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Les voyageurs québécois : où vont-ils et que font-ils ?

Depuis quelques années déjà, la Chaire de tourisme Transat sonde les voyageurs québécois à propos de sujets variés entourant leurs comportements en situation de voyage. Ces données permettent d’avoir une vision longitudinale de leurs déplacements, mais aussi de leurs préférences en matière d’activités.  

Voici donc certains éléments clés de l’évolution des comportements des voyageurs québécois dans le temps.  

Destinations de voyages

Le Québec demeure une destination de choix pour les Québécois, année après année. Les autres destinations, surtout hors Canada, regagnent en popularité. Quant à elles, les intentions de voyage pour 2024 s’apparentent aux comportements observés à l’été 2023. 

Base: totale.  Note: les chiffres colorés indiquent des variations significatives par rapport à l’année précédente (vert: positif; rouge: négatif). 

Expériences touristiques vécues

Le plein air occupe une place importante dans le cœur des Québécois lorsqu’ils voyagent pendant la saison estivale. Les expériences gourmandes ainsi que les activités culturelles, comme les festivals ou les événements, suivent de près. La proportion à la baisse enregistrée pour les visites agrotouristiques peut être expliquée par l’ajout de la catégorie « expérience gourmande » à l’édition 2023 de l’enquête. 

Base 1: a voyagé au Québec à l’été 2022.  Base 2: a voyagé au Québec à l’été 2023.  Note: les chiffres colorés indiquent des variations significatives par rapport à l’année précédente (vert: positif; rouge: négatif). 

 

Pour en connaître davantage sur les comportements des voyageurs québécois, l’équipe de la Chaire de tourisme Transat vous invite à prendre connaissance des six profils de voyageurs qui font écho aux grandes tendances de l’année et d’approfondir vos réflexions en consultant le Cahier Tendances 2024. 

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Réunir les équipes de télétravailleurs, une tendance qui se poursuit

Le télétravail, plus qu’une situation passagère

Les données sur les voyageurs québécois sondés par la Chaire de tourisme Transat en novembre 2023 confirment que le télétravail demeure une pratique courante pour un peu plus d’un répondant sur trois (36 %). À titre comparatif, les plus récentes données de Statistique Canada sur le sujet indiquent qu’un Canadien sur cinq (20 %) se trouvait en situation de télétravail en novembre 2023. Cette proportion se situait à 7 % en janvier 2020, juste avant le début de la pandémie, et à 40 % en avril 2020, au plus fort du confinement.

Ce contexte de travail s’ancre désormais dans le mode de vie d’un segment de la population. La question à se poser n’est donc plus si le télétravail perdurera ou non, mais plutôt dans quelle mesure il s’exercera en totalité ou en partie et quelles en seront les répercussions sur le tourisme.  

Le télétravail engendre de nouveaux déplacements

Depuis la dernière année, les organisations continuent à consolider leurs politiques de travail, ce qui offre une certaine prévisibilité qui facilite la gestion de l’horaire des employés. Aujourd’hui, plus expérimentés à travailler hors du bureau, ces télétravailleurs modifient certains comportements, notamment en exerçant leur profession à l’extérieur de la maison, un phénomène qui se maintient, et semble même s’être accentué en 2023. 

Cette clientèle voyage davantage par affaires que les autres répondants de l’enquête.

Dans la dernière année, près du tiers s’est déplacé au Québec (31 % des télétravailleurs, contre 9 % de ceux qui ne l’étaient pas) et 15 % à l’extérieur de la province (contre 2 %). Les deux principaux motifs évoqués, qui distinguent cette clientèle des autres personnes sondées, sont : 

  • La participation à une réunion d’affaires avec des collègues (41 % contre 16 %) ; 
  • La participation à une activité d’équipe hors du bureau – teambuilding (26 % contre 6 %). 

Rassembler les troupes et consolider les liens entre chacun devient indispensable pour les équipes qui travaillent à distance et cela se répercute positivement sur le secteur du tourisme d’affaires. 

Développer des offres pour les télétravailleurs à la recherche d’équilibre

Plusieurs stations de France Montagnes élaborent des forfaits à l’attention des télétravailleurs. D’abord, une portion des offres des stations met l’accent sur la reconnexion entre les membres des équipes qui travaillent à distance. Ici, le teambuilding s’effectue à travers une multitude d’activités telles que des sports de montagne, des jeux rassembleurs, des soirées thématiques ou encore des olympiades ludiques. 

Ensuite, il y a les offres destinées aux professionnels qui désirent faire un séjour en solo ou accompagné de proches et d’amis. Ce type de propositions met l’accent sur la convivialité des lieux, les occasions de sortir de l’isolement en travaillant dans des espaces de co-working ou encore sur la stimulation de la créativité grâce à l’inspiration qu’offre la montagne. Certaines stations misent aussi sur des installations de travail de haute performance, notamment avec des bureaux ergonomiques, une connexion Internet à haute vitesse, l’accès à des imprimantes et salles de réunion. Enfin, la montagne est mise de l’avant pour l’adrénaline comme pour la détente, un positionnement en phase avec la tendance du bien-être.  

Que réserve 2024?

L’offre d’activités de teambuilding est abondante au Québec et pourrait bien prendre de l’ampleur au cours des prochaines années. Expériences culinaires, sportives ou de bien-être, activités communautaires, d’entraide ou de bénévolat, sorties en plein air, à la ferme ou au musée ; les propositions sont diverses et se modulent selon les besoins des organisations. 

