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Produits et activités

L’art de valoriser les régions par les murales

Voilà bientôt un an, Travel Oregon lançait une vidéo pour appuyer la campagne marketing Only Slightly Exaggerated. Elle se caractérisait par son originalité et son animation de type manga. Fort de son succès, l’OGD amène sur un autre terrain l’extravagance de sa campagne. Les images fantastiques prennent désormais vie à travers un sentier de murales.

La Oregon Mural Trail comporte sept fresques peintes à la main réparties dans autant de villes (voir l’image ci-dessous). Les images représentent des séquences de la vidéo de la campagne marketing. Les responsables du projet espèrent inciter les habitants et les voyageurs à parcourir les régions rurales de l’État et à découvrir leurs merveilles. Le sentier de murales se veut également un vecteur de fierté pour les communautés et un outil pour contribuer à leur développement artistique et culturel.

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Source : Travel Oregon

Les villes choisies devaient avoir réussi le programme du Rural Tourism Studio de Travel Oregon. Il s’agit d’une formation pour aider les communautés rurales à développer et offrir des expériences de qualité aux voyageurs. Dans le cas de la ville de Dalles, plusieurs projets, dont un sentier gastronomique et un podcast sur le patrimoine culturel de la région furent créés. La vidéo suivante présente les étapes de la conception de leur murale.

Source : YouTube

La culture et les arts apportent plusieurs bénéfices aux communautés rurales. En plus d’augmenter la qualité de vie des citoyens, ils contribuent à l’attractivité touristique de leur territoire. Il s’agit d’une façon de se démarquer et de valoriser les ressources locales. Une idée pour nos régions ?

 

Source de l’image à la une : YouTube

 

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Marketing

Raconter son histoire, un paysage à la fois

Avec l’engouement que l’on connaît pour Instagram et les médias sociaux, les paysages n’auront jamais autant suscité l’attention des touristes. Le Réseau muséal des Îles-de-la-Madeleine a créé un parcours regroupant douze paysages emblématiques. Chacun de ceux-ci se différencie par sa beauté et son patrimoine humain. Selon le ministère de la Culture et des Communications du Québec, il s’agit des deux composantes qui définissent un paysage culturel patrimonial.

Chaque emplacement est muni d’un module d’interprétation affichant des photographies et des récits remontant jusqu’à 1811. La carte du parcours est disponible sur le site Web de Tourisme Îles de la Madeleine. Afin de compléter l’expérience, douze contes audio accompagnés d’un lexique sont téléchargeables en ligne. À l’image des habitants des îles, ces capsules se veulent humoristiques et captivantes en recourant à de nombreuses expressions prononcées avec l’accent madelinot. Chaque récit permet d’en connaître davantage sur l’histoire de cet archipel, tout en suivant son rythme. Une belle inscription du patrimoine local dans une stratégie d’attractivité territoriale.

Que faites-vous pour faire parler votre territoire? Quels outils avez-vous mis en place pour le valoriser?

 

Source image à la une : Fanny Beaulieu Cormier

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Tourisme durable

L’Islande fait la promotion de son eau… du robinet

Près des deux tiers des voyageurs consomment plus d’eau dans des contenants de plastique à usage unique lors de leurs séjours comparativement à la maison. Seulement un peu plus du quart apportent en voyage une bouteille réutilisable, tel que le révèle une enquête réalisée auprès de 16 000 touristes à travers onze marchés d’Europe et d’Amérique du Nord. La crainte de boire une eau potentiellement risquée pour la santé est la principale raison pour laquelle ces voyageurs achètent de l’eau embouteillée.

L’organisme de promotion de l’Islande, Inspired by Iceland, lance la première marque d’eau courante : Kranavatn (qui signifie eau du robinet en islandais). Les grandes lignes de cette campagne au ton humoristique s’articulent comme suit : cette eau est d’excellente qualité, on en trouve en abondance au bout de chaque robinet dans le pays et elle est offerte gratuitement en tout temps. Voici la vidéo promotionnelle.

Vidéo : YouTube

L’organisme de promotion Inspired by Iceland et The Environment Agency of Iceland invitent aussi les visiteurs à relever le Kranavatn Challenge qui engage le signataire à consommer l’eau courante plutôt que d’acheter des bouteilles à usage unique lors d’un séjour en Islande.

Voilà une façon originale et amusante de favoriser l’adoption de comportements responsables.

 

Image à la une : Inspired by Iceland

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Hébergement

Façonner l’expérience client par le design en hôtellerie

Dans une ère où partager ses vacances sur les réseaux sociaux devient une pratique courante, la course aux plus belles prises de vue est vive. Les destinations ainsi que les entreprises touristiques ne cessent d’innover pour leurs installations et leurs aménagements afin de créer pour les visiteurs l’occasion parfaite d’immortaliser leur visite par une photo.

Toutefois, le design ne sert pas seulement à l’esthétisme d’un lieu. Il doit permettre de créer de la valeur ajoutée à l’organisation, tout en répondant aux besoins et aux attentes des utilisateurs. Il est alors nécessaire de souligner ses différents usages, son importance et ses bénéfices tant pour les hôteliers que pour les touristes.

Intégrer le design à son image de marque

Dans le but de se différencier, une marque doit fournir une expérience distinctive et provoquer des émotions chez les consommateurs. Pour ce faire, elle doit se bâtir une image solide et déclinée dans tous les aspects de son offre. Le design est un des éléments trop souvent oubliés par les gestionnaires. Pourtant, en y intégrant les codes, il renforce cette identité et enrichit l’expérience vécue par le consommateur. On parle ici de consistance de l’identité de marque (Brand Consistency).

Afin d’associer avec succès le design à sa marque, il est important d’impliquer le plus de parties prenantes possible, et ce, dès le début du processus. Ensuite, déterminer les grands piliers de la marque, comme ses attributs physiques, mentaux ou émotionnels, permet de poser des fondations solides pour une déclinaison réussie. Enfin, il s’agit d’intégrer ces piliers au projet de design de l’établissement afin d’imaginer un espace personnalisé et à son image.

En 2018, RIU Hotels & Resorts a dévoilé sa nouvelle image de marque, moderne, attractive et encore plus accessible. Ce changement de signature est accompagné par la rénovation et la modernisation des établissements de la chaîne, entamée depuis 2010. RIU renforce ainsi son caractère unique en innovant dans le design de ses établissements ainsi que dans son offre de service.

À Rivière-du-Loup, au Québec, l’Hôtel Lévesque a profité de sa dissociation avec la chaîne Best Western pour renouveler son image et l’intégrer à son design intérieur et extérieur. Les nouvelles valeurs de l’établissement sont ainsi déclinées dans toutes les facettes de l’offre, y compris dans l’aménagement de l’espace.

Source :  YouTube 

Satisfaire une clientèle moins adepte des hôtels traditionnels

En plus d’enrichir la marque, le design permet d’aller au-delà des attentes des consommateurs, notamment celles de millénariaux, qui sont perpétuellement revues à la hausse, et d’augmenter ainsi leur satisfaction.

À ce titre, le groupe Accor a développé un nouveau portefeuille de produits, tous orientés sur le lifestyle, afin de s’adresser à une clientèle plus jeune, dont les aspirations sont différentes de celles des précédentes générations de voyageurs. On voit donc apparaître sur la scène hôtelière des établissements comme Mama Shelter ou encore Jo&Joe, où l’offre, l’atmosphère et le design diffèrent selon l’identité de la marque. Par exemple, les hôtels Mama Shelter veulent que le client se sente comme à la maison : bons repas cuisinés par des chefs renommés, mobilier très éclectique aux couleurs vives et contrastées, très éloigné du stéréotype des chaînes hôtelières.

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Source : Mama Shelter

Vous l’aurez compris, la marque et son identité s’avèrent des éléments centraux pour une organisation et pour sa rentabilité. Redéfinir le design intérieur d’un établissement selon sa marque permettra de renforcer le lien avec les clients, d’augmenter leur satisfaction et d’améliorer leur expérience globale.

Le design d’espace, terrain fertile pour une expérience client réussie

Depuis quelques années, l’expérience est au cœur de toutes les considérations en matière de design. Les hôteliers doivent repenser l’esthétisme et la fonctionnalité des différentes aires communes et des chambres de leur établissement afin de créer une atmosphère propice à une expérience client réussie. Réfléchi dans les moindres détails, le design peut répondre aux besoins et aux attentes des différentes cibles de voyageurs afin de rendre leur expérience unique et inoubliable.

