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Produits et activités

Tourisme de montagne: un flot d’idées

La pérennité du tourisme de montagne ne repose pas uniquement sur les sports d’hiver. Les changements climatiques incitent à revoir les stratégies de développement touristique vers une diversification de l’offre à travers les saisons. Plusieurs régions du Québec et ailleurs sur le globe s’adaptent et innovent. Pour se démarquer, certains n’hésitent pas à développer des produits et services autour de l’eau. Voici quelques initiatives inspirantes qui donnent le goût de plonger dans l’action !  

Miser sur le bien-être : se la couler douce

Les acteurs de l’industrie touristique de montagne font preuve d’imagination pour créer de nouveaux produits et expériences répondant aux attentes de la clientèle en quête de bien-être. L’eau devient une composante majeure de cette offre, étant perçue à la fois comme stimulante, apaisante et possédant de nombreux bienfaits pour la santé.  

La station de ski française La Plagne propose plusieurs activités alliant l’eau et le bien-être. L’activité nature «Bivouac Consciences» se déroule sur deux journées d’expédition le long de l’Isère. La rivière sert de fil conducteur à trois activités : une séance de yoga au bord de l’eau, une descente en rafting sur 18 km et une initiation/ou un perfectionnement à la pêche à la mouche. 

Source : La Plagne 

Selon les responsables de l’expédition, le yoga permet aux participants de débuter le séjour en se concentrant sur l’essentiel. Cette première phase (ou étape) offre un espace pour atteindre un état de relaxation et de reconnexion à soi. La pêche est complémentaire créant un lien direct avec la rivière ainsi que son environnement visible et caché. Le rafting, quant à lui, vient équilibrer le tout en apportant une bonne dose d’adrénaline.  

En Suisse, un petit étang servant autrefois de réservoir pour alimenter la centrale électrique d’une scierie a été aménagé en 2003 en un centre de santé de la méthode Kneipp. Cette philosophie repose sur cinq principes fondamentaux : l’eau, les plantes, le mouvement, l’alimentation et l’équilibre. Cette doctrine soutient l’importance des thérapies naturelles ainsi que les forces de l’autoguérison du corps. Le site propose de la marche dans l’eau, un sentier pieds nus, un jardin d’herbes, des stations d’immersion et de repos.  

Source : Centre Kneipp de Schwandalpweiher  

Une vague d’adrénaline

L’eau rime parfois avec sensations fortes ! Certaines stations de ski ont usé d’imagination pour faire vivre des expériences sans nécessairement construire des structures imposantes et dispendieuses. Aquasensations est un parcours d’obstacles aquatiques à Val Cenis en Savoie qui intègre différents modules mélangeant accrobranches aquatiques, tyroliennes, cylindres, passerelle en bois, waterjump, etc. La vidéo suivante donne un aperçu. 

À Tignes, dans les Alpes françaises, Acroland invite les amateurs de sensations fortes à glisser sur de longs toboggans et à conclure leur descente dans les eaux du lac. L’installation propose trois niveaux de difficulté (6m, 9m, 12m) avec pour chacun d’entre eux la possibilité de choisir entre un toboggan avec tremplin, une piste avec une planche de bodyboards ou encore une descente sur des bouées gonflables. L’encadrement est assuré par Henri Authier, ancien champion de ski freestyle, spécialiste en acrobatie hot-jumping. 

Joindre l’utile à l’agréable

Les domaines skiables construisent de plus en plus de bassins de rétention pour l’enneigement artificiel. La plupart d’entre eux ne présentent aucun intérêt en termes de paysage ou de biodiversité. Quelques stations font preuve de souplesse et de créativité en permettant d’en faire de véritables ouvrages multifonctionnels sans nuire à la fonction de réservoir. C’est le cas du bassin de l’Alpe des Chaux, en Suisse, qui offre un espace de détente durant l’été avec une plage de gravier, une pataugeoire, une zone non-nageur et un bassin de natation. Selon les responsables du site, l’attractivité du site a dépassé les attentes puisque de 200 à 300 personnes par jour ont fréquenté les lieux alors que 100 visiteurs journaliers étaient prévus.  

Chaque goutte compte !

En raison de son fort attrait touristique, la gestion de l’eau n’est pas sans poser un problème. Sa forte consommation pour les multiples usages qui en sont faits met sous pression cette ressource naturelle limitée. S’ajoutent à cela les effets négatifs des changements climatiques qui affectent sa disponibilité et sa qualité. Il convient donc de construire un plan raisonné lors de la mise en place d’activités pour éviter de créer une pression supplémentaire dans son milieu.  

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Segments de clientèles

Accueillir les nouveaux arrivants, un jeu à la fois

Lors du congrès de l’Association of children’s museum* (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs musées pour enfants ont partagé des stratégies où l’art, la compassion, et l’éducation sont venus en aide aux populations d’immigrants et de réfugiés de leur région : ces initiatives sont devenues au fil du temps des services ancrés dans la communauté et la culture interne des musées.

Pourquoi des acteurs clés ?

Les musées peuvent agir dans leur communauté, grâce à leurs ressources et leurs missions sociales. Ils possèdent les capacités de créer des opportunités d’apprentissage informelles (hors du cadre scolaire) pour les familles d’immigrants et de réfugiés. Les musées pour enfants, particulièrement, sont des spécialistes pour créer des connexions avec les familles. En plus de faire du bien et d’accrocher un sourire aux visages, le jeu favorise l’apprentissage.

Le jeu est universel et traverse les frontières de la langue.

