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Valorisation du patrimoine fluvial et maritime

Le fleuve Saint-Laurent et les rivières figurent au cœur de l’histoire du Québec et font partie de son patrimoine culturel. Cet héritage doit être préservé et mis en valeur pour ne pas être voué à la disparition. À travers des exemples venant d’ici et d’Europe, voici des conversions du patrimoine maritime et fluvial en attraits touristiques.

Les bateaux

En France, les bateaux traditionnels retrouvent une seconde vie. Ils sont devenus les icônes d’événements et de festivités maritimes, et de nombreuses villes du littoral possèdent leur bateau emblématique, souvent une réplique de l’original. C’est le cas de la goélette La Recouvrance, ambassadrice de la ville de Brest en Bretagne.

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Source: La Recouvrance

La Fondation du patrimoine maritime et fluvial a attribué le label bateau d’intérêt patrimonial à plus de 700 bateaux maritimes et fluviaux français. Consciente de l’importance de cette reconnaissance, la Fédération des ports de plaisance soutient et valorise la présence de ces bateaux dans ses ports, et encourage leur accueil et leur regroupement.

Au mois de juillet, la goélette Lois McClure, appartenant au Musée maritime du lac Champlain, a pu être visitée au Vieux-Port de Montréal et au canal de Lachine. Cette réplique des navires de commerce qui naviguaient à l’intérieur du Canada et des États-Unis au XIXe siècle n’offre pas d’excursions, mais les visiteurs peuvent l’explorer à quai lors de ses nombreuses tournées dans les deux pays.

La yole de Bantry, un canot d’état-major du XVIIe siècle, est utilisée par l’organisme le Défi international des jeunes marins, situé à Québec. Des sorties sur le fleuve sont offertes gratuitement aux jeunes de 15 à 35 ans dans le but de les sensibiliser au patrimoine maritime et fluvial.

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Sources: lcmm.org et Défi international des jeunes marins

Les ports

L’intérêt du public envers le patrimoine portuaire est en hausse, et son potentiel de développement touristique est bien présent. En 2013, le port d’Anvers, en Belgique, a remporté l’ESPO Award de l’Organisation des ports maritimes européens pour ses rénovations et reconversions d’anciennes installations portuaires, notamment:

  • les Archives Felix, un entrepôt du XIXe siècle abritant les archives de l’histoire de la ville et du port;
  • le Musée MAS, qui retrace entre autres l’histoire des échanges entre la ville, le fleuve Escaut et la mer du Nord. Le musée compte aussi la plus grande collection de grues portuaires du monde;

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Sources: Port of Antwerp et MAS

  • le musée Red Star Line, qui se consacre à l’histoire des 2,6 millions d’immigrants vers le Nouveau Monde qui sont monté à bord des navires de la compagnie du même nom, au tournant du XIXe siècle. Il est établi dans les anciens hangars de la Red Star Line, classés monuments historiques.

En juin dernier, le Port de Québec a dévoilé le concept d’aménagement de la future promenade portuaire du Foulon, située dans un ancien secteur industrialo-portuaire. Il prévoit la mise en valeur de son histoire et de son patrimoine par des panneaux d’interprétation disséminés le long de la promenade.

Les phares

Depuis le départ des gardiens de phare, ces emblèmes de la mer accueillent de nombreux visiteurs, curieux de se livrer à l’expérience d’isolement vécue par ses anciens occupants. La plupart des phares ouverts au public sont érigés sur la terre ferme. En France, un seul phare situé en mer peut être visité; c’est le phare de Cordouan, sur la côte Atlantique. Plusieurs compagnies de croisières proposent la traversée, mais les passagers sont souvent contraints de finir les pieds dans l’eau selon les marées.

AL_patrimoine_maritime_image4Source: Phare de Cordouan

En 2008, le Canada a adopté la Loi sur la protection des phares patrimoniaux. Durant deux ans, chaque province a soumis des candidatures de phares afin qu’ils soient classés dans ce programme. Pour l’instant, des 27 monuments présentés par le Québec, seul celui de l’île aux Perroquets a été désigné en vertu de cette loi, en avril dernier. Néanmoins, plusieurs dizaines de phares sont inscrits au Registre du patrimoine culturel du Québec.

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Source: Île aux perroquets

Les canaux et écluses

AL_patrimoine_maritime_image6Le canal du Midi en France est l’un des plus vieux canaux d’Europe, aujourd’hui entièrement dédié au tourisme. Parmi ses lieux les plus visités et les plus emblématiques, celui des neuf écluses de Fonseranes attire chaque année près de 200 000 personnes, en raison de son impressionnant dénivelé d’une vingtaine de mètres sur une distance de plus de 310 mètres. Le soir, les portes restent ouvertes pour permettre aux curieux d’admirer la vue.

 

 

Source: Petit patrimoine

Au Québec, cinq canaux sont classés lieux historiques nationaux par Parcs Canada. En 2002, le canal de Lachine a été revitalisé et a rouvert à la navigation de plaisance.

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Source: Parcs Canada

Les routes touristiques

L’association «la Route des Phéniciens», intégrée au programme des itinéraires culturels du Conseil de l’Europe, compte 17 pays participants. Elle mène à bien diverses initiatives afin de promouvoir le patrimoine maritime à travers la culture des Phéniciens:

  • parcours nautiques reliant plusieurs ports, sous une thématique commune (par ex. la Route du jasmin, la Route de l’argent);
  • itinéraires archéologiques sous-marins à la découverte d’artefacts;
  • excursions en mer sur des barques de pêcheurs;
  • parcours d’«archéotrekking» (randonnées guidées pour découvrir des sites archéologiques en bord de mer).

Le Québec compte deux routes thématiques axées sur le patrimoine fluvial et maritime. La Route des Navigateurs retrace l’histoire du fleuve à travers une centaine d’activités, d’attraits, d’événements et de points de vue. En parcourant la Route des Phares, qui en compte 45, le visiteur peut accéder à une vingtaine d’entre eux grâce à leur reconversion en auberge, en musée ou en lieu d’observation.

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Source: Route des phares

Enfin, la Société des musées du Québec propose un itinéraire pour découvrir le fleuve Saint-Laurent à travers les 15 musées qui le longent et qui lui font honneur.

Les musées et centres d’interprétation

En France, on dénombre 59 musées autour de la voie d’eau (fleuve, rivière, canal). Le Musée de la batellerie de Conflans-Sainte-Honorine présente la plus importante collection du pays sur la navigation fluviale.

Les nombreux musées et centres d’interprétation maritimes au Québec mettent à l’honneur la population côtière, les marins, les pêcheurs, les colonisateurs, les ouvriers de chantiers, ainsi que tous les événements qui ont marqué l’histoire du fleuve: Musée maritime du Québec, Musée naval de Québec, Site historique du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac, Musée Empress of Ireland, etc. Néanmoins, aucun de ces attraits n’est présent à Montréal. L’association Héritage maritime Canada a donc entrepris d’y créer un musée maritime, qui serait aussi l’instigateur de rassemblements de bateaux et de fêtes nautiques.

Les événements

Outre les nombreuses fêtes maritimes mettant à l’honneur les anciens métiers de la mer, le patrimoine culinaire et musical ou encore les bateaux traditionnels, la France célèbre aussi l’histoire de ses fleuves et canaux. C’est le cas avec la Régate 1900, organisée au confluent de deux rivières dans la région des Pays de la Loire. C’est une régate réunissant diverses embarcations de rivière et de lac inspirées de la «Belle Époque». Ce rassemblement vise ainsi à faire revivre les loisirs et sports nautiques du début du XXe siècle.

