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Le réseau fait la force; des leçons tirées de la France

À l’occasion de la prochaine ouverture de la ligne TGV Rhin-Rhône, une enquête a été réalisée auprès des professionnels du tourisme français, allemands et suisses afin de mesurer l’attractivité de la région Franche-Comté en France. Lorsqu’on entreprend une démarche marketing de destination, l’attrait et la compétitivité de l’offre globale font la différence.

Un réseau en Franche-Comté

Lors de cette enquête, j’ai rencontré en Franche-Comté un professionnel du tourisme réceptif passionné. Il m’a expliqué comment il faisait vivre à ses clients des randonnées itinérantes d’une semaine dans le Massif du Jura grâce au travail conjoint de 80 prestataires (hébergeur, restaurateur, fermier, prestataire de services, guide, loueur de matériel, centre équestre, taxi et transport, etc.). En réunissant le savoir-faire et l’offre de chacun des prestataires, c’est une semaine inoubliable de randonnée en pleine nature pour plus de 1500 clients au cours de la saison. Pour chaque type de clientèle (famille, senior, jeune sportif), il propose des circuits adaptés et sur mesure.

Aujourd’hui, ce sont ses partenaires et le bouche-à-oreille qui lui apportent de nouveaux clients. C’est l’assemblage des prestations sur mesure qui procure la valeur ajoutée que recherche le client. Cette prestation a généré plus de 6500 nuitées touristiques pendant la saison 2009, ce qui a profité à cette région magnifique.

Pris individuellement, les acteurs ne pourraient pas offrir cette prestation touristique complète et personnalisée. Cette collaboration crée une vision du futur partagée avec tous et incite les actions conjointes. D’ailleurs, Paul Dubrule (cofondateur du groupe Accor et ancien président de Maison de la France), souligne dans son étude «Tourisme en France. Les enjeux pour 2020» les deux défis à relever:

  • mettre en scène l’offre;
  • se mettre en réseau entre partenaires et acteurs.

L’offre de randonnée itinérante dans le Massif du Jura évoquée ci-dessus illustre bien la force d’un réseau. Depuis notre enquête, l’agent réceptif spécialisé en randonnée a augmenté son volume d’affaires de 20%! Voilà la preuve que cette approche constitue un franc succès pour les acteurs touristiques français.

Une démarche transposable

Cette démarche commune pour la mise en valeur d’une offre adaptée est transposable aux autres formes de tourisme en Franche-Comté. Le réseau de l’Association des Petites Cités Comtoises de Caractère qui fait un remarquable travail de restauration et la mise en valeur du patrimoine d’art et d’histoire de 36 communes dans la région trouverait une prolongation à ses actions par le développement d’une économie touristique. L’accueil d’un tourisme itinérant s’adapterait à la capacité des établissements d’hébergement et des structures d’accueil qui doivent garder un caractère authentique et offrir un service de qualité.

Les professionnels et les organisateurs de voyages que nous avons interrogés, notamment sur le marché allemand, réclament des circuits de randonnées pour faire du cyclotourisme itinérant. Une reprise des bonnes pratiques mises en œuvre sur le Massif du Jura serait appropriée.

Ayant l’expérience du lancement et de la promotion de destinations, je sais combien chaque composante est importante. Comme une chaîne, sa robustesse est égale à la solidité du maillon le plus faible! Ce sont la compétitivité et l’attrait de l’ensemble de l’offre qui font la différence.

Quatre étapes à respecter pour mener à bien cette démarche marketing de destination

Après une identification de l’offre et de la demande ainsi que de l’environnement, la démarche s’articule autour de quatre étapes.

  • Un positionnement clair d’une offre touristique originale et authentique, s’appuyant sur les atouts significatifs de la destination. La première étape consiste à communiquer avec efficacité une vision commune aux candidats potentiels pour une action commune.
  • Une mobilisation des acteurs et prestataires volontaires autour d’un leader local ou régional est la deuxième étape. Il n’y a pas de projet viable sans un fédérateur accompagné d’une équipe pour l’animer.
  • Un travail de fond sur la mise en scène attrayante des composants et caractères originaux de l’offre touristique est la troisième étape. Le voyageur et touriste souhaite vivre une expérience personnelle lors de son voyage. Il faut donc lui donner envie de venir pour découvrir cette expérience.
  • La communication et l’accessibilité de cette offre auprès des clients par les médias et les canaux appropriés aux nouveaux modes de communication constituent la dernière étape de la démarche.

Le «collaboratif touristique»

Chaque destination possède de nombreux atouts touristiques. Encore faut-il les mettre en scène et les faire connaître. Il y a le savoir-faire et le faire-savoir. Sur ces deux aptitudes tout le monde reconnaît, à la pratique, que l’on est plus riche d’idées et de moyens à plusieurs que seul.

On vante aujourd’hui les avantages des outils de communication collaboratifs et des plateformes d’échange pour trouver et inventer le futur. Il faut dépasser la logique simpliste de la concurrence entre deux hébergeurs ou prestataires sur un même territoire pour au contraire se compléter et faire la différence avec la concurrence d’une autre destination devenue mondiale!

Le concept de «destination touristique», comme je l’ai présenté dans l’exemple de randonnée dans le Massif du Jura, est au cœur de la réflexion stratégique des acteurs et des politiques d’un territoire. Selon moi, c’est la seule façon de s’organiser et de développer une offre attrayante et représentative des qualités du tourisme en France.

 

Jacques Yves Toulemonde, consultant et directeur, ACTourism – Pôle tourisme du Groupe Grandir
Champs d’expertise:

  • Marketing du tourisme
  • Loisirs

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Ailleurs dans le monde Gestion Marketing

Le pouvoir marketing d’une alliance stratégique

L’Historic Shopping & Dining Attractions, c’est trois destinations qui, ensemble, ont su mettre leurs atouts en valeur auprès des voyagistes. Mme Carolyn J. Feimster, présidente de CJF Marketing International, a présenté un exemple réussi d’une alliance lors de l’événement ONE Travel Conference, tenu à Pasadena en Californie du 16 au 18 janvier 2011. Ce modèle inspirant pour tout type d’offre vous donnera-t-il des idées?

Que ce soit le Faneuil Hall Marketplace de Boston, le South Street Seaport à New York ou encore l’Union Station à Washington DC, tous trois offrent une expérience de magasinage et de restauration dans un cadre historique. L’objectif premier de leur alliance était de fournir un nouveau produit à vendre par les voyagistes qui inclut deux activités fortement populaires (magasinage et restaurants) auprès des touristes culturels.

