Catégories
Segments de clientèles

Savoir plaire aux femmes

 

 

De plus en plus d’entreprises des divers secteurs touristiques s’intéressent aux femmes, et pour cause: selon Euromonitor International, leur revenu disponible s’est considérablement accru au fil des ans, et même plus rapidement que celui des hommes (voir le graphique 1).

CN_plaire_femmes_graphique1

Grâce entre autres à ce plus grand pouvoir économique, les femmes en général voyagent de plus en plus

Grâce entre autres à ce plus grand pouvoir économique, les femmes en général voyagent de plus en plus, et la proportion des voyageuses aisées (revenu familial annuel de 250 000 USD ou plus) a elle aussi augmenté au cours des dernières années. Elles représentent d’ailleurs la majorité de cette catégorie de voyageurs (54% en 2012 comparativement à 42% en 2010), selon une étude de MMGY Global et du groupe Harrison. Ces voyageuses ont pris en moyenne 5 périodes de vacances au cours des 12 derniers mois, pendant lesquelles elles ont dépensé près de 10 000 USD au total. Elles ne sont pas les seules à voyager beaucoup: la Travel Industry Association of America (TIA) estime que 32 millions de femmes célibataires américaines ont effectué au moins un séjour touristique l’an dernier, et qu’environ 3 femmes sur 10 sont parties 5 fois ou plus.

Selon les données 2013 du Print Measurement Bureau, 56% des Canadiennes âgées de 18 ans et plus — environ 8 millions de femmes — ont réalisé au moins un voyage au Canada au cours des 12 derniers mois, et près du tiers (30%) ont effectué de 3 à 6 séjours au pays. Quelque 7 millions d’entre elles, soit 47% de cette population, ont séjourné au moins une fois à l’extérieur du Canada ces 3 dernières années.

Croissance des séjours en solo

Les femmes de tous âges voyagent de plus en plus en solo

Traditionnellement, les femmes voyageaient avec leur famille ou avec leur conjoint. Désormais, leurs périples prennent de nouveaux visages. Les femmes de tous âges voyagent de plus en plus en solo, pour le travail ou l’agrément. Dans un sondage en ligne réalisé par hostelbookers.com en juin 2013, 82% des 1000 répondantes ont mentionné avoir déjà voyagé seules au moins une fois, et même sur un autre continent pour 65% d’entre elles. Plus de la moitié (51%) ont effectué de 2 à 5 séjours, dont la durée moyenne s’échelonnait entre 1 et 3 semaines.

Parmi les principales raisons de cette augmentation des voyages en solo: le veuvage ou le divorce, mais aussi l’envie de s’accorder du temps pour soi ou de poursuivre un intérêt particulier — histoire, art, cuisine, etc. Un sondage cette fois-ci réalisé par Lastminute.com.au auprès de 5000 Australiennes ajoute aussi la possibilité de vivre de nouvelles aventures (68%); de rencontrer d’autres personnes (64%) ou encore d’apprendre sur soi-même (53%). Les séjours les plus réussis incluent une sorte de participation dans la communauté et favorisent la croissance personnelle.

Ce que femme veut…

Quand il s’agit de la chambre, plusieurs sondages montrent que les femmes recherchent quelques éléments essentiels: des draps de haute qualité, des miroirs grossissants dans la salle de bain, des articles de toilette de luxe, des serviettes moelleuses, des magazines féminins et un éclairage approprié, pour n’en nommer que quelques-uns. Pour les voyageuses d’affaires, la liste inclut également un accès Internet haute vitesse et une variété d’options de service en chambre. Tous ces détails peuvent déterminer la décision d’achat d’une femme, de sorte que plusieurs hôtels se sont adaptés pour répondre à ces normes. C’est le cas de la chaîne hôtelière Hyatt qui, forte des résultats de sa propre enquête d’envergure mondiale étalée sur 18 mois, a mis en œuvre certains changements — Experience Hyatt — comme l’ajout de menus santé variés et d’articles de toilette haut de gamme, de même qu’un grand nombre d’articles gratuits, à acheter ou à emprunter, grâce à son programme Hyatt Has It. Les hôtels boutiques Kimpton offrent le même genre de programme, Women in Touch, en plus de pourvoir aux besoins de la femme qui voyage avec ses enfants.

Voici d’autres exemples intéressants:

  • Certaines compagnies aériennes offrent des toilettes pour femmes seulement (All Nippon Airways, Korean Air, Japan Airlines, Virgin), d’autres des salons exclusifs (Korean Air, à l’aéroport d’Incheon);CN_plaire_femmes_womenontheirway
  • Des réseaux sociaux comme Maiden Voyage, qui compte actuellement environ 2000 membres dans le monde, visent à rassembler les femmes d’affaires qui voudraient se réunir pour dîner, boire un verre ou encore partager d’autres activités intéressantes lors d’un voyage. Le site propose également des hôtels où les femmes pourront se sentir en sécurité et leur prodigue des conseils de sûreté.
  • Des sites Web sont exclusivement consacrés à la clientèle féminine, comme celui de Wyndham Worldwide, Women on Their Way. Cette ressource en ligne aide les femmes d’affaires et les vacancières à trouver tout ce dont elles ont besoin pour planifier et réserver leur prochain voyage. Le site comprend des conseils d’experts sur les destinations, les hôtels, les centres de villégiature, les locations et échanges de maisons, ainsi que des offres spéciales et des forfaits. Un autre site, Women Travel New Zealand, regroupe de petites entreprises n’appartenant qu’à des femmes et qui proposent de l’hébergement, des circuits, des lieux de repos et des tours guidés pour les voyageuses.

La sécurité, une priorité

La sécurité des voyageuses constitue un élément important dont l’industrie touristique doit se préoccuper.

La sécurité des voyageuses constitue un élément important dont l’industrie touristique doit se préoccuper. Certains hôteliers y ont répondu en:

  • créant des étages réservés aux femmes (Crowne Plaza à Washington et à Philadelphie);
  • ajoutant des serrures à pêne dormant sur les portes;
  • leur attribuant des chambres plus proches des ascenseurs, plutôt qu’au fond d’un couloir mal éclairé;
  • ne révélant pas leur numéro de chambre à la réception, pour éviter les oreilles indiscrètes;
  • les faisant escorter jusqu’à leur chambre (Pan Pacific, San Francisco);
  • proposant des ascenseurs qui ne fonctionnent qu’avec les clés d’une chambre, pour éviter les indésirables qui ne logent pas dans l’établissement;
  • construisant des stationnements couverts et éclairés situés à proximité de l’entrée principale.

Les taxis roses, conduits par et pour des femmes, exploités dans de nombreuses villes du monde, dont Londres, La Haye, Amsterdam, Barcelone, Moscou, Le Caire, Damas, Koweït, Mexico, Dubaï, Abou Dhabi, Téhéran, Mumbai et Dacca répondent aussi au besoin de sécurité des voyageuses.

Malgré toutes ces attentions, les besoins des femmes ne semblent pas entièrement comblés, selon une étude réalisée par Aimia, chef de file mondial de la gestion de la fidélisation, surtout ceux des femmes d’affaires, qui souhaitent dans un très fort pourcentage que l’industrie touristique tienne mieux compte de leurs exigences. On est en droit de se demander si les sondages posent les bonnes questions… Peut-être suggèrent-ils plutôt des choix de réponses qui demeurent trop souvent collés à des stéréotypes féminins?

Image à la une: Hôtel Kimpton

Catégories
Segments de clientèles Tendances

Prévisions 2014 pour les réunions d’affaires

L’utilisation croissante des médias sociaux sera la principale tendance prévue en 2014 dans le secteur des réunions. Les planificateurs anticipent encore une fois des restrictions budgétaires de leurs clientèles, ce qui pourrait expliquer la hausse du nombre de réunions sur les marchés domestiques.

Prévisions d’affaires des planificateurs de réunions

Selon un sondage prévisionnel d’American Express, les planificateurs nord-américains prévoient en 2014 une hausse de 1,5% du nombre de réunions par entreprise, comparativement à l’année précédente. Le volume de ces événements restera stable en Europe et baissera de 1,2% dans la région Asie-Pacifique. Les hôteliers sont cependant plus optimistes, puisqu’ils entrevoient une augmentation de 3% à l’échelle planétaire.

