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Enjeux Tendances

Le monde en 2030

Le monde change et il change vite. Skierons-nous encore sur de la vraie neige? Cohabiterons-nous avec des robots? Vivrons-nous jusqu’à 125 ans? Restera-t-il du pétrole pour faire voler nos avions? Beaucoup plus de questions que de réponses donc et les hypothèses sur notre avenir sont aussi nombreuses que contradictoires. Difficile de s’y retrouver dans tout le discours des futurologues, mais amusons-nous à suivre quelques pistes de réflexion. Peut-être celles-ci auront-elles un effet inéluctable sur l’industrie touristique?

La population mondiale

Nous sommes près de 7 milliards de personnes en 2008 et nous serons plus de 8 milliards en 2030. Il faudra donner à manger et à boire à tout ce monde et combler ses besoins en énergie! Vivrons-nous une pénurie de ressources?

Cette croissance démographique proviendra de certaines régions du monde, dont l’Asie et l’Afrique. La déjà si populeuse Chine devrait être dépassée par l’Inde en 2030. En effet, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Inde sera le pays le plus peuplé du monde en 2030, soit cinq ans plus tôt que prévu lors des précédentes estimations. C’est la natalité nettement plus élevée dans le sous-continent qu’en Chine qui explique ce résultat.

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En plus de croître, la population change de profil. En 2006, environ une personne sur 13 avait plus de 65 ans. Cette proportion pourrait passer à une personne sur 8, soit 1 milliard de personnes en 2030. Et ces ratios sont beaucoup plus élevés dans les pays développés. Une forte immigration des pays moins développés vers les plus riches, l’aide robotisée ainsi que la technologie s’occuperont de cette cohorte vieillissante. Qui se prépare à recevoir une clientèle touristique du 3e et même du 4e âge?

Le réchauffement de la planète

Selon un rapport produit par le Benfield-UCL Hazard Research Center, intitulé Holiday 2030, la température globale devrait augmenter de un à deux degré d’ici 2030. Ce changement pourrait avoir des répercussions importantes sur les destinations touristiques. Certaines destinations soleil souffriront d’une chaleur trop extrême; l’Espagne en été par exemple. La hausse du niveau de l’eau contribuera à l’érosion des côtes. L’augmentation des risques d’ouragan, la dégradation des récifs coralliens sont quelques autres conséquences possibles.

Les destinations hivernales seront également touchées. Un récent slogan de la station Aspen au Colorado qui dit «La neige est une espèce en danger» annoncerait-il donc un réel déclin des sports d’hiver? Selon une étude prospective de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de stations de ski européennes devrait fondre. Au Québec aussi, la saison de ski sera plus courte et reposera de plus en plus sur l’enneigement artificiel (difficile à croire en date d’aujourd’hui!). Mais, dans un contexte d’économie des ressources, les canons à neige gourmands en eau et en énergie auront-ils libre jeu? Et quel sera le prix d’un billet de remontée?

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Lire aussi: Si le climat vous intéresse!

Les enjeux liés aux transports

Nous approchons du moment où le pétrole sera trop dispendieux pour une consommation massive comme maintenant. D’autant plus que, avec une hausse de la population et de la classe moyenne, les besoins énergétiques doubleront dans les 25 prochaines années, malgré une préoccupation grandissante pour l’environnement.

L’époque où la technologie automobile était au service de la vitesse et de la performance achève. Les efforts sont mis à développer des modes de propulsion innovants et bien moins polluants. L’hydrogène ou l’électricité? Les véhicules hybrides se répandent, mais la technologie a encore du chemin à parcourir en matière d’autonomie. En utilisant uniquement sa batterie électrique, la Prius de Toyota ne peut rouler que sur une distance de 2 kilomètres.

On comptait 24 millions de passagers aériens en 1950 et 2,1 milliards en 2006. L’Association internationale du transport aérien (IATA) en prédit 2,75 milliards en 2011… alors combien en 2030? Voici quelques réflexions sur les impacts de cette situation:

  • Le pétrole de plus en plus cher amène les recherches actuelles à réfléchir à des avions qui consommeraient moins et transporteraient encore plus d’individus. Airbus s’est engagé à réduire de 50 % les émissions de dioxyde de carbone de ses avions d’ici à 2020. On parle aussi «d’ailes volantes», c’est-à-dire des machines très plates et triangulaires qui accueilleraient des passagers dans leurs ailes. On fait également des essais pour remettre les dirigeables en service. Près de 80 ans après leur disparition, ils volent à nouveau en 3D sur les écrans d’ordinateur. Ils consommeraient quatre fois moins que les avions et sont envisagés dans le domaine du fret. Leur taille gigantesque demeure un handicap; il faut toujours un mètre cube d’hélium par kilo de charge.
  • Pour que l’essor se poursuive, il faudrait multiplier les aéroports et ce, dans un contexte où les enjeux environnementaux s’accentuent.
  • Comment éviter un encombrement du ciel? En poursuivant le passage des actuelles routes aériennes (marquées au sol par des phares électromagnétiques) vers des routes totalement virtuelles où les avions utilisent les satellites GPS.
  • La question du contrôle aérien demeure. Le système actuel est «humain», donc limité par le nombre d’avions qu’un contrôleur peut diriger à un moment donné. Le monde de l’aviation espère toujours créer des avions totalement indépendants, qui auraient à leur bord les instruments nécessaires pour leur permettre d’éviter les collisions.

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L’avenir du tourisme de masse

Selon une étude du Groupe Cendant, le simple forfait avion-plage ne sera plus au goût du jour en 2020. Les individus préféreront les voyages excitants, ludiques, riches en expériences et en découvertes culturelles. L’industrie touristique devra relever le défi de conjuguer tourisme de masse et authenticité. Il y a cependant un décalage entre les attentes des voyageurs des pays émergents et celles des pays qui ont de l’expérience en matière de voyage. Les exigences des Chinois et des Indiens, par exemple, sont celles d’un Européen des années 1970 ou d’un Japonais d’il y a 10 ans.

La famille nouvelle

Les trente dernières années ont vu la famille se métamorphoser drastiquement. Les tendances actuelles – les différents modes de cohabitation, un nombre élevé de divorces, des naissances hors mariage et des parents célibataires – seront encore plus prononcées en 2020. Les chercheurs s’entendent pour dire que nous pourrons très difficilement parler de «familles typiques» et que ce concept fera place à des familles de tous types et de toutes tailles. De plus, avec la combinaison des dettes étudiantes et de l’augmentation du coût des propriétés, les enfants resteront avec leurs parents plus longtemps!

L’offre touristique devra donc être créative et flexible pour répondre aux intérêts de toute la famille, des grands-parents aux petits-enfants. Chacun aura ses intérêts particuliers, mais ils devront aussi pouvoir se retrouver tous ensemble.

Cependant, tous ne vivront pas en famille, aussi éclatée soit-elle, et la société de demain comptera encore plus de célibataires et de personnes seules. Il faudra leur permettre de se joindre à des groupes qui ont les mêmes centres d’intérêt qu’eux.

Et ce n’est pas tout!

La société comporte combien d’autres facettes qui seront différentes demain. Pensons à la révolution médicale, déjà bien entamée, qui devrait prolonger notre espérance de vie et nous permettre encore plus simplement de subir des retouches esthétiques. Imaginons un monde ou l’Internet sans fil est omniprésent et permet des formules de travail ultra-flexibles, mais aussi une surveillance technologique et un partage de l’information personnelle à grande échelle. Réfléchissons à la présence de robots dans tous les aspects de notre vie quotidienne; cette vision futuriste est certes à nos portes. Spéculons sur l’avenir des grandes villes, toujours plus audacieuses… Mais, surtout, soyons à l’affût de ce qui nous attend, préparons-nous et essayons de préserver ce monde aux mille facettes, qui offre tant à découvrir.

Sources:

– Dugain, Marc. «Le futur, enfin! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, 2007.
– Ihaddadène, Luc. «Vous pensiez aller au ski en 2050? – Vivre en 2020», Le Monde hors série, mars 2007.
– Lauer, Stéphane. «Auto: Adieu la frime – Vivre en 2020», Le Monde hors série, octobre 2006.
– Garot, Jean-Marc. Entrevue «La Planète en overbooking – Vivre en 2020», Le Monde hors série, novembre 2005.
– Hopquin, Benoit. «Revoilà le dirigeable! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, avril 2007.
– Agence France-Presse. «Le tourisme a encore de beaux jours devant lui jusqu’en 2030», Journal de Montréal, 1er décembre 2007.
– Robertet, Éric. Entrevue «Tourisme – En 2020, « bronzer idiot » ne suffira plus», [LCI.fr], 31 mars 2008.
– Hammond, Ray. «The World in 2030», Plastics Europe, novembre 2007.
– Guardian Special. «The World in 2020», [www.guardian.co.uk], 2004.
– McGuire, Bill, Benfield-UCL Hazard Research Centre. Holiday 2030, Halifax Travel Insurance, 2006.