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Source: Voile et canotage d’Anjou

La plus importante célébration dédiée au patrimoine maritime au Québec se déroule tous les étés à Saint-Jean-Port-Joli, lors de la Fête des chants de marins. Elle s’est donné pour mission la mise en valeur de la culture maritime d’ici et d’ailleurs et la promotion des arts et des traditions populaires liés au fleuve. À Québec, les organisateurs des Fêtes de la Nouvelle-France auraient comme projet de recréer une bataille historique sur le fleuve.

La récente Stratégie de mise en valeur du fleuve Saint-Laurent touristique du ministère du Tourisme du Québec fait état de l’attractivité des sites patrimoniaux auprès des marchés de clientèle. C’est ainsi une autre pierre posée à l’édifice pour inciter les acteurs du tourisme à mettre en valeur le patrimoine culturel du Saint-Laurent.

 

Image à la une: © iStockphoto

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Le passé du mur de Berlin envahit les photos des touristes

 

Visit Berlin est à l’origine d’une initiative pour le moins étonnante. Des projecteurs installés devant le mur envoient une image lorsqu’un flash d’appareil photo se déclenche. Le temps de projection est extrêmement rapide, à peine perceptible par l’œil humain, mais suffisant pour qu’un appareil photo capte l’image.

Lorsque le visiteur regarde sur son appareil la photo qu’il vient de prendre, il a la surprise de découvrir derrière lui une image d’archive, ainsi qu’un message l’invitant à visiter un des nombreux musées racontant l’histoire du mur de Berlin.

Source: YouTube

Le projet Berlin Museum Flashback permet de révéler le passé invisible de la ville, d’attirer plus de visiteurs dans les musées et de les sensibiliser à la mesure des événements vécus par les locaux.

 

Image à la une: YouTube

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Le tourisme géologique en pleine expansion

Le géoparc comme outil de développement touristique du territoire

chaque géoparc doit être formé d’un patrimoine géologique exceptionnel du point de vue scientifique, esthétique ou éducatif

Le géoparc permet la structuration de l’offre touristique autour d’un thème central: le géotourisme. Créé en 2004 grâce à l’appui de l’UNESCO, le Réseau mondial des géoparcs nationaux, qui compte actuellement 100 sites répartis dans 29 pays, vise à reconnaître et à mettre en valeur le patrimoine géologique d’un territoire à l’échelle internationale. La charte sur laquelle il repose mentionne que chaque géoparc doit être formé d’un patrimoine géologique exceptionnel du point de vue scientifique, esthétique ou éducatif. Il peut aussi inclure un intérêt archéologique, écologique ou culturel, et doit absolument s’inscrire dans une stratégie de développement économique durable.

Des exemples venus de plusieurs coins du monde

CN_Geotourisme_image1À l’international, le géoparc Rokua s’étend sur 1326 km² et englobe le parc national Rokua, établi en 1956 en Finlande. Ce territoire nordique se caractérise par diverses formations géologiques inhabituelles qui remontent à une période de glaciation, comme des crêtes glaciaires ou des marmites de géants. Traversé par un réseau de sentiers de randonnée et de pistes de ski, le parc est aussi réputé pour ses eskers et ses dunes. En plus de son environnement incomparable, le géoparc raconte l’histoire d’un village préhistorique et de sa culture. Depuis sa création, la région a connu un nouvel essor touristique et attire de plus en plus de voyageurs venus des quatre coins du monde, grâce à divers projets qui ont permis au géoparc, entre autres, de renforcer sa présence sur le Web et de promouvoir son image de marque. 

Le géoparc Stonehammer, au Nouveau-Brunswick, a été le premier d’Amérique du Nord à faire partie du Réseau mondial. Il couvre 2500 km2 et comprend près de 60 sites géologiques et dépôts de fossiles importants, dont une douzaine sont accessibles au public. Ils englobent des lieux d’un intérêt particulier sur le plan scientifique, des parcs publics, des paysages urbains, des musées et des expositions. Ce programme unique de promotion de l’exceptionnel patrimoine géologique du Nouveau-Brunswick a reçu le Prix de l’innovateur de l’année 2011, dans le cadre de la remise des Grands prix du tourisme canadien. Stonehammer est une organisation appuyée par une communauté qui rassemble des propriétaires de sites, des exploitants touristiques, des particuliers et d’autres parties intéressées.

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Source: Discover Saint-John

En novembre 2012, plusieurs gens d’affaires de Percé se sont réunis afin de créer la coopérative du géoparc de Percé, dans le but d’adhérer au Réseau mondial des géoparcs nationaux de l’UNESCO. Ils visent ainsi à redonner ses lettres de noblesse à la municipalité et à insuffler de la vigueur à son industrie touristique, entre autres en développant des sentiers et un centre d’interprétation au cœur du mont Sainte-Anne.

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Sans être un géoparc à proprement parler, le parc national de Miguasha, site naturel du patrimoine mondial, permet à ses visiteurs de découvrir la vie comme elle existait il y a 380 millions d’années, à travers des poissons et des plantes fossiles. Le patrimoine naturel – falaise fossilifère composée de deux formations géologiques – y côtoie le patrimoine culturel – héritage autochtone toujours présent. De plus, la visite du musée d’histoire naturelle offre aux visiteurs une expérience scientifique extraordinaire.

L’aménagement des sites

L’aménagement des sites géologiques constitue une manière de les valoriser. De nos jours, les infrastructures mises en place visent l’observation des lieux sans leur dégradation

L’aménagement des sites géologiques constitue une manière de les valoriser. De nos jours, les infrastructures mises en place visent l’observation des lieux sans leur dégradation : des sites paléontologiques ont été recouverts de vitres de protection pour permettre au randonneur de découvrir des fossiles, une passerelle transparente s’avance au-dessus du Grand Canyon, une plateforme jetée au-dessus du vide offre une vue sur la «ligne», accident tectonique séparant les Alpes du Nord de celles du Sud. Bien que ces outils soient onéreux, des recherches réalisées sur 10 sentiers thématiques en Suisse ont montré que les retombées pouvaient atteindre 50 fois la somme investie.

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Les circuits et géoroutes

En 2012, le Chablais est devenu le 4e géoparc français. Unique d’un point de vue géologique, la région raconte, sur 50 km, l’histoire de la formation des Alpes, qui remonte à 250 millions d’années. Sa géoroute permet la mise en réseau, l’aménagement et l’interprétation de plus d’une vingtaine de sites géopatrimoniaux emblématiques du Chablais. À partir de panneaux d’information, le visiteur peut s’approprier l’histoire des lieux.

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La route géologique transpyrénéenne, comme son nom l’indique, traverse les Pyrénées à partir de Bélair, en France, jusqu’à Riglos, en Espagne. L’itinéraire comprend 25 arrêts facilement accessibles, aménagés en bord de route avec des panneaux explicatifs bilingues (français et espagnol), qui racontent, sur 200 km, l’histoire de la formation de cette chaîne de montagnes vieille de 400 millions d’années. Un guide comportant des informations complémentaires ainsi qu’un jeu-questionnaire ludique peut être téléchargé à partir du site Web de la route. 

