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Le passé du mur de Berlin envahit les photos des touristes

 

Visit Berlin est à l’origine d’une initiative pour le moins étonnante. Des projecteurs installés devant le mur envoient une image lorsqu’un flash d’appareil photo se déclenche. Le temps de projection est extrêmement rapide, à peine perceptible par l’œil humain, mais suffisant pour qu’un appareil photo capte l’image.

Lorsque le visiteur regarde sur son appareil la photo qu’il vient de prendre, il a la surprise de découvrir derrière lui une image d’archive, ainsi qu’un message l’invitant à visiter un des nombreux musées racontant l’histoire du mur de Berlin.

Source: YouTube

Le projet Berlin Museum Flashback permet de révéler le passé invisible de la ville, d’attirer plus de visiteurs dans les musées et de les sensibiliser à la mesure des événements vécus par les locaux.

 

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Regard sur 25 ans de présence des jeunes au musée

Entre 1989 et 2013, Lucie Daignault, responsable de l’évaluation au Musée de la civilisation de Québec (MCQ), a étudié les habitudes de fréquentation du musée par les 18 à 34 ans en essayant de déterminer leur profil, leurs attentes et les moyens de communication à privilégier pour les joindre efficacement.

Des visiteurs sociaux

Les enquêtes effectuées auprès des Québécois âgés de 18 à 34 ans témoignent d’une légère baisse de fréquentation au MCQ. La variation est plus grande chez les 25 à 34 ans que chez les 18 à 24 ans. Pour Lucie Daignault, la forte diminution constatée entre 2000 et 2009 s’explique par le changement de stratégie du Musée, qui a décidé d’orienter sa promotion autour d’une exposition vedette. Après sondage, il est apparu que les jeunes adultes étaient plus sensibles à la publicité soulignant la diversité des thématiques. La reprise de la fréquentation à partir de 2009 tient au développement de sujets d’expositions plus porteurs auprès des jeunes comme les momies, les samouraïs ou la musique.

Depuis les 25 dernières années, les jeunes adultes représentent le groupe d’âge qui fréquente le plus le Musée en compagnie d’amis

Depuis les 25 dernières années, les jeunes adultes représentent le groupe d’âge qui fréquente le plus le Musée en compagnie d’amis. Ce sont surtout des filles, car elles le fréquentent déjà plus que les garçons. Le fait de suivre le conseil d’un ami reste la première motivation de la visite, et venir accompagnée assure une plus grande satisfaction à la jeune clientèle, particulièrement quand les expositions favorisent les interactions entre les visiteurs.

À l’image de la population québécoise en général, les jeunes visiteurs sont de plus en plus éduqués. La composition sociale du public est fortement déterminée par la programmation du Musée.

Le ciblage de sa communication

Alors que pour les touristes, la première source d’information est le site Web du MCQ, les visiteurs locaux se fient au bouche-à-oreille. Le recours aux réseaux sociaux devient donc indispensable pour faire parler de soi, mais aussi pour favoriser les interactions entre les visiteurs, particulièrement précieuses pour les jeunes adultes.

Pour les non-visiteurs, le principal frein à la fréquentation de l’établissement est qu’ils n’entendent pas parler du Musée et de sa programmation. Aussi bien pour les locaux que pour les touristes, l’affichage constitue un moyen d’information essentiel, pourvu qu’il cible les lieux fréquentés par les jeunes adultes (sur leur trajet, dans les bars, etc.).

Des attentes similaires au fil des ans

Cette analyse amène madame Daignault à effectuer les observations suivantes pour ce segment. L’idée que les jeunes adultes se font du Musée est souvent altérée par le souvenir des visites qu’ils ont faites en famille ou dans le cadre d’activités scolaires, pratiques communément associées à la contrainte. Or c’est généralement dans l’un ou l’autre de ces contextes qu’a eu lieu leur première rencontre avec le Musée.

L’idée que les jeunes adultes se font du Musée est souvent altérée par le souvenir des visites qu’ils ont faites en famille ou dans le cadre d’activités scolaires

Depuis 25 ans, les 18 à 34 ans constituent le groupe d’âge qui perçoit le moins le Musée comme un divertissement. Pourtant, cette caractéristique, autant que la notion de découverte, est au cœur de ce qu’ils considèrent comme une expérience réussie. En segmentant les tranches d’âge de façon plus précise, il apparaît que pour les 18 à 24 ans, l’amusement prime sur l’apprentissage. En revanche, les 25 à 34 ans sont à la recherche d’informations les aidant à se réaliser en tant qu’individu et citoyen. Pour eux, il est essentiel de bonifier leurs connaissances sur des enjeux de société ou de porter un regard nouveau sur des notions déjà acquises.

Plus précisément, en matière d’expositions muséales, les 18 à 34 ans s’attendent à:

  • voir évoquer les problématiques sociales sous-jacentes aux thèmes abordés;
  • vivre une expérience inédite de participation et d’immersion où les sens sont sollicités;
  • avoir recours aux nouvelles technologies et à l’interactivité;
  • partager un moment de plaisir, de découverte et d’émotion.

À l’inverse, ils ne sont pas satisfaits par une exposition traitant un sujet de façon trop superficielle. La mise en scène doit être soignée, dégager une atmosphère particulière et être adaptée à chaque exposition. Ils constituent le groupe le plus critique envers la lisibilité des informations. Le fait qu’ils se sentent plus surveillés par les gardiens de sécurité que les autres groupes d’âge représente également une source d’insatisfaction. Il est intéressant de noter que le prix d’entrée ne constitue pas un frein à leur visite, bien que les mardis gratuits soient très populaires pour leur tranche d’âge. En revanche, des heures d’ouverture flexibles augmentent la satisfaction des 18 à 34 ans.

Et une fois sur place?

Si la venue au Musée des 18 à 34 ans est motivée par une exposition précise, ils prennent tout de même le temps de visiter les autres salles dans une proportion bien plus grande que les clientèles plus âgées. Lucie Daignault explique ce comportement par la volonté de ces visiteurs de rentabiliser leur sortie et d’en profiter au maximum.

Comme ils sont friands de nouvelles technologies, si une exposition s’appuie sur ce média, ils sont les plus susceptibles de s’en servir. De façon générale, les jeunes adultes préfèrent profiter des installations à leur propre rythme, et leur taux de participation aux visites guidées est bien plus faible que celui des autres clients. Depuis les 25 dernières années, on les retrouve également peu dans les activités proposées par le Musée ou dans le cercle des abonnés.

Finalement et contrairement aux touristes, ils fréquentent très peu la boutique et le café du Musée. Logiquement, leurs dépenses dans ces deux sections de l’établissement sont très faibles.

Ainsi, les recherches de Lucie Daignault mettent en lumière le fait que parallèlement aux études par génération (seniors, baby-boomers, Y, etc.), la segmentation par âge reste pertinente. Il y a 25 ans, les habitudes de fréquentation du Musée par les jeunes adultes ressemblaient déjà fort aux pratiques actuelles. Alors qu’ils représentent près d’un tiers des visiteurs du MCQ, ils constituent définitivement une clientèle à choyer… à long terme!

 

Image à la une: © BY SA NC Stephen Coles

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Quoi de neuf au musée?

Afin d’aider les professionnels à bien se positionner devant les réalités muséales actuelles, l’American Alliance of Museums (AAM) présente les six orientations qui influenceront l’année 2014. Trois ont été retenues pour cette analyse.

La maîtrise de la synesthésie

Avec les innovations technologiques récentes, l’enregistrement des impressions sensitives devient une réalité, transformant l’expérience culturelle traditionnelle en voyage multisensoriel. Ces nouvelles formes de visites ont l’avantage d’allier apprentissage, divertissement, prouesse artistique et défi technique.

Les expériences multisensorielles ouvrent les portes du musée aux visiteurs dont l’usage d’un ou de plusieurs sens est limité

Les expériences multisensorielles ouvrent les portes du musée aux visiteurs dont l’usage d’un ou de plusieurs sens est limité. Avec ses «stations multisensorielles», le Metropolitan Museum of Art de New York propose aux personnes ayant un handicap de découvrir les collections grâce à la musique, à la diffusion d’odeurs, à la possibilité de toucher les œuvres et à la description orale ou en langage des signes. Un cours de dessin permet aux aveugles et aux malvoyants de reproduire des artéfacts découverts pendant la visite.

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Source: Metropolitan Museum of Art

Le domaine du patrimoine ouvre également ses horizons sensoriels. L’odorat, l’ouïe et le goût sont progressivement reconnus comme parties intégrantes de l’héritage des civilisations. La ville de Mexico considère ses sons urbains comme des témoins de la culture nationale, la gastronomie française est protégée par l’UNESCO et certaines odeurs caractéristiques d’une destination, comme celles de Glasgow, sont identifiées, cartographiées et protégées.

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Source: © Kate McLean Design

Le Shijia Hutong Museum, en Chine, musée des hutongs (ruelles) et des siheyuan (cours intérieures), diffuse des sons typiques de la ville de Pékin pendant l’exposition. Au Palazzo Mocenigo de Venise, des parfums sont ajoutés à la collection classique de vêtements et de textiles.

Finalement, l’exploitation combinée des sens participe à l’immersion totale des visiteurs. La «Rain Room» installée à l’été 2013 au Museum of Modern Art (MoMA) donnait l’impression aux participants de marcher sous une pluie battante en restant sec grâce à des capteurs détectant leur présence et orientant les gouttes ailleurs.

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Source: Pinterest

Avec la multiplication de nouvelles technologies qui peuvent stimuler plus efficacement les sensations, les visiteurs pourraient se montrer moins intéressés par des expériences qui ne font appel qu’à un sens à la fois.

L’économie collaborative à l’assaut du musée

La tendance de l’économie collaborative, nouvelle approche de consommation générale, offre aux musées la possibilité de se positionner comme des biens dont on peut profiter sans avoir à les acheter. Autrement dit, l’accent est mis sur l’expérience et sur l’accès plus que sur la possession.

Le MIT List Visual Arts Center propose à des étudiants d’emprunter, individuellement ou en groupe, des œuvres d’art issues de la collection du musée afin de les exposer dans leur institution d’enseignement. De son côté, le Portland Art Museum, en Oregon, propose à ses membres de louer des œuvres d’artistes régionaux pour une durée de 3 mois, les prix variant de 40 à 400 dollars américains.

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Source: MIT List Visual Arts Center

L’économie collaborative permet aux institutions culturelles de sortir de leur mission traditionnelle en devenant un lieu d’interactions sociales. L’artiste Martha Rosler a transformé le MoMA en vente de garage géante avec son installation «Meta-Monumental Garage Sale». Le Museum of Vancouver a accueilli l’événement Swap-o-Rama-Rama, un échange de vêtements, afin d’encourager la créativité de la communauté en recyclant des habits usagés.CD_Quoi_de_neuf_au_musee_image5

Source: Robert Wright, The New York Times

Un autre changement notable concerne la gestion des ressources humaines. Avec la multiplication des projets à court terme, des emplois à contrat ou à temps partiel, une tâche anciennement exécutée par une seule personne pourrait dorénavant être fragmentée entre plusieurs intervenants qui doivent collaborer entre eux. Également, la conception, la fabrication et l’évaluation d’une exposition sont de plus en plus souvent sous-traitées à l’externe ou accomplies par des employés temporaires. Ces changements poussent le personnel à communiquer et à coopérer pour atteindre les objectifs.

En plus de soutenir leur mission de transmission de biens communs, l’économie collaborative permet aux musées de devenir un lieu privilégié de rencontres sociales et de cohésion communautaire.

Une invasion de robots

Fantasmés par les auteurs de science-fiction depuis de nombreuses années, attendus par les accros à la technologie, les robots semblent finalement arriver à la porte des musées. Au Miraikan Science Museum de Tokyo, le guide automatisé Asimo assurait la visite des collections. Bien que la prouesse technologique de Honda, concepteur du robot, ait été saluée, la tentative s’est tout de même révélée infructueuse, car Asimo avait de la difficulté à distinguer une main levée pour poser une question d’un téléphone intelligent pointé pour prendre une photo.

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Source: Japan Daily Press

Au Reina Sofia Museum de Madrid, le robot Pablito est le nouvel employé du département de la conservation. Il utilise la photographie infrarouge et ultraviolette pour examiner méticuleusement les peintures afin de documenter leur état de conservation. Capable de travailler sans surveillance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, il peut être commandé à distance.

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Source: Phys.org

L’utilisation des technologies automatisées favorise la création d’une expérience inédite. Au Pittsburgh Zoo & PPG Aquarium, le robot VGo permet aux groupes scolaires de profiter à distance d’une visite virtuelle, d’assister aux présentations et aux conférences et d’interagir avec les soigneurs et les guides. Pour le personnel, l’utilisation de VGo représente une économie de temps et d’argent et s’inscrit dans la mission de l’organisation en favorisant la diminution des déplacements. Autre exemple de robot téléguidé au Château d’Oiron en France: grâce à sa caméra intégrée, Norio permet aux personnes à mobilité réduite de visiter les étages auxquels ils ne peuvent pas avoir accès en maintenant un lien virtuel avec leur famille, leurs amis ou les autres participants à une visite guidée.

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Source: France 3

L’arrivée des robots dans l’univers muséal dépoussière l’image des institutions culturelles tout en respectant leur vocation initiale orientée vers le développement des connaissances, l’innovation et l’accessibilité pour tous.

L’apparition de nouvelles tendances redessine l’environnement des musées ainsi que leur modèle de gestion et leur clientèle. Avez-vous des exemples innovants à partager?

      

Image à la une: © BY DJ Ecal

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Technologies

Les toiles envahissent la toile

Une thématique différente par jour, en français et en anglais, permettait de centrer les discussions autour de bonnes pratiques ou d’informations exclusives (#CoulissesMW, #ArchiMW), de jeux (#QuizzMW, #MuseumMastermind) et d’invitations à la participation (#MuseumSelfies, #ImagineMW).

Avec ses 206 540 tweets, la #MuseumWeek s’est avérée un véritable succès! D’une part, les institutions culturelles ont accru leur visibilité (le Centre Pompidou a accueilli 8 000 abonnés supplémentaires sur son compte), mais l’initiative a surtout permis aux musées de se positionner comme des chefs de file du Web social.

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Sur les traces du tourisme de mémoire

Le tourisme de mémoire prend forme autour de différentes attractions et attire une vaste gamme de publics. En donnant une signification aux événements du passé, il marque le paysage, l’identité et l’économie des destinations. Sa mise en valeur nécessite une entente entre les ennemis d’hier et véhicule un message unique en son genre.

Un tourisme de niche?

Sites témoins (Plaines d’Abraham, Chemin des Dames), commémoratifs (Nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette), informatifs (Grosse-Île-et-le-Mémorial-des-Irlandais) ou pédagogiques (Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal), l’intérêt principal de ces lieux emblématiques ne réside pas seulement dans leur esthétisme, mais dans les valeurs culturelles, civiques et même éthiques que l’histoire leur a conférées. Le tourisme de mémoire se caractérise par sa finalité explicative de périodes de conflits, ainsi que par sa clientèle à la recherche d’un enrichissement culturel, historique et personnel.

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Source: Ouvrage du Galgenberg

Christian Mantei, directeur général d’Atout France, attribue quatre objectifs au tourisme de mémoire:

  • Témoigner et préserver les traces historiques;
  • Expliquer en favorisant une compréhension globale des événements;
  • Permettre la réflexion des générations présentes et futures;
  • Faciliter le développement économique de régions parfois peu pourvues en attraits touristiques.

En France, les lieux de mémoire accueillent vingt millions de visiteurs, dont plus de six millions pour les sites payants

En France, les lieux de mémoire accueillent vingt millions de visiteurs, dont plus de six millions pour les sites payants. La clientèle internationale (45%) provient surtout du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Belgique, des Pays-Bas et des États-Unis. Alors que les Français cherchent plutôt des informations sur un événement constituant de leur identité collective, la motivation des touristes internationaux s’oriente davantage autour du recueillement.

D’après Atout France, le chiffre d’affaires direct issu des attraits payants représente 45 millions d’euros, mais en ce qui concerne les retombées indirectes, le bilan s’élève à quelques centaines de millions d’euros. À titre d’exemple, la visite des champs de bataille de la Somme génère près de dix millions d’euros pour l’économie locale.

Pas de mémoire sans partenariat

L’idée est de retranscrire les faits historiques tels qu’ils se sont déroulés, en privilégiant la participation de tous les anciens acteurs impliqués dans le conflit. Il est important de veiller à ne pas encenser une cause et en accabler une autre. À Québec, l’inscription sur le monument Wolfe-Montcalm du jardin des Gouverneurs illustre bien cet objectif de réconciliation véhiculé par le tourisme de mémoire: «Leur courage leur a donné le même sort; l’histoire, la même renommée; la postérité, le même monument.»

Le centenaire de la Grande Guerre constitue un exemple sans précédent de partenariat international, où les anciens belligérants s’associent afin de proposer une offre cohérente. Le site Internet de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui est responsable de la programmation des célébrations, témoigne bien de cette réalité. La plateforme présente un calendrier international des commémorations, les divers partenaires impliqués, de la documentation scientifique, des outils pédagogiques et un label fédérant les différents projets mis sur pied autour de la thématique. CD_Tourisme_memoire_image2

Source: Mission centenaire 14-18

Les principales régions touchées par la Première Guerre mondiale ont signé un contrat de Destination «Centenaire de la Grande Guerre» avec différents ministères, Atout France ainsi que des associations vouées à la valorisation du patrimoine de mémoire. Cette entente de 48 millions d’euros permettra la création de nouveaux sites et le renouvellement de l’offre existante (rénovation du Musée de la bataille de Fromelles, création de chemins et tranchées de mémoire, etc.).

Dans ce même esprit de partenariat, le Programme de coopération renforcée Canada-France de juin 2013 inclut un volet «Commémoration de la participation aux conflits du XXe siècle» qui réaffirme la collaboration entre la France et le Canada au regard de la mise en valeur de leur histoire commune. Autre exemple, l’Australie a développé une entente avec la France et investi près de 10 millions de dollars pour l’élaboration, sur le territoire français, d’un chemin de mémoire australien.

Favoriser l’immersion

Dès leur arrivée au Musée de l’Apartheid, à Johannesburg, les visiteurs sont plongés dans cette structure sociétale particulière: leur billet d’entrée les définit aléatoirement comme «blanc» ou «non-blanc» et leur permet d’utiliser la porte d’entrée au musée qui correspond à leur identité fictive.

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Source: TripAdvisor, marcela z

Les reconstitutions historiques permettent également l’immersion des visiteurs. À St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador), le spectacle Signal Hill Tattoo rejoue les affrontements entre les forces françaises et britanniques. Au fort Chambly, des acteurs aident les visiteurs à plonger dans l’univers des soldats du XVIIe au XIXe siècle, en leur permettant de revêtir un vêtement de militaire, de s’initier à l’archéologie ou de tirer au mousquet.

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Source: Lieu historique national du Fort-Chambly

Lorsque les destinations organisent leur offre autour de circuits explicatifs, les touristes peuvent mesurer l’étendue géographique des zones de conflits 

Lorsque les destinations organisent leur offre autour de circuits explicatifs, les touristes peuvent mesurer l’étendue géographique des zones de conflits. Par exemple, les Chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais leur permettent de parcourir le territoire à pied ou en voiture, autour de quatre grandes thématiques structurantes.

Mémoire et nouvelles technologies

Les réseaux sociaux constituent un moyen intéressant de créer des liens avec les générations qui n’ont pas vécu les conflits. Après avoir investi Facebook avec Léon le combattant, les organismes voués à la valorisation de la mémoire collective se sont également installés sur Twitter, YouTube et Pinterest.

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Source: Pinterest

Le Musée du débarquement d’Arromanches et le Centre Juno Beach de Courseulles-sur-mer ont développé l’application Arromanches 1944. Grâce à la réalité augmentée, les visiteurs sont transportés au milieu des soldats canadiens au moment du débarquement de Normandie.

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Crédits photos: BIPLAN/CDC Bessin, Seulles et Mer

Le futur musée Battle of the Atlantic Place, qui doit ouvrir ses portes à Halifax en 2017, mise également sur les nouvelles technologies (codes QR, réalité augmentée, immersion multisensorielle, vidéo, etc.) pour faire découvrir aux visiteurs la plus longue bataille de l’histoire de façon interactive.

Les anniversaires d’événements historiques créent une effervescence autour des sites témoins, mais les renouvellements engagés et les partenariats développés assurent une pérennisation de l’offre. Dans sa globalité, le tourisme de mémoire tisse des liens entre les générations, valorise l’identité collective d’une destination et favorise une meilleure répartition des revenus sur le territoire.

 

Image à la une: © stock.xchng

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Marchés géographiques

Ces Américains friands de culture et de patrimoine

 

Un peu plus d’un million d’Américains ont séjourné au Québec par agrément en 2012, selon Statistique Canada. Le tiers d’entre eux (32%) ont participé à une activité liée à la culture ou au patrimoine au cours de leur séjour. La visite de sites historiques est populaire, tout comme celle des musées et des galeries d’art (voir le graphique 1).

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Les États représentant le plus grand nombre de visites-personnes sont celui de New York (242 700), le Massachusetts (108 800) et le Vermont (66 700). Cependant, les proportions plus marquées de touristes intéressés par la culture et le patrimoine proviennent d’abord de l’Illinois et de la Californie, puis du Massachusetts et de l’État de New York (voir le graphique 2).

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Les activités culturelles et patrimoniales sont également l’apanage des excursionnistes, qui représentent 28% de toutes les visites-personnes en provenance des États-Unis. Il s’agit principalement de résidents de l’État de New York, du Vermont, du Massachusetts et du Connecticut.

Un marché colossal

Une étude de la firme Mandala Research a établi que 71% des résidents américains sont considérés comme des voyageurs d’agrément, et 76% d’entre eux peuvent être définis comme des touristes de culture ou de patrimoine. Cela représente un bassin de près de 130 millions d’individus ayant participé à des activités culturelles ou patrimoniales durant leur plus récent voyage au cours des trois dernières années. L’enquête repose sur un échantillon de 2 000 touristes d’agrément. 

Des comportements différents

L’étude analyse cette clientèle et la subdivise en cinq segments.

  • Les passionnés: il s’agit des touristes qui participent à des activités culturelles et patrimoniales dans une proportion plus forte que tous les autres segments. Pour une part importante de ce groupe, elles sont souvent la motivation première du voyage. Ils représentent 13% des voyageurs d’agrément.
  • Les actifs: ceux-ci sont ouverts à expérimenter tous types d’activités lors d’un voyage d’agrément, y compris celles qui sont liées à la culture et au patrimoine. Ils comptent pour 14% des touristes d’agrément. Ce segment est le plus susceptible de vouloir payer davantage pour un hébergement qui reflète la culture ou le patrimoine de la destination.
  • Les ambitieux: ils représentent 27% de l’ensemble des voyageurs d’agrément et souhaitent vivre des expériences culturelles et patrimoniales, mais l’ont peu fait durant leur plus récent voyage.
  • Les accidentels: ces voyageurs d’agrément (11%) pratiquent ce type d’activité, mais celui-ci ne motive pas le choix de la destination. Ils explorent des petites villes, des galeries et font des tours historiques.
  • Les ouverts: il s’agit des voyageurs qui ne recherchent pas les activités culturelles ou patrimoniales, mais qui y participent lorsque celles-ci leur apparaissent particulièrement intéressantes et divertissantes. Ces activités sont plutôt axées sur l’art, la culture et les événements musicaux. Ils comptent pour 11% du total des touristes d’agrément.

Tous les segments préfèrent les voyages qui incluent une variété d’activités liées à la culture, au magasinage, à la nature, à l’exercice et à la restauration. C’est particulièrement vrai pour les passionnés et les ouverts, mais un peu moins pour les accidentels. Les segments qui rapportent le plus souvent des souvenirs des destinations visitées sont les passionnés et les actifs.

Goûter les spécialités culinaires et viticoles de la région est une part importante de l’expérience culturelle et patrimoniale pour tous, mais particulièrement pour les actifs et les passionnés. Les segments ouverts et accidentels sont légèrement moins sensibles aux destinations qui ont conservé leur caractère historique que les autres groupes. Les voyages éducatifs par la découverte et l’apprentissage à propos des arts locaux, de la culture et de l’environnement intéressent tous les segments, mais les ouverts dans une moindre mesure.

Le graphique 3 illustre l’évolution des dépenses moyennes par séjour des touristes. Observons d’abord que ceux qui ont pratiqué des activités liées à la culture ou au patrimoine dépensent davantage (1 319$) que la moyenne des voyageurs d’agrément (1 198$). Dans les deux cas, l’évolution depuis 2009 est notable. C’est le segment des actifs qui présente non seulement les dépenses les plus élevées (1 876$), mais également la plus forte augmentation (27%) entre 2009 et 2013, suivi de près par celui des passionnés (27%).

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Pour l’ensemble des segments, 55% des touristes concertés sont d’accord avec l’idée de payer davantage pour des expériences respectueuses de l’environnement. Cette proportion varie à travers les cinq segments (voir le graphique 4).

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Au cœur des stratégies

Les efforts de développement de l’attractivité du Québec s’arriment à l’intérêt des Américains pour la culture et le patrimoine.

