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Enjeux des offices de tourisme urbains de la francophonie

La Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, en collaboration avec l’Association des hôtels du Grand Montréal et Tourisme Montréal, a organisé une nouvelle édition des Gueuletons touristiques, le 12 juillet dernier.

 

Sous la forme d’un panel, le titulaire de la Chaire, Paul Arseneault, a discuté des grands enjeux du tourisme urbain de la francophonie avec Maxime Tissot, Olivier Occelli et Patrick Bontinck, respectivement directeurs généraux des offices de tourisme de Marseille, de Bordeaux et de Bruxelles, ainsi qu’avec le président-directeur général de Tourisme Montréal, Yves Lalumière.

La régulation des flux

Plusieurs villes européennes doivent relever le défi de la gestion d’un nombre croissant de visiteurs. Dans ce contexte, les offices de tourisme s’emploient à préserver l’équilibre après des années de développement. Comme l’explique M. Occelli, après du marketing de destination, il s’agit de faire du management de destination. Les offices doivent prendre en compte à la fois le visiteur et la qualité de vie des habitants.

après du marketing de destination, il s’agit de faire du management de destination

L’une des solutions pour diminuer les effets de la concentration des visiteurs consiste à répartir les pôles touristiques dans la ville. De plus, il s’avère essentiel que l’ensemble des acteurs remette en question le développement de l’industrie du voyage. En effet, revenir aux besoins des voyageurs serait peut-être une piste de solution, selon M. Bontinck.

La stratégie de déplacement des flux dans divers secteurs de la ville amène à réfléchir sur son impact sur les quartiers et leurs habitants. À ce sujet, M. Lalumière estime qu’il faut impliquer les citoyens et leur expliquer le processus et les conséquences d’un tel développement. Ceux-ci sont, eux aussi, des clients. Être à leur écoute est primordial. D’ailleurs, les offices de tourisme devraient davantage prendre part à la conception de nouveaux quartiers pour s’assurer d’avoir un équilibre entre les dimensions culturelle, commerciale et résidentielle, d’après M. Bontinck.

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Source : Réseau de veille en tourisme

Les OGD : acteurs engagés dans leur milieu

Bien qu’il y ait des différences culturelles et organisationnelles entre eux, les offices de tourisme de la francophonie font face à de nombreux enjeux similaires; parmi eux, la demande des clients pour des initiatives durables. D’après M. Tissot, il faut innover davantage dans ce domaine. M. Occelli soutient que l’écoresponsabilité des destinations sera un avantage concurrentiel ces prochaines années, lors de la phase de planification du voyage. L’industrie touristique doit montrer l’exemple dans ce domaine.

l’écoresponsabilité des destinations sera un avantage concurrentiel ces prochaines années, lors de la phase de planification du voyage

Les offices n’ont plus le choix de s’interroger sur le type de visiteur qu’ils veulent attirer. D’après M. Lalumière, il faut s’intéresser aux touristes qui dépensent, mais qui s’intègrent bien à la population. En ce sens, M. Bontinck ajoute que l’essence du tourisme repose sur les échanges culturels entre les gens. Il n’est pas nécessaire de diminuer leur nombre, mais il faut miser davantage sur leur qualité, car ils apportent une valeur ajoutée à la vie des habitants.

Le tourisme s’associe désormais au milieu des affaires. M. Tissot explique que les offices participent à l’écosystème économique global. Il n’est plus rare de voir des représentants du milieu touristique se joindre à des missions commerciales.

La relation avec les élus

Les offices de tourisme deviennent des leaders en ce qui a trait à l’attractivité territoriale et aux relations entre les acteurs de leur milieu. Depuis quelques années, leurs voix résonnent davantage. Ils sont plus écoutés et sollicités. Ils participent au développement des villes, en concertation avec les instances politiques. D’ailleurs, comme le mentionne M. Tissot, ce changement implique que les équipes des offices deviennent plus polyvalentes pour répondre aux diverses demandes.

La mise en valeur de la francophonie

Les directeurs généraux des offices de tourisme ont établi un constat important : les relations entre les destinations francophones ne sont pas assez développées. M. Occelli souligne que dans un contexte où les offices cherchent à stimuler de meilleurs échanges culturels entre les visiteurs et les habitants, promouvoir le réseau de la francophonie s’avère un bon moyen d’y parvenir. Qui plus est, des touristes recherchent le caractère français des destinations et il ne faut pas avoir peur de le mettre en valeur, rappelle M. Tissot.

 

Des discussions entre les différents panélistes, il ressort qu’il devient primordial pour les destinations francophones d’échanger et de bâtir un réseau. Tout le monde gagne à apprendre des expériences des autres. Voyons-nous comme des partenaires, et non comme des concurrents.

Qu’en pensez-vous?

 

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Marketing

Les contes de Terre-Neuve-et-Labrador, une histoire de storytelling

En janvier dernier, l’organisme de gestion de la destination (OGD) Terre-Neuve-et-Labrador a lancé une campagne publicitaire axée sur le storytelling. Raconter des histoires fait partie du lot quotidien des habitants de ce territoire. Qu’il s’agisse de récits de pêche, de légendes, de coutumes ou de contes, le folklore local permet de faire découvrir les lieux de façon poétique.

Pour cette campagne, l’OGD publie des histoires en formats audio et vidéo. Le ton employé invite à prendre une pause, à réduire la cadence. Il propose à l’internaute une interruption, une possibilité de reprendre son souffle et d’entrer dans un monde où le temps possède une autre résonance. Certaines de ces histoires sont racontées par des résidents; d’autres, par des narrateurs. En voici un exemple ci-dessous.

Vidéo : YouTube

Il s’agit d’une façon efficace d’illustrer l’esprit qui règne à destination. Les vidéos sont partagées sur le microsite Web de Newfoundland Labrador, intitulé Tall, True & Tangled.

 

Image à la une : Newfoundland & Labrador Tourism

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Technologies

Une startup pour faciliter la planification de séjours

Visit Finland a intégré à son site Web le planificateur de séjours créé par la startup indienne Inspirock. En quelques clics, les visiteurs obtiennent un itinéraire complet en fonction des dates, des lieux et des préférences qu’ils ont spécifiés. Une grille horaire renseigne le visiteur sur les lieux à visiter, l’offre de restauration ainsi que les options de transport et d’hébergement disponibles. La plateforme intègre des assistants de réservation (hébergement, billets de train) ainsi que les commentaires des utilisateurs de TripAdvisor.