Intégration dans l’environnement local

Bien loin de vouloir rester dans sa bulle et écarté de la vie environnante, le touriste a soif de rencontres et de découvertes locales. Même celui logeant dans les hôtels a cette envie de parcourir et de vivre la destination à la manière des résidents. Une façon originale de répondre à cette demande est d’opter pour le design intentionnel (Intentional Design), ou l’art d’incorporer l’histoire et l’esthétisme locaux à son architecture afin de susciter la curiosité du visiteur et de lui présenter la destination. Ce type de design fait vivre des émotions au visiteur grâce à la connexion de l’hôtel avec le caractère unique du lieu. L’expérience client va au-delà de la satisfaction des besoins du visiteur en suscitant la surprise et l’éblouissement.

De plus en plus de bâtiments historiques sont convertis en hôtels, uniques et luxueux, qui conservent l’essence même de la bâtisse. En Chine, dans le comté montagneux de Yangshuo, une ancienne raffinerie de sucre a été rénovée en complexe hôtelier. Malgré cette requalification, l’établissement n’a pas été embelli par les designers et a gardé son caractère unique. Les architectes d’intérieur de Alila Yangshuo ont par ailleurs voulu allier le nouveau et l’ancien en rendant hommage à l’histoire et à l’héritage uniques de ces édifices.

La combinaison de matériaux locaux comme les pierres et les bambous crée un équilibre harmonieux entre l’hôtel et son environnement naturel.

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Alila Yangshuo
Source : Dezeen

Intégrer son hôtel à l’environnement local, c’est aussi créer des espaces permettant la rencontre des résidents et des touristes. La fonction des lobbies évolue, notamment en s’ouvrant au public afin d’intégrer les hôtels dans la vie culturelle et événementielle des destinations.

L’hôtel Faena, à Miami Beach, a ouvert ses portes face à l’océan, au cœur d’un quartier vibrant tant pour les résidents que pour les touristes. Son Faena Forum, un espace au design extérieur unique, offre un lieu de divertissement aux habitants et aux visiteurs grâce aux évènements culturels et artistiques qu’il présente.

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Faena Hotel, à Miami. Photographe, Philippe Ruault
Source :  Dezeen

Enfin, toujours dans un souci de différenciation et d’intégration à la scène locale, plusieurs hôtels ont recours à l’art. Ce dernier est présent non seulement à titre de décoration, mais aussi afin de construire l’identité de l’hôtel et de l’aider à se distinguer de la masse en lui créant une image artistique particulière.

L’hôtel Conrad New York Downtown expose plus de 2000 pièces d’art contemporain dans ses aires communes et ses chambres. Il héberge aussi une série d’expositions éphémères d’œuvres d’art, mettant ainsi les invités en contact avec la richesse artistique et culturelle de New York. De plus, l’hôtel s’intègre parfaitement dans son environnement, proche du Battery City Park, un parc qui a su rassembler les différents usagers du quartier (entreprises internationales, résidents et visiteurs) grâce à l’art urbain.

 

Hotel Conrad New York DowntownSource : hôtel Conrad New York Downtown

Enfin, on constate que le design est utilisé afin de solutionner certaines problématiques propres à différentes clientèles ou à différentes réalités organisationnelles. Peut-être que le pouvoir du design peut aller encore plus loin et favoriser l’inclusion des personnes à mobilité réduite. Le design inclusif devient alors un élément de valeur distinctif pour une clientèle élargie.

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Marketing

Attractivité territoriale : le cas de Strasbourg

Depuis 2009, Strasbourg s’est engagée dans une démarche d’attractivité territoriale afin de mettre en valeur ses atouts tels que la jeunesse, le dynamisme économique, la mixité des cultures, le sens de l’accueil et, surtout, l’optimisme de ses habitants, leur confiance en l’avenir et leur certitude de pouvoir surmonter les obstacles. Pour ce faire, elle a créé la marque Strasbourg Europtimist en 2011, « une marque de reconnaissance pour affirmer nos convictions, nos forces, nos valeurs, en France et à l’international ».

Tout récemment, cet emblème a subi une cure de rajeunissement. Il se montre sous un nouveau jour avec une identité visuelle (logo) plus attrayante pour les clientèles cibles — étudiants, professeurs, chercheurs, artistes, entreprises, startups, touristes, etc. Afin de le faire connaître et de communiquer sa vision au plus grand nombre possible, la destination a lancé une campagne publicitaire et mis en ligne un site Web. On y découvre une ville européenne entreprenante, éthique, expérimentale, écologique et engagée! On y invite aussi la population à faire partie d’un réseau d’accueillants, les « Résoptimist ». Cette communauté de Strasbourgeois engagés fournit des renseignements utiles et des conseils à toute personne désireuse de mieux connaître la ville ou de s’y installer. Selon les gestionnaires de la marque, il s’agit d’un excellent outil pour accroître l’attractivité du territoire.

Strasbourg mise également sur huit ambassadeurs, des « personnalités emblématiques cultivant un lien particulier avec Strasbourg ». Ces Chief Optimist Officers (COO), des gens dynamiques, engagés, optimistes… et bénévoles, agiront comme porte-parole du territoire et de la marque Strasbourg Europtimist pendant les deux prochaines années. Leur rôle : valoriser l’image de la métropole.

La démarche de Strasbourg constitue un bon exemple de stratégie d’attractivité territoriale. Portera-t-elle les fruits escomptés? À suivre…

Source de l’image à la une : Europtimist

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Produits et activités

Le bien-être, nouveau pilier de l’industrie touristique

Selon le Global Wellness Institute, le marché mondial du tourisme de bien-être pesait plus de 639 milliards de dollars américains en 2017 et enregistrait une évolution deux fois supérieure à celle de l’ensemble de l’industrie touristique. Au Canada, les voyageurs ont réalisé 27,5 millions de séjours de bien-être et plus de 90 % d’entre eux ont été réalisés par des Canadiens. L’ensemble des dépenses générées au pays par les clientèles locale et internationale s’élevaient à 15,65 milliards de dollars américains (l’équivalent de 20,85 milliards de dollars canadiens). À l’échelle mondiale, c’est en Amérique du Nord que les dépenses étaient les plus importantes. Le budget moyen des personnes ayant effectué un séjour de bien-être est également supérieur à celui de l’ensemble des voyageurs.

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Une définition — deux segments de voyageurs

Selon le Global Wellness Institute, le tourisme de bien-être est un concept à ne pas confondre avec le tourisme médical ou de santé. Il s’agit de maintenir de façon proactive sa santé en voyage. Il existe deux types de voyageurs de bien-être, que l’on distingue selon leurs intentions. Alors que celui dit « primaire » considère le bien-être comme la motivation principale du choix de sa destination et des activités, le voyageur « secondaire » cherche seulement à inclure quelques activités de bien-être au cours de son séjour. Cette seconde catégorie représente la majorité des voyageurs de ce créneau. La distinction est importante, puisque les deux profils ont des attentes et des besoins différents.

Le bien-être, dans l’ADN des entreprises touristiques

À l’heure où le bien-être s’immisce dans toutes les sphères du voyage, les acteurs de l’industrie touristique font preuve d’innovation pour créer de nouveaux produits et expériences qui répondent aux attentes de la clientèle.

Les aéroports en Amérique du Nord se dotent de spas de luxe et de centres de remise en forme et proposent des cours de yoga dans les aérogares et les salons. Ils appliquent une approche biophilique dans la conception des espaces, c’est-à-dire qu’ils créent des environnements pourvus d’éléments naturels ou en lien avec la nature (végétaux, lumière, eau, sons, etc.) qui favorisent le bien-être. En vol, les compagnies aériennes offrent des séances de méditation, des programmes qui favorisent le sommeil et des options alimentaires plus saines.

Les hôtels et les centres de villégiature axés sur le bien-être se multiplient. Les partenariats entre les groupes hôteliers et les secteurs de la remise en forme, des spas, de la nutrition ou encore des cosmétiques sont de plus en plus courants. Pour se distinguer, les établissements élaborent des environnements et des designs qui s’inspirent de la nature et favorisent la relaxation. Chez AccorHotels, le bien-être se décline en cinq dimensions : la nutrition, l’environnement de la chambre, le mouvement (exercice physique), les spas et la pleine conscience (programmes et lieux réservés à la méditation), comme l’explique Emlyn Brown, directeur du Bien-Être pour les marques luxe et haut de gamme de la chaîne, en entrevue dans la revue Espaces.

Les voyagistes, les agences de voyages, les compagnies de croisières et les organisateurs d’événements rehaussent la qualité des voyages axés sur le bien-être grâce à des collaborations avec des spécialistes. L’agence de voyages Alma Mundi organise des séjours à travers le monde « pour apprendre à se faire du bien », avec des conférenciers renommés dans leur domaine, que ce soit la philosophie et la spiritualité, la méditation de pleine conscience ou encore le deuil. Selon l’agence Zen&go, en entrevue dans la revue Espaces, le plus important est de pouvoir compter sur de bons professeurs ou maîtres de la discipline pratiquée (yoga, ayurveda, « détox », méditation, chamanisme, etc.).

Spa EastmanSource : Alma Mundi

Les destinations se positionnent sur le tourisme de bien-être

D’après le Global Wellness Institute, les organismes de gestion des destinations (OGD) sont de plus en plus nombreux à mettre de l’avant certaines formes de tourisme de bien-être dans leurs communications et leur commercialisation. Plus d’un tiers des OGD des États américains et plus de la moitié de ceux de provinces et territoires canadiens (Alberta, Colombie-Britannique, Manitoba, Ontario, Saskatchewan, Yukon) font la promotion de ce tourisme sur leur site Web.

Certaines destinations développent leur image de marque autour du bien-être et se dotent d’une stratégie nationale, à l’instar de l’office du tourisme du Costa Rica qui a mis sur pied, en 2018, la démarche Wellness Pura Vida, inspirée de son fameux slogan Pura Vida. Elle se fonde sur les principes du tourisme responsable, puisque l’organisme souhaite faire bénéficier les communautés locales des retombées de cette stratégie. Parmi ses actions, elle fait la promotion de l’offre de bien-être proposée par les habitants et de celle consacrée à la gastronomie locale et autochtone.

En 2017, l’office de tourisme de Beverly Hills, en Californie, a lancé une campagne estivale intitulée City of Wellth, néologisme créé à partir des mots wellbeing (bien-être) et wealth (richesse), en mettant à profit des habitudes de santé déjà bien ancrées parmi les habitants de la ville. L’office de tourisme et les hôtels proposaient des événements, des activités et des forfaits thématiques. Sur le site Web de la destination, un jeu-questionnaire permettait aux internautes de connaître leur score en matière de style de vie et recommandait des activités pouvant le rendre plus sain, offertes dans la ville.

Love Beverly Hills

Source : Love Beverly Hills

Le bien-être s’immisce dans toutes les sphères du tourisme au point d’en être indissociable. Son influence dans l’industrie devrait s’accentuer, puisqu’il reflète les nouvelles habitudes de vie et les valeurs d’une part croissante de la population. Au fur et à mesure que le tourisme de bien-être évolue, on constate qu’il n’est plus uniquement considéré du point de vue du voyageur, mais aussi de celui des résidents. Une tendance qui offre des occasions de maillage avec le tourisme responsable.

Source de l’image à la une : © pexels.com

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Destinations Marketing

Promouvoir le bonheur

Pour une deuxième année consécutive, la Finlande occupe le premier rang du World Happiness Report des Nations Unies. Après avoir partagé sa recette du bonheur en 2018, l’organisation de gestion de la destination (OGD) rebondit à nouveau sur cette thématique pour promouvoir son bienheureux ADN.

Louer un Finlandais

La campagne « Rent a Finn » met l’emphase sur le besoin intrinsèque de l’humain de se connecter avec la nature pour trouver un meilleur équilibre de vie. Pour inspirer le public, l’OGD présente huit Finlandais disposés à servir de guide du bonheur. Ceux-ci partagent ce qui les lient à la nature, de la Laponie à Helsinki. L’OGD articule l’ensemble de sa stratégie autour du bien-être, une tendance dominante ces dernières années.

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Source : Rentafinn.com

Le concept de « louer un Finlandais » est habilement ficelé. Les huit guides du bonheur démontrent avec candeur (et un peu d’humour) à quel point se trouver en nature les rend sereins. Après tout, pourquoi passer ses vacances à s’étourdir dans toutes sortes d’expériences quand on peut simplement se balader en forêt, sur le bord d’un lac ou dans de grands espaces, à cueillir des baies ou à se détendre dans un sauna?

Et si le bonheur consistait justement à ne rien faire d’extravagant?

« Au milieu de la bousculade de la vie moderne, c’est à tout ce qui est rare que nous donnons le plus de prix : notamment l’espace, la paix, la densité du temps. Avoir de la place pour respirer, le temps de rêver, faire une randonnée en été, une sortie de ski de fond en hiver, cueillir baies sauvages et champignons ou bien juste faire une balade tranquille en forêt, l’essentiel est là ». Voilà le message que diffuse Visit Finland sur son site Web. L’OGD présente une offre sobre, mais authentique, qui met en valeur une facette du mode de vie finlandais.

À l’automne 2018, Padasjoki, une municipalité finlandaise située au centre-sud du pays, a diffusé la vidéo promotionnelle « Experience nothing ». Le scénario joue sur le fait que comparativement aux villes de New York et de Paris, Padasjoki n’a rien à offrir … ou plutôt rien comme les autres.

Le caractère unique d’une destination est ce qui la rend si intéressante. Pour se différencier des autres, rien de mieux que de miser sur ses atouts, son essence et assumer pleinement son identité.

 

Source image à la une : Rentafinn.com

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Tourisme durable

Fermé aux touristes… ouvert aux « volontouristes »

Les Îles Féroé, un archipel du Danemark situé dans l’océan Atlantique Nord, gagnent en popularité auprès des touristes depuis quelques années. Ce territoire de près de 50 000 habitants et de 80 000 moutons connaît une croissance annuelle de fréquentation de 10 % depuis cinq ans ; il accueillait environ 100 000 visiteurs l’année dernière.

Les paysages spectaculaires et la nature intacte constituent les principaux attraits de cette destination. Pour préserver ces richesses et passer un message clair aux futurs voyageurs, l’organisme de marketing de la destination Visit Faroe Islands lance la campagne Closed for maintenance, open for voluntourism. Ainsi, l’accès aux îles sera interdit aux touristes lors du week-end du 26 au 28 avril, à l’exception des 100 voyageurs qui se seront inscrits à l’avance pour les travaux d’entretien. Le projet consiste à rassembler touristes et résidents pour créer et entretenir des sentiers, améliorer l’accès à certains lieux, installer des panneaux signalétiques, etc. En échange, les visiteurs seront logés et nourris. La vidéo suivante présente la campagne.

Source : Youtube

Lancée le 20 février, l’invitation n’a pas tardé à être entendue. Une brigade de 100 volontaires provenant des quatre coins de la planète s’est formée en quelques heures. Étant donné l’enthousiasme généré par ce projet sur les réseaux sociaux, Visit Faroe Islands annonce que l’initiative sera renouvelée l’année prochaine.

Voilà une campagne qui marque bien le positionnement des Îles Féroé comme destination touristique responsable, faisant appel du même coup à des voyageurs sensibilisés et adhérant aux valeurs qui animent un tourisme plus durable.

 

Image à la une : Visit Feroe Islands

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Marketing Tourisme durable

Comment engager les touristes à adopter des pratiques durables

La demande pour le tourisme durable à la hausse

La protection de l’environnement gagne de plus en plus de tribunes, ce qui contribue certainement à conscientiser les gens. Ceux-ci sont prêts à changer leur façon de consommer au quotidien en favorisant l’achat de produits responsables. En voyage, plusieurs souhaitent conserver leurs bonnes habitudes, particulièrement les millénariaux qui sont davantage attirés par le tourisme alternatif et des destinations engagées. Tel que le mentionne plusieurs chercheurs (Budeanu, Chesworth, Su et Swanson) dans la revue scientifique Annals of Tourism Research[1], la demande pour le tourisme durable est à la hausse depuis les dernières années.

Les entreprises touristiques ont donc tout intérêt à fournir des outils à leurs clients afin qu’ils puissent prendre les mesures nécessaires pour avoir un réel impact positif sur l’environnement et les communautés locales.  

Un système de points comme incitatif au changement

Les Martin’s Hotels, situés en Europe, misent sur l’engagement volontaire à l’aide d’un système de points appelé les Eco-Bons. Cinq actions sont proposées afin de les cumuler :

  • Demander un nettoyage sommaire de sa chambre ;
  • Garder ses serviettes de bain ;
  • Adopter de « bonnes pratiques » telles que réduire sa consommation d’énergie ;
  • Choisir des plats et boissons « Ecoetbon » dans les restaurants et les bars;
  • Organiser son transport de manière responsable.

La réutilisation de sa serviette de douche donne 10 points, alors que le nettoyage sommaire de sa chambre équivaut à 20 points. Le cumulatif se fait à chaque visite et peut être converti en chèques-cadeaux.

Source : Martin’s Hotels

Le nudge marketing, de la sensibilisation à l’action

Le nudge marketing vise à influencer le consommateur et à le pousser à l’action par le biais d’incitations douces. Le nudge n’utilise pas un programme de récompenses, mais donne plutôt un choix.

