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Client, produit, concurrence, Web… un joyeux «melting pot» de tendances!

À quoi le voyageur ressemble-t-il? Quels sont les produits qui lui plaisent? Dans quel type d’environnement évolue l’industrie touristique? Que nous réservent la technologie et Internet? Voici la suite des incontournables qui rythment notre industrie avec les hétéroclites, les populaires, les marginaux, les essoufflants et les étourdissants.

Les hétéroclites

On s’éloigne de la culture de masse. Le marché se fragmente et est intimement lié aux sociostyles. Essayer de définir tous les profils possibles devient un véritable tour de force.

  • Sociostyles – ils constituent un heureux mélange de courants sociaux, de modes, de valeurs, d’intérêts, de parcours personnels et professionnels, d’obligations, etc.
  • Segmentation – il suffit de brasser tous les sociostyles ensemble et les profils de clientèle se segmentent presque à l’infini: seniors actifs, gais, familles mondialisées, gangs de filles, travailleurs en vadrouille, bobos (bourgeois bohèmes), étudiants et travailleurs en sabbatique, célibataires, amants de la nature, classe élite de voyageurs d’affaires, fanatiques du sport, etc. Les différents segments peuvent souvent transcender les groupes d’âges: il est possible d’être un nouveau papa à 20, 30, 40 et même 50 ans ou de gravir le Kilimandjaro à tout âge.
  • Hybride – un même voyageur peut se payer un week-end de luxe en amoureux, se reposer en famille sur une plage du Sud dans un resort tout compris et réserver par la suite un forfait aventure en Patagonie avec ses copains. Un même voyageur, mais une façon différente de le rejoindre et de s’adresser à lui.
  • Personnalisation – le touriste souhaite du sur-mesure.

Les populaires et les marginaux

D’un côté, plusieurs produits très populaires tendent à se différencier et à se personnaliser et, de l’autre, les marchés de niche gagnent en popularité.

  • Phénomène long tail – c’est l’abondance de variété, de choix. L’avenir est au marché de niche, à l’exploitation de créneaux spécialisés. Internet met fin aux limites physiques et géographiques de même qu’à la suprématie des grandes entreprises. Il offre un choix illimité de produits et il en facilite la recherche et la distribution.
  • Niches – tourisme religieux, visite de lieux de bataille, aventure extrême, lune de miel spécialisée pour la clientèle gaie, circuits de magasinage lors de la période des soldes, tourisme médical, slow travel, séjour gastronomique, observation des oiseaux, cours de toutes sortes (peinture, vin, langue, cuisine, etc.), nommez-les…, ils peuvent trouver preneur.
  • Courts séjours – ils deviennent presque la norme.
  • Luxe – la demande de villas privées est en hausse, le luxe s’intéresse au camping, les grands du luxe apposent leur signature dans l’hôtellerie. D’un côté, le nombre de gens fortunés augmente et ils recherchent de plus en plus d’intimité et des produits hors du commun. De l’autre, le luxe se démocratise car, peu importe le niveau de revenus, beaucoup de gens veulent, à un moment ou à un autre, se «payer du luxe». Par conséquent, le luxe emprunte de nouvelles avenues et ce genre de produit affiche une forte croissance.
  • Santé et bien-être – pour contrer l’effervescence du quotidien, pour atténuer les effets du stress au travail, pour s’accorder un temps d’arrêt et relaxer, pour recharger ses batteries, pour se dorloter – rien n’indique que ces besoins s’estomperont dans un avenir rapproché.
  • Voyages multigénérationnels – les grands-parents voyagent avec leurs petits-enfants ou se joignent à la famille.
  • Combinaison affaires et agrément – on joint l’utile à l’agréable. Les voyageurs d’affaires prolongent leur séjour pour visiter les alentours et sont souvent accompagnés de membres de la famille.
  • Croisières – ce produit ne s’essouffle pas car il a su s’adapter à différents créneaux de clientèles en développant des thématiques diverses: croisières fitness et spa, familiales, religieuses, gaies, artistiques, scientifiques, gourmandes, de luxe, etc. On assiste à une surenchère quant à la capacité des navires, au design, au luxe et aux activités offertes. Les itinéraires en Asie et en Europe (Croatie, mer Noire) gagnent en popularité, de même que les services à la carte.
  • Hébergement – l’hébergement traditionnel perd du terrain au profit des art hotels, lifestyle hotels, hôtels-capsules, hôtels sous l’eau, condos-hôtels, campings de luxe, échanges de maisons ou de canapés, yourtes, tipis, etc.
  • Terroir, santé, bio, raffinement – la gastronomie occupe une grande place dans l’expérience touristique. Les produits du terroir sont recherchés et mis en valeur. Les gras trans sont honnis ou bannis. Les portions s’ajustent aux appétits (petites bouchées, entrée seulement ou choix de portion). La fraîcheur est de mise et le bio fait son «frais». Les goûts se raffinent, les produits aussi (huiles, sels, eaux, etc.). Que dire de la cupcake revolution? Elle frappe fort!

Les essoufflants

Pas de répit à l’horizon! La concurrence ne cesse de s’accentuer. Pour se tailler une place et la garder, il faut savoir se renouveler.

  • Concurrence – elle force à faire des prouesses. Elle n’a pas fini d’étonner en se multipliant, en se démarquant, en se personnalisant, en s’éclatant. Les destinations hot? Elles changent au gré des sources, des humeurs du voyageur et des battages médiatiques. L’Espagne, New York et l’Australie côtoient Abu Dhabi, le cap Vert, Reykjavik, la Lituanie et Madagascar. Même les villes américaines, comme Baltimore ou Cleveland qui ne sont pas des icônes touristiques, se réinventent et deviennent très compétitives: projets de développement d’envergure, centre ville revitalisé, habité et animé, nouvelles infrastructures de congrès.
  • Chine et Inde – deux marchés gigantesques, tant émetteurs que récepteurs, en pleine effervescence.

Originalité, folie et démesure – cette tendance est à la hauteur de ses ambitions! Macao veut surpasser Las Vegas. La région du Moyen-Orient, avec Dubaï en tête, continue de concrétiser des projets au superlatif. Les voyageurs dans l’espace se préparent pour l’embarquement. On construit des hôtels démontables, transportables et même dirigeables. Les lits en forme de cercueil trouvent preneurs. Nous n’avons encore rien vu!

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Source: Manned Cloud, Studio Massaud en partenariat avec ONERA – centre français de recherche aérospatiale.

  • Différenciation et innovation – des moyens de survie à notre disposition. Un moyen de penser le tourisme autrement afin de contrer les effets néfastes qu’il génère.

Les étourdissants

Le grand parapluie s’appelle Web 2.0. Il modifie radicalement les façons de communiquer et il évolue à une vitesse effarante. Savoir en tirer profit donne une longueur d’avance sur la concurrence.
Il permet au consommateur de s’exprimer et d’échanger…

  • Médias sociaux, blogues, etc. – l’entreprise et les médias n’ont plus le monopole de l’information; le consommateur s’en mêle (Facebook, YouTube, Travelistic, FlickR, etc.) et une interaction s’installe. Les bons coups comme les mauvais s’y propagent à la vitesse de l’éclair. L’univers virtuel permet même de s’inventer un personnage et une entreprise (SecondLife).

Il garnit le coffre à outils du voyageur branché…

  • e-touriste – que ce soit pour trouver le plus bas prix pour un billet d’avion (métamoteurs de recherche, Kayak, Farecast), pour se tenir informé des dernières aubaines disponibles (flux RSS), pour connaître l’appréciation des voyageurs sur la qualité d’un hôtel (Tripadvisor, IgoUgo), pour localiser le meilleur siège disponible dans un avion (SeatGuru), pour dénicher le partenaire de voyage idéal (TravBuddy)… tout ce pouvoir se trouve au bout des doigts du voyageur.

Il offre à l’entreprise, petite et grande, des occasions en or de s’annoncer et d’interagir avec le consommateur…

  • Génération Participation – un dialogue s’installe entre le consommateur et l’entreprise. Elle écoute le point de vue du consommateur, lui fait tester ses produits et crée ses publicités avec son aide.
  • Marketing viral – type de marketing qui se pratique sur le Web et qui se propage.
  • SMO Social Media Optimisation – après le SEO (search engine optimisation), voilà que l’on commence à parler du SMO.
  • Mobile – tout tourne autour de la mobilité que procurent les appareils portatifs (téléphone cellulaire, Blackberry, iPod, etc.). On y télécharge du contenu multimédia sous toutes ses formes: publicités, cartes routières, podcasts de visites guidées, etc. Après l’écran du téléviseur et de l’ordinateur, l’écran du téléphone cellulaire devient le troisième instrument de communication et de marketing d’importance et ce, grâce, entre autres, aux SMS (short message service).
  • Web 3.0 – S’agit-il du web sémantique, de la technologie devenue intelligente? Pour l’instant, il alimente les discussions.
  • Cyber-recrutement – un mode de recrutement qui représente une voie incontournable pour courtiser le bassin de jeunes travailleurs.

Essoufflé?

Désolé, le changement, lui, ne présente aucun signe d’essoufflement!