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Source : Visit Finland

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Source : Visit Finland

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Source : Visit Finland

En 2016, la solution technologique d’Inspirock groupait déjà 11 000 destinations. La plateforme compte environ 25 000 utilisateurs, répartis dans 190 pays, qui ont planifié plus de 2 millions de séjours en 2018. Les organisations de gestion de la destination (OGD) intéressées peuvent intégrer l’outil à leur site Web. Cela représente une opportunité intéressante, particulièrement pour les petites OGD qui n’ont pas les ressources nécessaires pour développer une technologie similaire.

Dans un monde où l’information abonde et où la personnalisation occupe une place grandissante, les outils en ligne de planification de séjours comme celui d’Inspirock permettent aux OGD, petites ou grandes, de proposer facilement et rapidement des itinéraires sur mesure à leur clientèle.

 

Image à la une : Pexel

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Marketing

L’odorat, créateur d’émotions

Le voyageur s’attend désormais à vivre des émotions qui stimuleront tous ses sens. Les entreprises et organismes œuvrant dans l’industrie touristique ont avantage à offrir des expériences significatives et créatrices d’émotions, car celles-ci favoriseront le développement d’une relation durable avec leur clientèle.

L’utilisation des sens est un moyen efficace pour susciter des émotions chez les voyageurs, mais ceux-ci sont-ils exploités à leur juste valeur ? Encore sous-estimée, la stimulation de l’odorat fait tranquillement sa place dans le milieu touristique. Les odeurs s’avèrent un levier de distinction pour une entreprise, car elles lui permettent de se différencier et de s’ancrer dans l’esprit des clients en amenant un engagement plus interactif et émotif. Elles ont un impact sur l’expérience vécue.

Pourquoi ? Parce que l’odorat est l’un des sens les plus puissants. D’après madame Audrey Bernard, fondatrice de l’entreprise Stimulation Déjà-Vu*, il traite l’information d’une manière émotionnelle, contrairement à la vue qui est plus cognitive. Donc, grâce au sens olfactif, il est possible de communiquer directement avec le centre émotionnel d’une personne et de marquer davantage sa mémoire.

Voici comment il est possible pour les destinations et l’industrie de l’événementiel de l’exploiter.

Raconter les destinations

Comme le souligne madame  Bernard, l’odorat constitue une valeur ajoutée lorsque la destination doit être racontée à des visiteurs potentiels. Puisque la mémoire olfactive possède une très grande capacité de rétention, une personne ayant senti une odeur a beaucoup plus de chance de garder la destination en tête et d’être influencée dans sa planification de voyage, car des émotions y sont maintenant rattachées.

Mettre des villes dans des tubes

En 2017, la compagnie ferroviaire Thalys et l’agence publicitaire RosaPark ont réalisé le projet artistique et éphémère Scents of the city. Les participants ont pu découvrir Paris, Copenhague, Bruxelles et Amsterdam grâce à 752 tubes contenant les parfums caractéristiques de ces villes desservies par l’entreprise. Parmi celles-ci, mentionnons l’odeur de l’herbe fraîche du parc Royal, des tulipes du Marché aux fleurs ou des tournesols du musée Van Gogh. Un dépliant expliquant les odeurs et une carte les situant dans la ville ont également été produits. La vidéo suivante présente le projet.

Source : YouTube

Un coffret ludique pour raconter Montréal 

En septembre 2018, Tourisme Montréal se trouvait au Lyon Street Food Festival pour présenter la gastronomie montréalaise aux Lyonnais. Plusieurs animations permettaient de découvrir et de promouvoir la métropole québécoise, dont un atelier olfactif. Stimulation Déjà-Vu a élaboré un coffret avec huit thèmes olfactifs représentant la ville à travers ses quartiers, son patrimoine et son quotidien. Après avoir senti les odeurs, les participants devaient les associer à des images.

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Crédit : Audrey Bernard

La création d’une signature olfactive 

Certaines entreprises ou destinations développent leur image de marque grâce à la stimulation de l’odorat. Une signature olfactive ou un logolf (logo olfactif) s’avère un complément idéal pour une marque, car il la renforce en étant un facteur de différenciation et un vecteur de notoriété. Il s’agit à la fois d’un élément de découverte et d’un incitatif à revenir.

Pour le touriste, la signature olfactive crée un attachement affectif, améliore sa perception et laisse une empreinte durable et positive dans sa mémoire.

Pour le touriste, la signature olfactive crée un attachement affectif, améliore sa perception et laisse une empreinte durable et positive dans sa mémoire. Lorsqu’elle est déclinée en produits dérivés, il est possible de garder l’interaction entre la marque et le visiteur.

Impliquer les résidents : le cas de la Haute-Loire

Depuis 2017, ce département français propose une nouvelle signature olfactive : Haute-Loire, le parfum. Désirant créer un produit possédant une identité territoriale forte, les responsables ont impliqué les résidents dans le processus de création. À l’été 2016, les habitants ont répondu à un sondage en ligne pour déterminer les principales caractéristiques olfactives de la région. Par la suite, six compagnies ont soumis une fragrance au vote. Le parfum du laboratoire Cosmetosource a remporté la faveur du public. Il se définit par des notes de verveine, de carotte, de menthe poivrée, de cèdre blanc et de sapin Douglas. En plus des produits conçus par le laboratoire (savon, gel douche, huile ou vaporisateur d’ambiance), les entreprises du département peuvent utiliser la fragrance pour la création de souvenirs uniques.

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Source : Aroma Thermes

Tourisme Shawinigan crée son odeur « naturelle » 

Dès que les visiteurs entrent dans le nouvel office de tourisme de Shawinigan, un léger parfum de sous-bois les accueille. Cette ambiance olfactive se veut une représentation du côté chaleureux de la région. L’objectif consiste à susciter la curiosité chez les visiteurs et à représenter les différentes randonnées et activités de plein air du secteur. Pour revivre leur expérience, les touristes peuvent se procurer la fragrance en vaporisateur de poche et ramener un peu de Shawi à la maison.

