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Tendances

Innover ou disparaître – partie 1

La Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, en collaboration avec Tourisme Montréal, dévoilait le 17 janvier 2018, huit façons de bousculer les modèles d’affaires en tourisme. Les conférenciers, Paul Arseneault et Pierre Bellerose, ont partagé les meilleures initiatives entrepreneuriales et le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises touristiques à innover.

 

 

 

L’innovation en quelques mots

Innover est essentiel, mais comment faire ? De prime abord, les entreprises doivent saisir que l’innovation ne survient que s’il y a de la place à la spontanéité et de l’ouverture d’esprit. En même temps, elle n’arrive pas par hasard ; elle se planifie en figurant dans le plan stratégique de l’entreprise. Il ne faut plus la percevoir dans un processus linéaire menant du point A au point B, mais plutôt accepter de tourner en rond, de se tromper. Son succès passe par une excellente compréhension des besoins du visiteur.

L’innovation se décline sur trois niveaux :

  1. Intraorganisationnel ;
  2. Relation organisation — visiteur ;
  3. Relation visiteur — territoire.

Certes, innover n’est pas une tâche facile et de nombreux mythes peuvent freiner l’envie de plusieurs de se lancer dans cette aventure.

Voici 4 façons de bousculer les modèles d’affaires en tourisme. La suite se trouvera dans la partie 2 de ce compte rendu.

1- La toile est morte, vive la donnée !

Le tourisme se trouve dans un contexte de changement, notamment sur les plans économique, démographique, environnemental et sociologique. À travers ces chambardements, six révolutions technologiques se développent pour la première fois sur une même période :

  • Internet;
  • Réseaux sociaux;
  • Mobilité;
  • Économie collaborative;
  • Robots;
  • Intelligence artificielle.

Grâce à ces technologies, la collecte de données augmente de façon exponentielle. Les algorithmes et l’intelligence artificielle viennent ensuite modéliser ces données pour les rendre compréhensibles, non sans soulever certains problèmes éthiques.

Cette modélisation des données permet d’accélérer la prise de décision, d’optimiser les processus, d’augmenter l’efficacité et de mieux connaitre les tendances du marché. En tourisme, cela comporte de nombreux avantages. Il est possible de mesurer, de comprendre et de prévoir les flux touristiques, de mieux gérer la relation client et d’améliorer l’expérience en ligne.

Les algorithmes et l’intelligence artificielle incitent les destinations à changer leur approche qui devient plus centrée sur le touriste et ses intérêts. En ce sens, la plateforme de gestion des données est un outil intéressant permettant de recueillir, de segmenter, d’analyser et de déployer un vaste ensemble de données. Pensons à la station de ski Val Thorens qui a innové en créant sa stratégie de destination autour de la gestion des données et de la relation client. L’organisation s’est démarquée par son leadership transformateur, sa patience et son courage. Pour sa part, Tourisme Montréal a créé un nouvel écosystème numérique pour accompagner le visiteur le long de son parcours Web. Ce projet a été mis en place grâce à une plateforme de gestion des données (Data Management Platform) qui permet de recueillir, de segmenter, d’analyser et de déployer un vaste ensemble de données d’audience à partir de plusieurs sources. Tourisme Montréal a donc pu évaluer le cycle du voyageur pour mieux prédire ses actions et lui proposer par la suite des expériences bonifiées.

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Source : Tourisme Montréal et Val Thorens

2- Intégrer l’agilité des start-ups

Les start-ups possèdent une agilité que plusieurs entreprises touristiques ont perdu de vue. Développer une collaboration avec elles ou les intégrer au sein même d’une organisation constitue un avantage. Elles amènent une nouvelle conception de la mise en tourisme et du développement territorial. Pour que cette intégration soit réussie, il faut que cela soit fait dans un écosystème qui permet d’avoir du temps, des lieux de rencontre ainsi que des besoins et des enjeux bien identifiés.

Plusieurs incubateurs touristiques supportent l’innovation et les start-ups. Ils deviennent ainsi de nouveaux acteurs de l’expérimentation. Les innovations qui en ressortent auront un rayonnement pour tous les acteurs impliqués. Depuis 2017, Montréal accueille le premier incubateur d’innovations en tourisme, culture et divertissement en Amérique du Nord : le MT Lab. Avec ses partenaires, l’incubateur accompagnera les start-ups motivées à valider leur modèle d’affaires et à la mise en marché de leur produit ou service.

Certaines entreprises touristiques ont aussi pris le pari de servir d’incubateur à l’innovation. Marriott, avec son programme d’accélération de start-ups TestBed, donne l’occasion aux jeunes entreprises de tester leurs produits dans un hôtel de la chaîne (voir la vidéo ci-dessous). La compagnie ferroviaire française SNCF a décidé d’aller plus loin en structurant la façon de collaborer avec les start-ups. Avec ses nombreuses associations et sa foultitude d’actions innovantes, SNCF est devenu un acteur majeur dans l’industrie du transport et du tourisme. Misterfly a intégré directement l’agilité des start-ups dans l’ADN de son entreprise. Pour leur part, Alliance Biz Travel est un regroupement de start-ups qui présente une gamme de services complémentaires aux voyageurs d’affaires mais où chacune conserve son autonomie et son agilité. 

3- L’intégration de l’intelligence artificielle

Dans les prochaines années, l’intelligence artificielle (IA) aura un impact important dans la société. Cette technologie imite l’intelligence humaine à l’aide de procédés informatiques. Elle extrait une information et en déduit une décision, grâce à un apprentissage automatique qui tente de modéliser des données. Les applications inspirées de l’intelligence artificielle auront d’importantes conséquences sociales.

L’un des secteurs du tourisme qui sera grandement affecté par l’IA est celui de l’assistance personnalisée. Cette dernière consolidera de manière intelligente les diverses interfaces numériques avec le touriste : outil de recommandations pour améliorer l’engagement des clients, traduction instantanée, robotisation, chatbots. Ces derniers sont réellement performants s’ils sont capables d’apprendre, soit de modifier les décisions avec l’intégration de nouvelles données. Dans le domaine de l’intelligence artificielle, cette notion d’apprentissage fait toute la différence en ce qui a trait à la performance du service.

À titre d’exemple, VisitOrlando a créé une application mobile basée sur l’intelligence artificielle et la réalité augmentée. L’objectif de la destination est d’aider les visiteurs à maximiser leurs vacances d’une manière significative. L’application permet, entres autres, de recevoir des réponses selon plusieurs facteurs spécifiques comme la météo, les lieux ou les intérêts de l’utilisateur.

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Source : VisitOrlando

L’application Lola intègre l’intelligence artificielle dans son offre de réservations de voyages d’affaires. Il s’agit d’un service de conciergerie personnalisée qui combine agents de voyages et intelligence artificielle, ce qui permet de recueillir des données et de développer progressivement un profil de client détaillé.

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 Source : Lola

4- La réintermédiation

Une nouvelle forme d’intermédiation du voyage prend son essor avec le numérique. Dans son état actuel, la vente ne peut plus survivre en «  silos  » et les collaborations sont devenues vitales. Conséquemment, de nouvelles formes de mise en relation entre les voyageurs et les prestataires touristiques apparaissent, encourageant davantage les entreprises traditionnelles et locales.

Evaneos est un exemple d’un nouveau type d’intermédiaire qui a fait son apparition dans l’univers de la distribution. Il s’agit d’une plateforme qui met en relation les voyageurs et les agences réceptives locales. Leur concept valorise l’expertise d’agents locaux auprès d’un public outre-mer et les retombées sont beaucoup plus avantageuses pour les milieux visités.

Grâce au ciblage comportemental, iAdvize repère les clients qui semblent hésiter et auraient besoin de conseils. Ces internautes sont alors conseillés en temps réel par d’autres clients ambassadeurs et non pas par des vendeurs de la marque.

Busbud a développé une plateforme de réservations en ligne de transport en autobus. Il s’agit du plus grand réseau de transporteurs et de la plus grande base de données d’horaires de bus au monde.

 

Retrouvez l’ensemble des éléments abordés en consultant la présentation complète ou en visionnant la vidéo de la conférence.

Consultez la deuxième partie du compte-rendu de la conférence Innover ou disparaître, partie 2

 

Source de l’image à la une : Réseau de veille en tourisme

 

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Segments de clientèles

Portrait des passagers de croisières internationales au Québec

Selon l’Association des croisières du Saint-Laurent (ACSL), 28 navires de croisières internationales ont sillonné le fleuve Saint-Laurent en 2016. Les ports d’escale ont accueilli 252 000 passagers et 97 000 membres d’équipage. Il existe trois types d’itinéraires de croisières internationales au Québec :

  • Les trajets aller simple, qui commencent dans un port et finissent dans un autre. Chaque passager génère une visite individuelle dans chacun des ports ;
  • Les trajets aller-retour, qui débutent et s’achèvent dans le même port. Chaque passager visite deux fois le port d’attache, mais les statistiques ne comptabilisent cette visite qu’une fois ;
  • Les trajets au départ et à l’arrivée hors de la province (provinces de l’Atlantique ou Nouvelle-Angleterre), qui comprennent une ou plusieurs escales dans les ports québécois.

Profil des passagers

 Le ministère du Tourisme du Québec a effectué un sondage d’août à octobre 2016 auprès de 2507 croisiéristes (passagers et membres d’équipage) voyageant à bord des navires de croisières internationales qui ont visité un ou plusieurs des neuf ports québécois. Près de neuf répondants sur dix (87 %) sont des passagers, le reste regroupe les membres d’équipage. Parmi les passagers, 71 % ont été interceptés dans les ports de Québec, Montréal et Saguenay. Voici quelques faits saillants de leur profil :

  • La moitié (51 %) d’entre eux sont originaires des États-Unis, principalement de la Californie et de la Floride, et le quart (24 %) sont des Européens (avant tout des Allemands et des Anglais);
  • Les Québécois et les Canadiens des autres provinces représentent chacun 7 % de l’échantillonnage;
  • L’âge moyen des passagers est de 64 ans et seulement 18 % sont âgés de moins de 55 ans;
  • Pour un peu plus de huit passagers sur dix (82 %), leur croisière fut leur seule visite au Québec depuis les trois dernières années. Néanmoins, près du tiers (31 %) a l’intention d’y revenir au cours des trois prochaines années.

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 Source : © Québec Original/Steve Deschênes

Comportement de voyage des passagers avant et après la croisière

Au Québec, près de la moitié des passagers sont en situation d’embarquement (46 %) ou de débarquement (48 %) dans les ports de Montréal (56 %) ou de Québec (38 %). Le reste effectue uniquement des visites en escale. Lors des croisières débutant ou finissant dans un port québécois, les passagers séjournent plus longtemps dans la destination avant le départ qu’au retour (voir le tableau 1). Les établissements hôteliers, les motels et les auberges sont le principal mode d’hébergement des passagers, alors qu’une faible proportion fait le choix de dormir sur le navire (8 % à l’aller, 15 % au retour).Comportement-passagers-croisieres-quebec

Comportement des croisiéristes pendant les escales

Plus du tiers (37 %) des croisiéristes ont effectué au moins une excursion dans le cadre d’un forfait (voir le tableau 2). La participation des passagers est beaucoup plus élevée (40 %) que celle des membres d’équipage (10 %).

Plus du tiers (37 %) des croisiéristes ont effectué au moins une excursion dans le cadre d’un forfait

En extrapolant ces statistiques avec les données officielles de fréquentation de l’ACSL, on peut supposer que près de 140 000 passagers et 9700 membres d’équipage ont participé à un ou plusieurs forfaits d’excursion en 2016. Plus de la moitié des passagers se procurent un forfait auprès de la compagnie de croisière, qu’il soit vendu à bord ou compris dans le prix.

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Parmi les croisiéristes ayant participé à des forfaits d’excursion, près d’un sur deux ont effectué un tour de ville (en bus, à pied, etc.) ou une visite de secteurs touristiques (voir le tableau 3), soit le type d’excursion le plus populaire. Les sites naturels et les parcs sont aussi plébiscités par cette clientèle, mais dans une moindre mesure.

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Le manque de temps (30 %) et d’intérêt (21 %) sont les principales raisons évoquées par les croisiéristes qui n’ont pas participé à des forfaits d’excursion. Mais soulignons qu’un passager sur cinq a réalisé des activités de manière autonome et 15 % ont préféré d’autres types d’activités que les excursions proposées.

Facteurs d’influence et mode de réservation

Plus de la moitié des passagers (56 %) ont choisi de faire une croisière au Québec en raison de la destination et des escales. La période de l’année et le navire influencent aussi leur choix, mais dans une plus faible proportion (respectivement 12 % et 10 %).

Plus de la moitié des passagers ont choisi de faire une croisière au Québec en raison de la destination et des escales

Les passagers ont réservé leur croisière majoritairement par l’intermédiaire d’un agent de voyages (voir le tableau 4). Un quart d’entre eux ont utilisé les canaux en ligne, principalement les sites Web des compagnies de croisières.

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 Dépenses des passagers au Québec

Les passagers ont dépensé en moyenne 299,75 $ au Québec en 2016, soit une augmentation de 26 % depuis 2012. Outre les nuitées additionnelles qui représentent 53 % du budget des passagers, les postes de dépenses les plus

Les passagers ont dépensé en moyenne 299,75 $ au Québec en 2016, soit une augmentation de 26 % depuis 2012

importants sont l’hébergement (la nuit avant le départ), la restauration et le magasinage. Quant aux membres d’équipage, leur budget est principalement consacré aux repas au restaurant.

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Impact économique des croisières sur le Saint-Laurent

Selon une étude menée par Business Research and Economic Advisors pour le compte de la CLIA région Canada et nord-ouest des États-Unis, les croisières internationales au Québec ont généré des dépenses directes de 221,6 millions de dollars canadiens en 2016. Elles proviennent des compagnies de croisières (58 %), des passagers (41 %) et des membres d’équipage (1 %). La plus forte croissance est celle des dépenses des passagers, qui ont augmenté de 102 % depuis 2012. Pour le secteur de l’hébergement et de la restauration, cela représente 57,9 millions de dollars de dépenses directes et 1322 emplois. En ajoutant les dépenses indirectes, l’impact économique total est de 501 millions de dollars, soit une augmentation de 76 % depuis 2012 (voir l’infographie ci-dessous).

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 Source : Association des croisières du Saint-Laurent

Enjeux de l’accueil et du financement

Malgré l’impact économique important des croisières internationales, le financement des opérations et de la main-d’œuvre est un enjeu pour les organisations d’accueil dans les escales québécoises. L’arrivée prochaine de la Stratégie d’accueil du ministère du Tourisme changera probablement la donne, comme l’espère le directeur général de l’ACSL, René Trépanier.

Concernant l’enjeu de l’accueil, son association a déjà entrepris des démarches pour créer une accréditation « Welcome cruise passenger » pour les escales qu’elle souhaite étendre à l’ensemble de la région Canada/Nouvelle-Angleterre. Cela servira sans doute à atteindre l’objectif que s’est fixé l’Alliance Cruise Canada New England de positionner la région parmi les meilleures destinations au monde quant à la satisfaction des passagers de croisières. Selon le sondage du Ministère, l’accueil des résidents est le principal facteur de satisfaction des croisiéristes au Québec.

 

Source de l’image à la une : © Québec Original/Marc Loiselle

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Gestion

Bénéfices et facteurs de succès d’une campagne de sociofinancement

En 2015, une moyenne de 24 nouveaux projets par jour a fait l’objet d’une campagne de sociofinancement au pays, selon des données diffusées par le Fonds des médias du Canada. Le financement moyen par projet s’est chiffré à 20 140 $ et 20 % ont réussi à atteindre ou dépasser leur cible. Bien que cette méthode de financement ne soit pas garante de succès, plusieurs avantages justifient l’usage d’une telle démarche.

 

Bénéfices

Obtenir du financement constitue le bénéfice le plus flagrant d’une campagne de sociofinancement, mais saviez-vous que d’autres avantages découlent d’une telle démarche? En voici trois :

  1. Validation du produit ou service 

Avant même qu’il soit mis en marché ou créé dans sa totalité, il est possible de valider la pertinence d’un produit ou d’un service, ainsi que diverses composantes d’un concept. En ligne, le public accède à une description détaillée généralement accompagnée de photos et d’une vidéo explicative. Tous ces éléments fournissent de la matière pour juger le projet avant qu’il ne se développe davantage. C’est donc le moment d’accueillir les critiques, les rétroactions et les idées qui parfois contribuent à raffiner la version originale.

  1. Validation du marché 

Une campagne de sociofinancement permet de saisir l’intérêt du public envers son projet, de confirmer sa clientèle cible, d’identifier des ambassadeurs de la marque et des alliés du projet. Dans certains cas, la campagne sera le moment d’effectuer une prévente d’un produit ou service et de valider le prix auquel il sera vendu. On réduit ainsi le risque financier associé à son développement intégral.

  1. Marketing et Branding 

Élaborer un bon plan de marketing est essentiel au succès d’une campagne. En effet, ce n’est pas tout d’afficher un projet sur une plateforme de sociofinancement, il faut ensuite le faire rayonner et cela demande beaucoup d’efforts. Toutefois, ces actions contribuent à maintenir, voire faire croître la notoriété de la marque, à développer une communauté autour de celle-ci, à promouvoir le projet auprès de clients potentiels sur divers canaux, à établir une relation avec des ambassadeurs et même à rejoindre un public dont vous ignoriez l’existence.

8 facteurs de succès 

Vous êtes convaincus des bénéfices que vous obtiendrez en effectuant une campagne de sociofinancement et c’est maintenant l’occasion de vous lancer? Voici huit facteurs de succès pour augmenter vos chances d’atteindre votre objectif.

  1. Choisir la bonne plateforme : est-ce que votre projet a une portée mondiale ou locale? Désirez-vous exécuter une campagne en français, en anglais ou les deux? Préférez-vous une plateforme spécialisée dans un secteur d’activité ou plus générale? Parce qu’il en existe plusieurs, il faut prendre le temps de les examiner et de se familiariser avec leurs avantages, leurs coûts et leur performance. N’hésitez pas à consulter le répertoire du Fonds des médias du Canada afin de connaître les plateformes accessibles aux Canadiens.

    importance de bien connaître les plateformes accessibles

    Source : Kickstarter.com

  2.  Établir un objectif de financement réaliste : il vaut mieux déterminer une somme conservatrice et la dépasser que de donner l’impression de voir trop grand. N’oubliez pas que les fonds demandés doivent aussi comprendre les coûts associés à la réalisation de la campagne (frais de la plateforme choisie, production d’une vidéo et autres visuels promotionnels, cadeaux et contrepartie, etc.);
  3. Préparer le terrain de la campagne : une fois que votre projet est en ligne, le chronomètre commence. Assurez-vous d’avoir préalablement réglé les aspects légaux (ex. : incorporation ou enregistrement de votre entreprise) et financiers (ex. : ouverture d’un compte bancaire), d’avoir créé votre présence sur les médias sociaux appropriés, développé une communauté et élaboré une stratégie pour chaque plateforme sociale, de posséder les courriels des premiers supporteurs potentiels à contacter et d’avoir un plan détaillé des actions que vous ferez tout au long de la campagne.
  4. Communiquer clairement: expliquez qui vous êtes, quel est votre projet, à quoi serviront les fonds recueillis, quand et de quelle façon les supporteurs obtiendront leur contrepartie. Maintenez le contact par l’envoi de courriels et profitez de cet instant pour informer le public de l’avancement du projet et de la campagne. Faites attention à ne pas spammer votre public et assurez-vous que votre contenu soit écrit de façon impeccable. Aussi, remerciez vos contributeurs et faites-le chaque fois que vous atteignez un palier symbolique;
  5. Utiliser efficacement les médias sociaux : ne tombez pas dans le piège d’utiliser les médias sociaux uniquement pour demander un soutien financier à votre communauté ou pour des fins promotionnelles. Les utilisateurs des médias sociaux cherchent des interactions humaines, du partage d’information ou encore l’accès à du contenu inédit. Adaptez vos publications selon la clientèle cible et les plateformes choisies (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn, etc.).
  6. S’assurer du soutien de votre entourage dès le jour 1 : la famille, les amis et les contacts de proximité sont les mieux informés de votre projet, assurez-vous qu’ils contribuent rapidement à votre campagne. Ce premier élan est crucial, il motivera de futurs supporteurs à se joindre à la troupe, car en général le public est davantage intéressé à un projet qui semble réussir.
  7. Offrir des contreparties attrayantes : il peut s’agir entre autres de biens tangibles, de la prévente de votre produit ou service ou d’expériences uniques en lien avec votre projet. Inspirez-vous d’autres campagnes et personnalisez votre offre.
  8. Faire preuve de transparence : il se peut qu’en cours de route des embuches surviennent, que vous réalisiez les imperfections de votre produit ou service. Au lieu de les cacher, pourquoi ne pas demander au public de vous aider? En invitant vos supporteurs à faire partie du processus, vous leur démontrez votre confiance; plusieurs deviendront non seulement de fidèles clients, mais aussi d’excellents ambassadeurs de votre marque.

Même si la campagne de sociofinacement n’atteint pas l’objectif financier ciblé, elle représente une expérience extraordinaire d’apprentissage. En plus d’être l’occasion d’analyser les réactions du marché envers son produit ou service, elle prépare l’entrepreneur au véritable lancement de son projet.

Source de l’image à la une: iStockphoto.

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Marketing

Embarq : le sociofinancement de voyages d’Air Canada

L’aspirant voyageur doit expliquer son rêve et établir un objectif financier à atteindre pour qu’ensuite, des amis, des parents ou de purs inconnus puissent verser une contribution. La somme amassée peut être transférée à une eCarte-cadeau Air Canada. Les explications du programme sont rédigées sur un ton humoristique. On suggère aux participants d’inclure des photos et une vidéo pour se démarquer et de partager allègrement leur page Embarq à travers leurs cercles sur les médias sociaux.

 

Air Canada – « Embarq » from Saints Editorial on Vimeo.

Se laisser promouvoir par des influenceurs

Cette campagne vise principalement les générations Z et Y et s’associe à des influenceurs créatifs pour en faire la promotion. Le Torontois Stilez, suivi par plus de 17 900 personnes sur Instagram, a amplement illustré son voyage au Japon réalisé en partenariat avec Embarq. Air Canada a également financé le voyage du musicien autochtone Johnny Sherritt (WOLF SAGA), accompagné d’un cinéaste pour réaliser cette vidéo promotionnelle.

Source: AirCanada – Embarq – Down Under from A.V.Helm on Vimeo.

 

Source image à la une: Air Canada

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Gestion

4 tactiques pour augmenter les revenus de votre musée

Voici quatre tactiques à considérer :

• Utiliser les données numériques

• Diversifier les activités du musée et louer ses espaces

• Inviter le public à faire des dons par message texte

• Effectuer une campagne de financement participatif

Utiliser les données numériques

Les données numériques que vous recueillez à propos de vos visiteurs livrent de précieuses informations. Celles-ci pourraient vous permettre de dresser un meilleur portrait de votre clientèle, de mieux orienter vos actions de marketing et d’augmenter vos ventes.

… la valeur des informations personnelles fournies par sa clientèle est plus élevée que les frais d’abonnement ou les autres gratuités offertes en échange.

Le Dallas Museum of Art (DMA) a lancé en 2013 un programme qui propose à ses visiteurs un abonnement « amis du musée », gratuit quand ils acceptent de fournir des données personnelles. Plusieurs privilèges sont offerts aux amis du DMA, dont celui de cumuler des points en participant à diverses activités. Ensuite, en échangeant leurs points, ceux-ci ont droit à des récompenses telles que le stationnement gratuit ou un laissez-passer pour une exposition spéciale. Selon le directeur du DMA, la valeur des informations personnelles fournies par sa clientèle est plus élevée que les frais d’abonnement ou les autres gratuités offertes en échange. Les données recueillies permettent aux gestionnaires du musée de mieux comprendre les préférences et le comportement de ses visiteurs, de créer des expériences basées sur leurs centres d’intérêt et de mesurer la performance de diverses tactiques déployées. Ultimement, ces informations pourraient aussi leur servir de levier afin d’obtenir de nouvelles sources de financement.

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Source : DMA

Diversifier les activités du musée et louer ses espaces

Les salles d’expositions, les agoras, les terrasses et même les halls des musées constituent des lieux recherchés pour la tenue d’événements. La location de ces espaces s’avère bien souvent une source de revenus supplémentaires non négligeable.

En ajoutant des activités complémentaires à la programmation, il est aussi possible d’attirer un public néophyte.

Développer de nouvelles clientèles tout en assurant leur pérennité représente un défi de taille pour de nombreuses institutions muséales. En ajoutant des activités complémentaires à la programmation, il est aussi possible d’attirer un public néophyte.

Le Royal Saskatchewan Museum offre des séances de yoga au musée. Les cours se déroulent dans différentes galeries, ce qui permet aux participants de profiter des expositions. Le Aspen Art Museum organise des soirées de projection cinématographique sur le toit de son édifice durant l’été. Le Royal Ontario Museum de Toronto est devenu une destination sociale durant l’automne 2015 en accueillant des D.J. et en organisant des soirées animées dans le musée.

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Crédit photo : ElectriCITY Events

Inviter le public à faire des dons par message texte

Rapide et simple à effectuer, le don par message texte se prête bien pour financer des activités, restaurer des œuvres ou contribuer à des campagnes générales.

Susciter l’urgence de donner et afficher sur plusieurs supports différents la possibilité de faire un don figurent parmi les facteurs de succès d’une telle tactique.

En 2013, le Everson Museum of Art a lancé une campagne de financement axée sur le don par message texte. En composant un numéro (par exemple le 277-22) et en textant le mot « art », un don de 10 dollars américains est automatiquement effectué. Le Seattle Art Museum suggère à ses visiteurs de verser 5 dollars par message texte pour préserver la gratuité de son programme d’activités extérieures. Susciter l’urgence de donner et afficher sur plusieurs supports différents la possibilité de faire un don figurent parmi les facteurs de succès d’une telle tactique.

Effectuer une campagne de financement participatif

Le financement participatif semble une avenue encore peu empruntée par les organismes culturels québécois. Pourtant, plusieurs en font l’usage ailleurs dans le monde. Pour financer une exposition, pour exécuter des travaux de réfection ou encore pour faire l’acquisition d’œuvres particulières, des musées se tournent vers des mécènes privés, bien souvent des amateurs de leur institution.

Pour ses 150 ans, le Muséum de Toulouse désire rendre hommage à la girafe d’Abyssinie, nommée Twiga, en procédant à la naturalisation de cette pièce patrimoniale. Pour y arriver, le musée a décidé de lancer une campagne de financement participatif sur la plateforme Culture Time afin de recueillir 15 000 euros. Pour sa part, la Smithsonian Institution de Washington DC a amassé plus de 700 000 dollars américains afin de restaurer la combinaison lunaire de Neil Armstrong sur la plateforme Kickstarter.

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Les gestionnaires de musées doivent composer avec des budgets serrés. Mais pour actualiser leurs infrastructures, développer de nouvelles clientèles, incorporer les technologies à leur offre, effectuer des campagnes de marketing efficaces sur diverses plateformes et assurer leurs opérations, il faut de l’argent. Quelles autres tactiques pourraient aider le financement des musées québécois?

 

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Marketing Tendances

Quand la commandite devient une expérience

Les pratiques liées à la commandite évoluent et se raffinent; désormais, de nombreuses alliances stratégiques unissent des marques partageant des valeurs communes autour d’une même clientèle cible. Ensemble, elles tentent de séduire le public en lui faisant vivre des expériences qui bonifient sa participation à l’événement auquel il participe.

 

 

 

Événement + marque = expérience

De nombreux organisateurs travaillent de concert avec leurs commanditaires afin d’intégrer harmonieusement leurs actions avec la philosophie de l’événement. Alors que certains privilégient des manifestations divertissantes, d’autres préfèrent exploiter le côté utilitaire. Pour le commanditaire, c’est l’occasion de présenter son savoir-faire, de créer un prolongement de ses tactiques de marketing déjà en cours ainsi que d’échanger et d’établir des liens avec le public.

Le festival Sundance 2015 

En janvier 2015, le festival de film Sundance, qui se déroule à Park City en Utah, comptait parmi ses commanditaires Airbnb. L’entreprise, installée sur la rue principale du site, s’est appropriée un lieu, l’Airbnb Haus, afin d’accueillir les festivaliers dans une ambiance décontractée. Dans la continuité de sa campagne #OneLessStranger, plusieurs initiatives se sont succédé et ont fait rayonner la marque tout au long de l’événement. En voici trois exemples :

  • « #OneLessStranger films » : présentation du film gagnant #OneLessStranger ainsi que de son auteur. En amont de l’événement, les membres d’Airbnb étaient invités à produire un court film inspiré du concept #OneLessStranger.
  • « HBO’s Togetherness » : projection publique de la série humoristique Togetherness, suivie d’une période de questions avec ses créateurs, les Duplass Brothers.
  • « Strangers drawing Strangers » : les visiteurs de l’Airbnb Haus étaient invités à se faire prendre en photo afin qu’un autre participant dessine leur portrait (voir la vidéo ci-dessous).

Le festival Pitchfork 2015 

Pour sa dixième édition, le festival de musique indépendante de Chicago, Pitchfork et ses commanditaires, ont misé sur l’expérience des festivaliers pour animer le site de l’événement entre les prestations musicales.

  • La compagnie de lunettes Ray-Ban et le magazine Vice ont joint leurs efforts pour mettre à la disposition du public une imprimante permettant aux festivaliers d’imprimer sur un t-shirt une phrase personnalisée sous le thème « Dire la vérité » (Speak the truth). Pour devancer la file d’attente, les amateurs de musique étaient invités à interpréter une chanson dans une cabine d’enregistrement.
  • L’entreprise de bière locale Goose Island a créé des périscopes qui donnaient l’illusion de se trouver dans les premières rangées près des scènes.
  • L’entreprise de tapis Flor a apporté près de 5000 échantillons de tapis sur le site, afin que les festivaliers puissent créer un gros tapis pour être plus confortables lorsqu’ils sont assis sur le gazon.

AR_Quand la commandite devient une expérience1Crédit photo : Barry Brecheisen pour BizBash

Marque + expérience = Événement

Depuis peu, une nouvelle équation voit le jour dans le milieu événementiel; des marques créent leur propre événement dans lequel elles rassemblent leurs adeptes autour d’une expérience.

Lolë White Tour 

Cet événement s’est tenu pour la première fois en 2011 sur l’esplanade du Stade olympique de Montréal. Il rassemblait des amateurs de yoga lors d’une séance regroupant des participants vêtus de blanc. Le succès encouru a convaincu Lolë de reproduire la formule dans divers lieux et villes à travers le monde. Pour son cinquième anniversaire, en plus de se dérouler dans le Vieux-Port de Montréal, la tournée s’est arrêtée à l’Olympic Plaza (Whistler), à Fort York (Toronto), à Central Park (New York), au quai Santa Monica (Los Angeles) et à Paris.

La marque Lolë n’est pas la seule à flirter avec l’événementiel. Plusieurs autres incluent la création de petits ou de grands événements parmi leurs tactiques marketing. Cette pratique leur permet de se mettre en valeur, de rassembler leur clientèle cible, de les remercier en leur offrant des surprises ou des promotions une fois sur place et de leur faire vivre une expérience festive.

Taste of Iceland

Les destinations utilisent également cette tactique pour faire la promotion de leurs attraits, produits, services ou culture. Par exemple, Iceland Naturally, un organisme de marketing créé sous forme de coopérative, organise des événements dans plusieurs villes d’Amérique du Nord sous la bannière Taste of Iceland. La programmation comprend des prestations culinaires, des concerts de musique, des projections de films et des conférences. Faire vivre une expérience authentique et partager le savoir-faire islandais constituent les objectifs de cette campagne, qui vise ultimement à convaincre les marchés convoités à visiter la destination.

AR_Quand la commandite devient une expérience2Source : Iceland Naturally

Les consommateurs d’aujourd’hui cherchent à vivre des expériences uniques, originales et authentiques, et adorent les partager. Le milieu de l’événementiel ne s’avère-t-il pas un terreau idéal pour satisfaire ce besoin du public et celui des commanditaires qui espèrent faire parler d’eux?

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Gestion

Incubateurs, concours et festivals : tous derrière les start-ups

Des incubateurs dédiés au tourisme

Un incubateur est une structure d’accompagnement pour des projets de création d’entreprises. Une start-up en tourisme (jeune entreprise à fort potentiel de croissance) peut bénéficier de l’aide d’incubateurs généralistes, mais l’avantage principal des nouvelles structures dédiées au tourisme est d’apporter une expertise propre à cette industrie (lire aussi L’essor de l’entrepreneuriat technologique en tourisme).

Le Welcome City Lab est la vedette de l’heure dans l’univers touristique francophone de l’entrepreneuriat. La Ville de Paris, l’Office du Tourisme et des Congrès de Paris et BPI France sont à l’origine de ce projet, qui est financé par plusieurs grandes entrWelcome_City_Labeprises privées. L’objectif est d’accroître le degré d’attractivité de la capitale. Chaque année, 15 start-ups y sont hébergées « en amorçage » et 15 autres, « en décollage ». Chacune dispose d’un espace de travail dans les locaux du Welcome City Lab, d’un accompagnement par des mentors, d’un accès à du financement, de terrains d’expérimentation et peut aussi assister aux conférences organisées par l’incubateur. La possibilité d’exporter le modèle du Welcome City Lab à Montréal est en cours d’analyse.

Le Travel Startups Incubator, situé à Orlando, aide des entrepreneurs en démarrage à hauteur de 25 000 $ en financement et 25 000 $ en services divers durant une période de 4 à 6 mois. À travers son programme Innovation Partnership, l’incubateur organise également des rencontres entre des start-ups et de grandes entreprises touristiques afin de faciliter les partenariats.

Skyscanner a établi un partenariat avec le Travel Startups Incubator. Il donne ainsi accès à ses données aux entrepreneurs soutenus par l’incubateur.

Un des défis pour les entrepreneurs en démarrage d’aujourd’hui est d’accéder à des bases de données ou d’avoir les fonds pour les acquérir. Le moteur de recherche de vols, d’hôtels et de location de voitures Skyscanner a établi un partenariat avec le Travel Startups Incubator. Il donne ainsi accès à ses données aux entrepreneurs soutenus par l’incubateur. Celui-ci est également un partenaire du programme Amadeus for Startups, lancé en mai dernier. Le géant fournit ainsi ses connaissances et son expertise pour conseiller les entreprises émergentes et accélérer leur progression vers le succès. Cette entente permet au Travel Startups Incubator d’accéder à des conseillers, des mentors, des services de consultation et des technologies d’Amadeus pour son porte-folio d’entreprises, en plus d’obtenir du soutien marketing. Amadeus pourra guider les start-ups en acquisition de clients, conversion de trafic, rétention de clients, personnalisation de leurs sites, etc.

Lancé en avril dernier, le projet Angers TourismLab souhaite créer un écosystème d’innovations en mettant en relation des acteurs de la recherche et de l’entrepreneuriat. Ses activités se diviseront en trois pôles : la recherche, la formation et l’innovation. Pour ce troisième pôle, les résultats visés sont la montée en puissance de l’innovation dans les entreprises, la création d’un « Tourism Innovation Lab » et la création de start-ups par le soutien à l’entrepreneuriat étudiant.

Le Traveltech Lab de Londres est un espace de travail collaboratif qui vise à stimuler l’innovation, la collaboration et la créativité de ceux le fréquentant. L’autre objectif est de rapprocher les start-ups technologiques en tourisme des grandes entreprises de l’industrie du voyage. Les 30 bureaux à louer, surplombant la Tamise et le Tower Bridge, coûtent 400 livres sterling par mois, et facilitent grandement le réseautage. Traveltech Lab organise également de nombreux événements.

TraveltechSource : Traveltech Lab

The Founder Institute n’est pas exclusivement dédié au tourisme, mais il s’avère le plus important programme de formation et de lancement de start-ups dans le monde. Il aide de jeunes entrepreneurs à développer leur entreprise technologique. Il est présent dans plus de 60 villes, dans 33 pays, et compte 1185 entreprises « diplômées », dont 89,5 % sont toujours actives et 40 % reçoivent du financement. The Founder Institute compte maintenant un chapitre à Montréal, et la première cohorte a gradué à l’été 2014.

Des concours stimulants

En plus des incubateurs, il existe des concours visant à stimuler l’entrepreneuriat et offrant soutien financier et expertise.

33entrepreneurs est basé à Bordeaux, et se définit comme un accélérateur de start-ups dans trois domaines d’excellence de la France : les vins et les spiritueux, la gastronomie et le tourisme. À travers sa tournée américaine, l’organisme organise neuf concours dans neuf villes des États-Unis et du Canada, où il choisit les équipes les plus talentueuses dans chacun des trois secteurs. Les trois gagnants bénéficient ensuite d’un soutien financier de 100 000 $, ainsi que d’un programme d’aide de trois mois à Bordeaux. Pour ces concours, 33entrepreneurs s’allie à des conférences d’envergure réunissant des start-ups. Les événements de PhoCusWright à Miami et de Bon Appétech en Californie sont deux étapes de la tournée 2015 (visionnez la vidéo ci-dessous ou encore celle-ci pour obtenir plus d’information).

33entrepreneurs

Source : 33entrepreneurs

D’ici 2020, le Portugal souhaite s’inscrire comme ville intelligente afin de promouvoir son attractivité économique, ses pratiques environnementales durables et la qualité de vie offerte à ses citoyens. C’est dans cet esprit que le programme BIG Smart Cities by Vodafone Power Lab est organisé avec quelques municipalités. Ce programme inclut une compétition internationale où des start-ups pourront faire leur promotion auprès d’investisseurs et gagner des prix pour démarrer ou propulser leur entreprise. En tourisme, on cherche des solutions visant principalement à :

  • attirer des touristes hors de la haute saison;
  • mettre en valeur l’héritage historique;
  • améliorer l’expérience touristique;
  • accéder à l’information culturelle.

Le mode festival!

L’International Startup Festival attire plus de 2000 fondateurs d’entreprises, investisseurs et analystes à Montréal. À travers des présentations d’envergure, des histoires inspirantes, un réseautage unique et des séances interactives, l’événement vibre d’une ambiance unique. Les entrepreneurs présents peuvent soumettre leur candidature à plusieurs prix; en voici quelques-uns :

  • un investissement de 100 000 $;
  • Media Pitch, où les start-ups ont une minute pour faire bonne impression auprès de journalistes de CBC;
  • FounderFuel, pour obtenir une place dans cet incubateur;
  • Next 36 Top Student Entrepreneur, pour faire partie de la cohorte de ce programme;
  • Grandmother’s Choice (oui, un jury composé de grand-mères), célèbre pour avoir choisi en 2012 la start-up Onavo, ensuite acquise par Facebook pour 150 millions de dollars.

L’événement est aussi l’occasion de faire des rencontres d’affaires prometteuses, d’obtenir de la visibilité dans les médias, de s’offrir un espace de démonstration et d’acquérir des connaissances (visionnez la vidéo). 
Startups_festival

 

Toutes ces initiatives sont récentes. Il sera intéressant de suivre leur évolution dans les prochaines années.

 

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Marketing

DestinationNEXT, un guide de bonnes pratiques

 

En 2014, Destination Marketing Association International (DMAI) entreprenait une vaste consultation auprès de 327 organisations de gestion de la destination (OGD) provenant de 36 pays, dont la majorité des États-Unis (60 %) et 27 du Canada (2 du Québec). Cette étude visait à fournir à ces dernières des stratégies pour obtenir l’engagement et le soutien de la communauté, ainsi qu’accroître leur performance. Les résultats de la première et de la deuxième phase de consultation ont été publiés respectivement en juillet 2014 et en juillet 2015. Ils ont inspiré la rédaction d’un manuel de bonnes pratiques, incluant la description et l’étude de cas de chacune des 20 meilleures pratiques et des 10 tendances émergentes.

Le Réseau de veille en a sélectionné quelques-unes.

Engager et soutenir sa communauté ou ses intervenants…

 … par la création de réseaux 

DestinationNext_repertoire_bonnes_pratiques1Certaines OGD œuvrent au sein d’un réseau stratégique visant le développement de la destination, comme Wonderful Copenhagen (WoCo). Cette dernière a créé un nouveau modèle de gestion qui lui permet de participer à plusieurs projets en déléguant l’autorité et la responsabilité globale (y compris le financement) à un groupe d’entreprises et d’autres parties prenantes. Son rôle est plutôt celui d’un fournisseur de services embauché par le regroupement pour mettre en œuvre les stratégies. WoCo exploite plusieurs réseaux liés à des projets ou à des tâches particulières (congrès, loisirs, gastronomie, ambassadeurs, développement de routes aériennes, transports durables, croisières, etc.).

 … par de nouveaux modes de financement

L’OGD a donc convaincu les autorités législatives de l’État, le conseil municipal et la communauté locale de voter pour la création d’une nouvelle taxe de vente de 1 %

Les OGD sont à la recherche de modèles de financement novateurs et diversifiés pour mener à bien l’ensemble de leurs activités. C’est également le cas de Visit Myrtle Beach; les cinq millions de dollars américains injectés annuellement étaient nettement insuffisants pour soutenir la croissance de la destination. Cette dernière a donc convaincu les autorités législatives de l’État, le conseil municipal et la communauté locale de voter pour la création d’une nouvelle taxe de vente de 1 % (Penny Tax) en 2006. Elle constitue la principale source de financement de la Tourism Growth Initiative, qui comprend des actions promotionnelles et le développement de produits touristiques. Grâce à la Penny Tax, le budget de Visit Myrtle Beach est passé à 30 millions de dollars américains, la notoriété de la destination a augmenté de 300 %, le nombre de visiteurs, de 26 % et les revenus d’hébergement, de 30 %.  

med_8.5x11pierSource: Visit Myrtle Beach

Améliorer la performance de la destination…

… grâce au marketing de proximité 

Le marketing de proximité est un outil d’engagement qui améliore la connexion avec les consommateurs, encourage la fidélité et bonifie l’expérience du client. Il utilise la technologie cellulaire (Bluetooth, réseaux sans fil ou beacons) pour envoyer des messages aux utilisateurs d’appareils mobiles se trouvant à proximité d’un produit ou d’un service. Quoique ce type de marketing soit peu répandu actuellement dans l’industrie touristique, certaines destinations et quelques grands joueurs ont tenté l’expérience. Par exemple, RT04, une région touristique du sud de l’Ontario, a utilisé cette technique de marketing auprès de festivaliers afin de leur faire connaître des activités similaires se tenant dans un avenir rapproché, et qui pourraient les intéresser. Plusieurs casinos s’en servent pour diriger leurs clients vers des tables de jeu vides, des restaurants ou des bars peu achalandés de leur établissement. Ils utilisent aussi les beacons situés dans les entrées du casino et des différentes salles pour leur proposer diverses offres promotionnelles.

 … grâce au contenu généré par les utilisateurs 

L’évaluation et la recommandation par les pairs constituent de puissantes sources d’influence grâce à des plateformes comme TripAdvisor. De plus en plus d’OGD interpellent ces ambassadeurs pour les convaincre de partager leurs histoires et leurs images de la destination au sein de leur réseau. Un tel contenu généré par l’utilisateur constitue une façon efficace et convaincante d’obtenir des résultats de marketing de qualité supérieure et à long terme. Visit Orlando l’a bien compris lorsqu’elle a planifié sa campagne Orlando – the Never Ending Story ; elle y invite les visiteurs à capturer et à partager les expériences vécues dans cette destination sur une variété de médias sociaux en utilisant le mot clic #MyOrlandoStory pour favoriser leur engagement. Ces expériences inoubliables sont rassemblées sur le site Web orlandostories.com.

DestinationNext_repertoire_bonnes_pratiques3Source : Visit Orlando

Engager sa communauté tout en améliorant la performance de la destination…

 … par le développement de l’économie collaborative 

Celle-ci joue un rôle de plus en plus important en tourisme, et elle est là pour rester. Les OGD qui parviennent à se « connecter » à cet espace collaboratif arrivent à développer l’engagement des visiteurs, ainsi que celui des hôtes locaux et des autres fournisseurs de services. La ville de Portland, aux États-Unis, a su tirer profit de cette économie de partage en intégrant les services d’Airbnb et d’Uber comme complément aux services existants. En contrepartie, Airbnb a accepté de payer la taxe locale d’hébergement de même qu’un droit d’exploitation, en plus de se soumettre à des inspections. Quant à Uber, il paie un droit et des frais de covoiturage, alors que la Ville a modifié la législation concernant le permis de taxi, qui n’est pas requis pour l’instant.

 … par la création de partenariats 

Les OGD innovantes créent des partenariats efficaces avec des entreprises d’autres secteurs d’activité afin de développer des stratégies qui soutiennent des objectifs communs à toute la communauté. C’est le cas de Göteborg, en Suède, où les entreprises privées, les leaders de la communauté d’affaires, le secteur public et les politiciens se sont concertés pour déterminer les axes de développement de la ville dans le but d’attirer plus de visiteurs internationaux en voyage d’agrément ou d’affaires. Cet engagement de la communauté s’est concrétisé avec la création de Goteborg & Co, un regroupement qui vise à commercialiser la destination. De plus, les résidents sont régulièrement consultés par sondage afin de connaître leur point de vue en ce qui a trait aux priorités de travail de l’OGD. Les grandes sociétés, pour leur part, participent régulièrement aux initiatives de la destination pour soutenir le tourisme.

DestinationNext_repertoire_bonnes_pratiques2Source : goteborg.com

En espérant que ce florilège de bonnes pratiques puisse vous inspirer. Pour plus d’exemples, consultez le guide.

 

Image à la une: DMAI

 

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Gestion

Réussir sa campagne de financement participatif

Le financement participatif (crowdfunding) fait appel à des individus pour qu’ils soutiennent des projets concrets. Selon des données du Fonds des médias du Canada, en avril 2013, il y avait plus de 580 plateformes de financement participatif actives dans le monde, dont la majorité sont situées en Europe occidentale et en Amérique du Nord; le Canada et les États-Unis en comptent environ 45 chacun. D’ailleurs, le continent nord-américain constitue le plus grand marché en ce qui a trait aux fonds amassés, avec ses 1,6 milliard de dollars américains en 2012.

Différents modèles

Il existe trois modèles de financement participatif:

1. Le don. Les individus effectuent une contribution pour un projet sans aucune attente de rendement financier. Toutefois, les projets et les plateformes qui ont recours à ce modèle utilisent habituellement un éventail de récompenses ou de mesures incitatives − cadeaux ou objets symboliques − pour stimuler les dons. Ces mesures varient en fonction du montant de la contribution, mais attention, plusieurs plateformes n’acceptent pas les contreparties en argent.
2. Le prêt. Dans le contexte du financement participatif, le modèle du prêt, avec ou sans intérêts, peut prendre différentes formes, soit:

  • une entente de prêt traditionnelle, où l’on s’attend à un remboursement sous la forme d’intérêts;
  • un prêt à remboursement conditionnel, où les contributions sont remboursées seulement quand le projet commence à générer des revenus ou à créer un profit;
  • une prévente, où le produit fini est promis en échange du financement du contributeur.

 3. L’investissement. Ce type de financement ressemble à une participation standard au capital, où un particulier reçoit une contrepartie sous forme de titres ou d’intérêts moyennant du financement.

En 2012, le financement participatif sous forme de don représentait plus de la moitié (52%) de tous les fonds amassés et environ 77% de toutes les campagnes réussies à l’échelle mondiale

En 2012, le financement participatif sous forme de don représentait plus de la moitié (52%) de tous les fonds amassés et environ 77% de toutes les campagnes réussies à l’échelle mondiale, celui du prêt, 44% de tous les fonds et 22% de toutes les campagnes, et le modèle de l’investissement, moins de 5% des fonds et moins de 1% des campagnes.

Les étapes de développement d’un projet

Avant le lancement d’un projet, il importe de:

  1. définir un objectif financier réaliste. Les projets ont d’autant plus de chances de réussir que le créateur explique clairement ses besoins et l’utilisation envisagée des fonds demandés. Un montant trop élevé peut donner l’impression que vous ne planifiez pas bien les coûts de réalisation ou que vous êtes trop gourmand. De la même façon, un objectif trop bas pourrait faire croire que vous n’avez pas une idée claire des coûts de production, ce qui pourrait faire douter un contributeur potentiel quant à la réussite de votre projet.
  2. déterminer la durée de la collecte de fonds. La campagne doit être suffisamment longue pour créer une dynamique, mais suffisamment courte pour donner confiance aux bailleurs de fonds potentiels. Les experts s’entendent sur une campagne de 30 à 45 jours.
  3. choisir l’un des trois modes de financement cités précédemment. Si vous optez pour le modèle de don et décidez d’offrir des récompenses, vous devrez réfléchir aux différents paliers que vous offrirez et inclure leurs coûts dans vos objectifs de campagne. Choisissez des récompenses qui minimisent les coûts, maximisent la valeur pour les bailleurs de fonds potentiels et sont bien adaptées au projet.
  4. arrêter votre choix sur la plateforme (répertoire) qui vous permettra d’atteindre l’objectif fixé.

Lorsque vous êtes prêt à démarrer votre projet sur la plateforme choisie, vous devez d’abord le présenter en détail en donnant le plus d’informations possible et en le rendant attrayant:

  • Choisissez un titre bref et concis (un seul mot, un slogan);
  • Expliquez pourquoi vous faites appel à ce type de financement;
  • Décrivez, étape par étape, à quoi servira la collecte de fonds en détaillant clairement tous les postes de dépenses;
  • Mettez l’accent sur vos compétences et l’originalité de votre projet;
  • Présentez votre clientèle cible, vos concurrents, vos partenaires ou collaborateurs potentiels;
  • Créez une brève présentation vidéo: 90 secondes à 2-3 minutes. Les campagnes avec des vidéos recueillent 114% plus de fonds que les campagnes sans vidéo. Soyez créatif tout en demeurant centré sur votre projet. Invitez les internautes à entrer dans votre monde et convainquez-les du bien-fondé de votre initiative;
  • Rédigez une synthèse percutante de votre projet en 140 caractères, qui sera située dans le haut de la page.

Enfin, n’oubliez pas: vous pouvez scruter d’autres campagnes et voir ce qui a réussi pour vous en inspirer.

La promotion du projet

Faire connaître son projet et intéresser le plus grand nombre de personnes possible nécessite certains efforts. Il vous faut mobiliser votre communauté et impliquer votre réseau pour obtenir un effet viral

Faire connaître son projet et intéresser le plus grand nombre de personnes possible nécessite certains efforts. Il vous faut mobiliser votre communauté et impliquer votre réseau pour obtenir un effet viral. Il existe trois cercles à cette communauté (voir l’image), qui permettent chacun de rassembler un pourcentage des fonds totaux:

  1. analyse_crowdfunding_cercles_influenceVotre entourage: la famille, les amis, les collègues, etc. Bien que ce soit le plus petit groupe, c’est lui qui apportera la plus grande part du financement;
  2. Les relais d’influence: les amis de vos amis;
  3. Le grand public: celui qui partage votre passion. Il s’agit du groupe le plus nombreux, mais gagner sa confiance demande beaucoup d’énergie!

Comment s’y prendre?

Il est indispensable de mettre en place des relais de communication:

  • Les réseaux sociaux et les courriels vous permettront d’atteindre les 1er et 2e paliers de votre communauté. Créez une page Facebook, Pinterest ou Twitter dédiée à votre projet, dans laquelle vous annoncerez les échéances, les contributions, les récompenses remises, l’état d’avancement du projet. À retenir: c’est la fréquence de publication de vos gazouillis et messages qui vous permettra d’être efficace;
  • Les blogueurs et les journalistes proches de votre univers peuvent présenter votre projet à leurs lecteurs. Attention, les experts mentionnent qu’il est préférable de les contacter quand la collecte de fonds est bien amorcée.

Ces quelques ingrédients feront une campagne de financement participatif réussie:

  • Posséder un public passionné et un réseau robuste, prêts à lancer le bal en donnant et en exhortant les autres à donner;
  • Être un champion des réseaux sociaux;
  • Procurer des récompenses intéressantes (pour le financement sous forme de don);
  • Présenter un plan d’affaires sérieux;
  • Reconnaître ceux qui vous soutiennent et les remercier par courriel ou publiquement sur la page du projet.

Êtes-vous prêts à vous lancer dans l’aventure?

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel.

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Gestion

Les organismes culturels s’adaptent aux coupes budgétaires

Location d’espaces, diversification des activités, intégration de festivals et d’événements à la programmation… Devant les difficultés financières des pouvoirs publics et les coupes budgétaires qu’elles entraînent, les établissements doivent redoubler d’ingéniosité pour augmenter leurs revenus tout en évitant de dénaturer leur offre.

Le financement des institutions culturelles

Influençant directement le contenu des expositions, ainsi que le profil du public des lieux culturels, le financement des institutions peut prendre trois formes différentes:

  • les contributions privées (legs, dons, etc.);
  • les recettes autonomes (droits d’entrée, boutique, etc.);
  • les aides financières publiques et parapubliques (subventions, prêts, etc.).

sur les quelque 400 institutions culturelles québécoises, moins de 150 reçoivent un soutien financier gouvernemental

Si certains établissements peuvent profiter de fonds de l’État, d’autres dépendent uniquement des donateurs et des visiteurs. Jason Luckerhoff, professeur au département de lettres et communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivières, rappelle que sur les quelque 400 institutions culturelles québécoises, moins de 150 reçoivent un soutien financier gouvernemental. Moins l’aide de l’État est importante, plus les professionnels des institutions culturelles doivent se montrer créatifs pour trouver de nouveaux moyens d’équilibrer leur caisse.

Ailleurs dans le monde, les musées jonglent également entre fonds publics, soutien privé et contributions des visiteurs. En France, le gouvernement a annoncé une coupe de 2% dans le budget de la culture pour 2014. Certains grands établissements comme le Louvre, le musée d’Orsay, le château de Versailles ou le musée du quai Branly connaîtront même une baisse de 2,5% de leur enveloppe budgétaire. Cependant, dès leur ouverture, quelques musées ont développé un autre modèle de fonctionnement, totalement en marge des subventions publiques. Ainsi, la Pinacothèque de Paris, avec son chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, tire ses bénéfices de la vente de billets pour les expositions (50%), de sa boutique (40%) et de la location d’espaces (10%).

La récente fermeture aux États-Unis de différentes attractions culturelles – faute d’entente sur le budget au Congrès – témoigne de la fragilité des institutions lorsque les autorités politiques changent de position.

Location d’espaces

Avec les qualités esthétiques de leurs installations, les établissements culturels constituent des décors privilégiés pour l’organisation d’événements privés (mariages, fêtes d’enfants, réunions, lancements, etc.). Alors que cette pratique permet au visiteur de regarder les lieux sous un angle différent, elle constitue un revenu complémentaire pour l’organisme gestionnaire et une façon de contrer la saisonnalité.

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Source: Le Manoir Mauvide-Genest

Les institutions culturelles profitent également de leur caractère historique pour accueillir des plateaux de tournage ou des séances de photographie professionnelles. En France, les sites gérés par le Centre des monuments nationaux accueillent plus de 150 tournages de films, documentaires, reportages ou courts-métrages par an. Le château de Versailles s’est même doté d’un département «Accueil des Tournages et Photographies» pour répondre aux demandes des réalisateurs et des publicitaires.

L’enjeu est de profiter de cet apport financier sans gêner les visiteurs en fermant trop souvent le site ou en dénaturant leur expérience par l’invasion d’équipes de tournage ou de réceptions privées. Il est d’ailleurs rare de voir des indications précisant que le lieu visité a accueilli une campagne publicitaire ou un film. En effet, il est plus pertinent de miser sur l’intemporalité des monuments patrimoniaux, sans les limiter à leur rôle de décors de films.

Nouvelles activités et produits dérivés

De plus en plus, les monuments culturels ont transformé leur cafétéria en restaurant gastronomique, où l’on peut se rendre sans même profiter de l’offre première de l’établissement. L’Opéra de Paris a ouvert un restaurant au cœur du Palais Garnier. L’architecture joue sur le lien entre modernité et patrimoine, et exploite la thématique du spectacle grâce à sa mezzanine et à ses accessoires rouges.

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© Roland Halbe, L’Opéra Restaurant 

À l’instar d’autres institutions européennes (la Villa Médicis de Rome, par exemple), le musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg a ouvert un hôtel cinq étoiles dans un bâtiment historique du centre-ville. L’établissement restauré aux couleurs du musée maintient volontairement un lien fort avec l’institution mère: adaptation du logo original, restaurants inspirés des époques couvertes par les artéfacts des galeries, mise en place de forfaits «Special Hermitage Moments», etc.

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Source: The Official State Hermitage Hotel

La boutique des établissements permet également aux gestionnaires de gagner une certaine autonomie financière. La signature visuelle des institutions devient une marque qui se retrouve sur les produits dérivés (livres, reproductions, décoration, vêtements, accessoires, jeux, etc.). Généralement, l’offre se veut unique et de qualité, valorisant un savoir-faire traditionnel (verrerie, bijoux, sculpture, etc.). Le client doit avoir l’impression d’acheter une pièce d’art. Depuis le début de l’été, le Rijksmuseum d’Amsterdam redéfinit le rôle de la boutique de musée par l’intermédiaire du Rijksstudio. L’intégralité des œuvres est publiée en ligne. Grâce à la qualité de la numérisation, les utilisateurs peuvent agrandirl’image et imprimer leurs créations sur n’importe quel support.

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Source: Rijksstudio

Activités parallèles

Les expositions temporaires, appelées blockbusters, assurent un revenu supplémentaire non négligeable pour les musées. Le professeur Luckerhoff rappelle que, volontairement conçues pour rejoindre un large public, elles permettent de consolider les dossiers des institutions quand vient le temps de s’adresser aux partenaires financiers. Cependant, leur réalisation coûte cher et la tendance générale actuelle est d’en réduire le rythme de présentation, d’allonger leur durée et de multiplier les partenaires.

Soirée de contes, conférences, club de lecture… Les exemples d’activités ne manquent pas pour qui veut diversifier la programmation de son institution. Autre tendance lourde, le théâtre force les murs des organismes culturels. En été, la Cité de l’énergie de Shawinigan propose une représentation spectaculaire dans un amphithéâtre tournant. Le musée Pointe-à-Callière réalise quant à lui régulièrement des mises en scène qui soulignent les différents temps de l’année (Halloween, Noël, etc.).

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© Michel Julien, Pointe-à-Callière

Lors de la saison estivale, le domaine culturel ouvre ses portes aux plus jeunes en se transformant en camp de jour. Les enfants peuvent ainsi s’initier au théâtre, à l’art plastique, aux sciences ou au cirque. Cette tendance offre l’avantage d’aborder la culture de manière pédagogique et divertissante, mais aussi d’éveiller une nouvelle génération et de façonner la relève du public de ces organismes.

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Source: Musée canadien des civilisations

Ainsi, le défi des institutions culturelles est de rendre leur offre attirante pour le plus grand nombre, sans pour autant la dénaturer. Les coupes budgétaires peuvent-elles finalement être perçues comme des occasions de changement et d’innovation?