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Marketing Tourisme durable

L’entrée de votre ville est-elle accueillante?

Soigner sa vitrine

Parfois, il suffit de peu pour améliorer l’image et offrir un meilleur accueil, donner aux gens l’envie d’être attentifs à ce qui s’y trouve et de s’y arrêter.

ces entrées ont le potentiel de refléter les contextes économique, culturel et historique, et permettent aux municipalités d’affirmer leur signature paysagère

Comme le suggère le Comité du patrimoine paysager estrien dans son manuel de bonnes pratiques, les entrées de villes et de villages représentent des occasions de mettre en place une démarche d’amélioration du paysage. Le Comité estime que ces entrées ont le potentiel de refléter les contextes économique, culturel et historique, et permettent aux municipalités d’affirmer leur signature paysagère. Limiter l’affichage commercial, structurer un boulevard à l’aide de végétation et intégrer une signalisation claire et élégante, voilà déjà un premier pas vers un embellissement de la ville. Voici un exemple d’aménagement simple, mais efficace, d’une entrée de ville.

 Illustration 1: Entrée de ville typique

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Illustration 2: Entrée de ville améliorée par simulation – aménagements à l’aide de végétaux et d’une signalisation claire

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Illustrations 1 et 2: Fauteux et associés, architectes paysagistes – Source: Comité du patrimoine paysager estrien.

Embellir et rendre plus sécuritaire

Les règlements d’urbanisme encadrent le développement des entrées de villes et de villages, et contribuent au contrôle du développement de ces secteurs. Ils déterminent notamment le zonage précisant les fonctions permises, les marges de recul et les limites d’affichage.

Un paysage d’entrée accueillant exerce de l’attrait tant sur les visiteurs que sur les entrepreneurs et les résidents potentiels. Voici quelques exemples d’initiatives régionales et municipales.

Les 2 Alpes

Un effort considérable a été fait dans la station de montagne française des 2 Alpes pour aménager l’entrée de la station et les abords des points d’information. On note, entre autres, un élargissement des zones piétonnes, la plantation de végétaux et la valorisation de l’entrée de la station.

Les aménagements réalisés sur les différents sites avaient plusieurs objectifs:

  • Valoriser l’image de la station;
  • Restructurer l’espace urbain;
  • Inciter au ralentissement (réduction de la largeur des voies);
  • Élargir et sécuriser les voies piétonnes;
  • Ponctuer l’avenue et les voies transversales par des végétaux issus de la région.

 Illustration 3: Aménagement de l’avenue de la Muzelle et de ses voies annexes

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 Source: AVP21

Atelier signalétique et entrées de ville

À Aubagne, toujours en France, s’est déroulé un atelier de réflexion pour imaginer de nouvelles façons d’accueillir les visiteurs dans le centre historique. Impliquant des citoyens, des experts (urbanistes, architectes paysagistes, etc.) et des élus, ce programme comprenait notamment une promenade dans le centre afin que les différents intervenants posent un regard critique sur la signalétique et les entrées de ville (voir la vidéo ci-dessous). L’atelier avait notamment pour buts:

  • d’évaluer l’aménagement de l’ensemble des entrées de la ville;
  • d’analyser et de mettre en œuvre une signalétique globale de la ville et de ses entrées;
  • de donner une identité à la signalétique;
  • d’améliorer l’accueil, l’esthétique générale, la sécurité et le lien progressif avec le centre-ville.

L’engagement des commerçants

De nombreuses municipalités québécoises ont profité de l’expertise de la Fondation Rues principales. Cet organisme à but non lucratif offre son soutien pour la revitalisation socioéconomique et le développement durable des villes et villages du Québec et d’ailleurs au Canada. Pour certaines municipalités, il s’agit de projets de longue haleine initiés par les instances publiques.

C’est le cas de Saint-Jean-de-Dieu, un village du Bas-Saint-Laurent qui a profité des travaux d’infrastructures (réfection du système d’eau potable et d’égout) de ses rues principales pour s’engager dans un programme de revitalisation. La municipalité s’est dotée de nouveaux trottoirs sur plusieurs kilomètres, d’îlots paysagers aux abords des routes et de mobilier urbain. Les gens d’affaires du village ont ensuite pris le relais avec des projets de revitalisation des commerces soutenus par des programmes d’aide financière. Une dizaine d’esquisses ont été réalisées, et trois importants projets de rénovations ont jusqu’à maintenant été menés à terme pour ce petit village de 1 600 habitants. Ce renouveau apporte un vent de fraîcheur dans la communauté, améliore la qualité de vie et entraîne la fierté de ses résidents.

Illustration 4: Saint-Jean-de-Dieu avant les travaux

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Source: Philippe Veilleux, SADC des Basques

 Illustration 5: Saint-Jean-de-Dieu après les travaux

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   Source: Philippe Veilleux, SADC des Basques

Selon la Fondation Rues principales, l’aménagement routier des villages et centres urbains doit se faire en privilégiant l’artère principale. Cette dernière doit concilier circulation, sécurité, protection du patrimoine et environnement. Lors d’un projet de revitalisation, il faut penser:

  • aux voies de circulation et à la place du stationnement de rue;
  • aux intersections, qui devraient permettre une bonne lisibilité par les différents usagers;
  • aux aménagements piétonniers;
  • aux matériaux − on peut, par exemple, recourir à des matériaux différents ou à des marquages au sol pour délimiter les zones selon le mode de transport;
  • à l’éclairage pour qu’il structure l’espace, crée des ambiances et assure la sécurité des usagers;
  • aux aménagements cyclables;
  • à la végétation et au mobilier urbain afin de viser l’intégration et la sauvegarde de végétaux, d’harmoniser la signature visuelle et de favoriser un sentiment de calme et de repos.

La Fondation offre plusieurs fiches-conseils, disponibles en ligne gratuitement, traitant notamment de l’amélioration des façades, de la rénovation commerciale et résidentielle, de l’aménagement des municipalités et de la revitalisation.

Tout le monde y gagne

La revitalisation des entrées et des centres de villages contribuent à l’essor économique de ces derniers. Lorsqu’elle est réalisée adéquatement, avec le soutien des gens d’affaires et la volonté des citoyens, elle dynamise les lieux, attire les investisseurs et les touristes, et devient la fierté de ses résidents.

 

Analyse réalisée en collaboration avec Caroline Lévesque

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Produits et activités

Initiatives paysagères inspirantes

Les Urbainculteurs

L’agriculture urbaine se développe sous de multiples formes. L’organisme de Québec les Urbainculteurs aménage des potagers pour les entreprises et à l’occasion d’événements. Par souci environnemental et pour favoriser la consommation de produits frais sans ingrédient chimique, les Urbainculteurs trouvent des solutions pour cultiver en ville. Des hôtels, des restaurants, des festivals, des centres de congrès et même le parlement ont eu recours à leurs services. Dans certains cas, ces potagers fournissent les cuisines de ces organisations en légumes et en fines herbes tout en réduisant notamment l’approvisionnement en aliments ayant parcouru de longues distances.

L’Hôtel du Vieux-Québec

Le toit de l’Hôtel du Vieux-Québec est bien garni. Les Urbainculteurs y ont aménagé et entretiennent un potager auquel ils ont ajouté, en 2011, deux ruches. En plus de produire de belles récoltes, partagées entre le directeur, les employés et un restaurant partenaire, le toit vert permet de conserver la fraîcheur du bâtiment en été et de capter les eaux de pluie.

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© Urbainculteurs

L’Auberge Place d’Armes de Québec

Donnant sur un petit toit plat, deux chambres de l’Auberge Place d’Armes, dans le Vieux-Québec, offrent désormais à ses occupants une vue sur un jardin fleuri. Quelques plantes bien choisies pour pousser à l’ombre donnent de l’attrait à ces chambres.

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© Urbainculteurs

Les Francofolies et le Festival International de Jazz de Montréal 

Certains kiosques de l’édition 2013 des Francofolies et du Festival International de Jazz de Montréal comportaient des aménagements de plantes comestibles, même des arbres fruitiers! Des fines herbes, des plants de laitue, de poireau ou encore des fleurs comestibles ont remplacé les traditionnelles boîtes fleuries. L’un des objectifs de ce changement était de sensibiliser les festivaliers au jardinage et à l’agriculture urbaine.