Source : Stratege Marketing

En développement durable, on emploie l’appellation nudge vert dans le but d’inciter les gens à poser des actions responsables. Le nudge vert consiste à jouer sur le regard des autres à l’aide de leviers décisionnels psychosociologiques tels que les normes sociales. Par exemple, dans un hôtel, un message stipulant que 75 % des clients de cette chambre avaient réutilisé leur serviette a eu pour effet de diminuer l’utilisation de serviettes de près de 40 %. Cette méthode peut aussi s’appliquer à la gestion des flux touristiques. Le message « Ne perdez pas 30 minutes à faire la queue sur place, 70 % de nos visiteurs achètent leurs billets coupe-file en ligne. » pourrait s’avérer efficace.

L’information pour susciter l’action

Tel que le nudge l’a démontré, diffuser de l’information pertinente peut susciter des actions positives pour l’environnement. C’est la raison pour laquelle le Parc national de la Vanoise, en France, a créé 17 objets ludiques, par exemple un dessin d’ours sur lequel il est indiqué que la réduction de la température de la chambre d’un degré, la nuit, permet de diminuer de 7 % la consommation énergétique.

L’éducation par le transfert de connaissances est aussi au cœur de la stratégie adoptée par l’Islande, avec The Icelandic Pledge. Il s’agit d’un serment au ton humoristique qui se décline sous huit principes essentiels. Les voyageurs sont invités à le signer en ligne et, ainsi, à s’engager à respecter l’environnement lors de leur séjour sur l’île. Selon la ministre du Tourisme, Pordis Kolbrun R. Gylfadottir, « les personnes qui viennent en Islande veulent être des touristes responsables, c’est juste qu’ils ne savent pas toujours ce que cela implique ». Aux États-Unis, le Yellowstone Pledge émane du même concept. Il suggère aux visiteurs de se comporter de manière à protéger les richesses naturelles du parc national de Yellowstone.

En 2016, l’Islande a aussi lancé une vidéo en ligne intitulée Iceland Academy, dans laquelle elle fait des recommandations sous forme de cours afin de mieux sensibiliser les vacanciers.

Source : Inspired by Iceland

L’implication dans son milieu

Exposer ses clients au tourisme durable n’est pas suffisant, selon Lucy Flemming, copropriétaire du Chaa Creek Resort, au Belize. Les impliquer dans le processus est fondamental.

Diverses entreprises et organisations proposent aux gens de faire des dons qui sont redistribués dans des projets locaux. Le Taj InnerCircle, en Inde, crée un système de points qui, une fois accumulés, sont convertibles en dons d’argent permettant de soutenir une ONG de son choix. Parmi les ONG, on trouve le Women’s India Trust, qui participe à l’autonomisation de femmes qualifiées et défavorisées en les faisant travailler au sein de cette chaîne hôtelière ou en leur offrant des formations.  

À L’Isle-sur-la-Sorgue, en France, il existe un réseau de partenariats d’entreprises positives qui font une économie basée sur l’altruisme. Joël Gayet, fondateur de la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial de l’Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale (Aix-Marseille Université), explique bien ce nouveau concept. L’idée est simple. Un montant minime, tel que trois euros sur une facture de 540 euros, est prélevé afin de financer des initiatives locales. Encore une fois, la personne décide dans quel projet sera investi son argent et peut, si elle le désire, recevoir des nouvelles de son avancement. Il en résulte un engagement fort entre la marque et le client. L’altruisme crée ainsi de la valeur et devient un avantage concurrentiel.

Jeremy Smith, un consultant en tourisme durable au Royaume-Uni, mentionne aussi la pertinence d’établir des partenariats locaux avec des boutiques, restaurants et commerces optant pour des démarches durables, en plus de favoriser des modes de transport ayant un faible taux d’émissions de carbone. 

À retenir :  

Si vous désirez que les touristes s’engagent à adopter des pratiques durables, il est important de faire passer un message positif et non contraignant. Cela les incitera à s’impliquer davantage dans la préservation de l’environnement et dans la communauté locale, de manière à développer de l’engagement non seulement envers la région, mais aussi envers votre entreprise.

 

Source image à la une : Unsplash

[1] Aller voir dans les sources ci-bas pour les références complètes.

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Marketing Produits et activités

Quand tout devient une expérience…

Lors du Global Outlook Forum, qui s’est tenu à l’été 2018, ainsi que dans une publication, la firme de veille stratégique Skift a présenté une analyse de l’économie de l’expérience dans l’industrie touristique. Elle y a dressé quelques constats et lancé des pistes de réflexion.