Sources:
– Chesshyre, Tom. «40 Travel Trends and Tips for 2008», TimeOnline, 29 décembre 2007.
– Deloitte – Tourism, Hospitality & Leisure. «Industry Trends 2008», [www.deloitte.com].
– Freeman, Andrew. «2008 Top Hotel and Restaurant Trends to Watch», Hotel & Resort Insider, janvier 2008.
– Harpaz, Beth J. «Cruise Trends – New ships, More Luxury», ETurboNews, 28 janvier 2008.
– Levine, Daniel. «American Trends Important To Know», Tourism Industry Association of Canada / TIAC’s Leadership Summit, novembre 2007.
– TripAdvisor.com. «Travelers Predict ’08 Trends in Annual TripAdvisor Survey», communiqué de presse, 25 octobre 2007.
– Réseau de veille en tourisme. Analyses produites au cours de 2007.
– Sanders, Lorraine. «Daily Travel Advice, Tips and Ideas from TravelPost.com and Around the Web», [TravelPost.com], 17 janvier 2008.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Le plein air et le luxe font bon ménage!

Le tourisme de plein air et d’aventure n’est plus synonyme d’inconfort et de vie à la dure, au contraire. Les touristes ont le goût du luxe, les amateurs de plein air aussi. Et les gens s’intéressent davantage au plein air s’il peut se pratiquer dans le confort. De plus en plus de voyageurs recherchent des expériences riches en aventure et en authenticité, mais aussi un service cinq étoiles. Du moins, on assiste à l’émergence de nombreux produits les combinant. À cet effet, les grands espaces québécois représentent une ressource pleine de potentiel!

L’attitude face aux produits de luxe a changé. En cette ère où l’on souhaite vivre des «expériences», les voyages de luxe s’inscrivent tout à fait dans ce mode de pensée; surtout lorsque luxe signifie exclusivité, service exceptionnel et confort. Aussi les notions d’exotisme, d’authenticité et la participation à des activités hors du commun se greffent-elles à celle du luxe.

 

Croissance du tourisme de luxe

Le marché des voyages de luxe enregistre actuellement une croissance importante. On l’observe, notamment, par la hausse des taux d’occupation des hôtels haut de gamme et des resorts et par la demande accrue pour les croisières. Selon le Print Measurement Bureau (PMB), 1,5 million de Canadiens choisissent de l’hébergement de luxe en vacances. Autrefois réservé à l’élite, le «luxe» semble maintenant plus accessible. (Lire aussi: La nouvelle image de la clientèle de luxe.) Deux grands facteurs expliquent ce phénomène: la population fortunée est en croissance et la notion de luxe a pris de l’expansion. Aussi, non seulement les gens riches sont-ils de plus en plus nombreux, mais le luxe ne leur est plus exclusif. Enfin, certains niveaux de luxe sont maintenant davantage accessibles à la population.

Qui sont ces voyageurs?

Comme le souligne une récente étude du Travel & Tourism Analyst, il n’y a pas de portrait type de l’adepte des voyages de luxe puisqu’il s’agit d’un marché très éclaté. Cette étude identifie tout de même sept grands segments de marché:

  • Jeunes professionnels (25-35 ans): ils n’ont pas encore d’enfants, ils ont un bon revenu discrétionnaire et ont le goût de voyager.
  • Empty nesters (50-64 ans): c’est la principale clientèle des voyages de luxe. Souvent libérés des obligations financières, n’ayant plus d’enfant à charge, ils ont toujours un salaire et donc un revenu discrétionnaire élevé. De plus, ils sont encore assez jeunes pour voyager beaucoup.
  • Retraités (65 ans et plus): ils ont du temps, les plus jeunes de cette catégorie souhaitent en profiter et voyager.
  • Familles: les voyages de luxe en famille sont très tendance. Les couples recherchent des destinations qui vont plaire aux enfants, mais ne veulent pas compromettre la qualité de leur expérience.
  • Voyageurs pour occasion spéciale: ils sont prêts à payer pour souligner un événement: mariage, anniversaire, lune de miel, etc.
  • Aspirational travellers: ils ne sont pas riches, mais économisent et s’offrent des vacances cinq étoiles.
  • Riches: segment typique des voyages de luxe. En 2005, on estimait la population mondiale de millionnaires (en USD) à 8,7 millions. Selon le World Wealth Report de 2006, le continent de l’Amérique du Nord compte le plus grand nombre de riches au monde.

Les tendances

Voici quelques tendances qui orientent le marché des voyages de luxe.

  • des séjours plus courts, plus fréquents
  • les voyages avec les enfants
  • l’Asie, une destination de luxe en demande
  • les établissements verts ont la cote
  • de plus en plus de voyages de groupes (amis, collègues, groupes de femmes professionnelles)
  • le goût de l’authenticité et, surtout, de vivre une «expérience»
  • l’aventure comme motif premier du voyage de luxe

L’aventure de luxe

Les activités de plein air et d’aventure s’insèrent extrêmement bien dans le concept de l’expérience. Sensations fortes, activités inhabituelles dans un décor authentique, communion avec la nature et… haute gastronomie, lieux exclusifs, confort inégalé, services personnalisés et de haute qualité, qui dit mieux? Le plein air de luxe est plutôt séduisant! Voici quelques exemples de concepts inspirants.

 

Gastronomie et plein air

Picnics on the Piste, Alpes

Initiative fort originale, l’entreprise Picnics on the Piste permet aux skieurs de se faire livrer un pique-nique en pleine montagne. Desservant plusieurs stations de ski des Alpes, la petite entreprise offre divers menus, de simples (soupe, baguettes, viandes froides et fromage) à plus élaborés (foie gras, charcuteries, champagne) avec serveur. Elle livre le repas, réalisé avec des produits locaux de qualité, à l’endroit et à l’heure désirés. http://www.picnicsonthepiste.com/

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Les sentiers gastronomes, Québec

Dans le même esprit que Picnics on the Piste, mais au Québec cette fois-ci, le chef François Paré, mordu de plein air, s’engage à cuisiner là où on le lui demande. Dans une cabane en pleine forêt, sur l’eau, au bord de la plage, au sommet d’une montagne, il «traîne» ses spécialités du terroir québécois et ses menus gourmands. Le concept est audacieux! http://lessentiersgastronomes.com/

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Centre de villégiature et camping de luxe

Dunton Hot Springs, Colorado (États-Unis)

Dans les Rocheuses du Colorado, une ville minière du 19e siècle a été récupérée et les bâtiments restaurés. Situé sur une source d’eaux thermales, le luxueux resort regroupe 18 bâtiments, dont 12 cabines et 6 chalets à usage commun (bain thermal, salle de yoga, bibliothèque, salon, bar… etc.). Il accueille, entre autres, les adeptes de l’équitation, les skieurs de randonnée, les héliskieurs, les randonneurs, les pêcheurs et les amateurs de spa et de sources thermales. http://www.duntonhotsprings.com/

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Clayoquot Wilderness Resorts, Colombie-Britannique (Canada)

Le Clayoquot Wilderness Resort à Tofino, en Colombie-Britannique, est un lieu de «glamping»… ou si vous voulez, de glamorous camping! Localisé dans la forêt humide de la côte ouest de l’île de Vancouver, site unique au monde, ce resort écotouristique ultra luxueux fait dans l’aventure douce. (Lire aussi: Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?) On y dort sous la tente… richement meublée. La salle à manger, également sous la tente, est tout aussi luxueuse. Fine gastronomie, produits locaux et bonnes bouteilles sont au menu. http://www.wildretreat.com/

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Whitepod, Suisse

Whitepod est un camp écologique de luxe situé à 1400 mètres d’altitude dans les Alpes suisses. Il est composé d’un chalet principal et de neufs pods (tentes en forme de dôme). On y accède en skis ou en raquettes. Récipiendaire d’un Responsible Tourism Award en 2005, le concept allie tradition et technologie. Chaque pod est équipé d’un lit, chauffé au poêle à bois et isolé avec des matériaux performants. Le domaine offre du ski de jour comme de nuit, sur des pistes privées. http://www.whitepod.com/

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Le Québec compte déjà plusieurs centres de villégiature haut de gamme implantés dans des milieux naturels de grande qualité. Pensons notamment à l’Auberge du lac Taureau dans Lanaudière, à l’Hôtel Sacacomie et à l’Auberge du Lac-à-l’Eau-Claire en Mauricie, à l’Auberge de montagne des Chics-Chocs (Sépaq) en Gaspésie, au Fairmont Kenauk au Château Montebello en Outaouais ou encore au village Windigo dans les Hautes-Laurentides. Dans Charlevoix, le projet de développement du territoire Le Massif implique, entre autres, des infrastructures spectaculaires, dont l’hébergement intégré au milieu naturel ainsi que des composantes originales et distinctives, donc luxueuses en termes de qualité, d’authenticité et d’expérience globale.

Des projets novateurs et écologiques, offrant des expériences uniques, de l’aventure dans un milieu naturel remarquable et un service de haute qualité, constituent aujourd’hui des éléments très prisés par le tourisme de luxe. Et ce type de pratique du plein air semble séduire une clientèle grandissante. Le territoire québécois regorge de sites naturels magnifiques; l’industrie touristique saura-t-elle tirer profit de cette tendance?

