménagement touristique a été élaborée en tenant compte de la préservation des milieux et des paysages. Ainsi, les zones touchées par les travaux ont été réhabilitées afin de régénérer l’espace naturel.

Source : Chamrousse.com

Depuis plus d’une décennie, le Réseau de veille en tourisme documente la transformation des stations de montagne en destination quatre saisons et partage plusieurs exemples de bonnes pratiques sur son site Web. Pour les (re) découvrir, voici quelques anciennes analyses :

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Destinations Marketing

L’Oregon facilite la création de roadtrips personnalisés

Lorsque vient le temps d’organiser un périple, les voyageurs se trouvent devant une abondance d’informations. Pour rendre ce processus plus fluide, Travel Oregon propose sur son site Web un outil qui permet aux utilisateurs d’obtenir un itinéraire basé sur leurs intérêts afin qu’ils soient inspirés pour leur prochaine aventure. Il suffit de répondre à quelques questions, puis le tour est joué !

Les internautes sont notamment interrogés à propos du type de paysage qu’ils souhaitent voir et des villes qu’ils aimeraient découvrir. On leur demande également durant quelle saison ils voyageront, avec qui ils seront, les activités qui les intéressent, le type d’hébergement qu’ils préfèrent et même la catégorie de véhicule qui sera utilisé (incluant la voiture électrique).

Source de l’image : Travel Oregon

Une fois le questionnaire complété, les visiteurs sont dirigés vers une section du site Web qui présente la route proposée. Par exemple, il pourrait s’agir d’un itinéraire sur la Côte du Pacifique ou encore d’un trajet qui tienne compte des stations de recharge pour les véhicules électriques (si l’option de cette catégorie de véhicule est sélectionnée).

Source de l’image : Travel Oregon

Le road trip quiz n’est certes pas parfait, mais l’idée derrière offre de belles possibilités. Ce type d’outils pourrait, entre autres, favoriser une meilleure répartition des flux touristiques sur un territoire en proposant des options hors des sentiers battus, et même mettre de l’avant des offres durables qui sont parfois plus difficiles à repérer. Voilà une bonne façon d’accompagner les voyageurs lorsqu’ils se trouvent à l’étape de la planification !

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Produits et activités

Un concept innovant pour soutenir le spectacle vivant

Au printemps 2020, des artistes et des techniciens du Pays de la Loire (France) ont décidé de continuer à vivre de leur talent malgré le confinement. Ensemble, et avec d’autres professionnels du milieu, ils ont fait preuve d’innovation en imaginant des spectacles pluridisciplinaires (cirque, théâtre, musique, danse, etc.) de courte durée et pouvant se réaliser dans des lieux insolites (à la ferme, au pied d’un immeuble, devant une maison de quartier, etc.). Les porteurs de projet (Ouvrir l’horizon) ont sollicité l’appui financier des collectivités locales (municipalités, départements, régions) et la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour donner vie aux «paniers artistiques».  

Source : Ouvrir l’horizon 

À l’image des paniers de légumes bio, où le contenu n’est révélé qu’une fois livré à la maison, les micro-événements sont une surprise, tant pour les organismes ou institutions qui achètent les spectacles, que pour les spectateurs qui y assistent. Lors de l’achat, le coût du panier comprend des temps de création et de répétition ainsi que des représentations. Celles-ci durent de 20 à 30 minutes et sont produites par des artistes de la région. Ces derniers choisissent à quel public sera destiné leur spectacle : jeune public, tout public ou public ciblé (ex. entreprise). Enfin, il est possible d’acheter un panier contenant 5, 10 ou 15 représentations.  

Source : Ouvrir l’horizon 

Selon le bilan régional2020, 29 «paniers artistiques» ont été vendus, ce qui se traduit par la contribution de 300 professionnels du spectacle, 293 représentations et 20 000 heures de travail artistique, technique et administratif. La réalisation de créations artistiques en circuit court a ainsi permis aux artisans du spectacle vivant de maintenir le lien avec le public. À l’automne de la même année, Ouvrir l’horizon s’est structurée en association afin de poursuivre sa mission et de contribuer à l’économie solidaire du secteur.  

