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Faits et chiffres Ressources humaines

Saisonnalité, qualification, compétence et âge de la main-d’œuvre touristique québécoise

Au Québec, un peu plus de la moitié des emplois en tourisme sont des postes à temps plein et permanents. La plus grande proportion de ces emplois se trouve dans le secteur du transport. La main-d’œuvre touristique est plus faiblement scolarisée que la moyenne des industries, mais on dénote toutefois une croissance du niveau de scolarisation. Parmi la totalité des emplois en tourisme, 60% requièrent des compétences inférieures au niveau technique. Les jeunes de 15 à 24 ans constituent la tranche d’âge la plus importante de la main-d’œuvre (30%).

Les données suivantes proviennent du Diagnostic sectoriel de la main-d’œuvre en tourisme – Édition 2010, préparé par Zins Beauchesne et associés pour le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT).

La saisonnalité de l’emploi

D’entrée de jeu, voici un petit lexique des types d’emploi:

Dans l’industrie touristique, les emplois saisonniers comptent pour 29,1% des emplois, contre seulement 19% dans l’ensemble des industries. Le secteur des loisirs et du divertissement regroupe le plus haut taux d’emplois saisonniers (39,6%) et, à l’inverse, le transport le plus grand pourcentage d’emplois permanents (88,1%).

En tourisme, la proportion de postes à temps plein (66,4%) est très inférieure à l’ensemble des industries (81,5%). Cependant, le secteur du transport surpasse ces moyennes avec un taux de 90,9% de postes à temps plein. Dans tous les secteurs d’activité, on retrouve la plus grande proportion de postes à temps plein dans les emplois permanents et, plus les emplois sont saisonniers, plus le pourcentage de postes à temps plein diminue: 73,6% des postes à temps plein en tourisme sont des emplois permanents de 40 à 52 semaines, 52,8% des emplois saisonniers de 14 à 39 semaines et 37,4% des emplois saisonniers de moins de 14 semaines.

Environ la moitié des emplois de l’industrie touristique (52,2%) sont des postes à temps plein et permanents, contre un peu plus des deux tiers pour l’ensemble des industries (69,7%). Avec un taux de 82,2%, le secteur du transport surpasse largement la moyenne de tous les secteurs et industries confondus. L’emploi saisonnier et/ou à temps partiel dépasse la barre des 50% en restauration (55,1%) et dans les loisirs et le divertissement (54,9%).

La scolarité

La main-d’œuvre touristique est moins scolarisée que la moyenne provinciale: plus de la moitié (51,8%) des travailleurs n’ont aucun diplôme ou détiennent seulement un diplôme d’études secondaires, comparativement à 36% pour l’ensemble des industries. De même, 14,3% des travailleurs en tourisme possèdent un diplôme universitaire contre 26,1% pour l’ensemble de la main-d’œuvre québécoise.

Cependant, on constate la croissance du niveau de scolarisation des employés de l’industrie touristique. Depuis le Diagnostic sectoriel de 2004 (données de 2001), il y a eu une diminution importante de la tranche des non-diplômés et des diplômes d’études secondaires (-8,2%). Par ailleurs, on compte une augmentation des titulaires d’un diplôme d’études professionnelles (+3,2%), de même que des titulaires d’un diplôme d’études universitaires de niveau baccalauréat ou inférieur (+2,7%).

Avec la plus forte proportion de la main-d’œuvre détenant un diplôme d’études secondaires ou moins (62,4%) et le plus faible taux de diplômés universitaires (8,6%), la restauration représente le secteur le moins scolarisé. À l’autre bout du spectre, les services de voyages comptent le pourcentage le plus élevé de diplômés universitaires (31,3%) et le plus faible taux de diplômes d’études secondaires ou moins (27,3%).

Le niveau de compétence

Les emplois en tourisme requièrent un niveau de compétence inférieur à l’ensemble des industries:

  • 14,2% de personnel de gestion et professionnel contre 26,4%;
  • 25,6% de personnel technique contre 30,5%;
  • 60,2% de personnel intermédiaire et élémentaire contre 43,1%.

Par conséquent, le perfectionnement, la qualité du service et la progression des employés constituent des enjeux notables.

Les loisirs et le divertissement détiennent le plus haut taux de compétence de tous les secteurs d’activité, alors que 56% de ses postes sont des niveaux gestion, professionnel et technique. Le niveau professionnel est presque inexistant au sein de la restauration (0,4%) et de l’hébergement (1,5%). Le personnel de niveaux intermédiaire et élémentaire dépasse la barre des 60% dans trois des cinq secteurs d’activité (hébergement, 68,7% ; restauration, 62,7% et transport, 61,8%), tandis que les services de voyages se situent juste en deçà de ce taux (58,2%).

L’âge

La main-d’œuvre touristique est caractérisée par une forte proportion de jeunes de 15 à 24 ans (30,4%), et ces jeunes constituent 41,2% des travailleurs dans le secteur de la restauration. La mauvaise nouvelle: ce segment de la population diminuera d’environ 25% durant la période allant de 2005 à 2031.

Malgré le poids des jeunes au sein de l’industrie touristique, on observe aussi un vieillissement de la main-d’œuvre. De 1996 à 2006, la proportion d’employés de 55 ans et plus a augmenté de 50%, passant de 8,2% à 12,1%, tandis que celle des travailleurs de 25 à 34 ans a diminué de 23,2% à 18,8%. Le transport compte la plus forte proportion de travailleurs âgés, tous secteurs et industries confondus, avec 53,3% des 45 ans et plus. À la longue, cette situation posera des problèmes de relève, de perte d’expertise et de recrutement.

Source:
– Zins Beauchesne et associés. «Diagnostic sectoriel de la main-d’œuvre en tourisme – Édition 2010»,  préparé pour le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, mars 2010.

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Faits et chiffres Ressources humaines

Topo de l’industrie touristique québécoise et de sa main-d’œuvre en chiffres et en graphiques

Des statistiques souvent recherchées, des chiffres situant son importance économique, des données évolutives… Les informations présentées et analysées dans le Diagnostic sectoriel de la main-d’œuvre en tourisme – Édition 2010 permettent de caractériser le secteur touristique, ses entreprises, ses emplois et sa main-d’œuvre. Cette étude a été préparée par Zins Beauchesne et associés pour le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT). En voici quelques extraits.

Répartition des entreprises selon les secteurs d’activité touristiques

L’industrie touristique québécoise compte 24 793 entreprises réparties dans cinq secteurs d’activité.

Note: Le secteur des services de voyages comprend les services de préparation de voyages et de réservation, de même que les événements et les congrès, car beaucoup d’emplois sont liés aux services de soutien (p. ex.: organisation de congrès, réservation des services terrestres, etc.).

Le graphique 2 compare les données du Diagnostic 2004 et celles du Diagnostic 2010 pour chaque secteur d’activité. La restauration a connu une croissance de 2,1% et, à l’inverse, les loisirs et le divertissement ont diminué de 1,6%.

Évolution du nombre d’entreprises

De 2004 à 2007, le nombre d’entreprises touristiques a diminué de 6,7%, et tous les secteurs d’activité ont connu une baisse de leur nombre d’entreprises – particulièrement marquée pour le secteur du transport (-13,6%) et des services de voyages (-10,5%). En dépit de la reprise en 2008 (hausse de 1,5%), aucun secteur d’activité n’a atteint le même nombre d’entreprises qu’en 2004.

Taille des entreprises en fonction du nombre d’employés

L’industrie touristique se caractérise par des entreprises de petite taille: 94,4% ont moins de 50 employés, dont 60,4% comptent moins de 10 employés.

