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Tourisme durable

Le développement durable, il faut le faire pour les bonnes raisons! (Compte rendu de conférences)

Les entreprises sont condamnées à prendre le virage durable. Le développement durable (DD) est inéluctable parce que la planète l’exige, les clients l’exigent, les employés l’exigent et, de plus en plus, les bailleurs de fonds et les entreprises elles-mêmes l’exigeront de leurs partenaires. Même les destinations se mettent de la partie et souhaitent miser sur une étiquette verte. Et en plus… nous sommes tous capables!

ML_2009-01_congres_DD_conf_img1À l’occasion du Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques, les différents conférenciers ont présenté les multiples facettes et enjeux du développement durable.

Les planètes sont alignées!

L’économie sociale se développe. Le greenwashing est dénoncé. Le commerce équitable a la cote. La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) est le sujet de l’heure. Des compagnies se disent carboneutres. Le métier d’écoconseiller possède un brillant avenir. La sensibilisation des entreprises au DD s’intensifie et plusieurs sentent l’urgence d’agir.

Mais le DD, c’est beaucoup plus que le recyclage et l’écotourisme. Il est de trois ordres: économique, social et environnemental. Il s’applique à toutes les formes de tourisme et à toutes les destinations.

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Parce que la planète en a besoin

Pierre-Marc Johnson souligne que nos façons de faire actuelles ne tiennent plus la route: en 2050, la population mondiale devrait atteindre 9 milliards d’habitants et il faudra alors deux ou trois planètes pour supporter notre rythme de croissance et de consommation. Les statistiques alarmantes s’accumulent: toutes les trois secondes, un enfant meurt à cause de la pauvreté; depuis la dernière guerre mondiale, la terre a perdu 40% de sa biodiversité; 18% des réserves de poissons sont surexploitées et 47% ont atteint leur niveau de saturation; surconsommation d’eau, dégradation des sols, pollution…

Parce que le consommateur l’exige

La pression sociale pousse les entreprises à changer, à agir (lire aussi: Le consommateur éthique, du vert foncé au vert pâle).

Un hôtelier propose de réutiliser les serviettes? Bravo! Le client se dira qu’il essaie de sauver de l’argent et il voudra en connaître davantage sur le sérieux de la démarche environnementale de l’établissement avant de lui accorder une étoile verte et sa confiance.

Sylvain Morisset, de Morisset Événements inc., gère une entreprise qui offre la location de parcs de jeux et d’activités pour toute la famille. Ses équipements sont fabriqués à partir de matériaux recyclés et ne génèrent pas de pollution à l’installation et à l’opération. M. Morisset mentionnait que, dans les années 1990, l’utilisation de matières recyclées aurait été qualifiée de cheap, alors qu’aujourd’hui c’est l’inverse. Les gens apprécient l’initiative et la trouvent très sensée.

Même s’il ne fait aucun doute que le DD doit s’appliquer au tourisme, la demande actuelle en la matière est difficile à évaluer. Malgré les nombreuses statistiques citées, la plupart des données présentent seulement des preuves anecdotiques, puisque le comportement du voyageur recoupe plusieurs dimensions telles que la façon de voyager, le choix du type de produits et de services, le prix à débourser et la sélection d’une entreprise responsable.

Parce que cela comporte des avantages pour l’entreprise

Selon Emmanuelle Gehin, écostratège et présidente d’Ozone, l’entreprise peut retirer certains bénéfices de l’adoption d’un comportement responsable:

  • attirer une clientèle sensible à la démarche;
  • gagner la confiance des bailleurs de fonds et entraîner de nouveaux commanditaires;
  • renforcer son image de marque et sa notoriété;
  • accroître son leadership sur le marché;
  • profiter d’un avantage concurrentiel;
  • rehausser le sentiment de fierté des employés;
  • faciliter le recrutement de la main-d’œuvre;
  • développer une meilleure relation avec d’autres intervenants – gouvernements, population locale, partenaires, fournisseurs, bénévoles.

Un nombre grandissant d’entreprises établissent des politiques de développement durable et des critères de sélection à l’égard de leurs fournisseurs. Par conséquent, adopter un comportement responsable, c’est obtenir une longueur d’avance sur la compétition et devenir une entreprise avec qui clients et partenaires veulent faire des affaires.

Parce que nous sommes tous capables

«Faire du développement durable, c’est valorisant et c’est l’fun», mentionnait Sylvain Morisset. Nous sommes tous capables. C’est comme offrir un cadeau. Cela nous donne la possibilité de jouer avec l’environnement et de retirer une fierté à trouver des solutions.

Faire du développement durable, c’est une loi… une loi du futur, du gros bon sens, de la nature! Après tout, nous n’avons qu’une seule planète!

Quand commence-t-on?

Le développement durable (DD) devrait rythmer l’évolution et la dynamique de tout ce qui bouge sur terre. On ne le fait pas de prime abord parce que c’est payant, mais plutôt parce que cela interpelle les valeurs mêmes de l’entreprise, celles qu’un gestionnaire doit intégrer. Il faut être convaincu!

Même si, pour le moment, planète, clients, employés, bailleurs de fonds, partenaires et destinations réclament ce virage de façon inégale et parfois chaotique, il faut tout de suite faire partie de la chaîne et surtout ne pas la briser. Ne vous inquiétez pas, cela n’a rien de pyramidal ni d’illégal!

De bonnes nouvelles… c’est moins compliqué qu’il n’y paraît et vous n’êtes pas seul.

À lire prochainement: Une fois que l’on a compris que l’avenir est à ceux qui sauront montrer «patte verte»…

Lire aussi: Virage vert: certains mythes ont la vie dure

Sources :
Congrès 2008 des festivals, événements et attractions touristiques. «Gérer pour durer», Québec, 19 au 21 novembre 2008.
– Arseneault, Paul. «Est-ce payant d’être socialement responsable ?».
– Durand, Luc. «Qui est le consommateur éthique?».
– Gehin, Emmanuelle. «Comment communiquer le développement durable».
– Johnson, Pierre-Marc. «En quoi le développement durable vous concerne».
– Morisset, Sylvain. «Pourquoi je fais du développement durable».

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Hébergement

Le Far West de la classification et la guerre des étoiles!

Étoile, diamant, soleil, rond, carré, cote «plus», index de popularité… la classification traditionnelle dans l’hébergement se fait bousculer. L’hôtel  cinq étoiles ne représente plus l’expérience ultime du luxe alors que le Burj Al-Arab à Dubaï se targue d’être un sept étoiles. En raison de leur lourdeur, les systèmes de classification, bien que garants de l’uniformité et de la qualité de l’hébergement, peinent à suivre l’évolution de l’offre et de la demande. Le client s’en mêle et, par le biais de sites comme TripAdvisor, il élève des établissements inconnus au rang de star. Non, la classification n’est pas un long fleuve tranquille!

Ils veulent tous avoir la «cote»…

Des pays en ont, plusieurs n’en ont pas, certains se réajustent, d’autres se lancent dans l’aventure. Même si l’instauration d’un système de classification universel refait périodiquement surface, et ce, afin de faciliter la comparaison, il semble que les disparités régionales des standards et de la qualité des services en font une utopie.

Réponse à l’évolution des attentes des clients, exercice de modernisation, mise à niveau aux standards internationaux, les systèmes de classification essaient de s’ajuster tant bien que mal.

La France réforme actuellement son classement hôtelier. Plus de 300 critères évalueront les équipements, les services au client, l’accessibilité, le développement durable. Elle y introduit des critères de qualité, et une des grandes avancées sera la création de la cinquième étoile. Le classement reste toutefois volontaire.

Quant à l’Italie, elle vient tout juste de se lancer dans cette grande aventure en se dotant de règles et de standards pour établir un système de classification allant de une à cinq étoiles. De leur côté, les régions peuvent y ajouter leurs propres critères d’évaluation.

Au Québec, la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ) a annoncé une modification à son programme de classification de l’hébergement. À compter de janvier 2009, les résidences de tourisme, les centres de vacances, les villages d’accueil, les auberges de jeunesse et les établissements d’enseignement seront classés selon une échelle de zéro à cinq étoiles. À l’heure actuelle, les trois premiers sont évalués selon une échelle de zéro à quatre étoiles, et les deux autres, selon une échelle de zéro à trois étoiles. Les établissements hôteliers continuent d’être classifiés selon une échelle de zéro à cinq étoiles, et les gîtes, de zéro à cinq soleils.

Lorsqu’il n’y a pas de système de classification officiel dans un pays ou dans une région, comme c’est le cas dans les Caraïbes, un peu tout le monde se mêle d’établir des cotes – les hôteliers eux-mêmes, les grossistes, les agences en ligne… –, ce qui a tout lieu de semer la confusion chez le voyageur; sans oublier les multiples guides, Lonely Planet et compagnie, qui y vont de leurs propres critiques. Un même établissement peut être coté quatre étoiles sur Expedia, et trois étoiles sur Travelocity.

Quand l’ascenseur vous enlève une étoile

Les systèmes de classification sont souvent décriés par les hôteliers. Un petit hôtel de charme qui ne possède pas d’ascenseur peut difficilement penser ajouter une étoile à sa classification. Bien qu’il ait une bonne idée de ce que l’établissement quatre étoiles lui offrira, le client ne connaît pas vraiment les critères d’évaluation. Même si un établissement offre tous les services requis pour une classification cinq étoiles, les critères mesurent rarement la qualité du service et de l’expérience (lire aussi: La classification des hôtels vs les attentes de la clientèle +++ L’avis de Michael Nowlis +++ et L’avis de Michel Rheault sur la classification de l’hébergement touristique). De plus, la lourdeur des systèmes fait en sorte qu’il devient difficile de suivre l’évolution des besoins, alors que l’accès Internet, les nouvelles technologies, les établissements non-fumeurs, l’amabilité du personnel, l’ambiance générale ou la protection de l’environnement prennent de plus en plus d’importance et font désormais partie des attentes de la clientèle.

Quand le luxe fait scintiller les étoiles!

Aucun classement «officiel» ne va au-delà de la cinquième étoile, laquelle est un gage des formes traditionnelles du luxe. Pour suivre l’évolution de l’offre et de la demande vers le haut de gamme, plusieurs grandes chaînes ont lancé des marques «de luxe». Cependant, cette tendance accentue les écarts des prestations entre les propriétés qui affichent fièrement leur classification cinq étoiles. Aussi, certains grossistes ont créé la catégorie «cinq étoiles plus». D’autres abolissent les étoiles et les remplacent dans leurs brochures par les mentions «platine», «or», «argent», «bronze» et «cuivre».  Pour plusieurs établissements et centres de villégiature, le prix des prestations devient alors un facteur discriminatoire pour distinguer le niveau de services. En France, la discussion tourne autour de la notion de «palace», car au-delà des critères caractérisant le cinq étoiles, il y a l’âme de l’hôtel, les gens célèbres qui l’ont fréquenté, l’histoire des lieux, etc. Des bannières telles que The Leading Hotels of the World et Relais & Châteaux évoquent à elles seules la distinction des établissements.

Mais aujourd’hui les cinq étoiles ne représentent plus le summum du luxe. Une nouvelle classe d’hôtels fait son apparition et le luxe emprunte des avenues hors du commun: la démesure, l’expérience, l’émotion, le faste, l’inédit… Dans un tel contexte, il semble inévitable qu’un classement cinq étoiles ne suffise plus.

Certains hôtels se réclament du six étoiles comme le Crown Macau à Macao en Asie et le Palacio da Quinta en Algarve au Portugal tandis que le sept étoiles du Burj Al-Arab à Dubaï semble lui avoir été attribué par les journalistes.

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Burj Al-Arab à Dubaï

À l’été 2009, ProfessionalTravelGuide.com commencera sa classification des six étoiles dans le but de déterminer un groupe «sélect» d’hôtels qui représente la crème de la crème: système rigoureux comptant 1700 critères (ex. ratio minimum de un employé par client, unicité architecturale, caractéristique locale du pays) et incluant des facteurs émotifs et culturels.

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Pour le consultant Peter McAlpine de Renaissance Consulting Ltd., une sixième étoile ne se veut pas un «réchauffé» du cinq étoiles avec quelques services et attributs supplémentaires. On ne l’obtient pas avec de l’or, de la technologie et des procédures de service personnalisé. Il faut plutôt délaisser la voie traditionnelle du luxe, bien comprendre ce que signifie la création de l’expérience client et adopter une approche nouvelle en faisant les choses différemment – cela devient une question de feeling, d’émotion et non de matériel. Le client doit en ressortir avec l’impression qu’il n’a jamais ressenti ni rien vu de semblable, qu’il aurait voulu que le temps s’arrête. L’expérience doit être totalement inoubliable.

Pour l’heure, les hôtels sept étoiles sont peu nombreux dans le monde, mais plusieurs sont en construction. Le Town House Galleria de Milan en Italie revendique ce statut. La Chine en annonce quelques-uns à venir sur son territoire, dont un à Sanya sur l’île touristique de Hainan, qui sera sous la gouverne du Groupe Fairmont Hotels & Resorts.

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Town House Galleria à Milan
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Hôtel sept étoiles à Sanya en Chine

Pour se démêler, les clients s’en mêlent!

La diversité, l’inégalité et les lacunes des systèmes de classification ne permettent pas toujours au consommateur de se faire une idée juste de la prestation. En outre, quel que soit son discours, la marque laisse toujours planer un doute sur son honnêteté.

Un consommateur qui veut s’y retrouver se fiera-t-il à un spécialiste, au Web, aux parents et amis? Il semble que les consommateurs font plus confiance à des inconnus qu’aux experts. Grâce à l’explosion des médias sociaux et au poids croissant de l’opinion des consommateurs, les internautes s’adressent à leurs pairs pour les aider à choisir produits et services. Dans son étude «When did we start trusting strangers?», Universal McCann constate une explosion de ce phénomène, et ce, même si les cotes sont attribuées en fonction de la personnalité de l’auteur et de ses préférences.

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Par le biais de sites comme Tripadvisor, IgoUgo ou plus près de nous Vox Pop Vacances, les clients élèvent des établissements inconnus au rang de star. Ils s’expriment en des termes que les autres clients comprennent et leur disent ce qu’ils veulent connaître. Chacun y va de ses émotions, de ses coups de cœur et de ses coups de masse.

À l’heure où des sites comme Tripadvisor deviennent des références incontournables et où la classification manque de cohérence et peine à suivre l’évolution rapide de l’offre et de la demande, quel virage les systèmes de classification devraient-ils emprunter?

Sources:
– BusinessWire. «The first and only six star hotel ratings system to premiere summer ’09», 21 octobre 2008,
[www.businesswire.com/portal/site/home/permalink/?ndmViewId=news_view&newsId=20081021005472&newsLang=en].
– Corporation de l’industrie touristique du Québec. «Changement majeur au programme de classification à compter de janvier 2009», info CITQ, vol. 5, no 4, septembre 2008.
– Cser, Katalin et Azuma Ohuchi. «World Practices of Hotel Classification Systems», Asia Pacific Journal of Tourism Research, vol. 13, no 4, décembre 2008, p. 379-398.
– Désiront, André. «La course aux étoiles», La Presse, 13 septembre 2008.
– Grossman, David. «Confusion is the star of hotel rating systems», USA Today, 5 mars 2004.
– Guinot, Danièle. «S’offrir un hôtel 7 étoiles», LEFIGARO.fr, 9 juin 2008.
– Hewitt, Ed et Sarah Schlichter. «Star quality: what’s in a hotel rating?», Independent Traveler, 26 septembre 2008, [www.msnbc.msn.com/id/26840118].
– International Hotel & Restaurant Association. «Hotel Classification», [www.ih-ra.com/advocacy/issues/hotel_classification/intro.php].
– McAlpine, Peter. «Genuine star levels above 5-stars are not only possible, but inevitable», 24 septembre 2008.
– Musnik, Isabelle, «Les consommateurs font plus confiance à des inconnus qu’aux experts», Influencia, 11 septembre 2008, [fr.influencia.net/articles/actualites/archive/2008/09/11/article-28241.aspx].
– OP-Mall in Luxury Property. «Seven 7-Star Hotels – the World’s Most Luxurious Hotels»,  29 avril 2008,   [www.overseaspropertymall.com/regions/middle-east-property/seven-7-star-hotels-the-worlds-most-luxurious-hotels/].
– Pasquini, Elena. «Italy establishes hotel classifications», HotelNewsNow.com, 8 octobre 2008, [www.hotelnewsnow.com].
– Revue Espaces. «Réforme du classement hotelier. Hervé Novelli donne le menu», Espaces 263, octobre 2008.
– shangaiist. «China’s first seven star hotel to be built in Sanya, Hainan», 9 septembre 2008, [shanghaiist.com/2008/09/09/chinas_first_seven_star_hotel_to_be.php].
– Tribune de Genève. «Nouveaux critères pour la classification des hôtels en Suisse», 27 octobre 2008,
[www.tdg.ch/depeches/economie/nouveaux-criteres-classification-hotels-suisse].

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Enjeux Faits et chiffres Segments de clientèles

Le tourisme d’affaires en temps de crise

Lorsque l’économie perd des plumes, le tourisme d’affaires est l’un des secteurs les plus vulnérables de l’industrie touristique. La crise financière qui s’abat actuellement sur la plupart des pays développés s’ajoute aux conditions déjà peu avantageuses pour les voyages d’affaires, dont la hausse des prix des billets d’avion et des chambres d’hôtel. Certaines études récentes permettent de faire un tour d’horizon du tourisme d’affaires en Amérique du Nord en cette période incertaine.

2008 au ralenti

De grands regroupements comme la Travel Industry Association  (TIA) parlent d’une année 2008 difficile pour le tourisme d’affaires. Aux États-Unis, TIA anticipe une baisse des voyages d’affaires domestiques de 3,7% pour 2008 et de 2,7% pour 2009. Les principales compagnies aériennes américaines ont enregistré une diminution de la croissance des voyages d’affaires pour le deuxième trimestre 2008. L’International Air Transport Association (IATA) déclarait que la croissance mondiale du trafic aérien en classe affaires et en première classe était en baisse au premier semestre 2008.

La Commission canadienne du tourisme parle d’un ralentissement généralisé du tourisme d’affaires. En Ontario, une enquête réalisée à l’été 2008 auprès des hôteliers révèle que 56% d’entre eux entrevoyaient une baisse du nombre de voyageurs d’affaires pour le troisième trimestre de 2008. En mars, le ministère du Tourisme de l’Ontario estimait la baisse du tourisme d’affaires (nombre de visites touristiques) dans la province pour l’année 2008 à 1,1%. Cette dernière s’ajouterait à celles des années 2006 et 2007 qui atteignaient respectivement 3,5% et 0,7%.

Plus chers et plus contraignants

Avec la hausse des prix des billets d’avion et les surcharges de toutes sortes qui y sont associées, le prix de l’essence qui fluctue surtout à la hausse – bien qu’il ait baissé récemment, cela ne se reflète pas encore dans les tarifs aériens – et l’augmentation des prix des chambres d’hôtel, la facture d’un voyage d’affaires grimpe substantiellement. Selon l’étude annuelle d’American Express Business Travel, un voyage d’affaires domestique en Amérique du Nord coûtait, en octobre 2008, de 140 à 175 USD de plus qu’en 2007. Pour les voyages d’affaires internationaux, les Nord-américains déboursaient jusqu’à 400 USD de plus par voyage, en considérant les frais supplémentaires et les coûts divers.

Et d’autres contraintes s’ajoutent:

  • la réduction du nombre de vols;
  • des aéroports bondés;
  • des mesures de sécurité contraignantes;
  • le retour de la règle «nuitée obligatoire le samedi» (Saturday night stay) qui pénalise les voyageurs d’affaires.

Même budget, moins de voyages

Selon un récent sondage de l’Association of Corporate Travel Executives (ACTE), près des deux tiers (64%) des gestionnaires de voyage dans les entreprises prévoient des budgets égaux à 2008 ou à la baisse pour les voyages de leurs employés en 2009. Pourquoi? Surtout en raison de l’incertitude économique. Des voyages qui coûtent plus cher pour une même cagnotte ou encore avec des coffres moins garnis signifient moins de déplacements. Et même pour ceux dont le budget devrait augmenter, le nombre de voyages pourrait être à la baisse, vu la hausse significative des coûts. Toujours selon ce sondage, 39% des gestionnaires estiment que les coupures toucheront d’abord les réunions d’entreprise, et 16% les voyages internationaux.

Et la crise financière incite d’autant plus les entreprises américaines à resserrer les cordons de leur bourse. Une autre enquête réalisée auprès de 196 gestionnaires de voyage dans les entreprises américaines montre que le quart (26%) ont instauré, au cours du mois d’octobre, des compressions d’urgence en matière de voyages pour les employés. Ces mesures peuvent se traduire par un gel temporaire des voyages ou par une diminution de leur nombre.

Changer les comportements

C’est souvent dans un contexte de restrictions et de contraintes budgétaires que les comportements sont appelés à changer et que l’on revoit nos façons de faire. Étant donné que de plus en plus d’entreprises perçoivent les voyages d’affaires comme un investissement et non une dépense, et que les employés aiment bien réaliser des voyages d’affaires, on cherche de part et d’autre des moyens pour en diminuer les coûts plutôt que de ne pas en faire. Parmi les politiques mises en œuvre par les entreprises, voici les plus courantes:

  • revenir le jour même lorsque c’est possible;
  • effectuer de moins nombreux voyages internationaux;
  • assister à moins de foires commerciales et de conférences internationales ou y déléguer moins d’employés;
  • acheter des billets d’avion au moins 14 jours à l’avance pour bénéficier de meilleurs tarifs;
  • choisir des hôtels plus économiques;
  • partager une chambre d’hôtel avec un collègue lorsque c’est concevable;
  • favoriser les nuitées chez des amis ou de la parenté;
  • maximiser les rencontres et les occasions d’affaires à destination.

Quelques prévisions pour le Canada

À l’occasion de son étude annuelle publiée en octobre 2008, American Express présente quelques tendances prévisionnelles sur les tarifs de voyage au Canada et aux États-Unis en 2009. Le tableau suivant illustre ces résultats qui, par ailleurs, démontrent bien l’incertitude quant à l’avenir.

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American Express envisage la possibilité d’une baisse des tarifs aériens en 2009. Mais l’entreprise précise qu’avec les charges supplémentaires qui ne cessent de s’ajouter, une baisse ne signifie pas que le prix payé sera nécessairement plus bas (ou significativement plus bas). Les tarifs hôteliers et de location d’auto au Canada devraient, quant à eux, augmenter.

Un contexte sans précédent

Malgré tout, certaines organisations demeurent optimistes. En fait, la TIA estime que 2010 devrait être un tournant pour le tourisme d’affaires; elle compte sur des jours meilleurs. American Express, qui prévoit une période d’incertitude pour 2009, préfère ne pas s’avancer pour 2010. Le contexte économique qui a cours aux États-Unis depuis quelques mois étant sans précédent, l’étendue de ses répercussions reste à venir. Les voyageurs d’affaires et les gestionnaires de voyages d’affaires, comme les intervenants touristiques, feront face à des défis nouveaux au cours des prochains mois… voire de la prochaine année.

À lire dans une prochaine édition du Globe-Veilleur: Le touriste d’affaires d’aujourd’hui: joindre l’utile à l’agréable.

Sources :
–  American Express. «American Express Business Travel Announces Adjusted Results of Forecast in Anticipation of Global Economic Slowdown», [http://www.newswire.ca/en/releases/archive/October2008/22/c8447.html], CNW Group, page consultée le 5 novembre 2008.
–  Associated Press. «Business travelers cut back on flights as airlines make it tougher to find discounts », 23 septembre 2008.
–  Associated Press. «Report: Weak economy will pressure work travel», 30 octobre 2008.
–  Boehmer, Jay. «Financial Crisis Ices Corporate Travel», BTN online, 20 octobre 2008.
–  BTN. «TIA Forecasts Declines in Business Travel, Prepares for TBR Merger», 30 octobre 2008.
–  Commission canadienne du tourisme. «Bulletin de renseignements sur le tourisme», no 47, septembre 2008.
–  ETN. «Business travelers changing behaviors in current economy», 10 juin 2008.
–  Les Affaires. «Les patrons doivent s’attendre à voyager moins», 18 octobre 2008.
–  Ministère du tourisme de l’Ontario. «Tourism Outlook», [http://www.tourism.gov.on.ca/english/research/forecasts/index.html], page consultée le 5 novembre 2008.
–  Sharkey, Joe. «Finding Ways to Dull the Glamour of Travel», 28 octobre 2008.
–  Yu, Roger. «Travel Forecast: Business travel costs will rise in 2009», USA TODAY, 22 octobre 2008.

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Tendances

De quoi sera fait le tourisme de demain?

Il semble loin le temps où les voyages étaient l’apanage des gens riches et célèbres. Ian Yeoman, futurologue spécialisé en tourisme, révèle dans son livre Tomorrow’s Tourist ce que sera le tourisme en 2030 – pas de changements radicaux, mais plutôt la poursuite des tendances déjà amorcées. De quoi ce parcours sera-t-il ponctué et que cela signifie-t-il pour le tourisme?

Le contexte en mots-clés…

Difficile de jeter un regard sur le tourisme sans prendre en compte les multiples facteurs qui sont à la source de la mutation de ce secteur.

  • Un monde d’incertitudes et d’insécurité – terrorisme, cataclysme, crise économique, conflit géopolitique…
  • Les forces économiques – les États-Unis, les blocs européen et asiatique, les puissances économiques en émergence (Brésil, Russie, Inde, Chine, etc.).
  • Un monde des affaires en mutation – mondialisation, décentralisation des industries vers les pays en voie de développement, changements dans le monde du travail, nouveaux marchés de consommateurs, nouveaux modèles d’affaires.
  • L’éducation et la richesse – augmentation de l’écart entre les riches et les pauvres, accès à l’éducation, croissance de la richesse et de la classe moyenne.
  • Le changement des valeurs –  progression des valeurs sociales et environnementales, remise en question de la société de consommation, démocratie.
  • La société locale et globale – croissance des zones urbaines et de l’immigration, mixité ethnique, désertion des milieux ruraux, augmentation de la connectivité et réduction des distances, rôle des médias.
  • Le vieillissement de la population – ralentissement de l’activité économique, pénurie de main-d’œuvre, mouvement migratoire des travailleurs, coût des soins de santé, situation financière précaire, coûts liés au versement des pensions.
  • La santé – préoccupation de la santé, augmentation de l’espérance de vie.
  • Les sources énergétiques – épuisement des réserves de pétrole, prix de l’énergie, développement des énergies renouvelables, formes plus durables des transports.
  • Les ressources naturelles et les changements climatiques – développement durable, environnement, biodiversité, perturbation des climats, eau, agriculture, nourriture, conscientisation, action.
  • L’accès aux connaissances – communication, information, facilité, rapidité, infrastructures technologiques, croissance de la richesse.
  • Les nouvelles technologies – moléculaires, nano, bio, info…

Le voyageur de demain en vrac…

  • Le tourisme est le reflet de la prospérité croissante chez les consommateurs. Les vacances ne sont plus le privilège de quelques-uns, mais un besoin fondamental de la société occidentale. La propension à voyager n’a jamais été aussi grande.
  • Avec le boom dans les économies émergentes, de nouvelles destinations et de nouveaux marchés de touristes avec des langues et des cultures différentes colorent le paysage touristique. Ainsi, le touriste de demain sera issu des économies émergentes – Chine, Inde, Russie, Europe de l’Est, Mexique. Il sera toujours plus éduqué, informé et exigeant.
  • Le voyageur a accès à un plus grand choix de produits et de destinations. Aidé par la technologie et Internet, il est en mesure d’acheter ses vacances sur demande.
  • L’économie de l’expérience atteint son niveau de maturité – le voyageur recherche l’authenticité, des expériences réelles plutôt que du faux et du «manufacturé».
  • Des traditionnelles deux semaines à la plage, les vacances sont passées à une multiplicité d’expériences et de destinations, de l’escapade à six mois autour du monde. Le temps constitue toujours un facteur critique. Soucieux de son incidence sur l’environnement et curieux de découvrir de nouvelles cultures, le voyageur devient plus respectueux, reste plus longtemps et visite plus en profondeur. Les différentes formes de tourisme durable gagnent en importance. Malgré l’empreinte environnementale des voyages, les destinations lointaines et les environnements vierges continuent d’attirer le qui reste tout de même partagé entre son désir de voyager et celui de protéger l’environnement.
  • Issu de la «Snack culture» où la culture de la consommation rapide et de l’éphémère prime, le touriste aime aussi vivre diverses expériences au lieu d’une longue période de vacances. Relaxation ou activités excitantes, il souhaite s’offrir des vacances qui lui permettent de recharger ses batteries et de se libérer l’esprit en un court laps de temps.
  • La demande pour le luxe s’accentue. En raison de l’écart qui se creuse entre les riches et les pauvres, on assiste à une hausse des lieux de vacances enclavés. Le luxe devient immatériel. Il est lié à la richesse de l’expérience et à l’épanouissement que cette dernière apporte. Les nouveaux riches, eux, s’attachent plus au tape-à-l’œil.
  • Il est en meilleure santé et vit plus longtemps. Préoccupé par la santé et la sécurité, il veut minimiser les risques et ces facteurs guident ses choix. Bien que les actes terroristes et autres catastrophes puissent avoir un effet dissuasif, leurs conséquences négatives sont parfois de courte durée.
  • La croissance de la richesse et de l’éducation fait en sorte que la culture devient un facteur important dans le choix de la destination. Les capitales culturelles ont la cote. Les baby-boomers et la nouvelle génération de retraités favorisent eux aussi les activités culturelles. Ils voyagent davantage et optent pour des vacances plus aventureuses que cette même génération par le passé. Toutefois, le vieillissement de la population avec tous les coûts que cela implique pourrait changer la donne.
  • Les familles font plus d’activités ensemble. Les vacances deviennent du temps de qualité en famille, qui diminue dans le quotidien.
  • Les voyages d’affaires fluctuent au gré de l’économie. Les téléconférences et les rencontres virtuelles évitent les déplacements et réduisent les coûts. Le marché global amène le développement de nouvelles routes et le déclin d’autres.
  • Les touristes ont des styles de vie et des intérêts différents. Ils requièrent des produits adaptés à leurs besoins. Devant la richesse de l’offre, ils n’ont que l’embarras du choix et ils recherchent le meilleur rapport qualité-prix.
  • Le grand défi: répondre à la diversité des goûts, des intérêts, des demandes.

Le tourisme de demain en résumé…

  • Compétitivité et transport constituent les grands enjeux de 2030.
  • Les flux touristiques se déplacent vers les pays de l’Est et l’Asie en raison de leur croissance économique et du coût des prestations.
  • Le monde est plus facilement accessible – accès à l’information et accès physique (transports et connectivité). L’ouverture sur le monde signifie plus de choix de destinations et donc une augmentation de la concurrence. Et qui dit augmentation de la concurrence dit valeur ajoutée. Les destinations sont soumises aux effets de mode. La marque devient un outil de marketing important afin de se démarquer. Elle prend de l’importance, car le choix de la destination est lié aux valeurs du consommateur. L’image de marque d’une destination devra être éthique, durable et digne de confiance.
  • Les pays renforcent leurs mesures de sécurité – passeports biométriques et restrictions de visas. La force des devises continue d’influencer les déplacements.
  • Pour satisfaire le voyageur, les marchés de niche se multiplient, l’offre se diversifie.
  • La technologie modifie les modèles d’affaires. On observe un transfert de la communication de l’entreprise vers le consommateur. La rétroaction de celui-ci devient plus accessible et immédiate.
  • Les nouvelles technologies et l’avancement de la science rendent possibles les vols commerciaux dans l’espace.
  • À cause de l’immigration, la mixité des différentes cultures réduit l’authenticité de certaines destinations.

Et si les changements climatiques changeaient aussi les plans de vacances?

En 2030, terminées les vacances sur les plages des Maldives et le ski dans les Alpes! Scénario catastrophe ou réaliste?

En 2030, il y aura 1,9 milliard de voyages internationaux. La planète est-elle en mesure de supporter cette importante croissance du tourisme? Le virage vert aura-t-il été adopté par la majorité, entreprises et voyageurs, ou sera-t-il toujours le lot d’une minorité?

La boule de cristal n’a pas encore révélé ses secrets!

Source:
– Yeoman, Ian. «Tomorrow’s Tourist: Scenarios & Trends», Elsevier, 2008, 357 pages.
[www.tomorrowstourist.com]

Ian Yeoman, professeur associé à l’Université de Victoria en Nouvelle-Zélande et à l’Université d’Édimbourg en Écosse et futurologue spécialisé en tourisme, a déjà aussi été planificateur stratégique à VisitScotland et responsable des modèles économiques, de l’analyse des tendances et de l’élaboration des scénarios.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Tourisme durable

Verdir les hôtels américains: quelques mesures pratiques mises en œuvre jusqu’à présent par le secteur de l’hébergement touristique

Le nombre d’établissements hôteliers qui sont certifiés «verts» ne cesse de croître, et pourtant, les mesures prises en matière d’efficacité énergétique varient considérablement d’un établissement à l’autre. Dans plusieurs cas, la stratégie de durabilité des hôtels englobe un engagement visant la neutralité en carbone, une intervention des acteurs communautaires, un soutien apporté aux projets de conservation et une participation à divers programmes de certification. Cependant, plusieurs hôtels dits verts ne le sont que de nom, et des mesures de base pour améliorer la performance n’ont souvent même pas été prises, comme il est d’ailleurs indiqué dans les conclusions du rapport publié en 2008 par l’American Hotel and Lodging Association (AHLA) et par Smith Travel Research (appelé rapport de l’AHLA dans notre analyse (1)). Les données qui ont servi de base à l’élaboration de ce rapport ont été recueillies auprès de 10 350 établissements hôteliers, ce qui équivaut à 23% du secteur aux États-Unis dans son ensemble.

Mesure 1: Programmes de réutilisation des draps et serviettes

Les programmes de réutilisation des draps constituent des moyens de conservation de l’énergie parmi les plus anciens et les plus populaires. Ils permettent de réaliser des économies sur le plan des coûts de la main-d’œuvre et de l’utilisation de l’eau, de l’énergie et des détergents. Avec cette mesure, il est facile d’améliorer l’efficacité énergétique alors que 75% des clientèles qui en ont la possibilité participent à ces programmes, comme l’indiquent les recherches récentes (2). Un client est plus susceptible de réutiliser les serviettes quand il est au courant que les autres clients le font. Les recherches laissent entendre que les affiches qui présentent surtout les effets bénéfiques pour l’environnement sont moins efficaces que celles qui soulignent le degré de participation des autres clients à ce type de programme. Le rapport de l’AHLA révèle qu’en 2004, 52% des établissements ayant pris part à l’enquête se sont dotés d’un programme de réutilisation des draps et serviettes, alors qu’en 2008, ils représentent 67% (1). L’analyse menée sur les catégories de prix montre que, parmi les établissements qui ont établi un programme, 63% sont des hôtels bon marché et 76% des hôtels haut de gamme Les hôtels de grande capacité sont plus à même de mettre en place ce genre de programme que les petits hôtels.

Mesure 2: Distributeurs automatiques de savon liquide dans les salles de bains

D’après GreenLodgingNews environ dix milliards de lots de produits de toilette sont jetés annuellement par les hôtels à l’échelle de la planète (3). Mettre des distributeurs automatiques de savon liquide à la disposition des clients constitue une mesure des plus efficaces sur le plan écologique. Elle permet de réduire de 70% le volume de déchets, et puisque le personnel de nettoyage n’est pas obligé de remplacer les produits tous les jours, les frais d’exploitation sont moins élevés. Selon le rapport de l’AHLA, l’utilisation de distributeurs automatiques de savon liquide est passée de 6% en 2004 à 22% en 2008 dans les hôtels qui ont participé à l’enquête (1). Si l’on considère le prix des chambres, 15% des hôtels bon marché et 20% des hôtels haut de gamme ont installé de tels distributeurs dans les salles de bains. La taille de l’établissement ne semble pas être un facteur qui modifie le taux d’installation .

Mesure 3: Pourcentage des hôtels qui disposent d’un système de gestion énergétique dans les chambres

Le PNUD estime que le secteur hôtelier produit 21% de l’ensemble des émissions de CO2 produites par le secteur du tourisme dans le monde. De surcroît, le chauffage, la télévision et l’éclairage dans les chambres inoccupées équivalent jusqu’à 20% de la facture d’électricité d’un hôtel. De nombreux hôtels disposent depuis quelques années de systèmes de gestion énergétique pour améliorer l’éco-efficacité. Des concepteurs de ces dispositifs signalent que la réduction des coûts énergétiques permet d’amortir l’investissement initial en l’espace d’un an. Ces systèmes de gestion à fonctionnement automatique font économiser du temps au personnel de soutien administratif qui n’a plus à vérifier chaque chambre (5). Il est possible aussi de réduire la consommation d’énergie par chambre en incitant les clients à éteindre leurs lumières et en demandant aux gestionnaires de réserver toutes les chambres d’un étage à la fois (6). Cette mesure se traduit par une diminution de la consommation d’énergie, notamment pendant les périodes de faible activité. Le rapport de l’AHLA montre que 15% des établissements recensés en 2004 disposaient d’un système de gestion énergétique dans les chambres comparativement à 25% en 2008 (1). Près de 40% des hôtels bon marché se servent de ce type d’équipement comparativement à 32% pour la catégorie haut de gamme. Les hôtels de grande capacité sont relativement plus nombreux à investir dans un tel système que les hôtels de petite taille.

Mesure 4: Mise sur pied d’un programme de recyclage

Il peut s’avérer difficile de mettre en œuvre un programme de recyclage, car ce dernier est tributaire de la disponibilité d’une infrastructure supplémentaire et relève d’une organisation lourde pour traiter tous les déchets ramassés. Dans les endroits éloignés et reculés, l’enjeu est encore plus évident. D’ailleurs, le développement de programmes de recyclage dans le milieu hôtelier est lent, mais une tendance à la hausse se confirme. Le rapport de l’AHLA soutient qu’en 2004, 32% des établissements américains avaient mis sur pied un programme de recyclage, alors qu’en 2008, 40% d’entre eux l’ont réussi (1). Le cinquième (21%) des hôtels à petit budget recyclent comparativement à 56% du côté des hôtels de luxe. Les hôtels de taille moyenne (entre 20 et 129 chambres) sont moins enclins à recycler que les petits hôtels et ceux qui comptent plus de 130 chambres.

