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Les activités culturelles sont diverses… les motivations des visiteurs aussi!

Afin de comprendre le consommateur d’activités culturelles, on tente souvent d’établir son profil sociodémographique en fonction de ses habitudes d’achat ou de fréquentation culturelle au sens large. Toutefois, une étude démontre que l’on fait fausse route en considérant une activité culturelle comme étant une «activité globale», car la motivation du visiteur n’est pas la même selon le type d’activité pratiquée. En effet, on ne fréquente pas les musées pour les mêmes raisons que l’on assiste à un spectacle ou que l’on participe à un festival!

Publiée en novembre 2005, cette étude de la Wallace Foundation, une des plus importantes fondations américaines visant la promotion des arts, examine les motivations à l’origine de la fréquentation de certaines activités et sorties culturelles. Lors du sondage, les répondants (1231 Américains) devaient identifier, parmi sept principales motivations, celles qui correspondaient le plus à leur état d’esprit lors de leurs plus récentes sorties culturelles. Les résultats démontrent que, indépendamment du profil sociodémographique, les raisons de leur participation différaient sensiblement selon l’activité pratiquée.

Les arts de la scène: une volonté de socialiser

Sur les cinq activités analysées, trois sont liées aux arts de la scène (théâtre, musique et danse). Pour ces dernières, la volonté de socialiser avec la famille ou les amis représente la motivation la plus souvent mentionnée par les participants (de 60% à 67,9%), suivie du désir de s’offrir des émotions et de vivre une expérience artistique de haute qualité (voir graphique 1).

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Par ailleurs, les répondants amateurs d’arts de la scène semblent plus fortement lier le désir d’enrichir leurs connaissances à une activité de théâtre ou de danse (respectivement 36,2% et 35%) qu’à un spectacle musical (29%). Toutefois, la volonté de soutenir une activité ou un organisme communautaire est plus fréquemment mentionnée (32,4%) par les répondants qui ont assisté à un spectacle musical que par ceux ayant opté pour d’autres formes d’arts de la scène.

L’étude nuance les résultats associés aux représentations musicales. Ainsi, le désir de vivre une expérience artistique de haute qualité est plus fortement énoncé par les répondants qui ont assisté à un spectacle de musique classique (61%) ou de jazz (47%) que par ceux présents à une prestation rock/pop (35%) ou country (24%).

Festivals artistiques et de métiers d’art: encore la socialisation!

Le désir de socialiser avec la famille et les amis et la volonté de se gratifier émotivement correspondent aux principales motivations des répondants ayant vécu un festival ou une foire d’art et d’artisanat. Contrairement aux arts de la scène, le désir de vivre une expérience artistique de haute qualité est moins présent chez eux (25,5%), laissant plutôt place à la volonté d’enrichir leurs connaissances (39,3%) et de soutenir une activité ou un organisme communautaire (voir graphique 2).

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Souhaiter réaliser une activité à bas prix figure seulement au 5e rang des sept motivations proposées, laissant entrevoir que la tarification, si abordable soit-elle, ne semble pas être un déclencheur pour expliquer la participation à ce type d’événement. Toutefois, parmi les 5 activités analysées, les festivals artistiques et de métiers d’art présentent le plus haut taux de motivation en regard au bas prix (31,2%), comparativement à des taux de 21,1% à 24,5% pour les quatre autres activités analysées (y compris les musées et les galeries d’art).

Musées ou galeries d’art: la volonté d’enrichir ses connaissances domine!

La qualité de l’expérience apparaît clairement au niveau des motivations des répondants ayant participé à une visite de musées ou de galeries d’art. En effet, la volonté d’enrichir ses connaissances domine fortement (64,6%), suivie du souhait de vivre une expérience artistique de haute qualité (55,5%) et du désir de vivre des émotions gratifiantes (54,4%) (voir graphique 3).

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Dans le cas des musées et des galeries d’art, l’aspect de socialisation avec la famille et les amis est moins fortement énoncé que dans les autres types d’activité culturelle, mais demeure toutefois très présent (44,5%).

Par ailleurs, l’attrait pour les bas prix ne semble pas motiver une forte proportion d’amateurs de musées et de galeries d’art (23,8%). Cette proportion est semblable aux taux de réponses observés pour les trois types d’arts de la scène (de 21% à 24,5%), pourtant souvent perçus comme étant plus onéreux.

De l’attente à l’expérience: quelques écarts!

Le sondage interrogeait également les répondants sur l’expérience réellement vécue lors de leurs récentes sorties culturelles, dans le but de comparer les perceptions finales aux motivations ressenties avant l’activité. Les résultats tendent à démontrer que les attentes sont généralement comblées.

Toutefois, certains écarts subsistent. Par exemple, en ce qui concerne les festivals artistiques et les métiers d’art, une plus forte proportion de répondants (59 %) énonce une volonté de socialiser comparativement à la proportion qui affirme après coup que ladite activité a été une sortie sociale agréable (43 %). Des différences similaires apparaissent en matière de gratification émotive chez les amateurs de théâtre et d’acquisition de connaissances chez les visiteurs de galeries d’art.

Mieux promouvoir les sorties culturelles!

Les conclusions de l’étude mettent en lumière la nécessité de tenir compte des caractéristiques propres à chacune des activités culturelles pour réussir à accroître la fréquentation. Les efforts déployés pour intéresser le public ne peuvent pas se fonder uniquement sur les raisons générales qui attirent les gens vers les sorties culturelles, mais plutôt sur les motivations particulières qui les attirent vers un type d’activité culturelle plutôt qu’un autre.

Les actions de développement et de promotion gagneraient donc à tenir compte des différentes motivations et attentes des gens afin de les attirer vers une activité culturelle qui saura les satisfaire. À cet égard, force est de constater que, malgré l’importance naturelle accordée à la volonté de vivre une expérience culturelle de qualité, les répondants évoquent fortement leur désir d’utiliser leurs sorties culturelles comme moment propice à la socialisation avec leurs proches. Lors de votre prochain effort de communication, ne vantez donc pas seulement la qualité de votre création, moussez aussi le plaisir de la découvrir entre amis!

Source:
– Ostrower, Francie. «Motivations Matter: Findings and Practical Implications of a National Survey of Cultural Participation», Wallace Foundation & Urban Institute, novembre 2005.

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Le tourisme «sombre»: visites macabres ou commémoration et conscientisation?

Le tourisme sombre correspond à toute forme de tourisme qui implique la visite de sites associés à la mort ou à la destruction ou qui sont simplement macabres. Vous croyez que le tourisme «sombre» intéresse seulement un segment restreint de touristes? Détrompez-vous; l’intérêt pour ce type d’attraction est fortement répandu.

La dénomination de ce type de tourisme (dark tourism) et sa définition peuvent sembler loin de la réalité de voyage de la majorité, mais, dans les faits, beaucoup de touristes visitent de tels sites touristiques au cours d’un voyage. Voici quelques exemples permettant d’illustrer l’offre:

  • Les sites tels que la prison d’Alcatraz, le cimetière du Père-Lachaise à Paris, Fort-Lennox ou la Maison d’Anne Frank à Amsterdam.
  • Les sites sombres «éducatifs» tels que le site de la bataille de Gettysburg, le Musée international de la Croix-Rouge à Genève ou le nouveau Musée canadien de la guerre à Ottawa.
  • Les sites à connotation plus sombre comme les camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale ou Ground Zero à New York.

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Chemin de fer menant à Auschwitz

 

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Sépulture de Jim Morrison au cimetière du Père-Lachaise

Tous les monuments commémoratifs de guerre, les prisons, les cimetières, les champs de batailles et les forteresses, ou encore l’héritage esclavagiste, ont un lien avec la mort. On visite aussi les sites touchés par un désastre: visite guidée des quartiers détruits par l’ouragan Katrina, par exemple. La tour de Londres, un des hauts lieux touristiques de la ville, compte une exposition d’instruments de torture. Depuis peu, la Chine invite les touristes à visiter une ancienne usine d’armes nucléaires attirant dans son sillage des hôteliers et des restaurateurs. Certains sites touristiques n’ont pas nécessairement de lien avec le lieu commémoré, comme c’est le cas du US Holocaust Memorial Museum situé à Washington (plus de 2,5 millions de visiteurs par année). Mentionnons aussi l’intérêt pour les sites rappelant la mort de personnalités célèbres comme celle de John Lennon, de la princesse Diana ou de John F. Kennedy.

Le côté sombre du Québec

Le Québec a aussi ses drames, quoique moins d’infrastructures subsistent. On compte néanmoins plusieurs lieux associés à la mort tels que les lieux historiques nationaux du Canada de la Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais et des Fortifications-de-Québec. Certains ne sont pas exploités de manière touristique, comme la Maison du Gouverneur où les patriotes furent pendus (actuellement une succursale de la Société des alcools du Québec), mais l’événement est commémoré par la Maison des Patriotes en Montérégie. D’autres pages sombres de notre histoire sont peu soulignées.

 

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Cimetière irlandais à Grosse-Île

Comprendre les motivations: des questions en suspens

Il s’agit d’un domaine d’étude nouveau et encore peu documenté. Les chercheurs qui s’intéressent au sujet s’interrogent sur les motivations des voyageurs axés vers le tourisme sombre. Plusieurs raisons sont possibles et certaines peuvent être controversées; les gens cherchent peut-être des lieux qui inspirent le respect et le souvenir, certains prennent un malin plaisir à observer quelque chose de macabre alors que, pour d’autres, il peut s’agir d’un moyen de méditer sur leur propre mortalité. Selon certains Américains, visiter Ground Zero est un acte patriotique que tous devraient accomplir. Les chercheurs s’entendent néanmoins pour dire qu’un touriste sombre est celui pour qui les attraits liés à la mort et au désastre doivent être les premières motivations du voyage. Ce sont d’ailleurs ces intérêts mêmes qui distinguent le tourisme sombre du tourisme de mémoire qui fait plutôt appel à l’intérêt pour l’histoire. (Lire aussi: Je me souviens: le tourisme de mémoire.)

Enjeux éthiques et moraux relatifs à l’exploitation: l’exemple du camp de la mort d’Auschwitz

Parmi l’offre en tourisme sombre, la plupart des attraits et des lieux sont commémoratifs et ne présentent pas de grands enjeux moraux. Pour d’autres attractions, l’exploitation d’une tragédie peut susciter un débat éthique. Lors d’un séminaire regroupant des chercheurs sur le sujet et des intervenants, la question a été posée. L’exemple d’Auschwitz-Birkenau a été abordé et la dénaturation du site ainsi que l’interprétation sélective qui est présentée mènent à une expérience peu authentique. Non seulement l’apprentissage du visiteur est faussée, mais, conséquence plus importante, une perception erronée du passé change la façon dont on aborde l’avenir.
Quel est l’équilibre entre l’exploitation d’un site touristique et le respect dû à un lieu de drame ou de désastre? Telle est la question avec laquelle jonglent les exploitants de tels sites touristiques. D’ailleurs, le site d’Auschwitz annonçait en janvier un programme de modernisation qui mettra l’accent sur le destin des individus, l’héroïsme des victimes et la solidarité entre les prisonniers plutôt que sur l’exposition d’objets macabres. La validation du concept de modernisation par des anciens déportés, des historiens et des conservateurs est d’ailleurs un exemple à suivre. Plus de un million de personnes ont visité ce site en 2006 (dont 58% sont des étudiants) et 25 millions depuis l’ouverture.
Selon les experts qui étudient le phénomène, le tourisme sombre est non seulement très largement répandu parmi les touristes, mais il est en croissance. Il importe donc de connaître cet intérêt chez sa clientèle et surtout de veiller à une exploitation respectueuse et authentique des lieux et des attractions associés à la mort ou aux désastres.

Source:
Lennon, John et Foley, Malcolm. «Dark Tourism, The attraction of Death and Disaster», Continuum Edition, 2000.

Sur le Web :
www.dark-tourism.org.uk
www.auschwitz.org.pl
www.atlasvista.info/actualite/camp-mort-auschwitz-a66641.html
www.grief-tourism.com

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Et si la culture allait à la rencontre des touristes?

Lorsqu’il est question de tourisme culturel, la problématique de développement des clientèles touristiques est souvent réduite à un défi unilatéral: celui d’amener les touristes vers les lieux de diffusion culturelle. Pourtant, différentes initiatives exploitent l’approche inverse…

La culture vs les composantes de l’expérience touristique

Au-delà des activités pratiquées et des attraits visités, de nombreux services contribuent à la réalisation d’un séjour touristique. Transport, hébergement, restauration, accueil et information, boutiques ou magasins sont autant de composantes qui font partie de l’expérience touristique vécue par le visiteur.

Certains de ces services prennent parfois une teinte culturelle. Lorsque le transport fait appel à un véhicule antique (calèche, train à vapeur, tramway, etc.), que la restauration privilégie les produits du terroir ou qu’un établissement d’hébergement occupe un bâtiment historique, ces services à vocation logistique deviennent partie intégrante d’une expérience touristique culturelle. Toutefois, il faut reconnaître que ces occasions de découvrir la culture par le biais des services touristiques demeurent peu nombreuses.

Afin d’améliorer la qualité de l’expérience offerte, d’ajouter une touche d’authenticité ou de se distinguer de la concurrence, certaines entreprises touristiques découvrent la plus-value culturelle. Tout en respectant leur mission première, ces gestionnaires novateurs choisissent d’inclure la culture au sein même de leur concept d’affaires. En voici quelques exemples:

Dans l’hôtellerie

Après avoir développé le concept de l’hôtel boutique avec l’ouverture du Morgan à New York, Ian Schrager lance l’expérience Gramercy: mélange d’art (recréer un studio d’artistes), de surréalisme (style bohème éclectique) et de contradictions (uncool is now the place to be). Le Gramercy Park Hotel de New York offre à ses visiteurs l’occasion d’être en contact avec des oeuvres d’une qualité équivalente à celles des grands musées, dans une ambiance personnalisée et décontractée.

Plusieurs autres villes du monde voient naître des «Art Hotels», ces établissements où l’art n’est pas un élément de décoration, mais le coeur même du concept hôtelier. En Tasmanie (Australie), le Henry Jones Art Hotel s’inspire et présente des oeuvres d’artistes, d’artisans, de musiciens et de poètes tasmaniens, tandis que le Art Hotel de Buenos Aires (Argentine) expose des dessins, des peintures, des photographies et des sculptures d’artistes argentins dans chacune des chambres ainsi que dans la galerie d’art qui occupe une partie du lobby.

À Toronto, le Gladstone Hotel offre, pour sa part, 37 chambres uniques, chacune d’entre elles ayant été conçue par un artiste local, certains connus, d’autres pas! À Seattle, le concept Art Hotel semble avoir été déployé avec tellement d’efficacité qu’un reportage du magazine de Continental Airlines affirme que l’Hotel Max est en concurrence avec le musée d’art de la ville.

Dans les boutiques

Plusieurs boutiques et magasins font une place à l’art au sein de leur commerce. C’est notamment le cas à Sydney (Australie) alors que, depuis maintenant 15 ans, la ville organise «Walking the Street», un événement au cours duquel, pendant dix jours, des oeuvres d’art diverses sont exposées dans les vitrines des boutiques d’une importante artère du centre-ville, la rue King. Puisque l’on sait que le magasinage est pratiqué par la quasi-totalité des visiteurs… le lien est intéressant!

Dans le transport en commun

À Londres, l’initiative Art Below permet d’utiliser les espaces publicitaires du Métro afin de promouvoir les créateurs locaux. Beaux-arts, photographie, dessin, peinture, mode, sculpture, poésie ou cinéma obtiennent ainsi une visibilité auprès des usagers qui sont invités à découvrir les galeries qui présentent ces artistes. Des reproductions virtuelles des oeuvres sont affichées sur www.artbelow.com, un site Internet qui accueille près de 10 000 visiteurs par jour.

Dans les aéroports

Depuis plusieurs années, les gestionnaires aéroportuaires utilisent l’art pour décorer et égayer les terminaux. Aux États-Unis, les villes d’Atlanta, de Phoenix, de San Diego et de Philadelphie font partie de celles dont l’aéroport principal dispose d’installations qui permettent la tenue d’expositions temporaires pour bonifier la présence des oeuvres permanentes. À Auckland (Nouvelle-Zélande) l’aéroport accueille même deux galeries d’art. Nommées ArtPort, ces installations permettent aux passagers de découvrir l’art néo-zélandais et maori.

Dans les centres d’information touristique

Au New Hampshire, le Conseil des arts de l’État (NHSCA) a établi un partenariat avec le Département du Transport de l’État afin de favoriser l’installation de présentoirs pour les arts dans les centres d’accueil et de renseignements touristiques. Ces aménagements permettent d’exposer des oeuvres d’artistes locaux, de mettre en valeur des éléments patrimoniaux et de présenter le calendrier des activités culturelles.

Et même dans les toilettes!

Les aires de toilettes étant souvent très achalandées, certains hôtels, restaurants et aéroports ont poussé l’audace un peu plus loin en y laissant entrer de surprenantes approches artistiques permettant aux usagers de joindre l’utile à l’agréable. [Lire aussi: Les toilettes: LE lieu de rencontre privilégié de l’art et des touristes]

Soyons aussi créatifs dans la diffusion de la culture!

Le dynamisme de notre créativité doit se manifester non seulement dans les oeuvres, mais aussi dans les façons de les diffuser. À cet égard, le Québec a déjà prouvé sa valeur et sa capacité d’innovation par ses réalisations au niveau de l’animation urbaine et des grands événements populaires. Plusieurs initiatives de diffusion dans des lieux inusités ont déjà cours dans la Belle Province. Toutefois, plusieurs idées restent à explorer afin que l’art et la culture rejoignent plus de visiteurs et contribuent davantage à rendre l’expérience touristique québécoise unique et authentique.

Sources :

  • Baskas, Harriet. «Art on the Fly», USA Today, 13 juin 2006.
  • Blum, Andrew. «Welcome to the Art Hotel», Business Week Online, 25 mai 2006.
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Faits et chiffres Produits et activités

Qu’est-ce qui influence les habitudes de loisir?

Pour mieux apprendre à connaître notre clientèle, il est parfois utile de l’analyser sous de nouveaux angles. Nous avons cette fois-ci isolé deux variables particulières, l’occupation professionnelle et la taille de la communauté de résidence afin d’évaluer quelle incidence elles pouvaient exercer sur certains éléments relatifs aux loisirs et aux voyages des Canadiens.

Les Canadiens sous la loupe

Selon les données obtenues par le Print Measurement Bureau (PMB) 2006, les opportunités et les traditions familiales diffèrent radicalement selon que l’on habite dans une agglomération de moindre taille (moins de 100 000 âmes), dans une ville d’envergure (plus de 1 million d’habitants) ou dans une municipalité canadienne de catégorie intermédiaire dont la taille oscille de 100 000 à 1 million d’individus. La population canadienne se répartit de façon à peu près égale entre les trois segments.

Plus tôt dans l’année, le Réseau de veille en tourisme avait fait la lumière sur les façons dont les Québécois passaient leur temps libre, à savoir notamment quelles activités bénéficiaient de la plus forte intensité de pratique. (Lire aussi: Comment les Québécois utilisent-ils leur temps libre?) Cette fois, nous laissons de côté les volumes de participation en utilisant essentiellement des indices de propension à la réalisation d’une activité, d’un voyage ou autre. Ces indices fonctionnent sur la base où un résultat de 100 équivaut à la moyenne canadienne. Par exemple, si un segment de population obtient un indice de 150 pour la pratique du curling, cela signifie que ce groupe d’individus s’avère 50% plus susceptible d’être adepte de cette activité que la moyenne canadienne.

Participation aux activités de loisir

Le premier cas étudié concerne la propension des Canadiens à participer à certaines activités, selon la taille de leur communauté (graphique 1). Par exemple, celles de moins de 100 000 habitants s’adonnent beaucoup plus régulièrement aux activités en lien direct avec la grande nature telles que la chasse, la pêche, la motoneige et le bateau à moteur, alors que celles des villes intermédiaires ont une plus forte propension à pratiquer le golf, le ski de randonnée et la voile. Quand aux résidants des métropoles, on remarque qu’ils se tournent davantage vers le ski alpin et le vélo. Fait intéressant, ces derniers s’avèrent nombreux à s’évader de la ville pour s’adonner à la voile.

Nous avons aussi analysé les types d’activités correspondant à divers profils d’emploi. Fait important à noter, plus du tiers (36%) des Canadiens n’appartiennent à aucune catégorie d’emploi puiqu’ils sont retraités ou sans emploi notamment. Les différentes occupations professionnelles ainsi que la proportion de la population canadienne correpondant à chacune d’entre elles sont les suivantes:

  • professionnels (6%),
  • cadres supérieurs, propriétaires (3%),
  • cadres intermédiaires (13%),
  • cols blancs, techniciens, enseignants (9%),
  • commis, secrétaires (8%),
  • métiers spécialisés (25%),
  • autres (36%).

Évidemment, il existe une forte corrélation entre le niveau salarial, donc la catégorie de profession et le type d’activités pratiquées. Mais, au-delà de ce constat, on obtient d’autres renseignements intéressants, sans compter que des emplois appartenant par exemple à la catégorie des métiers spécialisés s’avèrent souvent aussi rémunérateurs que des professions de type cadre intermédiaire.

Certaines activités plaisent de façon à peu près égale à tous les Canadiens, peu importe leur corps de métiers. C’est le cas notamment de la pratique du camping et du vélo (graphique 2). Les professionnels enregistrent un intérêt marqué pour la voile, le ski de randonnée et le ski alpin, alors que les cadres supérieurs et les propriétaires favorisent davantage le golf, le bateau à moteur et la motoneige. On remarque que les gens oeuvrant dans le domaine des métiers spécialisés ont un profil nettement différent, leurs activités de prédilection étant la chasse, la pêche, la motoneige et la planche à neige.

Destinations de vacances

Nous avons mis en lumière les taux d’incidence des choix de vacances des Canadiens en regard de la taille de leur communauté (graphique 3). Malheureusement dans ce cas-ci, la variable de la proximité géographique vient un peu mêler les cartes puisqu’il est difficile de savoir, par exemple, si le comportement des gens d’une ville québécoise de moindre taille voyageant au Québec est le même que celui des habitants d’une autre ville canadienne d’envergure similaire qui choisit le Québec comme lieu de vacances. Au-delà de cette mise en garde, voici quelques constats intéressants :

  • Les voyages des Canadiens au Canada sont répartis de manière assez égale entre les diverses communautés.
  • Les Canadiens habitant dans les grands centres ont une plus forte propension à voyager au Québec.
  • Les voyages internationaux sont surtout l’apanage des résidants des grandes villes, particulièrement dans le cas des séjours en France.
  • Ce sont les Canadiens des villes intermédiaires qui sont les plus susceptibles de se rendre au Mexique.
  • Les Canadiens des petites communautés ont une moins forte propension que les autres à voyager en général dans ces destinations.

En ce qui concerne le jumelage des destinations avec le profil d’emploi (graphique 4), voici quelques constats:

  • Ce sont les professionnels qui affichent la plus forte propension à voyager pour toutes les destinations étudiées, sauf dans le cas des destinations «soleil», soit le Mexique et la Floride.
  • Le groupe des cols blancs, des techniciens et des enseignants est friand des vacances en France, au Mexique et au Royaume-Uni/Irlande, de même qu’en Floride et au Québec.
  • Les cadres supérieurs et les propriétaires sont ceux qui optent le plus souvent pour des vacances vers le Sud.
  • Les Canadiens oeuvrant dans des métiers spécialisés voyagent nettement moins que les autres travailleurs.

Sélection du mode d’hébergement

La taille de la communauté des résidants canadiens semble également exercer une influence sur le choix du type d’hébergement durant leurs vacances au Canada (graphique 5). On remarque notamment des taux d’incidence élevés chez les habitants des grandes villes à opter pour les gîtes du passant et les centres de villégiature. Les Canadiens des municipalités de taille moyenne affichent une plus grande propension à privilégier des vacances au chalet (commercial ou privé) et chez des parents et amis. Quant aux voyageurs des petites agglomérations, ils optent davantage pour les terrains de camping et les motels.

Par ailleurs, lorsqu’on met en parallèle l’hébergement privilégié avec les occupations professionnelles des Canadiens, un élément ressort clairement du lot (graphique 6): les travailleurs professionnels s’avèrent particulièrement friands des gîtes du passant. De leur côté, les cadres supérieurs et les propriétaires, de même que les cadres intermédiaires, affichent une propension plus élevée à choisir les centres de villégiature.

Activités pratiquées lors des vacances

Sur le plan des activités pratiquées au cours de vacances au Canada selon la taille de la communauté d’origine des Canadiens, on peut dégager d’intéressantes observations (graphique 7). Les résidants de municipalités de moindre taille affichent une forte propension à pratiquer la chasse et la pêche, de même qu’à assister à des conférences. Ce dernier constat s’explique par le fait que les réunions se déroulent habituellement dans les plus grands centres, d’où la nécessité, pour les gens habitant de petites communautés, de se déplacer.

On remarque également la tendance très urbaine du ski alpin/planche à neige, alors que ce sont les Canadiens des métropoles qui s’y adonnent davantage. Par ailleurs, le golf semble très populaire du côté des villes intermédiaires, possiblement en raison de l’accès à un grand nombre de parcours à proximité.

En terminant, on constate que les cadres supérieurs/propriétaires assistent régulièrement à des conférences et jouent souvent au golf lors d’un voyage au Canada (graphique 8). Ils affichent aussi une forte propension à pratiquer le ski alpin/planche à neige. Les professionnels, quant à eux, présentent des taux d’incidence nettement supérieurs à la moyenne canadienne pour à peu près toutes les catégories. On remarque aussi une certaine affinité entre les Canadiens qui occupent des postes de commis/secrétaires et les activités liées aux parcs thématiques/zoos et aux événements sportifs.

Source:
– Print Measurement Bureau 2006.

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Redéfinir le tourisme culturel, c’est aussi redéfinir la culture!

[15 juin 2006] Tenter de définir le «touriste culturel» est un exercice périlleux! Comment aller plus loin que la traditionnelle approche qui veut qu’un touriste culturel soit un touriste qui pratique une activité culturelle ou qui visite une attraction culturelle? En considérant également l’importance de la culture dans le choix d’une destination touristique, de nouvelles approches émergent pour tenter de redéfinir les concepts de «culture» et de «tourisme culturel».

Qu’est-ce qu’un touriste culturel?

La tâche de définir ce qu’est un «touriste culturel» exige que nous puissions déterminer les motivations, les attentes et les besoins de ces touristes dits «culturels» et que nous soyons en mesure de savoir comment la consommation de produits récréotouristiques à caractère culturel y répond.

Dans une étude portant sur le tourisme culturel en milieu urbain, la Commission Européenne du Tourisme (CET) présente une classification des touristes culturels selon deux axes distincts: d’abord, celui de l’importance que la culture revêt dans leur choix de visiter une destination; mais aussi, et peut-être surtout, celui relatif à l’intensité de l’expérience culturelle réellement vécue ou recherchée par les touristes au cours de leur séjour.

Cette typologie, développée par McKercher et Du Cros, propose cinq catégories de touristes culturels [traduction libre]:

  • Le passionné (purposeful cultural tourist): la culture est son motif premier de visite et il vit une expérience culturelle très profonde.
  • Le consciencieux (sightseeing cultural tourist): la culture occupe une place importante dans son choix de visiter une destination, mais l’expérience culturelle vécue est moins profonde.
  • L’instinctif (serendipitous cultural tourist): il ne voyage pas pour des raisons culturelles mais, du fait de sa participation, il se trouve à vivre une expérience culturelle très profonde.
  • Le désinvolte (casual cultural tourist): la culture n’est pas sa motivation première pour voyager et l’expérience culturelle qui en résulte est superficielle.
  • L’accidentel (incidental cultural tourist): il ne voyage pas pour des raisons culturelles, mais participe cependant à des activités qui lui procurent une expérience culturelle superficielle.

Cette nouvelle typologie révèle que chaque touriste, à un degré ou à un autre, délibérément ou «par mégarde», est en fait un touriste culturel. De plus, elle suggère que l’expérience culturelle peut être plus ou moins intense, cette intensité étant fonction de la participation du touriste et pas seulement de ses motifs.

Enfin, bien qu’elle entraîne une nouvelle problématique sur le plan de l’évaluation de l’expérience recherchée et vécue, cette taxinomie va tout de même plus loin que la traditionnelle approche qui veut qu’un touriste culturel en soit un qui pratique une activité culturelle ou qui visite une attraction culturelle.

L’intention vs la pratique

Deux approches s’affrontent donc quant à la compréhension de ce qu’est un touriste culturel:

1) L’approche fonctionnelle. Centrée sur l’offre, cette approche est plus institutionnelle et est aussi plus élitiste, car elle reconnaît la valeur culturelle du touriste selon sa participation à une activité culturelle de nature plus traditionnelle ou «institutionnalisée».

2) L’approche conceptuelle. Centrée sur la demande, cette approche tient compte des intentions et des motivations des touristes en analysant le rôle de la culture comme motif de voyage. Par contre, sans une définition reconnue de la culture, il devient difficile de circonscrire le phénomène du tourisme culturel.

Malgré l’émergence d’une deuxième approche basée sur la demande, la réalité du tourisme culturel et de ses adeptes demeure difficile à cerner et à délimiter sans sacrifier à un certain parti pris.

Un tourisme culturel redéfini

Jane Lutz de l’université Birmingham propose une typologie intéressante afin de surmonter cette impasse et de réconcilier les perspectives de l’offre et de la demande. Cette typologie se déploie le long de deux axes: celui de la production de la culture (l’offre) et celui de sa consommation (la demande). Elle intègre les notions de «culture noble» et de «culture populaire», mais les cantonne à l’axe de production. Qui plus est, elle leur adjoint la notion de «culture du quotidien» ou «culture ancrée», notion faisant référence aux caractéristiques culturelles «immatérielles» ou à ce que l’on appelle communément les us et coutumes. Pour ce qui est de la consommation, elle peut être définie selon le degré de participation, de passif à actif.

Le tourisme culturel peut ainsi être divisé en quatre formes de tourisme distinctes mais entrecroisées: les tourismes patrimonial, culturel, artistique et créatif. Cette typologie permet de sortir de l’impasse en rappelant une évidence que les autres approches oublient de mentionner, à savoir que si le concept de culture réfère à une réalité complexe, multiple et variée, le phénomène de tourisme culturel doit nécessairement référer à une réalité tout aussi complexe, multiple et variée.

Ainsi, s’il y a différentes formes de culture (artefacts/produits, processus, expériences), si sa production peut être catégorisée selon différents niveaux et selon différentes époques et si sa consommation prend des formes diverses, le touriste culturel devient lui-même un personnage changeant et disparate, affublé d’une personnalité multiple variant selon les lieux où il se trouve (musée, bâtiment historique, théâtre, opéra, festival de rue, restaurant gastronomique, etc.), ses modes de consommation (participatif, contemplatif, éducatif, festif, etc.), mais aussi l’espace temporel (passé, présent et futur) et les objets (artefacts/produits, processus, expériences) sur lesquels son attention se fixe.

Ce qui peut faire qu’un touriste quelconque devienne ou soit considéré comme un touriste culturel, c’est alors tout stimulus culturel à même d’éveiller sa curiosité, son attention ou sa participation, et ce, quelle que soit la nature de ce stimulus.

Conclusion

Un touriste culturel est avant tout en interaction avec son environnement, c’est-à-dire que, non content de recevoir, il est également en mesure de donner et de partager avec la culture hôte. Le touriste culturel est donc un agent culturel au sein d’une culture qui lui est étrangère ou peu connue; il sera de ce fait appelé à devenir un élément de la culture hôte – élément perturbateur ou façonneur -, mais un élément à part entière…

François-G. Chevrier, en collaboration avec Mattieu Clair-Saillant

Sources :

  • Commission Européenne du Tourisme (2005). «City Tourism & Culture – The European Experience». ISBN 92-990034-1-6, p. 4.
  • Arnaud, Gilles (2005). «Envie de France – Rapport de prospective sur l’attractivité culturelle de la France». Commissariat général du Plan, Centre d’Analyse stratégique, p. 39.
  • Lutz, Jane. «Cultural Tourism: Trends and Prospects». University of Birmingham, 10 novembre 2005. http://www.artswales.org/publications/Keynote%20Cultural%20Tourism.ppt.
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Ailleurs dans le monde Enjeux Produits et activités

La culture comme axe de développement touristique des villes

Depuis le tournant du millénaire, les dirigeants et les têtes influentes de Montréal ont maintes fois souligné que l’avenir économique et touristique de la métropole québécoise passait par la culture. Mais Montréal n’est pas la seule ville à privilégier la culture. Toronto a décidé d’investir massivement dans ses infrastructures culturelles, tandis que New York a choisi de soutenir les activités de création dans le but de consolider sa position de cité culturelle par excellence. Plus que jamais, la culture est au coeur de la ville.

Les vertus économiques de la culture

Dans un contexte de mondialisation, où les villes, plus que les États, deviennent les véritables acteurs de la concurrence économique mondiale, la culture est désormais largement reconnue comme vecteur de développement économique et urbain. Par sa propension à générer un environnement créatif qui attire les investisseurs et les talents de la nouvelle économie basée sur le savoir et l’innovation, la culture est appelée à devenir de plus en plus présente dans la réalité urbaine.

Ce n’est donc pas un hasard si l’on associe naturellement le tourisme urbain et le tourisme culturel. Selon une récente étude de la Commission Européenne du Tourisme, seulement 20% des touristes qui visitent une ville européenne mentionnent la culture, en son sens large, comme principal motif de voyage. Même si un grand nombre de touristes urbains ne se considèrent pas comme des touristes culturels, la forte majorité des séjours urbains inclut au moins une activité culturelle.

Si le tourisme culturel urbain continue à être dominé par les grandes capitales de la culture comme Paris et Londres, l’actuelle tendance à la bonification de l’offre culturelle permet à des villes, autrefois de moindre intérêt culturel, d’émerger comme nouvelles destinations touristiques.

Le développement par le bâti

Devant relever d’importants défis de revitalisation urbaine, plusieurs villes optent pour le développement d’infrastructures culturelles majeures afin de souligner de façon tangible le passage vers une nouvelle ère économique.

Parmi les exemples fréquemment cités, mentionnons la ville de Bilbao en Espagne qui a choisi de marquer son virage vers l’avenir en mandatant l’architecte de renommée mondiale, Frank Gehry, pour concevoir le désormais célèbre musée Guggenheim qui a ouvert ses portes en 1997.  En plus de changer l’image de la ville, l’ouverture du musée a permis de générer, dès la première année, plus de 1,3 million de visites. Fait important, 79% des visiteurs déclaraient s’être déplacés vers la destination expressément afin de voir le musée.

Le succès de Bilbao a inspiré de nombreuses villes européennes et américaines qui ont aussi choisi de modifier leur image et de relancer leur fréquentation touristique par la construction d’oeuvres architecturales majeures. [Lire aussi : Surenchère, démesure et originalité.]

En Écosse, la ville de Glasgow, aussi aux prises avec un lourd héritage industriel, a pour sa part décidé d’investir dans la création d’un spectaculaire musée du transport dont l’ouverture est prévue pour 2009.

C’est également la voie qu’a choisi de suivre la ville de Toronto avec plusieurs projets majeurs, dont la revitalisation du Royal Ontario Museum (200M$), la construction de l’Opera House (181M$), la revitalisation du Art Gallery of Ontario par l’architecte Frank Gehry (180M$) et la rénovation du Gardiner Museum of Ceramic Art (15M$).

Le réaménagement urbain

D’autres villes ont plutôt opté pour des projets de réaménagements urbains qui visent à valoriser et à faciliter l’accès aux offres culturelles. Dans certains cas, les initiatives visent à redynamiser un quartier patrimonial, dans d’autres, à changer la vocation d’un vieux quartier, comme par exemple la revitalisation des quartiers Petit Champlain et Saint-Roch à Québec. Le premier, qui abrite des ateliers et des boutiques depuis l’époque de la Nouvelle-France, marie aujourd’hui avec succès résidences historiques, restaurants, commerces et salle de spectacles. Pour sa part, le quartier Saint-Roch doit sa renaissance à l’un des plus grands chantiers de rénovation urbaine du Québec, alors que la Ville a investi 5,2 M $ dans l’aménagement du jardin de Saint-Roch, qualifié de véritable poumon vert dans la grisaille d’un quartier qui était alors moribond. Aujourd’hui le quartier est devenu la nouvelle destination au coeur de Québec: restaurants aux dernières tendances, lounge dernier cri, belles boutiques avant-gardistes et plus d’une centaine d’ateliers d’artistes.

Le réaménagement peut également chercher à structurer l’offre culturelle urbaine. À Montréal, depuis 2003, les dirigeants municipaux, conjointement avec les acteurs touristiques et culturels de la métropole, oeuvrent au développement d’un quartier des spectacles. Une initiative que reprend actuellement la ville de Vancouver, en collaboration avec le ministère du Tourisme de la Colombie-Britannique, qui annonçait en avril dernier un investissement de 10M$ pour soutenir la création d’un district culturel au coeur du centre-ville.

À Vienne, par ailleurs, la ville a vu les choses en grand et a décidé de marier le concept de district culturel à celui de nouveau bâtiment culturel en créant une sorte de complexe de la culture: le Museums Quartier Wien. Il s’agit d’un grand ensemble culturo-récréotouristique de 60 000 m2 où l’on trouve plus de 40 institutions culturelles qui représentent toutes les formes d’art. Lors de la première année d’existence, le complexe a accueilli plus de deux millions de visiteurs.

L’animation urbaine et la culture locale

Certaines villes abordent quant à elles la problématique du développement culturel avec une approche moins architecturale ou urbanistique, en cherchant à valoriser et à soutenir la créativité des artistes et des artisans ainsi que les caractéristiques propres aux populations locales.

Ainsi, le maire de New York annonçait récemment que le développement de la vitalité culturelle de la ville passait par le dynamisme des entreprises culturelles et que, par conséquent, la ville privilégiait la création d’un bureau spécial visant à soutenir directement les créateurs et à défendre de façon dynamique son titre de capitale nord-américaine des arts et de la culture.

À Washington, afin que le développement culturel profite à tous, l’organisme Cultural Tourism DC développe des circuits urbains dans les quartiers situés en périphérie des circuits traditionnels. Les objectifs sont de valoriser les différents quartiers de Washington, d’impliquer les communautés locales, de développer des produits culturels et de favoriser leur succès en s’assurant que le produit soit vraiment prêt pour les visiteurs. Cette approche reconnaît à la fois le rôle moteur que joue la culture dans le développement touristique et la nécessaire implication de la population locale afin d’assurer la pérennité du développement culturel.

Par ailleurs, le succès populaire et touristique que connaissent de nombreux festivals est une autre intéressante illustration de ce potentiel de la culture en tant que «promoteur du développement local». Selon le sociologue français Gilles Arnaud, ce succès s’inscrit dans le sillage de tendances qui favorisent leur développement, à savoir:

  • la recherche du plaisir, de l’émotion partagée et de la spontanéité, au détriment de constructions trop intellectualisées;
  • une attirance pour l’éphémère allant à l’encontre de l’approche traditionnelle de la culture à l’effet que celle-ci soit synonyme de durée, de permanence et d’intangibilité au travers des âges.

Priorité à l’authenticité

En fait, il semble que chaque ville doive adopter une approche de développement culturel adaptée à sa réalité, à son histoire et à ses moyens. Pour sa part, le tourisme urbain et culturel n’est que le résultat qui découle des dynamiques qui existent et se forment au quotidien entre les individus qui occupent ou visitent les espaces urbains. L’urbanisme, la sociologie, le tourisme et, finalement, l’économie elle-même semblent les variables d’une seule et même problématique: celle du bien vivre ensemble.
 
En collaboration avec Matthieu Clair Saillant

Sources : 

– Brault, Simon. «Montréal, métropole culturelle inachevée», Le Devoir, 27 avril 2006.
– City of Vancouver. «Province and City Plan New Vancouver Cultural Precinct», communiqué de presse, 5 avril 2006.
– Cloutier, Mario. «Montréal n’a rien à envier à Toronto comme métropole culturelle», La Presse, 10 mai 2006.
– Commission Européenne du Tourisme. «Une étude de l’OMT et de la CET analyse les futurs enjeux du tourisme urbain et de la culture en Europe», communiqué de presse, 8 novembre 2004.
– Joyal, Serge. «Montréal a-t-elle perdu son statut de Capitale culturelle du Canada?», La Presse, 15 août 2005.
– Plaza, Beatriz. «Evaluating the Influence of a Large-scale Cultural Artefact in the Attraction of Tourism – The Guggenheim Museum Bilbao Case», Urban Affair Review, vol. 36, no. 2, novembre 2000.
– Rioux Soucy, Louise-Maude. «Tourisme culturel: New York sort les griffes», Le Devoir, 6 avril 2006.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Profitez de la nuit pour mettre en lumière vos produits

Les entreprises touristiques sont continuellement à la recherche d’idées pour offrir de nouvelles expériences à leur clientèle. On souhaite cette étincelle de génie en espérant qu’elle ne nécessite pas d’investissements majeurs. Pour y arriver, certains dirigeants ont tout simplement mis à contribution l’offre en place… sous un jour différent. Pourquoi ne pas profiter des charmes d’une ambiance nocturne pour mettre en valeur certains produits et peut-être intéresser une clientèle moins traditionnelle?

Le Safari de nuit de Singapour

À la fin des années 1980, le zoo de Singapour tentait de stimuler l’intérêt des visiteurs en proposant des tours de nuit. La réponse fut telle, qu’elle convainquit les dirigeants du potentiel d’en faire une attraction nocturne à part entière. Réparti sur 40 hectares, le Safari de nuit consiste en une expérience tropicale singulière au milieu de 900 animaux nocturnes dans leur habitat naturel. Passant souvent toute la journée à dormir, plusieurs de ces bêtes sont méconnaissables après la brunante, car plus actives à ce moment-là, ce qui ajoute à l’intérêt de la visite.

L’observation s’effectue grâce à un système sophistiqué d’éclairage jumelé à une luminosité artificielle créée par la simulation de la pleine lune. Le visiteur emprunte des sentiers pédestres aménagés où certains animaux se mêlent à eux. Un tramway animé permet également de parcourir les différentes zones d’habitats à l’intérieur de la forêt tropicale. Le Safari de nuit a ouvert ses portes en 1994, après quatre années de planification et trois années d’aménagement. Construit au coût de 63 millions USD, le site accueille un million de visiteurs annuellement et a remporté à six reprises le Singapore Tourism Award for Best Leisure Attraction Experience. Il s’agissait d’une première expérience du genre dans le monde.

Plus près de nous, le Biodôme, le Planétarium et la tour de Montréal se sont regroupés à l’occasion de la relâche scolaire afin d’offrir un produit adapté, sous le thème de l’escapade nocturne. Exceptionnellement ouvert jusqu’à 20 h 30, le Biodôme présentait ses écosystèmes dans une atmosphère bleutée et feutrée, accompagnée de l’ambiance sonore provenant des grillons et des crapauds. 

Culture nocturne

En France, on a trouvé une autre façon originale de mettre en valeur le patrimoine en place sous la thématique de la découverte nocturne. Le ministère de la Culture et de la Communication a organisé, de concert avec plusieurs autres États européens, la première «Nuit des musées». Le 14 mai 2005, de la Norvège au Portugal, et de Malte à la Fédération de Russie, quelque 1150 musées européens ont exceptionnellement ouvert leurs portes jusqu’à une heure du matin. Les institutions proposaient des animations sur le thème «Lumière(s) dans la nuit» et, dans la majorité des cas, l’entrée était gratuite.

Par cette opération, on invitait le public à découvrir de manière insolite et ludique, à la faveur de la nuit, les richesses souvent méconnues des collections. Les musées participants ont élaboré pour l’occasion toutes sortes d’événements inédits et attrayants tels que des:

  • parcours nocturnes et mises en lumière
  • pièces de théâtre
  • projections de films
  • spectacles en costume d’époque
  • concerts et animations musicales
  • lectures de poésie
  • bals masqués
  • conférences
  • repas de gala éclairés à la bougie
  • démonstrations et dégustations gastronomiques

L’opération a remporté un grand succès alors que, en France seulement, l’affluence dans les 750 musées participants a atteint un million de visiteurs, soit dix fois plus que la fréquentation horaire moyenne habituelle. Fait intéressant, même les institutions de taille modeste situées en zone rurale ont connu un achalandage exceptionnel. Selon les organisateurs, les animations thématiques ont joué un rôle attractif évident. Les démarches sont en cours pour répéter l’expérience en 2006.

Soulignons au Québec l’initiative du Festival Montréal en lumière qui revient pour une troisième année avec ses «Nuits blanches». L’événement consiste en une riche programmation d’activités telles que visite de musées et de galeries, soirée de contes, parcours guidé illuminé, baignade extérieure, etc. Tout comme pour l’exemple européen, il s’agit d’une occasion de tirer profit des composantes nocturnes, mais de telles opérations demeurent habituellement sur une base ponctuelle.

Au clair de la lune

Pourquoi aussi ne pas profiter des belles soirées de clair de lune pour offrir des sorties de plein air pour des activités qui se déroulent traditionnellement le jour? C’est ce que fait par exemple Héritage Saint-Bernard, un organisme sans but lucratif dont le mandat est d’assurer la gestion et la protection des habitats naturels de l’île Saint-Bernard en Montérégie. Sous le thème de «Neige en Folie», plusieurs activités nocturnes sont organisées, de manière ad hoc, notamment des balades de ski de fond au clair de lune et des randonnées nocturnes en famille avec des guides naturalistes pour écouter les sons de la nature et observer le ciel d’hiver.

De plus en plus de sites de ski de fond et de raquette prévoient des aménagements conçus pour des escapades de nuit. C’est le cas notamment de certains parcs naturels comme les parcs-nature de la ville de Montréal et le parc du Mont-Royal. La Sépaq a aussi innové en ce sens en proposant un sentier illuminé en soirée au parc national d’Oka. Il s’agit d’un parcours de quatre kilomètres ouvert sur une base régulière.

Et vous, disposez-vous d’un atout à faire découvrir sous un autre jour?

Voir aussi

Singapore Night Safari
Festival Montréal en Lumière
La Nuit des musées
Héritage Saint-Bernard
Sépaq

Sources:
– Ministère de la Culture et de la Communication de France «Nuit des musées en France et en Europe: Très grand succès confirmé», [www.culture.gouv.fr], 17 mai 2005.

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Ailleurs dans le monde Marketing

Promotions touristiques originales et insolites

À l’heure où l’on se questionne sur l’efficacité des brochures touristiques, certaines régions ou attractions réinventent la formule promotionnelle de manière originale et insolite, soit sous forme d’une bande dessinée, soit encore par le biais d’un jeu multimédia interactif.

Une brochure touristique sous forme de bande dessinée

En Belgique, la province de Liège vient d’éditer une brochure touristique bien spéciale. L’ouvrage, intitulé «Parcours illustré en Province de Liège», n’est autre qu’une bande dessinée qui met en vedette dix sites touristiques incontournables de la région.

Cette BD, publiée à 2000 exemplaires (24 pages cartonnées et en couleurs), a nécessité un investissement de départ d’environ 17 000 euros (23 300 CAD). Les trois quarts de la production ont été mis en vente, au prix de 10 euros, lors du Festival de la bande dessinée de la ville de Seraing, qui a eu lieu le 11 février dernier. Le quart restant a été remis au bailleur de fonds, la province de Liège, pour distribution.

Ensuite, afin d’augmenter l’intérêt de l’opération, des ex-libris de chaque image ont été réalisés et répartis comme suit: 100 exemplaires numérotés et signés par l’artiste et 100 exemplaires sous forme de portfolio de luxe, également numérotés et signés.

Selon Christian Mathoul, organisateur du Festival de la BD de Seraing et acteur clé du domaine de la bande dessinée, cette idée pourrait fort bien s’étendre à d’autres régions ou pays, de même qu’à d’autres thématiques. Il confirme d’ailleurs que son équipe prépare actuellement, avec la province de Liège, un prochain album qui fera la promotion soit des groupes folkloriques, soit de la gastronomie provinciale.

Rien de plus normal, direz-vous, que de vendre la région par ce qui la caractérise le plus. La Belgique n’est-elle pas le berceau de la BD?

Mais quelle idée originale de souder les attraits touristiques à un secteur industriel représentatif du lieu géographique. Cet ouvrage fait donc d’une pierre deux coups et promeut dès lors deux spécificités régionales: le tourisme et la bande dessinée.

Une idée à creuser pour le Québec?

Si la bande dessinée colle à la Belgique, comme les moules aux frites, Montréal peut se targuer d’être l’une des capitales mondiales du jeu électronique. Le dynamisme de l’industrie des logiciels d’animation et d’effets spéciaux cinématographiques y est reconnu internationalement.

Ce créneau technologique a d’ores et déjà donné lieu à quelques belles réalisations originales en matière de promotion du tourisme. Citons en exemple:

  • Des fantômes au musée, jeu informatique conçu en premier lieu pour des élèves du 3e cycle du primaire. Réalisée grâce à la technologie Flash, cette histoire, dont l’utilisateur est le héros, promène le joueur dans un musée hanté où des fantômes ont vidé les expositions de leurs artefacts. Le directeur du musée, découragé, fait alors appel à des jeunes pour résoudre des énigmes qui permettront de retrouver les objets dérobés.
  • Outre son attrait ludique, ce jeu multimédia réalisé par le Musée de la Civilisation à Québec est également prétexte à une visite virtuelle hantée de trois lieux historiques du Québec, soit: le Vieux Presbytère de Batiscan, le Manoir Le Boutillier et la Maison des Chapais, partenaires du projet, ce qui a permis de mettre en valeur les objets de la collection nationale du Musée.


Des fantômes au musée

  • Le Rallye patrimonial de Lanaudière, rallye virtuel mettant en évidence 25 bâtiments d’intérêt patrimonial répartis dans les six MRC de la région. Cette chasse aux trésors invite à une véritable visite virtuelle de Lanaudière, tout en répondant à des questions d’étape.


Rallye patrimonial de Lanaudière

Comme quoi, avec un peu d’imagination et de créativité, chaque région peut développer et exploiter les potentialités de ses attraits touristiques, avec l’aide de partenaires locaux, industriels ou publics, représentatifs de la région.

Sources:

– Wauters, Laurence. «Une BD pour vanter dix sites touristiques», Le Soir, 13 février 2006.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Surenchère, démesure et originalité

Désormais, il faut impressionner et il n’y a pas que Dubaï qui se lance dans la surenchère des projets. Depuis plusieurs années, de nombreux ouvrages architecturaux rivalisent d’audace et d’originalité. Le désormais célèbre musée de Frank O. Gehry à Bilbao a généré «l’effet Guggenheim». On constate que les destinations ne négligent rien pour attirer l’attention. Comment concurrencer une telle démesure?

Bigger is Better

Le Moyen-Orient ouvre sans doute la marche avec Dubaï et son hôtel, le Burj Al Arab, de même que sa dizaine de projets gigantesques – Palm Islands, The World, Dubailand, etc. (lire aussi: Dubaï, région de la démesure). À elle seule, la compagnie aérienne Emirates a signifié son intention d’acquérir 43 appareils du plus gros avion de la planète – le A380 – alors que Lufthansa, deuxième en liste dans le carnet de commandes, en achètera 15.

Que dire de Las Vegas, la Mecque du jeu et du divertissement! Cette ville artificielle et excessive a accueilli plus de 37 millions de visiteurs et 22000 congrès en 2004. Les milliardaires s’y livrent bataille à grands coups de projets colossaux. Oscillant entre le kitsch et le chic, les hôtels reproduisent les principaux attraits du monde (place Saint-Marc, palais des Doges, mini tour Eiffel, Arc de triomphe, Empire State Building, pont de Brooklyn, statue de la Liberté, etc.) Les différentes créations du Cirque du Soleil y trouvent facilement preneur (quatre spectacles permanents y sont présentés, Mystère, O, Zumanity, KÀ et bientôt un cinquième).

Quant à Berlin, elle a créé de toutes pièces le Tropical Island, une station balnéaire sous un dôme (lire aussi: Prendre des vacances à Berlin ou sur une île tropicale? Et pourquoi pas les deux!). Situé au coeur de la ville, le Radisson SAS Hotel exhibe dans le hall son Aquadom, aquarium cylindrique de 25 mètres de haut contenant 2500 poissons tropicaux et un million de litres d’eau salée. La même entreprise érigera à Francfort un hôtel en forme de disque géant, d’une hauteur de 96 mètres (photo), où trônera une «tour à vin» de trois étages comptant 1500 bouteilles.

Dans la foulée de l’hébergement spectaculaire, on peut mentionner l’hôtel Puerte de América à Madrid de même que les projets d’hôtels sous l’eau à Dubaï et aux Bahamas.

L’architecture des édifices culturels s’éclate

L’«effet Guggenheim» à Bilbao en Espagne a incontestablement contribué à l’essor économique et touristique de cette ville industrielle en déclin. Faisant partie d’un vaste projet de restructuration, le musée Guggenheim et le concept architectural de Frank O. Gehry (photo) ont sans aucun doute été le clou du programme. Inauguré à l’automne 1997, il a accueilli 700 000 visiteurs dans les huit premiers mois seulement, et en 2000, 46% des visiteurs provenaient de l’étranger. Lors d’un sondage tenu la même année, plus de 80% des gens ont affirmé que le musée a été un incitatif à leur visite de la région ou a contribué à prolonger leur séjour. Au-delà des chiffres, l’«effet Guggenheim» a aussi réussi à modifier la perception des gens à l’égard de cette ville et à assurer sa notoriété.

D’autres musées s’inscrivent dans un courant d’architecture pour le moins spectaculaire:

  • plus grandes qu’un avion gros porteur, d’immenses ailes s’actionnent tous les jours au-dessus du pavillon Quadracci du Milwaukee Art Museum (photo);
  • surnommé par ses concepteurs le «gentil extraterrestre», le Musée d’art moderne de Graz en Autriche (photo) semble issu d’un autre monde, avec ses canons lumineux et sa structure parsemée de multiples «yeux»;
  • l’opéra de Tenerife aux Îles Canaries (photo), avec sa salle de concert de 1600 places, semble protégé par une immense vague pétrifiée.

À la fois centre d’art, de musique, d’architecture et d’aménagement paysager, le Millennium Park à Chicago (photo) a été inauguré en juillet 2004 et s’étend sur une superficie de 10 hectares. Construit par une équipe de concepteurs de réputation mondiale, ce parc s’enorgueillit principalement du Jay Pritzker Pavilion, salle de concert extérieure dessinée par Frank O. Gehry, de la Crown Fountain, deux blocs de verre de plus de 15 mètres de hauteur projetant des images vidéo réfléchies dans des bassins situés aux extrémités de même que du Cloud Gate, immense sculpture elliptique de 100 000 kilos inspirée du mercure liquide où se reflètent les nuages, les bâtiments environnants et les gens.

Les édifices ne sont pas en reste

Les bâtiments rivalisent entre eux autant en hauteur qu’en effet visuel. Mentionnons à titre d’exemple la concurrence que se livrent, à titre d’édifice le plus élevé au monde, la tour d’habitation Burj Dubaï (hauteur exacte non révélée) planifiée pour 2008 et la future Freedom Tower à New York (541 mètres), prévue pour 2010, qui sera construite sur l’emplacement du World Trade Center. Présentement, les tours Petronas à Kuala Lampur (452 mètres) ont été détrônées par Taipei 101 (508 mètres) à Taiwan.

L’édifice très controversé de la compagnie d’assurance Swiss Re (photo), surnommé «The Gherkin», ne passe pas inaperçu dans le paysage londonien. Et un simple regard jeté sur Shanghai (photo) permet de comprendre que les Chinois sont passés en mode grand V dans le domaine de l’architecture et du modernisme.

La plus grande construction à énergie solaire au monde, la Solar Ark de la compagnie Sanyo (photo) a été inaugurée au Japon, à Gifu, en avril 2002. Dotée de plus de 77200 diodes électroluminescentes (sept fois moins énergivores qu’un néon lumineux), la façade de l’édifice peut afficher une variété d’images visuelles. Déjà des dizaines de milliers de visiteurs sont venus pour les admirer et en apprendre davantage sur les sources énergétiques du futur.

Les infrastructures routières: tout aussi spectaculaires!

Les infrastructures routières offrant un visuel spectaculaire attirent leur lot de visiteurs. Ouvert à la circulation officiellement depuis décembre 2004 dans la région de l’Aveyron (Midi-Pyrénées) en France, le viaduc de Millau (photo), le plus haut au monde, a accueilli plus de 500 000 visiteurs depuis juin 2002.

Le pont piétonnier sur la rivière Yarra à Melbourne, en Australie (photo), dont l’inauguration est prévue plus tard cette année, s’inspire du piège à anguille qu’utilisaient les Aborigènes.

Les galeries marchandes veulent elles aussi impressionner

En Chine, on compte déjà quatre centres commerciaux plus vastes que le Mall of America de Bloomington au Minnesota. Deux d’entre eux surpassent même le West Edmonton Mall en Alberta, ce qui leur confère le titre de plus grands centres commerciaux au monde.

Quant à la galerie marchande de Selfridges à Birmingham (photo), elle attire l’attention par sa forme architecturale bizarre (une image vaut mille mots) et son recouvrement composé de milliers de bulles, un peu comme celles des emballages à bulles que l’on prend plaisir à faire éclater.

Quand on dit que la concurrence s’accentue…

Avec un tel courant de démesure et d’originalité, on constate que plusieurs destinations ont décidé de batailler fort en misant sur des bâtiments architecturalement audacieux, et ce, afin de redonner une impulsion à une ville sur le déclin (Bilbao, plusieurs grandes villes américaines) ou pour affirmer leur présence (Moyen-Orient, Chine).

Mais les investissements colossaux consentis en valent-ils la chandelle? Toute cette démesure architecturale se transformera-t-elle en quelque sorte en icône touristique? Faut-il que le Québec s’inscrive dans ce courant afin de rester dans la course?

Sources:
– Albig, Jörg-Uwe. «Archinature», GEO, no 314, avril 2005, p. 37-50.
– Anderson, Daniel et John Nurick. «Cultural impact? Measuring the economic effects of culture», Locum Destination Review, hiver 2002, p. 15-17.
– Las Vegas Convention and Visitors Authority. [www.lvcva.com].
– Ludwigson, Hakan. «The Next 7 Wonders of the World», Condé Nast Traveler, avril 2005, p. 117-131.
– Miotto, Patricia. «Qué calor!», La Voix du succès, vol. 1, no 1, été 2005, p. 56-57.
– Newzy Magazine. «Un disque bleu veillera sur Francfort», Tendances, [www.newzy.fr].
– Piling, Mark. «Cruise speed», Airline Business, A380 A Flight Group Special Report, juin 2005, p. 4-6.
– Plaza, Beatriz. «Evaluating the influence of a large cultural artifact in the attraction of tourism – The Guggenheim Museum Bilbao Case», Urban Affairs Review, vol. 36, no 2, novembre 2000, p. 264-274.
– Sanyo. [www.sanyo.com].
– The Globalist. «Des faits, juste des faits», La Presse, 2 juillet 2005, Affaires, p. 3.

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Produits et activités

La croissance des musées pour enfants fait des bonds aux États-Unis

En tapant simplement les mots «children museum» dans Google, on obtient une longue liste de musées pour enfants: à Boston, Chicago, Indianapolis, Manhattan, Saint-Paul, Houston, Denver, Seattle, Austin… Ce type de musées abonde aux États-Unis, et selon l’Association of Children’s Museums de Washington D.C., la tendance ne montre aucun signe de ralentissement… même après 105 ans.

Que diriez-vous…

  • de vous promener en scooter dans les rues de Hanoi et d’explorer le Vietnam grâce à ses contes populaires?
  • de vous attaquer au record de la plus grosse balle d’élastiques?
  • d’explorer l’estomac d’Eddie, un garçon de 12 mètres de haut, pesant près de 17 000 kilos?

  • de plonger au coeur des traditions et de la culture japonaises?
  • de créer une oeuvre d’art ou de réaliser une expérience scientifique cool à partir d’objets récupérés, collés, pliés et peints?
  • de grimper au grenier des grands-parents et d’y découvrir un monde de fantaisie à travers des costumes et des trésors de toutes sortes?
  • de faire de la musique?
  • de découvrir la recette de «la tarte rouge et verte facile»?
  • de modeler un visage en argile dont les joues, les yeux, le nez, la bouche sont en forme de fruits et de légumes?
  • d’être entraîné par le corbeau et le renard, le lion et le rat, la cigale et la fourmi, la grenouille et le boeuf, dans un parcours ludique sur la vie du fabuleux fabuliste Jean de la Fontaine?
  • de fouiner au petit Baz’art pour trouver des livres, des bonbons, de la pâte à modeler, de la pâte à sel, des cartes postales… et plein d’autres plaisirs?

Et ce n’est qu’un échantillon des activités offertes par les musées pour enfants!

«We don’t think childhood should end at 10.»
Jane Werner – directrice du Children’s Museum of Pittsburgh

Amuser tout en éduquant

Lieux de mille et une découvertes excitantes, les musées pour enfants ont pour but de stimuler la curiosité des jeunes et de les aider dans leur apprentissage. Fondées sur le jeu et l’humour, les différentes approches pédagogiques proposées permettent de développer la sensibilité, l’intérêt et la créativité de l’enfant. Diverses thématiques artistiques, scientifiques, historiques, civiques et ethniques sont abordées à travers des expositions et des ateliers. Ces institutions appuient les établissements scolaires, les éducateurs en milieu de garde et les parents.

Un fort taux de natalité aux États-Unis

  • Le premier musée américain pour enfants a vu le jour à Brooklyn en 1899.
  • Depuis 1990, 100 musées ont vu le jour et 85 sont à l’état de projet. On évalue entre 250 et 300 le nombre de musées dédiés aux enfants aux États-Unis.
  • En 2003, plus de 25,7 millions d’enfants et de familles ont visité un musée faisant partie de l’Association of Children’s Museums (plus de 200 membres).
  • Environ 56% des musées se situent en région urbaine, 31% en banlieue et 15% en milieu rural.

Plusieurs facteurs ont influencé l’essor de ce type d’établissement aux États-Unis:

  • les parents recherchent des environnements éducatifs différents du cadre scolaire, afin de rompre avec ce milieu trop souvent associé à la performance – les musées sont axés sur l’enfant et le plaisir;
  • depuis les événements de 2001, les gens cherchent des environnements sécuritaires – les musées sont perçus comme un endroit sûr;
  • les Américains veulent passer plus de temps en famille;
  • les attractions qui utilisent les nouvelles technologies se répandent, permettant ainsi de réaliser des choses jusqu’alors inimaginables – plusieurs musées misent sur les technologies pour fasciner les enfants.

De nombreuses villes américaines ont flairé l’intérêt des familles pour ces musées et ont ajouté cet attrait à leur liste d’activités, au même titre que les aquariums et les musées d’art. Au musée de Columbia, 36% des visiteurs proviennent de l’extérieur de la ville. On assiste actuellement à une escalade de projets audacieux marquant une nouvelle vague d’établissements – attractions plus grandes que nature, immeubles immenses, agrandissements considérables, etc.

Ailleurs dans le monde, au Canada… et au Québec?

Il est difficile de tracer un portrait international des villes qui comptent ce type d’établissements parmi leurs attraits touristiques. L’Australie, le Canada, le Honduras, Israël, le Mexique, le Portugal, le Royaume-Uni et bien d’autres pays figurent sur la liste des membres de l’Association of Children’s Museums de Washington. Plusieurs projets de musées sont aussi amorcés dans divers pays (Brésil, Chine, Espagne, France, Irlande).

À Paris, le Musée en Herbe fêtera ses 30 ans en avril et certaines de ses expositions, conçues pour être montées en une journée maximum (sauf exception!), font le tour de la France. Au pays de la démesure, à Dubaï (Émirats arabes unis), on ne parle plus de musée, mais bien d’une Children’s City consacrée aux enfants âgés de 2 à 5 ans, où ils peuvent explorer le monde dans lequel ils vivent.

Au Canada, on dénombre quatre musées pour enfants et deux projets sont en cours:

  • le London Regional Children’s Museum (London, Ontario) – le premier au Canada;
  • le Children’s Own Museum (Toronto, Ontario);
  • le Waterloo Regional Children’s Museum (Kitchener, Ontario);
  • le Manitoba Children’s Museum (Winnipeg, Manitoba);
  • le Children’s Museum of Victoria (Victoria, Colombie-Britannique) – ouverture en 2007;
  • Kids around the world (Vancouver, Colombie-Britannique) – ouverture vers 2010.

Au Québec? Les tout-petits ne sont pas négligés, mais la formule semble plutôt éclatée. Certaines institutions muséales ont aménagé pour eux un espace spécifique (notamment le Musée canadien des civilisations à Gatineau), d’autres leur consacrent des expositions ou mettent sur pied des ateliers ou des programmes de visite adaptés. Le Centre des sciences de Montréal utilise des approches pédagogiques et ludiques pour amener les visiteurs à apprivoiser le milieu scientifique, mais il s’adresse toutefois à une clientèle beaucoup plus large et se concentre sur un secteur spécifique. Des événements comme Le Rendez-vous culturel international des enfants, qui a eu lieu dans le Vieux-Port en mai dernier, la tenue de camps de vacances spécialisés (scientifiques, linguistiques, etc.) – et la liste pourrait s’allonger -, contribuent à l’épanouissement des jeunes.

Y aurait-il lieu de concocter une folie magique qui séduirait nos jeunes et qui deviendrait un attrait touristique couru? Avec son concept récréo-éducatif nommé «Kidtropolis», le projet Lac Mirabel semble vouloir développer un parc récréatif hybride en lui jouxtant un volet éducatif. Projet en devenir…

Sources:
– Sloan, Gene. «Kids’ museums grow by leaps, bounds», USA Today, 17 février 2005.
– Association of Children’s Museums. [www.childrensmuseums.org].
– Sites Internet de différents musées.