Parfois, la contrainte inspire la créativité

Ce partenariat, dont l’idée germait dans l’esprit de Mme Feimster depuis quelque temps, est né de la volonté des centres commerciaux historiques de participer au Pow Wow, le salon professionnel le plus important pour l’industrie du voyage aux États-Unis. L’inscription à l’événement étant trop onéreuse pour un seul partenaire, les trois centres se sont regroupés. La création d’un nouveau produit à offrir aux voyagistes allait de soi en raison des caractéristiques similaires des trois lieux: expérience de magasinage unique, divertissement et expositions, restauration diversifiée et haut de gamme. Chacun des sites fait également découvrir un aspect différent du patrimoine américain.

Afin d’optimiser leur participation au Pow Wow, les partenaires ont créé des bannières et des outils de vente, en plus de préparer des bons pour le magasinage et les restaurants ainsi que des cadeaux à distribuer. Leur présence a été un franc succès, car 43 des 44 rencontres planifiées ont eu lieu, ce qui est exceptionnel pour un nouveau produit touristique. L’événement a aussi suscité beaucoup de commentaires positifs. Cette réussite a amené les partenaires à se doter d’un plan d’affaires pour l’année à venir. Ainsi, ils ont participé à quatre autres événements du genre.

L’alliance incite à la structuration du produit

Les trois centres commerciaux historiques reconnaissent l’importance d’être présents auprès des voyagistes et ce partenariat leur permet d’en rejoindre un plus grand nombre à moindre coût. De plus, il leur donne l’occasion de mieux définir leur image et d’en consolider certains aspects. Par exemple, le Faneuil Hall Marketplace a aménagé son centre de renseignements à l’intérieur du Revolutionary Bostonian Museum Store pour une meilleure intégration de l’aspect historique.

Plusieurs voyagistes étant désormais bien informés de l’expérience de magasinage, de restauration et de divertissement, les partenaires ont réalisé que les touristes désiraient en savoir davantage sur l’histoire du lieu. Ils ont donc conçu des tours guidés avec des entreprises locales. Offerts en forfaits avec un repas et une trousse de bienvenue VIP (coupons de réduction et cartes), ces tours augmentent l’attractivité du produit pour les voyagistes.

Tous trois sont reliés par le réseau de transport ferroviaire Amtrak qui fait maintenant la promotion de leur alliance au Royaume-Uni à travers Amtrak Vacations. Ce nouveau partenariat a engendré la rédaction d’un article de quatre pages décrivant chacun des centres commerciaux historiques dans Essentially America UK, d’une valeur de 33 000$. Mme Feimster insiste d’ailleurs sur l’importance des relations publiques qui se doivent d’être créatives. D’autres partenariats similaires ont vu le jour et ont augmenté la visibilité des trois centres.

Tant qu’à y être, élargissons les horizons

Forts de ces premiers résultats, les partenaires de l’alliance se sont tournés vers les marchés FIT, de groupes et d’affaires:

  • forfaits d’accueil de groupe incluant des rabais et des activités avec certains commerçants et restaurateurs ainsi qu’une trousse de bienvenue VIP;
  • programmes spéciaux pour les accompagnateurs de participants à des congrès ou à des événements;
  • tours guidés personnalisés sur demande;
  • pochette promotionnelle pour les délégués de congrès;
  • possibilité pour les organisateurs de congrès d’acheter des cartes-cadeaux afin de les inclure dans la pochette des délégués;
  • organisation d’événements et d’expositions dans chacun des trois lieux (p. ex. Bodies);
  • lunch, souper ou cocktail privés pouvant être organisés sur demande;
  • coupons de réduction téléchargeables en ligne;
  • facilité de stationnement pour les autocars;
  • formation pour les agents de réservation et offre d’incitatifs à la vente;
  • assistance aux tournées de familiarisation.

Quelques considérations sur la création d’une alliance

1.  Développer une alliance pour:

  • élargir la portée et la fréquence de votre message;
  • renforcer le positionnement;
  • augmenter le budget.

2.  Choisir les partenaires appropriés. Penser aux organismes et aux entreprises ayant des objectifs similaires aux vôtres.

3.  S’assurer que les clientèles visées par les partenaires potentiels s’apparentent aux vôtres.

4.  Être créatif et flexible afin de structurer une offre qui est mutuellement bénéfique.

5.  Établir des objectifs.

6.  Développer des partenariats afin de réaliser des missions de ventes plus efficaces.

7.  Inclure un système d’évaluation.

8.  Poursuivre continuellement une démarche de veille et nourrir l’alliance de nouvelles idées et de nouveaux partenaires.

Qu’il s’agisse ici de zones commerciales situées dans un site historique ne limite en rien l’inspiration que peut éveiller cet exemple pour d’autres types d’offres touristiques. Il est question de produits similaires ou complémentaires qui s’allient avec créativité, leadership et audace. Dans le contexte actuel de forte concurrence, les alliances bien orchestrées peuvent constituer un levier puissant.

Sources:
– Feimster, Carolyn. «Historic Shopping & Dining Attractions East Coast», présentation lors de One Travel Conference, Pasadena CA, 16 au 18 janvier 2011.
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Produits et activités Segments de clientèles

Êtes-vous dans la course?

Participer à une compétition sportive n’est pas exclusif aux athlètes olympiques. Se dépasser physiquement, sur courte ou longue piste, peu importe la saison ou le sport, est la réalité d’un grand nombre de personnes qui se déplacent pour courser et du même coup pour voyager. Selon leur ampleur, certains événements sportifs engendrent des retombées économiques importantes; le marathon de Montréal a généré près de 10 millions CAD en septembre 2010. En ville comme en région, les événements sportifs peuvent attirer des centaines, voire des milliers, de sportifs et de partisans; un segment de marché à saisir sur son passage.  

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Produits et activités

Des exemples de réussite en milieu rural

Le premier congrès sur le tourisme rural (Rural Tourism Conference), se tenant à Kamloops, en Colombie-Britannique, a exposé les efforts déployés par les régions pour faire connaître leur «saveur locale» et ce qui fait leur fierté. Durant le congrès, l’accent a été mis sur l’authenticité et l’expérience, de même que sur l’importance du développement durable et du réseautage dans les milieux ruraux.

Selon Nicole Vaugeois, titulaire de la Chaire d’innovation régionale en tourisme et développement rural durable à la Vancouver Island University, le succès touristique d’une communauté repose sur quelques conditions préalables:

  • détenir des ressources naturelles et culturelles;
  • connaître l’industrie touristique;
  • être préparé et vouloir s’impliquer;
  • avoir du leadership.

Le terme «communauté» est ici utilisé pour désigner une agglomération, c’est-à-dire une concentration d’habitations, ville ou village, plus précisément sous un angle régional. Les prochaines sections présentent des cas de bonnes pratiques tirés de ce congrès.

T.R.I.P.: un projet novateur à l’échelle provinciale

Le Tourism Research Innovation Project (T.R.I.P.) a été conçu pour stimuler le développement touristique rural en Colombie-Britannique par la recherche et l’innovation. Ce projet, réalisé de 2006 à 2008, était mené par un consortium d’universités et de ministères.

