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Le désirable marché gai

Il voyage davantage, il dépense plus, il participe aux événements ciblés; tout le monde le veut. On le sait, depuis plusieurs années, le marché gai s’avère grandement rentable pour les destinations qui ont su l’accueillir. En fait, 97% des gais et lesbiennes américains ont pris des vacances l’an dernier, contrairement à 64% pour le reste de la population. Mais Montréal, une des villes pionnières pour la promotion auprès  de ce marché, semble perdre du terrain auprès des Américains par rapport à d’autres villes canadiennes.

Rappelons d’abord que nous utilisons dans cet article le sigle LGBT pour «Lesbian, Gay, Bisexual and Transgendered people» ou « lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels », en français. Cette appellation se révèle plus inclusive qu’homosexuel.

Taille et profil du marché au Canada et aux États-Unis

La Chambre de commerce gaie et lesbienne du Canada estime que les voyages LGBT représentent 9,4 milliards CAD annuellement. De ce chiffre, 57% sont des dépenses qui proviennent des voyageurs du Canada, 26% des États-Unis et 18% d’autres pays. Environ 1,8 million de voyageurs dépenseraient en moyenne 1166 CAD par voyage (2006). Cette étude avance que les dépenses moyennes sont deux fois plus élevées que pour le reste de la population et que la propension à voyager est également deux fois plus importante. Puisque la majorité des couples LGBT n’ont pas d’enfants, le revenu discrétionnaire du ménage est plus élevé et les vacances n’ont pas à être prises pendant les congés scolaires.

Aux États-Unis, 6,8% de la population de 18 ans et plus s’identifie comme LGBT, soit environ 16 millions de personnes. L’incidence économique du tourisme LGBT est estimée à 70,3 milliards USD en 2008 selon Community Marketing Inc., une firme de conseil et de recherche sur cette clientèle. Voici quelques renseignements provenant de deux études produites par cette firme.

  • Le revenu médian des ménages atteint 86 400 USD, et 82% des voyageurs LGBT américains détiendraient un diplôme universitaire (la moyenne de l’ensemble des États-Unis étant de 29%).
  • La médiane du nombre de voyages réalisés en 2007 est de quatre.
  • Les répondants ont séjourné 10 nuits à l’hôtel au cours de l’année (médiane).
  • 11% d’entre eux ont opté pour un voyage de groupe, principalement du type LGBT.
  • 23% ont effectué plus de 80 km de route pour assister à une manifestation de fierté gaie, incluant généralement deux nuitées à l’hôtel.
  • Les croisières demeurent populaires: 19% des répondants ont indiqué y avoir pris part au cours de la dernière année.
  • La moitié des voyages d’agrément LGBT sont maintenant réservés directement auprès du fournisseur, 37% sur un site de voyages en ligne comme Travelocity ou Orbitz, 8% par un agent de voyages et 5% par un grossiste.
  • 78% ont indiqué que le bouche à oreille entre amis est un critère très motivant pour choisir une destination, suivi d’un article dans une publication LGBT (46%).
  • Le prix est le premier facteur influençant le choix d’un hôtel (75%), suivi des commentaires en ligne (55%), des attractions à proximité (52%) et de la réputation gay-friendly de l’établissement (50%).
  • Les activités préférées pendant les vacances sont: aller au restaurant (73%), fréquenter un quartier gai (73%), visiter les attractions touristiques populaires (70%), sortir dans les bars gais (69%), visiter des musées (65%) et magasiner (63%).

Toujours concernant la clientèle LGBT américaine, les voyages en avion sont très fréquents: 84% des répondants ont fait au moins un voyage par avion au cours des 12 derniers mois et 70 % ont pris l’avion 4 fois ou plus.

Parmi les répondants à l’enquête de Community Marketing, le profil de ceux qui ont visité le Canada récemment est similaire, mais comporte quelques différences:

  • 86 % des répondants sont des hommes gais et 12 % sont des lesbiennes, alors qu’elles constituent 20% de l’ensemble des répondants. Cette constatation laisse supposer que le Canada réussit mieux à attirer les hommes que les femmes.
  • Le revenu médian des ménages était de 110 000 USD, donc plus élevé que pour l’ensemble des répondants.

Les visiteurs LGBT au Canada proviennent principalement des États de la Californie, de New York, de la Floride, de Washington ou du Texas.  Ceux de l’Illinois, de la Pennsylvanie et du Massachusetts alimentent également le Canada.

Où vont-ils?

Aux États-Unis, les quatre villes les plus populaires conservent leur rang depuis trois ans : New York (24%), Las Vegas (22%), San Francisco (21%) et Los Angeles (18%). Notons que Chicago est passé de la septième à la cinquième position (18%).

Le palmarès des destinations internationales, toujours pour le marché LGBT américain, place le Canada en première position (23%), suivi du Mexique, du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie, de l’Allemagne et des Pays-Bas.

Mais la concurrence s’intensifie au Canada. Alors que Montréal était la destination numéro un en ce qui a trait aux voyages d’agrément en 2005, une augmentation des voyages d’affaires à Toronto a permis à cette dernière de se trouver, globalement, en tête de liste en 2006. En 2008, ces deux villes ont été devancées par Vancouver. En effet,  selon un sondage de Community Marketing Inc. réalisé en 2008 auprès du marché américain, Vancouver était la ville canadienne la plus populaire suivie de Toronto, de Montréal et de Victoria (voir graphique 1).

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Le Canada semble demeurer une destination populaire. L’ouverture d’esprit bien présente à travers le pays facilite les voyages. Mais en considération de la concurrence internationale qui s’intensifie et de la progression de la lutte contre l’homophobie dans plusieurs pays, est-ce que le Québec et le Canada sauront garder leur attractivité?

Sources:
–    Community Marketing, Inc. San Francisco CA. «LGBT Tourism Demographic Profile» et «Gay & Lesbian Consumer Index», [www.communitymarketinginc.com].
–     Chambre de Commerce gaie et lesbienne du Canada. «2007 Domestic LGBT Travel Study “Focus on Canada”», 2007.
–    McNully, Lori. «Les LGBT américains avouent un net penchant pour le Canada», Commission canadienne du tourisme, 25 février 2009.
–    Tourisme Montréal. «Le tourisme gai et lesbien en Amérique du Nord», février 2007.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Produits et activités Segments de clientèles Tourisme durable

Vous avez dit WWOOFing?

WWOOF, l’acronyme de World Wide Opportunities on Organic Farms qu’on peut traduire en français par aides bénévoles dans des fermes biologiques, est un réseau mondial qui met en relation des voyageurs prêts à effectuer du bénévolat dans des petites exploitations agricoles biologiques avec des fermiers à la recherche de volontaires pour les assister. En 2009, environ 15 700 voyageurs ont «WWOOFé»  en Europe, comparativement à 6400 en 2004. Le nombre d’exploitants agricoles inscrits au programme a également doublé pendant cette période, atteignant 2240.

woofingLancé en Angleterre en 1971, ce mouvement à caractère bénévole et participatif promeut l’entraide et l’alimentation biologique saine en plus de favoriser la découverte et le partage entre diverses cultures. On l’associe au tourisme rural, agricole, alternatif ou encore volontaire. Une chose est sûre, tout comme le homesitting et le couchsurfing, il permet de voyager à peu de frais.

Le principe en est simple: les hôtes invitent les bénévoles, dits «WWOOFers», à partager leur quotidien et à travailler dans leur ferme un certain nombre d’heures moyennant gîte et couvert, sans autre compensation financière.

Comment ca marche?

Les WWOOFers s’abonnent à l’organisation WWOOF du pays où ils veulent séjourner. Une contribution financière ($45 pour WWOOF Canada) leur donne accès à la liste des fermiers prêts à les accueillir. Ensuite, ils n’ont plus qu’à sélectionner la ferme de leur choix et à organiser directement leur séjour auprès de leurs futurs hôtes.

Mais encore…

Bien que les différentes organisations de WWOOFing enregistrent une croissance d’année en année, il s’agit tout de même d’une forme marginale de tourisme.

