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S’unir pour devenir plus « SMART »

Qu’ont en commun le Musée des machines textiles, l’écomusée Val Résia, le château de Ritz et le Musée de la machine à écrire ? Hormis le fait qu’ils sont tous situés dans les Alpes italiennes, il s’agit d’institutions muséales qui se sont associées pour former le SMART (Small Museums Alliance Representing Territories). Ce projet vise à accroître l’attractivité et l’accessibilité par la création de nouveaux produits culturels supportés par la technologie.  

Le projet SMART vise trois objectifs spécifiques :  

-La valorisation des identités locales et du patrimoine historique et naturel ;

-La promotion du design universel à travers des parcours multisensoriels capables de rendre la découverte du territoire personnalisée et inclusive ;

-La diffusion des itinéraires touristiques multimédias pouvant exploiter les nouvelles technologies, telles que la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

Le partenariat entre les musées repose sur quatre composantes clés :  

L’accessibilité 

L’accessibilité est le thème central du projet. L’expérience est adaptée à toutes les catégories de visiteurs que ce soit les familles, les groupes scolaires, les personnes à mobilité réduite ou à besoins particuliers, les touristes internationaux et les locaux.  

L’innovation

Les solutions technologiques optimisent la découverte des territoires et valorisent les musées. Le contenu diffusé avec la réalité augmentée permet à la fois d’offrir une expérience plus complète in situ et donne la chance aux visiteurs de mieux comprendre les milieux alpins dans leur complexité, leur diversité et leurs similitudes. 

La participation 

L’implication des communautés locales est au cœur du projet. Elles valorisent le patrimoine culturel en tant que bien commun en créant une prise de conscience sur sa richesse et sa fragilité et en misant sur le sentiment d’appartenance. De plus, elles participent à la conception du contenu de certaines activités grâce à des ateliers de création où elles partagent leurs histoires et leurs connaissances à l’écrit ou à l’oral. 

La stratégie 

Le projet comprend la promotion et la valorisation d’une identité alpine commune. La plateforme virtuelle développée par les responsables de SMART servira ultimement d’espace de coopération fournissant notamment des connaissances, des guides, des outils numériques aux experts de la région. 

Depuis 2019, de nombreux projets ont été développés en collaboration avec les citoyens et les responsables des musées, totalisant 1,5 millions de dollars canadiens.  

Voici quelques exemples : 

-3 parcours audio 

-4 visites virtuelles pour chacun des musées 

-8 reproductions numériques (voir image) 

(Exemple d’un Krösma, source : Economusée Val Résia)

-20 impressions 3D 

-Un film accessible en réalité virtuelle

-3 webinaires/moocs pour la formation à distance des parties prenantes sur la participation, l’accessibilité et l’innovation 

-Une plateforme Web pour une exposition comprenant des éléments de réalité virtuelle et du contenu multimédia (voir l’image suivante). 

Source : SMART 

Ce regroupement de musées prouve qu’il est possible de promouvoir linnovation, linclusivité et laccessibilité pour tous dans le secteur culturel. La technologie devient un outil formidable pour briser des barrières physiques sans compromettre la connexion que les communautés développent avec leur territoire et leur patrimoine.  

Image à la une : Pexels

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Les pèlerinages en mutation

Le pèlerinage virtuel

Durant la pandémie, la plus grande alternative au pèlerinage physique a été son pendant virtuel. Plusieurs sanctuaires ont diffusé des événements, à l’aide de plateformes numériques telles que Zoom, YouTube et Facebook ou via des sites Web dédiés. Mais qu’ont pensé les participants de ces initiatives ?  

Une étude netnographique analysant les commentaires des pèlerins sur les cinq pages Facebook (français, anglais, espagnol, portugais, italien) du e-Pèlerinage intitulé Lourdes United organisé par le sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes (lire aussi : Tourisme religieux : Retour sur la pandémie) révèle que : 

  • La communauté qui se trouve sur les médias sociaux est différente de celle observée avant la pandémie. Le Sanctuaire aurait donc la possibilité d’exploiter un nouveau segment de clientèle ; 
  • Lourdes United présente un potentiel de croissance : les cyberpèlerins pourraient se transformer à l’avenir en visiteurs réels ; 
  • Les participants ont été entièrement satisfaits de la diffusion, bien que la version traditionnelle leur ait manqué ;  
  • Même si l’événement a été diffusé sur le Web, cela n’a pas nui à la foi des croyants envers la capacité de Lourdes à guérir ; 
  • Les participants ont apprécié les efforts mis en place par le sanctuaire pour poursuivre la tradition ; 
  • Les rites et les rituels ayant été maintenus, la prestation de l’événement pouvait encore être considérée comme traditionnelle, mais avec une touche de modernité. 

Les cyberpèlerins pourraient se transformer à l’avenir en visiteurs réels.

Lancé en 2020, le pèlerinage en est aujourd’hui à sa troisième édition virtuelle. En parallèle, le sanctuaire anime aussi un site Web interactif qui permet aux pèlerins d’afficher des intentions de prières, d’allumer des bougies électroniquement au sanctuaire, de demander une messe individuelle et de faire des dons. Il utilise également une technologie de webcam pour emmener 24 h/24 h les internautes directement à la grotte mariale via sa plateforme « Lourdes TV ». L’une des principales motivations derrière les changements à Lourdes est le désir de renforcer son modèle commercial en cas de futures pandémies et autres menaces économiques mondiales.  

En comparaison, certains petits lieux de pèlerinages locaux tels que le Bradwell Pilgrimage dans l’Essex ont, quant à eux, opté pour une autre approche virtuelle plus modeste qui consiste en la compilation préenregistrée d’hymnes, de prières, de sermons, de réflexions spirituelles, de poèmes et d’autres contenus religieux.  

 Le pèlerinage de « substitution »

Apparu au Moyen Âge, le pèlerinage de substitution ou par procuration n’est pas une pratique nouvelle. Elle peut prendre deux formes :  

1. Se substituer à une personne : un proche entreprend un pèlerinage pour une personne qui ne peut pas le faire par elle-même ; 

2. Substituer un lieu ou un autre:  lorsqu’il est impossible de se rendre dans un lieu saint, des répliques ou d’autres espaces dédiés existent en dehors du site d’origine. 

Pendant la pandémie, la substitution de lieu est apparue comme l’option la plus adaptée pour effectuer certains pèlerinages.