SuisseMobile, le réseau pour la mobilité douce, qui vise à rendre une foule d’activités accessibles de manière non motorisée, a mis sur pied une géoroute pour les cyclistes, qui se traverse en deux étapes principales. Le trajet s’effectue à travers l’un des derniers deltas naturels et franchit un jardin de blocs erratiques qui montre les traces laissées par le glacier du lac de Constance.

Les événements

Créer un événement favorise l’attractivité de la destination, mobilise de nombreux acteurs et procure des retombées directes et indirectes. Voici quelques exemples:

Régions du Québec, laissez-vous inspirer par ces exemples, et ceux du cahier «Tourisme géologique» de la Revue Espaces, pour mettre en valeur et préserver le géopatrimoine de la province!

– Image à la une ©Stockvault

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

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Initiatives paysagères inspirantes

Les Urbainculteurs

L’agriculture urbaine se développe sous de multiples formes. L’organisme de Québec les Urbainculteurs aménage des potagers pour les entreprises et à l’occasion d’événements. Par souci environnemental et pour favoriser la consommation de produits frais sans ingrédient chimique, les Urbainculteurs trouvent des solutions pour cultiver en ville. Des hôtels, des restaurants, des festivals, des centres de congrès et même le parlement ont eu recours à leurs services. Dans certains cas, ces potagers fournissent les cuisines de ces organisations en légumes et en fines herbes tout en réduisant notamment l’approvisionnement en aliments ayant parcouru de longues distances.

L’Hôtel du Vieux-Québec

Le toit de l’Hôtel du Vieux-Québec est bien garni. Les Urbainculteurs y ont aménagé et entretiennent un potager auquel ils ont ajouté, en 2011, deux ruches. En plus de produire de belles récoltes, partagées entre le directeur, les employés et un restaurant partenaire, le toit vert permet de conserver la fraîcheur du bâtiment en été et de capter les eaux de pluie.

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© Urbainculteurs

L’Auberge Place d’Armes de Québec

Donnant sur un petit toit plat, deux chambres de l’Auberge Place d’Armes, dans le Vieux-Québec, offrent désormais à ses occupants une vue sur un jardin fleuri. Quelques plantes bien choisies pour pousser à l’ombre donnent de l’attrait à ces chambres.

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© Urbainculteurs

Les Francofolies et le Festival International de Jazz de Montréal 

Certains kiosques de l’édition 2013 des Francofolies et du Festival International de Jazz de Montréal comportaient des aménagements de plantes comestibles, même des arbres fruitiers! Des fines herbes, des plants de laitue, de poireau ou encore des fleurs comestibles ont remplacé les traditionnelles boîtes fleuries. L’un des objectifs de ce changement était de sensibiliser les festivaliers au jardinage et à l’agriculture urbaine.

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© Urbainculteurs

Sortir l’art des musées

Le festival Art souterrain, à Montréal, a pour mission de démocratiser l’art contemporain en l’unissant au patrimoine culturel souterrain. En mars 2014, le Montréal souterrain a accueilli 93 projets d’art, créant ainsi un circuit accessible gratuitement, intégré au quotidien des gens et offrant une vitrine élargie aux artistes. De plus, cet événement anime un réseau piétonnier aux nombreuses ramifications où défile un très grand nombre de personnes. Le paysage du Montréal souterrain offre de belles possibilités aux artistes.

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© SAMLERENARD MMXIII

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© Érick Duhagon

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© SAMLERENARD MMXIII

Créer des espaces rassembleurs

L’entreprise Design par Judith Portier propose des aménagements événementiels hors de l’ordinaire. La création, l’innovation et l’esprit de communauté sont au cœur des designs de cette firme.

Le Conteneur des sucres

Le Conteneur des sucres, une cabane à sucre urbaine située dans le quartier Verdun, à Montréal, propose non seulement des produits de l’érable, mais aussi des spécialités gourmandes du quartier, le temps de deux week-ends du mois de mars. Lorsque le conteneur ouvre ses portes et déploie ses nappes et ses coussins à carreaux sur les marches de l’église, la fête commence. La vidéo ci-dessous donne un aperçu de l’événement.

 

Le quartier de Noël

Dans la même veine, l’entreprise crée depuis deux ans le quartier de Noël, toujours à Verdun. C’est à l’aide de trois conteneurs judicieusement aménagés – vente de sapins, emballage de cadeaux et atelier du père Noël – que la magie opère. L’arrivée des conteneurs, avant même leur ouverture, provoque une frénésie dans le secteur.

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© Design par Judith Portier

Recycler le patrimoine industriel

L’architecte paysagiste et urbaniste Tilman Latz a pris part à plusieurs projets de requalification de sites industriels. Le Parco Dora, à Turin, une réalisation de la firme Latz + Partner, est un bon exemple de recyclage d’un tel site. Toujours présentes, les structures sont désormais multifonctionnelles. Le mélange de l’acier et de la végétation crée une ambiance urbaine tout en rappelant le passé industriel de la ville. Ce parc est aujourd’hui très fréquenté et les anciennes installations accueillent des événements très variés, qu’il s’agisse de spectacles rock ou de célébrations religieuses. Comme le souligne M. Latz, plutôt que de tout raser et de créer un parc de toutes pièces, les projets de requalification et de recyclage du patrimoine s’avèrent souvent plus significatifs pour les résidents et peuvent devenir des attraits touristiques.

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©  Heidemarie Niemann et ©  Andrea Serra

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© La Stampa

Un projet porteur: Plan paysage de la route 138

Mettre en valeur les paysages nécessite l’engagement et la persévérance de la communauté et des autorités locales. Les MRC de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix et de Charlevoix-Est se sont unies en 2009 pour créer la Table de concertation sur les paysages. Parmi les travaux de ce regroupement, on compte le Plan paysage de la route 138, qui consiste notamment à établir un concept de signature artistique, à donner des pistes de design et des paramètres d’aménagement pour orienter les interventions futures. Ce concept est celui de l’«éloge de la lenteur».  

Le plan, réalisé par le Groupe IBI/DAA, cible neuf secteurs pour lesquels on compte mettre en valeur le paysage. Par exemple, dans le secteur Clermont-La-Malbaie, on suggère d’améliorer la signalétique urbaine, d’aménager une halte à Clermont, de planter une bande d’arbustes dans le secteur commercial et industriel et de reconfigurer le pont de la rivière Malbaie afin de mieux intégrer la circulation des piétons et des cyclistes. Le Plan rassemble beaucoup d’informations concrètes qui pourraient certainement contribuer à faire de la route 138, dans Charlevoix, un parcours touristique enrichi, où les visiteurs auront envie de s’arrêter.

Une image identitaire

Comme l’indiquait Michel Zins de la firme Zins Beauchesnes et associés lors du congrès de l’AAPQ, l’idée n’est pas de créer un environnement esthétique qui est déconnecté de son contexte, mais plutôt des lieux caractéristiques de la destination. Le voyageur cherche des paysages uniques, identitaires, des images distinctives qui forgeront ses souvenirs.