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Marketing Technologies

Blogues: petit cours pour néophytes

Blogue par ci, blogue par là! Vous comprenez qu’il peut s’agir d’une stratégie d’entreprise intéressante, mais vous en êtes encore à vous demander ce que ça mange en hiver. Si, pour des raisons de coûts ou de complexité, vous hésitez à déployer des efforts plus importants qui vous donneraient une meilleure visibilité sur le Web, les blogues peuvent apporter une réponse à ces freins. Voici quelques conseils sur la marche à suivre.

Avant d’entrer dans le «comment», regardons rapidement le «pourquoi»

  • Les blogues sont mieux référencés par les moteurs de recherche tels que Google, MSN ou Yahoo que les sites Internet classiques. D’abord, ces moteurs favorisent les sites qui présentent un contenu récent et renouvelé et ceux qui utilisent largement les hyperliens, ce qui est souvent le cas des blogues. Également, ils ont un préjugé favorable envers tout site créé à partir d’une plateforme blogue.
  • Un blogue peut vous permettre d’entrer en communication avec vos clients et partenaires et, ainsi, de connaître leurs besoins, leurs suggestions et même leurs critiques, ce qui vous aidera à améliorer votre offre.
  • En augmentant votre visibilité, il peut générer du trafic sur votre site Internet, donc des ventes.
  • Créer un blogue coûte très peu et s’avère vraiment simple d’utilisation, grâce à des outils clés en main. Il est possible de commencer un blogue en quelques minutes, et ce, gratuitement. Mais il s’avère parfois judicieux d’investir dans la création d’un design plus sophistiqué. Canalblog.com, blogger.com, typepad.com ou wordpress offrent des solutions simples.
  • Un blogue peut être intéressant et utile pour tout type d’entreprise: auberge (www.maisonbeaurevoir.blogspot.com), restaurant, secteur d’activités (www.experienceskiquebec.wordpress.com), destination touristique, etc.

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www.hellobc.com/en-CA/HelloBCBlogs/BritishColumbia.htm

Quelques conseils techniques

Après le choix d’une plateforme, vous passerez à la réalisation de votre design. Évitez de surcharger le visuel et créez une interface claire et épurée. Ensuite, ça y est, vous pouvez commencer.

  • Choisissez un nom de domaine explicite qui n’est pas nécessairement votre raison sociale. Annoncez clairement les sujets sur lesquels vous écrirez afin que vos lecteurs sachent immédiatement à quoi s’attendre.
  • Identifiez les catégories de vos billets (textes) et classifiez-les.
  • Choisissez des titres accrocheurs.
  • Assurez-vous de publier régulièrement des billets.
  • Enrichissez vos textes avec des images, des vidéos, des interviews. Les éditeurs de plateformes blogues offrent ces fonctionnalités ainsi que des options de base pour la mise en forme du texte (format, couleur, lien hypertexte).
  • Invitez vos amis, relations professionnelles, clients, fournisseurs à réagir à vos billets.
  • Gardez toujours à l’esprit les attentes de vos lecteurs!
  • Une suggestion: faites un essai anonymement sur une plateforme gratuite pendant quelque temps pour vous familiariser avec la technologie et développer votre style de rédaction. Écrivez à propos d’un sujet simple qui vous allume.

Quelques conseils en matière de rédaction

  • Soyez vous-même! Créez un bloque utile et, surtout, sur un sujet qui vous passionne. Comme le disait Michel Leblanc dans le livre Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires, «… quand vous aimez ce que vous faites, vous pouvez en parler pendant des heures. L’important n’est pas de parler à la terre entière mais de parler à vos clients. Si vous parlez de leurs besoins, ils viendront à vous.»
  • Soyez divertissant! Souvent, un mélange de billets d’actualité locale et d’informations mettant en valeur les activités de votre région s’avère une bonne formule. Vous pouvez diffuser des messages publicitaires, mais en toute discrétion! Et gardez un ton léger; il ne s’agit pas de publications officielles et vos lecteurs ne vous lisent pas par obligation. Néanmoins, il est possible d’inclure une description de vos services, un lien vers votre site pour les réservations ou même un module de demande de réservation en ligne à même votre interface blogue. Voir l’exemple de Barclay House:

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www.barclayhouse.com/blog/

    • Ayez une opinion sur ce que vous écrivez. Votre blogue n’est pas votre site Internet et se veut plus un outil de communication et d’échanges qu’un outil de vente. Le fait de vous positionner sur certains sujets rendra la lecture beaucoup plus personnelle et intéressante.
    • Écrivez régulièrement, c’est-à-dire environ une fois par semaine. Les lecteurs de blogues sont des gens assidus et vous devez les satisfaire. Eh oui, bloguer représente du travail!
    • Invitez vos employés à écrire aussi dans votre blogue; ils peuvent être une source de contenu particulièrement intéressante. Il est néanmoins judicieux d’approuver les écrits avant leur publication. Invitez aussi d’autres auteurs à venir publier sur votre site afin d’avoir une banque de sujets et de maintenir la cadence de publication. N’oubliez pas de référencer ceux que vous citerez!
    • N’ayez pas peur des commentaires. La communication avec les lecteurs transige par la fonction «commentaires» d’un blogue, d’où son importance. Encouragez-les et assurez-vous de répondre à ceux qui se donneront la peine d’entamer la conversation, positive ou négative. Vous pouvez, bien sûr, bloquer les commentaires du type «spam», mais les opinions négatives devraient plutôt être vues comme des occasions pour vous de répondre à l’insatisfait et d’augmenter vos chances d’inverser la vapeur.
    • Votre blogue peut générer un flux RSS (lire aussi: Les fils RSS: tout le monde en parle, personne ne les connaît!), facilitant ainsi le suivi de vos écrits par vos lecteurs. De plus, vous pouvez enrichir le contenu de votre blogue en y intégrant le flux RSS d’un site externe (exemples: météo de votre localité, nouvelles touristiques, site d’un partenaire, site de fans des activités que vous offrez et, pourquoi pas, sites de vos clients).

 

Voici les exemples du récent blogue du Spa Eastman, ainsi que de l’appétissant blogue d’Éric Gonzalez, du restaurant XO de l’Hôtel St-James:

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www.spa-blogue.ca

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www.amabilia.com/blogs/egonzalez/

Ne sous-estimez pas les défis

Bloguer représente tout de même quelques défis. D’abord, plusieurs feront face à la difficulté de générer un contenu intéressant pour une communauté d’utilisateurs sur une base régulière. Considérez le temps qui devra y être consacré. De plus, cette présence médiatique, comme toute autre, demandera une promotion appropriée. Ne négligez pas non plus la gestion des commentaires, tant positifs que négatifs. Enfin, n’oubliez pas de suivre l’achalandage sur votre site grâce à des outils tels que Google Analytics. Ces outils gratuits vous apporteront de l’information très pertinente sur les statistiques de lecture, les sujets les plus populaires, l’origine de vos lecteurs, etc.

Partez le bal!

Les blogues aident à vendre parce qu’ils apportent une visibilité, sans que ce soit une publicité directe. Ils se rapprochent plutôt du bouche-à-oreille, dans la même veine que les sites de recommandations de clients comme Tripadvisor. La technologie n’a donc pas changé radicalement le processus d’achat, elle ne fait qu’amplifier le phénomène toujours aussi puissant du bouche-à-oreille.

En mars 2008, Technorati (site de veille de l’actualité sur Internet) suivait déjà 112,8 millions de blogues et il s’en crée un grand nombre chaque jour. Mais combien d’entreprises touristiques québécoises ou canadiennes? Très peu… La place est à vous!

Vous avez un blogue d’entreprise? Faites-le-nous connaître dans notre section «commentaires»!

Lire aussi:

Destinations 2.0: top tendance!
Musées 2.0: à l’ère de la participation, quelle place fait-on au public?

Sources:

– Bernard, Claude. «Interview of Karin Schmollegruber from Passion PR and Blog FastenYourSeatbelts.at», Tips from the T-List, 2007.
– Leblanc, Michel. «Bloguer pour vendre», Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires, 2007, [www.michelleblanc.com].
– Morand, Jean-Claude. «Les blogs touristiques», Cyber Strat, novembre 2007.
– Schmallegger, Doris et Dean Carson. «Blogs in Tourism: Changing Approaches to Information Exchange», Journal of Vacation Marketing, vol. 14, no 2, mars 2008.
– Siew Hoon, Yeoh. «What Are the Rules of Blogging?», Tips from the T-List, 2007.
– W. Mack, E. Rhonda, Julia Blose et Bing Pan. «Believe it or Not: Credibility of Blogs in Tourism», Journal of Vacation Marketing, vol. 14, no 2, mars 2008.

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Marketing Tendances

Free, comme dans gratuit!

C’est tendance. C’est la mode. Et pour Chris Anderson, spécialiste marketing et auteur d’’un article intitulé «The Long Tail», c’est même le futur du commerce. On observe en effet une croissance continue des produits et services distribués gratuitement; des billets d’avion aux couches, en passant par la musique. Tactique éprouvée pour attirer l’attention sur-stimulée des consommateurs, de nombreuses entreprises, dont plusieurs en tourisme, ont déjà mis en pratique la stratégie du «gratuit» et les consommateurs y ont plongé. Les attentes existent donc. Laissez-vous inspirer par nos exemples…

D’où vient cette tendance?

  • Les entreprises se font la guerre pour attirer l’attention du client.
  • Internet permet de créer, de copier et de distribuer tout ce qui est numérique à très peu de frais.
  • La diminution drastique des coûts de fabrication de nombreux produits en facilite la distribution gratuite. Par exemple, le prix des téléviseurs a baissé en moyenne de 9% à chaque année depuis 1998 et il est maintenant possible de se procurer un T-shirt pour le même prix qu’un café.
  • L’avalanche de contenus créés par les internautes, dont le meilleur exemple est certes Wikipedia. Mais pensons aux milliards de mégabits de contenus provenant des blogues, des vidéos, des photos, etc.
  • L’accroissement des attentes des consommateurs à obtenir des biens ou des services gratuits, en ligne et hors ligne.

De la publicité pour l’annonceur et l’annoncé

La tendance free se manifeste le plus visiblement chez les entreprises qui offrent des biens ou des services gratuitement. Celles-ci tirent leur profit soit de la publicité que cela leur procure, soit des commandites. Voici quelques exemples:

  • Journaux – Les sites d’informations gratuits pullulent depuis longtemps, mais voilà que les quotidiens papiers se rendent disponibles gratuitement, sur le Web ou en format papier. Métro, leader du marché des quotidiens papiers, distribue 8 millions de copies par jour. Au total, au moins 70 millions de personnes lisent les journaux gratuits chaque jour.
  • Télécommunications – Les produits ou services gratuits ne se comptent plus. Obtenir un téléphone cellulaire gratuitement à la signature d’un contrat est une stratégie éprouvée. Qui donc paiera pour les appels avec l’essor des Skype (téléphonie par Internet gratuite) de ce monde? Autre apparition récente, les connexions Internet sans fil gratuites et commanditées. Metrofi a des ententes avec plusieurs villes américaines et WIGO offre un accès Internet gratuit dans les restaurants, les cafés et les aires commerciales de Manille, aux Philippines. Les 7000 Starbucks des États-Unis offrent deux heures de connexion gratuite par jour à leurs clients. À Montréal, l’organisme Île sans fil travaille avec des cafés, des magasins, des organisations communautaires et des individus pour fournir un accès Internet gratuit dans le plus d’endroits publics possible. Il s’agit en outre d’un outil marketing pour les commerces participants.
  • Compagnies aériennes low cost – En mars 2007, Ryanair faisait la promotion suivante: un million de sièges gratuits (100% gratuit, sans taxe ni frais supplémentaires). Ils ont reçu 4 millions de visiteurs en 5 heures. Ryanair offre maintenant des vols gratuits à 25% de ses clients. En contrepartie, l’entreprise retire d’importants revenus de la publicité (sur les tablettes des passagers, au dos des sièges, jusqu’à la possibilité d’annoncer sur tout l’extérieur des avions, qui deviennent de véritables panneaux d’affichages. Air Asia, Spirit, SkyBus et Wizz Air sont d’autres transporteurs qui offrent sporadiquement des sièges gratuits ou à des prix dérisoires.

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    La visibilité et les revenus de commandites sont des avantages clairs, mais mentionnons également tous les revenus provenant de la vente de produits ou de services complémentaires. Les compagnies aériennes low cost ou ultra low cost l’ont bien intégré: location de voiture, réservation d’hôtel, assurances voyages, échange de devises étrangères, communications téléphoniques en vol, nourriture et boissons, frais pour bagages additionnels ou pour embarquement prioritaire. En 2007, Ryanair a généré 221 millions de livres sterling en revenus dérivés. (Les voyagistes en direct, le mouvement s’accélère).

  • Location de voiture – LaudaMotion permet aux consommateurs autrichiens et allemands de louer une voiture (affichant de la publicité) pendant trois jours pour un euro par jour. Afin de favoriser la visibilité, les conducteurs doivent rouler un minimum de 30 kilomètres par jour. À Paris, Voiturelib met à la disposition des membres inscrits 2000 voitures électriques, disponibles à divers endroits dans la ville. Communauto, au Québec, exploite un concept semblable, mais ces deux services, quoique peu dispendieux, ne sont pas gratuits. Le deviendraient-ils s’ils ouvraient la porte aux annonceurs?
  • Photos – Vos photos imprimées et même livrées chez vous gratuitement en échange d’une bande publicitaire au bas de celles-ci? Telle est l’offre de l’entreprise française MesPhotosOffertes.
  • Guide de voyage – On trouve depuis longtemps des guides de voyage gratuits, surtout pour les grandes métropoles, qui sont en fait une vitrine publicitaire pour les commerçants. Mais Boomerang Media publie maintenant des guides de voyage plus détaillés qui sont distribués gratuitement sur les vols vers la destination concernée. Lonely Planet et Michelin expérimenteront-ils cette stratégie?

L’essayer c’est l’adopter

Le principe de l’échantillon gratuit a débuté en 1903 lorsque King Gillette inventa le rasoir jetable et en distribua à très bas prix à un large public, dont les soldats de l’armée, ainsi qu’aux banques, afin qu’elles en offrent à leurs clients lors de l’ouverture d’un compte. Petit à petit, il créa une demande pour ses rasoirs.

Les lieux d’accueil touristique sont souvent des endroits où les individus sont plus ou moins captifs et sont susceptibles d’avoir le temps d’essayer un nouveau produit. Voici quelques exemples plus actuels:

  • 3000 systèmes de jeux éducatifs électroniques ont été mis à la disposition des clients de la chaîne hôtelière Windham afin qu’ils puissent les essayer pendant leur séjour.
  • Westin Hotel and Resort a placé ses oreillers et ses couettes de duvet dans les sections affaires et première classe des avions de United Airlines l’été passé. Au cours de l’année, la chaîne hôtelière ouvrira des salons avec musique, parfums apaisants et services spas dans les aéroports de New York JFK et de San Francisco.
  • Des bagels et du fromage à la crème Philadelphia sont offerts gratuitement à 500 000 passagers sur les vols de JetBlue.
  • Samsung compte plusieurs salons dans des aéroports (Dallas, JFK, Séoul) offrant fauteuils de cuir, stations de travail, prises de téléphone cellulaire et accès Internet.
  • BrandConnections est une entreprise qui distribue 200 millions d’échantillons de produits dans un réseau de 5000 sites, dont les navires de croisières, les resorts, les spas et les gîtes.
  • Au Simple Lab à Tokyo, ouvert en juillet 2007, les clients peuvent essayer une multitude de produits gratuits et repartir avec cinq articles. Ils doivent répondre à un court sondage sur leur satisfaction par rapport au produit.
  • En décembre dernier, Charmin a ouvert une grande toilette publique en plein cœur de Time Square où les passants pouvaient tester un éventail de leurs produits.
  • La chaîne hôtelière Le Méridien a mis sur pied le programme «Unlock Art» qui permet à ses clients de visiter les institutions culturelles en présentant leur clé magnétique. Austrian Airlines propose une formule semblable où la carte d’embarquement permet d’entrer dans les lieux culturels de Vienne.

Envisagez…

Inévitablement, on observera une tendance constante vers l’innovation, les nouveaux concepts et stratégies marketing. Le principe du «gratuit» étant maintenant possible pour de nombreuses entreprises et considérant qu’il y a dorénavant une attente des consommateurs, envisagez de suivre la tendance et posez-vous les questions suivantes:

  • Lesquels parmi vos produits ou services pourraient éventuellement faire l’objet d’une stratégie marketing axée sur la «gratuité»?
  • Y a-t-il un secteur où vous pourriez changer les règles du jeu et devenir le premier à expérimenter le «gratuit»?
  • Quels produits ou services commandités pourriez-vous introduire dans votre offre?

Sources:
– TrendWatching. «Free Love», [www.trendwatching.com], février 2008.
– Anderson, Chris. «Free! Why $0.00 Is the Future of Business», Wired Magazine, 25 février 2008.

Sites Web:
www.communauto.com
www.ilesansfil.org

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Technologies Transport

Prendre l’avion: un acte en libre-service

Voyager par avion s’intensifie, se complexifie et se simplifie en même temps. Parce que les mesures de sécurité se sont accrues, parce que les compagnies aériennes vivent des défis, notamment en raison du prix de l’essence, parce que la compétition pour rejoindre des clients est encore plus féroce avec les fusions et l’arrivée des low costs, parce que le voyageur souhaite avoir un meilleur contrôle sur ses déplacements. Pour ces raisons et bien d’autres, les possibilités qu’apportent les nouvelles technologies sont prises d’assaut par l’industrie aérienne. Voici où en sont les innovations relatives à l’enregistrement des passagers.

