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Enjeux Transport

(Éco)Mobilité vers les espaces naturels et les régions rurales

De nombreux Québécois et touristes sont restreints lorsqu’ils visitent la province sans voiture. Se rendre dans des parcs et des campagnes semble parfois même impossible pour ce type de visiteur. Des navettes ou des projets de partenariat avec les compagnies de transport collectif pourraient contribuer à résoudre cette problématique. Nous avons sélectionné trois exemples de bonnes pratiques qui illustrent des solutions d’écomobilité vers des espaces naturels.

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Enjeux Technologies

La nécessité des bureaux d’information touristique de se réinventer

La multiplication des sources de renseignement pousse les bureaux d’information touristique à redéfinir leur contribution dans l’accueil des visiteurs. Depuis qu’Internet et les téléphones intelligents favorisent l’autonomie des touristes dans la planification de leur séjour et dans leur orientation à destination, ces centres enregistrent des baisses d’achalandage. Cela dit, comme le confirme une enquête réalisée auprès de 782 voyageurs sur le rôle joué par les bureaux d’information touristique en Australie, ces derniers réussissent à influencer 18% des visiteurs à prolonger leur séjour. Quels sont les nouveaux défis que doivent relever ces intervenants de l’industrie?

La pertinence des bureaux d’information touristique

Les voyageurs sont submergés d’informations touristiques et par la même occasion aux prises avec la difficulté de juger de la crédibilité des sources ainsi que de la qualité et de l’authenticité du contenu. Envahis par cette profusion de renseignements, les visiteurs se fient souvent à leur intuition, à leurs souvenirs ou aux recommandations de leurs amis pour évaluer les expériences touristiques qui leur sont proposées.

Cette dynamique renforce l’importance des bureaux d’accueil et d’information touristique, souvent perçus comme une source de renseignements impartiale et de qualité. Dans ce sens, ces établissements sont très bien placés pour jouer un rôle unique d’accueil et d’orientation auprès des voyageurs.

Ces bureaux sont d’autant plus pertinents de nos jours où un nombre croissant de touristes voyagent de manière indépendante et réservent à la dernière minute. Le personnel des bureaux d’information touristique peut influencer cette catégorie de visiteurs qui planifient leurs séjours de manière très flexible et qui sont plus enclins à la spontanéité.

Un pouvoir influent auprès des voyageurs

Selon l’étude australienne mentionnée précédemment et comme l’illustre le tableau 1, les touristes en visite au centre d’information touristique ont très peu planifié leur voyage, à l’exclusion de l’hébergement, ce qui les garde flexibles et ouverts à intégrer de nouvelles offres à leur séjour.

 

Dans le même ordre d’idées, l’enquête de PhoCusWright réalisée en 2010 auprès de 2 763 participants indique que 45% des répondants disent ne réserver leurs activités qu’une fois arrivés à destination. Ces résultats laissent supposer que les bureaux d’information touristique peuvent influencer la durée et le budget de voyage des touristes dans une région donnée.

En outre, plus de 35% des participants à l’étude australienne ont été encouragés à visiter les régions avoisinantes à la suite des conseils du personnel des bureaux d’information touristique. Cela démontre la pertinence d’un travail collaboratif entre ces établissements des différentes villes et régions.

Une nécessité de se renouveler

Bien que la légitimité des bureaux d’information touristique ne soit pas foncièrement remise en question, ceux-ci doivent revoir leur mission, leur contribution ainsi que leur mode de fonctionnement. En effet, ces établissements font face à de nouveaux défis tels que la création de valeur, le rendement économique ainsi que l’intégration des récentes avancées technologiques.

– La technologie impacte la création de valeur. Tantôt ennemie, tantôt alliée, la technologie exerce une pression sur le rôle des bureaux d’information touristique. En plus de fournir de l’information de qualité, ces établissements ont désormais le défi de donner aux touristes un réel avant-goût de la destination qui va au-delà de ce qu’ils peuvent observer sur le Web.

Plusieurs bureaux d’information touristique comme celui de New York ou de Johannesburg possèdent désormais des installations multimédias. Aux allures de galeries d’art moderne, ces bureaux se sont équipés de tables interactives et d’écrans géants tactiles permettant aux voyageurs de personnaliser leurs recherches, de créer, de télécharger et d’imprimer du contenu à même leur appareil mobile. Les voyageurs y font haltes pour accéder au Wi-Fi, charger leurs gadgets électroniques, découvrir de nouvelles applications et se divertir grâce à l’aspect informationnel ludique.

 

Source : Engadget

Sans pour autant tenter de prouver la viabilité ou non de ces modèles, on peut dire que leurs aspects ludique et interactif enrichissent l’expérience des visiteurs.

Au Québec, la Maison du tourisme de la Montérégie, inaugurée en mai dernier à Brossard, se veut un bureau de vente qui regroupe une centrale de réservation, une vitrine du terroir qui met de l’avant 85 produits régionaux ainsi que des bornes interactives qui présentent les différentes expériences touristiques offertes dans la région.

Source: Nouvelle résidence pour Tourisme Montérégie

D’autres bureaux d’information touristique jouent aussi la carte d’animation de communautés de voyageurs et deviennent des espaces de rencontre et de partage entre voyageurs et population locale.

Quelles mesures de rendement économique envisager? Maintenant que les voyageurs sont autonomes et qu’ils ne recherchent probablement plus les mêmes expériences qu’auparavant lorsqu’ils franchissent le seuil d’un bureau d’information touristique, faut-il envisager de nouveaux critères de rendement économique? Les outils de mesure de performance sont-ils toujours pertinents? Y a-t-il lieu de considérer de nouveaux modèles?

Au Royaume-Uni, par exemple, beaucoup de bureaux ont revu leur mode de fonctionnement. Certains ont établi des partenariats public-privé et d’autres sont entièrement soutenus par des associations d’entreprises locales qui apprécient leur utilité auprès des voyageurs.

Le storytelling ou la mise en récit du contenu. Véritable trait d’union entre le touriste et le territoire, les bureaux d’information touristique se veulent désormais des espaces de rencontre et des pôles d’attraction culturels et de loisirs, capables de séduire touristes comme résidents. Ces établissements doivent également renouveler leur manière de concevoir le contenu et de le présenter. De l’information livrée de façon brute ne crée pas forcément d’attachement au lieu visité et ne nourrit pas l’imaginaire comme peut le faire le storytelling. Cet effort ingénieux donne vie aux lieux et met les voyageurs en contact avec les habitants. La créativité et l’innovation sont de mises!

Les bureaux d’information touristique doivent être un lieu de continuité de l’image de marque de la destination, en ce sens qu’ils en représentent sa partie visible et humaine. Pour répondre aux besoins des visiteurs, ces établissements doivent créer une valeur ajoutée en optimisant l’équilibre entre le contact humain et la présence de la technologie.

 

Sources:

– Ballantyne, Roy, Karen Hughes et Brent W. Ritchie. «Meeting the needs of tourists : the role and function of australian visitor information centers», Journal of Travel and Tourism marketing, décembre 2009.

– Cole, Andy. «The future of the tourist information service», Economy and governance select committee, juin 2010.

– Communiqué de presse. «Franc succès pour l’inauguration de la Maison du tourisme de la Montérégie», tourisme-monteregie.qc.ca, 10 mai 2011.

– Cooper, Chris, Terry de Lacy et Leo Jago. «Investigating Potential Tourism Yield from visitor information centers», Sustainable Tourism Cooperative Research Center, 2006.

– Davies, Caroline. «Tourist information centres face extinction». guardian.co.uk, 7 février 2011.

– Marchand, Jacques. «Nouvelle résidence pour Tourisme Montérégie», affaires.mediasud.ca, 22 mars 2011.

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Enjeux Produits et activités

Mieux comprendre la dynamique de marché des activités touristiques à destination

Les activités touristiques font partie d’une industrie complètement fragmentée et composée d’entreprises pour qui une vente moyenne va rarement au-delà de 100 $ US. Les voyageurs actifs américains dépensaient en 2009 près de 26,8 milliards de dollars américains en activités lors de leurs séjours d’agrément aux États-Unis et ailleurs dans le monde, soit une somme qui représente 27% des revenus totaux de ce secteur.

Les activités et leurs revenus

PhoCusWright définit les voyageurs actifs américains comme étant ceux qui achètent ou participent à des activités, des circuits, des événements ou des attraits touristiques. Ils prennent part à de nombreuses activités communes à celles des résidents, mais les revenus qu’ils engendrent varient énormément selon le type d’activité (voir graphique 1). Ainsi, les circuits génèrent davantage de revenus touristiques (90%) alors que les ventes de billets d’événements sportifs (12%) et culturels (24%) reposent principalement sur la participation des résidents.

Malgré leur faible part de marché, les événements ont la cote auprès des voyageurs actifs américains, puisque près du quart des revenus y sont rattachés, soit 13% pour les événements culturels et 12% pour les événements sportifs (voir graphique 2). Autre fait intéressant: la catégorie spa et bien-être est celle qui génère le plus de revenus, et ce, même si un faible nombre de participants s’y adonne; le coût élevé de cette activité justifie son premier rang.

Les activités sont majoritairement offertes par de petits fournisseurs; 60% génèrent un revenu inférieur à 1 million de dollars et de ceux-ci, un tiers produit un revenu de 250 000 $ et moins.

Un réseau de distribution éclaté

La dynamique de distribution varie d’une activité à l’autre. D’un système complexe de billetterie promouvant une variété de salles de spectacles à un simple guichet où l’achat se fait sur place le jour de la visite, le consommateur passe par une multitude de processus lors d’un même séjour.

Les ventes hors ligne dominent toujours et cela s’explique entre autres par le fait que moins de 40% des prestataires de services mettent à la disposition des internautes un site transactionnel et que 20% sont absents de la toile. Le manque de ressources financières justifie le peu d’investissements consentis pour adapter le réseau de distribution aux nouvelles réalités technologiques.

Cependant, Internet joue un rôle majeur quant à la façon dont un voyageur magasine ses activités (voir graphique 4). En effet, 80% utilisent le Web pour se familiariser avec l’offre; les moteurs de recherche généraux, les portails des destinations et les sites d’agences de voyages en ligne sont les sites les plus consultés.

L’étude de PhoCusWright souligne également que près de 80% des voyageurs actifs se servent d’un téléphone intelligent lors de leur périple; près des deux tiers sont enclins à l’utiliser dans le futur pour rechercher et réserver des activités. Est-ce que l’industrie saura s’adapter suffisamment rapidement à ce besoin de mobilité?

Le voyageur actif et la planification de ses activités

Ils sont au nombre de 63,8 millions et représentent 57% de tous les voyageurs américains. Globalement, le groupe se compose de voyageurs plus âgés; le tiers a 55 ans et plus. Cependant, ce sont les gens âgés de 25 à 34 ans qui sont les plus susceptibles de participer à la majorité des activités. Tous âges confondus, 47% de ces voyageurs font trois voyages ou plus par année.

Lorsque vient le temps de planifier un voyage d’agrément, les activités ne sont pas traitées uniformément (voir figure 1). Celles qui sont considérées comme très importantes, voire la raison d’être du voyage, sont généralement réservées bien avant la date de départ. Par exemple, le ski, une visite à Disney World ou un spectacle sur Broadway font partie de cette catégorie. À l’opposé, les activités qui occupent un rôle moins central dans le voyage seront réservées une fois sur place. Il existerait donc une corrélation entre l’importance de l’activité et la chronologie des réservations.

Outre l’importance de certaines activités, d’autres facteurs influent sur le moment où la réservation est effectuée, tels que les contraintes relatives aux inventaires, à l’ampleur des coûts, à la popularité de l’activité ou à l’appréhension des foules.

Une industrie fragmentée

Les activités, les événements, les circuits et les attraits représentent les éléments centraux d’un voyage; ce qu’un individu fera une fois rendu à destination est souvent la raison d’être d’un séjour d’agrément. Principalement composé d’un vaste nombre de petits joueurs locaux, ce marché joue un rôle important sur l’attractivité d’une destination. Il ne faut pas le sous-estimer. Pour demeurer compétitif à l’échelle internationale, on devra résoudre un défi de taille: rattraper le retard technologique auquel fait face cette industrie.

 

Source:

– PhoCusWright. «When they get there (and why they go): activities, attractions, events, and tours», 2011.

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Enjeux Tendances

La cuisine de rue et l’exception québécoise

De la cuisine coréenne fusion aux burgers réinventés, en passant par les dumplings, on assiste présentement à une renaissance de la restauration mobile. Extrêmement populaire dans de nombreuses villes américaines et canadiennes, la cuisine de rue demeure interdite au Québec. Voyons l’exemple de certaines municipalités qui ont développé cette offre de façon structurée.

En restauration, c’est la tendance du moment

Certains «classiques» font pratiquement figure d’emblèmes nationaux (le bretzel new-yorkais, le fish and chips anglais, etc.), mais ce sont les nouveaux concepts gourmets qui propulsent la popularité de la cuisine de rue. On observe l’émergence d’une cuisine originale, santé, multiculturelle ou locale. Certains chefs s’en mêlent et les pauses-repas deviennent plus exotiques, plus raffinées et variées. Selon les villes, les camions-restaurants se déplacent au gré des autorisations municipales ou dans des quartiers où la demande est forte.

Les amateurs de ce type de restauration estiment que la cuisine de rue anime le milieu urbain, crée un climat de convivialité, encourage l’économie locale et l’entrepreneuriat, puisque les frais de démarrage sont moindres que pour un commerce traditionnel. De plus, les autorités y voient parfois une façon peu coûteuse d’attirer des passants dans des espaces publics sous-utilisés.

La cuisine de rue répond aux nouveaux modes de vie, où le temps est si précieux, les horaires chamboulés, où la malbouffe, moins prédominante qu’avant, laisse de plus en plus de place à l’authenticité et à la qualité. Elle se veut aussi plus près de la cuisine et de ses artisans, sans compter qu’elle favorise le lien entre l’entrepreneur et le client. Bien adaptés à leur époque, les camions-restaurants communiquent allègrement sur les médias sociaux, où leur grande communauté peut suivre leurs déplacements et s’informer de leurs nouveautés.

Boston et Vancouver : des exemples inspirants

Il y a deux ans à peine, mentionner cuisine de rue et Boston dans la même phrase semblait chimérique. Or, grâce à l’initiative du maire, jumelée à des mesures prises par le conseil municipal, la ville est en voie de devenir une nouvelle capitale du camion-restaurant. Depuis, environ 30 cuisines mobiles circulent à Boston et à Cambridge. Les menus alternent entre grillades traditionnelles et menus originaux, en plus de proposer des aliments moins dommageables pour la santé que ce qu’offre la restauration rapide.

Mais ne s’installe pas qui le veut où il le veut. Premièrement, la démarche pour l’obtention d’un permis de camion-restaurant est rigoureuse. Deuxièmement, afin de réguler la répartition géographique, la Ville permet trois options:

  • vendre sur une propriété privée – avec l’accord du propriétaire;
  •  vendre sur la voie publique – un permis particulier doit être octroyé (il s’agit surtout de petits kiosques sans préparation d’aliments);
  • vendre sur des terrains ciblés – c’est ici que Boston se démarque. Par l’identification de six lieux, la Ville contrôle les flux de clientèle, rehausse certains parcs publics et limite les impacts de la cuisine de rue sur la restauration traditionnelle. Pour l’ouverture du site de City Hall, la Ville a organisé une compétition, au cours de laquelle les trois camions-restaurants gagnants (en fonction de la qualité et de la fraîcheur de leur menu) se sont vu octroyer le droit d’exploiter leur camion sur ce site, en plus de recevoir une assistance technique et un prêt à faible taux d’intérêt.

Annonçant 19 nouveaux vendeurs en 2011, choisis parmi plus de 100 postulants par un comité composé entre autres de chefs, de blogueurs et de nutritionnistes, la Ville de Vancouver développe une cuisine de rue multiculturelle. Parmi les critères de sélection, mentionnons les aliments locaux, biologiques ou équitables, la valeur nutritionnelle, la salubrité, le plan de gestion des déchets. Le choix se base aussi sur un sondage auprès de la population quant à ses goûts culinaires.

Le maire de Vancouver cite en exemple la variété offerte à Portland ou à New York et encourage les initiatives originales. Il estime que ce type de restauration rend la ville plus vibrante, amène les gens à sortir, à socialiser.

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The Kaboom Box sert des fruits de mer à Granville et sur la rue Robson.

Source: Urban Diner

Autres pratiques intéressantes

  • On en trouve pour tous les goûts à New York avec environ 5000 «casse-croûte» itinérants, multiculturels et branchés. Il existe une compétition annuelle, où critiques et chefs réputés couronnent un vainqueur. Récemment regroupés en association, plusieurs restaurateurs ont même embauché une firme de lobbying pour obtenir le droit d’utiliser des espaces de stationnements payants.
  • San Francisco n’est pas en reste. Mentionnons l’exemple du restaurant français haut de gamme Spencer. Le camion Spencer on the go vise à démocratiser la fine cuisine. On y offre des plats gastronomiques peu coûteux, il projette des films de répertoire sur une nappe blanche et annonce son restaurant.
  • La ville baromètre de tendances, Portland, compte 600 roulottes pour 500 000 habitants. Les stationnements du centre-ville se transforment en foires alimentaires. Comme pour n’importe quel restaurant, les inspecteurs sanitaires de la Ville sont très vigilants. Les produits locaux et les plats santé sont valorisés.

Balbutiements montréalais

Au Québec, la cuisine de rue a été interdite à la fin des années 1940 pour des raisons d’insalubrité. Aujourd’hui, malgré le fait que ces installations nécessitent une gestion municipale en matière de permis, de taxes et de salubrité, ces enjeux ne semblent pas être la principale raison de leur absence. D’autres grandes villes arrivent à résoudre ces problématiques. L’Association des restaurateurs du Québec soutient pour sa part que l’offre actuelle en restauration est particulièrement élevée par rapport à la population et qu’une concurrence accrue causerait des torts au secteur. Selon un article du journal Métro, la Ville de Montréal en la personne du maire soutient aussi cette idée. Malgré l’interdiction, il existe actuellement quelques avenues où la restauration de rue est possible au Québec.

Les festivals échappent à la loi : ils sont régis par des règles particulières leur permettant d’accueillir des camions-restaurants. Un pionnier est Grumman 78, un camion servant des tacos et participant à certains festivals. Les trois jeunes entrepreneurs espèrent bien sillonner les rues un jour si la loi s’assouplit. Initiative inspirante de la Société des arts technologiques, le FoodLab est un kiosque temporaire où des chefs réputés de Montréal ont offert des mets gastronomiques pour un prix minime à l’occasion du festival Mutek. Notons toutefois qu’un kiosque alimentaire dans un festival ne correspond pas tout à fait au concept de la cuisine de rue.

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FoodLab

Source: Voir.ca

De plus, en tant que filière d’une société d’État, la Société du Vieux-Port de Montréal gère le site selon des règles qui peuvent différer des juridictions québécoises. Elle a conclu des ententes avec quelques vendeurs éphémères, dont MUVBOX (lire aussi: Les espaces pop-up, la nouvelle tendance de l’éphémère), la biscuiterie mobile de Monsieur Félix et Mr. Norton et le glacier Bilboquet.

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Source: Quais du Vieux-Port 

Quel avenir pour Québec et Montréal?

Selon Gérard Beaudet, directeur de l’Institut d’urbanisme de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal et professeur titulaire, la cuisine de rue apporte beaucoup à une ville en termes de convivialité, d’animation et répond à un besoin des travailleurs et des touristes de manger sur le pouce. Pour lui, les motifs évoqués pour interdire cette pratique, principalement la salubrité et la concurrence déloyale, sont plus ou moins recevables. Il propose de laisser le marché s’exprimer et rappelle que ce type de restauration comporte des avantages, mais aussi des inconvénients, notamment la sensibilité aux intempéries. Néanmoins, en contribuant à l’augmentation de l’achalandage des lieux, il peut être profitable pour tous.

Enfin, tel qu’il le mentionne et comme le fait la ville de Boston, il y a lieu de localiser intelligemment l’offre de cuisine de rue et de gérer l’offre en faveur de l’authenticité. L’étude des cas de ces villes qui en ont fait un développement structuré est intéressant, surtout si l’on considère qu’une demande existe bel et bien, que l’on souhaite faire de la gastronomie québécoise un atout touristique et qu’il s’agit d’une tendance forte en Amérique du Nord.

Terminons par ce petit clin d’œil : une publicité de Porter Airlines mettant la cuisine de rue à l’honneur.

Cuisine_rue_image4

 

Sources:

– Anderson, Rob. «Movable feasts», Globe Correspondent, Boston.com, 8 juin 2011.

– Beaudet, Gérard. «L’urbanisme et l’alimentation de rue», chronique diffusée sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada à l’émission L’après-midi porte conseil, 31 mai 2011.

– Blogue Eyes wide stomach. «The 2011 Boston Food Truck Challenge», 10 septembre 2010.

– Brew, BC. «Vancouver’s Emerging Street Food Landscape», Urban Diner, 18 avril 2011.

– Cole, Yolanda. «Vancouver street-food scene expands with 19 new vendors», Straight.com, Vancouver’s online source, 4 avril 2011.

– Dobkin, Kelly. «The 5 Hottest Dining Trends in 2011 So Far», Zagat.com, 20 juin 2011.

– Fortier, Vincent. «Qui a peur de la bouffe de rue?», Journal Métro, 28 juin 2011.

– Reddi, Sumathi. «Don’t Call Them Softees», The Wall Street Journal, 23 mars 2011.

– Robillard Laveaux, Olivier. «Le FoodLab à Mutek, Rave ton assiette», Voir.ca, 26 mai 2011.

– Série documentaire 109. «5 étoiles sur le pouce», émission réalisée par Geneviève Tremblay, diffusée à RDI le 14 mai 2011.

Sites Web:

– City of Boston: Mobile Food Vending

Quais du Vieux-Port

Grumman 78

 

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Enjeux Gestion

Le financement de l’industrie touristique: exemples de bonnes pratiques

Les investissements consentis à l’industrie touristique, qu’il s’agisse de l’hébergement, des équipements ou des infrastructures de transport, façonnent l’offre et conditionnent sa compétitivité. Quelles sources de financement le Québec peut-il créer pour assurer le développement et la promotion de ses produits? Le Comité performance de l’industrie touristique présente quelques exemples de bonnes pratiques dans son rapport soumis à la ministre aux Assises du tourisme 2011.

Quelques cas de bonnes pratiques

Le comité performance identifie les meilleurs programmes de soutien au développement touristique des destinations qui offrent certaines ressemblances avec le Québec ou qui sont reconnues comme étant des succès dans certaines sphères d’activité.

Premièrement, il existe des programmes nationaux de soutien dédiés aux projets des entreprises. Certaines destinations se sont même dotées de lois spécifiques (Suisse et Turquie) et d’institutions dédiées au financement du secteur touristique. Soulignons aussi que le financement des projets vise avant tout l’innovation et le développement de la qualité ainsi que de la compétitivité des entreprises.

Voici plus en détail les exemples de certaines destinations performantes, dont le Québec pourrait s’inspirer.

Autriche

  • Banque autrichienne de l’hôtellerie et du tourisme: 36,3 millions de dollars destinés à l’aide et aux prêts des PME.
  • Programme Destination Management Monitor Austria (DMMA) visant entre autres à renforcer la compétitivité internationale des 19 régions touristiques participantes.

Écosse

  • Soutien financier de projets novateurs par le biais d’un fonds spécifique, le Tourism Innovation Fund, dédié à l’innovation. Le montant maximal alloué par projet atteint les 54 000 $.
  • Scottish Enterprise intervient auprès des banques pour améliorer leur perception du secteur touristique et pour leur fournir des indicateurs appropriés de mesure du risque.
  • Scottish Development International encourage les entreprises étrangères à venir s’implanter en Écosse et propose des possibilités d’investissement en tourisme.

France

En France, la nouvelle édition du tableau de bord des investissements touristiques met globalement en évidence une reprise de l’investissement touristique en 2010 après la difficile traversée de la crise. Parmi les outils offerts aux entreprises françaises, mentionnons les prêts participatifs gérés par une société d’État (OSÉO); ils visent l’aide à l’innovation et le financement des entreprises, en partenariat, en fonds propres ou en garanties de prêts. Ces aides ont pour but de faciliter les projets de rénovation, d’agrandissement et de mise aux normes d’entreprises d’hébergement touristique. Les montants admissibles varient entre 40 000 € et 300 000 €. Ils ne sont pas liés à des garanties sur les actifs de l’entreprise, ni à des cautions personnelles. Le remboursement du prêt à taux fixe s’étale sur 7 ans.

Ontario

  • Fonds de développement du tourisme géré par le Ministère. Ce fonds est axé sur la création ou la revitalisation des attractions, des sites et des expériences touristiques et sur la conception d’expériences ou de produits novateurs destinés aux secteurs émergents (sauf immobilisations).

Portugal

  • Société de fonds d’investissement créée en 1995 (fonds de 375 millions d’euros).
  • Société de capital de risque dédiée au tourisme incluant un fonds de capital de risque de 50 millions d’euros, un fonds de soutien à l’innovation de 20 millions d’euros et un fonds pour la compétitivité de 20 millions d’euros.
  • Protocoles d’investissement en tourisme avec des banques (2007‐2009).

Suisse

  • Société de crédit hôtelier offrant des conditions préférentielles à des régions bien précises.
  • Loi fédérale encourageant l’innovation et la coopération. Elle favorise la concentration de la majeure partie des crédits disponibles sur quelques projets importants qui respectent les principes du développement durable, renforcent la compétitivité de la destination et favorisent l’innovation touristique. Le budget 2008‐2011 s’élève à 22 millions de dollars.
  • Loi fédérale sur l’encouragement du secteur de l’hébergement. Elle encadre la Société suisse de crédit hôtelier dans ses mandats d’aide aux entreprises et de financement. Cette société veille à maintenir et à améliorer la compétitivité et la durabilité des entreprises. Les prêts à taux d’intérêt attractifs sont destinés exclusivement aux «régions touristiques», c’est-à-dire aux territoires où le tourisme est un domaine d’activité essentiel, à ceux qui subissent de profondes fluctuations saisonnières et aux stations thermales.

Turquie

  • Loi sur l’encouragement du tourisme offrant des taux avantageux et des subventions sectorielles selon des priorités liées au tourisme culturel ou à l’hébergement. La Loi définit des zones touristiques d’investissement à partir de critères stricts; établit un train de mesures destinées à inciter les investissements touristiques comme des baux de location de terres appartenant à l’État sur de longues durées (jusqu’à 49 ans) ou des prêts à long terme à taux d’intérêt relativement bas.
  • Banque de tourisme de la République de Turquie consent des prêts à partir de sources étrangères pour les «investissements certifiés».
  • Agence de soutien à l’investissement dont le mandat vise à attirer des capitaux étrangers.

Au Québec, un nouveau fonds voit le jour

Le budget 2011-2012 du gouvernement québécois prévoit certaines mesures susceptibles d’aider l’industrie touristique du Québec, dont le nouveau Fonds de soutien à la croissance des PME touristiques. Ce dernier sera doté d’une capitalisation de 5 millions de dollars, dont un peu plus du tiers proviendra directement d’une contribution du gouvernement du Québec. La création de ce fonds vise à attirer des investissements en capital de risque afin d’améliorer l’offre touristique liée entre autres au tourisme de nature, au tourisme autochtone, aux pourvoiries, au tourisme culturel et à l’agrotourisme.

Quant au Comité performance de l’industrie touristique, il propose la création d’un guichet unique, géré par Investissement Québec, qui regrouperait tous les crédits discrétionnaires axés sur le développement et qui privilégierait des partenariats avec diverses institutions financières. Les formules favorisées iraient du capital patient remboursable à long terme aux remboursements adaptés en fonction des cycles saisonniers.

Et selon vous, comment devrait-on financer l’industrie touristique pour qu’elle soit plus compétitive?

Sources:

– Atout France. «Tableau de bord des investissements touristiques en 2009», Éditions Atout France, 70 pages.

– Comité performance de l’industrie touristique. «Faire des choix pour une industrie touristique performante», rapport déposé à la ministre du Tourisme, mai 2011.

– Tourisme Québec. «Le Budget 2011-2012 salué par le milieu touristique québécois», Communiqué de presse, 18 mars 2011.

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Enjeux Gestion

Un statu quo non viable

L’industrie touristique québécoise doit s’empresser d’améliorer sa performance économique. Devenir une destination incontournable sur l’échiquier mondial nécessite de faire des choix importants. Voilà le ton sur lequel s’est déroulée la 7e édition des Assises du tourisme. Cette journée fut l’occasion pour le Comité performance de l’industrie touristique de déposer son rapport à Mme Nicole Ménard, ministre du Tourisme; un rapport faisant état d’un diagnostic stratégique et de dix recommandations.

La vision 2020

Depuis septembre 2010, le Comité performance s’est réuni à neuf reprises pour accomplir le mandat confié par la ministre du Tourisme. Au cœur de son rapport se trouve la Vision 2020 principalement orientée vers les marchés hors-Québec.

Source: Tiré du Rapport du Comité performance de l’industrie touristique

Pour positionner le Québec sur les marchés internationaux, il est impératif de prioriser des actions portant sur le renouvellement du produit. Comme il est indiqué dans le diagnostic, plusieurs secteurs de l’offre touristique québécoise doivent se moderniser afin de répondre aux attentes et aux standards des clientèles toujours plus exigeantes et plus que jamais sollicitées par la concurrence mondiale.

Également, l’industrie doit se rallier autour de la vision et des priorités ainsi que travailler de concert. Il devient inévitable d’élaborer un nouveau modèle de management pour rectifier le modèle actuel, décrit comme manquant de cohésion et de convergence dans ses actions et orchestré par un trop grand nombre d’intervenants. Lors de sa conférence, Alban d’Amours, président de la Confédération internationale des banques populaires, mentionnait que «l’industrie touristique québécoise se trouve là où le groupe financier Desjardins était il y a dix ans». Selon monsieur d’Amours, il faut créer un nouvel équilibre politique qui assure le progrès, procéder à des changements de façon transparente et viser l’excellence.

Le Comité performance a défini trois axes de positionnement (voir figure 1) à partir desquels découleront la planification du développement des produits, l’élaboration des stratégies de croissance et de marketing.

Figure 1: Trois axes de positionnement

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Source: Rapport du Comité performance de l’industrie touristique

Faire des choix, renoncer pour le bien commun

Lors des Assises, des panels composés de trois membres du Comité performance et d’un intervenant de l’industrie ont pu débattre ouvertement des cinq domaines d’intervention prioritaires ainsi que des dix recommandations présentés dans le rapport.

Source: Tiré du Rapport du Comité performance de l’industrie touristique

Alain April, président de l’Association québécoise de l’industrie touristique (AQIT), a soulevé l’importance de mettre de l’avant les recommandations émises par le Comité performance et de le faire simultanément.

Les acteurs de l’industrie doivent travailler ensemble

Lors de la consultation faite auprès de nombreux intervenants et experts, c’est une voix unanime qui s’est exprimée pour dénoncer les défaillances de notre industrie touristique. Le Comité performance est sensible aux préoccupations des personnes interrogées et sent aujourd’hui l’urgence d’agir. Certes, le rapport présenté lors des Assises a déçu ceux et celles qui souhaitaient trouver des solutions rapides aux difficultés soulevées. Il a été de toute évidence impossible de conclure sans réquisitionner la participation d’un plus vaste groupe d’intervenants touristiques québécois.

Le rapport déposé lors des Assises ouvre maintenant la porte à de nouvelles discussions. Chacun de vous qui acquiescez le fait qu’un statu quo n’est plus viable a la responsabilité de faire entendre sa voix, de partager ses idées et d’ainsi collaborer à la Vision 2020. Vous êtes donc invité à lire le rapport du Comité performance et à le commenter sur la page Facebook de l’AQIT.

Sources:

– Assises du tourisme 2011

– Comité performance de l’industrie touristique. «Faire des choix pour une industrie touristique performante», rapport déposé à la ministre du Tourisme, mai 2011.

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Enjeux Technologies

Quand les gestionnaires de la destination prennent le virage Web

Il s’agit du thème de réflexion d’une récente édition de la revue Espaces. L’e-tourisme, on le sait, a changé la donne dans plusieurs sphères de la société et les organismes de gestion et de promotion d’une destination n’y échappent pas. Comment optimiser leur rôle dans ce contexte? Quels sont les nouveaux métiers du Web? Quelles compétences les ressources devraient-elles posséder ou développer? Et comment faire pour suivre le rythme?

Que ce soit un office de tourisme ou un organisme régional ou local de promotion de la destination (DMO), ou encore un organisme de développement local comme les CLD ou les MRC, l’institution voit son rôle traditionnel bousculé et ses ressources parfois dépassées par l’omniprésence du Web.

Rôle de l’office de tourisme modifié: nouvelles compétences nécessaires

Selon Stéphane Canarias, directeur de l’office de tourisme de Brive-la-Gaillarde dans le Limousin, le rôle d’un tel organisme n’est plus le même en raison de l’existence d’outils de planification et de réservation de voyage d’envergure mondiale, comme Expedia ou TripAdvisor. De grandes entreprises remplissent maintenant très bien la fonction de magasinage d’une destination de voyage. De plus, les voyageurs ont pris goût aux avis d’autres consommateurs et seuls de grands réseaux mondiaux ou nationaux peuvent amasser un nombre élevé et suffisant de commentaires. Selon lui, les offices de tourisme doivent se tourner vers l’animation, la coordination, la veille et l’alimentation des réseaux sociaux. Pour réaliser ce changement de cap, il importe de revoir les orientations stratégiques ainsi que les compétences internes.

Dans le même esprit, Jean-Luc Boulin, directeur de la Mission des offices de tourisme et des pays touristiques d’Aquitaine (Mopa), expose les nouveaux métiers liés au Web. Le traditionnel webmestre ne peut à lui seul remplir les nouveaux rôles des organismes de gestion et de promotion d’une destination. Pour mener à bien leur mission, ceux-ci doivent considérer des postes tels que:

  • un webmarketer pour les activités marketing (référencement, recrutement de prospects, promotions en ligne);
  • un opérateur de bases de données en ligne;
  • un agent d’accueil numérique ou agent 2.0 pour interagir sur le Web et animer les réseaux sociaux (Lire aussi: L’agent Web 2.0, le nouveau James Bond du marketing);
  • un animateur numérique de territoire pour former et accompagner les intervenants (consulter l’article de Pierre Éloy à cet effet);
  • et, fonction encore peu répandue, un content curator, responsable de la fonction de veille (Lire aussi: La « curation », un nouveau métier du Web?)

Un employé peut occuper plus d’une fonction s’il a les compétences, les connaissances et le temps requis. Cela dépend également de la taille de l’organisme. Comme l’explique M. Canarias, chaque collaborateur doit maintenant inclure le Web dans ses fonctions. Par exemple, un conseiller en séjour divulgue ses informations sur Twitter ou entretient un blogue et un responsable de l’animation utilise Facebook pour tenir les fans au courant des événements à venir.

Évolution rapide du Web: formation continue

D’abord, M. Boulin explique qu’en France, les programmes d’enseignement sont mal adaptés aux besoins nouveaux des intervenants touristiques en matière de tourisme en ligne; cette lacune se manifeste donc inévitablement dans les ressources humaines des offices de tourisme et des opérateurs. Sur ce point, il y a lieu de se questionner sur la réalité québécoise. Est-ce que nos programmes d’enseignement suivent les tendances et répondent aux besoins des entreprises en matière de tourisme en ligne? Mentionnons néanmoins l’heureuse initiative du Cégep de Matane, qui intégrera davantage l’e-tourisme à son programme de technique en tourisme.

Ensuite, parce que l’e-tourisme évolue à une vitesse vertigineuse, l’apprentissage doit se poursuivre après les études. M. Boulin suggère d’au moins former les étudiants à la veille permanente sur l’évolution du tourisme en ligne.

Considérant les lacunes de l’enseignement ainsi que l’évolution perpétuelle du Web, la formation continue prend donc tout son sens. Selon M. Boulin, elle est essentielle à l’évolution et à la professionnalisation des acteurs. Elle passe par le dynamisme des joueurs régionaux, par une plus grande autonomie des intervenants dans leur veille et leurs apprentissages ainsi que par l’expérimentation des outils et des applications.

Exemples inspirants

L’accompagnement du Comité départemental de tourisme (CDT) de la Somme

La formation de ses membres sur le tourisme en ligne fait partie de la mission que s’est donné ce DMO. Même s’il a organisé des sessions autour des grands enjeux d’Internet et sur l’optimisation d’un site Web, des questions subsistaient. Les acteurs se demandaient toujours «Comment faire?». Le CDT a réorienté sa mission de formation pour assister les intervenants dans des actions concrètes. Il a misé entre autres sur Jimdo, un outil de création de sites simples, fiables et très peu coûteux que n’importe quel petit opérateur touristique peut mettre en place et alimenter. D’autres formations pratiques ont ensuite vu le jour: Google Adresses, Google Analytics, inscription sur les sites d’avis de consommateurs, création et animation d’une page Facebook, etc.

L’art de travailler ensemble en Picardie

Les organismes touristiques de cette région (les instances régionales et les offices de tourisme locaux) ont commencé à partager des outils (système de gestion de l’information et choix d’une technologie commune pour les sites Internet, site extranet) il y a quelques années. Ces expériences les ont amenés à lancer leur premier site commun destiné au public à la fin de 2008. Depuis, le site a généré 27 930 demandes de réservation. La collaboration se poursuit avec l’animation de ce site (renouveler les offres, animer quotidiennement et analyser les visiteurs), où les divers organismes ont tous un rôle à jouer. Forte de cette expérience, la Picardie a d’autres projets en cours.

Les initiatives communes et les efforts de professionnalisation existent aussi au Québec et au Canada. Comment votre organisme s’adapte-t-il à l’heure du Web 2.0?

Sources :

– Boulin, Jean-Luc. «La formation continue au e-tourisme, pierre angulaire de la professionnalisation des organismes de tourisme», Espaces, no 290, mars 2011.

– Canarias, Stéphane. «À quoi servent les offices de tourisme à l’heure du numérique?», Espaces, no 290, mars 2011.

– Durand, Olivier. «Formations au e-tourisme dans la Somme – Sensibiliser les prestataires, c’est bien… Les accompagner, c’est mieux!», Espaces, no 290, mars 2011.

– Éloy, Pierre. «L’animateur numérique de territoire – Une nouvelle fonction pour un enjeu majeur», Espaces, no 290, mars 2011.

– Gold, Jean-Philippe, Côme Vermersch, Stéphane Rouziou, Pierre Sabouraudet et Francis Lépine. «Les organismes touristiques de Picardie développent l’art de travailler ensemble», Espaces, no 290, mars 2011.

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Enjeux Produits et activités

Le financement privé en culture

Ce n’est un secret pour personne, les fonds publics disponibles pour la culture au Québec sont insuffisants pour alimenter la créativité des artisans et des organismes de la province. Il est donc essentiel de se tourner vers le privé et de faire preuve d’innovation pour préserver la diversité de ce secteur. Entre les pratiques virtuelles, les possibilités de la téléphonie mobile et les recommandations du milieu des affaires, voici quelques pistes qui méritent l’attention des organismes culturels en quête d’idées.

Pratiques virtuelles et e-philanthropie

Nous vous avons déjà présenté le crowdsourcing (lire aussi: Le crowdsourcing, un phénomène émergent!); voici maintenant le crowdfunding, suivant un principe similaire. Le concept n’est pas nouveau; tout comme les collectes de fonds traditionnelles, il consiste à faire appel aux individus pour financer des projets. Cette pratique bénéficie des avantages du Web en rejoignant un nombre encore plus grand de mécènes potentiels.

Il existe une panoplie de portails qui mettent en vitrine des projets de différentes natures, dont ceux en arts et culture, à la recherche de financement. Par exemple, sur Ulule.com, des porteurs de projets indiquent le montant dont ils ont besoin pour réaliser leurs objectifs et font appel à la communauté pour les aider.

Source: Ulule

S’afficher sur ce type de sites n’est pas garant de succès, mais représente une avenue supplémentaire qui mérite d’être explorée. Les sommes cumulées à l’aide du crowdfunding proviennent de plusieurs sources et sont généralement composées de petits montants qui, une fois additionnés, peuvent combler les besoins établis au départ.

Ce type de portail gagne en popularité; le milieu de la production cinématographique s’est d’ailleurs démarqué dans les médias grâce à la collecte de fonds du troisième long métrage de Xavier Dolan sur Touscoprod.com.

Source: Touscoprod

Parallèlement, pour maximiser la performance des collectes de fonds virtuelles, il est avantageux de faire connaître la démarche du projet sur des sites tels que Facebook, Twitter, MySpace ou autres sites de niche, selon le secteur d’activités, afin de bénéficier de leurs effets viraux. Les motivations qui poussent un individu à effectuer un don sont multiples, et les réseaux sociaux en ligne contribuent à celles-ci de quatre façons.

  1. L’effet d’imitation: voir des amis faire des dons peut influencer le comportement de certains.
  2. La pression des pairs: recevoir plusieurs messages d’amis qui encouragent fortement de contribuer à leur projet peut être convainquant;
  3. Le sentiment de compétition: vouloir donner plus que les autres pour porter le titre de champion.
  4. Le besoin de reconnaissance: montrer publiquement ses contributions et sa générosité pour gagner le respect de son entourage.

Il est désormais évident que les technologies de l’information influent sur les modèles de financement de l’industrie culturelle et invitent de plus en plus les consommateurs à s’impliquer. Cette tendance représente une occasion à saisir rapidement.

Le don sans fil

Depuis 2009, la Fondation des dons sans fil du Canada (FDSF-C) permet à des organismes de bienfaisance enregistrés de procéder à des campagnes de communication et de financement sur téléphone cellulaire. Par exemple, il est possible de faire un don de 10 CAD au Royal Ontario Museum Foundation en textant le mot clé ROM au numéro abrégé 30333.

Le rôle de la FDSF-C est d’assurer la liaison entre les fournisseurs de services sans fil, auxquels sont imputés les coûts de messagerie, et les 21 millions d’utilisateurs au Canada. La rapidité et la facilité d’exécution du don sont des avantages pour les donateurs toujours plus occupés et pour qui des démarches plus laborieuses suffiraient à les décourager.

Des exemples de bonnes pratiques

Une étude réalisée en 2010 par WealthEngine regroupe quelques bonnes pratiques de collecte de fonds en art et culture. En voici deux exemples.

  1. Conserver les données obtenues lors du processus d’admission de la clientèle et identifier des donateurs potentiels. Il est avantageux de recueillir certaines informations lors de la vente de prestations culturelles afin de créer une liste de noms à contacter lors des campagnes de financement ou des collectes de fonds. L’achat de billets en ligne facilite cette cueillette de données, puisqu’un minimum de renseignements est normalement exigé pour effectuer une transaction, notamment le nom, l’adresse et le courriel de celui qui effectue le paiement. Certes, ces données présentent une grande valeur, mais on doit les utiliser avec beaucoup de précaution pour éviter d’irriter la clientèle.
  2. Établir une catégorisation du membership pour optimiser ses dons. Bien connaître ses membres permet de leur proposer des offres supérieures qui répondront  à leurs réels besoins ou intérêts. Par exemple, si vous remarquez qu’un membre fréquente normalement votre établissement accompagné d’enfants, vous pourriez lui proposer un forfait familial et ainsi vendre un abonnement mieux adapté à ses besoins. Il est plus ardu de trouver de nouveaux donateurs que de renouveler ou bonifier l’abonnement des membres déjà existants.

La contribution du milieu des affaires

Les entreprises privées peuvent, elles aussi, offrir un support aux organismes culturels. Selon un rapport publié en 2009 par Desjardins Marketing Stratégique, les formes d’aide les plus répandues dans le milieu des affaires de la région de Québec sont les commandites, les dons et l’achat ou l’échange de biens et de services. Les deux facteurs qui influent le plus sur la volonté des entreprises à soutenir la culture sont la cohérence du projet ou de l’organisme avec leur mission et le rapprochement des actions promotionnelles avec leurs objectifs de notoriété. On mentionne également qu’offrir plus de visibilité aux donateurs serait un incitatif à considérer.

Le maillage entre les artistes et les gens d’affaires n’est pas toujours naturel. Basée sur ce constat, la société montréalaise ArtAnywhere propose une solution qui favorise mutuellement les deux parties. D’une part, les entreprises peuvent faire la demande d’exposer des œuvres dans leurs bureaux, voire créer des galeries d’art temporaires sur mesure. D’autre part, les créations sont mises en valeur plutôt que d’être entreposées.


Source: ArtAnywhere, bureau IATA

Un risque qui en vaut la chandelle

Lors du symposium de l’UNESCO sur le thème de «La gestion des risques dans le financement de la culture» en avril 2010, Christian Verbert de la SODEC mentionnait que dans la province, près de 140 000 personnes travaillent dans le domaine de la culture et qu’environ dix milliards CAD y sont générés annuellement.

Investir dans le domaine de la culture comporte des risques, certes, mais en constatant son potentiel de rentabilité, ses multiples bénéfices, ses possibles retombées économiques et son influence sur le commerce de biens traditionnels, on comprend l’importance de soutenir ce secteur au Québec.

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Sources:

  • Desjardins Marketing Stratégique, «Le financement privé de la culture», 23 février 2009,
  • WealthEngine, «2010 Arts & Culture report, best practices in arts & culture fundraising», consulté en janvier 2011

Sites Web:

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Enjeux Segments de clientèles

Les grandes tendances démographiques et leur impact sur le tourisme

Selon une étude récente sur les changements démographiques et le tourisme, la compétitivité des destinations dépendra de leur capacité à développer et à commercialiser des produits touristiques à une population vieillissante, multiethnique, vivant de plus en plus dans des familles multigénérationnelles et dont l’espérance de vie s’est accrue. Comment? Entre autres, en exploitant le créneau des parents célibataires ou encore en offrant des chambres voisines conçues pour les besoins de trois générations. Pour d’autres idées, lisez ce qui suit.

Le vieillissement de la population…

La population mondiale passera de 6,9 milliards en 2010 à 8,3 milliards en 2030 et celle des seniors augmentera de 26% d’ici 2030. Dans l’ensemble, les personnes âgées de 50 ans et plus représenteront alors le tiers de la population mondiale, compte tenu du déclin de la fertilité et de l’accroissement de la longévité. On en retrouvera une forte concentration dans les économies avancées. De plus, on prévoit que la population de l’Europe de l’Ouest vieillira beaucoup plus rapidement que celle de l’Amérique du Nord. Ces gens âgés seront:

  • très instruits;
  • plus riches et en meilleure santé que ceux des générations précédentes;
  • à la retraite ou à la fin de leur vie professionnelle;
  • grands-parents ou parents de jeunes adultes;
  • très disponibles à voyager (beaucoup de temps libre);
  • curieux et intéressés par la culture et les occasions d’apprentissage;
  • des voyageurs expérimentés.

À l’inverse, les économies émergentes verront leur population de jeunes augmenter sensiblement en raison d’un taux de natalité élevé. De plus, elles occupent une proportion de plus en plus importante de la population mondiale. Par conséquent, c’est un marché qui gagne en importance pour l’industrie touristique à travers le monde.

…et les nouvelles stratégies d’adaptation qui y sont liées

  • Accorder une attention particulière aux besoins des touristes plus âgés issus des pays développés: offres d’hébergement, organisation de forfaits et de croisières, calendrier des vacances, sécurité et accès aux soins médicaux.
  • Proposer des forfaits vacances pour accueillir les voyageurs en provenance de cultures plus traditionnelles ou conservatrices intéressés par l’histoire et la culture (touristes en provenance de pays émergents).
  • Réorganiser l’offre pour tenir compte de la prépondérance des groupes de jeunes couples asiatiques et sud-américains compte tenu de leur tendance à se marier plus jeunes que ceux d’Europe ou d’Amérique du Nord.

La composition des ménages et les nouvelles structures familiales…

L’augmentation de l’espérance de vie et la diminution de la fécondité engendrent un impact important sur les structures familiales qui dorénavant s’élargiront pour inclure plusieurs générations. De plus, étant donné le nombre croissant de divorces dans certaines parties du monde, un plus grand nombre d’individus feront partie d’une ou de deux «familles» à la fois. Dans les pays émergents comme le Brésil et certains pays d’Asie, on remarquera un allongement de la période de célibat.

L’ensemble des secteurs touristiques devra répondre à cette diversité des structures familiales (multigénérations, célibataires, plusieurs familles) et à la fragmentation des besoins au sein du groupe, car tous les membres de la famille sont impliqués dans le processus décisionnel lié au voyage.

Les entreprises offrant des services à la fois aux groupes multigénérationnels et aux célibataires devront relever tout un défi pour bien cerner leurs besoins spécifiques. Les touristes célibataires souhaiteront probablement des occasions de se joindre à des groupes tandis que ceux qui voyagent dans des groupes plus grands apprécieront la possibilité de passer du temps seul.

…et les nouvelles stratégies d’adaptation qui y sont liées

  • Offrir des services de transport et d’hébergement flexibles de manière à orchestrer les besoins de grands groupes hétérogènes (chambres voisines conçues pour les besoins de trois générations).
  • Créer des modèles de tarification qui correspondent aux attentes des générations multiples (un prix «famille de trois générations») ou des personnes seules.
  • Exploiter le créneau des parents célibataires (divorcés) qui seront de plus en plus nombreux sur les marchés en leur proposant de meilleurs services de garde.
  • Former le personnel en vue de l’amener à mieux anticiper et comprendre les besoins des groupes multigénérationnels et de tailles diverses.
  • Organiser des voyages éducatifs et «fondés sur les intérêts», puisque ces types de séjour procurent un sentiment de sécurité et offrent un environnement rassurant pour les touristes seuls ou célibataires.

La localisation des populations…

Une proportion croissante de la population résidera dans les pays développés, mais la part du continent européen dans la population mondiale enregistrera une décroissance. Les économies émergentes gagneront aussi en importance. On assistera également à une migration globale des gens qui quitteront les zones rurales pour s’établir dans les communautés urbaines. La croissance de la population urbaine constitue un développement positif pour le tourisme; les données suggèrent que les citadins disposent d’une plus grande propension à voyager que les personnes habitant dans les zones rurales.

Les changements dans la répartition de la population à travers le monde et dans les centres de pouvoir économique – importance accrue de l’Asie – entraîneront une augmentation du nombre de touristes asiatiques sur le marché européen.

…et ses implications pour le tourisme

  • Nécessité d’accroître la sensibilité de tous les secteurs de l’industrie touristique en ce qui concerne les besoins culturels et religieux des touristes asiatiques.
  • Accroissement de la demande pour des expériences de tourisme rural, surtout de la part des citadins des marchés développés.
  • Développement du marché des échanges de maisons «urbaines-rurales».
  • Augmentation de la demande pour des séjours de ville et de magasinage, surtout en Europe (citadins des marchés émergents)

La migration des populations…

D’ici 2030, 42 millions de personnes migreront principalement vers les États-Unis et l’Europe, mais aussi vers le Moyen-Orient. Majoritairement des travailleurs non qualifiés, ces migrants auront tendance à se concentrer dans les zones urbaines.

Le regroupement des familles amplifie les flux migratoires, mais le lien avec le pays d’origine demeurera très fort pour les migrants de la première génération. Ceux des deuxième et troisième générations porteront un intérêt particulier à la découverte de leurs racines.

Deux groupes de migrants se démarqueront:

  • les jeunes adultes dont la migration s’effectuera entre des pays développés;
  • les retraités qui migreront au sein d’un même pays (à l’intérieur des États-Unis, par exemple) et du nord au sud de l’Europe.

Une large proportion des migrants sera relativement pauvre.

…et ses implications sur le tourisme

  • Hausse des visites de parents et d’amis dans les pays d’accueil.
  • Accroissement des voyages domestiques pour découvrir le pays d’accueil.
  • Augmentation des voyages à faible coût – utilisation de compagnies de transport à bas prix, par exemple.
  • Croissance de la main-d’œuvre pour l’industrie touristique européenne.
  • Création de forfaits sans hébergement, puisque les touristes logeront chez des parents ou des amis.
  • Possibilité d’utiliser la communauté de résidents à l’étranger pour promouvoir la destination d’accueil.
  • Besoin de concevoir des offres touristiques qui prennent en considération les désirs spécifiques des diverses ethnies (religion, habitudes alimentaires).
  • Nécessité de former le personnel aux particularités culturelles des nouveaux arrivants.

Face à l’évolution prévue de la démographie, les destinations touristiques pourraient être obligées d’effectuer des choix difficiles en matière de marketing, de communication et de développement de produits. Quelle cible choisir? Tout un défi que celui de répondre aux besoins des touristes plus jeunes et moins expérimentés des marchés en développement et à ceux des touristes chevronnés des marchés développés.

Source:
– Organisation mondiale du tourisme et Commission européenne du tourisme. «Demographic Change and Tourism», 2010, 121 p.

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Enjeux Produits et activités

Environnement artificiel

Le marché mondial du tourisme est extrêmement compétitif. Pour attirer des visiteurs ou bonifier leur offre touristique, certaines destinations sont prêtes à reproduire des attraits naturels ou à créer de toutes pièces des lieux qui transformeront à jamais leurs paysages. La chirurgie plastique n’est pas exclusive au corps humain, regardez autour de vous, savez-vous distinguer le vrai du faux?

Paysages géologiquement modifiés

Nombreux sont les territoires qui voient leurs paysages naturels se modifier au fil du temps. Bien que ce ne soit pas toutes les destinations qui regorgent de sites artificiels tels qu’à Dubaï (lire aussi : Dubaï, région de la démesure), depuis toujours, l’occupation humaine laisse des traces. Pensons par exemple aux Cascata delle Marmore, chutes créées par les Romains en 290 avant Jésus-Christ, ou aux Islas de los Uros, îles flottantes construites par les Uros sur le lac Titicaca au Pérou. Et plus près de chez nous, dans l’archipel d’Hochelaga, juste à côté de l’île Sainte-Hélène, n’avons-nous pas créé l’île Notre-Dame pour la tenue de l’Exposition universelle de 1967?

Véritable levier de développement touristique, le paysage contribue à l’attractivité des territoires. C’est pourquoi certaines destinations, parfois moins avantagées par la nature ou voulant devenir encore plus attrayantes pour les touristes, se tournent vers des options « artificielles », afin d’améliorer leur physionomie ou leurs attributs. Ainsi, on crée des chutes, des îles, des plages, des montagnes et des lacs; on simule le vent, la neige et même les vagues.

Prenons l’exemple de Boscombe en Angleterre, une station balnéaire située à proximité de Bournemouth. Celle-ci connaît un essor remarquable grâce, entre autres, au premier récif artificiel en Europe, le Boscombe SurfReef, qu’on a créé afin d’attirer les surfeurs en quête de la vague parfaite. Cette contribution artificielle a joué un rôle important dans la revitalisation de ce site qui, après avoir été délaissé durant plusieurs années, attire à nouveau les touristes en grand nombre. La vidéo suivante fait état du développement touristique qui a suivi la création du récif.


Source: bournemouth.co.uk

Des idées qui déjouent la nature

La nature est souvent comparée à un terrain de jeux. Il n’est donc pas surprenant de s’en inspirer pour créer des centres récréatifs ou des parcs thématiques. Les stations de ski, les parcs aquatiques et les centres de golf intérieurs en sont des exemples (lire aussi: Des équipements sportifs nouveau genre). Après les îles tropicales de Berlin (lire aussi: Prendre des vacances à Berlin ou sur une île tropicale? Et pourquoi pas les deux!), voici que les Émirats arabes unis créent le Ice Land Water Park, ayant pour thème le réchauffement climatique. Dans ce parc, on a intégré des pingouins et des glaciers à de nombreuses activités aquatiques.

Source: Icelandwaterpark.com

Le cabinet d’architecture américain Studio Shift a également conceptualisé un projet de parc aquatique, écologique cette fois, dans le comté de Miyi, en Chine. En plus de créer une série de bassins, d’infrastructures de service et d’espaces verts, il envisage de construire un lagon. Afin de respecter au maximum l’environnement, il prévoit faire usage de panneaux solaires, instaurer des toits végétalisés, traiter les sols par bioremédiation, utiliser l’eau provenant de la rivière Anning comme source primaire et faire appel à un système de récupération des eaux de pluie. On effectuera le traitement des eaux à l’aide d’une technologie avancée qui permettra de filtrer et de purifier cette ressource essentielle au site. Voici le lien pour en apprendre davantage sur le projet.

Source: inhabitat.com

Le milieu événementiel suit cette tendance en créant des attraits temporaires aux accents naturels, comme des jardins ou des plages en zone urbaine (lire aussi: Si le touriste ne va pas à la plage, faites venir la plage en ville!). Par exemple, en mai 2010, durant deux jours, les Champs-Élysées étaient recouverts de verdure pour célébrer la Journée mondiale de la biodiversité. Souligner le rapport entre l’homme et son environnement était au cœur de cette démarche. Baptisée Nature Capitale, cette œuvre de trois hectares, comprenant 150 espèces végétales, se «déplacera» vers d’autres métropoles au cours des prochaines années.

Source: naturecapitale.com

Des idées de toutes sortes émergent partout sur la planète, y compris au Québec. Par exemple, on trouve depuis 2009, au Centropolis de Laval, SkyVenture Montréal, un centre qui permet aux amateurs de sensations fortes de vivre l’expérience d’une chute libre, grâce à un simulateur qui propulse l’air à 175 km à l’heure. Cette fois, c’est le vent qu’on reproduit.


Source: skyventuremontreal.com

Le Centropolis de Laval est également le lieu choisi par Maeva Surf pour créer une nouvelle attraction qui permettra aux amateurs de surf de s’initier au flowboard, un sport de planche qui se pratique sur une vague artificielle de type FlowRider®. L’établissement est présentement en construction, mais permettra bientôt à ses adeptes de s’adonner à cette activité à l’intérieur et de profiter de la vague, même en hiver.

Grâce aux technologies, on arrive aujourd’hui à contrôler une multitude d’éléments naturels. Peu importe la situation géographique ou la saison, on se donne maintenant accès à tout. Mais jusqu’où ira-t-on? Est-ce que certaines régions tireraient avantage à créer des produits d’appel artificiels? Est-ce la voie à emprunter pour renouveler ou bonifier son offre? Bien que cette tendance défie certainement un autre courant, celui de l’authenticité, elle constitue néanmoins pour certaines destinations une avenue qui mérite d’être considérée.

Sources:
Bournemouth.co.uk
Icelandwaterpark.com
Skyventuremontreal.com
Naturecapitale.com
Inhabitat.com
Maevasurf.com