À l’issue du bilan régional 2020, le comité de pilotage a décidé de poursuivre ses opérations en 2021 (ActeII) ainsi qu’en 2022 (ActeIII). L’initiative a aussi inspiré la région Auvergne-Rhône-Alpes à se lancer dans une aventure similaire. Pourrait-on imaginer des paniers artistiques au Québec? 

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Produits et activités

Le vélo électrique a le vent dans le dos

Depuis le début de la pandémie, le vélo, comme bien des activités en plein air, a gagné le cœur des citoyens un peu partout dans le monde. Il avait déjà la cote bien avant cette période, mais connaît désormais une popularité sans égal qui n’est pas près de s’estomper. D’après une enquête menée en 2021 par l’Outdoor Industry Association, plus de 60 % des Américains sondés qui ont commencé à faire de la randonnée, du vélo ou de la course pendant la pandémie disent avoir l’intention de poursuivre leur pratique dans le futur.

Une popularité croissante au Québec

D’après l’État du Vélo au Québec en 2020, un ouvrage de référence produit tous les cinq ans par Vélo Québec, plus de la moitié des Québécois (54 %) pratique le vélo. Par rapport aux données de 2015, il s’agit d’une augmentation de 250 000 cyclistes.

Non seulement ils sont de plus en plus nombreux, mais ils dépensent davantage (achat de vélos, équipement, accessoires, entretien). En 2020, le marché était évalué à 565 millions de dollars, soit 65 millions de plus qu’en 2015. Les Québécois ont acheté près de 950 000 vélos (les ventes se maintiennent généralement à 600 000 par année depuis 2000), un record qui confirme l’engouement observé sur les pistes. Pour plusieurs, cette activité représente une occasion de partir pour une ou plusieurs journées.

Velo

Les vélos à assistance électrique gagnent aussi en popularité

En 2020, près d’un vélo pour adulte vendu sur quatre (26 %) était à assistance électrique. D’après les données de Vélo Québec, cette part significative du marché porte à 365 000 le nombre de vélos à assistance électrique en circulation, soit 8 % du parc vélo des adultes.

En 2020, près d’un vélo pour adulte vendu sur quatre (26 %) était à assistance électrique.

L’engouement pour ce type de transport est également observé ailleurs dans le monde.

  • Aux États-Unis, il s’est vendu 790 000 vélos électriques en 2021, soit une augmentation de 70 % par rapport à 2020, d’après la Light Electric Vehicle Association.
  • En Allemagne, la vente de vélos à assistance électrique a bondi de 43 % en 2020, d’après l’association Zweirad-Industrie-Verband.
  • En France, il s’est vendu 2,7 millions de vélos en 2020, dont 19 % à assistance électrique selon les chiffres de l’Union Sport & Cycle. Cela représente une hausse de 29 % par rapport à 2019.

Les cyclistes les utilisent pour se déplacer en ville, mais également à des fins récréatives et touristiques. Plusieurs itinéraires et circuits s’adaptent donc aux besoins de cette clientèle. C’est le cas de la Véloroute des Bleuets, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, le premier circuit électrifié en Amérique du Nord, qui intègre cinq bornes de recharge (les Vélovoûtes) à son itinéraire.

https://youtu.be/vQXGuHK4s-s

Source : veloroutedesbleuets.com

En Colombie-Britannique, le projet « Electrify the Mountains » devrait voir le jour à l’automne 2022 à Kimberley. Il s’agit d’un nouveau circuit de 36 kilomètres conçu spécifiquement pour les vélos à assistance électrique et ceux adaptés aux personnes ayant un handicap. Les sentiers seront plus larges, donc plus accessibles et inclusifs envers tous les cyclistes. Des bornes de recharge solaires seront également disposées sur la piste (ou à proximité). Les instigateurs d’Electrify the Mountains souhaitent voir davantage de projets similaires dans la région de Kootenay. Ils espèrent aussi répondre aux besoins des résidents tout en attirant des touristes.