En Amérique du Nord, 46% des répondants anticipent une croissance du volume, alors qu’un quart d’entre eux seulement tablent sur une baisse (voir le graphique 1). Le nombre de participants par réunion sera majoritairement stable (47%); néanmoins, près du tiers (31%) des planificateurs s’attendent à une augmentation. Quant à la durée moyenne de l’événement, 70% n’entrevoient aucun changement en 2014.

AL_Reunions_affaires_tendances_graph_1

en Amérique du Nord, les dépenses liées aux réunions et le budget accordé à chaque individu devraient se maintenir au même niveau qu’en 2013

Toujours en Amérique du Nord, les dépenses liées aux réunions et le budget accordé à chaque individu devraient se maintenir au même niveau qu’en 2013. Les répondants européens prévoient une diminution de 1,8% et ceux de l’Asie-Pacifique de 3,6%, en ce qui concerne les dépenses. Les budgets individuels pourraient chuter de 4,4% pour cette dernière région, soit la plus forte baisse de toutes pour 2014.

Les prévisions des tarifs hôteliers négociés sont similaires à celles faites pour l’an passé, avec des hausses de 3 à 5% pour toutes les régions, à l’exception de l’Europe (0%). Néanmoins, il est intéressant de constater que les hôteliers prévoient une augmentation moins importante de 1,8% à l’échelle globale.

Tendances générales

American Express et Carlson Wagonlit Travel identifient plusieurs tendances et changements pour 2014.

  • Technologie mobile et médias sociaux:

Les planificateurs s’attendent à une hausse de la demande en ce qui concerne l’intégration des technologies mobiles à leurs événements.

Les planificateurs s’attendent à une hausse de la demande en ce qui concerne l’intégration des technologies mobiles à leurs événements. Les participants sont à la recherche de différentes fonctionnalités: l’interactivité, le partage de commentaires durant le déroulement des réunions ainsi que l’accès à des informations détaillées sur les conférenciers et les contenus abordés. Pour les événements de grande envergure, les applications mobiles sont perçues comme un outil de communication très efficace avec les participants. De plus, les planificateurs nord-américains prévoient une hausse de 4% de l’utilisation des médias sociaux durant les réunions, supérieure donc à celle des Asiatiques (3,2%) et des Européens (2,5%). Enfin, grâce à un meilleur accès aux données clients (big data), les planificateurs sont en mesure de personnaliser leurs services pour chaque participant, en lui envoyant par exemple les invitations et itinéraires routiers sur son appareil mobile.

  • Marché domestique:

C’est avant tout sur le marché national que les répondants au sondage d’American Express prévoient une hausse de la demande de réunions

C’est avant tout sur le marché national que les répondants au sondage d’American Express prévoient une hausse de la demande de réunions (voir le tableau 1). Cette tendance s’explique par la volonté des entreprises de réduire la durée des voyages et les coûts inhérents. La demande des Nord-Américains pour des événements qui ont lieu dans leur région devrait croître de 2,3% et celle des Européens de 2,4%. La plus forte hausse concernera le marché de l’Asie-Pacifique (4%).

AL_Reunions_affaires_tendances_tab_1

  • Sécurité des participants:

La sécurité et la sûreté d’une destination continueront d’influencer grandement la tenue d’événements en 2014. Les instabilités économiques et politiques qui perdurent dans certaines régions ainsi que l’accroissement des voyages d’affaires dans les marchés émergents contribuent à faire de la sécurité un élément majeur de la planification des réunions en 2014.

  • Réunions virtuelles:

Les planificateurs nord-américains sondés par American Express prévoient organiser davantage de réunions virtuelles en 2014 que l’an passé. En effet, 30% d’entre eux utiliseront une technologie virtuelle ou hybride (incluant des événements réels) pour plus de 10% des réunions, alors que seulement 18% avaient cette intention pour 2013.

  • Consolidation des budgets des entreprises:

À l’échelle mondiale, les deux organismes notent une préoccupation resserrée autour des budgets et des dépenses. Cela entraînera un accroissement de l’importance des tarifs de groupes pour les planificateurs, en raison de leur plus grande possibilité de négociation et de flexibilité. De leur côté, les entreprises continueront de consolider leurs politiques de réunions et chercheront un fournisseur unique capable de leur apporter un soutien global et des économies de coûts. Carlson Wagonlit Travel s’apprête à lancer en Amérique du Nord l’outil «CWT Meetings & Events Dashboard», permettant aux entreprises d’exercer un meilleur contrôle de leurs dépenses en réunions et événements.

Le «virage affaires» amorcé par Tourisme Montréal à la fin 2013 semble débuter à point nommé, à l’heure où les marchés domestiques attirent davantage d’entreprises pour la tenue de leurs réunions. Les marchés limitrophes de Toronto et de Boston sont dans leur ligne de mire, arriveront-ils à les courtiser?

Image à la une: © By NC Grand Hyatt San Francisco

Catégories
Tendances

L’Asie et l’urbanisation façonnent le tourisme de demain

À l’occasion de la journée inaugurale, Euromonitor International a présenté son rapport annuel, qui fait état de la situation de l’industrie touristique. Les résultats sont basés sur un sondage effectué auprès de 1 277 intervenants participant au WTM, soit des organisations de marketing de la destination, des entreprises touristiques privées et des membres seniors du Buyers’ Club (un club exclusif d’acheteurs approuvés par le WTM).

Optimisme à l’horizon

L’économie mondiale se remet graduellement du récent ralentissement qu’elle a connu. Si l’année 2012 a marqué l’atteinte du cap d’un milliard de voyages internationaux, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit en 2013 une hausse de 4% des arrivées à l’échelle de la planète.

Neuf cadres supérieurs sur dix interrogés par Euromonitor se disent optimistes quant aux perspectives de leur entreprise et de l’industrie en général en 2014 (voir le graphique 1). Sept de ces répondants sur dix ont également rapporté une croissance de la demande au cours des douze derniers mois.  

MLV_Compte-rendu_WTM-1-grap1

Questionnés sur les obstacles auxquels fait face l’industrie, la moitié des dirigeants ont indiqué que ce sont les conflits nationaux et internationaux qui entraînent l’impact négatif le plus important (voir le graphique 2). Les taxes et les visas ont été identifiés comme deux autres sources principales préoccupantes pour le développement d’affaires.

MLV_Compte-rendu_WTM-1-grap2

Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud constituent depuis quelque temps les nations émergentes qui représentent les puissances futures en tourisme. Malgré cela, un peu plus du quart des cadres seniors (28%) estiment qu’aucun de ces marchés émetteurs n’est d’importance pour leurs activités commerciales (voir le graphique 3). Pour la troisième année consécutive, c’est la Chine qui arrive en tête de ces marchés émergents, suivie de la Russie.

MLV_Compte-rendu_WTM-1-grap3

la région de l’Asie du Sud-Est connaîtra la plus grande croissance des retombées touristiques sur le PIB dans les prochaines années, avec un taux de 6,7% en 2013.

Dans le top 30 des destinations identifiées par les répondants, neuf sont asiatiques: le Sri Lanka, l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam, le Myanmar, le Cambodge, les Philippines, la Thaïlande et la Chine. Ces constatations sont soutenues par les données du Conseil mondial du tourisme et des voyages (WTTC), qui prévoit que la région de l’Asie du Sud-Est connaîtra la plus grande croissance des retombées touristiques sur le PIB dans les prochaines années, avec un taux de 6,7% en 2013. L’OMT estime que cette région sera d’ici 2030 la seule à voir croître sa part du marché mondial, laquelle représentera alors 30% des arrivées internationales (soit 535 millions).

Le monde change!

Lors du sommet sur l’innovation en tourisme au WTM, le directeur du marketing et des technologies de Carlson Wagonlit Travel, William El Kaim, a partagé quelques chiffres qui dressent la toile de fond sur laquelle se dessinent les tendances en matière de voyages:

  • En 2013, le PIB combiné des pays «pauvres» dépasse celui des «riches».
  • En 2020, l’économie mondiale devrait avoir crû d’environ 80% par rapport à ce qu’elle était en 2000.
  • La population mondiale passera de 7 milliards à 8,3 milliards de personnes en 2030.
  • L’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine domineront la croissance démographique au cours des 20 prochaines années.
  • La classe moyenne devrait atteindre 5 milliards de personnes en 2031, comparativement à 2,1 milliards en 2011.
  • Le taux de croissance de l’urbanisation est estimé à 2% par an, ce qui représentera 60% de la population mondiale (5 milliards de personnes) en 2030.

MLV_Compte-rendu_WTM-1-image1png

Source: Adapté de El Kaim, William , «The Digilution of Business Travel»

Pour le secteur touristique, et plus particulièrement les déplacements professionnels, cela signifie que: 

  • le tourisme d’affaires représentera 17% du tourisme international en 2020;
  • la région Asie-Pacifique connaîtra la plus grande croissance en matière de voyages d’affaires nationaux dans les prochaines années;
  • les estimations basées sur les arrivées de touristes d’affaires indiquent une stabilisation du taux de croissance à 4% par année pour ce type de séjour;
  • la région de l’Europe de l’Ouest demeure toujours en tête du tourisme d’affaires, avec 37% des arrivées internationales, mais l’Asie-Pacifique la rattrape rapidement, avec 29% de parts de marché.

Le règne des villes

Les constats précédents confirment le rôle crucial des villes comme puissante force motrice pour le développement du tourisme. Présentant quelques faits saillants de son dernier rapport intitulé «Cities on the Rise», Auliana Poon, directrice de Tourism Intelligence International, a déterminé que le talent, la technologie, la tolérance et le territoire composent les quatre éléments fondamentaux d’une ville compétitive, un concept qui s’inspire de la théorie de la classe créative de Richard Florida (voir l’illustration 1).

MLV_Compte-rendu_WTM-1-illustration1

«Le talent est le moteur de la compétitivité et la technologie favorise l’innovation, la productivité et les profits. Toutefois, la tolérance attire le talent.»

D’ailleurs, elle soutient qu’une ville peut renforcer sa performance grâce à une stratégie de TOLÉRANCE, un acronyme conçu spécifiquement pour cette étude:

T – Favoriser le talent et adopter la technologie

O – Être ouvert à la diversité

L – Être un leader en innovation

É – Cibler les marchés émergents

R – Bâtir un tourisme urbain responsable

A – Cultiver son attractivité, ses actifs et son accessibilité

N – Créer des réseaux (networks)

C – Utiliser la culture comme un avantage concurrentiel

E – Adopter l’e-marketing

Selon des données tirées des rapports Global Destination Cities Index de MasterCard et de l’OMT, le taux de croissance du tourisme urbain est plus élevé que celui du tourisme international. Toutefois, la concurrence s’accroît elle aussi, avec plusieurs villes de pays émergents désireuses de mieux se positionner sur l’échiquier mondial. Les métropoles performantes se dirigent de plus en plus vers un marketing axé sur la main-d’œuvre et le talent, plutôt que centré uniquement sur le tourisme. En effet, une ville attirante pour les visiteurs est d’abord un lieu où il fait bon vivre et travailler (lire aussi: Le tourisme face aux évolutions du marketing territorial, partie 1 et La destination touristique à travers le marketing territorial, partie 2).

L’essor international de l’urbanisation stimule la création de nouvelles industries qui, à leur tour, poussent dans certains pays le revenu moyen à des niveaux sans précédent. La croissance de la classe moyenne émergente représente un potentiel lucratif pour les entreprises et destinations touristiques, mais elle implique aussi certains enjeux. Cette hausse de la mobilité globale requiert des villes plus intelligentes et durables ainsi que des solutions intégrées qui permettront d’appliquer les technologies les plus avancées à la gestion des ressources dans tous les secteurs d’activités. 

Catégories
Marchés géographiques

Portrait des voyageurs d’outre-mer au Québec en 2012

Cette analyse s’appuie notamment sur des données de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada. Elle se concentre sur les visites-province provenant de 13 marchés d’outre-mer d’importance au Québec.

Variation et répartition des voyageurs d’outre-mer

le Québec a accueilli environ 1,1 million de voyageurs d’outre-mer … soit une diminution de 4% par rapport à 2011

En 2012, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) indiquait que le nombre d’arrivées de touristes internationaux a augmenté de près de 4% mondialement. De son côté, le Québec a accueilli environ 1,1 million de voyageurs d’outre-mer (tous buts confondus), soit une diminution de 4% par rapport à 2011 (voir le graphique 1).

Voyageurs_outre_mer_graph1

Malgré un recul d’environ 3% en 2012, la France occupe toujours la première place des marchés d’outre-mer du Québec (30%), suivie par le Royaume-Uni (9%), l’Allemagne (6%), la Chine (5%) et la Suisse (4%) (voir le graphique 2).

Voyageurs_outre_mer_graph2

Parmi les 13 pays à l’étude, seuls 4 affichent une croissance des arrivées dans la province par rapport à 2011: le Brésil (44%), la Chine (23%), la Belgique (20%) et le Mexique (2%). Outre le marché mexicain, ces segments ont réalisé en 2012 leurs meilleurs résultats des cinq dernières années en nombre de visites-province. Inversement, ce sont les Espagnols (-59%) et les Japonais (-53%) qui enregistrent les plus fortes baisses dans la dernière année.

Les marchés européens en perte de vitesse

Si l’on exclut la Belgique — dont la hausse est principalement attribuable au segment des touristes d’agrément —, le nombre de visites-province provenant des marchés européens a diminué en 2012. C’est notamment le cas de l’Allemagne (-22%), de la France (-3%) et de la Suisse (-3%), qui avaient connu leurs meilleurs résultats des cinq dernières années en 2011. Globalement, les résidents de ces marchés sont affectés par l’incertitude économique qui règne en Europe et sont donc enclins à voyager dans des destinations de proximité.

Les marchés émergents en progression

Après une forte diminution des voyageurs mexicains due à l’imposition d’un visa en 2009, on observe une certaine reprise depuis 2010, qui se traduit par une hausse de 16% des arrivées au Québec. Les Mexicains ont d’ailleurs voyagé plus à l’étranger en 2012 qu’en 2011, ce qui est principalement attribuable à la baisse du taux de chômage et à l’augmentation de la confiance des consommateurs.

Le marché brésilien connaît également une croissance fulgurante au Québec, avec une hausse de 44% du nombre de visites-province en 2012. Ce segment constitue d’ailleurs un marché à fort potentiel, puisque les dépenses moyennes des Brésiliens par visite s’élèvent à 1 226$ (par rapport à 942$ pour la moyenne outre-mer) et la durée moyenne de leur voyage à 12 jours.

Pour sa part, le marché chinois est en constante progression depuis 2008. Le nombre d’arrivées en provenance de la Chine a effectivement plus que triplé sur cette période, passant de quelque 14 000 visites-province en 2008 à plus de 50 000 en 2012 (voir le graphique 3). À titre comparatif, le Canada a enregistré une progression légèrement plus faible sur ce marché, soit 16% sur la même période, alors que les États-Unis ont connu une impressionnante augmentation de 35%, selon l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada.

 

 

Voyageurs_outre_mer_graph3

Indicateurs selon le but de voyage

Après deux années de hausse en 2010 et en 2011, tous les segments ont diminué en 2012 (voir le graphique 4). La plus importante baisse concerne les voyages d’agrément (-7%), suivis des visites de parents et d’amis (-1,8%) et des voyages d’affaires (-0,6%).

Voyageurs_outre_mer_graph4

Bien qu’ils aient la durée moyenne de visite la plus courte (10 jours), les touristes d’affaires constituent le segment le plus lucratif pour le Québec, avec près de 1 400$ par visite

Environ 46% des touristes d’outre-mer voyagent seuls, alors qu’un touriste sur trois est accompagné d’une personne. Bien qu’ils aient la durée moyenne de visite la plus courte (10 jours), les touristes d’affaires constituent le segment le plus lucratif pour le Québec, avec près de 1 400$ par visite (voir le tableau 1).

Voyageurs_outre_mer_tab1

Coup d’œil sur la fréquentation des régions

Sans surprise, ce sont les deux portes d’entrée, Montréal et Québec, qui comptent le plus de visites-province de la part des marchés d’outre-mer. La Capitale nationale a cependant connu une baisse de 11% du nombre d’arrivées de ces touristes depuis 2008, comparativement à une diminution de 2% pour la métropole (voir le graphique 5).

Voyageurs_outre_mer_graph5

Ce sont les régions du Centre-du-Québec (88%), du Bas-Saint-Laurent (45%), de la Mauricie (20%), des Cantons-de-l’Est (19%) et du Saguenay–Lac-Saint-Jean (15%) qui ont connu les plus importantes hausses de visiteurs d’outre-mer depuis 2008 (voir le graphique 6). À l’inverse, les plus imposantes baisses ont pu être observées dans les régions de Charlevoix (-42%), de Laval (-23%) et de Lanaudière (-22%).

Voyageurs_outre_mer_graph6

La saisonnalité

Outre les Espagnols, qui semblent favoriser le printemps pour venir au Québec, tous les autres marchés européens privilégient la période estivale (voir le graphique 7). Au total, 286 200 voyageurs européens ont parcouru la province au cours de l’été, comparativement à 150 000 au printemps, 108 400 à l’automne et 82 800 en hiver.

Voyageurs_outre_mer_graph7

Parmi les marchés non européens, la Chine, le Brésil et le Mexique ciblent principalement la période estivale, alors que les Australiens et les Japonais choisissent davantage le Québec pour la saison automnale (voir le graphique 8).

Voyageurs_outre_mer_graph8

Dans un contexte où la concurrence internationale est de plus en plus forte, le Québec doit continuer de se démarquer auprès de certains marchés émergents et, surtout, ne pas négliger ses marchés traditionnels.

Catégories
Produits et activités

Le face-à-face, rien de tel pour gagner le cœur des planificateurs

Rencontres en personne, discussions avec les pairs de l’industrie, ateliers de formation et tournées de familiarisation constituent les meilleures techniques pour influencer le choix de destination des planificateurs de réunions.

Le nombre de délégués dans les congrès et dans les réunions à travers le monde est à la baisse, et la concurrence de plus en plus féroce. Les organisations de gestion de la destination (OGD), les offices de tourisme et les centres de congrès doivent comprendre, plus que jamais, la réalité des planificateurs et des organisateurs de congrès/réunions, s’ils veulent tirer leur épingle du jeu. Pour ce faire, Development Counsellors International (DCI) a mené une étude auprès de 187 planificateurs de congrès/réunions nord-américains, des milieux tant associatif que corporatif.

Principales sources d’influence des perceptions

Les rencontres en personne avec des représentants de la destination (58%) sont plus importantes que la visite de la destination elle-même (53%), lorsqu’il s’agit d’influencer les perceptions des planificateurs de congrès/réunions. Les discussions avec les pairs de l’industrie (55%) sont aussi privilégiées, alors que les reportages télé ou radio et les médias sociaux jouissent d’une très faible influence (voir le graphique 1). Les planificateurs d’entreprise comptent davantage sur des sources en ligne et sur des articles de journaux ou de magazines que le font ceux des associations.

CN_pratiques_perceptions_réunions_graphique_1 

Les meilleures pratiques marketing vues par les planificateurs eux-mêmes

Les répondants ont été invités à évaluer l’efficacité de huit techniques traditionnelles utilisées par les organisations de marketing de destinations. Encore une fois, les rencontres en face à face, que ce soit dans le cadre d’une foire commerciale, d’une réception ou d’un atelier de formation, semblent le moyen le plus efficace d’influencer les planificateurs de congrès/réunions qui envisagent de tenir leur événement dans une nouvelle destination. Près des deux tiers des répondants (64%) sont favorables à des ateliers de formation multidestinations. Ce format permet aux planificateurs de congrès/réunions de passer moins de temps à l’extérieur du bureau, tout en s’assurant de mieux connaître l’offre d’un éventail plus large de lieux de réunion possibles.

Les sondés ont ensuite évalué chaque technique (publicités, bulletins d’information, courriels, ateliers de formation, réceptions d’affaires, articles dans des publications spécialisées, foires commerciales et séminaires en ligne) sur une échelle de 1 à 5, où 1 équivaut à «médiocre» et 5 à «excellente». En ce qui a trait à la publicité – résultat moyen de 3,26 –, près des trois quarts des répondants (73%) se sont montrés en faveur du format en ligne plutôt qu’imprimé. Les publicités à la radio ou à la télé n’ont récolté aucune réponse.

Cela dit, avec des résultats oscillant entre 3 et 4 en moyenne pour les différentes tactiques, elles peuvent toutes être considérées comme influentes, et aucune ne devrait être ignorée dans le cadre du marketing mix de la destination.

Créer une relation entre le planificateur et la destination grâce aux tournées de familiarisation

Les tournées de familiarisation reçoivent la faveur de près des trois quarts des répondants (72%), particulièrement des planificateurs d’entreprise, qui leur ont accordé une note de 4,3 sur 5. Comme les répondants n’effectuent en moyenne que 1,6 déplacement par an, les destinations doivent se démarquer en offrant un service de très grande qualité pour réussir à les attirer.

Malgré le fait que de nombreuses OGD préfèrent les tournées de familiarisation individuelles, dans le but de s’assurer le meilleur rendement de l’investissement possible, les visites de groupe sont les favorites des planificateurs de congrès/réunions, recueillant 62% des voix. Ceux du secteur associatif semblent préférer davantage que leurs homologues des entreprises les voyages individuels.

La période estivale représente le meilleur moment pour les tournées de familiarisation en Amérique du Nord, et ce, pour les deux groupes de planificateurs (48%); le printemps se classe au deuxième rang en ce qui concerne les organisateurs d’événements associatifs, tandis que c’est l’automne qui occupe cette place du côté des responsables en entreprise.

Les centres de congrès, des intervenants majeurs et privilégiés

Quand il s’agit d’évaluer les destinations comme lieux de réunion, les planificateurs se tournent de préférence vers les centres de congrès (57% au total, 64% du côté associatif et 47% en entreprise). Les hôtels arrivent au deuxième rang (50%) et les OGD en troisième place, avec 27% des répondants. Toutefois, plus de 4 planificateurs d’entreprise sur 10 font confiance aux OGD (voir le graphique 2).

 CN_pratiques_perceptions_réunions_graphique_2

IMEX America, la conférence de l’industrie la plus populaire

Étonnamment, 30% des répondants n’ont assisté à aucune conférence ou bourse spécialisée au cours des trois dernières années, et ce, même si les rencontres avec les représentants de destinations et le dialogue avec les pairs de l’industrie demeurent des sources importantes d’information sur la destination. Parmi ceux qui ont assisté à une conférence, IMEX America arrive en tête de liste (25%), suivie d’IMEX Frankfurt (19%). Un peu plus du quart des répondants (26%) associatifs ont participé à la réunion annuelle de la Professional Convention Management Association (PCMA), et 20% à celle de l’American Society of Association Executives (ASAE) (voir le graphique 3).

CN_pratiques_perceptions_réunions_graphique_3
 

Et les décideurs sont…

Dans le cas des planificateurs associatifs, le conseil d’administration (48%) est le décideur principal; les «autres» suivent avec 30% des réponses. Entrent dans cette catégorie le comité organisateur et les membres du personnel de l’association, qui recueillent 10% des voix.

Dans le cas des entreprises, le chef de la direction (28%) prend la décision sur l’emplacement définitif des réunions, mais les «autres» obtiennent le plus grand nombre de réponses (43%).

Le tourisme d’affaires constitue une perspective intéressante pour les entreprises et les destinations. Mieux en comprendre les rouages leur permettra de créer une expérience enrichissante, avec un effet à la fois immédiat et durable.

 

Source:

– Development Counsellors International. «A View from Meeting Planners: Winning Strategies in Destination Marketing», Aboutdci.com, octobre 2012.

 

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

Des lieux de réunion inusités, sources d’inspiration

Les entreprises touristiques ouvrent grand leurs portes aux touristes d’affaires. Au fond d’une mine, dans un zoo, un site industriel ou un jardin extérieur, elles savent créer une ambiance et une atmosphère propices aux échanges et à la créativité. Elles mettent de plus en plus l’accent sur les émotions, les impressions et les sensations qu’elles feront vivre aux visiteurs pour concevoir une expérience unique.

Le choix du site parfait: une étape cruciale pour la réussite d’un événement

Selon la Professional Convention Management Association, le site idéal doit combiner trois éléments pour créer une expérience mémorable: les facteurs environnementaux, qui incluent tous les stimuli présents dans l’environnement immédiat – sons, odeurs, textures, éléments visuels; les facteurs humains, qui se rapportent aux interactions des participants entre eux ou avec les membres du personnel; les facteurs émotionnels, qui eux, sont fortement influencés par les stimuli sensoriels.