Le défi des fermes participantes est d’offrir des expériences enrichissantes et valorisantes sans tomber dans le piège de considérer les WWOOFers comme une main-d’œuvre bon marché.

Lire aussi:
CouchSurfing: profil d’une communauté virtuelle de voyage

Sources:
– Lalo R. Villar, AP. «In Europe, backpackers go back to basics at organic farms», [http://www.usatoday.com], 28 juillet 2009 .
– Scemama, Corinne. «Vacances Soldes d’été», L’EXPRESS, [http://www.lexpress.fr/], 18 juin 2009.
–  World Wide Opportunities on Organic Farms
World Wide Opportunities on Organic Farms- International
World Wide Opportunities on Organic Farms- International- Canada

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L’Espagne est la vedette de l’année! Profil des voyageurs d’outre-mer au Québec en 2008

Le marché américain affichant de piètres rendements, le Québec mise de plus en plus sur les pays d’outre-mer pour combler son déficit touristique. Bien que la France demeure une valeur sûre, certains marchés sont surprenants par leur vigueur. En 2008, les projecteurs se tournent du côté de l’Espagne qui montre des signes d’affinités évidents avec le Québec alors que son volume a plus que quadruplé depuis 2004!

La présente analyse s’appuie sur des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada.

La répartition des touristes d’outre-mer

Le Québec a accueilli 1 256 000 touristes en provenance d’autres pays que les États-Unis en 2008 (graphique 1). Heureusement, le segment outre-mer se porte plutôt bien; le Québec enregistre une hausse de plus de 25% par rapport à l’année 2004. La France constitue toujours le principal marché (341 000 visites, soit 27% du volume total).

Fait intéressant, le marché espagnol (pointe grise en retrait) est passé, en quatre ans, du 11e au 6e rang parmi les principaux marchés outre-mer au Québec. Environ 43 000 Espagnols sont venus dans la province en 2008. C’est d’ailleurs le Québec qui en profite le plus à l’échelle canadienne, puisqu’il accapare maintenant la moitié du volume touristique canadien.

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La répartition de la clientèle touristique selon le but de voyage se répartit comme suit:

  • 665 000 touristes d’agrément (+23% par rapport à 2004),
  • 337 000 touristes en visite de parents et d’amis (+40% par rapport à 2004),
  • 233 000 touristes d’affaires (+5% par rapport à 2004).

Les voyages de type personnel, par exemple pour des raisons de santé, n’ont pas été pris en compte. Selon les données, c’est le segment des visites de parents et d’amis qui explique la plus grosse partie de la croissance depuis 2004.

Les marchés latins s’enflamment!

Il est très intéressant d’observer l’évolution des marchés d’outre-mer sur une période de quatre ans. Au cours des dernières années, le Québec a particulièrement bien tiré son épingle du jeu auprès des marchés d’origine latine, notamment la France, le Mexique, l’Italie et l’Espagne. Les quatre affichent en 2008 une croissance supérieure à 30% par rapport à 2004 (graphique 2). L’Australie montre aussi une augmentation significative de 26%. Par contre, certains marchés stagnent ou ont récemment régressé. C’est le cas du Royaume-Uni, de la Belgique, du Japon, de la Corée du Sud et, étonnamment, de la Chine!

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Montréal frôle le cap du million

Les gains réalisés auprès de la clientèle d’outre-mer se répartissent de façon quelque peu inégale entre les régions touristiques du Québec (graphique 3). Toutes proportions gardées, l’Outaouais, Lanaudière, Laval, les Laurentides et Montréal affichent les meilleurs taux de croissance par rapport à l’année 2004. La région de la métropole accueille près d’un million de touristes d’outre-mer, soit 171 000 de plus qu’il y a quatre ans. Les régions du SaguenayLac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent, de la Mauricie, de la Gaspésie, de Chaudière-Appalaches, de la Côte-Nord et de l’Abitibi-Témiscamingue ont toutes enregistré des baisses en 2008 par rapport à 2004.

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Les activités pratiquées

Les activités culturelles telles que la visite de sites historiques, de musées et de galeries d’art figurent parmi les attraits les plus populaires auprès de la majorité des clientèles d’outre-mer, particulièrement auprès des Australiens et des Néerlandais (graphique 4). Les Britanniques sont ceux qui fréquentent le plus les bars et les boîtes de nuit, alors que les Japonais apprécient davantage que les autres la visite des parcs naturels. Autre fait intéressant, près de 20 000 Mexicains sont allés à un casino lors de leur passage au Québec. Par ailleurs, le caractère latin des Italiens et des Mexicains se traduit par une importante participation aux festivals et aux foires.

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Le choix des modes d’hébergement évolue

Environ la moitié des voyageurs d’agrément d’outre-mer sélectionne l’hôtel comme unique mode d’hébergement (tableau 1): une croissance importante par rapport à 2004 (43,9%). Cette clientèle opte d’ailleurs de moins en moins pour une combinaison de trois types d’hébergement ou plus. Ceux qui visitent des parents ou des amis se rendent moins à l’hôtel qu’en 2004; désormais, ils demeurent uniquement au domicile de leurs proches (55,6%). Quant à elle, la clientèle d’affaires reste fidèle à l’hôtel (73,3%), mais est plus encline qu’avant (6,1%) à sélectionner des combinaisons de deux types d’hébergement.

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La répartition trimestrielle

On remarque des comportements de voyages très distincts d’une clientèle à l’autre lorsqu’il est temps de choisir la période de voyage au Québec. Par exemple, les Japonais (en gris) sont les seuls à venir en plus grand nombre au cours du trimestre d’automne. Il s’agit d’un inversement de situation pour ce marché, alors qu’en 2005 ils étaient deux fois plus nombreux à voyager au Québec à l’été plutôt qu’à l’automne. Le Mexique constitue un marché fort important au deuxième trimestre, surpassant même le marché britannique. Les voyages des Mexicains au printemps ont d’ailleurs doublé comparativement à l’année 2005. Par ailleurs, il reste beaucoup de travail à faire si l’on souhaite attirer les Italiens et les Espagnols qui sont à peu près absents pour le moment en hiver au Québec.

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En ce qui a trait au principal marché d’outre-mer, c’est d’abord à l’été que les Français (159 000 visiteurs) viennent au Québec (graphique 6). Le premier trimestre continue de donner des résultats intéressants, puisque les Français sont désormais plus de 52 000 à voyager au Québec en hiver. Il s’agit d’une hausse de 30% par rapport à l’hiver 2005.

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Une durée de séjour qui raccourcit

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des trois catégories de clientèle, selon leur motivation de voyage.

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Il semble que les clientèles d’agrément séjournent de moins en moins longtemps, puisque la durée moyenne du voyage se situe à 9,39 nuitées en 2008, comparativement à 11,09 en 2005. Les touristes en visite chez des parents ou et des amis ont aussi réduit pour la première fois leur moyenne de séjour sous les 13 nuitées, soit une nuitée de moins par visiteur que l’an passé. Quant aux dépenses moyennes par visite d’agrément, elles sont en hausse par rapport à 2006 et à 2007, rejoignant à peu près la moyenne observée en 2004.
Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2008.

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L’inébranlable marché gai

Le tourisme gai est non seulement en pleine évolution, mais aussi presque immunisé contre l’actuelle récession. Il  représente toujours un marché de choix pour l’industrie touristique qui rivalise d’ingéniosité pour attirer les altersexuels. Mais les temps changent et il semble que les destinations particulièrement ouvertes socialement gagnent du terrain par rapport à celles historiquement populaires pour leurs quartiers gais.

Nous utiliserons dans cet article le sigle LGBT pour «Lesbian, Gay, Bisexual and Transgendered people» ou «lesbiennes, gais, bisexuels et transsexuels», en français. Cette appellation se révèle plus inclusive qu’homosexuel. Cela dit, le marché gai est mieux défini et plus facile à cibler que les autres segments.

Le tourisme LGBT s’est grandement développé au cours des 20 dernières années et plusieurs destinations intègrent désormais cette cible dans leur stratégie de développement touristique. Alors qu’on parlait plus spécifiquement de tourisme balnéaire auparavant, le tourisme LGBT est aujourd’hui davantage axé sur de courts séjours urbains. D’une part, la population LGBT a fait sa place dans de nombreux pays et, d’autre part, les entreprises et les destinations ciblent de plus en plus cette clientèle sans craindre de faire fuir les autres consommateurs. Ce marché est fort attirant parce qu’il dispose d’un revenu généralement supérieur à la moyenne. Aussi, il essaie de nouvelles expériences et détient le pouvoir d’influencer les autres couches de la population dès qu’il qualifie un produit de tendance ou une destination de branchée.

Rappelons toutefois que l’homosexualité est encore taboue dans le monde oriental. Bien plus, dans plusieurs pays comme la Russie, la Chine ou l’Iran, l’homophobie fait régulièrement des victimes.

La récession? Quelle récession?

Voyager fait partie de la culture LGBT, et cette clientèle dépense généralement davantage pour les voyages que les hétérosexuels. Elle se révèle donc moins touchée par la récession actuelle. En fait, selon un récent sondage de Community Marketing Inc., une firme de conseil et de recherche sur cette clientèle, même si 55% des répondants croient qu’ils seront défavorablement touchés par la crise économique, ils modifieront leurs priorités et adapteront leurs habitudes de dépenses au lieu d’annuler ou de reporter leurs projets. Ils réduiront moins leur budget de voyage que les hétérosexuels. Un autre sondage, cette fois de Harris Interactive, indique que malgré les conditions économiques fragiles, 38% des gais et lesbiennes partiront en vacances comme prévu, comparativement à 34% pour le reste de la population.

Une récente édition de Research Alert relatait cette information: les gais et les lesbiennes prévoient dépenser en moyenne 2300 USD pour des voyages d’agrément ou d’affaires entre mai et août 2009, alors que les hétérosexuels prévoient plutôt une somme de 1500 USD.

Un exemple concret? Au début de 2009, une importante entreprise américaine, Atlantis Event, spécialisée dans le marché LGBT, lançait sa première croisière en Australie et en Nouvelle-Zélande pour 2010. Toutes les places – coûtant de 1600 à 10 000 USD – ont été vendues en trois jours.

Cette tendance s’est d’ailleurs observée après les attentats de 2001 et en 2003 lorsque le SRAS faisait des vagues. Selon un des sondages annuels de Community Marketing, seulement 7% des répondants avouent avoir entrepris moins de voyages à la suite des attentats terroristes de 2001 et seulement 3% des répondants disent avoir réduit leurs déplacements en raison des problèmes liés au SRAS.

Réussites et bons coups

En raison de la perte de vitesse en tourisme, attribuable entre autres aux effets de la récession économique, plusieurs villes se livrent une concurrence acharnée pour vanter le caractère gay-friendly de leur destination, mais seulement quelques-unes réussissent. Tout est une question d’amabilité, d’offre diversifiée d’activités et d’acceptabilité de différents modes de vie.

New York est la destination préférée du marché LGBT américain depuis plusieurs années. En fait, les gais et les lesbiennes représentent environ 10% des 47 millions de visiteurs à New York en 2008. Alors que la ville prévoit une baisse de son achalandage touristique cette année, elle mise encore plus sur le marché LGBT. La nouvelle campagne publicitaire présente New York comme un rite de passage et s’appuie également sur le 40e anniversaire du mouvement pour les droits des gais, amorcé lors des émeutes de Stonewall en 1969.

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Mentionnons également la vague qu’a engendrée la publicité de Tourisme Montréal «Dave does Montréal». Entièrement virale, la vidéo sur Youtube a été visionnée près de 24 000 fois.

Toronto a fait un bon coup en accueillant le 26e congrès annuel d’International Gay & Lesbian Travel Association (IGLTA) au début mai.

En 2004, la chaîne hôtelière Kimpton a été la première à obtenir une note de 100% à Human Rights Campain Corporate Equality Index, ce qui a facilité son approche auprès du marché LGBT. Elle a également été la première à rendre tous ses établissements membres d’IGLTA. Cette chaîne est non seulement très populaire, mais compte aussi plus de 13 000 voyageurs LGBT dans son programme de fidélité.

La Ville de Berlin est particulièrement proactive. Le maire a fait le tour du monde pour vanter le caractère gay-friendly de sa ville. On y facilite aussi grandement la venue d’événements destinés au marché LGBT.  Ce dynamisme fait alors prendre un «coup de vieux» à des destinations plus traditionnelles comme San Francisco, Amsterdam ou Londres.

Et les temps changent…

Une analyse de Laurent Queige publiée dans Espaces suscite une réflexion intéressante sur l’évolution de ce marché. Il avance que l’intégration sociale de plus en plus réussie des communautés gaie et lesbienne conduit la nouvelle génération à moins ressentir le besoin de se regrouper à l’occasion d’un séjour touristique. Cette tendance s’observe d’ailleurs dans les destinations historiquement gay-friendly et non dans celles qui permettent depuis peu de plus grandes libertés individuelles. Peut-être en effet que, dans le futur, le tourisme LGBT passera davantage par l’acceptation sociale que par des regroupements ciblés… Qu’en pensez-vous?

Ne manquez pas dans le prochain Globe-Veilleur le profil des voyageurs LGBT et leurs destinations canadiennes préférées.

Sources:
–    Community Marketing, Inc. San Francisco CA. «LGBT Tourism Demographic Profile» et «Gay & Lesbian Consumer Index», [www.communitymarketinginc.com].
–    Drolet, Daniel. «It’s still a gay time to travel», Calgary Herald, 7 mai 2009.
–    Duffy, Andrew A. «Gays, lesbians set tourism pace», Ottawa Citizen, 21 mai 2009.
–    Insider Out Travel. «NYC Launches New Gay Marketing Campaign», 13 avril 2009.
–    Lynch, Kelvin. «What recession? Gay travel thrives in down economy», Examiner, 20 avril 2009.
–    Nibbio, Tom. «IGLTA Announces Partnership with Kimpton Hotels», communiqué de presse, International Gay & Lesbian Travel Association, 11 janvier 2008.
–    Pivin, Jean Loup. «Le libertinage, un concept occidental qui voyage mal», Espaces 267, février 2009.
–    Queige, Laurent. «Tourisme gay: Du tourisme communautaire au tourisme libertin», Espaces 267, février 2009.
–    Tanzella, John. «U.S. Gays and Lesbians Continue to Travel», communiqué de presse, International Gay & Lesbian Travel Association, 3 février 2009.
–    The Gazette. «Gay Montreal tourism ad goes viral», 5 novembre 2008.

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Les courts séjours: la réalité du tourisme au Québec

Sondages et experts américains s’entendent pour avancer que la crise ne semble pas empêcher les touristes de voyager, mais que ceux-ci tenteront de moins dépenser, notamment en partant moins longtemps. Au Québec, plus de 85% des voyages des Québécois ont une durée de trois nuits ou moins ainsi que 70% des séjours des Canadiens hors Québec et plus de 60% de ceux des Américains. C’est donc une majorité écrasante des voyages dans la province.

Les Québécois

Que ce soit pour s’offrir une escapade, pour visiter des parents et amis ou par affaires, les Québécois font des déplacements dans leur province qui s’avèrent de courte durée. La proportion est très forte, peu importe la ville d’origine (graphique 1). Malheureusement, le changement de méthodologie de Statistique Canada ne permet pas de comparer ces informations avec les années précédentes et d’observer une évolution ou une stabilité.

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Les Canadiens hors Québec

On constate que les séjours de trois jours et moins dominent également les séjours des Canadiens au Québec. Pour l’ensemble des visiteurs canadiens hors Québec, les courts séjours constituent 89% des visites de parents et d’amis, 77% des voyages d’agrément et 83% des déplacements d’affaires. Les séjours d’agrément des Torontois sont aussi de courte durée dans 79% des cas.