Lire aussi:
La nouvelle image de la clientèle de luxe
Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?

Sources:
– Capgemeni & Merrill Lynch. «World Wealth Report 2006», [www.us.capgemini.com/worldwealthreport06/]
– Dolores, Colo. «Dunton Hot Springs», Fortune, 29 octobre 2007.
– Karlinsky, Neal. «Glamourous Camping: Where Wild Meets Refined», ABC News, 19 juin 2007.
– Print Measurement Bureau 2007.
– Travel & Tourism Analyst. «Luxury Travel», Mintel, no 12, juillet 2007.

Sites Internet:
Auberge de montagne des Chics-Chocs
Auberge du Lac-à-l’Eau-Claire
Auberge du lac Taureau
Clayoquot Wilderness Resorts
Dunton Hot Springs
Hôtel Sacacomie
Fairmont Kenauk au Château Montebello
Le Massif
Les sentiers gastronomes
Picnics on the Piste
Whitepod
Windigo

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Segments de clientèles

La nouvelle image de la clientèle de luxe

Où situe-t-on la barre de la richesse? En fait, le tourisme de luxe n’est plus l’apanage des gens riches. Il englobe désormais une panoplie de «portefeuilles» et une clientèle hétérogène allant des fortunés aux jeunes mariés qui désirent une lune de miel mémorable, en passant par les voyageurs prêts à débourser une somme importante pour vivre une expérience hors du commun. Malgré les fluctuations de l’économie, le marché du voyage de luxe est en constante progression et en pleine effervescence.

La segmentation va au-delà de la strate des revenus

Grandes familles issues de la noblesse, importance des revenus et des actifs ou encore notion de pouvoir, d’influence ou de vedettariat? Il s’avère inutile de segmenter la clientèle de luxe en fonction des strates de revenus.

Il existe des gens riches issus d’un milieu modeste qui n’ont pas le même comportement de consommation que ceux qui sont «tombés dans la potion magique» étant jeunes. Certaines personnes voient dans l’acquisition de produits de luxe le renforcement d’un statut social. Les athlètes, les artistes, les gestionnaires financiers, les entrepreneurs et même les femmes entrepreneures (segment en forte croissance) gravissent de façon différente les échelons de la richesse. Plusieurs baby-boomers à la veille de la retraite atteignent des sommets salariaux. Le cumul des doubles salaires des ménages génère un revenu élevé.

De plus en plus de gens ont accès au luxe, veulent avoir l’air d’être riches ou se comportent comme des gens riches. Posséder une Mercedes n’est plus exclusif aux gens fortunés.

En fait, le tourisme de luxe regroupe une panoplie de «portefeuilles», comme en fait foi la segmentation de la clientèle de luxe élaborée par Larry Pimentel, spécialiste dans ce domaine et président et CEO de la Cunard Line and Seabourn Cruise Line de 1992 à 2001:

L’élite

  • une clientèle fortunée à l’abri des fluctuations de l’économie
  • le segment traditionnel du voyage de luxe
  • le luxe comme mode vie
  • la recherche du meilleur (the best of the best) et de l’exclusivité
  • le besoin de se retrouver avec des personnes du même milieu

L’aspirant

  • une clientèle à l’aise financièrement
  • la recherche d’un «statut»
  • l’importance de l’apparence

L’avisé

  • une clientèle plus difficile à cerner et à courtiser
  • la recherche de la meilleure valeur au meilleur prix
  • de grands utilisateurs d’Internet

L’explorateur

  • une clientèle ouverte à payer le prix élevé d’une prestation
  • la recherche d’une expérience de voyage hors du commun
  • le besoin d’apprentissage et de sortir des sentiers battus

L’actif

  • une jeune clientèle aisée – intelligente, indépendante et éduquée
  • le besoin d’information utile et pertinente et le rejet du battage publicitaire
  • la recherche de l’aventure, de l’authenticité et de la participation active
  • un style de vie informel et souvent contraignant
  • son temps est précieux
  • le refus d’un cadre rigide et d’activités préprogrammées

À cette segmentation, il importe d’ajouter…

L’occasionnel

  • une clientèle aux revenus plus modestes
  • une passion qui incite à la dépense
  • une occasion qui vaut la peine d’être soulignée
  • une envie de se «payer du luxe»

Les gens de la classe moyenne constituent un créneau en croissance dans le secteur du luxe, mais démarcher ce segment de clientèle divise les clans. D’un coté, un bassin de population qui, seulement aux États-Unis, représente plus de 120 millions de personnes avec des revenus se situant de 50 000 à 150 000 USD annuellement. Ces gens constituent un potentiel intéressant à courtiser car ils aiment dépenser démesurément pour un produit qui leur procurera une satisfaction émotionnelle. De l’autre, les détracteurs, qui constatent que ce segment de clientèle viendra de toute façon, qu’il ne sera jamais leur meilleur client et que brader un produit de luxe (comme l’ont fait BMW et Mercedes) risque de nuire à l’image de la marque.

Toutefois, tous s’accordent à dire que les Américains sont de plus en plus nombreux à avoir les moyens ou à aimer se payer du luxe. Cette clientèle n’est pas à négliger et il ne faut pas présumer que tous les clients n’achètent qu’en fonction du prix. Il importe alors d’aborder ce client différemment en lui demandant quel type d’expérience il veut vivre et non pas quel prix il est prêt à débourser. Il faut ainsi mettre l’accent sur la qualité du produit offert et l’expérience à vivre. On peut aussi lui vendre un voyage qui combine à la fois luxe et prix raisonnable en fonction de ce qu’il valorise et considère comme accessoire – un billet d’avion en classe économique et un resort de luxe, un hôtel à prix abordable et une réservation sur un parcours de golf prestigieux, etc.

Où sont-ils?

Le niveau de vie progresse sur toute la planète, ce qui contribue à la croissance de la clientèle de luxe. Beaucoup de nouveaux riches émergent de l’Afrique, de la Russie, de l’Inde, du Brésil et de la Chine.

  • Les Russes constituent le segment qui affiche la plus importante croissance. Ils démontrent un engouement pour les marques réputées et leurs itinéraires incluent les hôtels les plus opulents et les restaurants les plus réputés.
  • À l’opposé, les Chinois ne représentent pas encore un segment substantiel et leurs dépenses se situent davantage du côté des produits de design (appareils et accessoires). L’accroissement de cette clientèle s’échelonnera sur un plus long terme.
  • Quant aux voyageurs de luxe indiens, ils s’aventurent progressivement vers des contrées plus lointaines.
  • Le Moyen-Orient avec les Émirats arabes unis en tête constituent un bassin croissant de richesse.
  • En Asie, le Japon, Singapour et Taïwan demeurent des pays d’avant-plan pour la clientèle de luxe.
  • Les communautés d’expatriés représentent une cible intéressante. Seulement à Shanghai, on estime à un quart de million les résidants européens et américains qui ont vu leur niveau de vie croître et qui ont un penchant pour les voyages.
  • Les pays du nord de l’Europe verront le segment de luxe s’accroître.
  • En Amérique, l’activité la plus intensive dans le secteur du luxe provient particulièrement des États-Unis. L’Amérique latine, et plus spécifiquement le Brésil, s’engagent aussi sur cette voie.

Philanthropie, engagement et responsabilité sociales

Les tendances observées dans l’industrie touristique en général influencent aussi ce secteur: une croissance des déplacements en famille où parfois plusieurs générations se côtoient, la multiplication des courts séjours et le voyageur d’affaires de plus en plus souvent accompagné.

De plus, on constate un engouement de cette clientèle pour l’authenticité, la simplicité et le respect de l’environnement. Elle veut comprendre la complexité des cultures étrangères, établir un contact plus étroit avec la population visitée et ressentir le reflet de la culture locale dans la prestation.

De l’augmentation de la richesse naît un mouvement de philanthropie. Certains privilégient une forme d’engagement social et environnemental dans le choix de leur prestation, ce qui ajoute à l’expérience touristique. De retour de vacances, plusieurs voyageurs ont le sentiment d’avoir aidé une cause ou ont le désir d’aider la destination par diverses actions.

Un récent sondage de la Luxury Alliance rapportait que les voyageurs sont prêts à payer de 20 à 25% de plus si le voyage est conçu de manière à respecter l’environnement.

Cette clientèle utilise-t-elle Internet?

Certains facteurs ont fait en sorte qu’Internet s’est imposé auprès de la clientèle de luxe:

  • passer par un intermédiaire pour obtenir une information ne fait pas nécessairement gagner du temps et le temps leur est précieux;
  • l’utilisation d’Internet fait souvent partie de leur «normalité»;
  • bon nombre de personnes ne sont plus réticentes à dépenser des sommes importantes sur Internet.

La croissance sur Internet étant appelée à se poursuivre, les experts estiment qu’il est plus probable de doubler sa mise que de la perdre en investissant dans le marketing en ligne. En effet, Internet crée un nouvel achalandage auprès des membres de la Luxury Alliance. Environ le tiers des revenus (32%) de la chaîne Relais et Châteaux provient des réservations sur Internet. Pour Leading Hotels of the World, Internet est utilisé par 21% de sa clientèle, ce qui représente le canal de distribution en plus forte croissance. Cette clientèle d’internautes contribue à allonger la durée des séjours et à augmenter le taux moyen quotidien (Average Daily Rate) des chambres.

Au fil des années, Internet s’est enrichi et a pris du galon en tant que canal d’information et de distribution. Pour le touriste de luxe, il n’est pas principalement utilisé pour la chasse au meilleur prix, mais plutôt pour la richesse de l’information et l’attrait du produit. Aussi, un site doit-il être à la hauteur du produit qu’il commercialise, refléter l’image de marque de l’entreprise et transmettre une expérience émotive qui, en bout de ligne, incitera à la réservation.

Malgré le virage effectué par la clientèle vers Internet, l’agent de voyage continue à jouer un rôle de premier plan dans le segment haut de gamme où l’interaction humaine demeure importante.

À suivre: La face cachée des produits «de luxe»

Sources:

– HotelMarketing.com. «Survey: 2006 Consumer Trends in Affluence & Luxury», 23 juin 2006.
– Smith Travel Research. «Experts Discuss Future of Luxury Travel», 26 juin 2006.
– Travel Weekly, dossier «2006 Consumer Trends in Affluence & Luxury», 14 juin 2006:
– Crocker, Marilee. «Ordinary People: The Next Frontier for Luxury?».
– McDonald, Michele. «Luxury Sector Warms to Online Travel Booking».
– Del Rosso, Laura. «Aspirational Buyers Can Surprise their Agents».
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now? And What’s Next», Hotel-Online.com, octobre 2005.
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now And What’s Next for 2006», Hotel-Online.com, mars 2006.
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now And What’s Next III», Smith Travel Research, mai 2006.

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Produits et activités

La face cachée des produits de luxe

Le passage du matériel à l’émotionnel modifie le visage du luxe. Tous les produits s’engagent vers cette transition où unicité, excentricité et exclusivité rythment les expériences. Une aventure où aucun faux pas n’est permis et où il ne faut surtout pas s’asseoir sur ses lauriers!

Il ne fait aucun doute aujourd’hui que les segments de clientèle du marché du luxe sont de plus en plus diversifiés et que leur comportement diffère de celui d’avant (lire aussi: La nouvelle image de la clientèle de luxe).

Dans le domaine du voyage, on parle désormais de luxe traditionnel et de nouveau luxe. Le premier est associé à l’hôtel cinq étoiles, au resort huppé et aux prestations onéreuses. Quant au second, bien qu’il soit dispendieux, il se situe aux antipodes de la consommation matérielle et de la possession d’objets coûteux. Il tient davantage à la façon de consommer le luxe et met l’accent sur l’émotion, sur l’expérience à vivre.

Le luxe c’est…

  • la grande suite à l’hôtel, la chambre avec une vue superbe, le penthouse, la limousine…
  • le prestige de la marque, l’endroit où le personnel connaît votre nom

Mais c’est aussi…

  • le temps, l’espace, le silence, l’isolement
  • l’émotion ressentie
  • l’évasion des contraintes quotidiennes et de la complexité du monde environnant où tout est simple et facile
  • l’originalité, l’insolite

Et c’est surtout…

  • l’exclusivité!

Une courtepointe d’expériences, de l’excentricité à l’unicité

Un client loue un château d’une cinquantaine de chambres dans les Highlands en Écosse pour une réunion de famille ou nolise un bateau avec équipage pour une lune de miel en Méditerranée. Il pratique un sport extrême, un majordome est à son service à son retour et il peut savourer un moment de détente dans son spa privé. Intéressé à développer ses talents, il apprend la photographie, la voile, la fouille archéologique ou la cuisine avec des gens de renom.

La recherche de la nouveauté et de l’exclusivité repousse les frontières. Les produits sortent des normes établies (lire aussi: Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?). La clientèle de luxe veut de plus en plus être au coeur de l’action et en retirer un maximum sur le plan de l’accomplissement personnel.

Le site haut de gamme www.thebluefish.com offre la possibilité de devenir pilote de chasse pour une journée (Top Gun Challenge), de survoler l’Himalaya et de voir le sommet du mont Everest de près, de participer à une course de bateaux haute performance (Poker Run Rocket) entre Miami et Key Largo, de participer à une expérience unique de safari et de golf en Afrique du Sud avec déplacement en jet privé, etc.

À l’opposé, se situe un autre registre de besoins: la quête de relaxation, d’isolement et de bien-être axée sur la santé afin de se faire dorloter et de refaire le plein d’énergie. Cela oblige les entreprises engagées dans ce créneau à élargir et à sophistiquer leur offre de produits – du spa au spiritualisme, des enveloppements de boue à la méditation.

On constate aussi le désir chez la clientèle de luxe de posséder, ne serait-ce qu’en partie, une propriété, un yacht, un condo sur un grand paquebot, etc. Il y a aussi le concept «Small is beautiful» où le caractère privé d’un club, l’ambiance d’un petit hôtel, le désir d’intimité sont recherchés.

Plusieurs destinations considérées encore comme marginales, telles que l’Amérique du Sud (Brésil en tête), les États baltiques, l’Afrique, la Chine, le Moyen-Orient, l’Asie et les pays du Pacifique, attirent une nouvelle clientèle, tandis que les grandes destinations urbaines et de villégiature (Londres, Paris, la Toscane et la Côte d’Azur) conservent leur statut.

Âme et style deviennent la signature de l’hôtellerie

Récemment, des «institutions» prestigieuses de l’hébergement haut de gamme ont donné naissance à des chaînes. En effet, la bannière de luxe Crillon a comme porte-étendard le célèbre hôtel Crillon de Paris, tout comme le Waldorf-Astoria devient le fleuron de la nouvelle Waldorf-Astoria Collection. Une autre nouvelle chaîne, Capella Hotels & Resorts, est lancée sous la direction de Horst Schulze, l’homme qui a fait la renommée de Ritz-Carlton.

Depuis quelques années déjà, des architectes réputés et des icônes de la mode ou du design conçoivent des hôtels et y apportent leur style, leur signature (des hôtels sont signés Armani, Bulgari et Versace, chacun des 11 étages de l’Hôtel Puerta America à Madrid a été conçu par un architecte de renom). Les salles de bains s’agrandissent et deviennent plus somptueuses.

Plusieurs hôtels prennent des couleurs locales alors que la décoration et les matériaux reflètent la culture du pays.

La personnalisation et le «sur mesure» sont maintenant des mots d’ordre. La taille de l’hôtel devient un élément discriminant, car offrir un service personnalisé et de qualité dans un établissement de plus de cent chambres demeure difficile à réaliser.

Les hôtels de luxe qui ont une réputation de longue date dans le segment haut de gamme doivent se dépoussiérer s’ils veulent attirer la génération X (25-40 ans), clientèle qui prend de l’ampleur. En effet, leur célébrité et leur côté austère intimident ces jeunes consommateurs qui recherchent à la fois une image plus moderne et la facilité que leur procurent les équipements technologiques.

Le produit spa en vogue

Neil Jacobs, vice-président senior aux opérations du Four Seasons Hotels en Asie-Pacifique, souligne que le spa s’avère une nécessité au même titre que les restaurants et les salles de réunions. Ce service devient un critère de sélection d’un lieu de séjour. Bien qu’encore au stade de développement, les «spas-destinations» connaissent une croissance accélérée. Les spas empruntent différentes avenues allant de l’éco-spa à la thalasso, en passant par les spas médicaux, urbains ou ceux basés sur l’Âyurveda (pratique traditionnelle indienne). Le caractère privé d’un spa, un village axé sur ce service, des thérapeutes expérimentés, l’authenticité, l’élégance et le raffinement, une grande cuisine (chef réputé) constituent autant d’éléments associés à une expérience de luxe.

Les services aériens décollent dans maintes directions

Les désagréments des déplacements aériens (aéroport achalandé, mesures de sécurité contraignantes, attente, service en déclin, retard, etc.) rebutent la plupart des passagers. Pour contrer ces ennuis, pour pallier le manque de temps et pour satisfaire le désir de se déplacer de point à point sans avoir à effectuer de transferts, les voyageurs fortunés et aisés sont nombreux à se tourner vers différentes solutions de rechange.

Les services de «taxi aérien» se multiplient (ex. Boston-Newark), offrant des prix compétitifs et réduisant les délais occasionnés par l’utilisation des compagnies traditionnelles (lire aussi: Les taxis aériens envahiront bientôt le ciel). Un service d’hélicoptère (US Helicopter) effectue la navette entre le centre-ville de Manhattan et l’aéroport Kennedy en seulement 8 minutes pour un coût de 160USD.

La location, le nolisement, le co-achat et l’achat de jets constituent autant d’avenues empruntées par les clients fortunés et aisés. La croissance de la demande facilite les démarches et louer un jet devient aussi facile que de louer une voiture. Notons la dernière venue en termes de service, une carte de membre (exigeant un important dépôt) qui permet de souscrire à un programme de temps de location prépayé et qui réduit le taux horaire de la location.

Le nouveau A380 redéfinit la notion de service de luxe. Selon la configuration de l’appareil, il pourra offrir bar, poste de travail pour les voyageurs d’affaires, casino, gymnase, salon, espace privé pour dormir ou espace ouvert permettant aux passagers de se délier les jambes. Et le summum du luxe, des douches… quoique l’eau reste problématique en raison de son poids.

