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Oui, je le veux! Tendances dans le marché des lunes de miel

Il s’agit souvent du voyage le plus important d’une vie. Pas nécessaire d’en dire plus pour comprendre que les amoureux souhaitent vivre une expérience mémorable. Les lunes de miel ont cependant évolué depuis quelques années et s’adaptent au profil des nouveaux mariés: la génération Y. Leurs intérêts sont plus diversifiés que jamais, mais certaines tendances ressortent: aventure, exotisme, variété, romantisme.

Quelques statistiques sur les mariages et les lunes de miel

On le sait, depuis plusieurs années, de plus en plus de Canadiens – les jeunes surtout, mais non exclusivement – délaissent le mariage au profit d’un autre type d’union. Selon Statistique Canada, le pourcentage des familles constituées d’un couple marié par rapport à l’ensemble des familles recensées a chuté à un niveau record de 68,6 % au Canada et à 54,5% au Québec en 2007.

Cela dit, 21 900 mariages ont été célébrés au Québec en 2006 et 149 792 au Canada, soit des taux de nuptialité respectifs de 2,8 et de 4,7 mariages par 1000 habitants. Chez nos voisins du Sud, plus conservateurs, une moyenne de 2,4 millions de couples unissent leur destinée chaque année. En fait, 88% des Américains se marient au moins une fois dans leur vie.

Selon un sondage du magazine Mariages Québec, 62% des mariages ont lieu durant l’été et 60% comportent une cérémonie religieuse. Parmi les nouveaux mariés qui planifient une lune de miel, 74% iront ailleurs qu’au Canada.

Voici quelques statistiques concernant les mariages et les voyages de noces aux États-Unis:

  • Parmi les couples qui se marient traditionnellement, 99% partent en lune de miel.
  • Ils dépensent en moyenne 3700 $ par couple pour le voyage de noces, soit trois fois plus que la moyenne des dépenses en voyage de la population américaine.Les budgets varient: 20% disposeraient de 500$ par personne, comprenant l’avion et l’hôtel, mais 30% iraient jusqu’à 3000$ par personne.
  • La durée moyenne de séjour est de huit jours et 85% n’excèdent pas deux semaines.
  • 37% des Américains font des voyages dans leur pays, alors que 63% en sortent.
  • Les mariages et les lunes de miel se font à toutes les périodes de l’année, quoique l’été soit la plus populaire (par ordre d’importance: juin, août, mai, juillet et septembre).
  • Seulement un homme sur trois aide sa future épouse à organiser le voyage.

La génération Y est en âge de se marier

L’âge moyen des fiancés au Québec est de 29 ans, ce qui correspond à ceux du reste du Canada et des États-Unis. Les individus de la génération Y, nés entre 1978 et 1989, atteignent maintenant cet âge et apportent leurs valeurs à la tradition. Ils sont prêts pour des expériences différentes et désirent aller plus loin, tant en ce qui concerne la destination que les activités. Ces couples qui recherchent de façons inédites de célébrer leur union créent de nouvelles tendances pour l’industrie des voyages de noces. En voici quelques-unes.

Voyages d’aventure pour commencer la grande aventure

L’arrivée massive de la génération Y parmi les nouveaux mariés amène un souffle d’aventure. Ce type de voyage prend petit à petit le dessus sur les autres. Les amoureux recherchent une expérience unique, où ils seront actifs et où ils pratiqueront des activités d’aventure et de plein air. De l’insolite, de l’authentique, des émotions fortes, les amants sont de plus en plus audacieux. Certains seront attirés par des expériences extrêmes, allant du safari en Alaska au kayak de mer au Mexique, mais la plupart préféreront l’aventure douce et les écolodges (où ils auront un toit au-dessus de leur tête et une douche chaude à la fin de la journée). Pour comprendre l’intérêt envers les voyages d’aventure, il suffit de jeter un coup d’œil aux destinations de lune de miel proposées par diverses agences: Pérou, Tanzanie, Madagascar, Mexique, Kenya, Costa Rica, Indonésie, Thaïlande, Malaisie ou Afrique du Sud.

Les forfaits «voyage de noces» de l’agence réceptive Authentik Canada reflètent aussi cette tendance avec ses nombreuses activités de plein air et d’aventure. Et saviez-vous qu’Air Inuit offre une réduction aux jeunes mariés?

Se dire oui les pieds dans le sable

Se marier en voyage – et ainsi combiner la lune de miel – est une pratique de plus en plus répandue. Plusieurs resorts l’ont bien compris et ces voyages représentent une grande part de leur clientèle estivale. Les avantages sont nombreux, en commençant par le fait que les resorts organisent entièrement la cérémonie.

Aux États-Unis, 16% des mariages se font à l’occasion d’un voyage (une augmentation de 400% en 10 ans). Souvent, cela convient bien pour un deuxième mariage où les époux ne souhaitent pas organiser une cérémonie à grand déploiement. La principale destination est le Sud et ses plages, mais les croisières gagnent de plus en plus en popularité (10% des nouveaux mariés).

Urbanité et culture

L’âge moyen des mariés aux États-Unis étant de 29 ans (tout comme au Canada), cela signifie que de plus en plus d’individus se marient plus tard qu’il y a quelques années. Il en résulte une tendance à délaisser légèrement les traditionnelles destinations du Sud au profit de certaines grandes villes qui offrent le cadre romantique recherché, les restaurants haut de gamme et la vie culturelle. À chacun son style: Las Vegas est très populaire, d’autres choisissent Orlando et Disneyland ou encore New York. L’Europe rejoint ceux que la culture et la découverte des Vieux-Pays intéressent, Paris, Rome ou Londres étant des classiques. La force de l’Euro par rapport à plusieurs devises amène aussi à lorgner du côté de l’Europe de l’Est, vers des pays qui ne font pas partie de l’Union européenne. Nos grandes villes québécoises s’insèrent parfaitement dans cette tendance, Montréal et Québec ayant toutes deux leur charme particulier; la dernière a d’ailleurs dédié une campagne publicitaire aux mariages et aux voyages de noces «Oui, je le veux».

Inégalables plages du Sud

Les forfaits tout inclus de la Caraïbe et du Mexique occupent une place très importante depuis plusieurs années déjà et ces endroits demeurent les principales destinations des tourtereaux. La clientèle des voyages de noces compte pour environ 25% de l’achalandage des Superclubs pendant l’été. La chaîne de tout inclus Sandals se spécialise dans les voyages en couple. Les enfants ne sont d’ailleurs pas admis (leur filiale voisine, Beaches, s’adresse spécifiquement aux familles). Pour fidéliser leur précieuse clientèle, ils ont par ailleurs développé une offre spéciale où les couples s’étant mariés dans un de leurs établissements peuvent ensuite bénéficier d’une nuit gratuite à chaque anniversaire de mariage dans un resort de leur réseau, et recréer ainsi la magie de leur lune de miel.

Une lune de miel canadienne?

Pour les Américains, le Canada représente une destination facile d’accès avec une offre variée, dont la romantique ville de Québec, les centres de villégiature situés dans des cadres enchanteurs, sans oublier les auberges de charme. Par exemple L’Auberge Ripplecove & Spa dans les Cantons-de-l’Est fait partie, selon le Hideaways International & Hideaways Aficionado Club, des sept escapades les plus sexy et romantiques au monde. La capitale canadienne des lunes de miel, Niagara Falls, jouit d’une tradition plus que centenaire et attire encore 50 000 nouveaux mariés chaque année.

Enfin, si vous visez ce marché, ne vous cantonnez pas uniquement aux lunes de miel, mais pensez aussi aux voyages pour célébrer les anniversaires de mariages, les fiançailles ou tout autre événement marquant de la vie amoureuse d’un couple.

Sources:

– Beslow Sardone, Susan. «Facts and Statistics about Engagement, Wedding and Honeymoon Events», About.com, 10 octobre 2006.
– Beslow Sardone, Susan. «Top Honeymoon Travel Trends», About.com, 2007.
– Désiront, André. «Quand l’industrie du voyage de noces se marie à celle du voyage», 7 juin 2004.
– Hotel News Resource. «Survey – Honeymoon Trends, Travelocity and Modern Bride Magazine», 3 août 2006.
– Fairchild Bridal Group. «Fairchild Bridal Infobank American Wedding Study», 2002.
– Filliatre, Pascale. «Des lunes de miel tout autour de la terre», L’Échotouristique, 18 janvier 2008.
– Lochhead, Clarence et Robert Glossop. «L’état de nos unions», L’Institut Vanier de la famille, 13 septembre 2007.
– Niagara Falls Tourism. «Fairchild Niagara Falls, Canada Continues to Earn Moniker ‘Honeymoon Capital of the World’ After Over 200 Years», communiqué de presse, 24 septembre 2007.
– Statistique Canada. «Mariage, par province et territoire», 19 décembre 2007.
– Statistique Canada. «Pleins feux sur les mariages», 29 janvier 2007.

Sur le Web:
– www.quebecregion.com
– www.airinuit.com
– www.authentikcanada.com

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Le plein air et le luxe font bon ménage!

Le tourisme de plein air et d’aventure n’est plus synonyme d’inconfort et de vie à la dure, au contraire. Les touristes ont le goût du luxe, les amateurs de plein air aussi. Et les gens s’intéressent davantage au plein air s’il peut se pratiquer dans le confort. De plus en plus de voyageurs recherchent des expériences riches en aventure et en authenticité, mais aussi un service cinq étoiles. Du moins, on assiste à l’émergence de nombreux produits les combinant. À cet effet, les grands espaces québécois représentent une ressource pleine de potentiel!

L’attitude face aux produits de luxe a changé. En cette ère où l’on souhaite vivre des «expériences», les voyages de luxe s’inscrivent tout à fait dans ce mode de pensée; surtout lorsque luxe signifie exclusivité, service exceptionnel et confort. Aussi les notions d’exotisme, d’authenticité et la participation à des activités hors du commun se greffent-elles à celle du luxe.

 

Croissance du tourisme de luxe

Le marché des voyages de luxe enregistre actuellement une croissance importante. On l’observe, notamment, par la hausse des taux d’occupation des hôtels haut de gamme et des resorts et par la demande accrue pour les croisières. Selon le Print Measurement Bureau (PMB), 1,5 million de Canadiens choisissent de l’hébergement de luxe en vacances. Autrefois réservé à l’élite, le «luxe» semble maintenant plus accessible. (Lire aussi: La nouvelle image de la clientèle de luxe.) Deux grands facteurs expliquent ce phénomène: la population fortunée est en croissance et la notion de luxe a pris de l’expansion. Aussi, non seulement les gens riches sont-ils de plus en plus nombreux, mais le luxe ne leur est plus exclusif. Enfin, certains niveaux de luxe sont maintenant davantage accessibles à la population.

Qui sont ces voyageurs?

Comme le souligne une récente étude du Travel & Tourism Analyst, il n’y a pas de portrait type de l’adepte des voyages de luxe puisqu’il s’agit d’un marché très éclaté. Cette étude identifie tout de même sept grands segments de marché:

  • Jeunes professionnels (25-35 ans): ils n’ont pas encore d’enfants, ils ont un bon revenu discrétionnaire et ont le goût de voyager.
  • Empty nesters (50-64 ans): c’est la principale clientèle des voyages de luxe. Souvent libérés des obligations financières, n’ayant plus d’enfant à charge, ils ont toujours un salaire et donc un revenu discrétionnaire élevé. De plus, ils sont encore assez jeunes pour voyager beaucoup.
  • Retraités (65 ans et plus): ils ont du temps, les plus jeunes de cette catégorie souhaitent en profiter et voyager.
  • Familles: les voyages de luxe en famille sont très tendance. Les couples recherchent des destinations qui vont plaire aux enfants, mais ne veulent pas compromettre la qualité de leur expérience.
  • Voyageurs pour occasion spéciale: ils sont prêts à payer pour souligner un événement: mariage, anniversaire, lune de miel, etc.
  • Aspirational travellers: ils ne sont pas riches, mais économisent et s’offrent des vacances cinq étoiles.
  • Riches: segment typique des voyages de luxe. En 2005, on estimait la population mondiale de millionnaires (en USD) à 8,7 millions. Selon le World Wealth Report de 2006, le continent de l’Amérique du Nord compte le plus grand nombre de riches au monde.

Les tendances

Voici quelques tendances qui orientent le marché des voyages de luxe.

  • des séjours plus courts, plus fréquents
  • les voyages avec les enfants
  • l’Asie, une destination de luxe en demande
  • les établissements verts ont la cote
  • de plus en plus de voyages de groupes (amis, collègues, groupes de femmes professionnelles)
  • le goût de l’authenticité et, surtout, de vivre une «expérience»
  • l’aventure comme motif premier du voyage de luxe

L’aventure de luxe

Les activités de plein air et d’aventure s’insèrent extrêmement bien dans le concept de l’expérience. Sensations fortes, activités inhabituelles dans un décor authentique, communion avec la nature et… haute gastronomie, lieux exclusifs, confort inégalé, services personnalisés et de haute qualité, qui dit mieux? Le plein air de luxe est plutôt séduisant! Voici quelques exemples de concepts inspirants.

 

Gastronomie et plein air

Picnics on the Piste, Alpes

Initiative fort originale, l’entreprise Picnics on the Piste permet aux skieurs de se faire livrer un pique-nique en pleine montagne. Desservant plusieurs stations de ski des Alpes, la petite entreprise offre divers menus, de simples (soupe, baguettes, viandes froides et fromage) à plus élaborés (foie gras, charcuteries, champagne) avec serveur. Elle livre le repas, réalisé avec des produits locaux de qualité, à l’endroit et à l’heure désirés. http://www.picnicsonthepiste.com/

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Les sentiers gastronomes, Québec

Dans le même esprit que Picnics on the Piste, mais au Québec cette fois-ci, le chef François Paré, mordu de plein air, s’engage à cuisiner là où on le lui demande. Dans une cabane en pleine forêt, sur l’eau, au bord de la plage, au sommet d’une montagne, il «traîne» ses spécialités du terroir québécois et ses menus gourmands. Le concept est audacieux! http://lessentiersgastronomes.com/

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Centre de villégiature et camping de luxe

Dunton Hot Springs, Colorado (États-Unis)

Dans les Rocheuses du Colorado, une ville minière du 19e siècle a été récupérée et les bâtiments restaurés. Situé sur une source d’eaux thermales, le luxueux resort regroupe 18 bâtiments, dont 12 cabines et 6 chalets à usage commun (bain thermal, salle de yoga, bibliothèque, salon, bar… etc.). Il accueille, entre autres, les adeptes de l’équitation, les skieurs de randonnée, les héliskieurs, les randonneurs, les pêcheurs et les amateurs de spa et de sources thermales. http://www.duntonhotsprings.com/

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Clayoquot Wilderness Resorts, Colombie-Britannique (Canada)

Le Clayoquot Wilderness Resort à Tofino, en Colombie-Britannique, est un lieu de «glamping»… ou si vous voulez, de glamorous camping! Localisé dans la forêt humide de la côte ouest de l’île de Vancouver, site unique au monde, ce resort écotouristique ultra luxueux fait dans l’aventure douce. (Lire aussi: Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?) On y dort sous la tente… richement meublée. La salle à manger, également sous la tente, est tout aussi luxueuse. Fine gastronomie, produits locaux et bonnes bouteilles sont au menu. http://www.wildretreat.com/

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Whitepod, Suisse

Whitepod est un camp écologique de luxe situé à 1400 mètres d’altitude dans les Alpes suisses. Il est composé d’un chalet principal et de neufs pods (tentes en forme de dôme). On y accède en skis ou en raquettes. Récipiendaire d’un Responsible Tourism Award en 2005, le concept allie tradition et technologie. Chaque pod est équipé d’un lit, chauffé au poêle à bois et isolé avec des matériaux performants. Le domaine offre du ski de jour comme de nuit, sur des pistes privées. http://www.whitepod.com/

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Le Québec compte déjà plusieurs centres de villégiature haut de gamme implantés dans des milieux naturels de grande qualité. Pensons notamment à l’Auberge du lac Taureau dans Lanaudière, à l’Hôtel Sacacomie et à l’Auberge du Lac-à-l’Eau-Claire en Mauricie, à l’Auberge de montagne des Chics-Chocs (Sépaq) en Gaspésie, au Fairmont Kenauk au Château Montebello en Outaouais ou encore au village Windigo dans les Hautes-Laurentides. Dans Charlevoix, le projet de développement du territoire Le Massif implique, entre autres, des infrastructures spectaculaires, dont l’hébergement intégré au milieu naturel ainsi que des composantes originales et distinctives, donc luxueuses en termes de qualité, d’authenticité et d’expérience globale.

Des projets novateurs et écologiques, offrant des expériences uniques, de l’aventure dans un milieu naturel remarquable et un service de haute qualité, constituent aujourd’hui des éléments très prisés par le tourisme de luxe. Et ce type de pratique du plein air semble séduire une clientèle grandissante. Le territoire québécois regorge de sites naturels magnifiques; l’industrie touristique saura-t-elle tirer profit de cette tendance?

Lire aussi:
– La nouvelle image de la clientèle de luxe
– Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?

Sources:
– Capgemeni & Merrill Lynch. «World Wealth Report 2006», [www.us.capgemini.com/worldwealthreport06/]
– Dolores, Colo. «Dunton Hot Springs», Fortune, 29 octobre 2007.
– Karlinsky, Neal. «Glamourous Camping: Where Wild Meets Refined», ABC News, 19 juin 2007.
– Print Measurement Bureau 2007.
– Travel & Tourism Analyst. «Luxury Travel», Mintel, no 12, juillet 2007.

Sites Internet:
Auberge de montagne des Chics-Chocs
Auberge du Lac-à-l’Eau-Claire
Auberge du lac Taureau
Clayoquot Wilderness Resorts
Dunton Hot Springs
Hôtel Sacacomie
Fairmont Kenauk au Château Montebello
Le Massif
Les sentiers gastronomes
Picnics on the Piste
Whitepod
Windigo

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Produits et activités

Portrait du secteur de l’écotourisme au Québec en 2007

Le secteur de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air demeure important pour le Québec. Son avenir s’avère plutôt positif, malgré les nombreux défis qu’il doit relever. Le Québec doit maintenant consolider sa position pour faire face à la forte concurrence internationale. Cette analyse présente quelques enjeux et tendances qui sont ressortis au dernier congrès de l’association Aventure Écotourisme Québec (AÉQ).

Le secteur de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air, formé de petites et moyennes entreprises, est encore en émergence au Québec. Toutefois, le nombre d’emplois générés annuellement, soit 11 400, démontre une croissance graduelle du secteur. L’association Aventure Écotourisme Québec, spécialisée dans le secteur, favorise son expansion. Née en 1990, elle compte aujourd’hui 135 membres, comparativement à 60 en 2000. Les produits écotouristiques représentent 10% des entreprises membres qui offrent principalement des activités guidées ou autoguidées; alors que 90 % des entreprises fournissent des produits de tourisme d’aventure qui se composent d’expériences touchant de près ou de loin les critères de l’écotourisme (interprétation, bonnes pratiques environnementales, séjour en nature, observation, éducation, etc.).

Rentabilité

Il y a au Québec un manque flagrant de réglementation qui affecte la rentabilité des entreprises. Comme elles ne sont pas obligées d’appartenir à une association, l’enjeu concernant la maximisation de leur rentabilité demeure considérable. En effet, celles qui ne sont pas membres de l’AÉQ sont libres de respecter ou non les 55 normes émises dans le cahier d’accréditation de l’association et de se munir de brevets ou de dispenser des cours de premiers soins à leurs intervenants. Il en résulte donc un fort déséquilibre tant de l’offre touristique que des tarifs établis, car les dépenses moindres engagées par les non-membres leur permettent d’offrir des produits à meilleur prix.

Qualité

Comme toutes les entreprises ne sont pas encore accréditées, il n’existe aucun consensus dans le secteur qui leur permette d’œuvrer dans la même direction et d’agir en concertation selon des normes précises, même si la démarche Qualité Tourisme a été développée en 2005 pour ce secteur d’activité. Grâce à cette démarche, les entreprises pourraient améliorer leurs services et leur rentabilité, accroître la compétitivité de l’industrie au Québec, améliorer leur système de gestion, mieux répondre à leur clientèle et se munir d’outils de commercialisation efficaces. La démarche Qualité Tourisme propose ainsi aux gestionnaires de travailler à partir de règles communes et selon des indicateurs fiables; un processus à surveiller pour résoudre l’inégalité entre les entreprises.

Sécurité

Les risques reliés à une activité écotouristique demeurent davantage présents chez les non-membres. La réalité actuelle représente donc une situation d’iniquité entre les entreprises qui disposent de guides expérimentés et formés et celles qui n’en ont pas. L’avenir de ce secteur touristique repose surtout sur une attestation sécuritaire et sur la reconnaissance légale des entreprises et du métier de guide.

Accès aux ressources naturelles

Le milieu naturel est la base du secteur. Bien que l’accès aux ressources naturelles soit garanti et indispensable, l’industrie touristique québécoise se bat constamment contre de puissants facteurs qui influencent directement la survie des entreprises: l’eutrophisation* des lacs, la déforestation, le développement hydroélectrique, le réchauffement de la planète. Il faudrait aussi souligner que le secteur de l’écotourisme demeure exemplaire en matière de tourisme durable au Québec, puisque le Programme Sans Trace continue d’être implanté systématiquement dans plusieurs milieux naturels afin d’améliorer les bonnes pratiques environnementales.

Du côté de la formation de l’industrie, le Québec semble être le leader canadien, puisque 78% des formateurs (35/45), ou maîtres instructeurs, se concentrent dans la province où ils apprennent les bonnes pratiques environnementales.

Tendances du marché

Le marché du secteur de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air est très peu segmenté et diversifié au Québec. Les clientèles cibles recherchent souvent une plus-value à leur expérience touristique en nature. Par exemple, le luxe est maintenant un facteur déterminant dans la sélection d’une activité. Le client souhaite se munir d’un excellent kayak, être seul dans son traîneau à chiens, bénéficier d’un encadrement serré, vivre des expériences exotiques en régions ou observer la faune typiquement québécoise. Il désire également séjourner dans des refuges et des gîtes de plus en plus luxueux, sans oublier les hôtels champêtres. Il veut enfin goûter aux repas du terroir, aussi nommés «repas gastronomiques en forêt», car il recherche principalement les saveurs régionales d’ici. Malgré que cette tendance pour le luxe ne soit pas encore marquée dans la province, elle le devient de plus en plus d’année en année.

Portrait du secteur

Le total des dépenses effectuées dans le secteur de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air totalise 800 millions CAD, ce qui équivaut à 10% des dépenses touristiques globales au Québec. Les dépenses en services, quant à elles, s’élèvent à près de 77 millions CAD, soit 1% des dépenses touristiques dans la province. Enfin, les dépenses récréotouristiques dégagées par le secteur totalisent trois milliards CAD.

Les grands pôles d’attraction du secteur incluent les régions du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Gaspésie, du Bas-Saint-Laurent, de Charlevoix, des Laurentides et de Québec. Les excursionnistes se trouvent plus souvent dans ces deux dernières régions, où se concentrent également des résidences secondaires. Or, comme les habitants des résidences secondaires sont exclus des calculs des dépenses, on tend à sous-estimer la vraie valeur commerciale du secteur. Mais, tous types de clientèle confondus, une préférence subsiste pour la pratique estivale (60%) plutôt qu’hivernale (40%) des activités écotouristiques, d’aventure et de plein air. Le coût des produits est variable; ils seront plus dispendieux si les activités sont pratiquées en région éloignée avec des équipements spécialisés et si la clientèle est bien encadrée.

Le Québec doit donc développer une vision régionale de l’écotourisme et du tourisme d’aventure et de plein air, ainsi que concevoir des stratégies et des plans de mise en œuvre à moyen et long termes en intégrant les aspects économique, social et environnemental. Les défis auxquels l’industrie fait face demeurent flagrants, autant sur le plan des ressources humaines que de l’économie et de l’environnement. Les gouvernements devraient davantage s’investir dans ces secteurs, plus particulièrement au niveau des produits hivernaux. Il serait donc avantageux d’établir plus de partenariats pour améliorer la collaboration entre les différents acteurs touristiques. Par exemple, la combinaison du produit et des forfaits culturels et naturels pourrait être mieux exploitée, car c’est spécialement la diversification de l’offre de qualité qui contribue à la viabilité économique du secteur, surtout dans une ère où le marché touristique se segmente de plus en plus.

Merci à Anne Lemieux pour sa collaboration à la rédaction de cet article.

* Selon l’Office québécois de la langue française, l’eutrophisation réfère à «l’enrichissement des eaux par des nutriments, se traduisant par une prolifération des végétaux aquatiques ou des cyanobactéries et par une diminution de la teneur en oxygène des eaux profondes» (exemple: algues bleues).

Sources:

– Aventure Écotourisme Québec, [http://www.aventure-ecotourisme.qc.ca/]. Dernière consultation le 26 novembre 2007.
– Congrès annuel d’Aventure Écotourisme Québec. «Le gestionnaire de plein air: passionné et à son affaire!», Hôtel Mont-Gabriel, Sainte-Adèle, Québec, Canada, du 30 octobre au 1er novembre 2007.
– Groupe DBSF. «Étude sur la valeur économique de l’écotourisme et du tourisme d’aventure», Sommaire exécutif, pour Aventure Écotourisme Québec. Montréal, 2004, 16 pages.
– Ministère du Tourisme du Québec «Démarche Qualité Tourisme», [http://www.bonjourquebec.com/mto/programmes/
demarcheQualite/index.html
]. Dernière consultation le 26 novembre 2007.
– Sans Trace Canada, [http://www.sanstrace.ca/programs/index.html]. Dernière consultation le 26 novembre 2007.

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Produits et activités

Capsule – Dessine-nous un projet!

Les règles du jeu: un groupe tire deux cartes représentant chacune un objet différent et une troisième identifiant le contexte touristique dans lequel évolueront ces objets. À partir de ces données, il faut développer un projet en gardant en tête un horizon de 2035. Après une période d’agitation, de cogitation, d’inspiration et de discussion en groupes, un dessinateur professionnel transpose sur papier le fruit de ces labeurs tout en étant attentif, en cours d’action, au concept qui évolue – on ne calme pas les cerveaux en ébullition si facilement. Cela peut donner lieu à des fous rires et à de belles idées folles… et réalisables!

Cinq groupes se sont prêtés au jeu lors du Forum Innovation & Tourisme organisé par la Mission d’Ingénierie Touristique Rhône-Alpes (MITRA) – Rhône-Alpes Tourisme à Lyon en France, en novembre dernier.

Cette démarche a permis à chaque participant de se retrouver successivement en situation de création individuelle, de formulation d’idées innovantes de manière collective, de confrontation d’idées permettant l’enrichissement et l’évolution du concept de départ, enfin en spectateur actif et attentif à la représentation du projet par le dessinateur. Autant de situations à vivre par le porteur d’une idée novatrice.

Les productions ont été très intéressantes et démontrent la capacité de créativité des acteurs du tourisme, pour peu qu’on leur propose l’environnement favorable pour cette démarche.

Atelier du groupe no15 du « cornac » Bruno Tamaillon

Première carte: objet – un bâton
Deuxième carte: objet – une tente
Troisième carte: contexte – l’écotourisme

Il n’en fallait pas plus pour que les esprits s’agitent!

La techno dans un environnement naturel, pourquoi pas?

Dans les années 2030, le voyageur privilégiera les randonnées en nature près de son domicile (choix contraint ou vrai choix) et les besoins simples en ressourcement: découverte de l’environnement naturel, sécurité de la destination, confort de la tente, contact avec la famille et les amis aux quatre coins du monde, relations avec les racines et le passé, ouverture sur l’imaginaire… sans pour autant délaisser les aspects positifs que lui procure la technologie.

Bâton de marche ergonomique, le bâton de Noé sert à la fois de guide intelligent et convivial, d’ordinateur et de producteur d’énergie. Muni d’un ressort, il permet d’emmagasiner l’énergie en marchant, donc de pourvoir aux besoins énergétiques de la randonnée et des activités nocturnes (éclairage, etc.). Un GPS (global positioning system) est incorporé dans le pommeau du bâton. De la tige se déroule un écran souple et tactile qui permet de lire le cyber-journal. S’y ajoutent hauts-parleurs, système téléphonique, liens Wi-Fi qui favorise l’obtention d’informations de toutes sortes. En marche, le bâton fait surgir des hologrammes qui racontent le pays: la représentation des lieux plusieurs années auparavant, son histoire, son évolution, de même que des explications sur la flore et la faune.

La tente de Noé est «autoportante» grâce au rayonnement magnétique du bâton qui en constitue le pilier central. Elle est fabriquée d’un tissu intelligent qui peut se teinter de la couleur désirée (selon l’humeur) ou devenir transparent pour laisser entrevoir le ciel et son manteau étoilé. Le tapis de sol diffuse une chaleur tempérée. Avec sa capacité réfléchissante, la tente sert d’écran pour les diverses activités: communiquer avec la famille et les amis, s’amuser avec des jeux électroniques, écouter un film ou un conte pour s’endormir, préparer l’itinéraire du lendemain à l’aide de vidéos, de cartes, etc. On peut aussi y écouter de la musique HI-FI.

La liste aurait pu s’allonger…

Vous savez, il n’y a rien d’utopique là-dedans, car il existe déjà un sac à dos muni de capteurs solaires qui permettent de recharger cellulaire et lecteur mp3 pendant la promenade.

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Source: www.voltaicsystems.com

Un merci à Bruno Jan et Hugues Béesau de la MITRA ainsi qu’à Bruno Tamaillon de TAM’S Consultants pour leur collaboration à ce texte.

Source:
– Groupe no 15 du «cornac» Bruno Tamaillon. Forum Innovation & Tourisme organisé par la Mission d’Ingénierie Touristique Rhône-Alpes (MITRA) – Rhône-Alpes Tourisme, Lyon, France, 29 et 30 novembre 2007.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

L’appellation «parc national» a-t-elle un impact sur la fréquentation?

Québec prévoit créer 11 nouveaux parcs nationaux, dont neuf au nord du 50e parallèle. Ces futurs parcs couvrent une superficie de plus de 40 000 kilomètres carrés. Ils offrent une nature vierge, des paysages spectaculaires et la possibilité, dans certains cas, d’entrer en contact avec des communautés autochtones qui pratiquent un mode de vie traditionnel. Mais jusqu’où la désignation «parc national» favorisera-t-elle la fréquentation des lieux? Une étude européenne se penche sur un cas en Suède.

Appellation «parc national»: qu’est-ce que ça implique?

Lorsqu’un territoire prend l’appellation de «parc national» au Québec, comme ailleurs dans le monde, il doit répondre à deux objectifs:

  • la protection permanente de milieux naturels;
  • l’accessibilité du public à des fins éducatives et de pratique d’activités compatibles avec la mission.

Cette mission consiste en «la protection permanente et la mise en valeur de milieux naturels représentatifs de l’une ou l’autre des 43 régions naturelles du Québec ou de lieux qui possèdent des caractéristiques naturelles exceptionnelles.»

Sur le plan touristique, les parcs nationaux représentent d’incontestables joyaux pour la pratique d’activités de plein air ainsi que pour l’économie des régions d’accueil. Pensons notamment au pouvoir d’attraction généré par les parcs du Mont-Tremblant et du Bic, ou encore ceux du réseau de Parcs Canada, comme Forillon et la Mauricie. Ces territoires accueillent un grand nombre de voyageurs québécois et internationaux. Le label «parc national» est une véritable marque de commerce qui implique la présence de sites naturels exceptionnels, mais aussi de services et d’aménagements de qualité.

Les projets de parcs nationaux du Québec

À l’heure actuelle, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs considère 11 projets: neuf répartis à travers l’immense territoire au nord du 50e parallèle et deux au sud (voir la carte). Ces derniers sont situés dans le Bas-St-Laurent (Lac-Témiscouata) et en Abitibi-Témiscamingue (Opémican).

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Le 23e parc national, Albanel-Témiscamie-Otish (P1 sur la carte), dont la création officielle est prévue en 2008, est situé à 90 kilomètres au nord de Chibougamau, à quelque 10 heures de route de Montréal. Il se compose de paysages exceptionnels formés d’une nature encore intouchée. La communauté locale des Cris est mise à contribution. On souhaite y attirer une clientèle écotouristique… mais sera-t-elle au rendez-vous?

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Exemple de la Suède

La création du Fulufjället National Park en 2002, situé dans une région montagneuse du nord de la Suède, a fait l’objet de deux enquêtes de fréquentation, la première une année avant sa désignation et la seconde une année après. Cette ancienne réserve naturelle est située à 470 kilomètres de Stockholm et se compose d’une nature vierge dont le couvert végétal est de lichen, ce qui est plutôt rare pour la région. La faune y est abondante: ours, orignaux, oiseaux de proie. On y trouve aussi la plus haute chute de Suède. C’est d’ailleurs autour de celle-ci que se sont concentrés les aménagements liés à l’accueil et à la randonnée pédestre.

Une augmentation de 40%
Un an après la création du parc, on observe une augmentation significative de la fréquentation des lieux: de 38 000 à 53 000, soit 39,5% plus de visiteurs qu’en 2001. Deux sondages (en 2001 et en 2003) ont par ailleurs permis de révéler plusieurs distinctions dans la composition de la clientèle. En 2003, cette dernière est formée d’une plus grande part de:

  • femmes
  • personnes âgées de plus de 50 ans
  • personnes provenant de milieux urbains
  • nouveaux visiteurs (1re visite)
  • personnes estimant qu’un «parc national» accroît la valeur des lieux pour les visiteurs
  • personnes estimant que l’appellation «parc national» contribue à préserver la biodiversité de l’endroit.

Ces changements dans la fréquentation du territoire à l’étude sont l’effet de l’image de marque, mais sont aussi rattachés à des facteurs qui s’y rapportent, tels que l’amélioration des infrastructures d’accès au secteur et d’accueil, la couverture médiatique concernant le parc et son inauguration par le roi de Suède. Le parc fait également partie de PAN Parks, regroupement associé à la World Wildlife Foundation (WWF), label reconnu à travers le monde.

À plus long terme, les auteurs de l’étude estiment qu’après l’effet de nouveauté le nombre total de visiteurs devrait diminuer, mais demeurer supérieur à ce qu’il était avant 2002. La proportion de visiteurs internationaux augmentera à la suite d’une diffusion médiatique plus étendue de la présence du nouveau parc.

Des défis de taille

Le cas de la Suède s’apparente à celui du Québec sur plusieurs plans: climat, grands espaces, faible densité de population. Les résultats de l’étude permettent de réaliser la force de la marque «parc national» et du pouvoir d’attraction qu’elle exerce.

Mais, en ce qui concerne les projets québécois identifiés au nord du 50e parallèle, tous loin et certains même très loin des grands bassins de population, ils font face à des défis majeurs. Mentionnons, entre autres:

  • L’accessibilité: certains secteurs sont inaccessibles par route et le prix des billets d’avion est très élevé.
  • L’éloignement et l’isolement: le parc est un produit d’appel, mais, pour attirer les touristes, la région doit offrir d’autres attraits structurés ainsi que des services.
  • Le recrutement et la formation des employés: en région éloignée, il s’avère parfois difficile de trouver, puis de garder une main-d’œuvre qualifiée et motivée.
  • La concurrence: le coût du transport lié à la visite de ces parcs devra concurrencer celui de destinations déjà bien implantées dans le créneau de l’écotourisme (comme le Costa Rica, le Nicaragua ou encore l’État de l’Alaska).

Comme le précisent les objectifs visés par la désignation d’un parc national, la protection des milieux naturels constitue ici le défi premier. On vise d’abord la création d’aires protégées afin de limiter l’étendue du territoire soumis à l’exploitation des ressources. La fréquentation touristique des parcs contribue ensuite au développement économique du secteur.

Préparez-vous!

Les résultats de l’étude suédoise sont plus susceptibles d’intéresser les intervenants impliqués dans les projets de parcs nationaux plus près des grands bassins de population ou qui se situent le long de circuits touristiques déjà fréquentés. À cet égard, les entreprises touristiques ont intérêt à surveiller l’état d’avancement des travaux ainsi que le comportement des clientèles qui fréquentent les parcs afin d’ajuster leurs services, le cas échéant. Aussi, d’autres projets de parc pourraient voir le jour. Gardez l’œil ouvert!

Sources:

– Diotte, Simon. «Les nouveaux parcs nationaux du Québec», L’actualité, août 2007.
– Fredman, Peter et autres. «Increased Visitation from National Park Designation», Current Issues in Tourism, vol. 10, no 1, 2007.

Sites:
– Fulufjället National Park.
– Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.
– Société des établissements de plein air du Québec.

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Produits et activités Tendances

Les tendances du tourisme d’aventure

Si l’on tient compte de l’équipement récréatif et de l’hébergement, le secteur de l’aventure représente aujourd’hui une industrie d’environ 850 milliards USD. Les voyages d’aventure organisés ne constituent qu’une part de ce secteur, mais une part importante. Quant au tourisme de plein air, il compte pour au moins un cinquième de toute l’industrie touristique. Les tendances qui marquent ce secteur ne sont par conséquent pas négligeables pour notre industrie.

Croissance

Au cours des dernières décennies, le secteur commercial du tourisme d’aventure n’a cessé de croître. De nombreuses personnes ayant de l’argent mais peu de temps pour le dépenser et jouissant d’une bonne forme physique considèrent maintenant l’aventure comme une série d’activités de villégiature qu’ils peuvent s’offrir à l’occasion, plutôt que comme une discipline dans laquelle investir temps et argent afin d’acquérir de l’équipement et des compétences à long terme. Le secteur se développe donc auprès de la clientèle tant expérimentée que novice.

Pyramide des prix

L’industrie du tourisme d’aventure est constituée, soit d’un petit nombre de produits très onéreux, dont le prix élevé s’explique par la nécessité d’utiliser un équipement spécialisé, par l’éloignement ou les compétences préalables requises, soit par de nombreuses activités de courte durée, peu chères, ne nécessitant pas de compétences particulières et se déroulant dans des lieux accessibles, près des principaux points d’entrée et de sortie des touristes.

Des produits de plus en plus luxueux

Les amateurs de tourisme d’aventure peuvent s’offrir de plus en plus de luxe: les autobus transportant les randonneurs sont toujours plus confortables; les auberges accueillant les adeptes de l’héliski ou de la plongée sous-marine possèdent des spas et mettent à la disposition de leur clientèle des services de massothérapie; les entreprises de plongée, de surfboat et d’héliski fournissent des avions privés nolisés particulièrement somptueux; les bateaux de croisière possèdent des suites équipées d’un téléphone satellite et certains disposent même d’un hélicoptère à bord. C’est presque devenu une évidence: les voyagistes qui réussissent sont ceux qui offrent des produits de plus en plus luxueux.

Destinations d’aventure

Le nombre de destinations touristiques qui se commercialisent spécifiquement comme des destinations d’aventure, en utilisant souvent le terme «capitales de l’aventure», a grandement augmenté au cours des dernières années. Certaines d’entre elles, établies depuis longtemps, décident de concevoir de nouveaux produits ou d’adopter de nouvelles stratégies de marketing. D’autres s’avèrent des destinations moins fréquentées qui souhaitent développer le tourisme en offrant toute une gamme de produits d’aventure. D’autres encore utilisent l’aventure comme outil de marketing. Quoi qu’il en soit, les séjours d’aventure croissent rapidement, en nombre, en envergure et en variété.

Migration touristique

Dans certaines régions, la possibilité de faire des activités de plein air et, à un degré moindre, la vente de produits d’aventure ont donné lieu à une migration touristique qui, à son tour, a entraîné une croissance du tourisme d’aventure, la clientèle migrante recherchant des produits commerciaux qui répondent à son style de vie.

Forfaits au détail

De nombreux voyagistes offrent toute une gamme de produits dans différentes destinations, sans nécessairement maintenir une base opérationnelle à chacune d’entre elles. La plupart sont des forfaitistes qui vendent au détail différents produits touristiques locaux à une clientèle internationale. D’autres, des voyagistes spécialisés, présentent un même type de produits ou d’activités dans plusieurs destinations différentes.

Combinaisons de produits

Il est maintenant monnaie courante, pour les voyagistes, de proposer une gamme d’activités d’aventure différentes à une même destination de voyage. Celles-ci, offertes à prix réduit en un regroupement d’activités individuelles, sont vendues souvent sous la forme de «combos». Certains se composent d’un programme organisé par différentes compagnies en un même Celebrity Nudes endroit alors que, dans d’autres cas, une seule entreprise achète des concurrents locaux qui proposent des activités différentes ou encore acquiert l’équipement, le personnel et les permis nécessaires pour offrir elle-même ces activités.

Marketing croisé

Il existe une forte tendance à accroître les stratégies de marketing croisé entre les produits de tourisme d’aventure et d’autres produits achetés par les mêmes consommateurs. Ces liens se créent par le biais de magazines, d’envois postaux, d’encarts publicitaires, de sites Internet, de la télévision, de films, de la mode, des boutiques et du marchandisage, des téléphones cellulaires, des lecteurs de musique et de certains établissements de divertissement, comme les boîtes de nuit.

Voyages d’«exploration»

De nombreuses entreprises de tourisme d’aventure haut de gamme ont maintenant ajouté des expéditions d’«exploration» à leurs activités habituelles. Il ne s’agit pas nécessairement de premières ascensions, descentes ou traversées, mais ce sont généralement de nouveaux itinéraires, en tout cas pour l’entreprise qui les propose. Le terme est utilisé tant comme procédé de marketing, pour attirer les aventuriers, que comme avis de non-responsabilité, pour prévenir la clientèle que le voyage ne se déroulera pas nécessairement sans accroc ni exactement selon les plans.

Itinéraires flexibles

D’autres voyagistes annoncent que leurs horaires ou itinéraires sont flexibles et que cela fait partie de l’aventure. Cette approche est utilisée d’une extrémité à l’autre de l’échelle économique, des simples voyages en autobus jusqu’aux luxueuses croisières polaires.

Imitations et acquisitions

La création d’un nouveau produit de tourisme d’aventure requiert des investissements considérables pour la conception et la mise en marché. Une fois qu’un produit a acquis une certaine notoriété, d’autres entrepreneurs tentent souvent de s’en porter acquéreur ou d’offrir un produit d’imitation, à prix réduit. Le risque est particulièrement grand pour de nouveaux produits créés dans les pays en développement. On en connaît maintenant plusieurs exemples.

Assurances

En raison de la possibilité de litiges, particulièrement en Amérique du Nord, les fournisseurs de produits de tourisme d’aventure sont devenus de plus en plus soucieux de se protéger contre d’éventuelles poursuites, ce qui a donné lieu à des clauses et à des avis de non-responsabilité de plus en plus longs et complexes et à des primes d’assurance de plus en plus élevées. Il y a même des pays où de nombreux fournisseurs de certains types d’activités ont été forcés de se retirer du marché. Cette réduction de la concurrence a fait grimper les prix, permettant aux entreprises restantes de couvrir l’augmentation de leurs frais d’assurance. L’imposition légale d’un plafond de responsabilité, de façon générale comme en Nouvelle-Zélande, ou selon l’activité comme dans certains États américains, est de plus en plus importante pour l’avenir de l’industrie.

Source:

– Buckley, R. 2006, Adventure Tourism, CABI, Oxford, [www.cabi.org].

Ralf Buckley, professeur et titulaire,Chaire en écotourisme, School of Environmental and Applied Sciences, Griffith University (Australie)

Champs d’expertise:

  • Écotourisme
  • Impacts environnementaux du tourisme
  • Développement durable

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Produits et activités

Tourisme d’aventure: de quoi parle-t-on au juste?

Randonnée en montagne, descente de rivière, raid en motoneige, montgolfière, quad, équitation ou encore cyclotourisme, le tourisme d’aventure rassemble toute une variété d’activités qui ont parfois peu de choses en commun. Les touristes qui les pratiquent composent aussi une clientèle au profil plutôt hétérogène. Qu’est-ce qui les unit? Le plein air? Le goût du risque? Le défi sportif? L’envie de sortir des sentiers battus? Mais encore… Comment définir ce type de tourisme pour ensuite mieux cerner ses adeptes?

Le tourisme d’aventure représente une part importante de l’offre touristique du Québec. Il s’avère plutôt hasardeux de chiffrer l’ampleur du phénomène vu le caractère éclaté de ce secteur et la difficulté à le circonscrire. Néanmoins, tous s’entendent pour parler d’un produit en croissance, tant dans le monde en général qu’au Québec en particulier.

Mais de quoi s’agit-il?

D’abord, qu’est-ce que l’aventure? Le Petit Robert la décrit comme suit: «Ensemble d’activités, d’expériences qui comportent du risque, de la nouveauté, et auxquelles on accorde une valeur humaine».

Et le tourisme d’aventure? Pour le resituer dans le temps (du moins pour l’Amérique du Nord), on peut reculer jusqu’à l’époque de la colonisation où les voyageurs parcouraient les rivières, défrichaient la terre, découvraient des contrées vierges. Jusqu’à tout récemment, lorsqu’ils parlaient de tourisme d’aventure, les auteurs faisaient référence aux pionniers, à l’exploration de territoires peu fréquentés, à une forme de tourisme où le voyageur doit renoncer en quelque sorte aux standards de confort et expérimenter un pan de l’aventure humaine.

Aussi, les activités de transport telles que le canot, le kayak, la motoneige ou le vélo, qui s’inscrivent aujourd’hui dans le créneau du tourisme d’aventure, étaient alors considérées, par les puristes, comme des outils secondaires permettant de vivre l’expérience plutôt que de constituer eux-mêmes l’objet de l’aventure, ou sa majeure partie.

Comment le définir aujourd’hui?

Comme pour le tourisme en général, le tourisme d’aventure s’est démocratisé, l’offre et la demande ont crû et les produits se sont adaptés. On observe maintenant une offre diversifiée, accessible au néophyte comme au plus avancé, et proposant des produits clé en main (location d’équipement, guide, formation, forfaits divers). Le tourisme d’aventure n’interpelle plus uniquement les aventuriers…

Tourisme de plein air, écotourisme, tourisme de nature et tourisme d’aventure sont maintenant des appellations qui se recoupent et sont souvent associées aux mêmes produits. Certains termes reviennent dans la littérature pour qualifier spécifiquement le tourisme d’aventure. D’abord, comme on parle de tourisme, les notions d’éloignement (40 km ou plus du domicile principal) et de nuitée doivent être considérées, éliminant ainsi la notion de loisir. Ensuite, le tourisme d’aventure suppose une activité réalisée dans un cadre naturel, nécessitant un effort physique et comportant un risque relatif.

Le regroupement Aventure Écotourisme Québec (AEQ), dont la mission consiste à représenter et à promouvoir les producteurs de tourisme d’aventure et d’écotourisme du Québec, définit le tourisme d’aventure de la façon suivante:

«Le tourisme d’aventure est une activité de plein air ou combinaison d’activités se déroulant dans un milieu naturel particulier (endroit inusité, exotique, isolé, inhabituel ou sauvage). En tourisme d’aventure on utilise des moyens de transport non conventionnels, soit motorisés (motoneige, quad, etc.) ou non motorisés (marche, canot, kayak, etc.). De plus, l’activité implique nécessairement un niveau de risque, lequel peut varier selon l’environnement (isolement, caractéristiques géographiques, etc.) ou selon la nature des activités et des moyens de transport impliqués.»

Quelles activités?

Selon Pierre Gaudreault, directeur général de l’AEQ, le kayak de mer, le rafting et l’hébertisme aérien représentent les activités estivales types associées au tourisme d’aventure au Québec. En hiver, le traîneau à chiens et la raquette sont les images fortes.

Le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) identifiait, en 2003, les disciplines pouvant être associées au tourisme de nature et d’aventure. Elles sont regroupées en cinq catégories d’activités:

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Certaines de ces activités font davantage référence au tourisme de nature que d’aventure, bien qu’il s’avère plutôt difficile de les discerner. L’observation de la nature, par exemple, peut se faire en kayak de mer et ainsi associer les notions d’effort et de risque. On pourrait aussi en ajouter qui se sont développées depuis 2003, comme l’hébertisme aérien.

Tout un marché!

Afin de donner un ordre de grandeur du marché potentiel, voici quelques données chiffrées relatives au tourisme d’aventure et de plein air:

  • Un sondage réalisé auprès des Québécois révélait que 68% d’entre eux pratiquent des activités de plein air durant leurs vacances (2004).
  • Un peu plus de la moitié des Québécois (51,7%) affirment avoir pratiqué une activité écotouristique ou de tourisme d’aventure au cours de l’année (2004). La marche constitue ici l’activité la plus populaire, suivie, de loin, par le vélo.
  • En 2005, un Américain sur quatre de 16 ans et plus (59,5 millions) a pris des vacances dans le but de pratiquer une activité de plein air.
  • Un sondage auprès du lectorat du magazine américain AARP révèle que 55% des 50 ans et plus se disent adeptes du tourisme d’aventure (2007).
  • Le marché international du tourisme d’aventure représentait, en 2000, de 4 à 5 millions de voyages, soit 7% de tous les voyages entrepris cette même année.

On s’en doute, tous n’ont pas la même perception du tourisme d’aventure. Certains le considèrent comme une occasion de repousser les limites et de vivre des sensations fortes par des activités extrêmes, alors que d’autres l’imaginent très bien en famille, dans un environnement bien encadré où pratiquer des activités de plein air à la portée de tous. Bien cerner le touriste d’aventure s’avère une véritable… aventure! Plusieurs études rapportent des profils de clientèle associés au tourisme de plein air, d’aventure, d’écotourisme ou encore au tourisme de nature. Les appellations sont nombreuses. Mais celles-ci ratissent tellement larges que le profil du voyageur qui s’y rapporte révèle souvent un portrait général et peu significatif.

Segmenter pour mieux cerner la clientèle

Une classification des touristes d’aventure permettrait d’identifier les composantes de ce vaste marché et d’élaborer des stratégies de marketing beaucoup plus ciblées. À titre d’exemple, l’auteur Heidi H. Sung, spécialiste en tourisme d’aventure, publiait une typologie du touriste d’aventure:

  • Enthousiastes
  • Jeunes à petit budget
  • Modérés
  • Fervents naturalistes
  • Familles
  • Solistes actifs

Désuets aujourd’hui parce qu’ils datent, les résultats de l’enquête qui sous-tend cette segmentation permettaient de définir chacun de ces groupes et de révéler leur profil sociodémographique, leur comportement de voyage et leurs attentes face à la pratique d’activités de tourisme d’aventure. Cet exercice révélait des distinctions significatives entre les groupes.

Élaborer une segmentation adaptée à la réalité québécoise permettrait aux producteurs de mieux connaître leur clientèle, de la rejoindre efficacement mais aussi de façonner son offre pour mieux répondre à ses besoins.

Voir aussi: «Quand le tourisme d’aventure et de plein air devient une aventure pour l’entreprise».

Sources:
– Bureau de normalisation du Québec. «Norme: Prestation des services à la clientèles – Tourisme de nature et d’aventure», 2003.
– Bourdeau, Philippe. «Le tourisme d’aventure: pratiques et discours», Téoros, vol. 13, no 3, automne 1994.
– Cazelais, Normand. «Mais de quoi s’agit-il au juste?», Téoros, vol. 13, no 3, automne 1994.
– Groupe DBSF. «Étude sur la valeur économique de l’écotourisme et du tourisme d’aventure», Aventure Écotourisme Québec, 2004.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Le Québec grande nature: Plan intégré de l’expérience. Diagnostic et orientations», mai 2007.
– Réseau de veille en tourisme. «Sondage sur la pratique d’activités de plein air chez les Québécois», 2004.
– Scott, Kristin et John C. Mowen. «Travelers and their Traits: A Hierarchical Model Approach», Journal of Consumer Behavior, mars-juin 2007.
– Sung, Heidi H. «Classification of Adventure Travelers: Behavior, Decision Making, and Target Markets», Journal of Travel Research, mai 2004.
– Merritt, Jennifer. «Onsite: AARP Editor Details Baby Boomer Travel Trends», TravelAgent [www.travelagentcentral.com], 19 septembre 2007.
– XOLA: Adventure Industry Consultants. «2006 Adventure Travel Industry Research Round-Up», 2006.

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Enjeux Produits et activités Tourisme durable

La forêt, un enjeu majeur pour l’industrie touristique – (Compte rendu de conférence)

Multiplicité des acteurs et des intérêts, harmonisation des usages, protection et conservation du territoire, développement durable, gouvernance et représentativité du volet récréatif occupent l’avant-plan des enjeux liés au territoire forestier québécois. L’intérêt grandissant pour la forêt suscite de nombreux débats où vision commune et dialogue s’imposent. Nous ne sommes pas sortis du bois!

Au 75e congrès de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir) en mai 2007, le colloque intitulé «Tourisme et territoires forestiers: vers de nouvelles perspectives de mise en valeur» analysait, entre autres, les multiples enjeux de ce secteur. En voici quelques grandes lignes…

Quand tout le monde s’en mêle et s’emmêle

Plusieurs voix se font entendre: industrie forestière, villégiature, conservation et restauration, activités agricoles, minières, hydroélectriques, récréatives et de plein air. Tous, industriels, intervenants et adeptes, revendiquent leur droit à la forêt et chacun y joue du coude. En outre, l’industrie forestière vit une période très difficile et les intérêts divergents pour la ressource viennent compliquer la situation.

Voici quelques chiffres issus de la présentation du colloque:

  • forêts québécoises: 90% du domaine public;
  • secteur forestier: 150 000 emplois directs et indirects;
  • activités récréatives liées à la faune et à la flore: 15 600 emplois;
  • pratique d’activités de plein air dans la nature: 2,4 millions de Québécois;
  • baux de villégiature: 40 000 détenteurs;
  • conservation et restauration de sites naturels forestiers: 40 000 personnes.

Trop souvent, les usages économiques, sociaux et environnementaux cohabitent difficilement sur le même territoire. Et qui veut s’aventurer dans le dédale de la gouvernance du milieu forestier doit s’armer de patience et d’une bonne dose de compréhension pour remonter la filière.

Dans ce contexte, l’adoption d’une vision commune et l’harmonisation des usages ne peuvent que mener à un terrain d’entente. À ce titre, certaines pourvoiries à droits exclusifs localisées en territoire sous contrat d’aménagement et d’approvisionnement forestier (CAFF) constituent un exemple où tourisme en milieu naturel et exploitation forestière s’avèrent conciliables.

La petite histoire des activités de plein air

Bien que la pratique des activités de plein air en forêt soit en pleine croissance, la confusion règne toujours.

  • Instabilité du loisir de plein air au sein de la structure gouvernementale. À chaque changement de gouvernement, on se demande quel ministère en obtiendra la responsabilité.
  • Diversité des activités et manque de concertation. De façon éclatée, chacun (associations touristiques régionales [ATR], milieu associatif [camps de vacances, marche, canoë-kayak, motoneige, etc.], unités régionales de loisir et de sport [URLS], etc.) revendique ses besoins auprès des différents paliers gouvernementaux.
  • Secteur constitué d’un important contingent de bénévoles. Ces derniers démontrent des signes d’essoufflement.
  • Études quasi inexistantes sur la pratique des activités de plein air au Québec.
  • Manque de reconnaissance des retombées sociales et économiques.

L’intérêt pour les volets récréatif et touristique de la forêt croît constamment:

  • La forêt devient un antidote à l’activité urbaine et une réponse à la recherche d’authenticité;
  • les paysages constituent un des principaux critères dans le choix d’une destination;
  • la diversité des activités pratiquées en forêt s’accroît: véhicules tout terrain (VTT), vélo de montagne, traîneau à chiens, parcs d’hébertisme aérien, observation du ciel avec télescopes;
  • la clientèle familiale augmente dans les pourvoiries.

Au sein même des activités de plein air, il existe des conflits de cohabitation, notamment entre les motoneigistes et les adeptes du ski de fond. De plus, on remet souvent en question les activités motorisées (VTT, motoneige, embarcation à moteur) en territoire forestier.

L’accessibilité au territoire, la protection des paysages et la qualité du milieu naturel, ressource première des activités de plein air, constituent des enjeux fondamentaux. Malgré le nombre croissant d’adeptes et d’activités, l’absence de pouvoir central, de leadership et d’actions concertées affaiblit le poids de la représentativité de ce secteur ainsi que son impact dans les dossiers de la forêt.

Le développement durable et l’augmentation des aires protégées

Voulant combler son retard en matière d’aires protégées, le gouvernement québécois étudie présentement la création de plusieurs nouveaux parcs, presque tous situés dans le Nord du Québec.

D’un point de vue touristique, cette réalité nordique complique l’accessibilité, le déploiement des services, le financement des aménagements, de même que le positionnement international. En effet, le coût des prestations pourra difficilement concurrencer les destinations plus facilement accessibles et déjà engagées dans ce créneau. La participation des communautés autochtones et la rencontre des différentes cultures représentent d’autres défis à relever.

Évidemment, lorsqu’on parle de territoire forestier, le développement durable devient un impératif. Cependant, on soulignait que l’écotourisme devient trop souvent une panacée pour réhabiliter le développement durable en milieu forestier. De ce fait, il obtient une trop grande visibilité pour ce qu’il est réellement: un marché de niche avec une participation limitée du public et peu de retombées économiques. On constate une absence de gestion, de planification et de recherche dans ce secteur, de même qu’un manque de personnel qualifié.

L’éducation du public constitue un élément essentiel pour assurer la pérennité de la ressource.

Vers une gestion intégrée de la forêt

Depuis le dépôt du rapport Coulombe (rapport de la Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise – 2004), le gouvernement du Québec s’affaire à moderniser l’ensemble de sa gestion forestière et à mettre en place des commissions régionales (CRRNT – Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire) dans le but de favoriser la gestion intégrée des ressources du territoire.

Voir la forêt comme un tout et adopter une vision commune du territoire deviennent des prémisses à la gestion de la multifonctionnalité du territoire forestier et à l’harmonisation des usages sous le chapeau du développement durable. Tout en tenant compte des particularités du territoire, il faut viser l’équilibre entre les fonctions économique, écologique et sociale. À ce chapitre, le secteur des activités de plein air doit faire le poids.

Sources:

– Téoros. «Dossier forêt», vol. 25, no 3, automne 2006.
– 75e Congrès de l’Acfas. Colloque «Tourisme et territoires forestiers: vers de nouvelles perspectives de mise en valeur», 8 et 9 mai 2007, Trois-Rivières.

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Produits et activités Segments de clientèles

Mise-t-on suffisamment sur la pêche sportive au Québec?

Peu souvent mise en vedette parmi les produits touristiques du Québec, la pêche sportive génère néanmoins annuellement 11,4 millions de journées de pêche effectuées par des Québécois. Le nombre d’adeptes québécois est relativement stable depuis quelques années. Par contre, même si nous disposons d’un produit de haute qualité, la demande provenant des visiteurs de l’extérieur de la province est en forte baisse. La pêche peut prendre plusieurs formes et se commercialiser de diverses façons, par exemple sous une forme plus traditionnelle, nommément en pourvoirie, combinée avec d’autres activités plus spécialisées, comme le saumon, ou même prendre la forme d’une expérience tout urbaine. Ancien fleuron de notre industrie touristique, pourrait-on lui faire regagner ses lettres de noblesse?

Un taux de pratique stable auprès des Québécois

Ce n’est pas d’hier que l’être humain s’intéresse à la pêche. Pratiquée d’abord à des fins de subsistance ou pour des raisons commerciales, c’est l’aspect ludique de la pêche qui la rend intéressante comme produit touristique. Même si pour les Québécois cette activité fait partie du domaine du loisir plus que du tourisme, reste que 16% de ceux-ci s’y adonnent au moins une fois par année. Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, le taux de pratique de la pêche au Québec est resté relativement stable au cours des dernières années (graphique 1). Lors de sa dernière enquête, le Print Measurement Bureau (PMB) recensait 1,07 million de Québécois qui étaient allés à la pêche au moins une fois au cours des douze derniers mois.

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Le nombre de permis de pêche vendus constitue un autre indicateur de la variation de la popularité de l’activité. À cet égard, les chiffres indiquent une baisse progressive depuis 1996, année où les Québécois ont acheté 690 000 permis, pour atteindre un creux en 2006 de 607 000.

Selon les données du PMB, la majorité des amateurs sont des pêcheurs d’occasion et ils pratiquent cette activité une ou deux fois l’an (graphique 2). À l’opposé, 188 000 Québécois (18% des pêcheurs) sont des mordus qui se consacrent à leur passion à au moins dix reprises par année. Ressources naturelles et Faune Québec (MRNF) estime que les Québécois effectuent annuellement 11,4 millions de jours de pêche récréative.

 

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Selon les données du gouvernement, en 2007, c’est dans les régions de la Montérégie, de Montréal, de la Capitale-Nationale et des Laurentides que l’on trouve le plus grand nombre d’adeptes ou de personnes intéressées (tableau 1). L’évaluation du nombre total de pêcheurs établie par le gouvernement du Québec varie par rapport à celle du PMB (814 000 vs 1 071 000). Le marché potentiel global des Québécois qui portent un intérêt à ce loisir sans pour autant le pratiquer est deux fois plus important, étant évalué à quelque 1,6 million de personnes par le MRNF.

CP_2007-08_peche_tbl1L’étude de Ressources naturelles et Faune Québec révèle également que les deux tiers des pêcheurs sont des hommes. Toutefois, la relève ne semble pas être au rendez-vous: alors que les jeunes âgés de 15 à 34 ans forment 33% de la population, ils ne composent que 21% des pêcheurs. On recense par ailleurs 244 000 ménages québécois qui comptent un pêcheur sportif possédant une embarcation.

D’où viennent les voyageurs-pêcheurs?

La pêche sportive constitue un produit touristique de calibre international. Plusieurs destinations livrent une concurrence au Québec, qui jouit néanmoins d’une image de marque enviable auprès de la clientèle. Les principaux facteurs qui font la force d’une destination de pêche sportive sont les suivants: l’abondance de la ressource et le succès de pêche, la possibilité de pêcher un spécimen «trophée», la qualité de l’accueil et de l’hébergement et la beauté de l’environnement. Dans le cas de la pêche au saumon, la disponibilité de services de guide pouvant communiquer en anglais constitue aussi une priorité.

Selon l’enquête de Statistique Canada sur les voyages des Canadiens, le plus important contingent de pêcheurs ayant pratiqué la pêche sportive au Québec lors d’un voyage d’agrément provient de Montréal, avec 524 000 voyages-personnes en 2004 (graphique 3). Plus de 130 000 voyages de pêche ont été réalisés par des Canadiens d’autres provinces.

 

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La pêche comme activité touristique capable d’attirer des visiteurs de l’extérieur du Québec semble néanmoins en perte de vitesse depuis quelques années. Alors que le nombre de permis de pêche vendus à des non-résidents totalisait 33 700 en 1996, il n’était plus que de 15 000 en 2006.
Nos voisins du Sud représentent depuis longtemps un bassin de clientèle intéressant pour la pêche sportive au Québec. Selon l’étude Travel Activities & Motivation Survey 2006 réalisée par Lang Research, 32 millions d’adultes Américains ont effectué un voyage de pêche incluant au moins une nuitée à l’extérieur du domicile au cours des deux dernières années. De son côté, The Lifestyle Market Analyst 2005 évalue à 32,5 millions le nombre de ménages américains qui s’adonnent à la pêche sur une base régulière. Selon la même source, les activités les plus compatibles avec ce segment de population sont les suivantes (les chiffres entre parenthèses représentent l’indice de cette compatibilité; un indice 100 représente la moyenne de l’ensemble de la population américaine):

  • chasse, tir (244),
  • bateau à moteur, voile (209),
  • véhicules récréatifs (194),
  • camping, randonnée (190),
  • équitation (184),
  • mécanique automobile (170),
  • jardinage (159),
  • nature, environnement (156),
  • jeux vidéos (153),
  • collection de monnaie ou de timbres (152).

Voici quelques autres statistiques du marché américain des pêcheurs:

  • près du tiers (31%) sont âgés de 55 ans et plus, 24% de 35 à 44 ans, 23% de 45-54 ans et 17% de 25-34;
  • plus de 37% ont des enfants;
  • une importante proportion des amateurs sont mariés et ont des jeunes enfants;
  • le revenu moyen du ménage se situe à 46 000 USD.

Si l’on se fie aux indices du Lifestyle Market Analyst, l’Américain mordu de la pêche est beaucoup moins susceptible que les autres de voyager par agrément avec un indice de seulement 53.

Pourquoi pas la pêche urbaine?

On associe habituellement la pêche à l’évasion en grande nature, à la recherche de paysages bucoliques et de quiétude totale. C’est vrai, sauf que l’on remarque un certain engouement pour la pêche en zone urbaine. En effet, d’importants efforts ont été consentis au cours des dernières années pour assainir les cours d’eau en périphérie des grandes métropoles. Cela a eu comme résultat de régénérer les populations de poissons et de ressusciter l’intérêt des pêcheurs. On a aussi développé de meilleurs accès aux berges qui profitent aux pêcheurs. Précisons d’ailleurs que, selon la Recreational Boating & Fishing Foundation, 72% des pêcheurs aux États-Unis habitent en milieu urbain. De nombreux opérateurs américains proposent aux touristes de les embarquer pour des voyages de pêche guidés aux alentours des métropoles comme New York, Chicago ou Washington DC.

Mais Montréal n’a rien à leur envier, puisqu’on y trouve une très belle qualité de pêche urbaine, notamment sur les eaux du lac Saint-Louis au sud-ouest de la ville. De nombreux connaisseurs locaux s’y adonnent régulièrement, mais il ne s’agit pas encore d’une activité réellement commercialisée par l’industrie touristique montréalaise. Peut-être y aurait-il un intérêt de la part de la clientèle d’agrément ou d’affaires pour des excursions de pêche guidées à partir du centre-ville de Montréal? D’autant plus que cela procure une vue imprenable sur la ville.

Dans la même veine, soulignons l’initiative du parc de la Rivière-des-Mille-Îles de Laval qui propose, depuis cet été, un nouveau concept clés en main pour les pêcheurs. Destinés d’abord à la clientèle familiale, ce forfait comprend une embarcation avec moteur, des cannes à pêche, un coffre de leurres, des appâts, une glacière, des conseils de pêche, etc. Ce produit offert en périphérie urbaine vise particulièrement les Québécois en quête d’une première expérience de pêche, notamment les communautés ethniques de Montréal.

Par ailleurs, certaines régions peuvent être tentées de développer des créneaux de pêche uniques. C’est le cas par exemple de la région des Îles-de-la-Madeleine qui compte sur un exploitant qui, depuis 12 ans, offre aux touristes une expérience de pêche aux requins. Bref, autant il y a d’espèces à capturer, autant il y a une diversité de régions qui permettent aux touristes d’ajouter à leur voyage une sortie de pêche. Peut-être manque-t-il simplement d’un peu d’innovation et de promotion ciblée pour insuffler un regain d’intérêt à la clientèle extérieure?

Sources:
– Bouliane, Martine. «Un forfait clés en main pour les pêcheurs», La Presse, 25 août 2007.
– Diotte, Simon. «Pêcher à l’ombre des gratte-ciel à Lachine», La Presse, 13 août 2007.
– Lang Research. «Fishing While on Trips, US Travel Market – Travel Activities & Motivation Survey», 21 février 2007.
– Lifestyle Market Analyst. «Lifestyle Profiles», 2005.
– Print Measurement Bureau, 2001-2007.
– Ressources naturelles et Faune Québec. «La faune et la nature ça compte», 2000.
– Simier, Paul. «La pêche sportive au requin», Journal de Montréal, 3 octobre 2006.
– Wilson, Craig. «Urban Fishing Casts Wider Net of Popularity», USA Today, 8 septembre 2006.

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Produits et activités

S’il vente dans votre région, profitez-en!

L’exploitation du vent à des fins touristiques se développe et se diversifie. Les activités se pratiquent souvent dans un cadre de loisir, mais également lors de séjours touristiques. Certaines requièrent même un environnement adapté (montagnes, plages), ce qui entraîne des déplacements. Il s’agit d’un marché de niche qui représente une opportunité pour l’industrie touristique, surtout en termes de partenariats.

Les activités liées au vent: un souffle de nouveauté!

Au cours des dernières années, les activités liées au vent se sont subdivisées en un éventail de sports et de loisirs. Faisons un rapide tour d’horizon:

  • Le cerf-volant a grandement évolué et ses types sont très variés: cerf-volant de une à quatre lignes, cerf-volant de traction, acrobatique, dirigeable, statique, combattant, etc.
  • La planche à voile ou windsurf est constituée d’un flotteur propulsé par une voile. Elle se pratique aussi bien en eau calme que sur des plans d’eau agités, voire dans les vagues.
  • Le kitesurf, planche de surf tractée par un cerf-volant, se pratique également sur l’eau et attire de plus en plus d’adeptes des sports de glisse.
  • Le char à voile (ou char à cerf-volant ou kite buggy) est un sport de vitesse composé d’un petit engin sur roue propulsé par une voile qui peut atteindre des vitesses de l’ordre de 80 km/h. On le pratique en général sur de grandes plages.

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  • Le snowkite et le kiteski, dérivés du kitesurf, se pratiquent l’hiver en montagne; une planche à neige ou des skis remplacent la planche de surf.
  • Le mountainboard, genre de skateboard tout-terrain, permet un certain nombre de figures de sauts dérivés du kitesurf.
  • Le parapente et le delta-plane ont besoin d’abord d’altitude, mais également de vent pour faire durer la descente et pour se déplacer.

Plusieurs rassemblements sont organisés pour la pratique de ces sports, tant sous la forme de festivals que de compétitions. Mentionnons le WindFest de Shippagan sur la péninsule acadienne et celui d’Oka, qui sont des rassemblements d’amateurs de kitesurf et de planche à voile. Ailleurs dans le monde, il y a, entres autres, le Mondial du Vent à Leucate dans le sud de la France qui regroupe, durant une semaine, des compétitions de planche à voile, de kitesurf et des kiosque d’exposition de matériel lié à ce sport.

Outre ces sports «extrêmes», les cerfs-volants constituent aussi une activité très douce, pour toute la famille, qui donne souvent lieu à des rassemblements et à des festivals; en voici quelques exemples:

  • Le Festi-Vent, à Saint-Placide dans les Laurentides, qui se déroule en hiver et accueille annuellement plus de 25 000 visiteurs, est reconnu comme le plus grand festival hivernal de cerfs-volants au Canada. Il a reçu le Grand Prix régional du tourisme dans la catégorie événement budget d’exploitation de moins de 1 M $ en 2006.

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Festi-Vent (Photo: Patrick Lauzé)

  • Le festival Saint-Honoré dans l’Vent, près de Chicoutimi, vise une clientèle familiale avec son rassemblement de cerfs-volants géants, de l’animation et des spectacles.
  • L’Isle en Cerfs-Volants à l’Isle-aux-Coudres regroupe les amateurs de char à voile, de cerf-volant de traction et de cerf-volant acrobatique, des artisans et des créateurs de la région.

Il existe d’autres événements au Québec et un grand nombre ailleurs dans le monde.

La destination vedette: les îles de la Madeleine

Le vent y est omniprésent et régulier. Avec ses grands espaces ouverts sans obstacle – ses plages par exemple -, peu d’endroits au monde sont aussi propices aux sports et aux loisirs de vent ainsi qu’à la pratique du cerf-volant que cet archipel. Entreprises de location et de formation, établissements d’hébergement et organismes de promotion se sont structurés pour en faire un produit d’appel. Mais des conditions idéales et une bonne organisation du milieu ne suffisent pas toujours; il faut également un support financier, surtout pour les événements phares. C’est cet élément qui semble avoir fait défaut cette année aux organisateurs du principal événement, le Rendez-vous Aventure, une compétition d’envergure internationale combinant une étape de Coupe du Monde de la PKRA (Professional Kiteboard Riders Association), la Coupe des Îles, le championnat canadien de planche à voile, des compétitions amateurs de kitesurf, ainsi que Tour bleu, un challenge de kayak de mer. En effet, le Rendez-vous Aventure a dû cesser ses activités cette année après cinq ans d’exploitation, en raison du manque de financement. Cet événement avait pourtant permis aux Îles d’être classées par la presse internationale parmi les cinq plus belles destinations mondiales pour la pratique des sports de glisse et de vent.

Alors que le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard s’organisent de façon dynamique à cet égard, le Québec devrait soutenir ce petit bijou pour le garder dans la course!

Une clientèle dans le vent!

Il n’existe que peu de statistiques permettant d’analyser le taux de pratique de ce type d’activité. Toutefois, l’information que l’on peut obtenir du Print Measurement Bureau concernant la pratique de la planche à voile sont surprenantes. Les Québécois sont de réels fans; 114 000 personnes ont pratiqué ce sport en 2006, soit 1,7% de la population. Au Canada, 312 000 personnes ont fait de la planche à voile l’année dernière; les taux de pratique de l’Ontario et de la Colombie-Britannique sont moins élevés, soit respectivement 1,2% et 0,6% de leur population. On estime que la pratique de la planche à voile est en décroissance au profit, entre autres, du kitesurf.

La clientèle qui pratique les sports de vent est souvent regroupée en club et en association, lesquels organisent beaucoup de voyages au Québec et à l’étranger. Il existe aussi quelques compétitions qui attirent des adeptes; l’origine des participants varie en fonction de l’envergure de l’événement.

Il arrive qu’on manque d’air!

Notons que la pratique de la planche à voile et du kitesurf requiert des conditions similaires, mais que ces activités cohabitent parfois mal, tant entre elles qu’avec les plaisanciers et les baigneurs, quand le site est exigu. Les associations d’adeptes de ces activités se penchent actuellement sur un partage approprié et sécuritaire de certaines rives et baies très achalandées afin de préciser les distances minimales qu’il est fortement conseillé de respecter et de définir des zones de décollage/atterrissage pour la pratique du kitesurf.

Surfez la vague! Quelques pistes de stratégies

Il s’agit d’activités de niche et le taux de pratique, quoiqu’en croissance, demeure limité. La quasi-absence de partenariats en matière de forfaitisation ou d’organisation de l’offre en fait des opportunités à saisir pour l’industrie touristique. Outre les Îles de la Madeleine, les autres lieux de pratique de ces activités ne proposent que très rarement des forfaits adaptés à cette pratique.

Quelques-uns le font, par exemple l’Auberge la Camarine située près du mont Sainte-Anne qui offre un forfait de parapente. Également, le Club Wind and Kite de Shippagan, une entreprise récréotouristique qui organise principalement des ateliers d’initiation et de perfectionnement de kitesurf, a mis sur pied un portail touristique (www.shippaganwindkite.com) regroupant divers services (hébergement, réparation, etc.). On y propose des forfaits vacances de formation en kitesurf ou en snowkite. Ce type d’initiative est encore rare et permet de structurer l’offre.

Une autre stratégie pourrait être de devenir partenaire des événements existants, que ce soit un festival familial de cerf-volant ou une compétition sportive, ce qui pourrait non seulement générer de l’achalandage, mais également contribuer à mousser l’événement par l’offre d’activités ou de services complémentaires.

Dans un autre ordre d’idée, les établissements d’hébergement sont sans cesse à la recherche de concepts pour bonifier leur offre d’activités et ils considèrent rarement celles liées aux vents. Pour ceux qui sont à proximité de grands espaces (champs, plages, etc.), la location de cerfs-volants ou de planches à voile peut représenter une occasion intéressante, tant du côté de la famille que des sportifs.

Enfin, les destinations ou les établissements d’hébergement qui sauront proposer une expérience qui plaira aux adeptes de sports de vent auront l’avantage d’être parmi les premiers. Tel que mentionné précédemment, ceux-ci ont tendance à se regrouper, favorisant le bouche-à-oreille. Les bonnes expériences sont vite partagées et les meilleures deviennent des lieux de pèlerinage à ne pas manquer. Si l’envie vous prend de vous adresser à cette clientèle, contactez leurs associations; celles-ci seront certainement de bon conseil pour vous guider dans l’élaboration d’un forfait. Mais rappelez-vous qu’il s’agit d’une clientèle généralement jeune, à l’affût de nouveauté et d’émotions fortes!

Bon vent!

Sources:

– Print Measurement Bureau 2007, Table 18.
– www.shippaganwindkite.com
– www.mondial-du-vent.com
– www.festi-vent.com
– www.sthonoredanslvent.com
– www.islecerf.com
– www.tourismeilesdelamadeleine.com
– www.windsurfing.qc.ca
– www.camarine.com