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© Urbainculteurs

Sortir l’art des musées

Le festival Art souterrain, à Montréal, a pour mission de démocratiser l’art contemporain en l’unissant au patrimoine culturel souterrain. En mars 2014, le Montréal souterrain a accueilli 93 projets d’art, créant ainsi un circuit accessible gratuitement, intégré au quotidien des gens et offrant une vitrine élargie aux artistes. De plus, cet événement anime un réseau piétonnier aux nombreuses ramifications où défile un très grand nombre de personnes. Le paysage du Montréal souterrain offre de belles possibilités aux artistes.

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© SAMLERENARD MMXIII

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© Érick Duhagon

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© SAMLERENARD MMXIII

Créer des espaces rassembleurs

L’entreprise Design par Judith Portier propose des aménagements événementiels hors de l’ordinaire. La création, l’innovation et l’esprit de communauté sont au cœur des designs de cette firme.

Le Conteneur des sucres

Le Conteneur des sucres, une cabane à sucre urbaine située dans le quartier Verdun, à Montréal, propose non seulement des produits de l’érable, mais aussi des spécialités gourmandes du quartier, le temps de deux week-ends du mois de mars. Lorsque le conteneur ouvre ses portes et déploie ses nappes et ses coussins à carreaux sur les marches de l’église, la fête commence. La vidéo ci-dessous donne un aperçu de l’événement.

 

Le quartier de Noël

Dans la même veine, l’entreprise crée depuis deux ans le quartier de Noël, toujours à Verdun. C’est à l’aide de trois conteneurs judicieusement aménagés – vente de sapins, emballage de cadeaux et atelier du père Noël – que la magie opère. L’arrivée des conteneurs, avant même leur ouverture, provoque une frénésie dans le secteur.

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© Design par Judith Portier

Recycler le patrimoine industriel

L’architecte paysagiste et urbaniste Tilman Latz a pris part à plusieurs projets de requalification de sites industriels. Le Parco Dora, à Turin, une réalisation de la firme Latz + Partner, est un bon exemple de recyclage d’un tel site. Toujours présentes, les structures sont désormais multifonctionnelles. Le mélange de l’acier et de la végétation crée une ambiance urbaine tout en rappelant le passé industriel de la ville. Ce parc est aujourd’hui très fréquenté et les anciennes installations accueillent des événements très variés, qu’il s’agisse de spectacles rock ou de célébrations religieuses. Comme le souligne M. Latz, plutôt que de tout raser et de créer un parc de toutes pièces, les projets de requalification et de recyclage du patrimoine s’avèrent souvent plus significatifs pour les résidents et peuvent devenir des attraits touristiques.

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©  Heidemarie Niemann et ©  Andrea Serra

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© La Stampa

Un projet porteur: Plan paysage de la route 138

Mettre en valeur les paysages nécessite l’engagement et la persévérance de la communauté et des autorités locales. Les MRC de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix et de Charlevoix-Est se sont unies en 2009 pour créer la Table de concertation sur les paysages. Parmi les travaux de ce regroupement, on compte le Plan paysage de la route 138, qui consiste notamment à établir un concept de signature artistique, à donner des pistes de design et des paramètres d’aménagement pour orienter les interventions futures. Ce concept est celui de l’«éloge de la lenteur».  

Le plan, réalisé par le Groupe IBI/DAA, cible neuf secteurs pour lesquels on compte mettre en valeur le paysage. Par exemple, dans le secteur Clermont-La-Malbaie, on suggère d’améliorer la signalétique urbaine, d’aménager une halte à Clermont, de planter une bande d’arbustes dans le secteur commercial et industriel et de reconfigurer le pont de la rivière Malbaie afin de mieux intégrer la circulation des piétons et des cyclistes. Le Plan rassemble beaucoup d’informations concrètes qui pourraient certainement contribuer à faire de la route 138, dans Charlevoix, un parcours touristique enrichi, où les visiteurs auront envie de s’arrêter.

Une image identitaire

Comme l’indiquait Michel Zins de la firme Zins Beauchesnes et associés lors du congrès de l’AAPQ, l’idée n’est pas de créer un environnement esthétique qui est déconnecté de son contexte, mais plutôt des lieux caractéristiques de la destination. Le voyageur cherche des paysages uniques, identitaires, des images distinctives qui forgeront ses souvenirs.

 

Image à la une : © Urbainculteurs

 

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Produits et activités

La labellisation des beaux villages comme outil de développement

stimuler le tourisme régional et rural en offrant aux visiteurs nationaux et internationaux un label de qualité touristique reconnu

L’Association des plus beaux villages du Québec (APBVQ) regroupe 38 villages répartis dans 11 régions touristiques du Québec, mais particulièrement concentrés dans celles de Québec (8 villages), de la Montérégie (6), de Chaudière-Appalaches (5), du Bas-Saint-Laurent et des Cantons-de-l’Est (4 chacun). Son défi consiste à constituer un réseau de villages exceptionnels et variés, situés généralement au bord de l’eau, et sélectionnés pour leur patrimoine architectural et historique de même que pour la beauté de leurs paysages. L’APBVQ a comme objectif de stimuler le tourisme régional et rural en offrant aux visiteurs nationaux et internationaux un label de qualité touristique reconnu par la Fédération des Plus Beaux Villages de la Terre.

Un concept qui répond aux attentes des clientèles…

L’affiliation au réseau constitue une reconnaissance du soin que les villageois ont apporté à préserver les charmes de leur municipalité. Elle incite les visiteurs à adopter un comportement écotouristique et leur offre l’occasion de vivre un séjour de découverte et de détente qui privilégie l’authenticité, les contacts humains, les activités en milieu naturel et les produits du terroir: autant de manières de répondre aux tendances touristiques actuelles. Les réseaux des Plus Beaux Villages s’inscrivent aussi dans la mouvance du slow travel et des voyages en solo, puisque les municipalités qui y adhèrent sont faites pour être visitées à pied ou à bicyclette, loin des foules et de l’agitation!

… et qui offre des retombées non négligeables

Constituer un réseau de «Plus Beaux Villages» contribue au développement et à la qualité de l’offre touristique régionale

Constituer un réseau de «Plus Beaux Villages» contribue au développement et à la qualité de l’offre touristique régionale. En France, d’où il tire ses origines, le label est reconnu par les visiteurs et son influence est réelle. En effet, selon l’association Les Plus Beaux Villages de France®, l’augmentation de la fréquentation touristique peut se situer dans une fourchette allant de 10% à 50%, notamment en ce qui concerne les clientèles internationales, selon la notoriété du village.

Structurer l’offre des villages

Pour structurer leur offre touristique, certains beaux villages d’ici et d’ailleurs ont effectué des actions touchant des domaines variés. En voici quelques exemples.

La valorisation du territoire
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Kamouraska, dans la région du Bas-Saint-Laurent, a créé un circuit du patrimoine avec panneaux d’interprétation et visites guidées de l’église, mettant en valeur le patrimoine bâti et historique de l’endroit. D’ailleurs, afin de préserver cette richesse, la municipalité a adopté un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) qui guidera ses différentes interventions. Quant à Saint-Pacôme, située dans la même région touristique, elle a instauré un circuit pédestre patrimonial avec panneaux pour guider le visiteur vers les plus beaux bâtiments du village. 

 

 

 

Saint-Pacôme – Source: St-Pacome

L’accessibilité

En partenariat avec Braille et Culture, l’association Les Plus Beaux Villages de France a depuis 2005 mis sur pied dans 11 villages des parcours sensoriels ainsi que des circuits adaptés à l’aide d’audioguides, de carnets de visite en braille ou en gros caractères ainsi que de maquettes tactiles de sites et monuments. Des formations à l’accueil des déficients visuels ont aussi été dispensées aux prestataires touristiques.            

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Collonges-la-Rouge – Source: Les plus beaux villages de France

L’animation

Il peut s’agir de foires artisanales, de marchés du terroir ou des vins, ou encore de parcours animés. Un rallye de prestige reliera par exemple, pour la troisième année, une vingtaine des «Plus Beaux Villages» de France entre Paris et Cannes, à la découverte du patrimoine, du terroir, de la gastronomie et de l’artisanat des divers villages traversés.

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La Route des Villages, Paris-Cannes – Source: 4 roues sous 1 parapluie

La fidélisation

Par leur contribution financière, les membres du Club des Amis des Plus beaux Villages de Wallonie, de France et d’Italie participent à la sauvegarde du patrimoine et bénéficient en retour d’offres privilèges lors de leurs séjours dans les villages, ainsi que d’un abonnement au bulletin de l’association et à la lettre d’information interne du réseau.

La mise en marché de l’offre touristique des villages

Tous les réseaux ont mis en place des supports classiques de promotion, notamment un guide officiel et un site Web. Pour atteindre le grand public, ils organisent des actions médiatiques auprès de la presse, mais aussi de chaînes de télé qui diffusent des films promotionnels et des vidéos.

En ce qui a trait aux initiatives de mise en marché, il en existe peu à l’heure actuelle, à l’exception de la France et de l’Italie qui se sont toutes deux associées à des voyagistes. Come To France propose des séjours thématiques à l’attention d’une clientèle individuelle, étrangère et française. Au programme: hébergement de charme, cours de cuisine au retour du marché, stage d’artisanat, visite privée du village, initiation à la pêche à la ligne, etc.

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Borghi Travel est le voyagiste officiel et exclusif du réseau italien des Plus Beaux Villages. Les particuliers peuvent réserver leur séjour en ligne en choisissant parmi plus de 200 destinations, 400 structures d’hébergement et de restauration, et 50 forfaits thématiques: vélo, trekking, sport, bien-être, mer, montagne, cuisine, etc. L’association italienne I Borghi più Belli d’Italia évalue la fréquentation dans les villages à 10 millions de nuitées, dont plus du tiers (36%) sont réservées par des clientèles étrangères.

Au Québec, l’absence d’une masse critique de villages, leur éparpillement sur le territoire et la capacité d’accueil disparate d’une région à l’autre sont quelques irritants à la commercialisation. Toutefois, la localisation des villages du réseau le long des Routes et circuits touristiques officiels du Québec offre d’excellentes occasions de partenariats.

CN_beaux_village_image4Actuellement, l’offre de l’Association des plus beaux villages du Québec est disponible sur l’application mobile Nestor – Le Québec de Mobeva, qui regroupe un ensemble d’attraits touristiques de la province. Le touriste peut y télécharger une description des villages membres et les géolocaliser. D’autres associations de renom sont aussi partenaires de l’application (Circuit du Paysan et Hôtellerie Champêtre).

 

 

 

 Source: Association des plus beaux villages du Québec

L’attractivité touristique des «Plus Beaux Villages» et la notoriété du label à travers le monde renforcent l’image de l’ensemble de la destination Québec et de ses régions touristiques, contribuant en cela à sa croissance économique et touristique.

 

– Image à la UNE: Association des plus beaux villages du Québec © Yves Laframboise

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Marketing Transport

Le road trip a toujours la cote

Des clichés qui font toujours rêver

33% des femmes et 25% des hommes américains disent ne jamais avoir traversé leur pays en voiture, mais rêvent de le faire un jour

Souvent associés aux voyages en famille d’une autre époque, les motels en bordure de route, les cantines aux frites savoureuses et la tournée des campings font de nombreux nostalgiques. La légendaire Route 66 des États-Unis, les classiques du cinéma de type road movies ou encore l’œuvre de Jack Kerouac contribuent aussi à l’imaginaire du fameux road trip. Partir à l’aventure sur la route demeure une expérience fortement convoitée. Une enquête réalisée par Expedia en 2012 dévoilait que 33% des femmes et 25% des hommes américains disent ne jamais avoir traversé leur pays en voiture, mais rêvent de le faire un jour. 

Au Québec, les voyages en voiture sont de mise

Selon Statistique Canada, 92% des voyages touristiques des Québécois au Québec (pour agrément ou pour visiter des parents ou des amis) en 2011 ont été réalisés en voiture, en camion ou en véhicule récréatif (privés ou en location). Cette proportion est de 78% dans le cas des touristes canadiens originaires d’autres provinces et de 65% en ce qui a trait aux Américains.

Faciliter la vie des voyageurs sur la route

Au-delà des haltes routières et de la signalisation touristique le long des routes, une foule de services peuvent être développés par les destinations. Un accueil adapté, des outils qui favorisent l’autonomie, les médias sociaux et la technologie mobile sont largement mis à contribution. En voici quelques exemples.

L’application Roadtrippers

Le road trip est bien ancré dans la culture populaire américaine. La plateforme mobile Roadtrippers, qui permet à l’utilisateur de planifier en ligne son itinéraire, connaît d’ailleurs un grand engouement. Elle consiste en une carte dynamique des États-Unis sur laquelle l’internaute indique ses points de départ et d’arrivée, puis les types de produits et services qu’il souhaite voir s’afficher sur son plan, comme les attraits, les restaurants et cafés, les sites naturels, etc. Chaque critère se décline en sous-catégories lui permettant de personnaliser son parcours. Des versions spécialisées pour les voyages en famille ou encore pour ceux qui se déplacent en véhicule récréatif (VR) sont disponibles. Roadtrippers met aussi de l’avant les commerces locaux, les attraits qui sortent des sentiers battus ainsi que les expériences culturelles authentiques.

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Source: Roadtrippers

L’Oregon

Compte tenu du succès de l’application Roadtrippers, l’organisation de gestion de la destination (OGD) de l’Oregon l’a intégrée à son site Web. Travel Oregon utilise d’ailleurs beaucoup l’expression road trip pour qualifier les circuits et l’offre touristique à découvrir. Visionnez l’une des vidéos Tasty Oregon Road Trips, un exemple mettant en vedette le tourisme gourmand.

Les #WICKEDROADTRIPS du Massachusetts

L’OGD du Massachusetts lançait, pour l’été 2013, un concours de photos sur la plateforme Instagram afin d’inciter les gens à partager leurs clichés lors de leurs déplacements dans l’État. Les participants n’avaient qu’à déposer leurs photos à l’aide du mot-clic #WICKEDROADTRIP et à mentionner @VISITMA. Chaque semaine, un gagnant remportait des entrées gratuites dans certaines attractions de la région. De plus, en visitant le site Web du concours, l’internaute pouvait bénéficier d’un rabais de 20% sur une location de voiture, grâce à un partenariat avec Alamo.

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Source: massvacation.com

L’ultime road trip américain

Le voyagiste TrekAmerica offre une tournée à travers 48 États américains (excluant l’Alaska et Hawaï), un voyage de près de 3 mois. Il s’agit d’une première du genre, selon l’entreprise. Pour un peu moins de 10 000 dollars américains, The Great 48 comprend 80 nuitées d’hébergement, le transport en véhicule privé avec Wi-Fi ainsi que la visite de 19 parcs nationaux et de nombreuses petites et grandes villes, le tout accompagné d’un guide.

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The Great 48 – Source: Trekamerica.com

L’Australie

La découverte du territoire australien par de longs voyages en voiture constitue aussi une image forte. Plusieurs initiatives facilitent d’ailleurs l’organisation d’un parcours. L’OGD du pays propose notamment une série d’itinéraires. Dans le Queensland, des communautés se sont rassemblées pour créer une boucle de 1 000 km, afin de mettre en valeur et de partager les richesses naturelles et culturelles de cette région. La Natural Sciences Loop offre aux voyageurs de la route une expérience les mettant en contact avec l’astronomie, la géologie, la biologie, la paléontologie et l’histoire, entre autres.

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Source: naturalsciences.com

Bienvenue aux VR

Pour mieux répondre aux besoins des voyageurs en VR, le Campervan & Motorhome Club of Australia a mis sur pied le programme RV Friendly Town, qui fait la promotion du tourisme en véhicule récréatif pour les municipalités souhaitant attirer ce segment de clientèle. Pour obtenir le titre de destination «RV Friendly», la communauté doit répondre à certains critères, dont les suivants:

  • Mettre à la disposition des visiteurs des espaces de stationnement de grandeur adaptée aux VR pour des périodes de 24 à 48 heures, gratuitement ou à prix abordable;
  • Donner accès à de l’eau potable et à une station de vidange pour les eaux usées.

Voilà un programme qui permet aux municipalités sans terrain de camping à proximité d’être considérées par les voyageurs en VR.

Des voyageurs branchés et à la dernière minute

Selon la firme PhoCusWright, 20% des nuitées réservées par des Américains pendant un voyage sur la route aux États-Unis le sont à la dernière minute, dont 21% à partir d’un appareil mobile. Les interfaces mobiles s’avèrent un moyen efficace pour s’adresser aux roadtrippers; que ce soit pour la planification, les réservations ou les activités à faire sur place.  

