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Un parc d’attractions prête… des grands-parents!

Le parc allemand Ravensburger Spieleland lançait cette année un projet pilote de «prêt» de grands-parents pour améliorer l’expérience des familles monoparentales pendant leur visite. Durant quatre heures, le parent de plus d’un enfant peut ainsi bénéficier du soutien d’un adulte embauché par le parc. Plus de 100 personnes ont reçu la formation nécessaire et sont disponibles sur rendez-vous. Les familles doivent remplir un formulaire en ligne au moins une semaine avant leur séjour pour disposer gratuitement d’un grand-parent qui, par exemple, s’occupera du plus jeune pendant que la mère fera des manèges avec l’aîné.

 

Image à la une: ParkErlebnis.de

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Retrouver son cœur d’ado

Selon Print Measurement Bureau, 47% des Canadiens âgés de 12 à 17 ans ont réalisé au moins un voyage au Canada au cours des 12 derniers mois, soit 1,14 million de jeunes, une proportion à peine inférieure à l’ensemble des Canadiens (53%). En ce qui a trait aux voyages à l’extérieur du Canada au cours des trois dernières années, la proportion est la même pour les adolescents que pour l’ensemble de la population, soit de 45%.

Le premier critère de succès pour les jeunes est l’ambiance et les liens dans le groupe.

Que ce soit pour la pratique d’un sport, une immersion linguistique, un camp de vacances loin de la maison ou les vacances en famille, les adolescents ont un important pouvoir de persuasion quand vient le temps de partir en voyage. Le premier critère de succès pour les jeunes est l’ambiance et les liens dans le groupe. Il s’agit également d’un moment de prise d’autonomie; les voyages ont un caractère initiatique, c’est souvent une étape dans le détachement de la famille.

Voici quelques exemples et apprentissages pertinents tirés notamment de l’édition mars-avril 2014 d’Espaces, dont une section est dédiée au tourisme des jeunes et des adolescents.

En colonie de vacances, la si, la sol

Les programmes de camp de vacances ont beaucoup évolué au cours des dernières années. Si les traditionnels camps en nature demeurent populaires, des voyagistes amènent maintenant les jeunes à voyager à travers le monde. Les séjours dans des destinations éloignées coûtent plus cher, mais les parents estiment que ça en vaut la peine si le jeune vit une réelle expérience éducative, enrichissante et sécuritaire. C’est ce que propose Zigo, un voyagiste spécialisé dans l’organisation de voyages pour ce segment d’âge. Dans un entretien, le directeur, Patrice Halimi, explique que les adolescents commencent à affirmer leur besoin d’autonomie et que l’entreprise organise des voyages qui «leur permettent de s’impliquer, de participer activement au déroulement du séjour». Ils doivent prendre certaines décisions quant à l’hébergement, au transport et aux activités tout en participant à la gestion du budget.

Visionnez un aperçu de la saison 2013 (et osez dire que vous ne souhaiteriez pas avoir 15 ans de nouveau).

 

Le voyagiste Travel for Teens offre un produit similaire.

Une génération conscientisée

Les voyages responsables et solidaires gagnent en popularité. Avec l’organisme Rempart, plus de 3000 jeunes et adolescents par année, principalement français, participent à des chantiers de sauvegarde et de restauration du patrimoine. Encadrés par des animateurs, les participants bénévoles apprennent des techniques de restauration variées. Il s’agit aussi d’un moment de vie collective et de découverte de la région. Un sondage effectué auprès de 2453 de leurs participants en 2013 indiquait d’ailleurs que les premières motivations sont de participer à un projet de restauration (62%), de rencontrer d’autres personnes (62%), de faire quelque chose d’utile (57%), de découvrir une région (41%) et d’acquérir une formation technique (41%).

La beauté d’avoir un pays bilingue…

…c’est de faciliter les échanges linguistiques! Sevec est l’un des programmes canadiens de jumelage linguistique. Chaque année, l’entreprise encadre environ 5000 participants âgés de 12 à 17 ans. Chacun est hébergé dans une famille, mais participe à plusieurs activités de groupe. Selon l’organisme, 78% des jeunes ont affirmé que leur expérience d’échange les a rendus plus fiers d’être Canadiens et leur a donné envie d’en apprendre plus sur leur pays.

Cool, les camps familiaux!

Belambra, c’est 58 clubs de vacances familiaux en France. Le directeur marketing, Sylvain Caucheteux, explique qu’il s’agit d’un segment de clientèle hétérogène qu’il divise en trois catégories: les préadolescents (de 11 à 13 ans), les adolescents (de 14 à 17 ans) et les jeunes (18 ans et plus). Pour les préadolescents et les adolescents, un lieu propre leur est destiné, respectivement la Fabrique et le Spot, où différentes activités sportives et créatives leur sont offertes. Par exemple, la Belambra Académie, basée sur le modèle de Star Académie et de Bodycombat, est un programme d’aérobie intégrant les arts martiaux. Depuis 2013, certains clubs affichent le label «Fiesta», signifiant ainsi la présence d’animation de jour et de nuit pour les adolescents (cocktail sur la plage, soirée discothèque, casino, etc.). Le directeur rappelle aussi l’importance de se renouveler constamment pour demeurer au goût du jour. L’entreprise communique avec cette clientèle par l’entremise de Facebook et de sa communauté de 50 000 fans.

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 Source : Belambra clubs

Tous ces exploitants ne doivent pas uniquement veiller à l’accueil des adolescents, mais également apporter un soutien aux organisateurs du voyage (parents, enseignants ou entraîneurs).

Rejoindre les adolescents

Il s’agit d’un segment de clientèle difficile à atteindre. La majorité des adolescents cherchent à se définir en tant que personne et ne savent pas toujours clairement ce qu’ils recherchent. C’est pourquoi ils sont imprévisibles. Leur revenu, provenant d’une allocation familiale ou d’emploi à temps partiel, est essentiellement dépensé en activités de loisirs ou en biens de consommation qui leur font plaisir.

Pour les rejoindre, souvenez-vous qu’ils sont partout à travers les médias sociaux. Selon l’étude réalisée par The Intelligence Group et rapportée par eMarketer, près des trois quarts des jeunes de 14 à 18 ans ont indiqué utiliser YouTube fréquemment, comparativement à 60% pour Facebook (voir le graphique 1). De plus, ils expérimentent un grand nombre de sites et d’applications (What’sapp, Wanelo, Vine, Snapchat, Kik et 4chan).