L’odorat en évènementiel

La stimulation de l’odorat pendant un évènement constitue une avenue très intéressante pour le rendre mémorable. Pendant une conférence, les participants deviendront plus réactifs et attentifs si leurs sens sont stimulés. Ils prendront davantage conscience de leur environnement. Il est toutefois important de faire un bon calibrage et de bien scénariser les vagues olfactives comme le souligne madame Bernard, de Stimulation Déjà-Vu. Une diffusion en continu ne s’avère pas pertinente, car la fragrance ne se remarque plus après 15 ou 20 minutes.

Pendant une conférence, les participants deviendront plus réactifs et attentifs si leurs sens sont stimulés.

L’utilisation de l’odorat en tourisme constitue une voie intéressante pour raconter une destination et devenir mémorable. Son emploi demande toutefois une expertise puisque plusieurs éléments doivent être maîtrisés pour bien doser et réussir à faire vivre une expérience positive. Par exemple, certaines personnes sont hypersensibles aux odeurs. De plus, les réactions et la stimulation ne seront pas les mêmes selon divers facteurs culturels et générationnels.

Les projets olfactifs se développent et les opportunités sont immenses. C’est inspirant, le sentez-vous ?

 

* Stimulation Déjà-Vu est l’une des startups de la cohorte 2018-2019 du MTLab, l’incubateur en tourisme, culture et divertissement de Montréal.

 

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Ailleurs dans le monde Destinations Marketing

Les OGD : acteurs clés dans le développement économique

Les organisations de gestion des destinations (OGD) peuvent s’impliquer dans le développement économique hors du cadre touristique. Elles soutiennent leur communauté, participent à développer leurs échanges commerciaux, à générer des revenus, à créer des emplois, à augmenter leurs investissements dans de nouvelles infrastructures et bien plus encore. La US Travel Association en est convaincue. Dans son plus récent rapport, elle décrit le travail des ODS américaines et leur implication dans l’économie de leur région. Voici quelques exemples.

Stimuler les PME

Les OGD et les stratégies — ou démarches — de marketing territorial favorisent la croissance des petites et moyennes entreprises. Leur promotion devient essentielle pour développer l’économie locale et pour répondre à la demande des touristes. En effet, les PME attirent les visiteurs, car elles rendent une destination unique et dynamique.

La Virginie passe à l’action 

En Virginie, les PME emploient la moitié de la main-d’œuvre du secteur privé. Selon la US Travel Association, les deux tiers des 20 000 établissements de loisirs et d’accueil de l’État ont moins de 20 travailleurs. La Virginia Tourism Corporation (VTC) soutient les intérêts des entreprises touristiques, des entrepreneurs et la création d’emplois. Elle trouve des moyens efficaces de les promouvoir et de les supporter avec des outils marketing, du financement et des partenariats. C’est d’ailleurs le cas de l’industrie des bières artisanales.

Tout comme au Québec, les microbrasseries en Virginie connaissent une croissance importante. Grâce à l’implication de la VTC, ces entreprises brassicoles deviennent des incontournables dans l’offre touristique de leur région. L’OGD fait la promotion de leurs établissements, de leurs routes thématiques et de leurs festivals et évènements. Pour les visiteurs, il s’agit d’une occasion de découvrir des produits locaux et de vivre une expérience authentique. Le tourisme fait affluer une clientèle de plus en plus importante pour les microbrasseries et apporte des revenus supplémentaires. Pour la Virginie, ces entreprises ont un impact économique estimé à 9 milliards de dollars américains d’après la US Travel Association

virginia_beer Source : Virginia Tourism Corporation

L’entreprise Hardywood Park Craft Brewery connaît une expansion importante depuis sa fondation en 2011. Elle a récemment étendu ses activités et investi dans une nouvelle installation de brassage et un campus de la bière d’une valeur de 28 millions de dollars américains. Plus de 60 emplois seront créés dans la région rurale de Goochland. L’emplacement d’origine attire 150 000 clients par an et les responsables s’attendent à en recevoir environ 250 000 avec leurs plus récents projets. La brasserie estime que 20 % des visiteurs viennent de l’extérieur de l’État, ce qui stimule l’économie locale grâce à de nouvelles dépenses et aux recettes fiscales.

hardywood_park_carft_brewery Source : Hardywood Park Carft Brewery, Kate Magee

Attirer les entreprises

Elles peuvent participer aux efforts déployés pour encourager les compagnies à s’implanter dans une région et les renforcer.

Dans un contexte où la qualité de vie est un facteur de plus en plus important pour les dirigeants dans le cadre d’une relocalisation d’entreprise, les OGD s’avèrent des joueurs clés dans la présentation de leur destination. Il s’agit de spécialistes du marketing qui racontent l’histoire d’une communauté. Elles sont les meilleures pour décrire ce que la ville ou la région a de mieux à offrir. Conséquemment, elles peuvent participer aux efforts déployés pour encourager les compagnies à s’implanter dans une région et les renforcer.

Dans la course pour Amazon

Lorsque la compagnie Amazon a annoncé la création d’un deuxième siège social, les promoteurs économiques, les chambres de commerce, les mairies et d’autres agences ont déployé beaucoup d’efforts pour l’accueillir. Elle avait plusieurs critères de sélection notamment la qualité de vie, l’offre des activités de loisirs et un bon système d’éducation. Dans certains cas, les OGD se sont impliquées dans le processus pour attirer Amazon.

Même si elle ne figure pas parmi les 20 meilleures candidates d’Amazon, Kansas City a mis beaucoup d’efforts pour convaincre la compagnie américaine. Son OGD, Visit KC, a pris l’initiative de fournir des messages et plusieurs éléments visuels afin de démontrer le caractère unique de la ville. D’ailleurs, cette OGD collabore avec plusieurs grandes entreprises, notamment Garmin International et H&R Block, pour les aider dans leurs efforts de recrutement de main-d’œuvre.

Le Philadelphia Convention & Visitors Bureau et Visit Philadelphia partagent des ressources et des compétences pour montrer la ville sous son meilleur jour. Elles participent à l’effort global en mettant l’accent sur la qualité de vie de la destination. Ces organisations apportent également leur soutien en matière de marketing et de médias sociaux pour le site Web Philadelphia Delivers. Si ce site fut créé à l’origine pour vendre Philadelphie à Amazon, les autorités municipales continuent de l’exploiter pour attirer de nouvelles entreprises. Tous ces efforts permettent à la ville de demeurer dans la course pour l’obtention du deuxième quartier général d’Amazon. Le choix de la destination devrait être connu d’ici le début de l’année 2019.

Source : YouTube

Selon la présidente du Philadelphia Convention & Visitors Bureau, Julie Coker Graham, le processus pour attirer Amazon a permis de créer un discours et d’acquérir de nouveaux partenaires qui peuvent aider à positionner Philadelphie comme une destination de choix aux États-Unis.

Et vous, comment participez-vous au développement économique de votre destination ?

 

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Destinations

Les OGD en temps de crise

Qu’elles soient causées par dame nature ou par la main de l’homme, les catastrophes font souvent la une dans les manchettes. Comment les organisations de la gestion de la destination (OGD) peuvent-elles soutenir leur milieu en temps de crise et aider à en redorer l’image ? 

Selon le dernier rapport de l’US Travel Association, les OGD prennent de plus grandes responsabilités pendant une crise et dans le processus de reconstruction. Avec leur présence sur les médias sociaux et leur implication auprès des résidents et des visiteurs, les élus et les services d’urgence utilisent leurs moyens de communication pour partager des renseignements importants. Elles peuvent fournir des conseils, des informations pratiques, des mises à jour sur les fermetures de routes et d’aéroports, etc. Après la crise, les OGD emploient des techniques de marketing pour aider à la relance de l’économie. En faisant la promotion de la destination et en incitant les visiteurs à revenir, il est possible de générer des revenus pour supporter la reconstruction.

Voici des exemples inspirants.

Faire face à la tempête

Les ouragans Irma et Harvey ont frappé durement les états de la Floride et du Texas en 2017. Leurs OGD respectives, Visit Florida et Texas Tourism, ont joué un rôle clé auprès des visiteurs et des entreprises de l’industrie touristique. Elles ont fourni les alertes météorologiques et les ressources nécessaires pour aider les touristes sur place. Pendant la durée des ouragans, les sites Web étaient mis à jour régulièrement pour informer le public des avis d’évacuation, des couvre-feux, de la circulation et des pannes de courant.

Plus spécifiquement, Texas Tourism s’est associé à d’autres organisations de l’état pour uniformiser les informations transmises aux visiteurs et aux résidents. Après l’ouragan, l’OGD et les villes ont développé un plan de redressement pour les zones les plus touchées par la tempête. Des sommes importantes furent investies dans la création de vidéos promotionnelles, de visites de médias et de nombreux voyages de familiarisation. Selon l’US Travel Association, les efforts ont permis à plusieurs destinations de la côte du Texas de bénéficier de recettes record au printemps 2018.

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Visit Florida a utilisé plusieurs canaux de communication et fait appel à ses partenaires, tels qu’Expedia et Airbnb, pour partager des informations en temps réel sur l’hébergement disponible pour les visiteurs et les résidents en situation précaire. L’OGD a également transformé quatre de ses bâtiments d’information touristiques en centre d’urgence. Les objectifs étaient de transmettre les renseignements les plus récents sur les avis d’évacuation, l’hébergement, et les fermetures de routes, ainsi que d’offrir un lieu de répit pour les voyageurs encore sur place.

Éviter de pénaliser l’ensemble de la destination

En juillet 2017, un accident de forage a causé une panne de courant majeure pendant la haute saison estivale dans le secteur des Outer Banks, en Caroline du Nord. L’état d’urgence a été déclaré et plus de 50 000 personnes, résidents et visiteurs furent évacués. Alors que les médias nationaux et régionaux ont rapporté que l’incident rendait la destination complètement inaccessible, la panne ne touchait en réalité que deux des îles du secteur, soit 25 % de la région.

L’office de tourisme s’est rapidement mobilisé pour corriger la situation et informer les visiteurs que la panne était localisée et que la grande majorité de la destination demeurait accessible. Il a également collaboré avec les services d’urgence locaux et les sociétés d’électricité pour fournir des mises à jour régulières.

Profitant de sa notoriété et de ses outils de communications, l’office de tourisme des Outer Banks fut le premier à annoncer la réouverture des deux îles. Leur vidéo promotionnelle, « Hatteras is On », a été déterminante pour accueillir les visiteurs et soutenir l’industrie du tourisme les semaines suivant la panne.

Source : YouTube

Changer la perception après la crise 

Au lendemain des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles, Visit Brussels a mis en place une opération de marketing de rue (street marketing) intitulée #callbrussels. L’organisation a installé des cabines téléphoniques sur trois sites névralgiques de la ville : Mont des Arts, Place Flagey et Place Communale. Grâce à un numéro sans frais, des personnes à travers le monde ont pu discuter avec les citoyens. L’objectif était de convaincre les touristes que la ville demeurait une destination de choix malgré les évènements tragiques. Cinq jours plus tard, plus de 12 500 appels téléphoniques provenant de 154 pays ont été enregistrés.

Voici une vidéo présentant le projet.

 

Source : YouTube

Le comité régional du tourisme de la Côte d’Azur a lancé en août 2016, une campagne de communication pour relancer le tourisme, à la suite des attentats survenus à Nice le 14 juillet de la même année. La stratégie comprenait la création d’un mot-clé #CotedAzurNow ainsi que d’un site Web reprenant les photos partagées sur les réseaux sociaux à travers le monde. Des affiches et des annonces télévisées ont également servi à la promotion de la région. Le but consistait à valoriser la destination en diffusant une image positive de celle-ci auprès des voyageurs internationaux afin de les inciter à revenir.

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Source : Instagram

La gestion de crise au Québec : le cas de Lac-Mégantic* 

Le 6 juillet 2013, un accident ferroviaire frappe de plein fouet la ville de Lac-Mégantic dans les Cantons-de-l’Est, faisant plusieurs victimes et détruisant une partie du centre-ville. Les responsables du tourisme ont joué un rôle clé dans la gestion de cette tragédie tant sur le plan des communications que sur celui de la concertation des acteurs du milieu.

Les communications : rétablir les faits et la fréquentation touristique

Dans les jours suivant la tragédie, la région a connu une vague considérable d’annulations. En pleine saison estivale et à l’aube des vacances de la construction, cela représentait un enjeu économique crucial. L’équipe de l’OGD est donc intervenue dans les médias pour promouvoir l’offre, puisque la très grande majorité des attraits ou des services demeuraient ouverts.

Dans les semaines et les mois subséquents, un important travail a été effectué pour rassurer les touristes et leur fournir des renseignements pertinents. Le bureau d’accueil qui se trouvait dans la zone sinistrée a été rapidement relocalisé et des lieux temporaires ont été mis en place pour intercepter les visiteurs aux entrées et aux points stratégiques de la région (dépanneurs, stations-service, etc.). Les commerçants et leurs employés furent également formés pour bien communiquer l’information aux voyageurs.

La collaboration avec les partenaires : entre concertation et reconstruction

L’OGD a rencontré de nombreux partenaires, notamment l’ATR et le gouvernement, pour s’assurer de leur soutien pour les mois et les années à venir. Grâce à leurs efforts, la région de Mégantic n’a jamais été aussi visible que pendant les deux années suivant la catastrophe.

Conscient que des visiteurs voudraient se rendre sur le site de la tragédie, les responsables du tourisme ont suggéré aux autorités municipales de créer un lieu de commémoration. L’objectif consistait à rendre hommage aux victimes et à offrir de l’information pertinente aux touristes afin qu’ils puissent explorer l’endroit sans importuner les citoyens et les commerçants. Il s’agissait d’un aspect important pour s’assurer que leur venue ne soit pas perçue comme du tourisme noir, mais bien comme du tourisme de mémoire.

L’OGD s’est également impliquée dans le processus de concertation pour la reconstruction du centre-ville. Elle a géré et animé la table dédiée au tourisme pendant plus d’un an. Les résultats de ces réflexions furent ensuite présentés à la population. D’ailleurs, un nouveau projet de complexe hôtelier devrait bientôt voir le jour.

Quelques conseils

Dans un contexte de crise, s’entourer de personnes compétentes constitue un élément clé. De plus, il ne faut pas hésiter à contacter son réseau, ses partenaires et son milieu afin de solliciter de l’aide et d’obtenir des ressources supplémentaires.

Apprendre à gérer les demandes et les suggestions s’avère essentiel, car chacun possède sa propre vision de la situation et sa manière d’y faire face. Même si le contexte exige de réagir rapidement, il importe de prendre le temps de réfléchir afin d’intervenir de façon pertinente et durable.

Les actions menées par Tourisme Mégantic et ses partenaires ont amélioré la fréquentation touristique dans la région. Les effets sont encore perceptibles aujourd’hui : le tourisme dans le secteur n’a jamais été aussi fleurissant et performant.

Par où commencer ?

Plusieurs ressources existent pour soutenir les entreprises et les OGD. L’organisation mondiale du tourisme propose une boîte à outils pour développer un plan de communication en temps de crise. Le document fournit une multitude de renseignements, notamment une description des meilleures pratiques, des conseils pour l’utilisation des médias sociaux, des protocoles et des méthodes pour mesurer l’efficacité du plan de communication.

Êtes-vous prêts à affronter une crise ?

* Les informations obtenues proviennent d’une entrevue avec M. Nil Longpré, commissaire au tourisme à la MRC du Granit à l’époque de l’accident.

 

Source de l’image à la une : Unsplash

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Marketing Technologies

Publicités sur Facebook : outils et bonnes pratiques

Le nombre d’utilisateurs de Facebook impressionne. Ce réseau social atteint 2,2 milliards de membres actifs en 2018. Il permet de rejoindre un large éventail de clients. Selon une enquête d’eMarketer, il représente le meilleur retour sur investissement et s’avère essentiel en marketing. Voici un aperçu des outils à la disposition des destinations et des entreprises touristiques pour les campagnes publicitaires sur cette plateforme.

 

Les formats

Plusieurs formats de publicités payantes existent sur Facebook selon les besoins et les stratégies marketing. La plupart d’entre eux représentent de bonnes occasions d’intégrer un lien d’appel à l’action (call to action) afin de diriger une personne vers un site Internet.

  • Une image : mettre en valeur une photo d’une destination ou d’une entreprise prise par les habitants ou les voyageurs ;
  • Une vidéo : attirer l’attention sur une courte période. L’intégration d’une légende bien détaillée s’avère recommandée puisque beaucoup de personnes regardent sans son ;
  • Un carrousel : exposer plusieurs éléments en rotation. Facebook optimise l’ordre de présentation selon le niveau d’engagement ;
  • Un diaporama : jusqu’à dix photos peuvent être utilisées pour récréer l’effet d’une annonce vidéo sans le même effort ;
  • Une collection : afficher des articles d’un catalogue de produits sur un appareil mobile de façon personnalisée ;
  • Un canevas : pour les appareils mobiles uniquement. Format qui rassemble les images et les vidéos afin de mieux raconter une histoire ou une expérience.

Il existe également des formats publicitaires servant des objectifs spécifiques, notamment les liens commandités, les offres et les évènements.

Publicité dynamique pour les voyages

Cette fonctionnalité permet un ciblage automatique et personnalisé avec une configuration minimale de la part d’une entreprise touristique ou d’une destination. À la suite du téléchargement d’un catalogue des produits et des offres, il suffit de créer un modèle pour qu’il soit diffusé auprès des individus susceptibles de partir en voyage. Par exemple, si une personne fait une recherche pour des vols ou des hôtels sans faire de réservation, les publicités dynamiques permettent de la cibler selon sa destination envisagée, ses dates, etc. Il en va de même une fois l’achat effectué. Un voyageur peut recevoir des offres de location de voitures ou d’activités après avoir réservé son billet d’avion.

Trip Consideration

En ciblant des personnes avant même leur prise de décision, il s’avère alors possible de devenir la première destination à leur esprit.

Facebook offre désormais un nouvel outil pour le secteur touristique. Il amène à un autre niveau les publicités dynamiques. Cela permet de rejoindre en amont les voyageurs dans leur processus décisionnel. Il cible les individus avant même qu’ils choisissent leur prochaine destination. Si une personne manifeste de l’intérêt pour des croisières en parcourant des sites dédiés aux voyages sans un objectif précis en tête, elle peut recevoir des annonces faisant la promotion de ce type d’activité pour l’inciter à réserver. Dans le contexte où les voyageurs utilisent fréquemment Facebook comme source d’inspiration lors de la planification d’un séjour, ce nouvel outil constitue un net avantage pour le secteur touristique. En ciblant des personnes avant même leur prise de décision, il s’avère alors possible de devenir la première destination à leur esprit. Cela permet également de diffuser en priorité des annonces pour accroître le trafic et l’audience.

Des destinations connectées aux voyageurs

L’agence CrowdRiff, en collaboration avec la firme d’intelligence d’affaires Skift, a analysé plus de 500 publicités d’organisations de gestion de la destination américaines sur Facebook en juillet 2018. En voici quelques exemples :

Discover South Carolina 

L’OGD de la Caroline du Sud utilise l’engouement des utilisateurs de Facebook pour les vidéos de nourriture dans le cadre de leur campagne publicitaire. Au lieu d’y présenter des restaurants ou des plats populaires de leur région, l’organisation opte pour des recettes avec des produits locaux. Les plans offrent une vue rapprochée des aliments. Les scènes s’enchaînent rapidement pour que l’attention du spectateur soit maintenue. Ce dernier se dirige ensuite vers le site Web de Discover South Carolina pour accéder à la vidéo complète et à la recette.

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Source : Discover South Carolina

Visit PA

L’OGD de la Pennsylvanie utilise les publicités avec un carrousel de façon originale. Au lieu d’y montrer plusieurs images différentes, une photo panoramique y est présentée en sections séparées. Un texte relie également l’ensemble publicitaire. L’objectif est d’encourager une personne à continuer de cliquer pour voir la composition du message et de la photo. Cette utilisation du carrousel s’avère idéale pour susciter la curiosité, augmenter l’engagement et amener plus de clics sur la page.

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Source : Visit PA

Tennessee Vacation

Pour rejoindre les voyageurs britanniques lorsque British Airways a lancé un nouveau vol direct à partir de Londres, l’OGD du Tennessee s’est associé aux blogueurs anglais de Hand Luggage Only. Ce partenariat a permis d’atteindre un public sans ressembler à une publicité officielle. Elle cible une clientèle et les amène à considérer la destination pour un prochain voyage.

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Source : Hand Luggage Only

Maximiser le rendement des publicités

Un ciblage efficace augmente les probabilités d’atteindre les bonnes personnes qui deviennent alors susceptibles de cliquer sur les liens.

L’utilisation des outils marketing de Facebook semble très simple. Néanmoins, il importe de maîtriser quelques techniques pour assurer l’efficacité et la rentabilité des publicités. Voici quelques astuces pour y parvenir.

  • Effectuer un bon ciblage : plusieurs critères démographiques existent, mais Facebook offre des options intéressantes à exploiter telles que les intérêts, l’état matrimonial, le profil de carrière, la génération ou le niveau d’éducation. Un ciblage efficace augmente les probabilités d’atteindre les bonnes personnes qui deviennent alors susceptibles de cliquer sur les liens. Au préalable, définissez vos audiences et segmentez vos campagnes ;
  • Augmenter sa pertinence : Facebook établit un pointage de performance des publicités. Plus ces dernières ciblent les bonnes personnes, plus la performance s’en trouvera bonifiée et sera davantage mise de l’avant. D’où l’importance d’un ciblage efficace ;
  • Mesurer les performances : le suivi de la performance (taux de clic, de conversion, etc.) possède de nombreux avantages. Cela permet d’ajuster le contenu et le ciblage pour augmenter leur rentabilité. Les fonctionnalités Gestionnaire de publicité et Business Manager s’avèrent particulièrement utiles dans cette situation.

Avez-vous d’autres astuces pour maximiser la performance de vos publicités sur Facebook ?

 

Source de l’image à la une : Pixabay

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Segments de clientèles

Les résidents, ces consommateurs touristiques 

La septième rencontre des Francophonies du e-tourisme (#FET7) s’est déroulée en juin dernier à l’île de La Réunion dans le cadre de la semaine du e-tourisme #ETRUN. Une vingtaine d’experts de la Belgique, de la France, de la Suisse et du Québec se sont penchés sur la relation entre la destination et ses résidents.

 

 

 

 

Quelques aspects de cette relation ont récemment été résumés par des participants :

Sans nul doute, les résidents jouent un rôle de plus en plus important — et conscient — dans l’offre touristique. Les participants ont abordé un autre aspect de ce rôle : les résidents en tant que consommateurs. Un stimulant échange entre Pierre Eloy, Bouahkem Rekkas, Agnès Lavaud, Pierre Bellerose et moi-même mettant en lumière les particularités de cette clientèle et son importance.

(Ne pas) définir le résident

Le premier exercice du groupe a été de tenter de définir le résident. Échec. Se limiter à une définition unique et géographique s’avère trop limitatif et ne tient pas compte de comportements semblables pour divers segments. Visiter une destination et ses attraits tout en étant en terrain connu est un comportement susceptible de s’appliquer tant à celui qui :

  • habite le territoire (où, encore une fois, la définition de celui-ci est variable) toute l’année ou de manière temporaire ;
  • a développé un fort sentiment d’appartenance à la destination ;
  • vit aujourd’hui ailleurs et rentre chez lui pour des vacances (diaspora) ;
  • visite le territoire pour une énième fois (récurrence de consommation).

Le client sous-estimé

En tentant d’établir le poids relatif de la clientèle locale dans l’industrie touristique, deux constats émergent :

  • Elle est peu considérée par les instances touristiques.

Les sommes allouées à la promotion auprès des résidents sont généralement très faibles. Les messages communicationnels ne s’adressent pas à eux, les propositions ne tiennent pas compte de leurs envies et réalités et ils ne sont parfois même pas comptabilisés dans les statistiques officielles. Enfin, les programmes d’aide et de subvention à l’industrie touristique se basent sur des informations excluant souvent la clientèle locale, ce qui n’encourage pas les gestionnaires touristiques à les attirer. Par définition, les organisations touristiques s’adressent aux touristes. Cela semble normal, et pourtant…

  • Bien que variable d’une destination à l’autre, leur poids est immense.

L’exemple de la Montérégie au Québec est probant : 32 % des visiteurs résident dans cette même région et 91 % proviennent d’une couronne géographique allant jusqu’à 159 kilomètres. Autre indice : les locaux représentent 38 % de l’achalandage des attraits et 62 % pour les festivals ou événements membres de la Société des Attractions Touristiques du Québec et de Festivals Événement Québec.

Pour un milieu insulaire éloigné comme l’île de La Réunion, les recettes touristiques provenant des locaux sont le double de celles issues des clientèles extérieures (qui incluent d’ailleurs les visites de parents et d’amis). Quelque 46 % des séjours des résidents incluent de l’hébergement commercial.

Une fois ces prémisses posées, quoi faire ?

Connaître le client local : se doter d’indicateurs sur son profil, ses pratiques, ses motivations, sa satisfaction. Un récent sondage auprès de cette clientèle à La Réunion a permis de constater que la satisfaction des insulaires était généralement moins élevée que celle des touristes extérieurs concernant certains aspects. La prise de conscience de ces informations permet de mieux y répondre.

Développer la fierté pour le territoire et inciter à exprimer le plaisir d’être un voyageur local. Plusieurs destinations œuvrent à développer ce sentiment d’appartenance, d’ailleurs bénéfique à l’attractivité générale et faisant partie de démarches de marketing territorial. Cette fierté peut se traduire aussi par la valorisation des métiers du tourisme comme le fait le Domaine Château-Bromont en renommant plusieurs de ses catégories d’employés.

 

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Source : Domaine Château-Bromont

Adopter une communication adaptée. Le message et les outils pour bien communiquer avec cette clientèle déjà bien informée et récurrente ne peuvent être identiques à ceux visant une clientèle touristique. Les 10 incontournables sont déjà bien connus des résidents. Une correspondance plus régulière dévoilant des pépites et des secrets bien gardés s’avère plus susceptible de les intéresser. L’organisation de gestion de la destination de Lyon publie deux fois par an le guide Collector qui suggère de bonnes adresses à l’intention des citoyens et des visiteurs.

fet7_collectorSource : Only Lyon

Améliorer les infrastructures et développer des produits qui répondent à leurs besoins. Les acteurs du tourisme devraient se poser la question : en fonction de leurs comportements et de leurs pratiques propres, quelles améliorations pourraient être apportées ? Par exemple, les Réunionnais affectionnent particulièrement les pique-niques le week-end. Il y a tout lieu de développer et d’entretenir des kiosques couverts, des espaces dédiés et des toilettes publiques. Réunir dans un même lieu le centre d’information touristique de la Montérégie et la SAQ se révèle aussi une bonne idée. Pierre Bellerose mentionne : « Il n’y a pas de produit touristique, il y a des produits locaux qui rayonnent. ». En d’autres mots, ce qui sera bon pour le résident le sera aussi pour le voyageur.

Porter une attention particulière à la qualité de service et à la fidélisation. Les attentes des résidents visitant des attraits près de chez eux sont particulièrement hautes. Tout effort pour rehausser l’accueil aura nécessairement une incidence positive pour les touristes aussi. Les programmes d’avantages et de rabais pour la clientèle locale sont de bonnes pratiques. En plein essor au Québec, l’entreprise M ta région s’inscrit parfaitement dans cette valorisation du tourisme de proximité et de la fidélisation. 

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Source : M ta région

Dynamiser et hybrider les offres ! Rien de mieux que la rencontre de touristes et de résidents pour une expérience réussie de part et d’autre. De plus en plus d’hôteliers organisent des événements s’adressant autant à ces deux clientèles, comme Mob Hotel of People qui tente de recréer des lieux de vie en organisant des concerts ou d’autres événements. La boutique Mazette, de l’office de tourisme du Cap Ferret en Nouvelle-Aquitaine, est si bien pensée qu’elle est un incontournable pour la population locale.

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Source : Mazette — Cap Ferret  

Redistribuer les cartes $$. N’y a-t-il pas lieu de repenser la distribution des budgets entre les sommes consacrées à la promotion auprès des marchés extérieurs, celles dédiées au développement et à la structuration ainsi que celles — souvent infimes — allouées à la promotion auprès d’une clientèle locale ?

Plus qu’une clientèle, de futurs ambassadeurs

L’évolution de l’homotouristicuslocalus semble suivre une évolution intéressante. Comme l’illustre l’image ci-dessous, il est souvent ignoré par les instances touristiques, mais il existe bel et bien. Il s’avère en fait un grand consommateur, récurrent et à l’année. Ce résident qui profite de l’offre touristique des alentours devient ainsi un bon ambassadeur de son territoire. Certains vont même jusqu’à cocréer l’offre en entrant en relation avec les clientèles touristiques et en proposant des expériences. L’industrie touristique y a tout à gagner !

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Participants à l’atelier :

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Marketing

Des balados pour promouvoir sa destination

Meet Minneapolis, l’organisation de marketing de la destination, a produit une série de onze baladodiffusions de 30 à 45 minutes destinées aux planificateurs de réunions et d’événements. Des initiés y présentent, entre autres, les principaux événements, la scène culturelle ou culinaire et les hauts-lieux du magasinage.

Les baladodiffusions de l’Office du tourisme et des congrès de Philadelphie offrent des aperçus, points de vue et opinions des leaders du tourisme, des professionnels des réunions et des congrès et des universitaires concernant l’accueil, le tourisme et la diversité ethnique. Ces contenus visent à mieux positionner Philadelphie dans les marchés multiculturels des réunions et du tourisme.

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Source : Meet Minneapolis

Speak Easy, les balados de l’Office de tourisme et des congrès de Kansas City, explorent la culture de la ville grâce aux gens qui la créent et la façonnent au quotidien. Travel Oregon relate de brèves histoires sur les lieux hantés de l’État à travers des sons et des ambiances qui piqueront la curiosité des touristes les plus téméraires.

Les sujets ne manquent pas quand il s’agit de « raconter » une destination. Alors, laissez aller votre imagination ou mieux, faites appel à votre communauté pour dénicher les sujets les plus originaux et inspirants. Et surtout, ouvrez grand votre cœur et vos oreilles !