Le Québec détient quelques classiques en matière de road trip, pensons au tour de la Gaspésie, ou encore à celui du lac Saint-Jean. Pour inciter les voyageurs à fréquenter l’une des 15 routes touristiques officielles de la province ou simplement pour favoriser le tourisme dans les régions, actualisons l’image du road trip québécois!

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

 

– Image à la une ©istockphoto

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Dis-moi quels paysages tu préfères, je te dirai où aller!

Le paysage occupe-t-il une place importante dans le choix d’une destination? Quel type d’environnement les voyageurs préfèrent-ils? La plage? La montagne? Les rivières? Certains coins de pays méconnus recèlent de véritables trésors cachés; leur découverte permettrait peut-être à ces régions de développer ou de bonifier leur offre touristique. C’est, du moins, ce que considère un chercheur des Pays-Bas qui a créé une plateforme Web servant à recueillir les préférences des voyageurs en matière de paysage, tout en leur indiquant, par la suite, les destinations européennes qui correspondent à leurs goûts.

Les connaissances en matière de paysage sont principalement le domaine des experts. La valeur de ces paysages est en effet rarement mesurée par les voyageurs. Martin Goossen s’est penché sur la question; il a présenté sa démarche et son outil novateur à l’occasion de la conférence Atlas 2011 intitulée Landscape and Tourism: the Dualistic Relationship.

Choisir la destination

Plusieurs caractéristiques, dont le paysage, motivent le choix d’une destination. Des enquêtes ont démontré que le prix ou encore les recommandations d’autres voyageurs jouent un rôle prédominant dans le choix d’une destination de vacances. Toutefois, le voyageur a un comportement complexe et les motivations changent selon le séjour. Ainsi, le type de paysage revêt une importance relative dans le choix de ses voyages.

Des études réalisées auprès de la population des Pays-Bas indiquent que:

  • près de la moitié des consommateurs (45%) déterminent d’abord la destination du voyage;
  • le tiers établit (32%) plutôt un budget en premier lieu;
  • les gens naviguent environ de 7 à 10 heures sur Internet pour trouver leur destination;
  • une personne sur six (16%) prend plus de 20 heures avant d’arrêter son choix;
  • les deux tiers (66%) estiment avoir passé trop de temps sur Internet pour trouver la bonne destination.

Par ailleurs, plusieurs outils de recommandations cherchant à guider le consommateur dans ses choix ont été développés au fil des années. Mentionnons le volet Inspiration de TripAdvisor ou le moteur d’inspiration d’Expedia. D’autres plateformes de recommandations comme Wanderfly suggèrent de choisir une destination en sélectionnant quelques mots clés, souvent rattachés à des activités ou à des expériences, et un budget. (Lire aussi: À quelles personnalités de voyage vous adressez-vous?). Le paysage est absent des choix possibles, directement du moins.

Choisir en fonction des paysages

Avec le projet ESCAPE, M. Goossen propose une plateforme Web qui recommande des destinations européennes selon les préférences sélectionnées par l’utilisateur en matière de paysage. Une version pour le territoire des Pays-Bas a d’abord été développée. Ces sites sont munis d’un système d’information géographique (SIG) qui permet d’identifier les types de territoire.

 

Bien qu’encore incomplète – version démo –, la plateforme européenne, permet déjà de bien saisir le concept. En trois étapes, l’utilisateur sélectionne des destinations qui correspondent à ses préférences de paysages. Voici comment se déroule le processus.

1. Il faut d’abord sélectionner les paysages recherchés parmi les 16 catégories, dont les plages et les dunes, les cours d’eau, les prairies, les glaciers et sommets enneigés, les villages. À l’aide d’une échelle de 1% à 100%, le visiteur indique dans quelle proportion il souhaite trouver ce type d’environnement à destination. Une échelle intouchée signifie qu’un tel paysage lui est indifférent. Dans chacun des cas, une photo est disponible.
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2. Ensuite, l’utilisateur doit indiquer ses préférences pour d’autres caractéristiques comme le relief recherché, le mois prévu du voyage et la température moyenne espérée. Il peut également préciser s’il souhaite être à proximité de la mer, d’une ville, d’un aéroport, d’un village ou, au contraire, s’il veut en être éloigné.

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3. Après avoir répondu à quelques questions pour les besoins de la recherche, une carte personnalisée de l’Europe mettant en évidence les lieux qui correspondent le mieux à la sélection de paysages apparaît. Les endroits qui enregistrent les résultats les plus élevés sont indiqués. Le visiteur peut cliquer sur ces destinations pour basculer vers Google Map et visualiser des photos et des vidéos. Pour bien comprendre le concept, rien ne vaut une visite sur le site (www.myplacetobe.eu).

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Des résultats concrets

La version néerlandaise qui a précédé Myplacetobe.eu compte sur un SIG plus détaillé; les résultats sont donc plus précis. Cette version a été utilisée par plus de 250 000 visiteurs et figurait dans le classement des 100 sites Internet au pays. Ce succès a permis de récolter un échantillon représentatif d’utilisateurs et d’approfondir la recherche. Voici quelques résultats à cet effet :

  • presque 30% des utilisateurs ont visité la destination recommandée, 11% pour la première fois;
  • environ 95% de ceux-ci ont été satisfaits des paysages qu’ils y ont découverts;
  • plus de la moitié de ces voyageurs ont réservé un lieu d’hébergement dans le secteur;
  • parmi ceux qui n’ont pas visité la destination recommandée, 20% ont cherché de l’information à son sujet.

Voilà une approche différente qui, bien qu’embryonnaire, permet d’aborder la destination sous un angle nouveau. Le paysage ne constitue-t-il pas l’une des ressources primaires du tourisme? On peut certainement le mettre en vitrine à titre d’inspiration au voyage.

 

Source:

– Goossen, Martin. «www.myplacetobe.eu: An innovative tool for understanding the dualistic relationship of landscape and tourism», Atlas annual conference 2011 – Landscape and Tourism: The dualistic Relationship, Valmiera, Lettonie, 21 septembre 2011.

 

Sites Internets:

Expedia

Myplacetobe.eu

TripAdvisor

Wanderfly

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Quand le paysage s’anime pour être raconté aux visiteurs

Lorsque les gens connaissent l’histoire qui se cache derrière le paysage, ils sont beaucoup plus susceptibles de vouloir le protéger, de partager les récits qui le concernent et de ressentir une fierté à son égard. Pour sensibiliser la population à la richesse de son milieu, un organisme de la Belgique met de l’avant une initiative inspirante d’analyse du paysage. Le succès de cette démarche réside surtout dans l’implication de la population locale. Les résidents se sont, d’une certaine façon, réapproprié leur région. Voilà une touche distinctive qui constitue un bel atout pour une destination touristique.

Ce projet a été présenté à l’occasion de la conférence annuelle Atlas 2011, en Lettonie, qui portait sur le paysage et sa relation avec le tourisme.

L’histoire

Sur la majorité du territoire de l’Europe occidentale, la nature, la culture et l’humain sont intimement reliés. Plusieurs actions humaines sont responsables des changements du paysage: les méthodes de culture de la terre, l’extraction de ressources naturelles, la déviation de cours d’eau, le patrimoine bâti, etc.

Dans la vallée de la rivière Démer, la majorité de la population locale, surtout les plus jeunes, ignorait l’histoire qui sous-tend le paysage actuel de la région. Les transformations apportées effacent habituellement les traces des utilisations passées, et les signes encore visibles de changement de vocation ne suscitent pas nécessairement d’intérêt. Pourtant, l’analyse des différentes époques d’un paysage permet de découvrir une partie de l’héritage culturel d’une région.

À partir de cette problématique, l’organisme belge Regionaal Landschap Noord-Hageland a mis en place une démarche d’analyse du paysage de cette région afin:

  • de colliger et conserver les informations sur l’utilisation du territoire au fil des décennies avant qu’elles ne soient perdues ou oubliées;
  • de faire prendre conscience aux résidents des transformations apportées par l’homme et des histoires qui y sont reliées;
  • de faire un exercice de remue-méninges avec les habitants de la région, pour mieux cerner l’identité du lieu;
  • de susciter une prise de conscience régionale, de faire voir le paysage comme un élément identitaire et comme un atout touristique;
  • d’amener la population locale à s’engager dans la transmission des connaissances relatives au paysage et dans l’évolution de la région en général.

La démarche

La démarche étant inspirée d’une initiative du Royaume-Uni (ABC Reading your locality), l’un des objectifs était de concevoir un petit dictionnaire reflétant l’identité de la vallée du Démer. Ce document devait s’adresser aux résidents de longue date comme aux nouveaux arrivants, aux touristes ainsi qu’aux guides-interprètes. Voici comment l’organisme a procédé pour recueillir l’information qui, soulignons-le, n’est pas toujours documentée.

  • Création d’un comité directeur, de groupes de travail et apport important du regroupement local pour l’histoire de la région.
  • Appel général auprès de la population pour identifier les éléments typiques du secteur.
  • Entrevues auprès d’aînés (25) concernant les utilisations du territoire de même que les activités et les habitudes des gens de la région dans le passé.
  • Création d’une liste de thèmes basée sur les témoignages historiques oraux, les archives, les anciennes photos, les connaissances géographiques, la botanique, l’histoire, bref sur l’ensemble des informations recueillies lors du processus.
  • Compilation d’affiches, de cartes postales, de photos et de brochures dépeignant la région au fil du temps.
  • Définition des termes retenus pour le montage du document «L’ABC de la vallée du Démer» (traduction libre du néerlandais: Het ABC van de Demervallei).

Ce processus a permis à la population de prendre conscience de l’évolution du paysage depuis les 100 dernières années. Autrefois un environnement de travail, où le paysage dévoilait l’exploitation de la terre par la culture et l’extraction des ressources naturelles, ce paysage rural n’a plus cette vocation. Aujourd’hui, c’est un lieu de contemplation de la nature, avec quelques cultures d’une moins grande ampleur qu’au début du 20e siècle. En effet, on y trouvait des tourbières et des champs de foin à vaches. On y a aussi fait l’extraction de fer et de grès – les bâtiments en témoignent –, deux composantes importantes de l’identité de la région. Les paysages ouverts, dégagés ont laissé la place à des scènes plus chargées avec des arbres et des arbustes, qui ont poussé à la suite de l’abandon de certaines de ces activités. Les gens s’adonnaient régulièrement à la baignade et à la pêche jusqu’à une certaine époque, mais la pollution des cours d’eau a mis fin à la pratique de ces loisirs dans la région.

 

La transmission des connaissances

Les résultats de cette démarche ont été intégrés au document «L’ABC de la vallée du Démer», publié seulement en néerlandais pour l’instant. Cet «alphabet» invite à l’analyse du paysage. Des formations et du matériel pour les guides naturalistes et touristiques ont aussi été développés. L’histoire écologique et l’utilisation du territoire font également partie des tours guidés culturels. Les résidents participent aux soirées causeries «ABC» pendant lesquelles on peut entendre des experts et des témoins parler des utilisations passées du territoire. Le public est ensuite invité à partager ses connaissances liées au thème de la soirée. Enfin, ce projet a permis de libérer les mémoires et de documenter le paysage.

 

Source:

– Wouters, Katty. «Reading landscapes – the example of a river valley alphabet in Flanders», Atlas annual conference 2011 – «Landscape and Tourism: The dualistic Relationship», Valmiera en Lettonie, 21 septembre 2011.

Site Web:

Regionaal Landschap Noord-Hageland

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Produits et activités Tendances

L’évolution du slow travel

À l’ère de la rapidité et de l’instantanéité, le slow travel s’impose comme un contre-balancier salutaire. Souvent caractérisé par des voyages de proximité, une faible empreinte écologique et une mise en valeur de l’expérience touristique comme telle, le slow travel suscite encore des débats quant à ses éléments de définition. Difficiles à cerner et à mesurer, les tendances sociétales actuelles consolident néanmoins sa raison d’être et sa croissance.

Le slow travel a vu le jour en 1999 et découle du mouvement slow, originaire d’Italie en 1986. Ce dernier est né en réaction au rythme de vie et de travail très rapides, à l’augmentation du niveau de stress et à la perception de devoir être en mode multitâche constamment.

En ce qui concerne le slow travel, il suppose de ralentir le rythme pour mieux apprécier toute l’expérience touristique, de prendre le temps de découvrir une destination plus en profondeur, de s’ouvrir à l’environnement local et de s’insérer dans une vie sociale. L’idée est aussi de réduire le nombre d’expériences pendant les vacances et de se concentrer sur la qualité de celles-ci. Diverses définitions prennent souvent en compte le mode de transport, mais excluent habituellement l’avion. Dans cette analyse, nous retiendrons un concept qui n’est pas défini par un mode de transport particulier ou encore par certaines destinations, mais plutôt par l’approche du touriste par rapport au voyage. (Lire aussi: La tendance «Slow» se propage!)

C’est en comparant le slow travel au tourisme traditionnel qu’on le définit le mieux.

Les principales motivations

Le choix de certains modes de transport

Que ce soit pour se rendre à une destination ou pour se déplacer dans les alentours, certains modes de transport témoignent de la volonté des voyageurs de prendre leur temps et leur permettent de découvrir davantage le territoire qu’ils traversent.

  • Le train est fortement associé au slow travel, principalement en raison de sa faible incidence écologique, du fait que c’est une façon généralement relaxante de voyager et il s’agit d’un moyen de transport plus lent que l’avion.
  • La navigation à voile ou à rame (les grandes croisières ne satisfont habituellement pas les critères du slow travel).
  • Le vélo, qu’il soit utilisé pour rayonner autour d’une destination ou encore pour parcourir une région en passant des nuitées à différents endroits.
  • La randonnée pédestre, dans le même esprit que celui du vélo.
  • L’autobus public est un mode de transport qui permet de relaxer, de rejoindre de petites municipalités et de côtoyer la population locale.

Expérimenter une destination dans son ensemble

Les activités auxquelles on se réfère souvent lorsque l’on pense au slow travel sont davantage de l’ordre de «faire» et de «vivre» que de «voir»:

  • résider dans un lieu d’hébergement disposant d’une cuisine et préparer des repas avec des aliments locaux;
  • visiter les marchés et les boutiques;
  • relaxer dans les cafés et les établissements servant des produits régionaux;
  • interagir avec la population;
  • se familiariser avec la langue, puis l’apprendre;
  • s’intégrer à la communauté en se restaurant aux endroits fréquentés par les résidents;
  • suivre le rythme de la vie locale, ne pas se fier seulement aux guides touristiques.

Le souci de l’environnement

Le slow travel est attirant pour ceux qui se préoccupent de leur empreinte écologique. Il ne s’agit cependant pas d’une motivation pour tous les touristes slow.

Des raisons budgétaires

Alors que la plupart des adeptes le font volontairement, certains y participent en raison de contraintes budgétaires. Quoiqu’il s’agisse d’un sujet peu documenté,on peut supposer que le slow travel est susceptible de coûter moins cher, ne serait-ce qu’en transport.

Les destinations à découvrir lentement

Plusieurs destinations orientent leur offre vers des expériences inspirées du slow travel.

Les Perles des Alpes (Alpine Pearls) consistent en un réseau de 24 destinations des Alpes européennes à travers l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche, la Suisse et la Slovénie. Ces communautés proposent des façons simples de passer un séjour de tourisme durable. Les déplacements se font sans voiture – on s’y rend généralement en train et ensuite on se déplace en vélo, en randonnée, à cheval, en autocar ou par d’autres modes en hiver. Les lieux participants s’engagent à respecter dix «promesses» comme la promotion de la culture alpine, ses traditions et sa cuisine.

Source: Alpine Pearls

Traversant Springer Mountain dans l’État de Georgie jusqu’au mont Katahdin dans le Maine, le Sentier des Appalaches (3500 kilomètres) se poursuit ensuite au Québec et au Nouveau-Brunswick pour rejoindre le cap Gaspé (1034 kilomètres). Paradis des randonneurs, le sentier promeut une expérience de slow travel et est associé à la campagne Leave no Trace, qui favorise de bonnes pratiques environnementales.

L’île Stradbroke dans le Queensland en Australie est devenue en 2006 la première slow island. Cette appellation lui permet de rejoindre les clientèles intéressées par la préservation de la nature et la rencontre des résidents.

Outre les destinations, mentionnons qu’il existe de nombreuses entreprises offrant des voyages sur un rythme lent, que ce soit des producteurs de services ou des grossistes. Soulignons également la prolifération et la popularité des guides de voyages qui suivent ce mouvement.