Les voyageurs aériens souhaitent davantage de prestations en libre-service

Selon un sondage de l’Association du transport aérien international (IATA) auprès de 10 000 voyageurs fréquents, non seulement les passagers accueillent positivement les options technologiques qui s’offrent actuellement à eux, mais, en outre, ils souhaitent plus de prestations libre-service. Voici quelques conclusions de l’étude:

  • 89% des voyageurs préfèrent le billet électronique au billet papier;
  • 56% ont déjà essayé l’enregistrement sur Internet (43% en 2006);
  • 69% ont utilisé des bornes d’enregistrement libre-service;
  • 82% apprécient la possibilité de choisir ou de changer son siège en ligne ou de changer sa réservation en ligne (55%).

En fait, peu importe leur région d’origine, les voyageurs fréquents encouragent les compagnies aériennes à offrir des prestations libre-service (graphique 1).

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Le graphique suivant présente les prestations libre-service que les voyageurs prévoient utiliser plus souvent.
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En réponse au désir des consommateurs, l’IATA supporte différents projets d’options libre-service permettant au passager de gérer rapidement et efficacement la plupart des aspects liés aux processus d’arrivées et de départs aériens. D’ailleurs, 100% des billets seront électroniques d’ici mai 2008 (actuellement 89% le sont dans le monde et 96% aux États-Unis).

Borne d’enregistrement libre-service

Il existe deux types de bornes d’enregistrement, soit celles qui appartiennent à une compagnie aérienne et celles à usage commun (Commun-Use Self-Service – CUSS). Elles permettent aux voyageurs de s’enregistrer plus rapidement et à distance (stationnement d’aéroport, stations de train et même hôtel!), réduisant ainsi la congestion à l’aéroport. Les économies d’échelle et la réduction de main-d’œuvre sont d’évidentes conséquences pour les transporteurs. Les bornes d’enregistrement à usage commun conviennent mieux aux terminaux qui ne sont pas dominés par une compagnie aérienne. Elles sont répandues en Europe, en Asie et au Canada et prennent de plus en plus de place aux États-Unis. On retrouve cette technologie dans 85 aéroports et 30 autres se sont engagés à l’intégrer d’ici la fin de 2008.

L’enregistrement par téléphone cellulaire

Il y a quelques mois, l’IATA a également établi les normes qui permettent aux compagnies aériennes d’offrir aux passagers de compléter leur enregistrement par cellulaire ainsi que de choisir les options relatives à l’embarquement. D’ici deux ans, 76% des transporteurs prévoient offrir cette possibilité.

Carte d’embarquement à code barre

Ce type de carte d’embarquement, dont le code barre rencontre les normes de l’IATA, remplace les cartes à bandes magnétiques. L’information concernant les vols à multiples segments peut être consignée sur une même carte. Cette technologie permet aux voyageurs d’imprimer leur carte d’embarquement de n’importe où et même de l’afficher sur un téléphone cellulaire – aucun papier n’est ainsi nécessaire. Cela réduit évidemment les coûts pour les entreprises, tant en termes d’équipement (les appareils à encodage magnétique coûtent environ 5000$) qu’en personnel nécessaire pour faciliter l’enregistrement. En février 2008, 106 compagnies aériennes utilisaient ce système.

Traitement des bagages et autres initiatives

De plus en plus d’aéroports installent des services d’enregistrement automatique des bagages selon les normes de l’IATA. Les appareils impriment les étiquettes, pèsent les bagages et les acheminent.

D’autres initiatives sont en développement dans le but d’accélérer le processus, telles que l’embarquement automatique (vérification automatisée de la carte d’embarquement et du passeport sans agent à la porte), le traitement plus efficace des opérations irrégulières, la vérification des documents officiels (passeport) en libre-service et l’identification des bagages avec étiquettes RFID (lire: Le RFID suit à la trace bagages, voyageurs, congressistes et taxis). Bref, puisqu’il y a une demande de la clientèle et des avantages pour les aéroports et les transporteurs, les progrès technologiques suivent.

Et les applications pleuvent

Pour le nouveau terminal de British Airways à Heathrow, dont l’ouverture est prévue en mars, on prédit que 80% des voyageurs s’enregistrent en ligne ou à l’une des 100 bornes automatisées. La majorité utilisera également l’un des 90 lieux de«dépôt rapide» des bagages. L’aéroport d’Anchorage en Alaska teste depuis 2004 plusieurs prestations libre-service et on estime que l’attente des passagers est réduite de moitié. L’imposant Seattle-Tacoma met en place un projet appelé «l’aéroport du futur» qui inclut ces nouveaux services. Mentionnons également Amsterdam Schiphol qui tente d’intégrer les nouvelles méthodes d’enregistrement aux procédures complexes de vérification du passeport ainsi que Singapore où un système de bornes d’enregistrement de 16 millions de dollars est actuellement en fonction.

Les 700 millions CAD investis à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau ont amené de nombreuses améliorations, dont les bornes d’enregistrement Aérocheck. Depuis près de un an il existe également un service d’information sur les vols par messagerie texte.

Mais où est le contact humain dans tout ça pensez-vous?

Il est tout près (du moins, il se doit primordialement de l’être). Tous ces services sans personnel risquent de devenir une lame à double tranchant. Non seulement plusieurs voyageurs préfèreront toujours transiger avec un agent, mais même les plus technologiquement aguerris auront besoin d’un support à un moment ou à un autre. Tous s’entendent pour dire qu’un outil de libre-service qui fonctionne correctement est pratique et rapide, mais que c’est particulièrement frustrant lorsque ce n’est pas le cas. Si les objectifs de ces innovations demeurent de répondre aux désirs des voyageurs et de leur donner satisfaction, le service «humain» se doit d’être tout près, pour parer à toute éventualité.

Lire aussi :
Les compagnies aériennes ont recours aux nouvelles technologies pour réduire les coûts d’exploitation
Le RFID suit à la trace bagages, voyageurs, congressistes et taxis

Sources:

– Baker, Colin. «Checking In», Airline Business, juillet 2007.
– Concil, Anthony. «IATA: Les passagers des compagnies aériennes réclament plus de prestations en libre-service», Aérocontact, 20 novembre 2007.
– Field, David. «Remote Control», Airline Business, janvier 2008.
– Hotel News Resource. «IATA Creates Standards Mobile-Phone Checkin Code», [http://www.hotelnewsresource.com], 16 octobre 2007.
– IATA. «Commun-Use Self-Service (CUSS) Kiosks», «Bar Code Boarding Passes» et «100% Electronic Ticketing Deadline Extension to 31 May 2008», Fact Sheet, mises à jour, [www.iata.org], février 2008.
– IATA. «Corporate Air Travel Survey 2008».
– Wethe, David. «Record Airport Crowds Fuel Demand for Self-Serve Kiosks», Fort Worth Star-Telegram, 24 octobre 2007.
– Yu, Roger. «Some Kiosks Now Serve Multiple Airlines», USA Today, 10 octobre 2007.

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Technologies Transport

C’est beau la techno!

Le géant Google et Gilbarco Veeder-Root (entreprise manufacturière de pompes à essence) s’associent et planifient l’intégration du service de cartographie sur 3500 pompes à essence aux États-Unis. L’écran pourra afficher le parcours vers la destination demandée par l’automobiliste, les attraits locaux, les hôtels, les restaurants et les hôpitaux. Il sera même possible d’imprimer les itinéraires.

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Apparemment sans publicité, le papier d’impression comportera tout de même des bons de réduction. Si les commerces environnants doivent payer pour y être inclus, la recherche peut s’avérer biaisée. Cela dit, c’est brillant non?

Source:
– Ricker, Thomas. «Google Gas Pumps: The Savior of Lost Men», [www.engaget.com], 7 novembre 2007.

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Segments de clientèles Tendances

Oui, je le veux! Tendances dans le marché des lunes de miel

Il s’agit souvent du voyage le plus important d’une vie. Pas nécessaire d’en dire plus pour comprendre que les amoureux souhaitent vivre une expérience mémorable. Les lunes de miel ont cependant évolué depuis quelques années et s’adaptent au profil des nouveaux mariés: la génération Y. Leurs intérêts sont plus diversifiés que jamais, mais certaines tendances ressortent: aventure, exotisme, variété, romantisme.

Quelques statistiques sur les mariages et les lunes de miel

On le sait, depuis plusieurs années, de plus en plus de Canadiens – les jeunes surtout, mais non exclusivement – délaissent le mariage au profit d’un autre type d’union. Selon Statistique Canada, le pourcentage des familles constituées d’un couple marié par rapport à l’ensemble des familles recensées a chuté à un niveau record de 68,6 % au Canada et à 54,5% au Québec en 2007.