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Gestion

Créer une politique touristique culturelle efficace

Début 2018, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a publié un rapport sur les synergies nouvelles entre le tourisme et la culture. Après avoir sondé ses États membres, ainsi que des experts internationaux, l’OMT a pu formuler des recommandations pour appuyer l’élaboration de politiques futures.

Définir et mesurer le tourisme culturel

En 2017, l’OMT a adopté la définition suivante du tourisme culturel :

 « Le tourisme culturel est un type d’activité touristique pour lequel la motivation essentielle du visiteur est d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter et de consommer les attractions et produits culturels tangibles et intangibles d’une destination touristique. 

Ces attractions et produits sont liés à un ensemble de caractéristiques matérielles, intellectuelles, spirituelles et émotionnelles d’une société qui englobent les arts et l’architecture, le patrimoine historique et culturel, le patrimoine culinaire, la littérature, la musique, les industries créatives et les cultures vivantes avec leurs styles de vie, leurs croyances et leurs traditions. »

L’évaluation de données de qualité est nécessaire pour cartographier correctement les synergies du tourisme et de la culture et pour guider les politiques et les opérations. La première étape est de clarifier ce qui doit être intégré à la mesure : le nombre de voyageurs uniquement motivés par la culture (calcul basé sur la motivation) ou plus largement, tous les visiteurs qui entreront en contact avec la culture dans le cadre d’une expérience touristique globale (calcul basé sur l’activité). Idéalement, ces deux indices devraient être considérés, car ils évaluent des dimensions différentes, mais complémentaires. D’autres indicateurs sont aussi à considérer, comme les dépenses touristiques, le niveau de diversité du marché, ainsi que le poids du tourisme culturel intérieur. L’OMT encourage le développement de destinations intelligentes comme solution pour mesurer le tourisme culturel et améliorer l’expérience globale de tous les acteurs, visiteurs compris.

Mettre en place une politique spécifique

La mise en place d’une politique de tourisme culturel favorise l’augmentation des flux touristiques et assure une meilleure répartition des bénéfices entre les différents acteurs, sur l’ensemble du territoire. Toute politique culturelle efficace repose sur une vision dont l’élaboration est précédée de l’identification de la culture de la destination, du sens qu’elle revêt pour les locaux et de la façon dont ses atouts devraient être partagés avec les touristes. Le développement d’une telle vision doit tenir compte de la diversité culturelle des groupes visités et des visiteurs afin d’inspirer le respect et de stimuler la communication interculturelle.

Un des volets de la politique touristique de la Malaisie vise à positionner le pays comme une destination culturelle privilégiée, mais aussi à renforcer l’unité nationale. La campagne issue de cette vision, Malaysia : Truly Asia, affirme qu’avec la plus grande diversité ethnique du continent, le pays concentre toutes les spécificités culturelles de l’Asie pour qui voudrait découvrir ce patrimoine.

tourisme_malaisieSource : Tourism Malysia 

Favoriser la communication entre les secteurs

L’échange de points de vue et d’informations entre les parties prenantes est essentiel pour maximiser les synergies. Les destinations devraient donc envisager d’établir des forums et des réseaux pour identifier les enjeux, proposer des solutions et influencer l’élaboration des politiques. Tous les ans, l’événement Cultural Tourism Fair Mexico présente aux professionnels les produits culturels locaux les plus innovants. C’est l’occasion pour le gouvernement de clarifier le rôle de chacun des deux secteurs, basé sur leurs compétences respectives : alors que le tourisme assure la promotion et le marketing ; la culture se dévoue à la conservation et à la protection du patrimoine.

Cibler la bonne clientèle

Loin d’être un marché homogène, le tourisme culturel comprend de nombreux segments, niches et groupes d’intérêts spéciaux qu’il est important de bien identifier pour plus d’efficacité. De plus, au sein d’un même segment de marché, on constate des variations considérables dans les attentes des voyageurs et de nombreux consommateurs combinent désormais différentes formes de culture (culture classique, populaire, de tous les jours) en un seul voyage, voire en un seul jour.

Le tourisme culturel représente un aspect clé de la stratégie marketing de la République tchèque. La politique actuelle, dont l’objectif est de mieux positionner le pays comme une destination culturelle et d’accroître la diffusion régionale du tourisme, cible différents segments (familles, couples ou célibataires sans enfants, voyageurs éduqués, etc.) et promeut diverses thématiques pour les rejoindre (villes chargées d’histoire, paysages culturels, routes culturelles, tourisme culinaire, etc.), toutes regroupées sous la notion de traditions.

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Source : Czech Tourism

Assurer la protection de la culture

La protection des biens culturels représente un défi particulier pour certaines destinations émergentes, où une croissance rapide du tourisme ne s’accompagne pas toujours d’une réglementation définie. L’OMT souligne l’importance de la participation de la communauté en tant que moyen de sensibilisation, à la fois parmi les résidents et les touristes. Les communautés locales engagées dans la valorisation de leur propre culture sont plus susceptibles de la respecter et de la protéger. De même, les destinations devraient envisager des moyens d’impliquer plus directement les touristes, en tant que cocréateurs de l’expérience ou de citoyens temporaires dans la localité.

En Tanzanie, le tourisme culturel adopte une approche communautaire à travers le programme Cultural Tourism Entreprise (CTE). Le ministère du Tourisme a participé à la création d’une quarantaine d’entreprises où les résidents participent directement à la conception, à l’organisation de visites et à la présentation aux touristes de leur mode de vie à travers une gamme complète d’expériences distinctives. Depuis la mise en place du CTE, la Tanzanie a accueilli 20 % de touristes en plus annuellement. Autre avantage, le programme assure une meilleure répartition des bénéfices entre les secteurs du tourisme et de la culture, le premier étant souvent mieux nanti que le second dans les assiettes budgétaires gouvernementales.

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Source : Tanzania Cultural Tourism Programme

Ces recommandations, formulées à un niveau gouvernemental, peuvent être appliquées plus localement, voir même à l’échelle des exploitants afin de renforcer les synergies entre le tourisme et la culture.

 

Image à la Une : Pexels