Catégories
Produits et activités

Des équipements sportifs nouveau genre

Imaginez si l’on pouvait démonter le Stade olympique de Montréal et le vendre! On perdrait toute une icône, c’est vrai! C’est ce que Londres souhaite faire après les Jeux olympiques (JO) de 2012. D’autres villes, dont plusieurs en Europe, se dotent de nouveaux équipements pour attirer les compétitions de haut niveau, et de nombreux compléments récréatifs y sont greffés. On assiste aussi à l’émergence de mégacomplexes multifonctionnels, où le sport est souvent au premier plan. Voici quelques formules d’équipements sportifs renouvelés.

Une mise à niveau des équipements français

Stimulés par la fièvre du foot (soccer), les Français construisent ou rénovent actuellement sept nouvelles enceintes. Une dizaine d’autres projets sont sur les tables à dessin. L’Allemagne, elle, a profité de la Coupe du monde 2006 pour rafraîchir ses infrastructures: 12 stades ont été construits ou rénovés.

Ainsi, pour mettre à niveau plusieurs enceintes sportives de France aujourd’hui vétustes et présenter une solide candidature pour l’Euro 2016, le secrétaire d’État aux sports a créé la Commission Grands Stades Euro 2016. Et les projets ne manquent pas. On y propose de nouveaux équipements offrant une foule d’activités en plus des matchs, ce qui d’ailleurs ne fait pas l’unanimité, surtout chez certains puristes du sport professionnel qui considèrent le concept comme trop commercial. Mais il s’agit là d’un modèle qui permet de générer des revenus en dehors des jours de match. Il favorise aussi une valorisation du lieu et renforce l’image de marque de l’équipe. Quelles sont ces activités complémentaires? Le projet de stade OL Land, à Lyon, par exemple, sera composé notamment des éléments suivants:

  • un stade de 60 000 places;
  • un ensemble de services pour l’équipe de l’Olympique de Lyon (OL) comme un centre d’entraînement, les bureaux de la direction de l’équipe, etc.;
  • deux hôtels;
  • un centre de loisirs;
  • des espaces détente et de restauration;
  • une salle de quilles;
  • une piste de karting électrique;
  • un golf intérieur;
  • des simulateurs de sport.

Un stade ambulant pour Londres

Pour les Jeux de 2012, la Ville de Londres a choisi de combiner

ses installations olympiques à des estrades amovibles. Un stade permanent de 25 000 sièges est actuellement en construction, auxquels s’ajouteront quelque 55 000 places qui pourront être démontées
puis vendues après les Jeux. Un tel projet permet de réduirestades1 les coûts de l’organisation et donnera éventuellement la chance à des pays moins fortunés d’accueillir un tel événement. Au printemps 2008, la stades21Ville de Londres était en pourparlers avec Chicago,

candidate aux JO de 2016, pour l’achat de ces installations temporaires. Cette dernière estime qu’un tel projet s’inscrit tout à fait dans une approche durable de l’organisation et que cela constituera un des arguments forts de sa candidature. Le projet de Londres doit aussi prévoir l’utilisation de ces infrastructures dans d’autres climats afin d’en faciliter la vente par la suite.

Des jeux plus verts pour Vancouver

Le Comité olympique de Vancouver  (COVAN) s’est engagé à organiser les Jeux les plus durables de l’histoire. Parmi les projets, soulignons:

  • Dans le village olympique, le développement immobilier qui pourra abriter 15 000 personnes sera, à ce jour, le plus imposant à répondre à la norme LEED Or.
  • L’énergie perdue de la réfrigération de la patinoire sera récupérée pour chauffer les immeubles à proximité.
  • Le COVAN favorise la participation des autochtones non seulement à la planification des JO, mais aussi en tant qu’athlètes, bénévoles, employés, entrepreneurs, artistes et interprètes, spectateurs ou ambassadeurs culturels

Et pour chaque infrastructure, le COVAN présente l’utilisation qui en sera faite après les Jeux.

Les mégacentres de sports

On assiste aussi à l’émergence de centres multifonctionnels grandioses à l’offre spécialiséestades3 ou encore diversifiée. Le fameux Ski Dubaï, une station de ski intérieure ouverte depuis 2005, a déjà fait beaucoup  parler de lui. Depuis, plusieurs complexes intérieurs de sports d’hiver ont vu le jour et de nombreux autres sont projetés.

D’autres sports souvent saisonniers et grandement touchés par les aléas de la température font l’objet de mégacomplexes. C’est le cas du golf avec le Indoor Golf Arena, prévu pour 2010 aux Pays-Bas. Le plus grand centre de golf intérieur au monde comprendra entre autres: 14 000 m2 d’herbe synthétique comme terrain de pratique, vingt simulateurs de golf, des cours et des terrains de pratique pour enfants, un centre d’affaires incluant des salles de réunion et un hôtel quatre étoiles.

stades4

Le Ocean Dome, au Japon, est répertorié comme étant le plus grand parc aquatique intérieur au monde. Construit il y a déjà une quinzaine d’années, il mesure 300 mètres de long sur 100 mètres de large. Son toit rétractable permet de profiter des belles journées et de se protéger des intempéries.

stades5

Le Ultimate Sports Resort de Las Vegas, projet lancé il y a déjà quelques années, est digne des grands projets de la capitale de la démesure. Dix enceintes, dont une de 26 000 places, la possibilité de vivre une expérience de football, de baseball, de basketball ou encore de boxe professionnelle, des murs d’escalade, un hôtel de plus de 5000 chambres, un casino et bien d’autres produits et services y sont prévus.

stades6

Vision à long terme

Et tous ces projets font souvent l’objet de promesses architecturales. Coup d’éclat, signature forte, ils font rarement l’unanimité. Une vision à long terme est essentielle, et une bonne intégration dans le milieu, primordiale, pour que la population locale s’approprie ces équipements et en devienne elle-même une ambassadrice. Que le stade devienne un centre récréatif, une enceinte de grande envergure hébergeant une équipe professionnelle ou tout cela à la fois, son succès dépendra largement de l’adhésion de la clientèle locale.