Par exemple, Tourisme Montréal déposera en début d’année son plan de développement du tourisme culturel à Montréal, dont les orientations et stratégies découlent d’une démarche conjointe avec la Ville de Montréal et d’autres partenaires.

Plus globalement, Tourisme Québec identifie les portes d’entrée que sont Montréal et Québec comme l’un des trois axes prioritaires du positionnement et du développement de l’offre. Montréal se place en tant que métropole festive et internationale, une ville de créateurs. Québec se définit plutôt comme une destination romantique et historique. Le tourisme culturel est donc au cœur des villes, mais trouve également sa place dans les autres axes de développement que sont le fleuve et d’autres pôles touristiques forts. Il peut se vivre dans des lieux précis mais aussi tout au long d’un voyage, à travers la gastronomie et l’agrotourisme.

Le touriste culturel américain est-il dans votre mire? Quelles sont vos stratégies pour l’attirer et quelle offre lui proposez-vous?

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel.

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Tourisme hivernal: 5 destinations qui se démarquent!

Whistler, Canada

la station Whistler Blackcomb est le principal moteur de l’achalandage touristique de la ville en hiver

Plus grand domaine skiable d’Amérique du Nord, la station Whistler Blackcomb est le principal moteur de l’achalandage touristique de la ville en hiver. Avec son abondance de neige, on peut y pratiquer une variété d’activités d’aventure, telles que le ski alpin, le canyoning de glace et l’héliski. La piste de Bobsleigh utilisée lors des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 a également été transformée en attraction touristique. La destination compte d’ailleurs sur de nombreuses compétitions sportives internationales réparties sur la période hivernale. Sa célèbre télécabine PEAK 2 PEAK, qui relie les deux sommets, a aussi contribué à sa renommée.

L’après-ski est une facette de la ville bien appréciée des touristes, pour profiter de la vie nocturne, des restaurants ou pour le magasinage. Certaines activités intérieures, tant sportives (Meadow Park Sports Centre, The Core, etc.) et culturelles (galeries d’art, musées, etc.) que de bien-être, sont également accessibles. Son Festival du film et ses festivités de Noël contribuent pour leur part à enrichir les activités offertes par la ville en décembre. La destination cherche aussi à attirer davantage de touristes d’affaires, principalement avec le développement du Whistler Conference Centre en plein cœur du village.

Rovaniemi, Finlande

Profitant de sa proximité avec le cercle polaire, Rovaniemi est reconnue comme «ville officielle du père Noël».

Profitant de sa proximité avec le cercle polaire, Rovaniemi est reconnue comme «ville officielle du père Noël». Les compagnies aériennes augmentent d’ailleurs le nombre de vols vers cette destination afin de répondre à cette hausse de la demande durant la période des Fêtes. Sur place, un village du père Noël a été entièrement créé, accueillant notamment son bureau de poste ainsi que l’école et l’atelier des elfes (Joulukka). Plusieurs événements tournent autour de cette thématique, dont la cérémonie du 23 décembre, qui est télédiffusée internationalement. Une webtélé du père Noël a aussi été développée afin de faire la promotion de la destination.

Des activités de plein air des plus originales sont offertes aux touristes, telles que l’observation des aurores boréales, les safaris en motoneige, le golf d’hiver, le traîneau à rennes et à chiens, la descente en VTT ou la baignade dans les lacs gelés. Quelques musées, dont les thématiques touchent principalement la faune et la flore arctiques (ex.: Arktikum) ou encore la culture et l’histoire de la Laponie (ex.: Maison de la culture Korundi), complètent l’offre touristique de cette destination.

Innsbruck, Autriche

Surnommée la Capitale des Alpes, Innsbruck propose une offre tant urbaine que de plein air. La ville met de l’avant son architecture particulière, notamment ses anciennes installations olympiques de même que ses monuments gothiques et baroques. Plusieurs musées, galeries d’art et activités intérieures (centre de santé et de remise en forme, casino, etc.) sont aussi proposés aux visiteurs. Pour la période des Fêtes, cinq marchés de Noël ayant des thématiques particulières sont dispersés à travers la ville.

En plus de la variété des activités de plein air disponibles dans ses neuf domaines skiables (ski alpin, ski de fond, luge, raquette, canyoning de glace, etc.), la région reçoit de façon récurrente de nombreux événements sportifs professionnels. Des navettes gratuites sont de plus proposées aux visiteurs, au départ et à destination des stations de ski. À noter que depuis 2011, le Snow Festival permet chaque année aux familles de se divertir et de se familiariser avec différents sports hivernaux en pleine ville, contribuant ainsi au développement de la relève.

Oslo, Norvège

Avec ses cinq stations de ski, son réseau de ski de fond bien développé, ses nombreux lacs gelés et ses pistes de luge – dont une d’une longueur de deux kilomètres –, Oslo porte bien son surnom de Capitale mondiale de l’hiver. La majorité des activités sont disponibles à moins de 30 minutes du centre-ville, et son réseau de transport en commun, constamment renouvelé, permet leur accès à faible coût. La destination accueille d’importants événements sportifs, certains récurrents, comme la coupe du monde de ski de fond, et d’autres ponctuels, tels que les Championnats du monde de ski acrobatique de 2013. Le site de saut à ski Holmenkollen et son musée sont d’ailleurs les attraits les plus visités de la ville depuis sa reconstruction en 2009.

Oslo s’anime particulièrement pendant la période des Fêtes, lorsqu’illuminations et marchés de Noël redessinent la ville. Son offre culturelle est également bien présente, avec près de cinquante musées (principalement sous une thématique nordique et scandinave), son parc des sculptures, sa forteresse d’Akershus, sa Galerie nationale et son opéra.

Tallinn, Estonie

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Tallinn présente de nombreuses activités d’interprétation du patrimoine historique, un programme événementiel chargé et récurrent (ex.: Tallinn Black Nights Film Festival), plusieurs festivités du temps des Fêtes, ainsi qu’une offre gastronomique du terroir spécialement conçue pour la saison hivernale. Avec ses infrastructures modernes et sa réputation de ville technologique, elle est également un site de choix pour le tourisme d’affaires. De plus, Tallinn compte une douzaine d’hôtels-spa spécialisés dans les massages aux pierres chaudes et les soins pour le corps. À noter que dans cette destination de magasinage hors taxe, les propriétaires d’établissements hôteliers doivent inclure le petit-déjeuner et la taxe dans le prix affiché.

Des passeports touristiques bien utiles!

Dans le but d’encourager la découverte de leur ville, Tallinn (Tallinn Card), Oslo (Oslo Pass) et Innsbruck (Innsbruck Card) ont chacune développé une carte qui offre à son acheteur le transport en commun, le stationnement ainsi que l’accès à un ensemble d’attraits et de services. Plusieurs réductions sont également incluses dans les commerces de ces villes. Selon VisitOSLO, cette initiative plaît aux touristes, puisque 98% des utilisateurs la recommanderaient à un ami.

Au vu de cette féroce concurrence en tourisme hivernal, il est de plus en plus difficile pour les destinations de se démarquer. Dans ce contexte, quelles cartes les villes du Québec devraient-elles jouer pour continuer à forger leur réputation à l’international?

Image à la une : ©istockphoto

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Gestion

Les organismes culturels s’adaptent aux coupes budgétaires

Location d’espaces, diversification des activités, intégration de festivals et d’événements à la programmation… Devant les difficultés financières des pouvoirs publics et les coupes budgétaires qu’elles entraînent, les établissements doivent redoubler d’ingéniosité pour augmenter leurs revenus tout en évitant de dénaturer leur offre.

Le financement des institutions culturelles

Influençant directement le contenu des expositions, ainsi que le profil du public des lieux culturels, le financement des institutions peut prendre trois formes différentes:

  • les contributions privées (legs, dons, etc.);
  • les recettes autonomes (droits d’entrée, boutique, etc.);
  • les aides financières publiques et parapubliques (subventions, prêts, etc.).

sur les quelque 400 institutions culturelles québécoises, moins de 150 reçoivent un soutien financier gouvernemental

Si certains établissements peuvent profiter de fonds de l’État, d’autres dépendent uniquement des donateurs et des visiteurs. Jason Luckerhoff, professeur au département de lettres et communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivières, rappelle que sur les quelque 400 institutions culturelles québécoises, moins de 150 reçoivent un soutien financier gouvernemental. Moins l’aide de l’État est importante, plus les professionnels des institutions culturelles doivent se montrer créatifs pour trouver de nouveaux moyens d’équilibrer leur caisse.

Ailleurs dans le monde, les musées jonglent également entre fonds publics, soutien privé et contributions des visiteurs. En France, le gouvernement a annoncé une coupe de 2% dans le budget de la culture pour 2014. Certains grands établissements comme le Louvre, le musée d’Orsay, le château de Versailles ou le musée du quai Branly connaîtront même une baisse de 2,5% de leur enveloppe budgétaire. Cependant, dès leur ouverture, quelques musées ont développé un autre modèle de fonctionnement, totalement en marge des subventions publiques. Ainsi, la Pinacothèque de Paris, avec son chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, tire ses bénéfices de la vente de billets pour les expositions (50%), de sa boutique (40%) et de la location d’espaces (10%).

La récente fermeture aux États-Unis de différentes attractions culturelles – faute d’entente sur le budget au Congrès – témoigne de la fragilité des institutions lorsque les autorités politiques changent de position.

Location d’espaces

Avec les qualités esthétiques de leurs installations, les établissements culturels constituent des décors privilégiés pour l’organisation d’événements privés (mariages, fêtes d’enfants, réunions, lancements, etc.). Alors que cette pratique permet au visiteur de regarder les lieux sous un angle différent, elle constitue un revenu complémentaire pour l’organisme gestionnaire et une façon de contrer la saisonnalité.

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Source: Le Manoir Mauvide-Genest

Les institutions culturelles profitent également de leur caractère historique pour accueillir des plateaux de tournage ou des séances de photographie professionnelles. En France, les sites gérés par le Centre des monuments nationaux accueillent plus de 150 tournages de films, documentaires, reportages ou courts-métrages par an. Le château de Versailles s’est même doté d’un département «Accueil des Tournages et Photographies» pour répondre aux demandes des réalisateurs et des publicitaires.

L’enjeu est de profiter de cet apport financier sans gêner les visiteurs en fermant trop souvent le site ou en dénaturant leur expérience par l’invasion d’équipes de tournage ou de réceptions privées. Il est d’ailleurs rare de voir des indications précisant que le lieu visité a accueilli une campagne publicitaire ou un film. En effet, il est plus pertinent de miser sur l’intemporalité des monuments patrimoniaux, sans les limiter à leur rôle de décors de films.

Nouvelles activités et produits dérivés

De plus en plus, les monuments culturels ont transformé leur cafétéria en restaurant gastronomique, où l’on peut se rendre sans même profiter de l’offre première de l’établissement. L’Opéra de Paris a ouvert un restaurant au cœur du Palais Garnier. L’architecture joue sur le lien entre modernité et patrimoine, et exploite la thématique du spectacle grâce à sa mezzanine et à ses accessoires rouges.

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© Roland Halbe, L’Opéra Restaurant 

À l’instar d’autres institutions européennes (la Villa Médicis de Rome, par exemple), le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg a ouvert un hôtel cinq étoiles dans un bâtiment historique du centre-ville. L’établissement restauré aux couleurs du musée maintient volontairement un lien fort avec l’institution mère: adaptation du logo original, restaurants inspirés des époques couvertes par les artéfacts des galeries, mise en place de forfaits «Special Hermitage Moments», etc.

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Source: The Official State Hermitage Hotel

La boutique des établissements permet également aux gestionnaires de gagner une certaine autonomie financière. La signature visuelle des institutions devient une marque qui se retrouve sur les produits dérivés (livres, reproductions, décoration, vêtements, accessoires, jeux, etc.). Généralement, l’offre se veut unique et de qualité, valorisant un savoir-faire traditionnel (verrerie, bijoux, sculpture, etc.). Le client doit avoir l’impression d’acheter une pièce d’art. Depuis le début de l’été, le Rijksmuseum d’Amsterdam redéfinit le rôle de la boutique de musée par l’intermédiaire du Rijksstudio. L’intégralité des œuvres est publiée en ligne. Grâce à la qualité de la numérisation, les utilisateurs peuvent agrandirl’image et imprimer leurs créations sur n’importe quel support.

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Source: Rijksstudio

Activités parallèles

Les expositions temporaires, appelées blockbusters, assurent un revenu supplémentaire non négligeable pour les musées. Le professeur Luckerhoff rappelle que, volontairement conçues pour rejoindre un large public, elles permettent de consolider les dossiers des institutions quand vient le temps de s’adresser aux partenaires financiers. Cependant, leur réalisation coûte cher et la tendance générale actuelle est d’en réduire le rythme de présentation, d’allonger leur durée et de multiplier les partenaires.

Soirée de contes, conférences, club de lecture… Les exemples d’activités ne manquent pas pour qui veut diversifier la programmation de son institution. Autre tendance lourde, le théâtre force les murs des organismes culturels. En été, la Cité de l’énergie de Shawinigan propose une représentation spectaculaire dans un amphithéâtre tournant. Le musée Pointe-à-Callière réalise quant à lui régulièrement des mises en scène qui soulignent les différents temps de l’année (Halloween, Noël, etc.).

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© Michel Julien, Pointe-à-Callière

Lors de la saison estivale, le domaine culturel ouvre ses portes aux plus jeunes en se transformant en camp de jour. Les enfants peuvent ainsi s’initier au théâtre, à l’art plastique, aux sciences ou au cirque. Cette tendance offre l’avantage d’aborder la culture de manière pédagogique et divertissante, mais aussi d’éveiller une nouvelle génération et de façonner la relève du public de ces organismes.

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Source: Musée canadien des civilisations

Ainsi, le défi des institutions culturelles est de rendre leur offre attirante pour le plus grand nombre, sans pour autant la dénaturer. Les coupes budgétaires peuvent-elles finalement être perçues comme des occasions de changement et d’innovation?

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Villes culturelles mondiales – panorama de quatre métropoles internationales

Depuis l’époque de Shakespeare, la vie culturelle de Londres vibre au diapason de ses activités artistiques pluridimensionnelles. Paris est reconnue mondialement comme centre de création par excellence, où l’art de vivre prend tout son sens. La vitalité de New York ainsi que ses modèles de partenariat entre les secteurs public et privé contribuent à la renommée de cette grande ville américaine. De façon générale, la vie culturelle de Sydney est influencée par son climat et ses sites naturels exceptionnels. Voici quatre villes mondiales où rayonnent les arts et la culture.

Cette analyse se base sur le rapport «World cities culture» mené par le maire de Londres, Boris Johnson, et coordonné par la firme BOP, qui examine l’importance de l’offre culturelle de douze villes mondiales. Le rapport a été déposé au cours d’un sommet qui se tenait à Londres lors des Jeux olympiques et paralympiques de l’été 2012. Pour les fins de cette analyse, quatre villes seront étudiées: Londres, Paris, New York et Sydney.

Ville mondiale

Une ville mondiale, de par sa taille, son dynamisme et sa diversité, représente un lieu auquel on associe entre autres une forte concentration d’activités culturelles. Véritable plaque tournante dans sa région, voire son pays, la ville mondiale partage avec ses homologues des quatre coins du monde de nombreux points, mais demeure avant tout unique grâce à son caractère culturel, qui lui est propre. Elle possède un vaste public composé de résidants et de touristes et constitue le berceau de nombreuses entreprises privées œuvrant dans le milieu des affaires. Ce secteur d’activité est d’ailleurs une source de financement pour les arts et la culture et se traduit aussi par un marché de consommateurs intéressés par des services et des produits dits «créatifs».

La population d’une ville mondiale est en perpétuel changement. Avec ses antennes rivées sur l’international, elle favorise les échanges de connaissances et suscite l’effervescence de nouvelles idées. Plus que toutes autres, les villes mondiales peuvent se permettre de se consacrer à la culture, d’investir dans leurs équipements, leurs infrastructures, leurs réseaux de distribution et leurs ressources humaines, qu’elles soient créatives ou professionnelles.

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Quatre villes sous les projecteurs

New York est le lieu de résidence de 3% des Américains et est peuplée par plus de 8 millions d’habitants. De l’autre côté de l’Atlantique, Londres accueille près de 8 millions d’Anglais, soit 13% de la population du pays, alors que Paris compte une population de près de 12 millions d’habitants, soit 19% des Français. Enfin, un Australien sur cinq habite Sydney; la population y atteint un peu plus de 4,5 millions d’habitants.

Les attraits culturels correspondent bien souvent à l’héritage qu’une ville a reçu des générations précédentes; ils reflètent d’une certaine façon l’histoire de la ville. Paris regorge de galeries d’art, Sydney possède de nombreux parcs et jardins et Londres compte plus de musées que les autres. Sans surprise, les villes qui se trouvent sur de plus jeunes continents comptent moins de sites historiques (voir le tableau 1).

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Les arts de la scène sont en quelque sorte l’essence même de la culture urbaine; ils prennent vie là où se rassemblent des artistes, des ressources humaines qualifiées et un auditoire susceptible d’aller voir des spectacles. New York fait partie de ces villes où une culture de spectacle s’est développée. Les New Yorkais vont d’ailleurs davantage au théâtre qu’au musée (voir les tableaux 2 et 3).

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La culture d’une ville mondiale repose aussi sur une variété d’éléments qui lui permettent de définir son caractère: ses boîtes de nuit et discothèques, ses restaurants et cafés, ses boutiques de musique, ses bibliothèques, ses équipes sportives, etc. (voir le tableau 3). New York possède le plus de bars et de discothèques, tandis que Londres se démarque pour sa forte concentration de restaurants, soit 478 pour 100 000 habitants. Paris est le lieu de prédilection des festivals, mais c’est à New York que la population participe le plus aux événements les plus populaires. Paris et Londres accueillent le plus de touristes internationaux; 13 millions et 15 millions, respectivement. Enfin, Paris compte le plus faible pourcentage de population née à l’étranger.

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Les défis et des principes stratégiques

Le rapport «World cities culture» illustre trois principaux défis auxquels font face les villes mondiales culturelles:

  1. Établir un équilibre entre le traditionnel et le moderne;
  2. Maintenir le caractère local de la ville dans un contexte de globalisation;
  3. Synchroniser la construction ou la revitalisation d’infrastructures avec la participation des citoyens et des visiteurs.

Les solutions à ces défis varient selon les circonstances. Voici deux principes stratégiques visant à guider celles-ci dans un sens large:

  • valoriser le rôle de la culture comme source de renouvellement; par exemple un bâtiment industriel jouissant d’une nouvelle vocation culturelle ou des initiatives artistiques revitalisant un quartier;
  • insister sur l’importance de créer des partenariats entre les secteurs public et privé; ce type de stratégie a connu du succès notamment auprès de grandes institutions culturelles telles que le Metropolitan Museum of Art et le MoMa de New York.

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L’an prochain, la firme BOP prévoit publier une seconde édition du rapport «World cities cultures» et vise à inclure deux métropoles canadiennes: Toronto et Montréal. C’est donc un sujet à suivre…

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel.

Source:

• Mayor of London. «World cities culture report», 2012

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Produits et activités Tendances

Les musées en 2012: trois tendances sous les projecteurs

Le milieu muséal ne cesse d’innover dans ses pratiques et sa gestion. D’une exposition d’œuvres d’art aménagée temporairement en plein air aux quatre coins de la ville à des collectes de fonds virtuelles, la créativité se perçoit et se vit au sein de nombreuses communautés. Que ce soit pour séduire de nouvelles clientèles ou pour renouveler et adapter leurs contenus, des gestionnaires explorent les possibilités qu’offrent les tendances actuelles et tentent de les exploiter au mieux.

L’American Association of Museums (AAM) a assemblé dans un document les sept principales tendances observées au cours des dernières années. En voici trois, accompagnées chacune d’un exemple de musée américain.

1. Le musée sort de ses murs

S’inspirant de la tendance des espaces éphémères (pop-up) notamment adoptée par la cuisine de rue et les boutiques extérieures temporaires, les musées sortent à leur tour de leurs murs. Cette pratique leur permet entre autres de séduire de nouvelles clientèles, de tester des expositions inédites et de servir de laboratoire pour innover ou expérimenter des projets inhabituels.

Exemple: l’initiative Inside/Out

Le projet Inside/Out, élaboré par le Detroit Institute of Arts, consiste en l’utilisation de différents espaces de la ville comme lieu de diffusion. Au total, 80 reproductions de chefs-d’œuvre du musée ont été exposées dans les rues et les parcs de la grande région métropolitaine de Détroit, entre septembre et décembre 2011, puis à nouveau du 1er avril au 30 juin 2012.

Les résidents et les visiteurs des quartiers peuvent télécharger les cartes en ligne avant d’effectuer le circuit à pied ou à vélo. Le succès de cette initiative a été rendu possible par une étroite collaboration entre le musée et les communautés locales, qui ont accepté d’exposer les œuvres sur leurs terrains et de porter plus loin l’expérience en offrant des visites guidées ainsi que des activités éducatives.

 

Source: Detroit Institute of Arts

Cette tendance rappelle aussi la tradition des performances artistiques extérieures que l’on trouve encore aujourd’hui dans plusieurs quartiers touristiques urbains.

2. Des visiteurs participatifs

Les échanges entre les musées et les visiteurs se multiplient, et l’usage des médias sociaux y est pour quelque chose. Le public d’aujourd’hui tend à quitter son rôle d’observateur pour celui de collaborateur. Outre la participation de bénévoles dans certains volets des activités, qui nécessitent parfois une forme d’engagement plus structurée, on compte davantage de projets ponctuels qui font appel à l’implication spontanée du public (lire aussi : Comment attirer les jeunes adultes dans les musées). Ce type de mobilisation s’inscrit de plus en plus dans les stratégies marketing des institutions muséales, qui ont saisi les avantages pouvant découler de telles actions.

Exemple: choisir le contenu d’une exposition

L’équipe du Smithsonian American Art Museum (SAAM) de Washington a invité son public à collaborer à l’une des étapes de création de son exposition The Art of Video Games, en lui demandant de l’aider à en choisir le contenu. Entre le 14 février et le 17 avril 2011, le public avait la tâche de choisir les jeux vidéo qui feraient partie de l’exposition prévue du 16 mars au 30 septembre 2012.

Afin de diriger le choix des participants, un groupe de spécialistes incluant des développeurs, des concepteurs, des journalistes et des pionniers de l’industrie du jeu vidéo a effectué une présélection de 240 jeux selon des critères précis. À partir de cette liste, le public prenait le relais pour restreindre ce nombre à 80. Au total, le musée a reçu 3,7 millions de votes provenant de 119 000 personnes de 175 pays. En plus de contribuer à la sélection du contenu, les participants ont fait rayonner l’exposition au-delà des frontières américaines.

Source: Smithsonian American Art Museum

3. Un financement alternatif

Pour financer leurs activités, des musées mettent en pratique des méthodes innovantes alliant la philanthropie, la mobilité et les médias sociaux. On observe d’ailleurs de plus en plus de plateformes Web qui offrent des services de crowdfunding, c’est-à-dire de financement privé collecté auprès de particuliers pour la réalisation de projets précis (lire aussi: Le financement privé en culture), dont les principaux acteurs sont Kickstarter, Indiegogo et Peerbackers.

 

Source: Kickstrater

Le microfinancement intègre également les médias sociaux à travers des applications. L’une des particularités de cette forme de collecte de fonds privés est l’intérêt qu’accordent les donateurs envers les projets qu’ils financent. Ultimement, certains participeront à la création d’une communauté qui soutiendra le projet, une fois que ce dernier aura été mis sur pied.

Si le financement volontaire sur Internet prend de l’ampleur aux États-Unis, ce phénomène demeure pour l’instant illégal au Canada. Ce n’est probablement qu’une question de temps avant que les autorités canadiennes approuvent ce mouvement déjà bien en place chez nos voisins ainsi que dans plusieurs autres pays.

Exemple: l’application FundRazr

Le Museum of Science de Boston a lancé, à l’hiver 2011, un défi à ses fans Facebook dans le but de faire commanditer collectivement l’un des sièges du planétarium Hayden, à la suite de ses rénovations. À l’aide de l’application FundRazr, accessible directement sur la page Facebook du musée, les fans devaient cumuler la somme de 2 500 dollars américains, en faisant des dons de 1$ à 50$, en échange desquels ils obtenaient des avantages tels que des entrées privilégiées pour des événements et des laissez-passer. Bien que l’objectif financier n’ait pas été atteint, en portant la collecte de fonds sur Facebook, le musée a donné au projet une visibilité non négligeable et a contribué à la sensibilisation du public envers ses besoins.

 

Source: Facebook – Museum of Science

L’usage croissant des technologies révolutionne graduellement le milieu muséal et se traduit par l’emploi d’outils et de procédés conçus tant pour les gestionnaires que pour les visiteurs. Et vous, quels sont les exemples qui vous ont le plus marqué, au cours de la dernière année?

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel.

 

Sources:

• American Association of Museums. «TrendsWatch 2012: Museums and the Pulse of the Future», 2012.

• McKenna, Alain. «Le financement par internet à la Kickstarter encore illégal au pays», La Presse, 9 mai 2012.

Sites Web:

• American Association of Museums

• Americans for the Arts

• Center for the Future of Museums