Pour qui s’engage sur cette voie… aucun faux pas n’est permis!

Le «meilleur» devient un standard dans ce segment de marché.

Bien qu’il demeure un absolu, le prix élevé n’est plus la seule garantie d’un produit de luxe. La perception de la valeur se décline sous plusieurs vocables: exclusivité, réputation, intégrité d’une marque, expérience.

L’attitude take-care-of-me de cette clientèle, le besoin de personnalisation et de reconnaissance de son statut requièrent un service irréprochable et de la flexibilité. Qui plus est, l’assignation d’une personne au service du client (butler) est en voie de devenir la norme dans le segment supérieur.

Bien que l’industrie du voyage de luxe ait le vent dans les voiles, il faut noter que le cycle de vie d’un produit de luxe est relativement court et qu’actuellement le concept de qualité tend à se diluer. Les dirigeants d’entreprise ressentent une pression de la demande pour la diversification, l’authenticité et l’unicité de l’expérience. Les entreprises doivent sans cesse:

  • renouveler leurs produits, mettre de l’avant des concepts novateurs
  • actualiser le produit afin de le garder au goût du jour, moderne et actuel
  • offrir un produit adapté à chaque client afin que ce dernier vive une expérience personnalisée
  • recruter du personnel exceptionnel à la hauteur de l’expérience

Cependant, une vogue de surenchère a cours dans l’industrie et cette démesure devrait être évitée. Est-il nécessaire de proposer un choix de 18 oreillers dans la chambre? Est-ce que l’eau embouteillée requiert le support d’un sommelier? Doit-on offrir une sélection de 12 plumes pour simplement signer la note au restaurant? Si une entreprise est réputée pour offrir une qualité irréprochable, les clients auront une totale confiance dans la marque.

La gestion de la relation client est primordiale dans ce secteur afin de le fidéliser, puisqu’il devient de plus en plus exigeant. C’est pourquoi il faut accentuer la qualité du service, l’attention aux menus détails (comme un mot écrit à la main) et aussi étaler ses actions avant et après le séjour.

«… a market niche where the standard is ‘the best’…»?
Bob Sullivan, Vice-President & Publisher, Travel Weekly.

Sources:
– HotelMarketing.com. «Survey: 2006 Consumer Trends in Affluence & Luxury», 23 juin 2006.
– Smith Travel Research. «Experts Discuss Future Of Luxury Travel», 26 juin 2006.
-Travel Weekly, dossier «2006 Consumer Trends in Affluence & Luxury», 14 juin 2006:
– Chipkin, Harvey. «Hotels Indulge the ‘Give Me More’ Generation».
– Chipkin, Harvey. «Spa-centric Hotels Part of an Evolving Trend».
– Gebhart, Fred. «Private Jet Travel Taking Off in All Directions».
– McDonald, Michele. «Airbus’ A380 To Send Luxury Transport Soaring».
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now? And What’s Next», [Hotel-Online.com], octobre 2005.
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now And What’s Next for 2006», [Hotel-Online.com], mars 2006.
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now And What’s Next III», Smith Travel Research, mai 2006.

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Segments de clientèles

Les copains ensuite… Que devient l’univers masculin du voyage?

À l’heure où les femmes exercent une influence dominante dans le choix des vacances du couple et de la famille, où elles génèrent près de la moitié du volume de tourisme d’affaires et où le phénomène des escapades entre copines prend de l’ampleur, que devient l’univers masculin du voyage?

Évolution du rôle masculin

Au cours des dernières années, en Occident, le modèle masculin a été questionné, remodelé et redéfini, et ce, tant sur le plan de l’univers du travail que du couple et de la famille.

Un des symboles de ce changement est sans contredit l’émergence du phénomène «métrosexuel», une segmentation qui réfère au style de vie d’un groupe de consommateurs masculins urbains plus soucieux de leur image et plus intéressés par les expériences et les produits axés sur le bien-être, la santé et l’esthétisme, le bon goût et les offres «branchées». (Lire aussi: Bienvenue dans le merveilleux monde des sociostyles.)

On peut également souligner les changements découlant de l’accession des hommes de la génération X au statut parental. Cette nouvelle génération de papas aspire à un meilleur équilibre travail-famille. Cette implication accrue dans la cellule familiale influence leurs préférences et leurs habitudes en ce qui a trait à leurs vacances familiales et à leurs déplacements professionnels. (Lire aussi: Le tourisme familial et les «parents X».)

Et cette évolution sociale du comportement de l’homme a-t-elle eu une incidence sur ses intérêts de voyage? Bien sûr!

Les voyages des hommes

N’échappant pas aux tendances, on constate que la traditionnelle fin de semaine de pêche doit désormais faire un peu de place à la tournée des vignobles californiens, au séjour de luxe et au séjour dans un spa. D’ailleurs, l’industrie du spa doit désormais 25% de son chiffre d’affaires aux consommateurs masculins.

La chaîne hôtelière Loews tente de capitaliser sur cette tendance en offrant le forfait «Metro Man», un séjour incluant un repas gastronomique, une leçon sur l’étiquette, un cours sur les vins et une consultation avec un conseiller vestimentaire. L’option «deluxe» permet même d’y ajouter des soins esthétiques (traitement à la cire, facial et blanchiment des dents).

Toutefois, on peut se demander si cette sensibilité accrue des hommes pour les spas et le bien-être ou la gastronomie trouve écho principalement dans leurs comportements de voyages en couple ou en famille ou est-ce également le cas lors des voyages entre chums?

Les voyages pour hommes

Contrairement aux escapades entre copines, un phénomène en croissance (lire aussi: «Les copines d’abord»), le voyage entre boys est un marché qui, quoique difficile à quantifier, existe depuis fort longtemps. En fait, selon la Travel Industry Association (TIA), les voyages de groupes réunissant uniquement des hommes représenteraient environ 4% des voyages.

Malgré que certains voyages d’affaires, de motivation et de congrès soient compris dans ces données, on tend encore à associer les vacances masculines aux séjours privilégiant les activités sportives et celles fortes en adrénaline. Ce stéréotype est-il encore fondé ou la réalité des voyages pour hommes évolue-t-elle en fonction du contexte changeant de l’image de l’homme?

Un survol des différents magazines et webzines (Askmen, men.com, Maxim, Stuff, etc.) qui s’adressent à un lectorat masculin révèle que les thématiques classiques que sont la chasse, la pêche, la course automobile, le golf, les sports professionnels et les défis physiques demeurent incontournables lorsqu’il s’agit de parler voyage aux hommes.

Dans son édition de mars 2006, le magazine américain Men’s Fitness proposait les 24 activités de voyage ultimes pour les hommes. La liste comprenait notamment: lutte avec les alligators, session de course automobile, camp d’entraînement du baseball majeur, plongeon d’une falaise, luge, rodéo, plongée sous-marine, surf, escalade de glace, motocross et plus encore! On est loin des soins esthétiques !

Toutefois, Wow.travel, site spécialisé dans le voyage de luxe, publiait en juillet dernier un article qui proposait sept suggestions d’escapades pour «machos»! Une liste qui laissait une place de choix à la pêche, au golf, à la voile, aux cigares et aux voitures, mais cette fois en prenant soin d’y associer un volet hébergement privilégiant des établissements réputés tels que Ritz-Carlton, Four Seasons et Relais & Châteaux.

C’est une tendance que dénote également le magazine de prestige, Robb Report, qui souligne que leurs annonceurs touristiques proposent par exemple aux lecteurs des escapades en héliski, des séjours sur le yacht privé du golfeur Greg Norman (pour seulement 315 000USD par semaine) et d’autres exubérances.

Par ailleurs, un coup d’oeil à certains sites Internet spécialisés dans les voyages pour la clientèle masculine démontre que les motivations ont bien peu changé.

Il semble donc que les entreprises touristiques désireuses d’intéresser la clientèle des boys pourront continuer d’exploiter les thèmes classiques (sports, voitures, actions, nightlife, etc.). Il leur suffit d’y ajouter des composantes (hébergement, restauration et transport) en fonction du niveau de services recherché par la clientèle (de la rusticité au grand luxe).

Un marché là pour rester!

Avec l’émergence du créneau des voyages de filles qui s’ajoute au traditionnel segment des voyages de gars, il semble que le voyage réunissant les gens du même sexe soit promis à un bel avenir. D’autant plus qu’un sondage Ipsos-Reid (Cranium Fun Study) révèle que les Canadiens, après la famille et le conjoint, ont généralement plus de plaisir avec des amis du même sexe (20%), qu’avec des amis du sexe opposé (15%) ou des collègues de travail (7%).

Sources:

– Johnson, Noah. «24 Fittest Travel Destinations Known to Man», Men’s Fitness, mars 2006.
– Kalson, Sally. «Girlfriend Time: All-women Getaways Let Gal-Pals Relax, Reconnect», Pittsburgh Post-Gazette, 7 juin 2006.
– «WOW.TRAVEL’S Seven Sensational Suggestions for Macho Escapes», www.wow.travel, 11 juillet 2006.
– Zbar, Jeffery D. «Guys Out for More than a Weekend», Advertising Age – Midwest Region Edition, 10 mai 2004, vol. 75, no 19, p. S22.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

La mode attire-t-elle le touriste?