Pendant la récente pandémie, la substitution de lieu est apparue comme l’option la plus adaptée pour effectuer certains pèlerinages. Lorsqu’il était impossible de se rendre en Espagne ou au Portugal, beaucoup ont commencé à chercher des alternatives locales du Chemin de Compostelle, découvrant ainsi l’héritage historique du pèlerinage dans leur région.  

Il semble toutefois peu probable que les pèlerins renoncent complètement à aller aux sites originaux, mais les pèlerinages de substitution peuvent leur offrir l’occasion de découvrir d’autres lieux en attendant d’entreprendre le grand voyage. 

Mini-pèlerinages 

Le «micro» ou le «mini» pèlerinage est une forme courte qui le rend plus accessible. Durant la pandémie, cette pratique s’est multipliée avec la naissance de nouveaux itinéraires tels que le «Bodmin Way Mini-Pilgrimage», une marche 20km. 

Source: The Bodmin Way

Dautres micro-pèlerinages en côtoient un plus long, offrant aux participants un choix de distance. C’est le cas de lAbbaye Cwmhir Heritage Trust au Pays de Galles, qui pour la première fois en 2022, a offert une offre secondaire à son itinéraire habituel de 40km qui consiste en un mini-trajet de 25km. De son côté, dans le cadre des célébrations de ses 1000 ans de fondation en 2022, la cathédrale SaintEdmundsbury a annoncé deux circuits. Le premier consiste en sa marche traditionnelle de 120km et le second est un nouvel itinéraire d’un jour intitulé «Day Pilgrim» 

Pèlerinages locaux

Durant la pandémie, la marche de confinement était promue comme la solution pour améliorer la santé mentale et physique des individus tout en les gardant proches de chez eux. Les destinations ont tenté de mettre de l’avant les pèlerinages locaux auprès des communautés de proximité. Aux États-Unis, des livres et des articles ont encouragé les catholiques à explorer le patrimoine religieux de leur propre pays au lieu de voyager à l’étranger. Un phénomène similaire a pu être vu en Australie avec The Catholic Weekly, recommandant sept des meilleurs pèlerinages nationaux. L’accent était mis sur les notions d’escapade et le bienfait physique et mental. 

Nouveaux pèlerinages

On note aussi la tendance des individus à créer leurs propres itinéraires. Certaines initiatives ont attiré l’attention de la presse locale, comme celle d’un couple australien qui, incapable de se rendre en Espagne, a créé son propre pèlerinage nommé le « Camino de Sydney ».  

Source : Camino de Sydney

Par ailleurs, le site du British Pilgrimage Trust propose un guide qui aide à la création d’un itinéraire personnalisé – soit à pied, à cheval, à vélo ou avec une mule – vers des lieux saints en Grande-Bretagne. 

Les tendances mises en évidence émergeaient déjà avant l’avènement de la pandémie, mais à l’heure où la technologie, le bien-être, les formes personnalisées de spiritualité, la promotion d’un pèlerinage vert et la valorisation du tourisme lent font déjà partie intégrante de la société contemporaine, celles-ci accélèrent le rythme de ces développements. 

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Tourisme religieux : retour sur la pandémie

Les lieux saints au cœur de la tourmente…

En 2019, les perspectives du pèlerinage et du tourisme religieux s’annonçaient au beau fixe et un nombre important de pèlerins étaient enregistrés dans plusieurs sanctuaires à travers le monde. La Terre sainte a par exemple, accueilli un record de 4,5 millions de pèlerins, mais au printemps 2020, tout a basculé. Au cœur de la pandémie, cette destination phare du tourisme religieux n’a enregistré aucun pèlerin, une première depuis 1 600 ans ! Les pertes économiques ont été estimées à environ 320 millions de dollars américains.  

D’autres lieux de culte importants à travers le monde ont également accusé d’énormes pertes à cause de la fermeture de leurs portes. C’est le cas de La Basilique de Guadalupe à Mexico City, Notre-Dame-de-Lourdes en France et Notre-Dame de Fátima au Portugal. Ces sanctuaires qui reçoivent en moyenne de 6 à 10 millions de visiteurs par année furent désertés. 

En Grande-Bretagne, l’association des cathédrales anglaises avait déclaré 2020 « année nationale des cathédrales, année du pèlerinage ». Une série d’événements festifs et commémoratifs étaient prévus, dont le festival « Becket 2020 » marquant les 850 ans de la mort de Thomas Becket, l’archevêque assassiné dans la cathédrale de Canterbury. Tous les événements rattachés à cette grande célébration ont été annulés ou reportés. 

Source : Cathedral Isle of Man

Au Québec, la chute du nombre de touristes internationaux et la limitation du nombre de personnes pouvant visiter les lieux de cultes ont eu un impact négatif sur l’achalandage de ceux-ci. 

Une motivation inébranlée

Cela dit, tout au long de cette succession d’événements, plusieurs recherches ont démontré que le pèlerinage et le tourisme religieux ont fait preuve de résilience. Au lieu d’affaiblir le désir d’entreprendre des pèlerinages vers des lieux sacrés, la pandémie l’aurait, en fait, renforcé. Une étude basée sur des recherches menées pendant la pandémie et sur des entretiens avec des agents travaillant avec les pèlerins du Chemin de Compostelle, indique que ceux-ci étaient prêts à parcourir le Camino malgré l’absence de la gratification culturelle ou sociale qui s’y rattache. 

En effet, les quelques pèlerins autorisés à prendre la route à certaines périodes durant la pandémie ont vécu de grandes restrictions qui concernaientaussi bien l’hébergement (capacité d’accueil très limitée dans les auberges demeurées ouvertes), la socialisation (isolement des pèlerins les uns des autres ainsi que des résidents) et lanimation dans les auberges alors dépourvues de leur caractère convivial et rassembleur. Ces contraintes ne les ont pourtant pas empêchés d’entreprendre le pèlerinage.

Source : Pixabay

On constate le même phénomène de résilience au Québec dans un sondage réalisé par Événements Attractions Québec en mars 2022, indiquant que 30 % des Québécois avaient l’intention d’explorer un lieu touristique à caractère religieux au cours de l’été, c’est-à-dire deux fois plus qu’avant la pandémie. 

Le pèlerinage comme remède naturel

Durant la pandémie, le choix d’un voyage en immersion dans la nature est devenu une raison de plus en plus citée pour s’engager dans un pèlerinage. Selon une enquête du British Pilgrimage Trust, environ la moitié des personnes interrogées ont mentionné le bien-être émotionnel, la connexion avec la nature, la spiritualité ou le patrimoine culturel comme leurs principales motivations.  