À la base, plusieurs enjeux ruraux ont été identifiés en Colombie-Britannique:

  • manque d’investissements;
  • leaders, employés et bénévoles en nombre limité;
  • modification de la structure démographique;
  • produits touristiques moins développés, et par conséquent moins adaptés pour recevoir les touristes; impact sur l’expérience client;
  • manque de connaissances sur la contribution du tourisme dans les communautés.

Dans le cadre du projet, quatre circuits de trois semaines ont été effectués dans différentes régions de la Colombie-Britannique par l’équipe, composée d’une coordonnatrice et d’étudiants. Quatre agents de liaison, des étudiants en tourisme, ont aussi été embauchés pour documenter les enjeux et les innovations sur le terrain, tisser des liens et favoriser l’échange d’expertise avec le milieu entrepreneurial.

Un site Internet a été créé dans la foulée de cette initiative; celui-ci regroupe une foule d’informations destinées aux entreprises touristiques en milieu rural (guides de savoir-faire, études de cas, bonnes pratiques).

Des exemples inspirants

Partenariat: circuit agrotouristique

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Source: Circlefarmtour.com

Le Circle Farm Tour constitue un partenariat entre six communautés offrant un tour agrotouristique autonome sous une même bannière. Le premier circuit a été créé en 2003 dans les villes voisines d’Agassiz et d’Harrison Mills, suivi l’année suivante par la ville d’Abbotsford. En 2005, le Circle Farm Tour s’est formé dans la vallée Fraser, à l’intérieur de la région touristique Vancouver, Coast and Mountains. Les villes de Chilliwack, Agassiz/Harrison Mills, Abbotsford, Langley, Maple Ridge/Pitt Meadows et Mission regroupent 70 entreprises agrotouristiques ou reliées (fermes, vignobles, marchés, restaurants, fromageries, etc.).

L’adhésion annuelle à la bannière coûte 4000 CAD à la ville et 450 CAD à l’entreprise. Les petites entreprises bénéficient ainsi d’une visibilité dans plusieurs médias (site Internet du Circle Farm Tour et d’offices de tourisme, médias, brochures, magazines spécialisés). Ce modèle d’affaires est développé sur les bases d’une communauté et présente plusieurs avantages:

  • facilité d’accès;
  • bénéfices pour les membres: plan marketing établi, retombées économiques;
  • visibilité des entreprises et des événements agrotouristiques d’une communauté;
  • diversification de l’agriculture traditionnelle;
  • développement d’une expérience touristique dans la communauté;
  • augmentation des dépenses touristiques;
  • conscientisation du consommateur à l’agriculture;
  • caractère autonome des circuits: ne pénalise pas l’ensemble des membres si, par manque de fonds, une ville ou une entreprise ne participe pas durant une année.

Un fonds tiers soutient également les activités de la bannière. L’organisation travaille actuellement à sophistiquer son plan marketing.

Stratégie marketing: site Internet pour téléphones intelligents

Devant la popularité grandissante des téléphones intelligents auprès de ses marchés prioritaires que sont le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, la région de Kootenay Rockies a misé sur la création d’un site Internet spécialement conçu pour ce type d’utilisateurs.

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Source: Kootenayrockies.mobi

Développement de produit: géocaching

Shuswap GeoQuest est un concept basé sur la technologie pour promouvoir Shuswap – territoire de villégiature situé dans la région Thompson Okanagan – comme une destination quatre saisons.

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Source: Shuswapgeoquest.com

L’activité offerte par Shuswap GeoQuest est le géocaching, un jeu d’exploration autonome d’un endroit par l’exploitation d’un système GPS. Le but: trouver des trésors cachés dans la nature ou dans des endroits publics. Les trésors contiennent au minimum un carnet appelé logbook dans un contenant pouvant renfermer des objets laissés par d’autres joueurs. Un objet pris dans une cache doit être remplacé par un autre objet. Les parcours offrent divers degrés de difficulté allant de la promenade en ville à une chasse aux trésors en kayak. (Lire aussi: Quand les touristes jouent à la chasse au tresor).

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Source: Atelier de géocaching à Shuswap, 8 avril 2010

Un aspect intéressant de ce projet est l’intégration des coordonnées GPS dans les outils touristiques promotionnels. L’image ci-dessous présente une carte touristique sur laquelle la chambre de commerce de Salmon Arm affiche ses coordonnées en longitude et latitude. Les voyageurs peuvent utiliser leur GPS ou leur iPhone pour jouer.

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Source: The Official Shuswap Regional Vacation Guide 2010

Shuswap compte plus de 250 trésors cachés à l’année. L’organisation offre des activités éducatives et un événement majeur par saison (même l’hiver). Cette activité permet aux «locaux» d’explorer autrement leur région et aux touristes de découvrir des endroits méconnus. Les entreprises touristiques sont avantagées qu’une cachette se trouve à proximité.

Shuswap GeoQuest est encore en phase de développement; l’organisation planifie mettre en place des itinéraires touristiques et augmenter sa présence dans les magazines spécialisés et sur Internet.

Avez-vous une communauté à succès?

Les participants à une séance de brainstorming avaient comme défi de définir le développement durable en un mot. Voici les sept termes trouvés par les équipes:

  • responsable
  • équilibre
  • futur
  • capacité
  • engagement
  • attachement
  • collaboration

Ces résultats résument bien les facteurs de succès d’une communauté qui veut investir temps et argent dans le développement d’une expérience touristique rurale authentique. Derrière chaque projet fructueux se cache un champion, un leader visionnaire qui perçoit les occasions dans son milieu. Avez-vous déniché le vôtre?

Sources:

– Circle Farm Tour: Circlefarmtour.com

– Dixson, Donna. «Field of Dreams: Developing Agritourism Opportunities in Rural Communities», Rural Tourism Conference, 7 avril 2010.

– Kootenay Rockies: Kootenayrockies.mobi

– The tourism and hospitality education network. «Transforming Communities through Tourism, a Handbook for Community Tourism Champions», LinkBC.ca

– Shuswap GeoQuest: Shuswapgeoquest.com

– Steele, Joanne. «Would a Farm Tour Help Your Rural Community?», Ripple Blog, 13 avril 2010.

– Tourism Research Innovation Project: Trip-project.ca

– Vaugeois, Nicole et Lea Thuot. «Made in BC, Innovation in Sustainable Tourism», Vancouver Island University, 2009, 85 pages.

– Vaugeois, Nicole. «So how is development of tourism in a rural context different?», Vancouver Island University, Canadian Association of Geographers Special Session: Rural tourism and recreation in Canada, 28 mai 2009, Ottawa.

