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Tendances

Prendre le virage local

Une tendance lourde

Certains établissements offrent une véritable vitrine de la scène locale, sur le plan culturel, mais aussi culinaire, brassicole et vinicole. D’autres développent une offre unique et dynamique, qui séduit une clientèle locale et régionale par son caractère à la fois branché sur son milieu et ouvert sur le monde, en interpellant des touristes internationaux.

Comme le démontre l’engouement pour les concepts de location d’appartements ou d’accueil de touristes à domicile, par des sites comme Airbnb, Couchsurfing ou encore EatWith – ce dernier permettant aux visiteurs de partager un repas chez un particulier –, l’idée de vivre une expérience plus authentique et locale se répand (lire aussi: La consommation collaborative: une révolution par le partage?). Pour répondre à ce désir, appelé à prendre de l’ampleur, l’offre touristique actuelle doit s’ajuster et s’imprégner davantage de son milieu.

Selon une étude publiée par le groupe hôtelier InterContinental (IHG), les touristes cherchent des établissements qui leur permettront d’établir un contact avec le quartier. L’hôtel, par son bar, son restaurant et ses événements, a déjà été par le passé un lieu de rencontres pour les résidents, surtout dans les petites communautés. Comme le précise l’étude d’IHG, les hôtels pourraient servir de plaque tournante de la vie locale en accueillant, par exemple, des artistes et des groupes de musique de l’endroit.

Des hôtels «branchés» sur leur communauté

Le très cool Drake Hotel, à Toronto, s’inscrit tout à fait dans ce mouvement. L’établissement de 19 chambres uniques de style «bohème branché» propose plusieurs options gourmandes ainsi que des événements culturels, et démontre un fort engagement communautaire. Promotion d’artistes locaux, recours continuel à des produits régionaux, notamment pour la cuisine et les boutiques de souvenirs, et organisation de collectes de fonds au profit des artistes du quartier: les raisons pour lesquelles le Drake Hotel est très apprécié de son milieu sont multiples. Il reçoit aussi les éloges de nombreux médias à travers le monde et est déjà devenu une icône pour les Torontois. Soulignons que cet hôtel a ouvert ses portes en 2004.

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Source: The Drake Hotel

Toujours dans la Ville Reine, l’hôtel-boutique Gladstone est également un lieu qui rassemble touristes et résidents grâce à une offre culinaire et culturelle unique et mettant en vedette les gens du coin. L’établissement de 37 chambres, toutes conçues par des artistes de Toronto, comprend aussi 3 restos-bars et des sites d’expositions. Pour présenter les valeurs qui l’animent, l’équipe de gestion de l’hôtel Gladstone a intégré sur son site Web une infographie (cliquez sur l’image ci-dessous) prenant la forme d’une part de gâteau dont le glaçage constitue le produit tel que nous le voyons, et où chaque étage exprime le pourquoi, le comment et les composantes de l’établissement. La durabilité, l’authenticité, l’innovation, les arts et la communauté sont des termes clés dans la gestion de cet hôtel.

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Source: Gladstone Hotel

Les producteurs régionaux à l’honneur

À Baie-Saint-Paul, l’Hôtel La Ferme organise des marchés permettant aux voyageurs de rencontrer les producteurs agricoles de la région et de goûter leurs produits. Pour que l’utilisation de ces aliments soit optimale, des ateliers culinaires avec un chef de l’endroit sont également au programme.

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Source: Le Massif

Au Waldorf Astoria de Park City, en Utah, un forfait combine une escapade chez les producteurs avoisinants en compagnie du chef, en vue de la préparation d’un repas. Pendant cette sortie, les invités participent aussi à un pique-nique pendant lequel ils peuvent déguster des produits locaux comme du vin ou de la bière.

Les établissements locaux font du charme aux touristes

Le mouvement inverse est aussi à la hausse. Parce qu’ils sont friands d’expériences authentiques, les visiteurs seront charmés par les cafés et les bistrots fréquentés par la clientèle locale. Certaines entreprises l’ont bien compris. Au Royaume-Uni, la chaîne des cafés Harris & Hoole, reconnue pour son bon café et son ambiance de type commerce de quartier, dispose au mur de ses établissements un tableau des activités organisées dans la communauté. Les clients sont invités à inscrire à la craie les dates et les événements qu’ils souhaitent signaler. Voilà une belle façon d’impliquer les résidents dans l’animation d’un secteur et, par le fait même, d’inciter les visiteurs à fréquenter les événements du quartier.

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Source: Harris and Hoole

Comme c’est le cas des Bistrots de pays et du réseau des Cafés de pays en France, l’initiative des Cafés de village, dans les Cantons-de-l’Est, illustre aussi très bien cette tendance (lire aussi: Clin d’œil – Les Cafés de village). Ces petits établissements fréquentés par la population locale servent une restauration santé, des produits du terroir, ainsi que des bières et des vins locaux lorsqu’ils détiennent un permis d’alcool. Ils font souvent partie du patrimoine et se révèlent de réels ambassadeurs de la destination.

Penser local

Si les grandes chaînes hôtelières emboîtent le pas aux entreprises indépendantes en proposant un produit plus local, le virage s’avère encore plus facile pour ces dernières. Des partenariats avec des commerces de quartier, des espaces d’exposition pour les artistes de la région, le recours aux produits du terroir, l’accueil de musiciens et d’événements célébrant la culture locale, l’implication dans les activités du quartier, voilà autant de possibilités pour une destination de faire valoir ses atouts locaux.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Pleins feux sur le marché ontarien

Cette analyse se base sur les données issues de l’Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC) menée par Statistique Canada. Ce sondage a fait l’objet d’un remaniement en 2011. Les changements méthodologiques apportés sont d’une telle ampleur qu’ils entraînent une discontinuité dans les séries chronologiques. C’est pourquoi les données de l’EVRC de 2011 ne sont pas comparables avec les données historiques de l’enquête. Nous avons donc choisi de présenter un portrait global des voyageurs en 2010.

Propension à voyager… vers les États-Unis

Les Ontariens voyagent beaucoup à l’étranger, principalement aux États-Unis, où ils ont effectué près de 9 millions de visites d’une nuit ou plus en 2010. Ils ont aussi réalisé 3,7 millions de séjours touristiques dans des destinations outre-mer (hors Canada et États-Unis) et 4 millions de visites au Canada. Les prévisions laissent présager qu’au fil des ans, les Ontariens voyageront de plus en plus vers les destinations d’outre-mer (voir le tableau 1).

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Dans les prochaines sections, nous présentons les caractéristiques des voyageurs ontariens au Québec issus des régions métropolitaines d’Ottawa et de Toronto, ainsi que des régions du Sud-Est de l’Ontario, de York, Durham et Hills of Headwaters, et des hautes-terres d’Haliburton à la vallée de l’Outaouais.

Croissance du nombre de voyages au Québec

L’Ontario constitue le principal marché pour le Québec en ce qui a trait aux voyageurs en provenance des autres provinces canadiennes. Entre 2006 et 2010, le nombre de voyages d’agrément des Ontariens au Québec a crû de 35%, malgré des baisses successives en 2008 et en 2009 (voir le graphique 1). La remontée s’est amorcée dès 2010, où le nombre de visites-province a atteint 1,5 million (+50% par rapport à 2009). Les dépenses se sont cette année-là élevées à 643,7 millions de dollars.

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Leurs caractéristiques sociodémographiques

Les voyageurs ontariens au Québec proviennent principalement d’Ottawa et sa campagne (42%), de Toronto et du Grand Toronto (39%). Ils sont jeunes: près du tiers appartiennent à la génération Y, c’est-à-dire qu’ils sont âgés de 25 à 34 ans (voir le graphique 2). Ils disposent d’un revenu familial annuel supérieur à 75 000$ (64%); la moitié gagne des revenus dépassant les 100 000$. D’ailleurs, ces deux segments de clientèle ont connu une croissance respective de 105% et de 33% entre 2006 et 2010.

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Les couples, mariés ou vivant en union libre, sont responsables de 60% des voyages d’une nuit ou plus des Ontariens au Québec (voir le graphique 3). D’ailleurs, les touristes vivant en union libre voyagent de plus en plus dans la province. Entre 2006 et 2010, on a enregistré une croissance de 274% du volume de cette clientèle. Les célibataires représentent également un segment important, avec plus du tiers des voyages effectués par cette catégorie de voyageurs.

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Des voyages en automobile, de courte durée, réalisés en été

Ce sont les adultes voyageant à deux (45%) ou seuls (41%) qui constituent le cœur de la demande actuelle. Les voyages en famille ne représentent que 13% du marché. Ils se déplacent largement en automobile (82%) et séjournent en moyenne trois nuits et moins au Québec (82% des visites), principalement pendant la période estivale (52%). Le mois de septembre fait très bonne figure (voir le graphique 4), particulièrement auprès des gens des régions de Toronto et de York, Durham et Hills of Headwaters. Ce sont également eux qui voyagent le plus au Québec en janvier; ils représentent 69% de toutes les visites-province réalisées durant ce mois par les Ontariens.

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L’hôtel et le chalet privé ont la cote

L’hôtel est le mode d’hébergement privilégié par les touristes ontariens (voir le graphique 5). Le chalet privé et la maison de villégiature arrivent en deuxième place, et sont les préférés de la clientèle en provenance d’Ottawa et de sa campagne. On trouve relativement peu de touristes ontariens qui logent chez des parents ou des amis dans le cadre d’un voyage d’agrément.

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La culture et le plein air se partagent l’horaire des touristes

Les Ontariens sont amateurs d’activités de toutes sortes. Hormis la visite de musées ou de galeries d’art, qui se classe au premier rang, les activités de plein air comme l’observation de la faune ou des oiseaux, les excursions ou la randonnée pédestre, le canot ou le kayak ainsi que le bateau de plaisance sont les plus fréquemment pratiquées par les touristes ontariens pendant leurs voyages au Québec, principalement par les voyageurs en provenance d’Ottawa et de sa campagne (voir le graphique 6). Aller à la plage, visiter un parc ou faire du camping font aussi partie des activités privilégiées par les voyageurs ontariens. Parmi ceux qui ont fréquenté un casino, plus de la moitié (53%) proviennent de la région de York, Durham et Hills of Headwaters.

Un sondage réalisé par Tourisme aérien Laurentides auprès des voyageurs en provenance de Toronto à l’Aéroport International de Mont-Tremblant révèle que le ski, les repas au restaurant, le magasinage, les spas et la visite du casino sont les principales activités pratiquées dans la région. De plus, près d’un voyageur sur deux (47%) manifeste de l’intérêt pour une visite automnale et 32% durant l’été afin de s’adonner à des sports nautiques, à la randonnée pédestre, au vélo, au golf ou pour visiter un spa.

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Montréal, chouchou des Ontariens

Montréal arrive en tête des destinations de voyages d’une nuit et plus effectués par les touristes ontariens dans la province (46%). Étant donné l’importance de la clientèle en provenance d’Ottawa et de sa campagne qui possède une résidence secondaire au Québec, on constate une grande part de séjours en Outaouais, soit 24% des visites (voir le graphique 7). Enfin, les Laurentides arrivent en troisième place, avec 9% des voyages. On remarque que les régions les plus à l’est du Québec sont fort peu fréquentées par les Ontariens.

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Le contexte économique actuel et la concurrence de plus en plus féroce des destinations internationales obligeront le Québec touristique à faire preuve d’imagination et de créativité pour conserver ses parts de ce marché primaire de proximité. Comment pourrait-on attirer un plus grand nombre d’Ontariens dans la belle province? Avez-vous des idées?

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Faits et chiffres Hébergement

Comment se porte le marché hôtelier canadien?

Comment se classe le marché hôtelier québécois, par rapport aux autres provinces canadiennes? Plusieurs indicateurs permettent la comparaison de leurs performances, que ce soit le taux d’occupation, le revenu par chambre disponible ou encore le volume de transactions (lire aussi: Le «Revenue Management» pour les hôteliers indépendants).

Les firmes Smith Travel Research (STR) et HVS Canada publient périodiquement les rapports intitulés «Canadian Lodging Outlook», faisant état de la performance du marché hôtelier des provinces canadiennes. Les données, collectées par STR, proviennent d’un échantillon d’établissements indépendants ou appartenant à une chaîne; ce recensement n’est donc pas représentatif du nombre réel d’hôtels, mais permet une comparaison entre le Québec et le reste du Canada (hormis les territoires).

Nombre de chambres disponibles

Plus de 424 500 chambres étaient disponibles à travers le Canada en 2012, soit 8 300 unités de moins qu’en 2010 (voir le tableau 1). Pratiquement toutes les provinces ont vu leur parc hôtelier diminuer, en particulier la Nouvelle-Écosse (-15%). Près du tiers des chambres étaient regroupées en Ontario, ce qui représente la plus forte proportion, suivie de la Colombie-Britannique (20%) et du Québec (18%). Le nombre d’unités disponibles dans les villes de Toronto, de Vancouver et de Montréal est resté relativement stable depuis 2010.

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Taux d’occupation

En 2012, le taux d’occupation moyen des hôtels du Canada était de 62%, et le taux le plus élevé a été atteint par Terre-Neuve-et-Labrador (près de 74%). Avec l’Alberta, cette province est celle qui a connu la plus importante hausse depuis 2009, soit près de 10% (voir le graphique 1). Le Québec se situe à la médiane, légèrement au-dessus de la moyenne nationale.

L’occupation hôtelière de la Belle Province a enregistré une croissance d’environ 9% depuis 2009

L’occupation hôtelière de la Belle Province a enregistré une croissance d’environ 9% depuis 2009, mais accusé une baisse de près de 1% en 2012.

Le marché montréalais affiche une bonne performance depuis 2009, puisque l’occupation hôtelière a augmenté de 11% (comparativement à 8,5% à Toronto). Malgré cela, cette dernière est la moins élevée des trois villes, avec un taux de 64,2% en 2012, celles de Toronto et de Vancouver étant respectivement de 67,4% et de 66,6%.

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Indicateurs financiers: tarif moyen journalier et revenu par chambre disponible

En 2012, le tarif moyen journalier du Québec était parmi les plus hauts du Canada, et de 10$ plus élevé qu’en Ontario (135$ comparativement à 125$). Depuis 2009, c’est Terre-Neuve-et-Labrador qui a connu la plus forte hausse (11%), alors que l’Île-du-Prince-Édouard s’est classée en dernière position avec une diminution de 6,5% (voir le graphique 2). L’Alberta mène la course grâce à un tarif moyen de 139,80$ par nuitée.

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Le revenu par chambre disponible (RevPAR) – que l’on obtient en multipliant le taux d’occupation par le tarif moyen journalier – a augmenté de 9% entre 2009 et 2012 pour l’ensemble du Canada (voir le graphique 3). Terre-Neuve-et-Labrador, qui affichait le RevPAR le plus élevé de toutes les provinces en 2012 (102$), a aussi connu la plus forte hausse (+21%), suivie du Québec (+14%), tandis que l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick se classaient derniers (baisse respective de -5% et -4%).

Le RevPAR de Montréal a affiché une croissance de 16% depuis 2009 et s’élevait en 2012 à 86$. Mais une fois encore, la performance de la ville n’égale pas celles de Toronto et de Vancouver, puisque son revenu par chambre disponible est nettement plus bas que le leur (92$). Pour 2013, la firme PKF Consulting prévoit une augmentation de 3,8% à l’échelle du pays.

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Quelques comparaisons entre provinces

L’industrie hôtelière des provinces de l’Atlantique, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador, atteste d’une performance des moins enviables. Son nombre de chambres disponibles s’est considérablement réduit depuis 2010 (baisses de 8% pour le Nouveau-Brunswick, de 15% pour la Nouvelle-Écosse et de près de 9% pour l’Île-du-Prince-Édouard), et les autres indicateurs du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard sont les plus bas du pays.

Même si son parc hôtelier ne représente qu’un peu plus de la moitié de celui de l’Ontario, le Québec remplit davantage ses hôtels, vend ses chambres plus cher et génère des revenus plus importants par unité disponible que son voisin de l’Ouest.

Les transactions hôtelières

Les ventes d’hôtels au Canada se sont chiffrées à près de 1,2 milliard de dollars en 2012, en hausse pour une troisième année consécutive.

Néanmoins, ces montants sont loin d’égaler les 4,5 milliards de dollars investis en 2007. Sur les 97 transactions, la moitié ont été réalisées en Ontario et seulement 7 au Québec (4 à Montréal), pour une valeur supérieure de 24% à celle de 2011, soit 114 millions de dollars. L’Hôtel de la Montagne, vendu pour 39 millions de dollars, a constitué la quatrième plus importante vente du pays.

Un parc hôtelier grandissant

En 2012, 37 établissements se sont ajoutés au parc hôtelier canadien. C’est le segment milieu de gamme supérieur (Upper Midscale) qui comptabilise le plus grand nombre d’ajouts (12), suivi du haut de gamme (7). En 2013, 55 propriétés totalisant plus de 5 600 chambres devraient ouvrir.

En mai 2013, la Corporation de l’industrie touristique du Québec comptabilisait 1 688 établissements hôteliers. D’après une enquête réalisée fin 2010 par l’Association des hôteliers du Québec auprès des associations touristiques régionales, il y avait 24 projets de nouveaux établissements hôteliers et résidences de tourisme, et plus de 30 projets d’agrandissement ou de rénovation prévus ou planifiés au cours des prochaines années. Leur réalisation améliorera la compétitivité du parc hôtelier et profitera à l’ensemble de l’industrie touristique québécoise.

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Hébergement

Des concepts qui définissent l’hôtellerie de demain

Hôtels «cinq sens»

Une expérience hôtelière que l’on sent, que l’on voit, que l’on goûte, que l’on écoute, que l’on touche, c’est possible dans les établissements Sensatori ou Sentido Hotels & Resorts: diffuseurs d’odeurs dans les parties communes, serviettes, peignoirs et literie agréables au toucher, musique qui invite au rêve et à la détente, éclairage harmonieux, compositions florales, cuisine fraîche et saine, etc..

Hôtels «grande nature»

Verts et écologiques, ces hôtels plongent leurs visiteurs dans un environnement où la nature prédomine. C’est le cas du PARKROYAL on Pickering, à Singapour, un concept unique d’hôtel de 4 étages offrant quelque 15 000 mètres carrés de jardins verticaux luxuriants et de terrasses verdoyantes. En fait, la verdure s’épanouit dans tout le complexe. Les arbres et les jardins de l’hôtel semblent fusionner avec ceux du parc attenant, et les matériaux utilisés dans la conception de l’établissement sont issus de la nature: bois, cailloux, eau et verre.

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Hôtels «santé»

analyse_nouveaux_concepts_hoteliers_EvenDe plus en plus d’hôtels définissent leur image autour du bien-être: centres de conditionnement physique ouverts 24 heures sur 24, concierges «bien-être», programmes de mieux-être, tapis de yoga dans les chambres, saine alimentation, etc. D’autres, comme le groupe hôtelier Intercontinental, créent de nouvelles marques et intègrent à leur offre certains des éléments qui sont actuellement proposés par les centres de santé, les spas ou les stations thermales (lire aussi: L’industrie des spas fait peau neuve).

Hôtels «librairie»

En cette ère de prolifération des tablettes numériques et autres gadgets électroniques, de plus en plus d’hôtels semblent voguer à contre-courant en transformant certains espaces en de majestueuses librairies. Que ce soit au Capitol Hill Hotel de Washington ou au Viceroy de Santa Monica, ces endroits servent de lieu de détente ou de rencontres, et permettent aux établissements de générer des revenus additionnels dans les bars ou les restaurants par le seul fait de rassembler les gens et de les faire sortir de leur chambre!

Hotel_libraryD’autres, comme le Library Hotel de New York, poussent le concept un peu plus loin en s’inspirant de la classification décimale de Dewey (CDD) que l’on trouve dans les bibliothèques. Dans cet hôtel, chacun des dix étages met à l’honneur l’une des dix catégories de la CDD. Toutes les chambres sont décorées de manière unique avec une collection de livres et d’art explorant un sujet particulier lié à sa catégorie. Les hôtes sont invités à se détendre après leurs péripéties urbaines, en parcourant tranquillement quelques-uns des 6000 ouvrages mis à leur disposition.

Hôtels «vitrines sur la ville»

L’hôtel design Secret de Paris permet aux visiteurs de prolonger l’expérience de la ville, en leur proposant des chambres thématiques qui les propulseront dans l’atmosphère de l’un ou l’autre de ses attraits: le musée d’Orsay, le Moulin Rouge, la tour Eiffel, l’Opéra Garnier, le Trocadéro ou des ateliers d’artistes. Derrière chaque porte se cache un monument, délicatement suggéré grâce à un détail particulièrement évocateur, une référence architecturale ou une forme, un objet mythique: horloge inversée, œil-de-bœuf, danseuse de french cancan, cliché des toits de Paris, chaussons de danse suspendus, statues en trompe-l’œil, taches de peinture répandues sur le sol, etc.

Hôtels «bureaux»

Depuis longtemps, les hôtels offrent leurs salles de réunion en location à divers groupes. Les hôtels «bureaux» poussent le concept un peu plus loin. La chaîne Marriott, par exemple, souhaite redéfinir ses établissements comme des lieux de travail tout autant que d’hébergement. Elle permet donc désormais à tout le monde, clients ou non, d’utiliser ses espaces communs et son Wi-Fi gratuitement. Les personnes qui ont besoin d’un endroit plus tranquille pour travailler peuvent le réserver à l’heure sur LiquidSpace.com.

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En mars dernier, Westin Hotels & Resorts a lancé Tangent, dont le but est aussi d’offrir de petites salles de réunion pour des groupes de quatre personnes maximum. La particularité de ces lieux est qu’ils sont équipés de technologies de pointe: espace interactif qui permet à plusieurs utilisateurs de partager des documents numériques à partir de leur terminal personnel, visioconférence, système de son, Xbox 360, tableau blanc du sol au plafond, etc. Il existe aussi un salon pour faciliter les entretiens d’embauche.

Hôtels sociaux, l’hôtellerie du futur

Tablet Hotels a dernièrement organisé le concours Rethink Hotels, afin de créer un «concept d’hôtel social» pour la ville de New York, soit un lieu qui rassemblerait les clients de l’hôtel et les résidents de la ville de façon imprévisible et inattendue. Le concept retenu, The Allotment, place la nourriture au cœur de l’expérience client.

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En plus de l’hébergement, l’hôtel offrira:

  • un marché de producteurs locaux;
  • un restaurant où la cuisine à aire ouverte permettra aux clients de cuisiner avec les chefs;
  • un jardin communautaire sur le toit, pour les résidents. Ces derniers comme les clients pourront assister à des cours de jardinage.

Les habitants et les clients seront également invités à explorer la scène culinaire new-yorkaise aux côtés des chefs de l’hôtel: visite chez un producteur ou dans un marché local, ou encore grande virée dans les fermes, chez les producteurs en serre ou dans les jardins maraîchers des environs.

carry_onUn autre projet, celui du Carry On, prolonge la vie quotidienne trépidante de la ville à l’intérieur du hall d’entrée de l’hôtel. Ce dernier devient une extension de la métropole, un espace où les boutiques du quartier, les restaurants, les cafés, les touristes et les habitants coexistent. Les résidents occupent d’ailleurs une grande place dans l’offre de services de l’hôtel:

  • mobiliers de chambre créés par des artisans du coin ou vendus dans des boutiques du quartier;
  • salles de réunion et tables de conférence remplacées par des «centres d’apprentissage» qui proposent une sélection variée de cours dispensés par des résidents;
  • expositions d’œuvres d’art mettant en vedette des artistes locaux sur le toit de l’établissement.

Retour aux sources…

Malgré l’introduction d’une panoplie de nouveaux concepts hôteliers, plusieurs établissements choisissent de retourner à leur mission première, soit offrir une bonne nuit de sommeil à tous leurs clients (lire aussi: Améliorer l’offre hôtelière pour séduire tous les segments de clientèle). C’est le cas du Park Hyatt Beaver Creek, au Colorado, qui a engagé un «ambassadeur du sommeil» pour former les employés sur l’art d’une bonne nuit. L’hôtel propose aussi une chaîne de télévision offrant une musique composée par un expert du sommeil, des bouteilles d’oxygène pour aider les voyageurs à s’adapter plus facilement au décalage horaire et des massages favorisant l’endormissement. À Berlin, le Swissotel utilise entre autres la luminothérapie pour offrir un meilleur sommeil à ses clients. À New York, Le Benjamin possède son programme et son service de conciergerie sommeil. Il offre même une garantie de bonne nuit: nuitée gratuite si vous ne dormez pas bien!

Et vous, en quoi vous démarquez-vous de vos concurrents?

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Segments de clientèles Tourisme durable

Des vacances et des loisirs pour tous

Les voyages sont inaccessibles pour un large pan de la population. Selon un sondage réalisé par La Presse en mars 2012, 57% des Québécois n’ont pas voyagé lors de la dernière année. Voici quelques initiatives européennes et québécoises de démocratisation des vacances.

De quoi parle-t-on?

Le droit au tourisme pour tous est reconnu par le code mondial d’éthique de l’Organisation mondiale du tourisme. Le tourisme social regroupe les acteurs œuvrant plus largement dans l’économie sociale et solidaire, et ses valeurs se rapprochent de celles du tourisme durable. La mission de l’association, de la coopérative ou encore de la fédération est de rendre les loisirs touristiques accessibles aux personnes défavorisées ou ayant un revenu modeste, et de soutenir la mixité sociale, sans poursuivre un objectif de rentabilité. Les activités de ces organismes sont souvent rendues possibles par le soutien ou l’intervention de l’État, grâce à ses politiques sociales.

Louis Jolin, professeur à l’Université du Québec à Montréal et membre de l’Organisation internationale du tourisme social, précise que ce dernier vise «la qualité de la relation entre les visiteurs et les communautés d’accueil. […] Il a donc le mérite d’accroître la démocratisation du territoire pour des fins récréotouristiques mais aussi socioéducatives».

Un programme commun pour les États membres de la Commission européenne

La Commission européenne a créé en 2009 le programme Calypso (voir la vidéo ci-dessous), qui encourage le développement d’initiatives en lien avec le tourisme social dans l’Union européenne (UE). Quatre catégories de personnes des 21 États membres et pays participants peuvent profiter des voyages à bas prix et des séjours thématiques en basse saison:

  • les jeunes âgés de 18 à 30 ans;
  • les familles confrontées à des pressions financières ou autres;
  • les personnes en situation de handicap;
  • les personnes de plus de 65 ans ainsi que les retraités qui sont dans la précarité ou qui sont découragés à l’idée de devoir organiser un voyage.

Le programme a pour objectifs la lutte contre la saisonnalité des régions touristiques, mais aussi la découverte de destinations moins connues de l’UE. L’une des initiatives récentes est le FETE-project (First European Travel Experience), qui est né d’un partenariat entre la Belgique, l’Allemagne, la Finlande et la Suède pour offrir des vacances aux jeunes de 16 à 26 ans qui n’ont jamais voyagé en dehors de leur pays.

Source: vidéo YouTube

L’engagement des gouvernements envers le tourisme social

L’établissement public français de l’Agence Nationale pour les Chèques-Vacances (ANCV) assure l’accès aux vacances pour tous les travailleurs (lire aussi: «Chèque-vacances: un double levier, social et touristique»). Ces chèques-vacances génèrent plus de 1,3 milliard d’euros, profitent à près de 9 millions de bénéficiaires et sont acceptés par 170 000 entreprises touristiques et de loisirs. En marge de son activité principale, l’ANCV mène des actions de solidarité à travers plusieurs programmes d’aide à la personne et de financement des infrastructures touristiques à vocation sociale.

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Source: ANCV

Le gouvernement espagnol a développé le programme Europe Senior Tourism pour accueillir en basse saison les Européens de plus de 55 ans dans trois de ses régions touristiques. Une partie du voyage est financée, ce qui permet aux seniors de profiter d’un tarif maximal de 360 euros pour un séjour de 8 jours en hôtel 4 étoiles incluant le transport, la demi-pension, des animations et une excursion.

Quant au gouvernement québécois, il compte à son actif quelques programmes de financement. Les plus récents sont consacrés aux associations nationales de loisir touristique et de plein air, regroupées au sein du Conseil québécois du loisir, et aux centres de vacances et camps familiaux rassemblés dans le Mouvement québécois des vacances familiales.

Une offre segmentée selon le type de clientèle

En France, les acteurs du tourisme social sont regroupés au sein de l’Union nationale des associations de tourisme et de plein air, et sont classés de la manière suivante:

  • villages vacances, ciblant les familles (VVF Villages, Vacances Bleues);
  • centres d’accueil de jeunes et/ou sportifs (FUAJ, UCPA);
  • centres de vacances pour enfants et adolescents (Ligue de l’enseignement);
  • classes de découverte (voyages scolaires);
  • séjours linguistiques (Thalassa);
  • voyages pour adultes à l’étranger (ARVEL, Croq’Nature).

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Source: VVF Villages

En 2010, ils ont généré un chiffre d’affaires de 1,9 milliard d’euros, impliqué 20 000 emplois directs annuels, 50 000 emplois saisonniers et accueilli 3,2 millions de personnes.

En Italie et en Croatie, il existe un réseau de 40 centres touristiques qui se sont adaptés à une clientèle ayant des besoins particuliers les empêchant souvent de profiter des offres touristiques «ordinaires». Ainsi, Village for all est accessible aux personnes en situation de handicap, mais aussi à celles ayant des allergies alimentaires ou environnementales, aux personnes âgées, aux patients dialysés, aux personnes en surpoids et aux familles avec des enfants en bas âge.

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 Source: Village for all

AL_tourisme_social_image3Au Québec, le Mouvement québécois des vacances familiales a lancé le Programme Vacances Familiales Accessibles, qui permet à des familles de bénéficier de réductions pour voyager. Plusieurs autres organismes sont engagés dans le tourisme social en ciblant une clientèle précise: l’Association des camps certifiés du Québec, Vélo Québec, Kéroul, la Fédération québécoise de la marche, la Fédération québécoise des centres communautaires de loisir, etc.

Des enjeux bien présents

Ces organismes font face à de nombreux enjeux qui compromettent leur pérennité, tels que le financement et la difficulté de valoriser leurs pratiques. Pour répondre à ces problématiques, le Conseil québécois du loisir a déposé des recommandations auprès du gouvernement, proposant la création d’un fonds d’investissement d’aide à la personne, aux infrastructures et aux petits établissements touristiques en région, ainsi que la mise en place de crédits d’impôt.

Enfin, les partenariats avec le secteur privé sont une avenue à considérer. Une entreprise touristique qui s’engage auprès d’un organisme de tourisme social peut élargir sa clientèle et dispose d’un moyen supplémentaire pour lutter contre la saisonnalité.

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Enjeux Tendances

La consommation collaborative: une révolution par le partage?

Consommer différemment

L’insatisfaction liée à la consommation traditionnelle a poussé certaines personnes à réfléchir sur de nouvelles façons de subvenir à leurs besoins. Les conséquences de la surconsommation – sa lourde empreinte environnementale, notamment –, mais aussi les effets de la crise sont certainement des facteurs clés dans ce mouvement vers une utilisation partagée des biens qui, par le fait même, deviennent des services.

«Utiliser» plutôt que «posséder», voilà l’idée véhiculée par le concept de la consommation collaborative. On observe aussi une culture de la «bonne affaire». Ce n’est plus ce que nous possédons qui compte, mais plutôt notre capacité à dénicher des bons plans.

Des plateformes de toutes sortes

Le concept des plateformes collaboratives croît à vitesse grand V. La technologie mobile, Internet, les réseaux sociaux et les possibilités de géolocalisation mettent en relation ceux qui offrent et ceux qui cherchent.

Les réseaux se multiplient et se segmentent selon les motivations et les clientèles: covoiturer pour assister à un événement culturel ou pour aller faire du ski, ou encore louer un appartement s’adressant à la communauté gaie (Misterbnb). Cette consommation collaborative touche une grande variété de secteurs. On partage des biens entre voisins (Street Bank), des machines à laver (La machine du Voisin); on échange même le contenu de sa garde-robe (pretachanger.fr).

Des réseaux à succès

La plateforme communautaire Airbnb, qui fait les manchettes ces temps-ci parce qu’elle soulève des enjeux de légitimité, a été créée à San Francisco en 2008. Elle rassemble aujourd’hui plus de 300 000 offres de logements uniques à travers 34 000 villes du monde. Le particulier peut y offrir une chambre et accueillir les voyageurs, ou louer sa maison pendant son absence (lire aussi: La location de propriété en ligne bouleverse l’hôtellerie traditionnelle).

Plus de dix millions de nuitées ont été réservées sur ce site Web, qui fait office d’intermédiaire entre le loueur et le visiteur. Née de la nécessité des fondateurs de trouver des revenus pour payer leur loyer élevé, l’entreprise Airbnb constitue aujourd’hui la référence en matière de succès de commerce du partage ou de consommation collaborative. Néanmoins, ce type de formule s’attire les foudres de certains acteurs de l’industrie touristique et hôtelière qui y voient notamment une absence de standards de qualité pour la clientèle touristique et une concurrence illégale.

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 Source: Airbnb.ca

Zipcar, le plus grand réseau d’autopartage au monde, regroupe 767 000 membres pour une flotte de 10 000 véhicules répartis dans 20 zones métropolitaines et 300 campus universitaires. L’entreprise est présente dans 11 aéroports nord-américains, permettant ainsi aux membres de recourir à cette formule lorsqu’ils voyagent dans les villes desservies (lire aussi: Un concentré d’innovations et une dose de provocation).

BlaBlaCar est un réseau de covoiturage européen qui met en relation les automobilistes et les passagers à la recherche d’un siège. Il est présent dans 10 pays et rassemble aujourd’hui 3 millions de membres, dont 600 000 y ont recours tous les mois.

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Source: BlaBlaCar

De nouvelles plateformes de partage et de location de particulier à particulier voient le jour pratiquement chaque semaine. Il existe certainement un mouvement de masse vers une forme alternative de consommation, et le Québec n’est pas en reste. Des initiatives à succès comme AmigoExpress et Communauto (lire aussi: La location de voiture: l’éclatement du modèle d’affaires), ou encore les nombreuses plateformes Web qui permettent aux particuliers d’échanger leurs biens et services, comme LesPAC et Kijiji, démontrent l’intérêt des Québécois pour la consommation collaborative.

À la recherche d’authenticité

Comme le présente Loïc Le Meur, organisateur de la conférence technologique LeWeb, la jeune génération d’adultes grandit avec de nouvelles valeurs en matière de consommation. Ils croient notamment:

  • en l’authenticité;
  • en la durabilité;
  • que «faire le bien fait du bien»;
  • au partage avec la communauté;
  • en la création collective;
  • au financement collectif;
  • que «c’est l’avidité qui est mauvaise, pas l’argent».

Monsieur Le Meur définit aussi l’état d’esprit du nouveau consommateur. Que ce dernier soit jeune ou moins jeune, des mots clés reviennent dans sa façon de se procurer des biens et services:

  • simplicité;
  • traçabilité et transparence;
  • communauté;
  • participation;
  • collaboration.

La consommation touristique embrasse cette tendance. Le touriste y voit une façon de voyager plus économique, plus authentique, plus locale et qui se situe hors des sentiers battus. Le site de réservation Onefinestay, lui, propose de vivre un séjour comme un résident en louant une propriété et en lui offrant des applications pour mieux apprivoiser le quartier. Voilà une plus-value pour le touriste en quête d’immersion dans la culture locale (lire aussi: Découvrir la destination comme le ferait un résident).

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Source: Onefinestay

Un mouvement qui bouscule

Ces initiatives créent des remous dans l’offre traditionnelle. Certaines organisations, comme Euromonitor, se veulent rassurantes, alors que d’autres experts et entreprises sonnent l’alarme ou cherchent à s’adapter. C’est le cas de Hertz, l’entreprise de location de voiture qui a mis sur pied Hertz on demand, un service qui se rapproche de la location en libre-service. Il ne serait donc pas surprenant de voir les entreprises développer des modèles hybrides pour mieux répondre aux besoins de leurs clients, tout en maximisant l’utilisation des ressources lorsqu’elles sont inoccupées, tels les espaces communs dans les hôtels, par exemple.

Un autre enjeu de taille est celui de la réglementation. La location à court terme de résidences de particuliers doit se faire dans le respect de lois très restrictives, dans certains cas. Les réseaux de covoiturage ou de partage de voitures entre particuliers sont aussi parfois problématiques sous certaines juridictions. À San Francisco, le maire souhaitait assouplir ce système afin de favoriser le développement de cette nouvelle économie. Il a donc créé, en 2012, le Sharing Economy Working Group qui se penche sur ces défis pour protéger les consommateurs, les propriétaires qui offrent leurs biens et le voisinage, mais aussi sur la façon de collecter des taxes pour assurer un contrôle de ce nouveau mode de commerce.

Ainsi, ce mouvement de fond nécessitera certainement des ajustements de part et d’autre.

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Hébergement Tourisme durable

L’hôtellerie durable et ses accréditations: où en est le voyageur?

Dans le but de répondre aux besoins de clients de plus en plus concernés par leur impact sur l’environnement, de nombreux hôteliers empruntent la voie de la certification. Une enquête de l’Association des hôtels du Canada (AHC) révèle qu’un voyageur d’affaires ou de loisirs canadien sur quatre considère l’accréditation hôtelière comme un critère important, au moment de planifier ses vacances.

Labels et certifications: de quoi parle-t-on?

Les labels et certifications sont associés à une initiative volontaire apportant aux clients des garanties sur le produit ou le service consommé, et permettant aux organisations de différencier leur offre de celle de la concurrence. En apparence synonymes, les deux termes désignent pourtant des processus différents.

  • La certification est une procédure par laquelle un tiers indépendant vérifie, de façon continue, la conformité entre les activités de l’organisation et les règles issues de documents normatifs et référentiels.
  • Le label représente le symbole officiel d’identification permettant à un groupement de professionnels (association, fondation, fédération ou organisme officiel) de garantir aux clients que ses membres respectent un cahier des charges contrôlé par un organisme interne ou externe.

Au cours des dernières années, la sensibilisation des hôteliers, des intervenants touristiques et des voyageurs aux enjeux du tourisme durable a entraîné un essor d’accréditations à travers le monde. Dans le secteur de l’hébergement, les certifications et labels durables peuvent évaluer tant les bâtiments ou les services que la qualité de la prestation offerte (voir le tableau 1). Alors que la définition du tourisme durable donne une place égale aux préoccupations économiques, sociales et environnementales, les accréditations hôtelières peuvent parfois privilégier une dimension par rapport à une autre. Si les hôtels québécois adhèrent progressivement à des accréditations durables, le milieu est encore en évolution.

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Dans la province, le programme RéserVert de l’Association des hôteliers du Québec est l’un des plus utilisés. Celui-ci identifie les établissements hôteliers qui appliquent les principes du développement durable. Un réseau de partenaires des secteurs privé et public assure le contrôle de la certification. RéserVert se veut un programme favorisant l’autonomie des hôteliers, en mettant à leur disposition une trousse à outils qui leur permet d’évaluer leur niveau d’engagement dans le tourisme durable et de réaliser les ajustements nécessaires à l’obtention de la certification. Actuellement, une soixantaine d’hôtels participent au programme (lire aussi: Les pratiques environnementales dans les hôtels).

Les bénéfices des labels et des certifications sont nombreux et se situent à différentes échelles. Ils permettent aux instances politiques de positionner la destination par rapport aux grands enjeux concurrentiels mondiaux. Une fois classifiées, les entreprises peuvent atteindre un meilleur rendement grâce à une gestion plus efficace et utiliser leur nouvelle distinction comme outil de commercialisation. Mais quels sont les avantages pour le touriste?

Perception des touristes quant aux certifications durables

Lors de sa plus récente enquête sur les intentions de voyage, effectuée en janvier 2013 auprès d’un échantillon de 1 505 «voyageurs probables» canadiens, l’AHC s’est penchée sur quelques questions relatives aux enjeux environnementaux du secteur hôtelier. Les résultats démontrent que:

  • la sensibilisation des voyageurs d’affaires aux initiatives environnementales introduites dans les hôtels est en hausse de 8% par rapport à 2009. Ainsi, en 2013, 44% d’entre eux jugent leur présence importante;
  • 36% des voyageurs d’affaires et de loisirs trouvent important que les hôtels offrent des produits verts;
  • la capacité d’acheter des crédits de carbone est qualifiée de très importante par 21% des voyageurs d’affaires et de loisirs;
  • le fait qu’un hôtel s’inscrive dans un programme de certification durable est important pour 26% des voyageurs d’affaires et de loisirs.

L’accréditation durable d’un hébergement garantit au touriste que l’hôtelier s’est engagé dans une politique structurée. Outre des actions visibles, comme la réutilisation des serviettes et des draps, l’adhésion à une certification assure un gage d’actions supplémentaires bien souvent invisibles aux yeux des clients. Selon PhoCusWright, en 2009, 56% des voyageurs américains se montraient sceptiques lorsqu’une organisation leur parlait de ses pratiques vertes. Car, rappelons-le, l’usage de l’écoblanchiment ou greenwashing par de nombreuses entreprises nuit à la confiance des consommateurs (lire aussi: Gare au greenwashing, votre réputation est en jeu!). De ce fait, en plus de cadrer l’industrie, les diverses accréditations présentent également l’avantage de rassurer les voyageurs, grâce au contrôle auquel doit se soumettre l’organisation qui s’y affilie.

Plusieurs actions durables sont aujourd’hui ancrées dans le quotidien des citoyens (tri des déchets, achats de produits biologiques, etc.) et lorsqu’ils voyagent, ceux-ci souhaitent garder leurs habitudes. En tant que consommateurs avertis, ils ont des attentes plus élevées en ce qui a trait à la responsabilité durable des entreprises, car celle-ci touche directement à leurs valeurs. Si un programme vert géré au sein même de l’hôtel donne au client l’espoir que certaines mesures soient mises en place, l’accréditation lui offre l’assurance que les actions effectuées s’inscrivent réellement dans une démarche durable vérifiable.

 

Analyse écrite en collaboration avec Camille Derelle, professionnelle de recherche

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme urbain durable.

 

Sources:

– Association des hôtels du Canada, communiqué de presse. «Les voyages d’affaires et de loisirs sont en hausse (s’améliorent) – Les derniers résultats de l’enquête 2013 sur les intentions de voyage», 19 février 2013.

– Atout France. «Choisir un label d’hébergement de tourisme durable», Éditions Atout France, mars 2013.

– Barabé, André. «Certification et labellisation: écotourisme et développement durable du tourisme», notes du cours Tourisme et développement durable, Université du Québec à Trois-Rivières, 13 avril 2009.

– Barth, Martin, Fabian Weber et Monika Güntensperger. «Pour y voir plus clair dans la jungle des labels», hotelleriesuisse, mars 2011.

– Baylor, Julie. «The Value of Green Certification», Hotel Business Review.

– GfK. «The Environment: Public Attitudes and Individual Behavior», 2011.

– Millar, Michelle, Karl J. Mayer et Seyhmus Baloglu. «Importance of Green Hotel Attributes to Business and Leisure Travelers», Journal of Hospitality Marketing & Management, vol. 21, no 4, 2012.

– Millar, Michelle et Seyhmus Baloglu. «Hotel Guests’ Preferences for Green Guest Room Attributes», Cornell Hospitality Quarterly, vol. 52, no 3, août 2011.

– Priskin, Julianna. «Evaluating Sustainable Tourism Certification Schemes for Hotels», Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, juin 2009.

– Rheem, Carroll. «Going Green: The Business Impact of Environmental Awareness on Travel», PhoCusWright, février 2009.

 

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Marketing

Touriste dans sa propre ville

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Source: Page Facebook officielle de VisitOSLO

À travers cet événement annuel nommé Tourist in your own city, l’organisme VisitOSLO invite les habitants à découvrir leur propre ville grâce aux avantages de l’Oslo Pass. Habituellement réservé aux visiteurs étrangers, ce forfait est cette journée-là offert aux résidents et leur donne droit à toute une série de réductions et de gratuités: libre accès aux transports publics et aux stationnements municipaux; entrée dans certains monuments, musées et parcs d’attractions; visites guidées; offres spéciales dans les restaurants, les magasins et pour la location d’équipement; accès aux piscines et aux patinoires extérieures.

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Source: VisitOSLO

ND_Touriste_dans_sa_propre_ville_image_3Les touristes peuvent même profiter d’une nuit d’hôtel en plus (parmi les 40 établissements participants) en prenant l’Oslo Package.

À travers cette initiative, la Ville souhaite faire la promotion de ce forfait aux habitants, qui deviennent ainsi de véritables ambassadeurs de la destination auprès des touristes.

Ils sont même invités à immortaliser leurs découvertes en partageant leurs photos sur Instagram, grâce au mot-clic #turistiegenby.

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Hébergement Tendances

Le glamping: une tendance qui gagne à être durable

Le camping et l’hôtellerie de plein air ont connu une évolution dans les dernières années, principalement en ce qui a trait au prêt-à-camper et au camping de luxe, aussi appelé glamping, contraction de glamourous camping. Dans la province, 19% des campeurs québécois affirment en avoir déjà fait l’expérience. Populaire, cette forme d’hébergement allie le contact avec la nature, le confort et, lorsqu’on y a recours dans le cadre d’une démarche durable, le respect de l’environnement. On remarque d’ailleurs, depuis les dernières années, une multitude d’initiatives prises par des organisations qui accordent une importance particulière à leur empreinte écologique.

Bien que le Réseau de veille en tourisme ait traité de ce sujet dans une récente analyse (lire aussi: Du camping au glamping, l’hébergement de plein air se diversifie) les tendances en glamping évoluent rapidement, et de nouveaux exemples méritent d’être présentés.

Le prêt-à-camper séduit les campeurs

Compte tenu de sa simplicité et du confort qu’il procure, le prêt-à-camper semble faire des heureux chez les campeurs québécois. En effet, selon une récente étude menée par la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM (lire aussi: La pratique du camping au Québec en 2012), près d’un campeur sur cinq a déjà fait l’essai de cette formule au Québec, et la plupart (91%) seraient prêts à répéter l’expérience. D’ailleurs, seuls 14% de ces campeurs ne possédaient pas d’équipements, ce qui démontre un intérêt pour cette forme de camping, même auprès des campeurs équipés. L’étude met également en évidence que les campeurs québécois adoptent des comportements verts en camping et qu’ils s’attendent à ce que les campings en fassent autant. Ainsi, on assiste à l’émergence de concepts originaux qui combinent le plein air et le confort. En voici quelques-uns, inspirés de cette tendance.

Des innovations qui transforment le paysage

Située dans la région des Îles-de-la-Madeleine, au Québec, l’entreprise Vert et mer propose de l’hébergement en yourtes à sa clientèle. Fabriquées entièrement dans la région, ces habitations visent entre autres le confort, la durabilité, l’économie d’énergie et la résistance aux intempéries. En d’autres termes, ce sont des campements écologiques nomades combinant la technologie contemporaine à l’architecture ancestrale. Ces yourtes peuvent être installées de façon temporaire sur des sites naturels, ce qui limite l’impact environnemental sur le territoire.

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Source: Vert et mer

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Source: Vert et mer

À Carleton-sur-Mer en Gaspésie, l’entreprise Aux 4 Vents a poussé ce concept à un autre niveau en installant des yourtes flottantes campées sur des radeaux dans la Baie-des-Chaleurs. Ce concept unique en Amérique permet notamment un contact privilégié avec la mer et sa faune.

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L’entreprise française Alter Ec’Home présente pour sa part une gamme d’habitations écologiques innovantes et créatives, conçue pour les professionnels du tourisme ainsi que pour des particuliers. Parmi ces produits, on trouve le Mobile Ec’Home. Ce type d’hébergement mobile et autonome s’installe en moins d’une heure et peut être transporté à l’aide d’une remorque. Ces cabines, aux matériaux écologiques, peuvent fonctionner à l’énergie solaire ou être branchées aux réseaux électriques. Les commodités en place sont: une salle d’eau avec douche et toilette sèche à litière biomaîtrisée, une cuisine tout équipée, un coin salon, un coin repas ainsi qu’un lit double.

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Source: Alter Ec’Home

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Source: Alter Ec’Home

Des exemples inspirants

Les Atlantic Surf Pods du Royaume-Uni

Dans la ville de Bude, au Royaume-Uni, un site de camping offre un mode d’hébergement combinant le camping, le confort et le respect de l’environnement. Les sept Atlantic Surf Pods disposent d’un lit très grand format, d’une salle de bain ainsi que d’une terrasse extérieure avec barbecue et table à manger. Dans le but de diminuer leur empreinte écologique, l’éclairage installé est à énergie solaire ou à DEL. En plus de faciliter son intégration au paysage, la toiture recouverte de verdure permet une isolation plus efficace.

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Source: Atlantic Surf Pods

La Sépaq continue dans cette voie

Au Québec, la Sépaq démontre un intérêt grandissant pour le concept du prêt-à-camper. Introduite en 2008 dans ses parcs nationaux, la tente Huttopia a vu son nombre passer de 60 à 330 pour l’été 2013. Pour sa part, le nombre de tentes Hékipia, une version modifiée de l’Huttopia, a plus que doublé depuis son introduction en 2011, pour atteindre un total de 97 tentes en 2013. Parcs Canada compte de son côté aménager dans le parc national Forillon, en Gaspésie, 10 tentes oTENTik, semblables aux tentes Huttopia et déjà offertes dans le parc national de la Mauricie. Une centaine de nouvelles unités seront mises à la disposition des visiteurs dans le réseau de Parcs Canada.  

 

La Sépaq met également en place une nouvelle génération d’hébergement dans ses parcs: l’EXP. Cette habitation solaire passive, disponible à compter de l’été 2013, est conçue pour deux personnes et permet, grâce à sa conception vitrée, de s’imprégner de la nature d’un site en plus de bénéficier au maximum du rayonnement solaire. Elle dispose également de deux lits simples ainsi que d’une multitude de commodités.

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Crédit photo : Parc national du Mont-Tremblant, Mathieu Dupuis, Sépaq.

La Sépaq a adopté un Programme de gestion environnementale (PGE) applicable à chacun de ses établissements afin de réduire significativement leur empreinte écologique. Ce programme constitue l’une des bases du plan d’action de développement durable de la société. Il porte notamment sur la gestion de l’énergie, de l’eau, des matières résiduelles, et des matières dangereuses et toxiques. Le PGE vise également la gestion des aménagements lors de la mise en place ou de la mise à niveau d’infrastructures.

Des habitations inspirées du grand écran

Lauréat national Or dans la catégorie «Hébergement – moins de 40 unités» lors des Grands Prix du tourisme québécois de 2012, l’entreprise Entre cimes et racines, située dans la région des Cantons-de-l’Est, compte 11 écogîtes en milieu naturel. Leur dernière innovation, le Troglo, s’inspire des habitations des Hobbits, du célèbre film Le Seigneur des anneaux. Avec son toit végétal et ses ouvertures circulaires, ce type d’hébergement est un bel exemple d’intégration de l’habitat humain en milieu forestier.

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Source: Entre cimes et racines

Considérant l’intérêt grandissant pour le prêt-à-camper et la pratique du camping par 25% des Québécois, on peut affirmer qu’il existe un marché désirant vivre de nouvelles expériences d’hébergement en plein air. Quelles seront les prochaines créations québécoises qui se démarqueront par leur originalité et leurs caractéristiques durables?

 

 Analyse rédigée en collaboration avec Amélie Racine, analyste

 Cette analyse a été produite pour alimenter le site web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

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Tendances

Un concentré d’innovations et une dose de provocation

Lors du Gueuleton touristique du 14 mars dernier, Philippe Bourguignon a présenté plusieurs tendances qui ont une influence profonde sur le comportement des individus et donc sur l’industrie touristique.

Une carrière consacrée au tourisme

Conference_M.Bourguinon_image_1Philippe Bourguignon est un homme d’affaires français qui œuvre dans l’industrie touristique depuis près de 40 ans. Amorçant sa carrière internationale au sein du groupe Accor, où il a occupé plusieurs postes de direction, il accède ensuite à la tête d’Euro Disney puis du Club Méditerranée. Il est aujourd’hui partenaire de la compagnie américaine Revolution et préside la division Revolution Places, spécialisée dans les marchés du tourisme, de l’hôtellerie et de l’immobilier.

Les grandes évolutions qui façonneront le monde de demain

Le virage technologique amorcé il y a une cinquantaine d’années a apporté de nombreux changements de fond. Nous sommes passés d’une société:

  • de consommation à une société d’information;
  • de masse à une société de personnes;
  • normée à une société d’exclusion.

Nous vivons aujourd’hui dans une société de connexion.

Influence de ces changements sur les comportements des voyageurs

Ces évolutions ancrées vont changer la manière de travailler et de voyager. Depuis toujours, la partie gauche du cerveau (liée à la logique et à l’analytique) est la plus utilisée. Maintenant, les jeunes générations qui grandissent avec les nouvelles technologies font davantage fonctionner la partie droite (liée aux paradoxes, à l’intuition et à la liberté).

Des bouleversements s’opèrent dans le milieu du voyage. Lorsque l’individu partait en vacances il y a une trentaine d’années, c’était pour se reposer; maintenant, c’est pour déstresser. «La fatigue vous prend un peu de vos capacités physiques, le stress vous vole tout: votre créativité, votre intellect, vos idées, vos émotions, vos passions». M. Bourguignon voit dans ce phénomène un grand potentiel pour l’«anti-resort», dans lequel sa compagnie a investi (voir les exemples plus bas dans le texte).

Quatre changements importants sont constatés dans le comportement des voyageurs:

  • ils veulent des produits authentiques, une relation intime avec ce qu’ils achètent ou consomment, ou avec l’expérience qu’ils vivent;
  • ils voyagent en tribu (lire aussi: Les voyages multigénérationnels: une tendance qui s’accentue);
  • ils adoptent un comportement individuel et veulent se redécouvrir eux-mêmes. M. Bourguignon parle d’«égologie» pour caractériser ce comportement;
  • ils retournent vers la nature.

La difficulté de l’industrie touristique à s’adapter à ces évolutions

Selon l’homme d’affaires, l’offre touristique ne correspond plus aux besoins des voyageurs. Il regrette que les hôteliers conçoivent un établissement en pensant non pas au client, mais plutôt aux économies du concept architectural. Le modèle standardisé adopté par de nombreuses entreprises pour faciliter l’expansion de leur marque ne séduit plus, en raison d’une incompatibilité avec une offre personnalisée. Résultat: les clients ont tendance à être moins loyaux, car ils ne veulent pas voir les mêmes chambres ou la même nourriture partout. Ainsi, à l’exception des produits de niche, l’offre ne répond plus aux motivations des voyageurs, car:

  • elle ne ressemble pas à la culture locale;
  • elle est artificielle;
  • elle n’est pas unique.

Un exemple d’échec attribuable à un manque de connaissance des besoins de la clientèle est le Club Med World, implanté à Paris et à Montréal en 2001 et fermé en 2003. L’entreprise voulait réinventer la boîte de nuit en ville, mais la formule, trop similaire à celle des villages Club Med, n’a pas séduit.

Revolution Places surfe sur les tendances et dérange

La division Revolution Places crée des activités «provocatrices», représentant une menace pour les acteurs établis sur les marchés visés. Elle investit dans des modèles d’affaires radicalement différents, que les grandes entreprises ont plus de difficultés à lancer en raison du risque de cannibalisation de leurs activités principales. Elle mise sur les valeurs suivantes: liberté, créativité, générosité, connectivité, amusement, nature, inspiration, découverte, redécouverte, vitalité, respect, équilibre, pratique. Voici quelques exemples de ses start-up, selon la tendance dont elles découlent:

  • Autopartage:

Zipcar, la plus grande société d’autopartage des États-Unis, a lancé le mouvement dans le pays. Elle est aujourd’hui présente au Canada, en Espagne, au Royaume-Uni et sur de nombreux campus américains.

  • Santé et bien-être:

Le Miraval Resort & Spa en Arizona est, selon M. Bourguignon, le parfait exemple de l’«anti-resort», même s’il offre des formules tout compris. Ce complexe hôtelier de luxe mise sur le bien-être et a pour vocation «d’ouvrir les yeux, les esprits et les cœurs». Autrement dit, sa mission est d’aider les clients à réapprendre à vivre normalement, à se redécouvrir et à découvrir les autres.

  • Marketing prédictif:

L’application Hunch est l’aboutissement ultime du marketing prédictif, qui consiste à anticiper les comportements des consommateurs. L’utilisateur, après avoir répondu à diverses questions sur ses goûts, ses valeurs, ses intérêts et sa personnalité, reçoit un «Taste Graph» de recommandations personnalisées et d’activités à proximité (restaurants, films, événements, etc.).

 

  • Le luxe formalisé tend à disparaître:

Selon M. Bourguignon, «le luxe, c’est d’apporter au client ce qui est bon pour lui». La perception du luxe est alors propre à chaque individu. Il ajoute que le luxe n’est plus «bling-bling»: «le luxe, c’est que vous décidiez quand la femme de chambre nettoie votre chambre, […] c’est d’avoir un chef privé dans votre résidence quand le menu du restaurant collectif ne vous convient pas». Ces préceptes sont respectés à la lettre par ses deux entreprises spécialisées dans les voyages de luxe. Leurs offres sont réservées aux membres, favorisent les voyages en famille et fournissent un service VIP:

Exclusive Resort regroupe un large choix de résidences à travers le monde et offre le service d’un concierge pour l’organisation du voyage, ainsi que la participation à des activités VIP et à des événements privés. Un Exclusive Ambassador s’assure du bon déroulement du séjour.

Portico, créé il y a un an, rassemble une collection de résidences privées de luxe. Après avoir défrayé l’inscription de 5000 $ US la première année, les membres de ce club économisent en moyenne 350 $ US par nuitée.

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  Source: Portico Club

 Afin de clore sa présentation, M. Bourguignon a cité un extrait d’une lettre écrite en 1858 par Gustave Flaubert, un écrivain français, qui résume selon lui ce que sont les vacances et le voyage aujourd’hui:

«Voyager, quitter tout, imiter les oiseaux, c’est une tristesse de la civilisation que d’habiter dans des maisons. Je crois que nous sommes faits pour nous endormir sur le dos en regardant les étoiles. Dans quelques années, par le déploiement de la locomotion, l’humanité va revenir à son état nomade. On voyagera d’un bout à l’autre comme on faisait autrefois, cela remettra du calme dans les esprits et de l’air dans les poumons».

 

Source:

– Bourguignon, Philippe. «Réflexions et leçons de vie d’un gourou international du tourisme: nouveaux modèles et disruption», Gueuleton touristique de la Chaire de tourisme Transat ESG UQAM, 14 mars 2013.

Extraits vidéo:

Partie 1 – Introduction et histoire du tourisme

Partie 2 – Tendances et comportements

Partie 3 – Comment le tourisme s’adapte ou non à ces tendances

Partie 4 – Initiatives de Revolution