Cela dit, 21 900 mariages ont été célébrés au Québec en 2006 et 149 792 au Canada, soit des taux de nuptialité respectifs de 2,8 et de 4,7 mariages par 1000 habitants. Chez nos voisins du Sud, plus conservateurs, une moyenne de 2,4 millions de couples unissent leur destinée chaque année. En fait, 88% des Américains se marient au moins une fois dans leur vie.

Selon un sondage du magazine Mariages Québec, 62% des mariages ont lieu durant l’été et 60% comportent une cérémonie religieuse. Parmi les nouveaux mariés qui planifient une lune de miel, 74% iront ailleurs qu’au Canada.

Voici quelques statistiques concernant les mariages et les voyages de noces aux États-Unis:

  • Parmi les couples qui se marient traditionnellement, 99% partent en lune de miel.
  • Ils dépensent en moyenne 3700 $ par couple pour le voyage de noces, soit trois fois plus que la moyenne des dépenses en voyage de la population américaine.Les budgets varient: 20% disposeraient de 500$ par personne, comprenant l’avion et l’hôtel, mais 30% iraient jusqu’à 3000$ par personne.
  • La durée moyenne de séjour est de huit jours et 85% n’excèdent pas deux semaines.
  • 37% des Américains font des voyages dans leur pays, alors que 63% en sortent.
  • Les mariages et les lunes de miel se font à toutes les périodes de l’année, quoique l’été soit la plus populaire (par ordre d’importance: juin, août, mai, juillet et septembre).
  • Seulement un homme sur trois aide sa future épouse à organiser le voyage.

La génération Y est en âge de se marier

L’âge moyen des fiancés au Québec est de 29 ans, ce qui correspond à ceux du reste du Canada et des États-Unis. Les individus de la génération Y, nés entre 1978 et 1989, atteignent maintenant cet âge et apportent leurs valeurs à la tradition. Ils sont prêts pour des expériences différentes et désirent aller plus loin, tant en ce qui concerne la destination que les activités. Ces couples qui recherchent de façons inédites de célébrer leur union créent de nouvelles tendances pour l’industrie des voyages de noces. En voici quelques-unes.

Voyages d’aventure pour commencer la grande aventure

L’arrivée massive de la génération Y parmi les nouveaux mariés amène un souffle d’aventure. Ce type de voyage prend petit à petit le dessus sur les autres. Les amoureux recherchent une expérience unique, où ils seront actifs et où ils pratiqueront des activités d’aventure et de plein air. De l’insolite, de l’authentique, des émotions fortes, les amants sont de plus en plus audacieux. Certains seront attirés par des expériences extrêmes, allant du safari en Alaska au kayak de mer au Mexique, mais la plupart préféreront l’aventure douce et les écolodges (où ils auront un toit au-dessus de leur tête et une douche chaude à la fin de la journée). Pour comprendre l’intérêt envers les voyages d’aventure, il suffit de jeter un coup d’œil aux destinations de lune de miel proposées par diverses agences: Pérou, Tanzanie, Madagascar, Mexique, Kenya, Costa Rica, Indonésie, Thaïlande, Malaisie ou Afrique du Sud.

Les forfaits «voyage de noces» de l’agence réceptive Authentik Canada reflètent aussi cette tendance avec ses nombreuses activités de plein air et d’aventure. Et saviez-vous qu’Air Inuit offre une réduction aux jeunes mariés?

Se dire oui les pieds dans le sable

Se marier en voyage – et ainsi combiner la lune de miel – est une pratique de plus en plus répandue. Plusieurs resorts l’ont bien compris et ces voyages représentent une grande part de leur clientèle estivale. Les avantages sont nombreux, en commençant par le fait que les resorts organisent entièrement la cérémonie.

Aux États-Unis, 16% des mariages se font à l’occasion d’un voyage (une augmentation de 400% en 10 ans). Souvent, cela convient bien pour un deuxième mariage où les époux ne souhaitent pas organiser une cérémonie à grand déploiement. La principale destination est le Sud et ses plages, mais les croisières gagnent de plus en plus en popularité (10% des nouveaux mariés).

Urbanité et culture

L’âge moyen des mariés aux États-Unis étant de 29 ans (tout comme au Canada), cela signifie que de plus en plus d’individus se marient plus tard qu’il y a quelques années. Il en résulte une tendance à délaisser légèrement les traditionnelles destinations du Sud au profit de certaines grandes villes qui offrent le cadre romantique recherché, les restaurants haut de gamme et la vie culturelle. À chacun son style: Las Vegas est très populaire, d’autres choisissent Orlando et Disneyland ou encore New York. L’Europe rejoint ceux que la culture et la découverte des Vieux-Pays intéressent, Paris, Rome ou Londres étant des classiques. La force de l’Euro par rapport à plusieurs devises amène aussi à lorgner du côté de l’Europe de l’Est, vers des pays qui ne font pas partie de l’Union européenne. Nos grandes villes québécoises s’insèrent parfaitement dans cette tendance, Montréal et Québec ayant toutes deux leur charme particulier; la dernière a d’ailleurs dédié une campagne publicitaire aux mariages et aux voyages de noces «Oui, je le veux».

Inégalables plages du Sud

Les forfaits tout inclus de la Caraïbe et du Mexique occupent une place très importante depuis plusieurs années déjà et ces endroits demeurent les principales destinations des tourtereaux. La clientèle des voyages de noces compte pour environ 25% de l’achalandage des Superclubs pendant l’été. La chaîne de tout inclus Sandals se spécialise dans les voyages en couple. Les enfants ne sont d’ailleurs pas admis (leur filiale voisine, Beaches, s’adresse spécifiquement aux familles). Pour fidéliser leur précieuse clientèle, ils ont par ailleurs développé une offre spéciale où les couples s’étant mariés dans un de leurs établissements peuvent ensuite bénéficier d’une nuit gratuite à chaque anniversaire de mariage dans un resort de leur réseau, et recréer ainsi la magie de leur lune de miel.

Une lune de miel canadienne?

Pour les Américains, le Canada représente une destination facile d’accès avec une offre variée, dont la romantique ville de Québec, les centres de villégiature situés dans des cadres enchanteurs, sans oublier les auberges de charme. Par exemple L’Auberge Ripplecove & Spa dans les Cantons-de-l’Est fait partie, selon le Hideaways International & Hideaways Aficionado Club, des sept escapades les plus sexy et romantiques au monde. La capitale canadienne des lunes de miel, Niagara Falls, jouit d’une tradition plus que centenaire et attire encore 50 000 nouveaux mariés chaque année.

Enfin, si vous visez ce marché, ne vous cantonnez pas uniquement aux lunes de miel, mais pensez aussi aux voyages pour célébrer les anniversaires de mariages, les fiançailles ou tout autre événement marquant de la vie amoureuse d’un couple.

Sources:

– Beslow Sardone, Susan. «Facts and Statistics about Engagement, Wedding and Honeymoon Events», About.com, 10 octobre 2006.
– Beslow Sardone, Susan. «Top Honeymoon Travel Trends», About.com, 2007.
– Désiront, André. «Quand l’industrie du voyage de noces se marie à celle du voyage», 7 juin 2004.
– Hotel News Resource. «Survey – Honeymoon Trends, Travelocity and Modern Bride Magazine», 3 août 2006.
– Fairchild Bridal Group. «Fairchild Bridal Infobank American Wedding Study», 2002.
– Filliatre, Pascale. «Des lunes de miel tout autour de la terre», L’Échotouristique, 18 janvier 2008.
– Lochhead, Clarence et Robert Glossop. «L’état de nos unions», L’Institut Vanier de la famille, 13 septembre 2007.
– Niagara Falls Tourism. «Fairchild Niagara Falls, Canada Continues to Earn Moniker Honeymoon Capital of the World After Over 200 Years», communiqué de presse, 24 septembre 2007.
– Statistique Canada. «Mariage, par province et territoire», 19 décembre 2007.
– Statistique Canada. «Pleins feux sur les mariages», 29 janvier 2007.

Sur le Web:
www.quebecregion.com
www.airinuit.com
www.authentikcanada.com

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Ailleurs dans le monde Marketing Produits et activités

Liftopia, un modèle à cogiter!

De nombreux sites Web facilitent depuis plusieurs années la recherche de billets d’avion et de forfaits de voyage. Ce mode de distribution est avantageux non seulement pour le client, mais également pour le fournisseur, qui écoule ainsi son inventaire. Mais pourquoi ne pas l’appliquer à d’autres secteurs? Le ski, par exemple?

Liftopia.com est conçu pour les amateurs de ski et permet aux stations de montagne de vendre des billets au rabais. Le client y inscrit des dates et une région et il choisit ensuite dans la liste des promotions offertes. Notons qu’il est plus facile pour les stations de réduire leur tarif dans le cas de billets vendus à l’avance et que ceux-ci ne sont pas remboursables.

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Du côté des voyageurs, les promotions influenceront le choix d’une station lors d’un séjour de ski dans une région donnée. Pour faciliter leur recherche, ils peuvent obtenir les résultats à partir de quelques grandes villes sélectionnées. Des liens directs existent vers la météo de la station choisie ainsi que vers la carte des pistes. Outre les voyageurs qui planifient leur séjour à l’avance, le site est également susceptible d’intéresser ceux qui cherchent un projet de dernière minute et qui disposent d’un «petit budget». Le site regroupe actuellement de nombreuses stations de ski américaines ainsi que plusieurs de l’Ouest canadien.

Par ailleurs, le site www.billetdeski.com propose des billets de ski au rabais pour douze stations du Québec ainsi que pour Jay Peak, au Vermont. Mentionnons que Tremblant, le Mont-Sainte-Anne et Le Massif sont absents de ce site.

Le modèle de Liftopia est particulièrement intéressant parce qu’il est applicable à d’autres marchés (auberges, restaurants, croisières-excursion, golf, spa, etc.), pas nécessairement dans son intégralité puisque chaque secteur a ses spécificités. Mais il n’est pas utopique de rassembler un groupe d’entreprises qui offrent un produit comparable et de créer une interface Web simple et conviviale! Voyez-vous les opportunités…?

Sources:
– McMahon, Bill. «Ski Lift Tickets at a Discount», Springwise, 17 janvier 2008.
www.liftopia.com
www.billetdeski.com

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Marchés géographiques

Mais qui sont ces Chinois-ci!? Profil des touristes chinois au Canada

Le marché chinois se classe au huitième rang des visiteurs outre-mer au Canada et ce, malgré l’absence du statut de destination autorisée (SDA) qui empêche notre pays de recevoir des groupes de touristes d’agrément et d’effectuer des actions de promotion en Chine. Cette situation particulière explique pourquoi les touristes chinois au Canada n’ont pas exactement le même comportement de voyage que ceux qui se déplacent vers d’autres destinations éloignées détenant le SDA. En outre, considérant le potentiel de ce marché, il y a lieu d’apprendre à le connaître. Pour faire suite à notre dernière analyse sur la Chine (Mettre les pendules à l’heure… de la Chine), voici donc un profil des touristes chinois au Canada et de ceux qui effectuent des voyages hors Asie, tels qu’étudiés par la Commission canadienne du tourisme (CCT) et d’autres sources. Même si les visas pour voyager au Canada ne sont émis que pour visiter un membre de la famille ou par affaires, une fois ici, ces voyageurs en profitent pour faire du tourisme d’agrément. La CCT s’est donc penchée sur les réelles motivations de voyage. Mentionnons que nous traiterons ici de la Chine continentale et que les régions administratives particulières de la Chine que sont Hong Kong et Macau ainsi que l’État de Taïwan ne sont pas inclus.

Profil sociodémographique

Les profils démographiques des voyageurs au Canada et hors Asie se ressemblent. En effet, ces touristes long-courrier, et encore plus ceux du Canada, représentent un groupe d’élite par rapport à la population chinoise. Leur niveau de scolarité, leur salaire et leur poste dans la hiérarchie du travail sont plus élevés et le quart sont retraités. Ils sont instruits, les trois quarts ayant fait des études postsecondaires. Ces voyageurs sont aussi plus âgés, particulièrement au Canada où 34% d’entre eux ont 55 ans ou plus.

Plus de 60% ont un revenu mensuel de plus de 10 000 yuans (1380 CAD), comparativement à environ la moitié des voyageurs hors Asie. Il s’agit de revenus largement au-dessus de la moyenne chinoise où seulement 10% de l’ensemble de la population peut s’offrir des biens de luxe tels que des voyages. Il convient toutefois de rappeler que 10% de la population représente quand même 130 millions d’individus…

Tableau 1
Caractéristiques sociodémographiques
des voyageurs récents
au Canada et hors Asie
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Source: CCT, 2006

Buts et types de voyages

Les voyages d’agrément comptent pour la moitié des déplacements hors Asie, mais les voyages au Canada présentent une tendance différente, soit 26%. Il s’agit de touristes chinois venus au Canada grâce à un visa, soit pour visiter des parents, soit par affaires, mais qui en profitent pour faire du tourisme d’agrément.

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Rappelons que, officiellement, le gouvernement chinois reconnaît deux types de voyages, soit les voyages d’affaires et les voyages personnels. Les premiers englobent quelques segments tels que les voyages officiels (fonctionnaires de l’État ou employés d’entreprises d’État en petites délégations de moins de 10 personnes), les voyages d’entreprises (propriétaires ou employés d’entreprises privées) et les voyages de motivation. Pour tous les voyages d’affaires, la portion relative au travail est négligeable et les voyageurs consacrent la majeure partie de leur séjour à des activités d’agrément. Les voyages personnels incluent les visites de parents et d’amis (VPA), les séjours d’étude ainsi que les voyages d’agrément en groupe.

Les Chinois voyagent seulement depuis quelques années et, en tant que nouveaux touristes, ils choisissent des types de séjours classiques tels que la visite des grandes villes et les visites touristiques générales. Avec le temps, les voyages se spécialiseront de plus en plus. Au Canada, les voyages sont plus susceptibles d’être entrepris pour visiter des membres de la famille et peu de voyages ont pour but de se renseigner sur l’histoire ou la culture ou de faire d’autres activités (magasinage, ski, etc.). Pourtant, le tourisme de plein air représente 11% des voyages hors Asie, principalement axés sur des activités douces en nature. La forte popularité de ce type de voyage en Asie (21%) annonce peut-être une tendance qui pourrait s’étendre aux pays plus éloignés et donc une occasion pour le Canada qui a beaucoup à offrir sur ce plan.

MtL_2007-05_voygrChinois_grphq2

Origine des touristes et destinations canadiennes visitées

Les touristes chinois proviennent des principales grandes villes – Beijing, Guangzhou, Shanghai et Shenzhen –, où le niveau de vie est largement plus élevé que dans les zones rurales.

En raison de leur importante communauté chinoise et des liaisons aériennes directes et quotidiennes avec Toronto et Vancouver, les provinces les plus visitées sont l’Ontario (85%), suivie de la Colombie-Britannique (80%). En fait, une majorité (66%) des voyageurs visitent ces deux provinces lors d’un voyage au Canada (66%). Environ 15% des visiteurs en provenance de la Chine visitent le Québec.

Comportement de voyage

Comme l’indique le graphique 3, une part importante (57%) des voyages se font à l’intérieur d’un forfait de groupe. Si l’on tient compte des autres types de voyages à forfait, le total est de 65%. Cette proportion est moindre au Canada (47%), où les VPA et les voyages d’affaires peuvent s’effectuer individuellement.

MtL_2007-05_voygrChinois_grphq3

  • Les voyageurs chinois interrogés préfèrent les hôtels à prix moyen lors de leurs voyages d’agrément long-courrier (56%). Les hôtels de luxe sont également populaires (25%). Évidemment, l’hébergement chez des parents et des amis est très fréquent pour les voyages au Canada (49%).
  • Ces touristes dépensent en moyenne 4496$ par personne pour un voyage au Canada et 4062$ pour ceux hors Asie. Avec une moyenne de 456$ par jour, les dépenses au Canada sont comparables à celles qu’on observe dans les autres destinations extérieures à l’Asie.
  • La durée moyenne de séjour est de 6 jours pour les voyages hors Asie et de 10 jours au Canada.

Les activités pratiquées se regroupent en trois classes: grand public (plus de 50% des voyageurs), spécialisées et créneaux. Ces dernières sont celles qui, sans exercer un attrait de masse en tant qu’activités de vacances, ont la faveur des groupes restreints de voyageurs. Il y a peu de différences entre les activités pratiquées lors des voyages au Canada et ceux hors Asie en général. On observe néanmoins dans le tableau suivant que le magasinage et la visite de points d’intérêt touristique ou de musées sont légèrement moins populaires au Canada que dans les autres voyages hors Asie. Par ailleurs, les visites de jardins, de parcs nationaux, de sites fauniques sont plus souvent choisies au Canada que dans d’autres destinations. La disponibilité de ce type d’expérience en est probablement la principale raison.

Tableau 2
Principales activités des voyageurs

MtL_2007-05_voygrChinois_tbl1

Source: CCT, 2006

Si l’approche du marché chinois vous intéresse, les sources ci-dessous vous informeront de son comportement en matière de planification de voyage. Et n’oubliez pas d’adapter votre accueil:
– Hôteliers, embauchez un membre de votre personnel qui parle le mandarin!
– Restaurateurs, faites traduire votre menu!
– Destinations, avez-vous un portail Web adapté? Prenez exemple sur Tourisme Ontario.
– Tous, apprenez quelques formules d’accueil!

Zai Jian! (Au revoir!)

Lire aussi
Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs en Chine», 2006.
– Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché, Chine», juillet à septembre 2007.
– Mintel. «China Outbound, Travel & Tourism», Analyst no 19, novembre 2007.
– Visit Britain. «China, Market & Trade Profile», mise à jour janvier 2007.