La ville de Bruxelles a décidé cette année de jouer la carte de la mode afin de séduire les touristes. En consacrant 2006 «Année de la mode et du design», elle fait d’une pierre deux coups: elle dynamise le tourisme urbain et donne un bon coup de pouce à un secteur industriel en difficulté. Des idées à copier?

Cette année, la ville de Bruxelles (Belgique) a décidé de jouer la carte de la mode dans le but de séduire les touristes. Après le chocolat, la bière, les frites et les moules, sans oublier la dentelle, l’Office du tourisme et les autorités bruxelloises misent aujourd’hui sur les couturiers belges pour faire la promotion du modernisme et de la créativité de la région.

En effet, la ville a proclamé 2006 «Année de la mode et du design», architecture de la forme et de la matière. Le programme des événements a été concocté en collaboration avec Modo Bruxellae, association qui se voue corps et âme à la promotion de la mode bruxelloise, et le Bureau des Grands Événements, nouveau département du Bruxelles International – Tourisme & Congrès (BITC).

Bruxellois et touristes sont invités à venir découvrir les designers, par le biais:

  • d’expositions et de nombreux défilés;
  • d’une «Nuit de la mode», 90 minutes de défilés en continu;
  • de circuits et de fins de semaine thématiques, organisés en partenariat avec des restaurants, qui en profitent pour proposer des menus «design»;
  • d’un circuit de «vélotour urbain», pour découvrir le quartier de la mode à bicyclette;
  • d’un bureau d’information, installé temporairement sur la Grand-Place: la «Maison de la Mode» servira à la fois de bureau d’information, d’espace de rencontres et de conférences et accueillera diverses animations.

Ils sont bien sûr également invités à faire les boutiques!

La démarche est prometteuse. Et s’il est difficile de chiffrer les retombées touristiques, on peut d’ores et déjà en souligner les bienfaits sur le plan de l’architecture des quartiers. En effet, le regroupement des couturiers a déjà largement contribué à la revitalisation urbaine d’un quartier qui, jadis, était presque à l’abandon.

Le «quartier de la mode» est maintenant l’un des principaux points de chute des boutiques et des ateliers de couture. Les couturiers ont pu profiter de prix très avantageux afin de racheter les commerces à bon prix.

Statut de la mode à Bruxelles

En 2004, Bruxelles comptait un peu plus de 1600 établissements dans le secteur du textile, de l’habillement et du commerce de vêtements (commerces de gros et de détail). Cette industrie est principalement soutenue par les pouvoirs publics, via Modo Bruxellae, ainsi que par des subsides annuels de quelque 120 000 euros octroyés par le ministre de l’Économie du gouvernement bruxellois.

Une dotation complémentaire est fournie par Bruxelles Export pour permettre la participation à certaines missions à l’étranger (via notamment la Boutique Modo, présente dans les foires et les salons internationaux). Il existe également diverses aides ponctuelles et non structurelles accordées conformément à la politique d’image de Bruxelles.

À la suite de l’engouement des dernières années, les secteurs de la mode et du design de Bruxelles se traduisent par un développement économique intéressant pour la région. On y compte environ un millier d’emplois.

La ville a volontairement choisi de miser sur la création d’un lieu unique (géographique, économique et institutionnel) afin de regrouper les acteurs du réseau bruxellois. Celui-ci se veut, à la fois, le lieu de travail et d’accueil pour les visiteurs, les acheteurs et les professionnels du secteur. Ainsi, ils favorisent la présentation de prix préférentiels, augmentent la visibilité des jeunes créateurs et aident les jeunes entreprises à percer dans ce créneau très concurrentiel.

Une idée transportable?

Bruxelles n’est pas la seule ville qui a compris l’importance de la mode dans l’économie en général et dans l’industrie du tourisme en particulier. D’autres villes misent sur cette industrie, comme Florence et Milan, Barcelone, New York, Tokyo… et bien sûr Paris (où, par exemple, environ 6000 touristes entrent chaque jour chez Louis Vuitton)!

Deuxième ville francophone après Paris, avec ses 3,4 millions d’habitants, Montréal est connue et reconnue comme la capitale de la mode au Canada (elle regroupe à elle seule près de 60% des entreprises canadiennes du secteur) et l’une des plus importantes plaques tournantes de l’industrie de la fourrure au monde.

Mais la concurrence est rude et la bataille faire rage. Aujourd’hui, à l’heure où les Chinois tentent d’envahir le marché avec des produits bas de gamme en grande quantité et où Toronto joue des coudes en développant le haut de gamme pour déloger Montréal, la mode québécoise doit prendre un tournant décisif.

Déjà, de nombreuses activités sont organisées pour dynamiser ce secteur industriel, entre autres:

  • la Semaine de la mode, créée en septembre 2001 par Liaison Mode Montréal, regroupement d’associations sectorielles voué à la promotion de l’industrie de la mode et du vêtement de Montréal;
  • le Festival mode et design de Montréal, organisé par Sensation Mode, qui a pour mission de créer des évènements et des promotions «sur mesure» et qui met en vedette une quarantaine de défilés;
  • la Braderie de mode québécoise, braderie de mode griffée (35 à 40 designers) attirant plus de 8000 personnes, deux fois l’an durant quatre jours.

Alors, quand on sait que «faire les boutiques» est l’activité préférée des touristes lorsqu’ils voyagent (lire aussi: Magasiner, l’activité numéro 1 du touriste!) et que le luxe est un produit de niche en émergence (lire aussi: Le haut de gamme n’est plus un luxe, c’est une réalité!), ne serait-il pas judicieux de mettre l’accent sur ce pôle économique?

Sources:

– Breton, Brigitte. «À la mode de Bruxelles», Le Soleil, 20 avril 2006.
– Delanglade, Sabine. «Le luxe a un avenir fabuleux », L’Express, 13 avril 2006.
– Gouvernement du Québec (communiqué de presse). «Le gouvernement du Québec accorde 100 000 $ à la 10e Semaine de mode de Montréal», 20 mars 2006.
– Radio-Canada (SRC Télévision – Le Téléjournal/Le Point). «Industrie de la mode: Toronto parade aux côtés des géants européens de la haute couture pour déloger Montréal», 21 mars 2006.
– Radio-Canada (SRC Télévision – Le Téléjournal/Le Point). «Les jeans Parasucco déménagent: la mode est-elle toujours « in » à Montréal?», 25 août 2005.

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Ailleurs dans le monde Hébergement

Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?

Le voyageur est de plus en plus «demandeur» en matière de découverte du patrimoine naturel par des visites de sites remarquables, des circuits touristiques, des activités de pleine nature. Toutefois, ce même consommateur exige bien-être, confort et sécurité. Incompatible, croyez-vous? Certains hôteliers ont réussi des mariages plutôt heureux en insérant le camping dans leurs nouvelles propositions haut de gamme!

Désir de nature et désir d’archaïsme

Le sociologue français Jean-Didier Urbain estime que le désir de nature est l’un des principaux désirs que génère la vie en ville. Selon lui, ce réflexe de la recherche d’un environnement naturel en réaction à un quotidien où tout est rue et pavé ira en s’accentuant puisqu’on évalue que, en 2015, plus de la moitié de l’humanité vivra dans les villes, une réalité encore plus présente en Occident. Pour les professionnels du tourisme, il s’agit d’un incroyable filon à exploiter. [Lire aussi: Mettez-vous en mode «séduction»!]

Pour sa part, le sociologue Michel Maffesoli souligne l’émergence d’un «paradoxe postmoderne», celui de la prédominance de la recherche du luxe jumelée à un désir de retour de l’archaïsme, c’est-à-dire le retour à ce qui est premier, fondamental, naturel et matières brutes. Le développement d’offres mariant habilement le luxe et la nature semble donc promis au succès.

Le tourisme de nature

Défini par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) comme une forme de tourisme organisé autour de la motivation principale d’observation et d’appréciation de la nature, le tourisme de nature vise donc à répondre à ce désir de nature en structurant l’accès à des environnements naturels exceptionnels.

Afin de compléter cette expérience de découverte de la nature, l’industrie touristique a dû relever le défi de développer des solutions d’hébergement qui assurent un confort conforme aux exigences des clientèles sans pour autant dénaturer le milieu naturel d’accueil. La création des écolodges s’inscrit d’ailleurs dans cette tendance.

Le luxe s’invite dans la nature

Flairant la tendance et soucieuse de ne pas laisser filer ce segment de clientèle, l’hôtellerie de luxe s’est inspirée de la tente, un mode d’hébergement traditionnellement associé aux aventures en milieu naturel, afin de créer des établissements nouveau genre visant à séduire les clientèles urbaines en recréant l’impression d’aventure associée à la pratique du camping.