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Gestion Marketing

Facteurs de succès d’un DMO et d’une destination

Est-ce qu’un DMO – Destination management organisation – qui réussit bien détermine assurément le succès de la destination? Et est-ce qu’une destination qui a du succès implique nécessairement un DMO performant? Des chercheurs se sont penchés sur les facteurs de succès – communs et divergents – de ces deux concepts. Il ressort de cela que certains atouts, comme les capacités relationnelles des dirigeants et la force des actions marketing, s’avèrent particulièrement importants.

Méthodologie de recherche

L’étude réalisée par les chercheurs Bornhorst, Ritchie et Sheeman, publiée dans la revue Tourism Management, examine les facteurs de succès d’une destination et d’un DMO selon le point de vue de ses principaux intervenants. La revue de littérature rappelle qu’un DMO est l’organisation qui assure le leadership et la coordination auprès des intervenants d’une destination. Le DMO gère aussi la complexité du système touristique.

Des entrevues ouvertes ont été réalisées auprès de 84 répondants provenant de 25 destinations canadiennes. Pour se qualifier, un intervenant devait avoir une bonne connaissance du rôle du DMO dans sa destination.
Les intervenants interrogés peuvent être regroupés en quatre catégories:

  • gestionnaires d’attraits touristiques ou d’événements accueillant des touristes;
  • intervenants politiques, principalement au niveau municipal, participant à l’élaboration de stratégies touristiques;
  • gestionnaires hôteliers membres du DMO;
  • administrateurs liés au DMO (directeur de centre de congrès, président de chambre de commerce, directeur opérationnel ou président d’un DMO).

Plus de la moitié des répondants provenaient des provinces de l’Ouest, 30% du Québec et de l’Ontario et 19% des provinces maritimes.

Les déterminants du succès d’une destination

Les entrevues effectuées auprès des gestionnaires canadiens ont permis de dégager cinq principaux facteurs du succès d’une destination.

  • Les variables qui témoignent du succès économique (le nombre et la croissance des visiteurs, ainsi que les principaux ratios hôteliers).
  • L’efficacité du marketing (la force de l’image, le niveau de notoriété) mesurée par divers facteurs comme les sondages de notoriété, la couverture média, etc.
  • L’offre de produits et de services est considérée comme un critère d’importance pouvant attirer des visiteurs. Plusieurs répondants croient qu’une destination doit offrir un large éventail d’activités orientées vers les préférences de ses marchés cibles.
  • La qualité de l’expérience, se mesurant entre autres par les visites répétitives, le bouche à oreille et le rapport qualité/prix.
  • Le soutien et l’accueil par la communauté, ainsi que les interactions entre les visiteurs et la population locale.

Les graphiques 1 et 2 doivent être analysés avec prudence, puisqu’il s’agit d’informations qualitatives; non seulement l’échantillon n’est pas suffisamment important pour assurer une validité statistique, mais aussi les réponses proviennent d’entretiens ouverts, où les éléments de la discussion ont été classés sous quelques thématiques.

Malgré tout, on remarque que les trois premiers facteurs revêtent une importance plutôt semblable, si l’on ne considère que la moyenne des intervenants. Des particularités ressortent lorsqu’on observe les réponses en fonction des différents rôles. Par exemple, les gestionnaires d’attraits touristiques accordent plus d’importance aux activités marketing que les autres répondants. De leur côté, les présidents de DMO sont les plus sensibles à l’offre de produits et services ainsi qu’à l’expérience du visiteur.

Les déterminants du succès d’un DMO

Les intervenants devaient également exprimer ce qui caractérise un DMO performant.

  • Les habiletés relationnelles: interagir efficacement avec les parties prenantes est un élément considéré comme important pour son succès. Plus un DMO réussit à rassembler ses membres autour d’une vision et d’objectifs communs, plus ses stratégies marketing seront fortes et génératrices de revenus. À cet effet, les gestionnaires d’attraits et d’événements ont manifesté leur frustration et se sentent souvent sous-représentés.
  • Les activités opérationnelles: principalement le marketing (73%), la gestion et, dans une moindre mesure, le développement de l’offre.
  • Le financement et le leadership du DMO: habileté politique, aptitude visionnaire et dynamisme.
  • Une mesure de la performance efficace: tant en termes de visiteurs que de retour sur investissement des actions entreprises.

Les mêmes considérations méthodologiques s’appliquent au graphique 2. Dans le cas du succès d’un DMO, tous les types de répondants s’entendent sur l’importance des activités opérationnelles. Pour les autres facteurs, les opinions sont davantage partagées.

Les observations des chercheurs

Ces facteurs de réussite sont parfois des atouts de la destination, alors que d’autres concernent les processus. Certains sont propres à la destination comme l’offre de produits et de services, la localisation et l’accessibilité, la qualité de l’expérience client et l’accueil de la communauté. En fait, il s’agit d’attributs tangibles ou intangibles. Uniques au succès d’un DMO, notons les relations avec les membres, une gestion efficace, le financement et les qualités des dirigeants. En d’autres termes, l’efficience organisationnelle. Quant aux relations avec la communauté, le marketing et les indicateurs de performance, ils déterminent autant le succès de la destination que celui du DMO.

Parmi les principales constatations de cette recherche, mentionnons l’importance accordée à la gestion des relations au sein d’une destination par le DMO, tant auprès des fournisseurs de services que des résidents et des acteurs politiques. Les capacités relationnelles des dirigeants et les apports qu’ils peuvent générer (le financement, par exemple) sont vitaux à l’organisation. Sans l’assentiment des intervenants concernés, des fonctions comme le marketing ne connaîtront pas le succès. Les répondants s’accordent pour reconnaître la nature dynamique et complexe du système touristique.

Cette étude permet l’identification des facteurs de succès et de leur importance auprès des intervenants de l’industrie touristique. Chaque organisation de gestion de la destination peut ainsi accomplir un exercice comparable et déterminer des outils de mesure pour chacun de ces aspects.

Source:
– Bornhorst, Tom, J.R. Brent Ritchie etLorn Sheeman. «Determinants of tourism success for DMOs & destinations: An empirical examination of stakeholders’ perspectives», Tourism Management 31, 2010.

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Gestion Produits et activités

Des partenariats qui ont du succès (Compte rendu des Assises du tourisme 2010)

Au cours des Assises du tourisme 2010 s’est tenu un atelier sur les partenariats en matière de développement de l’offre, où trois panelistesont présenté leur expérience. Leurs interventions fort pertinentes présentaient des initiatives innovantes ainsi que les clés du succès. La variété des propos a rendu la présentation particulièrement inspirante.

Rebecca LeHeup, directrice générale – Ontario Culinary Tourism Alliance (OCTA)

Passionnée de tourisme culinaire, Madame LeHeup œuvre à la réalisation de la mission de l’OCTA, c’est-à-dire:

Aider à la construction et au maintien de l’identité régionale grâce à des ressources agricoles et à l’approvisionnement en nourriture. Présenter des occasions de développer de nouvelles expériences et de nouveaux produits touristiques de qualité. Créer une façon de partager notre histoire avec fierté.

Les acteurs sont particulièrement nombreux. À ce jour, 18 régions de l’Ontario font partie de cette association, et chacune d’elles a une offre propre. On compte également nombre de partenaires, comme les chaînes de restaurants, d’hôtels et de motels de l’Ontario, Wines of Ontario, Farmers’ Markets Ontario ou encore Greater Toronto Area Agricultural Action Committee.

Selon madame LeHeup, parmi les 10 facteurs de succès de ce type d’organisme, le leadership est de loin le plus important. Aucun des autres facteurs n’apportera la réussite sans un leadership solide. Voici ces 10 facteurs:

  1. Le leadership
  2. Des produits et ressources culinaires immédiatement et presque immédiatement commercialisables
  3. Une stratégie intégrée
  4. Une association et une collaboration communautaires
  5. Un appui financier et des mesures de rendement
  6. Une destination avec accès facile aux marchés d’origine
  7. Une intelligence du marché suffisante
  8. Des ressources de tourisme culinaire distinctives qui transmettent un message sur les expériences de la culture régionale
  9. Une destination comptant plusieurs expériences de tourisme culinaire
  10. Une destination marketing efficace

Parmi les projets et réalisations de l’OCTA, mentionnons la Taste Trail dans la région de Prince Edward County, un itinéraire autoguidé qui met en valeur 31 endroits et quelques évènements.

Source: OCTA

Certaines activités s’avèrent profitables, par exemple des séances de réseautage express (speed dating d’affaires) entre producteurs, chefs et sommeliers tenues dans diverses régions et permettant à chacun de mieux se connaître et se comprendre.
Grâce à sa passion et à son leadership, Rebecca LeHeup contribue à faire de l’Ontario une région de plus en plus reconnue sur le plan gastronomique.

Pierre-Paul Leduc, directeur général – Festivals et Événements Québec (FEQ) et Société des Attractions Touristiques du Québec (SATQ)

Directeur de ces organismes depuis leur création en 1992, monsieur Leduc est devenu un expert en partenariats et en collaborations de toutes sortes. En plus de divers projets touchant la commercialisation, la SATQ et FEQ, eux-mêmes intimes partenaires, s’affairent également à soutenir leurs industries en matière de développement de l’offre à travers divers programmes.

Monsieur Leduc parle d’abord de la définition d’un partenariat: «association active de différents intervenants qui, tout en maintenant leur autonomie, acceptent de mettre en commun leurs efforts en vue de réaliser un objectif commun». Chacun des concepts est important, mais l’objectif commun entre deux ou plusieurs partenaires est la base de toute association.

Les champs d’intervention concernent le développement des compétences, l’accompagnement (coaching), le développement de la qualité, le développement durable, la recherche, le financement, la structuration de l’offre ainsi que la mise en marché et la structuration de la demande. La SATQ-FEQ œuvre conjointement avec des partenaires externes pour chacun de ces axes et les traduit en actions concrètes.

Par exemple, l’Institut de l’évènement (IDÉ) est partenaire en développement des compétences et agit maintenant comme maître d’œuvre des formations. Avec le ministère du Tourisme, Développement économique Canada et les associations touristiques régionales, ils ont développé une stratégie de structuration de l’offre et de mise en marché résultant du choix de 22 attraits traduits dans la campagne Quebecmusts.com. Responsable du lobbying, le RÉMI a permis d’amasser plus de 80 millions de dollars d’investissements pour soutenir les évènements.

M. Leduc y est également allé de son top cinq des conditions de succès:

  • La complémentarité
  • Des objectifs clairs et partagés
  • Des humains engagés vers la réussite
  • Un leader crédible
  • Un financement adéquat

Pour obtenir un réel développement de l’offre touristique québécoise, le directeur de la SATQ-FEQ croit qu’il faut déterminer les leaders et s’assurer qu’ils exercent leur leadership; choisir et mobiliser les partenaires dans un souci de complémentarité, diagnostiquer l’offre et faire des choix et, enfin, offrir un soutien financier adéquat et adapté aux réalités de l’industrie. À cet effet, il lance l’idée de la création d’un fonds de capital patient, à l’exemple de celui dédié à l’économie sociale.

Marc Plourde, président-directeur général – Fédération des pourvoiries du Québec (FPQ)

La gestion d’une pourvoirie n’est pas chose simple. C’est par cette prémisse que débute la présentation de monsieur Plourde. En effet, ces établissements doivent conjuguer avec la saisonnalité, de nombreuses réglementations et la rentabilité. La FPQ joue donc un rôle de représentation et de fournisseur de services, notamment en aide à la diversification des clientèles.
Ses partenaires, illustrés dans le schéma suivant, se répartissent en trois groupes: les partenaires institutionnels, associatifs et commerciaux.

Source: présentation de M. Plourde

Les principaux champs d’action de la FPQ:

  • Soutenir la diversification et le développement. À cet effet, mentionnons des activités de promotion visant à accroître la notoriété du plein air en pourvoirie, la création d’une classification propre au secteur ainsi que des démarches de planification du développement.
  • Augmenter la notoriété. Avec la participation du ministère du Tourisme, de DEC et des ATR, l’organisme a créé des campagnes chasse et pêche et multiproduits. Puisque les pourvoiries ne sont pas toutes membres des ATR, des ajustements ont dû être apportés afin que cela convienne à tous.
  • Suivre l’évolution de l’industrie.
  • Développer des alliances, entre autres en Abitibi-Témiscamingue.

Leadership, ingéniosité et objectifs communs semblent être les fondements de partenariats réussis. Ajoutez-y une passion semblable à celle de nos participants, et développez!

Consultez les présentations des conférenciers lors des ateliers.

Sources:
–  Marc Plourde. «Des initiatives et des partenariats qui ont du succès», Fédération des pourvoiries du Québec (www.fpq.com), Assises du tourisme 2010.
– Pierre-Paul Leduc. Société des Attractions Touristiques du Québec – Festivals et Événements Québec (www.attractionsquebec.qc.ca), Assises du tourisme 2010.
– Rebecca LeHeup. «Venez découvrir notre table», Ontario Culinary Tourism Alliance (www.ontarioculinary.com), Assises du tourisme 2010.