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Leur présence sur Facebook ou Twitter ne signifie pas qu’ils sont des fans ou des followers des pages d’entreprises qu’ils apprécient. Selon Forrester Research, 28% des jeunes souhaitent que l’entreprise écoute ce qu’ils ont à dire sur les médias sociaux, que les marques les suivent et non l’inverse. C’est d’ailleurs à l’avantage des organisations qui désirent se plonger dans l’univers de cette clientèle.

Peu ou pas réceptifs aux messages publicitaires traditionnels, les adolescents les ignorent habilement. Même pour le marketing en ligne, ils sont habitués à fermer ou à éviter les bannières et les pop-up, les considérant pratiquement comme du contenu indésirable. Les promotions sous forme de jeu ou encore la musique représentent de meilleurs moyens de capter leur attention. Usez de créativité!

 

Source image à la une: Freeimages.com

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Adapter la programmation de son festival aux différentes générations

Portrait des participants québécois aux festivals

Avec la facilitation de l’accès au voyage, la concurrence des festivals s’étend maintenant à l’international. La compréhension des comportements des visiteurs est donc essentielle, tant pour les voyages de proximité qu’à l’étranger.

Dans le cadre d’un voyage au Canada, 5,1% des Canadiens et 6,2% des Québécois ont assisté à un événement culturel, selon le Print Measurement Bureau (PMB). Si la proportion reste la même pour les Canadiens à l’occasion d’un voyage à l’étranger, elle baisse à 3,4% pour les Québécois. En étudiant la totalité des Québécois ayant assisté à un événement culturel en voyage à l’extérieur du Canada, on remarque que ce sont les baby-boomers et les seniors qui sont les plus représentés. Dans le cadre de vacances au Canada, ces deux catégories de population sont rejointes par les jeunes issus de la génération Y pour former le trio de tête des participants à des événements culturels (voir le graphique 1).

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Le PMB a étudié en détail la fréquentation des visiteurs et des résidents dans certains festivals. Ainsi, il apparaît que la génération Y fréquente beaucoup plus que les autres les Francofolies et le festival Juste pour Rire. Les baby-boomers sont particulièrement bien représentés aux Fêtes de la Nouvelle-France et au Festival des films du monde. Le Festival International de Lanaudière attire quant à lui massivement les seniors (voir le graphique 2).

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Pour proposer la meilleure offre à ces différents auditoires, l’important est de connaître son public actuel, sans oublier de prêter attention à la clientèle potentielle et d’élaborer une stratégie claire.

Idées pratiques pour une programmation adaptée aux différentes générations

Lors du Salon de l’Organisateur 2013 de SATQ-FEQ se tenait un atelier intitulé «Les générations et leur influence sur votre programmation». René Fréchette, directeur des événements à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et ancien directeur du Mondial des Cultures de Drummondville, y partageait quelques idées concrètes d’adaptation à un public cible.

À chercher à plaire à un spectre trop grand de participants, les festivals risquent de rendre leur contenu diffus. Cela dit, un même événement peut s’adresser à différentes générations. L’important pour atteindre son public est de suivre un plan bien défini. René Fréchette dresse la liste des actions à accomplir en amont de l’élaboration de son programme: 

  1. S’assurer que les changements prévus à la programmation s’intègrent bien à la mission;
  2. Échanger avec les employés et les bénévoles pour obtenir leur soutien;
  3. Obtenir l’aval du conseil d’administration;
  4. Identifier son public cible et connaître ses attentes;
  5. Analyser les succès et les insuccès passés;
  6. Mesurer les ressources existantes ainsi que les besoins à venir;
  7. Dresser le portrait-robot du client futur;
  8. Assurer une veille stratégique pour se positionner;
  9. Maîtriser le temps: anticiper sans se précipiter.

Pour un ajustement réussi de sa programmation

Dans le cadre d’un réajustement de contenu, il est indispensable de se poser les bonnes questions. Il faut tout d’abord établir ce qui est intouchable dans la programmation originale de son festival. Il est également nécessaire d’identifier les forces et faiblesses de l’offre existante. Finalement, les actions à entreprendre doivent être déterminées, ainsi que les différents alliés (municipalités, etc.).

  • Connaître sa clientèle: L’innovation va nécessairement de pair avec une connaissance globale des clients actuels et potentiels. Il est donc essentiel de s’intéresser à ce qu’ils mangent, à leurs loisirs, à leur style de vie ou à la composition de leur foyer. René Fréchette propose ici de personnifier le client type en lui donnant un nom, un âge, une profession, une passion, etc.
  • Prendre conseil auprès des partenaires: Faire appel à ses partenaires constitue une excellente stratégie pour être mieux informé des besoins de sa clientèle. En effet, les commanditaires connaissent leur public cible et peuvent partager leur expertise pour attirer plus de monde au festival, ce qui leur garantit aussi une meilleure visibilité. Voilà un bel exemple d’association gagnant-gagnant!
  • Maîtriser son image: La connaissance de la perception externe du festival est primordiale. Il est donc impératif de travailler son image de marque. Le public s’identifie-t-il à l’événement? S’agit-il d’une manifestation à la mode? Quelle est la première chose qui lui vient en tête, lorsque le public pense à ce festival?
  • Tisser un lien entre la programmation et la promotion: Pour que la promotion soit cohérente, les éléments de la programmation doivent être présentés clairement dans la campagne de communication. Il est essentiel de savoir comment s’informe la clientèle et de comprendre quelles parties du programme attireront leur attention.
  • Préciser le rôle de l’événement: Afin d’éviter le dispersement, il est primordial de s’interroger sur la vocation sociale et communautaire du festival. Réunir les gens, créer un lieu de rencontre entre les générations, consolider le sentiment d’appartenance à la communauté, augmenter la visibilité des commerces, développer le potentiel touristique de la destination… autant d’objectifs qu’il est important de clarifier pour être certain de les atteindre.
  • Élargir son cercle de recrutement: Finalement, René Fréchette conseille de s’entourer de personnes qui ont des compétences aussi variées que pointues. Pourquoi ne pas intégrer à son conseil d’administration un professionnel de la création ou encore des intervenants auprès des générations à séduire (animateurs de camps de jour, personnel accompagnant les personnes âgées, etc.)?

En conclusion, l’adaptation de la programmation d’un festival à son public cible doit être abordée comme un processus intégré. De plus, afin de bonifier constamment l’événement, il ne faut pas oublier d’en mesurer les retombées une fois que celui-ci a eu lieu.