Les lieux de réunion uniques ou inusités possèdent plusieurs caractéristiques qui permettent de créer cette expérience mémorable. Ils offrent:

  • l’ambiance et l’atmosphère liées aux stimuli de l’environnement;
  • l’originalité. L’unicité du lieu favorise les échanges entre les participants. Elle est donc liée aux facteurs humains;
  • l’émotion, liée à la capacité d’évoquer des sentiments positifs chez les participants.

Différents types de lieux de réunion

Les lieux de réunion sont aussi variés que les réunions elles-mêmes. Plusieurs catégories d’entreprises touristiques pourraient offrir leurs services à des groupes pour la tenue de réunions, séminaires, conférence ou même, de team building (lire aussi: Une nouvelle tendance: le team building culinaire) afin de diversifier leur clientèle et d’atténuer les effets de la saisonnalité. De plus, un lieu inusité s’inscrit parfaitement dans la tendance bleisure (lire aussi: La tendance des voyages de type bleisure s’accentue), qui allie les affaires et l’agrément.

Voici quelques exemples d’endroits inhabituels pour accueillir des groupes d’affaires:

  • les attractions: zoos et aquariums, spas, parcs à thème, d’amusement ou naturels, sites historiques, centres de ski, etc.;
  • les lieux de divertissement comme les cinémas;
  • les musées ou autres espaces de diffusion culturelle;
  • les lieux extérieurs: jardins botaniques, fermes, terrasses et jardins, vignobles, etc.;
  • les lieux sportifs: arénas, complexes sportifs, terrains de golf, pistes de course, stades, etc.;
  • les mines et autres lieux historiques désaffectés
  • les croisières (lire aussi: Réunions d’affaires: sur l’eau, entre deux manèges ou au fond des bois).

Une seule limite à cette courte liste: votre imagination! Laissez-vous inspirer par des exemples venus d’ici et d’ailleurs et créez votre propre expérience unique!

Les attractions: de tout pour tous les goûts

Plusieurs attractions s’intéressent à la clientèle corporative en leur offrant des services adaptés: salles de réunion multifonctionnelles dotées d’équipements à la fine pointe de la technologie, services de traiteur ou de banquets, activités ou visites sur le site ou l’attraction, etc. Les réunions font partie intégrante de leur offre touristique. Les informations sont répertoriées sur leur site Internet et un représentant ou une équipe de ventes s’occupe spécifiquement du volet congrès-réunions.

Pour une touche exotique, quoi de mieux que les parcs animaliers comme le ZSL London Zoo, le Zoo de Granby, l’Aquarium du Québec et le Cincinnati Zoo & Botanical Garden.

Pour le sport et le plein air, les groupes peuvent tenir leurs rencontres dans certains terrains de golf ou centres de ski comme celui d’Holimont, dans l’État de New York, aux monts Sainte-Anne et Stoneham à Québec ou au sommet du mont Tremblant, où ils tiendront leur réunion avant de dévaler les pistes. Plusieurs parcs du Québec – dont le parc de la Chute Montmorency, la Station touristique Dechesnay et le parc national d’Oka – et d’ailleurs (Yosomete, Bluestone National Park, Royaume-Uni) offrent eux aussi une combinaison de lieux propices aux échanges et de nombreuses activités de plein air et de détente qui favorisent la communication, la concentration et la réflexion. Certains lieux historiques nationaux s’ouvrent aux clientèles corporatives; c’est le cas de la Citadelle d’Halifax ou du Fort-Lennox.

L’ambiance champêtre et le cadre enchanteur des jardins extérieurs comme ceux du Domaine Joly-De Lotbinière ou des jardins botaniques de Montréal et de Toronto sont propices à la discussion. Construit en 1932, le chalet du Mont-Royal offre quant à lui une vue spectaculaire sur la ville de Montréal.

Le Québec regorge de sites historiques ou industriels. Plusieurs accueillent leur clientèle dans un décor exceptionnel comme la Pulperie de Chicoutimi/Musée régional, le Site historique maritime Pointe-au-Père, dont la fenestration du hall d’entrée donne sur le fleuve.

L’environnement souterrain offre un cadre unique à mille lieux des habituelles sources de distractions si souvent associés aux salles de réunion traditionnelles. Dans les profondeurs de la terre, Les Crayères des Montquartiers, d’anciennes carrières de craie qui ont abrité les fûts de la plus grande brasserie de la région parisienne, organisent la tenue d’événements dans de majestueuses galeries voûtées devenues aujourd’hui des caves à vin privées. L’auditorium de la mine d’or Lamaque dans la Cité de l’Or, à Val d’Or, situé à 300 pieds sous terre vaut son pesant d’or! L’expérience débute avec la lente descente vers les profondeurs à bord d’un «transporteur d’hommes», de quoi resserrer les liens en partant! Mais attention, claustrophobes s’abstenir.

 

lieux_reunion_inusites_image2 

L’édifice Nordheimer de l’hôtel Intercontinental de Montréal abrite en ses fondations trois magnifiques voûtes de pierres datant du milieu du 18e siècle. Entièrement restaurées, ces voûtes servent à la tenue de réceptions et de conférences.

Même l’hiver se met de la partie avec Le Village des neiges à Montréal et son tout nouveau centre des congrès, l’Icebreaker, qui offre une expérience unique à -5 degrés Celsius.

lieux_reunion_inusites_image3

Les lieux de diffusion culturelle à l’écoute des gens d’affaires

Plusieurs théâtres, cinémas, salles de spectacle, maisons de la culture, centres ou galeries d’arts, etc. proposent des installations de conférence; c’est le cas des cinémas Cineplex, du TNM (hall, salle de spectacle et salle de répétition), du Vieux bureau de poste de Saint-Romuald dans la région de Chaudière-Appalaches, transformé en l’an 2000 en salle de spectacles, de la Saatchi Gallery dans Chelsea à Londres et de l’Improv Centre, une salle de spectacles située à Granville Island, une pittoresque petite île à quelques minutes du centre-ville de Vancouver. Le théâtre Granada à Sherbrooke, lieu historique du patrimoine canadien, est également très apprécié des organisateurs d’événements.

Une foule de musées proposent aussi leurs services pour la tenue de réunions dans un univers feutré et inspirant, souvent parmi les plus grands créateurs de ce monde: que l’on pense au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée de la Civilisation à Québec, au Guggenheim Museum de New York, au Andy Warhol Museum de Pittsburg, ou au Abraham Lincoln Presidential Museum à Springfield en Illinois.

lieux_reunion_inusites_image4

Les modes de transport et les attraits hivernaux ne sont pas en reste

En bateau, en train, en limousine ou en autobus, les réunions font du kilométrage! Que ce soit l’Orford Express avec ses trois voitures-restaurants munies d’écrans à chaque table et d’un système audio-visuel pour les présentations, une limousine du groupe AA Transportation qui permet d’installer un projecteur et un écran dans la limousine, ou encore, un autobus à deux étages avec écran géant LCD, l’expérience se vit hors des sentiers battus.

 

lieux_reunion_inusites_image5

Source: Acteva

De nombreux autres exemples peuvent s’ajouter à cette liste non exhaustive. Et vous? Avez-vous déjà songé à proposer vos services à une clientèle corporative? Il est temps de penser autrement et de sortir des ornières.

 

Sources:

– «Unusual Meeting Locations», blogue Acteva, 3 mai 2012.

– Chouteau, Zachary. «Options Abound», Meeting Focus, février 2012.

– Debris, Malcolm. «Unusual Meeting Rooms – 4 Different Styles of Meeting Rooms», Articlesbases, 10 janvier 2011.

– Del Rosso, Laura. «Sweet Spots», Meeting Focus, mai 2012.

– Hébert, Claudine. «Épatons la galerie!», cahier Les Affaires, 15 septembre 2012, p. A2-A5.

– Professional Convention Management Association. «Unique Meeting Venues».

Catégories
Marchés géographiques

Davantage de voyageurs d’outre-mer au Québec en 2011: les Chinois et les Allemands se distinguent

En 2011, le Québec a connu les meilleurs résultats des cinq dernières années en termes d’arrivées de voyageurs d’outre-mer. Les marchés chinois et allemand ont affiché les plus importantes hausses de l’année, soit 26% et 25% respectivement. Bien que leur croissance soit d’ordre plus modeste (près de 8%), les Français triomphent toujours au palmarès des arrivées avec plus de 315 000 visiteurs et représentent ainsi près de 30% de tous les voyageurs d’outre-mer de la province.

Cette analyse s’appuie sur des données issues d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada. Elle se concentre sur les visites-province provenant de 13 marchés d’importance au Québec.

Variation et répartition des voyageurs d’outre-mer

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le nombre d’arrivées de touristes internationaux dans le monde a joui d’une croissance de près de 5% en 2011. Pour cette même période, au Québec, ce sont près de 1 137 000 touristes d’outre-mer qui ont été accueillis, soit une augmentation de 9% par rapport à 2010 (voir le graphique 1).

Des 13 pays à l’étude, neuf affichent une croissance des arrivées dans la province par rapport à l’an dernier. De surcroît, quatre des cinq principaux marchés d’outre-mer pour le Québec atteignent le plus important nombre d’arrivées des cinq dernières années: la France, l’Allemagne, la Suisse et la Chine.

AR_Voyages_Outremer_répartition_grap2

Les Allemands, résidants de la plus grande puissance économique de l’Union européenne, n’ont jamais autant voyagé et dépensé à l’étranger qu’en 2011. Selon ReiseAnalyse, ils ont effectué près de 70 millions de voyages et dépensé plus de 60 milliards d’euros au cours de l’année. Au Québec, cette euphorie allemande se traduit par une hausse importante de 25% des arrivées. Il est toutefois surprenant qu’au cours de cette même période, le nombre d’entrées directes au Québec ait diminué de 5,72%. Durant leur visite, d’une durée moyenne de 7,47 nuitées, ils ont dépensé 732$ dans la province. Au cours de cette même période, on note une diminution de 8% de voyageurs allemands au Canada et une croissance de 6% aux États-Unis.

Le marché chinois gravit encore une fois les échelons, passant du 8e au 5e rang en seulement un an. Un peu plus de 40 000 Chinois ont voyagé seuls (58,5%) ou accompagnés d’une autre personne (33,9%) dans la province. Ils passent en moyenne quatre nuitées et dépensent près de 460$ au cours de leur visite. La croissance de ce marché se perçoit également dans le reste du Canada. Le pays enregistre une hausse de 22% par rapport à 2010, une augmentation légèrement plus faible que celle du Québec, mais tout de même la plus haute de tous les autres marchés cibles de la Commission canadienne du tourisme. Au cours de cette même période, les États-Unis connaissent une progression impressionnante de 36% vis-à-vis ce marché.

 

La baisse la plus significative est celle du marché italien (-29,2% par rapport à 2010); l’Italie glisse ainsi du 4e au 6e rang. La fragilité de l’économie italienne et la force du dollar canadien pourraient en partie expliquer cette diminution.

Indicateurs selon le but du voyage

Les voyageurs d’outre-mer choisissent principalement le Québec pour des raisons d’agrément (voir le graphique 4). On remarque une croissance de chaque segment de voyageurs, tous buts de voyage confondus. L’augmentation la plus importante consiste en les visites de parents et d’amis (11,6%). Malgré une hausse des voyageurs d’agrément, les résultats de l’année 2011 n’atteignent toujours pas ceux de 2007 et de 2008.

 

Les touristes d’outre-mer voyagent généralement seuls (42,5%) ou à deux (35,7%) et demeurent en moyenne 8 jours (affaires), 11 jours (agrément) et 18 jours (parents et amis). Bien qu’ils séjournent dans la province pour une plus courte période, les voyageurs d’affaires dépensent plus que les autres au cours de leur passage (1288$).

 

Fréquentation des régions

Les deux régions qui connaissent les plus importantes hausses de visiteurs d’outre-mer par rapport à l’année 2010 sont le Bas-Saint-Laurent (40%) et l’Outaouais (47%). À l’inverse, celles qui affichent les plus imposantes baisses s’avèrent Charlevoix (-41%) et Laval (-39%).

 

Montréal connaît une très bonne année 2011 avec une hausse de 8,1% de voyageurs d’outre-mer (voir le graphique 6). Porte d’entrée pour une majorité de visiteurs, plusieurs s’y attardent avant de se diriger vers d’autres régions, mais sont aussi nombreux ceux qui la perçoivent comme unique destination. Ainsi, la métropole est fréquentée par 78,2% des touristes d’outre-mer.

 

Québec, quant à elle, profite d’une hausse de fréquentation (14,5%) encore plus importante que celle de Montréal, lui permettant de retrouver une popularité allant même au-delà de celle éprouvée lors des célébrations de son 400e anniversaire en 2008. Mentionnons enfin que près d’un voyageur d’outre-mer sur deux (45,2%) l’a visitée lors de son séjour dans la province.

 

Saisonnalité

Parmi les marchés non européens, les Australiens et les Mexicains visitent davantage le Québec au printemps alors que les Brésiliens, les Chinois et les Japonais choisissent l’été (voir le graphique 8).

 

Les voyageurs européens profitent davantage de l’été pour venir au Québec (voir le graphique 9). Au total, 305 700 d’entre-eux sillonnaient la province au cours de cette période, alors qu’ils étaient 86 500 durant l’hiver, 173 800 au printemps et 100 800 à l’automne.

 

En somme, le Québec a bien performé sur ses principaux marchés d’outre-mer en 2011. Même s’il importe de courtiser les nouveaux marchés porteurs tels que la Chine, il ne faut pas minimiser nos efforts envers ceux plus traditionnels comme la France, car ils demeurent très dynamiques et enregistrent de bonnes performances. Rappelons-nous que dans le contexte actuel, où règne une très forte concurrence, rien n’est assuré pour les prochaines années.

 

Sources:

– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref, bilan de l’année 2011», 6e édition.

– Organisation mondiale du tourisme. «UNWTO world tourism barometer». Volume 10, juillet 2012.

– ReiseAnalyse 2012

– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2010.

Catégories
Enjeux Gestion Ressources humaines

Stimuler l’entrepreneuriat, prévoir la relève et procéder au transfert d’entreprise

Le Québec, à l’instar d’autres pays industrialisés, voit vieillir sa population. Ce phénomène soulève de grandes préoccupations pour le milieu de l’emploi et plus particulièrement pour l’entrepreneuriat. L’industrie touristique québécoise regorge de petites et moyennes entreprises (PME); 83% des entreprises comptent moins de 20 employés. La prochaine décennie pourrait être cruciale pour bon nombre d’entre elles puisque de 60 à 70% des propriétaires de PME atteindront l’âge de la retraite d’ici 2022. Qu’adviendra-t-il de ces entreprises? Qui portera le flambeau? Des questions qui méritent beaucoup de réflexions, mais surtout, un solide plan d’action.

Développer une culture entrepreneuriale

On prévoit au Québec, tous secteurs confondus, un déficit de plusieurs milliers d’entrepreneurs au cours des prochaines années. Afin de contrecarrer cette tendance, on observe de plus en plus de mesures visant à stimuler la fibre entrepreneuriale, notamment auprès des jeunes, par la création de programmes d’aide aux entreprises. Voici l’exemple d’une vidéo de la campagne «Foncez! Tout le Québec vous admire».

 

Source: Chaîne du MDEIE sur YouTube

La Stratégie québécoise de l’entrepreneuriat, qui est orientée autour de cinq axes (voir le Tableau 1), vise l’atteinte d’objectifs ambitieux d’ici 2020. En voici deux exemples: une augmentation de 20 000 nouveaux propriétaires et un taux de transferts d’entreprises réussis, après trois ans, d’au moins 75%.

Stimuler_lentrepreneuriat_tableau1

Le programme d’appui au développement des attraits touristiques du gouvernement du Québec

Le Plan de développement de l’industrie touristique 2012-2020, présenté lors des Assises du Tourisme en mai 2012, prévoit la mise sur pied d’outils de financement en vue de soutenir les entreprises du secteur et ultimement de stimuler l’investissement privé. Le programme d’appui au développement des attraits touristiques du gouvernement du Québec, qui sera géré par la nouvelle division Investissement Québec Tourisme (IQ Tourisme), disposera d’une enveloppe de 85 millions de dollars, dont 60% servira à offrir des prêts et 40% des garanties de prêts.

Le transfert d’entreprise

Pour réussir leur transmission, les propriétaires d’entreprise devront s’y prendre d’avance. Le processus de transfert s’échelonne normalement sur plusieurs années; de nombreux experts recommandent une période de deux à dix ans, sans toutefois négliger le développement de leur entreprise. Cependant, on ne cède pas le flambeau sans provoquer de heurts. S’entourer de ressources compétentes (avocat, fiscaliste, comptable, expert fournissant des services d’accompagnement, etc.) amoindrit les risques d’échec et permet au dirigeant ainsi qu’à ses successeurs d’être mieux équipés pour faire face aux défis.