D’après l’enquête de la Chaire de tourisme Transat, près d’un voyageur québécois sur trois (31 %) sera en situation de télétravail en 2024, dont 22 % en partie et 9 % en totalité. En 2024, que proposerez-vous à cette clientèle ?  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

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Est-ce que les Québécois voyagent hors des périodes touristiques ? 

Les périodes de vacances habituelles, soit les mois d’été, la relâche scolaire et Noël, constituent les moments phares de l’industrie touristique. Au Québec, comme ailleurs, on observe aussi un intérêt pour les voyages hors de ces périodes. Selon l’enquête en ligne menée du 30 octobre au 6 novembre 2023 par la Chaire de tourisme Transat, 59 % des répondants ont voyagé en dehors des périodes de vacances habituelles en 2023. 

Parmi les répondants qui voyagent à l’occasion ou souvent en dehors des périodes de vacances habituelles, un certain profil de voyageurs se démarque. Voici quelques-unes de ses particularités.   

  • Ils voyagent plus fréquemment que les autres : 45 % disent voyager au moins chaque 6 mois (contre 26 % du reste de l’échantillon) ;  
  • Ils sont plus nombreux à être âgés de 55 ans et plus comparativement à ceux qui ne voyagent pas en dehors des périodes de vacances habituelles (43 % contre 30 %) ;   
  • Ils sont plus nombreux à être à la retraite comparativement aux autres (27 % contre 16 %).  
  • Ils sont en couple sans enfant à la maison (47 %) dans une plus forte proportion que les autres (33 %)  

Le choix de voyager hors des saisons hautes s’explique par divers facteurs et comporte plusieurs avantages, notamment d’éviter les foules et de profiter d’offres plus abordables sur le transport, l’hébergement et certaines activités Un peu plus du quart des répondants (27 %) qui voyagent à l’occasion ou souvent en dehors des périodes de pointe mentionnent que les changements climatiques les poussent à modifier leur façon de voyager. Leur flexibilité leur permettrait-elle de choisir des destinations et des périodes moins vulnérables aux effets des changements climatiques ? 

Fenêtre d’occasions pour le voyage hors saison

Certains segments de clientèle ne sont pas freinés par les responsabilités professionnelles ou même familiales ou peuvent plus facilement jongler avec celles-ci. Ils jouissent d’une liberté qui leur permet de s’évader hors des périodes plus achalandées. C’est le cas d’au moins trois voyageurs sur dix qui affirment qu’il serait tout à fait possible pour eux de voyager au Québec en dehors des périodes de vacances habituelles (voir infographie). 

Avec le beau temps qui prolonge la saison estivale, une tendance à la hausse des séjours automnaux est observée ces dernières années au Québec et aussi ailleurs dans le monde. Bien que ce phénomène soit de bon augure, le défi est de maintenir une offre d’activités et de services qui permettra à ces visiteurs de vivre des expériences positives et mémorables.  

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat.

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Segments de clientèles Tourisme durable

Guider les visiteurs vers un tourisme plus responsable

L’équipe de la Chaire de tourisme Transat documente depuis trois ans des indicateurs liés au tourisme durable. Principal constat : aucun changement n’est observé quant à la proportion de voyageurs québécois qui adoptent certains comportements écoresponsables.  

Voici quelques résultats relatifs à ces indicateurs qui font l’objet de stagnation depuis les trois dernières années. Ces données proviennent de la plus récente enquête réalisée par la Chaire auprès des voyageurs québécois. 

Aucun changement n’est observé quant à la proportion de voyageurs québécois qui adoptent certains comportements écoresponsables.  

D’autres actions ont été ajoutées à l’édition 2023 de l’enquête. À cet égard, 18 % des répondants disent avoir volontairement limité le nombre de leurs voyages par année pour des raisons environnementales. Également, 9 % des voyageurs qui ont visité le Québec à l’été 2023 rapportent avoir utilisé une voiture 100 % électrique comme mode de transport principal lors d’un séjour. 

Comment accélérer le virage responsable des voyageurs ?

Le nombre de voyageurs responsables atteignant un plateau, les énergies doivent être concentrées sur l’accompagnement des consommateurs et aussi des entreprises de l’industrie afin de multiplier et de promouvoir les offres durables. 

Guider la clientèle vers des choix durables

Plusieurs actions peuvent être mises en place par les entrepreneurs touristiques ou les destinations afin de faciliter et favoriser l’achat ou la réservation de produits touristiques responsables et durables. Il peut s’agir par exemple d’inclure des incitatifs ou de reconnaître les efforts des clients. Cela peut être fait sous forme de programme de récompenses. Simplifier l’expérience d’achat et offrir un bon service à la clientèle est une autre solution. Pour les destinations, il peut s’agir de mettre de l’avant les entreprises certifiées par un organisme reconnu par le GSTC.  

La Suède possède des forfaits de vacances durables nommés « Climate-Smart Holidays ». Cinq hébergements de l’ouest du pays participent au projet. Ces établissements en nature affichent une transparence totale en matière de gaz à effet de serre émis par nuit. Ils détiennent des panneaux solaires, ont été construits avec des matériaux recyclés et sont équipés pour permettre le compostage des déchets. Les repas sont inclus dans les forfaits et sont approvisionnés directement d’une exploitation agricole voisine. Dépendamment de l’hébergement choisi, les forfaits comprennent des activités de plein air à pratiquer à proximité et/ou le transport pour s’y rendre. Les options de déplacements offertes sont diversifiées, mais le choix durable demeure la priorité. Par exemple, une prise en charge en voiture électrique à la station de train la plus proche des sites est proposée. 