L’importance de briser les préjugés

La directrice Kathryn Jones du Boston Children’s Museum et ses partenaires ont développé le programme « Beneficiary Voice ». Il s’agit d’un processus qui aide les équipes des musées à mieux comprendre les besoins des communautés pour offrir des activités et des services adaptés. Elle souhaite ainsi briser les préjugés, les fausses croyances et les idées préconçues qui affectent la perception des familles d’immigrants et de réfugiés.

Voici quelques éléments clés du programme :

  • Avant même la conception d’une activité :
    • Prenez contact avec des organismes culturels ou communautaires pour cerner les besoins.
    • Passez du temps avec la communauté sélectionnée.
  • Testez l’activité avec des familles avant de la commercialiser :
    • Allez au-delà des objectifs éducatifs, pensez au bien-être des familles.
    • Privilégiez l’enregistrement des discussions au lieu de la prise de note afin que les participants aient le sentiment d’être écoutés.
    • Prévoyez une compensation pour les familles participantes.
  • Un mot : rétroaction !
    • Impliquez plusieurs départements du musée dans le processus. Tout le monde peut participer à l’amélioration d’une activité ou d’un programme.
    • Retournez voir la communauté pour vous assurer de bien comprendre leur point de vue.
    • Évaluez l’activité fréquemment.
    • Demandez l’avis des partenaires communautaires.

Les couleurs de l’Ukraine

La chercheuse Tetyana Lewińska de l’Université de Varsovie, en Pologne, s’est intéressée à l’accueil des réfugiés ukrainiens en Caroline du Nord. En collaboration avec le Kidzu Children’s Museum, elle a développé un programme pour aider les nouveaux arrivants à s’intégrer dans la communauté. Mme Lewińska a mis en place des activités en appliquant le concept de « Sensibilité interculturelle » qui réfère à la volonté, à la capacité et aux émotions nécessaires pour comprendre des personnes d’horizons différents. Cette approche est d’autant plus importante pour déchiffrer et accepter les valeurs des nouveaux arrivants, mais pour avoir également un regard sensible et attentif envers des enfants qui ont vécu des traumatismes.

Créé à l’été 2022, le programme Les couleurs de l’Ukraine proposait de créer de l’artisanat aux couleurs identitaires du pays. Les ateliers étaient proposés dans la langue maternelle des participants et en anglais. Les activités s’adressaient également aux parents afin de favoriser l’intégration complète de la famille.

Source : Facebook

À la suite de cette expérience, Mme Lewińska a développé des recommandations et des outils pratiques qui sont bénéfiques non seulement pour ce groupe de réfugiés d’Ukraine, mais qui pourraient également être appliqués dans différents groupes et communautés minoritaires. En voici quelques-uns :

1. Préparer un diagnostic des besoins : ajuster le programme et l’horaire des activités en fonction des besoins spécifiques du groupe. L’implication des représentants locaux de la diaspora ou des immigrants parlant la langue maternelle aide à ce processus.

2. Utiliser différentes ressources : recourir activement au soutien et à l’expérience pratique des organisations professionnelles, des centres de formation et d’éducation. Les ressources universitaires, les bibliothèques et les outils en ligne sont également une source intéressante d’informations.

3. Bâtir des activités durables : construire des relations prend du temps, alors abordez cela comme un marathon plutôt qu’un sprint. Planifiez les activités futures et maintenez le contact avec le groupe.

Mme Lewińska rappelle que parmi les nouveaux arrivants, il peut y avoir des personnes qui ont été victimes de violence armée directe, sont venues des territoires occupés, peuvent avoir vécu une expérience de traumatisme psychologique ou vivent actuellement la perte ou la maladie d’êtres chers. Si nécessaire, demandez l’avis d’un expert.

Ces initiatives d’inclusion ont eu un impact non seulement sur les familles bénéficiaires et les éducateurs, artistes et autres prestataires de services, mais aussi sur les musées eux-mêmes. En fin de compte, ces services créent un changement institutionnel positif et un engagement communautaire. L’empathie et l’enthousiasme font partie intégrante de la vie quotidienne et des opérations de chaque musée.

*Fondée en 1962, avec plus de 460 membres dans 50 états américains et 19 pays, l’ACM est la première société professionnelle au monde à soutenir et défendre les musées pour enfants.

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Produits et activités Réseaux de distribution

Que devient le tourisme éducatif ?

Le tourisme éducatif constitue un secteur d’activité qui reprend de la vigueur et qui offre de réelles possibilités pour l’industrie touristique. D’après Grand View Research (GVR), le marché mondial du tourisme éducatif s’élevait à 365,9 milliards de dollars américains en 2022. Les perspectives sont intéressantes : le taux de croissance annuel devrait se maintenir autour de 13 % de 2023 à 2030 pour atteindre 974,7 milliards de dollars américains d’ici 2030. 

Un scénario comparable se profile du côté du marché des États-Unis et du Canada, selon Future Market Insights. Le chiffre d’affaires de ce secteur devrait augmenter à un taux de croissance annuel de 12,6 % au cours de la période de prévision de 2023 à 2033, pour atteindre 300 milliards de dollars américains. Ce marché détient une part d’environ 25 à 30 % de l’industrie mondiale du tourisme éducatif. 

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, le tourisme éducatif : « réunit les types de tourisme ayant pour motivation première la participation du touriste à des activités d’apprentissage, de développement personnel, d’enrichissement intellectuel et de perfectionnement des compétences, et l’expérience correspondante. Le tourisme éducatif recouvre une large gamme de produits et de services liés aux études, séjours de renforcement des compétences, voyages scolaires, stages sportifs, formations axées sur la progression professionnelle et cours de langues, entre autres. » Afin de circonscrire le sujet du tourisme éducatif, cette analyse se portera davantage sur les voyages scolaires. 

L’Amérique du Nord : destination populaire

Pourquoi le territoire nord-américain se démarque-t-il ? Selon les spécialistes du milieu, les États-Unis et le Canada possèdent tous deux un riche patrimoine culturel et historique, avec de nombreux monuments, musées et sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces attractions peuvent attirer des touristes internationaux qui souhaitent en savoir plus sur l’histoire, l’art, l’architecture et les traditions de ces pays.  

Les deux destinations sont également reconnues pour leurs paysages variés : des parcs nationaux, des montagnes, des forêts et des littoraux à couper le souffle. Les programmes éducatifs en plein air, l’écotourisme et le tourisme d’aventure ont gagné en popularité alors que les voyageurs cherchent des occasions d’explorer et d’apprendre sur l’environnement, la conservation et les pratiques durables. À cet égard, des entreprises en conception de voyages éducatifs soumettent de belles propositions. C’est notamment le cas d’Éducatours qui offre un itinéraire au cœur de la nature albertaine ou de Terra Ultima qui propose un séjour au Nunavik (voir l’image plus bas). 

Source de l’image : Instagram 

Cette combinaison de richesses culturelles et naturelles pourrait faire du Canada une destination privilégiée dans les prochaines années pour le tourisme éducatif. 

L’influence des parents

Selon le dernier rapport de Skift, les voyages éducatifs sont liés à la tendance plus large de la croissance des voyages immersifs. Les millénariaux aspirent à voyager et lorsqu’ils deviennent parents, il n’est pas surprenant qu’ils encouragent leurs enfants à explorer le monde. 

D’après une étude de EF Educational Tours réalisée auprès de 932 parents américains d’enfants de la maternelle à la 12e année en 2022, 90 % des parents millénariaux accordent désormais la priorité aux opportunités d’apprentissage après de nombreuses occasions manquées à cause de la COVID-19. L’immersion dans la vie réelle, hors de la salle de classe, est perçue comme le meilleur moyen pour les enfants d’acquérir des compétences non techniques essentielles (persévérance, autonomie, leadership, etc.).  

Les agences et fournisseurs : pour tous les goûts 

Les fournisseurs de services de tourisme éducatif aux États-Unis et au Canada élargissent leurs offres pour répondre à un large éventail d’intérêts et d’objectifs d’apprentissage. Ils développent divers programmes tels que l’immersion linguistique, les échanges culturels, les expériences axées sur les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques), les compétences non techniques, etc.  EF Educational Tours propose un voyage culturel avec une conférence de trois jours sur le leadership. Quant à l’agence Explorica, elle offre différents circuits à travers le monde : menant à la découverte d’applications pratiques et amusantes de sciences et technologies. Une des propositions est la visite du plus grand parc éolien au monde à Copenhague, au Danemark. 

Source de l’image : EF Educational Tours 

Quelques autres fournisseurs de services se concentrent sur la prestation d’activités d’apprentissage pratique et expérientiel. Ils conçoivent des programmes qui impliquent des activités manuelles, des visites de sites, des ateliers interactifs et des expériences culturelles immersives. Ils visent à améliorer les acquis académiques et l’engagement. Par exemple, la compagnie Prométour offre un circuit de sensibilisation communautaire à Montréal qui permet aux jeunes de profiter des attraits de la métropole tout en redonnant à leur prochain avec des activités de bénévolat à Moisson Montréal et avec Les amis de la montagne. 

Au-delà des chiffres, l’impact du tourisme éducatif

Le tourisme est un vecteur damélioration pour léducation et pour le développement des compétences des jeunes. Il s’agit de former les citoyens et les voyageurs de demain.

Les générations Z et Alpha ont été brimées par la pandémie de COVID-19 qui a surgi à une période décisive d’apprentissage social et émotionnel. Il y a une volonté très forte de rattraper le temps perdu et de pallier les manques au niveau éducatif.  

Dans ce contexte, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) estime, dans l’un de ses rapports, que le tourisme est un vecteur d’amélioration pour l’éducation et pour le développement des compétences des jeunes. Il s’agit de former les citoyens et les voyageurs de demain. À cet effet, l’OMT recommande notamment de : 

-Fournir un soutien officiel aux voyages scolaires et aux programmes internationaux de mobilité et d’échange d’étudiants. 

-Intégrer des pratiques responsables dans les programmes de voyages éducatifs pour s’assurer que les jeunes comprennent l’impact de leurs visites.  

-Développer des expériences qui favorisent l’échange interculturel et le dialogue entre les locaux et les visiteurs. 

Les jeunes seront confrontés à de nombreuses opportunités et des défis qui les obligeront à utiliser leurs compétences linguistiques, de communication et d’adaptation de manière nouvelle et innovante. Sommes-nous prêts à soutenir leurs ambitions ? Plusieurs incitatifs sont proposés pour aider financièrement les familles et les écoles. Le gouvernement du Québec offre des appuis monétaires pour les sorties en milieu culturel et scientifique. Plusieurs entreprises touristiques participent à ces programmes. Et vous ?  

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Ressources humaines

Vers du personnel vert ?

La transition verte stimule l’émergence de nouveaux secteurs économiques, comme la mobilité durable, les énergies renouvelables, la construction écoresponsable, et l’adaptation aux changements climatiques. Ces changements influencent les besoins de main-d’œuvre ainsi que les compétences et les connaissances requises sur le marché du travail. L’organisme ECO Canada estime qu’environ 37 % des besoins d’embauche d’ici 2025 nécessiteront des travailleurs et travailleuses ayant des compétences « vertes ». Deux catégories se dessinent : les emplois verts et les emplois verdissants. Quelle est la différence ? 

Emploi vert : 100 % de la fonction est consacrée à des tâches liées à l’environnement. 

Le Musée royal de l’Ontario compte dans son équipe un conservateur dédié exclusivement aux changements climatiques. C’est une première en Amérique du Nord. Par la programmation, l’éducation et les expositions, le Dr Soren Brothers sensibilise le public et incite les actions pour faire face à l’urgence de la situation et la durabilité.   

Emploi verdissant : métier dont la finalité n’est pas environnementale, mais qui intègre de plus en plus d’activités « vertes », jusqu’à ce qu’elles représentent au moins 50 % des tâches d’une personne.  

Le Bucuti & Tara Beach Resort à Aruba offre les services d’un concierge spécialiste en environnement. En plus de ses tâches habituelles, il fournit toute l’assistance et les informations nécessaires pour aider les visiteurs à compenser les émissions de carbone émises par leurs déplacements au cours de leur séjour. 

Plusieurs PME touristiques, surtout en contexte de pénurie de main-d’œuvre, gagnent à miser sur le verdissement de leurs emplois. Cette hybridation des compétences permet d’entreprendre concrètement une transition verte et de mobiliser le personnel vers un changement organisationnel durable. 

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Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Marketing Produits et activités

Renouveau dans les boutiques de musée

Les boutiques jouent un rôle essentiel dans les musées. Elles sont le reflet de la mission, des collections et des programmes des institutions auxquelles elles appartiennent. Sources de revenus, elles permettent aux visiteurs de poursuivre l’expérience muséale à la maison grâce aux souvenirs tangibles qu’ils se sont procurés.

Selon l’American Alliance of Museums, ces lieux s’avèrent des ambassadeurs de première ligne puisqu’ils sont souvent le dernier endroit fréquenté par les visiteurs. Les résultats de l’étude de la firme de recherche IMPACTS Experience permettent de constater que les expériences vécues en boutique renforcent la satisfaction globale des clients, voilà une opportunité de les fidéliser en créant un sentiment de fierté et d’appartenance.

Conscientes de leur rôle, les boutiques souvenirs se renouvellent afin d’être en continuité avec l’expérience muséale.

Se souvenir de son expérience

Plusieurs boutiques n’hésitent pas à devenir le prolongement du parcours muséal et des expositions afin de faire perdurer l’expérience du visiteur. Lors du congrès de l’Association of children’s museum (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs intervenants ont partagé leurs stratégies sur la façon dont les musées pour enfants ont repensé leurs boutiques pour transformer cet espace transactionnel en une expérience de jeu et d’apprentissage.

Le Scott Family Amazeum invite chaque mois des créateurs et fabricants locaux dans leur boutique. Ceux-ci ont l’occasion de présenter leur produit et leur savoir-faire durant des ateliers d’animation. Au Louisiana Children’s Museum, le choix des objets est constamment remis en question. Tous les articles qui s’y trouvent doivent permettre aux enfants de se souvenir de leur passage au musée.

La valeur éducative, la durabilité, l’équité et la joie sont les critères de sélection. La responsable de la boutique du Kidspace Children’s Museum n’hésite pas à collaborer avec les membres du personnel responsable de l’éducation et des expositions pour assurer une continuité entre l’espace de vente et le contenu du musée. Les enfants sont libres de découvrir les jeux dans des zones qui leur sont dédiées (voir la photo).

Source : Instagram

Dans tous les cas, les efforts mis dans les boutiques sont récompensés. Les profits des ventes augmentent, tout comme la satisfaction des visiteurs, petits et grands.

Devenir un acteur de son temps

Alors que les musées et les galeries du monde entier mettent davantage l’accent sur la durabilité et les initiatives vertes, leurs boutiques constituent un véhicule efficace pour démontrer l’engagement des institutions envers la conservation et pour inspirer les visiteurs à faire de même. Les actions touchent autant le choix des produits que les opérations menées au sein même du lieu de vente. Respect de l’environnement, inclusivité et produits locaux sont les mots qui animent plusieurs boutiques afin d’offrir une expérience d’achat unique et significative.

Le Botanics Shop du Royal Botanic Garden à Édimbourg a été transformé en 2020 en un espace de vente attrayant conçu pour respecter les principes du développement durable, l’identité et les valeurs du lieu.

Source : Facebook

Le Seattle Art Museum vend des produits réalisés par des artistes autochtones locaux du Firewoman Studio. Quant au Museum of Flight, il propose une horloge murale à turbine à moteur à réaction fabriquée aux États-Unis par The Chicago Lighthouse, une organisation au service des communautés aveugles, malvoyantes, handicapées et vétérans.

Les souvenirs en un clic

La présence en ligne des boutiques s’est considérablement accélérée depuis la pandémie de COVID-19. En 2021, plus de 68 % des institutions culturelles américaines avaient des boutiques en ligne, d’après la Museum Store Association. Ce chiffre continue de croître.

Ces boutiques numériques évoluent pour répondre aux attentes des consommateurs. La nouvelle génération d’acheteurs (majoritairement les Y) passe désormais plus de temps en ligne pour faire des achats. Ils aiment avoir accès à un grand éventail de produits, mais ils s’intéressent aussi aux histoires derrière leurs trouvailles, notamment celle du fabricant. Les plateformes numériques s’avèrent idéales pour explorer les récits de façon originale et captivante.

Pendant la pandémie, les musées de Birmingham ont profité de l’occasion pour réorganiser leur boutique en ligne afin d’accroître leur attractivité auprès d’une clientèle en pleine expansion. Le nouveau site Web met en valeur les fabricants locaux, et présente un blogue qui illustre le savoir-faire, les histoires et les personnalités derrière les produits. La nouvelle mise en page conviviale aide à rendre la navigation et l’expérience d’achat plus agréable. Les concepteurs ont remporté le prix de la meilleure boutique en ligne au Cultural Enterprises Award 2022.

Source : Birmingham museums shop

Le virage numérique se fait aussi ressentir via de nouveaux produits. Certains musées offrent des NFT (jeton non fongible) créés à partir des œuvres de leurs collections. C’est le cas du Grand Palais immersif à Paris et du château de Chantilly. Offerts en série limitée et donnant certains privilèges, ils constituent une manière originale de diversifier ses revenus dans un marché émergent (Lire aussi : Les voyageurs québécois et le Web 3.0).

 

Ouvrir les portes de la boutique

La vente au détail dans les musées se réinvente. Les partenariats avec les artistes et les marques permettent de pousser le concept de produit dérivé à un autre niveau et d’attirer les consommateurs grâce à des offres de produits exclusifs. Certaines boutiques sortent des musées et créent des installations éphémères afin de rejoindre de nouveaux publics. Bref, c’est un monde en effervescence !

Chaque année, la Museum Store Association organise le Museum Store Sunday. La population est invitée à encourager leurs boutiques d’institutions culturelles préférées en y effectuant un achat. Cet événement international aurait avantage à être promu au Québec. Qu’en pensez-vous ?

 

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Gestion Produits et activités

Petits musées : voir grand avec peu

Lors du congrès de l’Association of Children’s Museum* (ACM), qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans du 26 au 28 avril 2023, plusieurs intervenants ont partagé leurs stratégies sur la façon dont les petits musées peuvent maintenir leur dynamisme et leur impact dans leur communauté avec un budget limité. 

Qu’est-ce qu’un petit musée ? 

Selon l’ACM, il s’agit d’un musée ayant : 

  • Un budget de fonctionnement inférieur à un demi-million de dollars US.  
  • Une superficie de moins de 12 000 pieds carrés.
  • Une équipe de moins de 14 personnes. 

L’importance du personnel : la richesse d’une petite équipe

« Je pense que le luxe d’un petit musée est que l’on apprend à bien connaître les gens. Vous voyez rapidement leurs forces et leurs faiblesses. C’est la raison pour laquelle il est si important d’embaucher les bonnes personnes. » (traduction libre) — Amarinda Keys  

Le personnel constitue la clé de voûte du succès pour beaucoup de petites entreprises touristiques. Plusieurs voient la taille de leur équipe comme un défi, mais il s’agit pour la directrice générale du Children’s Discovery Museum (Maine, États-Unis), Amarinda Keys, d’un atout unique pour bâtir des relations fortes et développer les talents de chacun. Chaque poste à combler permet d’investir dans une personne, dans sa passion et dans son intérêt à porter la mission de l’organisation.  

Source : Facebook Children’s Discovery Museum

Mme Keys mise sur trois facteurs essentiels pour favoriser la réussite de son équipe et de son musée : 

-La confiance: élément clé pour la performance d’une petite équipe. Tous les membres du personnel doivent être capables de se fier aux compétences des autres coéquipiers, à leur capacité à effectuer leurs tâches et à faire preuve d’initiative en cas de problème. La confiance se bâtit avec une communication franche et ouverte, et de la rétroaction sur une base régulière. 

-La flexibilité : une ouverture est requise de la part de l’employé et du gestionnaire. Dans ce type d’organisation, les tâches sont diversifiées et les ressources limitées. En contrepartie, le gestionnaire doit s’adapter aux forces des membres du personnel. Mettre les passions et les talents de chacun en valeur dans leurs tâches quotidiennes devient une façon de les motiver.   

-La collaboration : s’unir à d’autres organisations lors d’événements permet de diversifier les tâches des membres de l’équipe, d’offrir un nouveau contexte d’apprentissage au personnel et de bonifier la visibilité du musée. Cette coopétition augmente considérablement la force d’action.

Espace limité : entre stratégie et création

« Nous devons sortir des sentiers battus, car le concept traditionnel d’exposition ne fonctionne pas pour nous. Je pense qu’il faut voir cela comme l’une de nos forces. » (traduction libre) — Erin Dowdall  

La directrice du Wonder Works Children’s Museum (Illinois, États-Unis), Erin Dowdall, connaît bien les défis reliés au manque d’espace. Avec seulement 6400 pieds carrés pour accueillir six stations d’activités et d’expositions, en plus de tous les espaces fonctionnels (coin repas, accueil, rangement, administration, etc.), elle mise sur la créativité pour renouveler le lieu tout en respectant son budget. Mme Dowdall a totalement revu la conception de son espace et rebâtit son modèle budgétaire. Son équipe a réinventé le lieu de travail et recherche désormais des opportunités d’exposition non traditionnelles qui s’adaptent mieux à la réalité peu commune d’un petit musée. 

Les espaces d’exposition de cet établissement sont multifonctionnels et ils ne comportent plus de structure permanente. Tout le mobilier et les objets sont polyvalents. Ils peuvent être déplacés pour permettre au lieu de changer de vocation rapidement. Les salles d’art et de repas accueillent plusieurs activités, telles que des fêtes d’anniversaire et des événements spéciaux. Toutes les installations se montent et se convertissent en 30 minutes. Selon Mme Dowdall, l’âge de sa clientèle est un avantage. Elle est principalement constituée de jeunes enfants, et de simples changements peuvent apporter un effet « wow » assez facilement ! Cette nouvelle conception de l’espace a un impact direct sur les expositions et la programmation du musée. Il est enfin possible d’organiser des événements et des semaines thématiques, ce qui diversifie les sources de revenus. 

Il n’y a plus de place à l’intérieur ? Sortez votre musée à l’extérieur de ses murs ! Mme Dowdall a fait le choix de sacrifier quelques places de stationnement pour créer un espace supplémentaire et n’hésite pas à demander l’accord de la ville pour fermer la rue à côté de son organisation afin d’y tenir des événements de plus grande envergure pour le plaisir des participants. Comme en témoignent les images suivantes d’un festival en plein air qui célébrait la magie et la science des bulles, le plaisir est au rendez-vous ! 

Source : Wonder Works Children Museum

Une programmation adaptée

Le Children’s Museum Curaçao se situe au cœur des Caraïbes. Bien que l’établissement accueille des touristes, les habitants de l’île forment la majorité de la clientèle. Pour contrer les enjeux de récurrence du public et de ressources limitées, il est primordial de motiver la clientèle locale à revisiter le musée, en renouvelant l’expérience. Pour la directrice générale, Rohani de Pont, une programmation diversifiée, éducative, mais surtout amusante est la clé vers la réussite. 

La programmation du musée repose sur cinq thématiques : l’art, la culture, la littérature, la nature ainsi que les sciences et technologies. Ces thèmes se déclinent dans quatre catégories : 

1. Programmation régulière : activités récurrentes proposées plusieurs fois par semaine. Les coûts associés dans le budget annuel sont déterminés selon le nombre de visiteurs ciblés.  

2. Programmation spéciale : activités liées à des événements ou à des occasions spéciales (fête des Mères, fête nationale, Halloween, etc.). La qualité de l’animation l’emporte sur la rentabilité et les profits. 

3. Programmation commerciale : organisation d’événements spéciaux à but lucratif. Les activités se tiennent en dehors des heures d’ouverture régulières (nuit au musée, location des locaux par des entreprises privées). Les coûts demandés pour occuper les espaces du musée représentent un pourcentage du bénéfice attendu par les organisateurs. C’est une belle occasion de mettre en valeur les atouts du musée et d’attirer une nouvelle clientèle. 

4. Programmation éducative : activités destinées aux écoles. En semaine, le musée reçoit cette clientèle ou se déplace dans les établissements scolaires. Le financement provient des campagnes de dons.  

Source : Instagram du Children’s Museum Curaçao

La rentabilité demeure un aspect important pour le maintien des activités muséales. Pour Mme de Pont, réutiliser les ressources des expositions et des activités est primordial afin de maintenir une stabilité budgétaire et d’avoir un impact positif sur son île. Elle n’hésite pas à intégrer le recyclage à sa programmation avec des activités de sensibilisation ou des bricolages.  

Que ce soit ici ou ailleurs, les petits musées sont souvent confrontés aux problèmes d’espace et de ressources limitées. Les cas présentés sont des exemples qui démontrent que les contraintes donnent aussi l’occasion de se réinventer, afin de rester proche de ses visiteurs et de poursuivre sa mission. Qu’en pensez-vous ? 

*Fondée en 1962, avec plus de 460 membres dans 50 états américains et 19 pays, l’ACM est la première société professionnelle au monde à soutenir et défendre les musées pour enfants.  

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Hébergement Tourisme durable

Tourisme social au cœur de Portneuf

Offrir un hébergement qui génère des revenus suffisants pour assurer la pérennité de sa mission sociale tout en soutenant sa communauté ; voilà ce que le projet de tourisme solidaire du camp Portneuf propose ! 

Répondre à des besoins

Depuis plus de 75 ans, la mission du camp Portneuf, situé dans la région de la Capitale-Nationale, est d’« offrir des programmes d’activités de plein air aux enfants et aux familles axés sur le développement de la personne et l’expérience de la vie de groupe en milieu naturel, et conserver l’accessibilité des camps aux familles ». Plusieurs programmes et activités communautaires soutiennent cette mission tels que l’accueil des familles moins favorisées et l’inclusion des jeunes à besoins particuliers. 

Au fil des années, il était de plus en plus difficile de concilier la mission du camp et un modèle d’affaires. Il devenait impératif de trouver des solutions pour assurer le financement de l’organisation. C’est alors que la direction générale, Olivier Lauzon, et son personnel ont mis en place un projet de tourisme social avec la construction de six yourtes quatre-saisons prêtes à camper entre septembre 2020 et juillet 2021. Cette idée arrivait à point, puisqu’il y avait aussi une volonté du milieu de développer le volet récréotouristique et d’hébergement de la grande région de Portneuf. 

Les yourtes sont offertes à deux types de clientèles : 

– La clientèle touristique : les revenus nets provenant de la location de yourtes sont ensuite versés dans un fonds d’accessibilité. 

— La clientèle bénéficiant du fonds d’accessibilité : enfants et familles à faibles revenus, organismes, personne seule.   

Source: Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche 

Plusieurs partenaires majeurs tels que la MRC de Portneuf et la ville de Saint-Raymond ont apporté leur soutien financier au camp. M. Lauzon est particulièrement fier de la capacité de son organisation à porter ce projet et de la mobilisation qu’il a créée dans la région.  

Retombées : des chiffres et des étincelles dans les yeux

C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Les revenus tirés des hébergements ont permis de créer un fond d’accessibilité. Pour les deux premières années, 20 000 $ fut remis en aide financière aux participants des projets d’intervention. 43 enfants, 9 familles et 2 organisations furent soutenues. Au-delà des chiffres, M. Lauzon explique qu’il est très satisfaisant de voir des jeunes profiter du plein air, souvent pour la première fois. C’est une belle opportunité d’offrir du répit et des moments de bonheur à des familles qui ont rarement la chance d’avoir des vacances.  

Le camp Portneuf a remporté le prix Excellence développement et innovation 2022 dans la catégorie camp de vacances ou camp familial certifié lors du congrès de l’Association des camps du Québec. Une belle reconnaissance des pairs. 

Le futur du projet : petite yourte va loin

Le projet a le vent dans les voiles. D’autres offres d’hébergements seront ajoutées sur le site pour assurer une stabilité et une autonomie financière en soutien aux nombreux programmes sociaux qui ne cessent de croître au camp.  

La prochaine étape sera de s’intégrer davantage dans l’offre touristique de la région et de créer des partenariats avec l’industrie. D’ailleurs, le développement d’une seconde image de marque plus récréotouristique est en cours de production.  

Le camp Portneuf est un bon exemple d’organisation qui a su trouver une manière d’assurer sa pérennité en ayant accès à de nouveaux marchés et en développant le tourisme social dans sa région. Qu’en pensez-vous ? 

Image à la une  : Camp de Portneuf. Crédit Simon Laroche

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Produits et activités

Exposition immersive : ne faire qu’un avec la culture

Depuis quelques années, les expositions immersives gagnent en popularité (lire aussi : l’immersion en culture). Ces nouveaux concepts artistiques, appuyés par des technologies numériques, représentent une occasion de séduire un plus large public. 

Ces propositions induisent un niveau d’engagement avec la culture qui diffère de celui que génère l’offre plus classique. Elles placent le spectateur au centre de l’œuvre en favorisant son implication dans un environnement réel ou imaginaire. Ainsi, les barrières se brisent entre l’artiste et le public entraînant une connexion sans précédent. Le visiteur accueille l’information d’une nouvelle manière en se laissant imprégner par une animation immersive.  

L’exposition Van Gogh Distorsion, créée à Montréal, incarne bien cette tendance. Des projections sur le plafond, le plancher, les murs et le mobilier du lieu favorisent une immersion dans l’univers du peintre. La vidéo suivante montre un aperçu de l’expérience. 

Les expositions immersives peuvent aussi donner une deuxième vie au patrimoine industriel. Les anciens sites ou entrepôts se prêtent bien à l’accueil de ce type d’installations. Dans le cas de l’entreprise Culturespaces, elle a transformé l’ancienne usine à gaz de Westergasfabriek à Amsterdam et une base sous-marine datant de la Seconde Guerre mondiale à Bordeaux, en centres d’art numérique (voir la vidéo suivante). 

Le New York Hall of Science a créé « Connected Worlds », un écosystème à grande échelle composé de six habitats différents, reliés par un plancher interactif et une cascade d’eau numérique de 14 mètres de haut. Les visiteurs peuvent non seulement découvrir le lieu, mais ont aussi la chance de remodeler les environnements par leurs actions. L’interaction et l’immersion rehaussent l’intensité de l’expérience. Parfait pour les petits comme les grands !  

Les activités culturelles immersives constituent une offre intéressante et complémentaire à l’offre muséale actuelle. Qu’en pensez-vous ?  

Image à la une : photo personnelle de l’autrice

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2023 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Segments de clientèles

Démystifier les jeunes voyageurs de A à « Z »

La génération Z est un sujet de discussion très populaire dans l’écosystème touristique. Ces jeunes nés entre 1997 et 2012 (varie d’un an ou deux selon les sources) représentent 18,2 % de la population du pays, d’après Statistique Canada. Selon cet organisme gouvernemental, ce groupe démographique pourrait devenir supérieur en nombre à celui des baby-boomers en 2032 et à celui des millénariaux en 2045. À l’échelle de la planète, ils sont environ deux milliards.  

Cette analyse cherche à démystifier ce qui caractérise la Gen Z comme segment de clientèle afin d’apporter un autre regard sur une génération qui fait sa place dans un monde en turbulence. Une attention particulière est mise sur la portion plus âgée de cette génération, soit les 18-25 ans, puisqu’elle constitue le créneau qui se déplace davantage, gagnant en liberté et en autonomie financière.  

La pandémie de COVID-19

Les jeunes ont été durement touchés par la crise de la COVID-19. La pandémie est arrivée, pour plusieurs individus de cette génération, à une période où des expériences sociales et émotionnelles auraient dû se produire. Notamment les premiers voyages sans les parents, une étape durant laquelle tant d’apprentissages de la vie se produisent. Ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? 

Source : Pexels 

Je veux vivre

Les profils de voyageurs de la firme internationale YouGov démontrent que la génération Z souhaite en apprendre davantage sur les autres cultures et prendre part à des « expériences de la vie réelle » pendant leurs voyages, comme aller à la rencontre de la communauté et du patrimoine. Les jeunes de la Gen Z sont également plus enclins à s’intéresser à des activités de bénévolat et à l’écotourisme. Le désir de faire quelque chose de significatif et de redonner à la communauté alimente cet intérêt.  

Je veux voir le monde 

Ce segment de clientèle souhaite profiter de la réouverture des frontières pour explorer le monde. Par exemple, l’étude réalisée en août 2022 par Collage group auprès de 4 800 répondants américains révèle que 55 % des 18-25 ans préfèrent partir à l’extérieur du pays plutôt que d’y rester pour leurs vacances. Pour les membres plus jeunes (ceux âgés de 13 à 17 ans), le désir de voyager à l’étranger s’élève à 61 %.  

Les voyages en famille  

Les 18-25 ans ont beaucoup aimé voyager en famille durant leur enfance et gardent de bons souvenirs de ces voyages. Aujourd’hui prêts à voler de leurs propres ailes, ils souhaitent répéter des expériences vécues. D’après la firme de sondage YouGov et Skift, les individus de la Gen Z qui proviennent d’un milieu à revenu moyen à élevé sont particulièrement sensibles au luxe et souhaitent répéter les mêmes expériences vécues lors de leurs voyages en famille. Ces attentes se transposent dans leur choix maintenant qu’ils sont autonomes. 

Source : Unsplash 

Luttes sociales et climatiques

La génération Z grandit avec une prise de conscience accrue des problèmes mondiaux, tels que les changements climatiques et l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. Selon l’OMT, elle est mieux équipée que n’importe quelle autre génération pour discuter de ces questions et se mobiliser grâce aux médias sociaux. Ces nouveaux voyageurs semblent plus sensibles aux enjeux environnementaux avec leur choix de transport, d’hébergement et d’activités.  

Oui, mais… 

Comme pour le reste de la population, la génération Z choisit principalement un vol en fonction du prix, de la sécurité ou de la réputation de la compagnie et du nombre d’escales.

À la lumière des différents sondages menée sur la conscience durable des Z, il est intéressant de constater que le comportement réel peut souvent diverger des intentions. Parmi les principaux obstacles à l’action figure l’accessibilité des produits et services ainsi que leurs coûts croissants. Beaucoup de ces jeunes n’ont pas encore de stabilité financière, ce qui crée un décalage entre leur intention et leurs actions lors de la réservation de voyages et d’hébergement. 

Cette contrainte se remarque également lors du choix de transport. Par exemple, en France, la Chaire Pégase (rattachée à Montpellier Business School) a analysé deux échantillons représentatifs des 15-24 ans (800 répondants) et des 25 ans et plus (1010 répondants) en 2022. Les résultats du rapport permettent d’affirmer que même s’ils sont sensibles aux enjeux environnementaux, l’empreinte carbone de leur déplacement n’est que le septième critère de choix (sur 10). Comme pour le reste de la population, la génération Z choisit principalement un vol en fonction du prix, de la sécurité ou de la réputation de la compagnie et du nombre d’escales. Il reste donc à voir si les choix de la Gen Z refléteront leurs valeurs à mesure que leur pouvoir d’achat augmentera avec le temps. 

Cette génération arrive dans le monde du voyage avec un bagage hors de l’ordinaire. Mieux la connaître s’avère essentiel dans un contexte où l’industrie touristique se redéfinit et a soif de nouvelles clientèles. Êtes-vous prêt ? 

Image à la une : Pexels

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Produits et activités Technologies

S’unir pour devenir plus « SMART »

Qu’ont en commun le Musée des machines textiles, l’écomusée Val Résia, le château de Ritz et le Musée de la machine à écrire ? Hormis le fait qu’ils sont tous situés dans les Alpes italiennes, il s’agit d’institutions muséales qui se sont associées pour former le SMART (Small Museums Alliance Representing Territories). Ce projet vise à accroître l’attractivité et l’accessibilité par la création de nouveaux produits culturels supportés par la technologie.  

Le projet SMART vise trois objectifs spécifiques :  

-La valorisation des identités locales et du patrimoine historique et naturel ;

-La promotion du design universel à travers des parcours multisensoriels capables de rendre la découverte du territoire personnalisée et inclusive ;

-La diffusion des itinéraires touristiques multimédias pouvant exploiter les nouvelles technologies, telles que la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

Le partenariat entre les musées repose sur quatre composantes clés :  

L’accessibilité 

L’accessibilité est le thème central du projet. L’expérience est adaptée à toutes les catégories de visiteurs que ce soit les familles, les groupes scolaires, les personnes à mobilité réduite ou à besoins particuliers, les touristes internationaux et les locaux.  

L’innovation

Les solutions technologiques optimisent la découverte des territoires et valorisent les musées. Le contenu diffusé avec la réalité augmentée permet à la fois d’offrir une expérience plus complète in situ et donne la chance aux visiteurs de mieux comprendre les milieux alpins dans leur complexité, leur diversité et leurs similitudes. 

La participation 

L’implication des communautés locales est au cœur du projet. Elles valorisent le patrimoine culturel en tant que bien commun en créant une prise de conscience sur sa richesse et sa fragilité et en misant sur le sentiment d’appartenance. De plus, elles participent à la conception du contenu de certaines activités grâce à des ateliers de création où elles partagent leurs histoires et leurs connaissances à l’écrit ou à l’oral. 

La stratégie 

Le projet comprend la promotion et la valorisation d’une identité alpine commune. La plateforme virtuelle développée par les responsables de SMART servira ultimement d’espace de coopération fournissant notamment des connaissances, des guides, des outils numériques aux experts de la région. 

Depuis 2019, de nombreux projets ont été développés en collaboration avec les citoyens et les responsables des musées, totalisant 1,5 millions de dollars canadiens.  

Voici quelques exemples : 

-3 parcours audio 

-4 visites virtuelles pour chacun des musées 

-8 reproductions numériques (voir image) 

(Exemple d’un Krösma, source : Economusée Val Résia)

-20 impressions 3D 

-Un film accessible en réalité virtuelle

-3 webinaires/moocs pour la formation à distance des parties prenantes sur la participation, l’accessibilité et l’innovation 

-Une plateforme Web pour une exposition comprenant des éléments de réalité virtuelle et du contenu multimédia (voir l’image suivante). 

Source : SMART 

Ce regroupement de musées prouve qu’il est possible de promouvoir linnovation, linclusivité et laccessibilité pour tous dans le secteur culturel. La technologie devient un outil formidable pour briser des barrières physiques sans compromettre la connexion que les communautés développent avec leur territoire et leur patrimoine.  

Image à la une : Pexels