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Marketing

Jeunes couples britanniques recherchés

Les voyageurs du Royaume-Uni se rendent de moins en moins à Orlando, leur nombre étant passé de 959 000 en 2008 à 730 000 en 2012. Ajoutons à cela de récents changements apportés à leur système éducatif qui pourraient réduire encore la présence des familles britanniques en dehors de la saison forte. En effet, le gouvernement a annulé le droit pour les élèves de s’absenter des cours à des fins de voyages en famille.

Leur liberté de voyager en dehors des vacances scolaires constitue un argument supplémentaire pour convaincre les compagnies aériennes d’augmenter leurs lignes régulières

Dans le but d’anticiper une nouvelle diminution de fréquentation, Visit Orlando, l’organisme de gestion de la destination (DMO), a lancé une campagne de promotion pour séduire les couples britanniques sans enfant des générations X et Y. Leur liberté de voyager en dehors des vacances scolaires constitue un argument supplémentaire pour convaincre les compagnies aériennes d’augmenter leurs lignes régulières, explique Danielle Courtenay, responsable marketing pour le DMO.

La campagne publicitaire intitulée «Step Out of the Ordinary and Into Orlando» (voir la vidéo ci-dessous) est diffusée à la télévision britannique. De plus, des taxis londoniens revêtiront prochainement des affiches de Visit Orlando. Enfin, le DMO a convié des célébrités à découvrir la destination afin de la promouvoir à leur retour au Royaume-Uni.

De plus, une nouvelle page de son site Web met l’accent sur les activités et les offres attrayantes pour cette clientèle.

 

Le DMO mise sur les aspects «chaleureux, amusant et romantique» d’Orlando pour attirer ce segment de clientèle durant la saison basse.

 

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Segments de clientèles Tourisme durable

Des vacances et des loisirs pour tous

Les voyages sont inaccessibles pour un large pan de la population. Selon un sondage réalisé par La Presse en mars 2012, 57% des Québécois n’ont pas voyagé lors de la dernière année. Voici quelques initiatives européennes et québécoises de démocratisation des vacances.

De quoi parle-t-on?

Le droit au tourisme pour tous est reconnu par le code mondial d’éthique de l’Organisation mondiale du tourisme. Le tourisme social regroupe les acteurs œuvrant plus largement dans l’économie sociale et solidaire, et ses valeurs se rapprochent de celles du tourisme durable. La mission de l’association, de la coopérative ou encore de la fédération est de rendre les loisirs touristiques accessibles aux personnes défavorisées ou ayant un revenu modeste, et de soutenir la mixité sociale, sans poursuivre un objectif de rentabilité. Les activités de ces organismes sont souvent rendues possibles par le soutien ou l’intervention de l’État, grâce à ses politiques sociales.

Louis Jolin, professeur à l’Université du Québec à Montréal et membre de l’Organisation internationale du tourisme social, précise que ce dernier vise «la qualité de la relation entre les visiteurs et les communautés d’accueil. […] Il a donc le mérite d’accroître la démocratisation du territoire pour des fins récréotouristiques mais aussi socioéducatives».

Un programme commun pour les États membres de la Commission européenne

La Commission européenne a créé en 2009 le programme Calypso (voir la vidéo ci-dessous), qui encourage le développement d’initiatives en lien avec le tourisme social dans l’Union européenne (UE). Quatre catégories de personnes des 21 États membres et pays participants peuvent profiter des voyages à bas prix et des séjours thématiques en basse saison:

  • les jeunes âgés de 18 à 30 ans;
  • les familles confrontées à des pressions financières ou autres;
  • les personnes en situation de handicap;
  • les personnes de plus de 65 ans ainsi que les retraités qui sont dans la précarité ou qui sont découragés à l’idée de devoir organiser un voyage.

Le programme a pour objectifs la lutte contre la saisonnalité des régions touristiques, mais aussi la découverte de destinations moins connues de l’UE. L’une des initiatives récentes est le FETE-project (First European Travel Experience), qui est né d’un partenariat entre la Belgique, l’Allemagne, la Finlande et la Suède pour offrir des vacances aux jeunes de 16 à 26 ans qui n’ont jamais voyagé en dehors de leur pays.

Source: vidéo YouTube

L’engagement des gouvernements envers le tourisme social

L’établissement public français de l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances (ANCV) assure l’accès aux vacances pour tous les travailleurs (lire aussi: «Chèque-vacances: un double levier, social et touristique»). Ces chèques-vacances génèrent plus de 1,3 milliard d’euros, profitent à près de 9 millions de bénéficiaires et sont acceptés par 170 000 entreprises touristiques et de loisirs. En marge de son activité principale, l’ANCV mène des actions de solidarité à travers plusieurs programmes d’aide à la personne et de financement des infrastructures touristiques à vocation sociale.

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Source: ANCV

Le gouvernement espagnol a développé le programme Europe Senior Tourism pour accueillir en basse saison les Européens de plus de 55 ans dans trois de ses régions touristiques. Une partie du voyage est financée, ce qui permet aux seniors de profiter d’un tarif maximal de 360 euros pour un séjour de 8 jours en hôtel 4 étoiles incluant le transport, la demi-pension, des animations et une excursion.

Quant au gouvernement québécois, il compte à son actif quelques programmes de financement. Les plus récents sont consacrés aux associations nationales de loisir touristique et de plein air, regroupées au sein du Conseil québécois du loisir, et aux centres de vacances et camps familiaux rassemblés dans le Mouvement québécois des vacances familiales.

Une offre segmentée selon le type de clientèle

En France, les acteurs du tourisme social sont regroupés au sein de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air, et sont classés de la manière suivante:

  • villages vacances, ciblant les familles (VVF Villages, Vacances Bleues);
  • centres d’accueil de jeunes et/ou sportifs (FUAJ, UCPA);
  • centres de vacances pour enfants et adolescents (Ligue de l’enseignement);
  • classes de découverte (voyages scolaires);
  • séjours linguistiques (Thalassa);
  • voyages pour adultes à l’étranger (ARVEL, Croq’Nature).

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Source: VVF Villages

En 2010, ils ont généré un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros, impliqué 20 000 emplois directs annuels, 50 000 emplois saisonniers et accueilli 3,2 millions de personnes.

En Italie et en Croatie, il existe un réseau de 40 centres touristiques qui se sont adaptés à une clientèle ayant des besoins particuliers les empêchant souvent de profiter des offres touristiques «ordinaires». Ainsi, Village for all est accessible aux personnes en situation de handicap, mais aussi à celles ayant des allergies alimentaires ou environnementales, aux personnes âgées, aux patients dialysés, aux personnes en surpoids et aux familles avec des enfants en bas âge.

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 Source: Village for all

AL_tourisme_social_image3Au Québec, le Mouvement québécois des vacances familiales a lancé le Programme Vacances Familiales Accessibles, qui permet à des familles de bénéficier de réductions pour voyager. Plusieurs autres organismes sont engagés dans le tourisme social en ciblant une clientèle précise: l’Association des camps certifiés du Québec, Vélo Québec, Kéroul, la Fédération québécoise de la marche, la Fédération québécoise des centres communautaires de loisir, etc.

Des enjeux bien présents

Ces organismes font face à de nombreux enjeux qui compromettent leur pérennité, tels que le financement et la difficulté de valoriser leurs pratiques. Pour répondre à ces problématiques, le Conseil québécois du loisir a déposé des recommandations auprès du gouvernement, proposant la création d’un fonds d’investissement d’aide à la personne, aux infrastructures et aux petits établissements touristiques en région, ainsi que la mise en place de crédits d’impôt.

Enfin, les partenariats avec le secteur privé sont une avenue à considérer. Une entreprise touristique qui s’engage auprès d’un organisme de tourisme social peut élargir sa clientèle et dispose d’un moyen supplémentaire pour lutter contre la saisonnalité.

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Divertir les grands comme les petits!

Toucher la fourrure d’un renard, se prendre pour un pilote d’avion ou embarquer dans les plus hautes montagnes russes d’Amérique du Nord, les préférences en matière d’activités de loisirs changent avec l’âge. Une étude a été menée sur le sujet dans le cadre d’une enquête plus globale sur les vacances familiales. En voici un aperçu, suivi d’exemples de destinations hors Québec s’adressant à ce lucratif marché.

 

Chacun ses intérêts

Passer du temps ensemble, s’amuser et profiter d’une variété d’activités: voilà les trois priorités des familles en voyage. Elles veulent aussi vivre des expériences uniques et apprendre quelque chose de nouveau. C’est ce que révèle l’étude commandée par PGAV Destinations et réalisée par H2R Market Research auprès de familles américaines en 2012. Selon cette même étude:

• Pour les bambins de 4 ans et moins, il faut faire appel aux sens, privilégier des activités qui recourent aux textures – toucher la carapace d’une tortue, les plumes d’un oiseau –, à des couleurs vives et à des formes variées. Ils ont aussi besoin de bouger. Les zoos et les aquariums sont des attraits tout indiqués pour les tout-petits.

• Les enfants de 4 à 7 ans souhaitent expérimenter, participer de façon concrète. Il leur faut de l’interactivité – apprendre par des jeux, se déguiser, intégrer une autre époque, etc. À compter de 5 ans, l’étude démontre qu’une certaine variété s’impose.

• De 8 à 11 ans, ils commencent à mieux comprendre ce qui est abstrait, bien qu’ils désirent encore prendre part à ce qu’ils observent, par des activités interactives qui leur permettent de s’imaginer dans un autre monde.

• Les 12 à 17 ans recherchent les sensations fortes, le risque, l’intensité, par des manèges par exemple, mais aussi l’authenticité. Les sites historiques leur apparaissent désormais intéressants, puisqu’ils sont plus à l’aise avec la notion de temps.

Par ailleurs, en fonction de leur âge, les filles et les garçons ne recherchent pas les mêmes attributs dans une activité (voir le tableau 1).

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Pour cœurs d’enfants seulement…

Pour répondre aux attentes de tout ce petit (et moins petit) monde, les attraits conçus spécifiquement pour les enfants se développent et prennent de l’envergure. Les parcs thématiques se renouvellent, innovent et rivalisent avec des manèges spectaculaires ou encore par la reconstitution d’univers célèbres. Outre les parcs de Disney, pensons au Wizarding World of Harry Potter d’Universal Orlando, en Floride. Pour réussir ce projet et capter l’intérêt de la clientèle cible, soit les adolescents et les jeunes adultes, les concepteurs se devaient de respecter l’authenticité de l’œuvre. Un défi apparemment relevé, comme en témoigne la vidéo suivante.

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Les musées pour enfants, ayant une forte composante éducative, sont aussi en vogue. Conçu d’abord pour les enfants de 8 ans et moins, le National Children’s Museum, situé au Maryland, a pour vocation de leur faire connaître le monde des adultes à travers des jeux. On y apprend, par exemple, le fonctionnement d’une ville et le déroulement d’élections. Le musée compte depuis peu un espace réservé aux 3 ans et moins équipé de modules de jeu très colorés favorisant la motricité des tout-petits. Dans la même veine que le Musée pour Enfants de Laval mais d’une tout aut¬re ampleur, les onze centres KidZania proposent aux enfants des jeux de rôle dans une ville reconstituée à leur taille, où ils peuvent exercer une panoplie de professions avec un grand souci de réalisme. La vidéo est convaincante:

 

Les parcs aquatiques s’avèrent très attirants pour les escapades ou les vacances familiales. Le Great Wolf Lodge, chaîne de complexes aquatiques intérieurs, offre une variété d’activités pour tous les âges. Le site Web du parc situé à Niagara Falls, en Ontario, les regroupe même par catégorie d’âge (voir l’image ci-dessous).

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Source: Great Wolf Lodge

Chacun doit y trouver son compte

Il n’est toutefois pas nécessaire de créer des attraits de toutes pièces pour intéresser les enfants. Les bambins s’émerveillent devant une grenouille qui traverse un sentier ou en présence des nombreux stimuli de la ville, bien calés dans leur poussette. Les plus âgés apprécient la frénésie d’un festival urbain ou encore la descente d’une rivière en canot. Il s’agit néanmoins d’offrir des services et des formules qui tiennent comptent des besoins des familles, comme le font certains centres de villégiature. Le Jay Peak Resort l’a bien compris en ajoutant à son offre de montagne un parc aquatique et une patinoire de hockey intérieurs, un camp de vacances d’été pour les 6 à 14 ans, des services de gardiennage gratuits pour les bambins et des forfaits avantageux pour les séjours en famille.

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Source: Jay Peak Resort

Quand les enfants s’en mêlent

Selon l’étude réalisée par H2R Market Research, 70% des familles sondées affirment que les enfants participent, d’une façon ou d’une autre, à la planification des voyages (lire aussi: L’influence des enfants sur les décisions de voyage). Plus l’enfant vieillit, plus son influence grandit et son rôle s’active. Les anecdotes et histoires racontées par les amis constituent leur principale source d’inspiration et d’information. Les vacances de rêve vécues par les enfants et leur famille se transmettent donc de bouche à oreille, aussi petites soient-elles.

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10 tendances des voyages en famille

Il s’agit d’un marché très influent, particulièrement dans le cas des groupes multigénérationnels formés de grands-parents baby-boomers, de tantes de type PANK (lire aussi: Dévouées, sociables et influentes: faites connaissance avec les PANKs) ou encore d’ados et de jeunes adultes de la génération Y ou Z, tous expérimentés et exigeants en matière de voyages. Voici une compilation des tendances qui animent ce marché florissant.

 

1. Des bambins qui portent le voyage dans leur ADN

Les voyageurs avec poussette sont nombreux. Les congés parentaux généreux et le désir de vivre des expériences de découverte avec ses enfants favorisent les voyages avec des bébés. La tradition du voyage s’inculque très jeune, c’est pourquoi les enfants d’âge préscolaire sont la clé, si l’on veut créer des générations de voyageurs familiaux. Si les parents instaurent cette habitude chez leurs tout-petits, ces derniers afficheront moins de résistance à suivre la famille en vacances, lorsqu’ils seront ados. Ils attendront même avec hâte ces moments devenus tradition. Ces jeunes reproduiront probablement cette habitude avec leurs propres enfants; les entreprises touristiques ont donc tout intérêt à faciliter et à favoriser les séjours des familles avec bambins.

2. Des ados engagés

Les parents choisissent des activités qui plairont à leurs ados en les impliquant dans le processus de planification. Habiles à naviguer sur le Web et à consulter les médias sociaux, ces derniers s’approprient ainsi le projet de vacances familiales. Cette façon de procéder favorise la création de souvenirs plaisants et mémorables pour tous. Mentionnons que selon un sondage publié dans le rapport Teen Travel Trends 2012 du Family Travel Forum, le patrimoine et la culture sont cités par 31% des voyageurs adolescents comme la première motivation pour leurs voyages. De plus, environ 11% des adolescents qui voyagent veulent donner une dimension humanitaire à leur séjour.

3. Des vacances actives et saines

Les parents veulent voir leurs enfants sortir de la maison, s’activer. En réaction aux problèmes d’obésité et de sédentarité, et pour inciter chaque membre de la famille à mettre les écrans en veille, de plus en plus de parents prônent les activités physiques, le plein air et l’aventure.

Des menus de type «de la ferme à la table» et des collations à teneur réduite en gras sont demandés par les parents. Un sondage réalisé pour le compte de la National Restaurant Association auprès de 1 800 chefs indique qu’à l’avenir, ces derniers mettront davantage l’accent sur des offres culinaires nutritives. Les enfants sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à préférer les sushis aux croquettes de poulet.

4. Déconnecter pour se reconnecter

Les sondages le démontrent, l’objectif premier des vacances en famille consiste à passer du temps de qualité ensemble. Fuir la routine et le stress lié aux horaires du quotidien afin d’établir une connexion avec ses proches et avec le milieu environnant. Les familles cherchent à partager une expérience unique et authentique.

5. Apprentissage, authenticité et enrichissement

Que ce soit par la visite d’un musée, la découverte du patrimoine ou encore des ateliers de cuisine ou de couture, le partage de nouvelles connaissances entre les membres d’une même famille crée de riches expériences. Plus de parents souhaitent que les voyages en famille comportent des notions d’éducation et d’authenticité. Le tourisme d’apprentissage, ou expérientiel, jumelé à des activités d’aventure et de plein air, voilà un heureux mariage.

6. Volontariat

Plus de familles souhaitent redonner pendant leurs vacances. Certaines organisations offrent des semaines consacrées à des activités de volontariat. Par exemple, des hôtels proposent aux vacanciers de s’impliquer dans la communauté en offrant leurs services, même s’il ne s’agit que de quelques heures.

7. Séjour multigénérationnel et famille élargie: activités et hébergement pour tous

Le créneau des séjours multigénérationnels a pris la tête du marché familial. Selon une étude dont les résultats ont été diffusés lors de la Family Travel Conference de Dallas en novembre 2012, quelque 37% des grands-parents qui voyagent le font avec des petits-enfants. Les anniversaires ou autres occasions de célébration motivent fréquemment ces déplacements. Ce marché est composé de gens actifs souvent aisés, qui voyagent davantage que les touristes d’agrément en général. Les grands-parents souhaitent passer des moments privilégiés avec leurs proches, mais aussi profiter de la destination et de ses attraits. Les groupes multigénérationnels recherchent donc des lieux leur offrant une variété d’activités pouvant plaire à chacun des membres (lire aussi: Les voyages multigénérationnels: une tendance qui s’accentue).

Ces voyageurs exigent aussi de l’hébergement adapté. Les hôtels observent plus de demandes pour des chambres communicantes. Selon le Leisure Travel Monitor, un nombre croissant de voyageurs en réunion de famille séjournent dans des résidences de vacances louées ou privées.

8. Mobilité, Web et médias sociaux

Souvent chargées de l’organisation familiale en général, les mères sont aussi celles qui planifient les voyages. Ce sont de ferventes utilisatrices des téléphones intelligents (38% de plus que la moyenne américaine, selon l’étude American Media Mom menée en 2012) et, plus récemment, de la tablette (28% plus enclines que la moyenne). Elles communiquent des centaines de fois chaque semaine par clavardage, par courriel ainsi que par les médias sociaux. Elles demandent conseil aux autres mères sur des blogues spécialisés tels que Park City Mountain Resort Snow Mamas ou Hilton Mom Voyage.

Les enfants participent pour leur part à la recherche d’information, animent les médias sociaux et partagent des photos. Ils sont aussi très attirés par les jeux et les outils numériques qui leur permettent de découvrir la destination.

9. Les croisières en famille

Selon la Cruise Lines International Association, plus de 1,5 million d’enfants partent en croisière chaque année. Activités de bricolage et d’art interactif, jeux faisant appel à la technologie, suites familiales au design actuel et créatif dans de petits espaces, activités originales rejoignant grands-parents et petits-enfants: les compagnies de croisières rivalisent d’ingéniosité pour répondre à leurs besoins.

10. Respect de l’environnement

Les familles prennent de plus en plus conscience de l’importance de réduire leur empreinte écologique. Les enfants sont sensibilisés et n’hésitent pas à rappeler aux parents les petits gestes à adopter. Cette préoccupation est également présente pendant les voyages de ces familles, qui favorisent donc les hôtels et les destinations affichant clairement leur politique et leurs initiatives en développement durable, pour un comportement plus responsable.

Des consommateurs exigeants

Comme les familles voyagent plus que par le passé et dépensent des sommes importantes pour créer des moments uniques, elles développent une expertise et affinent leurs attentes d’un séjour à l’autre. Elles sont aussi très présentes sur les médias sociaux et réagissent aux offres touristiques qui s’adressent à elles. Saurez-vous leur orchestrer les moments mémorables auxquels elles aspirent?

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Tendances

Un concentré d’innovations et une dose de provocation

Lors du Gueuleton touristique du 14 mars dernier, Philippe Bourguignon a présenté plusieurs tendances qui ont une influence profonde sur le comportement des individus et donc sur l’industrie touristique.

Une carrière consacrée au tourisme

Conference_M.Bourguinon_image_1Philippe Bourguignon est un homme d’affaires français qui œuvre dans l’industrie touristique depuis près de 40 ans. Amorçant sa carrière internationale au sein du groupe Accor, où il a occupé plusieurs postes de direction, il accède ensuite à la tête d’Euro Disney puis du Club Méditerranée. Il est aujourd’hui partenaire de la compagnie américaine Revolution et préside la division Revolution Places, spécialisée dans les marchés du tourisme, de l’hôtellerie et de l’immobilier.

Les grandes évolutions qui façonneront le monde de demain

Le virage technologique amorcé il y a une cinquantaine d’années a apporté de nombreux changements de fond. Nous sommes passés d’une société:

  • de consommation à une société d’information;
  • de masse à une société de personnes;
  • normée à une société d’exclusion.

Nous vivons aujourd’hui dans une société de connexion.

Influence de ces changements sur les comportements des voyageurs

Ces évolutions ancrées vont changer la manière de travailler et de voyager. Depuis toujours, la partie gauche du cerveau (liée à la logique et à l’analytique) est la plus utilisée. Maintenant, les jeunes générations qui grandissent avec les nouvelles technologies font davantage fonctionner la partie droite (liée aux paradoxes, à l’intuition et à la liberté).

Des bouleversements s’opèrent dans le milieu du voyage. Lorsque l’individu partait en vacances il y a une trentaine d’années, c’était pour se reposer; maintenant, c’est pour déstresser. «La fatigue vous prend un peu de vos capacités physiques, le stress vous vole tout: votre créativité, votre intellect, vos idées, vos émotions, vos passions». M. Bourguignon voit dans ce phénomène un grand potentiel pour l’«anti-resort», dans lequel sa compagnie a investi (voir les exemples plus bas dans le texte).

Quatre changements importants sont constatés dans le comportement des voyageurs:

  • ils veulent des produits authentiques, une relation intime avec ce qu’ils achètent ou consomment, ou avec l’expérience qu’ils vivent;
  • ils voyagent en tribu (lire aussi: Les voyages multigénérationnels: une tendance qui s’accentue);
  • ils adoptent un comportement individuel et veulent se redécouvrir eux-mêmes. M. Bourguignon parle d’«égologie» pour caractériser ce comportement;
  • ils retournent vers la nature.

La difficulté de l’industrie touristique à s’adapter à ces évolutions

Selon l’homme d’affaires, l’offre touristique ne correspond plus aux besoins des voyageurs. Il regrette que les hôteliers conçoivent un établissement en pensant non pas au client, mais plutôt aux économies du concept architectural. Le modèle standardisé adopté par de nombreuses entreprises pour faciliter l’expansion de leur marque ne séduit plus, en raison d’une incompatibilité avec une offre personnalisée. Résultat: les clients ont tendance à être moins loyaux, car ils ne veulent pas voir les mêmes chambres ou la même nourriture partout. Ainsi, à l’exception des produits de niche, l’offre ne répond plus aux motivations des voyageurs, car:

  • elle ne ressemble pas à la culture locale;
  • elle est artificielle;
  • elle n’est pas unique.

Un exemple d’échec attribuable à un manque de connaissance des besoins de la clientèle est le Club Med World, implanté à Paris et à Montréal en 2001 et fermé en 2003. L’entreprise voulait réinventer la boîte de nuit en ville, mais la formule, trop similaire à celle des villages Club Med, n’a pas séduit.

Revolution Places surfe sur les tendances et dérange

La division Revolution Places crée des activités «provocatrices», représentant une menace pour les acteurs établis sur les marchés visés. Elle investit dans des modèles d’affaires radicalement différents, que les grandes entreprises ont plus de difficultés à lancer en raison du risque de cannibalisation de leurs activités principales. Elle mise sur les valeurs suivantes: liberté, créativité, générosité, connectivité, amusement, nature, inspiration, découverte, redécouverte, vitalité, respect, équilibre, pratique. Voici quelques exemples de ses start-up, selon la tendance dont elles découlent:

  • Autopartage:

Zipcar, la plus grande société d’autopartage des États-Unis, a lancé le mouvement dans le pays. Elle est aujourd’hui présente au Canada, en Espagne, au Royaume-Uni et sur de nombreux campus américains.

  • Santé et bien-être:

Le Miraval Resort & Spa en Arizona est, selon M. Bourguignon, le parfait exemple de l’«anti-resort», même s’il offre des formules tout compris. Ce complexe hôtelier de luxe mise sur le bien-être et a pour vocation «d’ouvrir les yeux, les esprits et les cœurs». Autrement dit, sa mission est d’aider les clients à réapprendre à vivre normalement, à se redécouvrir et à découvrir les autres.

  • Marketing prédictif:

L’application Hunch est l’aboutissement ultime du marketing prédictif, qui consiste à anticiper les comportements des consommateurs. L’utilisateur, après avoir répondu à diverses questions sur ses goûts, ses valeurs, ses intérêts et sa personnalité, reçoit un «Taste Graph» de recommandations personnalisées et d’activités à proximité (restaurants, films, événements, etc.).

 

  • Le luxe formalisé tend à disparaître:

Selon M. Bourguignon, «le luxe, c’est d’apporter au client ce qui est bon pour lui». La perception du luxe est alors propre à chaque individu. Il ajoute que le luxe n’est plus «bling-bling»: «le luxe, c’est que vous décidiez quand la femme de chambre nettoie votre chambre, […] c’est d’avoir un chef privé dans votre résidence quand le menu du restaurant collectif ne vous convient pas». Ces préceptes sont respectés à la lettre par ses deux entreprises spécialisées dans les voyages de luxe. Leurs offres sont réservées aux membres, favorisent les voyages en famille et fournissent un service VIP:

Exclusive Resort regroupe un large choix de résidences à travers le monde et offre le service d’un concierge pour l’organisation du voyage, ainsi que la participation à des activités VIP et à des événements privés. Un Exclusive Ambassador s’assure du bon déroulement du séjour.

Portico, créé il y a un an, rassemble une collection de résidences privées de luxe. Après avoir défrayé l’inscription de 5000 $ US la première année, les membres de ce club économisent en moyenne 350 $ US par nuitée.

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  Source: Portico Club

 Afin de clore sa présentation, M. Bourguignon a cité un extrait d’une lettre écrite en 1858 par Gustave Flaubert, un écrivain français, qui résume selon lui ce que sont les vacances et le voyage aujourd’hui:

«Voyager, quitter tout, imiter les oiseaux, c’est une tristesse de la civilisation que d’habiter dans des maisons. Je crois que nous sommes faits pour nous endormir sur le dos en regardant les étoiles. Dans quelques années, par le déploiement de la locomotion, l’humanité va revenir à son état nomade. On voyagera d’un bout à l’autre comme on faisait autrefois, cela remettra du calme dans les esprits et de l’air dans les poumons».

 

Source:

– Bourguignon, Philippe. «Réflexions et leçons de vie d’un gourou international du tourisme: nouveaux modèles et disruption», Gueuleton touristique de la Chaire de tourisme Transat ESG UQAM, 14 mars 2013.

Extraits vidéo:

– Partie 1 – Introduction et histoire du tourisme

– Partie 2 – Tendances et comportements

– Partie 3 – Comment le tourisme s’adapte ou non à ces tendances

– Partie 4 – Initiatives de Revolution

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Segments de clientèles

Dévouées, sociables et influentes: faites connaissance avec les PANKs

La PANK nord-américaine dépense largement pour l’enfant chéri

Après les Yuppies (Young Urban Professionals) et les DINKYs (Dual Income, No Kids Yet), saluons l’arrivée des PANKs (Professional Aunt, No Kids) dans l’univers de la consommation et du marketing. Comme leur nom l’indique, sans en avoir elles-mêmes, ces femmes entretiennent une relation particulière avec un enfant, que ce soit par parenté ou autre. Elles sont tantes, cousines, marraines, voisines ou amies de la famille. Dans les faits, une Nord-Américaine sur cinq appartient à cette catégorie de femmes, soit environ 23 millions de personnes, selon une récente étude conjointe de KRC Research et de la firme de relations publiques Weber Shandwick. Les PANKs dépensent neuf milliards de dollars américains par année, soit près de 400 USD en moyenne chacune pour leurs neveux, nièces ou tout autre enfant avec qui elles maintiennent un lien affectif important; elles méritent donc toute notre attention!

Quelques caractéristiques de la PANK moderne

L’enquête de KRC Research, réalisée auprès de 2000 femmes a permis de circonscrire certains traits communs aux PANKs, qui nous donnent la possibilité de mieux saisir leur importance. En voici quelques-uns:

1. Profil sociodémographique

  • Elles sont relativement jeunes: 36 ans en moyenne, et 56% ont moins de 35 ans;
  • Elles sont célibataires et n’ont jamais été mariées (52%);
  • Elles sont urbaines (34%) ou banlieusardes (49%);
  • Elles ont un bon pouvoir d’achat et un revenu discrétionnaire alléchant;
  • Elles dépensent plus que la moyenne pour offrir des cadeaux aux enfants qui sont importants dans leur vie.

2. Influentes. Les PANKs exercent un ascendant et influencent les décisions d’achat tant des enfants que de leurs parents. Environ les deux tiers des PANKs (67%) mentionnent que leurs amis recherchent leurs conseils sur un large éventail de sujets et les consultent avant d’effectuer leurs achats. Cette proportion est plus élevée que chez les femmes en général (60%). Elles recommandent facilement des produits ou des services par l’intermédiaire des réseaux sociaux.CN_PANK_Image1

3. Bien branchées et adeptes des médias sociaux. Ces femmes comptent plusieurs amies de différents horizons – âges, revenus et styles de vie – dans leur cercle rapproché, avec qui elles échangent abondamment sur les médias sociaux (13,4 heures par semaine). Elles se servent également de ces plateformes (voir le graphique 1) pour rester en contact avec les enfants qui font partie de leur vie.

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4. Actives dans le partage de l’information. Elles le font pour une vaste gamme de produits et services, dont les vacances et les voyages (77%).

5. Avisées. Les PANKs ne prennent pas leurs décisions d’achat à la légère. Elles se basent sur des avis et des recommandations (59%) provenant de sites Web de commentaires, mais aussi de leurs connaissances par l’intermédiaire des médias sociaux, en personne, par téléphone ou par courriel. D’ailleurs, leur famille et leur cercle d’amis intimes constituent les sources d’information les plus influentes. Les PANKs sont également plus réceptives que les femmes en général à l’opinion d’experts, de journalistes et de blogueurs (voir le graphique 2).

 CN_PANK_Graphique2

6. Engagées dans leur communauté. Les PANKs sont beaucoup plus susceptibles que la moyenne des femmes de s’impliquer dans les services à leur communauté, d’effectuer du travail philanthropique ou des activités bénévoles.

Et le tourisme, dans tout ça?

Près de la moitié des PANKs interrogées dans l’enquête ont mentionné aimer voyager avec les enfants qui font partie de leur vie, car il s’agit là d’une occasion pour elles d’enrichir le lien qu’elles entretiennent avec eux. Certains produits semblent mieux adaptés à cette catégorie de voyageuses; par exemple, les croisières et les séjours multigénérationnels (lire aussi: Les voyages multigénérationnels: une tendance qui s’accentue), qui incluent des activités et des services que les adultes et les enfants peuvent apprécier ensemble: parc d’attraction, zoo, musée interactif (lire aussi: Quand les musées font la cour aux familles), centre de villégiature ou de plein air, sports aquatiques, etc. La création d’offres promotionnelles incluant un tarif «un adulte, un enfant» plutôt que le traditionnel «deux adultes, deux enfants» pourrait certainement attirer les PANKs.

Nous l’avons vu, ces femmes sont très à l’aise avec la technologie numérique. Elles sont présentes sur les médias sociaux, recherchent des commentaires en ligne, «aiment» les pages d’entreprises, lisent des blogues, regardent des vidéos. Elles font confiance aux recommandations en ligne plus qu’à leur propre intuition. Il importe donc qu’un contenu particulier soit créé pour ces plateformes sociales, où leur relation privilégiée avec les enfants serait mise en évidence; les PANKs sont en effet très fières de leur engagement auprès d’un jeune. De plus, il serait intéressant de solliciter leur fibre communautaire en mettant de l’avant les actions de responsabilité sociale des entreprises, pour ainsi construire leur réputation auprès de cette importante clientèle.

 

Sources:

– Godwin, Nadine. «The PANK market a promising one in multigenerational travel», Travel Weekly, 8 janvier 2013.

– Weber Shandwick et KRC Research. «The Power of the PANK», janvier 2013.

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Produits et activités

Dans une géocache près de chez vous

Le géocaching est une avenue originale pour faire découvrir un territoire et de plus en plus de régions s’y prennent au jeu. Avec l’essor des appareils mobiles intelligents, cette activité devient soudainement très accessible. Si vous cherchez une façon d’innover en matière d’offre touristique avec un budget restreint, le géocaching, dont le potentiel en encore très peu exploité, pourrait bien vous intéresser, ainsi que votre clientèle.

L’activité consiste à trouver une cache, c’est-à-dire une boîte où l’on retrouve quelques objets et un carnet pour y noter qui l’a trouvée et à quelle date, à l’aide du géopositionnement par satellite. Pour une définition détaillée, référez-vous à l’association Géocaching Québec ou visionnez cette vidéo :

 

Le géocaching, beaucoup plus accessible qu’avant

Il y a près de deux millions de caches actives dans le monde et plus de cinq millions de géocacheurs. Jusqu’à récemment réservée aux individus détenant un GPS, l’activité est maintenant possible pour quiconque possède un appareil mobile intelligent et un accès Internet. L’application, suffisamment sophistiquée pour qu’un tutoriel soit requis, permet d’accéder à toute la base de données et d’être guidé durant la chasse aux caches. De plus, elle favorise le partage avec la communauté des géocacheurs ainsi que sur les réseaux sociaux!

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Source: Geocaching.com

Les façons de jouer et de se déplacer sont multiples, de même que les types de caches et les niveaux de complexité. Certains adeptes parcourent le monde pour relever des défis particuliers. Il existe même des caches sous-marines! À une échelle plus modeste, il est toujours possible de partir dans une chasse au trésor facile d’accès, près d’où l’on se trouve, que ce soit la ville ou la campagne.

Le géocaching s’adresse autant aux explorateurs chevronnés qu’aux néophytes, aux urbains et aux amateurs de plein air, aux familles, aux couples, aux groupes scolaires ou corporatifs. Il peut aussi constituer une activité de team building intéressante.

Des destinations qui progressent boussole en main

Comme le mentionnent Blandine Giambiasi et Véronique Seel dans la revue Espaces d’août 2012, les acteurs touristiques réagissent de trois façons différentes:

  • ils l’ignorent ou subissent le phénomène;
  • ils l’intègrent dans leur offre et diffusent l’information;
  • ils s’approprient le concept et le mettent au cœur de leur positionnement.

Le géocaching ne génère pas de revenus directs, ce qui peut être un motif pour ne pas s‘y intéresser. Toutefois, il ne nécessite pas non plus d’investissements en infrastructure –sinon que de petites sommes pour l’entretien des caches. Les destinations qui décident d’investir dans cette activité sont susceptibles de mieux desservir les clientèles traditionnelles, particulièrement les familles, de faire découvrir leur territoire de façon originale et d’attirer des voyageurs qui ne seraient autrement pas venus. L’association internationale peut même vous assister dans l’élaboration d’un «géotour»!

Haute-Bretagne

Le comité départemental de Haute-Bretagne Ille-et-Vilaine a réellement misé sur le géocaching pour animer sa destination en créant un site Web et en offrant le prêt ou la location de GPS et l’ajout d’objets spéciaux dans les caches. Caroline Pionnier explique dans la revue Espaces: «le but (…) est de réorganiser les flux touristiques toute l’année et de faire des habitants de véritables ambassadeurs de la destination». Lancée en 2009, ce n’est qu’en 2011 qu’une stratégie de communication s’est rattachée à l’activité. Le slogan «Les aventures dont vous êtes le héros» se décline par le biais de divers outils promotionnels et le comité fait également appel aux codes QR, à Facebook et à Twitter. Plusieurs gîtes touristiques sont maintenant partenaires, ou plutôt ambassadeurs du géocaching dans la région.

Perthshire

La région de Perthshire est la capitale écossaise du géocaching, avec plus de 1000 caches. En 2010, l’événement «The Mega Scotland Geocaching Event» a attiré plus de 1500 adeptes et a entraîné des revenus d’environ 300 000 euros pour la communauté locale. Le Perth & Kinross Countryside Trust offre aux entreprises touristiques des ateliers de développement de forfaits géocaching.

Aisne

Toujours dans la revue Espaces, Mathieu Baudoux partage l’expérience du département de l’Aisne dans la région de la Picardie au nord de la France. La prémisse de départ est de «…laisser des occasions aux internautes de partager, de s’exprimer, voire de contribuer à l’offre touristique…» dans cette ère du Web 2.0. C’est dans cet esprit que les acteurs de l’Aisne ont investi dans le géocaching et ont profité de la notoriété de l’activité. Les emplacements des caches visent à valoriser des circuits de randonnée; les coordonnées du «trésor» sont dévoilées au fur et à mesure du parcours. M. Baudoux qualifie la démarche de «gratifiante, facilement mesurable et peu coûteuse».

North Wales Borderlands

L’organisme responsable de la promotion de cette destination a installé dix caches sur les lieux des attractions touristiques populaires. Les participants qui trouvent toutes les caches ont la chance de gagner un week-end d’escapade. Une campagne numérique met en valeur cette offre et inclut cette sympathique vidéo:

Au Québec

Tourisme Mauricie a fait l’exercice d’identifier les géocaches les plus intéressantes sur son territoire et les partage par le biais de son blogue. De son côté, la station de ski Stoneham dans la région de Québec dédie une page de son site Web au géocaching disponible dans les environs.

Depuis avril 2012, un rallye permet de découvrir le Vieux-Québec autrement, à l’aide d’un GPS. L’activité inspirée du géocaching offrait un circuit spécial pour le temps des Fêtes 2012-2013, et propose aussi des forfaits corporatifs et scolaires.

Il y a assurément des caches dans votre région. Les connaissez-vous? Les mettez-vous en valeur?

 

Sources:

– Giambiasi, Blandine et Seel, Véronique. «Le jeu est une affaire sérieuse». Espaces, juillet-août, 2012.

– Baudoux, Mathieu. «Le geocaching, levier de développement de la randonnée dans l’Aisne», Espaces, juillet-août, 2012.

– Pionnier, Caroline. «Le geocaching, support de découverte de la Haute-Bretagne», Espaces, juillet-août 2012.

Sites Web:

– Geocaching

– Association Géocaching Québec