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Gestion

Des organismes touristiques qui contribuent au développement de l’offre (Compte rendu des Assises du tourisme 2010)

Qu’est-ce qu’un organisme de promotion culturelle montréalais, une association sectorielle et une organisation vouée au développement de liaisons aériennes ont en commun? Ils contribuent au développement du Québec, et plus particulièrement de leur région, par des interventions structurantes. Lors des Assises du tourisme 2010, un atelier portait sur des exemples récents d’actions concertées ayant permis de faire avancer des projets touristiques québécois. Les trois panélistes, Nadine Gelly, directrice générale de La Vitrine, René Trépanier, directeur général de Croisières sur le Saint-Laurent et Pierre Bertrand, président de Tourisme aérien Laurentides et directeur général de l’Association de villégiature Tremblant, ont présenté la recette du succès de leur projet. En voici un aperçu.

Quelques ingrédients de base

Malgré leurs différences fondamentales, le succès des trois projets repose sur plusieurs dénominateurs communs: un besoin clairement exprimé par les intervenants d’un secteur de l’industrie, des acteurs prêts à se mobiliser et à coopérer en complémentarité, ainsi qu’un message clair et unique à communiquer.

Être à l’écoute

Comment trouver les bonnes idées et les projets qui représentent une véritable occasion d’affaires? Dans le cas de La Vitrine, les intervenants culturels de la région de Montréal ont profité du colloque Culture et tourisme, qui s’est déroulé en 1998, pour exprimer unanimement leur souhait qu’une billetterie centralisée soit implantée.

Pour ce qui est de Croisières sur le Saint-Laurent, les escales majeures, soit Montréal et Québec, ont réalisé qu’elles avaient besoin de s’unir afin d’augmenter leur impact promotionnel auprès des compagnies de croisières. Au fil des années, plusieurs autres escales se sont jointes à l’association.

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Source: Croisières sur le Saint-Laurent

Quant à Tourisme aérien Laurentides, les difficultés touristiques des dernières années ont encouragé les divers acteurs touristiques régionaux à se concerter afin de trouver une solution. Le partage des résultats statistiques a permis de cerner le besoin de diversification de la provenance de la clientèle comme une solution à long terme.

Bien avant que des actions d’intervention structurées soient réalisées, le développement de l’offre commence d’abord par le diagnostic des besoins réels.

Se mobiliser, se concerter et coopérer

Source: Tourisme aérien Laurentides

Convertir un besoin en un projet concret nécessite habituellement l’implication de plusieurs intervenants touristiques. Selon monsieur Bertrand, la volonté des partenaires régionaux de mettre en commun leurs forces et de travailler ensemble a mené à la création de Tourisme aérien Laurentides. Pour réussir, les partenaires ont mis de côté leurs intérêts personnels et se sont mobilisés pour établir l’offre touristique de la région, commercialiser les éléments forts, trouver le financement et engager un démarcheur auprès des compagnies aériennes. Ils ont favorisé l’intérêt commun afin de parler d’une voix unique aux instances gouvernementales. Tourisme aérien Laurentides a accueilli 4 115 passagers durant l’hiver 2009-2010 et prévoit augmenter prochainement le nombre de vols et de nouvelles liaisons, notamment en Angleterre et au Mexique.

De leur côté, les divers intervenants des escales du Saint-Laurent, regroupés au sein de l’association des Croisières du Saint-Laurent, ont convenu de doter la destination d’un positionnement clair, le Saint-Laurent. Sous la direction d’un conseil d’administration représentatif de l’industrie, ils ont mandaté l’association d’objectifs communs principalement liés au développement de la destination et à sa mise en marché. Selon monsieur Trépanier, c’est la force et le poids du réseau qui ont favorisé l’appui des partenaires gouvernementaux et la reconnaissance du rôle de chacun pour le développement de la destination du Saint-Laurent, dont les objectifs de croissance sont favorables au cours des prochaines années.

La réussite de La Vitrine repose sur deux éléments clés: la technologie et la concertation. La technologie de La Vitrine, unique au monde, permet d’importer quotidiennement le contenu des bases de données de ses partenaires, ce qui a mené au développement d’un calendrier culturel. Toutefois, ce calendrier aurait bien peu de valeur sans la participation concertée des organismes culturels montréalais. Au cours des derniers mois, La Vitrine a graduellement développé des partenariats de diffusion de contenu avec les réseaux de distribution et les organismes culturels, dans le but de bonifier le calendrier culturel. La production et la diffusion du contenu de ce calendrier ont permis à La Vitrine d’obtenir des placements publicitaires d’une valeur de 1,7 million de dollars jusqu’à maintenant. Un enchaînement positif a suivi. Plus le contenu du calendrier culturel s’enrichit, plus les médias désirent le diffuser. Plus le calendrier obtient de visibilité, plus les intervenants culturels souhaitent y intégrer leur offre.

Source : La Vitrine

Source: La Vitrine

Cette concentration des ressources recèle plusieurs avantages; elle permet d’offrir un guichet unique à la fois à la clientèle locale et touristique, et elle offre une visibilité inespérée pour l’offre culturelle alternative de la région de Montréal, qui autrement passerait probablement inaperçue. Selon madame Gelly, toutes les actions de La Vitrine sont orientées de façon à faire découvrir l’ensemble de l’offre culturelle aux clientèles locales et internationales et permettre les transactions d’achat.

L’ingrédient clé: un message unique pour tous

Par l’entremise de ces trois exemples, il est intéressant d’observer que le développement de l’offre ne passe pas nécessairement par la création de produits. Dans le cas de La Vitrine, le projet répond à un besoin de diffusion de l’offre existante. Celui de Tourisme aérien Laurentides vise à améliorer l’accessibilité de la destination, alors que Croisières du Saint-Laurent permet de promouvoir une destination de croisières.

Il est vrai que ces trois projets ont profité d’une conjoncture favorable:

  • une offre culturelle diversifiée à Montréal;
  • la notoriété d’une destination et la présence d’infrastructures aéroportuaires à Tremblant;
  • une industrie des croisières en forte croissance soutenue par des investissements gouvernementaux importants.

Toutefois, leur réussite repose avant tout sur la volonté des intervenants de se mobiliser, de se concerter et de dégager une voix et un message uniques.

Consulter les présentations des conférenciers lors des ateliers.

Sources:
– Bertrand, Pierre. «Tourisme aérien Laurentides (TAL)», Association villégiature Tremblant, Assises du tourisme 2010.
– Gelly, Nadine. «L’organisme de promotion culturelle du grand Montréal: www.lavitrine.com», La Vitrine, Assises du tourisme 2010.
– Trépanier, René. «Les croisières sur le Saint-Laurent», Croisières du Saint-Laurent, Assises du tourisme 2010.

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Produits et activités

Accroître l’attractivité de son produit par les alliances (Compte rendu des Assises du tourisme 2010)

À l’ère du tourisme «expérientiel», certaines entreprises choisissent de s’allier à d’autres pour créer une offre complémentaire plus susceptible d’intéresser et d’attirer les visiteurs dans leur région et dans leur commerce. C’est le cas des trois gestionnaires qui sont venus partager leur expérience lors des Assises du tourisme 2010.

Pistes de collaboration pour développer l’offre et son attractivité

Les regroupements de partenaires
Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis, situés à la jonction de deux associations touristiques régionales (ATR), celles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, privilégie la collaboration avec de nombreux partenaires pour développer et promouvoir son offre. Comme il est membre de plus d’une dizaine d’associations sectorielles touristiques ou gastronomiques locales et régionales, il bénéficie d’une plus grande visibilité.

De plus, au fil des ans, monsieur Reford a établi des partenariats avec divers établissements d’enseignement de niveau collégial et universitaire liés au tourisme, à l’agriculture ou à l’architecture du paysage afin d’obtenir de la main-d’œuvre qualifiée qui contribue à l’amélioration de son produit.

Environ 10% du chiffre d’affaires des Jardins de Métis proviennent de forfaits créés en association avec une cinquantaine d’hôtels de la région. Ces partenariats, exempts de commission, sont un excellent investissement tant pour le client que pour tous les partenaires impliqués.

La création de thématiques in situ et extra-muros avec plusieurs collaborateurs, comme le Musée régional de Rimouski (parcours d’œuvres d’art contemporaines), le Festi-jazz international de Rimouski (concerts), le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture (thés littéraires), l’Université de Montréal (école d’été) ainsi que les municipalités de New Richmond, d’Amqui et de Montréal, a permis d’ajouter des éléments nouveaux à l’offre des Jardins de Métis et de les promouvoir à travers le Québec.



Métis-sur-Montréal, Oursins, NipPaysage, 2009.
Source: Jardins de Métis

Enfin, les Jardins de Métis se sont lancés dans l’aventure culinaire en 2006 par la création de partenariats avec une trentaine de producteurs régionaux et par la tenue d’événements culinaires mettant en vedette le chef du Toqué!, Normand Laprise, et son équipe. Une nouvelle façon de mettre en évidence certains produits des Jardins, en l’occurrence les boutons d’hémérocalles.

Les routes et les circuits thématiques
Monsieur Robert Demoy, œnologue-cidriculteur et propriétaire de la Cidrerie du Minot, située à Hemmingford, a obtenu le premier permis de producteur artisan de cidre en 1987. Depuis, il a instauré la Route des cidres, en collaboration avec Tourisme Montérégie, et a participé à la fondation du Circuit du paysan. Voici ses conseils pour développer des alliances avantageuses:

  • être convaincu de la nécessité des alliances pour assurer le succès de son entreprise, mais pas à n’importe quel prix;
  • choisir ses alliés (et se rappeler que leur taille importe peu!);
  • amorcer des démarches lorsque l’occasion se présente;
  • avoir une vision à long terme et savoir être patient pour obtenir un bon retour sur l’investissement;
  • ne pas craindre que ses partenaires tirent plus d’avantages que soi de cette alliance;
  • réseauter et s’impliquer;
  • s’allier à au moins un partenaire capable d’offrir une permanence au projet;
  • développer une charte de qualité à laquelle adhèrent tous les partenaires afin de présenter une offre constante sur tout le circuit.


En suivant lui-même ces recommandations, monsieur Demoy a démontré aux participants des Assises qu’il est possible de faire bouger les choses sans nécessairement occuper une position de leader dans sa région.

Les événements thématiques

Éric Bilodeau, directeur des communications au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), est venu prouver qu’avec de la créativité, il est possible de se distinguer, même lorsqu’on ne dispose que d’un infime budget de mise en marché. Mais pour cela, il faut croire en son projet et ne pas craindre d’aller de l’avant en misant sur le partenariat.

L’un des partenariats les plus profitables du MACM est sans conteste celui qui le lie au festival Montréal en lumière, et tout particulièrement à l’événement Nuit blanche, qui se déroule de 20 h à 5 h du matin.

Afin d’attirer l’attention des médias et, par ricochet, de l’importante clientèle du festival, les créateurs «promotionnels» du MACM ont choisi de se distinguer en animant le hall d’entrée par toutes sortes de manifestations: cirque, danse, émission radiophonique, présentation multimédia et atelier familial de création. Le plus récent, «Icebergs à la dérive», un atelier d’origami où des icebergs géants en carton fabriqués par les participants ont servi à l’élaboration d’une œuvre collective installée dans le hall d’entrée, a contribué au succès de la Nuit blanche du festival au MACM: 18 000 personnes ont participé à la soirée, soit 10% de la fréquentation annuelle du Musée.


Source: MACM

Parmi d’autres partenariats réussis du MACM, mentionnons sa collaboration avec le Festival de jazz de Montréal et sa participation à la Journée des musées montréalais ainsi qu’à l’événement Montréal Ville de verre. Tout au long de la Journée des musées montréalais, les visiteurs pourront participer à la création d’une œuvre collective en verre en faisant don de leurs lunettes usagées. Celles-ci seront intégrées avec soin à une création collective qui sera ensuite exposée dans le hall du musée. En septembre prochain, les lunettes seront remises à l’organisme Optométristes Sans Frontières, qui les distribuera à son tour aux populations démunies de pays défavorisés.

Savoir profiter de l’événement pour développer l’attractivité de son produit lorsqu’on a peu de budget promotionnel: voilà le mot d’ordre d’Éric Bilodeau, dernier conférencier de cet atelier très formateur.

Consulter les présentations des conférenciers lors des ateliers.

Sources:
–    Bilodeau, Éric. Musée d’art contemporain de Montréal, Assises du tourisme 2010.
–    Demoy, Robert. Cidrerie du Minot, Assises du tourisme 2010.
–    Reford, Alexander. «Attaquer les marchés par alliances», Jardins de Métis, Assises du tourisme 2010.

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Ailleurs dans le monde Hébergement

Offrir des boissons locales dans les minibars des hôtels

Telle est l’excellente idée qu’a eue Ace Hotel, à Portland. Il s’agit d’une vitrine exceptionnelle pour faire découvrir les alcools du terroir aux visiteurs, qui souhaitent généralement goûter aux saveurs locales.

L’établissement a établi un partenariat avec une distillerie locale, House Spirits, qui fabrique artisanalement différents spiritueux tels que du whiskey, de la vodka, du gin et de l’aquavit. Les minibars québécois gagneraient en qualité et en diversité s’ils proposaient les fameux cidres de glace, les bières artisanales réputées et autres élixirs issus du terroir d’ici.

L’exemple du partenariat entre Ace Hotel et House Spirits ne s’arrête pas là; ils fournissent aussi un ensemble à cocktail incluant des agrumes frais, un seau de glace, un mélangeur et des verres à martini. Pour les barmans amateurs en panne d’inspiration, on propose également des fiches de recettes de cocktail.
Enfin, le client pourrait acheter les bouteilles des boissons qu’il a goûtées et appréciées et les ramener chez lui en guise de souvenir.

