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Destinations Gestion

Berlin fait appel aux résidants

L’implication des résidants dans les stratégies touristiques d’une destination est une démarche connue et de plus en plus répandue. Un rapport publié en 2022 par Skift le confirme ; les communautés locales s’engageront davantage dans l’avenir de leur région. Elles cesseront de n’être que spectatrices du tourisme sur leur territoire pour participer à la mise en œuvre d’une destination qui leur correspond.  

Cela dit, l’engagement citoyen prend un tout autre sens lorsque les résidants ont une voix équivalente à celle des responsables touristiques. Cela leur permet de sortir du cadre plus familier d’ambassadeur (lire aussi : Shawinigan 100 % accueillant). En ce sens, Berlin est précurseur dans le domaine. En effet, les Berlinois peuvent désormais s’exprimer sur le développement touristique de leur ville grâce à l’initiative Citizens’ Advisory Council. Deux membres de la communauté sont sélectionnés dans chacun des 12 districts de Berlin pour former un conseil indépendant qui se réunira quelques fois par année. Leur mandat est de conseiller l’organisation de gestion de la destination (OGD) pour assurer un développement qui soit durable, qui les respecte et qui protège le caractère unique de l’endroit.  

Le conseil accompagnera également l’OGD dans l’orientation des futurs plans marketing. Les représentants peuvent aussi donner leur avis sur les segments de clientèles à cibler et ont leur mot à dire sur la façon dont les quartiers sont présentés dans les communications.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Destinations

La ville : véritable laboratoire vivant

L’urbanisme tactique consiste en des aménagements temporaires et faciles à installer dans le but, entre autres, de démontrer les changements possibles à une rue ou à un espace public. La pandémie a favorisé la mise en place de ce type de projets, été comme hiver, que ce soit pour faciliter les déplacements actifs ou encore pour créer des lieux de rencontre festifs et animés. Certains aménagements ont connu un tel succès qu’ils sont devenus permanents. D’autres, éphémères, sont réinstallés année après année. Le succès de la piétonnisation de nombreuses rues en est un bon exemple.  

L’urbanisme tactique sert bien la récupération d’espaces sous-utilisés et la « place making », soit le concept qui consiste à aménager un lieu en se réappropriant l’espace public. On l’observe depuis déjà plusieurs années. Mis sur pied il y a près de dix ans, Le Village au Pied-du-Courant, qui s’érige année après année à la lisière du Saint-Laurent dans le quartier Ville-Marie à Montréal, en est une bonne illustration. Ce projet collaboratif piloté par l’organisme La Pépinière permet de revaloriser, durant la saison estivale, un site de dépôt à neige situé en bordure du fleuve. Il devient, le temps de quelques mois, un lieu de rencontre où se déploient des activités à caractère culturel, social, éducatif et festif. Le village évolue au cours des éditions, au fil des besoins et des envies des collaborateurs. 

Source: Charles-Olivier Bourque/Le Village au-Pied-du-Courant 

D’abord expérimenter pour mieux aménager

Un autre exemple plus récent, la Place Laval, dans le centre-ville de Gatineau, traduit bien le concept d’urbanisme tactique. Il s’agit d’un stationnement privé transformé en place publique éphémère pour l’été 2022. Celle-ci rassemble plusieurs concepts qui ont pu être testés dans l’optique de rendre permanents ceux qui s’avéreront concluants. Ce lieu de socialisation comporte du mobilier urbain, une décoration invitante, des activités d’animation et des événements de moyenne envergure.  

La Place Laval a été planifiée et conçue en partenariat avec la communauté et les organismes issus du milieu. La Ville souhaite faire de cet endroit un lieu de rencontre pour les résidants et les visiteurs. 

Source: Ville de Gatineau 

La ville comme un terrain de jeu 

Ces projets sont souvent initiés par des mouvements citoyens à la recherche d’une meilleure qualité de vie pour leur communauté. D’autres sont issus d’une impulsion municipale ou encore insufflés par des entrepreneurs ayant des visées sociales. Avec la multiplication de ces initiatives, la ville devient par endroit un véritable laboratoire quand le territoire sous-exploité est converti en terrain de jeu, où résidants et touristes se mêlent et auquel ils donnent vie.  

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Destinations Marchés géographiques

Le retour des Américains au Canada… et à l’international

Il est intéressant de suivre le marché touristique américain en raison de son attrait connu pour le voyage d’agrément et de son ouverture aux destinations étrangères. De plus, il représenterait un marché géographique d’importance considéré comme l’un des bons indicateurs de la reprise des voyages à l’international.

Un intérêt renouvelé pour le Canada

Les Américains ont un intérêt réel et historique à séjourner au Canada. Selon Statistique Canada, plus de 4,1 millions de résidants des États-Unis sont arrivés au pays par automobile à l’été 2019 (juin, juillet et août). Cette tendance a malheureusement été freinée, voire momentanément arrêtée, durant les étés de pandémie de COVID-19. Cependant, une hausse remarquable à l’été 2022 laisse présager une reprise ! Un peu plus de la moitié (52,4 %) des 7,8 millions de visiteurs de l’été 2019 s’est rendue au Canada à l’été 2022. Cette reprise marque-t-elle les prémices d’un retour de l’enthousiasme américain envers les séjours à l’étranger ?

Que réserve 2023 ?

85 % des Américains se disent emballés à l’idée de faire un séjour d’agrément au cours de l’année 2023.

Une enquête menée par Destination Analysts rapporte en effet un bel engouement des voyageurs américains envers le voyage. En effet, 85 % des répondants se disent emballés à l’idée de faire un séjour d’agrément au cours de l’année 2023. Ce chiffre est d’ailleurs en légère hausse par rapport à l’année 2022, alors que cette proportion s’élevait à 77 %. Près de 30 % des Américains pensent même effectuer un séjour à l’étranger. Les destinations les plus convoitées étant l’Italie, le Canada, le Royaume-Uni, le Mexique, la France et le Japon.

Néanmoins, les voyageurs américains ne sont pas insensibles à la situation de leur pays et restent prudents quant aux prochaines fluctuations économiques. Quelque 62 % des sondés surveillent leurs dépenses, car ils sont inquiets d’une éventuelle récession.

Le contexte économique n’est pas favorable au marché américain. Un répondant sur trois (33 %) pense que ce n’est actuellement pas le bon moment pour voyager. Cependant un peu plus de la moitié des personnes sondées (56 %) considèrent le voyage comme une dépense prioritaire. Entre crainte et envie, quel sentiment prendra le dessus ?

Et les Québécois ?

Le contexte économique incertain pourrait être une raison qui freine les Québécois ayant l’envie de voyager à l’étranger.

En comparaison, les voyageurs québécois sont une majorité (53 %) à penser que ce n’est pas un moment opportun économiquement pour voyager, alors qu’un sur trois (33 %) estime cette dépense prioritaire. Ces chiffres dénotent un comportement un peu moins fougueux chez les voyageurs québécois que les Américains pour la prochaine année.

Quelques neuf voyageurs québécois sur dix (89 %) jugent probable de faire un voyage d’agrément en 2023. Cette tendance suit celle de 2022 (93 % jugeaient cette éventualité probable). Cependant, seulement 44 % souhaitent voyager à l’étranger en 2023. Cette tendance est tout de même en hausse depuis 2022, alors que 34 % des voyageurs québécois souhaitaient partir à l’étranger. Les États-Unis attirent près d’un quart (25 %) d’entre eux et l’intérêt pour les destinations européennes demeure (20 %). Le contexte économique incertain pourrait être une raison qui freine les Québécois ayant l’envie de voyager à l’étranger. L’industrie touristique du Québec devrait alors miser sur les voyageurs qui souhaitent s’évader tout en restant dans la province.

Les Américains et les Québécois montrent un engouement certain envers les voyages d’agrément en 2023. Les intentions de voyage à l’étranger sont freinées par des raisons économiques, mais une reprise des séjours au Québec est visible chez les Américains comme chez les Québécois. La Belle Province a donc une carte à jouer pour attirer ces voyageurs en quête d’évasion. Comment prévoyez-vous les séduire ?

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Destinations

Relançons les villes, valorisons la nuit !

Depuis la pandémie, la ville est un espace complexe et fragilisé qui cherche à retrouver son équilibre en testant de nouvelles propositions qui s’arriment aux besoins de ses usagers et à sa vocation de lieu social et de rencontres. 

Comme l’explique l’équipe de la Chaire de tourisme dans son Cahier Tendances 2023, les villes sont vouées à un avenir prometteur. D’après le dernier rapport du World Travel & Tourism Council, le tourisme urbain devrait croître plus rapidement que tous les autres secteurs, le faisant ainsi devenir la locomotive de la reprise des voyages pour la prochaine décennie. Les acteurs des centres urbains devront se concerter et miser ensemble sur leurs atouts afin de tirer leur épingle du jeu en proposant des expériences et célébrations inoubliables. En ce sens,plusieurs destinations misent sur le développement de leur économie nocturne pour dynamiser leurs communautés et attirer davantage de touristes. 

L’économie nocturne = le nightlife ?

N’en déplaise aux amateurs de rythmes musicaux endiablés, le nightlife n’est qu’un des aspects de cette économie, bien qu’il en constitue une part importante. Il n’existe pas de définition officielle, mais il est possible de la résumer comme étant l’ensemble des activités, entreprises et travailleurs opérant entre 18 h et 6 h du matin : les transports, l’hôtellerie, la sécurité, le divertissement, le commerce de détail, etc.   

Selon la Night Time Industries Association (NTIA), il devient important, plus que jamais, pour les villes de planifier la nuit comme le jour dans un contexte où leurs lieux de vie nocturne ont été parmi les premiers à fermer et les derniers à ouvrir lors des différentes vagues de la pandémie. D’autant plus que les secteurs urbains profitent de circonstances favorables intéressantes pour reconquérir le cœur des travailleurs et des voyageurs. Il y a un momentum à saisir ! 

Voici deux destinations qui déploient des efforts inspirants pour stimuler leur économie nocturne. 

Londres : les artères principales au cœur de la nuit

Dans sa stratégie de créer une ville dynamique 24 h sur 24, la Mairie de la capitale britannique a décidé de mettre de l’avant ses rues commerciales grâce au programme Night Time Enterprise Zone. Dans le cadre de ce dernier, l’administration de l’arrondissement et les entreprises coopèrent pour expérimenter de nouvelles façons de diversifier leur offre nocturne. Il peut s’agir d’augmenter les heures d’ouverture ou encore la participation et l’animation dans un espace délimité d’une artère commerciale. L’objectif est de rendre les rues plus accessibles, inclusives et accueillantes après 18 heures. 

À la suite du succès du projet pilote sur la Walthamstow High Street en 2019, qui a permis l’augmentation de la fréquentation de 22 %, le programme s’étend désormais à trois nouvelles rues commerçantes de Londres. Aux yeux de la Mairie, ce programme démontre encore plus son importance depuis la pandémie, puisque les artères sont la pierre angulaire des diverses communautés de la ville, et que leur rôle la nuit sera crucial pour la reprise économique et sociale de Londres.  