Sources:
–    Lemoine, Dominique.  «Un stade ambulant pour les futurs jeux», [http://www.visiondurable.com], 28 mai 2008.
–    Portail du gouvernement français. «Remise du rapport “Grands Stades Euro 2016” à François Fillon», [http://www.premier-ministre.gouv.fr], 24 novembre 2008.
–    Saintourens, Thomas.  «Les stades font leur révolution», L’Express, 15 mai 2008.

Sites Internet:
–    Indoor Golf Arena
–    Projet OL Land
–    Seagaia Ocean Dome
–    Ski Dubaï
–    Ultimate Sports Resort

Catégories
Produits et activités

Ces parcs urbains qui deviennent des vedettes!

L’aménagement d’un parc exerce souvent un effet d’entraînement par la tenue d’événements spéciaux, de festivals, de spectacles sur les lieux ou dans le quartier. La valeur des propriétés avoisinantes augmente, les promeneurs et les cyclistes de tous âges contribuent à créer une ambiance de quartier, le paysage s’en trouve amélioré et la qualité de vie rehaussée. En guise d’inspiration, voici quelques exemples de parcs urbains récemment aménagés et déjà devenus des icônes.

Plus de la moitié de la population mondiale habite en milieu urbain. En Amérique du Nord, cette proportion dépasse les 70%! À cet égard, les parcs urbains, souvent qualifiés de poumons de la ville, prennent de plus en plus d’importance. Non seulement ils permettent de filtrer certains polluants et de rafraîchir l’air, mais ils contribuent aussi grandement à la qualité de vie et au sentiment d’appartenance des résidants.

High Line, New York

L’histoire du projet de la High Line de Manhattan est fascinante, à l’image de la cité. En 1999, deux résidants proposent l’idée originale de convertir en parc urbain une voie ferrée surélevée abandonnée qui parcourt 2,3 km dans le sud-ouest de Manhattan, en partant du quartier des boucheries (Meatpacking District). C’est grâce au partenariat entre l’organisme Friends of the High Line et la Ville de New York que le projet s’est concrétisé. L’organisation regroupe un grand nombre de donateurs (1500 en juillet 2008).

parcs_urbains1

Parce qu’il s’agit d’une initiative provenant de citoyens volontaires, ce projet de transformation jouit rapidement de l’engouement de la population, des médias, des artistes et des gens  branchés new-yorkais. Des célébrités s’y associent dès le début, des designers et des architectes travaillent au concept. Alors que la High Line vient tout juste d’être inaugurée (juin 2009), on assiste depuis quelques années à un boom de la construction immobilière dans les quartiers qu’elle traverse. Déjà, un luxueux hôtel (Standard Hotel) la chevauche, des musées et des galeries d’art voient le jour et des architectes renommés y signent de nouveaux immeubles. Enfin, la High Line génère beaucoup d’activités, et ce premier tronçon (l’aménagement d’une seconde partie est prévu pour 2010) promet d’attirer beaucoup de monde.

parcs_urbains2

Millenium Park, Chicago

Lparcs_urbains3a récupération de territoires autrefois occupés par les compagnies de chemin de fer est ici aussi à l’origine de la création d’un parc urbain devenu un attrait majeur: le Millenium Park de Chicago. Récipiendaire de plusieurs prix, ce parc a fait l’objet de concours d’architecture du paysage, de design et d’architecture. Situé en plein cœur de la ville, le parc est notamment l’hôte de nombreux événements musicaux, de pièces de théâtre et de spectacles de danse. Parmi ses composantes, mentionnons:
–    l’amphithéâtre extérieur, unique aux États-Unis, dessiné par Franck Gehry;
–    la fontaine interactive, Crown Fountain, de l’artiste Jaume Plensa;
–    le jardin contemporain;
–    le Cloud Gate, sculpture iconique du parc.

Partie intégrante de Grant Park, le grand parc de Chicago qui borde le lac Michigan (1,29 km2), le Millenium Park est l’un des projets les plus audacieux de l’histoire de la ville. Depuis son ouverture en 2004, il est l’une des principales attractions de Chicago.

Promenade Samuel-De Champlain, Québec

À l’occasion du 400e de la ville de Québec et dans le but de «redonner le fleuve aux Québécois», le gouvernement provincial a confié à la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) le mandat d’agir à titre de maître d’œuvre dans l’aménagement des berges du Saint-Laurent sur quelque 2,5 km de long. Déjà, en 1997, la CCNQ envisageait de réaménager le boulevard Champlain, qui borde alors les berges du fleuve à cet endroit. L’un des principaux enjeux consistait à réduire l’aspect «autoroutier» du boulevard et à favoriser la fréquentation des lieux pour les loisirs. La conception de la promenade Samuel-De Champlain est l’œuvre d’un consortium formé de firmes d’ingénieurs, d’urbanistes et de plusieurs partenaires professionnels.

Le défi semble avoir été relevé haut la main. Depuis son inauguration en juin 2008, la promenade remporte beaucoup de succès et se distingue en récoltant de nombreux prix, notamment sur les plans de l’architecture, du design et de l’aménagement urbain. D’ailleurs, en juin 2009, on apprenait que le gouvernement du Québec s’engage à prolonger la promenade de 3,1 km.

parcs_urbains4

Pour les villes de toutes tailles…

Outre les parcs des grandes villes, pensons au potentiel que représentent les berges du Saint-Laurent pour beaucoup de petites municipalités du Québec. La revitalisation de ces lieux par l’aménagement d’un parc, d’un espace public, d’attraits culturels ou de plein air, par du mobilier urbain attrayant et par des services permet aux résidants de se réapproprier les lieux. Le parc peut générer un dynamisme nouveau et exercer un énorme pouvoir d’attraction, quand il est bien conçu et bien entretenu.

Sources:
–    Boivin, Simon. «Promenade Samuel-De Champlain: un prolongement exclusif aux piétons», Le Soleil, 24 juin 2009.
–    Bozikovic, Alex. «Walk the line», The Globe and Mail, 16 juin 2009.
–    Copeland, Larry. «Urban parks come to life», USA TODAY, 8 juin 2004.
–    Finn, Robert. «Two friends, and the Dream of a Lofty Park Realized», The New York Times, 11 juillet 2008.
–    Glusac, Elaine. «Nothing Second About This City», National Geographic Traveler, avril 2009.
–    Jacobs, Karrie. «The High Line», Travel and Leisure, novembre 2008.
–    Smith, Sébastien. «Une nouvelle merveille urbaine à New York», La Presse, 17 juin 2009.

Sites Internet:
–    Millenium Park
–    Project for public Spaces
–    Promenade Samuel-De Champlain
–    The High Line

Catégories
Enjeux Produits et activités

Le développement durable et la motoneige: un défi à relever

En dépit des importantes retombées économiques qu’elle génère, l’industrie de la motoneige continue de susciter des débats en ce qui a trait au développement durable. La contemplation des paysages et le contact avec la nature figurent parmi les principales motivations qui incitent les gens à faire de la motoneige. Cet attrait de la nature sauvage amène donc les motoneigistes à pratiquer leur sport dans des lieux de prédilection tels que les parcs.  Doit-on trouver un compromis afin de permettre une circulation partielle des motoneiges sachant qu’elles constituent une source de pollution et qu’elles sont susceptibles de déranger la faune?

CP_2008-09_moton_DD_img1

Au Québec, on a pris la décision de respecter les intérêts environnementaux concernant la présence des motoneiges dans ces zones de préservation. Le gouvernement prévoit se conformer à un règlement de l’an 2000 qui interdit les véhicules hors route dans les parcs provinciaux, au plus tard en 2009.

Aux États-Unis, l’approche des autorités à cet égard diffère quelque peu. Le National Park Service a déposé en 2007 un imposant rapport (Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement) qui dresse un portrait de la situation quant à l’impact de la circulation des véhicules sur la neige, notamment dans les parcs de Yellowstone et de Grand Teton, très prisés des motoneigistes. La position américaine préconise un contrôle de l’accès plutôt qu’une interdiction complète. Le rapport fait état d’impacts mineurs sur la faune, la qualité de l’air et la pollution sonore.

La Cour américaine intervient

Les lobbys environnementaux n’ont toutefois jamais cessé de mettre la pression sur le gouvernement, et récemment un juge fédéral leur a donné raison. Le 15 septembre dernier, la Cour fédérale américaine a renversé la décision de l’administration Bush en statuant que l’autorisation d’accès à plus de 500 motoneiges par jour dans les parcs de Grand Teton et Yellowstone contrevenait à la responsabilité première du National Park Service de protéger les parcs. Le juge a intimé le service des parcs de proposer un nouveau plan.

À l’hiver 2008, ce sont 720 motoneiges BAT (Best available technology) qui ont quotidiennement été autorisées dans ces parcs. Tous ces véhicules sont accompagnés par des guides professionnels, et les périodes de fréquentation sont limitées.

Cette décision aux États-Unis constitue une balise importante en ce qui concerne les politiques de gestion des accès des véhicules hors route aux zones naturelles. La cohabitation entre la motoneige et l’environnement n’a pas fini de faire jaser. La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec a d’ailleurs emboîté le pas vers une démarche verte en déposant le 19 septembre dernier son plan quinquennal pour l’environnement.

Le durcissement des politiques gouvernementales dans un souci de favoriser le développement durable pourrait s’avérer porteur de nouvelles solutions technologiques. Il faudra notamment surveiller l’apparition de motoneiges électriques, comme le modèle Symetron de Racer Technologies, qui pourraient un jour ou l’autre révolutionner cette industrie.

Avec la collaboration de Olivier Payette

Lire aussi:

L’avenir de la motoneige touristique passe-t-il par le marché américain?
La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement
La motoneige en harmonie: deux exemples de réussite
Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement

Sources :

– Fédération des clubs de motoneigistes du Québec. «Plan d’action quinquennal de la FCMQ pour l’environnement», 19 septembre 2008.
– National Park Service, U.S. Departement of interior. «Final winter use rule for Yellowstone and Grand Teton», published in Federal Register, décembre 2007.

Catégories
Ailleurs dans le monde Marketing

Les publicités coup de coeur du Réseau de veille

C’est l’été, la période par excellence pour les vacances. Pour vous, c’est un moment très occupé. L’équipe du Réseau de veille vous invite à prendre une petite pause et à vous amuser, tout comme elle, à découvrir ou à revoir ces publicités originales, drôles et surtout inspirantes de destinations, de produits ou de services touristiques à travers le monde. À vos clics, prêts, visionnez!

100% Pure New Zealand
De l’inspiration à l’état pur!


Roumanie
Une expérience plus grande que nature


City Lodge – Makes You Feel at Home
L’humour, pour des pubs «extra»ordinaires

 

What Happens Here, Stays Here
En parfaite harmonie avec l’identité de la destination

 

Air Tran – Room Service
Quand l’imprévisible
s’en mêle pour river le message

 

Belong – Sheraton
Un hôtel, c’est bien plus qu’un endroit pour se loger

 

 

Enjoy England
Douceur et subtilité. Prière de ne pas déranger

 

 

Incredible India
Envoûter et charmer par un exotisme aux mille couleurs!

 

Magic Happens – Disney
L’efficacité d’un autre message imprévisible

 

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

L’appellation «parc national» a-t-elle un impact sur la fréquentation?

Québec prévoit créer 11 nouveaux parcs nationaux, dont neuf au nord du 50e parallèle. Ces futurs parcs couvrent une superficie de plus de 40 000 kilomètres carrés. Ils offrent une nature vierge, des paysages spectaculaires et la possibilité, dans certains cas, d’entrer en contact avec des communautés autochtones qui pratiquent un mode de vie traditionnel. Mais jusqu’où la désignation «parc national» favorisera-t-elle la fréquentation des lieux? Une étude européenne se penche sur un cas en Suède.

Appellation «parc national»: qu’est-ce que ça implique?

Lorsqu’un territoire prend l’appellation de «parc national» au Québec, comme ailleurs dans le monde, il doit répondre à deux objectifs:

  • la protection permanente de milieux naturels;
  • l’accessibilité du public à des fins éducatives et de pratique d’activités compatibles avec la mission.

Cette mission consiste en «la protection permanente et la mise en valeur de milieux naturels représentatifs de l’une ou l’autre des 43 régions naturelles du Québec ou de lieux qui possèdent des caractéristiques naturelles exceptionnelles.»

Sur le plan touristique, les parcs nationaux représentent d’incontestables joyaux pour la pratique d’activités de plein air ainsi que pour l’économie des régions d’accueil. Pensons notamment au pouvoir d’attraction généré par les parcs du Mont-Tremblant et du Bic, ou encore ceux du réseau de Parcs Canada, comme Forillon et la Mauricie. Ces territoires accueillent un grand nombre de voyageurs québécois et internationaux. Le label «parc national» est une véritable marque de commerce qui implique la présence de sites naturels exceptionnels, mais aussi de services et d’aménagements de qualité.

Les projets de parcs nationaux du Québec

À l’heure actuelle, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs considère 11 projets: neuf répartis à travers l’immense territoire au nord du 50e parallèle et deux au sud (voir la carte). Ces derniers sont situés dans le Bas-St-Laurent (Lac-Témiscouata) et en Abitibi-Témiscamingue (Opémican).

CB_2007-11_parcs_natnx_img1

Agrandir l’image

Le 23e parc national, Albanel-Témiscamie-Otish (P1 sur la carte), dont la création officielle est prévue en 2008, est situé à 90 kilomètres au nord de Chibougamau, à quelque 10 heures de route de Montréal. Il se compose de paysages exceptionnels formés d’une nature encore intouchée. La communauté locale des Cris est mise à contribution. On souhaite y attirer une clientèle écotouristique… mais sera-t-elle au rendez-vous?

CB_2007-11_parcs_natnx_img2

Exemple de la Suède

La création du Fulufjället National Park en 2002, situé dans une région montagneuse du nord de la Suède, a fait l’objet de deux enquêtes de fréquentation, la première une année avant sa désignation et la seconde une année après. Cette ancienne réserve naturelle est située à 470 kilomètres de Stockholm et se compose d’une nature vierge dont le couvert végétal est de lichen, ce qui est plutôt rare pour la région. La faune y est abondante: ours, orignaux, oiseaux de proie. On y trouve aussi la plus haute chute de Suède. C’est d’ailleurs autour de celle-ci que se sont concentrés les aménagements liés à l’accueil et à la randonnée pédestre.

Une augmentation de 40%
Un an après la création du parc, on observe une augmentation significative de la fréquentation des lieux: de 38 000 à 53 000, soit 39,5% plus de visiteurs qu’en 2001. Deux sondages (en 2001 et en 2003) ont par ailleurs permis de révéler plusieurs distinctions dans la composition de la clientèle. En 2003, cette dernière est formée d’une plus grande part de:

  • femmes
  • personnes âgées de plus de 50 ans
  • personnes provenant de milieux urbains
  • nouveaux visiteurs (1re visite)
  • personnes estimant qu’un «parc national» accroît la valeur des lieux pour les visiteurs
  • personnes estimant que l’appellation «parc national» contribue à préserver la biodiversité de l’endroit.

Ces changements dans la fréquentation du territoire à l’étude sont l’effet de l’image de marque, mais sont aussi rattachés à des facteurs qui s’y rapportent, tels que l’amélioration des infrastructures d’accès au secteur et d’accueil, la couverture médiatique concernant le parc et son inauguration par le roi de Suède. Le parc fait également partie de PAN Parks, regroupement associé à la World Wildlife Foundation (WWF), label reconnu à travers le monde.

À plus long terme, les auteurs de l’étude estiment qu’après l’effet de nouveauté le nombre total de visiteurs devrait diminuer, mais demeurer supérieur à ce qu’il était avant 2002. La proportion de visiteurs internationaux augmentera à la suite d’une diffusion médiatique plus étendue de la présence du nouveau parc.

Des défis de taille

Le cas de la Suède s’apparente à celui du Québec sur plusieurs plans: climat, grands espaces, faible densité de population. Les résultats de l’étude permettent de réaliser la force de la marque «parc national» et du pouvoir d’attraction qu’elle exerce.

Mais, en ce qui concerne les projets québécois identifiés au nord du 50e parallèle, tous loin et certains même très loin des grands bassins de population, ils font face à des défis majeurs. Mentionnons, entre autres:

  • L’accessibilité: certains secteurs sont inaccessibles par route et le prix des billets d’avion est très élevé.
  • L’éloignement et l’isolement: le parc est un produit d’appel, mais, pour attirer les touristes, la région doit offrir d’autres attraits structurés ainsi que des services.
  • Le recrutement et la formation des employés: en région éloignée, il s’avère parfois difficile de trouver, puis de garder une main-d’œuvre qualifiée et motivée.
  • La concurrence: le coût du transport lié à la visite de ces parcs devra concurrencer celui de destinations déjà bien implantées dans le créneau de l’écotourisme (comme le Costa Rica, le Nicaragua ou encore l’État de l’Alaska).

Comme le précisent les objectifs visés par la désignation d’un parc national, la protection des milieux naturels constitue ici le défi premier. On vise d’abord la création d’aires protégées afin de limiter l’étendue du territoire soumis à l’exploitation des ressources. La fréquentation touristique des parcs contribue ensuite au développement économique du secteur.

Préparez-vous!

Les résultats de l’étude suédoise sont plus susceptibles d’intéresser les intervenants impliqués dans les projets de parcs nationaux plus près des grands bassins de population ou qui se situent le long de circuits touristiques déjà fréquentés. À cet égard, les entreprises touristiques ont intérêt à surveiller l’état d’avancement des travaux ainsi que le comportement des clientèles qui fréquentent les parcs afin d’ajuster leurs services, le cas échéant. Aussi, d’autres projets de parc pourraient voir le jour. Gardez l’œil ouvert!

Sources:

– Diotte, Simon. «Les nouveaux parcs nationaux du Québec», L’actualité, août 2007.
– Fredman, Peter et autres. «Increased Visitation from National Park Designation», Current Issues in Tourism, vol. 10, no 1, 2007.

Sites:
Fulufjället National Park.
Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.
Société des établissements de plein air du Québec.

Catégories
Faits et chiffres Produits et activités

Qu’est-ce qui influence les habitudes de loisir?

Pour mieux apprendre à connaître notre clientèle, il est parfois utile de l’analyser sous de nouveaux angles. Nous avons cette fois-ci isolé deux variables particulières, l’occupation professionnelle et la taille de la communauté de résidence afin d’évaluer quelle incidence elles pouvaient exercer sur certains éléments relatifs aux loisirs et aux voyages des Canadiens.

Les Canadiens sous la loupe

Selon les données obtenues par le Print Measurement Bureau (PMB) 2006, les opportunités et les traditions familiales diffèrent radicalement selon que l’on habite dans une agglomération de moindre taille (moins de 100 000 âmes), dans une ville d’envergure (plus de 1 million d’habitants) ou dans une municipalité canadienne de catégorie intermédiaire dont la taille oscille de 100 000 à 1 million d’individus. La population canadienne se répartit de façon à peu près égale entre les trois segments.

Plus tôt dans l’année, le Réseau de veille en tourisme avait fait la lumière sur les façons dont les Québécois passaient leur temps libre, à savoir notamment quelles activités bénéficiaient de la plus forte intensité de pratique. (Lire aussi: Comment les Québécois utilisent-ils leur temps libre?) Cette fois, nous laissons de côté les volumes de participation en utilisant essentiellement des indices de propension à la réalisation d’une activité, d’un voyage ou autre. Ces indices fonctionnent sur la base où un résultat de 100 équivaut à la moyenne canadienne. Par exemple, si un segment de population obtient un indice de 150 pour la pratique du curling, cela signifie que ce groupe d’individus s’avère 50% plus susceptible d’être adepte de cette activité que la moyenne canadienne.

Participation aux activités de loisir

Le premier cas étudié concerne la propension des Canadiens à participer à certaines activités, selon la taille de leur communauté (graphique 1). Par exemple, celles de moins de 100 000 habitants s’adonnent beaucoup plus régulièrement aux activités en lien direct avec la grande nature telles que la chasse, la pêche, la motoneige et le bateau à moteur, alors que celles des villes intermédiaires ont une plus forte propension à pratiquer le golf, le ski de randonnée et la voile. Quand aux résidants des métropoles, on remarque qu’ils se tournent davantage vers le ski alpin et le vélo. Fait intéressant, ces derniers s’avèrent nombreux à s’évader de la ville pour s’adonner à la voile.

Nous avons aussi analysé les types d’activités correspondant à divers profils d’emploi. Fait important à noter, plus du tiers (36%) des Canadiens n’appartiennent à aucune catégorie d’emploi puiqu’ils sont retraités ou sans emploi notamment. Les différentes occupations professionnelles ainsi que la proportion de la population canadienne correpondant à chacune d’entre elles sont les suivantes:

  • professionnels (6%),
  • cadres supérieurs, propriétaires (3%),
  • cadres intermédiaires (13%),
  • cols blancs, techniciens, enseignants (9%),
  • commis, secrétaires (8%),
  • métiers spécialisés (25%),
  • autres (36%).

Évidemment, il existe une forte corrélation entre le niveau salarial, donc la catégorie de profession et le type d’activités pratiquées. Mais, au-delà de ce constat, on obtient d’autres renseignements intéressants, sans compter que des emplois appartenant par exemple à la catégorie des métiers spécialisés s’avèrent souvent aussi rémunérateurs que des professions de type cadre intermédiaire.

Certaines activités plaisent de façon à peu près égale à tous les Canadiens, peu importe leur corps de métiers. C’est le cas notamment de la pratique du camping et du vélo (graphique 2). Les professionnels enregistrent un intérêt marqué pour la voile, le ski de randonnée et le ski alpin, alors que les cadres supérieurs et les propriétaires favorisent davantage le golf, le bateau à moteur et la motoneige. On remarque que les gens oeuvrant dans le domaine des métiers spécialisés ont un profil nettement différent, leurs activités de prédilection étant la chasse, la pêche, la motoneige et la planche à neige.

Destinations de vacances

Nous avons mis en lumière les taux d’incidence des choix de vacances des Canadiens en regard de la taille de leur communauté (graphique 3). Malheureusement dans ce cas-ci, la variable de la proximité géographique vient un peu mêler les cartes puisqu’il est difficile de savoir, par exemple, si le comportement des gens d’une ville québécoise de moindre taille voyageant au Québec est le même que celui des habitants d’une autre ville canadienne d’envergure similaire qui choisit le Québec comme lieu de vacances. Au-delà de cette mise en garde, voici quelques constats intéressants :

  • Les voyages des Canadiens au Canada sont répartis de manière assez égale entre les diverses communautés.
  • Les Canadiens habitant dans les grands centres ont une plus forte propension à voyager au Québec.
  • Les voyages internationaux sont surtout l’apanage des résidants des grandes villes, particulièrement dans le cas des séjours en France.
  • Ce sont les Canadiens des villes intermédiaires qui sont les plus susceptibles de se rendre au Mexique.
  • Les Canadiens des petites communautés ont une moins forte propension que les autres à voyager en général dans ces destinations.

En ce qui concerne le jumelage des destinations avec le profil d’emploi (graphique 4), voici quelques constats:

  • Ce sont les professionnels qui affichent la plus forte propension à voyager pour toutes les destinations étudiées, sauf dans le cas des destinations «soleil», soit le Mexique et la Floride.
  • Le groupe des cols blancs, des techniciens et des enseignants est friand des vacances en France, au Mexique et au Royaume-Uni/Irlande, de même qu’en Floride et au Québec.
  • Les cadres supérieurs et les propriétaires sont ceux qui optent le plus souvent pour des vacances vers le Sud.
  • Les Canadiens oeuvrant dans des métiers spécialisés voyagent nettement moins que les autres travailleurs.

Sélection du mode d’hébergement

La taille de la communauté des résidants canadiens semble également exercer une influence sur le choix du type d’hébergement durant leurs vacances au Canada (graphique 5). On remarque notamment des taux d’incidence élevés chez les habitants des grandes villes à opter pour les gîtes du passant et les centres de villégiature. Les Canadiens des municipalités de taille moyenne affichent une plus grande propension à privilégier des vacances au chalet (commercial ou privé) et chez des parents et amis. Quant aux voyageurs des petites agglomérations, ils optent davantage pour les terrains de camping et les motels.

Par ailleurs, lorsqu’on met en parallèle l’hébergement privilégié avec les occupations professionnelles des Canadiens, un élément ressort clairement du lot (graphique 6): les travailleurs professionnels s’avèrent particulièrement friands des gîtes du passant. De leur côté, les cadres supérieurs et les propriétaires, de même que les cadres intermédiaires, affichent une propension plus élevée à choisir les centres de villégiature.

Activités pratiquées lors des vacances

Sur le plan des activités pratiquées au cours de vacances au Canada selon la taille de la communauté d’origine des Canadiens, on peut dégager d’intéressantes observations (graphique 7). Les résidants de municipalités de moindre taille affichent une forte propension à pratiquer la chasse et la pêche, de même qu’à assister à des conférences. Ce dernier constat s’explique par le fait que les réunions se déroulent habituellement dans les plus grands centres, d’où la nécessité, pour les gens habitant de petites communautés, de se déplacer.

On remarque également la tendance très urbaine du ski alpin/planche à neige, alors que ce sont les Canadiens des métropoles qui s’y adonnent davantage. Par ailleurs, le golf semble très populaire du côté des villes intermédiaires, possiblement en raison de l’accès à un grand nombre de parcours à proximité.

En terminant, on constate que les cadres supérieurs/propriétaires assistent régulièrement à des conférences et jouent souvent au golf lors d’un voyage au Canada (graphique 8). Ils affichent aussi une forte propension à pratiquer le ski alpin/planche à neige. Les professionnels, quant à eux, présentent des taux d’incidence nettement supérieurs à la moyenne canadienne pour à peu près toutes les catégories. On remarque aussi une certaine affinité entre les Canadiens qui occupent des postes de commis/secrétaires et les activités liées aux parcs thématiques/zoos et aux événements sportifs.

Source:
– Print Measurement Bureau 2006.

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

Profitez de la nuit pour mettre en lumière vos produits

Les entreprises touristiques sont continuellement à la recherche d’idées pour offrir de nouvelles expériences à leur clientèle. On souhaite cette étincelle de génie en espérant qu’elle ne nécessite pas d’investissements majeurs. Pour y arriver, certains dirigeants ont tout simplement mis à contribution l’offre en place… sous un jour différent. Pourquoi ne pas profiter des charmes d’une ambiance nocturne pour mettre en valeur certains produits et peut-être intéresser une clientèle moins traditionnelle?

Le Safari de nuit de Singapour

À la fin des années 1980, le zoo de Singapour tentait de stimuler l’intérêt des visiteurs en proposant des tours de nuit. La réponse fut telle, qu’elle convainquit les dirigeants du potentiel d’en faire une attraction nocturne à part entière. Réparti sur 40 hectares, le Safari de nuit consiste en une expérience tropicale singulière au milieu de 900 animaux nocturnes dans leur habitat naturel. Passant souvent toute la journée à dormir, plusieurs de ces bêtes sont méconnaissables après la brunante, car plus actives à ce moment-là, ce qui ajoute à l’intérêt de la visite.

L’observation s’effectue grâce à un système sophistiqué d’éclairage jumelé à une luminosité artificielle créée par la simulation de la pleine lune. Le visiteur emprunte des sentiers pédestres aménagés où certains animaux se mêlent à eux. Un tramway animé permet également de parcourir les différentes zones d’habitats à l’intérieur de la forêt tropicale. Le Safari de nuit a ouvert ses portes en 1994, après quatre années de planification et trois années d’aménagement. Construit au coût de 63 millions USD, le site accueille un million de visiteurs annuellement et a remporté à six reprises le Singapore Tourism Award for Best Leisure Attraction Experience. Il s’agissait d’une première expérience du genre dans le monde.

Plus près de nous, le Biodôme, le Planétarium et la tour de Montréal se sont regroupés à l’occasion de la relâche scolaire afin d’offrir un produit adapté, sous le thème de l’escapade nocturne. Exceptionnellement ouvert jusqu’à 20 h 30, le Biodôme présentait ses écosystèmes dans une atmosphère bleutée et feutrée, accompagnée de l’ambiance sonore provenant des grillons et des crapauds. 

Culture nocturne

En France, on a trouvé une autre façon originale de mettre en valeur le patrimoine en place sous la thématique de la découverte nocturne. Le ministère de la Culture et de la Communication a organisé, de concert avec plusieurs autres États européens, la première «Nuit des musées». Le 14 mai 2005, de la Norvège au Portugal, et de Malte à la Fédération de Russie, quelque 1150 musées européens ont exceptionnellement ouvert leurs portes jusqu’à une heure du matin. Les institutions proposaient des animations sur le thème «Lumière(s) dans la nuit» et, dans la majorité des cas, l’entrée était gratuite.

Par cette opération, on invitait le public à découvrir de manière insolite et ludique, à la faveur de la nuit, les richesses souvent méconnues des collections. Les musées participants ont élaboré pour l’occasion toutes sortes d’événements inédits et attrayants tels que des:

  • parcours nocturnes et mises en lumière
  • pièces de théâtre
  • projections de films
  • spectacles en costume d’époque
  • concerts et animations musicales
  • lectures de poésie
  • bals masqués
  • conférences
  • repas de gala éclairés à la bougie
  • démonstrations et dégustations gastronomiques

L’opération a remporté un grand succès alors que, en France seulement, l’affluence dans les 750 musées participants a atteint un million de visiteurs, soit dix fois plus que la fréquentation horaire moyenne habituelle. Fait intéressant, même les institutions de taille modeste situées en zone rurale ont connu un achalandage exceptionnel. Selon les organisateurs, les animations thématiques ont joué un rôle attractif évident. Les démarches sont en cours pour répéter l’expérience en 2006.

Soulignons au Québec l’initiative du Festival Montréal en lumière qui revient pour une troisième année avec ses «Nuits blanches». L’événement consiste en une riche programmation d’activités telles que visite de musées et de galeries, soirée de contes, parcours guidé illuminé, baignade extérieure, etc. Tout comme pour l’exemple européen, il s’agit d’une occasion de tirer profit des composantes nocturnes, mais de telles opérations demeurent habituellement sur une base ponctuelle.

Au clair de la lune

Pourquoi aussi ne pas profiter des belles soirées de clair de lune pour offrir des sorties de plein air pour des activités qui se déroulent traditionnellement le jour? C’est ce que fait par exemple Héritage Saint-Bernard, un organisme sans but lucratif dont le mandat est d’assurer la gestion et la protection des habitats naturels de l’île Saint-Bernard en Montérégie. Sous le thème de «Neige en Folie», plusieurs activités nocturnes sont organisées, de manière ad hoc, notamment des balades de ski de fond au clair de lune et des randonnées nocturnes en famille avec des guides naturalistes pour écouter les sons de la nature et observer le ciel d’hiver.

De plus en plus de sites de ski de fond et de raquette prévoient des aménagements conçus pour des escapades de nuit. C’est le cas notamment de certains parcs naturels comme les parcs-nature de la ville de Montréal et le parc du Mont-Royal. La Sépaq a aussi innové en ce sens en proposant un sentier illuminé en soirée au parc national d’Oka. Il s’agit d’un parcours de quatre kilomètres ouvert sur une base régulière.

Et vous, disposez-vous d’un atout à faire découvrir sous un autre jour?

Voir aussi

Singapore Night Safari
Festival Montréal en Lumière
La Nuit des musées
Héritage Saint-Bernard
Sépaq

Sources:
– Ministère de la Culture et de la Communication de France «Nuit des musées en France et en Europe: Très grand succès confirmé», [www.culture.gouv.fr], 17 mai 2005.

Catégories
Produits et activités

La neige et le froid polaire sont-ils bons vendeurs?

Froid polaire et vent glacial découragent-ils les touristes? Beaucoup s’imaginent que la neige et le froid extrême repoussent les visiteurs. Mais ils ont tort! Le «tourisme polaire» est un créneau en croissance. ++ COMMENTAIRE du professeur Alain A. Grenier, maître de conférence à l’Université de Laponie, à Rovaniemi, en Finlande. ++

Bien qu’il n’existe pas vraiment de définition officielle pour le tourisme polaire, la littérature spécialisée s’entend pour dire qu’il s’agit de tourisme dans des conditions de froid extrême. Le tourisme polaire, souvent perçu comme le petit frère de l’écotourisme, offre la possibilité de vivre une expérience unique dans une région naturelle considérée comme «pure». Il allie beauté des paysages, mode de vie et culture uniques.

Les amateurs privilégient:

  • l’observation de la faune: baleines, épaulards, phoques, ours polaires, etc.;
  • des activités d’aventure: traîneau à chiens, randonnées en kayak, excursions en hélicoptère, camping, ski de randonnée, etc.;
  • le safari-photo;
  • le tourisme de découverte culturelle;
  • l’alpinisme de glace… pour certains accros.

Un créneau en croissance

Chaque année, ce créneau se développe un peu plus, ce que prouvent les données suivantes, amassées par l’International Association of Antarctica Tour Operators (IAATO).

Pays d’origine Nombre Pourcentage
États-Unis 10 387 37,7
Allemagne 3 428 12,4
Royaume-Uni 2 869 10,4
Australie 1 577 5,7
Canada 1 202 4,4
Japon 973 3,5
Suisse 498 1,8
Inconnu 3 415 12,4
Autres 3 188 11,6
Total 27 764 100

Source: IAATO, 11 septembre 2004

Même si plusieurs entreprises touristiques déjà établies en Antarctique ont commencé à se tourner vers l’Arctique, c’est encore en Antarctique que l’on met à l’essai les nouveaux produits. Cela est dû à une saison touristique plus longue qu’en Arctique, où les conditions de navigation demeurent très difficiles, et ce, même durant l’été.

Le Nord québécois

Au Québec, la région Nord-du-Québec a beaucoup à offrir aux amateurs de grands froids et d’aventure. Renommé pour la chasse au caribou et pour la pêche, le secteur comprend plus de 90 pourvoiries, qui accueillent chaque année des milliers de visiteurs. On peut y pratiquer une panoplie d’activités: randonnée, canot, kayak, motoneige, ski de fond, camping sauvage, aérotourisme, observation de la faune, etc. Il est aussi possible de séjourner dans les communautés autochtones afin de découvrir leur culture et leur mode de vie.

Les croisières en eaux froides

Le tourisme de croisières polaires est aussi en pleine effervescence et il est encore loin d’avoir atteint son point de saturation. Il en existe différents types, certains les qualifiant de croisières, d’autres d’expéditions ou d’explorations polaires. Les destinations privilégiées sont l’Alaska, l’Islande, le Groenland et l’Antarctique.

Citons, par exemple, quelques croisiéristes qui remontent la côte norvégienne jusqu’au cercle polaire arctique, offrant aux passagers une vue imprenable sur les fjords. C’est le cas notamment du Constellation (Celebrity Cruises) ou du Seabourn Pride, plus petit, qui proposent deux croisières grand luxe de 14 jours dans les fjords norvégiens. D’autres armateurs amènent les touristes découvrir la mer d’Irlande et l’Islande, au départ de Copenhague. En Alaska, le Diamond (Princess Cruises) offre des excursions d’une journée pour voir les glaciers, les maisons flottantes des Inuit et la cathédrale orthodoxe de Juneau, ainsi qu’un voyage en train au Yukon, au départ de Skagway.

La clientèle intéressée fait partie des segments des «explorateurs» et des habitués des croisières. Plus riches, plus âgés et plus éduqués que les amateurs de croisières traditionnelles, ils recherchent un produit nouveau. Partageant certains intérêts des écotouristes, ils sont attirés par la faune marine et la nature vierge.