À la sortie d’une crise pandémique où la population a été désengagée de son environnement, le monde a été sensibilisé à la valeur des différentes caractéristiques du pèlerinage et à ses bienfaits. À ce titre, on peut citer le bien-être qu’il procure grâce à sa lenteur et à l’espace physique et mental qu’il permet de créer, l’invitation qu’il offre aux pèlerins de pouvoir se centrer sur eux et revoir leurs objectifs ainsi que la possibilité de reprendre contact avec la nature. 

Des stratégies d’adaptation variées

Si face aux mesures restrictives et aux interdictions de voyager, les pèlerins ont fait preuve de résilience, les lieux de pèlerinage ont, à leur tour, adopté des solutions créatives pour atténuer les perturbations causées par la pandémie. 

C’est ainsi que le pèlerinage du dimanche Reek à Croagh Patrick, en Irlande, qui avait été annulé en 2020, a repris en 2021 sous un format étendu durant tout le mois de juillet. Cela a permis aux gens d’effectuer le pèlerinage en toute sécurité avec un plus petit nombre chaque jour.  

Un privilège papal similaire a été accordé à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle lorsque le Xacobeo (Année Sainte survenant lorsque la fête de Saint-Jacques tombe un dimanche, la dernière remontant à 2010) a été allongé pour intégrer 2021 ainsi que 2022.  

Notre-Dame de Lourdes a franchi le pas du virtuel

Plusieurs sites religieux ont également eu recours aux plateformes de médias sociaux pour la tenue d’événements virtuels. L’initiative la plus remarquée est sans doute celle du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes qui a lancé Lourdes United, son premier pèlerinage religieux numérique (epèlerinage). 

Avant, le sanctuaire n’avait qu’une seule page Facebook en langue française, mais pour le pèlerinage, il a créé quatre autres pages Facebook, en anglais, espagnol, italien et portugais. Le Sanctuaire est alors passé de 6 millions de visiteurs chaque année à une audience cumulée (toutes plateformes en ligne confondues) de 80 millions de téléspectateurs pour le pèlerinage virtuel du 16 juillet 2020. 

Tout au long de l’histoire, les voyages religieux, l’une des plus anciennes formes de tourisme dans le monde, se sont organisés malgré les risques, les guerres et les épidémies. Dans le contexte de la récente pandémie, leur résilience face à l’adversité a encore une fois été démontrée. 

Dans une prochaine analyse, nous aborderons quelques tendances de pèlerinages qui se sont dessinées à la suite de la récente crise sanitaire. 

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L’offre culinaire autochtone au Québec : occasions et défis

Près de 90 % des Québécois démontrent un intérêt à pratiquer une activité touristique autochtone, comme la visite d’un site traditionnel ou la participation à une activité d’excursion en nature. C’est ce que démontrent les résultats d’une récente étude menée par Léger en janvier et février 2022 pour Tourisme Autochtone Québec auprès d’un peu plus de 2 000 répondants ayant voyagé dans la province depuis les cinq dernières années. Cela dit, quelque 53 % des Québécois affirment n’avoir jamais pratiqué une activité culturelle autochtone au Québec par le passé. Selon ce même sondage, 88 % d’entre eux disent avoir une faible connaissance (voire aucune connaissance) des différents produits touristiques du secteur. Cette méconnaissance constitue un frein à leur découverte pour une grande part des répondants (45 %). Les Québécois affichent donc un intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones, mais connaissent peu l’offre disponible.  

Les Québécois affichent un intérêt envers les communautés et le tourisme autochtones, mais connaissent peu l’offre disponible.

La découverte du patrimoine alimentaire autochtone représente un premier pas accessible qui permet d’aller à la rencontre des cultures des différentes communautés.  

Une diversification des propositions

Depuis les dernières années, de nombreux chefs culinaires ont ouvert des restaurants qui mettent en valeur les saveurs autochtones, c’est le cas notamment pour Norma Condo de l’établissement Miqmak Catering Indigenous Kitchen, situé dans l’ouest de l’île de Montréal. 

Différentes boutiques gourmandes ont aussi fait leur entrée sur le marché. Les entreprises Wigwam et Les Épices du guerrier sont des exemples. Elles proposent des gammes de produits utilisant des plantes, des herbes et des épices issues du patrimoine alimentaire des premières nations. 

Les festivals et événements gourmands ont également emboîté le pas. La dernière édition de Montréal en Lumière, en février dernier, a souligné les savoirs autochtones en invitant, pour la toute première fois, des chefs autochtones du Canada à prendre part à l’événement.  

Source: Facebook Montréal en Lumière 

À l’échelle du pays, l’offre culinaire autochtone s’intensifie tout autant. Dans son répertoire de 2021, l’Association touristique autochtone du Canada (ATAC) liste plus d’une quarantaine de restaurants, services de traiteurs, brasseries, vignobles et entreprises gourmandes d’exception. La Square Timber Brewing Company à Pembroke en Ontario, la Indigenous World Winery à Westbank Kelowna en Colombie-Britannique et le restaurant Sagamité à Québec y figurent notamment. 

Des propositions de plus en plus diversifiées sont donc disponibles sur la scène culinaire québécoise, mais également canadienne. Qu’est-ce qui pourrait expliquer cet essor des dernières années ?  

Un leg de la pandémie ?

Maxime Lizotte, chef cuisinier-pâtissier de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk, était le principal intervenant du plus récent webinaire donné par l’Institut du Patrimoine culturel (IPAC) de l’Université Laval dans le cadre du séminaire La communication alimentaire 

L’enthousiasme pour les produits locaux et responsables pourrait avoir contribué à stimuler la curiosité des Québécois envers le patrimoine alimentaire autochtone.

Maxime Lizotte précise ainsi que l’enthousiasme pour les produits locaux et responsables, particulièrement depuis le début de la pandémie, pourrait avoir contribué à stimuler la curiosité des Québécois envers le patrimoine alimentaire autochtone. Cela expliquerait en partie la croissance de l’offre depuis les dernières années. En entretien avec la Chaire de tourisme Transat, Laurence Lainé, conseillère en communication et événements chez Tourisme Autochtone Québec est du même avis et ajoute que l’impact positif se ressent aussi sur le tourisme autochtone en général. Selon elle, l’art de la table et la gastronomie sont des tendances actuelles et le fait de s’intéresser aux traditions culinaires autochtones représente une porte d’entrée pour découvrir les cultures des différentes nations. En alliant traditions et modernité, l’offre culinaire autochtone s’est adaptée aux clientèles pour mettre de l’avant un produit accessible et complémentaire aux techniques ancestrales utilisées encore aujourd’hui. Laurence Lainé ajoute également que le processus de réconciliation des dernières années a joué un rôle dans l’émancipation du tourisme autochtone.