Le premier campement Four Seasons

Afin de permettre à sa clientèle d’assouvir son désir de contact direct avec la nature, le nouveau complexe de la prestigieuse chaîne hôtelière Four Seasons, situé dans le Triangle d’or au nord de la Thaïlande, regroupe quinze tentes spacieuses. Toutes décorées différemment, ces tentes dotées de portes et de fenêtres qui s’ouvrent avec des fermetures éclairs offrent: grand lit, parquet de teck recyclé, immense baignoire en cuivre, douche en plein air, Internet haute vitesse, coffre-fort et plus encore. Pour le groupe hôtelier, cette première expérience constitue un projet pilote qui servira de test et de référence pour l’éventuel développement de nouveaux campements.

 

Un développement qui «tente» tous les continents

En 2005, dans le Montana (États-Unis), le complexe de villégiature de luxe Paws Up Resort ajoutait à son offre le volet «Tent City» qui accueille ses clients en plan américain (repas inclus) pour 595 USD par nuit! Les tentes abritent un lit douillet (literie de qualité et couette en plume) et des oeuvres d’art sur les murs. Jumelé à un spa offrant des massages en plein air – donnés sur les rives de fleuve Blackfoot avec des huiles essentielles de la région -, le site obtient tellement de succès que 6 tentes et un nouveau spa seront ajoutés en 2006. 

En Australie, le groupe Voyages Hotels and Resorts, qui gère 23 complexes hauts de gamme, propose, depuis le 1er juillet 2004, le camp 5 étoiles Longitude 131°. Situé au coeur d’un parc national, ce site, affilié au groupe Small Luxury Hotels of the World, offre 15 élégantes tentes sur pilotis dotées d’air climatisé et de télévision par satellite.
 
Sans surprise, on trouve aussi ce type de campement à Dubaï, où l’Al Maha Desert Resort est situé dans une réserve animalière couvrant 225 km carrés de désert, mais aussi dans le Sahara tunisien, dans un parc national de la Namibie ou encore dans les sites naturels de la Bolivie.

Le «mirage aventurier»

S’amusant du comportement du citadin qui veut retrouver les sensations d’antan, mais intégrant le confort de la ville, Jean-Didier Urbain relève que l’utilisation des termes campement et camping par les grandes entreprises touristiques est surtout justifié par une référence à l’imaginaire des consommateurs qui vise à créer un «mirage aventurier». Quoiqu’il en soit, les hôteliers semblent avoir réussi à créer un nouveau créneau porteur en mariant habilement le désir de nature et le goût du luxe.

Sources:
– Hamam, Nadia. «Palais de toile sous les étoiles», Madame Figaro [www.madamefigaro.fr], 14 février 2006.
– Maffesoli, Michel. «Un désir de retour à l’archaïque», Madame Figaro [www.madamefigaro.fr], 14 février 2006.

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Ailleurs dans le monde Transport

Les multiples facettes touristiques du train

De nos jours, la variété et la qualité des prestations offertes par le train brisent souvent de vieux stéréotypes. Un simple coup d’oeil à la panoplie des produits et services disponibles permet de constater à quel point le train est devenu bien plus qu’un mode de transport coûteux avec un piètre service. Qu’il adopte la cadence du «slow travel» ou la vitesse d’un avion, le transport ferroviaire s’est raffiné et, plus que jamais, il appartient au paysage touristique.

Adaptation du train

Du début du XXe siècle jusqu’aux années cinquante, le train constitue le fleuron des modes de transport au pays et Montréal agit comme plaque tournante du continent. L’arrivée de l’automobile, combinée au développement des autoroutes et du transport aérien, a sonné le glas de l’époque ferroviaire. Mais, aujourd’hui, le tourisme donne une nouvelle vie à ce moyen de transport.

Plusieurs destinations ont adapté leur service régulier de train de manière à ce que la tarification convienne davantage à la clientèle touristique. La passe européenne Eurail, qui permet aux voyageurs de parcourir plusieurs pays en utilisant le train de façon illimitée durant un certain laps de temps, constitue un exemple bien connu. On trouve le même concept avec la Carte Amérique du Nord, valide pour trente jours et offerte conjointement par Via Rail et Amtrak.

L’utilisation du train à des fins touristiques s’organise de plusieurs façons. L’une d’elles consiste à offrir de longs trajets ferroviaires qui recréent les voyages épiques. Via Rail, par exemple, mise sur cette approche classique pour découvrir le Canada, grâce à un forfait de trois jours permettant de franchir la distance entre Toronto et Vancouver. Le transporteur a même développé, en collaboration avec des partenaires touristiques, un portail spécifique où les voyageurs peuvent sélectionner des escapades en train parmi les thématiques proposées.

Trains de luxe

Par ailleurs, quelques entreprises misent sur un produit ferroviaire de luxe. Le groupe Orient-Express, par exemple, exploite des trains touristiques très haut de gamme en offrant un service hors pair. Les trains Venice Simplon-Orient-Express (Europe), Eastern & Oriental Express (Bangkok-Singapour), Northern Belle et Hiram Bingham (Pérou) font partie de ce créneau. Le segment Venice Simplon-Orient-Express est membre honorifique des Relais & Châteaux depuis 1968. À titre indicatif, la tarification d’un forfait de 9 jours/8 nuits sur le Northern Belle, en occupation double, coûte 5425 euros par personne. 

La compagnie Royal Scotsman gère un train du même nom en Écosse. Considéré par plusieurs comme le plus luxueux du monde (photo), il offre un service attentionné grâce à un ratio d’un employé pour deux passagers et le nombre de voyageurs se limite à 36 par circuit afin de maximiser l’espace disponible et de privilégier l’intimité.

Rovos Rail, Palace On Wheels, Rocky Mountaineer et le Trans-Siberian Express figurent parmi les autres transporteurs qui proposent des produits de luxe en train. La réponse du marché semble bonne puisque plusieurs projets d’expansion sont à l’agenda des entreprises qui oeuvrent dans ce créneau.

Petits trains touristiques

Les petits trains touristiques s’inscrivent plus comme un attrait que comme un mode de déplacement. Par exemple, le train à vapeur Hull-Chelsea-Wakefield propose une excursion d’une demi-journée dans l’Outaouais visant à faire revivre une époque révolue. Les Trains touristiques de Chaudière-Appalaches et le Train touristique du Haut-Saint-François offrent également ce type de produit.

Plus près de Montréal, l’Agence métropolitaine de transport prend également un virage touristique. L’organisme a publié un dépliant dédié à la promotion d’escapades thématiques en train dans la grande région métropolitaine. Ces excursions d’une journée comprennent des volets de découvertes (visites de vignobles, de fermes, de sites historiques, de centres d’interprétation, etc.) et des sorties à caractère plus ludique (parc aquatique, rallye, croisière, canot, etc.). 

En France, de 3 à 4 millions de touristes empruntent les petits trains qui sillonnent le pays. Le train jaune s’avère le plus populaire alors qu’il accueille à lui seul plus de 500 000 visiteurs. C’est le caractère hautement pittoresque du trajet parcouru à une vitesse de croisière de 30 km/h, sur une liaison ferroviaire aux allures de montagne russe, qui le rend si populaire. Comme ces petits trains français offrent des trajets trop limités, on les jumelle habituellement avec des circuits d’autocaristes ou de tours-opérateurs spécialisés.

Le train touristique convient parfaitement aux familles, même avec de très jeunes enfants. Les adeptes de l’histoire et de la mécanique ainsi que les nostalgiques d’une certaine époque peuvent également s’intéresser à ce type d’expérience. Ce produit s’adapte évidemment très bien aux groupes ainsi qu’aux réunions d’affaires. 

En Ontario, une initiative originale

Certaines destinations vont encore plus loin dans l’intégration du train comme composante touristique. Cochrane, petite municipalité située dans le nord-est de l’Ontario, à 700 kilomètres de Toronto, jouit d’une excellente réputation auprès des marchés du sud de la province et auprès de plusieurs Américains comme destination de motoneige. Afin de faciliter l’accès aux motoneigistes et d’intéresser d’importants marchés éloignés tels que le Michigan, la destination a mis sur pied le service «Tracks to Trails – Snowmobile Excursions» adapté au transport des motoneiges en train (photo).

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L’initiative s’est avérée un succès: une importante proportion des motoneigistes utilisent leur automobile jusqu’à la région de Sault-Sainte-Marie et montent ensuite à bord d’un train (Algoma Central Railway) pour atteindre la région de Cochrane. Cette formule a fait l’objet d’une dynamique campagne de promotion et a rapporté d’intéressants résultats. La quasi-totalité de la clientèle qui utilise ce service appartient à la catégorie des motoneigistes expérimentés.  

Quelques perspectives

Bien qu’il n’occupe plus l’avant-scène en Amérique du Nord, le train ne ralentit certainement pas ailleurs dans le monde. Les projets visant l’amélioration des réseaux ferroviaires se multiplient et comprennent souvent d’imposants ponts et tunnels dans le but de faciliter les déplacements internationaux des voyageurs en reliant certains pays entre eux. Voici quelques exemples:

  • Un tunnel de 40 kilomètres connectera l’Espagne au Maroc (2008).
  • Un pont ou tunnel sera construit entre l’Allemagne et le Danemark (2015).
  • Un tunnel de 53 kilomètres reliera Lyon et Turin.
  • Un tunnel de 136 kilomètres permettra de passer de la Tunisie à la Sicile.
  • Un tunnel de 120 kilomètres reliera le Japon à la Corée du Sud.
  • Un passage de 125 kilomètres rejoindra Taiwan à partir de la Chine.