Ça vous donne des idées?

Lire aussi:
Les microbrasseries en pleine effervescence… touristique!
Le cidre: un produit touristique identitaire?

Sources:
– Springwise. «Minibars at Ace Hotel stocked with local liquors», [www.springwise.com], 29 septembre 2009.
www.housespirits.com
www.acehotel.com/portland

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Marketing

Vendre une destination à moitié prix comme outil marketing: le cas de Poznan

Les gestionnaires d’une ville polonaise ont adopté une forme innovatrice de collaboration marketing basée sur la tarification afin de stimuler la demande touristique: inviter les touristes à découvrir la ville «à moitié prix» pendant deux jours. Les dirigeants ont observé une hausse de 55% du nombre de chambres occupées comparativement à la fin de semaine précédente. Un chercheur polonais s’est intéressé à cette pratique de gestion et a présenté les conclusions de son étude lors de l’Advances for Marketing Tourism Conference à Bournemouth.

L’objectif de la démarche

L’initiative de l’événement «Poznan à moitié prix» consiste à permettre aux visiteurs poznan1locaux et de l’extérieur de la région de bénéficier d’une réduction de prix de 50% pour les services touristiques de la ville, incluant les attraits et l’hébergement. L’objectif de ce projet original visait à changer l’image touristique de la ville prioritairement sur le marché polonais. La période ciblée se limitait à une fin de semaine seulement, celle du 24-25 mai 2008.

Même si sa performance touristique est correcte avec près de 900 000 touristes annuellement, Poznan est d’abord considérée comme une destination d’affaires et un lieu de conférences. Seulement le tiers des visiteurs y viennent par agrément. Il existe à cet égard un problème de perception, puisque les voyageurs potentiels présument que la ville cible principalement les gens d’affaires et que les prix sont en conséquence très élevés. On croit aussi à tort que Poznan n’est pas très divertissant.

L’objectif du projet et de l’outil de promotion par le prix visait aussi à stimuler l’achalandage de l’offre culturelle et récréative de la ville. Plus précisément, les activités marketing avaient trois cibles: les visiteurs, les résidants et l’opinion publique. Quatre objectifs plus spécifiques ont aussi été avancés:

  • créer une image positive de Poznan comme lieu attrayant pour le tourisme culturel ou patrimonial et comme destination urbaine pour les courts séjours;
  • influencer les habitudes de consommation de loisir des résidants afin de rehausser leur intérêt pour l’offre culturelle locale;
  • accroître la demande touristique pour Poznan, particulièrement l’achalandage durant les fins de semaine;
  • diversifier les produits touristiques et les prestations culturelles de la ville.

Est-ce une bonne idée de baisser les prix?

D’entrée de jeu, il peut sembler contraire aux bonnes pratiques de gestion de vouloir stimuler la demande touristique en cassant les prix (lire aussi: Marketing en temps de récession). Des études ont démontré qu’une baisse des prix nuit à la rentabilité à long terme. Appliquée à l’échelle d’une entreprise, une diminution des prix n’engendre qu’une frénésie éphémère des acheteurs et par conséquent une augmentation temporaire des ventes.

Néanmoins, l’objectif de Poznan se distingue de cette approche. On voulait commercialiser la destination dans son ensemble en s’appuyant sur une promotion axée sur le prix et en faire un événement marketing. En agissant de cette façon, on visait à faire bénéficier la destination d’un important battage publicitaire et de se servir de l’événement comme d’un outil de relations publiques.

Les défis d’une telle approche de concertation

Les acteurs liés au projet ont commencé la planification de l’événement six mois à l’avance. Le conseil municipal agissait à titre de maître d’œuvre et assurait la part de financement du secteur public. Obtenir l’aval d’une masse critique d’entreprises privées prêtes à offrir des prix réduits durant une fin de semaine représentait le principal défi de la démarche. On souhaitait recueillir la participation du plus grand nombre possible d’hôtels, de restaurants, de musées et d’autres attractions touristiques de Poznan. C’était la première fois qu’une telle stratégie était utilisée en Pologne. Plus de 200 partenaires ont été sollicités, et des rencontres d’information entourant les modalités liées à la tarification ont été organisées. En dépit de tous ces efforts, seulement 35 organisations, dont 12 hôtels et 8 musées, ont participé à l’événement.

Des résultats inespérés

Unanimement, les partenaires du projet se sont déclarés satisfaits des résultats et ont indiqué que tous les objectifs à court terme avaient été atteints. L’événement a notamment suscité beaucoup d’intérêt parmi les segments de clientèle visés.

Des entrevues ont été conduites auprès des entreprises et des visiteurs. Voici les principaux indicateurs de performance qui ont résulté de l’expérience.

  • Environ 13 000 personnes ont participé à l’événement (46% de résidants, 54% de visiteurs).
  • Les restaurants ont enregistré une hausse du nombre de repas vendus de 30% par rapport à la fin de semaine précédente.
  • Le nombre de chambres vendues a connu une hausse spectaculaire de 55%.
  • 75% des visiteurs ont mentionné qu’ils envisagent de revenir à Poznan pour une autre fin de semaine durant la même année.
  • 88% des visiteurs ont eu une opinion positive de l’événement, jugeant qu’il contribuait à améliorer l’image de la destination et qu’il convenait très bien aux plus jeunes générations.
  • En dépit d’une participation limitée des entreprises, seulement 7% des visiteurs ont émis une opinion négative en raison d’une offre trop limitée. Certains ont aussi jugé l’événement trop court.
  • La couverture médiatique a été excellente, tant dans les agences de presse que dans les grands journaux, à la radio, à la télévision et sur Internet.

L’expérience sera reconduite

Encouragées par ces excellents résultats, les autorités touristiques poznan2ont décidé de répéter l’événement en 2009, durant la fin de semaine du 13-14 juin. Cette fois, il a été plus facile de convaincre les partenaires d’adhérer au projet. Le nombre d’organisations participantes a grimpé à 61 cette année. La réponse du marché a elle aussi été meilleure alors que le nombre de visiteurs est passé de 13 000 à 21 000.

Selon Piotr Zmyślony, le chercheur responsable de cette étude de cas, la réussite de l’implantation d’un tel outil marketing peut être interprétée comme un instrument de mesure de la capacité des partenaires à travailler ensemble et de leur niveau d’engagement. Il ajoute que dans l’éventualité d’un échec, il n’y aurait aucun effet négatif sur l’image de la destination et que cela ne nuirait pas aux partenariats en place.

Source:

– Zmyślony, Piotr. «City for half-price: Towards the collaborative price decision-making in a tourism destination», Poznan University of Economics, Advances for Marketing Tourism Conference, tenue à Bournemouth du 7 au 9 septembre 2009.