 

Image à la une : © Urbainculteurs

 

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La culture et le design au service du Saint-Laurent

Tilman Latz, architecte paysagiste et urbaniste allemand, apprécie l’intensité du Vieux-Port de Montréal, où les anciens silos côtoient les habitations et les installations récréatives. Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis, estime qu’en Gaspésie le paysage maritime est bien vide, qu’il manque d’animation et d’activités nautiques. Daniel Blier, directeur du Parc Jean-Drapeau, veut donner l’occasion aux visiteurs de rouler leurs bas de pantalons pour mettre les pieds dans l’eau, comme on peut désormais le faire à New York ou à Lyon. Voici, en rafale, quelques exemples d’idées et de projets partagés lors du Congrès Tourisme + Paysages de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ), qui s’est déroulé à Montréal les 4 et 5 avril 2014.

Ce ne sont pas les projets qui manquent…

Le quai

Une plateforme flottante pouvant accueillir des événements sera dressée sur le canal Lachine dès ce printemps. Le ponton de 24 sur 11 mètres pourra servir à différents types d’occasions: projection en plein air, spectacle de musique ou réception regroupant jusqu’à 200 personnes. Le promoteur du projet, Simon Lebrun, vise à rendre cette structure permanente. Elle pourra être déplacée, à la guise du client, dans le périmètre du canal Lachine. M. Lebrun est aussi fondateur d’Héritage Maritime Canada, dont la mission consiste à promouvoir le patrimoine maritime. Il est également derrière le Défi Canot à glace Bota Bota Montréal et d’autres événements festifs se déroulant au Vieux-Port.

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© Simon Lebrun

Parcours insulaire

Aux Îles-de-la-Madeleine, la firme Bourgeois/Lechasseur Architectes a créé des installations inspirées de la mer et des îles afin de mettre ces dernières en valeur. La Place des gens de mer, à Cap-aux-Meules, marque le début d’un parcours insulaire regroupant 12 sites extérieurs. Implantée sur le terrain d’une ancienne usine de transformation de poissons, industrie emblématique des Îles, cette place publique constitue le point de départ de la découverte de l’archipel. Les autorités souhaitent aussi en faire un lieu de rassemblement. Elle accueillera le Marché du village et le futur mémorial aux marins. Des corridors d’accès ont également été aménagés afin de relier le noyau villageois au sentier du littoral.

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© bourgeoislechasseur.com

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© bourgeoislechasseur.com

Plan Bleu Vert

L’Arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles a élaboré le plan Bleu Vert dans le but de valoriser ses berges. La mairesse, Chantal Rouleau, insiste sur l’importance de changer l’image de l’est de l’île de Montréal en misant sur son emplacement aux abords du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Prairies. Parmi les projets, le plan comprend la création de «fenêtres» ou d’ouvertures sur les plans d’eau tous les 500 mètres ainsi que l’aménagement d’accès publics aux berges. La mairesse souligne que 24 rues sans issue pourraient très bien offrir des percées visuelles sur l’eau. Il suffirait de peu: on retire les blocs de béton, on désherbe un peu et on installe du mobilier urbain.

L’Arrondissement a lancé un concours afin d’aménager la plage de l’Est, ce qui figure également au programme du plan Bleu Vert. La firme Ruccolo + Faubert Architectes & Ni a ainsi été sélectionnée pour créer un lieu accessible à tous et offrant un lien privilégié entre le visiteur et le fleuve.

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Projet La plage de l’Est – © Ruccolo + Faubert Architectes & Ni

S’inspirer d’ailleurs

Estuaire

Comme le mentionnait Jean Blaise, directeur de l’organisme Le Voyage à Nantes, la Ville de Nantes mise sur le patrimoine et la culture comme leviers d’attractivité. Pour mieux souligner le lien entre cette ville et sa voisine, Saint-Nazaire, on a invité des artistes à interpréter le paysage sur les 60 kilomètres de l’estuaire qui les relient. La collection permanente rassemble 29 œuvres formant un parcours le long de la Loire ouvert aux visiteurs à l’année. Chacune de ces créations met en vedette un lieu atypique ou un site notable du territoire. Les images ci-dessous donnent un aperçu de l’exposition pérenne du projet Estuaire.

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© Bernard Renoux – «La Maison dans la Loire» de Jean-Luc Courcoult

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© Nautilus Nantes – «Nymphéa» d’Ange Leccia

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© Bernard Renoux – «The Settlers» de Sarah Sze    

Brooklyn Bridge Park 

Les friches industrielles de cette zone riveraine de l’East River se transforment depuis une dizaine d’années en un parc urbain exceptionnel qui offre des voies de passage entre la ville et la rivière, telles qu’une rampe de mise à l’eau pour kayaks. En plus des points de vue spectaculaires sur Manhattan, le Brooklyn Bridge Park, qui s’étend sur plus de deux kilomètres, propose une programmation variée ainsi que la possibilité de pratiquer des activités de plein air de toutes sortes et de tenir des événements de grande envergure. La diversité des aménagements et l’intégration du patrimoine industriel ne sont pas étrangères aux nombreuses distinctions qu’a reçues la firme d’architectes paysagistes Michael Van Valkenburgh Associates Inc, chargée de ce projet de longue haleine.

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© Michael Van Valkenburgh Associates Inc.

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© Michael Van Valkenburgh Associates Inc.

Plusieurs autres projets inspirants ont été abordés lors du Congrès annuel de l’AAPQ. De la créativité des professionnels québécois et de sources d’inspiration étrangères germent des idées qui devraient bien servir la stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent développée par Tourisme Québec et ses nombreux partenaires. Il s’agit d’une mission qui exige non seulement une approche multidisciplinaire, mais surtout l’aval des communautés locales.

 

Image à la une : © Simon Lebrun

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Sur les traces du tourisme de mémoire

Le tourisme de mémoire prend forme autour de différentes attractions et attire une vaste gamme de publics. En donnant une signification aux événements du passé, il marque le paysage, l’identité et l’économie des destinations. Sa mise en valeur nécessite une entente entre les ennemis d’hier et véhicule un message unique en son genre.

Un tourisme de niche?

Sites témoins (Plaines d’Abraham, Chemin des Dames), commémoratifs (Nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette), informatifs (Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais) ou pédagogiques (Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal), l’intérêt principal de ces lieux emblématiques ne réside pas seulement dans leur esthétisme, mais dans les valeurs culturelles, civiques et même éthiques que l’histoire leur a conférées. Le tourisme de mémoire se caractérise par sa finalité explicative de périodes de conflits, ainsi que par sa clientèle à la recherche d’un enrichissement culturel, historique et personnel.

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Source: Ouvrage du Galgenberg

Christian Mantei, directeur général d’Atout France, attribue quatre objectifs au tourisme de mémoire:

  • Témoigner et préserver les traces historiques;
  • Expliquer en favorisant une compréhension globale des événements;
  • Permettre la réflexion des générations présentes et futures;
  • Faciliter le développement économique de régions parfois peu pourvues en attraits touristiques.

En France, les lieux de mémoire accueillent vingt millions de visiteurs, dont plus de six millions pour les sites payants

En France, les lieux de mémoire accueillent vingt millions de visiteurs, dont plus de six millions pour les sites payants. La clientèle internationale (45%) provient surtout du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Belgique, des Pays-Bas et des États-Unis. Alors que les Français cherchent plutôt des informations sur un événement constituant de leur identité collective, la motivation des touristes internationaux s’oriente davantage autour du recueillement.