Stimuler_lentrepreneuriat_image1

Source: Centre de transfert d’entreprises

Plusieurs ressources existent pour encadrer les dirigeants d’entreprise dans leurs démarches. Le processus de transfert peut sembler laborieux; Emploi Québec et le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation l’ont décortiqué en sept étapes:

  1. Portrait de la situation, visions et interactions;
  2. Mobilisation des acteurs stratégiques;
  3. Analyse des besoins financiers et des capacités financières;
  4. Planification stratégique;
  5. Aspects fiscaux de la transaction;
  6. Recherche de financement;
  7. Mise en place du transfert.

Outre ces éléments, il ne faut pas perdre de vue l’aspect humain et le caractère émotif que suscite la transmission. La passion qui pousse certains entrepreneurs à fonder leur entreprise, l’énergie investie à son développement et la fierté ressentie d’avoir concrétisé leur idée, voire leur rêve, rendent le transfert d’autant plus délicat. Nombreux sont ceux qui souhaitent alors voir leur entreprise demeurer entre les mains d’un membre de la famille. Mais est-ce un choix vraiment judicieux pour assurer sa pérennité? Voilà une question que plusieurs entrepreneurs se posent. Parmi les scénarios possibles se trouve également l’option de vendre à un tiers comme à un membre clé du personnel. La relève familiale s’avère néanmoins le choix le plus fréquent, mais également celui qui cause le plus de problématiques: choix du successeur lorsqu’il y a plus d’un enfant, perception des aspects financiers par les autres membres de la famille, etc. La figure 1 illustre des comportements et des caractéristiques favorisant une succession réussie.

Stimuler_lentrepreneuriat_image2 

Atteindrons-nous les objectifs fixés par le gouvernement? Seul l’avenir nous le dira. À ceux qui cherchent depuis des années une idée d’entreprise, avez-vous songé à prendre le relais d’une entreprise existante?

 

Sources:

– Auclair, Kim. «7 leçons à retenir du processus de transmission d’entreprise», Les Affaires.com, 17 mai 2012.

– Champagne, Stéphane. «Trouver la bonne formule», La Presse, 29 mai 2012.

– Gaignaire, Anne. «Une relève réussie en cinq étapes», Les Affaires, 19 mai 2012.

– Greenberg, Jeff. «Le transfert d’une entreprise familiale», CA magazine, août 2010.

– Koffi, Vivi. et Lorrain, Jean. «Comment des femmes à la tête de PME réussissent-elles leur succession?», Gestion, volume 36, numéro 1, printemps 2011.

– Laprade, Yvon. «Passer le flambeau, mais à qui et comment?» , Le Devoir, 14 septembre 2011.

– Le Breton-Miller, Isabelle. «Les Facteurs clés de la réussite des successions au sein des entreprises familiales», Gestion, volume 36, numéro 1, printemps 2011.

– Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. «Stratégie québécoise de l’entrepreneuriat».

– Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation. «Le renouvellement de l’entrepreneuriat au Québec: un regard sur 2013 et 2018» .

– Ministère du Tourisme. «Plan de développement de l’industrie touristique 2012-2020».

Sites Web:

– Association des conseillers en transmission d’entreprises et relève du Québec

– Centre de transfert d’entreprises

– Relève

Catégories
Tendances

La ludification s’invite dans les congrès: l’importance d’un bon design de jeu

Les organisateurs de réunions et de congrès usent de créativité pour favoriser les échanges avec et entre les participants en intégrant des jeux à leur événement. Transportés dans un univers fictif, il devient possible de réinventer le monde, de tenter l’impossible pour atteindre ses objectifs et de mettre de côté la peur de se tromper. Un bon design de jeu peut aider à mettre en pratique de nouvelles théories, à exploiter des solutions hypothétiques et peut-être même à tirer des conclusions bien réelles.

On peut définir le terme ludification (gamification) par l’application d’une dynamique de jeu à une activité normalement non afférente au jeu et visant l’atteinte d’objectifs précis. Ce type d’usage semble faire ses preuves pour résoudre des problèmes, susciter l’engagement et accroître la loyauté de ses clients, inciter ses employés et ses partenaires à mieux performer et influencer ou motiver des individus et des groupes.

La ludification dans un contexte de conférence | Le cas de l’événement GMIC

Dans le cadre de l’événement GMIC Sustainable Meetings conference qui avait lieu du 22 au 25 avril 2012, Elizabeth Henderson a présenté les points saillants de la stratégie et du design de Game On!, un jeu étrenné lors de la conférence qui se déroulait à Portland en 2011, puis de nouveau cette année à Montréal. Cette initiative consistait à incorporer une dynamique ludique à la conférence afin de favoriser l’engagement et l’apprentissage des participants.

Le jeu

En équipe, les participants étaient invités à travailler sur une étude de cas simulant l’organisation d’un événement écoresponsable tout en respectant des critères et des objectifs précis. Pour réussir leur défi et cumuler des points, les joueurs devaient assister à des conférences et mettre en commun des informations clés, poser des questions lors des sessions, identifier des solutions durables, rencontrer les exposants sur le site, rédiger des tweets ou du contenu sur un blogue et bien sûr compléter leur étude de cas. Les points se comptabilisaient à l’aide d’une application iPad, ce qui permettait aux équipes de mesurer leur rendement par rapport aux autres.

Source: GMIC

Game On! visait à plonger l’auditoire dans un univers «fictif» d’événements écoresponsables et à favoriser la mise en pratique de leurs nouvelles connaissances dans un contexte se rapprochant de la réalité.

Ce que les organisateurs retirent de l’expérience de Game On! pourrait s’appliquer à d’autres événements qui choisiraient de faire appel à la ludification. Voici cinq conseils:

  1. Les organisateurs ont tout avantage à clarifier et à se concentrer sur le type de comportements ou de notions qu’ils espèrent renforcer, car le design du jeu repose sur ces objectifs.
  2. Le succès du design passe par une bonne connaissance des participants cibles.
  3. L’usage d’outils technologiques est incontournable; ils permettent aux individus de participer, de collaborer et de conserver des traces des résultats.
  4. L’implication de leaders est essentielle au succès du jeu. Ceux-ci doivent être compétents, posséder et expliquer les informations nécessaires au bon déroulement de l’activité, être à l’aise pour animer un groupe, ouverts aux idées des autres et flexibles.
  5. Il est impossible de tout prévoir, c’est pourquoi il vaut mieux être prêt à toute éventualité.

Quelques notions à propos du design d’un jeu

Provoquer puis maintenir la motivation des participants est primordial au succès d’un jeu. Selon les auteurs du livre «Gamification by design», l’engagement des joueurs suit un cycle (voir le graphique 1). Le processus d’intégration doit débuter par une émotion positive telle que le plaisir, la confiance, la fierté, la curiosité, qui motivera le joueur à poser une première action. Ensuite, si rien n’incite le participant à s’engager davantage, il est probable qu’il quitte le jeu. Par contre, plusieurs incitatifs pourraient amener le joueur à réintégrer la partie, par exemple l’accès à un niveau supérieur, une mission ou un encouragement. Enfin, le cycle se complète lorsque le joueur atteint les objectifs fixés au départ. Les jeux utilisent normalement un système de pointage, d’écusson ou de succession d’étapes permettant d’atteindre un niveau supérieur, c’est-à-dire un système qui illustre ou chiffre le progrès.

Le design du jeu doit tenir compte du cycle de l’engagement, sans quoi on risquerait de perdre le focus sur l’essentiel: la participation des joueurs. Outre cet élément, d’autres notions peuvent s’intégrer au design du jeu, dont voici les principales:

  1. Prévoir une personne ressource (un leader) qui intervient auprès des joueurs de son équipe afin de définir une vision, de développer des stratégies et de faire le lien entre chacun ou entre les étapes du jeu.
  2. Attribuer des rôles aux membres de l’équipe.
  3. Établir une ligne directrice qui permet à chacun de comprendre les étapes du jeu.
  4. Établir différents niveaux pouvant être atteints en réalisant des tâches spécifiques.
  5. Favoriser les rétroactions afin de permettre aux joueurs de changer leur comportement ainsi que leurs tactiques et d’ainsi accroître leur engagement et leur apprentissage.
  6. Définir des règles essentielles au bon déroulement du jeu. Celles-ci rendront possible l’identification d’un gagnant.
  7. Limiter la durée du jeu afin de susciter un sentiment d’urgence et d’excitation.
  8. Faire un retour sur l’activité une fois le jeu terminé afin de faire ressortir les éléments importants.

