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Des voyageurs québécois enthousiastes, mais prudents

Comportement des voyageurs québécois à l’été 2021

Une enquête longitudinale menée par la Chaire de tourisme Transat auprès de voyageurs québécois à la fin de l’année 2021 permet d’analyser les déplacements touristiques qu’ils ont effectués entre mai et octobre. En comparaison avec l’été 2020, ils ont été beaucoup plus nombreux à voyager au Québec (une variation de 22 pts de %), et plus particulièrement à y faire un séjour d’une à trois nuits (variation de 15 pts de %).   

Se rendre dans une autre région que celle du domicile principal fut également plus populaire en 2021 qu’en 2020 (variation de +23 pts de %). Les voyageurs québécois ont aussi été plus nombreux à séjourner à l’extérieur de la province et hors du pays.  

Les Québécois semblent reprendre certaines habitudes quand les mesures s’assouplissent. Par exemple, le retrait de la quarantaine obligatoire pour les voyageurs canadiens entièrement vaccinés à l’été 2021 pourrait avoir contribué à la hausse des séjours à l’extérieur du Canada.  

Le faible nombre de cas positifs à la COVID-19 durant la saison estivale, le taux élevé de personnes vaccinées, la mise en place du passeport vaccinal et l’application générale des mesures barrières pourraient expliquer la hausse du niveau de confiance des répondants face aux déplacements en général. On observe d’ailleurs que le désir de voyager dans le contexte actuel est plus élevé en 2021, comparativement à 2020 (2021 : 39 % contre 2020 : 26 %, une variation de +13 points de %).  

Attitude générale face au voyage et au ricochet du variant Omicron

L’enquête de la Chaire de tourisme Transat a aussi permis de jauger l’attitude des voyageurs québécois à l’égard du voyage dans un contexte pandémique. Près de la moitié des personnes sondées (48 %) a affirmé préférer voyager au Québec au cours des prochaines années, que les frontières soient rouvertes ou non. À l’inverse, plus du tiers (37 %) a apprécié découvrir la province durant la dernière année, mais privilégiera toutefois les voyages hors de celle-ci au cours de la prochaine.  

La fluctuation des mesures restrictives mises en place pour maîtriser les vagues de la pandémie de COVID-19 continue d’avoir des répercussions sur le comportement des consommateurs. L’arrivée du variant Omicron en fin d’année 2021 a altéré les plans de nombreux Québécois lors de la période des Fêtes et influence aujourd’hui les intentions de voyage à court et moyen terme. L’incertitude plane.  

En décembre 2021, un sondage mené par la firme Léger révèle que 88 % des Québécois n’ont pas l’intention de voyager à l’étranger pendant l’hiver. L’état d’esprit des citoyens fluctue au fil des semaines. Sondés à nouveau en février 2022 par Léger, 57 % (c. 21 % en janvier) des Québécois croient que le pire de la crise est derrière nous, 21 % (c. 45 % en janvier) que nous vivons le pire, et 12 % (c. 25 % en janvier) que le pire est à venir. 

Le retour à la vie « normale » est plus que jamais incertain. L’Institut national de santé publique du Québec s’est intéressé aux perceptions des Québécois quant au moment où ils pensent pouvoir reprendre leurs activités (voyager, grands rassemblements, etc.) comme avant la pandémie. Les résultats du sondage mené en janvier et février 2022 sont mitigés. Seuls 15 % affirment les avoir déjà reprises, 36 % indiquent que cela sera plutôt remis à juin 2022, 16 % vers la fin de l’année 2022, 29 % au cours de l’année 2023 et 5 %, jamais. 

Impacts de la COVID-19 sur les façons de voyager

Interrogés sur les répercussions de la pandémie sur leurs habitudes de planification au cours des prochaines années, les voyageurs québécois ont révélé à la Chaire de tourisme Transat en 2021 qu’ils seront nombreux à réserver des options offrant une politique d’annulation. Ils accorderont par ailleurs plus d’importance aux mesures sanitaires à destination, et croient qu’ils voyageront plus localement qu’avant. L’adhésion à ces deux paramètres, mesurée également lors de l’édition 2020 de l’étude, s’avère plutôt stable. On observe toutefois une légère tendance haussière concernant les voyages plus locaux (2021 : 50 % contre 2020 : 42 %; +8 pts de %). 

Comparativement à l’année 2020, la proportion de voyageurs qui estiment faire plus souvent des séjours en nature s’est légèrement amenuisée (2021 : 20 %, contre 2020 : 30 %). Connaissant l’engouement des Québécois pour le plein air, cette baisse n’est pas à craindre. Mais elle pourrait suggérer une certaine stabilisation du phénomène.  

Prévoir des plans A, B et C

Les entreprises touristiques ont assoupli leur politique de réservation et font preuve d’une grande flexibilité étant donné les circonstances changeantes. Les consommateurs en profitent bien : réserver un voyage à l’étranger comme plan A, mais planifier un séjour au pays si les frontières ferment à nouveau; louer un grand chalet avec des amis, mais prévoir un autre hébergement de plus petite taille comme plan B. Pour éviter de se retrouver le bec à l’eau, des voyageurs multiplient ainsi les réservations pour une même période et annulent l’option rejetée au dernier moment, ou selon les délais prescrits par la politique de l’entreprise. En anglais, on parle de trip stacking, un phénomène qui pourrait toutefois être éphémère et s’estomper lorsque la pandémie sera résorbée. 

Bien que l’année 2022 débute encore une fois dans l’incertitude, les consommateurs ont acquis deux années d’expérience et s’adaptent au contexte instable. Les voyageurs ont hâte de partir et même s’ils souhaitent vivre des expériences extraordinaires, composées, entre autres, de moments enrichissants et significatifs, ils demeurent hésitants pour l’instant.  

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Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Les télétravailleurs, un segment à saisir

Pour saisir les occasions qui émergent de ce segment, il faut comprendre les multiples visages de ceux et celles qui le composent. Il serait judicieux d’identifier leurs besoins et envies ainsi que s’attarder aux périodes clés durant lesquelles ils jouissent d’une flexibilité, et donc d’une réorganisation de leur temps libre. Le potentiel que représente cette clientèle pourrait bien accroître une fois que le contexte pandémique sera terminé, car le télétravail est là pour de bon!   

Les voyageurs québécois en situation de télétravail

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1 206 voyageurs québécois, 42 % des répondants se trouvaient en situation de télétravail au cours de l’année 2021 (19 % en totalité et 23 % en partie). De ceux-ci, 38 % affirment avoir travaillé hors de leur résidence principale (lire : Les télétravailleurs explorent de nouveaux lieux pour travailler).  

L’enquête de la Chaire indique également que près d’un quart (24 %) des télétravailleurs sondés l’ont fait dans leur région, 14 % dans une autre région du Québec, 3 % ailleurs au Canada, 2 % hors du Canada, et seulement 1 % dans un tout-inclus.  

Joindre le travail à l’agrément

La ligne qui sépare le travail et la vie personnelle s’estompe depuis l’intégration du télétravail et des horaires flexibles. Cette nouvelle réalité permet à un plus grand nombre de personnes de s’offrir des périodes de loisir à des moments inhabituels et de profiter d’une plus grande mobilité. Il n’est donc pas surprenant que plusieurs experts s’attendent à une recrudescence des voyages de typeworkationau cours des prochaines années.  

Leworkationest une contraction des mots anglaiswork(travail) et vacation (vacances) et se caractérise par des séjours en télétravail durant lesquels des périodes libres ou des journées de congé sont consacrées aux vacances. Les nomades numériques exploitent depuis plusieurs années ce mode de vie et depuis peu, certains télétravailleurs y prennent part eux aussi.   

Pour Brian Chesky, président-directeur général d’Airbnb, la nouvelle organisation du travail aura un impact direct sur le futur du tourisme.

Selon le Skift Research Travel Tracker de septembre 2021, près d’un Américain sur quatre qui était en situation de télétravail déclarait avoir prolongé de plus de dix jours ses vacances grâce au travail à distance. Pour Brian Chesky, président-directeur général d’Airbnb, la nouvelle organisation du travail aura un impact direct sur le futur du tourisme. En se basant sur le comportement de réservation de ses clients, il croit même qu’une certaine révolution est en train de se produire — soit des déplacements plus longs qui imbriquent les dimensions vacances et travail. Entre juillet et septembre 2021, 20 % du chiffre d’affaires de l’organisation a été induit par de longs séjours (plus de 28 jours), représentant une augmentation de 68 % par rapport aux réservations de 2019.    

Le secteur de l’hôtellerie observe également ce phénomène et tente de capitaliser sur le volume grandissant de télétravailleurs. Par exemple, c’est le cas du groupe Hyatt avec ces trois forfaits : « Office for the Day (1 journée), « Extended Stays » (+ de 5 nuitées) et « The Great Relocate » (+ de 29 nuitées). De son côté, Marriott propose aussi des séjours prolongés, mais se distingue par l’intégration d’une offre de villas et de maisons de vacances (depuis 2019), ce qui lui permet de faire directement concurrence à Airbnb et VRBO. Hilton courtise également les voyageurs aux longs séjours avec son concept Homewood Suites. Au centre-ville de Montréal, le groupe hôtelier loue 97 appartements équipés (cuisine, laveuse-sécheuse, espaces de rangement) et inclut des services tels que le petit déjeuner, la livraison d’épicerie et une offre de repas prêt-à-manger. Les animaux de compagnie sont également les bienvenus.   

Le phénomène du workation est-il adopté par les Québécois?

L’enquête menée par la Chaire de tourisme Transat a permis d’aborder la tendance du workation sous deux angles différents : ceux qui ont effectué un séjour spécifiquement pour faire du télétravail (16 % des télétravailleurs) et ceux qui prolongent un séjour d’agrément pour ensuite exercer leur profession à distance (13 % des télétravailleurs sondés). En 2021, 85 % des répondants qui ont fait un séjour de télétravail en ont fait un au Québec. Ils ont réalisé en moyenne 4,9 séjours, ce qui représente 12 nuitées attribuables au workation dans l’année.

Les adultes âgés de 25 à 34 ans adhèrent davantage au phénomène du workation. Une forte proportion possède un diplôme universitaire et près de la moitié jouit d’un revenu annuel supérieur à 100 000 $. Les habitants de la grande région de Montréal constituent le principal marché, particulièrement lorsqu’il s’agit de prolonger un séjour de vacances. Enfin, près du tiers de ceux qui pratiquent le workationont des enfants, ce qui pourrait vouloir dire qu’ils sont contraints au calendrier scolaire, selon l’âge et l’autonomie de leur progéniture.   

Près d’un répondant sur trois (29 %) estime qu’il sera en télétravail en 2022 (6 % en totalité et 23 % en partie). De ce nombre, 19 % comptent faire un séjour pour travailler à distance et 14 % prévoient prolonger un séjour d’agrément grâce au télétravail. Ces proportions pourraient s’avérer plus importantes puisque le sondage a été effectué juste avant que le gouvernement Legault n’impose le travail à distance en décembre 2021.  

Dans un contexte encore incertain, identifier le plein potentiel de cette clientèle demeure complexe pour l’industrie touristique. Cependant, les organisations ont avantage à commencer (ou poursuivre) leur réflexion quant à la façon de saisir les opportunités qui découleront de ce segment.   

Image à la une : Samson Katt de Pexels

Cet article fait partie du cahier des perspectives touristiques 2022 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Trois tendances en plein air pour s’inspirer

Hébergements insolites et lieux non conventionnels

En 2018, une analyse du Réseau de veille en tourisme faisait remarquer une montée des hébergements de plein air immersifs. Cette tendance a pris un virage insolite et épars avec un éclatement de l’offre. La naissance d’initiatives québécoises comme l’hôtel nomade UNIQ et le refuge vitré situé dans l’enclot des loups du Parc Oméga, pour n’en citer que quelques-unes, démontre cette tangente vers des lieux hors du commun. 

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Source: UNIQ 

Mobilité convoitée

Les voyageurs québécois interrogés en décembre 2021 par la Chaire de tourisme Transat ont exprimé un intérêt significatif envers les chalets en nature (68 %) et les campings non traditionnels (45 %) pour un prochain séjour. Autour du tiers des sondés s’intéressent à la caravane/motorisé et au van aménagé. Il s’agit là d’un engouement certain pour les hébergements mobiles chez les habitants de la Belle Province. 

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En 2021, l’entreprise VanLife MTL a doublé son parc de véhicules récréatifs en location. Dans une entrevue avec le Réseau de veille en tourisme, la co-fondatrice de Terego une application qui permet aux producteurs agricoles daccueillir les amateurs de vanlife sur leur site confiait également qu’elle remarquait une importante hausse de la demande. À ses débuts en 2017, son organisation comptait 300membres voyageurs, alors que la saison de 2021 s’est conclue avec plus de 5000inscrits. Terego dénombre plus de 200entreprises désireuses de se convertir en hôtes au Québec. 

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Source: Terego 

Dans le même ordre d’idées, en Finlande, le Café Bar Pesula a commencé à offrir aux campeurs la possibilité de stationner leur véhicule ainsi que l’accès à l’électricité et à des toilettes chimiques pour 24 heures, en échange de 15 euros. Elle invite également les vanlifers à profiter d’un déjeuner dans leur établissement. 

Multiplication de circuits spécialisés

Depuis 2020, les fournisseurs de matériel de plein air ont peine à répondre à la demande. Selon un rapport de la firme 360 Research Reports, cette ruée vers ce type d’équipement se poursuivra au moins jusqu’en 2026.  

Ces signaux montrent l’apparition d’adeptes autonomes et équipés, néophytes ou expérimentés, qui recherchent de nouveaux endroits pour pratiquer leurs activités. Certaines destinations ont saisi l’occasion de les attirer par des itinéraires singuliers. 

  • La Norvège a récemment inauguré une route balisée où les pagayeurs peuvent naviguer sur un réseau de sentiers fluviaux de plus de 600 km. En complément, des cartes illustrent sous forme d’icônes les informations nécessaires à l’organisation de courts séjours ou de longs périples. 
  • Aux États-Unis, le US Bicycle Route System, un réseau cyclable à travers le pays, a ajouté 18 routes dédiées aux vélos dans cinq États. Cette adjonction de plus de 4 600 km traverse des lieux emblématiques comme le littoral de l’Ouest et les forêts de Redwood. Une carte interactive informe les cyclistes sur les précautions à prendre et les services offerts sur chaque itinéraire.

tendances plein air

Source: Lonely Planet 

  • La Finlande a publié un circuit court qui mise sur «la thérapie des couleurs». L’initiative regroupe 16attraits naturels et patrimoniaux aux teintes vibrantes à visiter durant la saison automnale.   

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Source: Metsähallitus 

  • En Italie, les amateurs de longue randonnée pourront jouir d’un terrain de jeu de plus de 7 000 km, avec l’inauguration d’un projet de sentiers qui vise à connecter les 25 parcs nationaux du pays. 

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Source: BBC travel 

Technologies et autonomie des visiteurs

La forte popularité du plein air provoque une importante fréquentation des sites naturels. Pour éviter les fermetures, plusieurs gestionnaires ont tenté, entre autres, de gérer l’achalandage avec des stratégies numériques (plateforme de réservation, comptage, bornes, etc.).  

Comme le Connected Communities Research Lab l’illustre dans son rapport Smart Parks, l’adoption de technologies — comme des applications ou des objets connectés — par des territoires protégés atteint un niveau optimal lorsque les données sont collectées, rassemblées et surtout, partagées avec les clientèles.  

Dans cet ordre d’idées, les initiatives numériques qui émergent visent une certaine autonomie des visiteurs. Cette approche mise sur l’implantation de processus et d’outils qui influencent le comportement des utilisateurs pour gérer les flux de manière plus organique.  

En Finlande, des chercheurs ont testé une application destinée à mieux informer les visiteurs du parc national de Nuuksio afin de les répartir naturellement sur les lieux. Elle montre par exemple l’affluence dans les stationnements, les horaires des autobus en temps réel ainsi que les installations d’intérêt du site. Les statistiques d’utilisation (plus fortes durant les périodes de haute fréquentation) ainsi que les premières rétroactions reçues quant à l’expérience sur place suggèrent qu’un service d’information en direct peut modifier les flux. 

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D’autres initiatives de la sorte ont vu le jour en 2021, telles que : 

  • l’application GPS Waze, qui propose des itinéraires alternatifs lorsque l’achalandage de la destination est élevé; 
  • la Heat Map, qui illustre où se trouvent les grands centres d’achalandage; 
  • l’application Affluences qui informe aussi en temps réel sur le niveau d’achalandage d’attractions prisées, tant les musées que les magasins populaires. 

En 2022, le secteur du plein air devrait être marqué par des expériences qui réinventent les lieux de pratique et qui assurent une autonomie des clientèles par une structuration de l’offre et par le partage d’informations. 

Suivrez-vous le courant? 

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Les télétravailleurs explorent de nouveaux lieux pour travailler

Selon une enquête en ligne réalisée par la Chaire de tourisme Transat en décembre 2021 auprès de 1206 voyageurs québécois, 42% des répondants se trouvaient en situation de télétravail au cours de la dernière année (19% en totalité et 23% en partie). De ceux-ci, 38% affirment avoir travaillé hors de leur résidence principale. Près dun cinquième (19%) en a fait chez des parents ou amis, 11d’un chalet, d’une maison ou d’un condo loués, 8% dans un café ou un restaurant et 5d’une chambre d’hôtel. Parallèlement, un peu plus de la moitié (55%) des propriétaires de résidences secondaires ont profité de leur chalet pour télétravailler. 

Le sondage de la Chaire de tourisme Transat a permis d’aborder le contexte de télétravail sous deux angles différents: ceux qui prolongent un séjour dagrément pour ensuite exercer leur profession à distance et ceux qui ont effectué un séjour spécifiquement pour faire du télétravail

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Les grands défis du tourisme d’affaires

Les répercussions de la COVID-19 sur les déplacements et rassemblements professionnels sont majeures et pourraient laisser des séquelles à plus long terme. L’agence de presse Bloomberg a analysé le futur des voyages d’affaires de 45 grandes compagnies situées aux États-Unis, en Europe et en Asie. D’après ces données, 84 % des répondants prévoient réduire leurs dépenses de voyage après la pandémie, par rapport à l’année 2019. L’enquête met en lumière trois principales raisons : l’efficacité des outils technologiques, l’importance de réduire les émissions de carbone et les coûts associés aux déplacements.

 L’évolution du monde du travail

Les entreprises de toutes tailles ont investi des sommes considérables pour intégrer des solutions technologiques qui permettent à leurs employés de travailler à distance. En plus d’être demeurées fonctionnelles, certaines sont désormais plus performantes. Pour plusieurs, ces gains se calculent en temps, en argent ainsi qu’en qualité de vie pour leurs effectifs. Plus les mois s’écoulent, plus les habitudes s’installent. De nombreux gestionnaires se demandent maintenant s’il est envisageable de retourner en arrière.

Un fossé se creuse graduellement entre l’« avant » et l’« après » pandémie. Cette période contraint les dirigeants à entamer d’importantes réflexions, notamment sur leurs politiques organisationnelles internes. C’est pourquoi tant d’entreprises évaluent actuellement la place qui sera accordée au télétravail (total ou partiel), aux horaires flexibles et aux déplacements. Bien sûr, le futur sera nuancé pour davantage équilibrer la vie professionnelle des employés. Cependant, cette évolution du monde du travail, induite entre autres par des technologies de communication efficaces, aura indubitablement des répercussions sur le tourisme d’affaires.

Cette évolution du monde du travail, induite entre autres par des technologies de communication efficaces, aura indubitablement des répercussions sur le tourisme d’affaires.

D’après un sondage effectué par la firme Morgan Stanley auprès de 138 gestionnaires de voyage entre le 30 juin et le 12 juillet 2021, 27 % des déplacements d’affaires prévoient être remplacés par des réunions virtuelles en 2022 et 19 % en 2023.

La responsabilité des entreprises face aux changements climatiques

L’impact des voyages professionnels sur le bilan carbone des organisations fait également réfléchir les gestionnaires. Depuis leur absence, ou forte diminution, plusieurs constatent la part substantielle d’émissions de gaz à effet de serre associée à leurs allées et venues.

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) s’insère depuis quelques années dans les stratégies commerciales des petites et grandes sociétés. Aujourd’hui, nombreuses s’entendent pour dire que la relance doit impérativement être durable si l’on souhaite affronter l’autre crise, soit celle associée aux changements climatiques. Selon une analyse de la firme d’intelligence d’affaires Skift, un grand nombre de multinationales visent l’objectif commun de réduire de 30 % leurs émissions d’ici 2030 et de devenir neutre en carbone d’ici 2050. Pour tenir leur engagement, préserver leur marque employeur et instaurer la confiance, bon nombre de ces entreprises limiteront inévitablement leurs futurs voyages d’affaires.

La Science Based Targets initiative, un partenariat entre le CDP, le Pacte mondial des Nations Unies, le World Resources Institute et le World Wide Fund for Nature, produit un répertoire dans lequel il est possible de prendre connaissance des objectifs établis par plus de 1800 compagnies. 

Les coûts versus les bénéfices

Tout déplacement professionnel ne s’équivaut pas. Les motifs sont sous la loupe des dirigeants qui constatent les économies encaissées au cours des derniers mois. Ainsi, le poids d’une rencontre avec un client ou un prospect diffère de celui d’une réunion interne. La participation à une conférence éducationnelle n’a pas non plus la même valeur que la présence à un congrès dédié au développement d’affaires.

Il y a certes un coût à se déplacer, mais aussi un coût à ne pas le faire. Manquer des occasions d’affaires peut engendrer d’importantes pertes aux entreprises trop réticentes à retourner sur la route. Cependant, la décision de partir ne se prend plus les yeux fermés, car un certain retour sur l’investissement est attendu. C’est notamment le cas de l’entreprise pharmaceutique Pfizer qui prévoit réduire considérablement les va-et-vient de ses employés par rapport aux années prépandémiques. La nouvelle politique de voyage de la compagnie mise sur une meilleure compréhension des motifs qui justifient un déplacement. En d’autres termes, qu’est-ce qui serait accompli sur place qui ne pourrait pas l’être virtuellement ?

La décision de partir ne se prend plus les yeux fermés, car un certain retour sur l’investissement est attendu.

D’après le cabinet-conseil McKinsey & Company, la vitesse à laquelle le secteur reprend graduellement ses activités varie selon la distance et le motif du voyage. Ainsi, les déplacements régionaux s’inscrivent parmi les premiers à revoir le jour, suivis des transports à l’échelle nationale, puis internationale. Les rendez-vous associés aux ventes priment sur les réunions internes et les conférences à grand déploiement.

Un secteur contraint à s’adapter

De nombreux centres de congrès et hôtels ont dû repenser leur offre de services dans le but de mieux accompagner leurs clientèles dans la réalisation de leur mission événementielle. La production de conférences virtuelles et hybrides a nécessité l’acquisition d’équipement de pointe et de talents spécialisés en TI. Le contexte mouvant dans lequel se trouve le tourisme d’affaires impose depuis 18 mois une constante adaptation des joueurs et met en évidence l’importance d’avoir des équipes agiles.

Devenus experts en report d’événements, les gestionnaires n’en finissent plus de jongler avec des scénarios A, B et C. En plus de se conformer aux mesures sanitaires et aux restrictions frontalières, les professionnels du secteur doivent aussi tenir compte des grandes tendances qui définissent le milieu des affaires.

Le besoin de renouer en face à face avec des clients, des fournisseurs, des partenaires et des collègues est bien réel. Toutefois, considérant les nouvelles orientations des entreprises, il est légitime de se demander à quels niveaux (distance, motif et fréquence de déplacement) les organisations laisseront désormais leurs talents voyager. Dans ce contexte, l’industrie devra faire preuve, encore une fois, d’une grande résilience.

 

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Cinq tendances en restauration propulsées par la crise

Vers une plus grande résilience

L’agilité est un gage de résilience. La crise sanitaire l’a bien démontré. Certains restaurants ont réussi à maintenir un centre de profit grâce aux repas pour emporter, au prêt à cuisiner ou encore à un service de livraison efficace. La réouverture des salles à manger signifie pour plusieurs un retour progressif à la « normale ».

Quelles sont les leçons à tirer de cet épisode durant lequel quelque 65 % des restaurateurs canadiens ont opéré à perte ? Comment les entreprises pourraient-elles mieux se préparer si la situation se répétait ou, du moins, pour s’assurer un meilleur avenir ?

1.Des terrasses, toujours plus de terrasses !

Les nombreux programmes offerts pour l’utilisation de l’espace public ont beaucoup plu aux restaurateurs et aux clients. Ces aménagements ont permis de maximiser la fréquentation de ces commerces dans un contexte de distanciation physique et ont donné lieu à des projets très créatifs, même en dehors de la saison estivale. Des igloos translucides, des cabanes en plexiglas, des cubicules équipés de chauffage, les formules varient.

Plusieurs villes, comme Paris, Los Angeles et San Francisco, prolongent ces programmes pour quelques années. Les autorités new-yorkaises envisagent aussi de rendre les terrasses sur la voie publique permanentes.

Aménager les toitures de leur établissement constitue également une avenue fort intéressante pour les restaurateurs. Il s’agit bien souvent d’un espace sous-utilisé offrant un point de vue différent, parfois remarquable sur la ville. En été, des plantes et des parasols contribuent à rafraîchir l’endroit alors que des foyers, des lampes chauffantes et des couvertures font de la terrasse, au niveau du sol comme sur le toit, un lieu accueillant à l’automne et tôt au printemps.

Maintenant que les salles à manger ont rouvert, ces nouvelles terrasses augmentent le nombre de places disponibles par rapport à l’ère pré-COVID.

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Source : Pexels

2. Des cuisines fantômes bonifiées

Des restaurateurs ont adopté le concept de cuisines fantômes durant la pandémie. Celui-ci consiste à louer un espace dans une cuisine existante, parfois en partage avec un autre restaurateur, et y produire son menu. Les clients peuvent commander leurs plats, soit sur le site Web de l’entreprise, soit par l’entremise d’applications mobiles ou de livraison tierces. Le principe réside dans l’absence de salle à manger et de toute association entre le menu et le lieu.

Cette formule, qui comprend plusieurs avantages financiers dus notamment au partage des équipements et à la réduction du personnel, pourrait bien perdurer après la crise. Certaines entreprises choisissent même d’ouvrir leur cuisine sur une zone d’attente pour les clients qui viendraient chercher leur repas. Ceux-ci peuvent voir le travail des cuisiniers et ainsi capter une partie de l’expérience de restauration.

3. Des plats simples

Avec la fermeture des salles à manger, les établissements haut de gamme ont dû confectionner des menus rapides dans un format pour emporter. Même les cuisiniers du chic Noma, à Copenhague, couronné meilleur restaurant au monde pendant plusieurs années, se sont mis au BBQ pour griller des burgers (!). Le Noma Wine and Burger Bar a permis à l’entreprise de demeurer ouverte et en contact avec une clientèle élargie. Celle-ci pouvait ainsi commander un repas pour emporter ou pour consommer directement dans les jardins du Noma.

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Source : Facebook/Noma

Certains restaurants gastronomiques ayant ajouté cette corde à leur arc pourraient être tentés de la conserver, même lors du retour à la normale. Il s’agit d’un atout qui leur permet d’expérimenter des produits, de s’ouvrir à une clientèle diversifiée et d’augmenter leur résilience lors de périodes moins fastes.

4. Une expérience numérique sans accroc

Une présence Web bien ficelée — un site Internet attrayant et efficace pour réserver ou commander un repas et l’animation des médias sociaux —, ne constitue pas une tendance, mais bien une nécessité. S’arriment à cette présence les applications de commande et de livraison ainsi que les menus en format code QR. Les consommateurs ont développé l’habitude de passer par les canaux numériques durant les mois de confinement. Ils s’attendent maintenant une expérience numérique sans faille, même en salle à manger.

Un sondage réalisé par la firme Clover de Fiserv auprès de plus de 1 500 Canadiens en mars 2021 dévoile que la majorité des jeunes adultes de 18 à 34 ans et le tiers des 35 à 54 ans préfèrent commander et payer à la table en utilisant leur propre appareil mobile plutôt que par l’entremise du serveur. Une part d’entre eux (31 % des 18 à 34 ans et 10 % des 35 à 54 ans) sont même plus enclins à choisir les établissements équipés en ce sens.

5. Un aménagement flexible

S’adapter, s’ajuster, se réinventer sont des termes qui ont été utilisés jusqu’à plus soif durant la crise. Les restaurateurs ont dû revoir les fonctions de leurs locaux, créer une offre dans des lieux conçus pour d’autres fins, adapter leur salle à manger pour accueillir les clients de façon distanciée et de manière souvent peu rentable. Lorsque l’espace est flexible, les possibilités d’ajustement se multiplient et les idées créatives foisonnent. C’est un peu le propos véhiculé par le designer David Rockwell. Dans un article du magazine Bloomberg, il partage sa vision du restaurant du futur. Selon lui, la place devrait pouvoir évoluer au fil de la journée, en fonction des besoins.

Parmi les éléments de son modèle, il suggère de s’équiper de hautes étagères mobiles garnies d’herbes et de plantes comestibles qui serviront à délimiter des zones, au gré de la journée. Ces structures végétales créent aussi une ambiance chaleureuse tout en apportant de la fraîcheur. Elles peuvent être déplacées pour agrandir la salle à manger, aménager un espace de réunion ou de coworking, allouer une partie de la salle à une boutique. Les herbes peuvent être utilisées en cuisine et les surplus vendus.

M. Rockwell propose ainsi de prévoir un marché/boutique avec des repas de type prêt-à-cuisiner et des produits provenant d’artisans locaux. Un tel ajout favorise une meilleure utilisation de l’espace en dehors des heures de pointe tout en créant des collaborations avec les commerces avoisinants. Des fenêtres donnant sur la rue permettent de servir directement les clients qui commandent pour emporter tout en limitant la circulation à l’intérieur du restaurant.

 Vers la croissance

Le regroupement Restaurants Canada estime que les ventes de 2021 demeureront sous le niveau prépandémique (-17 %), mais les prévisions pour 2022 se traduisent par une hausse de 3,8 % par rapport à 2019. La dernière année fut éprouvante. Préparons-nous à une embellie éventuelle tout en misant sur une plus grande agilité.

 

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Le silence, un paysage sonore en demande

Source de pollution pernicieuse, le bruit est constant dans les villes. À New York, 29 des 30 jours les plus calmes des trois dernières années ont eu lieu durant le confinement. La situation a permis à de nombreux citadins de connaître une nouvelle ambiance dans la ville : le silence. Les résultats du projet Silent Cities, déployé pour permettre de mesurer les sons durant le confinement, démontrent que l’arrêt des activités humaines a permis à la nature de se faire entendre. Les résidents ont pris conscience des bienfaits du silence, créant du même coup un intérêt pour des vacances et escapades dont l’objectif principal vise un répit du capharnaüm urbain.

Qu’est-ce que le silence ?

Défini comme une absence de décibel, le silence est dorénavant une denrée rare selon Gordon Hempton, écologiste acoustique et cofondateur de l’organisme Quiet Parks International. Le bruit est perçu différemment selon le destinataire. Certaines personnes puisent leur énergie dans des activités à fortes doses de décibels, pour d’autres ces stimulus mènent à un épuisement. Selon les études compilées par l’INSPQ, une personne sur 4 serait sensible au bruit et souffrirait d’activités sonores pourtant tolérables pour le reste de la population. On estime qu’une personne sur 10 serait même « fortement sensible » au bruit. Pour le psychologue Joshua Smyth, qui étudie les réponses psychologiques et physiques au bruit, le silence s’avère un besoin pour récupérer d’un environnement sonore stressant.

Le paysage sonore : quelle importance pour le tourisme ?

Les vacances sont synonymes de retour au calme pour de nombreuses personnes. Considérant que le silence peut constituer une véritable quête pour certains touristes, il est pertinent que l’environnement audible soit analysé et pensé avec soin par les gestionnaires municipaux et les acteurs touristiques. La relance étant sur toutes les lèvres, de nombreux réaménagements de lieux sont prévus. Il convient de prendre en considération le bruit environnant et de créer des lieux sonores en continuité avec les efforts de design ainsi que les attentes et besoins des touristes. De nombreux attraits culturels misent sur le silence pour charmer la clientèle. Par exemple, les spas et les musées proposent des environnements sonores silencieux alors que les retraites de yoga et de méditation, dont l’offre se diversifie par ailleurs, proposent un amalgame des sons de la nature. Voici de nouvelles tendances liées à la quiétude acoustique.

Le tourisme de bien-être et le tourisme spirituel

Depuis plusieurs années, on observe un engouement pour le tourisme spirituel ; cette popularité va au-delà de la pratique religieuse. Les lieux de culte connaissent de nombreuses mutations afin de plaire à des adeptes de différents horizons et composés d’une grande part de non-pratiquants ou de non-croyants. En continuité avec le tourisme de bien-être, de nombreux séjours et retraites silencieuses allient méditation, yoga et déconnexion numérique. Le mouvement Silence propose des ateliers, des espaces et des séjours dont l’attrait principal est le répit auditif. Initié par Jeanne Dujardin, le mouvement a pour ambition de permettre au plus grand nombre de se reconnecter avec soi-même, à travers le silence.

Exemple d’un espace réfléchi par l’organisme Silence. La conception architecturale des espaces expérientiels immersifs est réalisée en collaboration avec Sispeo Architectes.

Source : Silence

L’aménagement urbain pensé pour optimiser le silence

Les aménagements des parcs et d’espaces verdis reclus de l’action foisonnante des villes ont connu une grande popularité durant la pandémie. La possibilité de se mettre en retrait des bruits et de la pollution sonore environnante est devenue un attrait d’importance. Le projet Ville Sonore propose de réfléchir l’acoustique dès la conception d’un espace. Le choix des matériaux, l’organisation de la végétation et la composition de l’espace peuvent absorber les bruits et réduire la pollution sonore dans une place publique.

Une certification pour préserver la quiétude sonore

Dans le contexte du plein air, le silence se définit par l’absence de bruit synthétique laissant place à une ambiance composée des sons provenant de sources naturelles. L’organisme Quiet Parks International (QPI) protège et certifie les espaces silencieux tout en sensibilisant la population à l’importance de lieux paisibles. Le Yangmingshan National Park de Taiwan est le premier parc urbain à recevoir cette certification.

Source : Yangmingshan National Park

Promouvoir le silence

Les règles sanitaires en place favorisant le tourisme local, de nombreux vacanciers cherchent de nouvelles expériences pour se distraire et vivre un dépaysement. Les vastes espaces naturels du Québec sont reconnus internationalement. Pourquoi ne pas leur attribuer une nouvelle vocation en mettant de l’avant le silence et le ressourcement qu’ils peuvent offrir ?

 

Image à la une : Pixabay

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Segments de clientèles Tendances

Migration interrégionale et télétravail

Depuis longtemps, les régions du Québec rivalisent d’ingéniosité pour attirer de nouveaux résidents. Certaines l’ont d’ailleurs fait de façon structurée avec de solides stratégies d’attractivité territoriale. Plusieurs démarches ont porté fruit et la tendance favorable aux régions se ressent depuis quelques années.





Migration interrégionale au Québec : des bilans positifs

Selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), les Laurentides et Lanaudière présentent le bilan migratoire positif le plus élevé pour la période allant de juillet 2019 à juillet 2020. Moins de personnes ont quitté ces régions et davantage s’y sont installées. Elles affichent d’ailleurs leurs meilleurs résultats depuis le commencement de la compilation des données par l’ISQ en 2001. L’ensemble des municipalités régionales de comté (MRC) de l’Estrie, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont aussi réalisé des gains au cours de cette période.

Des occasions à saisir pour les entreprises touristiques régionales

De nombreuses MRC situées en zones de villégiature ont obtenu de forts gains migratoires ces dernières années. Ces nouveaux résidents ont certes choisi de déménager pour retrouver des avantages liés à leur qualité de vie, mais comme précisé dans une analyse précédente, ils souhaitent également réaliser des expériences qui se rapprochent de celles vécues par les touristes.

Après le marketing territorial vient l’accueil de ces habitants installés depuis peu. Quelles stratégies visant ce segment de clientèles pourraient être mises de l’avant ?

Après le marketing territorial vient l’accueil de ces habitants installés depuis peu. Quelles stratégies visant ce segment de clientèles pourraient être mises de l’avant ? Leur proximité et leur envie de découvrir leur nouvelle région font d’eux des visiteurs fort attrayants. Ils ont le potentiel d’effectuer plusieurs visites et de recommander leurs coups de cœur à des parents et à des amis.

Migration interrégionale au Québec : des bilans négatifs

Les données de l’ISQ mettent également en lumière une vingtaine de MRC qui affichent un solde migratoire négatif de juillet 2019 à juillet 2020. Parmi elles se trouvent : Montréal, Laval, Longueuil, Québec et Gatineau.

Montréal cumule des pertes depuis quelques années. Cette tendance semble s’amplifier avec la pandémie. Au cours de la période à l’étude, la métropole a accueilli près de 27 000 personnes en provenance des autres régions alors que 62 900 résidents ont quitté la ville. Ces derniers ont choisi de s’établir ailleurs dans la province. Cette perte de 35 900 individus représente le plus lourd déficit migratoire interrégional que Montréal ait connu depuis 20 ans.

Les télétravailleurs

Avec la montée en flèche du télétravail, il est maintenant légitime de se questionner à propos de l’impact de cette nouvelle réalité sur les projets de migration des Québécois ou des Canadiens.

Le télétravail était sous-pratiqué avant la pandémie de COVID-19 d’après des données de Statistique Canada. Seulement 13 % des employés s’y adonnaient parfois à raison de quelques heures par semaine en 2018. Or, au début du confinement, 39 % des salariés canadiens se sont déclarés en télétravail. Si le travail à distance demeurait fréquent dans les organisations après la crise sanitaire, plusieurs experts s’entendent pour dire qu’il pourrait engendrer d’importants bouleversements.

Comme le télétravail est très apprécié, plusieurs entreprises revoient leurs politiques internes en vue de l’intégrer sur une base régulière ou flexible. Dans la prochaine année, elles devront se positionner à ce sujet et leur décision pourrait avoir un impact sur la mobilité de leurs employés.

Une tendance à suivre

Les données de l’ISQ à propos du bilan migratoire ne couvrent que les premiers mois de la crise sanitaire. Considérant qu’un déménagement se planifie, il est possible que ceux réalisés au début de la pandémie étaient prévus bien avant le confinement.

Le prochain bilan offrira un meilleur portrait de l’effet de la pandémie sur la migration interne au Québec. D’ici sa sortie, on peut supposer que l’année 2020-2021 sera encore très dynamique en ce qui concerne les déplacements interrégionaux. Selon l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, le marché immobilier résidentiel de la province a connu une hausse de 17 % par rapport à 2019, un record depuis les premières compilations de données en 2000.

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Tendances

Le tourisme post-COVID : à quoi s’attendre ?

De lourdes répercussions

Alors que l’industrie touristique connaissait une forte progression à peu près partout dans le monde, à divers degrés, et que les projections étaient au vert, la pandémie de COVID-19 a tout interrompu. Selon Destination Canada, les cicatrices qu’elle laissera sur l’économie touristique canadienne seront plus profondes que celles des impacts du 11 septembre 2001, du SRAS et de la crise économique de 2008 réunis.

Un été à saveur locale (encore)

Beaucoup d’espoir repose sur l’immunisation des Québécois et un faible nombre de nouveaux cas pour atténuer les mesures sanitaires en place durant l’été. L’avancement de la campagne de vaccination de masse laisse présager une saison estivale 2021 prometteuse pour une partie des entreprises touristiques de la province. Les destinations de plein air et d’agrotourisme devraient trouver leur compte, comme l’an dernier. Les grandes villes, dépourvues d’une part importante de leurs atouts habituels, seront contraintes d’attendre le retour des touristes internationaux et un affaiblissement de la pandémie pour qu’une véritable relance s’y opère.

Par ailleurs, les voyageurs canadiens envisagent de traverser la frontière dans un horizon de trois à six mois. C’est ce que démontrent les recherches Web qu’ils réalisent sur les sites d’Expedia Group. Près du tiers des séjours convoités pour des départs prévus dans les 60 à 90 jours concernent des destinations internationales. Si les Canadiens ont hâte de sortir du pays, la majorité des Américains craignent toujours de voyager à l’étranger.    

Le besoin de voyager de nos voisins américains

Mais ils sont beaucoup moins inquiets à l’idée de voyager dans leur pays. Avec la vaccination qui avance à vitesse grand V (40 % de la population est vaccinée en date du 19 avril 2021), les restrictions de voyage tombent et certaines attractions phares, comme Disneyland, planifient leur réouverture. Les transporteurs aériens nationaux estiment qu’ils offriront pour la saison estivale l’équivalent de 90 % de la capacité de l’été 2019.

Les 2/3 des Américains se sentent prêts à voyager à nouveau.

Les données récoltées du 9 au 11 avril par la firme Destination Analysts révèlent que les 2/3 des Américains se sentent prêts à voyager à nouveau. Même que 86 % des voyageurs prévoient d’effectuer des séjours d’agrément et 73 % ont l’intention de les réaliser d’ici 3 mois. Ces projets concernent surtout des voyages intérieurs.

Relaxer, prendre une pause de la routine quotidienne et passer du temps en famille constituent les principales raisons qui motivent le voyage. Mais ils sont aussi très nombreux à mentionner vouloir voir quelque chose de différent. En effet, près de la moitié affirment souhaiter fuir l’ennui, vivre de nouvelles expériences et explorer des endroits qu’ils n’ont jamais fréquentés.

Mais les Américains envisagent tout de même de grands classiques. Selon le sondage de Destination Analysts, ils ciblent les icônes touristiques pour leur prochain séjour au pays : la Floride, la ville de New York, Las Vegas, Hawaï et la Californie.

Des valeurs sûres : la plage et les séjours urbains

Un autre sondage, réalisé par plusieurs partenaires au Royaume-Uni et s’adressant à une quinzaine de marchés (plus de 8000 répondants) révèle aussi des résultats éloquents. Cette enquête, menée en décembre 2020, précédait l’apparition des variants de COVID-19 dans l’espace médiatique, un facteur qui pourrait atténuer l’enthousiasme des voyageurs. Ceci étant dit, sept sondés sur dix considéraient alors un séjour d’agrément à l’international en 2021, ce qui démontre une forte résilience à l’idée de voyager, malgré les incertitudes qui planent depuis maintenant plus d’un an. Les grandes villes et la côte (la mer/la plage) constituent les deux principaux types de destinations recherchées.

Selon l’enquête annuelle World Travel Monitor réalisée auprès de quelque 500 000 répondants dans plus de 60 pays, les vacances au soleil et à la plage sont les plus convoitées pour 2021. Les séjours urbains arrivent au 2e rang suivis des vacances axées sur la nature et le plein air. 

Une responsabilité partagée

Une sensibilisation à un tourisme plus durable s’est certainement répandue durant la crise. Mais choisir des destinations en dehors des circuits très fréquentés ou réduire son empreinte écologique ne semblent pas être prioritaire pour le moment. Les gens ont été privés de nombreux divertissements pendant un an, ils ont besoin de se changer les idées, de faire la fête, et ils comptent bien rattraper le temps perdu lorsque les mesures seront levées.

Le virage vers un tourisme de masse plus durable devra s’opérer de concert avec l’ensemble des secteurs impliqués. La responsabilité ne repose pas que sur les épaules du voyageur. L’industrie doit proposer des choix durables attractifs qui déclencheront un véritable engouement auprès des différents marchés touristiques.   

Un budget bien garni, des attentes élevées

Faute de voyager, les ménages ont accumulé des liquidités. Les restrictions ont pour effet d’alimenter la demande des consommateurs qui, la tirelire bien remplie, rêvent du moment où ils seront à nouveau libres de vivre des expériences touristiques. Leurs attentes sont élevées.

Certaines habitudes ont aussi changé depuis le début de la pandémie. Le recours à la technologie, par exemple, s’est amplifié. Bien des gens ont aiguisé leurs compétences en matière d’utilisation d’outils numériques, que ce soit pour la recherche d’information, les communications et les réservations. Cellulaire en main, ils exigeront efficacité et fluidité dans la planification et le déroulement de leurs séjours.

Tourisme d’affaires : besoin de relations humaines

Le secteur du tourisme d’affaires et de congrès recouvrera sa vitesse de croisière après celui d’agrément. Les gens sont prêts à prendre le « risque » de voyager pour leurs besoins personnels, mais moins pour le travail. Toutefois, lorsque la vaccination sera bien avancée et que la confiance des voyageurs sera de retour, les contacts en face à face s’imposeront d’eux-mêmes.

Bien que l’on ait pu constater l’efficacité des rencontres virtuelles, le contexte ne laissait pas le choix. La peur de contracter le virus, l’impossibilité de se déplacer et l’interdiction de se rassembler ont dicté les moyens d’entretenir les relations humaines depuis mars 2020. Mais plusieurs experts observent ce qu’on appelle désormais la « fatigue Zoom ».

Prendre un verre avec un client, croiser des pairs et partager des moments uniques avec eux lors d’activités de congrès, discuter avec des partenaires d’affaires autour d’un bon repas, ces moments sont souvent la clé de relations professionnelles porteuses et durables.

De nombreuses entreprises se sont équipées de solutions technologiques pour faciliter les échanges en ligne. L’efficacité de ces méthodes virtuelles pourrait bien justifier leur recours, même une fois la crise résorbée. Cela permettrait de restreindre les voyages d’affaires à ceux que les gestionnaires estiment nécessaires au développement de l’organisation ainsi que de réduire les dépenses.

Mais dans un avenir post-COVID, où les mesures sanitaires sont levées et où les gens ont renoué avec le plaisir de se rencontrer, on peut se demander si les réunions virtuelles ne deviendront pas un plan B. Les organisations qui choisiront de limiter les déplacements professionnels pourraient se faire rattraper par celles qui y verront un avantage concurrentiel en misant sur des relations d’affaires de qualité où le contact en face à face est privilégié.

Les voyages nourrissent le cerveau

Des chercheurs de Harvard ont d’ailleurs trouvé un lien de causalité entre le nombre de touristes d’affaires qu’un pays reçoit et la croissance de son PIB. Ils attribuent notamment ce lien aux déplacements du savoir-faire. Celui-ci se transférerait de cerveau en cerveau grâce à de véritables partages d’expériences, et ce, par mimétisme au fil des années. Ni les livres ni les vidéos ne rendent ce type de partage. Les voyages permettent de transmettre ce savoir-faire d’un pays à un autre. Ces connaissances exercent de l’influence sur les capacités à innover et à produire de la richesse. Découvrir, apprendre, échanger, n’est-ce pas là toute l’essence du voyage ?

L’élan québécois

Près de 80 % des Québécois ayant voyagé au Québec l’an dernier désirent visiter encore plus la province. Autant d’ambassadeurs créés pour nous faire découvrir ce que nous avons juste sous notre nez. Les loisirs et les sorties étant limités, le temps de magasinage touristique disponible est plus important qu’habituellement et les destinations et entreprises doivent en profiter. L’heure n’est plus aux secrets bien gardés. Ils doivent être intelligemment intégrés à un portefeuille d’offres qui permettra de mieux répartir les touristes cet été… et à la Belle Province de se rendre plus attractive pendant qu’elle a toute notre attention.

L’été 2021 marquera le début d’une relance progressive. Néanmoins, le niveau d’avancement est incertain et les revenus internationaux se feront attendre encore un moment. Heureusement, les pertes structurelles majeures touchant l’offre ont été évitées et l’intérêt et la capacité de voyager sont palpables.

L’avenir touristique sera bon… mais encore faut-il s’y rendre.

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S’ADAPTER AU TOURISME D’AUJOURD’HUI ET CRÉER CELUI DE DEMAIN

La vulnérabilité, la fragilité, mais aussi la force, la résilience et la solidarité que démontrent les individus durant cette crise illustrent d’autant plus l’importance de valoriser l’humain dans les communications, qu’elles soient à vocation sociale, professionnelle ou commerciale. 

Si l’enjeu de pénurie de la main-d’oeuvre s’évanouit momentanément, d’autres semblent poindre à l’horizon, tant pour le retour des employés actifs sur le marché du travail que pour la relève qui choisira le tourisme comme carrière. Pour les employés sur le terrain, la situation crée de nouveaux besoins. Cela exige des entreprises et des gestionnaires une adaptation sanitaire et organisationnelle pour favoriser une bonne santé physique et mentale du personnel. 

C’est en ligne que ça se passe 

Depuis mars 2020, les consommateurs ont aiguisé leurs compétences en ligne puisqu’une très grande de leurs activités de communication, de recherche d’information, de divertissement et d’achat se sont déroulés sur le Web. Que ce soit par l’achat en ligne ou par la livraison à domicile, la façon de consommer a changé. La chaîne du service client devra être repensée afin de s’adapter aux nouveaux comportements. 

Une proportion élevée de la population active a goûté au télétravail et elle espère bien pouvoir conserver, du moins en partie, les avantages que lui procure ce nouveau mode de travail à distance. Les expériences de workation ou de flexcation font déjà parties de l’offre de certaines entreprises touristiques d’ici qui souhaitent s’ouvrir à ce segment. 

D’abord, le tourisme local 

Les Québécois qui ont parcouru le Québec durant l’été 2020 y ont pris goût. ils sont nombreux à envisager de réaliser au moins un séjour touristique au cours de la prochaine année dans la province, plus que ceux qui n’y ont pas voyagé durant la saison estivale marquée par la crise. Ils ont aussi découvert de nouvelles activités en plein air ou intensifié la pratique d’un sport. 

À l’avenir,  de nombreux voyageurs québécois envisagent de découvrir davantages les régions de proximité, de planifier plus de séjours en nature et d’adopter peu à peu les principes du tourisme lent (slow travel). D’ailleurs, la hausse des ventes d’équipement de plein air en 2020 devrait inciter l’industrie touristique à promouvoir les lieux de pratique et à déployer une offre de proximité des grandes villes. 

La mobilisation en faveur de l’achat local a bien servi l’agrotourisme. L’année 2020 a vu l’accélération d’actions nécessaires pour rendre disponible l’offre régionale aux citoyens. La mise en valeur des initiatives citoyennes et du savoir-faire local contribue au dynamisme et à l’attractivité des communautés. 

La nouvelle année se présente aussi sous la thématique « locale » et les organisations de gestion de la destination joueront un rôle central. La promotion des valeurs partagées par la communauté devient plus importante que jamais. 

La technologie à la rescousse 

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Certains outils, comme des applications mobiles ou des processus en libre-service, peuvent accroître la confiance et la fidélisation des voyageurs envers l’entreprise et faciliter l’intégration des protocoles sanitaires dans le parcours client. D’autres technologies offrent de gérer efficacement les files d’attente, de réguler les flux de visiteurs et de limiter les contacts. L’expérience client proposé en ressort bonifiée. 

Les réunions et autres rencontres d’affaires virtuelles ont fait leur preuves À l’avenir, les événement hybrides, qui rassemblent des participants sur place et en ligne, permettront de créer des expériences scénarisées enrichies et d’atteindre un public élargi. 

 La ville se redessine 

Les villes du Québec, où les activités ont été mises en pause depuis mars, constituent de véritables moteurs de l’économie touristique en temps normal. Les autorités municipales ont démontré leur capacité à adapter rapidement le territoire pour permettre des déplacements sécuritaires. Des initiatives d’animation urbaine très créatives et d’aménagement originales pour rendre possible l’ouverture sécuritaire des restaurants et autres commerces ont permis de rappeler à quel point les scènes culturelle et gastronomique constituent le coeur de l’attractivité des villes. 

Ensemble, vers une industrie plus résiliente 

Pour s’adapter et optimiser ses pratiques afin de répondre à de nouveaux défis, il est essentiel de collaborer. Rassembler ses forces et ses compétences grâce à des partenariats constitue plus que jamais un facteur de succès pour une destination de l’avenir. Cette unité contribuera aussi à assurer la transition écologique nécessaire de l’industrie. 

Les organisations touristiques ont tout à gagner à réduire leur dépendance envers le tourisme international. Déployer une offre attractive pour les résidents et les visiteurs de proximité, prévoir d’autres usages à des installations qui sont sous-utilisées ou encore miser sur de nouveaux segments de clientèle pour diversifier les sources de revenus fait partie des pistes de solutions. Celles-ci pourraient renforcer les entreprises, les rendre plus résilientes. Elles contribueraient aussi à rendre l’industrie plus identitaire, encore plus ancrée dans son milieu, puisque consommée par les résidents, par les gens de la région qui deviennent eux-mêmes des ambassadeurs du tourisme québécois. 

Cet article a été rédigé en collaboration avec l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. Il provient du Livre blanc Tourisme 2021 : entre défis et occasions d’affaires. Pour le consulter, cliquez ici. 

 

Image à la une : Stéphanie Chayer, graphiste