Les tendances sous-jacentes

Certaines tendances récentes favorisent le développement de produits répondant au slow travel.

  • Le vieillissement de la population. Les baby-boomers et les seniors voyageront pendant encore de nombreuses années. Expérimentés, ils rechercheront de nouvelles formules, plus personnalisées et riches sur le plan culturel. De plus, étant souvent à la retraite ou à la semi-retraite, ils disposent de plus de temps qu’auparavant et que les générations plus jeunes.
  • Le besoin de décrocher de la technologie.
  • La recherche d’expériences plus authentiques et du bien-être.
  • Le regain de popularité du tourisme domestique depuis la récession encourage les déplacements courts et les modes d’hébergement plus accessibles comme le camping.
  • Enfin, la croissance soutenue du slow travel depuis une plus longue période est principalement due à l’engouement pour le tourisme responsable auquel il est intimement lié.

Adopter la devise: lentement mais sûrement!

 

Sources:

– Mintel. «The Evolution of Slow Travel», Travel and Tourism Analyst, no 4, mars 2011.

– Heitmann, Sine, Peter Robertson et GhislainePovey. «Slow Food, slow Cities and Slow Tourism», tire du collectif. «Research Themes for Tourism», sous la direction de P. Robinson, S. Heitmann, P.U.C. Dieke, 2011, p. 114 à 127

 

Site Web:

Alpine Pearls

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tourisme durable

La valeur de la nuit étoilée

Voûte céleste, constellations, étoiles filantes, aurores boréales, mais aussi faune nocturne, jeux d’ombres et tranquillité: il s’agit de la nuit comme on prend rarement le temps de la vivre. Gravement menacée par la pollution lumineuse, quelques initiatives encourageantes tentent de préserver sa noirceur. Mais la nuit peut-elle aussi être un atout touristique? Et comment la mettre en valeur?

Une récente édition de la revue Espaces traite de différents aspects liés à la nuit noire.

La pollution lumineuse

Les causes de pollution lumineuse sont l’éclairage des villes, le suréclairage des sites industriels et des complexes sportifs et la multiplication des constructions éclairées en permanence hors des villes. Très à la mode depuis quelques années, l’illumination du patrimoine bâti suscite l’engouement de la population mais est, elle aussi, source de pollution lumineuse. L’éclairage du Viaduc de Millau, par exemple, empêche de voir les étoiles à des kilomètres à la ronde. L’éclairage urbain est souvent mal conçu et une grande partie du rayonnement est diffusé vers le ciel au lieu d’être dirigé vers le sol, en plus, d’être souvent trop mal dosé.

La sécurité a toujours été le premier motif de l’éclairage, mais ce dernier entraîne aujourd’hui la plus méconnue des sources de pollution créées par l’homme. Elle touche plus de 20% de la surface du globe et continue d’augmenter de 5% par an en moyenne.


Image satellite de la pollution lumineuse dans le monde.
Source: P. Cinzano, F. Falchi (University of Padova), C.D. Elvidge (NOAA National Geophysical Data Center, Boulder) © Royal Astronomical Society

Les conséquences de la pollution lumineuse sont multiples:

  • Esthétiques et astronomiques: impossibilité de voir le ciel bleu profond et les étoiles. Aujourd’hui, un humain sur cinq n’aperçoit plus la Voie lactée.
  • Écologiques: menaces pour l’écosystème, la faune et la flore et disparition d’espèces. L’éclairage artificiel constitue la seconde source de mortalité des papillons de nuit. En Amérique du Nord, des centaines de millions d’oiseaux migrateurs s’écrasent sur les immeubles illuminés chaque année.
  • Économiques: gaspillage d’énergie. Aux États-Unis, 22% de l’énergie produite est utilisée pour l’éclairage, dont 8% pour l’éclairage public extérieur. Au Québec, zone géographique réputée pour générer le plus de lumière par habitant au monde, les économies pouvant résulter d’une meilleure gestion de l’éclairage sont estimées à plus de 50 millions de dollars par an.
  • Sanitaires: perturbation du sommeil des hommes.

D’après des photos satellites, à l’hiver 1997, la ville de Québec générait autant de pollution lumineuse que Boston, et Montréal était autant éclairé que New York. Même si une part considérable de notre pollution lumineuse provient de la réflexion de la neige, le niveau d’éclairage utilisé par habitant est très élevé.

Actions pour limiter la pollution lumineuse

La préservation de zones de nuit noire n’en est qu’à ses débuts. L’International Dark-Sky Association (IDA) a établi des normes liées à diverses appellations et  le parc national du Mont-Mégantic est le premier détenteur du titre d’International Dark-Sky Reserve.

Quelques réserves de ciel étoilé existent aussi, dont la région entourant le mont Mégantic ainsi que cinq autres régions au Canada. Toutefois, il n’y a pas, pour le moment, de standards officiels pour l’établissement de ce label. De plus, certains observatoires astronomiques bénéficient d’une zone tampon où la pollution lumineuse est contrôlée sans que la désignation de réserve de ciel étoilé soit utilisée.

Mentionnons également qu’un processus de «mise en réserve» est amorcé pour le Pic du Midi, en France, et que l’Unesco étudie l’idée d’inscrire des «réserves de ciel étoilé» sur la Liste du patrimoine mondial.

Outre ces réserves, la protection passe aussi par les villes. Par exemple, Calgary a modifié sa façon de s’éclairer en créant le programme EnviroSmart, destiné entre autres à réduire l’intensité des lumières de rue. Ce programme a permis à la ville d’atténuer sa pollution lumineuse et en plus, d’économiser presque deux millions de dollars par année sur sa facture d’énergie.

Du tourisme la nuit

Le ciel peut s’avérer un atout touristique, et certaines destinations l’ont compris et l’ont mis en valeur.

L’ASTROLab, l’observatoire et le parc national du Mont-Mégantic unissent leurs efforts pour proposer une offre liée à l’observation des étoiles: des randonnées à pied, en ski ou en raquettes avec un interprète de l’astronomie, des soirées d’observation de la voûte céleste ou encore la visite guidée des observatoires, de l’ASTROLab, de la salle d’exposition ou encore visionnement d’un film haute définition. Mentionnons enfin le Festival d’astronomie populaire du Mont-Mégantic.

En 2009, l’organisme français Agir pour l’environnement a lancé l’opération le Jour de la nuit, qui a généré environ 400 manifestations publiques. Cette excellente réceptivité des communautés témoigne d’un intérêt important. L’évènement sera renouvelé en octobre 2010.

Le département français des Hautes-Alpes organise divers événements portant sur le thème de la nuit, qui vont de la randonnée sous les étoiles à l’astronomie, en passant par la découverte du patrimoine bâti à la seule lumière des lampions. Mentionnons également l’ascension du col de l’Izoard, une étape du Tour de France, à la pleine lune, et du ski alpin et du ski de fond nocturnes. La région bénéficie d’un ciel particulièrement pur et on y trouve d’ailleurs six observatoires, dont le célèbre Pic de Bure.

La Ferme des étoiles en Gascogne propose des soirées d’observation et des repas champêtres, un stage spécialisé en astrophotographie numérique, un week-end de découverte ou des stages d’observation d’une semaine. L’établissement a entrepris des négociations avec la municipalité afin que l’éclairage des rues soit conçu et implanté dans le but de minimiser son impact sur le ciel. Les activités de la Ferme des étoiles sont proposées par l’association À Ciel ouvert, qui organise également le festival d’astronomie de Fleurance et le festival Astro-Jeunes, entièrement consacré aux enfants. La préservation de la qualité du ciel a donc permis de développer une offre touristique originale dans cette région.

La nuit noire n’est pas un produit facile à commercialiser. D’abord, pour en profiter, il faut être éloigné des grands centres, donc des bassins de population. Les attraits liés à l’astronomie sont nécessairement excentrés. Le développement d’une activité touristique est possible, mais il s’adresse généralement à une petite niche de visiteurs. Cela dit, le terrain de jeu est pratiquement vierge et il y a place à l’innovation!

Sources:
– Bumat, Sylvain. «Nuits noires pour échappées belles – Découvrir les Hautes-Alpes la nuit», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Levy, Robert. «Sauve qui peut la nuit! Une approche philosophique de la nuit», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Ministère du Développement durable, Environnement et Parcs, Mddep.gouv.qc.ca, consulté le 22 juin 2010.
– Monflier, Bruno. «La Ferme des étoiles préserve la nuit gasconne», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Osadtchy, Clara. «Le Jour de la nuit, une idée… lumineuse», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Piednoël, Éric et Michael Leblanc. «Ciel… des étoiles! Le tourisme et les loisirs peuvent-ils sauver la nuit?», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Site Web de l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic, Astrolab-parc-national-mont-megantic.org, consulté le 22 juin 2010.

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Produits et activités Tourisme durable

Les parcs éoliens ont-ils une incidence sur le tourisme?

Comme bon nombre d’endroits, le Québec s’est doté d’un cadre stratégique en vue d’augmenter la production d’énergie à partir de sources renouvelables telles que le vent (1). La construction de parcs éoliens représente un défi à bien des égards. Dans le domaine du tourisme, elle a une incidence directe sur l’aspect visuel des paysages et sur l’industrie, étant donné les pertes économiques potentielles. Les détracteurs des parcs éoliens croient que l’implantation d’imposantes structures de métal donnera au paysage des régions rurales et naturelles une allure industrielle; ce qui est néfaste, selon des préférences des individus.

Les paysages sont une importante ressource touristique; il est donc peu probable que l’industrie du tourisme accorde un soutien sans équivoque aux parcs éoliens. C’est d’ailleurs pour cette raison que la lutte contre l’intégration de ces parcs près des attraits touristiques persiste, alors que les opinions à leur sujet continuent de diverger. Par exemple, certains s’opposent à l’éolienne érigée récemment sur Grouse Mountain, à Vancouver (2),  et d’autres, au projet de construction d’un parc éolien près du Mont-Saint-Michel, en France, même s’il est censé être placé à quelque 15 km de ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO (3).

Les éoliennes comme attraits touristiques?

Grâce à leur fonctionnalité en matière de production d’énergie propre, les éoliennes sont, pour certains, un symbole du développement durable; ce qui leur vaudra peut-être d’être reconnues comme éléments du patrimoine moderne. Les moulins sont les prédécesseurs des éoliennes, et ces derniers ont également fait l’objet de protestations lorsqu’ils sont apparus dans le paysage européen, vers le 12e siècle. Aujourd’hui, dans des pays comme la Hollande, les moulins font partie des images patrimoniales et, au Québec, bon nombre d’entre eux, comme ceux de L’Île-Perrot et de l’Isle-aux-Coudres, sont des attraits touristiques.

Cependant, les éoliennes ont elles-mêmes peu de chances de devenir des attraits touristiques majeurs, parce qu’elles font maintenant de plus en plus partie des paysages humanisés de nombreux pays. Dans certains cas, elles permettent de diversifier les attraits d’une destination, comme à Cap-Chat, dans la péninsule gaspésienne, où un centre d’interprétation possède la plus haute éolienne à axe vertical au monde. Ailleurs, d’autres centres d’interprétation du même genre offrent des visites guidées, et au Danemark, par exemple, il est possible d’aller en bateau voir le parc éolien en mer de Middelgrunden près de Copenhague. Les opinions et les comportements par rapport aux parcs éoliens changeront certainement au cours du temps, les gens s’y habituant peu à peu, mais il est peu probable qu’ils fassent l’unanimité un jour.

Préférences des touristes

Selon une analyse écossaise de plusieurs études sur l’incidence des parcs éoliens sur le tourisme, les effets néfastes globaux de ces derniers seraient limités (4). Toutefois, en général, les touristes préfèrent que les projets d’énergie éolienne soient situés loin des zones d’hébergement, des sites historiques, des sites et points de vue panoramiques et des lieux de beauté naturelle. La proportion des visiteurs qui s’opposent catégoriquement à ce que les éoliennes soient placées à proximité des attraits touristiques semble minoritaire, d’après certains rapports. Par exemple, en France, un sondage à l’échelle nationale a montré que 22 % des répondants pensaient que les éoliennes avaient des répercussions néfastes sur le tourisme, le reste des sondés y étant favorables ou indifférents (5). De même, selon un sondage mené dans la région du Languedoc-Roussillon, 16 % des visiteurs trouvaient que les éoliennes gâtaient le paysage (6). Dans une étude écossaise plus récente, on a pu constater que de 20 % à 30 % des touristes environ préféraient les paysages sans éoliennes, tandis que le reste des répondants y étaient surtout favorables ou indifférents (4). La perception des touristes a également été évaluée à l’intérieur d’une étude menée dans la région gaspésienne du Québec, où une bonne partie des visiteurs se sont exprimés en faveur des parcs éoliens (6). Quant à la création éventuelle de nouveaux parcs, cependant, 56,4 % d’entre eux préféraient une grande concentration d’éoliennes en peu d’endroits (plus de 12 éoliennes) à une petite quantité en multiples endroits (moins de 12 éoliennes), et 5,6 % des sondés ne voulaient pas d’éoliennes dans la région gaspésienne (7).

Conséquences économiques

Bien que les études de préférence obtiennent généralement des résultats semblables, très peu d’études quantitatives qui permettent d’établir un lien empirique entre les retombées économiques nettes pour le tourisme et les parcs éoliens ont été publiées jusqu’à maintenant (8). Plusieurs études évaluent les préférences éventuelles, en fonction de scénarios hypothétiques, pour connaître leur incidence probable sur le tourisme (9,10). Elles ont tendance à montrer que les visiteurs ne cesseraient pas de fréquenter un endroit si un parc éolien y était construit, comme l’ont indiqué 92 % des gens interrogés lors d’un sondage mené en Angleterre du Sud-ouest, par exemple (9).  Dans l’ensemble, rien ne laisse supposer que les parcs éoliens pourraient avoir des conséquences économiques néfastes sur le tourisme.

Un rapport écossais a évalué les retombées économiques nettes de la construction d’un parc éolien en calculant l’effet combiné des changements en matière de tourisme résultant d’une telle construction, de leur incidence sur les revenus et du désir des clients de payer pour une «chambre avec vue» dans les établissements concernés. L’étude a porté sur quatre régions de l’Écosse, qui comptent pour près de 12 % de l’activité touristique, et a permis de constater qu’un total de 81 % à 98 % des touristes visitant ces régions seraient touchés (4). Elle a également évalué la proportion d’établissements d’hébergement de ces régions sur lesquels l’intégration de parcs éoliens aurait des conséquences : elle se chiffrait entre 9,83 % et 32,40 %. Parmi les touristes sondés lors de cette étude, 63 % ont dit préférer une vue sans éoliennes à partir de leur chambre d’hôtel, tandis que 28 % y étaient indifférents et 9 % y étaient favorables. Les auteurs laissent entendre que les perceptions des visiteurs par rapport aux parcs éoliens varient en fonction de l’endroit où ils se trouvent. Ainsi, les opinions sur les éoliennes changent selon qu’on les aperçoit, l’espace de quelques secondes, le long de la route ou qu’on les voit plus longtemps, sans bouger, à partir de sa chambre d’hôtel. Pour les établissements dont les vues sont compromises, l’étude a conclu à une réduction de fréquentation de 4,9 % à 16,20 % et évalue la diminution nette de leurs revenus entre 0,48 % et 1,59 % respectivement. Enfin, l’étude a établi que la construction d’un parc éolien pourrait se traduire par une perte de 2,5 % en raison du fait que moins de touristes reviendraient visiter la région (4).

Conclusion

Dans la plupart des endroits, comme au Québec, un vaste ensemble de lois et d’outils de planification permettent de limiter le plus possible les répercussions sociales et environnementales des parcs éoliens (11). En plus des conséquences visuelles qui en découlent, l’implantation de parcs éoliens continue de faire l’objet d’opposition pour différents motifs liés à la planification, à la gestion, à la maîtrise opérationnelle et à la redistribution équitable des bénéfices (12). Les quelques études dont il a été question ici permettent de constater que, bien que la majorité des touristes semblent favorables aux parcs éoliens, en y regardant de plus près, leurs préférences vont aux endroits visités et aux établissements fréquentés. Dans ce contexte, il serait intéressant d’évaluer de façon indépendante les effets des parcs éoliens sur le tourisme au Québec, à l’échelle locale et régionale.

Sources:

(1) Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (2006). L’énergie pour construire le Québec de demain. La Stratégie énergétique du Québec 2006-2015. Gouvernement du Québec. Québec. 138 p.

(2) Coulbourn, J. (2009). «Wind turbine power project installed atop Grouse
Mountain». The Province. 25 septembre. [http://www.theprovince.com/story_print.html?id=2035719&sponsor=] (page consultée le 10 octobre 2009).

(3) Nouvelobs (2009). «Manifestation anti-éolien au Mont-Saint-Michel». 26 septembre. [http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/sciences/20090926.SCI7308] (page consultée le 10 octobre 2009).

(4) Riddington, G., McArthur, D., Harrison, A., Gibson, H. (2008). The economic impacts of wind farms on Scottish tourism. A report for the Scottish Government.
[www.scotland.gov.uk/Resource/Doc/214910/0057316.pdf] (page consultée le 16 octobre 2009).

(5) Synovate (2003). Perception et représentation de l’énergie éolienne en France. Ademe. 18 p.

(6) Institut CSA (2003). Impact potentiel des éoliennes sur le tourisme en Languedoc-Roussillon, France. Synthèse de sondage. 5 p.

(7) Richard Guay Consultants (2004). Étude de marketing auprès des touristes de la Gaspésie afin de connaître leurs attitudes face à l’installation d’éoliennes. Un rapport présenté à TechnoCentre Éolien Gaspésie-les-Îles. Québec. 37 p.

(8) Riddington, G., McArthur, D., Harrison, A., Gibson, H. (2009). «Assessing the Economic Impacts of Wind Farms on Tourism in Scotland: GIS, Surveys and Policy Outcomes». International Journal of Tourism Research. Publié en ligne dans Wiley Interscience DOI: 10.1002/jtr.750 [http://www3.interscience.wiley.com/journal/122609399/abstract?CRETRY=1&SRETRY=0].

(9) VisitBritain (2006). Foresight. Issue 33. July. Strategy and Communications Division.

(10) Mori Scotland (2002). Tourist Attitudes towards wind farms. A research study conducted for the Scottish Renewables Forum and the British Wind Energy Association. Final Report. Edinburgh. 24 p.

(11) Ministère des Affaires municipales et des Régions (2007). Guide d’intégration des éoliennes au territoire: vers de nouveaux paysages. Gouvernement du Québec. Québec. 38 p.

(12) Saucier, C., Côté, G., Fortin, M.-J., Jean, B., Lafontaine, D., Feurtey, É., Guillemette, M., Méthot, J.-F., et Wilson, J. (2009). Développement territorial et filière éolienne. Des installations éoliennes socialement acceptables: élaboration d’un modèle d’évaluation de projets dans une perspective de développement territorial durable. Université du Québec à Rimouski. 227 p.

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Tourisme durable

Quand l’architecture donne une âme à un lieu (Compte rendu de conférence)

Contrer l’effet de mode, s’inspirer d’un lieu, ancrer un bâtiment dans son milieu, donner une âme à un projet constituent l’essentiel d’une architecture «durable». Heinz Julen, artiste et spécialiste de l’architecture alpine, est venu nous faire rêver en exprimant sa vision artistique de l’architecture hôtelière l’espace d’une conférence au Symposium international sur le développement durable du tourisme. De son côté, Renée Daoust, architecte et associée chez Daoust Lestage inc., nous a présenté des exemples probants de vision et de projets porteurs dans un esprit de développement durable.

Imaginez… une montagne, un hôtel et la notion de spiritualité…

Inspirant n’est-ce pas? Ces composantes émanent d’un projet que Heinz Julen a dans ses cartons. Originaire de Zermatt en Suisse, c’est dans son atelier à flanc de montagne qu’il met son génie artistique à l’élaboration de réalisations singulières qui ne laissent personne indifférent. Les lieux peu développés, les grands espaces, les montagnes l’inspirent particulièrement.

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Cet artiste ne voit pas un hôtel comme étant un service complémentaire. Un lieu possède une âme, un milieu naturel, un patrimoine culturel et architectural qu’il importe de respecter. C’est dans cet esprit que ce lieu devient pour lui une source d’inspiration pour développer un projet hôtelier qui s’intègre à l’environnement et contribue à l’héritage patrimonial de la destination.

À travers une réalisation, il faut savoir susciter le rêve.

Les pièges de la mondialisation

Pour Renée Daoust, le développement du milieu bâti sert de levier pour le tourisme. Il existe des bâtiments iconographiques  qui traversent le temps, qui témoignent de la culture de l’époque et de l’innovation technologique. Nous n’avons qu’à penser aux grandes pyramides d’Égypte, plutôt révolutionnaires pour cette période, ou à la tour Eiffel.

Toutefois, les tendances en architecture constituent un piège de la mondialisation. Elles donnent parfois lieu à une architecture éphémère, jetable, qui traverse mal le temps. L’architecture ou plutôt la «starchitecture» devient spectacle, sans référence identitaire, mal intégrée à son milieu. Beaucoup de destinations ont tendance à vouloir reproduire le syndrome Bilbao, faisant abstraction du contexte d’implantation de ce projet.

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Des projets porteurs

Le 400e anniversaire de la ville de Québec a été l’occasion de saluer le génie du lieu, l’architecture et le design urbain identitaire en créant la promenade Samuel-De Champlain et le quai des Cageux. Sur cette promenade, quatre jardins thématiques – le Quai-des-Brumes, le Quai-des-Flots, le Quai-des-Hommes et le Quai-des-Vents – témoignent de l’importance du leg permanent en ce qui a trait à l’espace urbain et au patrimoine bâti.

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Après la période sombre du SRAS, il a fallu moins de six ans pour que la renaissance culturelle de Toronto fasse renouer cette ville avec la croissance. Grâce à une vision coordonnée, les efforts de redressement  déployés ont porté tant sur la culture événementielle que sur la culture permanente. Du spectacle des Rolling Stones au Luminato Festival, le savoir-faire local pour la conception de trois grands bâtiments (Four Seasons Centre for the Performing Arts, Canada’s National Ballet School, Young Centre for the Performing Arts) couplée à la synergie de l’expertise internationale (Royal Ontario Museum, Sharp Centre for Design, Ontario College of Art & Design, Leslie L. Dan Pharmacy Building, University of Toronto), on peut affirmer que Toronto s’est rapidement  taillé une place au sein des destinations culturelles.

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Les Jeux olympiques de Beijing 2008 constituent un exemple remarquable de réussite. Une vision partagée, un financement approprié, la compréhension d’une culture millénaire, l’érection d’un bâtiment iconographique ont fait de cet événement un succès et un haut lieu du tourisme chinois.

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Réussir un projet architectural durable

Vision, qualité, pérennité, identité et investissement dans le savoir-faire local résument les éléments importants de l’architecture durable.

Le fondement d’un projet viable est constitué d’une vision coordonnée, claire et cohérente, partagée par l’ensemble des partenaires financiers, politiques, culturels et sociaux. Pour en susciter l’adhésion, il faut savoir célébrer l’événement, définir des projets mobilisateurs, réaliser des interventions significatives en matière d’espace urbain et de patrimoine bâti, reconnaître la culture permanente et l’arrimer à la culture événementielle.

Un projet peut être durable si l’on investit dans la qualité avec un objectif de pérennité et s’il bénéficie d’un cadre budgétaire approprié.

Favoriser l’émergence de la culture identitaire afin de confirmer la spécificité du lieu, favoriser aussi le développement de l’expertise et des créateurs locaux, créer une relation synergique et équilibrée entre les concepteurs locaux et internationaux sont autant de mesures pour assurer un développement durable.

L’architecture occupe une place importante dans la culture et, à ce titre, il faut reconnaître les créateurs.

Un mot sur l’architecture en milieu rural

L’architecture n’est pas liée qu’aux grandes villes. En région, il faut harmoniser l’intégration d’un bâtiment au paysage. Pourquoi un centre commercial devrait-il avoir un stationnement à l’avant alors que cette immense surface asphaltée n’a rien d’esthétique? Trop souvent, les commerces à grande surface, les chaînes et les multinationales défigurent l’entrée des villes et villages au Québec et laissent une piètre impression au visiteur.

Sources:
– Daoust, Renée et Heinz Julen. Atelier: Stratégies d’implantation pour les entreprises – Initiatives responsables du tourisme patrimonial et culturel bâti, Symposium international sur le développement durable du tourisme, Québec, 18 mars 2009.