Source : Tourisme Autochtone Québec

Des défis qui demeurent

Selon une étude de 2021 de l’ATAC et du Conference Board of Canada (CBOC), le domaine de la restauration et des loisirs et activités de plein air ont connu les pertes d’emplois les plus importantes du secteur touristique autochtone en 2020-2021. Un sondage effectué en interne auprès des membres de Tourisme Autochtone Québec vient ajouter à ce constat que le recrutement et la rétention de main-d’œuvre ainsi que le financement sont les deux plus grands enjeux relevés par les répondants.  

Au-delà de ces défis, Laurence Hamel-Charest souligne dans son mémoire qui analyse les enjeux de la restauration autochtone au Canada que ce type de cuisine fait partie d’un créneau alimentaire difficile à circonscrire comme elle est très diversifiée. Cet aspect peut parfois nuire à son émancipation ou à sa reconnaissance. Elle ajoute « Si une certaine valorisation positive semble s’observer progressivement au cours des dernières années, avec la présence plus importante des cultures autochtones sur la scène publique, il reste que les représentations négatives qui leur sont associées, ainsi que la méconnaissance à leur endroit, restent omniprésentes. »  

Enfin, le chef Maxime Lizotte observe des problèmes d’approvisionnement, comme c’est le cas pour l’ensemble des restaurateurs québécois. La souveraineté alimentaire du Québec demeure un objectif pour plusieurs chefs et doit devenir une priorité selon eux, notamment pour la poursuite de la démocratisation du patrimoine gourmand des différentes communautés.  

Pourquoi ne pas ajouter une activité autochtone à votre prochain périple ? Cliquez ici pour prendre connaissance de l’offre.

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Destinations Produits et activités

Raconte-moi ta région

En 2022, l’Écosse célèbre l’année des histoires. Il s’agit d’une période au cours de laquelle des histoires inspirées, créées ou écrites dans le pays sont présentées et célébrées. Des icônes de la littérature aux contes locaux, le projet vise à encourager les habitants et les visiteurs à participer à des événements et à explorer les lieux, les personnes et les cultures liées à toutes les formes dhistoires, passées et présentes.

Depuis 2014, l’Écosse met en valeur les caractéristiques qui la rendent unique avec les « Années thématiques ». Cette initiative vise à promouvoir, célébrer et engager l’industrie touristique à travers le pays. Les événements sont organisés par des groupes communautaires, des musées, des sites patrimoniaux et dautres attractions touristiques. 

Quelque 181 projets et 21 événements déclinés en cinq thématiques s’inscrivent à la programmation de 2022 : 

-Histoires iconiques et conteurs  ;

-Nouvelles histoires  ;

-Peuple et lieux d’Écosse  ;

-Contes et légendes locales   ;

-Inspiré par la nature .

Voici quelques exemples d’activités : 

BE United Presents partage les histoires de la communauté noire d’Écosse à travers des performances musicales, des créations orales et des vitrines éphémères au Fruitmarket à Édimbourg. 

-Le Findhorn Bay Festival de Moray Speyside célèbre le patrimoine, le paysage et les habitants de la région par des spectacles de théâtre, des concerts et des rendez-vous culinaires. 

A Yarn Worth Spinning dirigé par The Great Tapestry of Scotland raconte l’histoire et la culture des textiles dans les Scottish Borders avec une exposition et un défilé de mode. 

-Les jardins botaniques d’Édimbourg, Benmore, Logan et Dawyck présentent le thème Of Scotland’s Soils and Soul un voyage multisensoriel célébrant des histoires inspirées par la vie végétale riche et diversifiée de l’Écosse. 

Spectra – Le Festival des lumières d’Écosse célèbre l’humour, le sérieux et la pure galanterie des conteurs écossais. Avec le projet spécial « Writ Large », le festival diffuse la prose et la poésie des meilleurs conteurs contemporains du pays par le biais de projections à grande échelle et de néons. 

Source : InstagramSpectra 

Les histoires sont au cœur de l’expérience touristique. Elles reflètent ce que nous sommes et façonnent la manière dont les autres nous perçoivent. Les marques et les destinations doivent attirer l’attention des gens et toucher leur cœur. Développer les produits ou les activités liées à la culture orale et littéraire constitue une avenue intéressante pour bonifier son offre touristique. Il s’agit également d’un bel exemple d’animation territoriale qui s’appuie sur un fil conducteur pour l’ensemble de ses activités par l’entremise d’années thématiques 

Une idée pour le Québec ? 

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Destinations Tourisme durable

Fiskars : de village en déclin à destination culturelle durable

Le village de Fiskars s’est vu décerner plusieurs distinctions au fil des années. Il a notamment remporté le titre de la destination de l’année dans son pays en 2019, s’est taillé une place dans la liste des Global Top 100 Sustainable Destinations en 2020 et s’est mérité le Green Destination Award — Gold — en 2021. Voici l’histoire inspirante de Fiskars, véritable pôle culturel créatif. 

Une histoire classique

La naissance du village remonte au 17e siècle, en 1649 précisément, quand l’entreprise Fiskars (aujourd’hui Fiskars Group) s’implante dans une petite localité située à une heure de route d’Helsinki pour y établir une fonderie et fabriquer des outils. Plus tard, elle se spécialisera dans les scies, les outils de jardinage et les ciseaux. Ces derniers avec leurs anneaux orange au design ergonomique ont fait la renommée de l’entreprise. Vers la fin du 20e siècle (1980), la compagnie a besoin de plus d’espace et relocalise ses opérations ailleurs en Finlande et aux États-Unis. 

Tel que l’illustre l’image ci-dessous, le village de Fiskars est situé en milieu rural, le long d’une rivière, et compte plusieurs bâtiments historiques. Il fait partie de la commune de Raseborg qui regroupe plusieurs districts et villages. 

Source : Visit Raseborg 

Attirer les artistes

Témoin de la désertion du village par sa population, Ingmar Lindberg, alors vice-président de Fiskars Group et responsable du parc immobilier de l’entreprise, élabore un plan pour maintenir la communauté en vie. Il souhaite poursuivre la tradition d’une collectivité créative, manuelle, artisane. Comme la moitié des bâtiments du village appartient à Fiskars Group, ce dernier possède un grand contrôle sur leur utilisation. La direction procède d’abord à la rénovation des installations pour en faire des ateliers, des studios et des appartements. 

M. Lindberg lance ensuite des invitations à des membres influents de la communauté créative d’Helsinki à venir s’installer à Fiskars, à très bon prix. Les artistes et designers sont ciblés pour leurs compétences, leur créativité et leur renommée. Il ne suffira que d’une vingtaine de personnes qui répondent à l’appel pour que l’effet domino s’enclenche et que d’autres artisans se joignent au mouvement. 

Géré pour et par la communauté

Quelques années plus tard, en 1994, une première exposition d’art est organisée. La qualité des collections présentées, le charme rural des lieux, la beauté des bâtiments historiques et de la nature environnante séduisent les visiteurs. Le bouche-à-oreille opère très rapidement. Suivra ensuite la création de la coopérative Onoma, formée par les artisans, artistes et designers de Fiskars. Aujourd’hui, la gestion du village est assurée par la communauté locale, la coopérative et d’autres intervenants clés de la région.  

Plusieurs événements animent Fiskars et mettent en valeur les produits qui y sont fabriqués comme l’Antiques Fair, le Slow Food Festival, ou encore la Fiskars Village Art & Design Biennale. Chaque événement est organisé en collaboration avec l’organisme de gestion de la destination Raseborg (la commune dont fait partie Fiskars). La Fiskars Village Association est aussi interpellée pour certains aspects. Celle-ci représente tous ceux qui travaillent et vivent dans le village. Elle tient aussi des rencontres entre les anciens et les nouveaux résidents de la communauté créative. 

La vidéo suivante, conçue à la suite de l’obtention du prix Green Destinations Communities & Culture Award, résume bien l’histoire et le type d’offre touristique de Fiskars Village.    

Une approche durable

Cette gouvernance concertée a mis Fiskars Village dans le giron des communautés culturelles durables. Par ailleurs, la préservation et la valorisation de la culture locale, des paysages naturels et bâtis, et aussi des savoir-faire et du bien-être de la communauté font partie des valeurs partagées par les organismes impliqués dans la gestion de Fiskars. Les entreprises qui bénéficient de l’activité touristique mettent en vedette les ressources locales. À titre d’exemple : 

-La brasserie Fiskarsin Panimo, la cidrerie Kuura et la distillerie Ägräs utilisent des herbes sauvages et des baies qui poussent aux alentours pour la fabrication de leurs boissons décorées de diverses distinctions. 

-La scierie fournit les ébénistes avec du bois coupé dans la forêt avoisinante. 

-Le musée Fiskars a recours à un troupeau de moutons pour brouter l’herbe du pâturage sur lequel il se trouve. 

Source: Fiskars Village/Facebook 

Une offre touristique étoffée

Quelque 200 000 visiteurs foulent les rues du petit village chaque année. Ils y découvrent notamment :  

-Un dynamisme de quartier urbain dans un paysage rural féérique et des bâtiments historiques bien restaurés ; 

-Une architecture où l’ancien et le moderne s’harmonisent grâce à des règles de design bien définies pour les nouveaux bâtiments ;  

-Des événements culturels de qualité à différents moments de l’année ; 

-Des activités de plein air pour profiter des beautés naturelles des lieux comme des sentiers de randonnée et de vélo de montagne ; 

-Une offre culturelle très dense — exposition, spectacles, ateliers d’artisans, etc. ; 

-De nombreuses boutiques de fabrication locale et design ; 

-Une offre agrotouristique diversifiée ;  

-De bonnes tables qui valorisent les produits locaux, mais aussi des cafés ; 

-De l’hébergement d’expérience : mini maisons d’architecte, tentes suspendues, cabine au bord du lac. 

Un modèle qui fait des envieux

Aujourd’hui, les entreprises qui souhaitent s’établir à Fiskars s’engagent à respecter les principes du développement durable. Il en est de même pour les artistes qui rejoignent la coopérative Onoma. Cette dernière regroupe un peu plus d’une centaine de membres pour une communauté d’environ 600 habitants. Le succès de Fiskars rayonne et de nombreuses délégations internationales s’y rendent chaque année pour tenter d’importer ce modèle afin de vivifier les municipalités en manque de dynamisme.  

Des facteurs de succès ?

Bien sûr, le fait que l’entreprise à l’origine de ce projet soit propriétaire d’une grande part des bâtiments principaux compte pour beaucoup dans la réussite du projet. Les moyens financiers et la volonté de Fiskars Group de créer une communauté dynamique y ont aussi largement contribué. Mais il y a plusieurs autres leçons à tirer, comme de considérer :   

-Le bien-être de la communauté d’abord ; 

-L’importance que revêt la créativité, l’art, la culture et le design dans qualité de vie de la collectivité ; 

-Le développement local et durable intégré dans la gestion au quotidien ; 

-Les événements et la qualité des installations pour animer les lieux et créer des échanges ; 

-La gouvernance collaborative avec la participation des citoyens. 

Tant que le village de Fiskars sera un lieu où il fait bon vivre et travailler, il demeurera une destination convoitée, tant pour les nouveaux résidents que pour les voyageurs. Il s’agit d’un équilibre indispensable à préserver. 

Image à la une : Fiskars Village/Facebook 

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Pour faire rayonner la culture en milieu rural

Un territoire avec une vitalité et un dynamisme culturel contribue à rendre l’expérience touristique québécoise unique et authentique. C’est également une voie de développement et d’attractivité qui génère un sentiment de fierté dans les communautés et enrichit les milieux de vie.  

L’implantation de nouveaux projets culturels pour animer un lieu demande bien plus que de bonnes intentions. Les projets doivent être intégrés de façon harmonieuse à leur environnement d’accueil. Cela nécessite une connaissance du territoire et de ses réalités. Des collectivités françaises témoignent d’initiatives heureuses qui misent sur la mobilité et la multidisciplinarité des lieux. 

Mobilité : favoriser l’accès à la culture

Dans certains cas, les problématiques des milieux ruraux deviennent des facteurs stimulants et créatifs. Le manque de lieux de diffusion, par exemple, devient une occasion pour les artistes de déployer des projets itinérants qui permettent d’aller à la rencontre des habitants et des visiteurs dans des cadres uniques. 

Ne disposant pas d’un lieu permanent, la Maison CDCN en Occitanie (France) a imaginé un studio mobile qui sert à la fois de local de danse et d’espace de représentation. Depuis 2018, l’objectif du projet est d’être un lieu de création pour les artistes et un outil de lien social et de sensibilisation à la danse. Les concepteurs souhaitent également se rapprocher des habitants et réaliser un maillage sur le territoire tout en permettant la circulation des œuvres. Ils ont créé un dispositif complètement flexible, pouvant s’adapter à l’espace qui l’accueille tel que des salles polyvalentes, des lieux patrimoniaux ou des parcs de quartiers (voir la vidéo suivante). Pour la directrice, Liliane Schaus, il est nécessaire de préparer les habitants avant d’installer le studio mobile dans un village. Une rencontre s’effectue avec les élus et les associations culturelles locales afin de coconstruire le travail d’éducation artistique qui sera réalisé. La responsable affirme également que son projet crée un lieu de rencontre pour la population en plus de favoriser l’accessibilité à la culture. 

Source : Le studio mobile 

En fonction des projets du studio mobile, des mallettes pédagogiques sont conçues pour faire découvrir la danse et développer le sens critique du public lors des séances d’analyse. Le but de ces idées de médiation et d’éducation est de créer un pont avec l’artiste et son œuvre, et de permettre au spectateur d’expérimenter et d’avoir sa propre perception sur la danse. 

Quant à la galerie d’art 2SO, celle-ci mise sur la mobilité pour offrir un outil de médiation culturel plaçant la population des communes Somme Sud-Ouest (Nord de la France) au cœur de la démarche. Les créateurs du projet ont fait le choix que les habitants soient les créateurs des œuvres exposées. Elles sont le résultat de rencontres, de découvertes et de création avec des artistes professionnels pendant plusieurs mois. Pour que l’ensemble de la population puisse y avoir accès, la galerie se déplace dans différents lieux sur le territoire. Selon l’endroit choisi, différentes animations sont également proposées. 

Un maillage agro-culture réussi

La réussite de projets en milieu rural est possible par la mise en place de collaborations entre acteurs issus de différents milieux qui partagent le même territoire.

D’après l’association culturelle Opale, la réussite de projets en milieu rural est possible par la mise en place de collaborations entre acteurs issus de différents milieux qui partagent le même territoire. De nombreux projets liant culture et autres disciplines visent dès leur origine à insuffler une dynamique sociale, voire économique. Selon le Réseau rural national français, ces activités peuvent également jouer un rôle d’attractivité du territoire en contribuant à attirer de nouveaux résidents. Par exemple, les cafés culturels répondent à la fois aux besoins de promotion et de création artistique ainsi qu’au besoin de cohésion sociale des habitants.  

Le projet associatif Polymorphe Corp. a débuté en 2018 au nord de la région d’Auvergne en ayant comme objectif d’agir pour la revitalisation du territoire par la culture et l’agriculture. Les responsables souhaitent prouver aux jeunes générations que la vie en campagne est porteuse d’avenir. Leur arrivée sur un site agricole en déclin a permis à la fois la revalorisation des activités, mais également le développement d’une offre culturelle pratiquement inexistante dans la région. 

Ce tiers-lieu agricole et culturel se veut : 

-Un espace de rencontre et de convivialité ; 

-Un espace de création, de fabrication et de diffusion ; 

-Un espace de démonstration du potentiel rural. 

Source : Polymorphe Corp 

L’offre d’activités est riche et variée : ateliers d’arts plastiques, d’artisanat et de spectacle vivant côtoient les projets de médiation culturelle, les expositions, les concerts et les représentations dartistes en résidence. S’ajoutent à tout cela, des stages en permaculture et des chantiers participatifsdes citoyens peuvent apprendre de nouvelles compétences manuelles tout en aidant à l’entretien ou à la rénovation du site. Ainsi, la richesse du patrimoine naturel et immatériel est mise de l’avant en plus d’une transmission des savoir-faire. L’association participe également à des évènements (tables rondes, rencontres, conférences) touchant la thématique des tiers-lieux et de l’art en milieu rural. La vidéo suivante présente les activités de l’association. 

https://vimeo.com/478897384

Source: Vimeo 

Depuis près de 30ans, le Run Ar Puñs, un café-concert situé à Châteaulin, offre un espace de vie stimulant pour les habitants de la région. Ces derniers peuvent profiter d’une offre pluridisciplinaire et variée en plus d’entrer en contact avec des artistes de tous horizons. Le site se veut également un lieu de rencontre, d’échange et d’accueil pour la relève artistique. Un bar et un marché public se trouvent aussi sur place. 

Source : Run Ar Puñs 

Depuis l’été 2021, le site de Run Ar Puñs connaît de nombreux travaux d’agrandissement et de rénovations pour la création de nouveaux espaces qui valoriseront davantage le territoire. Pour le nouveau restaurant par exemple, celui-ci va bien au-delà de la vocation économique. Pour Solenn Rolandon, chargée des actions culturelles et du développement territorial, il : « s’inscrit dans une volonté plus globale de proposer d’autres manières de produire et de s’alimenter à une échelle locale. Il porte des valeurs d’accessibilité, de mixité, de convivialité et de partage. […] L’enjeu est de sensibiliser à l’alimentation durable et à une agriculture paysanne respectueuse du vivant ». Bien que des activités agricoles soient déjà présentes sur le site, l’ajout d’une nouvelle exploitation agricole permettra de rassembler plusieurs produits locaux sur place. 

Ces différentes initiatives visent un tourisme plus « social » ou de « rencontre », autour d’activités partagées avec des artistes et la population. Les habitants se trouvent au cœur même de la réussite des projets culturels.  

Pourrait-on imaginer ce genre de projet au Québec ? 

Image à la une : Pexels

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Produits et activités

Un concept innovant pour soutenir le spectacle vivant

Au printemps 2020, des artistes et des techniciens du Pays de la Loire (France) ont décidé de continuer à vivre de leur talent malgré le confinement. Ensemble, et avec d’autres professionnels du milieu, ils ont fait preuve d’innovation en imaginant des spectacles pluridisciplinaires (cirque, théâtre, musique, danse, etc.) de courte durée et pouvant se réaliser dans des lieux insolites (à la ferme, au pied d’un immeuble, devant une maison de quartier, etc.). Les porteurs de projet (Ouvrir l’horizon) ont sollicité l’appui financier des collectivités locales (municipalités, départements, régions) et la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) pour donner vie aux «paniers artistiques».  

Source : Ouvrir l’horizon 

À l’image des paniers de légumes bio, où le contenu n’est révélé qu’une fois livré à la maison, les micro-événements sont une surprise, tant pour les organismes ou institutions qui achètent les spectacles, que pour les spectateurs qui y assistent. Lors de l’achat, le coût du panier comprend des temps de création et de répétition ainsi que des représentations. Celles-ci durent de 20 à 30 minutes et sont produites par des artistes de la région. Ces derniers choisissent à quel public sera destiné leur spectacle : jeune public, tout public ou public ciblé (ex. entreprise). Enfin, il est possible d’acheter un panier contenant 5, 10 ou 15 représentations.  

Source : Ouvrir l’horizon 

Selon le bilan régional2020, 29 «paniers artistiques» ont été vendus, ce qui se traduit par la contribution de 300 professionnels du spectacle, 293 représentations et 20 000 heures de travail artistique, technique et administratif. La réalisation de créations artistiques en circuit court a ainsi permis aux artisans du spectacle vivant de maintenir le lien avec le public. À l’automne de la même année, Ouvrir l’horizon s’est structurée en association afin de poursuivre sa mission et de contribuer à l’économie solidaire du secteur.  

À l’issue du bilan régional 2020, le comité de pilotage a décidé de poursuivre ses opérations en 2021 (ActeII) ainsi qu’en 2022 (ActeIII). L’initiative a aussi inspiré la région Auvergne-Rhône-Alpes à se lancer dans une aventure similaire. Pourrait-on imaginer des paniers artistiques au Québec? 

Image à la une : Pexels

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Produits et activités

Entre l’histoire et la généalogie : le cas des circuits du Kamouraska

Quelles familles ont fondé ou joué un rôle déterminant dans le développement des régions du Québec ? L’organisme Parcours Fil Rouge s’est intéressé à cette question. Depuis 2018, il élabore des circuits à saveur historique et généalogique qui sont diffusés sur la plateforme Passeurs de mémoire. À l’heure actuelle, 24 circuits sillonnent la région du Kamouraska et permettent aux visiteurs de découvrir le passé de ces gens qui ont marqué le territoire.

Un potentiel à développer

Le Québec possède des archives documentaires impressionnantes. En effet, depuis plus de quatre siècles, les actes de naissance, de mariage et de sépulture sont conservés avec soin. Au début des colonies, la provenance des migrants était aussi notée dans des registres. D’autres sources rassemblent également les dates et les lieux de départ et d’arrivée des colons, le nom du navire sur lequel ils ont voyagé ainsi que le nom des personnes qui les accompagnaient. Ces précieuses informations sont scrutées chaque année par des amateurs de généalogie qui cherchent à retracer le parcours effectué par leurs ancêtres et aussi à découvrir quelques histoires et anecdotes qui témoignent de la vie d’autrefois.

L’intérêt pour la généalogie ne date pas d’hier. Cependant, plusieurs experts s’entendent pour dire que les tests d’ADN offerts depuis quelques années ont en quelque sorte donné un second souffle à ce loisir.

Structurer une offre sous la forme de circuits

Passeurs de mémoire rassemble en un endroit toutes les informations disponibles de certaines familles qui ont vécu sur le territoire. Bérubé, Lévesque, Deschamps, Lizotte, Michaud… voilà quelques noms qui résonnent sur les vastes plaines du Kamouraska.

Pour quelques dollars, les visiteurs peuvent télécharger les circuits autoguidés et partir à la découverte de la région. Des récits, des faits, des photos, des bâtiments et des vestiges ponctuent les itinéraires. L’organisme Parcours Fil Rouge a également installé des « marqueurs familles » dans le but d’identifier des lieux précis, par exemple la terre de certains ancêtres. Au cimetière de la localité, un « mémorial » facilite l’identification des sépultures associées à ces familles.

carte_circuit_bérubé

Exemple du circuit Bérubé

Source : Parcours Fil Rouge

marqueur_famille_soucy

Exemple de « marqueur famille » de François Soucy

Source : Parcours Fil Rouge

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Le « mémorial » du cimetière Notre-Dame-de-Liesse de Rivière-Ouelle

Source : Parcours Fil Rouge

En ligne, les utilisateurs ont accès à un tableau généalogique qui permet de repérer les personnes appartenant aux premières générations de la famille, ainsi que d’autres personnes mentionnées durant le circuit. Le site Web rassemble également des photos et des liens utiles, notamment vers l’association de familles ou vers la chronique de l’historien Yves Hébert du journal Le Placoteux.

Un projet qui encourage la mobilisation de partenaires

Dans le Kamouraska, les principaux partenaires sont les municipalités de Rivière-Ouelle et La Pocatière. Plusieurs organismes culturels et touristiques ainsi que des associations de familles collaborent également au projet. Par exemple :

  • La seigneurie des Aulnaies ;
  • La chapelle du quai de Rivière-Ouelle ;
  • L’association des familles Soucy ;
  • Groupe GID ;
  • Le journal hebdomadaire Le Placoteux.

Certains partenaires contribuent financièrement au projet. D’autres constituent des points de vente pour les circuits et le livre. Plusieurs échangent de la visibilité sur leur site Web ou participent au rayonnement du projet de diverses façons.

Une offre bien accueillie

Depuis leur lancement en 2018, les circuits gagnent en popularité. Malgré le contexte pandémique, une augmentation du nombre d’utilisateurs a été observée. L’intérêt s’avère plus marqué chez les 55 ans et plus, qui constituent plus de 60 % de la clientèle.

En juin 2021, le site Web de Passeurs de mémoire fait peau neuve et devient disponible en version anglophone sous l’appellation « Trace my Roots ». Les initiateurs du projet ciblent notamment les touristes provenant de la Nouvelle-Angleterre et qui s’intéressent à l’histoire de leurs ancêtres kamouraskois.

Est-ce que d’autres régions québécoises développeront à leur tour des circuits ayant pour thème la généalogie ? La réponse est oui ! L’aventure se poursuivra donc aussi sur d’autres territoires en 2022.

 

Source image à la une : Paysage kamouraskois en automne. (Photo : André Lavoie, 2018, Parcours Fil Rouge)

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Technologies

Second souffle pour la réalité virtuelle

Elle fait parler d’elle depuis plus de dix ans et comme d’autres tendances, elle a été exacerbée par la crise sanitaire de COVID-19. En tourisme, la réalité virtuelle (RV) ouvre les frontières et transporte ses utilisateurs vers des lieux et des sites attrayants. Elle permet à des groupes de se trouver virtuellement à destination, d’assister à des spectacles, de visiter des musées ou même de vivre des expériences d’aventure dans des espaces naturels fragiles. En ces temps de confinement, elle répond à de multiples désirs d’évasion, d’immersion et de socialisation.

D’après Jean-Nicolas Vandelac, fondateur et PDG de la startup Hoppin’ World, incubée au MT Lab, « ce sont les besoins fondamentaux de communiquer, de se réunir, de se déplacer, de se divertir, qui sont brimés en ce moment. Du côté des attractions, des spectacles et des destinations, on aurait envie plus que jamais d’accueillir des visiteurs du monde entier. La réalité virtuelle sociale permet de faire le pont entre ces deux réalités. »

À plus long terme, la VR se présente comme une solution au tourisme de masse. Elle peut en effet s’avérer un moyen de gérer des flux, afin d’épargner certains sites surfréquentés ou menacés par les activités touristiques. D’un point de vue social, elle constitue un outil intéressant en ce qui a trait à l’accessibilité pour des personnes n’ayant pas le budget nécessaire au voyage. 

Adoption des casques de réalité virtuelle par les Québécois

Selon les données tirées de l’étude Vividata* :

  • 4 % des Québécois possèdent un casque de réalité virtuelle (contre 7 % des Canadiens) ;
  • 3 % en ont acheté un au cours de l’année qui a précédé le sondage ;
  • 5 % ont l’intention de s’en procurer un dans les 12 mois suivant l’enquête (contre 4 % des Canadiens et 4 % des Ontariens).

L’utilisation des casques de réalité virtuelle n’est pas exclusive aux jeunes générations. Pratiquement autant de baby-boomers que de Z indiquaient vouloir en acquérir un au cours de l’année.

portrait_des_québécois_ayant_lintention_dacheter_un_casque_de_vr-4

Une offre qui s’organise 

Le profil des amateurs de réalité virtuelle a évolué depuis la mise en marché des premiers casques. À sa sortie, on associait cette technologie à l’industrie des jeux vidéo. Aujourd’hui, on constate une pluralité des usages. De plus en plus de secteurs d’activité saisissent le potentiel qu’elle offre pour atteindre diverses clientèles.

Selon M. Vandelac, expert en réalité virtuelle, « on mentionne régulièrement les cas prometteurs d’utilisation de la réalité virtuelle. Par contre, on oublie souvent les coûts liés au développement d’une application dédiée et à son opération. C’est pour cette raison qu’il est avantageux de faire affaire avec une entreprise qui exploite déjà une plateforme dans le créneau qui nous intéresse. Cela permet de profiter de l’engouement de ce medium et d’une mise en marché instantanée sans les efforts, les coûts et les risques associés à un nouveau projet individuel. »

Le milieu culturel accélère un processus entamé avant la pandémie. On assiste à un mariage entre la technologie et le théâtre, la danse, la musique, les musées, etc. Pour plusieurs organismes, la réalité virtuelle leur permet de poursuivre leur mission en rendant leurs contenus accessibles auprès de leurs publics. Pour d’autres, c’est l’occasion d’explorer des avenues différentes, de renouveler leur clientèle et d’innover dans leur pratique.

Par exemple, l’Institut français a créé un catalogue pour rassembler des propositions culturelles (spectacles vivants et arts visuels) adaptées à la RV. Chaque fiche du répertoire décrit l’expérience offerte et les spécificités techniques nécessaires à l’activité. Ce type d’initiative ouvre la voie à une plus grande démocratisation de la RV.

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Source : Catalogue VR Immersive Experiences de l’Institut français

Les secteurs de l’hôtellerie, des croisières et les destinations tirent également profit de cette technologie, entre autres pour se promouvoir auprès des voyageurs. Pour les consommateurs, la réalité virtuelle leur permet « d’essayer avant d’acheter », ce qui peut être fort rassurant lorsqu’il s’agit de lieux situés hors des sentiers battus ou de produits hauts de gamme.

Plusieurs études scientifiques se penchent sur l’impact de la réalité virtuelle en marketing. D’après un consortium de chercheurs, elle génère des émotions positives et de l’engagement chez ses utilisateurs. Ces derniers se sont montrés plus enclins à rechercher et à partager de l’information sur la destination avec les amis et la famille. Selon un second groupe de chercheurs, la réactivité, l’interactivité et la qualité du contenu de la RV peuvent stimuler les intentions de voyage des touristes prospectifs par la recherche et le partage d’information. Elle intervient ainsi comme un outil permettant de jouer positivement sur l’état d’esprit de l’utilisateur virtuel, de créer une appartenance à une marque et d’influencer ses projets de visiter la destination. 

Certaines agences de voyages plus avant-gardistes ont déjà recours à des répertoires en réalité virtuelle pour aider leurs clients à planifier et réserver leur séjour à l’aide d’applications telles que Travel World VR ou encore Explor VR. Cette expérience immersive stimule les sens et rend l’étape de la planification plus concrète.

Démocratisation des casques de réalité virtuelle

Avec son casque Oculus Go introduit sur le marché en 2018, puis Quest en 2019 et enfin Quest 2 à l’automne 2020, Facebook cherche à séduire le grand public et s’est donné l’objectif de convertir près d’un milliard de personnes à la RV.

Selon monsieur Vandelac, « ces lunettes se démarquent parce qu’elles sont autonomes. Les consommateurs n’ont pas besoin d’insérer leur téléphone, d’être reliés par fils à un ordinateur ou d’avoir une pièce avec des capteurs. Elles attirent également l’attention pour leur qualité équivalente ou supérieure à leurs “grandes sœurs” et leurs prix abordables (299 $ US). Enfin, elles se distinguent par un écosystème conçu autour de la relation sociale entre les utilisateurs (la mission de Facebook). Elle brise donc l’isolement que plusieurs personnes reprochaient à la réalité virtuelle, en permettant de rejoindre des clients et des êtres chers, peu importe où chacun se trouve ».

Avec des prix plus accessibles, une multiplication des usages et une structuration de l’offre, la réalité virtuelle attirera-t-elle de nouveaux adeptes ? Seul l’avenir nous le dira. Mais force est d’admettre que le contexte actuel donne un second souffle à cette technologie.

*Vividata est un organisme à but non lucratif réalisant depuis 2015 une étude continue à propos des habitudes de consommation des Canadiens. La collecte des données s’échelonne sur 52 semaines et les résultats sont présentés de façon trimestrielle. Les données sont pondérées de façon à assurer la représentativité de la population canadienne.

Les résultats exposés dans cet article sont ceux de l’hiver 2021, dont la collecte s’est étendue d’octobre 2019 à septembre 2020. Un peu plus de 30 000 Canadiens âgés de 18 ans et plus provenant de 10 provinces ont été sondés.

 

Source image à la une : Pexels