Le développement de circuits adaptés aux vélos à assistance électrique est relativement nouveau en Amérique du Nord, mais pas en Europe. Cela fait plus d’une décennie que la réflexion et l’intégration du concept se déploient. En 2005, le Réseau de veille en tourisme avait étudié sur place le cas de la Route du cœur dans la région d’Emmental en Suisse. Déjà à ce moment, la route s’étendait sur 55 kilomètres et offrait des bornes de recharge grâce à la participation de partenaires issus de l’industrie touristique. Aujourd’hui, la Route du cœur s’étend sur 705 kilomètres et traverse le pays de Lausanne à Rorschach en treize étapes. Le parcours a intégré le réseau national de la Suisse à vélo et constitue désormais l’un des douze itinéraires adaptés pour les vélos électriques.

Source : terrenature.ch

Les réseaux cyclables continuent à se développer

En Europe, le Schéma EuroVelo compte dix-sept itinéraires qui traversent 42 pays pour un total de 91 500 kilomètres. De ce nombre, 45 000 kilomètres sont déjà complétés. En France, le Schéma national des véloroutes offre 58 itinéraires (dont 10 EuroVelo), ce qui représente 25 670 km de voie cyclable. Il reste 6230 kilomètres d’itinéraires à réaliser pour compléter le projet. La France porte l’ambition de devenir la première destination mondiale du tourisme à vélo d’ici 2030.

Aux États-Unis, le Great American Rail-Trail a officiellement été annoncé en mai 2019. Il s’agit du plus ambitieux projet d’itinéraire cyclable jamais réalisé au pays. Lorsqu’il sera finalisé, le sentier s’étendra sur une distance de plus de 5955 kilomètres à travers 12 États. La route connecte aujourd’hui plus de 145 pistes existantes. Le projet devrait être complété d’ici 2040 et est actuellement achevé à 53 %.

Source: Great American Rail-Trail

Au Québec, la Route verte comptait 5100 kilomètres en 2020. L’expansion prévue dans le Plan d’action 2018-2023 de la Politique de Mobilité durable 2030 du ministère des Transports du gouvernement du Québec est de 900 km, ce qui porterait la distance du réseau à 6200 kilomètres.

Considérant tous les projets de développement cyclable en cours, les (nouveaux) comportements et habitudes qui ont émané de la pandémie ainsi que les enjeux entourant la mobilité durable, il est à parier que le futur du tourisme à vélo aura de beaux jours !

 

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Segments de clientèles Tendances

L’évolution des milieux de travail : une tendance qui bouscule l’écosystème urbain

En réponse aux contraintes sanitaires, les entreprises ont dû rapidement intégrer des solutions technologiques efficaces pour maintenir leurs opérations. Ainsi, l’usage d’outils numériques s’est imposé et le télétravail s’est normalisé. Cette nouvelle réalité accélère des changements majeurs au sein des organisations, notamment en termes : 

  • de modalités de travail (hybride, flexible…) ;  
  • de leadership et de processus de travail (équipes autonomes, collaboration, agilité…) ;  
  • d’expérience employé (inclusion, bienveillance, équilibre travail et vie personnelle…) ;  
  • de compétences recherchées (savoir-faire et savoir-être).  

Et ce n’est pas tout. Les lieux de travail se retrouvent fragmentés entre le bureau, la maison et parfois d’autres lieux, selon les envies des télétravailleurs. 

Les défis des centres-villes

La transformation des milieux de travail engendre de nombreuses répercussions pour les organisations, mais aussi pour tout l’écosystème dans lequel elles gravitent. Les centres-villes vivent aux premières loges les contrecoups de cette réorganisation. Une forte concentration d’emplois s’effectuant habituellement à partir des tours de bureaux peut désormais se faire en télétravail, ce qui explique en partie l’importante baisse d’achalandage. Le recours au commerce en ligne est lui aussi pointé du doigt. 

D’après un rapport présenté le 25 février 2022 par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), la majorité des entreprises qui ont expérimenté le télétravail durant la pandémie compte aujourd’hui offrir des modèles hybrides de travail. L’adoption de cette pratique pourrait contribuer à une baisse de 19 % à 25 % de l’achalandage des travailleurs au centre-ville (par rapport à février 2020) et représenter une diminution de dépenses de l’ordre de 14 %. 

De nouveaux besoins et des occasions à saisir

Aujourd’hui, les villes doivent demeurer attractives, mais aussi s’adapter aux nouveaux comportements qu’engendre cette transformation organisationnelle. D’après un article publié dans la revue Gestion, le déplacement des travailleurs doit se justifier par des occasions de socialiser et collaborer, et aussi être bénéfique pour leur bien-être et leur santé mentale. Pour demeurer concurrentielles face aux autres entreprises, particulièrement dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, les organisations cherchent à offrir une expérience employé renouvelée.  

L’écosystème d’un centre-ville peut tirer profit de cette nouvelle ère en créant et en structurant une offre de propositions qui s’arrime avec les besoins des organisations et des employés. Des collaborations avec des restaurants, des commerces, des installations culturelles ou autres lieux pourraient être bénéfiques, tant pour les employeurs que pour les partenaires choisis.  

Une approche visionnaire

Les travailleurs qui se déplacent vers les centres-villes doivent être perçus comme des « voyageurs d’affaires » locaux.

Les travailleurs qui se déplacent vers les centres-villes doivent être perçus différemment que par le passé. Considérant qu’un bon nombre d’individus s’y rendront à temps partiel, le rapport de la CCMM suggère de les considérer comme des « voyageurs d’affaires » locaux. Cette approche s’explique par le fait que ce segment de travailleurs pourrait être tenté de concentrer ses habitudes de consommation sur deux ou trois jours au lieu de les étaler sur la semaine, comme auparavant. Ainsi, lors d’un déplacement, il ne serait pas surprenant que des collègues en profitent pour se réunir après le travail (5 à 7), pour participer à la vie culturelle, pour organiser des dîners d’affaires avec des clients ou encore pour se rendre dans des commerces identitaires du centre-ville. Ce changement de paradigme maintiendrait un certain niveau d’achalandage qui contribuerait à la vitalité de la destination urbaine.   

L’hôtellerie fonce

En France, la société Adagio cherche à répondre aux besoins occasionnels d’hébergement des télétravailleurs avec son programme Commuters. Celui-ci cible les travailleurs urbains qui résident en région éloignée, mais qui doivent se rendre sur leur lieu de travail deux ou trois jours par semaine. Les appartements-hôtels offrent plusieurs commodités, dont celle de laisser quelques affaires sur place d’un séjour à l’autre. Le groupe Accord propose lui aussi un programme (Commute and Stay) pour les télétravailleurs qui désirent rester au centre-ville. D’ailleurs, d’après un article publié dans le New York Times, de nombreux hôteliers notent une augmentation de fréquentation en milieu de semaine par des « voyageurs d’affaires » locaux. 

Le secteur de l’hôtellerie s’adapte non seulement aux besoins des télétravailleurs locaux, en modifiant leurs espaces et leurs fonctions, mais aussi à ceux provenant de tout horizon qui pourraient être tentés de s’installer pour une période un peu plus longue afin de joindre le travail et les vacances. C’est ce qu’on appelle des séjours de workation.  

Les destinations s’organisent

Tout au long de la pandémie, plusieurs destinations ont voulu se positionner auprès des télétravailleurs. C’est le cas de Venise avec sa plateforme Venywhere. Lancé en décembre 2021 par l’Université Ca’ Foscari et la Fondation internationale de Venise, le projet consiste à attirer les travailleurs qui jouissent d’une grande mobilité afin qu’ils occupent temporairement des espaces inhabités du centre-ville. La plateforme offre un service clé en main pour faciliter l’organisation du séjour. 

Source : venywhere.it 

La firme WorkMotion, qui offre des solutions de ressources humaines à l’international, a réalisé un index des villes qui facilitent le mieux le travail à distance et qui sont les plus accessibles et les plus attrayantes pour les télétravailleurs. Sur 80 villes analysées, Montréal se classe au deuxième rang, derrière Melbourne. Les quatre principaux facteurs étudiés pour établir ce classement étaient : 

1.La conformité aux cadres législatifs pour le télétravail ; 

2.La possibilité de visa de télétravailleur ; 

3.Les infrastructures publiques ; 

4.La qualité de vie. 

Avec la réouverture des frontières et la fin (ou mise sur pause) de plusieurs restrictions sanitaires, les milieux urbains chercheront à attirer de nouveaux segments de clientèle pour dynamiser leur centre-ville. En créant des offres et en adaptant des services qui visent à mieux répondre aux nouvelles réalités des travailleurs d’ici, la destination sera aussi attractive pour les télétravailleurs d’ailleurs ! 

Image à la une : Helena Lopes de Pexels 

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Réseaux de distribution

Agence de voyages : un allié de force en temps d’insécurité

Beaucoup d’incertitudes et d’insécurité règnent autour du voyage depuis deux ans. Quelles sont les restrictions en place dans le pays que je souhaite visiter ? Que dois-je faire si mes plans changent ou sont annulés ? Devrais-je payer des frais additionnels si je dois reporter la date de mon départ ou de mon arrivée pour des raisons liées à la COVID-19 ? Voilà des questions auxquelles les voyageurs n’avaient jamais été réellement confrontés auparavant, mais qui deviennent rapidement des obstacles.   

Or, le désir profond de voyager et de s’évader est resté et s’est même amplifié chez certaines personnes avec les confinements forcés vécus à plusieurs reprises. Pour répondre aux (nouveaux) besoins des voyageurs, des agences de voyages ont su tirer leur épingle du jeu et rappeler aux consommateurs la valeur ajoutée de leurs services.  

Intérêt et avantages perçus des agences de voyages

D’après une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, plus de la moitié (56 %) a déjà fait affaire avec une agence de voyage dans le passé. Près du tiers (29 %) de ceux-ci envisagent de le faire à nouveau en 2022, malgré l’incertitude liée aux voyages qui perdure cette année. L’organisation plus simple (53 %) et une meilleure assistance en cas de problème (44 %) constituent les deux principaux avantages à faire appel à une agence de voyages pour planifier son séjour.

Parmi les voyageurs québécois qui envisagent d’utiliser les services d’une agence de voyages en 2022, on a tendance à retrouver davantage d’individus âgés de 55 à 74 ans (52%). Si la proportion de personnes avec un revenu plus élevé reste majoritaire (38% avec un revenu de 100 000 $ et plus), la part des voyageurs avec un plus faible revenu est légèrement plus élevée que parmi ceux qui ont déjà transigé avec une agence (33%). 

 

Une enquête menée par Travelweek en juin 2021 auprès de 2 599 consommateurs à travers le Canada indique que 59 % des répondants sont plus susceptibles de réserver par le biais d’une agence de voyages lorsqu’ils seront prêts à voyager à nouveau.   

Reprise appuyée par une solide relation de confiance

Lorsque des milliers de voyageurs ont dû rentrer au bercail in extremis au printemps 2020, plusieurs ont été soulagés de pouvoir compter sur leur agent de voyage pour les rapatrier au pays et pour gérer les aspects logistiques de leur déplacement. Cette période critique représente, pour certains voyageurs, la fondation ou la confirmation d’une solide relation de confiance qui pourrait durer encore de nombreuses années. 

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Des voyageurs québécois enthousiastes, mais prudents

Comportement des voyageurs québécois à l’été 2021

Une enquête longitudinale menée par la Chaire de tourisme Transat auprès de voyageurs québécois à la fin de l’année 2021 permet d’analyser les déplacements touristiques qu’ils ont effectués entre mai et octobre. En comparaison avec l’été 2020, ils ont été beaucoup plus nombreux à voyager au Québec (une variation de 22 pts de %), et plus particulièrement à y faire un séjour d’une à trois nuits (variation de 15 pts de %).   

Se rendre dans une autre région que celle du domicile principal fut également plus populaire en 2021 qu’en 2020 (variation de +23 pts de %). Les voyageurs québécois ont aussi été plus nombreux à séjourner à l’extérieur de la province et hors du pays.  

Les Québécois semblent reprendre certaines habitudes quand les mesures s’assouplissent. Par exemple, le retrait de la quarantaine obligatoire pour les voyageurs canadiens entièrement vaccinés à l’été 2021 pourrait avoir contribué à la hausse des séjours à l’extérieur du Canada.  

Le faible nombre de cas positifs à la COVID-19 durant la saison estivale, le taux élevé de personnes vaccinées, la mise en place du passeport vaccinal et l’application générale des mesures barrières pourraient expliquer la hausse du niveau de confiance des répondants face aux déplacements en général. On observe d’ailleurs que le désir de voyager dans le contexte actuel est plus élevé en 2021, comparativement à 2020 (2021 : 39 % contre 2020 : 26 %, une variation de +13 points de %).  

Attitude générale face au voyage et au ricochet du variant Omicron

L’enquête de la Chaire de tourisme Transat a aussi permis de jauger l’attitude des voyageurs québécois à l’égard du voyage dans un contexte pandémique. Près de la moitié des personnes sondées (48 %) a affirmé préférer voyager au Québec au cours des prochaines années, que les frontières soient rouvertes ou non. À l’inverse, plus du tiers (37 %) a apprécié découvrir la province durant la dernière année, mais privilégiera toutefois les voyages hors de celle-ci au cours de la prochaine.  

La fluctuation des mesures restrictives mises en place pour maîtriser les vagues de la pandémie de COVID-19 continue d’avoir des répercussions sur le comportement des consommateurs. L’arrivée du variant Omicron en fin d’année 2021 a altéré les plans de nombreux Québécois lors de la période des Fêtes et influence aujourd’hui les intentions de voyage à court et moyen terme. L’incertitude plane.  

En décembre 2021, un sondage mené par la firme Léger révèle que 88 % des Québécois n’ont pas l’intention de voyager à l’étranger pendant l’hiver. L’état d’esprit des citoyens fluctue au fil des semaines. Sondés à nouveau en février 2022 par Léger, 57 % (c. 21 % en janvier) des Québécois croient que le pire de la crise est derrière nous, 21 % (c. 45 % en janvier) que nous vivons le pire, et 12 % (c. 25 % en janvier) que le pire est à venir. 

Le retour à la vie « normale » est plus que jamais incertain. L’Institut national de santé publique du Québec s’est intéressé aux perceptions des Québécois quant au moment où ils pensent pouvoir reprendre leurs activités (voyager, grands rassemblements, etc.) comme avant la pandémie. Les résultats du sondage mené en janvier et février 2022 sont mitigés. Seuls 15 % affirment les avoir déjà reprises, 36 % indiquent que cela sera plutôt remis à juin 2022, 16 % vers la fin de l’année 2022, 29 % au cours de l’année 2023 et 5 %, jamais. 

Impacts de la COVID-19 sur les façons de voyager

Interrogés sur les répercussions de la pandémie sur leurs habitudes de planification au cours des prochaines années, les voyageurs québécois ont révélé à la Chaire de tourisme Transat en 2021 qu’ils seront nombreux à réserver des options offrant une politique d’annulation. Ils accorderont par ailleurs plus d’importance aux mesures sanitaires à destination, et croient qu’ils voyageront plus localement qu’avant. L’adhésion à ces deux paramètres, mesurée également lors de l’édition 2020 de l’étude, s’avère plutôt stable. On observe toutefois une légère tendance haussière concernant les voyages plus locaux (2021 : 50 % contre 2020 : 42 %; +8 pts de %). 

Comparativement à l’année 2020, la proportion de voyageurs qui estiment faire plus souvent des séjours en nature s’est légèrement amenuisée (2021 : 20 %, contre 2020 : 30 %). Connaissant l’engouement des Québécois pour le plein air, cette baisse n’est pas à craindre. Mais elle pourrait suggérer une certaine stabilisation du phénomène.  

Prévoir des plans A, B et C

Les entreprises touristiques ont assoupli leur politique de réservation et font preuve d’une grande flexibilité étant donné les circonstances changeantes. Les consommateurs en profitent bien : réserver un voyage à l’étranger comme plan A, mais planifier un séjour au pays si les frontières ferment à nouveau; louer un grand chalet avec des amis, mais prévoir un autre hébergement de plus petite taille comme plan B. Pour éviter de se retrouver le bec à l’eau, des voyageurs multiplient ainsi les réservations pour une même période et annulent l’option rejetée au dernier moment, ou selon les délais prescrits par la politique de l’entreprise. En anglais, on parle de trip stacking, un phénomène qui pourrait toutefois être éphémère et s’estomper lorsque la pandémie sera résorbée. 

Bien que l’année 2022 débute encore une fois dans l’incertitude, les consommateurs ont acquis deux années d’expérience et s’adaptent au contexte instable. Les voyageurs ont hâte de partir et même s’ils souhaitent vivre des expériences extraordinaires, composées, entre autres, de moments enrichissants et significatifs, ils demeurent hésitants pour l’instant.  

Image à la une : Cassiano Psomas de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Les télétravailleurs, un segment à saisir

Pour saisir les occasions qui émergent de ce segment, il faut comprendre les multiples visages de ceux et celles qui le composent. Il serait judicieux d’identifier leurs besoins et envies ainsi que s’attarder aux périodes clés durant lesquelles ils jouissent d’une flexibilité, et donc d’une réorganisation de leur temps libre. Le potentiel que représente cette clientèle pourrait bien accroître une fois que le contexte pandémique sera terminé, car le télétravail est là pour de bon!   

Les voyageurs québécois en situation de télétravail

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, 42 % des répondants se trouvaient en situation de télétravail au cours de l’année 2021 (19 % en totalité et 23 % en partie). De ceux-ci, 38 % affirment avoir travaillé hors de leur résidence principale (lire : Les télétravailleurs explorent de nouveaux lieux pour travailler).  

L’enquête de la Chaire indique également que près d’un quart (24 %) des télétravailleurs sondés l’ont fait dans leur région, 14 % dans une autre région du Québec, 3 % ailleurs au Canada, 2 % hors du Canada, et seulement 1 % dans un tout-inclus.  

Joindre le travail à l’agrément

La ligne qui sépare le travail et la vie personnelle s’estompe depuis l’intégration du télétravail et des horaires flexibles. Cette nouvelle réalité permet à un plus grand nombre de personnes de s’offrir des périodes de loisir à des moments inhabituels et de profiter d’une plus grande mobilité. Il n’est donc pas surprenant que plusieurs experts s’attendent à une recrudescence des voyages de typeworkationau cours des prochaines années.  

Leworkationest une contraction des mots anglaiswork(travail) et vacation (vacances) et se caractérise par des séjours en télétravail durant lesquels des périodes libres ou des journées de congé sont consacrées aux vacances. Les nomades numériques exploitent depuis plusieurs années ce mode de vie et depuis peu, certains télétravailleurs y prennent part eux aussi.   

Pour Brian Chesky, président-directeur général d’Airbnb, la nouvelle organisation du travail aura un impact direct sur le futur du tourisme.

Selon le Skift Research Travel Tracker de septembre 2021, près d’un Américain sur quatre qui était en situation de télétravail déclarait avoir prolongé de plus de dix jours ses vacances grâce au travail à distance. Pour Brian Chesky, président-directeur général d’Airbnb, la nouvelle organisation du travail aura un impact direct sur le futur du tourisme. En se basant sur le comportement de réservation de ses clients, il croit même qu’une certaine révolution est en train de se produire — soit des déplacements plus longs qui imbriquent les dimensions vacances et travail. Entre juillet et septembre 2021, 20 % du chiffre d’affaires de l’organisation a été induit par de longs séjours (plus de 28 jours), représentant une augmentation de 68 % par rapport aux réservations de 2019.    

Le secteur de l’hôtellerie observe également ce phénomène et tente de capitaliser sur le volume grandissant de télétravailleurs. Par exemple, c’est le cas du groupe Hyatt avec ces trois forfaits : « Office for the Day (1 journée), « Extended Stays » (+ de 5 nuitées) et « The Great Relocate » (+ de 29 nuitées). De son côté, Marriott propose aussi des séjours prolongés, mais se distingue par l’intégration d’une offre de villas et de maisons de vacances (depuis 2019), ce qui lui permet de faire directement concurrence à Airbnb et VRBO. Hilton courtise également les voyageurs aux longs séjours avec son concept Homewood Suites. Au centre-ville de Montréal, le groupe hôtelier loue 97 appartements équipés (cuisine, laveuse-sécheuse, espaces de rangement) et inclut des services tels que le petit déjeuner, la livraison d’épicerie et une offre de repas prêt-à-manger. Les animaux de compagnie sont également les bienvenus.   

Le phénomène du workation est-il adopté par les Québécois?

L’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat a permis d’aborder la tendance du workation sous deux angles différents : ceux qui ont effectué un séjour spécifiquement pour faire du télétravail (16 % des télétravailleurs) et ceux qui prolongent un séjour d’agrément pour ensuite exercer leur profession à distance (13 % des télétravailleurs sondés). En 2021, 85 % des répondants qui ont fait un séjour de télétravail en ont fait un au Québec. Ils ont réalisé en moyenne 4,9 séjours, ce qui représente 12 nuitées attribuables au workation dans l’année.

Les adultes âgés de 25 à 34 ans adhèrent davantage au phénomène du workation. Une forte proportion possède un diplôme universitaire et près de la moitié jouit d’un revenu annuel supérieur à 100 000 $. Les habitants de la grande région de Montréal constituent le principal marché, particulièrement lorsqu’il s’agit de prolonger un séjour de vacances. Enfin, près du tiers de ceux qui pratiquent le workationont des enfants, ce qui pourrait vouloir dire qu’ils sont contraints au calendrier scolaire, selon l’âge et l’autonomie de leur progéniture.   

Près d’un répondant sur trois (29 %) estime qu’il sera en télétravail en 2022 (6 % en totalité et 23 % en partie). De ce nombre, 19 % comptent faire un séjour pour travailler à distance et 14 % prévoient prolonger un séjour d’agrément grâce au télétravail. Ces proportions pourraient s’avérer plus importantes puisque le sondage a été effectué juste avant que le gouvernement Legault n’impose le travail à distance en décembre 2021.  

Dans un contexte encore incertain, identifier le plein potentiel de cette clientèle demeure complexe pour l’industrie touristique. Cependant, les organisations ont avantage à commencer (ou poursuivre) leur réflexion quant à la façon de saisir les opportunités qui découleront de ce segment.   

Image à la une : Samson Katt de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.