Le secteur du transport regroupe à la fois la plus forte proportion d’entreprises comptant 100 employés et plus (3,7%) et de petites entreprises comptant moins de 10 employés (79,4%). Cette dernière situation peut s’expliquer en partie par la présence des taxis. L’hébergement (8,1%) et les loisirs et le divertissement (7,5%) représentent les secteurs ayant la plus forte proportion de grandes entreprises (50 employés ou plus).

Évolution de la taille des entreprises

On observe une augmentation de la taille des entreprises au fil des années. Comparativement au Diagnostic 2004, la part des entreprises comptant moins de 10 employés a fortement diminué (-13%) et celle des 10 à 49 employés s’est accrue (11%), ce qui semble indiquer une tendance vers la consolidation d’une partie de l’industrie touristique: croissance ou fermeture de petites entreprises ou encore regroupements.

Répartition géographique des entreprises

Près de la moitié des entreprises se situe dans les régions périphériques (46,2%).

Capitale-Nationale: Québec, Charlevoix.
Régions périphériques: Outaouais, Estrie, Laval, Laurentides, Lanaudière, Montérégie, Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches.
Régions ressources: Bas-Saint-Laurent, Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord (Manicouagan/Duplessis), Nord-du-Québec, Abitibi-Témiscamingue, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Mauricie.

Répartition du nombre d’emplois selon les secteurs d’activité touristiques

En 2006, on comptait 352 285 emplois répartis dans cinq secteurs d’activité. Le secteur de la restauration s’emparait de la plus grande partie des emplois de l’industrie touristique québécoise avec 54%, pour un total de 190 055 emplois.

Évolution du nombre d’emplois

Le nombre d’emplois a augmenté de 10,3% depuis le Diagnostic 2004, passant de 319 470 à 352 285. Cette croissance s’observe dans tous les secteurs d’activité à l’exception du transport (-6%). Ce sont les secteurs des services de voyages et des loisirs et du divertissement qui ont connu la plus grande augmentation du nombre d’emplois, avec des hausses de 18%.

Répartition des entreprises et des emplois par secteur d’activité

La restauration occupe le premier rang avec 62,2% des entreprises et 53,9% des emplois. Malgré sa dernière place au chapitre du nombre d’entreprises (1 523), le secteur du transport se positionne au troisième rang en ce qui a trait au nombre d’emplois (47 390).

À venir…

D’autres statistiques seront présentées dans un texte subséquent (scolarité, niveau de compétence, saisonnalité des emplois, âge de la main-d’œuvre).

Source:
– Zins Beauchesne et associés. «Diagnostic sectoriel de la main-d’œuvre en tourisme – Édition 2010», préparé pour le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, mars 2010.

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Faits et chiffres Hébergement Perspectives Transport

Le tourisme canadien affecté par la lenteur de la reprise économique

La croissance de l’industrie touristique canadienne est retardée en raison de la lente reprise du tourisme international dans sa globalité. D’ici 2014, Euromonitor International prévoit une augmentation des revenus des secteurs de l’hébergement, du transport et des attractions touristiques dans des proportions respectives de 18%, 21% et 20%. Comment ces hausses surviendront-elles au fil des ans et à quoi devons-nous nous attendre?

Le secteur de l’hébergement

L’année 2009 a été très difficile pour l’hôtellerie canadienne, et les projections d’Euromonitor International n’envisagent l’amorce d’une saine croissance qu’en 2011.

Dans l’ensemble, le niveau de performance de 2008 sera atteint au début de 2014 pour en arriver à des recettes de 14,8 milliards de dollars (tableau 1). Les ventes des hôtels indépendants et des hôtels sous bannière connaîtront respectivement 20% et 17% d’augmentation de recettes entre 2009 et 2014.

Bien qu’on s’attende à ce que les Américains voyagent plus au Canada durant les prochaines années, ce seront les arrivées internationales hors États-Unis qui offriront de meilleures possibilités de croissance à l’industrie. En effet, les recettes de ce segment dépassent celles des voyageurs domestiques qui dépensent, en général, moins que les touristes étrangers. De ce fait, la relance des voyages internationaux s’avère déterminante pour la reprise du secteur de l’hébergement, et plus particulièrement pour les hôtels haut de gamme des grandes métropoles.

Internet demeurera en constante évolution comme plateforme transactionnelle pour l’hébergement. Il représentera 29% de la valeur totale des transactions en 2014 contre 25% en 2009. Environ 56% des transactions s’effectueront sur le site des fournisseurs, tandis que 44% s’exécuteront par le biais d’intermédiaires.

Le secteur des transports

Selon les prévisions actuelles d’Euromonitor International, le secteur du transport atteindra les résultats enregistrés en 2008 uniquement vers la fin de l’année 2011, voire au début de 2012, pour ensuite s’établir à 19 milliards de dollars de recettes en 2014 (tableau 2).

Le segment du transport aérien, qui représente une grande partie du secteur du transport, a connu une baisse de 12% de ses revenus et de 10% de son volume en 2009. Malgré ce marasme, les vols nolisés ont enregistré une croissance de 5% des recettes et du volume.

La valeur du transport aérien devrait croître à un taux de 20% pour atteindre 60 millions de passagers en 2014. En outre, les compagnies à bas coûts devraient connaître un taux de croissance annuel d’environ 11% d’ici 2014, et atteindre près de 4 milliards de dollars de recettes (tableau 2).

Après les compagnies à bas coûts et les vols nolisés, ce sont les croisières qui connaîtront la plus grande augmentation de leurs recettes, soit 30% d’ici 2014.

Bien entendu, la fluctuation des prix du pétrole ainsi que d’autres facteurs pourraient influencer les prévisions.

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Les plateformes transactionnelles pour le secteur du transport garderont à peu près les mêmes proportions de transactions de 2009 à 2014 (graphique 1). Cela veut dire que 13% des transactions passeront par les sites Web des fournisseurs, 8% par des intermédiaires Web et 79% hors ligne.

De plus, le gouvernement canadien est sollicité par les entrepreneurs touristiques pour investir en matière de transport afin de rendre l’expérience des voyageurs plus facile, moins coûteuse et plus écologique. En conséquence, le gouvernement fédéral a annoncé en 2009 le financement d’un certain nombre d’initiatives clés du tourisme, incluant l’investissement dans l’amélioration du transport ferroviaire entre Toronto et Montréal, une facture de plus de 300 millions de dollars. Dans la même lancée, une nouvelle liaison ferroviaire a été inaugurée, durant l’été 2009, entre l’aéroport de Vancouver et son centre-ville pour mieux accommoder les voyageurs par avion.

Les attractions touristiques

Euromonitor International prévoit que les principales attractions touristiques connaîtront un taux de croissance annuel de leur achalandage de l’ordre de 2%, ainsi qu’une hausse constante annuelle des recettes de 4%, pour atteindre 205 millions de visiteurs et 7,3 milliards de dollars de recettes d’ici 2014 (tableau 3).

La raison pour laquelle la croissance projetée n’est pas si importante est que le tourisme domestique et les arrivées en provenance des pays outre-mer ne seront pas en mesure de compenser entièrement la baisse du nombre de visiteurs américains durant la période étalée entre 2009 et 2014.

D’ici 2014, les casinos demeureront l’attraction la plus importante générant le plus de revenus et recevant le plus de visiteurs (graphique 2). Pour profiter de ce créneau, la région de Vancouver essaie d’attirer des joueurs à «hautes mises» par l’ouverture de nouveaux établissements plus grands, comme le Grand Casino Villa à Burnaby.

Selon les projections d’Euromonitor International, les parcs nationaux, de même que les galeries d’art, devraient afficher la plus forte croissance, de 2009 à 2014, en nombre de visiteurs et en recettes. L’initiative de Parcs Canada d’investir pour sensibiliser les gens aux parcs nationaux du pays y joue un rôle.

Globalement, on s’attend à ce que le flux des voyageurs et des recettes touristiques augmente à la suite de la reprise économique mondiale, ce qui amènera les autres attractions touristiques à sortir du ralentissement économique de 2009.

Source:

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Réseaux de distribution Tourisme durable

Gaz à effet de serre: Le rôle des agents de voyages canadiens

En 2006, 26 400 tonnes métriques de dioxyde de carbone ont été émises dans l’atmosphère, dont 5 % provenaient de l’industrie du tourisme (OMT, 2008). De ce pourcentage, les vols aériens comptaient pour 40% et les déplacements terrestres pour 36%.

Les changements climatiques et le tourisme sont interdépendants. Parce que les conditions météorologiques ont une lourde incidence sur les décisions d’affaires des voyagistes, les changements climatiques auront d’importantes répercussions sur l’avenir du tourisme. Au Canada, le tourisme saisonnier et de nature est souvent menacé par des situations météorologiques anormales ou incertaines. Pour y faire face, des changements coûteux pourraient être apportés aux infrastructures.

L’inquiétude croissante quant aux effets des changements climatiques sur l’industrie touristique suscite le besoin de découvrir ce que les parties prenantes du tourisme savent à propos de ces effets et si elles participent à leur atténuation.

Une étude de 2008, menée par Kole, Krestell, Parlagreco et Dodds à l’Université Ryerson, avait pour but d’évaluer le degré de sensibilisation des agents de voyages canadiens par rapport aux changements climatiques et leur désir d’offrir à leurs clients la possibilité d’acheter des crédits compensatoires comme stratégie d’atténuation. L’étude avait également pour but de déterminer s’il faudrait fournir plus d’information sur les questions environnementales et les crédits de carbone aux agents de voyages pour les aider à la transmettre aux clients par la suite.

Dans le cadre de cette étude, un sondage en ligne a été effectué auprès de 1 886 membres de l’Association canadienne des agences de voyages (ACTA) et de 2 500 membres de l’Institut canadien des conseillers en voyages (CITC). Le taux de participation à ce sondage a été de 5,9%.

Résultats

L’étude a permis de constater que les agents de voyages perçoivent les changements climatiques comme une menace, mais qu’ils ne sont pas au courant de la contribution de l’industrie touristique à ces changements. Leurs clients, les voyageurs, ne sont pas non plus conscients des répercussions de leurs habitudes de voyage sur le climat. La plupart des agents de voyages ont une compréhension sommaire (50%) des changements climatiques et des crédits de carbone. Plus de 50% d’entre eux visent d’abord les profits. Cependant, 9% des agences de voyages ont comme priorité «la diffusion de l’information sur les changements climatiques». Parmi les agents, 46% trouvent important d’aborder les questions environnementales liées au tourisme, mais leurs agences ne les encouragent pas à le faire.

De plus, 34% des agents de voyages canadiens croient que leurs clients seraient prêts à payer jusqu’à 10$ de plus pour des crédits compensatoires, bien qu’ils pensent que c’est au gouvernement que revient la responsabilité de débourser pour ces frais. Moins de la moitié de ces agents proposent «parfois» à leurs clients d’acheter des crédits de carbone, et les clients soulèvent rarement la question.

L’étude permet de conclure que la plupart des agents de voyages ont une connaissance et une compréhension sommaires des changements climatiques et des crédits de carbone; ils sont donc mal outillés pour informer leurs clients. C’est surtout pour cette raison que les agences hésitent à offrir aux clients les compensations comme option valable d’atténuation. Afin d’être de bons informateurs, les agents de voyages doivent être bien au courant des questions environnementales et des crédits compensatoires.

Mesures nécessaires

En vue d’accroître la sensibilisation du public, les gouvernements, les établissements d’enseignement et les entreprises doivent joindre leurs efforts pour informer les agents à propos des crédits de carbone et des effets des changements climatiques sur le tourisme. En tant que représentants de premier plan de l’industrie du tourisme, les agents de voyages peuvent influer de façon considérable sur les comportements des voyageurs et sur leurs connaissances en matière d’environnement.

Un certain nombre de mesures peuvent être prises pour sensibiliser l’industrie du tourisme à cette question et faire en sorte que les changements climatiques et les crédits de carbone soient une partie intégrante de l’industrie touristique:

  1. Campagne de formation pour les agents – les changements climatiques et les stratégies d’atténuation devraient faire partie du programme d’enseignement des écoles de tourisme.
  2. Sensibilisation accrue des clients par le biais de l’industrie du tourisme, afin qu’elle s’insinue dans l’ensemble de la population.
  3. Tarif fixe pour les clients qui désirent acheter des crédits compensatoires.

Les agents de voyages doivent prendre conscience de leur possibilité d’influer sur l’atténuation des effets des changements climatiques. Les agents peuvent aider à modifier les comportements de leurs clients en leur montrant en quoi leurs voyages ont des conséquences sur le climat, et en leur offrant des options de compensation qui leur permettent de réduire leurs émissions de carbone.

Sources:

Kole, L, Krestell, S, Parlagreco, L et R. Dodds (2008). Climate Change and Carbon
Offsetting, Ryerson University, Toronto, Canada, 49 pages.

Organisation mondiale du tourisme (2008). Climate change and tourism:
Responding to global challenges [http://www.unwto.org/index.php].

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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Voir les analyse de Rachel Dodds

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Tourisme durable

Les jeunes voyageurs moins fortunés sont prêts à payer plus pour un tourisme durable

La quantité de voyageurs dans le monde a continué d’augmenter malgré la récession (902 millions de voyageurs internationaux en 2008 – une hausse de 4% par rapport à 2007), mais les entreprises et les organismes gouvernementaux en constatent les effets néfastes. Les touristes et les communautés locales peuvent atténuer ces effets en adoptant des pratiques de tourisme durable. Or, la demande en cette matière est difficile à évaluer, puisque la plupart des données sont anecdotiques et reflètent plutôt un désir d’agir que de payer.

Malgré les multiples études menées par des organisations telles que Lonely Planet et National Geographic, peu de données ont été recueillies sur les gens qui ont visité le Canada, et encore moins Toronto, sa plus grande ville. Une étude d’Arente et Ennamorato (TNS Canadian Facts, 2007) sur les connaissances et les perceptions des voyageurs canadiens par rapport au tourisme durable a permis de constater que seulement 12% des Canadiens connaissaient un peu ce concept et 31% n’en avaient jamais entendu parler. En outre, 49% des touristes seraient prêts à adopter des pratiques de tourisme durable pendant leur voyage tandis que 42% d’entre eux auraient recours aux agences de voyages qui en suivent les lignes directrices. Selon plus de 75% des répondants, les entreprises qui vendent des produits touristiques et les médias de masse devraient se charger d’informer le public à propos du tourisme durable.

À ces données s’ajoute une étude récente menée par Dodds, Antonov, Babkina et Gordon (Fall, 2008) auprès de 400 personnes ayant visité Toronto. Le but de l’étude était d’évaluer le degré de demande et d’utilisation de produits de tourisme durable (comme le fait de choisir des voyagistes responsables, de compenser les émissions de carbone de leurs vols et de leur voiture, et de favoriser les produits et services verts tels que les hôtels dotés d’une politique environnementale, les aliments et les produits biologiques et équitables, etc.).

Résultats

Les résultats de l’étude montrent que les répondants étaient jeunes, prêts à payer et pas nécessairement riches. En effet, 46% d’entre eux étaient âgés de 19 à 29 ans et leur revenu familial était relativement faible (48% avaient un revenu se situant entre 24 000$ et 59 000$). En outre, 11% des personnes sondées étaient disposées à payer entre 11 et 25% de plus, contre 59% qui paieraient un supplément de 1 à 10%.

Bien que le terme « tourisme durable » semble souvent prêter à confusion (45% n’en avaient jamais entendu parler ou ne savaient pas que ce type de tourisme existait), 72 % des répondants ont dit qu’ils utiliseraient probablement des produits de tourisme durable à l’avenir.

Selon l’étude, les répondants qui étaient prêts à acheter des produits de tourisme durable (77%) étaient d’accord pour les payer plus cher.

Quant à ce qui motivait leur choix, 44% des répondants ont dit qu’ils optaient pour le tourisme durable par respect pour l’environnement. Une certaine proportion de gens saisissaient l’importance (39%) de ce type de tourisme ou pensaient qu’il correspondait à leurs valeurs morales (38%).

Conclusion

Bon nombre de sceptiques soulèvent le fait que la demande pour des produits touristiques responsables n’est pas forte. Cela s’explique peut-être par un manque d’informations
(33% des voyageurs qui n’avaient jamais acheté de produits de tourisme durable ont dit que c’était parce qu’ils n’en avaient jamais entendu parler).

Les voyageurs canadiens se comparent aux voyageurs internationaux. En 2007, TripAdvisor Media Network a sondé 1 000 voyageurs du monde entier: 38% d’entre eux ont dit qu’ils préféraient opter pour le tourisme vert. Ces données correspondent aux résultats de l’étude menée à Toronto. Seulement 4% des répondants n’envisageaient pas du tout de voyager de façon écologique à l’avenir, tandis que 44% considéreraient peut-être acheter des produits de tourisme durable.

Sources:

Arente, H., et M. Ennamorato (2007). TNS Canadian Facts. Sustainable tourism: Travel like you mean it! [http://www.tns-cf.com/conferences/ttra/ttra-2007.pdf] (page consultée le 16 décembre 2008).

Dodds, R., Y. Antonov, I. Babkina, et S. Gordon (2008). Travellers’ Demand and Participation for Sustainable Tourism Practices in Canada. Toronto, Ryerson University.

TripAdvisor. (2007). TripAdvisor travelers keen on going green. Communiqué de presse. [http://www.tripadvisor.co.uk/PressCenter-i120-c1-Press_Releases.html.] (page consultée le 16 décembre 2008).

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

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Marchés géographiques

Nos marchés limitrophes: Ottawa, Toronto, Boston et New York

Ils sont encore méconnus mais éminemment précieux. Les marchés limitrophes du Québec sont différents les uns des autres et entretiennent des liens divers avec le Québec. Une enquête sur les marchés de New York, de Boston, de Toronto et d’Ottawa apporte quelques lumières sur leur profil, leurs intérêts et leurs perceptions. Éclaircissements sur des possibilités, mais aussi sur des barrières comme la langue et la perception des Québécois.

Méthodologie

L’enquête a été réalisée en 2007 par Luc Durand de BBRi-Intelligence marketing et l’échantillon est composé de 1608 répondants des régions de Toronto, d’Ottawa, de Boston et de New York.  Ces derniers ont pris des vacances hors de l’État ou de la province incluant au minimum une nuit au moins une fois au cours des 24 derniers mois.

Voisins voyageurs

Le marché d’Ottawa sied à nos portes, mais il demeure de petite taille, soit 870 000 individus, par comparaison avec les populations des autres marchés qui se situent autour de 5,5 millions pour Toronto, 5,8 millions pour Boston et 18 millions pour New York (régions métropolitaines). Le revenu familial annuel moyen est de 118 000$ à New York, 108 000$ à Boston, 86 000$ à Toronto et 81 000$ à Ottawa.

La propension à voyager à l’extérieur de la province ou de l’État est beaucoup plus forte chez les Américains que chez les Canadiens (graphique 1). Environ les trois quarts des répondants d’Ottawa et de Toronto n’ont fait qu’un ou deux voyages, alors qu’une part considérable des répondants des régions de Boston et de New York ont fait cinq voyages et plus (respectivement 35% et 31%).

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Les marchés américains ont voyagé à l’extérieur de leur État, mais dans leur propre pays en grande majorité (89%) au cours des 24 mois précédant l’enquête, comparativement à 57% pour les Torontois et à 73% pour les résidents d’Ottawa.

Les New-Yorkais arrivent premiers en matière de dépenses totales effectuées lors des dernières vacances estivales hors de l’État ou de la province à l’opposé des Ottaviens. Les Torontois et les Bostonnais consacrent une part plus grande de leurs dépenses au transport. Les Américains dépensent plus que les Canadiens pour l’hébergement, la restauration et les activités touristiques ou sportives. Les résidents d’Ottawa sont les plus dépensiers dans les magasins.

Connaître ses vis-à-vis

L’enquête a permis d’établir cinq axes factoriels à partir desquels on peut comparer les quatre marchés.

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Source: BBRi-Intelligence marketing

Les activités liées au prestige et au vertige font référence à la fine cuisine, à l’hébergement quatre étoiles ou plus, à la disponibilité de soins esthétiques complets, au prestige de la destination, à la variété et à la vitalité du nightlife, à la possibilité de réserver un forfait tout inclus ou de faire une croisière. Seul le marché new-yorkais s’identifie à ce segment. Ces caractéristiques semblent incompatibles avec les Ottaviens.

Les activités culturelles ciblées par l’enquête comprennent des sites historiques, des musées et des évènements culturels ainsi que leur proximité du lieu d’hébergement. Aussi, l’occasion de découvrir une nouvelle destination, d’entrer en contact avec des résidents et de vivre à leur façon est un aspect qui a été mesuré dans cet axe factoriel. On observe que tous les marchés étudiés sont intéressés par le produit culturel pour lequel les Torontois sont en tête.

Par commodité, on entend la disponibilité d’une restauration variée ou rapide, des magasins et des boutiques, un hébergement économique, la proximité d’un centre urbain, la familiarité avec le lieu visité et ses résidents, la facilité d’accès et de langage. L’aspect «commodité» peut être un critère déterminant dans le choix d’une destination. Dans le cas présent, il se révèle plus important pour les marchés d’Ottawa et de Toronto

La nature et la beauté du site se traduisent par une destination offrant de beaux paysages, où l’environnement naturel a été préservé, où les températures extérieures prévues sont agréables ainsi que par la proximité de plages ou de la mer. Ces atouts interpellent plus particulièrement les gens de Boston et de New York, mais très peu ceux de Toronto.

Enfin, certains recherchent des destinations aptes à accueillir une famille avec enfants. Ces valeurs familiales sont plus particulièrement chères aux marchés d’Ottawa et de Boston, suivi de Toronto. New York accorde un peu moins d’importance aux voyages familiaux.

Visite et intérêt pour le Québec

La proximité de l’Ontario est reflétée dans le graphique 3 où l’on voit que 86% des répondants d’Ottawa et 73% de ceux de Toronto sont déjà venus au Québec. Néanmoins, 61% des Bostonnais et 47% des New-Yorkais interrogés ont aussi visité la province.

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Toutefois, certaines de ces visites ont eu lieu il y a déjà quelques années. À l’exception du marché d’Ottawa où une majorité des visites se sont déroulées il y a moins de deux ans, celles effectuées par les répondants des régions de Toronto, de Boston et de New York sont moins récentes.

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La majorité des personnes ayant visité le Québec l’ont fait durant l’été. En présentant les résultats sur une base de 100%, on n’observe qu’une mince différence entre les marchés limitrophes.

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Parmi les raisons évoquées pour n’avoir jamais visité le Québec, nous notons les disparités suivantes:

  • La barrière de la langue ne semble pas être un frein pour les marchés de New York et de Boston (seulement 2% et 3% respectivement ont mentionné cette raison) contrairement aux Ontariens. La langue ou le fait de ne pas parler français est une raison de ne pas avoir visité le Québec pour 9% des Torontois et 22% des Ottaviens.
  • De même, la mention «n’aime pas les Québécois, mauvaise attitude à l’égard des anglophones» rejoint 14% des Torontois interrogés, 9% des répondants d’Ottawa et seulement 1 ou 2 % des Américains.
  • Le sentiment de dépaysement est plutôt manquant. Quelque 19% des répondants d’Ottawa ne sont jamais venus en voyage au Québec parce qu’ils y ont déjà vécu ou parce que c’est trop semblable à chez eux. Cette raison est valable aussi pour 9% des répondants de Toronto.

Ces quelques informations sur les marchés de New York, de Boston, de  Toronto et d’Ottawa tracent un portrait sommaire. Bien sûr, ces marchés ne sont pas homogènes, mais nous pouvons dégager certains «traits de personnalité» et nous en servir pour orienter les actions marketing à leur égard. Surtout, nous devons retenir les dernières conclusions quant aux raisons de n’être jamais venu au Québec. Il faudrait parfaire notre image et peut-être aussi notre accueil, particulièrement auprès du marché ontarien.

Source:
–    Durand, Luc. «Étude du marché touristique hors Québec », BBRi-Intelligence marketing, 2007.

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Perspectives

Perspectives pour 2010: lueur d’espoir doublée d’incertitude et de prudence

Dieu merci, l’année 2009 est terminée! C’est toutefois sous le signe de l’incertitude, d’une reprise lente et fragile et d’un optimisme prudent que s’amorce l’année 2010. Le défi: remettre l’économie sur les rails et la solidifier. L’industrie hôtelière québécoise devrait revenir aux tarifs d’avant la crise en 2011 tandis qu’aux États-Unis, en raison d’une récession beaucoup plus sévère, certains analystes vont même jusqu’à envisager un retour aux beaux jours en 2017 seulement.

Une année 2010 à haut risque et un futur au conditionnel

L’été a marqué la sortie de la récession pour la majorité des pays, et le dernier trimestre de 2009 a pris fin sur des notes positives. Même si nous sommes en présence de signes d’amélioration et que le pire semble passé, la crise n’est pas terminée pour autant et de nombreux facteurs peuvent freiner l’élan de la reprise économique. Malgré une reprise annoncée en 2010 pour l’industrie touristique, on devra probablement attendre 2011 pour parler plus sérieusement de croissance.

Le marché de l’emploi fragilise la confiance du consommateur

Les Canadiens entrevoient la lumière au bout du tunnel. L’indice de confiance du consommateur a grimpé de 13,8 points en janvier 2010 pour atteindre 96,6, soit une hausse de 40,4 points par rapport à janvier 2009.

Après avoir enregistré un creux historique à 25,3 points en février 2009 chez nos voisins du sud, l’indice de confiance du Conference Board a affiché des hausses consécutives en novembre, décembre et janvier derniers pour finalement atteindre 55,9 points. Malheureusement, cet optimisme n’a pas réussi à se consolider alors que février accuse une baisse marquée, l’indice se situant alors à 46 points. Le marché de l’emploi demeure un élément critique de la confiance du consommateur américain. Ce dernier n’anticipe pas de déclin important du taux de chômage dans un avenir rapproché et s’avère peu optimiste quant à l’amélioration de la situation économique et de ses revenus à court terme.

En Europe, l’indice de confiance des consommateurs rechute à nouveau, après s’être redressé pendant neuf mois consécutifs (tableau 1): baisse en Allemagne et en Italie, augmentation en France, en Espagne, aux Pays-Bas et en Belgique. Tout comme aux États-Unis, le marché du travail continue d’insécuriser les consommateurs européens. Notamment en France, l’économie reste encore fragile et même si la reprise se confirme, la croissance devrait être insuffisante pour faire reculer le chômage.

Tableau 1

Les prévisions de l’Organisation mondiale du tourisme

Le tourisme international ayant renoué avec la croissance au dernier trimestre de 2009 (+2%), les résultats pour l’ensemble de l’année sont meilleurs que prévu au départ: baisse de 4% des arrivées de touristes internationaux pour se chiffrer à 880 millions. Les perspectives pour 2010 laissent entrevoir une augmentation des arrivées de touristes internationaux de 3 à 4%. L’Asie devrait enregistrer la reprise la plus forte, tandis que l’Europe et les Amériques redémarreront plus lentement.

L’industrie hôtelière

Selon Gilles Larivière de la firme Horwath Horizon Consultants, on observe un redressement graduel de la situation au Québec depuis novembre 2009 et on prévoit des pertes d’environ 2 %. La reprise s’annonce longue et progressive pour l’ensemble des régions (tableau 2) avec un retour des tarifs au niveau de 2008 en 2010 et au taux de l’année 2007 dès 2011. Cependant, le retour à la normale pour Montréal devrait se faire plus tardivement, soit en 2013.

Tableau 2

Aux États-Unis, l’année 2009 passera à l’histoire comme étant la pire de l’hôtellerie moderne. La combinaison de la crise économique et du mouvement de panique qui a mené à la baisse considérable des prix a entraîné une diminution du revenu par chambre à des niveaux incompréhensibles. Même si les données de 2010 seront plus encourageantes que celles de 2009, la plupart des analystes n’entrevoient pas de réelle reprise aux États-Unis avant la fin de l’année et même le début de 2011.

Selon Smith Travel Research (STR), le début de 2010 s’annonce difficile, et l’élan prévu pour la fin de l’année devrait mener à un redressement de la situation en 2011:

  • décroissance en 2010: offre +1,8%, demande +1,8%, taux d’occupation stable (55,1%), prix moyen par chambre  3,2% (94,39 USD), revenu moyen par chambre -3,2% (51,99 USD). Le segment des voyageurs d’affaires haut de gamme devrait mener la reprise comme en font foi les hausses dans les derniers mois.
  • croissance en 2011: offre +1%, demande +3,2%, taux d’occupation +2,2% (56,3%), prix moyen par chambre +2% (96,28 USD), revenu moyen par chambre +4,2% (54,18 USD).

Il a fallu attendre 2007, soit six ans, pour que l’industrie hôtelière aux États-Unis retourne aux tarifs d’avant les événements du 11 septembre 2001 (avec ajustement de l’inflation). En raison de la baisse draconienne des prix observée en 2008 et 2009, STR anticipe qu’il faudra peut-être attendre 2017 pour retrouver les taux de 2007 (avec ajustement de l’inflation).

Selon PKF Hospitality Research (PKF-HR), le ralentissement de la baisse des tarifs observé au troisième trimestre de 2009 va contribuer à diminuer les pertes prévues pour 2009 et 2010 (graphique 2). L’année en cours sera difficile et l’industrie prendra plusieurs années à se remettre de sa chute de 2009.

Graphique 2

Selon PhoCusWright, il faudra attendre 2012 pour parler de croissance et de relance véritables:

  • la demande en 2009 (-5,5 à -6%) a chuté plus sévèrement qu’en 1990-1991 (-1%) et que l’année qui a suivi le 11 septembre 2001 (-2% en 2002). Des hausses de 1 à 1,5% sont prévues pour 2010, de 5% pour 2011, et de 3 à 4% pour les années suivantes. Il faudra attendre 2011 pour espérer atteindre à nouveau les chiffres de 2007;
  • le taux d’occupation devrait se situer à 55% en 2009 et revenir à 60% seulement en 2012;
  • les prix, en baisse de 9% en 2009, vont continuer à chuter en 2010 pour remonter en 2011. Mais il faudra attendre au-delà de 2011 pour recouvrer les niveaux de pointe précédant les baisses draconiennes;
  • avec des revenus moyens par chambre en baisse de 17% en 2009, leur déclin ne sera pas freiné avant 2011. En 2012, le revenu par chambre se situera à 90 ou 95% du niveau de 2007.

Dans les autres secteurs

Selon l’International Air Transport Association (IATA), l’année 2009 passera elle aussi à l’histoire comme étant la pire année jamais vécue en matière de demande dans le domaine aérien: baisse de 3,5% du nombre de passagers. Le déclin a ralenti en décembre en raison d’une diminution de la capacité des sièges, mais les rendements restent de 5 à 10% inférieurs à ceux de 2008. L’année 2010 sera encore ardue. Marquée par un contrôle serré de la capacité et de la réduction des coûts, elle devrait entraîner des pertes supplémentaires estimées à 5,6 milliards USD en raison, entre autres, des coûts liés aux mesures de sécurité.

Selon la National Restaurant Association, puisque l’économie reprend lentement de la vigueur, l’année 2010 laisse entrevoir une amélioration progressive de la situation: hausse de 2,5% des ventes par rapport à 2009 pour atteindre 580 milliards USD. Cependant, compte tenu de l’inflation, cette hausse se traduit par des ventes équivalentes à celles de 2009, ce qui est toutefois une amélioration par rapport aux taux négatifs des ventes de 2008 (-1,2%) et de 2009 (-2,9%).

Quand l’économie va, tout va!

Sachant que la performance de l’industrie touristique est intimement liée à la santé de l’économie, on ne peut que souhaiter une reprise vigoureuse de celle-ci qui se répercutera positivement sur le terrain et qui obligera les analystes à réviser leurs prévisions en cours de route.

Sources:
– Association des hôteliers du Québec. «Le produit ou le client : Compte-rendu de conférence», février 2010 [http://www.hoteliers-quebec.org/fr/nouvelles/detail.php?id=1093].
– Baker, Michael B., Jay Boehmer et Seth Harris. «2010 Budget: Air Up, Hotel Down», BTNonline.com, 5 octobre 2009 [http://www.btnonline.com/businesstravelnews/headlines/frontpage_display.jsp?vnu_content_id=1004018266].
– Banque du Canada. «Rapport sur la politique monétaire», janvier 2010 [http://www1.bank-banque-canada.ca/fr/rpm/pdf/2010/rpm210110.pdf].
– Freitag, Jan. «The “new normal” in 2010: Five trends to watch», Hotel Yearbook 2010 – What to expect in the year ahead, 22 février 2010 [http://www.hospitalitynet.org/file/152004152.pdf].
– Hotel News Resource.  «U, V or W: What Kind of Recovery Can We Expect, and When?», article reprinted with permission from Knowledge@Wharton, 10 février 2010
[http://www.hotelnewsresource.com/article43694.html].
– Institut national de la statistique et des études économiques. «En janvier, la conjoncture industrielle de la zone euro s’améliore encore», 2 février 2010 [http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=82].
– International Air Transport Association. «2009: Worst Demand Decline in History – Encouraging Year-end Improvements», PressRoom, 27 janvier 2010 [http://www.iata.org/pressroom/pr/2010-01-27-01.htm].
– Knowledge@Wharton. «Reading the Economic Tea Leaves – and Employment Outlook – to Find Signs of Recovery», article reprinted with permission, 22 décembre 2009 [http://www.hotelnewsresource.com/news_print.php?sid=42898].
– Market Harmonics. «Consumer Confidence Index The Conference Board», 26 janvier 2010
[http://www.market-harmonics.com/free-charts/sentiment/consumer_confidence.htm].
– National Restaurant Association. «Restaurant Industry Outlook Brightens in 2010 as Sales, Economy Are Expected to Improve», PR Newswire, 20 janvier 2010 [http://www.prnewswire.com/news-releases/restaurant-industry-outlook-brightens-in-2010-as-sales-economy-are-expected-to-improve-82159882.html].
– Organisation mondiale du tourisme. «Le tourisme international sur la voie de la reprise après une année 2009 exceptionnellement difficile», 18 janvier 2010
[http://www.unwto.org/media/news/fr/press_det.php?id=5361&idioma=E].
– PhoCusWright. «Why Hotels Are Not Recovering Any Time Soon», 19 janvier 2010
[http://www.hotelnewsresource.com/article43198.html].
– PKF Hospitality Research. «New PKF Report Projects Accelerated Recovery for U.S. Lodging Industry –Distress Still Rampant», PressRoom, 14 décembre 2009
[http://www.pkfc.com/en/pkfhome/freestuff/newsreleases/PR2009_1214.aspx].
– St-Hilaire, Élise. «Tout un congrès pour les 60 ans de l’AHQ», Hôtels, Restaurants & Institutions magazine, 17 février 2009 [http://www.hrimag.com/spip.php?article3901].
– Smith Travel Research. «STR releases updated forecasts for 2010, 2011», 26 janvier 2010
[http://www.hotelnewsnow.com/Articles.aspx?ArticleId=2595&ArticleType=1&PageType=Todays].
– Spann, Rachael. «STR: US hotel industry ends ’09 with double-digit RevPAR drop», 22 janvier 2010
[http://www.hotelnewsnow.com/Articles.aspx?ArticleId=2573].
– Sturgeon, Julie.  «Travel Industry Future Is Uncertain at Best», blogue UpTake Travel Industry, 11 décembre 2009
[http://travel-industry.uptake.com/blog/2009/12/11/travel-industry-future-is-uncertain/].
– The Conference Board of Canada. «Consumer Confidence Soars», Index of Consumer Confidence, janvier 2010.
– The Conference Board. «The Conference Board Consumer Confidence Index® Declines Sharply», 23 février 2010 [http://www.conference-board.org/economics/consumerConfidence.cfm].

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le marché intérieur stagne: topo sur les Canadiens au Québec en 2008

On blâme souvent le marché américain pour expliquer les faibles performances touristiques du Québec, mais qu’en est-il de notre marché intérieur? La situation n’est pas rose de ce côté non plus, alors que les segments d’agrément et d’affaires sont en perte de vitesse. Heureusement, les visites de parents et d’amis ont sauvé la mise au cours des dernières années. Voici un profil détaillé du marché touristique canadien au Québec.

Un changement de définition depuis 2006

Il y a cinq ans, nous dressions un premier portrait des touristes canadiens en visite au Québec (lire aussi: Profil des Canadiens au Québec). Depuis ce temps, Statistique Canada a révisé la méthodologie de l’Enquête des voyages des Canadiens (EVC) qui porte désormais le nom d’Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC). Pour cette raison, les données publiées depuis l’année 2006 ne sont pas comparables avec celles des années antérieures.

La principale distinction apportée à la nouvelle enquête concerne les critères pris en compte pour définir un touriste. L’EVRC introduit le concept de «voyage à l’extérieur de la ville ou de la municipalité» pour traduire la notion d’«environnement habituel». Dans l’EVC, tous les déplacements d’une nuit et plus d’au moins 80 km étaient classés comme «touristiques». Dorénavant, tous les voyages d’une nuit et plus, peu importe la distance, seront considérées pourvu qu’ils soient effectués à l’extérieur de la municipalité.

Quant à la définition liée aux excursionnistes, elle change également. Il s’agit maintenant des voyages d’un même jour effectués à l’extérieur de la municipalité vers une destination située à une distance d’au moins 40 km du domicile. Jusqu’en 2004, la distance minimum requise était de 80 km, mais n’intégrait pas la notion d’«environnement habituel».

Le tourisme intérieur stagne

On constate que le tourisme domestique ne progresse pas. Le nombre de touristes canadiens (incluant les Québécois) au Québec affiche même une baisse de 1,8% en 2008 par rapport à 2006 (tous buts de voyage confondus) (tableau 1). Les voyages d’agrément diminuent, passant de 9,34 à 9,17 M$ et ceux d’affaires chutent de 10,6%, soit d’environ 140 000 voyages.

Pour leur part, les visites d’excursionnistes (tous buts de voyage confondus) enregistrent une modeste croissance de 2,4% (tableau 2). Cette augmentation est essentiellement attribuable à une hausse de plus de 850 000 visites chez des parents ou des amis entre 2006 et 2008. Les excursions d’affaires, elles, affichent un recul de 8% au cours de la même période.

La provenance des touristes

Le marché de la grande région métropolitaine de Montréal génère au Québec près de 4,2 millions de voyages-personnes pour des visites d’agrément d’au moins une nuit, soit environ 44% de ce marché (graphique 1). La métropole enregistre toutefois une baisse globale de 1,7% du nombre de touristes d’agrément et en visite chez des parents ou des amis en 2008 en comparaison avec 2006. Sans doute propulsée par les festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec, la situation s’est avérée très positive pour la région qui a connu une croissance importante de 6,2% pour ces mêmes segments de marché par rapport à 2006.

Les «autres» régions du Québec constituent également un foyer touristique majeur, particulièrement pour les visites chez des parents ou amis, avec quelque 3,8 millions de voyages, soit le tiers du volume canadien.

La crise économique n’épargne pas les régions

Pour chacun des trois buts de voyage, voici les cinq principaux marchés d’origine (excluant le Québec et Toronto) des visiteurs (incluant les excursionnistes) au Québec (graphique 2). La crise économique semble avoir durement touché le tourisme d’agrément de l’Est ontarien (voir carte), qui est passé de 219 000 visites en 2006 à 93 000 en 2008. Pour la région du corridor du Saint-Laurent, le volume de visiteurs a augmenté quelque peu (93 000 c. 85 000) au cours de la même période.

** En raison de leur faible fiabilité statistique, n’utiliser ces données qu’à titre indicatif

Des activités en masse

L’observation de la faune, le camping, le vélo, la plage, la pêche, le théâtre, les concerts, l’opéra et la danse sont les activités les plus fréquemment pratiquées par les touristes québécois pendant leurs voyages au Québec, tous buts confondus (graphique 3). Pour les Canadiens des autres provinces, ce sont les sites historiques qui suscitent le plus d’engouement.

La répartition des dépenses

Au cours de l’année 2008, les touristes canadiens d’agrément, incluant les Québécois, ont déclaré des dépenses totales de 2,59 milliards de dollars au Québec (graphique 4). Il s’agit d’une modeste hausse de 3,6% par rapport aux dépenses en 2006. Environ 27% du budget touristique est alloué à l’hébergement, soit 696 M$. On remarque l’importance des dépenses consenties pour d’autres secteurs non directement liés au tourisme, tels que le fonctionnement d’un véhicule (443 M$), les aliments et les boissons (266 M$) et les vêtements (167 M$).

Un mode d’hébergement différent selon le marché

Le mode d’hébergement choisi par le marché d’agrément varie sensiblement selon le lieu d’origine des visiteurs (graphique 5). Pour la population urbaine, le chalet et la maison de villégiature privés sont les plus populaires avec 1,5 million de voyages pour les Montréalais et 238 000 pour les gens de Québec. Les Québécois habitant à l’extérieur des grands centres sont plus nombreux à séjourner chez des parents et des amis (725 000) qu’à l’hôtel (703 000). Pour les Torontois, l’hôtel s’inscrit comme le premier choix pour presque un voyageur sur deux (46%).

Où vont précisément les Québécois?

Voyons maintenant comment se répartissent les voyages d’une nuit et plus des Québécois entre les différentes régions touristiques du Québec. Nous avons séparé les destinations selon chacun des buts de voyage (graphiques 6, 7 et 8). Précisons que sauf pour les régions de Montréal et de Québec, il est préférable de n’utiliser les données pour ces trois graphiques qu’à titre indicatif en raison de leur faible fiabilité statistique.

Ce sont les Laurentides (17%), suivies des régions de Québec (15%) et des Cantons-de-l’Est (11%), qui récoltent le plus de voyages d’agrément (graphique 6). Pour les voyages chez des parents ou des amis (graphique 7), l’avantage tourne du côté des régions de Montréal (13%), de la Montérégie (12%), des Cantons-de-l’Est (11%) et de Québec (10%).

Quant à la réalité du marché des affaires, elle est tout autre. Les villes de Québec et de Montréal se partagent respectivement 27% et 21% du marché (graphique 8).

* Comprend les régions du Bas-Saint-Laurent, de Duplessis, de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine et de Manicouagan.

Les défis du tourisme domestique

À la lumière des chiffres présentés dans cet article, on constate que le tourisme intérieur représente un défi de taille pour le Québec. En effet, la demande touristique du marché canadien au Québec stagne et ne parvient pas à croître au même rythme que celle de l’industrie touristique mondiale. Évidemment, un dollar plus fort augmente la tentation des Canadiens pour les voyages à l’étranger.

Mais le problème est certainement plus profond, alors que d’autres destinations telles que l’Australie ont déjà amorcé de vastes travaux de réflexion pour mieux comprendre les enjeux liés au déclin du tourisme domestique (Lire aussi: Benchmarking – Réflexions de l’Australie face aux défis du tourisme intérieur). Peut-être le temps est-il venu de s’unir aux autres provinces et d’adopter une réelle stratégie nationale afin de redynamiser le marché canadien?

Source:

– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada», traitement spécial, 2006, 2007 et 2008.

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Perspectives

Indices de compétitivité du Québec pour le premier trimestre 2010

Grâce aux données compilées par le Conference Board du Canada, la Commission canadienne du tourisme (CCT) publie trimestriellement un rapport mesurant la compétitivité du Canada et des provinces en regard des autres destinations concurrentes.

Voici quelques extraits de ce rapport qui met en lumière les perspectives touristiques pour le Québec par rapport à ses marchés internationaux prioritaires, et ce, pour le premier trimestre 2010. Ces indicateurs tiennent compte des principaux indices prévisibles, soit le prix des prestations touristiques, le taux de change et la capacité aérienne pour les vols directs. À titre de référence historique à court terme, il est possible de consulter les analyses de perspectives précédentes (lire aussi: Indices de compétitivité du Québec pour le quatrième trimestre 2009).

L’année 2010 débute du bon pied

Après une diminution totale de près de 100 000 sièges disponibles vers le Québec au cours des deux derniers trimestres de 2009, voici que l’année 2010 s’annonce positive avec une capacité accrue de plus de 30 000 sièges (tableau 1). Les données de la firme BACK Aviation Solutions indiquent que les marchés américain, mexicain et français seront les trois principaux vecteurs de cette croissance pour le Québec. Seuls l’Allemagne et le Royaume-Uni continuent d’afficher un solde négatif de capacité avec des retraits respectifs d’environ 1000 et 1900 sièges.

Nombre sièges disponibles
On constate un revirement important concernant le Mexique ce qui peut sembler contradictoire avec la baisse récente du nombre de visiteurs mexicains due aux nouvelles exigences les obligeant à obtenir un visa. Précisons cependant que les vols entre le Canada et le Mexique sont composés à plus de 80% de voyageurs canadiens. La croissance anticipée s’explique probablement en grande partie par une forte demande pour des voyages des Québécois au Mexique cet hiver. Néanmoins, comme il s’agit uniquement de la capacité aérienne du Mexique vers le Canada, cela exclut tous les vols nolisés n’étant pas commercialisés à partir du Mexique, comme c’est le cas par exemple pour les vols d’Air Transat.

Déception britannique

Alors que l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta peuvent s’attendre à une reprise du marché britannique au premier trimestre 2010, ce n’est malheureusement pas le cas pour le Québec qui devra composer avec une autre baisse, cette fois de 4,4% (graphique 1). Rappelons qu’au quatrième trimestre 2009, le Conference Board faisait état d’un important recul du nombre de sièges pour ce marché vers le Québec de 16%. Pour les vols en provenance de l’Allemagne, le Québec est là aussi la seule province à ne pas bénéficier d’une croissance du marché alors que l’Alberta pourra compter sur une capacité bonifiée de plus de 15 000 sièges, soit une hausse de 54%.

Capacité aérienne
Du côté des États-Unis, on observe une timide reprise vers le Québec, l’Alberta et la Colombie-Britannique mais elle se fait attendre dans le cas de l’Ontario. Finalement, le Québec continue d’afficher une solide performance sur le marché français alors qu’il accapare plus de 93% de la croissance canadienne au premier trimestre 2010.

Le Canada sera compétitif sur l’indice du prix

Selon les données compilées par le Conference Board (graphique 2), il en coûtera plus cher de voyager au Canada (en bleu) durant le 1er trimestre qu’à la même période l’an dernier pour les touristes en provenance des États-Unis (+12,6%), du Mexique (+3,3%) et du Royaume-Uni (+11,1%). On remarque à l’inverse que les marchés australiens (-20%), sud-coréens (-15,5%) et japonais (-14,7%) amélioreront significativement leur pouvoir d’achat vis-à-vis de la destination canadienne.

Coût voyages Canada

Par ailleurs, on constate une détérioration de la compétitivité du Canada par rapport aux coûts vers les autres destinations à l’égard des marchés américains, mexicains, britanniques, français et Australiens. C’est avec les États-Unis que l’écart risque de se faire le plus sentir (+12,6 c. -3,3%). La compétitivité de la destination canadienne en matière de prix par rapport aux destinations concurrentes s’améliore toutefois pour les voyageurs en provenance de l’Allemagne, du Japon, de la Corée du Sud et de la Chine.

Rappelons que la variation de l’indice du prix pour la destination canadienne est principalement attribuable aux fluctuations du tarif aérien moyen pour des vols en provenance des marchés touristiques étudiés. À cela s’ajoute la variation du dollar canadien par rapport aux autres devises des marchés touristiques comparé à l’an dernier.

Source:
– Conference Board du Canada. «Voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada – Perspectives à court terme sur la concurrence, premier trimestre 2010», préparé pour la Commission canadienne du tourisme, octobre 2009.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le Canada touristique: de plus en plus dans le rouge!

On le dit et on le redit sur tous les tons et au moins dans les deux langues officielles, les Américains voyagent et dépensent moins au Canada, et ce, depuis plusieurs années, qu’elles qu’en soient les causes. Les Canadiens, eux, voyagent et dépensent de plus en plus à l’étranger. Résultat: une balance touristique dans le rouge écarlate! Coup d’œil sur le compte des voyages internationaux du Canada depuis cinq ans.

Le compte des voyages internationaux est une composante de la balance des paiements. Il mesure la différence entre les dépenses des Canadiens à l’étranger et celles des étrangers au Canada. À ce chapitre, le déficit du Canada a presque quadruplé au cours des cinq dernières années, passant de 3,3 milliards de dollars en 2004 à son sommet actuel de 12,6 milliards (tableau 1).

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Les dépenses des visiteurs étrangers (des États-Unis et d’outre-mer confondus) ont diminué de 4,5% en cinq ans, atteignant 16,2 milliards de dollars, alors que celles des Canadiens à l’étranger ont augmenté de 42,6% pour se situer à 28,9 milliards de dollars (tableau 1). Il s’agit d’une quatrième hausse annuelle consécutive et du plus haut niveau de dépenses des Canadiens à l’étranger en cinq ans.

La croissance des recettes provenant des voyageurs d’outre-mer (20%) n’a pas été suffisante pour pallier l’augmentation des dépenses des Canadiens à l’étranger (34%) et aux États-Unis (50%).

Ce déficit se poursuit en 2009 (tableau 2) bien que de façon moins prononcée qu’à la même période en 2008, soit 8,2 millions de dollars en 2009 comparativement à 8,8 millions en 2008. Deux facteurs ont contribué à la diminution des recettes en provenance des voyageurs étrangers:

  • l’annulation des vols vers le Mexique par les transporteurs aériens canadiens à la suite de l’éclosion dans ce pays du virus de la grippe A (H1N1);
  • l’obligation, depuis le 1er juin, de détenir un passeport pour rentrer aux États-Unis par voie terrestre.

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Les voyageurs américains dépensent moins au Canada

De 2004 à 2008, le déficit au compte des voyages avec les États-Unis s’est accru de 7,7 milliards de dollars pour atteindre 8,9 milliards, soit une augmentation de près de 700% (graphique 1). Cet accroissement du déficit est dû à la très forte hausse (50%) des dépenses des voyageurs canadiens aux États-Unis et à une réduction, au fil des ans, de près du quart des dépenses réalisées au Canada par les voyageurs américains.

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Cette baisse des recettes provenant des Américains en voyage au Canada peut s’expliquer par une diminution de plus de 20% du nombre de voyages effectués au Canada (tableau 3) et de 6 % des dépenses moyennes par voyage (tableau 4). Ainsi, non seulement les Américains viennent moins au Canada, mais ils ont également diminué leurs dépenses moyennes par voyage.

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La tendance se poursuit au premier semestre de 2009, où l’on assiste à un déficit au compte des voyages avec les États-Unis de 5,3 milliards de dollars (graphique 2).

Les nombreux voyages des Canadiens vers les pays d’outre-mer gonflent le déficit

De 2004 à 2008, la croissance plus élevée des dépenses des Canadiens dans les pays d’outre-mer que celle des étrangers (autres que les Américains) au Canada (33,5% comparativement à 20%) a conduit à un déficit de 3,8 milliards en 2008, soit 1,7 milliard de plus qu’en 2004 (graphique 2). Cette croissance des dépenses des Canadiens – malgré une diminution des dépenses moyennes par voyage de 6% – s’explique par la très forte hausse du nombre de voyages des Canadiens (42%) à l’outre-mer (tableaux 3 et 4).

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Aux deux premiers trimestres de 2009, les dépenses de voyage des Canadiens à l’étranger ont connu une diminution de près de 30%, passant de 3,9 milliards de dollars à 2,8 milliards (tableau 5). Le nombre élevé de voyages dans le Sud durant la période hivernale peut expliquer le niveau supérieur de dépenses au premier trimestre de l’année. Quant aux dépenses des voyageurs d’outre-mer, elles ont crû de 5,3 %.

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Pour 2010, le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) prévoit une année difficile, car l’industrie touristique doit surmonter la baisse du trafic et la diminution des tarifs. Les voyages d’affaires sont en chute libre, et les secteurs aérien et hôtelier en souffrent énormément. S’y ajoute l’instabilité des devises comme le dollar et la livre sterling qui pèse sur le trafic international du tourisme. Selon ces prédictions, ce n’est pas demain la veille où nous verrons apparaître un compte des voyages internationaux positif.

Sources:

-Bergeron Ulysse. «Moins de touristes, moins de dépenses» [http://lesaffaires.com/secteurs-d-activite/general/moins-de-touristes-moins-de-d%26eacutepenses/498640], 29 septembre 2009.
– CCT. «Le déficit touristique du Canada atteint 3,1 milliards de dollars au T2 2009» [http://centredesmedias.canada.travel/content/ctc_news/international-travel-account-second-quarter-q2-2009] ,29 septembre 2009.
– CCT. «Tourisme en bref», bilan annuel, Faits et chiffres 2008, [http://www.corporate.canada.travel/docs/research_and_statistics/stats_and_figures/snapshot_YearInReview_2008_fre.pdf], 3e édition, version révisée.
– Statistique Canada. «Compte des voyages internationaux, Deuxième trimestre de 2009 (données provisoires)» [http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/090827/dq090827a-fra.htm], 27 août 2009.
– Statistique Canada. «Voyages internationaux 2004, 2006, 2008, 1er et 2e trimestres 2009», Catalogue 66-201.

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recettes en provenance des voyageurs étrangers: