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Le tourisme autochtone prend sa place

La valorisation de la culture autochtone, le partage de ses traditions avec les visiteurs, la préservation de l’héritage culturel ainsi que l’apprentissage et la pratique des activités traditionnelles constituent autant d’avantages du tourisme autochtone. Cette richesse québécoise et canadienne est diversifiée et s’inscrit dans la perspective du tourisme durable, mais son développement présente des enjeux considérables.

Les collectivités au Québec

Au Québec, il y a 11 nations autochtones qui regroupent 55 communautés.

Source : Secrétariat aux affaires autochtones du Québec et Tourisme Autochtone Québec

La petite histoire du tourisme autochtone

Au Québec, jusqu’à la fin des années 1980, le tourisme autochtone a été aux mains des non-autochtones, les autochtones étant embauchés comme guides. À partir des années 1970, les agences de voyages canadiennes et européennes ont organisé des circuits incluant des arrêts dans les réserves afin que les touristes puissent acheter des objets d’artisanat et voir «des Indiens». Au début des années 1990, des entrepreneurs autochtones se sont rendus compte que les produits financiers du tourisme ne profitaient que très peu aux communautés. Ils ont fondé la Société touristique innu (STI) en 1991 et mis l’accent sur le tourisme culturel et d’aventure. Tourisme Autochtone Québec a succédé à la STI en 1998 afin d’assister les entreprises autochtones dans le développement et la promotion de leurs offres.

Depuis quelques années, la Commission canadienne du tourisme (CCT) considère le tourisme autochtone comme l’un des six enjeux stratégiques pouvant avoir des répercussions importantes sur l’industrie canadienne du tourisme et elle a d’ailleurs mené une campagne de promotion des 28 initiatives de tourisme autochtone les plus significatives qui ont servi de produits phares et tenu une place de choix à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de 2010.

Aujourd’hui, le tourisme autochtone prend son indépendance et les opérateurs autochtones expérimentent des modes de développement touristique autonomes davantage en accord avec leurs valeurs.

Caractéristiques de l’offre actuelle

Dans le cadre de sa thèse de doctorat, la chercheure et consultante Sylvie Blangy a catalogué les catégories d’offres suivantes:

  1. Visites culturelles (musées, centres de patrimoine, lieux historiques, expositions d’art, galeries, marchés d’artisanat, festivals, foires, etc.)
  2. Visites menées par un guide et interprète autochtone autour d’une activité d’interprétation qui facilite le contact avec la culture autochtone et la compréhension de cette dernière (durée plus longue que les visites culturelles).
  3. Séjours d’immersion organisés qui mettent l’accent sur la rencontre ainsi que sur l’apprentissage, l’expérience et la découverte des traditions et modes de vie locaux, des pratiques religieuses, des croyances et des rituels (une à deux semaines).
  4. Séjours itinérants plus axés sur les activités de pleine nature, encadrés par un guide autochtone et offrant l’itinérance en canot, kayak, raquette, marche, équitation ou pêche le long d’une route de migration, d’un chemin traditionnel ou d’un parcours initiatique.

Au Québec, Tourisme Autochtone Québec a pour mandat de structurer et soutenir le développement, soutenir les meilleures pratiques ainsi que le positionnement et la promotion.

Les défis du développement touristique

Le développement du tourisme autochtone n’est pas sans enjeux et défis considérables. Mme Blangy fait également état des particularités du tourisme autochtone:

  • activités fragiles et vulnérables;
  • manque de données fiables et pertinentes sur ce marché;
  • autorité du chef héréditaire très marquée;
  • lacunes organisationnelles dans les communautés;
  • manque de formation;
  • infrastructures inadaptées ou manquantes;
  • décalage entre la perception des touristes et la réalité (les communautés ont évolué et ne vivent plus comme autrefois);
  • éloignement et isolement nuisibles à l’accessibilité et causant des coûts élevés;
  • décalage entre les cultures autochtones et la culture occidentale;
  • engagement communautaire pouvant être inexistant;
  • quasi absence de gros joueurs.

Tourisme Autochtone Québec a réalisé une étude d’impact économique auprès de 154 entreprises touristiques autochtones au Québec. Il en ressort une évolution certaine: 

  • Entre 2003 et 2011, on compte une cinquantaine d’entreprises touristiques autochtones de plus; 
  • Le chiffre d’affaires moyen est en hausse passant de 340 000 à 600 000 dollars canadiens;
  • En 2010, plus de 800 000 visiteurs ont fréquentés un attrait touristique autochtone;
  • L’industrie touristique autochtone génère plus de 3 000 emplois annuellement;
  • L’impact économique a connu entre 2003 et 2010 une croissance de 65% passant de 103M$ à 169M$.

L’étude faisait également état de plusieurs enjeux, notamment la qualité et la constance de certains produits, la formation de la main d’œuvre et la valorisation du métier au profit d’autres secteurs payants (ex: les mines).

L’association met donc l’emphase sur le développement et le structuration du secteur. Un département de développement a été mis en place en 2011 et des tournées ont été réalisées dans les communautés autochtones. De plus, l’organisme a tout récemment adopté un plan de développement 2012-2015 qui amènera Tourisme Autochtone Québec à réaliser différentes actions d’accompagnements telles que de la formation et des campagnes de valorisation du tourisme auprès des autochtones.

Ailleurs au Canada, l’association Aboriginal Tourism of British Columbia (ATBC) propose des formations, des ressources d’information, des occasions de réseautage, des programmes de marketing, etc. ATBC aide les entrepreneurs autochtones et les communautés à se lancer et à gérer une entreprise touristique. En 2009, la Colombie-Britannique comptait environ 200 entreprises touristiques autochtones représentant un apport économique annuel de 35 millions de dollars.

L’organisme a ciblé des tendances qui influencent le développement des produits touristiques:

  • escapades de fin de semaine de plus en plus populaires;
  • demande croissante pour les expériences culturelles;
  • importance de l’authenticité des attractions locales et des produits;
  • volonté de vivre une expérience touristique;
  • importance de la qualité des visites des cultures et communautés locales.

Selon ATBC, ces tendances de voyages ont créé une hausse de l’intérêt du marché pour les expériences culturelles autochtones. Tandis que certains voyageurs sont intéressés avant tout par ces cultures, un plus large marché peut être rejoint en faisant la promotion de l’expérience touristique globale avec un élément de tourisme autochtone. Ce dernier devient dans ce cas un produit de soutien plutôt que d’appel.

Source: Aboriginal Tourism Association of BC

Une forme de tourisme durable

En dressant un portrait des différentes phases par lesquelles le tourisme autochtone est passé, Sylvie Blangy révèle les aspects de ce tourisme qui contribuent au développement durable:

  • Les régions habitées par les peuples autochtones sont des lieux de haute biodiversité convoités pour leurs ressources (plantes médicinales, minerais, bois, eau, paysages). Le tourisme apparaît comme un moyen de préserver ce territoire et d’en garder le contrôle.
  • Le développement du tourisme responsable, équitable, solidaire, éthique, villageois: l’initiative vient bien souvent d’une organisation non gouvernementale (ONG) de développement ou de tourisme solidaire qui va accompagner le village dans son projet et commercialiser son produit.
  • La réduction de la pauvreté et la reconquête identitaire et culturelle.

Sans contredit, le tourisme autochtone prend tranquillement sa place et son rayonnement est vaste. L’événement Présence autochtone qui compte parmi le collectif des festivals montréalais, le reconnu Hôtel-Musée Premières-Nations de Wendake ou encore Kuei, la très dynamique communauté de Mashteuiatsh au Lac-Saint-Jean ne sont que quelques uns des exemples qui ne s’inscrivent plus en marge de l’industrie touristique mais bien à l’avant plan.

 

Le Réseau de veille de la Chaire de tourisme Transat souhaite remercier Sylvie Blangy pour l’accès à ses recherches ainsi que pour sa participation aux travaux de la Chaire et au développement du tourisme autochtone.

 

 

Sources:

– Blangy, Sylvie. Co-construire le tourisme autochtone par la recherche-action participative et les Technologies de l’Information et de la Communication, 2010.

– Blangy, Sylvie. Robin McGinley et Raynald Harvey Lemelin. «Recherche-action participative et collaborative autochtone: Améliorer l’engagement communautaire dans les projets touristiques».

– Desjardins Marketing Stratégique. «Étude 2011 de retombées économiques du tourisme autochtone», juillet 2011.

– Iankova, Katia (dir.). Le tourisme indigène en Amérique du Nord, éditions L’Harmattan, Paris, 2008.

– KPMG. «Diagnostic – Tourisme autochtone», publié par le ministère du Tourisme, mars 2012.

– NorthWay Consulting. «Aboriginal Tourism Engagement Strategy» – Final report, 2010.

– Williams, P. W. and B. O’Neil. «Building triangulated research foundations for indigenous tourism in BC, Canada», Tourism and Indigenous Peoples: Issues and Implications, 2007.

 

Sites Web: 

Survival

Indigenous Peoples Issues & Resources

Affaires autochtones et Développement du Nord Canada

Tourisme autochtone Québec

Nunavik

Tourisme Baie James

Aboriginal Tourism Association of BC

Plan Nord

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tourisme durable

La valeur de la nuit étoilée

Voûte céleste, constellations, étoiles filantes, aurores boréales, mais aussi faune nocturne, jeux d’ombres et tranquillité: il s’agit de la nuit comme on prend rarement le temps de la vivre. Gravement menacée par la pollution lumineuse, quelques initiatives encourageantes tentent de préserver sa noirceur. Mais la nuit peut-elle aussi être un atout touristique? Et comment la mettre en valeur?

Une récente édition de la revue Espaces traite de différents aspects liés à la nuit noire.

La pollution lumineuse

Les causes de pollution lumineuse sont l’éclairage des villes, le suréclairage des sites industriels et des complexes sportifs et la multiplication des constructions éclairées en permanence hors des villes. Très à la mode depuis quelques années, l’illumination du patrimoine bâti suscite l’engouement de la population mais est, elle aussi, source de pollution lumineuse. L’éclairage du Viaduc de Millau, par exemple, empêche de voir les étoiles à des kilomètres à la ronde. L’éclairage urbain est souvent mal conçu et une grande partie du rayonnement est diffusé vers le ciel au lieu d’être dirigé vers le sol, en plus, d’être souvent trop mal dosé.

La sécurité a toujours été le premier motif de l’éclairage, mais ce dernier entraîne aujourd’hui la plus méconnue des sources de pollution créées par l’homme. Elle touche plus de 20% de la surface du globe et continue d’augmenter de 5% par an en moyenne.


Image satellite de la pollution lumineuse dans le monde.
Source: P. Cinzano, F. Falchi (University of Padova), C.D. Elvidge (NOAA National Geophysical Data Center, Boulder) © Royal Astronomical Society

Les conséquences de la pollution lumineuse sont multiples:

  • Esthétiques et astronomiques: impossibilité de voir le ciel bleu profond et les étoiles. Aujourd’hui, un humain sur cinq n’aperçoit plus la Voie lactée.
  • Écologiques: menaces pour l’écosystème, la faune et la flore et disparition d’espèces. L’éclairage artificiel constitue la seconde source de mortalité des papillons de nuit. En Amérique du Nord, des centaines de millions d’oiseaux migrateurs s’écrasent sur les immeubles illuminés chaque année.
  • Économiques: gaspillage d’énergie. Aux États-Unis, 22% de l’énergie produite est utilisée pour l’éclairage, dont 8% pour l’éclairage public extérieur. Au Québec, zone géographique réputée pour générer le plus de lumière par habitant au monde, les économies pouvant résulter d’une meilleure gestion de l’éclairage sont estimées à plus de 50 millions de dollars par an.
  • Sanitaires: perturbation du sommeil des hommes.

D’après des photos satellites, à l’hiver 1997, la ville de Québec générait autant de pollution lumineuse que Boston, et Montréal était autant éclairé que New York. Même si une part considérable de notre pollution lumineuse provient de la réflexion de la neige, le niveau d’éclairage utilisé par habitant est très élevé.

Actions pour limiter la pollution lumineuse

La préservation de zones de nuit noire n’en est qu’à ses débuts. L’International Dark-Sky Association (IDA) a établi des normes liées à diverses appellations et  le parc national du Mont-Mégantic est le premier détenteur du titre d’International Dark-Sky Reserve.

Quelques réserves de ciel étoilé existent aussi, dont la région entourant le mont Mégantic ainsi que cinq autres régions au Canada. Toutefois, il n’y a pas, pour le moment, de standards officiels pour l’établissement de ce label. De plus, certains observatoires astronomiques bénéficient d’une zone tampon où la pollution lumineuse est contrôlée sans que la désignation de réserve de ciel étoilé soit utilisée.

Mentionnons également qu’un processus de «mise en réserve» est amorcé pour le Pic du Midi, en France, et que l’Unesco étudie l’idée d’inscrire des «réserves de ciel étoilé» sur la Liste du patrimoine mondial.

Outre ces réserves, la protection passe aussi par les villes. Par exemple, Calgary a modifié sa façon de s’éclairer en créant le programme EnviroSmart, destiné entre autres à réduire l’intensité des lumières de rue. Ce programme a permis à la ville d’atténuer sa pollution lumineuse et en plus, d’économiser presque deux millions de dollars par année sur sa facture d’énergie.

Du tourisme la nuit

Le ciel peut s’avérer un atout touristique, et certaines destinations l’ont compris et l’ont mis en valeur.

L’ASTROLab, l’observatoire et le parc national du Mont-Mégantic unissent leurs efforts pour proposer une offre liée à l’observation des étoiles: des randonnées à pied, en ski ou en raquettes avec un interprète de l’astronomie, des soirées d’observation de la voûte céleste ou encore la visite guidée des observatoires, de l’ASTROLab, de la salle d’exposition ou encore visionnement d’un film haute définition. Mentionnons enfin le Festival d’astronomie populaire du Mont-Mégantic.

En 2009, l’organisme français Agir pour l’environnement a lancé l’opération le Jour de la nuit, qui a généré environ 400 manifestations publiques. Cette excellente réceptivité des communautés témoigne d’un intérêt important. L’évènement sera renouvelé en octobre 2010.

Le département français des Hautes-Alpes organise divers événements portant sur le thème de la nuit, qui vont de la randonnée sous les étoiles à l’astronomie, en passant par la découverte du patrimoine bâti à la seule lumière des lampions. Mentionnons également l’ascension du col de l’Izoard, une étape du Tour de France, à la pleine lune, et du ski alpin et du ski de fond nocturnes. La région bénéficie d’un ciel particulièrement pur et on y trouve d’ailleurs six observatoires, dont le célèbre Pic de Bure.

La Ferme des étoiles en Gascogne propose des soirées d’observation et des repas champêtres, un stage spécialisé en astrophotographie numérique, un week-end de découverte ou des stages d’observation d’une semaine. L’établissement a entrepris des négociations avec la municipalité afin que l’éclairage des rues soit conçu et implanté dans le but de minimiser son impact sur le ciel. Les activités de la Ferme des étoiles sont proposées par l’association À Ciel ouvert, qui organise également le festival d’astronomie de Fleurance et le festival Astro-Jeunes, entièrement consacré aux enfants. La préservation de la qualité du ciel a donc permis de développer une offre touristique originale dans cette région.

La nuit noire n’est pas un produit facile à commercialiser. D’abord, pour en profiter, il faut être éloigné des grands centres, donc des bassins de population. Les attraits liés à l’astronomie sont nécessairement excentrés. Le développement d’une activité touristique est possible, mais il s’adresse généralement à une petite niche de visiteurs. Cela dit, le terrain de jeu est pratiquement vierge et il y a place à l’innovation!

Sources:
– Bumat, Sylvain. «Nuits noires pour échappées belles – Découvrir les Hautes-Alpes la nuit», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Levy, Robert. «Sauve qui peut la nuit! Une approche philosophique de la nuit», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Ministère du Développement durable, Environnement et Parcs, Mddep.gouv.qc.ca, consulté le 22 juin 2010.
– Monflier, Bruno. «La Ferme des étoiles préserve la nuit gasconne», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Osadtchy, Clara. «Le Jour de la nuit, une idée… lumineuse», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Piednoël, Éric et Michael Leblanc. «Ciel… des étoiles! Le tourisme et les loisirs peuvent-ils sauver la nuit?», Espaces, numéro 281, mai 2010.
– Site Web de l’ASTROLab du parc national du Mont-Mégantic, Astrolab-parc-national-mont-megantic.org, consulté le 22 juin 2010.

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Produits et activités

Le tourisme d’observation des baleines: la situation du Québec en 2009

Le secteur de l’observation des baleines – très important au Québec étant donné la valeur du tourisme marin –  connaît le taux de croissance le plus rapide de l’ensemble du tourisme faunique mondial. Selon un rapport récent, en 2008, 13 millions de personnes ont observé des baleines dans 119 pays, comparativement à 9 millions d’observateurs dans 87 pays en 1998 (1). Au cours des 10 dernières années, l’industrie de l’observation des baleines s’est accrue selon un taux moyen de 3,7% mondialement, enregistrant certaines variations cependant. Par exemple, elle a augmenté de 13% en Asie, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, de 10% en Amérique du Sud, en Océanie et dans les îles du Pacifique, et de 7% en Europe. Bien que l’Amérique du Nord, en accueillant près de 50% de tous les observateurs dans le monde (tableau 1), reste la destination d’observation des baleines la plus importante, le secteur y a connu une baisse de 1,5% par année.

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Québec dans le contexte de l’Amérique du Nord orientale

L’observation de la faune marine, surtout celle des baleines, occupe une place importante parmi les activités de nature au Québec. Le lieu de prédilection pour ces dernières demeure le Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (PMSSL), milieu naturel de 1245 km2 où l’on peut facilement apercevoir bon nombre d’animaux marins (y compris les espèces rares telles que le béluga et le rorqual bleu), même près du rivage.

Malgré une augmentation du nombre d’observateurs de baleines à l’échelle internationale, un déclin général s’observe depuis les 10 dernières années le long de la côte atlantique de l’Amérique du Nord. Le Québec y fait exception, puisqu’une faible croissance a été enregistrée de 1998 à 2008 (graphique 1). Quant aux destinations avoisinantes, le nombre de touristes observateurs de baleines a chuté de 25% en Nouvelle-Angleterre et de très peu en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.

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La diminution du nombre d’observateurs de baleines le long de la côte atlantique de l’Amérique du Nord s’est traduite par une baisse du nombre d’entreprises offrant ce genre d’activité au cours des 10 dernières années (graphique 2). Cependant, au Québec, cette baisse résulte surtout de fusions.

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C’est en Nouvelle-Angleterre, le long de la côte atlantique, que les recettes totales provenant de l’observation des baleines sont les plus élevées, malgré la diminution du nombre d’observateurs dans cette région (graphique 3). Là-bas, l’industrie vaut 138,45$ par observateur, et les clients internationaux représentent environ 15% du marché. Le Québec se classe au deuxième rang: la valeur économique de cette industrie y est de 142,55$ par observateur, et les clients internationaux y comptent pour à peu près 20% du marché (1).

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Le tourisme dans les sites d’observation de baleines les plus fréquentés du Québec

Dans la région du PMSSL, les statistiques montrent qu’en 2005, approximativement 284 000 visiteurs ont observé des baleines à partir d’un bateau commercial, tandis que le nombre de kayakistes se chiffre à environ 35 000 par année. À ces touristes s’ajoutent les 60 000 personnes qui ont observé les baleines à partir de différents endroits dans le parc marin. À peu près 40% des visiteurs ont fait une excursion d’une journée, alors que 60% ont passé en moyenne 3,2 nuits dans la région du parc marin, et 40 % y étaient déjà venus (2). Bien que les retombées économiques de l’observation des baleines soient intéressantes, aucune portion des revenus du tourisme n’est allouée à la gestion des ressources du parc, étant donné que les exploitants ne sont pas tenus de contribuer financièrement aux efforts de conservation (3). Néanmoins, quelques-uns d’entre eux se sont associés au GREMM, un organisme à but non lucratif voué à la recherche scientifique sur les mammifères marins du Saint-Laurent et à l’éducation sur la conservation du milieu marin. Les visiteurs peuvent appuyer les efforts du GREMM en y adhérant, en visitant son musée à Tadoussac et en participant à des programmes comme « Adoptons une baleine » (4).

Même si les observateurs de baleines sont généralement satisfaits de leur visite au parc marin (5), certaines personnes s’inquiètent de plus en plus du fait que les services offerts ne répondent pas complètement à la demande et que l’expérience d’observation faunique en laisse quelques-uns sur leur faim. Selon des sondages menés auprès des visiteurs au cours des dernières années, le taux de satisfaction générale quant à la visite du site est élevé, mais plus faible en ce qui a trait à l’aspect éducatif de la visite; en effet, seulement 46% des visiteurs sont satisfaits de ce qu’ils ont appris. Ces données dénotent une faible intégration de l’éducation et de la sensibilisation à l’expérience actuelle. Le fait que l’observation faunique se fait généralement à partir de gros bateaux motorisés et de navires de croisière montre bien qu’elle est orientée vers le tourisme de masse. De plus, certains visiteurs ont l’impression que plusieurs entreprises «courent après» les baleines.

Le tourisme est surveillé de près dans le parc. Depuis la mise en vigueur d’une réglementation précise en 2002 (6), entre autres mesures, les exploitants doivent détenir un permis et se déplacer à une certaine distance des mammifères marins, tout en respectant les limites de vitesse. Étant donné que les bélugas sont une espèce menacée, ils doivent être totalement exclus des activités d’observation. Présentement, l’industrie du tourisme reçoit 59 permis d’observation (pour environ 16 entreprises). Bien que le parc marin soit vaste, la plupart des bateaux partent des quais de Baie-Sainte-Catherine et de Tadoussac, causant un trafic maritime intense de l’ordre de 80 000 excursions par année. Les incidences sur l’environnement sont nombreuses, dont le bruit, la circulation et les collisions avec les mammifères marins (7).

Que réserve l’avenir?

L’observation des baleines a atteint une certaine maturité au Québec comparativement aux autres destinations. Toutefois, elle semble viable sur la côte atlantique de l’Amérique du Nord présentement. Certaines des questions soulevées au sujet du Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent laissent supposer que la gestion opérationnelle du tourisme devrait être  révue, surtout dans un contexte où il est nécessaire de trouver un équilibre entre le tourisme et la conservation. L’industrie a tout intérêt à gérer l’observation faunique de façon plus responsable; l’ensemble du secteur pourrait se munir d’une trousse de sensibilisation et prendre des mesures volontaires, telles que la certification et l’adoption d’un code d’éthique pour des exploitations responsables.

De plus, l’ensemble de l’industrie touristique locale pourrait étudier comment mieux contribuer à la conservation du parc, puisqu’il s’agit d’une zone protégée et d’un site important pour l’industrie. Elle devrait revoir le type d’expériences offertes aux visiteurs et prendre les mesures nécessaires pour que les besoins de ce marché du voyage croissant, écoconscient et responsable soient satisfaits. Le parc et l’industrie gagneraient à ce que l’interprétation occupe une place privilégiée dans l’expérience offerte aux visiteurs. En plus de sensibiliser les gens à la conservation, ils pourraient leur proposer un ensemble d’activités écologiques, comme on en trouve dans la grande région du Saguenay, notamment le long de la Route des Baleines.

Sources

(1) O’Connor, S., R. Campbell, H. Cortez, et T. Knowles (2009), Whale Watching Worldwide: tourism numbers, expenditures and expanding economic benefits, a special report from the International Fund for Animal Welfare, Yarmouth MA, USA, prepared by Economists at Large.

(2) Parcs Canada (2005), Sondage auprès des visiteurs, Centre de service du Québec, Agence Parcs Canada.

(3) Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (2008), Compte rendu de la consultation publique sur la révision du plan directeur, Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, 43 p.

(4) Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) [http://www.gremm.org] (page consultée le 13 octobre 2009).

(5) Gosselin, D., et J. Priskin (2009), Présentation dans le cadre de l’atelier de travail collectif sur les activités en mer au Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, 9 et 10 septembre 2009, Tadoussac.

(6) Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent [http://www.parcmarin.qc.ca/1942_fr.html] (page consultée le 13 octobre 2009).

(7) Gareau, D., M. Pagé, R. Balej, D. Langlois, et J. Désaulniers  (2009), Activités en mer au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Document de réflexion 2009 aux fins de discussion, Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, Tadoussac. 30 p.

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Dernières tendances dans les parcs animaliers

Les parcs animaliers conservent un grand pouvoir d’attraction touristique, principalement en vertu de la popularité qu’ils connaissent auprès des familles. Le développement d’activités axées sur la conservation, l’écotourisme et l’éducation permet aux jardins zoologiques et aux aquariums de maintenir leur attrait tout en ciblant de nouvelles clientèles. L’achalandage est en forte hausse chez les Canadiens et les stratégies innovantes dont font preuve les gestionnaires n’y sont certes pas étrangères.

Conservation: synonyme d’achalandage

Les zoos de type safari, où les animaux se promènent librement dans leur habitat, figurent parmi les concepts les plus populaires. On note également une tendance à la spécialisation des parcs animaliers. Ces derniers deviennent de véritables parcs à thème qui concentrent leurs activités sur des aspects précis de la vie animale ou sur des espèces particulières, par exemple un parc de singes. Ainsi, la différence entre les parcs animaliers et les parcs à thème s’estompe alors que les deux complètent leur offre avec des équipements de divertissement et des spectacles d’animaux.

C’est la prise de conscience de plus en plus forte de la population envers le bien-être des espèces animales qui a entraîné la baisse de popularité des zoos traditionnels avec cages et murs de béton. Cette pression sociale a toutefois eu pour effet d’augmenter significativement les coûts pour les institutions qui doivent adopter des standards de soins beaucoup plus rigoureux qu’auparavant.

Ce virage «vert» des jardins zoologiques s’est avéré bénéfique tant pour les animaux que pour les visiteurs qui apprécient davantage ce type d’environnement plus naturel. Cela a aussi eu l’effet de stimuler la demande qui continue d’afficher une croissance soutenue. Alors que les zoos mettent l’accent sur leur rôle envers la conservation des espèces menacées, les visiteurs répondent positivement, avec le sentiment qu’ils soutiennent une cause qu’ils jugent importante.

Une image rajeunie

L’un des principaux défis des attractions en général consiste à se démarquer de la concurrence et à offrir une expérience innovatrice. À cet effet, les récents projets de développement des parcs animaliers cherchent à développer une forte image de marque, appuyée d’un concept unique, souvent doté d’une approche favorisant l’authenticité et les saveurs locales.

La dimension d’apprentissage est un aspect que plusieurs institutions exploitent avec succès dans leur CP_2009-02_parcs_img2stratégie de marketing. Par exemple, la campagne promotionnelle du zoo de Madrid axe son message sur ce que l’être humain peut apprendre du monde animal. La publicité illustrée montre que les éléphants n’abandonnent jamais leurs aînés.

Un autre défi consiste à traduire le sentiment d’immersion du visiteur dans le monde animal. C’est le pari qu’a pris le Wild Animal Park du zoo de San Diego avec une publicité illustrant cette recherche d’expérience. La campagne a eu beaucoup de succès auprès des jeunes âgés de 8 à 13 ans qui éprouvent une fascination pour ce qui «fait peur» tout en étant sécuritaire. Les parents aussi recherchent des activités répondant à ce désir d’excitation, en plus d’activités enrichissantes.

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Imagination et surenchère

Les parcs animaliers rivalisent d’imagination pour rehausser la qualité de l’expérience ou pour explorer de nouvelles avenues de développement. Par exemple, le Zuohai Aquarium en Chine tient un tournoi de golf à l’intérieur de l’un de ses bassins. Par ailleurs, les zoos et parcs animaliers n’échappent pas à la surenchère et à la démesure. Citons le Georgia Aquarium et le Dubai Aquarium & Underwater Zoo qui gardent en captivité 60 000 et 33 000 espèces animales respectivement.

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Possibilités et inspirations

Les occasions d’affaires sont nombreuses et variées alors que les zoos et les aquariums demeurent des sources crédibles d’information et de préservation de la faune. La demande pour cette dimension d’apprentissage constitue une chance de courtiser divers segments de clientèles, notamment le milieu scolaire et les voyages intergénérationnels.

De plus, de nouvelles avenues de développement telles que le tourisme scientifique et les activités de team building peuvent se révéler intéressantes pour diversifier les sources de revenu. En terminant, sur une note d’inspiration, voici un trio de publicités sélectionnées parmi les meilleures campagnes promotionnelles.

Stimuler la curiosité

Stimuler l’imaginaire

Stimuler l’envie de participer

Des chiffres imposants

Les membres de la World Association of Zoos and Aquariums (WAZA) accueillent annuellement plus de 600 millions de visiteurs, dont 143 millions en Amérique. Aux États-Unis, 29 des 355 zoos affichent un achalandage surpassant le million. Euromonitor évaluait les recettes mondiales à plus de 150 milliards USD pour l’année 2006, une hausse de 29% par rapport à 2002.

Regard sur la clientèle canadienne

À l’échelle canadienne, l’enquête de Print Measurement Bureau (PMB) 2008 révèle que:

  • 4,3 millions de Canadiens, dont 978 000 Québécois, ont visité un zoo ou un aquarium au cours des 12 derniers mois;
  • l’achalandage est en forte hausse: +43% depuis 2002 (graphique 1);
    CP_2009-02_parcs_grphq1
  • ce marché représente 15% de la population de 12 ans et plus;
  • l’âge moyen de la clientèle est de 38 ans;
  • 36% de la clientèle appartient au segment des 35-49 ans.
  • 37% des visiteurs proviennent des grands centres urbains (plus d’un million);
  • 28% des visiteurs ont des enfants de moins de 3 ans à la maison;
  • 73% des visiteurs proviennent d’un ménage d’au moins 3 personnes (moyenne canadienne: 55%);
  • 765 000 Canadiens, dont 115 000 Québécois, y vont au moins trois fois par année (graphique 2), ce qui constitue un important bassin de clients fidèles (repeat).
    CP_2009-02_parcs_grphq2

Une masse de touristes étrangers

En 2006, plus de 132 000 Français ont visité un zoo, un aquarium ou un jardin botanique au Québec (en bleu pâle) comparativement à 276 000 Américains. Il s’agit en fait d’une des activités les plus populaires parmi la clientèle internationale (graphique 3).

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En cette période de déprime économique, les parcs animaliers s’inscrivent un peu comme les «blue chip» de l’industrie touristique. Souvent situés à proximité des grands centres urbains, ils font bonne figure dans un contexte de tourisme de proximité qui a la cote.

Sources:
– Derousseau, Ryan. «Fish Tale», Fortune, 21 juillet 2008.
– Euromonitor International. «Tourist Attractions – Canada», septembre 2008.
– Euromonitor International. «Tourist Attractions – World», avril 2008.
– Print Measurement Bureau, 2002-2008.
– Weird Asia News. «World’s First Underwater Golf Tournament», [www.weirdasianews.com/2007/05/16/worlds-first-underwater-golf-tournament, 15 mai 2007.
– Saayman, Melville. «Tourism Marketing: Challenging the Future», WAZA Marketing Conferences, [http://www.waza.org/marketing/marketing_conferences.php?year=2007], 9 octobre 2007.

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Enjeux Produits et activités

Le développement durable et la motoneige: un défi à relever

En dépit des importantes retombées économiques qu’elle génère, l’industrie de la motoneige continue de susciter des débats en ce qui a trait au développement durable. La contemplation des paysages et le contact avec la nature figurent parmi les principales motivations qui incitent les gens à faire de la motoneige. Cet attrait de la nature sauvage amène donc les motoneigistes à pratiquer leur sport dans des lieux de prédilection tels que les parcs.  Doit-on trouver un compromis afin de permettre une circulation partielle des motoneiges sachant qu’elles constituent une source de pollution et qu’elles sont susceptibles de déranger la faune?

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Au Québec, on a pris la décision de respecter les intérêts environnementaux concernant la présence des motoneiges dans ces zones de préservation. Le gouvernement prévoit se conformer à un règlement de l’an 2000 qui interdit les véhicules hors route dans les parcs provinciaux, au plus tard en 2009.

Aux États-Unis, l’approche des autorités à cet égard diffère quelque peu. Le National Park Service a déposé en 2007 un imposant rapport (Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement) qui dresse un portrait de la situation quant à l’impact de la circulation des véhicules sur la neige, notamment dans les parcs de Yellowstone et de Grand Teton, très prisés des motoneigistes. La position américaine préconise un contrôle de l’accès plutôt qu’une interdiction complète. Le rapport fait état d’impacts mineurs sur la faune, la qualité de l’air et la pollution sonore.

La Cour américaine intervient

Les lobbys environnementaux n’ont toutefois jamais cessé de mettre la pression sur le gouvernement, et récemment un juge fédéral leur a donné raison. Le 15 septembre dernier, la Cour fédérale américaine a renversé la décision de l’administration Bush en statuant que l’autorisation d’accès à plus de 500 motoneiges par jour dans les parcs de Grand Teton et Yellowstone contrevenait à la responsabilité première du National Park Service de protéger les parcs. Le juge a intimé le service des parcs de proposer un nouveau plan.

À l’hiver 2008, ce sont 720 motoneiges BAT (Best available technology) qui ont quotidiennement été autorisées dans ces parcs. Tous ces véhicules sont accompagnés par des guides professionnels, et les périodes de fréquentation sont limitées.

Cette décision aux États-Unis constitue une balise importante en ce qui concerne les politiques de gestion des accès des véhicules hors route aux zones naturelles. La cohabitation entre la motoneige et l’environnement n’a pas fini de faire jaser. La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec a d’ailleurs emboîté le pas vers une démarche verte en déposant le 19 septembre dernier son plan quinquennal pour l’environnement.

Le durcissement des politiques gouvernementales dans un souci de favoriser le développement durable pourrait s’avérer porteur de nouvelles solutions technologiques. Il faudra notamment surveiller l’apparition de motoneiges électriques, comme le modèle Symetron de Racer Technologies, qui pourraient un jour ou l’autre révolutionner cette industrie.

Avec la collaboration de Olivier Payette

Lire aussi:

L’avenir de la motoneige touristique passe-t-il par le marché américain?
La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement
La motoneige en harmonie: deux exemples de réussite
Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement

Sources :

– Fédération des clubs de motoneigistes du Québec. «Plan d’action quinquennal de la FCMQ pour l’environnement», 19 septembre 2008.
– National Park Service, U.S. Departement of interior. «Final winter use rule for Yellowstone and Grand Teton», published in Federal Register, décembre 2007.

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Marketing

Clin d’œil – Organisations de promotion, prenez des notes…

Voulant stimuler la participation à leur colloque «Les Arts et la Ville» qui se tient à Sept-Îles en mai 2008, l’équipe organisatrice a conçu dans son bulletin bimensuel une rubrique «En route vers Sept-Îles» dès le début de l’automne 2007. Consciente qu’il fallait relever le défi d’inciter les gens à faire la route jusqu’à Sept-Îles, une personne de l’équipe a entrepris les démarches (recherches, itinéraire, photos, autorisations) pour rédiger une chronique invitante qui propose de découvrir les richesses culturelle, patrimoniale, paysagère ou gastronomique d’un coin de pays situé entre Québec et Sept-Îles. Organismes de promotion, pourquoi ne pas faire le parcours inverse en proposant aux organisateurs de congrès de vous immiscer dans leur promotion d’événements?

Source:

Le Bulletin – Les Arts et la Ville

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Produits et activités

Le tourisme et l’observation de la faune

Les activités d’observation de la faune gagnent en popularité et plusieurs adeptes pratiquent ce loisir pendant leurs voyages. Le nombre de voyages exclusivement motivés par l’observation faunique est encore restreint, mais il connaît une croissance soutenue. Plusieurs destinations oeuvrent actuellement à développer leurs offres ainsi que leurs initiatives promotionnelles, et le Québec est du nombre!

L’observation de la faune et de la flore: un loisir qui gagne en popularité

Au Québec, l’observation des animaux, l’ornithologie et la photographie animalière suscitent beaucoup d’intérêt. En fait, selon les données du ministère des Ressources naturelles et de la faune du Québec, plus de 1,2 million de Québécois pratiquent annuellement des activités de déplacements d’intérêt faunique (autres que la chasse ou la pêche) et ce, principalement dans leur région.

Les États-Unis comptent plus de 75 millions d’adeptes (16 ans et plus) de l’observation de la faune et on estime que cette activité connaîtra une croissance annuelle de 15% au cours des prochaines années.

Selon la dernière étude du gouvernement américain (2001), les adeptes de l’observation de la faune ont investi 38,4 milliards USD dans la pratique de cette activité. L’achat d’équipement représente une part importante de ces dépenses (61%) et les voyages liés à l’observation de la faune comptent pour 21% du total, soit 8,2 milliards USD.

Le tourisme d’observation de la faune

Lors d’une récente analyse de différentes niches de clientèles, Mintel, firme de recherche réputée, s’est intéressée au créneau du tourisme d’observation de la faune (wildlife tourism) à l’échelle mondiale.

Pour les besoins de cette recherche, ce marché a été limité aux touristes dont le principal facteur de motivation de voyage était l’observation de la faune. Compte tenu de cette définition restrictive, et malgré une croissance soutenue d’environ 5%/an au cours des 15 dernières années, cette niche de clientèle demeure relativement modeste avec 3 millions de consommateurs.

Toutefois, l’étude soutient que ce segment devrait connaître une croissance légèrement supérieure (+ 2 ou 3 %) au taux de croissance total du tourisme mondial. On souligne que la clientèle des boomers, qui dispose souvent de revenus plus élevés, devrait fortement contribuer à cette augmentation, car les séjours d’observation actuellement offerts sont relativement dispendieux.

Selon Mintel, le marché européen est très friand de ce type de produit, particulièrement en Allemagne, aux Pays-Bas et encore plus au Royaume-Uni où l’on recense aujourd’hui plus de 60 petits producteurs de voyages d’observation, alors qu’il n’y en avait que 15 en 1987.

Selon les spécialistes du domaine, l’Afrique semble incontestablement le continent vedette pour les voyages motivés par l’observation de la faune. Les destinations de prédilection de ce genre de tourisme sont la Tanzanie, le Kenya, le Botswana, la Namibie, l’Inde, l’Antarctique et l’Uganda.

Cette réalité pourrait toutefois changer rapidement puisque les grossistes majeurs s’intéressent plus activement à ce marché. En 2000 et en 2002, les deux plus importants producteurs britanniques de voyages d’aventure et d’observation (Exodus Travel et Explore Worldwide) ont été achetés par de grands voyagistes et on prévoit que ce mouvement d’acquisition se poursuivra.

Cette implication des grossistes généralistes pourrait contribuer à accélérer la démocratisation de ce marché et le développement de nouvelles destinations. Puisqu’un nombre grandissant de touristes pratiquent des activités d’observation de la faune lors de leurs déplacements de vacances, les grossistes pourraient être tentés de développer de nouveaux produits moins spécialisés, mais qui assurent une plus grande présence de ce type d’activités.

Le potentiel du Québec

Avec son vaste territoire, ses forêts boréales, sa toundra, son fleuve, son million de lacs et de rivières, le Québec présente un climat nordique qui lui permet de proposer à ses visiteurs une faune riche et différente.

Quelques expériences d’observation faunique contribuent déjà au rayonnement international du Québec, notamment l’observation des baleines (qui attire annuellement plusieurs centaines de milliers de visiteurs), des oiseaux migrateurs (bernaches et oies blanches) ou encore des blanchons aux Îles-de-la-Madeleine.

L’invitation à observer la faune québécoise est souvent utilisée avec succès pour séduire les clientèles d’outre-mer. Toutefois, selon les données de Statistiques Canada (2004), seulement 5% des touristes québécois et canadiens déclarent avoir participé à une activité d’observation des oiseaux ou de la faune au cours de leurs vacances au Québec.

Pourtant, plusieurs producteurs de tourisme d’aventure et d’écotourisme offrent des expériences variées qui permettent de profiter de la diversité faunique québécoise. Par exemple :

  • les activités d’interprétation faunique de la Sépaq partout au Québec
  • la route thématique des baleines sur la Côte-Nord
  • les séjours ornithologiques d’Ornitour en Chaudière-Appalaches
  • les expéditions d’observation de Vert et Mer aux Îles-de-la-Madeleine
  • les activités d’observation de l’ours de Souvenirs sauvages en Outaouais
  • etc.

Le site Internet BonjourQuébec.com répertorie d’ailleurs l’observation de la faune parmi les douze activités de sports et de plein air qui sont offertes aux visiteurs du Québec.

Développement des destinations

Plusieurs autres destinations investissent afin de développer leur offre d’observation de la faune et s’attaquent au défi de la rendre plus accessible aux visiteurs.

Par exemple, en 2002, une étude a soulevé le potentiel inexploité de la diversité faunique en Écosse. Avant leur venue au pays, seulement 51% des visiteurs associaient le pays et la possible pratique de l’observation faunique alors que, après le séjour, plus de 90% d’entre eux affirmaient qu’ils recommanderaient l’Écosse comme destination de tourisme de nature et d’observation de la faune. La destination a donc développé une stratégie intégrée autour de la signature Wildlife Scotland afin de se positionner et a même développé un site Internet spécialisé: http://wildlife.visitscotland.com/.

L’Australie, pour sa part, a déployé des efforts afin de structurer l’offre et la rendre plus facilement accessible. Créée en 2003, la Wildlife Tourism Association contribue à mobiliser le milieu et à promouvoir les initiatives de développement du tourisme de nature et d’observation. Parmi les réalisations, soulignons la création de trois routes thématiques qui présentent les meilleurs lieux pour l’observation de la faune.

Le marché des voyages d’observation de la faune étant promis à un avenir florissant, le Québec aurait donc beaucoup à gagner à s’inspirer de telles initiatives afin de positionner encore plus avantageusement la richesse de la faune et la diversité des activités disponibles pour l’observer.

Sources:

  • «La faune et la nature ça compte», Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, www.faunenatureenchiffres.gouv.qc.ca, 2004.
  • «2001 National and State Economic Impacts of Wildlife Watching? Report 2001-2», U.S. Fish & Wildlife Service, août 2003.
  • «Review of Wildlife Tourism in Scotland? Main Report», A&M? The Tourism and Environnement Forum, 30 janvier 2002.
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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Tendances dans le secteur des croisières de courte durée

Les croisières-excursions sont encore considérées comme de «nouveaux» produits touristiques. Développées au Québec autour du pôle vedette de l’observation des baleines, les croisières de courte durée comptent sur une offre des plus diversifiées à l’échelle de la planète. Voici un portrait des grandes tendances qui caractérisent ce secteur, vecteur important du développement économique régional.

La popularité des thématiques

Les entreprises de croisières de courte durée continuent de se développer à un rythme intéressant, proposant une gamme de produits très variés. Parmi les produits classiques, on compte les croisières «coucher de soleil», les escapades «feux d’artifice», les excursions contemplatives, les croisières dansantes et les soupers romantiques.

On constate cependant que la croisière devient de plus en plus un prétexte pour pratiquer des activités originales dont le dénominateur commun semble être le jeu de rôle, un certain dédoublement de soi où le passager est invité à abandonner momentanément sa personnalité sur les quais le temps d’une escapade sur l’eau. Les croisières thématiques occupent une place de choix dans la gamme des produits nautiques offerts dans les métropoles nord-américaines et européennes. Outre une expérience nautique originale permettant d’aborder la ville sous un angle différent, ces excursions offrent à leurs participants la possibilité de se plonger dans un univers ludique où ils deviennent les acteurs à part entière du spectacle qui leur est proposé. Parmi les thèmes les plus souvent proposés, on compte les croisières «casinos», les «chasses au trésor», les «enquêtes criminelles».

Les croisières invitant les passagers à se plonger dans l’histoire, la petite et la grande, qu’elle soit locale, nationale ou internationale, sont également très présentes. La participation et l’interprétation prennent ainsi le pas sur la simple observation passive de paysages urbains.

Des produits riches en expérience

La reconnaissance du besoin d’évasion de leur clientèle par les professionnels des croisières de courte durée, de cet appétit qu’elle manifeste pour l’aventure dans le cadre d’une odyssée relativement originale, se traduit souvent par l’utilisation de navires évocateurs d’un temps révolu ou d’un exotisme recréé. Ainsi, les bateaux à roue, les voiliers et goélettes constituent la flotte hétéroclite et chargée en symboles des intervenants de ce secteur. Le bateau pirate est même de la partie avec la Captain Memo’s Pirate Cruise en Floride.

Les croisières peuvent procurer aux voyageurs l’occasion de se familiariser avec les cultures locales et ancestrales. Par exemple, le Icy Strait Point en Alaska, dans lequel est située Hoonah, le plus grand village de la tribu amérindienne Tinglit, est visité par un nombre croissant de croisiéristes. Cette escale permet en effet à la clientèle d’être en contact avec cette culture dans son environnement naturel.

La gastronomie est également un élément important du produit croisière. La compagnie Viking River Cruises, dans le cadre de ses croisières fluviales en Chine, propose des menus « conçus » par un chef chinois de renommée internationale, Martin Yan.

La compagnie australienne Red Balloon Days, spécialisée dans les cadeaux originaux, offre la croisière Massage & Beauty Cruise dans le port de Sydney. Cette croisière de trois heures inclus un massage complet, un massage facial, et d’autres services ayant trait à la relaxation et aux soins du corps.

La compagnie australienne Captain Cook Cruises propose des croisières-souper dans le port de Sydney durant lesquelles des chanteurs d’opéras offrent un récital d’arias célèbres.

Pour une clientèle de tous genres

On remarque que les compagnies de croisières s’efforcent d’attirer des clientèles qu’elles ont eu tendance à délaisser par le passé. Ceci se traduit par l’émergence de croisières spécifiquement destinées à certains types de clientèles (gais et lesbiennes, familles, célibataires, nudistes, etc.).

La clientèle d’affaires fait partie des segments de marchés visés par les croisières fluviales de courte durée. Brunchs, réunions, repas d’affaires, incentives et fêtes d’entreprises sont autant d’occasions de faire appel à des spécialistes et de profiter des animations et services spécialement conçus pour répondre aux besoins de cette clientèle. Ces croisières se déclinent selon différentes thématiques et comptent sur l’exiguïté propre aux navires pour faciliter les rapprochements entre collègues.

Un nombre important d’opérateurs de croisières de courte durée visent également la clientèle familiale. Ils ne se contentent donc plus d’attirer les couples en tirant sur la corde du romantisme, mais ils entendent faire de leur produit une activité familiale à part entière, éducative et amusante pour les enfants, encadrée et relaxante pour les parents.

Misant sur le caractère ludique et festif, de nombreuses entreprises combinent l’aspect nautique à la musique (groupes de musique, DJs, karaoké, etc.), à la danse (bals, soirées salsa, etc.) ou à des fêtes occasionnelles (Halloween, Oktoberfest, Mardi Gras, bals de graduation, etc.). C’est ainsi une clientèle plus jeune et dynamique que ces exploitants courtisent.

Enrichir le produit par la qualité de l’interprétation

Les entreprises de croisières-excursion tâchent de se démarquer en faisant appel à des intervenants de marque ou en embauchant du personnel spécialisé dans des domaines étroitement reliés aux milieux naturels et sociaux visités. Ceci rehausse les produits offerts d’une touche de professionnalisme, dont voici quelques exemples:

  • Des compagnies membres de Niche Cruise Marketing Alliance font appel à des spécialistes (historiens, géographes, zoologistes, anthropologues, etc.) pour leurs croisières afin de prodiguer leurs connaissances aux passagers. 
  • La compagnie Quark Expeditions a quant à elle convié l’auteure Jennifer Niven à intervenir sur l’une de ses croisières. En effet, la croisière Russia’s Far East & Wrangel Island visite les lieux que l’écrivain dépeint dans deux de ses romans. Voici l’occasion d’évoquer, auprès des passagers, les histoires que ses romans mettent en scène.
  • La compagnie américaine Clipper Cruise Line propose des croisières qui visitent les lieux où se sont tenus des combats majeurs ayant impliqué des soldats américains au XXe siècle. Que cela soit en Méditerranée, sur la côte Atlantique européenne, dans le Pacifique ou au Viêt-nam, les passagers sont invités à revivre ces batailles par l’entremise d’historiens et de spécialistes de ces périodes de l’Histoire.

Aménagement des zones portuaires

Certaines zones portuaires, longtemps laissées à l’abandon, semblent attirer aujourd’hui l’attention des promoteurs. Ainsi, dans un contexte où les espaces libres viennent naturellement à manquer dans les centres-villes des métropoles nord-américaines et européennes, les anciennes zones industrielles, et notamment portuaires, constituent une option intéressante afin d’y développer de nouvelles structures et de nouveaux quartiers. Leurs dimensions parfois importantes ouvrent en effet la voie à des plans d’aménagement ambitieux et multifonctionnels. D’autre part, l’attrait naturel que constituent les abords d’un plan d’eau permet de concevoir ces plans d’aménagement dans une perspective de réconciliation entre zones résidentielles et activités récréotouristiques.

C’est sur cette voie que s’engagent des villes comme Boston et Toronto, suivant en cela les exemples probants qu’ont notamment initiés plusieurs villes européennes. Ainsi, Barcelone, quand elle réaménagea son port à l’occasion des Jeux Olympiques de 1992, fut une des pionnières dans ce domaine. Décidant de s’ouvrir résolument sur la mer, la ville a bouleversé son paysage urbain et créé un espace où culture, animation, activités commerciales et marines cohabitent en harmonie.
 
Par ailleurs, de récentes pratiques peuvent induire une conception nouvelle de certains ports d’attaches de bateaux de croisière. Ainsi, à Moscou, quand la Volga gèle en hiver et que le fleuve est impraticable, la compagnie Volga Flotte pratique une forme de «recyclage saisonnier». Un de ses bateaux, alors qu’il demeure amarré à la gare maritime de la métropole russe durant la saison froide, fait office d’hôtel.

À venir: «Croisières urbaines: les exemples de Toronto et de Chicago»

Avec la collaboration de Matthieu Saillant 

Source:
– Chaire de Tourisme ESG UQAM. «Étude de l’offre récréotouristique nautique et portuaire dans les centres urbains», mars 2006.

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Segments de clientèles

Les moto-boomers sont-ils des touristes?

Chaque année, comme arrive le beau temps, c’est par milliers que les fanatiques de motos se réunissent pour faire vrombir leurs machines infernales de villes en villages. Mais qui sont ces fanatiques, des motards ou des touristes? Depuis quelques années, on constate que les «baby-boomers» s’avèrent de grands amateurs de mototourisme, au grand bonheur des restaurateurs, des hôteliers et des organisateurs de voyages.

 

Profil du motocycliste

Le profil type du motocycliste québécois (en majorité des hommes, bien que la clientèle féminine croisse d’année en année) dépend de la machine qu’il enfourche. Il y a:

  • l’amateur de moto custom, âgé entre 30 et 50 ans, désirant se balader sur les routes de campagne à guère plus de 90 km/h.
  • les moto-boomers. On en voit de plus en plus sur nos routes, de ces motocyclistes aux cheveux argentés passionnés de moto. Ils ont fini d’élever leurs enfants, disposent d’un revenu supérieur à la moyenne et souhaitent se faire plaisir. Beaucoup d’entre eux, dont la moyenne d’âge oscille entre 45 et 55 ans, font partie d’une association de motocyclistes.
  • les mordus de vitesse qui poussent leurs machines tonitruantes, défiant toutes les limitations imposées par le code de la route.

Ils parcourent les routes du Québec, du Canada et des États-Unis, en petits groupes ou pour de grands rassemblements.

Des retombées économiques intéressantes

L’industrie de la moto fait des affaires d’or. Au Québec seulement, on compte environ 6000 nouveaux adeptes chaque année. Et les baby-boomers possèdent 40% des motos enregistrées dans la province.

Tout d’abord, ce nouvel engouement des baby-boomers pour le mototourisme fait le bonheur des détaillants.

Au Canada, les ventes de motos ont presque triplé au cours des sept dernières années, mais c’est au Québec que la progression a été la plus spectaculaire (une augmentation de 39% pour la période du 1er septembre 2003 au 31 mars 2004 par rapport à l’année précédente, selon le Conseil de l’industrie de la motocyclette du Canada).

Aux États-Unis, selon le Motorcycle Industry Council, les ventes de motos sont en hausse depuis les 10 dernières années.

Le bonheur de l’industrie touristique

Mais il fait aussi le bonheur des restaurateurs et des hôteliers. En effet, selon un sondage effectué en 2004 par la firme DBSF pour Tourisme Outaouais:

  • une journée moyenne de route compte de 200 à 500 km. Mais cette distance varie beaucoup (le sondage démontre qu’en moyenne, et par deux ans, les motocyclistes effectuent 31 excursions d’une journée, 7 voyages de 1 à 2 jours et 4 voyages de 2 à 4 jours).
  • une journée typique comporte une pause à chaque heure ou heure et demie et un arrêt pour l’heure du lunch.
  • en moyenne, 18% des voyages sont réalisés en groupes, 33% entre amis, 32% en couple et 17% seul.
  • le budget moyen de dépenses est estimé à environ 150$ par jour incluant deux repas, deux pauses, une nuitée et une visite.
  • les excursions, mais plus encore les voyages, présentent généralement un but de visite. Les attraits touristiques sont variés, allant d’une route panoramique à un musée ou à un événement/rassemblement, en passant par un restaurant particulier. Grâce au bouche-à-oreille, certains établissements accueillants et appréciés peuvent rapidement devenir des «arrêts obligatoires».
  • côté hébergement, ils privilégient un bon rapport qualité/prix (campings, motels, etc.) plutôt qu’une expérience particulière. Lorsqu’ils se déplacent en groupe, la capacité d’accueil devient également un critère important.
  • le choix de l’établissement hôtelier, comme celui du restaurant, reste grandement influencé par le facteur de sécurité. Il est très important de leur offrir la possibilité de remiser leurs motos de façon sécuritaire.

Accueil ou écueil?

Cependant, à l’image des conflits qui ont éclaté cet hiver avec les motoneigistes (Lire aussi: La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement), certaines municipalités n’ont pas l’intention de leur ouvrir les bras. C’est le cas de Longueuil et de Granby qui ont voté une législation très stricte pour contrer les nuisances causées par les motos. Ou encore, l’île d’Orléans qui, elle, leur interdit purement et simplement l’accès. 

C’est le contraire à Huntingdon, cette petite ville située à 90 km au sud-ouest de Montréal, qui avait par ailleurs fait couler beaucoup d’encre lors de l’annonce, en décembre 2004, de la fermeture de ses six usines de textile. Le maire, Stéphane Gendron, a déclaré qu’il invitait les motocyclistes à venir visiter sa belle région en grand nombre.

Interrogé sur la question, il assure que ça «rapporte GROS», surtout aux restaurants et bars de la municipalité. L’été, les deux routes provinciales qui traversent la ville sont littéralement envahies par les motocyclistes.

Au Québec, le mototourisme constitue un marché de niche en croissance, qui gagnerait à être développé par la participation à des salons motocyclistes importants et par la création, par exemple:

  • de circuits touristiques thématiques adaptés aux motocyclistes et identifiés par un icône distinctif;
  • de forfaits particulièrement orientés vers cette clientèle;
  • de sessions d’information et de campagnes de sensibilisation auprès de la population (réalisation de sites Internet pourvus de forums d’échanges);
  • de comités organisateurs d’événements rassembleurs;
  • etc.

Mais il n’en reste pas moins que, de façon générale, certains préjugés envers les motocyclistes nuisent au bon développement de ce créneau.

D’aucuns diront d’eux qu’ils sont plutôt des pollueurs, d’autres, une source de revenus… Chacun voyant midi à sa porte!

Voir aussi

Fédération des motocyclistes du Québec
Location de motos

Sources:

– DBSF. «Étude de marché et pistes de développement du mototourisme pour la région de l’Outaouais», rapport final, juillet 2004.
– Ébacher, Jessica. «Le mototourisme gagne en popularité», Le Nouvelliste (Trois-Rivières), 19 juillet 2004, p. 5.
– Enjeux (Radio-Canada). «Les moto-boomers», (émission télévisée), mai 2004.
– Gélinas, Gabriel. «Ventes de motocyclettes: un printemps record», Les Affaires, 22 mai 2004, p. 44.
– MacDermid, Alan. «Boomers were born to be wild and won’t go quietly», The Herald (Glasgow), 12 juillet 2004, p. 3.
– SeniorPlanet. «Les touristes Seniors veulent plus d’aventures», 19 avril 2005.

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Produits et activités

Plongée sous glace, nouveau plaisir d’hiver?

L’originalité associée à une nuit passée à l’hôtel de glace ou à la possibilité de fréquenter un bar de glace suscite un vif intérêt de la part des touristes à la recherche de nouvelles sensations hivernales. Selon les dires de certains braves, l’expérience nordique par excellence consiste à faire de la plongée sous la glace. La plongée sous-marine est considérée comme un produit d’aventure «dure» au même titre que le rafting, l’escalade, le parapente, le vélo de montagne ou la planche à voile.

Plonger dans le créneau de l’aventure

Selon Lisa Delpy Neirotti, de l’université George Washington , la demande pour le tourisme d’aventure sera forte et l’on anticipe des taux de croissance annuels entre 10 et 15%. Plusieurs touristes ne se contentent plus de vacances relaxantes ponctuées d’activités traditionnelles. Les émotions fortes et l’originalité soulèvent de plus en plus d’intérêt.

La plongée sous-marine constitue une passion pour un grand nombre de voyageurs prêts à franchir de longues distances et à dépenser d’importantes sommes pour l’assouvir. Le Professional Association of Dive Instructors (PADI) évalue à six millions le nombre de plongeurs actifs à travers le monde, dont environ 85% proviennent des États-Unis. Plusieurs personnes s’adonnent à ce sport occasionnellement, lors de leurs vacances par exemple. Il s’agit de l’une des activités les plus populaires auprès des touristes voyageant dans les pays tropicaux. L’industrie du tourisme de plongée génère des dépenses touristiques de deux milliards de $US aux États-Unis. La PADI, le plus important regroupement d’instructeurs, a certifié plus de 13 millions de plongeurs depuis 1967.

Les plongeurs voyagent habituellement de manière indépendante et non en groupes organisés. Ils effectuent une moyenne de trois voyages d’aventure sur une période de cinq ans. Toutefois, plus de 57% des plongeurs réguliers font une ou deux vacances de plongée chaque année et 25% en font trois ou quatre. Mentionnons également que:

  • la majorité des plongeurs sont célibataires;
  • environ 65% sont des hommes;
  • le plus important groupe d’âge est celui des 25-29 ans.

Pourquoi plonger en hiver?

La plongée sous glace peut paraître très périlleuse et inconfortable en raison du froid mais la réalité est tout autre. Il suffit de bien planifier les sorties pour minimiser les risques et en faire une expérience des plus agréables. Cette activité gagne de plus en plus d’adeptes et ceux-ci la jugent incomparable avec tout autre type de plongée puisque c’est l’hiver, sous la glace, que la visibilité dans l’eau est la meilleure de toute l’année.

La couche de glace crée une barrière naturelle contre le vent, réduisant ainsi les mouvements de l’eau responsables de la mise en suspension des particules qui détériorent beaucoup la visibilité. On profite alors d’eaux limpides pour observer une faune léthargique en attente de la belle saison. En eau salée, la plongée d’hiver est l’occasion d’observer des espèces qui remontent des profondeurs tout en profitant d’une visibilité extraordinaire.

Il existe plusieurs grossistes spécialisés dans le tourisme d’aventure qui programment des activités de plongées sous glace. On s’adresse à des voyageurs avides de nouvelles sensations et désireux d’explorer de nouveaux coins de pays. C’est le cas par exemple de Great Excursions qui propose de la plongée en hiver dans les plaines de la Saskatchewan. Cette activité fait également partie des nouveaux plaisirs d’hiver en France, dans les Hautes-Alpes, et en Haute-Savoie, notamment.

Voici quelques destinations parmi les plus renommées mondialement:

  • Lake Wiestal-Stausee, Autriche
  • Antarctique
  • Arctique
  • White Sea, Russie

Au Québec, de plus en plus d’entreprises d’expéditions de plongée proposent des sorties durant l’hiver. Par exemple, Tekdiv Exploration offre des plongées sous glace à la carrière de Kahnawake près de Montréal, tandis que Plongée Nautilus vend des excursions aux Escoumins et à la carrière de Deschambeault. Il existe d’ailleurs un club de plongeurs, adeptes de la plongée sous glace, «Les Baisers Blancs».

Peut-on qualifier la plongée sous glace de produit touristique en émergence? Pourquoi pas. Cette forme de plongée suscite de plus en plus d’intérêt parmi les plongeurs et ne manque pas d’intéresser une niche de voyageurs à la recherche de nouvelles expériences. Si on peut passer une nuit à l’hôtel de glace à Québec ou bien jouer au golf sur la banquise à Rimouski, pourquoi ne pourrait-on vendre de la plongée sous glace dans les endroits les plus propices au Québec?

Voir aussi

Fédération Québécoise des Activités Subaquatiques
Professional Association of Dive Instructors
Baisers blancs

Sources :
– Neirotti, Lisa Delpy. «An Introduction to Sport and Adventure Tourism», Sport and Adventure Tourism, 2003.
– The Higher Education Academy. «Ben Smith: Entrepreneurship in the Dive Industry – Part I», Hospitality, Leisure, Sport and Tourism Network, mai 2005.