D’après Atout France, le chiffre d’affaires direct issu des attraits payants représente 45 millions d’euros, mais en ce qui concerne les retombées indirectes, le bilan s’élève à quelques centaines de millions d’euros. À titre d’exemple, la visite des champs de bataille de la Somme génère près de dix millions d’euros pour l’économie locale.

Pas de mémoire sans partenariat

L’idée est de retranscrire les faits historiques tels qu’ils se sont déroulés, en privilégiant la participation de tous les anciens acteurs impliqués dans le conflit. Il est important de veiller à ne pas encenser une cause et en accabler une autre. À Québec, l’inscription sur le monument Wolfe-Montcalm du jardin des Gouverneurs illustre bien cet objectif de réconciliation véhiculé par le tourisme de mémoire: «Leur courage leur a donné le même sort; l’histoire, la même renommée; la postérité, le même monument.»

Le centenaire de la Grande Guerre constitue un exemple sans précédent de partenariat international, où les anciens belligérants s’associent afin de proposer une offre cohérente. Le site Internet de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui est responsable de la programmation des célébrations, témoigne bien de cette réalité. La plateforme présente un calendrier international des commémorations, les divers partenaires impliqués, de la documentation scientifique, des outils pédagogiques et un label fédérant les différents projets mis sur pied autour de la thématique. CD_Tourisme_memoire_image2

Source: Mission centenaire 14-18

Les principales régions touchées par la Première Guerre mondiale ont signé un contrat de Destination «Centenaire de la Grande Guerre» avec différents ministères, Atout France ainsi que des associations vouées à la valorisation du patrimoine de mémoire. Cette entente de 48 millions d’euros permettra la création de nouveaux sites et le renouvellement de l’offre existante (rénovation du Musée de la bataille de Fromelles, création de chemins et tranchées de mémoire, etc.).

Dans ce même esprit de partenariat, le Programme de coopération renforcée Canada-France de juin 2013 inclut un volet «Commémoration de la participation aux conflits du XXe siècle» qui réaffirme la collaboration entre la France et le Canada au regard de la mise en valeur de leur histoire commune. Autre exemple, l’Australie a développé une entente avec la France et investi près de 10 millions de dollars pour l’élaboration, sur le territoire français, d’un chemin de mémoire australien.

Favoriser l’immersion

Dès leur arrivée au Musée de l’Apartheid, à Johannesburg, les visiteurs sont plongés dans cette structure sociétale particulière: leur billet d’entrée les définit aléatoirement comme «blanc» ou «non-blanc» et leur permet d’utiliser la porte d’entrée au musée qui correspond à leur identité fictive.

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Source: TripAdvisor, marcela z

Les reconstitutions historiques permettent également l’immersion des visiteurs. À St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador), le spectacle Signal Hill Tattoo rejoue les affrontements entre les forces françaises et britanniques. Au fort Chambly, des acteurs aident les visiteurs à plonger dans l’univers des soldats du XVIIe au XIXe siècle, en leur permettant de revêtir un vêtement de militaire, de s’initier à l’archéologie ou de tirer au mousquet.

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Source: Lieu historique national du Fort-Chambly

Lorsque les destinations organisent leur offre autour de circuits explicatifs, les touristes peuvent mesurer l’étendue géographique des zones de conflits 

Lorsque les destinations organisent leur offre autour de circuits explicatifs, les touristes peuvent mesurer l’étendue géographique des zones de conflits. Par exemple, les Chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais leur permettent de parcourir le territoire à pied ou en voiture, autour de quatre grandes thématiques structurantes.

Mémoire et nouvelles technologies

Les réseaux sociaux constituent un moyen intéressant de créer des liens avec les générations qui n’ont pas vécu les conflits. Après avoir investi Facebook avec Léon le combattant, les organismes voués à la valorisation de la mémoire collective se sont également installés sur Twitter, YouTube et Pinterest.

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Source: Pinterest

Le Musée du débarquement d’Arromanches et le Centre Juno Beach de Courseulles-sur-mer ont développé l’application Arromanches 1944. Grâce à la réalité augmentée, les visiteurs sont transportés au milieu des soldats canadiens au moment du débarquement de Normandie.

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Crédits photos: BIPLAN/CDC Bessin, Seulles et Mer

Le futur musée Battle of the Atlantic Place, qui doit ouvrir ses portes à Halifax en 2017, mise également sur les nouvelles technologies (codes QR, réalité augmentée, immersion multisensorielle, vidéo, etc.) pour faire découvrir aux visiteurs la plus longue bataille de l’histoire de façon interactive.

Les anniversaires d’événements historiques créent une effervescence autour des sites témoins, mais les renouvellements engagés et les partenariats développés assurent une pérennisation de l’offre. Dans sa globalité, le tourisme de mémoire tisse des liens entre les générations, valorise l’identité collective d’une destination et favorise une meilleure répartition des revenus sur le territoire.

 

Image à la une: © stock.xchng

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Marchés géographiques

Ces Américains friands de culture et de patrimoine

 

Un peu plus d’un million d’Américains ont séjourné au Québec par agrément en 2012, selon Statistique Canada. Le tiers d’entre eux (32%) ont participé à une activité liée à la culture ou au patrimoine au cours de leur séjour. La visite de sites historiques est populaire, tout comme celle des musées et des galeries d’art (voir le graphique 1).

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Les États représentant le plus grand nombre de visites-personnes sont celui de New York (242 700), le Massachusetts (108 800) et le Vermont (66 700). Cependant, les proportions plus marquées de touristes intéressés par la culture et le patrimoine proviennent d’abord de l’Illinois et de la Californie, puis du Massachusetts et de l’État de New York (voir le graphique 2).

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Les activités culturelles et patrimoniales sont également l’apanage des excursionnistes, qui représentent 28% de toutes les visites-personnes en provenance des États-Unis. Il s’agit principalement de résidents de l’État de New York, du Vermont, du Massachusetts et du Connecticut.

Un marché colossal

Une étude de la firme Mandala Research a établi que 71% des résidents américains sont considérés comme des voyageurs d’agrément, et 76% d’entre eux peuvent être définis comme des touristes de culture ou de patrimoine. Cela représente un bassin de près de 130 millions d’individus ayant participé à des activités culturelles ou patrimoniales durant leur plus récent voyage au cours des trois dernières années. L’enquête repose sur un échantillon de 2 000 touristes d’agrément. 

Des comportements différents

L’étude analyse cette clientèle et la subdivise en cinq segments.

  • Les passionnés: il s’agit des touristes qui participent à des activités culturelles et patrimoniales dans une proportion plus forte que tous les autres segments. Pour une part importante de ce groupe, elles sont souvent la motivation première du voyage. Ils représentent 13% des voyageurs d’agrément.
  • Les actifs: ceux-ci sont ouverts à expérimenter tous types d’activités lors d’un voyage d’agrément, y compris celles qui sont liées à la culture et au patrimoine. Ils comptent pour 14% des touristes d’agrément. Ce segment est le plus susceptible de vouloir payer davantage pour un hébergement qui reflète la culture ou le patrimoine de la destination.
  • Les ambitieux: ils représentent 27% de l’ensemble des voyageurs d’agrément et souhaitent vivre des expériences culturelles et patrimoniales, mais l’ont peu fait durant leur plus récent voyage.
  • Les accidentels: ces voyageurs d’agrément (11%) pratiquent ce type d’activité, mais celui-ci ne motive pas le choix de la destination. Ils explorent des petites villes, des galeries et font des tours historiques.
  • Les ouverts: il s’agit des voyageurs qui ne recherchent pas les activités culturelles ou patrimoniales, mais qui y participent lorsque celles-ci leur apparaissent particulièrement intéressantes et divertissantes. Ces activités sont plutôt axées sur l’art, la culture et les événements musicaux. Ils comptent pour 11% du total des touristes d’agrément.