L’utilisation de la ludification dans divers contextes en tourisme

Certains utilisent le jeu dans le but de recruter de nouveaux employés. D’autres l’emploient afin de promouvoir leur destination, leur produit ou leur service. Les touristes peuvent s’en servir comme guide pour découvrir une ville, une région, un nouveau territoire. On joue en ligne, sur les réseaux sociaux, individuellement ou en équipe. La ludification est un concept qui est pris très au sérieux et qui s’utilise dans divers contextes, y compris celui des événements et des congrès.

 

Sources:

• Amber. «Gamification: What is it and how it will change the tourism game», consulté le 20 mai 2012.

• Chang, Tim. «Gamification: insights and emerging trend», 11 mai 2012.

• Fryatt, Jenise. «Game On! Designer shares how GMIC’s innovative format was created», 2 mars 2011.

• Hübe, Simon. «Quand les musées se mettent sérieusement à jouer!», Club innovation & Culture France, 17 février 2012

• Meeting Change. «Game On! Revisited», 1er mai 2012.

• Shiao, Dennis. «Adding Game mechanics to your event», 29 août 2011.

• Woods, Dan. «Gamification grows up to become a CEO’s best friend», 14 avril 2012.

• Zichermann, Gabe et Cunningham, Christopher. «Gamification by design», O’Reilly Media, août 2011, p. 208

 

Catégories
Hébergement Segments de clientèles

La tendance des voyages de type bleisure s’accentue

Avec l’avènement des technologies mobiles et leur adoption par un nombre croissant d’adeptes, la démarcation entre le travail et les loisirs s’amenuise, l’un empiétant sur l’autre et vice versa. On consulte Facebook au travail et ses courriels du bureau en vacances. Certains parlent même de «génération» bleisure pour décrire ces accros de la techno qui ont l’œil rivé sur leur appareil mobile en tout temps et pour toute chose, sans distinguer les heures de travail de celles de loisirs.

D’autres attribuent l’invention du terme bleisure au Future Laboratory, l’un des leaders européens en ce qui a trait à l’identification de grandes tendances de consommation, pour expliquer cette tendance de voyage qui combine les affaires et les loisirs. Ce type de séjour est de plus en plus perçu comme un compromis idéal entre les exigences d’une carrière bien remplie et d’une vie familiale équilibrée.

Ce type de voyage se divise en deux volets:

  • le conjoint ou les enfants accompagnent le voyageur d’affaires pour profiter de quelques jours de loisirs en famille; ou encore,
  • le voyageur d’affaires s’accorde quelques journées supplémentaires pour profiter, en solo, des atouts de la destination.

L’occasion de jouir d’un peu de temps de loisir peut constituer l’élément qui fera pencher la balance en faveur d’une réunion en face-à-face ou d’une conférence à l’étranger.

Une tendance qui ne s’essouffle pas

Selon une enquête réalisée en 2010 par Homewood Suites by Hilton auprès de 549 voyageurs d’affaires américains, les deux tiers de ceux qui voyagent fréquemment ont combiné les vacances et les affaires, parfois ou souvent, en amenant un membre de leur famille avec eux. Il s’agit d’une augmentation de 51% par rapport à l’année 2000. Ces voyageurs indiquent demeurer en moyenne trois jours supplémentaires pour visiter les principaux attraits (45%) ou simplement pour relaxer (32%). Une autre étude menée cette fois pour les hôtels Embassy Suites de la chaîne Hilton auprès de 701 voyageurs d’affaires américains confirme cette tendance.

Au Royaume-Uni, une personne sur trois a déjà voyagé accompagnée d’un conjoint, d’un ami ou d’un enfant dans le cadre d‘un séjour d’affaires; un autre 27% espère le faire à l’avenir.

Une combinaison gagnante pour tous

Le voyage d’affaires-agrément apporte une valeur ajoutée en augmentant les avantages pour toutes les parties impliquées: le voyageur d’affaires, son organisation, les entreprises touristiques et les communautés locales.

Très certainement, il y a des économies de coûts pour le voyageur d’affaires puisque le transport et l’hébergement sont assumés par l’employeur, mais l’attrait pour cette forme de séjour va bien au-delà de l’argent: les soirées généralement passées en compagnie d’étrangers ou devant la télévision en solitaire se transforment en occasions d’explorer une nouvelle destination lorsque l’on est accompagné par la famille ou par des amis.

Bien souvent, l’organisation économisera aussi de l’argent. Par exemple, si sa politique de voyage permet à un employé de voler en classe affaires, l’organisation épargnera un montant non négligeable lorsque le voyageur choisira plutôt d’utiliser la classe économique parce qu’il est accompagné d’un ami, d’un conjoint ou d’un enfant.

Quant aux entreprises touristiques et aux communautés locales, elles bénéficieront des retombées des visites touristiques effectuées par le voyageur d’affaires et son groupe (services supplémentaires et nuits additionnelles).

Adapter l’offre à la clientèle affaires-agrément

Les services conçus spécifiquement pour les voyageurs d’affaires doivent maintenant être adaptés à ceux qui veulent prolonger leur séjour. Ces consommateurs s’attendent à ce que leur établissement propose un large éventail de services qui embrassent des espaces pour travailler et se réunir aussi bien que pour se détendre – spas, gyms – ou découvrir l’animation culturelle de la ville. Les voyageurs d’affaires-agrément privilégient un haut niveau de confort, de commodités et de service.

Plusieurs entreprises, particulièrement les hôtels, tentent d’adapter leur offre pour encourager les gens d’affaires à voyager accompagnés de leur famille en leur offrant des tarifs avantageux. En voici quelques exemples:

  • Loews a créé le forfait «Récolte d’avantages» qui permet aux voyageurs d’affaires de transformer n’importe quel voyage automnal en minivacances incluant des crédits de nourriture et de boisson basés sur la longueur de séjour: 50$ de crédit pour un séjour de 2 nuits, 75$ pour 3 nuits et 100$ pour 4 nuits ou plus;
  • Hôtel Athenaeum de Londres a développé un certain nombre de caractéristiques pour les familles: repas gratuits pour les enfants de 12 ans et moins, casse-croûtes et boissons non alcoolisées gratuits dans le minibar ainsi qu’un concierge pour enfants;
  • plusieurs groupes hôteliers comme Embassy Kids (Embassy Suite Hotels) et Four Seasons, de Boston, proposent des programmes pour enfants, ce qui convient très bien aux voyageurs d’affaires-agrément;
  • Groupe Hôtels Intercontinental a lancé un nouveau service de concierge qui propose des itinéraires pour ses clients qui disposent d’une heure, de trois heures, voire d’une journée complète pour visiter la ville.

 

Pour tirer le meilleur parti de cette tendance aux voyages d’affaires-agrément, n’hésitez pas à créer des services adaptés aux deux volets du séjour. Vous souhaitez partager vos expériences? Laissez-nous un commentaire.

 

Sources:

– The Sunday Times. «Bleisure travel: the best of both worlds», The Sunday Times, thesundaytimes.co.uk, 21 avril 2010.

– eHotelier. «Research Identifies ‘Bizcation’ Trend», ehotelier.com, 30 mars 2012.

– Tourism Victoria. «Melbourne- Australiaí’s Leading « Bleisure » City», Communiqué de presse, juin 2009, consulté le 2 mai 2012.

– Good, Cynthia. «Embassy Suites Hotels’ Fourth Annual Business Travel Survey Reveals 2012 Business Travel Is On the Rise», BusinessWire.com 27 mars 2012.

– Ţală, Mădălina, Andreea Şchiopu, Cătălina Brînduşoiu. «Bleisure – a new trend in tourism industry», Forum Ware International − Special Issue, the International Society of Commodity Science and Technology in cooperation with the German Society of Commodity Science and Technology and the Austrian Society of Commodity Science and Technology, 2011, consulté le 2 mai 2012.

Sites Internet:

– Embassy Kids

– Four Seasons

– The Athenæum