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Les Américains

Toutes destinations confondues, 46% des voyages d’agrément des Américains durent trois jours ou moins. En fait, 66% de tous les Américains ayant voyagé au cours de 2008 ont effectué au moins un séjour de trois jours ou moins, selon une étude de PhoCusWright réalisée en 2009. Étant donné que la durée des voyages est déjà très brève, la firme prévoit que celle-ci demeurera relativement stable en 2009.

On aurait tendance à penser que les Américains sont moins enclins à se rendre au Québec pour trois jours ou moins, particulièrement ceux originaires d’États non limitrophes. Néanmoins, la proportion des courts séjours des Américains au Québec s’avère souvent élevée (graphique 3).

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Pour l’ensemble des touristes américains au Québec, 59% des voyages d’agrément et 69% des voyages d’affaires ont une durée de trois jours ou moins.

  • Près de la moitié des visites d’agrément des Californiens sont de brève durée.
  • Les courts séjours représentent 58% des voyages d’agrément en provenance de la Floride et 49% des déplacements d’affaires.
  • Le nombre de visiteurs en provenance de l’État de l’Illinois est relativement faible mais, encore une fois, les voyages sont de courte durée.
  • Notons l’écart entre les visiteurs d’agrément des États limitrophes; les courts séjours des visiteurs de l’État de New York représentent 60% alors que ceux en provenance du New Hampshire, du Maine ou du Vermont varient de 75% à 86%.

Rappelons que des voyages au Québec peuvent être jumelés à la visite d’autres provinces.

Les données de Statistique Canada indiquent une stabilité dans la proportion des voyages courte durée depuis 2004. De façon plus générale, la durée moyenne de séjour des Américains au Québec est également stable depuis 1991, variant de 3,2 à 3,8 nuitées.

Considérant ces fortes proportions, il est pertinent de mentionner quelques éléments du profil des voyageurs américains de longues fins de semaine, tels qu’analysés par PhoCusWright en 2007, soit:

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Ce sont les touristes de 55 ans et plus qui voyagent le plus fréquemment pour des périodes de trois jours moins.

On aurait pu s’attendre à ce que les plus jeunes générations dépensent davantage en ligne, alors que ce sont plutôt les voyageurs de 55 ans et plus. Leur moyenne de dépenses en ligne est de 2673 USD par an.

PhoCusWright souligne également la plus forte proportion d’hommes pour ce type de voyage ainsi que leurs dépenses plus élevées. Il est vrai que les voyages d’agrément entre hommes connaissent un essor particulier. Les buts de voyage sont l’amusement (de type Las Vegas) ou concernent souvent les sports, qu’on veuille les pratiquer (golf, ski, surf, pêche) ou assister à des événements. Les fins de semaine entre copines sont populaires depuis plus longtemps. Elles visent davantage à se détendre et à se faire dorloter. D’autres types de séjour rejoignent néanmoins des niches (par exemple, vélo de montagne et randonnée).

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Les visiteurs outre-mer

La durée moyenne de séjour des marchés outre-mer au Québec a augmenté au cours des dernières années, passant de 8,2 à 11,3 nuitées entre 1997 et 2007. Les courts séjours représentent environ 25% des voyages au Québec. Néanmoins, de nombreuses sources indiquent qu’ils sont en hausse au sein de ces marchés (toutes destinations confondues), ce qui défavorise le Canada, trop éloigné pour bénéficier de ces déplacements.

Ça se passe sur Internet!

Le court séjour est grandement favorisé par les occasions qu’offre l’Internet, particulièrement en temps de crise économique où l’on tente de réduire les dépenses en voyage. Selon le Baromètre annuel Raffour Interactif, les internautes français partent plus souvent en court séjour que les non-internautes (35% contre 20%). En fait, 40% de la population française (toutes durées de séjour confondues) a préparé son voyage en ligne. Grâce à l’accès en temps réel à l’information et aux disponibilités, le Web stimule la demande. Selon l’expert qui a dirigé cette étude, M. Guy Raffour, «plus le séjour est court, thématisé, expérientiel, optimisé en rapport qualité-prix, plus il est conforme aux spécificités du e-tourisme».

La crise influe sur la durée de séjour

En février dernier, un sondage de la firme YPartnership, effectué auprès de plus de 2000 Américains, révélait les intentions de voyage pour les mois à venir. La crise économique ne semble pas se faire sentir sur le désir de voyager, alors que 63% des répondants planifient faire au moins un voyage au cours des six prochains mois (versus 60% lors du même sondage en janvier 2008). Les effets de la crise concernent plutôt le comportement de voyage, dont la durée de séjour (lire aussi: Voyager, mais réduire les dépenses).

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Le principal défi pour l’industrie touristique n’est pas nécessairement d’inciter les individus à voyager malgré la crise économique, mais plutôt de les amener à prolonger leur séjour, ou du moins, à ne pas l’écourter.

Sources:
–    Crowell, Chris. «Vacations offset ongoing demand, occupancy lull», Hotel and Motel Management, 20 mai 2009.
–    Evin, Florence. «Moins loin, moins cher, plus souvent», Le Monde, 19 septembre 2008.
–    Hotel News Resource. «Lenth of stay: the Real Challenge Now Facing the Travel Industry», Travel Horizon, YPartnership, 7 avril 2009.
–    PhoCusWright. «Demographic Patterns Among Long Weekend Travelers», DataPoint – A Statistical View of the Travel Marketplace, novembre 2007.
–    PhoCusWright. «PhoCusWright’s Consumer Travel Report Part One», avril 2009.
–    Raffour, Guy. «Internet dope le court séjour», Espaces, octobre 2007.
–    Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2004-2008.
–    Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», traitement spécial, 2006-2007.
–    Travel Daily News. «Shorter stays in hotels are likely to remain a common feature of travel – European Travel Commission», 20 mai 2009.

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À crier sur tous les toits!

Quand on considère la valeur immobilière des espaces urbains qui ne cesse de grimper, force est de constater que les toits des centres-villes sont sérieusement sous-utilisés. C’est surtout vrai des hôtels, qui sont toujours à la recherche d’économies ou de nouvelles sources de revenus et de moyens inusités de se distinguer de la concurrence, particulièrement en période estivale. Voici quelques utilisations intelligentes et originales, question de stimuler la réflexion.

Soleil, soleil…

Vous avez de l’espace ensoleillé sur votre toit? Pensez à l’énergie solaire! De nouvelles technologies font en sorte que, même dans les pays nordiques, le soleil peut générer suffisamment d’énergie pour réaliser des économies sur la facture de chauffage de l’eau. Le Confederation Place Hotel de Kingston, en Ontario, a été le premier établissement commercial dans l’est du Canada à adopter cette technologie en fixant 20 capteurs solaires sur une partie de son toit. Le système permet à l’hôtel de chauffer l’eau utilisée pour la piscine, le bain à remous, les salles de bain des 94 chambres ainsi que la cuisine. Installé en 2005, le système a coûté 52 000$ et il permet maintenant des économies de 10 000$ par année.

Une couverture végétale

Les avantages environnementaux des toits verts sont nombreux: meilleure qualité de l’air, diminution de la chaleur dans les zones urbaines, absorption et filtration des eaux de pluie, etc. Au-delà de leurs bienfaits pour l’environnement, ces couvertures végétales, qu’elles soient extensives (mince épaisseur du sol et plantes à faible entretien) ou intensives (sol plus profond, irrigation importante et possibilité de cultiver plus de végétaux), peuvent également être bénéfiques à l’entreprise.

  • Amélioration des performances thermiques. Les toits verts aident à garder les bâtiments frais l’été et chauds l’hiver. Selon Environnement Canada, «une simple diminution de 1 °C de la température de surface supprime 5% de la demande en électricité pour la climatisation et la réfrigération».
  • Prolongation de la durée de vie du toit. On estime qu’une couverture végétale peut jusqu’à doubler l’espérance de vie d’un toit.
  • Amélioration de l’isolation acoustique. Il suffirait d’un terreau d’une douzaine de centimètres pour réduire les polluants sonores des machineries, des routes et du trafic aérien.
  • Production agricole urbaine. Tout comme le Fairmont Château Frontenac de Québec, qui fait pousser des fines herbes sur son toit, le Fairmont Waterfront de Vancouver cultive un jardin biologique: fines herbes, fleurs comestibles, fruits et légumes y poussent à l’année, ce qui, selon un porte-parole, permet d’économiser environ 15 000$ annuellement en achats pour la cuisine.

Quant à lui, l’hôtel Fairmont Royal York, de Toronto, a créé un véritable buzz en poussant l’idée encore plus loin. Pour encourager la pollinisation, l’hôtel a installé trois ruches sur son toit, ce qui lui permet d’utiliser son miel de production «supérieure» dans la confection des mets vedettes au menu du restaurant.

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Pourquoi même se limiter au toit quand les murs «végétalisés», conçus pour le climat québécois, feront bientôt leur apparition?

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Sur le toit du monde

Il va sans dire qu’un toit peut devenir un espace de tranquillité mis à la disposition d’une clientèle exclusive pour des événements spéciaux ou encore servir de toile de fond pour le réseautage, comme dans le cas d’un salon-bar à ciel ouvert. Il en va ainsi de la terrasse sur le toit de l’hôtel Shelburne Murray Hill de New York, dont les profits dépassent ceux générés par le restaurant du hall d’entrée bien qu’elle ne soit ouverte qu’en après-midi et en soirée, et ce, cinq mois par année. En effet, les consommateurs sont disposés à payer plus cher pour se retrouver dans un cadre magnifique.

Un toit qui fait son cinéma

Dans le but d’accroître l’achalandage sur les «toits-terrasses» de leurs établissements, certains hôtels se lancent dans le cinéma. Le Limes Hotel, en Australie, organise des projections de films populaires et de grands classiques, tandis que le Westin Bonaventure de Los Angeles présente une série de films et de vidéos d’artistes inspirés par la science-fiction.

Augmenter sa capacité… sur le toit

Les voyageurs partagent leurs expériences dans les forums de discussion sur Internet, et les exemples abondent. Du Maroc à Israël, certains hôtels permettent aux voyageurs à petits budgets de dormir sur leurs toits, à la belle étoile. Serait-ce là une façon d’accroître sa capacité en saison estivale?

À ses clients en quête d’aventure et d’une expérience hôtelière unique, l’hôtel huppé Grand Daddy de la ville du Cap, en Afrique du Sud, propose sept roulottes vintage Airstream rassemblées autour de la piscine sur son toit. Des artistes locaux y ont créé des ambiances insolites. L’après-midi, la terrasse est ouverte aux clients ainsi qu’aux curieux.

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Une clientèle à apprivoiser…

Les compétiteurs du dernier concours canin du prestigieux Westminster Kennel Club ont pu étirer leurs pattes, grignoter un pupcake et prendre l’air frais sur le toit de l’hôtel Affinia, en plein cœur de Manhattan, où est aménagé un parcours en gazon artificiel agrémenté de jouets et de fausses bornes-fontaines pour Fido. Avec la hausse du nombre de touristes qui voyagent avec leurs animaux de compagnie, c’est une niche à ne pas négliger! (À lire: Les animaux de compagnie, un créneau de «niche»)

Il va sans dire que les toits du parc hôtelier québécois sont sous-exploités. Utilisons ces espaces perdus et transformons ces étendues de goudron et de gravier. Les possibilités sont illimitées, et les avantages, tangibles. Qui sait, vous êtes peut-être assis sous une mine d’or!

Sources:

–    Chavich, Cinda. «Quand le toit de l’hôtel devient potager», Commission canadienne du tourisme, 30 octobre 2008.
–    Corwell, Chris. «Trendlines: Outdoor Spaces», Hotelworld Network, 13 janvier 2009.
–    Diotte, Simon. «Les murs végétalisés arrivent au Québec», La Presse, 24 mars 2009.
–    Gordon, Daphne. «Royal York Rooftop Garden a Hive for Bees», The Star, 5 juin 2008.
–    Grand Daddy Hotel’s Rooftop Airstream Trailer Park, [www.coolhunting.com/archives/2009/03/grand_daddy_hot.php]
–    Hasek, Glenn. «Future Looks Brighter for Solar Hot Water Heating Systems at Hotels», Green Lodging News, 18 mars 2009.
–    Mackenzie, Josiah. «Unusual Hotels of the World (And a Lesson for You)», [http://www.tipsfromthetlist.com/article9282.html]
–    Making Strange – Rooftop Sci-Fi Fillms @ The Westin Bonaventure, [http://www.downtownla.com/0_01_eventDetail.asp?EventID=434]
–    Reuters Newswire, «The Affinia Manhattan’s Rooftop Goes to the Dogs», 10 février 2009, [http://www.reuters.com/article/pressRelease/idUS219853+10-Feb-2009+PRN20090210]
–    Sanger, Elizabeth. «New York City Hotel Rooftops Surge in Popularity with their Bars, Pools, Bird’s Eye Views», Newsday, 2 août 2005.
–    Taylor, Jennifer. «Up on the Rooftop», Mother Nature Network, 26 novembre 2008.
–    Toits verts pour des villes en santé, [http://www.ec.gc.ca/pp/fr/storyoutput.cfm?storyid=93]

Sites Internet:
www.greenroofs.org
www.designstudio.whatiftheworld.com
www.confederationplace.com
www.limeshotel.com.au
www.granddaddy.co.za

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Produits et activités Segments de clientèles

S’adapter à l’évolution démographique des skieurs et planchistes

Le renouvellement des clientèles des sports de glisse constitue un enjeu majeur depuis plusieurs années. C’est un sujet d’actualité alors que le noyau des skieurs et planchistes (surfeurs des neiges) vieillit et que la sédentarité dont souffrent de nombreux jeunes menace la relève. Des stations ont mis en œuvre des stratégies qui, d’une part, prolongent l’intérêt des skieurs plus âgés et, d’autre part, favorisent la rétention des débutants qui s’initient à l’activité.

Les adeptes québécois

On dénombre au Québec plus de 907 000 personnes âgées de 5 ans et plus qui pratiquent – au moins une fois par année – le ski alpin comparativement à 423 000 pour la planche à neige. Environ 9% de la clientèle s’adonne aux deux sports. On recense quelque 500 000 skieurs ou planchistes de 12 ans et plus dans la seule région métropolitaine de Montréal (PMB 2008).

En dépit du vieillissement de la population, les jeunes skieurs québécois (5-17 ans) continuent d’être au rendez-vous; ils représentent 30% des adeptes même s’ils ne comptent que pour 10% de la population (graphiques 1 et 2).

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Il y a 20 ans, le segment des 50 ans et plus se composait d’à peine 6% de la clientèle au Québec comparativement à 14% aujourd’hui (Lire aussi: La relève des skieurs et planchistes est-elle au rendez-vous?).

Le marché américain

Pour le marché américain, nous avons choisi de nous limiter au bassin des skieurs qui fréquentent les stations situées dans le nord-est du pays. Ces dernières ont produit un volume de 14 millions de visites au cours de la saison 2007-2008, soit une hausse de 15% par rapport à l’année précédente. Précisons qu’environ 85% des voyages d’agrément de ski au Québec en provenance des États-Unis sont réalisés par des résidants de cette région. Voici quelques caractéristiques de la clientèle qui fréquente les stations situées dans le nord-est des États-Unis selon une enquête de la National Ski Areas Association (NSAA):

  • 55% – hommes
  • 35% – âgés de 17 ans et moins
  • 28% – planchistes
  • 6% –   première saison de ski alpin
  • 28% – première saison de planche à neige
  • 30% – détenteurs d’un abonnement annuel
  • 19% – louent des équipements
  • 12% – prennent des leçons
  • 46% – des visites sont des excursions du même jour
  • 54% – voyages d’au moins une nuitée
  • 10% – membres d’un groupe ou d’un club de ski

Une relève inquiétante

D’importants enjeux démographiques auront une forte incidence sur les clientèles des skieurs américains, selon SOS Outreach, et ce, même si la dernière saison montre une croissance. Certaines statistiques concernant la relève inquiètent:

  • 40% des jeunes Américains sont issus de minorités ethniques alors qu’ils ne représentent que 13% de la clientèle actuelle;
  • 25% des jeunes souffrent d’obésité et délaissent les activités extérieures.

Pour les Canadiens, le taux de participation des jeunes (12-17 ans) est demeuré relativement stable. Chez les planchistes, il passe de 19% à 18% (2001 versus 2008), alors que chez les skieurs, il a augmenté de 17 à 19%.

Cultiver la motivation des tempes grises

Pour les baby-boomers plus âgés, l’accès à des pistes bien damées s’avère prioritaire afin de leur permettre de passer une journée agréable et moins ardue physiquement. Si cette clientèle apprécie les pentes relativement abruptes, elle est généralement peu intéressée par les bosses. Plusieurs stations ont revu leurs procédures de damage pour mieux desservir les baby-boomers.

De plus en plus de grands-parents souhaitent passer du temps de qualité avec leurs petits-enfants. À cet effet, les escapades en ski représentent l’occasion idéale. Les baby-boomers disposent de temps, d’argent et de la santé pour leur faire vivre une expérience amusante, leur enseigner le ski, prendre un repas agréable, échanger et développer une complicité avec eux, etc. Il s’agit d’une combinaison naturelle, surtout au stade de l’apprentissage où les deux se plaisent au même rythme. PMB estime à 70 000 le nombre de skieurs québécois grands-parents.

Le séjour versus l’excursion

Selon une étude de l’université de Georgie, 69% des skieurs et planchistes décident à la dernière minute de pratiquer leur sport préféré en raison des conditions de neige. Les chercheurs ont d’ailleurs noté que lors d’excursions de ski, la distance constitue un critère de décision plus important que celui du coût associé au voyage.

Pour les séjours avec nuitées, les skieurs choisissent davantage une destination en fonction de la variété des pistes alors que les planchistes sont plutôt influencés par les services offerts sur place.

Les stratégies d’adaptation

Aux États-Unis, la participation des jeunes aux sports d’hiver est en baisse. Pour y remédier, les gestionnaires doivent faire preuve d’imagination pour susciter un plus grand intérêt, particulièrement auprès des minorités visibles, et pour améliorer le taux de rétention des débutants. Parmi les skieurs qui essaient ce sport, 16% deviendront des adeptes réguliers.

Pour augmenter ce ratio, la station Loveland, au Colorado, présente le programme «Three-class pass» qui offre un abonnement de saison gratuit aux adultes débutants qui ont complété trois leçons. Le programme s’avère populaire; le nombre d’abonnements émis annuellement ne cesse de croître. À Gunstock au New Hampshire, on remet au skieur qui complète son troisième cours une série de rabais, notamment pour la location ou l’achat d’équipement et de billets de ski.

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Pour ce qui est des skieurs vieillissants, les défis sont similaires. Les baby-boomers atteignent progressivement la soixantaine et la majorité d’entre eux désirent demeurer actifs. L’étude de la NSAA souligne l’importance de cultiver la motivation des clientèles plus âgées envers les sports de glisse.

À cet égard, certaines stations ont mis en place des initiatives intéressantes. Par exemple, Loon Mountain, au New Hampshire, a créé des «cliniques» adaptées à la clientèle vieillissante. Le programme «Flying 50s» s’adresse exclusivement aux plus de 50 ans et offre des cours qui prennent la forme d’activités sociales (soirées d’après-ski, first tracks, etc.). D’autres actions très spécialisées sont mises de l’avant par exemple montrer comment aborder les bosses («Bumps for Boomers»), aller dans les sous-bois, affronter la neige poudreuse, etc. Les instructeurs de ces «cliniques» ont souvent, eux aussi, plus de 50 ans. Au Québec, soulignons notamment la stratégie de Ski Bromont où l’on offre un membership à vie aux skieurs de 70 ans  lors de l’achat d’un abonnement d’une saison.

En conclusion, les gestionnaires ont tout intérêt à bonifier leur offre grâce à des programmes adaptés, de petits compléments, des attentions spéciales qui tiennent compte des tendances démographiques et des aspirations changeantes des différents segments de clientèles.

Sources:
– Conseil canadien du ski. «Le  modèle de croissance canadien – Perspectives de l’industrie canadienne des sports d’hiver», janvier 2009.
– Clark, Jayne. «It’s Time to Learn a Snow Sport», USA Today, [www.usatoday.com/travel/destinations/ski/2009-01-08-winter-trails-day_N.htm], 12 janvier 2009.
– CROP. «Pratique des sports de glisse au Québec», 2008.
– Cummings, Karen. «Skiing with Grandkids», Tripso, [www.tripso.com/traveler/skiing-with-grandkids/]
– Finnell, Janice. «Success Stories», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Lang Research Inc. «TAMS 2006: Canadian Activity Profile: Downhill Skiing & Snowboarding While on Trips», 26 octobre 2007.
– Menconi, Arn. «Youth Participation Key to Future Industry Growth», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Print Measurement Bureau, 2008
– Roessing Walter. «Boomers on Groomers», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Won, Doyeon, Hyejin Bang et David J. Shonk. «Relative Importance of Factors in Choosing a Regional Ski Destination: Influence of Consumption Situation and Recreation Specialization», Journal of Sport & Tourism, vol. 13, no 4, novembre 2008.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Segments de clientèles

Connaissez-vous les flashpackers?

Le terme circule depuis déjà quelques années, les intervenants touristiques s’y intéressent et développent des produits pour les attirer, les flashpackers font parler d’eux! Nouvelle mouture de backpackers, qui sont ces voyageurs avec sac à dos?  Et comment l’offre s’adapte-t-elle? Voici un aperçu de ce marché appelé à prendre de l’importance et quelques exemples de lieux d’hébergement originaux qui s’adressent à cette clientèle.

Les flash quoi?

Le terme flashpacker est une combinaison de flash qui, dans le présent contexte signifie «stylisé, sophistiqué ou encore raffiné», et de backpacker, qui désigne un routard ou un voyageur portant son bagage dans un sac à dos. Le routard raffiné – appelons-le le flashpacker – est connu sous cette appellation principalement parce qu’il détient un portefeuille mieux garni et qu’il recherche plus de confort que son homologue au budget plus serré. Le flashpacker est:

  • généralement plus âgé que le backpacker typique – une carrière bien entamée (plus de 30 ans);
  • équipé d’un ordinateur portable, d’un appareil photo numérique, d’un cellulaire, d’un lecteur MP3 et d’autres gadgets électroniques;
  • constamment en ligne pour obtenir de l’information sur la destination, réserver son hébergement, envoyer des courriels, mettre à jour son profil Facebook et y ajouter des photos, consulter TripAdvisor et d’autres médias sociaux;
  • souvent un ancien backpacker conventionnel;
  • généralement en mesure de se payer une chambre d’hôtel de niveau supérieur mais choisit, pour diverses raisons,  une option plus économique, confortable et d’un certain niveau de qualité;
  • parfois témoin des voyages de ses propres enfants et souhaite en faire autant, mais avec plus de confort et de luxe;
  • d’autres fois un jeune parent qui souhaite transmettre à ses enfants ce qu’il a vécu pendant ses propres voyages, mais avec du confort, de la qualité et un accès Internet.

Prendre le temps…

Selon une étude d’American Express Insurance Services menée auprès des Britanniques, 39% de ceux-ci estiment ne pas bénéficier d’assez de temps pour eux-mêmes à la fin de leur journée de travail. Pour compenser, un nombre croissant de personnes choisissent de prendre une année sabbatique pour voyager. En étant ainsi à un stade plus avancé de leur vie, ils ont souvent l’avantage d’avoir une meilleure situation financière que pendant leurs études. Ces voyages sont donc plus luxueux que s’ils avaient été faits à un plus jeune âge. Ces voyageurs plus âgés sont aussi plus expérimentés, plus exigeants et plus critiques que les jeunes. Ces flashpackers seraient d’ailleurs à l’origine de la tendance à vouloir être hébergés dans des auberges «rafraîchies», plus design, plus confortables et offrant plus d’intimité.

L’offre se développe

Un accès Internet sans fil, des ordinateurs dans les espaces communs, plus de chambres privées, un décor de designer, etc., on assiste à l’émergence de nombreuses auberges dont les standards de qualité atteignent ceux de certains hôtels, mais à des tarifs inférieurs. L’aspect sécuritaire, faisant souvent défaut dans les dortoirs, la visiblement été renforcé. Les auberges offrent généralement un endroit sécurisé pour les bagages ainsi que des coffrets de sécurité. Voici quelques exemples éloquents d’auberges repensées.

Le Oops! Hostel, à Paris, se présente sous des couleurs très vivantes et dans une ambiance très jeune et actuelle. Parmi les services offerts, il y a: Internet gratuit, zone Wi-Fi gratuite, climatisation, ascenseur.

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Le Czech Inn, à Prague, une auberge design au décor minimaliste et stylisé, fait bonne presse avec son resto bar très convivial et ses bières locales.

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À Bangkok, l’auberge Lub d mise beaucoup sur la propreté et la sécurité. Les chambres doubles et les dortoirs sont très lumineux et décorés avec soin. Le dortoir réservé aux filles offre plus d’espace et une salle de bain aménagée spécialement pour un usage féminin où l’on trouve aussi des produits de spa thaïlandais. L’auberge met également à la disposition des clients un écran LCD géant pour la diffusion de diaporamas.

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Le Nomads Industry flashpackers Hostel, à Melbourne, propose plusieurs options: du dortoir à la chambre de luxe avec très grand lit (king size). Une section de l’auberge est dédiée aux filles. On y découvre aussi un service d’aide à l’emploi, Internet sans fil, un cinéma, une terrasse sur le toit, etc.

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Au Rooms Deluxe Hostel, à Valence, chaque chambre est l’œuvre d’un artiste local. Il n’y a pas de dortoir, mais des chambres simples, doubles ou triples. Une grande salle commune, une cuisine attirante, une salle de jeu, l’accès Internet gratuit, un salon avec écran géant et une bibliothèque de DVD, voilà quelques atouts de cette auberge de luxe.

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Rénovée récemment, l’Auberge internationale de Québec attire une clientèle élargie grâce, notamment, à ses installations offrant plus d’intimité. Seize nouvelles chambres familiales ou privées avec salle de bain ont été aménagées en plus de nombreuses autres améliorations.

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Un style de vie

Voyager comme un routard, c’est-à-dire limiter son bagage et le transporter sur soi, fréquenter les auberges, favoriser les contacts, partir à l’aventure et laisser place à l’imprévu, correspond à un style de vie.

Les auberges, bien qu’elles offrent le gîte à peu de frais, proposent des occasions de rencontre uniques, toutes aussi recherchées que les bas tarifs pour ces voyageurs de longue route. Outre les dortoirs, les espaces communs aménagés de façon conviviale favorisent les échanges entre des voyageurs la plupart du temps très disposés à communiquer entre eux. C’est aussi un excellent moyen d’entrer en contact avec d’autres cultures. Des liens parfois durables se créent lors de ces voyages. Beaucoup plus qu’une simple question de budget, les voyages «en sac à dos» sont souvent signifiants dans la vie des individus qui les réalisent. Pour certains d’entre eux, il s’agit de LA façon de découvrir le monde.

L’importance de se renouveler

Ce nouveau segment de marché illustre encore une fois à quel point il faut suivre l’évolution de la clientèle et découvrir les marchés potentiels. Constamment en mouvement, les besoins et les attentes évoluent, et l’offre doit s’adapter pour rester dans le coup et se démarquer.

Sources:
–    Insidemoneytalk. «Flashpackers and grey gappers; The ageing gap year», American Express, 3 juillet 2008.
–    Mackintosh, Kat. «Flashpackers – Hostels for the Discerning Backpacker», [http://www.worldreviewer.com/info/posh-hostels.html], page consultée le 15 janvier 2009.
–    Parry, Hazel. «Move over, backpackers – welcome flashpackers», [Expatica.com], 12 décembre 2008.
–    Presse canadienne. «Êtes-vous un flashpacker?», [http://www2.canoe.com/voyages/], page consultée le 8 septembre 2008.
–    Scroggins, Kate. «Flashpacking around the world», Toronto Sun, 17 septembre 2008.
–    The Observer. «Luxury hostels target flashpackers and grey gappers», [guardian.co.uk], 8 juin 2008.

Sites Internet
–    Auberge internationale de Québec
–    Czech Inn
–    Lub d
–    Nomads Industry flashpackers Hostel
–    Opps! Hostel
–    Rooms Deluxe Hostel

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Le consommateur éthique, du vert pâle au vert foncé (Compte rendu de conférence)

Le consommateur éthique est un grand voyageur, curieux, avide d’expériences, amateur de culture, de plein air et de sports. Il constitue une cible incontournable pour l’industrie touristique mais encore faut-il, pour lui plaire, lui démontrer que l’entreprise se comporte de façon responsable.

ML_2009-01_consmtr_ethq_conf_img1Luc Durand, vice-président de BBRi Intelligence Marketing, a présenté le consommateur éthique et l’incidence de cette clientèle sur l’industrie touristique lors du Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques tenu à Québec en novembre dernier.

Le consommateur éthique est…

…avant tout un consommateur responsable. Il change ses habitudes de vie (réduction de sa consommation, utilisation du transport en commun, etc.). Il privilégie des produits et des services à forte valeur environnementale (recyclés, recyclables, revalorisés, biologiques, écoénergétiques, etc.) et à forte valeur sociale (équitables, fabriqués localement, issus de l’économie sociale et de coopératives, etc.). Il choisit des entreprises responsables qui favorisent le développement durable.

Le Canadien éthique est…

…en croissance. En 1997, 33% se disaient très préoccupés par l’environnement, et en 2007, ce pourcentage atteignait 42%. Le Canada est un des marchés mondiaux les plus sensibles à la cause environnementale. La protection de l’environnement devrait être la priorité de toute entreprise désirant être socialement responsable. Le tiers des Canadiens «prétendent» ne pas avoir acheté un produit ou un service parce qu’il ne respectait pas l’environnement.

L’entreprise éthique est…

…de plus en plus responsable socialement. Un peu plus de la moitié des entreprises canadiennes ont créé et implanté un programme relié à la responsabilité sociale.

Du vert pâle au vert foncé

Le consommateur éthique se répartit en quatre segments (graphique 1). Le profil sociodémographique (sexe, âge, lieu de résidence, revenus, etc.) est peu révélateur de chacun des types de segment, à l’exception de la scolarité qui, elle, est déterminante. Il faut plutôt se tourner vers le profil psychographique (sociostyle, personnalité, habitudes de consommation, etc.) pour mieux les définir. On remarque alors que le voyageur a plutôt tendance à être vert foncé que vert pâle (graphique 2).

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Les graphiques suivants démontrent le potentiel de cette clientèle.

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Les tableaux 1 à 4 dressent le profil détaillé des différents types de consommateur éthique canadien.

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Une force économique incontournable

Pour tirer partie de la clientèle éthique, les entreprises liées à la culture, à la gastronomie, au bien-être, au plein air et à la pratique d’activités sportives de même que tous les hôtels, et plus spécifiquement ceux qui sont dans les secteurs non traditionnels, devraient irrémédiablement montrer «patte verte» en entreprenant une démarche responsable.

Source:
Durand, Luc. «Qui est le consommateur éthique?», conférence présentée au Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques à Québec, le 20 novembre 2008.

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Le touriste d’affaires d’aujourd’hui: joindre l’utile à l’agréable

Le touriste d’affaires a changé ces dernières années. Il est plus jeune, plus accro aux technologies mobiles et il souhaite découvrir la destination qui l’amène à faire des affaires. Tout cela, sans parler de sa préoccupation grandissante pour l’environnement. Étant donné le spectre de la récession économique qui se veut de plus en plus menaçant, le voyageur d’affaires devra relever de nouveaux défis à très court terme. (Lire aussi : Le tourisme d’affaires en temps de crise) Voici un aperçu de son profil.

Le marché évolue

Le marché des voyageurs d’affaires est en pleine mutation. Selon Business Travel News, l’âge moyen des voyageurs d’affaires a chuté au cours des dernières années. Il est passé de 49 ans en 2002 à 41 ans aujourd’hui. La proportion des femmes est passée du quart (25%) au tiers (33%) de 2002 à 2008.

La filiale affaires d’Expedia, Egencia, faisait connaître en septembre dernier les résultats de son enquête mondiale sur le comportement du voyageur d’affaires. Il s’agit de la première enquête de cette ampleur: 2400 répondants à travers la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada. D’entrée de jeu, on révèle que:

  • Plus de 2 voyageurs sur 3 apprécient les voyages d’affaires et 85% affirment qu’ils aiment leur travail en grande partie parce qu’ils voyagent (c’est une des raisons clés).
  • En moyenne, les Canadiens tirent de l’arrière par rapport aux autres pays en matière de nombre de jours de voyages d’affaires pris chaque année, soit environ 14,2 jours comparativement à une moyenne globale de 20,8 jours.
  • Ce sont les Allemands qui enregistrent le plus grand nombre de journées de voyages d’affaires: 22,3

Des segments qui en disent long…

Pour mieux cerner les attentes des voyageurs d’affaires, l’étude établit six profils, ou six groupes, clés. Voici chacun de ces segments, classés par ordre d’importance, et quelques éléments qui les caractérisent:

Les assoiffés d’expériences: 39% (experience-hungry)

  • Ces voyageurs cherchent à combiner voyage d’affaires et intérêts personnels;  41%  des femmes et 36% des hommes.
  • Ils planifient donc leurs périodes de temps libre pour découvrir la destination.
  • Ces voyageurs sont les plus susceptibles d’apporter dans leur valise une caméra, une carte de la ville et, surtout, une liste d’achats souvenirs pour leurs proches.
  • C’est en France que l’on trouve la plus grande part d’«assoiffés d’expériences» avec 44%.
  • 29% des gestionnaires seniors (top management) correspondent à ce profil comparativement à 41% pour les employés moins expérimentés ou les gestionnaires «juniors».

Les hyperbranchés: 23% (hyper-connected)

  • Ce sont évidemment ceux qui traînent en permanence avec eux leur BlackBerry et leur ordinateur portable et qui profitent des connexions sans fil.
  • Souvent mariés, ce ne sont pas ceux qui aiment le plus ces voyages. Néanmoins, ils tirent parti de ces occasions pour développer des réseaux d’affaires et atteindre leurs objectifs professionnels.
  • Les gestionnaires seniors sont les plus représentés dans cette catégorie (30%), alors que 19% des autres types d’employés en font partie.
  • Les États-Unis possèdent la plus grande part d’hyperbranchés (28%) et le Canada compte la plus faible (19%).

Les sensibles au prix: 14%  (cost-conscious)

  • La plupart des gens de ce segment travaillent pour des entreprises de moins de 50 employés et sont sensibilisés à la valeur d’un voyage d’affaires. Leur priorité consiste à rentabiliser le déplacement.
  • Ces voyageurs seront soucieux de choisir judicieusement leurs prestations de voyages.
  • Les voyageurs du Royaume-Uni sont les plus «sensibles au prix» (17%), alors que les Français le sont le moins (9%).

Les casaniers: 7% (home-focused)

  • Ce sont ceux qui apprécient le moins les voyages d’affaires; leurs préoccupations familiales ou liées à la vie à la maison prédominent.
  • Ils sont principalement âgés de 36 à 45 ans.
  • Les gens qui ont des enfants, surtout en bas âge, sont aussi plus représentés dans ce groupe de voyageurs.

Les réguliers: 6% (seasoned)

  • Les réguliers sont ceux qui effectuent le plus grand nombre de voyages; soit environ 25 par année;
  • Pour eux, les voyages font partie de la routine de leur travail.
  • La moitié d’entre eux ont des assistants pour les aider à organiser leurs voyages.

Les verts: 4% (green)

  • Il s’agit du plus petit groupe, mais il devrait connaître la croissance la plus forte.
  • Ces voyageurs se déplacent en avion seulement s’il n’y a pas d’autres options envisageables.
  • Pour réduire leur empreinte environnementale en voyage, ils considèrent investir dans les programmes de compensation des gaz à effet de serre.

Les voyageurs d’affaires canadiens: surtout des assoiffés d’expériences!

Les résultats concernant les Canadiens révèlent notamment que plus de la moitié (58%) de ceux-ci emportent leur appareil-photo en voyage d’affaires comparativement à 49% des voyageurs des autres pays. La majorité (52%) se procure une carte géographique de l’endroit. En comparaison, seulement 17% des Allemands se munissent d’une telle carte. Ainsi, les voyageurs d’affaires canadiens profitent de leur temps libre pour prendre des photos et acheter des souvenirs (25%) pour leur famille; il s’agit d’une façon de rester en contact avec elle. Ils pratiquent aussi des activités plus personnelles comme s’entraîner au gym de l’hôtel ou fréquenter les restaurants locaux (48%). Enfin, les Canadiens arrivent au premier rang dans la catégorie «weather research». Ils sont ainsi plus nombreux (72%) que les autres voyageurs d’affaires à effectuer des recherches sur la météo en regard de leur destination d’affaires. Notre relation intense avec le temps qu’il fait nous suit partout!

Le mobile fait maintenant partie des moeurs

La technologie mobile – accessible par cellulaire, BlackBerry, ordinateurs portables, Internet sans fil – s’avère l’outil indispensable d’un nombre grandissant de voyageurs d’affaires. Selon ces derniers, la technologie mobile permet de demeurer informé en tout temps. C’est une question d’efficacité mais aussi de sécurité. Les alertes de dernière minute, les avis sur les retards ou les catastrophes peuvent être transmis aux voyageurs par message SMS (short message service), du moins en théorie. On assiste aussi à plusieurs services émergents comme l’enregistrement d’un vol, les clés virtuelles de chambre d’hôtel et les cartes d’embarquement. Et les possibilités semblent infinies…  Le «mobile» s’inscrit comme l’outil indispensable du voyageur, et il le sera de plus en plus.

Combiner affaires et agrément

En ces temps plutôt moroses, le touriste d’affaires sera probablement appelé – par l’entreprise qui l’embauche – à réduire ses dépenses ou le nombre de ses voyages. Mais il sera d’autant plus tenté de combiner affaires et agrément afin de maximiser son déplacement. Il faut donc stimuler le touriste d’agrément qui sommeille en ce voyageur d’affaires et l’inciter à prolonger son séjour pour découvrir la destination avec les membres de sa famille.

Source:
–    Egencia. «Egencia unveils the results of the first ever worldwide survey exploring the DNA of today’s business traveller», Marketwire, 16 septembre 2008.
–    Lainé, Linda. «Le mobile sécurise les voyageurs d’affaires», L’Écho touristique, 10 octobre 2008
–    Meyer, David. «Who Is Today’s Corporate Traveler?», Business Travel News, 27 octobre 2008.
–    Voyage et Business. «Le voyageur d’affaires: une mutation profonde», [http://www.voyageetbusiness.com/Le-voyageur-d-affaires,-une-mutation-profonde-_a1897.html], page consultée le 12 novembre 2008.