Tous les segments préfèrent les voyages qui incluent une variété d’activités liées à la culture, au magasinage, à la nature, à l’exercice et à la restauration. C’est particulièrement vrai pour les passionnés et les ouverts, mais un peu moins pour les accidentels. Les segments qui rapportent le plus souvent des souvenirs des destinations visitées sont les passionnés et les actifs.

Goûter les spécialités culinaires et viticoles de la région est une part importante de l’expérience culturelle et patrimoniale pour tous, mais particulièrement pour les actifs et les passionnés. Les segments ouverts et accidentels sont légèrement moins sensibles aux destinations qui ont conservé leur caractère historique que les autres groupes. Les voyages éducatifs par la découverte et l’apprentissage à propos des arts locaux, de la culture et de l’environnement intéressent tous les segments, mais les ouverts dans une moindre mesure.

Le graphique 3 illustre l’évolution des dépenses moyennes par séjour des touristes. Observons d’abord que ceux qui ont pratiqué des activités liées à la culture ou au patrimoine dépensent davantage (1 319$) que la moyenne des voyageurs d’agrément (1 198$). Dans les deux cas, l’évolution depuis 2009 est notable. C’est le segment des actifs qui présente non seulement les dépenses les plus élevées (1 876$), mais également la plus forte augmentation (27%) entre 2009 et 2013, suivi de près par celui des passionnés (27%).

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Pour l’ensemble des segments, 55% des touristes concertés sont d’accord avec l’idée de payer davantage pour des expériences respectueuses de l’environnement. Cette proportion varie à travers les cinq segments (voir le graphique 4).

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Au cœur des stratégies

Les efforts de développement de l’attractivité du Québec s’arriment à l’intérêt des Américains pour la culture et le patrimoine.

Par exemple, Tourisme Montréal déposera en début d’année son plan de développement du tourisme culturel à Montréal, dont les orientations et stratégies découlent d’une démarche conjointe avec la Ville de Montréal et d’autres partenaires.

Plus globalement, Tourisme Québec identifie les portes d’entrée que sont Montréal et Québec comme l’un des trois axes prioritaires du positionnement et du développement de l’offre. Montréal se place en tant que métropole festive et internationale, une ville de créateurs. Québec se définit plutôt comme une destination romantique et historique. Le tourisme culturel est donc au cœur des villes, mais trouve également sa place dans les autres axes de développement que sont le fleuve et d’autres pôles touristiques forts. Il peut se vivre dans des lieux précis mais aussi tout au long d’un voyage, à travers la gastronomie et l’agrotourisme.

Le touriste culturel américain est-il dans votre mire? Quelles sont vos stratégies pour l’attirer et quelle offre lui proposez-vous?

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel.

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Produits et activités

Tourisme hivernal: 5 destinations qui se démarquent!

Whistler, Canada

la station Whistler Blackcomb est le principal moteur de l’achalandage touristique de la ville en hiver

Plus grand domaine skiable d’Amérique du Nord, la station Whistler Blackcomb est le principal moteur de l’achalandage touristique de la ville en hiver. Avec son abondance de neige, on peut y pratiquer une variété d’activités d’aventure, telles que le ski alpin, le canyoning de glace et l’héliski. La piste de Bobsleigh utilisée lors des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 a également été transformée en attraction touristique. La destination compte d’ailleurs sur de nombreuses compétitions sportives internationales réparties sur la période hivernale. Sa célèbre télécabine PEAK 2 PEAK, qui relie les deux sommets, a aussi contribué à sa renommée.

L’après-ski est une facette de la ville bien appréciée des touristes, pour profiter de la vie nocturne, des restaurants ou pour le magasinage. Certaines activités intérieures, tant sportives (Meadow Park Sports Centre, The Core, etc.) et culturelles (galeries d’art, musées, etc.) que de bien-être, sont également accessibles. Son Festival du film et ses festivités de Noël contribuent pour leur part à enrichir les activités offertes par la ville en décembre. La destination cherche aussi à attirer davantage de touristes d’affaires, principalement avec le développement du Whistler Conference Centre en plein cœur du village.

Rovaniemi, Finlande

Profitant de sa proximité avec le cercle polaire, Rovaniemi est reconnue comme «ville officielle du père Noël».

Profitant de sa proximité avec le cercle polaire, Rovaniemi est reconnue comme «ville officielle du père Noël». Les compagnies aériennes augmentent d’ailleurs le nombre de vols vers cette destination afin de répondre à cette hausse de la demande durant la période des Fêtes. Sur place, un village du père Noël a été entièrement créé, accueillant notamment son bureau de poste ainsi que l’école et l’atelier des elfes (Joulukka). Plusieurs événements tournent autour de cette thématique, dont la cérémonie du 23 décembre, qui est télédiffusée internationalement. Une webtélé du père Noël a aussi été développée afin de faire la promotion de la destination.

Des activités de plein air des plus originales sont offertes aux touristes, telles que l’observation des aurores boréales, les safaris en motoneige, le golf d’hiver, le traîneau à rennes et à chiens, la descente en VTT ou la baignade dans les lacs gelés. Quelques musées, dont les thématiques touchent principalement la faune et la flore arctiques (ex.: Arktikum) ou encore la culture et l’histoire de la Laponie (ex.: Maison de la culture Korundi), complètent l’offre touristique de cette destination.

Innsbruck, Autriche

Surnommée la Capitale des Alpes, Innsbruck propose une offre tant urbaine que de plein air. La ville met de l’avant son architecture particulière, notamment ses anciennes installations olympiques de même que ses monuments gothiques et baroques. Plusieurs musées, galeries d’art et activités intérieures (centre de santé et de remise en forme, casino, etc.) sont aussi proposés aux visiteurs. Pour la période des Fêtes, cinq marchés de Noël ayant des thématiques particulières sont dispersés à travers la ville.

En plus de la variété des activités de plein air disponibles dans ses neuf domaines skiables (ski alpin, ski de fond, luge, raquette, canyoning de glace, etc.), la région reçoit de façon récurrente de nombreux événements sportifs professionnels. Des navettes gratuites sont de plus proposées aux visiteurs, au départ et à destination des stations de ski. À noter que depuis 2011, le Snow Festival permet chaque année aux familles de se divertir et de se familiariser avec différents sports hivernaux en pleine ville, contribuant ainsi au développement de la relève.

Oslo, Norvège

Avec ses cinq stations de ski, son réseau de ski de fond bien développé, ses nombreux lacs gelés et ses pistes de luge – dont une d’une longueur de deux kilomètres –, Oslo porte bien son surnom de Capitale mondiale de l’hiver. La majorité des activités sont disponibles à moins de 30 minutes du centre-ville, et son réseau de transport en commun, constamment renouvelé, permet leur accès à faible coût. La destination accueille d’importants événements sportifs, certains récurrents, comme la coupe du monde de ski de fond, et d’autres ponctuels, tels que les Championnats du monde de ski acrobatique de 2013. Le site de saut à ski Holmenkollen et son musée sont d’ailleurs les attraits les plus visités de la ville depuis sa reconstruction en 2009.

