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Tendances

Les multiples avantages des artistes en résidence

L’art sous toutes ses formes est présent dans de nombreux lieux touristiques, outre les musées. Mais dans les établissements les plus innovants, une place à part entière est également réservée à l’artiste. Les programmes d’artistes en résidence consistent à les accueillir sur une période de quelques jours à plusieurs mois, le temps de créer une ou plusieurs œuvres. Déjà en 2009, le Réseau de veille avait étudié cette tendance en détaillant plusieurs exemples. Voici de nouveaux cas de bonnes pratiques.

Une démarche intégrée dans l’ADN de la marque

Ace Hotel à New York collabore avec différents partenaires (musée, laboratoire et studio d’innovation, communauté artistique) à l’organisation d’événements impliquant des artistes en résidence :

  • En 2014, plusieurs chambres de l’établissement ont servi de lieu de création durant quelques jours à des artistes qui avaient carte blanche pour interpréter la mode à leur façon. Leur travail fut présenté au public durant la semaine de la mode.
  • Chaque dimanche, un artiste passe la nuit dans une chambre pour créer une œuvre qu’il expose le lundi matin. Sa biographie et son travail sont ensuite publiés sur le blogue.
  • En 2016, des artistes en résidence de l’organisme Residency Unlimited furent invités à participer à une série de discussions tenues au bar de l’hôtel. Ces événements intimistes leur ont permis de présenter leur parcours à la communauté locale et aux visiteurs.

L’hôtel El Ganzo, au Mexique, a construit un studio d’enregistrement pour y accueillir des musiciens. En échange, une performance musicale est offerte à la clientèle et est retransmise sur la chaine YouTube de l’établissement. De plus, la vidéo de l’hôtel, diffusée sur la page d’accueil de son site Web, est présentée sur fond de morceaux musicaux enregistrés à même son enceinte. Ces artistes et leur musique font ainsi partie intégrante de l’image de marque de l’établissement.

Source : El Ganzo

S’ouvrir à la communauté locale

Le programme de l’hôtel Le Pfister de Milwaukee aux États-Unis implique la communauté et le milieu artistique local dont sont issus la plupart des artistes en résidence. Des experts régionaux du domaine des arts font partie du comité de sélection des artistes. Lors de l’exposition des travaux des finalistes, l’avis du public (résidents et clients) est pris en considération pour choisir le candidat gagnant. Celui-ci travaille ensuite dans la galerie de l’hôtel, qui est fréquentée non seulement par la clientèle, mais aussi par les amateurs d’art de la ville.

Le Minneapolis Institute of Art aux États-Unis a invité une artiste d’origine mexicaine à passer trois mois cet été dans les

Par cette initiative, celui-ci veut marquer son appui au milieu artistique local.

quartiers d’immigrants de la ville pour y rencontrer les résidents. Les portraits créés seront ensuite exposés au musée durant six mois, accompagnés de vidéos à propos de ces communautés.

En 2015, l’aéroport de Brisbane en Australie a donné un accès exclusif pendant six mois au renommé peintre Robert Brownhall. En est née une série de peintures représentant le quotidien de ce lieu et mettant en scène les passagers, les avions et l’architecture. Une de ces œuvres a intégré la collection permanente d’art public de l’aéroport. Par cette initiative, celui-ci veut marquer son appui au milieu artistique local.

Sensibiliser la clientèle à l’art

À l’hôtel Le Pfister, les artistes en résidence organisent des tours guidés pour faire découvrir à la clientèle l’ensemble des œuvres d’art exposées et entreposées dans l’établissement. Chacun est spécialisé dans une discipline artistique précise, ce qui lui permet d’apporter une perspective unique.

Au Goldmoor Inn dans l’Illinois, un artiste par semaine s’installe dans un studio prévu pour l’occasion, durant le mois de janvier. Les clients sont invités à les observer et à converser avec eux. À la fin de la semaine, l’artiste offre un cours à ceux qui le désirent, suivi d’une réception au champagne.

Goldmoor-inn-artiste-en-residence      Source : Facebook/Goldmoor Inn

Les artistes en résidence sont aussi les bienvenus dans des musées sans vocation artistique. Par exemple, le musée canadien de l’immigration du Quai 21 à Halifax accueillera cette année son deuxième artiste pour une durée de six mois. En plus d’élaborer un projet d’art visuel, il devra interagir avec le public et répondre aux entrevues des médias. L’an passé, Kyle Jackson a créé une peinture représentant le paquebot l’Empress of Ireland, en collaboration avec les visiteurs, dont de nombreux enfants.

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Source : musée canadien de l’immigration du Quai 21

Les créations artistiques intégrées dans le lieu

Le musée d’art à Coral Springs en Floride propose un programme de trois mois qui inclut un budget de 9000 $, du matériel et un studio au sein de l’établissement. L’institution achète ensuite les œuvres créées et les intègre à sa

Pour ce musée de taille modeste, cette démarche permet de bonifier sa collection à un coût abordable

collection permanente. Pour ce musée de taille modeste, cette démarche permet de bonifier sa collection à un coût abordable. Au Quin Hotel à New York, les travaux des artistes intègrent temporairement sa collection permanente. Un mur d’écrans numériques dans le lobby présente quelques-unes de ces œuvres, créant un décor sans cesse renouvelé.

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Source : Facebook/Quin Hotel

Attirer de nouveaux publics

Le sentier transfrontalier de la piste Chilkoot est le lieu du programme d’artistes en résidence de Parcs Canada, du Centre des arts du Yukon et du Service des parcs nationaux des États-Unis. Trois spécialistes des arts visuels sont sélectionnés chaque année pour arpenter une section de ce sentier historique durant deux semaines. Ils sont invités à discuter avec les randonneurs tout en menant leurs activités artistiques, afin d’améliorer l’expérience des visiteurs. Des ateliers et des causeries sont organisés par leurs soins dans les communautés avoisinantes, faisant ainsi connaître l’art contemporain à de nouveaux publics.

Les programmes d’artistes en résidence sont utiles à de nombreux égards. Le client, l’organisme et l’artiste y trouvent leur compte. Ces démarches sont accessibles à toute entreprise touristique, quelles que soient sa taille et la place qu’elle souhaite accorder à la création artistique.

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Segments de clientèles

Quelles sont les habitudes de voyage des milléniaux ?

LaunchLeap est une start-up montréalaise spécialisée dans les sondages en ligne ciblant la clientèle des milléniaux. Elle s’est intéressée récemment aux besoins, aux préférences et aux habitudes des voyageurs américains et canadiens âgés de 18 à 35 ans. Voici quelques faits saillants de ce sondage mené en janvier 2017 auprès de 325 répondants :

  • Près de 6 voyageurs milléniaux nord-américains sur 10 voyagent une ou deux fois par année ;
  • Seulement 5 % se déplacent dans le cadre de leur travail, ce qui s’explique par la forte proportion de répondants âgés de 18 à 23 ans ;

raisons-de-voyager-milleniaux Source : LaunchLeap

  • Leur principale source d’information à l’étape de l’inspiration est leur entourage (73 %), suivi des livres de voyage (43 %) et des forums (38 %) ;
  • Un répondant sur deux obtient des conseils de voyage en suivant des personnes sur les réseaux sociaux ;
  • Seulement 11 % d’entre eux réservent leur logement et leurs billets dans une agence de voyages; une grande majorité le fait en ligne (94 %) ;
  • Pour les voyageurs milléniaux, la fiabilité est le principal aspect recherché d’une entreprise touristique (91 %), suivie de loin par la facilité à les contacter (33 %) ;

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Source : LaunchLeap

  • En voyage, ils souhaitent avant tout vivre une expérience unique et faire des rencontres, sans avoir à se soucier de quoi que ce soit ;
  • Plus de 40 % des répondants consacrent 5 à 10 % de leurs revenus à leurs dépenses de voyage et cette part est de 10 à 20 % pour 28 % d’entre eux.

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Source : LaunchLeap

Il est essentiel pour les entreprises touristiques de bien connaître le comportement de voyage des milléniaux pour ainsi mieux les cibler et les séduire.

Des sondages conçus pour les milléniaux

Retenir l’attention des milléniaux lors de l’administration d’un sondage peut s’avérer ardu. LaunchLeap propose une solution innovante pour mener des études de marché en ligne auprès de cette clientèle. Les questions sont présentées avec des visuels attrayants, les réponses sont des images à « aimer » ou encore des photos personnelles à partager (voir l’image ci-dessous) et les répondants sont invités à fournir leurs commentaires et leurs suggestions sous chaque question.

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Source : LaunchLeap

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Hébergement

Guide de la montée en gamme en hôtellerie

En tant que gestionnaire, sensibiliser et former les employés à la montée en gamme (upselling) est un moyen efficace d’augmenter le revenu par chambre disponible (RevPAR) tout en favorisant la satisfaction de la clientèle. Proposer à cette dernière des catégories de chambres supérieures ou des tarifs différents contribue à une expérience qui dépasse ses attentes. Voici quelques conseils et bonnes pratiques pour vendre des surclassements.

 

Bien connaître les chambres pour mieux vendre

Le fort taux de roulement pose un défi aux établissements qui doivent bien former le personnel sur les différences entre chaque catégorie de chambres et de suites pour être en mesure de vendre des surclassements. Dans ce contexte, organiser des tournées de familiarisation et encourager les employés à tenir compte des différents profils de clients constituent des façons de proposer des chambres correspondant aux besoins et aux désirs de chacun. Par exemple, un couple souhaitera une gamme supérieure pour une vue exceptionnelle sur le fleuve alors qu’une famille privilégiera plus d’espace.

Une autre option est d’organiser des réunions d’équipe dans les chambres des catégories supérieures et dans les suites. Si l’horaire ne le permet pas, il est possible de les explorer individuellement pendant les périodes creuses de la journée. Durant les visites, le gestionnaire peut demander à chacun des employés de noter quelques détails de la chambre et les raisons pour lesquelles ils l’ont aimé. Il les invite ensuite à partager leurs impressions au cours d’une discussion. Ainsi familiarisé avec les produits de l’établissement, le personnel gagnera en confiance et sera plus enclin à proposer des offres adaptées à chaque client.

En contrepartie, les employés de longue date connaissent les atouts de chaque catégorie de chambres (vue, luminosité, espace, emplacement sur l’étage, etc.), mais peuvent oublier de les mettre en valeur pendant le processus de vente. Les sensibiliser à l’importance de la stratégie de montée en gamme apparait alors aussi nécessaire que la formation.

Les techniques de vente essentielles

Une fois que le personnel possède une bonne connaissance des produits, la deuxième étape consiste à trouver la façon de vendre des options adaptées aux besoins des clients. La montée en gamme requiert autant de « savoir-faire » que de « savoir-être » de la part des employés, qui doivent faire preuve de tact et de jugement. Voici plusieurs techniques et conseils :

  • Commencez par proposer différentes options de tarifs (prépayés, flexibles, etc.) au client, puis offrez-lui le choix entre deux ou trois types de chambres. En procédant ainsi, vous évitez de perdre du temps en énonçant deux tarifs pour chaque type de chambre.
  • Rassurez le client sur son choix initial, pour éviter qu’il croie que son option est mauvaise : « la chambre que vous avez réservée est très confortable, mais puis-je vous présenter les atouts de la chambre supérieure ? ».
  • Mettez en avant le caractère exclusif de l’offre : « certaines de nos chambres deluxe sont disponibles uniquement ce soir/pour cette date ».
  • Présentez le montant raisonnable de la montée en gamme : « pour seulement 30 $ de plus, vous disposerez d’une chambre de catégorie supérieure avec une superbe vue sur le fleuve ».

Enfin, de nombreuses chaînes proposent des surclassements « en attente » (standby upgrades). Cette stratégie permet de proposer au client ayant réservé une chambre standard, un surclassement à tarif réduit, valide uniquement s’il reste des chambres de la gamme supérieure le jour de l’arrivée.

La nécessité d’un encadrement

Dans le but d’aider les employés à vendre des surclassements, il est important de mettre en place une structure de prix. Introduire un montant fixe pour chaque gamme supérieure (par exemple 30 $) est une pratique qui permet à l’hôtel de générer des revenus additionnels, tout en donnant l’option au client d’être surclassé à un tarif raisonnable.

Outre cette procédure, les employés doivent disposer d’un système de gestion (PMS pour la réception et CRS pour le service des réservations) pour être efficaces. De plus, cet outil permet de proposer des offres personnalisées selon l’historique du client.

Il s’avère utile d’organiser sur une base régulière une courte réunion d’équipe. Les gestionnaires informent le personnel des tarifs spéciaux et des codes à appliquer dans le système de gestion. Une note informative peut aussi être affichée à l’arrière de la réception et dans le bureau des réservations.

Pour inciter les employés à vendre des surclassements, il est avantageux d’instaurer un système de récompenses. Afin de mesurer la performance de chacun des employés, il est possible de calculer la moyenne de leurs ventes de montée en gamme par réservation effectuée, ou simplement la moyenne du revenu généré par réservation. C’est ensuite plus simple de déterminer un seuil ou un quota de vente à partir duquel les commissions sont offertes. Cela dit, certaines recherches émettent des doutes quant à l’efficacité de ces programmes.