Source de l’image : Adobe Stock 

Accompagner les visiteurs dans l’adoption de comportements responsables 

L’office de Tourisme Gorges de l’Ardèche – Pont d’arc, en partenariat avec d’autres organisations, a lancé l’Académie des Gorges de l’Ardèche. Classées Réserve Naturelle Nationale Protégée, les Gorges sont les seules en France à permettre aux visiteurs d’y passer la nuit. Or, la région se trouve dans un écosystème fragile. C’est donc pour préserver ce site naturel que l’Académie diffuse une série de vidéos instructives dans lesquelles plusieurs conseils et informations sont partagés. 

Des séjours sans voiture sont également proposés afin que les visiteurs puissent vivre des vacances plus relaxantes, responsables et enrichissantes. Les offres comprennent un itinéraire à vélo, en randonnée pédestre et un itinéraire sur le thème du tourisme lent (slow tourism).  

Intégrer la communauté dans le développement touristique

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, tout développement touristique doit s’appuyer sur les principes durables suivants : 

  • Développer de nouvelles attractions, activités et expériences en se basant sur les ressources, atouts naturels (montagne, forêt, etc.) et culturels (technique artisanale, conception architecturale typique, etc.) intrinsèques au milieu local ; 
  • Obtenir le soutien de la communauté d’accueil, et encore mieux, collaborer avec cette dernière (incluant les résidants) ; 
  • Respecter les valeurs du territoire d’implantation et s’intégrer dans la stratégie touristique de la destination. Dans cette optique, il peut être avantageux de créer des produits à plus grande valeur ajoutée et à moindre impact. 

Des destinations appliquent déjà ces préceptes. En Australie, l’État de la Tasmanie a co-conçu un plan pour l’avenir du tourisme avec et pour la communauté de l’île Flinders de septembre 2021 à septembre 2023. S’appuyant sur les principes du tourisme régénératif, l’objectif de l’initiative The Islander Way est de s’assurer que les visiteurs génèrent des bénéfices positifs pour l’île, ses résidants, son environnement et l’économie locale. Cette collaboration a permis de proposer des projets touristiques ancrés dans la communauté, mais également d’autres initiatives qui permettront une régénérescence en lien avec l’économie circulaire, la gestion des matières résiduelles, la sécurité alimentaire et des actions communautaires. Les initiateurs veillent actuellement à poursuivre cet élan en s’assurant de soutenir les propositions malgré la fin de l’accompagnement à l’automne 2023.  

Vers une démocratisation du voyage responsable  

Le nombre de voyageurs québécois ayant porté des actions dites responsables stagne.  Bien qu’un segment de ces voyageurs soit bel et bien tourné vers le tourisme durable, dans ses valeurs et dans ses choix, il reste que pour la majorité, le passage à l’action n’est pas entamé. 

L’intérêt global envers un tourisme responsable est plus important que jamais, non seulement au Québec, mais aussi ailleurs dans le monde. Selon l’enquête 2023 de Booking.com, 76 % des voyageurs internationaux indiquent vouloir voyager de façon plus responsable au cours des 12 prochains mois. Or, l’aspect économique constitue un frein pour plusieurs. Selon ce dernier sondage de Booking.com, la perception que les options durables sont trop dispendieuses est belle et bien présente pour la moitié de la clientèle internationale.  

Afin que l’augmentation de ce type de voyageurs ne demeure pas une utopie, il faut réellement démocratiser les voyages responsables. L’objectif est d’augmenter la capacité des clientèles à faire des choix durables. Il s’agit donc ici de faire de ces décisions, des décisions par défaut et de libérer les voyageurs de la pression qu’ils subissent pour rechercher et sélectionner des expériences durables. Plus le nombre de produits offerts sera grand, plus les prix diminueront et cette offre deviendra graduellement la norme.  

 

Cet article se retrouve dans le Cahier Tendances 2024 réalisé par l’équipe de la Chaire de tourisme Transat. 

Source de l’image à la une: Pexels

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Segments de clientèles

Voyager au Québec à l’hiver 2024 ?

Du 30 octobre au 6 novembre 2023, la Chaire de tourisme Transat a mené un sondage en ligne auprès de 1 002 voyageurs québécois issus d’un panel privé. Ci-dessous sont exposés les résultats qui découlent de leurs réponses aux questions liées à leurs intentions de voyage pour l’hiver 2024.  

L’enquête réalisée en 2023 présente des données qui sont globalement similaires à celles de 2022. Les intentions de voyage, que ce soit vers des destinations de type « soleil » (27 % en 2022 comparativement à 31 % en 2023) ou au Québec (44 % comparativement à 38 %), ne montrent qu’une faible fluctuation. Cette légère variation pourrait être attribuée, en partie, à la période anticipée de la collecte de données, qui a été effectuée un mois plus tôt que l’année précédente. 

Les intentions de voyage à l’hiver 2024

Près de 38 % des voyageurs québécois prévoient un séjour d’agrément au Québec à l’hiver 2024.   

Les Québécois privilégient le Québec comme destination hivernale. Près de 38 % des voyageurs interrogés envisagent un séjour d’agrément au Québec à cette période. Parmi eux, huit répondants sur dix n’avaient pas encore réservé leur expérience au moment du sondage. Par ailleurs, plus d’un voyageur sur cinq hésite encore à visiter le Québec à cette période. Ces derniers représentent une clientèle potentielle que les prestataires d’offres touristiques peuvent encore tenter de charmer.  