Par ailleurs, les préoccupations liées à l’environnement constituent un autre facteur qui contribuera à accroître la popularité de ce mode de transport. La majorité des trains, lorsque comparés sur une base équivalente, s’avèrent beaucoup moins dommageables pour l’environnement en termes d’émission de dioxyde de carbone que l’automobile et l’avion. Calculé en kilomètres par passager, le taux de pollution du train équivaut à 27% de celui des vols court-courriers, à 45% de celui des autos et à 64% de celui des autobus. 

En outre, d’importantes percées dans l’ingénierie améliorent sans cesse l’efficacité du transport ferroviaire. Les autorités chinoises ont mis à profit la nouvelle technologie MAGLEV qui consiste à utiliser la lévitation magnétique. Une première mondiale, le Maglev Transrapid (photo), inauguré le 31 décembre 2004, relie le centre-ville de Shanghai à l’aéroport international. Ce train, dont la vitesse de pointe atteint 430 km/h, parcourt une trentaine de kilomètres en 7 minutes et 20 secondes. Le coût de cette innovation: 1,2 milliard $US. Les Pays-Bas, l’Allemagne, le Royaume-Uni (avec un train qui atteindra 500 km/h) et les États-Unis étudient la faisabilité de projets similaires. Avec de telles avancées, on doit se demander si le train ne représentera pas un concurrent sérieux à l’avion.

Peut-on se permettre de rêver à un train Maglev pour Dorval (ou Mirabel) un jour?

Voir aussi

Forfaits Via
Escapades en train de l’AMT
Train à vapeur Hull-Chelsea-Wakefield
Trains touristiques de Chaudière-Appalaches inc.
Algoma Central Railway

Sources :
– China Daily/The Guardian. «Shanghai Maglev Train May Fly on London Line», Chinadaily.com.cn [www.chinadaily.com.cn], 6 juillet 2005.
– De Gueldere, Alexis. «Le Québec par d’autres voies – Au rythme du rail», Au Québec, 2005.
– Noyer, Olivier. «Les petits trains qui visitent la France», L’Écho Touristique, 22 avril 2005.
– Paquet, Stéphane «Le p’tit train des Alpes», La Presse, 11 juin 2005.
– Mintel. «Worldwide Rail Tourism – International», Travel & Tourism Analyst, no. 2, février 2005.

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Yotel! Quand l’hôtellerie s’éclate

La segmentation de l’offre hôtelière, secteur autrefois conservateur, ne cesse de nous surprendre. Après les hôtels «boutiques» et les condotels, voici maintenant Yotel qui tente d’écrire une autre page de la petite histoire de l’hôtellerie. Les initiateurs entendent révolutionner le secteur avec un concept, lancé à l’automne 2004, de chambres miniaturisées inspirées du modèle japonais et de la première classe des avions.

Yotel! Tendance ou coquetterie passagère?

Initiative du fondateur de Yo! Sushi, Yotel est le dernier-né de la segmentation du secteur hôtelier. Le concept: de luxueux habitacles… de dix mètres carrés répondant à des normes de 4 ou 5 étoiles.

Les premières chambres Yotel seront en service à Londres en 2005. Une nuitée au coeur de la métropole britannique coûtera environ 170 $CAN. C’est cher pour une chambre de dix mètres carrés, mais c’est bien peu pour une expérience de première classe au milieu de l’action, car les Yotel s’établiront dans les quartiers les plus en demande et dans des lieux difficilement accessibles aux hôtels classiques. On les verra dans les aéroports, dans les sous-sols, sur le toit des édifices, etc.

Les espaces, environ le tiers de ceux d’une chambre régulière, se compareront à ce que l’on peut retrouver sur un yacht luxueux.

Voici quelques caractéristiques particulières prévues: 

  • Télévision à écran plat et chaîne stéréo avec son surround
  • Accès Wi-Fi
  • Vaste sélection de films et de musique
  • Lits doubles rotatifs
  • Éclairage feutré
  • Accessoires de luxe pour la chambre de bain, incluant une douche «averse de pluie»
  • Literie de luxe
  • Espaces de rangement
  • Arrivées et départs automatisés

 

Le renouveau d’un secteur «à maturité»

L’industrie hôtelière s’est singulièrement transformée au fil des ans. Bien que cette évolution repose sur un historique de plus de 200 ans, ce sont les dernières années qui ont été les plus marquantes. Comme le souligne Gilles Larivière de Horwath Horizon Consultants, les innovations que l’on observe dans l’hôtellerie ne sont qu’une réaction à d’autres changements sociaux.

Au cours des années 1990, un important mouvement de concentration a considérablement modifié le paysage. L’épuration du parc hôtelier qui s’en est suivie s’est traduite par des acteurs en meilleure santé, et les perspectives sont fort encourageantes. Mais l’hôtellerie, que l’on croyait à maturité, continue d’évoluer alors que l’on assiste, de plus en plus, à l’éclatement de son produit.

Yotel! L’idée a du style et devrait certainement séduire un segment de clientèle. En attendant de voir la réponse du marché, les promoteurs recherchent activement de nouveaux emplacements. Les prochaines villes envisagées : Amsterdam, Barcelone, Bucarest, Berlin, Copenhague, Hong Kong, Singapour, Madrid, Paris, Rome et Sydney. À quand Montréal?

Sources:
– Roux Caroline. «Living in a box», The Guardian [travel.guardian.co.uk], 25 septembre 2004.
– Rasetti, Jerome. «Say yello to the Yotel!», Independent Online [www.iol.co.za], 11 octobre 2004.
– Larivière, Gilles et Jocelyn Jussaume. «Émergence des nouvelles formules en hôtellerie», Téoros, vol. 23, no 3, automne 2004.
– Carlile, Jennifer. «Japanese pod hotels to make London debut», MSNBC [msnbc.msn.com], 4 octobre 2004.
– Hospitality Net. «Yotel / A New Concept Hotel Launching At 100% Design 2004», 7 septembre 2004.

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Hôtellerie: chambre avec vue… sur le futur

Si l’on reprend les prédictions sur le tourisme et le voyage faites en 1912 par Harold D. Eberlein, on constate qu’il est parfois bien difficile, le métier de futurologue. Mais aujourd’hui, 92 ans plus tard, à quoi peut bien ressembler une chambre d’hôtel du futur?

Selon Eberlein, les toits des hôtels allaient être garnis de jardins pour une vue agréable, le service à la clientèle allait atteindre son paroxysme: les valets de chambre allaient se précipiter au-devant de nos moindres désirs et les chauffeurs de taxi allaient tourner autour des entrées de service, tels des vautours prêts à nous prendre en charge.

Aujourd’hui, pour vous donner une bonne idée de la chambre d’hôtel du futur, je vous invite à visiter la chambre spécialement aménagée dans une aile du Hilton University, non loin de l’aéroport international de Los Angeles. Celle-ci présente une kyrielle de produits technologiques de deuxième génération, apportant à la fois sécurité, confort, service, productivité et divertissement.

Parmi les nombreuses possibilités de cette pièce, admirez:

Pour la sécurité:

  • un système d’ouverture de porte à lecture optique (ouverture sur simple présentation d’une carte de crédit);
  • un coffre-fort biométrique (les empreintes digitales servent de clef), assez grand pour contenir un ordinateur portable;
  • un visiophone (permettant de n’ouvrir la porte qu’une fois le visiteur reconnu).

Pour le divertissement:

  • un écran à plasma à écran plat (42 pouces) fixé au mur, relié à des haut-parleurs d’excellente qualité;
  • un lecteur CD/DVD;
  • un deuxième moniteur télé, plus petit, à cristaux liquides et écran plat, situé près de la baignoire à remous.

Pour le confort:

  • des lumières à détection de mouvement;
  • une télécommande pour ajuster les niveaux d’éclairage de la pièce, actionner l’ouverture et la fermeture des tentures, la télé, la radio et le lecteur DVD et, bien sûr, le niveau d’inclinaison de la tête et du pied de lit;
  • un mini-réfrigérateur, complètement silencieux;
  • une chaise de massage électronique;
  • dans la salle de bain, toilette et bidet avec siège chauffant, une douche à cinq pommeaux, à contrôle de température entièrement automatisé et un miroir muni d’un système de désembuage.

Pour la productivité:

  • une connexion Internet à large bande (disponible par ordinateur portable ou par l’écran de la télé);
  • la possibilité d’imprimer des documents sur imprimante couleur, 24 h sur 24.

Les détracteurs diront que l’utilisation d’un tel matériel nécessitera l’apprentissage d’un mode d’emploi aussi gros qu’un annuaire téléphonique. Mais si vous êtes tenté d’essayer cette petite révolution dans le monde de l’hébergement, réservez dès aujourd’hui, au Hilton Garden Inn (El Segundo, Californie), la chambre 267!

Voir aussi

2024: À quoi ressemblera l’hôtel du futur?

Sources:
– Turkel, Stanley. «The Guestroom of the Future», Lodging Hospitality, 15 juin 2004, vol. 60, no 8, p. 24.
– Lasky, Michael S. «A Night in the Hotel of the Future», Hotel News Resource, 17 décembre 2003.