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Gestion Tourisme durable

La force des partenariats pour un festival écoresponsable

De plus en plus d’organisateurs de festivals s’engagent dans la protection de l’environnement. Ils mettent en place de nombreuses initiatives écoresponsables tant pour transporter les participants que pour contrer le gaspillage alimentaire. La réussite de ses mesures repose souvent sur la force des partenariats avec des organismes publics ou privés qui proposent des outils, du soutien et de l’expertise en la matière. 

 

Avant tout, connaître ses besoins  

La mise en place d’actions écoresponsables doit s’inscrire dans une démarche globale préalablement réfléchie. Pour cela, il s’avère essentiel de se poser les bonnes questions. Quels sont mes objectifs, mes besoins et mon budget? Qui s’occupera de gérer ce dossier? D’après madame Caroline Voyer, directrice générale du Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER), une meilleure connaissance de ses forces et de ses faiblesses permet de mieux analyser sa situation et d’établir des objectifs réalistes.  

Pour y parvenir, les gestionnaires ont accès à plusieurs outils et guides en ligne. Le CQEER propose une panoplie de ressources pour les festivals telles que des calculateurs pour les gaz à effet de serre générés par le transport et la gestion des matières résiduelles.  

La Société des Attractions Touristiques du Québec et Festivals et Événements Québec mettent à la disposition des organisations le Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS). Il s’agit d’un outil d’autoévaluation basé sur des indicateurs de performance calculés automatiquement autour de 12 enjeux relatifs aux pratiques sociales.

L’union fait la force  

Les organisateurs de festivals ne possèdent pas tous le savoir-faire nécessaire pour rendre leurs événements écoresponsables. D’après les intervenants rencontrés, les principaux bénéfices des partenariats sont :

  • L’expertise : apport de connaissances, service de formation, soutien à la gestion des pratiques;
  • La prise en charge: délégation de la gestion des actions, dans un contexte où l’organisateur de festival n’a personne à l’interne ayant les compétences et/ou le temps de s’en occuper.   

La collaboration entre des festivals et des organismes privés ou publics peut prendre plusieurs formes et toucher plusieurs volets des événements. En voici un aperçu. 

Volet « matières résiduelles » 

Le Festibière de Gatineau est reconnu dans sa communauté pour faire preuve de leadership en matière de pratiques écoresponsables. Grâce à la collaboration avec ses nombreux partenaires, notamment la Ville de Gatineau et l’organisme Enviro Éduc-Action, les gestionnaires du festival ont développé une stratégie pour réduire la quantité de déchets produits et le gaspillage alimentaire. En plus d’interdire les pailles à usage unique et d’avoir un système de tri à trois voies, l’événement favorise l’utilisation de la vaisselle réutilisable. Une équipe de bénévoles nettoie et redistribue le matériel aux concessionnaires. Lors de l’édition de 2018, les organisateurs ont réussi à détourner plus de 70 % des matières résiduelles des sites d’enfouissement.

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Source : Festibière de Gatineau

Pour l’ensemble de ses initiatives liées à la gestion des matières résiduelles, le festival a été récompensé en 2017 d’un prix Vivats, dans la catégorie « Prévention-Réduction à la source ». 

Volet « transport » 

Les festivals nécessitent le déplacement de beaucoup de personnes, participants, artistes et bénévoles. En plus de créer des partenariats avec les sociétés de transport de sa région, il existe plusieurs moyens de réduire les gaz à effet de serre. Plusieurs festivals du Royaume-Uni collaborent avec Energy Revolution, un organisme qui prélève un pourcentage de la vente des billets d’entrée ou de stationnement pour le réinvestir dans des projets d’énergie durable de la communauté. En 2018, Solar For Schools, qui vise à installer des panneaux solaires sur les toits des écoles du Royaume-Uni, a reçu l’ensemble des dons. La vidéo suivante présente le concept d’Energy Revolution

Source : YouTube 

Au Québec, l’Igloofest et le Piknic Électronik accueillent chaque année plusieurs DJ internationaux reconnus. Afin de compenser les gaz à effet de serre émis par leurs déplacements, un partenariat avec Give a Seat a été mis sur pied. Cet organisme vend des billets au rabais, puis donne l’argent amassé à une cause caritative choisie par l’événement. En 2017, les fonds récoltés ont permis à Arbre-Évolution de planter 333 arbres pour compenser son empreinte carbone des trois années précédentes. Ce printemps, 800 arbres seront mis en terre, ce qui va bien au-delà des émissions de gaz à effet de serre associées au transport des artistes, en 2018 et 2019.  

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Source : Charles Prot, Piknic Electronik 2019

Volet « sensibilisation des festivaliers »

Des escouades vertes lors des événements facilitent, quant à elles, la tâche des employés et des participants dans la gestion des matières résiduelles. La Coupe Rogers, en partenariat avec RECYC-QUÉBEC, a recruté plusieurs bénévoles dont le rôle est de sensibiliser les festivaliers au bon geste de trier l’ensemble de leurs matières, qu’elles soient compostables, recyclables ou jetables. Cette escouade fait aussi la promotion de l’application Ça va où?, conçue par RECYC-QUÉBEC afin d’aider les citoyens à continuer de poser de bons gestes de tri au quotidien. 

Au-delà des partenaires  : agir pour son festival et sa communauté 

Les partenariats constituent un élément clé dans la mise en place d’une stratégie pour l’implantation d’actions durables au sein d’un festival. Qui plus est, la protection de l’environnement s’avère un enjeu auquel tous les événements font face. Tel que le mentionne Nicolas Cournoyer, cofondateur de l’Igloofest et du Piknic Électronik, afin d’assurer la pérennité d’un festival, adopter des pratiques écoresponsables n’est plus un choix, mais une nécessité.  

Afin d’assurer la pérennité d’un festival, adopter des pratiques écoresponsables n’est plus un choix, mais une nécessité.  

Entourez-vous de partenaires et de commanditaires qui partagent vos valeurs. Impliquez les employés et les festivaliers dans le processus et tenez-les informés afin qu’ils adhèrent à votre projet. Soyez créatif et persévérez malgré les défis qui peuvent se présenter. Au bout du compte, tout le monde y gagne. 

Quelles pratiques durables adoptez-vous au sein de votre festival? 

 

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Gestion Ressources humaines

Investir dans le bonheur de ses employés : un gage de réussite

Depuis plusieurs années déjà, le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT) le clame haut et fort : l’industrie touristique peine à pourvoir les postes disponibles. Cet été atteint des sommets, avec plus de 20 000 emplois à pourvoir. Malgré les efforts du CQRHT et de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, qui vient tout juste de lancer une la vaste campagne de promotion Mon emploi en tourisme, la situation demeure critique. Plusieurs emplois saisonniers ou à temps partiel sont occupés par de jeunes étudiants. Comment les retenir, saison après saison, année après année? La solution pourrait-elle tenir en partie dans le bonheur au travail? D’autant plus que les salariés heureux sont plus créatifs, innovants et dévoués que leurs homologues malheureux. Investir dans le bonheur au travail crée un environnement favorable où l’employeur et les employés ont beaucoup à gagner.

