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Perspectives Ressources humaines

Si la tendance se maintient… grave pénurie de main-d’œuvre dans les prochaines décennies

L’offre de la main-d’œuvre aura de plus en plus de difficulté à suivre le rythme de croissance de la demande. Les chiffres indiquent que la situation se détériorera et que la pénurie potentielle de main-d’œuvre dans le secteur touristique pourrait atteindre, en 2025, 256 700 postes au Canada et 55 400 au Québec. Le secteur de la restauration sera le plus fortement touché, et seuls les services de voyages échapperont à cette tendance. On doit agir sans tarder afin de déjouer les prévisions et de ne pas perdre des milliards de dollar$.

Le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme (CCRHT), l’Institut canadien de recherche sur le tourisme et le Conference Board du Canada ont travaillé en partenariat afin de mesurer les répercussions des tendances démographiques et économiques à long terme sur l’offre et la demande de  main-d’œuvre dans le secteur du tourisme au Canada. Le récent rapport L’avenir du secteur du tourisme au Canada: reprise économique et retour des pénuries de main-d’œuvre fait état de ces données et met à jour l’étude L’avenir du secteur du tourisme au Canada: de grandes possibilités … un petit bassin de main-d’œuvre, publiée en juin 2008.

Une année de sursis avant que la pénurie de main-d’œuvre s’accentue

La croissance du secteur touristique nécessitera un plus large bassin de travailleurs et l’offre de la main-d’œuvre aura de la difficulté à répondre à cette demande pour les raisons suivantes:

  • départs massifs des baby-boomers à la retraite;
  • population vieillissante;
  • chute du taux de fécondité qui engendre une diminution du nombre de jeunes qui entrent sur le marché du travail;
  • immigration qui, malgré son augmentation, ne peut contrecarrer les effets négatifs de la pénurie annoncée et qui est principalement constituée de travailleurs hautement qualifiés;
  • concurrence d’autres secteurs de l’économie pour attirer les travailleurs.

Bien que les conditions économiques actuelles atténuent ce manque à gagner, le déséquilibre s’accentuera dès la reprise en raison de la croissance de la demande touristique, cette dernière étant stimulée, entre autres, par la retraite des baby-boomers.

Parmi les principales préoccupations des gestionnaires au cours des cinq prochaines années, les problèmes liés à la main-d’œuvre occupent le premier rang (65%). Le recrutement et le maintien en poste des travailleurs deviendront des enjeux cruciaux.

En 2025, dans l’industrie touristique canadienne…

  • On estime la demande potentielle de biens et services touristiques à 237 milliards de dollars, alors qu’elle était de 152 milliards de dollars en 2006. La plus forte augmentation devrait survenir entre 2010 et 2015.
  • La demande d’emploi pourrait passer de 1,71 million en 2006 à 2,21 millions en 2025, soit une hausse de 29%.

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N.B. La courbe de la demande du transport n’est pas visible, car elle chevauche la courbe de l’hébergement.

  • L’offre de main-d’œuvre étant inférieure à la demande de 11,6%, la pénurie d’emplois se traduit par 256 669 postes non comblés (graphique 2).
  • De façon générale, les provinces et les villes qui emploient le plus grand nombre de travailleurs sont celles qui connaissent les pénuries de main-d’œuvre les plus marquées.

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  • L’Alberta et Calgary affichent les taux de croissance de la demande de main-d’œuvre les plus élevés, avec respectivement  45% et 51%. La demande des travailleurs de la province devrait passer de 193 308 emplois en 2006 à 279 269 en 2025, et pour Calgary, de 71 720 à 108 323.
  • L’Ontario connaît la pénurie la plus sévère, ne pouvant pourvoir 97 903 postes (graphique 3).
  • Le Nouveau-Brunswick est aux prises avec le taux le plus élevé de pénurie d’emplois par rapport à la demande, soit 17,2%. À ce chapitre, les provinces de l’Atlantique occupent le haut du classement grâce à leurs taux allant de 13,2 à 17,2%.

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  • Les villes les plus touchées par le problème de pénurie d’emplois sont, dans l’ordre: Toronto (49 606), Montréal (30 491), Vancouver (27 134), Calgary (11 553), Edmonton (10 934).

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  • La restauration est le secteur d’activité qui connaît la plus grande croissance de la demande et qui est le plus touché par le manque de travailleurs, soit 172 258 (graphique 4). Ce secteur compte quatre des cinq professions qui font face à la plus grave pénurie: préposé au comptoir et aide-cuisinier (55  256 postes), préposé au service des mets et boissons (51 855 postes), cuisinier (18 964 postes), préposé au bar (10 880 postes) – (ces chiffres incluent les besoins de l’hébergement). Animateur et responsable de programmes de sports et loisirs constitue la cinquième fonction de travail, ayant 8635 postes non pourvus. Le secteur «loisir et divertissement» occupe le deuxième rang des secteurs les plus touchés par la pénurie.
  • En raison d’un surplus de 231 emplois, le secteur des services de voyages est celui qui s’en tire le mieux.

En 2025, dans l’industrie touristique québécoise…

  • On estime le besoin de main-d’œuvre à 438 167 emplois, tous secteurs confondus, soit une hausse de 17% par rapport à 2006 (374 912 emplois).
  • L’offre étant inférieure à la demande de 12,6%, on évalue le manque à gagner à 55 379 emplois, alors qu’il était de 4953 en 2006 (graphique 5).

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  • Tout comme au Canada, la restauration est le secteur le plus durement touché au Québec. Après un surplus en 2010, la pénurie de main-d’œuvre pourrait dépasser les 35 000 travailleurs en 2025 (graphique 6).
  • Les services de voyages représentent le seul secteur épargné. L’offre québécoise surpasse la demande de près de 300 travailleurs.

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Essayons de faire mentir les chiffres

Comment faire en sorte que ces prévisions catastrophiques ne se réalisent pas? Pas de baguette magique pour régler la situation!

Selon le rapport L’avenir du secteur du tourisme au Canada…, une augmentation des salaires ne saurait régler le problème. Les entreprises étant forcées de «refiler» la hausse des coûts d’exploitation aux clients, on estime que cette stratégie ferait fléchir la demande. En fait, elle augmenterait l’offre de 50 200 emplois et en contrepartie, la baisse de la demande engendrerait des pertes évaluées à 22,2 milliards de dollars en dépenses touristiques.

Accroître la productivité et l’offre de la main-d’œuvre demeure un défi réalisable si l’industrie, les gouvernements, les maisons d’enseignement travaillent de concert afin d’améliorer l’attractivité des emplois et de réduire les barrières qui entravent l’entrée aux travailleurs potentiels. Et… les entreprises ne doivent surtout pas négliger la gestion des ressources humaines au quotidien.

À consulter:
Vous pouvez consulter le rapport L’avenir du secteur du tourisme au Canada… afin d’obtenir plus de détails au sujet des données ainsi que des statistiques intéressantes en cliquant ici.

Sources:
– Conseil canadien des ressources humaines en tourisme. L’avenir du secteur du tourisme au Canada: reprise économique et retour des pénuries de main-d’œuvre, Institut canadien de recherche sur le tourisme et Conference Board du Canada, mars 2009.
– Conseil canadien des ressources humaines en tourisme. L’avenir du secteur du tourisme au Canada: reprise économique et retour des pénuries de main-d’œuvre – Québec 2009, Institut canadien de recherche sur le tourisme et Conference Board du Canada, 2009.
– Conseil canadien des ressources humaines en tourisme. L’avenir du secteur du tourisme au Canada: de grandes possibilités … un petit bassin de main-d’œuvre, Institut canadien de recherche sur le tourisme, Conference Board du Canada et The Bristol Group, juin 2008.
– The Conference Board of Canada. «Tourism Labour Shortages to Re-Emerge as the Economy Recovers», Travel Exclusive, juillet et août 2009.

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Hébergement Perspectives

2009 sera une année difficile pour les restaurateurs canadiens

Les ventes réelles des services alimentaires devraient connaître une diminution de 5,3%, une fois ajustées en fonction de l’inflation. Il s’agit de la plus importante baisse depuis 1991. L’augmentation des suppressions d’emplois, la stagnation des revenus et la chute de l’indice de confiance des consommateurs sont quelques-uns des facteurs bouleversant l’année en cours.

Par services alimentaires, on entend tous les restaurants, les traiteurs, les débits de boissons, les cafétérias ainsi que les services alimentaires en institution.

Prévisions pour 2009

Actuellement, les consommateurs privilégient l’épicerie aux restaurants. La part des services alimentaires sur le total des dépenses en alimentation sera donc de 37,6% en 2009, son plus bas niveau en plus de 11 ans.

Le graphique 1 compare les données préliminaires pour 2008 aux résultats anticipés pour 2009. Ce sont les secteurs des services alimentaires en milieu touristique (hôtel, motel et centre de villégiature) ainsi que les restaurants à service complet qui enregistrent la plus importante baisse. Les restaurants à service réduit affichent de meilleurs résultats. Seuls les services alimentaires institutionnels (hôpitaux, écoles, prisons, usines, établissements éloignés, etc.) connaissent une hausse.

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Voici plus en détail les prévisions des ventes pour les services alimentaires en milieu touristique ainsi que pour les restaurants à service complet (sans tenir compte de l’inflation des menus).

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Horizon 2010 à 2013

La croissance anticipée du produit intérieur brut canadien de 1,3%, alimentée par les bas taux d’intérêt et les dépenses gouvernementales ainsi qu’une activité économique plus vigoureuse, provoquera une hausse de 1,9% du revenu disponible. Toutefois, on prévoit la suppression de 106 000 emplois, ce qui contrecarrera légèrement cette reprise. Le graphique 2 présente les prévisions par secteur, de 2010 à 2013. Les ventes réelles des restaurants à service complet évolueront à un rythme moyen de 0,9% par année. De leur côté, les bars, les pubs et les boîtes de nuit affichent des résultats faibles depuis 2000 et ils continueront d’éprouver des difficultés jusqu’en 2013 selon l’Association canadienne des restaurateurs et des services alimentaires. Une demande moins forte, des prix à la hausse, le vieillissement de la population et des changements comportementaux sont à l’origine de cette hypothèse.

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Notons que la CRFA utilise un modèle économétrique (modèle de prévision économique) pour réaliser ses prévisions sur les ventes des services alimentaires du secteur commercial. Elle se sert des prévisions de TD Economics sur le revenu personnel disponible, le produit intérieur brut, l’emploi et le tourisme.

Source:
– Association canadienne des restaurateurs et des services alimentaires. «Faits saillants sur les services alimentaires», Hôtels, Restaurants & Institutions, volume 13, numéro 3, 2009.

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Enjeux Produits et activités Tendances

Tourisme médical: opportunités et controverses

Alors que les Américains vivent plus longtemps que jamais auparavant, ils font face à des coûts médicaux exorbitants et à une couverture d’assurance inadéquate. De plus en plus de citoyens américains et canadiens effectuent des voyages en Asie et en Amérique latine pour recevoir des traitements; ceux-ci vont du blanchiment des dents à la chirurgie esthétique, en passant par le remplacement d’une hanche. Quelle est l’ampleur de ce phénomène? Le Canada peut-il devenir une destination de tourisme médical?

État de la situation aux États-Unis

Selon le dernier recensement, 47 millions d’Américains n’ont pas d’assurance maladie et 120 millions ne sont pas complètement assurés. L’inflation des coûts en santé aux États-Unis a complètement outrepassé la croissance économique, faisant du système américain le plus dispendieux de la planète. On estime que la moitié de la population du pays risquerait d’être financièrement dévastée advenant le cas d’une opération majeure. En se faisant soigner à l’étranger, le patient peut économiser jusqu’à 85% du tarif américain. Même en ajoutant le prix d’un billet d’avion, l’écart est convaincant. Toutefois, de nombreux Américains ne peuvent s’offrir le voyage.

Même si ce type de déplacement existe depuis longtemps, la différence actuelle réside dans la masse critique de personnes qui envisagent de tels voyages. La classe moyenne se prépare à faire le saut. Une étude récente de la firme de consultation Deloitte prévoit que les Américains ayant reçu un traitement médical à l’étranger en 2006, soit 750 000 personnes, seront plus nombreux en 2010 (6 millions), et encore plus en 2012 (10 millions).

Les joueurs

Les joueurs majeurs dans ce créneau sont l’Inde, la Thaïlande, Singapour et la Malaisie. En Amérique latine, le Mexique, le Costa Rica, le Brésil et l’Argentine sont les destinations privilégiées. La compétition est déjà féroce. Environ 500 000 touristes médicaux américains se rendent en Asie chaque année, et certains pays comme l’Inde enregistrent un taux de croissance de l’ordre de 30% annuellement. La Thaïlande, quant à elle, a reçu plus de 1,5 million de patients étrangers en 2006, dont quelque 30 000 Canadiens. Une part importante des touristes viennent du Moyen-Orient. Dubaï se lance d’ailleurs dans la course et si l’on se fie à ses projets touristiques, on n’y fait pas les choses à moitié…

Dans ces pays, on a bâti de mégahôpitaux ultramodernes et sophistiqués, dont les halls ressemblent davantage à des hôtels. De plus, ces hôpitaux sont dotés de nombreux restaurants, boutiques et services. Des investissements majeurs sont prévus au cours des prochaines années pour les agrandir et les améliorer ou pour en construire de nouveaux.

Le Bumrungrag, en Thaïlande, est l’un de ces hôpitaux adaptés à la clientèle internationale. On y offre de nombreux services, dont une agence de voyages dédiée au prolongement des séjours et à l’extension des visas des patients qui nécessiteraient un rétablissement plus long que prévu ou qui, une fois sur place, auraient envie de poursuivre leur séjour. Au Bumrungrag, comme dans d’autres centres hospitaliers du genre, un accent tout particulier est mis sur le service à la clientèle et l’encadrement des patients. Le ratio d’infirmiers par patient est beaucoup plus élevé qu’en Occident et les médecins ont le temps de visiter leur patient chaque jour. Grande différence.

Les autres intervenants impliqués

Outre ces nouvelles destinations qui se positionnement clairement sur le marché du tourisme médical, de plus en plus d’agences organisent ce type de voyage. Pour ces dernières, il s’agit de mettre sur pied un forfait où chaque détail compte, en plus de bien conseiller le client sur le choix d’un hôpital en fonction de l’intervention dont il a besoin. Les compagnies d’assurance commencent aussi à offrir des plans couvrant des frais médicaux et de déplacement pour un traitement à l’étranger, comme c’est le cas de la Blue Cross aux États-Unis. Une entreprise américaine offre même à ses employés la possibilité de recevoir des traitements médicaux à Singapour plutôt qu’en Amérique.

Le Québec est-il de la partie?

Au Québec, on trouve la plus forte concentration de cliniques de radiologie, de chirurgie, d’ophtalmologie, de médecine générale, etc., du Canada. Si l’on désire payer les soins de sa poche, les choix foisonnent. Des centaines de patients venant d’un bout à l’autre du pays ont visité les nombreuses cliniques privées du Québec parce qu’ils font face à des restrictions dans leur province. La loi ontarienne est très stricte: les médecins ne peuvent se désaffilier du régime public et un Ontarien surpris à payer pour un service assuré par le régime public est passible d’une amende de 10 000 CAD. La situation est semblable dans les Prairies et les provinces de l’Atlantique alors qu’en Colombie-Britannique la loi se montre plus flexible. Le Québec demeure toutefois le leader de la médecine privée, malgré le fait que l’existence d’un système de santé à deux vitesses soulève plusieurs débats sociaux.

D’ailleurs, la clinique montréalaise Omnium-Santé faisait récemment la manchette pour son association avec l’hôtel Hyatt Regency. Ils proposent un forfait offrant un bilan de santé complet et s’adressant avant tout à la clientèle américaine et les touristes québécois à Montréal.

En matière de coûts, même si le Canada ne peut concurrencer les tarifs de l’Asie ou de l’Amérique latine, il semble que les soins y soient souvent deux fois moins chers qu’aux États-Unis. Ces coûts moins élevés, notre proximité ainsi que le fait qu’aucun visa n’est nécessaire permettent au Canada de se positionner en tant qu’alternative auprès de la clientèle américaine.

Mais le Canada est aussi un marché émetteur et environ 15 agences de voyages sont spécialisées dans le tourisme médical. Pour les Canadiens, c’est avant tout le délai d’attente qui motive un déplacement.

Débats et occasions d’affaires

Le tourisme médical soulève des débats à propos des systèmes de santé. Alors que certains craignent qu’il légitime l’existence de systèmes à deux vitesses, d’autres voient le tourisme médical comme un catalyseur, forçant les gouvernements et les hôpitaux à modifier leurs façons de faire. Il y a aussi certaines limites, dont le fait que plusieurs interventions ne peuvent être réalisées à l’étranger de façon sûre ou encore qu’il peut exister des zones grises quant aux aspects légaux en cas d’erreur médicale. Enfin, tous les éventuels clients du tourisme médical ne sont pas encore convaincus de la qualité des soins pouvant être reçus à l’étranger et bien que ce ne soit pas le cas du Canada qui a bonne réputation, il s’agit d’un grand défi pour les hôpitaux étrangers.

Cela dit, ce marché relativement nouveau est là pour de bon. Dans une perspective purement touristique, il s’agit de nouveaux flux de voyageurs et le futur du tourisme médical semble en excellente santé!

Sources:
–    The Economist. «Globalisation and health: Importing competition» et «Globalisation and health care: Operating profit», The Economist, 16 août 2008.
–    Rogers, Mark. «Medical Tourism: Agents have a potential gold mine in booking U.S. citizens into hospitals abroad», TravelAgentCentral, 15 août 2008.
–    AME Info. «UAE sets sights on medical tourism industry», United Arab Emirates, 31 août 2008.
–    Lindsay, Greg. «Why Americans Are Going Abroad for Health Care», Fast Company.com, 11 avril 2008.
–    Trudel, Jonathan. «Santé: bonjour le privé!», L’actualité, 15 avril 2008.
–    Deland, Maxime. «Forfait médecin et hôtel», Le Journal de Montréal, 29 juin 2008.
–    PROFIT magazine. «Medical tourism: Sun, sand and stitches», Canadian Business Online, mai 2008.
–    Legault, Benoit. «Thaïlande – Bangkok, panacée du tourisme médical», Le Devoir, édition du 25 et 26 novembre 2006.

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Ailleurs dans le monde Enjeux Marchés géographiques

Ces Américains qui ne nous aiment plus…

Quand on pense aux Américains qui nous délaissent, il nous vient rapidement en tête le prix de l’essence, le taux de change et le ralentissement économique. Mais la liste des facteurs qui minent la relation «touristique» entre le Canada et les États-Unis est beaucoup plus longue. En voici quelques-uns.

Quand la relation bat de l’aile

Dans un rapport commandé par Industrie Canada, le Conference Board of Canada trace un portrait bien sombre de la situation. Certains conjoncturels d’autres structurels, voici les principaux facteurs qui fragilisent le marché américain.

Taux de change – La valeur élevée du dollar canadien réduit de façon notable l’avantage concurrentiel du Canada comme destination touristique, principalement sur le marché des déplacements en automobile qui s’avère sensible aux fluctuations du taux de change.

Prix de l’essence – À court terme, l’escalade du prix de l’essence force certains Américains à voyager plus près de chez eux alors que d’autres délaissent l’automobile au profit de l’avion, ouvrant la porte aux destinations outre-mer. Si le prix du baril de pétrole continue d’augmenter, cela risque de perturber grandement la vitalité de l’industrie touristique en diminuant sensiblement le revenu disponible des ménages et, ainsi, le budget discrétionnaire alloué aux voyages. De plus, cette montée du cours du pétrole engendrera une hausse du prix des voyages.

Diminution de la demande globale – L’augmentation du coût de l’énergie, la dépréciation du marché de l’habitation et le ralentissement économique sont autant de facteurs qui nuisent à la confiance des consommateurs et qui peut leur enlever le goût de voyager, entraînant une baisse de la demande globale.

Sécurité aux frontières – Le resserrement de la sécurité et le temps d’attente aux postes frontaliers et dans les aéroports incitent plusieurs voyageurs à rester dans leur pays ou à modifier leur destination.

Initiative relative aux voyages dans l’hémisphère occidental – Cette initiative exige la possession d’un passeport pour toute personne entrant ou retournant aux États-Unis par voie aérienne (janvier 2007), terrestre (juin 2009) ou maritime (juin 2009). En plus de réduire les voyages des Américains au Canada, cette politique a forcé bon nombre d’entre eux à se procurer un passeport, ce qui leur facilite l’accès aux destinations de voyage outre-mer. L’Institut canadien de recherche sur le tourisme prévoit des pertes cumulatives de 3,2 milliards CAD entre 2005 et 2010.

Augmentation du prix des voyages – Le coût des voyages au Canada a grimpé plus rapidement qu’aux États-Unis et le taux de change exacerbe ces hausses. De 2000 à 2007, le coût moyen de la chambre d’hôtel a crû de 57% au Canada et de 60% au Québec, passant de 76,97 à 122,81 CAD. Aux États-Unis, cette augmentation n’a été que de 22%. De plus, le prix des vols reste moins élevé en sol américain qu’au Canada. Selon l’indice de compétitivité, les voyageurs américains paieront 12,3% de plus au troisième trimestre de 2008 comparativement à la même période l’an dernier pour un séjour de quatre nuitées au Canada (avion, hébergement, repas et autres frais), tandis qu’un voyage semblable chez eux coûtera 7,3% de plus.

Concurrence accrue – L’accès à plusieurs nouvelles destinations est facilité par l’augmentation des accords de ciel ouvert, du caractère lucratif des liaisons aériennes internationales, du développement touristique de nouvelles régions et du prix plus qu’abordable de leurs prestations. À titre comparatif, de 2002 à 2006 la capacité aérienne vers le Canada a augmenté de 1,6% alors que la hausse vers le Mexique a été de 32,7%, de 31,2% vers l’Europe de l’Est, de 113,2% vers le Moyen-Orient, de 35,6% vers l’Océanie et de 87,1% vers la Chine. Cette croissance du transport aérien devrait se maintenir à long terme. De plus, l’expansion des transporteurs à bas coûts a contribué à accroître le marché intérieur. C’est sans compter les investissements promotionnels importants des destinations concurrentes pour courtiser les Américains.

Changements démographiques – Les marchés potentiels s’éloignent. Au cours des 15 dernières années, on a constaté une augmentation de la population dans le sud et l’ouest des États-Unis et cette tendance devrait s’accentuer d’ici 2020. Ce développement ne favorise en rien le marché routier de courte distance. De plus, la croissance importante de la population multiethnique (hispanique, afro-américaine et asiatique), laquelle représentait 1 résidant sur 3 en 2006, oblige le Canada à mieux connaître ces groupes.

Changement des conditions du marché – Depuis que les conditions géopolitiques se sont stabilisées, la sécurité et la tranquillité qu’offrait le Canada ont perdu de leur attrait et les Américains se tournent vers les destinations outre-mer.

Modification des préférences liées aux voyages – Des changements sociologiques s’opèrent dans la société américaine. Les gens recherchent  davantage l’intensité et les émotions fortes. Ils ont développé le goût de la découverte et du risque. Ils souhaitent connaître d’autres horizons et d’autres styles de vie. Un nombre grandissant de voyageurs veulent vivre des expériences touristiques nouvelles, uniques, qui sortent des sentiers battus. Perçu comme un pays peu intéressant qui ne leur offre rien de nouveau, les Américains délaissent le Canada au profit d’autres destinations.

Diminution constante du temps libre – Peu de vacances, trop stressés pour en prendre, style de vie effréné qui complique la prise de vacances d’une durée de 1 ou 2 semaines… On assiste dès lors à une forte croissance des voyages de dernière minute et de courte durée (3 à 4 jours). Parmi les Américains, 35% ne prennent pas toutes leurs vacances et ce nombre monte en flèche depuis 2005. Les raisons? Ils trouvent trop difficile de s’absenter du travail ou ils préfèrent recevoir une compensation en argent.

Émergence d’Internet – Grands utilisateurs d’Internet pour planifier et réserver leurs vacances, les Américains ont accès à une abondance de renseignements et découvrent des destinations nouvelles auxquelles ils n’auraient pas pensé. Ce marché croît rapidement et les outils évoluent à une vitesse folle.

Pour 2008, on peut ajouter à cette liste de facteurs la tenue des élections aux États-Unis, puisque les Américains voyagent beaucoup moins pendant cette période.

Alors…

Il nous reste à nous retrousser les manches, à trouver des raisons convaincantes et irrésistibles de visiter notre pays, à ébaucher de nouvelles stratégies et à nous mobiliser pour reconquérir le cœur des Américains.

Tout un défi!

L’Association de l’industrie touristique du Canada (TIAC) a lancé un appel à l’action. Vous pouvez consulter leur RAPPORT SUR LA COMPÉTITIVITÉ DE L’INDUSTRIE TOURISTIQUE CANADIENNE.

Lire aussi:
Capsule – Les Canadiens sont-ils insensibles au prix de l’essence?

Sources:
– Conference Board of Canada – Canadian Tourism Research Institute. «Évaluation du rendement du Canada dans le marché américain des voyages à l’étranger», préparé pour Industrie Canada, février 2008.
– Conference Board of Canada. «Voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada – Perspectives sur la concurrence à court terme, 3e trimestre 2008», Commission canadienne du tourisme.
– Ministère du Tourisme. «Hausse du prix de l’essence – Quel en est l’effet sur l’activité touristique?»,
Bulletin Totalement Tourisme!, vol. 1, no 10, 29 mai 2008.

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Tendances

Place à la «starchitecture»!

Dans un monde de plus en plus urbain, pour se renouveler et se démarquer, les villes cherchent à se procurer une signature forte, une icône sur laquelle appuyer leur personnalité et qui les inscrira dans les villes de l’avenir. «L’effet Guggenheim», vous connaissez? Soit l’impact sans précédent du projet de revitalisation urbaine de Bilbao, dont l’objet central a été la construction du spectaculaire musée dessiné par Frank Gehry. Le design se démocratise, les architectes sont des vedettes, les projets affluent et les concepts sont parfois très audacieux! Et les villes canadiennes n’y échappent pas! Regard sur quelques projets audacieux récents ou en devenir.

Toronto

Depuis quelques années déjà, le centre-ville de Toronto jouit d’une vitalité culturelle et d’un renouveau architectural exponentiel. Parmi les grandes transformations récentes ou en cours:

L’agrandissement du Musée royal de l’Ontario (ROM)
La nouvelle structure, inaugurée en juin 2007, tranche le paysage par son style contemporain audacieux. Dessiné par l’architecte de renommée mondiale Daniel Libeskind – il remporta le concours pour la reconstruction du World Trade Center de New York –, le design controversé du Michael Lee-Chin Crystal fait jaser. L’architecte estime, lui, que le design permet de communiquer le passage vers un renouvellement de la ville:

« Why should one expect the new addition to the ROM to be ‘business as usual’? Architecture in our time is no longer an introvert’s business. On the contrary, the creation of communicative, stunning and unexpected architecture signals a bold re-awakening of the civic life of the museum and the city. »
– Daniel Libeskind
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L’agrandissement de l’Art Gallery of Ontario (AGO)
Presque achevée, la transformation très attendue de l’AGO est l’oeuvre du célèbre architecte Frank Gehry, natif de Toronto. C’est d’ailleurs pour ce dernier que l’on créa le terme «starchitecture», qualifiant les ouvrages au design bien distinctif qui deviennent des sites d’intérêt pour les visiteurs. L’inauguration de l’AGO est prévue pour l’automne 2008.

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Le Toronto International Film Festival Group s’offre un nouveau toit et en fera une destination accessible toute l’année à tous les amateurs de cinéma, ainsi qu’aux professionnels de l’industrie. Située au cœur de l’Entertainment District, la structure sera composée d’un édifice «plate-forme» de cinq étages sur lequel reposera une tour de condominiums. La firme d’architectes KPMG a été retenue pour ce projet.

Calgary

Les projets d’envergure ne manquent pas à Calgary. On parle même d’une «révolution architecturale». D’ici 2011, le paysage de cette ville aura considérablement changé. L’un des projets les plus audacieux est celui de l’édifice Bow, qui consiste en une tour de bureaux de 58 étages en forme de croissant et offrant une vue sur la Bow River, d’où son nom. Il a été dessiné par Norman Foster, grand nom de l’architecture. Les travaux, qui ont débuté à l’été 2007, devraient être complétés en 2011.

Edmonton

Le nouvel édifice de l’Art Gallery of Alberta, actuellement en construction, devrait ouvrir ses portes à la fin de l’année 2009. Au cœur du quartier des Arts, cette structure de verre symbolise les courbes de la North Saskatchewan River qui traverse la ville, ainsi que les aurores boréales. Elle se veut aussi une empreinte de la renaissance culturelle d’Edmonton et du tournant de la ville vers l’avenir.

Vancouver

Le Vancouver Library Square, projet de 100 millions de dollars complété en 1995, a été conçu par l’architecte Moshe Safdie, l’homme derrière Habitat ’67. Le complexe occupe tout un îlot de la ville et comprend sept édifices abritant notamment bureaux gouvernementaux, boutiques, cafés et restos, dont un bâtiment particulièrement monumental par son design original inspiré du Colisée de Rome. Le toit de la bibliothèque fait office de grand jardin public.

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Halifax

Même Halifax, ville dont le patrimoine historique très riche domine le centre, ose défier l’opinion publique avec des tours asymétriques en verre. Le projet a fait couler beaucoup d’encre dans la capitale néo-écossaise. Les défenseurs du patrimoine et ceux qui estiment que les édifices vont entraver l’ouverture sur le port et la mer ont tenté de convaincre la Cour suprême des torts que pourrait entraîner la construction de ces bâtiments au design contemporain. Mais le projet est conforme à la Municipal Planning Strategy et ira de l’avant. Surnommées les «Twisted Sisters» à cause de leur forme incurvée, elles sont composées de verre, de cuivre et de pierre. Elles comprendront un hôtel, des condos et des espaces commerciaux.

Audace et vision à long terme

Les concours internationaux d’architecture ouvrent la porte à un renouveau urbain très stimulant. Les projets majeurs, les coups d’éclats, les constructions spectaculaires font souvent l’objet de controverse parce qu’ils dérangent les conventions et choquent parfois par leur design surprenant. Dans une perspective de développement durable, ces concepts doivent respecter certaines règles et s’insérer dans une vision à long terme. À titre d’exemple, le fameux musée Guggenheim de Bilbao constitue l’image forte d’un projet global de revitalisation du centre de la ville et, encore aujourd’hui, le processus de renouvellement se poursuit.

Le design, parfois audacieux, fait de plus en plus partie intégrante des projets de développement, surtout dans le cas d’institutions culturelles. Il s’agit d’un intérêt collectif récent appelé à rejoindre une part grandissante de la population puisqu’il favorise l’émergence de milieux de vie séduisants, dynamiques, et permet de renforcer la personnalité d’une ville, de créer une signature. Le directeur du projet d’agrandissement du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), John Porter, l’a bien compris et clame son ambition de faire du musée une icône de la ville de Québec, l’équivalent pour le 21e siècle de ce qu’à été le château Frontenac pour le siècle précédent. Voilà l’expression d’une vision plutôt emballante! Saura-t-elle rallier la population et les intervenants impliqués? C’est à suivre!

Sources:
– Catto, Susan. «A Revitalized Toronto Pins Its Hopes on the Hobbits», The New York Times, 22 mars 2006.
– CBC News. «Halifax ‘Twisted Sisters’ Development Gets Go-Ahead», 13 septembre 2007.
– McDonald, Roberta. «Calgary’s Architectural Revolution», Where, septembre 2007.
– Radio-Canada. «La beauté et le design des villes», entrevue de Marie-France Bazzo avec Gérard Beaudet et François Cardial, Indicatif Présent, 2 mai 2005.
– Toderian, Brent. «Does Vancouver Need (or Want) Iconic Architecture?», Planitizen: the Planning & Development Network, [http://www.planetizen.com/node/29385], 21 janvier 2008.
– Williams, Patricia. «Building a Future for Art in Edmonton», Journal of Commerce, 14 juin 2006.

Sites Internet:
Art Gallery of Alberta
Art Gallery of Ontario
Bell Lightbox
Foster & Partners
Royal Ontario Museum
Vancouver Public Library

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Hébergement Tourisme durable

Les tendances en matière d’adhésion à des labels écologiques dans les hôtels canadiens

Les améliorations de la performance environnementale du secteur de l’hôtellerie ne font pas l’objet d’une évaluation systématique. Il est donc difficile d’estimer la réelle ampleur du changement qui, dans le cas du Canada, n’est pas uniforme selon les divers programmes auxquels les établissements peuvent adhérer (voir tableau 1). Si quelques hôtels arrivent à verdir leur performance, le secteur n’en est qu’à la case départ en ce qui concerne la réduction de son empreinte écologique. En effet, moins de 2% des établissements hôteliers du Québec enregistrés par la CITQ (Corporation de l’industrie touristique du Québec) participent officiellement à l’un ou l’autre des programmes offerts.

Le Programme d’évaluation écologique Clé verte

Le programme d’évaluation écologique Clé verte a été inauguré en 1997; sa gestion est assurée par l’Association des Hôtels du Canada (HAC). Les clés vertes permettent d’identifier les établissements participants et le nombre de clés qui leur est accordé sert d’indicateur des mesures «vertes» mises en œuvre. Bien que cette étiquette soit disponible à tout demandeur, le programme est conçu pour les grands hôtels. Pour participer, il faut compléter un questionnaire en ligne composé de 140 questions portant sur cinq secteurs d’exploitation. Depuis 2007, l’AHC procède à des vérifications aléatoires sur le terrain.

Présentement, environ 600 propriétés à travers le Canada sont inscrites au programme (tableau 1). D’ici la fin de 2008, on souhaite atteindre 1000 établissements, soit 30 à 40% de tous les hôtels canadiens d’une capacité de 50 chambres ou plus. En mars 2008, l’Ontario et la Colombie-Britannique comptaient le plus grand nombre d’hôtels dans ce programme (tableau 1), la majorité d’entre eux affiliés à une chaîne et classés trois clés (graphique 1). Dans l’ensemble, on considère que les hôtels classés cinq clés ont respecté les normes les plus élevées en matière de gestion environnementale et de responsabilité sociale dans tous les secteurs d’exploitation. Les normes sont établies à l’échelle internationale et portent sur la durabilité des activités hôtelières (voir la liste en fin de texte pour des exemples).

Graphique 1: Nombre d’hôtels canadiens et leur classement selon le nombre de clés

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Au Québec, les établissements ayant obtenu une certification sont inégalement distribués dans les régions touristiques (graphique 2). Montréal en compte le plus grand nombre, suivi de Québec et de la Montérégie, qui se classent respectivement aux deuxième et troisième rangs. Certaines régions ne sont pas du tout représentées.

 

Graphique 2: Nombre d’établissements qui participent au programme d’évaluation
écologique Clé verte selon les différentes régions touristiques québécoises

 

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Programme Greenleaf d’Audubon

Depuis 2000, le programme d’évaluation écologique de l’organisme Audubon International est offert en collaboration avec l’agence TerraChoice Environmental Marketing, Inc. Les entreprises qui participent obtiennent de une à cinq feuilles vertes et le nombre de feuilles est une indication du nombre de mesures environnementales mises en œuvre. Les participants réalisent une autoévaluation des six principaux secteurs d’exploitation qui est ensuite analysée par TerraChoice Environmental Services. Ce dernier assure également la gestion du processus indépendant de contrôles ainsi que la tenue de vérifications aléatoires des adhérents sur le terrain.

Bien que tous les genres d’établissements hôteliers puissent adhérer au programme, à ce jour (mars 2008), seulement 44 membres au Canada – répartis surtout dans les provinces du Manitoba, de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario – l’ont fait (tableau 1). Au Canada, la plupart de ces établissements ont reçu trois feuilles. Au Québec, il y a deux établissements, situés à Montréal, et ils sont classés deux feuilles. Le faible nombre de participants canadiens s’explique par la popularité du programme Clé verte de l’AHC, bien que certains hôtels adhèrent aux deux programmes.

Réser-vert

En novembre 2007, l’Association des hôteliers du Québec, en collaboration avec ses partenaires des secteurs privé et public, a lancé son propre programme visant à identifier les établissements qui ont intégré les principes de développement durable à leurs opérations. Les établissements certifiés peuvent afficher un logo arborant un Thuya occidentalis, dont les trois couleurs sont représentatives des trois piliers du développement durable. Comparable aux autres, Réser-vert comprend aussi une autoévaluation, qui porte sur 140 opérations particulières dans 10 catégories. Tous les établissements hôteliers peuvent déposer une demande d’adhésion. Il est encore trop tôt pour calculer le taux de participation à l’aide de données statistiques.

LEED

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Présentement, parmi tous les programmes en matière d’environnement bâti, LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) est le plus rigoureux. Ce programme, géré par le Conseil du bâtiment durable du Canada, est conçu pour les établissements en construction ou en rénovation. Les participants réalisent une évaluation à partir d’indicateurs de rendement, de même qu’une évaluation qui porte sur plusieurs secteurs d’exploitation, dans le but de recevoir un certificat argent, or, ou platine. En mars 2008, parmi les six hôtels canadiens participants, la moitié se trouve en Ontario (tableau 1) et la certification la plus élevée octroyée jusqu’à présent est l’or.

Le marché réagit-il?

Il existe des preuves (avancées du moins par les grandes chaînes hôtelières) selon lesquelles être vert se traduit par une bonne image, des épargnes et une nette amélioration du rendement économique. Pendant cette période d’ajustement du marché à la «révolution verte», l’importance d’être vert ne cessera de croître. D’après les études recensées, il est clair que la demande pour un hébergement vert est grandissante, mais il est difficile de l’évaluer pour différentes destinations en s’appuyant sur des données avérées. Cela dit, il semble que les voyageurs sensibilisés à l’environnement ne se contentent plus seulement de mesures symboliques comme la réutilisation de serviettes de bain.

Selon des rapports en provenance d’Europe, la responsabilité sociale corporative devient de plus en plus un facteur de poids dans le secteur des conférences et des événements pour les années à venir et cette tendance se confirme également en Amérique du Nord. Le site greenlodgingnews.com présente les résultats d’un sondage réalisé en 2008 par l’Association des Hôtels du Canada et Fleishman Hillard sur les intentions de voyage à l’étranger. On y rapporte que 29% des voyageurs d’affaires et 21% des voyageurs d’agrément étaient prêts à débourser 5% de plus pour un séjour respectueux de l’environnement. L’étude montre aussi que 52% de tous les voyageurs interrogés recherchaient, «à l’occasion» ou «le plus possible», des hôtels qui ont adopté de solides pratiques vertes, alors que 46% ont répondu «rarement ou jamais». Il est intéressant de noter que 91% des répondants n’étaient pas au courant du programme canadien d’évaluation écologique Clé verte. À la question portant sur l’adoption par leur organisation d’une politique relative aux déplacements écologiques, 60% ont répondu non, 8% oui et 32% ont admis ne pas savoir.

Pendant ce temps, l’industrie hôtelière doit poursuivre ses «affaires». Un établissement qui présente une faiblesse sur le plan des valeurs et de la compétence commerciale n’améliore pas ses chances de succès. L’aperçu de la participation aux programmes de certification écologique donne à penser que l’attitude de responsabilité à l’égard de l’environnement des petits hôtels est moins évoluée que celle des hôtels certifiés appartenant à des chaînes. Dans les faits cependant, les petits établissements sont nombreux à améliorer leur performance de développement durable. Pour eux, l’environnementalisme comme moyen de générer un réel profit est peut-être un défi top ambitieux. Le fait que les touristes verts ne sont pas encore assez nombreux leur permet toutefois de gagner du temps. D’autres forces qui sont en jeu pourraient les inciter à changer de cap et à être plus respectueux de l’environnement, notamment l’augmentation de 70% des coûts énergétiques dans certaines provinces canadiennes ainsi que des coûts d’enfouissement des déchets plus élevés au cours des cinq prochaines années.

Tous les hôtels, sans exception, doivent apporter des modifications à leurs pratiques et progresser vers une responsabilisation accrue de leurs opérations. En vue de les aider à réussir dans cette démarche, il existe aujourd’hui des centaines de ressources et de nombreuses pratiques exemplaires.

Liste d’hôtels qui ont des pratiques exemplaires selon les programmes qui ont fait l’objet de cette étude:

Siwash Lake Ranch
The Fairmont Chateau Lake Louise
Hospitality Inns & Suites, Lloydminster
Monterey Inn Resort & Conference Centre
Trout Point Lodge
Aurum Lodge
E’Terra Inn

Notes:

Les droits de participation aux programmes sont variables. Pour les membres d’une organisation, les droits d’adhésion aux programmes de reconnaissance sont:

Clé verte de l’Association des Hôtels du Canada: 350 CAD (+ taxes) par propriété, payables annuellement.

Greef Leef d’Audubon: 500 CAD (+taxes) et 1 $ en sus par chambre, pour les établissements d’une capacité de 50 chambres ou moins; 800 CAD (+taxes) et 1$ en sus par chambre pour les établissements de plus de 50 chambres.

Réser-vert de l’Association des hôteliers du Québec: 150 CAD lors de l’adhésion; par la suite, cotisation annuelle fixe de 350 CAD (+taxes).

Leadership in Energy and Environmental Design (LEED): droits de participation variables selon la taille de l’établissement. Pour un hôtel québécois d’une superficie de plancher de moins de 500 mètres carrés, un investissement d’environ 4200 CAD (+taxes) est nécessaire pour obtenir la certification, en plus des frais d’enregistrement de 1000 CAD (+taxes). Pour les établissements en rénovation, le tarif est réduit de 50%, y compris les frais d’enregistrement.

Sources:

– Association des Hôtels du Canada. [[http://www.hacgreenhotels.com/index.htm], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Association des hôteliers du Québec. [[http://www.hoteliers-quebec.org/fr/accueil.php], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Audubon Green Leaf Eco-rating Program. [[http://www.terrachoice.ca/hotelwebsite/indexcanada.htm], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Buckley, R. «Tourism Ecolabels», Annals of Tourism Research, vol. 29, no 1, 2002, p. 183-208.
– Conseil du bâtiment durable du Canada. [http://www.cagbc.org], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Corporation de l’industrie touristique du Québec. [http://www.citq.info/nouvelles/statistiques.asp], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Font, X. et C. Harris. «Rethinking Standards from Green to Sustainable», Annals of Tourism Research, vol. 31, no 4, 2004, p. 986-1007.
– Hasek, G. «Leed Gold-Certified E’Terra Inn Is Natural Fit for Niagara Reserve», Green Lodging News, 6 février 2008 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Hasek, G. «Canada’s Hoteliers Gather To Explore Green Trends, Best Practices», Green Lodging News, 26 février 2008 [www.greenlodgingnews.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Hospitality and Sales Association International. Resources for Resourceful – Hospitality Firms, été 2007, p. 28-30.
– McDonald-Gibson, C. «Des hôtels écolos tendent la main aux voyageurs», Agence France-Presse, jeudi 3 avril 2008.
– Reiser, A. et D.G. Simmons. «A Quasi-experimental Method for Testing the Effectiveness of Ecolabel Promotion», Journal of Sustainable Tourism, vol. 13, no 6, 2005, p. 590-616.
– Terra Choice Environmental Marketing. [http://www.terrachoice.com], dernière consultation le 30 mars 2008.
– Verikios, M. «CSR Higher on the Business Agenda», Travel Daily News 19 octobre 2007 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 19 octobre 2007.
– Verikios, M. «Focus on Environmental Responsibility Within Meetings Industry», Travel Daily News, 04 septembre 2008 [www.traveldailynews.com], dernière consultation le 10 avril 2008.

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Enjeux Marchés géographiques

Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

La Chine… et ses 41 millions de voyageurs internationaux en 2007 – en hausse de 290% depuis 2000 et de 18,6% par rapport à 2006 – …fait rêver. Pourtant, le Canada n’est toujours pas intégré à la liste des 134 destinations autorisées par le gouvernement chinois. Mais que cela signifie-t-il au juste? Où se situe le Canada par rapport à ce marché? Comment la situation évolue-t-elle? Quel est le potentiel auquel on peut s’attendre?

Le fameux «Statut de destination autorisée (SDA)» que le Canada n’a pas

D’une part, malgré une ouverture beaucoup plus grande, le gouvernement chinois surveille encore de près les déplacements de sa population. Officiellement, seuls les voyages effectués dans le but de visiter des membres de la famille qui vivent à l’étranger, d’étudier ou de faire des affaires sont permis. Il est possible de se procurer un visa pour ces raisons et les procédures s’assouplissent de plus en plus.

D’autre part, depuis 1997, la Chine accepte les touristes d’agrément en son sol et permet à sa population de réaliser des voyages d’agrément dans des destinations approuvées, soit dans les pays qui ont conclu une entente bilatérale avec la Chine et ont ainsi obtenu le SDA. Un visa peut être délivré aux résidants chinois qui feront partie d’un voyage de groupe (minimum de cinq personnes) organisé vers ces destinations par un grossiste autorisé par la Chinese National Tourism Association. Les voyages indépendants ne sont pas encore permis. Outre la possibilité d’accueillir les voyageurs d’agrément, l’autre avantage considérable pour les «destinations approuvées» est que celles-ci peuvent réaliser des activités de promotion auprès du marché chinois. C’est le début d’une nouvelle ère pour le tourisme chinois qui, depuis, ne cesse de progresser.

L’Australie a été le premier pays à obtenir ce statut en 1999 et la liste atteint maintenant 134 destinations. Le dernier en liste et non le moindre, les États-Unis, a conclu une entente en décembre 2007. Ce pays pourra recevoir des touristes d’agrément dès ce printemps. Le Canada accuse donc un retard évident dans l’avancement des discussions. Divers facteurs ont joué sur cette situation:

  • Notre proximité des États-Unis inquiétait la Chine en raison des risques de voir des déserteurs ou des réfugiés tenter d’entrer aux États-Unis par le Canada. Maintenant qu’ils ont obtenu le SDA, ce facteur n’est plus un enjeu et peut même faire avancer la cause du Canada.
  • Un conflit concernant un fugitif chinois a longtemps joué sur les relations avec la Chine, mais ce différend s’est adouci.
  • Les nouveaux irritants sont plutôt attribuables aux relations houleuses de l’administration du premier ministre Harper avec la Chine. Le gouvernement de M. Harper a en effet critiqué ses politiques en matière de droits de l’homme et qui a en outre officiellement reçu le Dalaï Lama, perçu par le gouvernement chinois comme étant un séparatiste.

Avec l’arrivée des États-Unis parmi les pays à SDA, beaucoup de Chinois souhaiteront probablement profiter de leur séjour dans ce pays pour faire un détour par le Canada (en utilisant les circuits classiques tels que New York – Toronto), mais ce ne sera pas possible tant que ce dernier n’aura pas obtenu ce fameux statut. Bref, toute l’industrie touristique attend ce moment avec impatience

Évolution du tourisme… qui dit mieux?

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la Chine sera le quatrième pays émetteur de touristes d’ici 2020, avec environ 100 millions de voyageurs dans le monde. Cette hausse est conditionnée par divers facteurs, dont:

  • L’augmentation de la population: après des années de croissance fulgurante (51% de 1960 à 1980), le rythme ralentit (6,2% de 2000 à 2010), mais devrait se poursuivre jusqu’en 2040.
  • L’économie en plus forte croissance: 8% en moyenne par année depuis 25 ans et la Banque Mondiale se dit optimiste concernant l’avenir de la Chine, malgré les défis et les incertitudes (pauvreté encore très présente, inflation, pollution, etc.). Le PIB (produit intérieur brut)de la Chine devrait progresser de plus de 11% en 2008. À titre comparatif, les pays à revenus élevés ont connu une croissance annuelle moyenne de 2,3% depuis 1996.
  • Une classe moyenne qui prend de l’ampleur: selon la China Brand Strategy Association, environ 175 millions de Chinois peuvent s’offrir des biens de luxe, soit 13% de la population. En 2010, ce nombre passerait à 250 millions.
  • Plus de vacances: depuis 1999, les Chinois bénéficient de trois semaines de congés fériés réparties dans l’année (la plupart des voyages se font durant ces périodes); en outre, les employés du gouvernement disposent, depuis 2000, de 14 jours de vacances supplémentaires par année et cette pratique rejoint d’autres secteurs d’emploi dans les villes.

Il est important de modérer les données concernant les voyages internationaux des Chinois en raison de la comptabilisation des régions administratives spéciales de la Chine que sont Hong Kong et Macau ainsi que l’État de Taïwan. Hong Kong et Macau accueillent à eux seuls 58% des 41 millions de voyageurs chinois internationaux. Par ailleurs, ces territoires représentent d’importants marchés pour le Canada (Taïwan 92 900 visiteurs et Hong Kong 109 700 visiteurs en 2006) et ne sont pas assujettis aux règles relatives au Statut de destination autorisée.

Mais où voyagent-ils? Viennent-ils au Canada?

Quoiqu’il s’agisse d’un petit pourcentage de la population, près de 41 millions de Chinois ont voyagé à l’étranger en 2007. De ce nombre, 36,3 millions de voyages s’effectuent en Asie: Hong Kong, Macau, Singapour, la Thaïlande, le Japon, le Vietnam et la Corée du Sud totalisent ainsi 86% des voyages internationaux.

Parmi les destinations long-courrier se trouvent l’Australie, l’Allemagne, les États-Unis, l’Italie et la France, l’ordre d’importance de ceux-ci variant selon les sources.

Malgré l’absence de ce précieux statut, le Canada reçoit un nombre important de touristes chinois qui voyagent principalement par affaires ou pour visiter de la famille, mais qui en profitent très souvent pour faire du tourisme d’agrément.

Potentiel pour le Canada

Selon le profil du marché chinois réalisé par VisitBritain, le Canada se place en quatrième position parmi les destinations rêvées (sans contraintes budgétaires). Il y a déjà un plus grand nombre de touristes chinois qui viennent au Canada plutôt qu’au Royaume-Uni ou en Nouvelle-Zélande, qui pourtant détiennent le SDA, ce qui porte à croire qu’une fois ce statut obtenu la croissance des arrivées pourrait s’accélérer.

À la suite d’une étude de consommation en Chine réalisée en 2006, la Commission canadienne du tourisme confirme que l’intérêt de ce marché pour le Canada est élevé. Même avec une estimation prudente réalisée à partir des résultats de l’enquête sur l’intérêt à visiter le Canada, la CCT évalue que cet intérêt représente un marché de quelque 500 000 visiteurs chinois potentiels dans les années suivant l’obtention du SDA.

Qui, parmi notre industrie touristique, se prépare à recevoir ce marché? Faites-nous part de vos initiatives en laissant un commentaire au bas de cette page!

Ne manquez pas le profil du marché chinois dans la prochaine édition du Globe-Veilleur.

Sources :
– CANSIM. «Enquête sur les voyages internationaux».
– Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs en Chine», 2006.
– Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché, Chine», juillet à septembre 2007.
– McEwen, Anne. «Waiting for China’s Tourism Tiger», Capital News Online, 30 mars 2007.
– Mccabe, Aileen. «China Approves U.S. as Tourist Destination», 13 décembre 2007.
– Mintel. «China Outbound, Travel & Tourism», Analyst, no 19, novembre 2007.
– Tourism Australia. «China, ADS Visitor Experience Study», 2003.
– Visit Britain. «China, Market & Trade Profile», mis à jour en janvier 2007.

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Enjeux Faits et chiffres Marchés géographiques

Ne blâmez pas trop vite le taux de change!

Maintenant atteinte, la parité du dollar canadien avec la devise américaine soulève une fois de plus de nombreux questionnements. Au cours des dernières années, la performance touristique du Canada vis-à-vis du marché américain s’avère certes décevante. L’irrésistible poussée du dollar canadien en 2007 contribue à attiser les inquiétudes de notre industrie. Mais notre déficit touristique est-il intimement lié aux aléas du taux de change? Doit-on s’attendre à ce que l’envolée de notre huard accentue, inévitablement, nos piètres résultats sur ce marché? Pourtant, en élargissant l’horizon d’analyse, nous découvrons une réalité beaucoup plus nuancée!

Le marché américain inquiète

La montée du dollar canadien par rapport à celui de l’Oncle Sam s’est avérée spectaculaire au cours des cinq dernières années. En 2002, 1 USD s’échangeait contre 1,57 CAD (taux de change annuel moyen). Longtemps le taux de change a fait partie des avantages mis de l’avant pour courtiser nos voisins du Sud avec des slogans tels que «Stretch your dollar». Il est clair que la soudaine parité du dollar suscite beaucoup d’inquiétudes dans un contexte où chacun cherche des solutions pour relancer ce marché en déclin, si névralgique pour notre industrie touristique.

Depuis 2002, année record du nombre de touristes américains au Canada, les chiffres sont en chute libre, mis à part une brève reprise en 2004. Mais doit-on lancer la première pierre au taux de change? Surestime-t-on l’influence qu’il a sur le comportement de voyage des Américains?

Qu’en est-il ailleurs?

Afin de mieux saisir et mettre en perspective l’impact réel du taux de change sur les décisions de voyages des Américains, nous avons comparé la progression du huard avec celle d’autres devises (graphique 1). Nous avons analysé la fluctuation du dollar américain depuis 1995 par rapport au dollar canadien, à l’euro, au peso mexicain et au yen japonais. En parallèle, nous avons mesuré l’évolution du nombre de départs internationaux des Américains vers le Canada, le Mexique et l’outre-mer. Afin de rendre toutes ces données comparables, 1995 constitue l’année de référence se traduisant par un indice 100. L’évolution des courbes illustre la diminution ou l’augmentation observée par rapport à l’année de référence.

CP_2007-09_taux_change_grphq1

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Le graphique permet d’abord de constater que la chute du dollar américain par rapport à la devise canadienne (trait rouge) est beaucoup plus prononcée que la baisse enregistrée du nombre de touristes américains au Canada (pointillés rouges). Précisons qu’il s’agit de voyages d’une nuit et plus, les excursions d’une journée ayant en effet récemment subi des baisses plus drastiques.

Plus loin de nous

Il est erroné de croire que les Américains ne sortent plus en raison d’une combinaison de facteurs tels une devise anémique, des préoccupations liées à la sécurité, un repli sur eux-mêmes, etc. La courbe représentant les déplacements touristiques des Américains vers l’outre-mer (pointillés bleus) illustre de manière éloquente qu’ils démontrent plus que jamais de l’intérêt pour la découverte d’autres destinations. Par exemple, selon une enquête auprès des agences de voyages AAA, les réservations estivales de 2007 des voyageurs américains vers l’Europe de l’Est ont bondi de 55%.

On observe certes un recul momentané durant la période des événements du 11 septembre, mais la croissance a repris toute sa vigueur depuis 2003 sur ces marchés éloignés. Par ailleurs, l’euro représente la principale devise pertinente à l’analyse de l’impact du taux de change des déplacements des Américains vers l’outre-mer (bien que nous ayons ajouté le yen à titre indicatif). À l’instar du dollar canadien, l’euro s’est beaucoup apprécié (trait bleu foncé) vis-à-vis du dollar américain depuis 2001. Pourtant, durant la même période, le nombre de départs des Américains vers des destinations outre-mer affiche une croissance spectaculaire.

L’exemple du Mexique

Le Mexique représente un exemple très intéressant, notamment par sa situation géographique qui s’apparente à celle du Canada. À l’inverse de ce que nous vivons, le peso mexicain ne cesse de perdre des plumes depuis 1995 par rapport au dollar américain (trait vert). Pourtant, on remarque pendant cette période que l’accroissement du pouvoir d’achat ne s’est pas répercuté sur les décisions de voyages au Mexique, les résultats touristiques étant parallèlement demeurés au beau fixe (pointillés verts).

La loupe sur deux autres indices

«Toutes choses étant égales par ailleurs». Voilà une notion de base en économie qui sert souvent de prémisse pour analyser un phénomène lié à ce domaine. Cependant, dans la vraie vie, les choses ne sont jamais «égales par ailleurs»… Cette mise en garde s’avère nécessaire pour rappeler les limites du modèle d’analyse présenté au graphique 1.

CP_2007-09_taux_change_grphq2

Pour agrandir l’image, cliquez ici

L’intention de voyager est souvent liée à la performance de l’économie. Pour cette raison, nous avons jugé intéressant de comparer l’évolution des déplacements touristiques des Américains vers le Canada et l’outre-mer avec deux autres vecteurs économiques, soit le niveau des dépenses personnelles à la consommation (trait violet) et le prix de l’essence (trait jaune).

Indéniablement, la montée vertigineuse des prix à la pompe n’aide pas le tourisme de proximité des Américains qui ont l’habitude de venir au Canada en automobile. Au cours des dernières années, la baisse de ce segment de voyageurs a été beaucoup plus prononcée que celle du tourisme par avion. (Lire aussi: Provenance géographique des Américains au Québec selon leur mode de transport.)

L’évolution des dépenses personnelles à la consommation des Américains constitue un autre indice intéressant de leur pouvoir et de leur volonté de dépenser. On remarque justement que la forte croissance des départs vers l’outre-mer calque assez bien la courbe de l’indice lié à la consommation. Sans prétention scientifique, cela illustre assez bien la mouvance de l’intérêt touristique des Américains au détriment du Canada.

Mieux comprendre l’impact

Dans un article précédent du Réseau de veille en tourisme (lire aussi: La fluctuation des taux de change), nous évoquions des études qui démontraient que le taux de change pouvait influencer les intentions de voyages, particulièrement auprès de certains segments de clientèles. Ainsi, les Américains affichent une sensibilité limitée aux fluctuations des devises comparativement aux Canadiens en ce qui concerne la réalisation de voyages à l’étranger.

Certains facteurs contextuels viennent toutefois gonfler l’impact potentiel de la fluctuation des devises. C’est le cas notamment de la couverture médiatique accordée au phénomène. On peut supposer que les médias canadiens s’intéressent plus à la poussée de notre dollar que ne le font les médias américains.

Il est aussi vrai que même si les Américains ne sont pas réellement conscients ou qu’ils sont peu influencés par la perte de leur pouvoir d’achat, l’impact se fait définitivement sentir une fois qu’ils arrivent à destination. La firme Moneris Solutions a étudié les transactions effectuées par cartes de crédit américaines et cartes bancaires auprès de marchands canadiens. Le total des transactions d’espèces américaines a chuté en juillet et août 2007 par rapport à la même période en 2006.

Mentionnons toutefois que l’étude ne tient pas compte du nombre de visiteurs concernés. Les chiffres permettent néanmoins de supposer que le budget des dépenses diminue dans une proportion plus importante que celle du nombre de touristes américains. D’autres facteurs tels que le prix des chambres à la baisse en 2007 ont aussi exercé un impact sur l’assiette des dépenses. L’étude révèle que les secteurs les plus touchés ont été:

  • les commerçants spécialisés (-35%)
  • les terrains de camping et de caravaning (-22%)
  • les terrains de golf publics (-14%)
  • les réservations hôtelières (-13%)
  • les déplacements en autobus (-13%)
  • les restaurants (-8%)

Un défi de taille

Les difficultés qu’éprouve le Canada à reconquérir le marché américain sont profondes et ne se limitent pas aux facteurs conjoncturels. D’autres études arrivent aux mêmes conclusions: les Américains estiment que le Canada n’est plus aussi attrayant et préfèrent jeter leur dévolu sur de nouvelles destinations. Un taux de change défavorable et un prix de l’essence élevé ne viennent que s’ajouter à la liste des aspects dissuasifs, particulièrement en ce qui touche le tourisme de proximité. À l’heure de la parité, c’est maintenant que l’innovation et l’enrichissement de notre offre touristique feront la différence!

Sources:
– Montet, Virginie. «Les touristes américains découvrent l’Europe de l’Est», La Presse, 26 septembre 2007.
– Office of Travel & Tourism Industries.
– Turner, Riva. «U.S. Spending in Canada Sees Significant Decline», Moneris Solutions [www.moneris.com], 24 septembre 2007.
– U.S. Census Bureau.

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Ailleurs dans le monde Enjeux Transport

Un ciel de plus en plus ouvert!

Le 30 avril dernier, l’Union européenne et les États-Unis ont ratifié une entente dite «ciel ouvert» qui vise à libéraliser davantage l’espace aérien entre ces deux régions du monde. Plus près de nous, le ministre canadien des Transports rencontrait le 20 juin dernier le vice-président de la Commission européenne des transports dans le but d’entamer des négociations sur un accord «ciel ouvert». Il semble y avoir beaucoup d’ouverture dans le ciel ces jours-ci. Qu’en est-il exactement, pourquoi de telles ententes et quelles en seront les conséquences? Voici quelques questions auxquelles nous tenterons de répondre sommairement et simplement dans les lignes qui suivent.

Les origines de la réglementation dans l’aviation civile internationale

Si l’on cherche à libéraliser le ciel, c’est que celui-ci a été fortement réglementé depuis le début du siècle. En effet, dès la fin de la guerre mondiale de 1914-1918, les pays signataires de la Convention de Paris de 1919 ont réaffirmé le principe voulant que l’espace aérien au-dessus d’une nation appartienne exclusivement à cette nation. On comprendra que les États veuillent protéger leur espace aérien dans un contexte où l’aviation militaire a démontré son importance stratégique durant les conflits armés. Au fil des ans, plusieurs pays ont choisi de réserver les vols intérieurs, ce qu’on appelle communément le cabotage, aux compagnies aériennes appartenant majoritairement à l’État ou à ses citoyens. La souveraineté de l’espace aérien a été à nouveau reconnue lors de la Convention de Chicago de 1944. Par conséquent, les droits d’atterrissage d’un transporteur dans un pays étranger sont régis par des accords bilatéraux entre les deux pays concernés.

Ces accords sont importants car ils déterminent notamment quels transporteurs seront désignés par chaque pays pour effectuer des liaisons aériennes, ainsi que le nombre de sièges (capacité) et la fréquence de vols qui seront autorisés et les destinations (aéroports) qui seront desservies. Par exemple, Montréal fut longtemps le seul aéroport où les transporteurs européens avaient le droit de se poser, à l’exception de BOAC, l’ancêtre de British Airways, qui avait aussi l’autorisation d’atterrir à Toronto. Ces ententes encadraient également l’établissement des tarifs pour les passagers et le fret aérien. Avec le temps, c’est à l’AITA (Association internationale du transport aérien) qu’on a confié le rôle de mettre en place des mécanismes de fixation des tarifs, mais, en fin de compte, ceux-ci doivent être approuvés par les pays.

Un des premiers accords bilatéraux a été signé en 1946 dans l’île des Bermudes entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Cet accord, aujourd’hui connu sous le vocable de «Bermuda I», a longtemps servi de référence aux ententes conclues par la suite. Il est intéressant de noter que cet accord a été renégocié en 1977 pour donner naissance au «Bermuda II» qui prévoyait, entre autres mesures, que seulement quatre compagnies aériennes seraient autorisées à desservir l’aéroport d’Heathrow pour des vols en provenance et à destination des États-Unis, soit American Airlines, United Airlines, British Airways et Virgin Atlantic. Il a fallu attendre trente années pour que cette restriction soit levée avec la signature récente de l’entente «ciel ouvert» entre l’Union européenne et les États-Unis.

Les ententes «ciel ouvert»

Ce qui distingue les accords bilatéraux de type «ciel ouvert» de leurs prédécesseurs, c’est essentiellement la liberté accordée aux transporteurs aériens d’un pays de desservir toutes les destinations de leur choix dans le pays étranger, à partir de n’importe quel point du pays d’origine, et vice versa. Les premières ententes «ciel ouvert» remontent à 1978 avec la signature d’un accord bilatéral libéral entre les États-Unis et les Pays-Bas. Au début des années 1990, une deuxième génération d’accords bilatéraux «ciel ouvert» voit le jour, incorporant encore plus de liberté au niveau du cargo, des vols nolisés, du partage de code, etc. En 2005, les États-Unis concluent de telles ententes avec 67 pays à travers le monde, dont 15 des 25 membres de l’Union européenne[1].

En 1995, le Canada et les États-Unis signent un accord «ciel ouvert» qui s’inscrit dans un mouvement de libéralisation du transport aérien au Canada qui avait été initié avec la privatisation d’Air Canada et la cession de la gestion des aéroports canadiens à des autorités locales. Grâce à cet accord «ciel ouvert», les transporteurs canadiens, surtout Air Canada, augmentent leur offre de liaisons directes vers des destinations américaines et, de façon générale, le nombre de sièges offerts sur ce marché augmente sensiblement, comme en fait foi la figure 1.

Figure 1 : Nombre de sièges offerts sur des vols réguliers
entre le Canada et les États-Unis en 1994 et en 1999

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Source: Transports Canada, Rapport annuel 1999

Même si cet accord permet aux transporteurs des deux pays de desservir toutes les destinations de leur choix dans l’autre pays, il est moins libéral que ceux que les États-Unis ont conclus avec les 67 autres nations. En effet, il existe des restrictions quant aux droits que les transporteurs pourraient vouloir exercer d’emmener des passagers du pays étranger vers d’autres destinations internationales. Ainsi, avec l’accord de 1995, Air Canada ne peut pas transporter des passagers américains de Miami vers des destinations en Amérique du Sud. Il y a également d’autres restrictions au niveau du fret aérien. Ces interdictions sont levées en mars 2007 avec la signature d’un nouvel accord «ciel ouvert» entre les deux pays. Il faut souligner néanmoins que la libéralisation accrue du transport aérien n’inclut pas la permission de transporter des passagers entre deux villes du pays étranger, soit le cabotage.

Des cieux de plus en plus ouverts à la concurrence

En mars 2007, après plusieurs années de négociation, une entente «ciel ouvert» est finalement conclue entre les États-Unis et l’Union européenne. Celle-ci prévoit que les transporteurs européens pourront effectuer des vols à partir de n’importe quelle ville européenne vers n’importe quelle ville des États-Unis et vice versa, ce qui rend caducs tous les accords bilatéraux conclus entre les États européens et les États-Unis au cours des dernières décennies. Les transporteurs pourront dorénavant effectuer des vols à partir des villes de l’autre partenaire vers d’autres destinations internationales. De plus, les transporteurs américains obtiennent le droit de transporter des passagers entre deux villes européennes, privilège qui n’est pas accordé aux transporteurs européens en sol américain. On prévoit néanmoins que des discussions se poursuivront en 2008 pour arriver à conclure la phase 2 de l’entente qui devrait permettre l’ouverture du marché américain (cabotage) aux transporteurs européens d’ici 2010. Certains intervenants émettent cependant des doutes quant à la volonté réelle des Américains d’ouvrir leur marché intérieur, le plus important au monde, à des transporteurs étrangers, d’autant plus qu’ils ont obtenu un plus grand accès à l’aéroport d’Heathrow, un enjeu de taille[2].

Les conséquences économiques de cet accord entre les États-Unis et l’Union européenne seraient très importantes. Selon Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne des transports, cette entente pourrait représenter des bénéfices de l’ordre de 12 milliards d’euros et créer quelque 80 000 emplois additionnels sur une période de cinq ans. Il prévoit même que le nombre de passagers entre les deux continents pourrait augmenter de 26 millions durant cette période par rapport aux quelque 50 millions observés aujourd’hui. Ces chiffres peuvent toutefois paraître optimistes à la lumière de la croissance plutôt modérée du marché Europe – États-Unis.

Le gouvernement canadien poursuit également une politique de libéralisation accrue de l’espace aérien intitulée «ciel bleu». Dans cette démarche, Ottawa reçoit l’appui des principaux intervenants de l’industrie (Air Canada, Conseil des aéroports du Canada, Association du transport aérien du Canada, etc.). On peut présumer que cette politique se traduira par une entente «ciel ouvert» avec l’Union européenne à l’image de celle conclue avec les États-Unis. En conséquence, on observera davantage de concurrence dans le ciel entre le Canada, les États-Unis et l’Europe, ce qui se traduira vraisemblablement par de nouveaux services et des tarifs plus compétitifs pour les consommateurs. Au cours des prochaines années, il sera intéressant de suivre les réactions de nos principaux transporteurs canadiens dans ce ciel de plus en plus ouvert.

Sources:

[1] The McGill/Concordia Report on International Aviation Policy for Canada, McGill Center for Research on Air & Space Law, Montréal, 2005.
[2] Pilling, M. et D. Filed. « Break in Open Skies », Airline Business, avril 2007, p. 9.

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La valeur marchande des hôtels: le pouvoir des bannières

Il est généralement reconnu que les bannières sont synonymes de valeur pour les consommateurs et les propriétaires hôteliers. Mais quel en est le poids dans la valeur commerciale d’un établissement? Des hôtels se vendent et sont achetés tous les jours, adhèrent à une bannière ou passent de l’une à l’autre. Lors de ces transactions, l’évaluation de la valeur marchande est basée sur des indicateurs reconnus, mais aussi sur la valeur attribuée à la bannière qui, elle, est un indicateur difficile à déterminer. Une récente étude de Cornell se penche sur la question et apporte des comparatifs intéressants entre les bannières des catégories hôtelières aux États-Unis.

Le pouvoir de la marque

Selon l’étude de Cornell, The Role of Brand Affiliation in Hotel Market Value, une forte proportion de voyageurs (85% des voyageurs d’affaires et 76% des voyageurs d’agrément) choisissent les hôtels associés à une bannière plutôt que les établissements indépendants. Selon le National Business Travel Monitor 2007 de la firme YPBR, c’est 92% des voyageurs d’affaires qui préfèrent les bannières aux indépendants, principalement pour réduire le risque d’une mauvaise surprise. Notons aussi que la prolifération des bannières – Hotels Magazine listait 285 bannières en 2005 – est une tendance qui a marqué les dernières années dans l’industrie hôtelière, quoique de façon moindre au Québec.

L’étude et la méthodologie

De nombreuses transactions s’observent parmi les actifs immobiliers de l’industrie hôtelière. (Lire aussi: Exit l’hôtelier, place aux «affaires hôtelières».) L’appartenance d’un établissement hôtelier à une bannière est clairement un important facteur qui détermine, pour les investisseurs, la valeur de l’hôtel sur le marché. Pour ceux-ci, la valeur d’un établissement se mesure principalement par des indicateurs tels que le taux d’occupation, le revenu net d’exploitation, le tarif moyen et le nombre de chambres. Mais quelle est la contribution de la bannière dans l’évaluation commerciale d’un établissement? Peu de recherches ont été faites sur l’évaluation du poids de l’image de marque de la bannière sur la valeur d’un hôtel, quoique l’effet soit manifeste.

Pour procéder à cette évaluation, l’étude de Cornell a utilisé les chiffres de 1990 à 2005 aux États-Unis du Penn State Index, une base de données comprenant plus de 2500 transactions hôtelières, et 1067 d’entres elles ont pu être analysées. Quoique les autres indicateurs de valeur commerciale (revenu net d’exploitation, prix quotidien moyen, taux d’occupation et nombre de chambres) déterminent en grande partie la valeur transactionnelle d’un établissement hôtelier, l’analyse de Cornell permet aussi de comparer les prix de vente par bannière.

L’analyse a été réalisée par catégorie d’hôtel (définies par Smith Travel Research) pour les bannières comptant plus de trois transactions. L’étude ne précise pas si les données primaires ne touchent que les États-Unis ou si les transactions dans plusieurs pays sont comptabilisées. Mentionnons que nous avons retenu principalement les bannières ayant déjà une présence au Québec ou au Canada, écartant ainsi certaines bannières présentes seulement aux États-Unis.

L’analyse comparative par catégorie d’hôtel

L’analyse a permis de comparer la moyenne du prix de vente par chambre (graphique 1) pour différentes bannières de catégorie upper upscale, upscale et midscale (avec ou sans restauration). Pour les établissements des catégories luxury , ou economy, le nombre de transactions au cours des dernières années n’était pas suffisant pour permettre une analyse fiable et les résultats de l’étude ne sont donc pas présentés.

Graphique 1 – Moyenne du prix de vente par chambre selon les bannières (1990-2005)

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Ce graphique est à considérer avec prudence puisque, en plus de la performance économique d’un établissement et de la bannière, de nombreux critères interfèrent dans la détermination du prix de vente, notamment l’âge de l’immeuble et sa localisation. Aussi, dépendamment des transactions, certains établissements, par exemple Holiday Inn, peuvent avoir enregistré un prix de vente par chambre plus élevé que certains Best Western.

L’étude ne peut préciser les facteurs les plus déterminants dans la valeur marchande des hôtels par bannière, mais il semble que certaines ont développé un avantage compétitif sur leurs concurrents. Des résultats moins élevés peuvent s’expliquer par le fait que certaines bannières sont moins connues, qu’il y a de la confusion autour d’autres ou qu’elles sont parfois associées à une image négative.

Dans la catégorie des hôtels de classe midscale, TownePlace Suite de Marriott et Country Inn & Suites ont réalisé des transactions à des prix par chambre plus élevés, alors que la valeur marchande de Fairfield Inn est sous la moyenne. La valeur élevée de TownePlace Suite peut s’expliquer par sa nouveauté ainsi que le soutien de Marriott. Howard Johnson et Ramada, de leur côté, réussissent moins bien. Ces deux chaînes travaillent d’ailleurs à restaurer leur image de marque depuis 2005 et leur valeur est peut-être en hausse à l’heure actuelle. Notons aussi que, parmi les bannières midscale, celles avec restauration ont une moyenne de prix de vente par chambre plus faible (42 085$) que celles qui n’offrent pas ce service (53 112$), particulièrement pour les transactions effectuées avant 2002. Cette tendance semble s’inverser par la suite.

Parmi les établissements sous des bannières upscale, Residence Inn, Homewood Suite, Courtyard de Marriott et Hilton Garden Inn dominent, alors que les transactions des dernières années chez Crowne Plaza et Radisson ont été moins payantes. Du côté des hôtels de catégorie upper upscale, Westin et Hyatt devancent clairement Doubletree et Sheraton.

L’affiliation à une bannière, une stratégie qui peut être gagnante!

L’actuel hôtel Hyatt Regency Montréal est un bon exemple d’un établissement hôtelier qui a effectué plusieurs changements au cours des dernières années. D’abord un hôtel de la chaîne Méridien, il est devenu l’hôtel du complexe Desjardins, un établissement indépendant. Ces années-là n’ont pas été ses plus glorieuses. Des travaux de relance sont liés à l’affiliation de l’établissement à Wyndham. Finalement, à la suite d’investissements de plus de 22 millions de dollars, mais aussi en raison de la revitalisation du quartier, l’établissement a certes pris de la valeur, ce qui lui a permis de faire partie d’une catégorie supérieure d’hôtels, et il appartient maintenant à la chaîne Hyatt (de catégorie upper upscale, alors que Windham est classé upscale). Mais cette valeur est également haussée par l’affiliation à une bannière dotée d’une forte image. Ces facteurs ont probablement contribué à ce que le Hyatt Regency Montréal reçoive la mention argent au gala national des Grands Prix du tourisme québécois 2006.

L’étude de Cornell aide donc à la compréhension de la relation entre l’image de marque de la bannière et la valeur marchande d’un établissement hôtelier. Quoique cette image ne soit certes pas le seul élément affectant la valeur d’un établissement, il s’agit d’une plus-value. C’est un élément important à considérer pour un investisseur qui souhaiterait s’affilier à un groupe hôtelier, tant dans le cas d’un nouvel établissement que d’un changement de bannière puisque, selon cette étude, certaines bannières au sein d’une même catégorie ont une valeur marchande plus élevée que d’autres.

Sources:

– O’Neill W., John et Qu Xiao. «The Role of Brand Affiliation in Hotel Market Value», Cornell Hotel and Restauration Administration Quarterly, vol. 47, no 3, août 2006.
– Yesawich C., Peter. «Forecast: Partly Sunny, Slight Chance of Showers», Hotel & Motel Management, 21 mai