Répondre aux enjeux de sécurité 

L’économie nocturne joue un rôle crucial dans la vie culturelle et sociale des communautés britanniques. Il s’avère important de veiller à ce que les groupes marginalisés et vulnérables soient entendus et protégés. La NTIA et la Safeguarding Nightlife ont donc uni leur force pour offrir aux travailleurs et intervenants le programme Night Safe Champion. 

Il s’agit d’une accréditation qui s’obtient à la suite d’une formation de neuf modules touchant divers sujets tels que la sensibilisation à la vulnérabilité, le harcèlement sexuel, les drogues, la gestion des conflits, etc. L’objectif n’est pas seulement de conscientiser, mais de restaurer la confiance des communautés par la collaboration et l’action. 

Source : Night Safe Champion 

Sydney : la force de la concertation

Le partenariat entre les acteurs de différents secteurs constitue un élément clé pour la réussite de l’économie nocturne. La ville de Sydney l’a bien compris. 

En septembre 2020, le gouvernement de la Nouvelle-Galles-du-Sud (NSW), en Australie, lance sa vision à long terme pour Sydney via sa stratégie économique 24 heures sur 24. L’objectif est de soutenir la création d’emplois, favoriser les arts et la culture et renforcer le statut de destination internationale nocturne de Sydney.  

Pour faire écho à la nouvelle stratégie, l’organisme VibeLab a tenu l’édition 2021 du forum Global Cities After Dark à Sydney. Cet événement rassemble toutes les parties prenantes de l’économie nocturne locale afin d’exploiter les connaissances collectives pour créer des villes dynamiques et sécuritaires après la tombée de la nuit, tant pour les travailleurs et les citoyens que les visiteurs. Plus de 150 personnes provenant des secteurs de l’hôtellerie australienne et internationale, de la musique, du divertissement, des événements majeurs, du tourisme culturel, des transports et de la sécurité civile se sont réunies. Cette consultation a permis un partage et des discussions sur les réalités vécues dans chaque secteur. Elle a aussi donné lieu à la formulation de 14 recommandations visant à maximiser le potentiel nocturne de la métropole australienne. Bien qu’elles soient formulées par secteur d’activités, l’ensemble des participants y ont réfléchi. Les discussions ont révélé des thématiques d’actualité sur lesquelles il est important de se pencher collectivement telles que la diversité et l’équité, ainsi que l’utilisation des données. Le nombre d’acteurs impliqués par action montre bien la nécessité de la synergie pour porter des actions structurantes. 

Le saviez-vous ? 

 

Le rôle de « night mayor » est mis en place dans de nombreuses villes dans le monde entier pour aider à développer des politiques, faciliter une vie nocturne florissante et faire des villes un espace clé de coexistence et de socialisation.

Un nouveau jour pour la nuit ?

Les démarches qui incluent l’ensemble des parties prenantes nocturnes permettent l’équilibre d’un écosystème urbain, où plusieurs types d’activités se côtoient. La globalité des groupes doit être considérée, pour le plus grand bénéfice de tous.  

Dans la métropole québécoise, l’organisme MTL 24/24 anime, analyse et structure la vie nocturne à Montréal. Les partenariats et les échanges de connaissances entre les différents secteurs d’activités sont plus que jamais nécessaires à l’heure de la résilience et de la revitalisation des milieux urbains post-pandémie. 

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Cet article est la version longue de celui paru dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Destinations Marchés géographiques

Les destinations privilégiées par les Québécois en 2023

Du 21 au 25 novembre  2022, la Chaire de Tourisme Transat a mené un sondage auprès de 1007 voyageurs québécois. Les résultats permettent de dresser plusieurs constats sur les intentions de voyage.

L’étude suggère que parmi les Québécois âgés de 18 à 74 ans, six sur dix projettent un séjour d’agrément d’au moins une nuitée hors de leur domicile au cours de la prochaine année.

Comparativement à 2022, le Québec et le Canada s’affichent un peu moins populaires auprès des voyageurs québécois. Même si une grande majorité (72 %) continue de vouloir séjourner au Québec en 2023, on remarque une tendance légèrement à la baisse par rapport à 2022 (79 %). De même, les voyages d’agrément dans les provinces limitrophes du Québec semblent moins attirants. Près du quart (23 %) des voyageurs québécois sondés jugent probable d’en faire contre 27 % l’année précédente.

Les voyageurs québécois se montrent plus ouverts à voyager en dehors de leur pays.

A contrario, les voyageurs québécois se montrent plus ouverts à voyager en dehors de leur pays. En effet, le quart (25 %) d’entre eux jugent probable de faire un séjour aux États-Unis contre 19 % l’année précédente. Quelque 15 % des répondants prévoient un déplacement en Europe. Ces intentions de voyage sont stables d’une année à l’autre. Aussi, les séjours ailleurs dans le monde seront plus en vogue pour les 12 prochains mois. En effet, 20 % des sondés jugent probable de voyager ailleurs dans le monde contre 16 % en 2022.

L’infographie ci-dessous détaille les destinations de voyage d’agrément envisagées par les voyageurs québécois en 2023.

 

Les destinations internationales suscitent un enthousiasme chez les voyageurs québécois qui pourrait être expliqué notamment par une diminution de la sensibilité face aux contraintes liées à la pandémie de COVID-19. Mais ce comportement n’est pas anodin. L’engouement des Québécois envers les voyages internationaux suit la tendance mondiale.

Bien que l’envie de voyager à l’étranger soit manifeste, l’intérêt des Québécois pour le Québec demeure. Dans ce contexte, comment les séduirez-vous ? Quelles expériences touristiques leur réserverez-vous ?

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Destinations Gestion

Des leviers financiers inspirants pour le tourisme

Cette analyse a été écrite avec la collaboration de Natacha Bolduc, agente de support à la recherche, et de Maroussia Ramo-Ryffranck, auxiliaire de recherche à la Chaire de tourisme Transat. 

La Suisse

La Suisse se démarque par un type de financement non conventionnel, soit le financement issu des loteries. La société Swisslos (équivalent de Loto-Québec) verse chaque année près de 380 millions de francs (536 millions de dollars canadiens) aux fonds cantonaux des loteries et du sport, ce qui représente environ 24 % de leur chiffre d’affaires annuel. Ce montant sert à appuyer des projets dans les domaines de la culture, du sport, de l’environnement et de l’action sociale.

 

Ventilation des dépenses sur la base d’un franc (2021)

Source: Swisslos.ch 

Un peu plus de 12 000 projets ont bénéficié du financement issu des loteries.

Le programme Innotour est un autre levier financier mis de l’avant par la Suisse. Ce fonds d’investissement est géré par le Secrétaire d’État de l’Économie (SECO) qui distribue l’équivalent d’une enveloppe de 41 millions de dollars canadiens sur trois ans (2020 à 2023) aux entreprises touristiques ayant répondu aux critères d’admissibilité. Les projets sélectionnés doivent, entre autres, apporter un soutien à l’innovation, à la coopération et au développement du savoir sur le plan national. En ce sens, seuls les dépositaires qui conçoivent de collaborer avec d’autres entreprises/organisations sont admissibles.  

À titre d’exemple, le projet Augmented Swiss Heritage, issu d’un maillage entre le musée Kirchner et le Heimatmuseum de Davos, émane du programme Innotour. Les deux établissements souhaitent comprendre comment les attractions touristiques, l’art, l’histoire et les connaissances socioculturelles de la Suisse peuvent être exploités par la réalité augmentée afin de proposer de nouvelles offres destinées à une clientèle férue de technologie. De manière concrète, les parties prenantes ont l’objectif, d’ici la fin de 2023, de créer une application de réalité augmentée destinée aux visiteurs qui leur fera découvrir le patrimoine culturel de Davos de manière immersive et participative. 

La Suisse propose divers autres programmes d’aide ou d’intervention financière pour appuyer le secteur touristique. Le tableau suivant liste certains d’entre eux ainsi que leurs principaux objectifs. 

Sources: Fonds SST et Nouvelle politique régionale (NPR) 

L’Espagne et le Portugal

L’Espagne et le Portugal se démarquent dans le domaine de la transformation numérique. Du côté de l’Espagne, l’objectif de la subvention pour la transformation numérique et la modernisation des entités locales est de soutenir les projets technologiques et innovants des destinations. Pour être admissibles, les soumissionnaires doivent faire partie du Réseau des destinations touristiques intelligentes, une initiative pionnière au sur le plan international qui compte à ce jour 618 membres. Une enveloppe de six millions d’euros (huit millions de dollars canadiens) est réservée aux bénéficiaires. 

Du côté du Portugal, le but du programme transformer le tourisme — Territoires intelligents est de générer de nouvelles connaissances scientifiques pour appuyer les destinations touristiques (sur le plan environnemental, économique et technologique) et d’identifier les besoins et les solutions pour une gestion efficace des territoires. L’appel de projets accorde un montant forfaitaire d’un million d’euros par bénéficiaire, jusqu’à concurrence de quatre récipiendaires au total. Le Portugal a aussi son propre Réseau des villes intelligentes qui ne dénombre pas moins de 120 membres. Il n’est toutefois pas nécessaire d’en faire partie pour profiter de la subvention. 

L’Espagne et le Portugal utilisent donc l’innovation comme un outil pour atteindre leurs objectifs de transition numérique, pour répondre aux besoins en développement durable et pour augmenter leur attractivité auprès des marchés internationaux. 

Ces destinations ont aussi recours à d’autres leviers financiers qui soutiennent leurs organisations touristiques respectives. Le tableau suivant en liste deux ainsi que leurs principaux objectifs. 

Sources: Subvention aux organismes de recherche et de diffusion des connaissances pour des projets de R&D répondant aux enjeux des destinations touristiques et programme transformer le tourisme Régénérer les territoires 

Le Queensland, Australie

Le Queensland se distingue par un programme visant à accélérer le nombre de destinations certifiées durables sur son territoire dans le but de positionner la région comme chef de file dans le domaine. Le Eco-certified Tourism Destination Program détient une enveloppe qui équivaut à un million de dollars canadiens. D’ici 2024, les prochains récipiendaires sélectionnés pourront recevoir de 50 000 $ à 150 000 $ et devront répondre à différents critères d’admissibilité, dont le fait d’être : 

  • Une autorité gouvernementale locale ou toute entité régissant une zone de gouvernement local conformément à la législation ; 
  • Une organisation régionale de tourisme ou une organisation locale de tourisme en partenariat avec l’autorité et/ou les autorités locales compétentes. 

Jusqu’à présent, 16 instances sont récipiendaires de la subvention, dont le Bundaberg Regional Council, le Cassowary Coast Regional Council et le Gympie Regional Council. 

Cette subvention constitue un élément clé du plan touristique Towards 2032 : Reshaping Queensland’s visitor economy to welcome the world. Elle s’inscrit également dans le positionnement de l’Australie en tant que destination de choix pour l’écotourisme. En effet, l’obtention de certifications durables représente un objectif de premier plan des stratégies touristiques régionales du pays.  

Le Queensland met à disposition d’autres programmes d’aide financière en soutien au secteur touristique. Le tableau suivant liste deux d’entre eux ainsi que leurs principaux objectifs. 

Sources: Attracting Tourism Fund et Activate Ecotourism Infrastructure 

Les différents programmes d’aide ou d’intervention financière présentés plus haut se basent principalement sur les stratégies touristiques des destinations et sur les enjeux que présente le territoire.  

La mise en place de programmes de financement qui prévoient la création d’écosystèmes entre les acteurs, la transition durable des organisations touristiques et l’innovation des opérations représentent les facteurs de succès de ces leviers.  

Cette analyse a été écrite avec la collaboration de Natacha Bolduc, agente de support à la recherche, et de Maroussia Ramo-Ryffranck, auxiliaire de recherche à la Chaire de tourisme Transat. 

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Destinations Transport

Comment occuper les passagers en escale ?

Même si le nombre de déplacements intérieurs en Amérique du Nord est inférieur à celui de 2019, il n’en demeure pas moins qu’il a augmenté de 280 % en avril 2022 par rapport à avril 2021.

Cela dit, depuis quelques mois, le manque de personnel dans les aéroports, mais aussi du côté des compagnies aériennes, a un impact sur toute la chaîne du parcours voyageur. Plusieurs vols sont annulés, d’autres sont reportés et certains passagers tardent à retrouver leurs bagages ; un scénario chaotique ayant des contrecoups sur l’expérience client. Certes, la situation n’est pas semblable partout et pour tout le monde, mais comment faire face à ce manque, soulager les clientèles, voire arriver à les satisfaire ?

Certaines destinations et compagnies aériennes mettent les bouchées doubles pour améliorer l’expérience des touristes ayant de longues escales ou de ceux dont le vol est reporté. La solution ? Profiter de leur transit pour leur faire découvrir la ville et ses attraits.

La Turquie

Après avoir été suspendu pendant la pandémie, le programme TourIstanbul de Turkish Airlines a redémarré au début de la saison estivale. Cette initiative propose aux passagers internationaux en escale à l’aéroport d’Istanbul de prendre part à une visite guidée gratuite de la ville. Il va sans dire que les intéressés doivent disposer d’un temps d’attente considérable (6 à 24 heures) pour profiter de l’expérience. Le cas échéant, ils sont pris en charge par un chauffeur qui les conduit en ville puis les ramène ensuite à temps pour leur vol. Six circuits par jour sont offerts ; les voyageurs peuvent ainsi choisir celui qui correspond le mieux à leur horaire. Depuis 2019, 349 738 clients ont eu la chance de découvrir Istanbul grâce à ce service.

 

Source de l’image : Turkish Airlines

 

Turkish Airlines offre également aux personnes en classe affaires ayant un transit d’au moins 20 heures deux nuitées gratuites dans un hôtel cinq étoiles au cœur d’Istanbul. Les passagers en classe économique bénéficient d’une nuitée dans un hôtel quatre étoiles.

La France

L’Office de tourisme Grand Roissy a récemment lancé le projet pilote City Tour Grand Roissy Escales. Le service met à disposition des voyageurs en escale à l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle un autocar qui vient les récupérer dans la zone aéroportuaire, puis les déposer à différents lieux d’intérêt préalablement sélectionnés, pour enfin les ramener à leur point de départ. Durant les deux mois d’expérimentation du projet, les visiteurs ont pu profiter de plusieurs escales, les voici :

-L’escale « Art de vivre » au centre commercial Aéroville, au complexe aquatique Plan Oxygène ou encore au Golf international de Roissy ;

-L’escale « Culture » au Musée national de la Renaissance ainsi qu’au Château d’Écouen ;

-L’escale « Patrimoine » au Musée Archéa situé à Louvre ;

-L’escale « Parisienne », comme son nom l’indique, à Paris.

Source de l’image : City Tour Grand Roissy Escales

Des départs étaient disponibles tous les jours au coût de 5 euros pour les adultes et le tout était gratuit pour les 18 ans et moins. Pour éviter aux voyageurs de devoir débourser davantage, ces tarifs comprenaient des entrées gratuites ou des réductions, négociées auprès des partenaires touristiques participants. Par exemple, les personnes qui choisissaient de faire escale au Golf international de Roissy obtenaient une boisson gratuite à l’arrivée ainsi qu’un rabais de 25 % sur les parcours.

L’escapade parisienne, quant à elle, était offerte le mardi soir seulement et proposait d’observer les monuments de la ville à bord d’une croisière sur la Seine. Son coût s’élevait à 40 euros par personne et 20 euros pour les enfants de moins de 12 ans.

Si l’opération est concluante aux yeux de l’Office de tourisme Grand Roissy, un déploiement sera effectué annuellement chaque saison touristique.

Singapour

La compagnie aérienne Singapore Airlines met à disposition trois forfaits qui permettent aux passagers en escale à Singapour de profiter de la destination selon leur convenance. Pour ceux qui préfèrent se reposer avant leur prochain vol, le forfait de base — à partir d’environ 38 $ — inclut une nuitée dans un hôtel, un service de navette de l’aéroport de Changi à l’hôtel sélectionné ainsi qu’une carte SIM encourageant les usagers à utiliser leur cellulaire. Pour ceux qui, à l’inverse, souhaitent découvrir la destination, le second forfait comprend, en plus des composantes du premier forfait, des accès gratuits à une série d’activités et des repas permettant de goûter la cuisine locale — le tout à partir de 58 $. Pour un peu plus de 200 $, les passagers peuvent accéder au dernier forfait qui compte un laissez-passer d’une journée à Universal Studios Singapour. Les intéressés ont la possibilité de réserver leur hébergement et de présélectionner leurs activités en ligne via un site Internet destiné à cet effet.