Instaurer le bonheur au travail

Mais de quoi parle-t-on au juste? Certaines entreprises ont aménagé des aires de repos avec consoles de jeux vidéo, des salles de sport, des espaces conviviaux facilitant les échanges, etc. D’autres offrent la possibilité d’effectuer des voyages de ressourcement. Ces installations et ces avantages sociaux garantissent-ils le bonheur? Pas nécessairement. La perception du bonheur varie d’une personne à l’autre, tout comme les attentes. Certains sont motivés par la compétition, d’autres trouvent leur bonheur dans le travail d’équipe. Certains préfèrent un bureau à aire ouverte pour mieux discuter de leurs idées avec leurs collègues, alors que d’autres apprécient la tranquillité. Reconnaître les besoins des individus et y répondre permet de favoriser le bonheur au travail. Parmi ceux-ci : la reconnaissance, la croissance personnelle, les relations positives avec les collègues et les dirigeants, la rétroaction et le sentiment d’appartenance.

Reconnaître les besoins des individus et y répondre permet de favoriser le bonheur au travail.

Lors d’une classe de maître donnée par Simon De Baene, PDG de GSoft, pendant l’événement C2 Montréal de 2017, les participants ont déterminé plusieurs pistes de solution pour répondre aux besoins des travailleurs et favoriser le bonheur au travail. Le tableau suivant en présente un résumé.

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Directeur du bonheur? Pourquoi pas?

Cette quête du bonheur au travail a mené à la création d’un tout nouveau poste dans plusieurs entreprises : le directeur du bonheur ou Chief Happiness Officer (CHO).

Le premier poste de CHO a vu le jour dans la Silicon Valley, il y a une quinzaine d’années, et s’est rapidement répandu dans plusieurs jeunes pousses de la région. Sa mission : créer les conditions idéales au sein de son entreprise pour que chacun ait du plaisir à venir travailler. Aujourd’hui, le CHO a fait son apparition dans l’organigramme de plusieurs compagnies, principalement dans les petites, contrairement à ce qu’on peut supposer. Bien que chaque CHO propose des conditions adaptées aux besoins des travailleurs de son organisation, on peut quand même résumer ses principales fonctions, soit : 

  • favoriser la cohésion par la création d’événements de consolidation d’équipe (team building), des petits déjeuners, des sorties, etc.;
  • créer une atmosphère de travail positive;
  • maintenir une culture de travail inspirante;
  • favoriser des aménagements de temps de travail (horaires variables, télétravail, etc.);
  • permettre aux employés de s’exprimer librement (boîte à suggestions);
  • mettre en place des services qui faciliteront la vie des travailleurs (garderie, livraison de paniers de fruits et légumes, changement de pneus, etc.).

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Il va sans dire qu’avec cette mission, le directeur du bonheur doit posséder des qualités humaines telles que l’empathie, l’écoute, la patience, le tact et la diplomatie pour inspirer ses collègues. Il est observateur, organisé et inventif. En véritable médiateur, il sait trouver les mots pour argumenter et tempérer les esprits récalcitrants. Bien que son profil ne soit pas clairement défini dans un cursus scolaire ou professionnel particulier, les experts s’entendent pour dire qu’il doit être issu d’un parcours axé sur les ressources humaines ou les communications.

Faites le test, calculez votre indice de bonheur au travail

Créé en 2009, puis amélioré en 2018 par la firme Léger, l’indice de bonheur Léger au travail (l’IBL-T) permet d’évaluer le bonheur des employés en entreprise. Pour ce faire, il se base sur six fact

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, miser sur le bonheur des employés au travail peut aider à réduire l’absentéisme et le taux de roulement, tout en accroissant la productivité.

eurs : la réalisation de soi, les relations de travail, la reconnaissance, la responsabilisation, la rémunération et le sentiment d’appartenance; et sur huit dimensions : l’ouverture, la civilité, l’organisation du travail, la collaboration, l’équité, l’avancement, le dynamisme, la conciliation travail-vie personnelle. Selon Pierre Côté, président et fondateur de l’indice, pour améliorer l’IBL-T, « l’écoute et la consultation des employés, l’implication de l’effectif dans les processus décisionnels et la conciliation travail-vie personnelle » s’avèrent des pistes à considérer. Enfin, le bonheur est un processus qui doit faire l’objet d’une évaluation continue. Il faut faire l’effort de le mesurer et d’adapter ses stratégies afin de garder ses employés heureux à long terme.

Et vous? Êtes-vous heureux au travail? Faites le calcul ici.

 

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Gestion Tourisme durable

Comment mesurer ses pratiques sociales?

Lors du Rendez-vous des festivals, événements et attractions touristiques qui s’est tenu le 9 avril dernier, la SATQ-FEQ a annoncé l’actualisation et la bonification du Modèle d’évaluation des pratiques sociales des festivals et événements (MEPS).

Cet outil standardisé d’autoévaluation, de valorisation et d’amélioration des pratiques sociales se base sur des indices de performance. Ceux-ci se calculent automatiquement autour de douze enjeux relatifs aux pratiques sociales des festivals et des attractions.

 

Les voici :

  1. Gestion responsable ;
  2. Gouvernance participative ;
  3. Épanouissement et qualité de vie du personnel (RH) ;
  4. Qualité de vie de la population et du milieu ;
  5. Épanouissement des visiteurs ;
  6. Participation sociale et reconnaissance du milieu ;
  7. Engagement de l’organisation auprès de sa communauté ;
  8. Accessibilité ;
  9. Identité et mise en valeur culturelle du milieu ;
  10. Promotion de la diversité ;
  11. Créativité et innovation ;
  12. Consommation responsable.

 

La version bonifiée propose plusieurs changements, dont l’ajout et la segmentation de certains indicateurs de performance.

Ce modèle d’évaluation permet l’amélioration continue des entreprises afin de valoriser et de créer des retombées positives dans leur milieu. En prenant conscience des actions déjà en place et des enjeux sociaux, les festivals et les attractions peuvent se donner de nouveaux objectifs et établir des stratégies plus performantes tout en développant des pratiques plus durables.

Les festivals, événements et attraits intéressés par le MEPS peuvent le commander en ligne sur le site de la SATQ-FEQ.

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Gestion Produits et activités

La culture et les régions : stratégies et implications politiques

La culture contribue de façon importante à l’essor des régions. Elle peut être utilisée comme tremplin et valeur ajoutée lorsqu’elle s’intègre au développement économique, touristique et communautaire. Dans ce contexte, l’engagement des élus et des décideurs s’avère essentiel. La National Governors Association, aux États-Unis, propose un nouveau guide sur les rôles potentiels des élus et des décideurs politiques dans la mise en place de stratégies pour développer la culture dans les petites villes et les zones rurales. Cette analyse présente des cas pouvant inspirer les communautés québécoises.

Assurer le leadership au profit des collectivités rurales

Les décideurs politiques doivent guider, influencer et inspirer les projets et les idées. Par l’entremise de comités consultatifs et de groupes de travail, ils peuvent participer à la mise en place d’une vision de développement culturel dont bénéficieront les milieux ruraux.

Le réseau d’artisans du sud-ouest de la Virginie, Round the Mountain, a vu le jour en 2004 grâce à l’initiative de l’ancien gouverneur Mark Warner, qui a soutenu les efforts pour faire de cette région une destination touristique culturelle. L’objectif visait également à aider les artisans locaux à s’inclure dans les plans de revitalisation de leurs centres-villes. Au total, 15 sentiers d’artisanat ont émergé de ce projet. Les membres avaient aussi accès à des ateliers sur l’entrepreneuriat, à du coaching individuel, à du réseautage et à des groupes de discussion.

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Source : Round the Mountain

Miser sur les atouts culturels régionaux

Pour développer et « réimaginer » une région, il s’avère essentiel de tirer profit des actifs existants. Les décideurs peuvent utiliser divers moyens et outils stratégiques afin de repérer et d’améliorer les atouts culturels. Par exemple, l’intégration du patrimoine dans le plan de développement du tourisme, en misant sur la collaboration entre les organismes culturels et touristiques, constitue une avenue gagnante.

L’Oregon Arts Commission travaille depuis de nombreuses années avec l’organisation de gestion de destination Travel Oregon. Cette collaboration a permis, entre autres, de peaufiner le module sur le patrimoine culturel qui est offert dans le cadre de son programme de formation, Rural Tourism Studio. Celui-ci aide les collectivités rurales à proposer aux voyageurs des expériences authentiques, en utilisant leurs ressources locales.

Le Georgia Council for the Arts (GCA) collabore avec la Division du tourisme du ministère du Développement économique de l’État pour le développement d’activités et de formations sur le tourisme culturel. Pour y parvenir, un membre du personnel du GCA se joint à l’équipe du gouvernement afin d’apporter son expertise en arts. Il se déplace également avec l’équipe lors des tournées en région. 

Favoriser les partenariats

Le réseautage entre les nombreux intervenants régionaux et ceux issus du milieu culturel favorise le développement économique dans les régions rurales. L’une des façons dont les décideurs peuvent faciliter ce réseautage est de créer des événements et d’en faire la promotion.

Le Kentucky Rural-Urban Exchange appuie la collaboration entre les arts, l’agriculture, les communautés et les petites entreprises. Fondé en 2014 par les groupes Appalshop et Art of the Rural, il est soutenu par de nombreuses organisations, y compris le Rural Policy Research Institute. Le réseau de 75 membres répartis dans 25 comtés comprend trois groupes de travail qui se rassemblent trois fins de semaine par année. Les participants sont des artistes, des agriculteurs, des politiciens et des propriétaires d’entreprises. Les échanges facilitent les partenariats visant à relever des défis sociaux et économiques communs.

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Source : Kentucky rural-urban exchange

Développer les talents locaux et le capital humain

Plusieurs initiatives soutenues par les décideurs en faveur de l’entrepreneuriat s’avèrent bénéfiques pour les régions. Que ce soit le développement professionnel ou la formation de futurs gestionnaires par le biais de collèges et d’universités, il existe de nombreuses opportunités pour le milieu culturel en quête de perfectionnement.

Le Montana favorise l’entrepreneuriat en ciblant particulièrement le secteur culturel. Grâce au Montana Artrepreneur Program, les artistes reçoivent une formation de dix mois. Celle-ci inclut un accompagnement professionnel, en plus du développement d’un réseau de clients potentiels. D’après le rapport du Montana Arts Council, les participants ayant obtenu la certification du programme entre 2009 et 2014 ont connu une augmentation moyenne de 650 % de leur chiffre d’affaires et de 87 % de leurs ventes hors de l’État.

Source : YouTube

Créer un environnement propice à l’investissement et à l’innovation

Comme dans plusieurs milieux, l’argent demeure un enjeu majeur pour le développement des communautés et des projets ruraux. Bien qu’il existe plusieurs solutions, le rôle des décideurs reste indispensable, puisqu’ils peuvent développer et promouvoir des programmes de financement, d’incitations fiscales ou d’assistance technique.

En Caroline du Sud, le programme ArtsGrowSC offre aux artistes des régions rurales un soutien financier pour démarrer ou agrandir une entreprise liée aux arts ou pour acheter de l’équipement. Cela inclut notamment un programme d’épargne, des microprêts, des subventions, un accompagnement personnalisé et des ateliers.

Au Québec, de nombreux projets sont l’œuvre d’individus et d’organismes désirant développer leur milieu au moyen de la culture. Une action concertée de tous les acteurs maximise les chances de réussite, pour le plus grand bénéfice des régions. Qu’en pensez-vous?

 

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Gestion

Des solutions innovantes pour le financement des PME

Des difficultés de financement persistantes

les garanties et cautions exigées par les financiers constituent le principal problème lors d’une demande de financement

Les exigences en matière de garanties et de cautions affectent la capacité des PME touristiques à emprunter. Au Québec, 44 % des entreprises des secteurs de l’hébergement, des arts et spectacles, des divertissements et loisirs ainsi que des services de voyages, qui ont été interrogées en novembre 2017 par la firme de recherches et sondages SOM pour le compte du ministère du Tourisme, affirment que les garanties et cautions exigées par les financiers constituent le principal problème lors d’une demande de financement; cette proportion atteint 61 % dans le cas des services de voyages. Pourtant, la possibilité d’avoir accès au financement est primordiale pour assurer le développement et la viabilité des entreprises.

Des programmes particuliers pour les PME touristiques

Pour résoudre ces difficultés de financement, des destinations ont décidé de mettre sur pied des programmes spécifiques pour les PME touristiques. C’est le cas du Québec qui a créé, entre autres, le Programme d’appui au développement des attraits touristiques (PADAT), géré par Investissement Québec, et le Fonds tourisme PME, en partenariat avec Filaction. Ces deux programmes visent à stimuler l’investissement des entreprises touristiques et à favoriser l’émergence de projets novateurs. Ils ont vu le jour dans le cadre du Plan de développement de l’industrie touristique 2012-2020 et ils font partie des huit programmes d’aide financière aux entreprises touristiques du ministère du Tourisme.

Le Fonds de solidarité FTQ « accompagne financièrement et stratégiquement les entreprises désireuses de profiter des opportunités de croissance » grâce à du capital-actions et à de la dette non garantie. La Banque de développement du Canada propose également des solutions de financement pour agrandir ou acquérir des installations, investir dans les ventes et le marketing, ou explorer de nouveaux marchés.

En France, il y a cinq ans, le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne a créé la Banque du Tourisme, une caisse locale consacrée entièrement à ce secteur d’activité. En plus d’offrir du financement, celle-ci propose un accompagnement, des formations sur mesure ou encore du soutien à la création et à la transmission des entreprises.

La Banque autrichienne du développement et du tourisme constitue un guichet unique pour les entreprises touristiques. Il s’agit d’un partenariat public-privé dont les programmes reposent sur le financement direct et indirect, de même que sur le partage de risques : prêts bonifiés, subventions et garanties d’État. L’argent prêté ne doit pas servir au financement des activités courantes.

Des modes de financement innovants

l’Organisation de coopération et de développement économiques croit qu’il faut élargir la gamme des outils de financement afin de rendre les entreprises moins dépendantes de l’emprunt

Malgré l’importance du financement bancaire pour le secteur des PME, l’Organisation de coopération et de développement économiques croit qu’il faut élargir la gamme des outils de financement afin de rendre les entreprises moins dépendantes de l’emprunt. Voici quelques exemples venus d’ailleurs :

  1. Le prêt entre particuliers et le financement participatif. Ils constituent deux modes de financement innovants, simples et peu coûteux pour les entreprises touristiques qui éprouvent de la difficulté à obtenir des fonds en faisant appel aux circuits traditionnels. Bien qu’ils existent depuis plus de 10 ans, ils sont peu utilisés dans le secteur du tourisme. Toutefois, certaines destinations, comme la Nouvelle-Zélande, ont modifié leur législation afin de permettre le prêt entre particuliers et le financement participatif sur le marché des capitaux du pays. Supervisés par l’Autorité des marchés financiers néo-zélandaise, les services de prêt entre particuliers et de financement participatif sont maintenant fournis par des sociétés privées (plateformes) agréées par le législateur. En février 2016, on dénombrait quatre plateformes autorisées pour le prêt entre personnes et huit, pour le financement participatif.                                         

La défunte TravelStarter, une plateforme de financement participatif destinée aux PME du tourisme, a permis de financer des projets dans plusieurs pays, notamment la Croatie, l’Espagne, les États-Unis, la France, le Portugal, la Slovénie et le Royaume-Uni. À Cardiff, au Royaume-Uni, Safehouse Hostel a amassé plus de 10 000 $ US pour financer des travaux de rénovation. À San Francisco, Pacific Tradewinds Hostel a réalisé une campagne marketing pour moderniser et rénover l’espace de travail partagé qu’il met à la disposition des entrepreneurs en déplacement et pour promouvoir l’endroit auprès des résidents et des voyageurs. Au Québec, La Ruche a permis à Voyage Grand V de mettre sur pied son projet Bustel, un autobus scolaire converti en auberge voyageuse, et MiiMOSA, qui se consacre exclusivement aux secteurs de l’alimentation, de l’agriculture et de l’agrotourisme, a soutenu plusieurs projets.

  1. Le financement responsable. Au Royaume-Uni, des entreprises sociales réinvestissent leurs bénéfices pour offrir du financement à d’autres personnes et entreprises. Elles financent les prêts qu’elles accordent, entre autres, auprès de sources publiques et privées (banques commerciales, investisseurs sociaux, aides publiques, fonds fiduciaires, fondations). En 2015, 51 acteurs de la finance responsable ont prêté 98 millions de livres sterling (173 millions CA) à des microentreprises et à des PME. Le propriétaire du Black Swan, un gîte rural, a eu la possibilité de ne payer que de faibles mensualités pendant les six premiers mois suivant son ouverture. Le prêt s’est accompagné de services de soutien non financiers, comme le tutorat.
  2. Les coopératives de cautionnement permettent aux PME suisses d’obtenir des prêts grâce aux garanties de plafond de crédit qu’elles leur accordent. Elles peuvent couvrir jusqu’à 65 % des pertes occasionnées par un projet. Trois de ces quatre institutions œuvrent sur le plan régional.
  3. Le prêt d’honneur. Il s’agit d’un prêt sans intérêt (taux zéro) qui ne nécessite pas de garantie personnelle ou réelle. Il est consenti à une personne physique — et non à une entreprise — afin qu’elle puisse augmenter sa capacité d’emprunt pour réaliser un nouveau projet ou acquérir une entreprise. L’entrepreneur s’engage sur l’honneur à rembourser cette dette. En France, deux réseaux offrent ce type de prêt aux personnes capables de présenter un solide plan d’affaires. L’effet de levier est considérable : pour un euro de prêt d’honneur, les banques allouent en moyenne de 7 à 13 euros en financement supplémentaire. De plus, l’entrepreneur reçoit un accompagnement tout au long de la phase de démarrage de l’entreprise. Au Québec, le CLD Antoine-Labelle propose un tel fonds à ses investisseurs. Son objectif : « stimuler l’entrepreneuriat, fournir un support (sic) technique et financier aux entrepreneurs désirant créer, développer un nouveau projet ou prendre la relève d’une entreprise à but lucratif dans la MRC d’Antoine-Labelle. »

Et vous? Avez-vous des solutions à apporter aux problèmes de financement des PME touristiques?

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Gestion Ressources humaines

Miser sur la santé des employés : tout le monde y gagne

Mise sur pied à l’initiative du Groupe entreprises en santé en 2008, la norme Entreprise en santé constitue un cadre de référence à l’intention des organisations québécoises de toutes tailles et de tous secteurs d’activité qui souhaitent agir pour améliorer la santé globale (physique, psychologique et sociale) et le mieux-être de leurs employés.Pour y parvenir, celles-ci doivent consulter et mobiliser le personnel afin de connaître ses besoins et les pistes d’amélioration possibles.

Mme Isabelle de Surmont insiste sur l’importance d’engager les hauts dirigeants dans le processus pour maximiser les chances de réussite

Un comité formé de travailleurs et de représentants de l’entreprise élabore ensuite un plan d’action. Mme Isabelle de Surmont, auditrice auprès du Bureau de normalisation du Québec (BNQ) et conférencière lors d’un atelier organisé par Novae, insiste sur l’importance d’engager les hauts dirigeants dans le processus pour maximiser les chances de réussite. Une fois obtenue, la certification doit être renouvelée tous les trois ans. Le BNQ réalise des audits annuels dans les organisations certifiées afin de les encourager à améliorer continuellement leurs pratiques. Entreprise en santé est en cours de révision et deviendra une norme nationale du Canada à l’automne 2019.

Pourquoi s’y intéresser?

L’adoption de bonnes pratiques en santé permet de diminuer ces frais et comporte un impact sur la rétention et l’attraction des employés

Les coûts liés à la santé croissent constamment pour les organisations. Selon un rapport publié par l’Agence de la santé publique du Canada en décembre 2015, la moitié (51,6 %) des Canadiens de 20 ans et plus souffrent d’une maladie chronique ayant des effets sur leur santé et leur bien-être. Pour le Québec, les coûts directs totaux de six des principales maladies chroniques devraient atteindre les trois milliards de dollars et les coûts indirects, plus de neuf milliards, selon une étude du Conference Board du Canada réalisée pour le compte de la Direction générale de la santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. En outre, on estimait en 2012 que chez les Québécois âgés de 15 ans et plus, près d’un sur cinq avait vécu un épisode dépressif, un trouble bipolaire ou un trouble d’anxiété généralisée au cours de sa vie.

En milieu de travail, cela se traduit entre autres par une perte de productivité, de l’absentéisme et un taux de roulement élevé qui occasionnent une augmentation des frais pour l’entreprise. L’adoption de bonnes pratiques en santé permet de diminuer ces frais et « comporte un impact sur la rétention et l’attraction des employés, ce qui est de bon augure dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre », souligne Isabelle de Surmont.

Quatre sphères d’intervention

Le champ d’action de la norme se divise en quatre sphères reconnues pour leur impact sur la santé des employés : les habitudes de vie, l’environnement de travail, les pratiques de gestion et la conciliation travail-vie personnelle. Mme de Surmont précise que chacune des sphères doit faire l’objet d’une analyse simultanée pour favoriser l’obtention de meilleurs résultats. Si l’enquête démontre un degré de stress élevé, l’organisation pourra mettre sur pied des ateliers sur la gestion du stress ou des cours de méditation. De même, si l’on observe des difficultés à concilier le travail et la vie personnelle, l’entreprise pourra offrir du télétravail, des horaires flexibles ou variables. Référez-vous à l’infographie suivante pour d’autres exemples.

OPTEL, l’exemple d’une entreprise en santé

Depuis 30 ans, OPTEL offre des solutions technologiques de traçabilité pour divers secteurs d’activité. Installée dans le Parc technologique du Québec métropolitain, l’organisation a reçu les certifications Entreprise en Santé et B-Corp pour ses performances en développement durable, en 2017. Pour obtenir ces certifications, elle a créé trois comités (développement durable, santé durable, action communautaire), chacun étant composé de cinq à sept personnes incluant un vice-président. En effet, Mégane Mandruzzato, leader stratégique, Développement durable et responsabilité sociale, réaffirme l’importance d’engager la haute direction dans la démarche de certification afin d’en assurer le succès.

Ces trois groupes ont d’abord recueilli l’information nécessaire pour trouver des pistes d’amélioration possibles au sein de l’entreprise, puis ont défini les plans d’action. Le comité sur le développement durable conçoit des projets écoresponsables tels que l’installation de ruches et d’un jardin urbain sur le toit de l’entreprise, favorise la gestion des matières résiduelles et les transports durables. Ainsi, les employés qui se rendent au travail à vélo ont accès à une douche et à un vestiaire sur place et peuvent ranger leur bicyclette de manière sécuritaire dans un hangar fermé à clé. OPTEL, en collaboration avec d’autres entreprises du Parc technologique, organise aussi une foire de la mobilité durable, où les employés cyclistes ont la possibilité de faire réparer leur vélo et d’apprendre à en faire l’entretien. Ces actions lui ont valu la certification VÉLOSYMPATIQUE, délivrée par Vélo Québec.

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Source: Groupe OPTEL

Les projets liés à la santé durable incitent les employés à « prendre soin de leur santé de manière durable à travers la santé mentale, une saine alimentation et des activités physiques ». Ces initiatives peuvent prendre diverses formes :

  • ateliers de formation où l’on prône la saine alimentation ;
  • conférences sur la nutrition ;
  • micromarché fournissant des paniers de fruits et de légumes biologiques ;
  • participation à des marathons, au Défi Entreprises Québec ;
  • clubs de course, de marche et de vélo ;
  • la Bulle, un espace réservé exclusivement aux employés souhaitant travailler ou prendre une pause sans être dérangés ;
  • boîte à pression, un atelier pour aider les travailleurs à mieux communiquer leurs émotions ;
  • formation sur la performance cognitive et la gestion du stress offerte aux gestionnaires ;
  • etc. 

Source : Groupe OPTEL

Le volet « action communautaire » appuie et soutient des organismes locaux grâce à une implication bénévole, mais rémunérée par OPTEL, de quatre heures par année par employé. L’organisation recueille aussi des dons qui sont remis à la communauté.

Pour Mégane Mandruzzato, les certifications Entreprise en santé et B-Corp permettent d’attirer des employés motivés, prêts à s’impliquer et à partager la mission de l’entreprise pour un monde meilleur et durable pour les enfants et les générations futures. Et pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil dans le hall d’entrée d’OPTEL, où trône une mosaïque murale composée de 1500 photos d’enfants  : les rejetons des 700 employés de l’entreprise !

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Gestion

Gestion de files d’attente

Les files d’attente représentent un enjeu de taille, particulièrement dans les lieux à forte affluence. À l’entrée du site, elles influencent la première impression que le public aura de l’accueil, tandis qu’à l’intérieur d’un site, elles teinteront l’appréciation et le confort des visiteurs, leur envie de consommer et la façon dont ils parleront de leur expérience à leur retour. Pour les employés de première ligne, les frictions ressenties par les clients peuvent détériorer leurs conditions de travail. Planifier stratégiquement l’arrivée et le déplacement d’importants flux s’avère donc essentiel.

Quelques exemples présentés dans cette analyse sont issus d’articles publiés dans la Revue Espaces de janvier 2019, cités ci-bas.

Par où commencer ?

La connaissance générale de son public, de ses habitudes de fréquentation, de ses besoins, de ses exigences et de sa provenance, constitue un bon point de départ. Colliger ces informations permet de définir les pics de fréquentation et de repérer les lieux les plus névralgiques afin d’élaborer une stratégie d’accueil efficace selon divers scénarios.

L’expérience client se trouve au cœur de cette réflexion. En produisant un design de service qui tient compte de chaque segment du parcours du visiteur, il est possible de trouver et de décortiquer les éléments qui suscitent de la friction. Cet exercice fournit l’occasion de plancher sur des solutions visant à intégrer harmonieusement les épisodes d’attente à la visite.

Des actions qui se réalisent en amont

Plusieurs incitatifs favorisent un meilleur étalement des arrivées et se réalisent en amont de leur présence sur le site.

Quand vient le temps d’organiser une activité, les consommateurs s’attendent à pouvoir accéder rapidement à des renseignements qui les aideront à mieux préparer leur sortie. Plusieurs incitatifs favorisent un meilleur étalement des arrivées et se réalisent en amont de leur présence sur le site, par exemple :

  • Donner le plus d’information possible sur son site Web, indiquer les meilleurs moments pour s’y rendre, répondre aux questions les plus souvent posées (FAQ) à propos de l’affluence sur les lieux ;
  • Encourager l’achat de billets en ligne pour diminuer les files à la billetterie ;
  • Proposer des tarifs dynamiques pour encourager le public à se rendre durant des périodes plus creuses ;
  • Contrôler le nombre d’entrées en procédant par réservation ;
  • Allonger les heures d’ouverture certains jours clés de la semaine ;
  • Promouvoir l’usage d’outils numériques lorsqu’il y en a, par exemple des bornes pour l’achat de billets en libre-service.

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Au Musée de la civilisation de Québec, les visiteurs qui achètent leurs billets en ligne se prévalent de leur accès prioritaire. Source : Musée de la civilisation

L’innovation technologique au service de la gestion des files

Malgré un rigoureux plan d’action effectué en amont, bien des contextes font en sorte que l’attente est inévitable. Ces dernières années, les problématiques entourant cet enjeu ont inspiré de nombreuses jeunes pousses à créer diverses solutions technologiques. En 2017, le Welcome City Lab de Paris a lancé un appel à candidatures sur le thème de la gestion de l’attente dans les lieux touristiques. Au total, cinq startups ont développé et testé des outils qui ont permis, entre autres, de créer des parcours clients plus fluides, d’offrir des solutions d’accueil axées sur le numérique, d’incorporer la ludification (gamification) au processus d’attente, d’informer le public en temps réel, etc.

Lineberty, l’une des cinq startups sélectionnées par le Welcome City Lab, gère certaines files d’attente du parc d’attractions français Futuroscope. Source : Lineberty

Une technologie gagnante pour le client… et pour l’entreprise

À Montréal, le MT Lab compte, parmi les entreprises « incubées » de sa cohorte 2018-2019, Payzpot, qui développe des canaux de vente numériques pour les concessions alimentaires dans les événements. La solution proposée par les fondateurs, Tanguy Morelli et Jonathan Ben Soussan, vise à atténuer les frictions que vivent les personnes qui se trouvent en file lors d’événements de tous genres. À l’aide d’une application, les visiteurs ont accès à l’offre du site en nourriture et boissons. Ils peuvent commander et payer directement depuis leur appareil mobile. Pour les gestionnaires de concessions alimentaires, un logiciel de gestion de commandes permet de traiter les demandes rapidement et de tenir informés les consommateurs de leur rang dans la file virtuelle. Lorsque la disposition du lieu le permet, par exemple dans un stade, une option de livraison peut être ajoutée au service. En plus d’améliorer l’expérience client, la solution de Payzpot recueille des données pertinentes sur les habitudes de consommation des utilisateurs. Ces informations stratégiques peuvent ensuite être utilisées pour planifier des opérations futures.

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La startup Payzpot est derrière Piknic Drinks, l’application à succès du Piknic Électronik. Source : MT Lab

Et si l’attente devenait une période de divertissement ?

Pour intégrer les périodes d’attente à la visite, certains se tournent vers la ludification (gamification). De plus en plus de solutions technologiques voient le jour dans le domaine du jeu. Par exemple, l’entreprise Xilabs, qui se spécialise dans les jeux géolocalisés sur appareil mobile, a développé Skipthequeue, un jeu conçu pour occuper les visiteurs se trouvant dans une file d’attente. Greffé au billet virtuel d’une attraction, d’un événement ou de tout autre lieu, Skipthequeue débute lorsque le visiteur s’insère dans la file. À ce moment, il reçoit un message sur son appareil mobile lui indiquant son temps d’attente. Il décide alors s’il joue ou non, seul ou avec d’autres grâce à la géolocalisation. Lorsqu’il accède au jeu, sa place en file devient virtuelle et il peut se déplacer sans perdre son rang. La durée de l’activité s’adapte à la période d’attente, normalement de 20 à 60 minutes, ou à la réception, par le joueur, d’un avis lui indiquant son entrée imminente. La thématique du jeu est modulable selon le lieu, l’exposition ou le sujet choisi. L’activité peut prendre la forme d’une enquête, d’un jeu d’observation, de réalité augmentée, etc. Pour le joueur, c’est le moment de quitter une file pour explorer l’environnement du site qu’il visitera. Pour les gestionnaires du lieu, Skipthequeue fragmente la file sans avoir à mobiliser davantage d’employés.

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Source : Skipthequeue de Xilabs

Des outils technologiques pour informer le public

Les visiteurs souhaitent être informés de leur progression dans la file, savoir quel parcours emprunter lorsque certains itinéraires semblent trop achalandés, connaître le motif d’un retard ou d’un arrêt de service; bref, ils désirent que l’on communique avec eux. Plusieurs applications mobiles et écrans disposés dans les lieux d’attente veillent à fournir ce type de renseignements.

À Val-Thorens, la station utilise le système Skiflux, qui lui permet d’informer les skieurs en temps réel de l’achalandage sur les pentes. Cette solution technologique compile le nombre de passages sur des parcours stratégiquement sélectionnés. Les résultats sont ensuite diffusés sur quatre écrans géants, situés au départ des pistes.

Une gestion cas par cas

Les files d’attente ne sont pas toutes équivalentes. La façon de les gérer non plus. Chaque situation nécessite une approche personnalisée qui s’accorde avec le contexte, mais aussi avec les besoins et les attentes de ses clientèles. Les solutions visant à atténuer les flux et les files sont abondantes et les outils technologiques novateurs se multiplient. Pour poser des actions efficaces, il ne faut pas sauter d’étapes, mais plutôt prendre le temps d’effectuer un diagnostic pour comprendre sa propre réalité.

 

Source image à la une : Mali Maeder de Pexels

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Gestion Tendances

Connaître les mégatendances pour innover

Euromonitor International, un des leaders mondiaux des études de marché stratégiques, s’est penché sur les mégatendances qui façonneront le monde et l’industrie touristique au cours des prochaines années. Mais, qu’entend-on par mégatendance ?

Il s’agit d’une modification fondamentale de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant la plupart des secteurs d’activité. Elle ne constitue pas une mode à court terme, mais s’inscrit plutôt dans la longévité. En effet, pour être considéré comme une mégatendance, le changement doit durer de dix à quinze ans.

Une mégatendance constitue un changement de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant plusieurs industries.

Une mégatendance constitue un changement de comportement ou d’attitude, observable à l’échelle mondiale et touchant plusieurs industries.

Pourquoi s’intéresser aux mégatendances ?

Pour prospérer sur un marché en évolution rapide, faire face aux perturbations et rester à l’affût des modifications de comportement des consommateurs, une entreprise doit intégrer l’analyse des mégatendances dans sa stratégie. Cela lui permettra d’observer ce qui se passe en dehors de son secteur d’activité et de ses marchés, de mieux comprendre les bouleversements qui auront un impact sur son avenir et, ainsi, de se donner une vision globale.L’analyse des mégatendances représente une partie importante de la première phase du processus d’innovation, de découverte et de génération d’idées. Mais elle ne se limite pas au développement de produits. Elle constitue un élément clé pour innover dans tous les domaines. Elle peut servir, par exemple :

  • à redéfinir la mission à long terme de l’entreprise ;
  • à mettre sur pied son plan d’affaires ;
  • à orienter les processus de recherche et de développement ;
  • à cibler de nouveaux segments de clientèle ;
  • à guider ses actions de marketing ;
  • à revoir ses besoins en ressources humaines ou matérielles ;
  • etc.

Comment procéder ?

Afin d’identifier les mégatendances, déterminez ce qui entraîne des modifications de comportement et d’attitude à long terme. Tentez de comprendre les forces sous-jacentes qui conduisent au changement et la façon dont elles façonneront le monde au cours des quinze prochaines années environ. Euromonitor en nomme cinq :

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Source : Euromonitor International

  • Les forces économiques. Les pays émergents et en développement représenteront les deux tiers de la production mondiale d’ici 2030. Trois marchés émergents figureront au nombre des cinq plus grandes économies du monde;
  • La démographie. L’urbanisation, les migrations, l’augmentation de l’espérance de vie, la baisse du taux de natalité et la croissance de la population âgée ont un impact sur les modes de vie des consommateurs et leurs décisions d’achat;
  • La technologie. Du développement d’Internet mobile à l’impression 3D et à l’intelligence artificielle, les constantes innovations technologiques sont à l’origine de grandes tendances de consommation;
  • L’environnement. La pression sur les ressources naturelles s’est accrue parallèlement au PIB mondial, en partie à cause de la croissance démographique et de la demande provenant des marchés émergents. Cela a entraîné une hausse des besoins en électricité et des émissions de CO2;
  • Les valeurs. Les croyances évoluent constamment et redéfinissent les priorités, les perceptions, les attitudes et les motivations.

À partir de ces facteurs de changement, Euromonitor a recensé 20 mégatendances (voir l’image).

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Source : Euromonitor International

Déterminez les mégatendances qui comptent le plus pour vous

Reconnaître l’importance d’une tendance par rapport à une autre est essentiel pour intégrer l’analyse des mégatendances à sa stratégie commerciale. Car l’importance attribuée à chacune d’entre elles variera en fonction de son secteur d’activité. Certaines, comme la personnalisation, s’avèrent pertinentes pour plusieurs industries, alors que d’autres peuvent sembler moins préoccupantes au premier abord. Appliquant ce raisonnement, Euromonitor a sélectionné huit mégatendances qui, selon l’organisme, auront un impact majeur sur l’ensemble des industries, y compris celle du tourisme ; les voici :

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Source : Euromonitor International

  1. Plus d’expérience. L’accent est mis sur les expériences plutôt que sur les possessions. Cette tendance se concentre sur la manière dont les entreprises conçoivent des expériences multisensorielles et interactives pour engager les consommateurs sur un plan plus émotionnel. Les expériences positives créent des souvenirs impérissables et des relations plus profondes avec les clients;
  2. Montée en gamme. Les acheteurs recherchent des niveaux de service et de personnalisation plus élevés. L’authenticité, le luxe abordable et une relation émotionnelle durable constituent dorénavant des éléments essentiels à toute stratégie de montée en gamme;
  3. Évolution des frontières. À mesure que certaines régions du monde deviennent surexploitées ou atteignent leur plein potentiel, d’autres prennent de l’importance comme l’Asie, l’Afrique et même l’Arctique. De plus, la technologie ouvre un nouveau marché virtuel de jeunes acheteurs à travers le monde;
  4. Consommateurs connectés. Ceux-ci utilisent des ordinateurs, des téléphones intelligents, des tablettes, des outils de navigation, des lecteurs multimédias ou de livres numériques, des appareils d’imagerie et de jeu et d’autres dispositifs audio et visuels qui se connectent à Internet, afin de faire l’expérience du contenu numérique et d’interagir avec celui-ci;
  5. Mode de vie éthique. Les consommateurs et les entreprises accordent un intérêt croissant à l’éthique et aux valeurs morales. Cela se traduit par une plus grande attention portée aux autres (êtres humains, bien-être des animaux et environnement) dans ses choix de consommation. Les entreprises qui privilégient des pratiques commerciales éthiques apparaîtront plus authentiques;
  6. Mode de vie sain. Les consommateurs démontrent une approche plus holistique du bien-être, englobant ses aspects spirituel, mental et physique. Cette insistance sur la santé et le bien-être implique un changement de style de vie et une évolution des attitudes envers les soins de santé, la nutrition, la beauté, l’activité physique et l’amélioration de soi en général;
  7. Recul de la classe moyenne. Tandis que les classes moyennes sont en plein essor en Asie, celles des marchés développés peinent à maintenir leur position économique. Malgré cela, ces consommateurs constituent toujours une cible majeure pour les entreprises. Leurs décisions d’achat sont motivées par la recherche de la valeur, et pas seulement d’un prix « avantageux ». D’autres facteurs intangibles tels que la qualité, l’expérience, la commodité et l’authenticité s’avèrent importants;
  8. Magasinage réinventé. La manière dont nous achetons des biens et des services est en constante évolution, à mesure que les réalités économiques et technologiques se transforment. Les consommateurs d’aujourd’hui font leurs achats sur de multiples plateformes et les commerçants doivent être prêts à s’y engager à tout moment et en tout lieu. Le parcours client idéal intègre l’entreprise à toutes les étapes de l’expérience, en apportant une valeur ajoutée avant, pendant et après l’achat.

Ces huit mégatendances sont le point de départ de votre analyse. Lesquelles auront le plus d’impact sur votre entreprise et comment agiront-elles sur votre offre et votre organisation ?

 

Source image à la Une : Samuel Silitonga, Pexels

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Gestion Marketing

Gérer l’achalandage à l’aide des médias sociaux

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la gestion de l’achalandage permet de développer un attrait en harmonie avec la population locale et l’environnement. Pour les parcs nationaux, cette gestion est cruciale. Les périodes d’affluence plus importantes peuvent mettre en péril la conservation de la nature, accabler les résidents et affecter l’expérience des clients.

Depuis le 150e anniversaire du pays, Parcs Canada reçoit près de 28 millions de visiteurs par année. Ces visiteurs se concentrent dans quelques parcs, dont certains ont connu une augmentation de fréquentation de plus de 500 %. Les petites municipalités limitrophes peinent à gérer ce nouvel afflux.

Lors d’un congrès à Ottawa, Alain Nantel, du département de marketing de Parcs Canada, a présenté sa solution : une campagne qui met de l’avant dix parcs et sites historiques méconnus du grand public. Moins médiatisés et plus éloignés des centres urbains, ces « joyaux cachés » attirent l’attention des visiteurs désireux de sortir des sentiers battus. Les publications Facebook, Instagram et Twitter redirigent vers une page spécialisée pour simplifier la planification d’une visite.

Parcs Canada gère les flux dans ses parcs à l'aide des médias sociaux

Source: page Facebook de Parcs Canada 

Selon monsieur Nantel, cette stratégie a permis à quelques municipalités de souffler un peu durant l’été 2018.

Et vous, utilisez-vous les médias sociaux pour gérer votre achalandage ?

 

Source image à la une: Unsplash

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Gestion

Avoir besoin de plus petit que soi

Selon la firme internationale de recherche Phocuswright, l’industrie touristique se trouve dans un contexte où les jeunes entreprises ont la possibilité de s’imposer avec leurs nouvelles idées. Le monde des start-ups est en effervescence et l’agilité de ces dernières constitue leur atout majeur.   

Pour une entreprise, collaborer avec des start-ups ou les intégrer au sein même de leur organisation représente un avantage pour innover. Comme l’a suggéré Paul Arsenault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat, lors de la conférence «Innover ou disparaître», l’intégration fonctionne si un écosystème se met en place.

Jouer dans la cour des grands

Certaines compagnies s’associent à des start-ups pour demeurer compétitives. En voici quelques exemples.

En 2017, la jeune entreprise RozieAI a collaboré avec Air Canada pour adapter le service vocal intelligent Alexa d’Amazon. Les utilisateurs de cet assistant personnel peuvent l’interroger oralement pour connaître l’état des vols, les prix ou l’emplacement pour récupérer les bagages.

iAdvize travaille avec plus de 600 entreprises, notamment Air France, Disney, Michelin et Voyages SNCF. Elle se spécialise dans la gestion de la relation client par messagerie instantanée. Grâce au ciblage comportemental, elle repère les consommateurs qui semblent hésiter et avoir besoin de conseils. Les internautes sont guidés en temps réel par d’autres clients ambassadeurs et non pas uniquement par des vendeurs de la marque. La vidéo suivante explique davantage le concept.

Source : YouTube

D’autres compagnies prennent le pari de développer des structures au sein même de l’organisation, comme des incubateurs ou des accélérateurs, pour accueillir les jeunes entreprises.

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Marriott a lancé le programme d’accélération Testbed pour l’aider dans sa transformation numérique. Les start-ups peuvent tester leurs idées dans les chambres d’hôtel de la chaîne. La SNCF propose également un accélérateur, Oui Link, qui permet aux jeunes entreprises de bénéficier des conseils et des expertises de collaborateurs, de recevoir de la rétroaction des clients et d’accéder à son réseau de partenaires. Certaines d’entre elles, comme OuiCar et Loco2, seront même rachetées par la SNCF.

Disneyland Paris offre un programme d’Open Innovation, le Castle Hub, à de jeunes entreprises dont le produit est déjà fini et commercialisé. La plus récente start-up choisie, Aglaé, a réussi à convaincre le parc d’attractions lors d’un argumentaire de vente des plus originaux (voir la vidéo suivante). 

Source : YouTube

Des cas de destinations

Les start-ups permettent également aux destinations d’innover. Par exemple, l’office de tourisme de Lyon a collaboré avec Hippocketwifi, spécialiste en location de miniboîtiers wifi, afin d’offrir aux touristes une connexion à haute vitesse pendant leur séjour.

Dans le cadre des festivités du 500e anniversaire du Havre, l’office de tourisme a collaboré avec Artpis pour faire la promotion de son programme d’activités. L’équipe apportait son expertise locale, alors que la start-up transmettait son savoir-faire en marketing digital, en plus de mettre à profit sa capacité à réagir rapidement en cas de problème. L’opération a réussi à joindre plus de trois millions de personnes via les infolettres et les réseaux sociaux. D’après l’expert en marketing de destination, Nicolas Barret, le succès de cette collaboration provient d’un bon travail d’équipe, tant sur la création de contenus que sur le choix des outils de diffusion.

Au Québec, la start-up Stimulation Déjà Vu collabore avec Tourisme Montréal et Tourisme Shawinigan. Elle réussit à promouvoir leurs destinations et à créer des expériences sensorielles par l’utilisation de l’odorat.

Provoquer les rencontres

Bien que plusieurs grandes compagnies saisissent l’occasion de travailler avec des start-ups, nul besoin d’être une multinationale ou de posséder un chiffre d’affaires exorbitant pour les approcher. Mais par où commencer ?

De nombreuses initiatives mettent en relation les start-ups et les entreprises. En plus des incubateurs et des accélérateurs, une panoplie d’événements, de conférences, de plateformes existent pour permettre d’établir un premier contact avec les jeunes pousses innovatrices. Dans la région de la Haute-France, le site Adopte une startup agit comme intermédiaire avec les entreprises et fait la promotion des start-ups de la région. À Montréal, le Startupfest propose des conférences et des séances de réseautage uniques pour favoriser l’interaction entre les jeunes entreprises et les investisseurs (voir la vidéo).

Source : YouTube

Pendant ce temps au MT Lab

À Montréal, le MT Lab met en place plusieurs stratégies et événements pour favoriser la création de liens entre ses partenaires et les start-ups incubées. Par exemple, pendant l’appel à candidatures, les grandes entreprises présentent leurs besoins à la manière d’un reverse pitch. Il s’agit d’exposer aux start-ups ses enjeux, ses besoins ou ses pistes de développement. Lors des journées de l’innovation (Demo Day), de jeunes entreprises sélectionnées en plus des incubées rencontrent les partenaires du MT Lab. La collaboration entre l’une des start-ups incubées, Mérinio, et l’aéroport de Montréal Pierre Elliott Trudeau représente un bon exemple des avantages pour une entreprise de travailler avec une jeune pousse. Spécialisée dans la gestion de la main-d’œuvre, Mérinio a développé une solution sur mesure pour son client grâce à sa capacité d’adaptation et à sa rapidité à s’ajuster à ses besoins.

 Collaborer avec des start-ups est tout à l’intérêt de l’industrie touristique. Ce type d’association n’est pas une mode. Le succès sera au rendez-vous si un partenariat sincère s’inscrit dans la démarche.

 

Source de l’image à la une : Pexels