Mesure 5: Établissements qui utilisent des appareils d’éclairage à faible consommation d’énergie

Un grand nombre d’hôtels ont remplacé leurs luminaires, notamment dans les couloirs, par des lampes sur pied à incandescence de type T5 et T8. Dans la plupart des cas, des organismes gouvernementaux, par le biais de mesures incitatives, leur ont accordé une subvention ou une remise. Selon le rapport de l’AHLA, des appareils d’éclairage à faible consommation d’énergie sont utilisés dans 68% des établissements hôteliers aux États-Unis (1). On observe une très faible différence en ce qui concerne leur utilisation en comparant les catégories de prix ou le nombre de chambres.

Mesure 6: Pourcentage des hôtels dotés d’un programme d’économie d’eau

Le PNUB estime que les touristes sont, en règle générale, portés à consommer quatre fois plus d’eau pendant leur voyage qu’à la maison (4). Des équipements efficaces comme les toilettes à double chasse et les robinets à faible débit peuvent entraîner une réduction de la consommation d’eau de 20% à 40% dans les hôtels. Le marché répond bien à la demande pour des produits qui favorisent une utilisation plus efficace de l’eau. À cet égard, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) dispose du programme de partenariat volontaire WaterSense qui identifie et établit la liste des produits et services reconnus qui permettent de réaliser des économies en eau. Le rapport de l’AHLA établit qu’en matière d’économie d’eau, des programmes sont mis en œuvre dans 46% des établissements américains qui ont participé à l’enquête en 2008 (1). Près des deux tiers (64%) des hôtels à petit budget se sont dotés d’un programme comparativement à 50% pour les hôtels de luxe. Les résultats d’étude indiquent de faibles différences selon la taille pour ce qui est de la mise en œuvre, mais les hôtels de grande capacité se montrent plus ouverts à réduire la surconsommation de l’eau.

En guise de conclusion

Pour survivre économiquement et demeurer concurrentiel, le secteur de l’hôtellerie doit présenter un bilan financier positif. Les programmes écologiques peuvent permettre des économies substantielles, et l’accueil que les clients réservent à ce genre de programmes (en matière de fidélisation et de sensibilité au prix) peut aussi contribuer à ouvrir de nouvelles possibilités commerciales (7). Le groupe Market Metrix a mis au point un indice à l’intérieur d’une enquête menée sur le secteur de l’hôtellerie. Globalement, les clients qui ont classé les programmes verts des hôtels au niveau le plus élevé possible sont prêts à payer au moins 7% de plus que les autres clients pour leur chambre (8). De plus, ces mêmes clients effectuent des séjours plus longs, en ressentent un plus grand bonheur et sont plus enclins à déclarer que le programme de fidélisation est « très important » avant de choisir un hôtel. Les hôtels dont les programmes verts sont très bien cotés sont intervenus deux fois moins que les autres pour résoudre des problèmes rapportés par des clients (selon les données de l’enquête).

Forbes a publié une liste des établissements hôteliers les plus écologiques aux États-Unis en 2008 (9):

  • Marriott New York City
  • Wyland Waikiki, Hawaii
  • Bison Quest Sanctuary and Spa Montana
  • Seaport Hotel Boston
  • Hotel Triton (Kimpton), San Francisco
  • Lookout Point Inn, Arkansas
  • Banyan Resort, Key West Florida

Sources:

(1) Smith Travel Research (2008) Lodging Survey. « Lodging, Facilities, Trends 2008 », Rapport préparé pour l’American Hotel and Lodging Association, Washington D.C. 245 p.
(2) Goldstein, N.J., Cialdini, R.B. and Griskevicius, V. (2008). « Room with a Viewpoint Using Social Norms to Motivate Environmental Conervation in Hotels », Journal of Consumer Research, 35 (Août).
(3) Greenlodging News (2008). « Green’ Definitions Can Confuse Conscientious Amenity Purchasers« . [www.greenlodgingnews.com], page consultée le 20 septembre 2008.
(4) United Nations Environment Programme Sustainable Consumption & Production Branch (2008). « Environmental Impacts of Tourism », [www.unep.fr/scp/tourism/sustain/impacts/environmental/], page consultée le 20 septembre 2008.
(5) Butler, J. (2008) « The Compelling « Hard Case » for « Green » Hotel Development ». Cornell Hospitality Quarterly 49 (3) 234-244.
(6) Maycock, P. (2008) Hotel News Now, « Four easy ways to cut carbon and costs », Hotel News Now, 28 août 2008, [www.hotelnewsnow.com], page consultée le 28 août 2008.
(7) Houdré, H. (2008) « Sustainable Development in the Hotel Industry. Industry Perspectives: A White Paper Series », Cornell University No2. School of Hotel Administration. The Center for Hospitality Research. Ithaca.
(8) Barsky, J. (2008). « Do customers really care about “green”? » , Market Metrix [http://www.marketmetrix.com], page consultée le 20 septembre 2008.
(9) Forbes Traveler (2008). « Americas Greenest Hotels 2008 », [http://www.forbestraveler.com], page consultée le 20 septembre 2008.

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Marchés géographiques

Nos chouchous: les Français

Qu’arrive-t-il avec nos cousins transatlantiques? La relation affectueuse entre la France et le Québec ne date pas d’hier et a donné lieu à de multiples échanges et à d’innombrables voyages. Où en est le marché français aujourd’hui? À quel point la diminution de son pouvoir d’achat influe-t-elle sur ses choix en matière de voyage? Les mesures pour redresser son économie nuiront-elles au tourisme?

Un contexte intérieur fragile

La situation économique de la France n’est pas au rose et le pays vit des temps d’incertitude. Sa dette est élevée, le PIB croît lentement et l’inflation augmente à son rythme le plus rapide depuis 12 ans, réduisant le pouvoir d’achat des consommateurs français. Cette conjoncture économique joue directement sur la confiance de la population quant au futur.

Concrètement, un sondage réalisé en février 2008 révèle que plus de 80% des Français disent avoir observé une baisse de leur pouvoir d’achat au cours de l’année précédente. D’un autre côté, une autre étude indique que les Français ne sont pas moins nombreux en 2008 qu’en 2007 à être partis en vacances. Néanmoins, un voyageur sur trois ne peut plus débourser autant d’argent qu’avant pour ses voyages. Afin de «partir pour moins cher», 29% ont décidé de voyager hors-saison, 24% ont réservé longtemps avant leur départ, 18% ont opté pour les formules de séjour «tout compris» et 15% ont préféré partir moins longtemps que de ne pas partir du tout. En fait, cette étude montre combien les vacances ont de l’importance aux yeux des Français, et qu’ils sont prêts à adapter leurs habitudes de voyage selon leurs moyens.

Les individus de 45 ans et plus voyagent beaucoup, particulièrement une fois parvenus à la retraite. Par contre, les mesures de redressement de l’économie touchent les généreux programmes de retraite qui seront resserrés au cours des années à venir. En fait, le gouvernement de Sarkozy a déjà entrepris des actions en ce sens. Il est donc à prévoir que ce groupe aura moins l’occasion de voyager sous peu. En outre, ce ne sont pas les jeunes qui voyagent le plus actuellement. En effet, le taux d’emploi général est bon, mais le taux de chômage des 15 à 24 ans demeure très élevé, soit plus de 20%.

Par ailleurs, les résidents de la France jouissent de longues vacances annuelles. Les 25 jours de base correspondent au nombre de jours de congé payé le plus important des pays de l’OCDE. De plus, avec l’instauration de la semaine de travail de 35 heures en 2000, la plupart des travailleurs ont la possibilité d’accumuler des journées de congé additionnelles, jusqu’à un total de 50 jours de vacances payés annuellement. Ces avantages font des Français des touristes de choix qui voyagent souvent et sur de longues périodes.

Malgré une inflation marquée, la force de l’euro par rapport à d’autres devises, le dollar américain en particulier, a une influence sur les destinations de voyage des Français. En ce qui concerne le Canada, les temps sont favorables. Le graphique 1, ci-dessous, illustre l’évolution du taux de change.

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Les Français nous aiment toujours. Ouf!

Selon une enquête effectuée auprès de la population française sur leurs destinations rêvées (sans contraintes budgétaires), le Canada arrive au premier rang. Avec l’Australie et l’Irlande aux deuxième et troisième rangs, on en déduit que les Français ont un fort intérêt pour la nature et les grands espaces. En plus de leurs attrayants voisins que sont l’Italie, la Grèce et l’Espagne, les Français souhaitent également visiter la Suède, la Norvège et le Danemark. Bref, l’offre touristique québécoise a de quoi leur plaire, mais les concurrents sont nombreux.

De plus en plus de voyages internationaux

Les Français ont réalisé plus de 23 millions de voyages internationaux en 2006, une augmentation de 33% depuis 2001. Il s’agit d’une hausse plus forte que pour d’autres pays européens, mais la proportion des voyages internationaux versus celle des séjours domestiques demeure en deçà de ces autres marchés. En effet, les Français voyagent largement en France (49,5 millions en 2006) et les deux tiers d’entre eux séjournent chez des parents ou des amis. Toutefois, cette situation change graduellement et le ratio du nombre de voyages internationaux par rapport à la population du pays est passé de 29% en 2001 à 37% en 2006.

Les premières destinations de voyage sont avant tout européennes. L’intérêt pour les États-Unis, qui a longtemps été très fort, a subi un dur coup avec la guerre en Irak qui a envenimé les relations entre les deux pays. De plus, les passeports français ont dû être adaptés aux nouvelles exigences des États-Unis (passeport à lecture optique) depuis octobre 2006, et le pays n’a pas suffi à la demande. En l’attente de ce passeport, les touristes devaient se procurer un visa, une longue procédure qui a contribué à diminuer les déplacements vers ce pays. Cette situation s’est rétablie en 2007. Malgré tout, les États-Unis attirent plus du double de touristes français que le Canada.

Il y a moins de Français qu’avant au Canada et au Québec, mais depuis le creux de 2003, attribuable à l’incertitude quant aux relations avec les États-Unis, à la guerre en Irak et au SRAS, on observe une remontée. Le Québec reçoit, en moyenne, 80% des touristes français qui viennent au Canada.

MtL_2008-10_couchous_grphq2

La propension de la population à voyager de plus en plus à l’étranger suppose un potentiel de croissance du marché français pour les prochaines années. Le goût du voyage des Français sera-t-il plus fort que leur incertitude quant à l’économie? Une part de ce questionnement nous concerne et il faudra redoubler d’efforts pour les attirer. Pourquoi? Parce qu’ils sont nos touristes préférés: ils visitent largement les régions du Québec, ils restent longtemps et leurs séjours sont autant d’occasions de tisser des liens d’amitié.

Ne manquez pas, dans le prochain Globe-Veilleur, le profil des voyageurs français au Québec ainsi que leur comportement en tant qu’internautes.

Sources:
–    Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs touristiques en Europe», février 2008.
–    Ministère du Tourisme du Québec. «Le tourisme au Québec en bref», Direction générale du marketing, éditions 2000 à 2004.
–    Mintel. «France Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 9, juin 2008.
–    Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2006.
–    Visit Britain. «French Market & Trade Profile», mise à jour février 2008.

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Enjeux Produits et activités Tendances

Tourisme médical: opportunités et controverses

Alors que les Américains vivent plus longtemps que jamais auparavant, ils font face à des coûts médicaux exorbitants et à une couverture d’assurance inadéquate. De plus en plus de citoyens américains et canadiens effectuent des voyages en Asie et en Amérique latine pour recevoir des traitements; ceux-ci vont du blanchiment des dents à la chirurgie esthétique, en passant par le remplacement d’une hanche. Quelle est l’ampleur de ce phénomène? Le Canada peut-il devenir une destination de tourisme médical?

État de la situation aux États-Unis

Selon le dernier recensement, 47 millions d’Américains n’ont pas d’assurance maladie et 120 millions ne sont pas complètement assurés. L’inflation des coûts en santé aux États-Unis a complètement outrepassé la croissance économique, faisant du système américain le plus dispendieux de la planète. On estime que la moitié de la population du pays risquerait d’être financièrement dévastée advenant le cas d’une opération majeure. En se faisant soigner à l’étranger, le patient peut économiser jusqu’à 85% du tarif américain. Même en ajoutant le prix d’un billet d’avion, l’écart est convaincant. Toutefois, de nombreux Américains ne peuvent s’offrir le voyage.

Même si ce type de déplacement existe depuis longtemps, la différence actuelle réside dans la masse critique de personnes qui envisagent de tels voyages. La classe moyenne se prépare à faire le saut. Une étude récente de la firme de consultation Deloitte prévoit que les Américains ayant reçu un traitement médical à l’étranger en 2006, soit 750 000 personnes, seront plus nombreux en 2010 (6 millions), et encore plus en 2012 (10 millions).

Les joueurs

Les joueurs majeurs dans ce créneau sont l’Inde, la Thaïlande, Singapour et la Malaisie. En Amérique latine, le Mexique, le Costa Rica, le Brésil et l’Argentine sont les destinations privilégiées. La compétition est déjà féroce. Environ 500 000 touristes médicaux américains se rendent en Asie chaque année, et certains pays comme l’Inde enregistrent un taux de croissance de l’ordre de 30% annuellement. La Thaïlande, quant à elle, a reçu plus de 1,5 million de patients étrangers en 2006, dont quelque 30 000 Canadiens. Une part importante des touristes viennent du Moyen-Orient. Dubaï se lance d’ailleurs dans la course et si l’on se fie à ses projets touristiques, on n’y fait pas les choses à moitié…

Dans ces pays, on a bâti de mégahôpitaux ultramodernes et sophistiqués, dont les halls ressemblent davantage à des hôtels. De plus, ces hôpitaux sont dotés de nombreux restaurants, boutiques et services. Des investissements majeurs sont prévus au cours des prochaines années pour les agrandir et les améliorer ou pour en construire de nouveaux.

Le Bumrungrag, en Thaïlande, est l’un de ces hôpitaux adaptés à la clientèle internationale. On y offre de nombreux services, dont une agence de voyages dédiée au prolongement des séjours et à l’extension des visas des patients qui nécessiteraient un rétablissement plus long que prévu ou qui, une fois sur place, auraient envie de poursuivre leur séjour. Au Bumrungrag, comme dans d’autres centres hospitaliers du genre, un accent tout particulier est mis sur le service à la clientèle et l’encadrement des patients. Le ratio d’infirmiers par patient est beaucoup plus élevé qu’en Occident et les médecins ont le temps de visiter leur patient chaque jour. Grande différence.

Les autres intervenants impliqués

Outre ces nouvelles destinations qui se positionnement clairement sur le marché du tourisme médical, de plus en plus d’agences organisent ce type de voyage. Pour ces dernières, il s’agit de mettre sur pied un forfait où chaque détail compte, en plus de bien conseiller le client sur le choix d’un hôpital en fonction de l’intervention dont il a besoin. Les compagnies d’assurance commencent aussi à offrir des plans couvrant des frais médicaux et de déplacement pour un traitement à l’étranger, comme c’est le cas de la Blue Cross aux États-Unis. Une entreprise américaine offre même à ses employés la possibilité de recevoir des traitements médicaux à Singapour plutôt qu’en Amérique.

Le Québec est-il de la partie?

Au Québec, on trouve la plus forte concentration de cliniques de radiologie, de chirurgie, d’ophtalmologie, de médecine générale, etc., du Canada. Si l’on désire payer les soins de sa poche, les choix foisonnent. Des centaines de patients venant d’un bout à l’autre du pays ont visité les nombreuses cliniques privées du Québec parce qu’ils font face à des restrictions dans leur province. La loi ontarienne est très stricte: les médecins ne peuvent se désaffilier du régime public et un Ontarien surpris à payer pour un service assuré par le régime public est passible d’une amende de 10 000 CAD. La situation est semblable dans les Prairies et les provinces de l’Atlantique alors qu’en Colombie-Britannique la loi se montre plus flexible. Le Québec demeure toutefois le leader de la médecine privée, malgré le fait que l’existence d’un système de santé à deux vitesses soulève plusieurs débats sociaux.

D’ailleurs, la clinique montréalaise Omnium-Santé faisait récemment la manchette pour son association avec l’hôtel Hyatt Regency. Ils proposent un forfait offrant un bilan de santé complet et s’adressant avant tout à la clientèle américaine et les touristes québécois à Montréal.

En matière de coûts, même si le Canada ne peut concurrencer les tarifs de l’Asie ou de l’Amérique latine, il semble que les soins y soient souvent deux fois moins chers qu’aux États-Unis. Ces coûts moins élevés, notre proximité ainsi que le fait qu’aucun visa n’est nécessaire permettent au Canada de se positionner en tant qu’alternative auprès de la clientèle américaine.

Mais le Canada est aussi un marché émetteur et environ 15 agences de voyages sont spécialisées dans le tourisme médical. Pour les Canadiens, c’est avant tout le délai d’attente qui motive un déplacement.

Débats et occasions d’affaires

Le tourisme médical soulève des débats à propos des systèmes de santé. Alors que certains craignent qu’il légitime l’existence de systèmes à deux vitesses, d’autres voient le tourisme médical comme un catalyseur, forçant les gouvernements et les hôpitaux à modifier leurs façons de faire. Il y a aussi certaines limites, dont le fait que plusieurs interventions ne peuvent être réalisées à l’étranger de façon sûre ou encore qu’il peut exister des zones grises quant aux aspects légaux en cas d’erreur médicale. Enfin, tous les éventuels clients du tourisme médical ne sont pas encore convaincus de la qualité des soins pouvant être reçus à l’étranger et bien que ce ne soit pas le cas du Canada qui a bonne réputation, il s’agit d’un grand défi pour les hôpitaux étrangers.

Cela dit, ce marché relativement nouveau est là pour de bon. Dans une perspective purement touristique, il s’agit de nouveaux flux de voyageurs et le futur du tourisme médical semble en excellente santé!

Sources:
–    The Economist. «Globalisation and health: Importing competition» et «Globalisation and health care: Operating profit», The Economist, 16 août 2008.
–    Rogers, Mark. «Medical Tourism: Agents have a potential gold mine in booking U.S. citizens into hospitals abroad», TravelAgentCentral, 15 août 2008.
–    AME Info. «UAE sets sights on medical tourism industry», United Arab Emirates, 31 août 2008.
–    Lindsay, Greg. «Why Americans Are Going Abroad for Health Care», Fast Company.com, 11 avril 2008.
–    Trudel, Jonathan. «Santé: bonjour le privé!», L’actualité, 15 avril 2008.
–    Deland, Maxime. «Forfait médecin et hôtel», Le Journal de Montréal, 29 juin 2008.
–    PROFIT magazine. «Medical tourism: Sun, sand and stitches», Canadian Business Online, mai 2008.
–    Legault, Benoit. «Thaïlande – Bangkok, panacée du tourisme médical», Le Devoir, édition du 25 et 26 novembre 2006.

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Ailleurs dans le monde Enjeux Gestion

Benchmarking – Réflexions de l’Australie face aux défis du tourisme intérieur

Désir de voyager à l’étranger, baisse du sentiment d’appartenance à la nation chez les jeunes, mauvaise perception du produit: voilà des exemples de défis liés au tourisme intérieur auxquels sont confrontés les acteurs de l’industrie du tourisme en Australie. Aux prises avec un tourisme national qui stagne, les autorités touristiques ont décidé de prendre les choses en main en lançant un vaste processus de consultation dans le milieu. Voici quelques faits marquant de cette démarche qui se veut porteuse d’enseignements pour d’autres destinations qui vivent la même réalité.

Facteurs hors de contrôle

Parmi les nombreux facteurs qui exercent une influence sur la force du tourisme intérieur, plusieurs échappent au contrôle des autorités touristiques et n’ont pas été pris en compte dans l’élaboration des scénarios. On constate rapidement que, même à l’opposé de la planète, la plupart des défis ressemblent étrangement aux nôtres. Voici les principaux enjeux auxquels fait face l’industrie touristique australienne:

  • émergence de nouvelles destinations concurrentes en Asie,
  • resserrement des contrôles de sécurité aux douanes,
  • taux de change défavorable du dollar australien,
  • prix de l’essence élevé favorisant le transport aérien comme substitut à l’automobile,
  • offre insuffisante de l’hébergement,
  • industrie s’adaptant lentement aux changements climatiques et aux préoccupations environnementales.

Dans cet exercice de réflexion, d’autres types de facteurs qui auront un impact négatif sur le tourisme australien ont été testés selon un scénario pessimiste. On s’attend à ce que ces tendances se concrétisent si l’industrie ne fait rien pour s’adapter, spécialement vis-à-vis la demande changeante des consommateurs pour des expériences plus inspirantes.

L’enjeu de la démographie et d’une génération «perdue»

Comme c’est le cas dans la plupart des pays occidentaux, la population australienne vieillit. D’ici 2050, environ le quart de cette dernière aura plus de 65 ans. L’un des importants enjeux consiste justement à préparer la relève avec les générations à venir. Une attention particulière a été portée à la génération Z, constituée des jeunes nés après 1991. N’ayant pas connu le monde sans Internet ou sans les jeux vidéo, ils sont entourés d’une kyrielle de biens de consommation.

L’étude du comportement de voyage chez les Z se limite aux vacances familiales. La préoccupation à l’endroit de ce groupe d’âge tient du fait que les familles voyagent moins souvent, faisant en sorte que ces jeunes n’acquièrent pas l’habitude des voyages, particulièrement ceux dans leur propre pays. Il est important d’accorder une attention spéciale aux Z, car ils ne se seront pas dotés d’une solide «mémoire de voyage» forgée à la suite d’expériences vécues à l’occasion de voyages nationaux. À l’instar de ce que l’on observe auprès de la génération Y, les Z qui développeront leur goût aux voyages seront plus portés que les générations précédentes à favoriser les destinations internationales.

Des défis en rafale

Les observations dégagées par la démarche australienne proviennent d’opinions et constituent une base de recherche plus qualitative que factuelle. Voici quelques enjeux identifiés auxquels se rattachent parfois des pistes de solution:

  • L’industrie touristique n’est pas alignée derrière une vision commune et partagée de ce que devrait être le tourisme national. Il manque un support financier du gouvernement qui servirait à renforcer le message et à inciter les Australiens à voyager chez eux.
  • Le pays a besoin d’une image de marque forte et cohérente du tourisme intérieur.
  • Par son désir de plaire avant tout à la clientèle internationale, l’industrie touristique a parfois eu une influence négative sur la perception du tourisme au pays.
  • L’Australie ne peut offrir la même diversité d’expériences culturelles à ses résidents que les autres destinations internationales. Mais une redéfinition de l’image de marque, arrimée au type d’expérience recherché par les Australiens, s’avère nécessaire. Il faut promouvoir la diversité du pays et lutter contre la perception que cette offre est homogène, sans contraste culturel.
  • La population tend à utiliser les vacances pour des voyages à l’international et à ne voyager à l’intérieur du pays que pour des courts séjours.
  • La tendance aux courts séjours et aux décisions spontanées demandera à l’industrie de s’ajuster avec des produits et une promotion flexibles, pouvant être constitués rapidement. Ces offres doivent être en mesure de répondre aux exigences des consommateurs à la recherche d’une satisfaction instantanée.
  • La part du budget de loisirs accordée aux voyages intérieurs continuera de décliner, particulièrement chez les jeunes submergés par les produits technologiques. Les intervenants touristiques doivent, collectivement, développer une offre intelligente, captivante et surtout inspirante pour donner le goût de voyager.
  • La nécessité d’éduquer les générations de futurs touristes en vue de leur fournir des raisons valables de voyager et l’importance de donner un sens à la découverte du pays sont vues comme des facteurs critiques à la relance du tourisme intérieur. Cela passe par l’instauration d’une fierté nationale chez les jeunes et par de meilleurs enseignements liés au patrimoine et à la géographie.
  • La consommation «sans frais» de l’environnement naturel est trop répandue. L’industrie doit trouver des façons innovantes de greffer un volet économique à ces expériences, de manière à tirer profit de l’ensemble des visiteurs et à appuyer de nouveaux projets de développement.
  • On constate un besoin criant d’investissements dans les infrastructures régionales pour soutenir la demande, tant actuelle que potentielle. Toutefois, le retour sur l’investissement en région est perçu comme risqué. On se questionne alors sur l’opportunité de concentrer les investissements sur les grandes villes et ensuite d’adopter une vision créative pour favoriser l’essor touristique des régions.
  • Dans l’ensemble, la qualité des produits et des services destinés au marché intérieur doit être revue, l’offre renouvelée.
  • Pour parvenir à développer un tourisme innovateur et inspirant, l’industrie a besoin des meilleurs talents disponibles, souvent difficiles à attirer ou à retenir au sein du secteur. Il faut mettre en place un programme de développement professionnel et créer les conditions nécessaires pour rendre la profession attrayante.
  • L’équilibre entre la compétition et la collaboration des différents acteurs au sein de l’industrie est loin d’être optimal. Il est essentiel d’élaborer des stratégies nationales de collaboration qui transcenderont les régions et les provinces.
  • L’industrie doit compter sur un cadre financier apte à fournir des incitatifs aux voyagistes pour une promotion active du tourisme du pays.

Vers un plan d’action national

D’importants investissements et un engagement envers la formation s’avéreront nécessaires pour élever une plus grande partie des produits australiens destinés au marché local au calibre du tourisme international. Les entreprises qui ne parviendront pas à améliorer la qualité de leur offre peineront, avec le temps, à demeurer viables.

À la lumière de l’ensemble des témoignages recueillis et des tendances qui se dessinent, les autorités australiennes s’attendent à une future structure de l’industrie composée d’un nombre moindre d’intervenants générant sensiblement le même niveau de dépenses touristiques. Le processus de consultation a finalement aussi clairement identifié l’urgent besoin que le pays se dote d’un plan d’action national sur le tourisme intérieur qui canalisera tant les efforts des autorités gouvernementales que ceux de tous les acteurs de l’industrie.
On le voit bien, les préoccupations observées en Australie ne sont pas si loin de nos propres défis. Saluons l’avant-gardisme de Tourism Australia de s’attaquer ainsi avec vigueur et vision aux perspectives du tourisme intérieur, facette souvent négligée par les organisations touristiques.

Source:
-Tourism Research Australia. «Through the Looking Glass: The Future of Domestic Tourism in Australia», Tourism Australia [www.tra.australia.com], février 2008.

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Ressources humaines

Clin d’œil – La valorisation des ressources humaines en tourisme

Voici l’essentiel du message qu’Adèle Girard, directrice générale du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, a transmis aux dirigeants lors des Assises du tourisme 2008, tenues le 9 mai, à Montréal.

Retenir les employés, voilà le plus grand défi des entreprises touristiques. Les campagnes de publicité s’avèrent inutiles car, d’emblée, l’industrie touristique attire les travailleurs et ce ne sont pas de telles campagnes qui les retiennent. Pour cela, il faut plutôt livrer le «produit» annoncé, c’est-à-dire respecter les promesses et les engagements tenus à l’embauche. La valorisation de l’emploi, c’est l’affaire de tous, au quotidien, dans chacune de nos entreprises.

Quant à la mesure 12 de la politique touristique du Québec – promouvoir la reconnaissance du rôle stratégique des ressources humaines dans l’atteinte des objectifs de rentabilité, de qualité et de durabilité de la destination –, ce défi sera relevé lorsque:

  • l’industrie jouera un rôle moteur dans le développement du Québec;
  • les entreprises seront créatives et avant-gardistes;
  • les employés du secteur travailleront à l’année;
  • les employés inciteront leurs enfants à suivre leurs traces.

Source:
– Girard, Adèle. «Bilan des actions réalisées dans le domaine d’intervention des ressources humaines», Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, Assises du tourisme 2008, Montréal, 9 mai 2008.

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Tourisme durable

Évaluation de la demande en matière de tourisme durable

Rachel Dodds, experte associée au Réseau de veille en tourisme, directrice, Tourisme durable, et professeure adjointe à l’université Ryerson de Toronto, ainsi que Marion Joppe, présidente, Tourism Environment et professeure à la School of Hospitality & Tourism Management & University Research Chair in Tourism, présentent une évaluation de la demande en matière de tourisme durable.

Bien qu’il ne fasse aucun doute que le tourisme doit être durable, la demande actuelle en la matière est difficile à évaluer puisque la plupart des données ne présentent que des preuves anecdotiques en parts de marché. Au cours des dernières années, un certain nombre de sondages ont été menés en vue de connaître la demande en tourisme durable et, dans certains cas, le désir des personnes sondées de compenser financièrement l’impact de leurs déplacements sur l’environnement.

Un bon nombre d’études montrent que le consommateur s’intéresse de plus en plus au tourisme durable. En Europe, 95% des touristes suisses considèrent le respect de la culture locale comme un élément très important dans le choix d’un voyage (1) et environ 87% des répondants au sondage du responsibletravel.com (2004) indiquent qu’ils sont également intéressés à découvrir la nourriture et la culture locales ainsi qu’à utiliser les guides locaux lors de leurs voyages. Les personnes interrogées par l’Association of British Travel Agents (2), quant à elles, jugent très important que leurs vacances ne nuisent pas à l’environnement (45%) et qu’elles profitent aux collectivités locales (pour 30% des répondants, par le biais d’emplois et d’occasions d’affaires, par exemple). Selon le National Geographic (3), 55 millions de voyageurs américains se disent soucieux de l’environnement et de la société. Ces geotravellers cherchent «des expériences de voyage uniques et culturellement authentiques tout en protégeant et en préservant le milieu écologique et culturel» (p. 4). De ces voyageurs, 38% seraient prêts à payer une prime pour recourir à des compagnies de voyages respectueuses de l’environnement (notons que seulement 6% des touristes américains voyagent à l’étranger).

C’est en 2007 que semble s’être amorcé le virage environnemental, avec des résultats contradictoires. Plus optimiste, le sondage de Lonely Planet auprès de 24 500 consommateurs de 144 pays énonce que 93% de ceux-ci voyageraient dorénavant dans le respect de l’environnement ou pourraient le faire (4). Les voyageurs qui consultent Lonely Planet sont probablement déjà beaucoup plus sensibilisés aux questions de développement durable, ce qui explique ce pourcentage élevé, qui n’est pas soutenu par d’autres recherches. Par exemple, en avril 2007, la communauté virtuelle de voyage TripAdvisor (5) a sondé 1000 voyageurs dans le monde: 38% ont dit qu’ils prenaient en considération le respect de l’environnement lors des voyages, 38% logeaient dans un hôtel «vert» et 9% cherchaient spécifiquement ces hôtels. De plus, 34% se sont dits prêts à payer davantage pour rester dans un hôtel «vert», 25% accepteraient de payer une prime de 5 à 10% et 12% paieraient une prime de 10 à 20%. Enfin, 24% des répondants pensent que le transport aérien devrait être évité, question sur laquelle devra se pencher éventuellement l’industrie touristique.

Une étude menée en octobre 2007 par TNS Travel & Tourism (6) auprès de plus de 6000 personnes en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Amérique du Nord a permis de conclure que le pourcentage des voyageurs susceptibles d’assumer les coûts environnementaux de leurs vacances s’échelonnait de 2% (pour les Allemands) à 12% (pour les Espagnols). Quant il s’agit de prendre les mesures nécessaires pour réduire leur impact sur l’environnement, les Italiens arrivent en tête: 32% sont en effet prêts à opter pour des solutions plus vertes, tandis que les Américains traînent loin derrière avec un maigre 16% d’entre eux ayant exprimé un tel désir.

Dans un sondage effectué aux États-Unis par Sustainable Travel International en 2004 (7), 75,4% des consommateurs interrogés qui se disent soucieux de l’environnement ont affirmé qu’ils seraient prêts à payer de 1 à 20$ de plus par billet pour réduire les gaz à effet de serre (GES) émis pendant leurs voyages; 77% ont également déclaré qu’ils choisiraient le site Internet d’une compagnie qui leur permettrait de compenser financièrement leur portion d’émissions de GES. Le sondage de TNS Travel and Tourism considère donc l’attitude des Américains d’un œil moins optimiste que l’étude de STI, plus ancienne, et que le sondage de travelhorizons entrepris par la Travel Industry Association of America (8) en 2003. Cette dernière étude énonçait que plus de la moitié des Américains d’âge adulte seraient portés à choisir une compagnie aérienne, une entreprise de location de voitures ou un hôtel qui utilise davantage de produits ou de procédés respectueux de l’environnement. Pourtant, seulement 14% des répondants ont dit qu’ils choisiraient un fournisseur en fonction de ses efforts pour préserver l’environnement et 13% seraient prêts à payer davantage pour obtenir des produits verts… alors que 56% le feraient peut-être. C’est le montant ou le taux de la prime qui semble les faire hésiter: 76% paieraient moins de 10% de plus par utilisation, la majorité affirmant qu’elle paierait moins de 5% de plus.

Comparativement à leurs voisins américains, les «voyageurs canadiens se disent prêts à agir personnellement. Le tiers de ces derniers modifieraient leur destination de voyage pour en choisir une qui favoriserait le tourisme durable, tandis que 4 personnes sur 10 feraient appel à une agence de voyages qui adhère à certaines directives environnementales. Plus d’un quart (28%) d’entre eux paieraient une prime pour des vacances éthiques et durables» (9). Selon une étude de Dodds et Leung (10), 25% des Canadiens s’attendent à ce que les agents de voyages les informent sur les changements climatiques et les options de compensation du carbone.

Bien qu’il ait été dit que 44% des voyageurs britanniques opteraient probablement pour une compagnie aérienne réputée pour ses avions à bon rendement énergétique (11), Tiscali (12) a pu constater que 67% de ceux-ci ne pensent même pas à l’impact qu’ont leurs vacances d’été sur l’environnement. Ils veulent bien prendre en considération des critères d’ordre environnemental et social, mais ils n’y voient pas personnellement, disant que c’est aux voyagistes que revient cette tâche. En effet, plus de 80% des répondants croient que ceux-ci devraient assumer la responsabilité de préserver l’environnement et la culture des destinations visitées et de s’assurer que les collectivités locales bénéficient du tourisme. Le même pourcentage de gens est plus susceptible d’acheter son voyage auprès d’une entreprise qui a une politique de voyage responsable – une augmentation de 28% depuis 2001 (13). Un rapport de Tearfund (14), une agence de développement qui vient en aide à des petites communautés peu nanties, mentionnait que, selon 55% des consommateurs, c’est l’affaire des agents de voyages de fournir l’information, alors que 48% croient que c’est du ressort des voyagistes.

Et alors? L’industrie et le gouvernement prennent-ils les mesures nécessaires?

Bien que les consommateurs puissent s’attendre à ce que les considérations sociales ou environnementales soient mentionnées dans la brochure ou sur le site Internet d’un voyagiste ou de tout autre fournisseur, ils ne l’exigent toutefois pas lorsqu’ils achètent leur forfait, puisque bon nombre de fournisseurs n’offrent pas d’options de voyages plus responsables ou durables.

Les recommandations suivantes permettraient d’améliorer la situation.

  1. D’abord, les gouvernements devraient miser sur le renforcement des capacités des fournisseurs en utilisant des méthodes telles que la conformité aux normes (p. ex., environnementales, réputation et probité commerciale), en s’assurant que les ressources sont disponibles pour la formation des fournisseurs et, lorsque nécessaire, en comblant le manque de ressources.
  2. Ensuite, il faudrait créer davantage de partenariats public-privé pour la formation en matière de stratégies de réduction et de sensibilisation environnementale et sociale ainsi que pour l’adoption de mesures incitant les entreprises à dresser un bilan social grâce à des lignes directrices fournies par les associations touristiques. Les gouvernements et l’industrie se doivent de soutenir la formation et le partage des bonnes pratiques tout en encourageant les associations touristiques à rendre compte des progrès et à faire en sorte que le respect des politiques de tourisme durable ou responsable soit une condition d’adhésion.
  3. De plus, la sensibilisation accrue des consommateurs aux questions telles que le changement climatique a pour effet l’augmentation de la demande d’information. La demande de produits et services touristiques durables peut également s’accroître, si l’industrie se met à offrir des choix plus «durables» à ses clients. Les entreprises peuvent se diversifier et se démarquer avantageusement de la concurrence.
  4. Enfin, il est nécessaire d’encourager les voyagistes, les compagnies aériennes, les croisiéristes, les hôtels et les destinations à dresser un bilan de leur responsabilité sociale pour qu’ils puissent saisir leur propre impact sur l’environnement. Ces bilans permettront également d’obtenir des critères mesurables en vue de comparer les entreprises et les destinations.

Sources:

(1) Tourism (South Africa) (2005). Making Tourism More Responsible and More Rewarding, [http://www.fairtourismsa.org.za/getinvolved/index.html], consulté le 5 juillet 2005.
(2) ABTA (2002). Étude Mori. Londres: Association of British Travel Agents.
(3) Travel Industry Association of America (2003). Geotourism: New Trend in Travel Study. Rapport préparé pour le National Geographic Traveller, octobre 2003.
(4) Travelmole (2007). «Travellers Back Radical Moves to Protect Environment». Étude Lonely Planet, [http://www.travelmole.com/stories/1121133.php], consultée le 8 août 2007 .
(5) TripAdvisor (17 avril 2007). «TripAdvisor Travellers Keen on Going Green», [http://www.tripadvisor.co.uk/PressCenter-i120-c1-Press_Releases.html], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(6) TNS Travel and Tourism (8 novembre 2007). «Quarter of Holidaymakers Say They’ll Switch to Greener Plans», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4078B2FF93A14AD084EE03C776EE6009.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(7) Anavo et STI (2004). [http://www.sustainabletravelinternational.org/enewsletters/february05travelreport.html], consulté le 5 juillet 2005.
(8) Travel Industry Association of America (2003). Geotourism: New Trend in Travel Study. Rapport préparé pour le National Geographic Traveller, octobre 2003.
(9) TNS Canadian Facts (4 décembre 2007). «Canadian Travellers Express Willingness To Change Their Travel Behaviours Owing to Environmental Concerns: Survey», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4CEBC86E3705458FBD60A0D5D960E94A.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(10) Dodds, R. et Leung, M. (2007). Climate Change Awareness in the Tourism Industry. Congrès de TTRA Canada, 18-20 octobre 2007.
(11) TNS Travel and Tourism (8 novembre 2007). «Quarter of Holidaymakers Say They’ll Switch to Greener Plans», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4078B2FF93A14AD084EE03C776EE6009.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(12) Tiscali (2007). Summer Lifestyle Report 2007, [http://www.tiscali.co.uk/presscentre/press_release/2007/july/071807summerlifestyle.html], consulté le 16 janvier 2008.
(13) Taylor Nelson Sofres (2004). Sondage ‘Had Enough’ de Responsible Travel,[http://www.responsibletravel.com], consulté le 5 juillet 2005.
(14) Tearfund (2001). An Ethical Issue, Middlesex (R.-U.).

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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