Les destinations soleil se révèlent particulièrement attrayantes pour la clientèle québécoise. En effet, environ un tiers (31 %) des personnes interrogées envisage de les choisir pour l’hiver, et parmi elles, la moitié a déjà réservé son séjour. Le fait que les déplacements à l’international soient planifiés avec moins de spontanéité que les voyages au Québec pourrait expliquer ce phénomène.  

Par ailleurs, seulement 15 % des personnes sondées considèrent visiter d’autres lieux que ceux mentionnés, et parmi ceux-ci, 6 % ont déjà procédé à la réservation de leur voyage. 

Source : création de l’auteure  

Quant aux voyageurs qui prévoient partir à l’extérieur du Québec, ils semblent moins influencés par la conjoncture économique que les autres. Seuls 10 % se disent freinés par le contexte économique, contre 27 % des voyageurs qui ne comptent pas visiter ces destinations. 

Qui sont les voyageurs qui visiteront le Québec cet hiver ?

Les ménages avec enfants (incluant les familles monoparentales) ont tendance à opter davantage pour un séjour hivernal au Québec. Ils représentent 42 % de ce segment, contre 31 % de ceux qui ne prévoient pas voyager au Québec à l’hiver. Plus de la moitié de ces familles (53 %) affichent des revenus supérieurs à 100 000 $, comparativement à 40 % du reste de l’échantillon.  

Des télétravailleurs flexibles  

Parmi les voyageurs qui considèrent le Québec comme destination hivernale en 2024, 36 % seront en télétravail en 2024. Ils s’affichent plus ouverts que les autres à l’idée de combiner télétravail et vacances. Près de 20 % d’entre eux envisagent de prolonger un séjour touristique grâce à cette modalité, et 16 % prévoient un séjour dédié au télétravail au cours de l’année à venir. Cette proportion est au moins deux fois plus élevée que pour ceux qui ne visiteront pas le Québec (respectivement 10 % et 6 %). 

Source : Pexels 

En outre, ces voyageurs se montrent plus flexibles quant à leurs dates de voyage. En effet, 71 % d’entre eux mentionnent voyager en dehors des périodes de vacances habituelles (ex. : la semaine de relâche) contre 45 % de ceux qui ne voyageront pas au Québec.  

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Destinations Marketing

Des campagnes marketing qui implorent le respect

Amsterdam et Maui : deux destinations qui mettent les bouchées doubles pour sensibiliser les voyageurs à adopter des comportements respectueux… et deux manières complètement différentes de s’y prendre.  

Exiger de la considération

La capitale des Pays-Bas fait face depuis de nombreuses années à des défis liés à une fréquentation élevée, particulièrement en saison haute. Les comportements nuisibles de certains touristes affectent notamment la quiétude des communautés locales. Dans le passé, plusieurs campagnes marketing ont soulevé cet enjeu, dont « Enjoy & Respect » et « We live here » (lire aussi : Profiter de la crise pour réinventer le tourisme et la ville).  

Plus récemment, la destination a adopté un discours beaucoup plus direct. La plus récente campagne, nommée « Stay Away », demande aux voyageurs, plus spécialement aux jeunes hommes britanniques turbulents, bruyants et venus faire la fête, de rester à la maison s’ils comptent être irrespectueux à leur sortie des bars. Il va sans dire que cette annonce a été reçue de manière assez mitigée, certains accusant Amsterdam de faire preuve de xénophobie.  

Si ce segment de clientèle est le premier visé, il est probable qu’aucun Européen ne soit à l’abri de cette stratégie de communication qui vise à modifier les comportements irrespectueux. Selon les autorités locales, la campagne pourrait aussi s’étendre aux touristes d’autres pays d’Europe si le contexte l’exige. 

Privilégier la guérison

La démarche marketing utilisée par Maui est différente. Les autorités locales souhaitent sensibiliser les visiteurs à la situation traumatique vécue récemment par la population en regard des feux de forêt. Elles partagent des conseils sur les comportements à éviter pour respecter les communautés d’accueil durant cette période particulièrement éprouvante. 

Le Office of Wellness and Resilience, l‘Hawaiian Tourism Authority (HTA) et le comté de Maui se sont associés pour créer des dépliants d’information et des panneaux d’affichage qui énoncent des conseils pour un voyage empreint de compassion. Les brochures sont distribuées aux visiteurs, aux compagnies aériennes, aux établissements d’hébergement, aux sociétés de location de voitures, aux commerces, aux restaurants, ainsi qu’aux voyagistes.

Source : Hawaiian Tourism Authority (HTA) 

Voici quelques recommandations véhiculées :  

– Évitez de poser des questions personnelles liées à la catastrophe aux habitants. Même si les intentions sont généralement bonnes, de nombreux survivants ne sont pas prêts à partager leur expérience avec d’autres. 

– Évitez de visiter la ville de Lahaina et ne prenez pas de photos de la zone. Cette dernière est interdite d’accès, car les conditions peuvent être dangereuses pour la santé. Respectez la vie privée des survivants et la dignité de ceux qui ont perdu la vie. 

– Ne cherchez pas à assister à une cérémonie commémorative ou à un rassemblement privé, car vous serez prié de quitter les lieux. Respectez les survivants et ne prenez pas de photos ou de vidéos. 

Une conduite synonyme de développement durable

Les campagnes marketing sont certainement une manière intéressante de sensibiliser les voyageurs aux défis que vivent certaines destinations. Adopter des comportements qui respectent les communautés d’accueil, voilà un grand pas vers un tourisme plus durable. 

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Produits et activités Tourisme durable

Responsabiliser les visiteurs : un petit fruit à la fois

Le contact avec le territoire et la connexion avec le milieu d’accueil font partie des tendances touristiques phares. L’autocueillette offre l’occasion de découvrir le terroir local et de s’imprégner du savoir-faire des artisans. Mais pour éviter de mettre en péril des écosystèmes fragiles, ces activités doivent être pratiquées en respectant certaines règles. Plusieurs moyens de cueillir de façon responsable peuvent être adoptés. 

Une grande variété de produits en autocueillette

Au Québec, la saisonnalité et la biodiversité offrent un grand éventail de produits culinaires champêtres et sauvages, au grand plaisir des consommateurs. À la traditionnelle cueillette de pommes et de fraises s’ajoute maintenant des produits comme la camerise, les fleurs sauvages, l’argousier, les artichauts et les groseilles. L’offre variée répond à la demande diversifiée d’un public gourmand aguerri qui souhaite pratiquer une activité en plein air tout en garnissant son panier de produits frais. Un sondage mené par la Chaire de tourisme Transat fait mention que 28% des Québécois ayant séjourné dans la province à l’été 2022 ont fait une visite agrotouristique. L’autocueillette en fait évidemment partie.  

À titre de cueilleur, de nombreuses directives doivent être respectées afin de prendre en considération la fragilité et la croissance de certaines espèces. La cueillette responsable s’inscrit comme une récolte de fruits, légumes, fleurs ou autres spécimens qui respecte le rythme de croissance des espèces et le travail des agriculteurs. Dans le but que l’expérience des visiteurs soit positive et que les impacts négatifs pour les producteurs et les milieux naturels soient minimisés, quelles bonnes pratiques peuvent être adoptées?   

Une stratégie durable ayant des bénéfices pour tous

La mise en place d’une activité d’autocueillette peut permettre des profits réguliers et intéressants pour les agriculteurs. Cela demande toutefois une organisation afin de répondre aux besoins des visiteurs et assurer des bénéfices pour toutes les parties impliquées. Les clients souhaitent vivre une expérience fluide et personnalisée. La rencontre des artisans proposée dans les champs lors de l’autocueillette est donc alignée sur cette volonté de recevoir un accueil cordial et de donner du sens à leur visite. En impliquant et en responsabilisant les visiteurs sur les bonnes pratiques à adopter sur place, ces derniers participent à la stratégie durable de l’entreprise et il convient de leur rappeler le rôle clé qu’ils jouent. 

Prendre le temps

Lors d’une activité d’autocueillette, il est important de valoriser une expérience lente. Celle-ci peut comprendre un volet visant à informer et à raconter des anecdotes à propos du travail dans les champs et des défis quotidiens des agriculteurs.  En comprenant la réalité et en étant conscients des efforts, les visiteurs souhaiteront aider à garder les lieux en bonnes conditions. Lors de leur arrivée, il convient de rappeler la bonne marche à suivre. Prendre le temps de trouver des petits fruits dans des arbustes ou bosquet dans lesquels il n’y a pas nécessairement une grande abondance, mais dans lesquels il reste tout de même de nombreux échantillons à cueillir.  

Gérer l’affluence sur le site

Les gestionnaires des sites doivent gérer une fréquentation de plus en plus élevée avec des visiteurs dont les connaissances peuvent être variables. Limiter le nombre d’entrées afin de pouvoir mieux encadrer les groupes sur place est un moyen favorable d’assurer une expérience agréable. Il existe dorénavant plusieurs outils technologiques permettant de mieux prévoir l’achalandage et d’offrir une expérience améliorée. Par exemple, la Ferme Pure Land du Texas, utilise un programme en ligne permettant de réserver une plage horaire pour la cueillette par l’intermédiaire du site web de l’entreprise. Les responsables de la ferme établissent les seuils maximaux de visiteurs en fonction des prévisions météo et du personnel disponible. 

Communiquer efficacement les bonnes pratiques à adopter

Dans le contexte où il est parfois difficile d’avoir des employé.e.s sur place pour communiquer certaines règles à respecter, il convient d’opter pour des panneaux d’information. Disposé à l’entrée et près des aires de stationnement, l’affichage peut permettre une meilleure compréhension de l’importance de cueillir les fruits et légumes avec attention. De façon plus générale, il serait fort intéressant d’introduire des stratégies de cueillette et des outils de communication globaux pour communiquer les meilleures méthodes à adopter sur un territoire, une approche novatrice pour introduire des pratiques responsables à l’échelle d’une destination. La Ferme Pure Land intègre, quant à elle, des codes QR directement dans ses jardins afin de présenter les différentes cultures et les meilleurs moyens de les cueillir, les nettoyer et les préparer. Ces informations sont aussi disponibles directement sur le site Web de l’entreprise.  

Source : Pure Land Organic 

Il est essentiel de se munir de moyens de communication afin de fournir des informations claires aux visiteurs sur les méthodes de cueillette, que ce soit en amont ou au moment de la visite.   

  • Partager les outils pratiques et les méthodes de cueillette par l’intermédiaire des médias sociaux et du site Web de l’entreprise ;  
  • Accueillir les visiteurs en les informant sur les meilleures méthodes de cueillette ;  
  • Favoriser un affichage adapté à la clientèle, advenant le cas où la disponibilité de la main-d’œuvre est un défi dans l’entreprise ;  
  • Identifier les espaces accessibles aux visiteurs et expliquer les impacts du non-respect des consignes;  
  • Former le personnel à bien guider les visiteurs vers les plants qui contiennent toujours des fruits, même s’ils ne sont pas aussi abondants que d’autres.  

 

L’autocueillette responsable passe par l’éducation 

Il existe actuellement peu d’outils de communication prêts à être utilisés afin de partager les meilleures pratiques à employer sur le lieu d’autocueillette. Pour Pascal Goulet, co-propriétaires de Camerise et Compagnie, l’autocueillette responsable passe avant tout par le respect de son travail et du lieu. Lorsque les visiteurs adoptent un bon comportement, M. Goulet se sent respecté et est motivé à offrir la meilleure expérience possible.  L’éducation et la sensibilisation des visiteurs sont essentielles afin de valoriser le travail des agriculteurs et de permettre la régénérescence des milieux naturels. On observe en effet une méconnaissance des bons gestes à adopter dans les champs, selon les cultures.

Contrairement aux pommes ou aux fraises qui murissent sur l’arbre, la camerise est un fruit vulnérable. À partir du moment où les filets sont retirés des arbustes, ils deviennent incessamment la proie des oiseaux et des petits animaux. Selon lui, l’approche à préconiser est de se montrer disponible pour répondre aux questions et assurer une présence afin d’informer sur les bonnes pratiques à adopter dans un champ. Les agriculteurs sont les personnes les mieux positionnées pour informer les visiteurs du meilleur moyen de respecter leur travail.  

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Produits et activités Segments de clientèles

Les voyageurs québécois et les spas

Les tendances en matière de bien-être prennent de l’élan au Québec comme ailleurs dans le monde. D’un point de vue touristique, la Chaire de tourisme Transat a recueilli quelques données sur le sujet lors de sa plus récente enquête (décembre 2022) portant sur le comportement des voyageurs québécois. On y apprend notamment que : 

  • une majorité (62 %) estime que le voyage est important pour leur santé mentale ; 
  • l’envie de se retrouver en nature demeure incontournable, 59 % des répondants ont participé à une activité de plein air au cours de la dernière année ; 
  • un voyageur québécois sur cinq (22 %) a visité un spa à l’été 2022 ; 

Dans le cadre de cette analyse, les données concernant ceux qui ont visité un spa seront décortiquées afin de faire ressortir quelques grands constats.  

Définition de voyageur québécois :

 

Québécois ayant séjourné au moins une nuitée à l’extérieur de son domicile dans le cadre d’un voyage d’agrément au cours des deux dernières années.

Profil des voyageurs québécois qui ont visité un spa à l’été 2022

Visiter un spa est particulièrement attrayant chez les personnes âgées de 18 à 54 ans, mais c’est auprès des 18 à 34 ans que des différences significatives sont observées : ils représentent 42 % de ceux qui l’ont fait, contre 34 % de tous les voyageurs sondés. Les résidents de la grande région de Montréal constituent le bassin le plus important de visiteurs (54 % d’entre eux l’ont fait, alors qu’ils représentent 46 % de l’échantillon). Enfin, un peu plus de la moitié (52 %) se trouvait en situation de télétravail durant l’année sondée, alors que les télétravailleurs ne représentent que 41 % de l’échantillon. 

Inspiration et planification

Les médias sociaux ont un certain impact sur les décisions de voyage des répondants qui ont fréquenté un spa. D’ailleurs, cette clientèle en fait bon usage. Comparativement à tous les voyageurs québécois, elle y a davantage recours lorsque vient le moment de s’inspirer et de planifier son périple (58 % d’entre eux, contre 40 % de tous les voyageurs sondés). Tout comme pour l’ensemble des répondants, elle utilise principalement Facebook (39 %, contre 26 %), Instagram (32 %, contre 20 %) et YouTube (24 %, contre 17 %). 

Une autre particularité de ceux qui ont fréquenté un spa est qu’ils se s’estiment plus au courant des nouvelles activités touristiques et des destinations populaires que leurs amis (37 %, contre 28 % des voyageurs qui n’ont pas fréquenté de spa). Ils aiment donc rester informés et à l’affût des nouveautés.  

Travailler à l’extérieur du bureau, mais aussi hors de la maison

Le télétravail procure de belles occasions pour exercer sa profession hors de chez soi et où il fait bon être. Les voyageurs québécois qui ont fréquenté un spa l’ont bien compris. Ils étaient plus nombreux à vivre cette situation (52 % se trouvaient en télétravail, contre 41 %) et ont été significativement plus enclins à travailler hors de chez eux (55 % de ceux qui ont fait du télétravail en ont fait hors de leur résidence principale, contre 39 %).  

Pourquoi effectuer un voyage de bien-être ? 

Selon un sondage réalisé en 2020 par le Global Wellness Institute, les trois principales raisons qui motivent les individus à vouloir effectuer un voyage de bien-être sont : 

1. Se focaliser sur sa santé et son bien-être (49 %) ; 

2. Relaxer et se sentir moins stressé (47 %) ; 

3. Améliorer son bien-être mental (34 %) 

Ces personnes priorisent quelques éléments lorsque vient le temps de sélectionner une destination. Elles recherchent notamment un lieu connecté à la nature (70 %), une offre alimentaire de qualité, fraîche et locale (50 %), de l’hébergement de qualité (41 %) ainsi que l’accès aux services d’un spa (35 %). 

La définition du bien-être évolue et la manière dont les voyageurs l’expérimentent aussi. Comment saisirez-vous les occasions qui émanent des nouveaux modes de vie de cette clientèle ? 

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Performance

Un début d’année 2023 performant pour les entreprises touristiques

À chaque fin de trimestre, l’équipe de la Chaire mène, pour le compte du ministère du Tourisme, une enquête visant à mesurer et à suivre la performance de l’industrie touristique québécoise grâce à son panel La voix des pros. Les résultats clés de cette vague de l’étude sont présentés ici (de janvier à mars 2023). 

La reprise touristique continue de s’accélérer, et ses bénéfices ont été observés par les répondants lors de la saison touristique hivernale. Les visiteurs sont ainsi jugés plus nombreux qu’à l’hiver 2022 : plus des trois quarts des entreprises sondées (77 %) mentionnent un achalandage touristique plus élevé durant le premier trimestre de 2023. Les répondants remarquent d’ailleurs un retour progressif des visiteurs provenant des marchés éloignés : près d’une entreprise sur deux juge que les Français, les Américains et les Canadiens (hors Québec) sont plus nombreux qu’à l’hiver précédent. Cette tendance à la hausse se maintient depuis la dernière année ; elle a été observée à l’été comme à la fin de l’année 2022. 

La grande majorité des entreprises estime également que leur performance financière est plus appréciable qu’avant. Leur chiffre d’affaires est jugé à la hausse par 73 % d’entre elles, comparativement aux mois de janvier à mars 2022. Une proportion un peu plus faible (56 %) estime que les dépenses touristiques de leurs visiteurs ont augmenté, suggérant que l’inflation généralisée et la montée des prix ont pu contribuer elles aussi à l’augmentation du chiffre d’affaires des entreprises. Les données colligées lors de l’enquête n’informent toutefois pas sur l’état des marges bénéficiaires des entreprises.  

Sans doute de plus en plus confiantes envers la reprise touristique, plus de la moitié des entreprises (58 %) a toutefois indiqué avoir augmenté son budget d’investissement entre l’hiver 2022 et celui de 2023. 

À travers cette enquête, les panélistes ont également la chance de soumettre des questions à leurs pairs. Une question portant sur les pratiques durables et responsables déployées par l’industrie révèle que plus des deux tiers des répondants disent avoir intégré certains principes de développement durable au sein de leur organisation. Les actions de promotion et de marketing sont les plus populaires pour le moment, notamment la communication des bonnes pratiques adoptées (68 % des répondants). 

Les prévisions d’achalandage pour le 2e trimestre de 2023 sont positives : plus de la moitié des organisations sondées (60 %) entrevoient une hausse par rapport à 2022. 

Cette enquête trimestrielle est rendue possible grâce aux entreprises membres de notre panel La Voix des pros. Nous avons besoin de votre voix afin de suivre la performance de l’industrie touristique ! 

Rejoignez-nous et répondez à nos enquêtes, tout en courant la chance de remporter des prix de participation ! Toutes les entreprises touristiques québécoises sont invitées à s’inscrire au panel, en répondant d’abord à quelques questions. La prochaine enquête est prévue pour le mois de juillet. 

Image à la une : Création de l’auteure. 

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Quatre tendances en camping

L’entreprise de terrains de camping KOA publiait récemment les résultats de la vaste enquête annuelle menée par Cairn Consulting Group sur la pratique de cette activité. En tout, 4100 ménages (2900 américains et 1200 canadiens) ont été interrogés sur leurs comportements de pratique en 2022 et à propos de leurs intentions pour 2023. Voici quatre tendances inspirées des constats énoncés dans ce rapport, et formulées également en regard d’autres études et données sur le sujet. 

1.Une clientèle qui se diversifie

Le camping a gagné de nouveaux adeptes depuis la pandémie. Les bénéfices qu’il procure, dont la connexion avec la nature et le sentiment de liberté, se sont révélés extrêmement séduisants, particulièrement durant les périodes de confinement et de restrictions de voyage. Une bonne part de ces nouveaux adeptes sont tombés sous le charme et comptent bien intégrer le camping à leurs traditions. 

De nouveaux adeptes

Selon les données de KOA, le nombre de nouveaux adeptes était en baisse de 2017 à 2019, passant de 2,8 millions à 1,7 millions de ménages américains respectivement. Mais le contexte particulier de 2020 a incité plus de 10 millions de ménages américains à essayer le camping. D’autres se sont ajoutés en 2021 et 2022.   

Pour le Canada et les États-Unis regroupés, le nombre de ménages qui s’identifient comme « campeur », qui campent à l’occasion, si ce n’est pas chaque année, est passé de 82 millions (2019) à 92 millions en 2022. Il est même monté à près de 94 millions en 2021. On explique cette légère diminution par le retour aux habitudes prépandémiques (séjours à l’hôtel ou encore voyages internationaux) qui aurait causé une désaffection d’une certaine part des nouveaux campeurs. 

La majorité de ceux qui sont les plus enclins à poursuivre la pratique : 

  • Ont essayé un VR pour la première fois (58 %) ; 
  • Ont fait du télétravail en camping (57 %) ; 
  • Aiment passer du temps dehors (54 %) ; 
  • Font partie de la génération des millénariaux (nés entre 1981 et 1996) (53 %).

Source : Pexels 

La génération Z 

Parmi ces nouveaux ménages de campeurs, les 2/3 comprennent un individu de moins de 42 ans et le tiers inclut au moins une personne âgée entre 18 et 25 ans. Au Canada spécifiquement, la génération Z (âgés entre 12 et 25 ans) forme 18 % des campeurs (contre 8 % en 2021). 

Pour le Canada et les États-Unis réunis, près de la moitié des jeunes de la génération Z qui campent au moins trois fois par année estiment que d’avoir fait du camping durant leur adolescence leur a appris à apprécier le temps passé en famille et avec des amis en plein air.  

Les « urbains » 

Au cours des trois années de pandémie, un grand nombre de ménages habitant en milieu urbain se sont mis au camping. Ceux-ci ont adopté cette activité et planifient en faire davantage en 2023. Ils dépensent plus que les autres lorsqu’à destination et reconnaissent les bénéfices sur leur santé mentale. Les voilà convaincus. 

Les communautés culturelles 

Plus de la moitié des nouveaux ménages de campeurs, tels qu’identifiés par KOA, sont issus des communautés hispanophone, noire, asiatique ou d’autres origines ethniques. Mais ceux-ci sont à risque de décrocher (entre 38 % et 53 %), pour diverses raisons. Le premier obstacle constitue le sentiment d’insécurité en camping (33 % parmi les hispanophones et 37 % chez les campeurs noirs). Un autre élément qui pourrait nuire au retour de ces campeurs est le fait d’avoir expérimenté de l’inconfort en plein air. Une majorité de campeurs noirs, et près de la moitié de ceux d’origine hispanique et asiatique ont vécu une expérience inconfortable ou même dangereuse pendant qu’ils étaient en plein air.  

Il y a donc lieu de prendre en compte ces facteurs pour mieux accueillir et informer ces clientèles afin qu’elles bénéficient d’expériences positives. L’initiation au camping à un jeune âge favorise la pratique à plus long terme. Les enfants de ces nouveaux pratiquants constituent donc une relève à considérer. 

2.Une multiplication des types de pratiques

Aux types de pratique traditionnelle que sont la tente et le VR, s’ajoute chaque année depuis au moins 15 ans une déclinaison d’offres de glamping, soit du prêt-à-camper et du camping en cabines et en hébergement insolite. Plus récemment, la vanlife a suscité l’intérêt de nouveaux adeptes. Dormir à la belle étoile dans un hamac rejoint aussi de plus en plus de campeurs, plus aventuriers et minimalistes. Aujourd’hui, l’expéditionnisme (overlanding), soit le camping en autonomie, sans service, en véhicule utilitaire sport, se répand, surtout aux États-Unis. Les plus friands de nouvelles expériences sont tentés d’essayer l’une ou l’autre de ces différentes approches du camping. 

Forte poussée du glamping

Au cours des trois dernières années, 28 % des campeurs sondés par KOA ont fait du glamping. Ils sont près de 40 % à souhaiter s’y adonner en 2023 (versus 25 % l’année dernière). Au Québec, cette forme d’hébergement est aussi en forte progression. Selon les données de Camping Québec, le nombre d’unités de prêt-à-camper* a crû de 130 % depuis 2016, passant de 1 767 à 4 069 unités. Les données du ministère du Tourisme recueillies par l’Institut de la statistique du Québec indiquent elles aussi un fort engouement pour ce mode d’hébergement. En cinq ans, alors que l’offre disponible en juillet a crû de 54 %, la fréquentation, elle, a augmenté de 63 %. Donc les options se multiplient, ainsi que la demande (voir le graphique ci-dessous).  

*Un prêt-à-camper, comme considéré par Camping Québec, consiste en une structure installée sur plateforme, sur roues ou directement au sol, et pourvue de l’équipement nécessaire pour y séjourner, incluant un service d’autocuisine. 

En quête d’expériences hors des sentiers battus 

Dans un autre registre, de nombreux campeurs sont interpellés par des aventures en milieu éloigné. Au cours des trois dernières années, 20 % des répondants à l’enquête de KOA ont fait de l’expéditionnisme (overlanding). Près d’un campeur sur trois souhaite l’essayer en 2023 (comparativement à 23 % l’année dernière). Ce phénomène semble véritablement l’ampleur et s’observe notamment par l’intérêt porté pour des équipements tels que les tentes de toit. 

Source : Pexels 

3.Du WiFi et du télétravail en camping

La moitié (!) des campeurs canadiens sondés par KOA indique avoir télétravaillé durant leur séjour en camping ; 44 % dans le cas des Américains. Une connexion fiable permet de rester en contact et de voir à ses obligations, le cas échéant. Globalement, 40 % des répondants estiment qu’un bon accès au WiFi les influence à camper davantage. Cette proportion a gagné 19 points de pourcentage par rapport à 2017. 

Source : Pexels 

4.À la recherche de nouvelles expériences et de bonne bouffe !

Pour 2023, les campeurs ont soif de découvertes. Il peut s’agir de tester un nouveau type de camping ou d’essayer une activité. En moyenne, les répondants de KOA espèrent vivre trois nouvelles expériences. Les plus convoitées sont : 

  • Assister à un événement naturel unique (ex. éclipse, migration d’animaux, pluie d’étoiles filantes.) : 40 % 
  • Prendre part à des expériences culinaires, faire du tourisme gastronomique : 36 % 
  • Visiter de petites villes : 31 % 

L’attrait de la nourriture interpelle un grand nombre de campeurs. Plus de quatre répondants sur dix de l’étude de KOA estiment important qu’un camping aménagé offre un service de restauration. Plus de la moitié s’attendent à ce que celui-ci soit de qualité dans le cas où ils s’adonnent au glamping. Sinon, un accès à de bons produits alimentaires locaux constitue déjà une base qui saura séduire les campeurs gourmands qui cuisinent à leur emplacement.  

Le camping, c’est sacré

La majorité des campeurs sondés par KOA estiment que le camping constitue une façon peu coûteuse de voyager dans un contexte économique défavorable. Quelque 38 % mentionnent que même si la situation se dégrade, ils vont continuer à camper et plutôt couper dans d’autres types de séjours.  

Image à la une : Unsplash