Oslo s’anime particulièrement pendant la période des Fêtes, lorsqu’illuminations et marchés de Noël redessinent la ville. Son offre culturelle est également bien présente, avec près de cinquante musées (principalement sous une thématique nordique et scandinave), son parc des sculptures, sa forteresse d’Akershus, sa Galerie nationale et son opéra.

Tallinn, Estonie

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Tallinn présente de nombreuses activités d’interprétation du patrimoine historique, un programme événementiel chargé et récurrent (ex.: Tallinn Black Nights Film Festival), plusieurs festivités du temps des Fêtes, ainsi qu’une offre gastronomique du terroir spécialement conçue pour la saison hivernale. Avec ses infrastructures modernes et sa réputation de ville technologique, elle est également un site de choix pour le tourisme d’affaires. De plus, Tallinn compte une douzaine d’hôtels-spa spécialisés dans les massages aux pierres chaudes et les soins pour le corps. À noter que dans cette destination de magasinage hors taxe, les propriétaires d’établissements hôteliers doivent inclure le petit-déjeuner et la taxe dans le prix affiché.

Des passeports touristiques bien utiles!

Dans le but d’encourager la découverte de leur ville, Tallinn (Tallinn Card), Oslo (Oslo Pass) et Innsbruck (Innsbruck Card) ont chacune développé une carte qui offre à son acheteur le transport en commun, le stationnement ainsi que l’accès à un ensemble d’attraits et de services. Plusieurs réductions sont également incluses dans les commerces de ces villes. Selon VisitOSLO, cette initiative plaît aux touristes, puisque 98% des utilisateurs la recommanderaient à un ami.

Au vu de cette féroce concurrence en tourisme hivernal, il est de plus en plus difficile pour les destinations de se démarquer. Dans ce contexte, quelles cartes les villes du Québec devraient-elles jouer pour continuer à forger leur réputation à l’international?

Image à la une : ©istockphoto

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Gestion

Les organismes culturels s’adaptent aux coupes budgétaires

Location d’espaces, diversification des activités, intégration de festivals et d’événements à la programmation… Devant les difficultés financières des pouvoirs publics et les coupes budgétaires qu’elles entraînent, les établissements doivent redoubler d’ingéniosité pour augmenter leurs revenus tout en évitant de dénaturer leur offre.

Le financement des institutions culturelles

Influençant directement le contenu des expositions, ainsi que le profil du public des lieux culturels, le financement des institutions peut prendre trois formes différentes:

  • les contributions privées (legs, dons, etc.);
  • les recettes autonomes (droits d’entrée, boutique, etc.);
  • les aides financières publiques et parapubliques (subventions, prêts, etc.).

sur les quelque 400 institutions culturelles québécoises, moins de 150 reçoivent un soutien financier gouvernemental

Si certains établissements peuvent profiter de fonds de l’État, d’autres dépendent uniquement des donateurs et des visiteurs. Jason Luckerhoff, professeur au département de lettres et communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivières, rappelle que sur les quelque 400 institutions culturelles québécoises, moins de 150 reçoivent un soutien financier gouvernemental. Moins l’aide de l’État est importante, plus les professionnels des institutions culturelles doivent se montrer créatifs pour trouver de nouveaux moyens d’équilibrer leur caisse.

Ailleurs dans le monde, les musées jonglent également entre fonds publics, soutien privé et contributions des visiteurs. En France, le gouvernement a annoncé une coupe de 2% dans le budget de la culture pour 2014. Certains grands établissements comme le Louvre, le musée d’Orsay, le château de Versailles ou le musée du quai Branly connaîtront même une baisse de 2,5% de leur enveloppe budgétaire. Cependant, dès leur ouverture, quelques musées ont développé un autre modèle de fonctionnement, totalement en marge des subventions publiques. Ainsi, la Pinacothèque de Paris, avec son chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, tire ses bénéfices de la vente de billets pour les expositions (50%), de sa boutique (40%) et de la location d’espaces (10%).

La récente fermeture aux États-Unis de différentes attractions culturelles – faute d’entente sur le budget au Congrès – témoigne de la fragilité des institutions lorsque les autorités politiques changent de position.

Location d’espaces

Avec les qualités esthétiques de leurs installations, les établissements culturels constituent des décors privilégiés pour l’organisation d’événements privés (mariages, fêtes d’enfants, réunions, lancements, etc.). Alors que cette pratique permet au visiteur de regarder les lieux sous un angle différent, elle constitue un revenu complémentaire pour l’organisme gestionnaire et une façon de contrer la saisonnalité.

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Source: Le Manoir Mauvide-Genest

Les institutions culturelles profitent également de leur caractère historique pour accueillir des plateaux de tournage ou des séances de photographie professionnelles. En France, les sites gérés par le Centre des monuments nationaux accueillent plus de 150 tournages de films, documentaires, reportages ou courts-métrages par an. Le château de Versailles s’est même doté d’un département «Accueil des Tournages et Photographies» pour répondre aux demandes des réalisateurs et des publicitaires.

L’enjeu est de profiter de cet apport financier sans gêner les visiteurs en fermant trop souvent le site ou en dénaturant leur expérience par l’invasion d’équipes de tournage ou de réceptions privées. Il est d’ailleurs rare de voir des indications précisant que le lieu visité a accueilli une campagne publicitaire ou un film. En effet, il est plus pertinent de miser sur l’intemporalité des monuments patrimoniaux, sans les limiter à leur rôle de décors de films.

Nouvelles activités et produits dérivés

De plus en plus, les monuments culturels ont transformé leur cafétéria en restaurant gastronomique, où l’on peut se rendre sans même profiter de l’offre première de l’établissement. L’Opéra de Paris a ouvert un restaurant au cœur du Palais Garnier. L’architecture joue sur le lien entre modernité et patrimoine, et exploite la thématique du spectacle grâce à sa mezzanine et à ses accessoires rouges.

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© Roland Halbe, L’Opéra Restaurant 

À l’instar d’autres institutions européennes (la Villa Médicis de Rome, par exemple), le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg a ouvert un hôtel cinq étoiles dans un bâtiment historique du centre-ville. L’établissement restauré aux couleurs du musée maintient volontairement un lien fort avec l’institution mère: adaptation du logo original, restaurants inspirés des époques couvertes par les artéfacts des galeries, mise en place de forfaits «Special Hermitage Moments», etc.

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Source: The Official State Hermitage Hotel

La boutique des établissements permet également aux gestionnaires de gagner une certaine autonomie financière. La signature visuelle des institutions devient une marque qui se retrouve sur les produits dérivés (livres, reproductions, décoration, vêtements, accessoires, jeux, etc.). Généralement, l’offre se veut unique et de qualité, valorisant un savoir-faire traditionnel (verrerie, bijoux, sculpture, etc.). Le client doit avoir l’impression d’acheter une pièce d’art. Depuis le début de l’été, le Rijksmuseum d’Amsterdam redéfinit le rôle de la boutique de musée par l’intermédiaire du Rijksstudio. L’intégralité des œuvres est publiée en ligne. Grâce à la qualité de la numérisation, les utilisateurs peuvent agrandirl’image et imprimer leurs créations sur n’importe quel support.

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Source: Rijksstudio

Activités parallèles

Les expositions temporaires, appelées blockbusters, assurent un revenu supplémentaire non négligeable pour les musées. Le professeur Luckerhoff rappelle que, volontairement conçues pour rejoindre un large public, elles permettent de consolider les dossiers des institutions quand vient le temps de s’adresser aux partenaires financiers. Cependant, leur réalisation coûte cher et la tendance générale actuelle est d’en réduire le rythme de présentation, d’allonger leur durée et de multiplier les partenaires.

Soirée de contes, conférences, club de lecture… Les exemples d’activités ne manquent pas pour qui veut diversifier la programmation de son institution. Autre tendance lourde, le théâtre force les murs des organismes culturels. En été, la Cité de l’énergie de Shawinigan propose une représentation spectaculaire dans un amphithéâtre tournant. Le musée Pointe-à-Callière réalise quant à lui régulièrement des mises en scène qui soulignent les différents temps de l’année (Halloween, Noël, etc.).

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© Michel Julien, Pointe-à-Callière

Lors de la saison estivale, le domaine culturel ouvre ses portes aux plus jeunes en se transformant en camp de jour. Les enfants peuvent ainsi s’initier au théâtre, à l’art plastique, aux sciences ou au cirque. Cette tendance offre l’avantage d’aborder la culture de manière pédagogique et divertissante, mais aussi d’éveiller une nouvelle génération et de façonner la relève du public de ces organismes.

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Source: Musée canadien des civilisations

Ainsi, le défi des institutions culturelles est de rendre leur offre attirante pour le plus grand nombre, sans pour autant la dénaturer. Les coupes budgétaires peuvent-elles finalement être perçues comme des occasions de changement et d’innovation?

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Produits et activités

Un nouveau souffle pour le patrimoine industriel

Généralement situées près des centres urbains, les friches industrielles couvrent souvent de grandes surfaces, et leur reconversion laisse place à une multitude d’activités. Parcs récréatifs, boutiques, restaurants, galeries d’art, musées: voilà quelques exemples d’aménagements pouvant satisfaire une variété de clientèles. Certaines villes ont fait preuve d’innovation et revitalisé leurs quartiers industriels au bénéfice tant de la population locale que des touristes. Grâce à ces démarches, le patrimoine industriel revit, et sa reconversion s’inscrit dans les tendances de développement durable.

L’Allemagne: pionnière de la mise en valeur du patrimoine industriel

Plutôt que de délaisser les vestiges miniers devenus désuets, le gouvernement a sélectionné quelques sites pour les transformer en attractions culturelles

L’Allemagne et la région de la Ruhr ont ouvert la voie dans la redynamisation d’anciennes infrastructures industrielles en attraits culturels. Leurs efforts ont abouti en 2010 à la sélection de la Ruhr comme Capitale européenne de la culture, une première pour une région. Plutôt que de délaisser les vestiges miniers devenus désuets, le gouvernement a sélectionné quelques sites pour les transformer en attractions culturelles. Ainsi, un des plus grands gazomètres au monde a été reconverti en espace d’exposition. L’ancien moulin de Duisbourg abrite maintenant une collection d’art moderne, et les hauts fourneaux de Duisbourg-Nord sont devenus un parc paysager incluant un mur d’escalade, des sentiers de vélo de montagne et un spectacle d’illuminations de soir. Des résidus miniers ont été transformés pour former une piste de ski, un autre gazomètre est devenu un centre de plongée et un ancien puits de mine accueille un club de parachutisme intérieur; les exemples de reconversion ne manquent pas.

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Zollverein: une mine d’activités

Le complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein (couvrant 100 hectares) a été transformé en centre multifonctionnel pour les arts, la culture, les entreprises de création et les activités récréotouristiques. Sa reconversion avait débuté en 1990, et l’endroit a depuis été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site attire maintenant près d’un million de visiteurs annuellement.

Une piscine se trouve au cœur des infrastructures métalliques de l’usine, et des sentiers de randonnée pédestre ou cyclable entourent l’ancienne mine. Offrant une vue imprenable de ce site du patrimoine mondial et un bon aperçu de son fonctionnement, une grande roue plonge à l’intérieur d’un des anciens fourneaux pour ensuite s’élever au-dessus des bâtiments. L’hiver, une patinoire de 150 mètres longe les infrastructures.

Les installations restées intactes abritent le «sentier monumental de Zollverein». Des visites guidées permettent aux participants de se familiariser avec l’extraction du charbon, dont le processus est illustré à l’aide de maquettes, de films, d’installations muséo-techniques et d’un accompagnement sonore. Le soir, les bâtiments sont illuminés par un spectacle de lumières.

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En plus de ces activités récréotouristiques, Zollverein se spécialise dans la diffusion culturelle. Du jazz à la musique pop, le site a reçu depuis 1997 plus de 160 concerts et favorise maintenant le développement des arts de la danse, du théâtre, des arts visuels et de la performance artistique. On y retrouve aussi le Musée Red Dot Design, qui est l’un des plus grands centres d’exposition de design contemporain. Les passionnés de gastronomie ne sont pas en reste, car plusieurs restaurants et cafés sont présents. L’un de ces derniers fait un clin d’œil à l’histoire de l’ancienne entreprise en offrant des aliments que l’on retrouvait typiquement lors des pauses des travailleurs de la mine.

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Les produits locaux au premier plan

À quelques pas du centre-ville de Toronto, une ancienne distillerie de whisky est devenue l’un des plus grands quartiers piétons consacrés à la promotion des arts, de la culture et du divertissement. Ouvert depuis 2003, le Distillery Historic District regroupe des cafés, des galeries d’art de renommée mondiale, des restaurants chics, des théâtres et quelques-unes des boutiques les plus prisées de la ville. Les mois d’été regorgent d’activités: festivals de musique et d’art, marchés de producteurs, événements de dégustation de bières, etc. Le site accueille aussi plus d’une quarantaine d’entreprises: firmes de design, agences de publicité, sociétés de production de films, toutes inspirées par le décor industriel de l’ancienne usine. Aucune franchise ni aucune marque nationale ne se trouvent à la Distillery, les visiteurs ont droit à une expérience unique de la culture torontoise.

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Anciens silos à grains: une base pour l’escalade sur glace

Les reconversions ne se limitent pas aux zones urbaines

Les reconversions ne se limitent pas aux zones urbaines. À Cedar Falls, dans l’Iowa, des silos à grains non utilisés ont été transformés en murs d’escalade sur glace d’une hauteur de huit étages. Des systèmes de tuyaux accrochés au sommet des silos font couler de l’eau, qui gèle et crée le mur de glace, les conditions d’ascension variant selon la météo et le vent. Débutants comme experts peuvent ainsi parfaire leurs compétences et profiter de ces monuments agricoles réadaptés.

Pour bien des communautés de quelque envergure que ce soit, les vestiges industriels restent peu exploités. Le sort du silo numéro 5 du Vieux-Montréal ou du complexe de Canada Malting, le long du canal Lachine, demeure incertain. Ces sites industriels ont le potentiel de devenir de véritables attraits, qui sauront plaire à la population locale ainsi qu’aux touristes, tout en préservant les valeurs paysagères, historiques et architecturales de la destination. Quel avenir voyez-vous pour le patrimoine industriel de votre ville?

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel