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Hébergement Tourisme durable

L’hôtellerie poursuit son virage vert

Depuis plusieurs années, les établissements hôteliers font face à de nombreux défis en ce qui concerne le respect de l’environnement. Selon un rapport du Urban Land Institute, les hôtels sont parmi les bâtiments commerciaux qui consomment le plus d’énergie et d’eau.

Il faut dire que l’industrie est confrontée à un certain nombre d’enjeux dans la mise en œuvre de pratiques durables. En effet, les hôteliers doivent respecter des modèles et des structures de propriété compliqués. Pour certains bâtiments, des changements drastiques pourraient perturber l’expérience client.

Quoi qu’il en soit, l’adoption de pratiques durables en hôtellerie est de plus en plus importante pour les voyageurs. Selon un récent rapport réalisé par Booking.com, la demande pour ce type d’expériences est en hausse. Quelque 78 % des répondants ont l’intention de séjourner dans une propriété dite durable au moins une fois au cours de l’année à venir. De plus, 71 % des voyageurs sondés veulent faire plus d’efforts en 2022 pour voyager de manière plus responsable (une hausse de 10 % par rapport à 2021).

Plusieurs nouveaux projets hôteliers répondant à cette demande voient le jour un peu partout dans le monde.

Nouvelles constructions durables

En 2024, la Norvège prévoit l’ouverture du SVART. Cet hôtel de 94 chambres est appelé à devenir le premier établissement hôtelier à énergie positive au monde. Grâce à sa forme circulaire, les architectes croient être en mesure de récolter suffisamment d’énergie solaire à toute heure de la journée pour couvrir les opérations quotidiennes de l’hôtel et même celles nécessaires à sa construction, ce qui permettrait de réduire jusqu’à 85 % de la consommation annuelle en énergie du bâtiment.

Source de l’image : SVART

L’objectif du concept est de permettre un fonctionnement totalement hors réseau dans les cinq ans suivant son ouverture. Cela signifie que l’hôtel et ses services adjacents, y compris la serre agricole, les navettes en bateau et les activités pour les clientèles, seront totalement autonomes en matière d’électricité, d’eau et de gestion des déchets.

Source de l’image : SVART

Du côté des États-Unis, la chaîne Hilton a récemment ouvert son premier hôtel zéro carbone au Connecticut ; l’Hôtel Marcel. L’architecte du projet a opté pour la rénovation et la restauration d’un bâtiment des années 1970, soit l’ancien siège social de l’Armstrong Rubber Company, pour revitaliser la zone urbaine avoisinante et y attirer la communauté.

Source de l’image : Becker + Becker

L’hôtel utilise l’énergie solaire pour produire l’électricité nécessaire aux chambres, au restaurant, aux salles de réunions ainsi qu’aux aires communes, telles que la réception. Plusieurs matériaux de construction et objets ont été réutilisés et soigneusement restaurés comme des murs en bois et des luminaires qui servaient autrefois dans les bureaux et les salles de conférence de la compagnie. Les fenêtres à triple vitrage ainsi que les murs en béton permettent d’optimiser l’isolation et d’ainsi stabiliser la température des chambres.

En 2023, la firme Studio Gang anticipe l’ouverture d’une construction durable au Colorado. Le Populus comptera 265 chambres et deviendra le premier établissement hôtelier neuf de Denver sans espace de stationnement sur place ; pour s’y rendre, le transport en commun ou la mobilité douce sont de mise. Un effort écologique hors site est prévu et implique la plantation d’arbres sur plus de 2 000 hectares.

Source de l’image : Urban Villages

Au-dessus de chaque fenêtre, des dispositifs d’ombrage amélioreront la performance énergétique du bâtiment tout en canalisant l’eau de pluie pour préserver l’état de la façade. La terrasse sur le toit accueillera une grande variété de végétaux de la région, offrant un endroit idéal pour socialiser et un habitat attrayant pour la faune et les insectes.

Source de l’image : Urban Villages

La durabilité au sein même des opérations

Des constructions déjà existantes prennent les grands moyens pour améliorer leur empreinte écologique. Le JW Marriott Washington, DC montre l’exemple en intégrant des pratiques durables au sein de ses opérations. En cuisine, l’hôtel composte les déchets alimentaires et recycle l’entièreté de ses huiles usées pour en faire du biocarburant. Lors de la tenue de réunions ou de congrès, il utilise des emballages compostables pour les boîtes à lunch et fournit des stations d’eau pour contrer l’utilisation de bouteilles en plastique. À ce jour, près de 25 établissements JW de Marriott possèdent des jardins dont la taille varie d’un petit terrarium à une serre complète. Les fruits, les légumes et les herbes produits sont utilisés en cuisine. Au cours des prochaines années, la société envisage de planter un jardin dans chacune de ses 103 propriétés.

Source de l’image : © Marriott Fast Company

Au Québec 

L’Hôtel Castel situé à Granby, a à cœur sa performance écologique ainsi que sa communauté. En effet, l’établissement choisit ses fournisseurs en fonction de leurs politiques environnementales et de leur emplacement ; ceux à proximité de l’hôtel sont privilégiés pour réduire l’impact des longs transports. De plus, l’établissement donne du mobilier (téléviseurs, meubles, matelas…) ou de la literie (draps, couvertures, tissus…) inutilisés ou en fin de vie, à divers organismes de la région. Les surplus alimentaires sont aussi remis à l’organisme Le Passant, une maison d’hébergement pour les personnes en difficulté.

L’Hôtel du Vieux-Québec est également un chef de file en matière de pratiques durables. Deux toits végétalisés contribuent à conserver la fraîcheur de l’établissement durant la saison estivale ainsi qu’à capturer l’eau de pluie qui passe ensuite dans un échangeur de chaleur qui la préchauffe. Cette technologie réduit la consommation d’énergie de l’hôtel. Les légumes, les fleurs, les herbes et même le miel produits sont offerts aux employés ainsi qu’aux clientèles, en plus d’être utilisés en cuisine. Enfin, des panneaux solaires aident à alimenter en énergie l’étage supérieur du bâtiment.

Source de l’image : Hôtel du Vieux-Québec

Les clientèles et les employés ; aussi à contribution

Le Bucuti & Tara Beach Resort à Aruba fait preuve d’originalité pour mobiliser les clientèles à la pérennité de la destination. En effet, le complexe hôtelier offre les services d’un concierge spécialiste en développement durable. Ce dernier fournit toute l’assistance et les informations nécessaires pour aider les visiteurs à compenser les émissions de carbone émises par leurs déplacements au cours de leur séjour.

De plus, le troisième mercredi du mois est toujours consacré au nettoyage des plages avoisinantes à l’hôtel. Les voyageurs sont encouragés à prendre part à cette journée qui est chapeautée par les membres du personnel hôtelier. Cette initiative existe depuis maintenant 27 ans et des centaines de visiteurs y ont participé.

Au Québec, le Domaine Château Bromont implique les employés dans son virage durable. Ces derniers reçoivent notamment une formation au centre de tri Sani-Éco de Bromont afin d’être davantage conscientisés face à l’importance d’un système de tri. Le personnel en cuisine et en entretien ménager assiste aussi à une formation sur les déchets résiduels.

Les établissements hôteliers adoptent de plus en plus des pratiques durables et certains ont même la possibilité de devenir des références en matière de construction écologique. Et vous, passerez-vous à l’action ?

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Produits et activités Tourisme durable

L’écoresponsabilité des musées : protéger le passé et le futur

Comme beaucoup d’autres secteurs d’activités, le milieu muséal prend conscience de sa responsabilité d’agir pour la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques. L’impact de ce secteur sur l’environnement est tributaire de l’empreinte carbone de la mobilité des clientèles et des expositions (qui viennent parfois de loin), ainsi que de la consommation énergétique des bâtiments et des déchets générés par les projets d’exposition éphémère. 

L’importance de l’implication des musées 

Les musées ont la capacité de devenir des acteurs clés. D’après le Conseil international des musées (ICOM), ils « peuvent améliorer la prise en compte du développement durable et contribuer à l’éducation sur les questions des changements climatiques en travaillant avec les communautés et en leur donnant les moyens de provoquer des changements pour garantir une planète habitable, la justice sociale et des échanges économiques équitables à long terme ».  

En plus d’agir envers sa communauté, un musée peut effectuer de nombreuses actions durables au sein même de son organisation. Cet aspect s’avère d’autant plus important dans un contexte de sensibilisation du public. Le message diffusé sur les changements climatiques risque d’être beaucoup plus crédible si le musée montre l’exemple en adoptant lui-même des actions concrètes pour la protection de l’environnement.  

D’après Marie-Claude Mongeon, chargée de projet Planification stratégique et innovation au Musée d’art contemporain de Montréal et membre du comité consultatif Coalition of Museums for Climate Justice, il existe plusieurs bienfaits pour les musées à s’engager vers la voie de l’écoresponsabilité. Cela permet : 

  • d’être à l’écoute des visiteurs qui sont davantage sensibilisés à la cause ; 
  • d’améliorer l’engagement et la rétention du personnel ; 
  • d’offrir de nouvelles occasions créatives et artistiques ; 
  • de faire des économies en prônant la réutilisation du matériel ; 
  • de devenir une source d’informations de confiance pouvant amplifier les efforts collectifs en développement durable. 

Un pas « vert » l’écoresponsabilité

Voici quelques exemples de mobilisation du milieu muséal et de méthodes d’intégration de pratiques durables dans les organisations. 

Un conservateur pour les changements climatiques 

Depuis novembre 2021, le Musée royal de l’Ontario (ROM) compte dans son équipe un conservateur dédié exclusivement aux changements climatiques. C’est une première en Amérique du Nord. Via la programmation, l’éducation et les expositions, le Dr Soren Brothers travaille pour sensibiliser le public et motiver les actions sur l’urgence de la situation et la durabilité. Son rôle vise également à créer des partenariats à travers le monde pour étudier la gestion des changements climatiques à l’échelle locale et internationale. Par cette embauche, le ROM s’engage à diffuser ses connaissances et ses idées pour aider à montrer la voie vers un avenir durable. 

Offrir du soutien pour la formation 

Dans le cadre de leur collaboration « Roots and Branches », le Manchester Museum, le Museum Development North West et The Carbon Literacy Project ont créé une boîte à outils destinée au secteur muséal britannique pour les soutenir dans la lutte contre les changements climatiques.  

Grâce à Carbon Literacy for Museums, il devient possible de former les bénévoles, le personnel et les partenaires afin qu’ils agissent de manière éclairée face à l’urgence climatique. L’objectif est de rejoindre plus de 1500 personnes du milieu muséal au cours des deux prochaines années en accompagnant 300 institutions dans leur stratégie pour le climat. En plus de cet outil, le Manchester Museum offre un espace de coworking dédié à l’action environnementale. 

Plusieurs institutions muséales peuvent déjà témoigner de leur expérience (voir la vidéo). 

Le transport responsable : tout un art 

L’un des enjeux majeurs du virage écoresponsable des musées demeure l’empreinte carbone du transport, tant public que celui des expositions. Lors d’une séance de réflexion tenue en janvier dernier, les représentants des musées français ont estimé que l’une des solutions serait de renoncer aux projets « blockbuster ». Il faudrait alors miser sur un public de proximité, prolonger la durée des expositions et réduire la quantité d’œuvres ou en choisir qui proviennent davantage des collections du musée.  

C’est le choix qu’a fait le Palais des Beaux-Arts de Lille avec son exposition « Expérience Goya ». Dans le parcours d’éco-création, les responsables du projet ont décidé de privilégier la collection permanente et de restreindre le nombre de prêts venant de l’extérieur. L’objectif est de miser davantage sur la médiation et un discours scientifique fort que sur l’abondance des œuvres. 

Au Québec 

Plusieurs organisations proposent des ressources pour accompagner les musées dans leurs démarches durables telles que le Réseau des femmes en environnement ou la firme Écoscéno. La Société des musées du Québec offre également un guide sur l’écoresponsabilité. Il est possible d’y trouver des conseils pour la gestion des installations et des ressources humaines (efficacité énergétique, matières résiduelles, approvisionnement responsable, santé et sécurité, etc.), pour les expositions (conception, fabrication et chantier, démontage et deuxième vie) et pour les communications (internes, externes, design graphique et impressions). Il sera d’ailleurs intéressant de connaître les résultats qu’obtiendra la SMQ de son portrait des pratiques écoresponsables dans les institutions muséales de la province au cours de l’année 2022.   

Quels sont les gestes écoresponsables de votre musée ? 

Note: Cette analyse est la mise à jour de: Environnement et musée: protéger le passé et le futur  

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Tourisme durable

Tourisme durable : comportements et attentes des touristes internationaux

Dans le cadre de son rapport sur les enjeux du tourisme durable, l’Observatoire Valaisan du Tourisme (Tourobs) a mené une grande enquête sur les comportements et les attentes des voyageurs en matière de tourisme durable.  L’enquête a été administrée en ligne auprès d’un panel de 594 répondants provenant de Suisse, d’Allemagne, de France, d’Italie, d’Autriche, de Belgique, des Pays-Bas, de Pologne et des États-Unis. Le choix de l’échantillon étudié a en partie été déterminé sur la base des marchés représentatifs des nuitées hôtelières en Suisse sur la période de janvier 2021 à septembre 2021. La période d’administration du questionnaire s’est étalée du 18 octobre 2021 au 1er novembre 2021.  

La durabilité : un critère considéré dans le choix du voyage

Pour près d’un tiers des répondants (37 %), la durabilité est un aspect considéré parmi d’autres lors de la conception du voyage. Pour 23 %, elle est un critère décisif permettant de départager des offres équivalentes. Une personne sondée sur cinq (20 %) estime que la durabilité est un critère central dans leur choix de voyage. La même proportion déclare, à l’inverse, que la durabilité n’a aucune importance dans sa décision de voyage.

Le site Internet des destinations comme référence d’informations

Pour planifier et/ou réserver un séjour de tourisme durable, le site Web officiel de la ou des destinations (48 %) constitue la source d’informations privilégiée, suivie du site Internet de l’hébergeur (38 %). De manière plus relative, le bouche-à-oreille (34 %) et les sites Web d’agences de voyages en ligne (32 %) représentent également des sources d’informations utiles pour les répondants. En revanche, la consultation de sites Internet spécialisés dans le tourisme durable ne relève pas vraiment d’une démarche spontanée. Seuls 17 % des répondants disent utiliser cette source.   

L’engagement des prestataires touristiques est attendu

Les répondants sont presque unanimes (80 %) sur le fait que l’engagement en développement durable du prestataire touristique constitue une vraie valeur. Nombreux (64 %) seraient disposés à payer davantage pour soutenir les prestataires touristiques qui agissent en ce sens.  

Lorsqu’ils recherchent un hébergement qui s’inscrit dans une démarche de durabilité, les répondants s’attendent d’abord à ce que l’hébergeur mette de l’avant les produits locaux (62 %), ou qu’il prenne des engagements en faveur d’une diminution de ses déchets (57 %). La réduction de la consommation énergétique est également un engagement fort pour la moitié des répondants (51 %). Ces derniers sont en revanche moins sensibles à d’éventuelles initiatives de compensations carbones prises par les hébergements (20 %).  

Une conception du tourisme durable associée à la nature, à la communauté d’accueil et aux aspects énergétiques

Ce qu’associent en premier lieu les répondants au tourisme durable, c’est bien ce qui a trait aux aspects de protection de la nature (64 %). Viennent ensuite le soutien apporté à la région de villégiature (43 %) et les aspects énergétiques (39 %).  

Étonnamment, les éléments qui relèvent des transports sont les moins associés au tourisme durable. Ces aspects ne sont cités que par 20 % des répondants.  

La majorité (77 %) souhaite d’abord pouvoir expérimenter les traditions et l’artisanat locaux durant leur voyage. Les répondants accordent également une grande importance au fait de pouvoir acheter des produits locaux directement chez le producteur (74 %). Profiter du cadre naturel du lieu de vacances est aussi essentiel. En effet, deux tiers (66 %) veulent vivre des expériences avec le monde animal et végétal, sans nuire à la nature.  

Impacts négatifs du tourisme : le patrimoine naturel et culturel à préserver

La dégradation des sites naturels ou culturels est l’une des conséquences du tourisme qui préoccupe le plus les répondants (73 %), devant la surfréquentation des attractions touristiques (72 %) et la pollution atmosphérique (63 %). Bien qu’ils soient concernés directement, l’hostilité des résidents envers les visiteurs est l’une des conséquences dont se soucient le moins les répondants (49 %).  

Une forte proportion de répondants pense que les limitations permettent de protéger des éléments naturels menacés (91 %). Ils sont également majoritairement d’accord avec le fait que les limitations renforcent la qualité de la visite touristique elle-même (88%) et préservent la qualité de vie des autochtones (86%).  

Les avis sont plus nuancés quant aux conséquences des limitations sur l’organisation et l’activité économique. Pour 50 % des répondants, les limitations ne complexifient pas pour autant la gestion des flux touristiques. De même, pour 57 %, elles n’engendrent pas non plus un désintérêt pour le site. Enfin, plus de la moitié (53 %) sont d’accord avec le fait qu’elles limitations nuisent au développement de l’économie touristique.  

La voiture, le train et l’avion comme moyens de transport privilégiés

Le véhicule individuel motorisé est le moyen de transport le plus adopté. Lors de leur dernier séjour, deux tiers (66%) des répondants ont rejoint leur destination en voiture. Ceux qui ont utilisé un autre moyen de transport citent le train (52 %) et l’avion (31 %). Enfin, 56 % déclarent avoir utilisé les transports publics sur leur lieu de vacances.   

La dimension financière reste l’élément décisif pour départager plusieurs modes de déplacement. À même la destination, la majorité déclare privilégier d’abord le mode de déplacement le plus économique (63 %), devant celui le plus rapide (59 %) et celui le plus écologique, cité à hauteur de 40 % par les répondants.  

La réservation d’offres durables encore à la peine

Seul un tiers (34%) des répondants déclare avoir déjà réservé une offre durable. De ceux-ci, plus de la moitié (52 %) en ont déjà fait l’expérience en Suisse, s’agissant surtout de Suisses (44 %).    

La plupart des répondants n’ont jamais rencontré d’obstacles majeurs pour réserver une offre durable (43 %). Ce chiffre s’explique surtout parce qu’une majorité n’a jamais réservé une offre durable. Parmi ceux qui ont été confrontés à des difficultés, 21 % stipulent qu’ils auraient aimé pouvoir réserver une offre durable, mais qu’ils n’ont pas pu le faire, car l’investissement nécessaire pour trouver ce qu’ils cherchaient les a découragés. Un répondant sur cinq (20 %) aurait également réservé une offre durable, mais aucune proposition ne correspondait à leurs attentes. Enfin, 16 % ne sont pas allés jusqu’au bout du processus, car il leur manquait des informations pour évaluer la durabilité des offres de voyages.   

Le frein financier reste le plus important pour près de la moitié des répondants. En effet, 47 % souhaiteraient rendre leurs voyages plus durables si aucun coût supplémentaire n’y était associé. L’incompréhension de l’offre est également perçue comme un obstacle. Le fait d’avoir plus d’informations à ce sujet ou un label de qualité clair les aideraient à rendre leurs voyages plus durables, respectivement à hauteur de 37 % et 32 %.   

Pour obtenir plus de détails à propos de l’enquête de l’Observatoire Valaisan du Tourisme (Tourobs) sur les comportements et les attentes des voyageurs en matière de tourisme durable, nous vous invitons à télécharger le rapport 

Image à la une : Kasuma de Pexels

Cet article a été intégralement rédigé par nos confrères suisses de l’Observatoire Valaisan du Tourisme.

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Tourisme durable

Tourisme durable en 2022 : l’industrie doit guider le chemin

Des entreprises exemplaires par centaines

Les Nations Unies (ONU) l’ont confirmé à Glasgow en 2021 : pour éviter un réchauffement climatique de 2 degrés, le monde entier doit atteindre le « net zero » (la carboneutralité) d’ici 2050.  

Atteindre globalement la carboneutralité signifie que les forces vives de toutes industries devraient travailler à mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), à les réduire et à compenser celles qui n’ont pu l’être. L’ONU encourage aussi à mettre en œuvre des méthodes d’absorption du dioxyde de carbone (CO2) déjà présent dans l’atmosphère (carbopositif).  

Selon un rapport de l’Université d’Oxford, les deux tiers des secteurs économiques mondiaux se sont engagés dans un objectif de carboneutralité d’ici 2050. Le tourisme en fait partie, comme le suggère le guide A Net Zero Roadmap for Travel and Tourism du World Travel and Tourism Council, publié en novembre 2021.  

L’initiative Tourism Declares Climate Emergency représente un bon exemple de cette récente mobilisation de l’industrie touristique. Il s’agit d’une coalition d’organisations du secteur qui promettent de publier leurs cibles de réduction au plus tard 12 mois après avoir rejoint le groupe. Ce dernier a été créé le 14 janvier 2020 et compte deux ans plus tard quelque 230 membres à travers le monde. 

Source: Tourism Declares 

En 2021, de grands joueurs comme Booking.com et Bidroom ont, entre autres, incorporé des icônes sur leurs plateformes respectives, indiquant quelles entreprises réduisent et compensent leurs émissions.  

Certification durable Booking.com. Source: Booking.com  

Au Québec, des entreprises comme l’agence de voyages Passion Terre, Contact Nature et le Palais des congrès de Montréal pavent la voie avec des objectifs de réduction d’envergure et des retombées locales mesurables. Ces organisations pionnières en pratiques durables vont mener le bal de la concurrence d’ici 2025, principalement en ce qui concerne l’obtention de financement. 

Déjà, dans la province, la stratégie pour un tourisme responsable et durable 2020-2025 du ministère du Tourisme prévoit « des incitatifs afin que les forfaitistes et les agences de voyages proposent une offre touristique à faible empreinte carbone ».  

Ces signaux indiquent qu’en 2022, le nombre d’entreprises touristiques qui calculeront et réduiront leurs émissions de GES devrait continuer de grimper.  

Des clientèles aux intentions durables, mais réfractaires au changement

D’après une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, 60 % des répondants disent souhaiter voyager de façon plus responsable et un répondant sur deux affirme être prêt à modifier ses habitudes de voyage, si cela peut aider à réduire son empreinte carbone. Par contre, seul le quart se sent prêt à payer des frais additionnels pour compenser ses émissions de GES, une proportion non négligeable, mais encore faible.  

Les entreprises touristiques qui génèrent des retombées locales, ou qui ont des politiques d’approvisionnement local, se voient accorder par les voyageurs un certain avantage concurrentiel. Selon les données colligées par la Chaire, pour un même prix et pour une prestation de service touristique similaire, près d’un répondant sur deux privilégierait les entreprises qui s’affichent comme telles. Celles qui réduisent leurs déchets ou qui sont impliquées dans la protection et la préservation de la faune et de la flore se distinguent également positivement, les voyageurs accordant aussi à ces pratiques une importance certaine. 

La sensibilisation influence les actions

La popularité limitée de la compensation carbone (voir infographie précédente) se justifie fort probablement par un manque de compréhension de cette notion. En effet, en réponse à une autre question du sondage qui présente une liste de cinq concepts reliés au tourisme durable, la compensation carbone demeure celui que les répondants connaissent le moins, avec seulement 25 % d’entre eux qui se disent assez à l’aise et 8 %, tout à fait à l’aise de l’expliquer. Cela dit, ces derniers sont significativement plus enclins à payer des frais additionnels pour compenser les émissions liées à leur voyage, comparativement à ceux qui n’y sont pas familiers (40 % c. 17 %). Sans surprise, ils sont aussi plus nombreux à avoir déjà compensé leurs émissions (17 % c. 7 %).  

Malgré tout, plusieurs perceptions freinent l’adhésion à des pratiques de voyage durables et responsables. L’impression que les coûts sont plus élevés représente de loin la plus forte résistance aux choix écoresponsables, et ce, pour les deux tiers des répondants. La perception d’une offre lacunaire en matière d’options durables, ainsi qu’un manque de connaissance des principes de base, sont des préoccupations de second ordre, mais qui demeurent toutefois répandues (chez 41 % des répondants).  

Fait intéressant, les répondants qui ne se considèrent pas freinés par des coûts plus élevés sont aussi d’avis qu’il y a un manque d’offre. Ainsi, même les voyageurs québécois qui seraient prêts à payer pour des options durables conservent pour certains l’impression que la sélection demeure limitée.  

Transparence et informations claires

Les voyageurs québécois accordent de l’importance aux retombées locales, mais en connaissent peu sur la compensation carbone et sur l’offre réelle en tourisme durable. Ces obstacles rappellent l’importance de communiquer ses pratiques et leurs impacts potentiels dans un langage clair, voire pédagogique. Par exemple, Google Flights a commencé l’an dernier à informer sa clientèle sur les émissions de GES des vols en une seule étiquette, juxtaposée au prix du billet. Cliquer sur le libellé fait apparaître une comparaison toute simple avec les GES produits en moyenne pour un trajet semblable. Les estimations d’émissions tiennent compte de l’origine et de la destination du vol, du type d’appareil et du nombre de sièges dans chaque classe. 

Source: Google Flights 

Compenser peut favoriser des retombées locales positives

Comme le premier domino d’une rangée, inclure le montant de la compensation des émissions directement dans le prix, tel que le fait l’agence québécoise Karavanier depuis 2008, peut générer des retombées locales positives. Par exemple, le Fonds Plein air 1 % pour la planète a redonné 45 000 $ à des organismes québécois de protection de la faune et des écosystèmes. Les entreprises membres d’Aventure Écotourisme Québec (dont Karavanier) y participent en reversant 1 % de leur chiffre d’affaires. Ce programme compte 19 inscrits depuis sa création en 2020. D’autres exemples de la sorte s’observaient à l’international en 2021, comme la nouvelle initiative de compensation de Key Travel et Expedia. 

Ainsi, suivant les objectifs de développement durable des Nations Unies, les tendances des grands joueurs et les attentes des voyageurs québécois, les entreprises qui se démarqueront en 2022 seront celles qui calculeront et réduiront leurs émissions de GES, qui miseront sur les retombées locales et qui communiqueront leurs pratiques dans le but de faciliter la recherche d’options durables pour la clientèle.  

Les informations clés comme la quantité de carbone émis par l’organisation et par les visiteurs, les retombées sociales et environnementales des activités et les actions priorisées pour les générer seront convoitées par les voyageurs québécois.    

Saurez-vous leur montrer le chemin? 

Image à la une : Unsplash

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Tourisme durable

Tourisme durable en 2022 : l’industrie mènera le bal

Du côté des clientèles, d’après une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat du 1er au 6 décembre 2021 auprès de 1206 voyageurs québécois, environ un répondant sur quatre : 

– vérifie parfois, souvent ou en tout temps si les prestataires de services touristiques affichent une certification environnementale ; 

 

 

– est prêt à payer des frais additionnels pour compenser ses émissions de carbone ; 

– a déjà choisi un hébergement ou un attrait en raison de son orientation durable ou responsable ; 

– a déjà limité ses déplacements touristiques pour des raisons environnementales. 

Ces chiffres démontrent que l’écoresponsabilité n’est pas encore prise en compte à grande échelle chez les voyageurs québécois lors de leurs séjours d’agrément. Pourtant, une majorité de répondants (60 %) déclarent qu’ils souhaitent voyager de façon plus responsable.  

Mais alors pourquoi seuls 25 % des sondés semblent-ils mettre en pratique ces principes ? Serait-ce le manque d’offres en tourisme durable qui constitue le principal frein à la réalisation de ce type de séjour ? 

Beaucoup de petits et de grands joueurs, comme le voyagiste québécois Passion TerreGoogle Flight et Booking.com, ont compris cette lacune en 2021 et proposent plus d’options responsables et d’informations sur leurs plateformes. Ainsi, comme le dévoile le rapport d’Oxford, c’est l’industrie qui doit mener le bal du tourisme durable. 

Image à la une : DDP de Unsplash

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Tourisme durable

Décarboniser l’industrie touristique : comment s’y prendre ?

L’été dernier, alors que la côte ouest américaine était paralysée par des feux de forêt, l’Europe et l’Inde subissaient de nombreuses inondations et glissements de terrain. Dans le rapport du GIEC, paru le 9 août dernier, les scientifiques affirment que les humains sont « indiscutablement responsables des dérèglements climatiques, et n’ont d’autre choix que de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre s’ils veulent en limiter les dégâts ». Ils ajoutent que la planète devrait atteindre vers 2030 le seuil de +1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, dix ans plus tôt que ce qui était prédit en 2018.   

Qu’en est-il de l’impact de l’industrie touristique ?

Selon une étude réalisée auprès de 160 pays et publiée en 2018 dans la revue scientifique Nature Climate Change, le tourisme représente 8 % du total des émissions de carbone produites dans le monde. En plus des déplacements, ce pourcentage comprend l’impact des choix d’hébergement et des activités effectuées à destination. L’achat de biens, la nourriture et le transport en sont les principaux contributeurs. Même si la pandémie a entrainé une baisse de 7 % des gaz à effet de serre générés en 2020, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit une hausse de 25 % des émissions de carbone liées au transport en tourisme d’ici 2030, par rapport à 2016.

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Source : Sustainable Travel International

Des itinéraires de proximité et des circuits courts de la ferme à la table sont quelques-unes des solutions pouvant être implantées pour réduire les émissions de carbone.

Des voyageurs prêts à faire leur part

Une enquête en ligne menée par la Chaire de tourisme Transat à l’automne 2020 auprès de 1174 voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans nous informait que la moitié des répondants soulignaient être prêts à modifier leurs habitudes de voyage si cela pouvait contribuer à réduire leur empreinte. Le tiers disaient également porter plus d’attention aux pratiques durables des prestataires touristiques.

Selon une étude en ligne de Booking.com réalisée en avril dernier auprès de 29 000 touristes originaires de 30 pays, 61 % affirmaient que la pandémie les avait encouragés à vouloir voyager de façon plus durable. Près de la moitié (49 %) avaient même admis avoir modifié leur comportement et adopté des changements positifs dans leur vie quotidienne, tels que recycler ou réduire leurs déchets alimentaires.

« Les engagements durables pris par les voyageurs au quotidien sont cohérents avec leurs intentions pour de futurs voyages : (…) quelque 83 % souhaitent réduire leur consommation d’énergie et 79 % désirent utiliser des modes de transport plus respectueux de l’environnement, parmi lesquels la marche, le vélo ou les transports publics plutôt que les taxis ou les voitures de location. » – traduction libre de l’anglais, Booking.com

Afin de répondre à l’urgence d’agir, de même qu’aux nouvelles attentes des consommateurs, les acteurs de l’industrie doivent débuter une transition écologique dès maintenant.

Réduire son empreinte carbone

Avant d’être en mesure de la réduire, il faut la calculer. Carbone Boréal, un programme de recherche de l’UQAC, permet aux particuliers et aux organisations de connaître l’empreinte carbone de leurs clients et de la compenser.

L’évaluation ACT® (Assessing low Carbon Transition), développée par l’Agence de la transition écologique (Ademe) en France, offre aux entreprises d’évaluer leurs actions climatiques et d’identifier les stratégies à déployer dans une économie sobre en carbone. Une telle évaluation est désormais proposée au Québec grâce à l’équipe de PME sobre en carbone, co-initiée par Québec Net Positif et le cabinet-conseil CCG. Pour les entreprises de moins de 100 employés, 2500 $ sont requis pour le diagnostic.

Pour les organisateurs d’événements ou les hôteliers, seule la certification de la Clé verte est accréditée et reconnue par le Global Sustainable Tourism Council (GSTC). Des outils pratiques et des conseils personnels sont disponibles pour gérer et améliorer l’impact environnemental de son organisation ou de son congrès.

Voici quelques exemples pour réduire son empreinte carbone.

En milieu urbain

Optimiser le transport public et développer plus de voies piétonnes et cyclables sont le nerf de la guerre pour diminuer ses émissions de CO2. Copenhague, au Danemark, véritable leader en la matière, a remporté le titre de meilleure ville cyclable par les experts américains de Treehugger. Ce moyen de déplacement fait partie de l’ADN de la capitale danoise où le tiers de ses 700 000 citadins se côtoient chaque jour sur un réseau de 350 km en pistes cyclables. Le métro et le train viennent compléter cette offre de transport écologique.

En 2014, la ville de Barcelone faisait face à de sérieux problèmes de pollution de l’air et n’arrivait pas à satisfaire aux objectifs fixés par l’Union européenne. En 2017, le projet d’urbanisme des superblocks a été initié afin d’améliorer la qualité de l’air. Il s’agit de « miniquartiers » de 9 îlots urbains où l’accès aux véhicules est limité et où l’espace est dédié aux piétons et aux vélos.

Source : Vox, Youtube

À Paris, après avoir interdit les véhicules motorisés polluants et transformé les abords de la Seine en parc linéaire, un nouveau concept a vu le jour en 2020 : « La ville du quart d’heure ». L’idée est de répondre à tous les besoins essentiels des résidents dans un rayon de 15 minutes à pied et, ainsi, diminuer leurs déplacements et leurs émissions de CO2. Une autoroute pour vélos a même été développée pendant la pandémie afin de faciliter la circulation dans le Grand Paris. Ce projet sera pérennisé grâce à un investissement équivalent à 44 millions de dollars canadiens.

À l’échelle d’une entreprise, les hôteliers pourraient donner un abonnement Bixi journalier à leurs clients ou inclure un titre de transport en commun valide pour 24 heures. Ainsi, un mode de vie actif et misant sur la proximité peut venir enrichir l’expérience du visiteur et réduire son impact environnemental.

En transport

La compagnie aérienne KLM, pionnière en développement durable dans son industrie, a lancé en 2019 une campagne pour amener les gens à voyager de façon responsable. Elle est la première entreprise de ce secteur à suggérer à ses clients de privilégier d’autres moyens de transport comme le train pour de courtes distances, ou même de les encourager à ne pas se déplacer si les réunions d’affaires peuvent se faire en vidéo.

Source : KLM, Youtube

À destination

Une fois à destination, des agences de voyages peuvent favoriser le tourisme lent et des itinéraires de proximité. C’est le cas de l’entreprise québécoise Karavaniers qui propose à ses clients de passer plus de temps dans une même région pour s’imprégner des cultures locales.

Les organisations de gestion de la destination (OGD) ont aussi un rôle à jouer pour promouvoir les expériences de leur territoire aux citoyens. En France, l’Office de Tourisme Aunis Marais Poitevin a développé un site Web s’adaptant à deux publics : les visiteurs et les résidents. Sur la page d’accueil, un bouton permet de sélectionner « on arrive » ou « je suis d’ici ». Cette dernière option met de l’avant le tourisme local en faisant la promotion des restaurants, des producteurs locaux et des activités se trouvant à proximité pour réduire les déplacements.

Dans la restauration et l’hôtellerie

Un des principaux moyens utilisés pour réduire l’empreinte carbone dans ces deux secteurs clés est l’approvisionnement responsable. La jeune pousse Arrivage l’a bien démontré grâce à sa plateforme permettant de couper les intermédiaires dans la chaîne logistique et de favoriser les échanges directs entre les producteurs et les restaurateurs. Des produits frais font le bonheur des clients, en plus de valoriser l’achat local. Pour plus d’exemples, consultez cette analyse.

Être carboneutre vs carbonégatif

Réduire son empreinte carbone, c’est bien. Être carboneutre, c’est très bien, et être carbonégatif, c’est encore mieux !

« Être carboneutre est l’état d’une organisation ou d’un particulier ayant réussi à réduire ses émissions de gaz carbonique (CO2) à zéro ou à compenser celles qui n’ont pu être réduites. » – Carboneutre Québec

L’entreprise Natural Habitat Adventures, située au Colorado, devient en 2007 le premier voyagiste carboneutre au monde. La totalité du CO2 produit au cours des opérations internes et lors des voyages des employés est réduite ou compensée. Depuis 2019, tous les vols et les activités des clients à destination sont aussi carboneutres.

L’agence de voyages australienne Intrepid Travel va encore plus loin dans sa démarche. En 2019, elle annonçait son intention de devenir carbonégatif, c’est-à-dire d’absorber davantage de CO2 que le taux émis. Pour ce faire, Intrepid Foundation, The Climate Foundation et l’Université de Tasmanie travaillent à recueillir l’équivalent de 325 000 $ canadiens pour développer la première plateforme flottante d’algues au large de la Tasmanie. Cette dernière pourra ainsi protéger la faune marine pendant que les coraux et les algues absorberont une quantité importante de dioxyde de carbone. Leur implication dans le déploiement d’énergie éolienne en Inde ou la reforestation de l’île de Bornéo, située en Asie du Sud-Est, sont quelques-unes des autres initiatives mises de l’avant. L’entreprise a également reçu le titre de la plus grande agence certifiée BCorp au monde. Un minimum de 80 critères doit être atteint dans les trois sphères du développement durable pour obtenir cette certification.

La compensation carbone, la solution facile ?

La compensation carbone doit être utilisée en dernier recours. Les gestionnaires ont la responsabilité sociale et environnementale de travailler à diminuer les gaz à effet de serre produits à même leur entreprise et résultants de ses activités touristiques. Par la suite, ils peuvent penser à compenser les émissions ne pouvant être enrayées.

Et vous, quels moyens avez-vous mis en place pour réduire votre empreinte carbone ?

 

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Le serment, et puis quoi après ?

En Islande, avant la pandémie, les voyageurs étaient six fois plus nombreux que les habitants, ce qui exerçait une pression sur les milieux naturels. Dans le but de protéger ses glaciers, ses fjords et ses volcans, ce pays a été le premier à créer un serment adressé aux visiteurs. Depuis sa parution en 2017, on peut y lire :

« Lorsque j’explore de nouveaux endroits, je les laisse tels qu’ils sont.
Je suivrai la route vers l’inconnu, mais je ne m’aventurerai jamais hors des sentiers.
Je resterai sur mon emplacement de camping attribué, lors d’une nuit à la belle étoile. » – serment islandais

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Source : Visit Iceland

Qu’en est-il des serments aujourd’hui ? Avec la sortie du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) témoignant du dérèglement accéléré du climat, le message est clair : les citoyens et les entreprises doivent agir maintenant pour tâcher de minimiser leur impact sur les écosystèmes. Dans l’industrie touristique, la responsabilité sociale et environnementale est au cœur des discussions. Les serments s’inscrivent parmi les solutions pour sensibiliser les touristes à être plus responsables. Quels sont leur rôle et leurs avantages ? Y a-t-il d’autres moyens pouvant être utilisés pour encourager l’exécution de gestes pro-environnementaux ?

Qu’entend-on par serment et quel est son rôle ?

Il s’agit d’une liste d’actions à respecter, généralement rédigée à la première personne du singulier, qui vise à susciter un engagement volontaire chez son lecteur. Son rôle est de sensibiliser les touristes et les entreprises à la préservation de l’environnement et au respect des communautés locales. Cependant, il n’existe souvent aucun recours légal s’il n’est pas respecté.

En Nouvelle-Zélande, la promesse Tiaki, qui signifie « protéger et prendre soin de » en langue maorie, a été partagée sous forme de capsules vidéo dans lesquelles les enfants kiwis garantissent aux enfants des voyageurs qu’ils leur feront découvrir leur pays lorsqu’ils seront grands. En échange, ils suggèrent à leurs parents de voyager de façon responsable et leur proposent certains comportements à adopter afin de ne pas mettre en péril leur territoire et ses habitants. Cette stratégie de communication est un clin d’œil à la définition même du développement durable tirée du rapport de Brundtland, publié en 1987 :

« Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. »

Source : 100% Pure New Zealand

Les îles Palaos, en Océanie, est le premier pays au monde à exiger aux visiteurs la signature d’un serment s’ils désirent obtenir leur visa de touriste. Pour ce faire, ils s’engagent auprès des enfants locaux en leur promettant de respecter leurs terres.

« Enfants de Palaos, je m’engage en tant qu’invité à préserver et à protéger votre île magnifique et unique. » – peut-on lire dès les premières lignes.

Les entreprises de l’archipel sont aussi invitées à le signer pour témoigner de leur responsabilité à s’engager vers un tourisme durable.

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Source : Palau Pledge

Quels sont les avantages du serment ?

Le serment permet d’augmenter la notoriété de ses prestataires et d’encourager les acteurs de l’industrie à se mobiliser vers un tourisme plus durable.

Promouvoir la destination

Bien qu’il s’agisse avant tout d’un outil de sensibilisation, le serment permet à la destination ou à une entreprise de faire connaitre ses actions en matière de tourisme durable et, ainsi, de se positionner comme une référence dans le domaine. L’Islande et la Nouvelle-Zélande, deux pionnières de cette approche, sont aujourd’hui reconnues à l’international pour cette initiative.

Selon une enquête en ligne de la Chaire de tourisme Transat menée à l’automne 2020 auprès de 1174 voyageurs québécois âgés de 18 à 74 ans, le tiers affirme porter plus d’attention aux pratiques durables des prestataires touristiques depuis la COVID-19. Pour une destination ou une entreprise, il est donc tout à son avantage de partager son serment. Plus il sera déployé sur plusieurs plateformes et à l’aide de différents médias, plus le pays ou l’organisation aura de la visibilité. Dans le cas de la Nouvelle-Zélande, la promesse était entre autres diffusée à bord des avions, sur les réseaux sociaux et dans les centres d’information touristique.

Influencer les entreprises à adopter des pratiques responsables

Plutôt que d’attendre la création d’un serment national, l’agence TTB Travel au Vietnam en a conçu un que ses clients et ses partenaires doivent signer. Plus qu’un document de sensibilisation, c’est un contrat légal à travers lequel les signataires s’engagent à respecter les dix clauses inscrites. Cet acte permet de responsabiliser les diverses parties prenantes. Selon Van Thai Nguyen, un des dirigeants de l’agence, c’est un bon moyen pour susciter de réelles actions de la part des entreprises et d’encourager l’industrie à faire de même. Bien qu’il s’agisse d’un document légal, les directeurs de TTB Travel ne comptent pas avoir recours à des procédures juridiques si les clauses ne sont pas honorées. L’intention d’engagement est surtout symbolique.

Aux îles Palaos, un accompagnement est réalisé avec les gestionnaires ayant signé le serment. De cette manière, ils deviendront les principaux moteurs du tourisme durable de l’archipel et agiront à titre d’ambassadeurs. Plus d’un demi-million d’individus à travers le monde ont apposé leur signature en ligne, en gage de soutien. Cela témoigne de la visibilité d’une telle pratique pour une destination. Les visiteurs désirant entrer sur le territoire doivent tout de même signer le serment en personne lors de leur arrivée pour obtenir leur visa.

Des outils complémentaires aux serments

Bien que les serments participent au rayonnement des destinations et tentent d’influencer l’industrie à adopter des pratiques plus responsables, divers acteurs et organisations touristiques remettent en question leur efficacité à susciter un changement de comportement significatif. C’est pourquoi ils se doivent d’être utilisés au sein d’une stratégie plus large et non comme une action isolée.

Une taxe écologique

Pour entrer en Nouvelle-Zélande, depuis le 1er octobre 2019, les voyageurs doivent payer une taxe écologique d’environ 30 dollars canadiens. Cette mesure partage les mêmes objectifs que la Promesse Tiaki élaborée un an auparavant, soit la préservation de l’environnement dans une perspective pérenne des activités touristiques. Face à une augmentation annuelle de 8 % de visiteurs avant la pandémie, l’argent récolté vise à financer les infrastructures nécessaires pour répondre à cette demande croissante, en plus de permettre la réalisation de projets de conservation. Cette taxe et la Promesse Tiaki font partie d’une même stratégie de tourisme durable pour la destination.

Une stratégie de communication 

Le serment est un outil de sensibilisation parmi tant d’autres dans le cadre d’une stratégie de communication. Multiplier ses canaux et diversifier ses messages permet d’atteindre un plus grand nombre de personnes et différents segments de clientèles.

En plus du Icelandic Pledge, l’Iceland Academy de Visit Iceland a créé des capsules vidéo pour éduquer les touristes sur les bons comportements à adopter lors de leur visite. Plus récemment, Inspired by Iceland a lancé une campagne ludique invitant les voyageurs à apporter leur survêtement pour le transformer en bottes imperméables adaptées aux intempéries locales. Ces méthodes de communication, bien que différentes, partagent un seul et même message : encourager les gens à réaliser des actions écoresponsables.

À retenir

Plus le message d’adoption de pratiques responsables sera diffusé, plus il sera vu, et plus des actions seront susceptibles d’être enclenchées. C’est la raison pour laquelle divers moyens, au-delà du serment, doivent être déployés et partagés de façon soutenue pour assurer l’adhésion aux principes du tourisme durable de la part des voyageurs et des entreprises.
Et vous, pensez-vous créer un serment pour sensibiliser vos visiteurs ?

Quels autres moyens utilisez-vous pour protéger les milieux naturels et les cultures locales ?

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Célébrer le voyage… de façon responsable

En théorie, le moment est pourtant idéal pour améliorer nos comportements. La crise de la COVID-19 aura conscientisé les gens sur de nombreux aspects. En voici quelques exemples.

Notre rapport à la nature

C’est incontestable, les bienfaits du contact avec la nature sur la santé mentale et physique de même que sur la qualité de vie sont démontrés. D’ailleurs, une enquête menée auprès de 3000 adultes par la firme Wunderman Thompson dévoile que 82 % des répondants accordent désormais plus de valeur à la nature qu’avant la pandémie.

Des commerces locaux en santé

Un mouvement de solidarité envers les commerces locaux s’est organisé dans plusieurs régions du monde. Au Québec, des initiatives visant à favoriser les achats dans ce type d’établissements ont porté fruit. Un sondage de la firme Léger révèle que le tiers des répondants disent acheter davantage de produits alimentaires locaux qu’avant la crise. Les entreprises agrotouristiques ont aussi pu constater cet engouement à l’été 2020.

L’effort collectif

Toutes les populations ont dû mettre l’épaule à la roue pour réduire la transmission du virus. Alors que la probabilité de développer des complications associées à la COVID-19 n’est pas la même selon les groupes d’âge, tous, ou presque, se sont pliés aux mesures sanitaires. Les populations sont capables d’une grande solidarité.

Les proches et les voyages

Prendre du bon temps avec les amis et la famille et voyager occupent les premiers rangs dans les listes des choses à faire lorsque ce sera possible. L’interdiction (ou presque) de sortir du pays accentue le désir de découvrir de nouveaux lieux. Créer des moments uniques en vacances avec nos proches s’inscrit dans les souhaits post-COVID.

Faire des choix plus durables

Les excursions et les séjours locaux ont largement été embrassés, faute de pouvoir aller ailleurs. Mais l’opération séduction semble avoir créé un précédent. Au Québec, un sondage de la Chaire de tourisme Transat réalisé auprès de 1172 voyageurs québécois indique que 76 % de ceux ayant effectué un séjour dans la province au courant de l’été 2020 ont l’intention de répéter l’expérience.

Par ailleurs, cette même enquête dévoile qu’un voyageur québécois sur deux est prêt à modifier ses pratiques de voyage pour réduire son empreinte carbone. Quelque 46 % sont même enclins à débourser pour annuler l’impact d’un trajet en voiture aller-retour entre Montréal et Québec. Ils ont aussi dit qu’ils souhaitaient voyager davantage localement (42 %) et prendre plus de temps pour découvrir un seul lieu – slow travel (23 %).

Un fort désir de voyager

Mais entre l’intention et le geste, il existe un fossé difficile à évaluer. La reprise laisse présager une forte volonté de découvertes touristiques, malgré une baisse d’optimisme depuis l’été 2021. Un sondage réalisé par la firme Destination Analyst en septembre auprès des voyageurs américains dévoile que 71,4 % de ceux-ci sont excités à l’idée de partir à nouveau au cours des 12 prochains mois. Lors de cette même enquête menée en juin 2021, près du quart des répondants émettaient le souhait de changer leurs comportements de voyage. Ils envisageaient, entre autres, d’en faire davantage.

Selon l’enquête annuelle World Travel Monitor réalisée auprès de quelque 500 000 répondants dans plus de 60 pays, les vacances au soleil et à la plage sont les plus convoitées pour 2021. Les séjours urbains arrivent au 2e rang, suivis des vacances axées sur la nature et le plein air. 

Des offres responsables et séduisantes

Le virage vers un tourisme plus durable devra s’opérer de concert avec l’ensemble des secteurs impliqués. La responsabilité ne repose pas que sur les épaules du voyageur. L’industrie doit proposer des choix durables attractifs qui déclencheront un véritable engouement auprès des différents marchés. L’industrie touristique agit déjà sur plusieurs plans au chapitre environnemental : protection de la biodiversité par les aires protégées, écotourisme, économie collaborative, adhésion à des certifications, compensation de carbone, implication des résidents, etc.

Des voyages lents

Le voyage post-pandémique sera considéré comme un outil thérapeutique, une façon de vivre des moments de bien-être, de bonheur, de divertissement, mais aussi de transformation. Cela peut se traduire, pour certains marchés, par des voyages d’aventure en petits groupes dans des destinations hors des sentiers battus où les guides locaux sont mis à contribution et où le transport actif est privilégié, comme l’offre l’entreprise québécoise Karavaniers. Tous les voyages vendus comprennent un montant compensatoire pour les émissions de gaz à effet de serre produits par les déplacements en transport aérien. L’agence britannique Byway propose quant à elle des séjours qui ne requièrent pas de déplacement en avion.

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Source : karavaniers.com

Des milieux urbains verts et dynamiques

Cette nouvelle façon de voyager peut aussi mener à la découverte d’une ville qui a tout mis en œuvre pour le bien-être de ses résidents, pour que son développement ne se fasse pas au détriment de l’environnement et que la mobilité active et le transport collectif innovant soient au cœur des projets. La capitale de la Slovénie, Ljubljana, peut compter sur de nombreux atouts comme ses bâtiments historiques, ses canaux, son patrimoine ou encore sa culture éclectique pour attirer les touristes. Toutefois elle ne mise pas sur une croissance du nombre de nuitées à tout prix. Au contraire, le développement de la ville a été méticuleusement planifié et il doit d’abord profiter aux résidents. La Ville a d’ailleurs reçu de nombreuses distinctions à cet effet.

Adopter les valeurs des résidents

Voyager de façon responsable signifie aussi de découvrir le mode de vie des populations locales. La Finlande propose ainsi d’adopter les habitudes de ses habitants pour mieux vivre la destination. En tête du palmarès du bonheur selon le World Hapiness Report pour une 4e année consécutive, la Finlande, par le biais de l’organisation de gestion de la destination Visit Finland, partage la recette de ce bonheur. Chaque année, une campagne souligne les principes qui seraient à l’origine de cet art de vivre. La culture du sauna, le contact privilégié avec la nature, la relation particulière avec le froid et l’hiver : ces valeurs font partie de l’ADN de la destination et sont continuellement communiquées, souvent de façon amusante, aux voyageurs potentiels.

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Source : Visit Finland

Une mission collective

Les actions requises pour se tourner vers une économie verte sont multiples. La poursuite de cette transition reposera sur la connaissance, la créativité, les partenariats, des investissements conséquents et surtout, une démarche collective et concertée, afin de maximiser le potentiel et les bénéfices pour les voyageurs, les entreprises touristiques et les collectivités.

La société est capable de répondre très rapidement à une urgence directe. La crise nous démontre qu’il est possible d’avoir des cibles ambitieuses et de changer drastiquement certaines pratiques pour modifier des comportements. Chaque crise marque un nouveau départ. Faisons en sorte que celui du tourisme emprunte la voie de la responsabilité.

 

Image à la une : Unsplash

 

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Hawaï : voyager et redonner à la communauté

Le programme Mālama Hawaii, lancé en juin 2021 par Hawaii Tourism Authority et le Hawaii Visitors and Convention Bureau, invite les visiteurs à « donner en retour » — traduction libre de l’expression mālama. Participer à des initiatives de reforestation, de nettoyage de plage, effectuer des travaux d’entretien sur un cuirassé historique, les options pour s’impliquer sont diversifiées.

 

Des expériences immersives

Le programme rassemble ainsi des organismes communautaires reconnus et une centaine d’hôtels et de campings à travers l’archipel d’Hawaï. Ceux-ci ont conclu des ententes afin d’offrir à leurs clients des occasions de volontourisme branchées sur les besoins du milieu.

À titre d’exemple, le voyageur qui se procure un forfait Mālama Hawaii au camping Camp Olowalu obtient un rabais de 10 % en s’engageant dans l’activité de bénévolat encadrée. Celle-ci consiste à contribuer à la réhabilitation d’un milieu naturel de la région par le retrait de plantes envahissantes et la plantation d’espèces indigènes. L’organisme responsable de ce projet, Kipuka Olowalu, guide et informe les visiteurs sur l’histoire du lieu, l’importance de sa restauration, les façons de procéder, en plus de leur inculquer quelques notions sur la culture du peuple en lien avec cette nature. Le participant s’ouvre ainsi à une expérience enrichissante et immersive tout en contribuant à l’amélioration du milieu.

SourceKipuka Olowalu 

D’autres établissements, en partenariat avec la Pacific Whale Foundation, fournissent l’équipement nécessaire pour nettoyer les berges. Le client remplit un formulaire dans lequel il décrit les matériaux et déchets amassés avant de faire parvenir le tout à l’organisme en question. Ce travail lui permet d’obtenir une nuitée gratuite à l’hôtel participant.

  

SourcePacific Whale Foundation 

Relance : profiter de l’impulsion du moment

La reprise du tourisme constitue une occasion pour tenter d’aborder le voyage différemment et d’offrir des avenues plus engageantes pour le visiteur envers la destination. Voilà qui favorise une plus grande responsabilisation de l’entreprise et du client. L’expérience touristique ne peut qu’en être plus riche et mémorable.

 

Source image à la une : Hawaii Tourism Authority

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Un geste à la fois pour atteindre l’économie circulaire

S’approvisionner de façon locale, privilégier le partage de produits, ainsi que valoriser les biens en fin de vie sont des pratiques qui aident à diminuer la quantité de ressources premières utilisées et les émissions de carbone générées. La consommation et la production responsables, qui font partie des 17 objectifs de l’ONU à atteindre d’ici 2030, sont au cœur de l’économie circulaire:

 

 

« L’économie circulaire est un système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités ». – Pôle québécois de concertation sur l’économie circulaire

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Source : Recyc-Québec

Recyc-Québec, en collaboration avec Circle Economy, un organisme dédié à la promotion internationale de l’économie circulaire, a publié le premier Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec. Ce chiffre est évalué à 3,5 % pour la Belle Province. Circle Economy souligne qu’un indice mondial de 17 % permettrait de diminuer de 39 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2032.

Qu’en est-il du tourisme ?

« Soutenir la transition vers une économie circulaire » constitue l’un des cinq axes présentés dans le Plan d’action pour un tourisme responsable et durable 2020-2025 du ministère du Tourisme du Québec.

Puisque l’économie circulaire est une chaîne d’opérations, le gestionnaire peut intervenir à un stade précis. Le tout est un projet collaboratif entre divers acteurs visant à optimiser l’utilisation d’un bien. Le dirigeant doit se demander:

  • À quelle phase de cette chaîne puis-je réaliser des actions pour minimiser l’impact néfaste des activités de mon entreprise sur l’environnement ?
  • Est-il possible de coopérer avec une autre organisation pour réduire les déchets engendrés autant en amont de cette chaîne (écoconception) qu’en aval (donner une deuxième vie au produit) ?

Voici quelques initiatives inspirantes se retrouvant dans les différentes étapes du cycle de vie d’un bien.

Favoriser l’approvisionnement local

Les gestionnaires de La cabane à manger, située en Bretagne, cuisinent à partir d’ingrédients disponibles dans leur région. Les algues sont récoltées tout près de leur emplacement et le poisson a été acheté au port avoisinant. L’Auberge des Glaçis, dans la région de Chaudière-Appalaches, collabore avec plus de 70 producteurs locaux pour concevoir son menu. D’autres propriétaires exploitent leur propre potager afin de s’assurer de la fraicheur des aliments. C’est d’ailleurs le cas des Jardins de Métis, dont les aliments du restaurant sont cultivés à quelques pas de la cuisine.

L’aménagement paysager du Nordik Spa de Chelsea, en Outaouais, a été réalisé à l’aide de matériaux naturels dénichés sur son terrain. L’entreprise a même planté des arbres pour compenser les quelques coupes causées par ses activités de construction. Le ravitaillement en eau des spas provient d’un aqueduc municipal. Cela permet d’éviter le transport de 70 000 litres d’eau, acheminés par quatre camions chaque jour. Finalement, la chaleur dégagée par les bassins est récupérée pour chauffer les bâtiments. Pour plus d’exemples sur l’approvisionnement responsable, consultez cette analyse.

Privilégier l’écoconception

L’entreprise québécoise Nova propose de la vaisselle compostable et des boîtes alimentaires écoresponsables à des organisations. Une grande variété de produits est offerte dont les tasses, les bols, la coutellerie et les moules à muffins.

Source : Evoware

Des emballages et des ustensiles comestibles font également leur apparition sur le marché. Afin de pallier la pollution liée aux plastiques à usage unique, la jeune pousse indonésienne Evoware a conçu une pellicule biodégradable à base d’algues pouvant se dissoudre dans l’eau ou être consommée. Cette membrane sert à contenir les aliments tels que le café soluble ou des assaisonnements, et se décliner en différentes saveurs, couleurs, et même à l’effigie d’une marque spécifique. En Europe, l’entreprise française Koovee offre des ustensiles comestibles aromatisés aux fines herbes et à la fleur d’oranger. Une belle alternative écologique qui rehausse le goût des repas.

Encourager le partage

L’initiative montréalaise La tasse permet aux clients de payer un supplément de 5 $ aux entreprises membres pour recevoir une tasse réutilisable à l’achat d’un breuvage. Le consommateur récupère son argent lorsqu’il la rapporte. On compte aujourd’hui 400 commerces participants partout au Québec. Sous ce même concept, l’organisation québécoise Retournzy développe actuellement un système de consignes pour des contenants à emporter.

Afin de favoriser l’exploration lente d’une région, certaines entreprises proposent la location de vélos. C’est ce que permet Baiecycle et Écomobilité, situées à Baie-Saint-Paul, ainsi que Champagne et Paradis à Kamouraska.

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Source : La Vague

Réutiliser un produit en fin de vie

Disponible dans plusieurs pays, l’application Too Good To Go permet aux restaurateurs de vendre à moindre coût des paniers surprises composés des restants de la journée. En 2019, 10 millions de boîtes ont été affichées sur la plateforme mobile. Au Québec, dans Charlevoix, les propriétaires de la BioFerme les Caps créent de la choucroute à partir de feuilles de thé fermentées préalablement utilisées pour leur production de kombucha. La microbrasserie Tête d’Allumette, située à Saint-André-de-Kamouraska, donne ses résidus brassicoles aux agriculteurs de la région afin de nourrir leurs bovins.

À Amsterdam, les gestionnaires de l’hôtel QO s’efforcent de réduire l’impact environnemental du bâtiment. Lors de sa construction, près du tiers du béton provenait des débris de la démolition d’un édifice avoisinant. L’eau usée des douches et des lavabos est, quant à elle, réutilisée pour contrôler la température des chambres. À Percé, en Gaspésie, du plastique recyclé sera incorporé dans le bitume utilisé pour le pavage des routes ainsi que dans le mobilier urbain. Il s’agira de la première rue écoconsciente de la province en 2022.

Par où commencer ?

Que ce soit par la création de partenariats ou par l’implantation de nouvelles pratiques responsables, chaque gestionnaire touristique peut intégrer une ou plusieurs actions en économie circulaire dans ses activités d’entreprise. Il suffit d’y aller un geste à la fois.

  • Est-ce que les ressources employées sont locales ?
  • Est-ce que les emballages sont compostables ou réutilisables ?
  • Est-ce possible de donner une deuxième vie à mes produits ?

Et vous, quelles actions pourriez-vous réaliser ?

 

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