 

Source de l’image : Singapore Stay-Over

Et pour la suite ?

Avec un retour à la normale des activités anticipé pour 2023-2024, il sera de plus en plus nécessaire de penser à des alternatives pour occuper les passagers en correspondance. Travailler de concert avec la destination de transit est une initiative judicieuse qui pourrait être envisageable au Québec. Cette démarche serait l’occasion pour des entreprises touristiques locales de rejoindre une clientèle internationale qui n’aurait pas nécessairement pensé au Québec comme destination première. Ce service pourrait également faire découvrir aux voyageurs des coins méconnus ou des attractions qui mettent de l’avant la culture ou la gastronomie régionale.

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Destinations Produits et activités

Raconte-moi ta région

En 2022, l’Écosse célèbre l’année des histoires. Il s’agit d’une période au cours de laquelle des histoires inspirées, créées ou écrites dans le pays sont présentées et célébrées. Des icônes de la littérature aux contes locaux, le projet vise à encourager les habitants et les visiteurs à participer à des événements et à explorer les lieux, les personnes et les cultures liées à toutes les formes dhistoires, passées et présentes.

Depuis 2014, l’Écosse met en valeur les caractéristiques qui la rendent unique avec les « Années thématiques ». Cette initiative vise à promouvoir, célébrer et engager l’industrie touristique à travers le pays. Les événements sont organisés par des groupes communautaires, des musées, des sites patrimoniaux et dautres attractions touristiques. 

Quelque 181 projets et 21 événements déclinés en cinq thématiques s’inscrivent à la programmation de 2022 : 

-Histoires iconiques et conteurs  ;

-Nouvelles histoires  ;

-Peuple et lieux d’Écosse  ;

-Contes et légendes locales   ;

-Inspiré par la nature .

Voici quelques exemples d’activités : 

BE United Presents partage les histoires de la communauté noire d’Écosse à travers des performances musicales, des créations orales et des vitrines éphémères au Fruitmarket à Édimbourg. 

-Le Findhorn Bay Festival de Moray Speyside célèbre le patrimoine, le paysage et les habitants de la région par des spectacles de théâtre, des concerts et des rendez-vous culinaires. 

A Yarn Worth Spinning dirigé par The Great Tapestry of Scotland raconte l’histoire et la culture des textiles dans les Scottish Borders avec une exposition et un défilé de mode. 

-Les jardins botaniques d’Édimbourg, Benmore, Logan et Dawyck présentent le thème Of Scotland’s Soils and Soul un voyage multisensoriel célébrant des histoires inspirées par la vie végétale riche et diversifiée de l’Écosse. 

Spectra – Le Festival des lumières d’Écosse célèbre l’humour, le sérieux et la pure galanterie des conteurs écossais. Avec le projet spécial « Writ Large », le festival diffuse la prose et la poésie des meilleurs conteurs contemporains du pays par le biais de projections à grande échelle et de néons. 

Source : InstagramSpectra 

Les histoires sont au cœur de l’expérience touristique. Elles reflètent ce que nous sommes et façonnent la manière dont les autres nous perçoivent. Les marques et les destinations doivent attirer l’attention des gens et toucher leur cœur. Développer les produits ou les activités liées à la culture orale et littéraire constitue une avenue intéressante pour bonifier son offre touristique. Il s’agit également d’un bel exemple d’animation territoriale qui s’appuie sur un fil conducteur pour l’ensemble de ses activités par l’entremise d’années thématiques 

Une idée pour le Québec ? 

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Destinations Tourisme durable

Fiskars : de village en déclin à destination culturelle durable

Le village de Fiskars s’est vu décerner plusieurs distinctions au fil des années. Il a notamment remporté le titre de la destination de l’année dans son pays en 2019, s’est taillé une place dans la liste des Global Top 100 Sustainable Destinations en 2020 et s’est mérité le Green Destination Award — Gold — en 2021. Voici l’histoire inspirante de Fiskars, véritable pôle culturel créatif. 

Une histoire classique

La naissance du village remonte au 17e siècle, en 1649 précisément, quand l’entreprise Fiskars (aujourd’hui Fiskars Group) s’implante dans une petite localité située à une heure de route d’Helsinki pour y établir une fonderie et fabriquer des outils. Plus tard, elle se spécialisera dans les scies, les outils de jardinage et les ciseaux. Ces derniers avec leurs anneaux orange au design ergonomique ont fait la renommée de l’entreprise. Vers la fin du 20e siècle (1980), la compagnie a besoin de plus d’espace et relocalise ses opérations ailleurs en Finlande et aux États-Unis. 

Tel que l’illustre l’image ci-dessous, le village de Fiskars est situé en milieu rural, le long d’une rivière, et compte plusieurs bâtiments historiques. Il fait partie de la commune de Raseborg qui regroupe plusieurs districts et villages. 

Source : Visit Raseborg 

Attirer les artistes

Témoin de la désertion du village par sa population, Ingmar Lindberg, alors vice-président de Fiskars Group et responsable du parc immobilier de l’entreprise, élabore un plan pour maintenir la communauté en vie. Il souhaite poursuivre la tradition d’une collectivité créative, manuelle, artisane. Comme la moitié des bâtiments du village appartient à Fiskars Group, ce dernier possède un grand contrôle sur leur utilisation. La direction procède d’abord à la rénovation des installations pour en faire des ateliers, des studios et des appartements. 

M. Lindberg lance ensuite des invitations à des membres influents de la communauté créative d’Helsinki à venir s’installer à Fiskars, à très bon prix. Les artistes et designers sont ciblés pour leurs compétences, leur créativité et leur renommée. Il ne suffira que d’une vingtaine de personnes qui répondent à l’appel pour que l’effet domino s’enclenche et que d’autres artisans se joignent au mouvement. 

Géré pour et par la communauté

Quelques années plus tard, en 1994, une première exposition d’art est organisée. La qualité des collections présentées, le charme rural des lieux, la beauté des bâtiments historiques et de la nature environnante séduisent les visiteurs. Le bouche-à-oreille opère très rapidement. Suivra ensuite la création de la coopérative Onoma, formée par les artisans, artistes et designers de Fiskars. Aujourd’hui, la gestion du village est assurée par la communauté locale, la coopérative et d’autres intervenants clés de la région.  

Plusieurs événements animent Fiskars et mettent en valeur les produits qui y sont fabriqués comme l’Antiques Fair, le Slow Food Festival, ou encore la Fiskars Village Art & Design Biennale. Chaque événement est organisé en collaboration avec l’organisme de gestion de la destination Raseborg (la commune dont fait partie Fiskars). La Fiskars Village Association est aussi interpellée pour certains aspects. Celle-ci représente tous ceux qui travaillent et vivent dans le village. Elle tient aussi des rencontres entre les anciens et les nouveaux résidents de la communauté créative. 

La vidéo suivante, conçue à la suite de l’obtention du prix Green Destinations Communities & Culture Award, résume bien l’histoire et le type d’offre touristique de Fiskars Village.    

Une approche durable

Cette gouvernance concertée a mis Fiskars Village dans le giron des communautés culturelles durables. Par ailleurs, la préservation et la valorisation de la culture locale, des paysages naturels et bâtis, et aussi des savoir-faire et du bien-être de la communauté font partie des valeurs partagées par les organismes impliqués dans la gestion de Fiskars. Les entreprises qui bénéficient de l’activité touristique mettent en vedette les ressources locales. À titre d’exemple : 

-La brasserie Fiskarsin Panimo, la cidrerie Kuura et la distillerie Ägräs utilisent des herbes sauvages et des baies qui poussent aux alentours pour la fabrication de leurs boissons décorées de diverses distinctions. 

-La scierie fournit les ébénistes avec du bois coupé dans la forêt avoisinante. 

-Le musée Fiskars a recours à un troupeau de moutons pour brouter l’herbe du pâturage sur lequel il se trouve. 

Source: Fiskars Village/Facebook 

Une offre touristique étoffée

Quelque 200 000 visiteurs foulent les rues du petit village chaque année. Ils y découvrent notamment :  

-Un dynamisme de quartier urbain dans un paysage rural féérique et des bâtiments historiques bien restaurés ; 

-Une architecture où l’ancien et le moderne s’harmonisent grâce à des règles de design bien définies pour les nouveaux bâtiments ;  

-Des événements culturels de qualité à différents moments de l’année ; 

-Des activités de plein air pour profiter des beautés naturelles des lieux comme des sentiers de randonnée et de vélo de montagne ; 

-Une offre culturelle très dense — exposition, spectacles, ateliers d’artisans, etc. ; 

-De nombreuses boutiques de fabrication locale et design ; 

-Une offre agrotouristique diversifiée ;  

-De bonnes tables qui valorisent les produits locaux, mais aussi des cafés ; 

-De l’hébergement d’expérience : mini maisons d’architecte, tentes suspendues, cabine au bord du lac. 

Un modèle qui fait des envieux

Aujourd’hui, les entreprises qui souhaitent s’établir à Fiskars s’engagent à respecter les principes du développement durable. Il en est de même pour les artistes qui rejoignent la coopérative Onoma. Cette dernière regroupe un peu plus d’une centaine de membres pour une communauté d’environ 600 habitants. Le succès de Fiskars rayonne et de nombreuses délégations internationales s’y rendent chaque année pour tenter d’importer ce modèle afin de vivifier les municipalités en manque de dynamisme.  

Des facteurs de succès ?

Bien sûr, le fait que l’entreprise à l’origine de ce projet soit propriétaire d’une grande part des bâtiments principaux compte pour beaucoup dans la réussite du projet. Les moyens financiers et la volonté de Fiskars Group de créer une communauté dynamique y ont aussi largement contribué. Mais il y a plusieurs autres leçons à tirer, comme de considérer :   

-Le bien-être de la communauté d’abord ; 

-L’importance que revêt la créativité, l’art, la culture et le design dans qualité de vie de la collectivité ; 

-Le développement local et durable intégré dans la gestion au quotidien ; 

-Les événements et la qualité des installations pour animer les lieux et créer des échanges ; 

-La gouvernance collaborative avec la participation des citoyens. 

Tant que le village de Fiskars sera un lieu où il fait bon vivre et travailler, il demeurera une destination convoitée, tant pour les nouveaux résidents que pour les voyageurs. Il s’agit d’un équilibre indispensable à préserver. 

Image à la une : Fiskars Village/Facebook 

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Les résidents, des acteurs qui participent au rayonnement de leur région

Un récent cahier publié par Skift présente les mégatendances qui façonneront le secteur du voyage en 2022. L’une d’entre elles concerne la mobilisation citoyenne. Le rapport anticipe que les communautés locales s’impliqueront de plus en plus dans l’avenir de leur région dans les prochaines années. Elles cesseront de n’être que spectatrices du tourisme sur leur territoire pour participer à la mise en œuvre d’une destination qui leur correspond et qui soit également attrayante pour les touristes. 

Les communautés locales cesseront de n’être que spectatrices du tourisme sur leur territoire pour participer à la mise en œuvre d’une destination qui leur correspond et qui soit également attrayante pour les touristes. 

Des modèles d’implication exemplaires

Les destinations considèrent de plus en plus les résidents comme de réels ambassadeurs de leur région (lire aussi : Shawinigan 100 % accueillant). Elles accordent également de l’importance à leur opinion lors des démarches menant vers la création de plans de développement touristique. La région de Lanaudière et le Colorado ont tous les deux sondé leurs habitants pour prendre le pouls de ce qu’ils pensent du tourisme dans leur région ; son impact sur l’économie, l’environnement et leur qualité de vie. En participant, les communautés locales aident à la création d’un plan qui reflète leurs idées. 

Les citoyens contribuent ainsi de plus en plus au rayonnement de leur région. Certaines destinations se distinguent en les consultant et en les impliquant dans la promotion du territoire. 

Le cas des Îles de la Madeleine 

Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine (BGFIM), une association bioalimentaire, a récemment mis au monde le projet Bouilli d’histoires salées. Ce dernier s’inscrit dans une démarche de valorisation de l’identité culinaire madelinienne. En entretien avec la Chaire de tourisme Transat, Alissa Brunetti, chargée de projets pour Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine, explique qu’avant le lancement du projet, on ne ressentait pas une grande fierté autour des plats traditionnels de la région ; les mets préparés dans les maisonnées ne reflètent pas nécessairement ce qui est servi aux touristes dans les restaurants.  

Dans un souci de transmettre les savoirs de cette cuisine du terroir, pour permettre aux Madelinots de prendre conscience de la richesse de cette culture culinaire et pour plaire aux touristes qui sont toujours à la recherche d’expériences authentiques, un abécédaire gourmand a été créé.  

Source de l’image: Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine 

Pour l’association, cet abécédaire se devait d’être représentatif de l’histoire des gens du coin; c’est ainsi qu’une longue démarche de consultation a été mise en branle. Ce nest pas moins de 100 Madelinots et Madeliniennes qui ont été sollicités pour participer au projet. Appels téléphoniques, rencontres virtuelles ou en personne, chroniques à la radio, questionnaires sur les réseaux sociaux, création d’un comité d’experts… tous les moyens étaient bons pour donner une voix aux résidents. De ce travail résulte une plateforme en ligne qui met de l’avant les diverses traditions culinaires, les entreprises porteuses de ces plats, produits ou pratiques identitaires et des recettes phares. Sur le territoire, l’abécédaire se présente sous la forme de grands panneaux d’interprétation installés chez 22 entrepreneurs régionaux. En suivant cet affichage, les touristes comme les citoyens ont la possibilité de participer à un rallye leur faisant (re)découvrir l’identité culinaire madelinienne.  

Source de l’image: Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine 

Mais ce n’est pas tout. Le Bon goût frais des Îles de la Madeleine avait également l’ambition de faire la promotion du secteur bioalimentaire par le biais d’un vidéoclip qui se distingue des publicités traditionnelles des îles. De là est né «Mets d’la bagosse dans l’juke-box!» qui présente les visages d’une vingtaine d’entrepreneurs de la région; quelques résidents ont aussi eu la chance d’y participer. Derrière la caméra, l’équipe de l’Île Imagin’air s’est occupée de la réalisation. De plus, la chanson est le fruit du travail de plusieurs artistes du secteur culturel madelinot, dont Yoanis Menge à qui l’on doit les paroles et la musique originale du vidéoclip. 

Le cas de Porto Rico 

Surnommée Live Boricua, la plus récente campagne de promotion touristique de Porto Rico vise à encourager les voyageurs à prendre part à des expériences qui reflètent le mode de vie des Portoricains. Boricua est un mot utilisé pour décrire une personne originaire ou ascendante de l’île des Caraïbes. La publicité met naturellement l’accent sur l’histoire des gens, plutôt que sur le territoire en tant que destination touristique. Il était donc essentiel pour l’équipe de Discover Puerto Rico que la campagne soit inspirée et soutenue par les habitants, les personnalités influentes locales et la communauté de la diaspora. Ainsi chaque étape, de l’idéation à la création, a inclus la participation de nombreux acteurs. 

Source de l’image: Skift 

L’OGD a d’abord testé différents concepts créatifs avec des groupes de discussion aux États-Unis et à San Juan, la capitale de Porto Rico, afin de recueillir les avis des voyageurs potentiels et des Portoricains eux-mêmes. Elle a également invité des influenceurs portoricains et des partenaires de l’industrie du tourisme et de l’hôtellerie à une table ronde de pré-production. Ces derniers avaient alors l’occasion de partager leurs idées. 

Outre son engagement envers les Portoricains devant et derrière la caméra, la production a embauché trois entreprises locales pour donner vie à la marque Live Boricua. Ce sont également deux femmes de la région qui ont réalisé tous les éléments visuels de la campagne de promotion ; une première pour Porto Rico. En investissant dans des organisations, des acteurs, des équipes, des lieux et des accessoires du coin, la publicité a ainsi contribué à l’économie locale. Les coûts de production s’élèvent à 750 000 $. 

Les résidents sont porteurs d’une identité culturelle qui leur est propre. En leur donnant la parole, ils ont l’occasion de réfléchir à un développement touristique qui leur correspond et peuvent participer au rayonnement de leur région avec cœur et sincérité. Saurez-vous leur accorder cette place?  

Image à la une : Unsplash