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Enjeux Marchés géographiques

Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

La Chine… et ses 41 millions de voyageurs internationaux en 2007 – en hausse de 290% depuis 2000 et de 18,6% par rapport à 2006 – …fait rêver. Pourtant, le Canada n’est toujours pas intégré à la liste des 134 destinations autorisées par le gouvernement chinois. Mais que cela signifie-t-il au juste? Où se situe le Canada par rapport à ce marché? Comment la situation évolue-t-elle? Quel est le potentiel auquel on peut s’attendre?

Le fameux «Statut de destination autorisée (SDA)» que le Canada n’a pas

D’une part, malgré une ouverture beaucoup plus grande, le gouvernement chinois surveille encore de près les déplacements de sa population. Officiellement, seuls les voyages effectués dans le but de visiter des membres de la famille qui vivent à l’étranger, d’étudier ou de faire des affaires sont permis. Il est possible de se procurer un visa pour ces raisons et les procédures s’assouplissent de plus en plus.

D’autre part, depuis 1997, la Chine accepte les touristes d’agrément en son sol et permet à sa population de réaliser des voyages d’agrément dans des destinations approuvées, soit dans les pays qui ont conclu une entente bilatérale avec la Chine et ont ainsi obtenu le SDA. Un visa peut être délivré aux résidants chinois qui feront partie d’un voyage de groupe (minimum de cinq personnes) organisé vers ces destinations par un grossiste autorisé par la Chinese National Tourism Association. Les voyages indépendants ne sont pas encore permis. Outre la possibilité d’accueillir les voyageurs d’agrément, l’autre avantage considérable pour les «destinations approuvées» est que celles-ci peuvent réaliser des activités de promotion auprès du marché chinois. C’est le début d’une nouvelle ère pour le tourisme chinois qui, depuis, ne cesse de progresser.

L’Australie a été le premier pays à obtenir ce statut en 1999 et la liste atteint maintenant 134 destinations. Le dernier en liste et non le moindre, les États-Unis, a conclu une entente en décembre 2007. Ce pays pourra recevoir des touristes d’agrément dès ce printemps. Le Canada accuse donc un retard évident dans l’avancement des discussions. Divers facteurs ont joué sur cette situation:

  • Notre proximité des États-Unis inquiétait la Chine en raison des risques de voir des déserteurs ou des réfugiés tenter d’entrer aux États-Unis par le Canada. Maintenant qu’ils ont obtenu le SDA, ce facteur n’est plus un enjeu et peut même faire avancer la cause du Canada.
  • Un conflit concernant un fugitif chinois a longtemps joué sur les relations avec la Chine, mais ce différend s’est adouci.
  • Les nouveaux irritants sont plutôt attribuables aux relations houleuses de l’administration du premier ministre Harper avec la Chine. Le gouvernement de M. Harper a en effet critiqué ses politiques en matière de droits de l’homme et qui a en outre officiellement reçu le Dalaï Lama, perçu par le gouvernement chinois comme étant un séparatiste.

Avec l’arrivée des États-Unis parmi les pays à SDA, beaucoup de Chinois souhaiteront probablement profiter de leur séjour dans ce pays pour faire un détour par le Canada (en utilisant les circuits classiques tels que New York – Toronto), mais ce ne sera pas possible tant que ce dernier n’aura pas obtenu ce fameux statut. Bref, toute l’industrie touristique attend ce moment avec impatience

Évolution du tourisme… qui dit mieux?

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la Chine sera le quatrième pays émetteur de touristes d’ici 2020, avec environ 100 millions de voyageurs dans le monde. Cette hausse est conditionnée par divers facteurs, dont:

  • L’augmentation de la population: après des années de croissance fulgurante (51% de 1960 à 1980), le rythme ralentit (6,2% de 2000 à 2010), mais devrait se poursuivre jusqu’en 2040.
  • L’économie en plus forte croissance: 8% en moyenne par année depuis 25 ans et la Banque Mondiale se dit optimiste concernant l’avenir de la Chine, malgré les défis et les incertitudes (pauvreté encore très présente, inflation, pollution, etc.). Le PIB (produit intérieur brut)de la Chine devrait progresser de plus de 11% en 2008. À titre comparatif, les pays à revenus élevés ont connu une croissance annuelle moyenne de 2,3% depuis 1996.
  • Une classe moyenne qui prend de l’ampleur: selon la China Brand Strategy Association, environ 175 millions de Chinois peuvent s’offrir des biens de luxe, soit 13% de la population. En 2010, ce nombre passerait à 250 millions.
  • Plus de vacances: depuis 1999, les Chinois bénéficient de trois semaines de congés fériés réparties dans l’année (la plupart des voyages se font durant ces périodes); en outre, les employés du gouvernement disposent, depuis 2000, de 14 jours de vacances supplémentaires par année et cette pratique rejoint d’autres secteurs d’emploi dans les villes.

Il est important de modérer les données concernant les voyages internationaux des Chinois en raison de la comptabilisation des régions administratives spéciales de la Chine que sont Hong Kong et Macau ainsi que l’État de Taïwan. Hong Kong et Macau accueillent à eux seuls 58% des 41 millions de voyageurs chinois internationaux. Par ailleurs, ces territoires représentent d’importants marchés pour le Canada (Taïwan 92 900 visiteurs et Hong Kong 109 700 visiteurs en 2006) et ne sont pas assujettis aux règles relatives au Statut de destination autorisée.

Mais où voyagent-ils? Viennent-ils au Canada?

Quoiqu’il s’agisse d’un petit pourcentage de la population, près de 41 millions de Chinois ont voyagé à l’étranger en 2007. De ce nombre, 36,3 millions de voyages s’effectuent en Asie: Hong Kong, Macau, Singapour, la Thaïlande, le Japon, le Vietnam et la Corée du Sud totalisent ainsi 86% des voyages internationaux.

Parmi les destinations long-courrier se trouvent l’Australie, l’Allemagne, les États-Unis, l’Italie et la France, l’ordre d’importance de ceux-ci variant selon les sources.

Malgré l’absence de ce précieux statut, le Canada reçoit un nombre important de touristes chinois qui voyagent principalement par affaires ou pour visiter de la famille, mais qui en profitent très souvent pour faire du tourisme d’agrément.

Potentiel pour le Canada

Selon le profil du marché chinois réalisé par VisitBritain, le Canada se place en quatrième position parmi les destinations rêvées (sans contraintes budgétaires). Il y a déjà un plus grand nombre de touristes chinois qui viennent au Canada plutôt qu’au Royaume-Uni ou en Nouvelle-Zélande, qui pourtant détiennent le SDA, ce qui porte à croire qu’une fois ce statut obtenu la croissance des arrivées pourrait s’accélérer.

À la suite d’une étude de consommation en Chine réalisée en 2006, la Commission canadienne du tourisme confirme que l’intérêt de ce marché pour le Canada est élevé. Même avec une estimation prudente réalisée à partir des résultats de l’enquête sur l’intérêt à visiter le Canada, la CCT évalue que cet intérêt représente un marché de quelque 500 000 visiteurs chinois potentiels dans les années suivant l’obtention du SDA.

Qui, parmi notre industrie touristique, se prépare à recevoir ce marché? Faites-nous part de vos initiatives en laissant un commentaire au bas de cette page!

Ne manquez pas le profil du marché chinois dans la prochaine édition du Globe-Veilleur.

Sources :
– CANSIM. «Enquête sur les voyages internationaux».
– Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs en Chine», 2006.
– Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché, Chine», juillet à septembre 2007.
– McEwen, Anne. «Waiting for China’s Tourism Tiger», Capital News Online, 30 mars 2007.
– Mccabe, Aileen. «China Approves U.S. as Tourist Destination», 13 décembre 2007.
– Mintel. «China Outbound, Travel & Tourism», Analyst, no 19, novembre 2007.
– Tourism Australia. «China, ADS Visitor Experience Study», 2003.
– Visit Britain. «China, Market & Trade Profile», mis à jour en janvier 2007.

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Ailleurs dans le monde Faits et chiffres Gestion Produits et activités

Mes chiffres sont plus gros que les tiens: démystifier l’évaluation de l’impact économique d’un événement

Les nombreux festivals et événements enrichissent l’offre touristique et participent au rayonnement domestique et international d’une destination. Quoiqu’ils génèrent souvent d’importantes retombées économiques, il s’avère souvent ardu de les évaluer. Par ailleurs, les résultats d’études d’impact économique ont souvent été critiqués ces dernières années, à tort ou à raison. La présente analyse se penche sur les considérations qui affectent ces évaluations.

Il s’agit de démystifier les grandes étapes et les principaux enjeux liés aux études d’impact économique.

Connaître les sources d’impact économique

  • La construction d’installations – si cela s’applique, il est essentiel d’obtenir un estimé réaliste de la portion des coûts de construction (professionnels, matériaux, sous-contrats, etc.) qui sont versés dans la communauté.
  • L’organisation et l’opération de l’événement – par exemple, les salaires, les fournitures, la publicité et toutes les dépenses associées aux activités quotidiennes relatives à l’événement.
  • Les dépenses de l’assistance – celles des spectateurs comme celles des participants, des artistes, des vendeurs, des exposants et des médias. Les dépenses incluent tous les frais de voyages et les autres achats motivés par l’assistance à l’événement.

Déterminer la région d’étude

Il s’agit d’une décision cruciale qui peut avoir des répercussions majeures sur les résultats de l’analyse. La prémisse est que la région devrait inclure tous les endroits où la plupart des dépenses associées à l’événement se produiront. Par exemple, dans le cas d’un événement qui serait tenu à Tadoussac, la région d’étude pourrait être la MRC (municipalité régionale de comté) de la Haute Côte-Nord et tous les visiteurs ne provenant pas de ce comté constitueraient la clientèle touristique. Pour un autre événement, une MRC hôte qui ne compterait pas suffisamment d’unités d’hébergement pourrait inclure les MRC environnantes dans sa zone d’étude. Dans un tel cas, si la zone d’étude se limitait à la MRC hôte, les impacts évalués seraient beaucoup moindres. Il n’y a donc pas de formule précise pour délimiter la région d’étude et c’est plutôt le «gros bon sens» qui est requis.

Effectuer la collecte de données

C’est généralement par la collecte de données qu’il est possible d’établir la provenance des visiteurs, leurs motivations et leurs dépenses. Interroger les visiteurs sur le site ou une fois qu’ils sont retournés chez eux sont les deux façons de récolter de l’information, chacune ayant ses forces et faiblesses. Alors qu’intercepter les visiteurs pendant leur visite signifie souvent qu’ils estimeront leurs dépenses, interroger ceux-ci après l’événement peut aussi comporter des lacunes puisque la justesse des réponses dépendra de leur mémoire. Demander aux visiteurs de tenir un registre de leurs dépenses peut éviter ces problèmes, mais repose sur la motivation du répondant à inscrire correctement ses frais et à retourner le formulaire une fois rentré chez lui.

Également, l’échantillon retenu doit être judicieusement sélectionné pour être le plus représentatif possible. Par exemple, les visiteurs en semaine n’ont peut-être pas le même comportement que ceux du week-end; même chose pour les participants aux activités de jours versus celles en soirée.

Estimer l’assistance à une manifestation touristique peut être très simple ou ardu, dépendant si des billets sont vendus pour l’entrée ou si celle-ci est libre. Ce deuxième cas peut soulever des débats quant à la méthode d’estimation. On peut avoir une bonne idée de la clientèle touristique en sondant quelques établissements hôteliers et en extrapolant à la capacité d’hébergement totale ou encore en comptant le nombre de personnes à chaque entrée du site pendant quelques minutes à chaque heure. Ce ne sont là que de brefs exemples et, selon les circonstances, différentes méthodes peuvent être utilisées ou élaborées.

Estimer les impacts économiques directs et indirects

L’impact économique total est composé de:

  • L’impact direct: l’argent nouveau, c’est-à-dire toutes les dépenses qui n’auraient pas eu lieu sans l’événement (les coûts d’exploitation et d’immobilisations de l’événement, les dépenses des visiteurs – provenant de plus de 40 km – ainsi que les taxes générées par ces frais).
  • L’impact indirect (et induit): les dépenses subséquentes générées par la dépense initiale dans l’économie.

L’estimation de l’impact direct est l’aspect le plus souvent critiqué. Toutes les considérations à prendre en compte ne seront pas expliquées ici et varient selon l’événement. Mentionnons toutefois l’importance de départager la clientèle touristique de la clientèle locale, ainsi que la motivation des visiteurs à participer à la manifestation. Ces renseignements déterminent s’il y a de l’argent nouveau qui est dépensé ou s’il s’agit d’un substitut à un autre divertissement. Dans ce dernier cas, l’effet sur l’économie devrait être nul. En ce qui concerne la clientèle touristique, si le visiteur s’est déplacé principalement pour assister à l’événement, ses dépenses devraient être incluses dans l’impact économique. Encore une fois, il n’y a pas de méthodologie unique, mais une compréhension des motifs de participation à l’événement est fondamentale.

L’estimation des impacts économiques indirects se fait à l’aide de modèles:

  • Les modèles multiplicateurs constituent la plus ancienne méthode de calcul, mais, malgré des lacunes, ils demeurent souvent une alternative simple d’utilisation.
  • Les modèles «entrées-sorties» ont l’avantage de produire des résultats par secteurs d’activité et sont les plus utilisés de nos jours.
  • Les matrices de comptabilité sociale (Social accounting matrices) et le modèle «Computable general equilibrium» sont des variantes plus élaborées des modèles entrées-sorties.

Lors du choix de la méthode de calcul des impacts économiques, il est important de considérer l’ampleur de l’événement, les perturbations économiques pouvant affecter les résultats et les préoccupations des décideurs.

Utiliser et interpréter les résultats

Il a été démontré qu’une évaluation de l’impact économique d’un événement, basée sur une méthodologie rigoureuse et des chiffres conservateurs, peut s’avérer un outil très utile pour les décideurs. Mais encore faut-il bien interpréter les résultats.

Pour les décideurs locaux, l’apport dans la localité est la donnée la plus intéressante et contrebalance les éventuels coûts associés à la tenue de l’événement. Les études d’impact économique servent aussi à décider, parmi quelques événements, lequel choisir ou lequel financer. D’ailleurs, le gouvernement québécois, comme plusieurs autres, augmente d’année en année sa participation au financement, mais instaure de nouvelles règles visant à recentrer l’aide vers les événements qui ont une réelle incidence touristique (dépenses de visiteurs non-québécois) et demande aux organisateurs de fournir différents renseignements.

Pour les organisateurs, l’impact économique est un argument marketing pour les éditions suivantes. De plus, l’utilisation d’un modèle entrées-sorties pour évaluer les impacts indirects permet d’identifier quels secteurs de l’économie sont favorisés, ce qui peut servir à identifier et à convaincre les commanditaires potentiels.

Quelques outils

Réaliser une étude d’impact économique pour un événement requiert donc du temps, des ressources et des connaissances. Ceux qui peuvent se le permettre font appel à des firmes spécialisées, mais la plupart des manifestations de petite envergure ne disposent ni du temps, ni des ressources, ni du budget pour mettre en œuvre des études sérieuses et aboutissent souvent à des résultats peu fiables.

Voici quelques outils pouvant aider les organisateurs à obtenir des données crédibles et cohérentes:

  • Tourism British Columbia propose six guides – personnalisés par type d’événement – sur les méthodes de sondage permettant d’évaluer l’impact du tourisme sur l’économie (http://www.tourism.bc.ca/template_list_research.asp?id=7147), dont deux sont traduits en français par Tourisme Ontario (http://www.tourism.gov.on.ca/french/research/resources/).
  • Tourisme Ontario propose également un Modèle de calcul des répercussions du tourisme sur l’économie régionale, présenté sous forme de questionnaire (http://www.tourism.gov.on.ca/french/research/treim/index.html).
  • Le Modèle d’évaluation économique du tourisme sportif (MEETS) de l’Alliance canadienne du tourisme sportif (pour ses membres seulement) (http://www.canadiansporttourism.com/frn_doc.cfm?DocID=20).
  • L’Office du tourisme de Québec met également un outil à la disposition de ses membres.
  • Le plus fréquemment utilisé est le modèle intersectoriel du Québec (http://www.stat.gouv.qc.ca/services/etudes.htm), qui s’appuie sur les tableaux d’entrées-sorties du Québec, ceux-ci comportant des données très détaillées relatives aux échanges de biens et services entre les agents économiques. Cet outil de l’Institut de la statistique du Québec permet de présenter les effets directs, indirects et totaux sur la main-d’œuvre, les salaires, la valeur ajoutée et les importations. Il fournit également une estimation des recettes fiscales et parafiscales découlant d’un projet de dépenses.

Enfin, les études d’impact économique ne représentent qu’une partie des bénéfices que peut retirer une localité. Il importe de considérer également la visibilité de la destination, l’attention des médias et l’amélioration ou la création de nouvelles infrastructures.

Lire aussi:
Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?
Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme? (compte-rendu de conférence)

Sources:
– Hodur, M. Nancy et F. Larry Leistritz. «Estimating the Economic Impact of Event Tourism: A Review of Issues and Methods», Journal of Convention & Event Tourism, vol. 8, no 4, 2006.
– Ministère du tourisme. «Aide aux festivals et aux événements touristiques – Québec dévoile un programme révisé pour 2008-2009», communiqué de presse, 25 octobre 2007.
– Alliance canadienne du tourisme sportif. «FIFA U-20 World Cup Canada 2007», Economic Impact Assessment, octobre 2007.

Sur le Web:
Alliance canadienne du tourisme sportif
Institut de la statistique du Québec
Ministère du Tourisme de lOntario
Tourism British Colombia