Depuis plusieurs années, les organisations touristiques tentent d’appliquer le modèle de la chaîne de création de valeur de l’économie de l’expérience, développée par Joseph Pines et James Gilmore dans les années 1990. Toutes se sont mises à vendre des services de base, tels que les chambres d’hôtel ou les transports, comme s’il s’agissait d’expériences qui feront vivre des émotions au consommateur. Cela peut bien sûr se produire, mais il s’agit pourtant de services et ce n’est pas en les nommant « expériences » que ceux-ci en deviennent nécessairement.

La surutilisation du concept d’expérience pose deux principaux problèmes :

  1. Du point de vue du marketing, l’omniprésence de l’expression lui enlève pratiquement tout effet. Les propositions d’expériences, trop souvent semblables et noyées dans une mer d’images Instagram, deviennent des clichés et se démarquent rarement. Denis Genevois (Cogiteur) exprime et illustre clairement ce problème sur le blogue etourisme.info.
  2. Du point de vue de l’offre de produits et de services, tous ceux-ci prennent l’appellation d’«expérience» (évidemment positive), mais plusieurs ne sont pas à la hauteur et déçoivent. Des enjeux et des problèmes concernant différents secteurs du voyage se posent avec plus d’acuité avec les années. Fermer les yeux ou tenter de créer une « expérience » avec des ajouts à l’offre de service n’améliore en fait aucunement une situation problématique.

Un vol en classe économique n’est pas nécessairement l’expérience de confort et de bien-être véhiculée par l’entreprise, ni une chambre standard dans un hôtel traditionnel. À force de proposer ce type de produits comme une expérience, l’industrie nuit à sa crédibilité.

Les consommateurs ont pourtant, plus que jamais, soif de moments mémorables et sont prêts à dépenser considérablement dans cette perspective. Ils veulent vivre des émotions et être amenés à voir le monde autrement.

Qu’est-ce qui conduira à l’économie « post-expérientielle », telle que la nomme Skift ? Commençons par trois ingrédients interdépendants et inséparables.

1. La sérendipité

Cette capacité, cet art de faire une découverte par hasard (selon Larousse) existe lorsque les voyageurs deviennent cocréateurs de leur expérience, plutôt que passifs et recevant les prestations pensées à l’avance pour eux. Les expériences ayant le plus d’impact arrivent lorsque l’on ne s’y attend pas.

Les organisations touristiques doivent donc créer les conditions facilitant les découvertes inattendues qui peuvent transformer un instant banal en une expérience inoubliable.

La tendance est au tourisme transformationnel, mais cette transformation ne se prescrit pas et doit émaner du voyageur lui-même. Les organisations touristiques doivent donc créer les conditions facilitant les découvertes inattendues qui peuvent transformer un instant banal en une expérience inoubliable.

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Source : Reshot

Certains voyagistes le comprennent et prévoient de plus en plus de temps libre dans les circuits. Du côté de l’hébergement, les plus avertis sont très ouverts sur leur environnement et ne tentent pas de garder le client entre les murs de l’hôtel en tout temps. On le guide plutôt vers les lieux et les expériences qui lui conviendront le mieux.

2. L’humanité et la compassion

Les émotions et les moments mémorables dans le cadre d’un voyage ou d’une excursion proviennent le plus souvent d’interactions humaines et culturelles. Pour vivre un tel moment, le voyageur doit être ouvert d’esprit, enclin à la compréhension et à l’humilité.

Cet état ne peut exister sans la satisfaction de ses besoins et sans place à l’improvisation durant son séjour.

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Créer une expérience basée sur les interactions humaines était d’ailleurs le thème d’une présentation de Pierre Eloy (Touristic et Agitateurs de destinations numériques) et de Sophie Moreau (Office de tourisme du pays d’Ancenis), organisée par la Chaire de tourisme en 2017. Lire aussi Le b.a.-ba d’une expérience réussie.

3. Une amélioration du produit de base

La sérendipité et les moments mémorables deviennent presque impossibles si la prestation de base n’est pas solide et réussie. Si le voyageur porte toujours son attention sur la satisfaction de ses attentes de base, il ne pourra pas s’ouvrir à des moments inattendus.

Favoriser le terrain fertile aux réelles expériences nécessite donc de contrôler tous les points de friction de sa prestation et d’offrir un service impeccable. Il est vital pour les organisations touristiques d’analyser attentivement leur offre et de repérer les ratés qui affectent l’expérience des voyageurs. De là, elles pourront corriger le tir et innover.

 

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