Multiplier les incitatifs pour le client

Les surclassements font partie des nombreux produits et services générant des revenus complémentaires. La nourriture et les boissons sont un autre poste de vente qui, intégré dans un forfait, permet d’ajouter une plus-value à la montée en gamme. C’est le cas des hôtels Doubletree by Hilton qui proposent un « petit extra de surclassement » au tarif des chambres standard. Ainsi, pour un supplément allant de 25 $ à 35 $ par nuit, les clients ont le choix entre trois options, incluant, selon le prix, l’accès Wi-Fi, des collations ou encore l’accès à un comptoir de nourriture et boissons en libre-service.

DoubleTree by Hilton propose le forfait Little Extras Upgrade

Source : Doubletree by Hilton

En somme, avec une formation, un langage adapté et des moyens techniques, les employés possèdent les outils et l’assurance nécessaires pour effectuer des ventes de montée en gamme.

Comment favorisez-vous les ventes de montée en gamme dans votre établissement ?

 

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Analyse rédigée en collaboration avec Kathleen Murphy.

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Marketing

Comment créer l’identité sonore d’une destination?

L’image de marque d’un territoire touristique est de prime abord représentée par son nom, son slogan et son logo. Quant à sa musique, elle peut être définie par des designers sonores dont la tâche est d’associer une identité musicale à la destination. Ces experts effectuent un diagnostic de la région pour mettre en lumière les éléments et les valeurs qui la définissent. Une fois l’analyse effectuée, ils composent et enregistrent « l’hymne » du territoire, également appelé « logo sonore ». Véritable exercice de création et de composition, le processus nécessite un remarquable talent musical ainsi qu’une expertise avérée en marketing.

Le logo sonore et ses variations sont ensuite intégrés aux supports et aux canaux de communication des collectivités locales et territoriales : vidéos promotionnelles, congrès, évènements, bornes interactives. La bande-son peut également être mise à la disposition de certains acteurs économiques locaux. Bénéficiant ainsi de contenu audio adapté, ces derniers peuvent diffuser un message en cohérence avec la stratégie territoriale et devenir des ambassadeurs de la marque. L’identité sonore permet en outre d’accroître la notoriété et l’attractivité de la destination, tout en la différenciant des autres.

Le son fait-il partie de l’image de marque de votre destination?

Consultez notre analyse Au rythme des promenades sonores pour découvrir des exemples de bonnes pratiques.

 

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Clin d’œil écrit en collaboration avec Kathleen Murphy.

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Hébergement Marketing

Nouveautés dans les programmes de fidélisation hôteliers

Plusieurs études démontrent l’efficacité des programmes de fidélisation hôteliers, mais des chiffres récents révèlent que la clientèle semble les délaisser, ce qui a poussé les gestionnaires à réagir et à entreprendre des changements. Coup d’œil sur ces nouveautés.

Les programmes de fidélisation ont toujours la côte

Kalibri Labs, un spécialiste de données numériques, a effectué une étude auprès de 25 000 hôtels aux États-Unis en 2016. Les auteurs ont constaté une hausse des nuitées provenant des membres de programmes de fidélisation, entre 2014 et 2016 (voir le graphique 1). L’augmentation la plus marquée était celle du segment économique (32 %), malgré le fait qu’on y observait la plus faible proportion de clients fidèles. Autre fait important, plus de la moitié des nuitées dans les hôtels de gamme supérieure (hors luxe) étaient effectuées par les détenteurs de carte de membre. Ce taux de pénétration s’est hissé à 60 % pour les établissements haut de gamme en 2016.

Graphique sondage hoteliers programme de fidelisation

Les avantages de cet outil marketing ne sont plus à prouver. Selon une étude de l’Université Cornell publiée en 2015, les membres des programmes de fidélisation des hôteliers indépendants généraient 50 % plus de revenus annuels que les non-membres. Une analyse du Réseau de veille mettait aussi en évidence l’effet positif d’un programme de fidélisation sur les réservations d’un établissement et sur la fréquence des séjours des clients membres.

Certains membres inactifs et insatisfaits

La firme d’intelligence d’affaires Skift estime qu’en 2015, les membres des programmes de fidélisation des principales chaînes hôtelières ont augmenté en moyenne de 13 % comparativement à 2014, totalisant plus de 344 millions d’abonnements. Néanmoins, plus de la moitié de ces comptes seraient inactifs ou expirés, c’est-à-dire que leurs titulaires n’auraient pas échangé leurs points ou leurs miles depuis un an à un an et demi. À titre de comparaison, cette proportion est beaucoup moins forte que dans le secteur aérien aux États-Unis, où 80 % des membres sont inactifs, selon les chiffres 2016 de l’Association du transport aérien international.

D’après le groupe Collinson, une entreprise internationale qui accompagne les marques dans leurs stratégies de fidélisation, la confusion et la frustration font partie des principales raisons pour lesquelles les consommateurs n’utilisent pas leurs cartes ou résilient leur adhésion (tous secteurs d’activité confondus). Le fonctionnement de ces programmes serait confus et les multiples paliers à franchir nuisent à leur compréhension, affirme Christopher K. Anderson du centre de recherche en hôtellerie de l’Université Cornell. Résultat, 72 % des opinions formulées sur les médias sociaux à propos des programmes de fidélisation hôteliers sont négatifs, selon une étude de la firme-conseil Capgemini de 2015.

Offrir des privilèges adaptés aux besoins de la clientèle

Aujourd’hui, les changements d’habitudes des consommateurs et l’omniprésence du numérique poussent les entreprises à redéfinir leur vision de la fidélité. Selon Emanuel Baudart, responsable du service client chez AccorHotels, la notion de récompense doit évoluer vers celle de la reconnaissance. Pour cela, une approche personnalisée est à considérer.

Les hôtels indépendants peuvent agir à leur échelle en interrogeant la clientèle sur ses attentes en matière de récompenses. Par exemple, un sondage de l’agence Fuel réalisé en 2016 auprès de 2300 voyageurs d’agrément américains révélait que 78 % d’entre eux préféraient recevoir de petits rabais ou des privilèges à utiliser immédiatement plutôt que de se voir offrir un cadeau de plus grande valeur pour leur prochain voyage.

78 % d’entre eux préféraient recevoir de petits rabais ou des privilèges à utiliser immédiatement

Les hôtels Choice répondent à ce besoin depuis 2016 avec « Your Extras », des récompenses offertes dès l’arrivée dans l’établissement. Le client a le choix entre 500 points, 100 air miles, un crédit de 2,50 $ sur Amazon ou Uber ou encore une carte cadeau de 5 $ de Tim Hortons, échangeables en tout temps. Dans un souci de répondre aux besoins de sa clientèle, le groupe IHG permet aux membres Rewards Club de demander au concierge du programme d’ajouter des récompenses qui ne sont pas offertes, telles que des billets pour un événement à venir ou encore un nouvel outil technologique.

Récolter des points pour vivre des expériences

À l’instar de l’ensemble des stratégies marketing dans le tourisme, les programmes de fidélisation misent aujourd’hui sur l’expérience client pour ajouter de la valeur aux privilèges offerts. C’est notamment un moyen d’attirer la génération des milléniaux, friands de ces nouveautés. La chaîne Starwood a été précurseur de cette tendance en créant les SPG Moments, des récompenses sous forme d’accès VIP à des événements sportifs, culturels, culinaires ou encore musicaux.

Recompenses Starwood Preferred Guest

Source : Starwood Preferred Guest

Depuis, d’autres groupes tels que IHG, Wyndham et Marriott ont emboîté le pas. Ce dernier, qui a racheté Starwood en 2016, propose sur le site Experiences marketplace d’échanger des points contre des voyages d’aventure, des concerts, des accès VIP à des événements sportifs ou encore des festivals culinaires. Pour pouvoir offrir ces privilèges, le groupe a développé des partenariats avec, entre autres, des ligues de basketball et de football américain. C’est aussi le cas de

Reconnaître leur fidélité tout au long de l’année par une offre d’expériences variées est la nouvelle tendance

AccorHotels qui, en devenant le commanditaire du Palais Omnisports de Paris Bercy en 2015, a permis à ses membres de bénéficier de plusieurs privilèges, dont l’accès à des loges réservées et la possibilité d’acheter leurs billets en prévente. Bien souvent, des rabais ou des gratuités sont offerts suivant le statut des membres, sans avoir à les échanger contre des points.

Enfin, le nouveau programme de fidélisation de Hyatt, World of Hyatt, se distingue par le message qu’il véhicule. Outre la promesse d’expériences uniques en voyage, il promeut un « monde de compréhension » basé sur la rencontre avec la population locale.

Les hôteliers l’ont compris, la satisfaction des voyageurs dépasse le cadre de l’hôtel, voire de leur séjour. Reconnaître leur fidélité tout au long de l’année par une offre d’expériences variées est la nouvelle tendance.

Les multiples avantages de ces améliorations

Les hôteliers brandissent leurs programmes de fidélité comme une arme pour concurrencer les agences de voyages en ligne. La clientèle est incitée à réserver en direct pour accumuler des points et profiter des nombreux privilèges qui leur sont offerts exclusivement. Les nouvelles récompenses, axées sur les expériences, rendent ces programmes attractifs et favorisent l’engagement à long terme de la clientèle.

Et vous, comment récompensez-vous vos clients fidèles ?

 

Source de l’image à la une : Wikimedia Commons

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Tendances

Comment offrir une expérience authentique ?

Lors du Gueuleton touristique organisé par la Chaire de tourisme Transat de l’ESG-UQÀM le 5 avril dernier, deux conférenciers français ont partagé leurs réflexions à propos d’un enjeu d’actualité dans l’industrie : « Prendre le virage local : comment offrir une expérience authentique ». Il s’agit de Pierre Eloy, directeur de Touristic et cofondateur des Agitateurs de destinations numériques et de Sophie Moreau, spécialiste de la cocréation et des projets collaboratifs de Touristic, et directrice de l’office de tourisme du pays d’Ancenis.

Créez des moments parfaits

« Vous avez un pouvoir magique, vous êtes des créateurs originaux de moments parfaits »

Tout au long de la conférence, Sophie et Pierre ont quelque peu déstabilisé les participants en présentant leur vision atypique des métiers du tourisme et en utilisant un vocabulaire inusité. Leur première affirmation a donné le ton : « Vous avez un pouvoir magique, vous êtes des créateurs originaux de moments parfaits ». Les professionnels du tourisme vendent du rêve, mais malheureusement oublient de rêver leur métier, explique Sophie. Elle propose alors de le réinventer, ou à tout le moins, l’appréhender différemment, pour pouvoir faire davantage rêver les voyageurs. Soyez un « créateur de souvenirs » !

Mais qu’est-ce que le moment parfait ?

  • un produit parfait, associé à un lieu ;
  • une rencontre, lorsque l’on crée un lien avec une personne ;
  • une surprise ; surprenez-vous parfois nos visiteurs?

Moment parfait Agitateurs de destinations numeriques Source : Agitateurs de destinations numériques 

Pour créer ces moments parfaits, il faut travailler avec conviction et avec cœur, mais surtout, il faut avoir confiance en soi. Ce sentiment est le fil rouge du moment parfait, affirme Pierre. Ce discours, à la fois inspirant et motivateur, a eu pour but de mettre la table pour présenter des façons différentes d’accueillir le visiteur sur un territoire, toutes axées sur l’authenticité.

Faites appel aux résidents

Airbnb fut mentionné à plusieurs reprises par nos conférenciers, comme cas de bonne pratique. La plateforme utilise abondamment le champ lexical de la culture locale. Elle propose « d’échanger avec des experts de la vie locale » et met de l’avant des noms et des personnages pour vendre ses activités.

la confiance se donne plus facilement à ceux qui vivent dans la destination au quotidien plutôt qu’à un professionnel dont le but est de vendre

Elle doit en quelque sorte sa réussite aux résidents, ce qui démontre que la confiance se donne plus facilement à ceux qui vivent dans la destination au quotidien plutôt qu’à un professionnel dont le but est de vendre. « Bannissez le terme “professionnel du tourisme” lance avec conviction Pierre, et soyez fiers d’être des locaux puisque les visiteurs préfèrent interagir avec de “vraies personnes” ».

 Voici les exemples d’Airbnb et de Like A Local qui ont fait le choix de positionner les résidents au cœur de leur offre.

Airbnb experts locaux Source : Airbnb

Like A Local

Source : Like A Local

De plus en plus de destinations font également appel aux résidents, comme par exemple les experts locaux sur le site Esprit de Picardie, en France.

Soyez créatif

Les touristes recherchent des expériences authentiques auxquelles ils peuvent participer activement. Encore une fois, Airbnb semble avoir une longueur d’avance grâce à sa palette d’expériences thématiques proposées par les résidents (Cuisine et boissons, Art de vivre, Sports, etc.). Inspirons-nous de cet exemple et soyons « occupateurs de temps libre » comme se plaisent à dire nos conférenciers.

Airbnb Experiences

Source : Airbnb

 L’aspect créatif se reflète dans la manière de communiquer avec la clientèle. Sophie et Pierre conseillent de mettre de côté les plateformes numériques et de redonner de l’éclat aux supports imprimés : « Vous êtes des “matérialiseurs” : repensez la matière, le papier n’est pas mort ». Pour illustrer ces propos, voici deux exemples de magazines édités par des organisations touristiques :

  • OnlyLyon publie gratuitement deux fois par année le livre Collector, recensant des adresses d’établissements et de commerçants pour les touristes et la clientèle locale. Les premières pages, présentées comme un magazine, dévoilent des nouveautés, coups de cœur et bons plans, suivi d’une deuxième partie qui regroupe une sélection de membres d’OnlyLyon.

OnlyLyon Collector

Source : Only Lyon

  • Voyages-sncf.com, en partenariat avec le groupe de presse Le Monde, a créé une nouvelle collection de guides de villes appelée « Emmenez-moi à ». Ce magazine, aux visuels originaux, contient une sélection d’adresses culturelles et gastronomiques, une carte des principaux lieux de la ville ainsi que des récits qui se déplient. Offert gratuitement aux passagers de première classe en TGV, la compagnie le considère comme un « objet-cadeau ».

Certains organismes vont jusqu’à laisser le voyageur exprimer sa créativité en jumelant un guide touristique à un carnet de voyage. C’est ce qu’a entrepris Sophie et son équipe à l’office de tourisme en invitant le lecteur à personnaliser chacune des pages du guide. Selon elle, être « facilitateur de créativité » permet de donner l’impression au visiteur de créer son voyage.

Office tourisme pays dancenis locaux

Source : calameo

Donnez plus de place aux humains

Valoriser ses ressources humaines est primordial pour offrir une expérience authentique. Le personnel d’accueil devient concierge de destination et revêt autant d’importance que les produits offerts. Rappelez-vous : le moment parfait, c’est de créer un lien lors d’une rencontre. Pierre s’amuse à employer les termes « bienvenuteurs » ou encore « Émotionneur-bienveilleur ».

Il donne l’exemple de Tourisme Queensland qui se qualifie de « bienveilleur ». Des employés surveillent les publications de leurs visiteurs sur les réseaux sociaux pour leur souhaiter la bienvenue ou les remercier d’être venus, quelquefois de manière originale. Durant un événement de rugby, une supportrice a publié de nombreuses photos de la destination sur les réseaux sociaux. Pour la remercier, l’OGD lui a envoyé un maillot de rugby autographié par tous les joueurs de l’équipe. Montrer le caractère humain de la marque tout en suscitant la surprise et l’émotion étaient les objectifs visés.

Partagez vos secrets

Ces pistes de réflexion, qui ont apporté une foule d’idées pour changer les façons de s’adresser aux visiteurs, ont abouti sur un atelier participatif. Par petits groupes, les participants devaient écrire sur des cartons leurs secrets de lieux à découvrir ou d’expériences à vivre, qu’ils auraient envie de faire connaître à des amis en visite. Cette démarche a été employée pour créer la carte touristique « Nos coins préférés » de l’office de tourisme du pays d’Ancenis. Pour les détails, lisez l’article Vous avez dit Conseil éclairé ? Ces filles-là ont la lumière à tous les étages ! sur le blogue etourisme.info.

Certains ont émis des réticences à partager ces lieux qu’ils souhaitent garder secrets. Pierre et Sophie confrontent plutôt l’assistance à la réalité : il existe déjà des plateformes en ligne qui recensent les lieux hors des sentiers battus, et bien souvent ce sont les résidents qui dévoilent ces secrets. Les gestionnaires de destinations ont tout intérêt à faire partie du mouvement. Pour prendre le virage local, soyez des « chuchoteurs de secrets » !

Voici quelques photos de l’atelier :

Atelier participatif gueuleton touristiqueAtelier participatif cartons de secretsAtelier participatif partagez vos secrets 

Cette conférence-atelier avait pour but de démontrer que pour offrir une expérience authentique, il faut avant tout remettre en question nos façons de faire, revenir au cœur de notre métier d’accueil et tenter d’avoir une vision différente. Il n’est jamais trop tard pour apporter des changements au sein de son organisation !

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Gestion

Mesurer le tourisme à l’échelle régionale

Dans un rapport publié en 2016, l’OCDE a recensé de nombreuses bonnes pratiques de mesure du tourisme au niveau régional. Le Réseau de veille en a sélectionné deux qui, au-delà de leur fiabilité et leur transférabilité à d’autres pays, se distinguent par leur méthodologie, leur utilité, le territoire étudié, les indicateurs retenus et leur accessibilité. Au Québec, le baromètre touristique régional est un outil qui suscite l’intérêt des associations touristiques régionales. Ces projets orchestrés sur le plan national garantissent une comparabilité des résultats d’un point de vue géographique et historique.

Importance de la mesure du tourisme

L’utilisation d’indicateurs pertinents est primordiale pour tous les décideurs de l’industrie touristique. Ils sont utiles pour justifier de nouveaux investissements publics ou privés, planifier le développement de la destination ou encore orienter les campagnes de marketing. Dans le cadre de son Symposium sur les mesures de performance et les contributions du tourisme en 2012, la Chaire de tourisme Transat a rédigé un document de réflexion qui présente les différents moyens de mesure du tourisme et leur utilité. L’étude de l’OCDE constitue un complément d’information. Elle démontre l’intérêt d’appréhender le rôle du tourisme en tant que catalyseur du développement régional.

Autriche : visualiser la demande touristique grâce à des cartes interactives

Le tourisme fait partie des thèmes présentés dans les cartes interactives i.MAP de Statistics Austria, l’office national de statistique d’Autriche. Les données proviennent principalement des 67 000 hébergements commerciaux et privés, situés dans des municipalités qui génèrent plus d’un millier de nuitées par année et regroupées dans 101 régions touristiques.

Méthodologie

Statistics Austria travaille en collaboration avec les municipalités pour recueillir les données, fournies mensuellement ou annuellement selon le type de statistiques, qui permettent de mesurer la demande touristique. Les indicateurs utilisés sont les suivants :

  • le nombre d’arrivées selon le pays d’origine (environ 70 marchés, incluant les pays étrangers, les provinces autrichiennes et sept régions allemandes) ;
  • le nombre de séjours avec nuitées et la durée moyenne du séjour selon le pays d’origine ;
  • la part de marché selon le pays d’origine ;
  • le taux moyen de progression des séjours avec nuitées selon le pays d’origine sur les cinq dernières périodes (une période pouvant être un mois, un trimestre, une saison, une année, voire une décennie) ;
  • la part des hôtels 4 et 5 étoiles dans l’ensemble des séjours avec nuitées au sein d’une destination ;
  • l’intensité touristique selon la période (part des touristes parmi la population totale) ;
  • le taux net d’occupation des lits.

Avantages de cet outil

Les cartes interactives permettent d’obtenir les données qui répondent aux besoins de chacun puisqu’il est possible de les ventiler à l’échelle régionale, municipale ou du district, selon le type d’hébergement, le pays d’origine ou la période (mensuelle, estivale ou hivernale et annuelle). Les régions touristiques peuvent comparer leur performance, visualiser l’évolution de la demande ou encore identifier l’importance de chaque marché. Par exemple, la carte ci-dessous indique la part des visiteurs allemands parmi l’ensemble des arrivées. On s’aperçoit que les régions de l’Ouest et du Sud-Ouest sont fortement dépendantes de ces touristes puisqu’à certains endroits, plus de 80 % des touristes sont Allemands.

iMAP Outil de mesure du tourisme

Source : Statistics Austria

De par son échelle géographique précise, cet outil de visualisation est utile tant pour la planification touristique d’une région que pour la mise en marché et la promotion de son territoire.

Finlande : mesurer l’impact socioéconomique des aires protégées

Parks & Wildlife Finland, une unité gouvernementale finlandaise qui gère l’ensemble des parcs nationaux et autres aires protégées détenus par l’État, en collaboration avec l’agence publique Finnish Forest Research Institute, mesure l’impact de la dépense des visiteurs des aires protégées sur l’économie locale. Au Québec, certains parcs, comme les parcs régionaux des Laurentides, utilisent une méthode similaire pour évaluer leur impact sur la communauté locale.

Méthodologie 

La réussite de ce projet tient du fait que Parks & Wildlife Finland a utilisé un système standardisé de suivi de la fréquentation déjà existant, l’ASTA (système de bases de données recensant des informations sur les visiteurs), pour y intégrer un nouveau calcul. Trois variables sont utilisées : le nombre de visites, les dépenses des visiteurs et un ensemble de multiplicateurs qui rendent compte de la manière dont ces dépenses circulent et se multiplient dans l’économie locale.

Résultats 

En 2016, l’organisme estime que les retombées économiques locales des dépenses des visiteurs de parcs nationaux (39 aires au total) s’élevaient à 178,9 millions d’euros et ont généré 1774 emplois à temps plein. Lorsque Parks & Wildlife Finland investit un euro d’argent public dans les services de randonnées, plus de 10 euros en moyenne reviennent à l’économie locale et 14 euros pour les parcs à proximité des stations de ski. Les données disponibles pour chacun des parcs ont permis de démontrer que les répercussions économiques sont plus importantes pour les parcs situés près des centres touristiques.

Avantages de cet outil

Les politiciens, les décideurs locaux et les bailleurs de fonds ont pu constater des retombées positives des investissements publics dans les aires protégées. Le secteur privé a été sensibilisé au potentiel commercial offert par ces lieux. Autre avantage, celui de pouvoir identifier les aires protégées les plus performantes pour appliquer les facteurs de réussite sur celles qui le sont moins.

Parks & Wildlife Finland ne s’est pas arrêté là puisque l’organisme a récemment mis en place une méthode de mesure des bienfaits perçus de la fréquentation des aires protégées en termes de santé et de bien-être.

Au Québec : le baromètre touristique régional

Le modèle intersectoriel de l’Institut de la statistique du Québec est un outil souvent utilisé par les acteurs touristiques pour élaborer des études d’impact économique à l’échelle du Québec, mais aussi d’une région ou d’une municipalité. Depuis 2014, il existe un nouvel outil spécifique à l’industrie, le baromètre touristique régional. Il a été créé à l’initiative du Réseau de connaissances stratégiques du ministère du Tourisme du Québec et a été mis en place par la Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec l’Alliance de l’industrie touristique du Québec.

Voici, à titre d’exemple, les résultats d’un profil de clientèle dans la région Chaudière-Appalaches pour la saison d’été 2015. Ils présentent le profil et le comportement des visiteurs avant et pendant le séjour, leur niveau de satisfaction et leurs intentions de visites.

barometre touristique regional Chaire de tourisme

Source : Tourisme Chaudière-Appalaches

Pour la période 2016-2017, le baromètre (qui comprend le panier d’indicateurs et le sondage en continu auprès de la clientèle touristique) a été déployé en partie ou entièrement dans 20 associations touristiques régionales, ce qui démontre que cet outil répond à un réel besoin de l’industrie. 

Quels sont les outils et les indicateurs que vous utilisez pour mesurer votre performance touristique ?

Source de l’image à la une : © Pexels.com

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Technologies

MT Lab encourage l’innovation en tourisme

Jusqu’au 5 mai 2017, les start-ups dans le domaine du tourisme, de la culture et du divertissement peuvent présenter leur candidature afin d’intégrer l’incubateur montréalais MT Lab. La première cohorte sera constituée de huit jeunes pousses innovantes de toutes nationalités, en phase d’amorçage ou de décollage. Leur modèle d’affaires doit reposer sur l’une des thématiques suivantes :

  • meilleure connaissance de la clientèle ;
  • enrichissement de l’expérience du parcours ;
  • approche innovante dans les processus d’affaires ;
  • amélioration de l’impact social et durable.

Le comité de pilotage du MT Lab qui accompagnera les start-ups est composé des membres suivants : Aéroports de Montréal, Air Canada, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, l’ITHQ, Loto-Québec, la Sépaq et Tourisme Montréal. Voici ce qu’offre le programme d’incubation, réparti en 4 cycles de trois mois, de juin 2017 à mai 2018 :

  • une connaissance de l’écosystème des start-ups et une connexion à ce dernier ;
  • une validation de la proposition de valeur ;
  • une stratégie de commercialisation et de mise en marché (locale, nationale et internationale) ;
  • une préparation aux « démos days» devant les équipes des partenaires pertinents ;
  • du mentorat offert par des leaders de l’industrie et de la recherche ;
  • un accès et de la visibilité auprès des partenaires, de l’ESG et de leurs réseaux ;
  • une possibilité d’échange avec le Welcome City Lab, l’incubateur touristique à Paris ;
  • un espace d’hébergement réservé, à bas coût, pendant un an dans les locaux de MT Lab, au cœur du Quartier des spectacles ;
  • une subvention d’accueil de 5000 $ par start-up.

Selon Martin Lessard, directeur général de l’incubateur, « MT Lab se veut un hub qui met en relation les leaders de l’industrie du tourisme, de la culture et du divertissement avec la crème des jeunes pousses innovantes. Les apprentissages seront mutuels ».

MT_Lab_visuel

Source : MT Lab

Le Welcome City Lab, premier incubateur dédié au tourisme, a accompagné 70 start-ups dans leur développement depuis ses débuts en 2013. Au total, celles-ci ont récolté l’équivalent de 85 millions de dollars canadiens (60 millions d’euros) en financement et ont créé 400 emplois. De nombreuses collaborations se sont tissées avec les partenaires fondateurs de l’incubateur, comme l’illustre l’infographie ci-dessous.

Welcome_city_Lab_ParisandCo

Source : Welcome City Lab

L’incubateur a annoncé récemment les noms des 13 start-ups qui intègreront sa 4e cohorte. Ce programme suscite beaucoup d’intérêt puisque le Welcome City Lab a reçu 120 candidatures cette année.

Si l’on se fie à la centaine de personnes présentes lors de sa soirée d’appel à candidatures, le succès du MT Lab devrait être au rendez-vous !

Source de l’image à la une : © MT Lab

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Hébergement Technologies

Technologies en hôtellerie : ce que le client veut

En septembre 2016, Oracle Hospitality, fournisseur de solutions technologiques, a fait appel à Phocuswright pour mener un sondage auprès de 777 voyageurs américains ayant séjourné dans un hôtel dans le cadre d’un voyage d’agrément au cours des 12 derniers mois. Le but était de comprendre comment les technologies influencent l’expérience de la clientèle hôtelière. Mesurer la satisfaction à l’égard de ces outils aide l’hôtelier à évaluer le retour sur investissement. En effet, si la technologie contribue à offrir une expérience mémorable, elle favorise la fidélisation de la clientèle. De plus, en identifiant les attentes de cette dernière en matière de technologie l’hôtelier peut investir judicieusement où le besoin se fait le plus ressentir.

L’humain reste le facteur de satisfaction numéro 1

Selon les répondants, les technologies ne sont pas les principaux éléments de l’expérience du client. En effet, 93 % des voyageurs américains affirment que la propreté de la chambre est l’aspect primordial d’une expérience réussie et 72 % sont du même avis en ce qui concerne le service livré par les employés (voir le graphique 1).

Graphique Elements cles experience client hotellerie

Selon 64 % des clients américains, il est très ou extrêmement important que les hôteliers continuent d’investir dans les technologies qui améliorent leur expérience.

Améliorer l’expérience à l’hôtel et à destination

Les répondants souhaitent avant tout que les technologies puissent leur permettre de choisir eux-mêmes leur chambre (45 %),

Les répondants souhaitent avant tout que les technologies puissent leur permettre de choisir eux-mêmes leur chambre

de découvrir les activités et attraits de la destination (41 %), de s’enregistrer et de régler leur facture (39 %). Dans les chambres, les technologies devraient être utilisées pour les demandes d’ajout d’articles et le système de divertissement, selon environ le tiers des voyageurs (voir le graphique 2).

Graphique La technologie ameliore experience client hotellerie

Les répondants sont enthousiastes à l’idée de pouvoir utiliser une application mobile pour interagir avec le personnel de l’hôtel (voir le graphique 3). Ils sont très ou extrêmement intéressés à se faire recommander des lieux ou des activités à proximité (53 %), à demander des articles de toilette ou autres nécessaires de chambre (47 %), à réserver un restaurant à l’extérieur de l’hôtel (45 %) ou au sein de l’établissement (44 %).

Graphique Fonctionnalites mobiles pour clients hotellerie

Les voyageurs veulent de la technologie dans les chambres

Plusieurs possibilités s’offrent aux hôteliers pour améliorer l’expérience du client dans les chambres :

  • Alors que 82 % des répondants utilisent le réseau WiFi, 33 % d’entre eux n’en sont pas satisfaits et 66 % souhaiteraient se connecter plus facilement.
  • La clientèle a un intérêt pour les outils technologiques qui permettent de contrôler la luminosité et la température de la chambre, soit avec une tablette fournie par l’établissement (32 %), avec un téléphone intelligent (27 %) ou par un système d’activation de la voix (25 %).
  • Près de 3 voyageurs sur 4 utilisent le dispositif de divertissement et 28 % affirment que cela contribue beaucoup ou extrêmement à la qualité de leur expérience globale. Environ le quart des répondants expriment un fort intérêt à pouvoir regarder des vidéos en direct sur leurs appareils personnels.

Individualiser plutôt que personnaliser l’offre

Pour offrir un service personnalisé, l’hôtelier doit connaître le profil et le comportement du client.

Mais les appareils mobiles peuvent s’avérer utiles pour individualiser le service sans posséder beaucoup de données sur le client

Or, tous ne sont pas nécessairement prêts à lui fournir toutes ces informations. Mais les appareils mobiles peuvent s’avérer utiles pour individualiser le service sans posséder beaucoup de données sur le client. L’hôtelier peut offrir des rabais dans des restaurants locaux (une demande de 60 % des voyageurs américains), avertir quand la chambre est propre (41 % des répondants le souhaitent) et laisser le client décider quand le ménage de la chambre doit être fait (35 % de la demande ; voir le graphique 4).

Graphique Preferences clients pour les fonctionnalites mobiles

La clientèle d’affaires souhaite plus de technologie

Les hôteliers devraient concentrer leurs investissements technologiques sur l’enregistrement et le départ en ligne, l’accès aux informations touristiques locales et l’ouverture des chambres avec un téléphone intelligent (voir le graphique 5). Cela s’applique avant tout aux établissements qui s’adressent aux voyageurs d’affaires puisque ce segment accorde une plus grande valeur aux technologies que la clientèle d’agrément. Par exemple, 65 % d’entre eux estiment qu’il est très ou extrêmement important d’investir dans un système d’enregistrement et de départ en ligne, comparativement à 48 % des voyageurs d’agrément.

Graphique Investir dans les technologies dans en hotellerie

Conseils pour les hôteliers

Ce sondage a permis de mettre en relief les attentes de la clientèle relatives aux technologies, et de fournir des pistes d’amélioration pour les hôteliers. Voici quelques conseils :

  • Donnez davantage de contrôle au client, que ce soit en le laissant choisir sa chambre ou en lui permettant de vous contacter à partir de votre application mobile.
  • Ajoutez des fonctionnalités à votre application mobile, telles que l’enregistrement en ligne et l’ouverture des chambres grâce à la technologie de communication sans contact (NFC).
  • Utilisez les nouvelles technologies pour individualiser l’offre.
  • Affirmez et consolidez votre rôle de conseiller de la destination. Le concierge doit créer des liens avec la clientèle afin de lui fournir des recommandations personnalisées.

Les hôteliers, tout comme l’ensemble des acteurs touristiques, doivent prendre en compte les technologies non seulement pour faciliter le travail des employés, mais aussi pour améliorer l’expérience du client. La technologie permet de rendre efficace chaque service offert par l’hôtel et de créer une expérience sur mesure, favorisant ainsi la fidélisation de la clientèle.

Quels seront vos prochains investissements technologiques ?

 

Source de l’image à la une : © Kaboompics

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Hébergement

La nouvelle génération d’hôtels lifestyle

L’innovation est au cœur du processus de création des hôtels de demain. Elle se poursuit dans la concrétisation de ces réflexions par l’élaboration de nouveaux concepts hôteliers ou par l’évolution de ceux qui existent. Les établissements lifestyle en sont un bel exemple; présents depuis déjà plusieurs années, ils s’apprêtent à bénéficier d’un vent d’innovation. Voici l’hôtel lifestyle de demain, selon trois groupes hôteliers.

 

M Beta : des espaces revampés et personnalisés

L’hôtel Marriott Charlotte City Center a été rénové en 2016 et baptisé le M Beta le temps de faire tester ses nouvelles installations par sa clientèle (détails dans la première partie de l’analyse : Comment l’hôtel de demain est-il pensé ?). Seize millions de dollars ont été investis pour actualiser le design des chambres et y ajouter des outils technologiques. La moitié d’entre elles n’ont plus de bureau ni de chaise, l’ameublement est à présent modulable, le client peut accéder à son compte Netflix ou Hulu à même la télévision et le service aux chambres est disponible à partir d’une tablette numérique. Un étage est consacré aux « chambres bien-être » qui disposent d’un appareil d’aromathérapie, d’un pommeau de douche antichlore, d’un éclairage s’ajustant à la lumière naturelle et d’une literie sans allergène.

La cuisine locale est à l’honneur au restaurant, le bar se convertit en salle de réunion durant la semaine et la configuration du café favorise les interactions (voir photo ci-dessous). Ce dernier loue gratuitement des espaces de travail et comporte une épicerie fine.

hotel Marriott Charlotte City Center

Source : Charlotte Business Journal

Une nouvelle boutique propose une sélection de vin, tant aux clients qu’aux résidents, et la salle de sport permet de visionner 600 programmes d’exercises diffusés sur un grand écran. L’enregistrement se fait grâce à l’application mobile de la marque, à l’aide des tablettes mises à disposition dans le nouveau lobby, ou avec un employé.

reception hotel Marriott Charlotte City Center

Source : Marriott

Aparthotel Adagio : place à la communauté et à la destination

Une étude menée auprès de la clientèle du groupe Aparthotel Adagio révèle que ses nouvelles attentes consistent en la recherche d’interactions, l’appropriation des lieux et la convivialité. Un concept de parcours client inédit a donc été testé dans l’un des établissements durant dix jours. L’objectif des dirigeants étant de transformer l’appart-hôtel en lieu de vie ancré dans la communauté, les nouvelles installations et animations ont été expérimentées par la clientèle et les résidents. Pour favoriser l’impression de se sentir « comme à la maison », les nouveautés comportaient notamment une cuisine à partager, une épicerie fine, une bibliothèque d’objets à disposition pour décorer l’appartement, des cours de cuisine et de sport, des tournois de babyfoot et des dégustations de vin.

Aparthotel Adagio teste un nouveau concept

Source : Aparthotels Adagio

D’autres établissements ont testé différents services comme la livraison de repas provenant de restaurants de quartier et gastronomiques, des dîners chez l’habitant, des visites en vélo ou en Segway et une application

Le groupe vise à mettre la destination de l’avant tout autant que l’hôtel

mobile permettant, entre autres, de mieux connaître la ville. Le groupe vise à mettre la destination de l’avant tout autant que l’hôtel. À la suite de ces tests, les services les plus performants seront déployés à l’ensemble du réseau.

JO&JOE : priorité aux interactions

En septembre 2016, AccorHotels a dévoilé sa nouvelle marque, JO&JOE, qui se veut un croisement entre l’auberge de jeunesse et la location d’appartements, sur fond d’innovation.

Dans ces futurs hôtels, le concept de lieu de vie et de partage sera au cœur de l’offre

Dans ces futurs hôtels, qui se qualifient d’« Open House », le concept de lieu de vie et de partage sera au cœur de l’offre. Ils s’adresseront particulièrement aux milléniaux, aussi bien voyageurs que résidents.

Les espaces communs inviteront aux échanges et à la détente. La réception n’existera plus et l’entrée se fera par le bar, des événements auront lieu à l’extérieur sur le « Playground » (terrain de jeu), la « Happy House » permettra de travailler ou d’utiliser la cuisine collaborative (voir l’image ci-dessous), et les grandes tables du restaurant inciteront aux rencontres.

JO&JOE AccorHotels

Source : AccorHotels

Différents concepts originaux de chambres seront proposés à un public cible, qu’il voyage en solo, en couple, en famille ou en groupe. Par exemple, les « Together » seront des espaces partagés et modulables, les « Yours » seront des chambres ou des appartements pouvant accueillir de deux à cinq personnes avec une salle de bain et parfois une cuisine (voir l’image ci-dessous). Enfin, les « OOO », pour Out of the Ordinary, seront des hébergements insolites tels que des yourtes, des hamacs et des caravanes, différents selon l’établissement.

chambre Yours JO&JOE AccorHotels

Source : AccorHotels

Enfin, une application a été conçue pour accompagner ces innovations. Elle sera communautaire et expérientielle en plus de permettre au voyageur de réserver son séjour. Celui-ci pourra organiser des événements, partager des recommandations de lieux, créer des groupes avec d’autres clients pour aller manger ou visiter ensemble, et échanger avec les employés.

Un portfolio de 50 établissements devrait être constitué et les premières ouvertures sont prévues en 2018. La marque est intégrée dans la nouvelle division lifestyle d’AccorHotel, comprenant les hôtels Mama Shelter et 25hours. En concevant ces auberges de jeunesse nouvelle génération, JO&JOE se positionne sur un créneau regroupant de nombreux nouveaux acteurs, et entre aussi en concurrence directe avec Airbnb.

Les lieux de vie rassembleurs et ancrés dans la communauté garantissent une expérience unique dans chaque hôtel. Ce virage local s’observe dans tous les secteurs touristiques et la tendance semble être là pour durer.

 

Source de l’image à la une : © Pexels.com