Au Québec, le Groupe CTMA offre, de la mi-février 2005 à la fin mars, une croisière d’une semaine en eaux froides dans le golfe Saint-Laurent (quatre jours et quatre nuits) autour des Îles-de-la-Madeleine. En plus d’une découverte guidée des îles, une gamme d’activités optionnelles est également disponible afin de permettre de profiter davantage des beautés de l’archipel: randonnée pédestre ou en traîneau à chiens, excursion dans les glaces en kayak de mer ou en Zodiac, pêche blanche, promenade en cabarouette1, campement hivernal sous une tente yourte2 ou observation des blanchons sur la banquise.

Aux amateurs de sensations fortes, CTMA propose également une variété de sports de glisse: initiation au cerf-volant de puissance3avec randonnée de buggy ou au ski cerf-volant.

Et si l’expérience vous tente, il y a aussi…

La visite des parcs naturels en zones polaires

Plusieurs pays comme la Suède, la Finlande, la Norvège, la Russie… et bien sûr, le Canada, proposent la visite de parcs naturels et de zones protégées établis dans des régions polaires. Outre le spectacle d’une nature sauvage, ces parcs offrent aux touristes de nombreux sites historiques et la possibilité de rencontrer les communautés autochtones qui vivent dans des territoires adjacents. On y note une nette augmentation du nombre de visiteurs, malgré une fréquentation générale tout de même limitée.

Au Québec, à Kangiqsujjuaq (ATR du Nunavik), citons le Parc national des Pingaluit, premier parc situé en milieu nordique et cogéré avec les Inuit, créé en janvier 2004. Les infrastructures d’accueil et l’aménagement de l’aire de service du parc ont coûté 6 millions $ et son budget de fonctionnement a été fixé à 3,9 millions $ pour les cinq premières années. Les travaux de construction des équipements étant peu avancés, il n’est pas encore ouvert au public.

Sous un climat de toundra (-28°C en moyenne en janvier), il offre un paysage rugueux, isolé et sauvage et permet d’admirer une faune et une flore typiques du Grand Nord. Le parc s’adressera à des visiteurs qui souhaitent vivre une expérience écotouristique hors du commun. On y proposera randonnée pédestre, pêche, canotage, excursions en ski de randonnée, etc. Toutefois, cette dernière activité ne s’adressera qu’à des personnes averties, car il n’existe aucun traçage de piste, ni surveillance sur les lieux.

Sans oublier de saluer le Père Noël en Laponie

En 2003, ce sont pas moins de 500 000 touristes étrangers qui sont venus à Rovaniemi, une petite ville de 60 000 habitants sur le cercle polaire, en Laponie finlandaise. Qu’y recherchent-ils? Ignorant le froid, ils y viennent pour l’ambiance de Noël, l’atmosphère féerique et irréelle… et bien sûr pour voir le Père Noël et ses rennes. C’est aussi le bon moment pour observer le ciel et les aurores boréales. Au programme, visites en traîneaux tirés par des chiens ou des rennes et safari-motoneige «À la recherche du Père Noël».

Cette excursion, spécialement organisée pour les enfants, consiste en un jeu de piste où ceux-ci, installés confortablement dans des luges tractées par des motoneiges, s’arrêtent pour découvrir les messages du Père Noël… avant d’arriver chez lui. Le tout se termine par un goûter et la traditionnelle remise des cadeaux. Pour les fêtes 2004-2005, on estime les revenus à quelque
20 millions d’euros.

1 Petite voiture légère décapotée, à deux ou à quatre roues, tirée par un cheval.
2 Construction circulaire de type mongol.
3 Structure gonflable dirigeable qui ressemble à une aile d’avion et qui se manie à l’aide de deux poignées ou d’une barre de navigation.

Voir aussi

Croisières: à quoi s’attendre en 2004?
International Association of Antartica Tour Operators
Tourisme Îles de la Madeleine
Destination Nunavit

Sources:
– Le Courrier international. «La lucrative légende du Père Noël en Laponie finlandaise», 12 décembre 2004.
– Grenier, Alain. «Croisières et tourisme polaire: des vacances aux confins de la géographie», VertigO, La revue en sciences de l’environnement sur le WEB (UQAM), vol. 4, no 3, décembre 2003.
– Transpol’Air. «Les arguments pour la régulation du tourisme commercial en Antarctique», avril 2004.
– Le Soleil. «Le cratère du Nouveau-Québec devient le premier parc national du Nunavik», 30 août 2003.
– Paradis, Steeve. «Baie-Comeau veut offrir des croisières en eaux froides», Le Soleil, 30 juin 2004.
– Désiront, André. «Les belles croisières de 2005», Cyberpresse, 11 janvier 2005.

Commentaire du professeur Alain Grenier

Alain A. Grenier, docteur en sociologie, est maître de conférence à l’Université de Laponie, à Rovaniemi, en Finlande. Il a effectué de nombreuses croisières polaires en Antarctique et en Haut-Arctique canadien et russe, soit à titre de guide-naturaliste, soit à titre de chercheur.

Cet article du 14 janvier 2005 offre un coup d’oeil général sur le tourisme «polaire» tel que pratiqué dans plusieurs coins du globe. Il m’apparaît cependant important d’y apporter quelques précisions.

D’une part, il est nécessaire de distinguer le «tourisme polaire» du «tourisme d’hiver» ou tourisme hivernal (lire à cet effet: The Nature of Nature Tourism, 2004: 79-81). La distinction peut sommairement se faire selon que la motivation principale du touriste est d’ordre géographique (atteindre une région dite «polaire» comme l’Arctique ou l’Antarctique, définie soit selon le cercle polaire, la ligne des arbres ou la ligne de l’isotherme), soit que cette motivation est d’ordre climatique (faire l’expérience de la neige – et non du froid proprement dit, d’où le tourisme d’hiver).

À cela s’ajoute une différence importante quant aux infrastructures utilisées. Le tourisme d’hiver n’est généralement pas autonome et nécessite le soutien d’hôtels, comme pour les safaris en motoneige ou la participation à un carnaval d’hiver, par exemple – pensons à celui de Québec, aux hôtels de glace, etc. Le tourisme polaire, à l’opposé, parce que pratiqué en région normalement isolée, requiert une autonomie complète ou presque. Enfin, le tourisme polaire tend à se réaliser l’été, tandis que le tourisme d’hiver tire inévitablement avantage… de l’hiver.

Il importe aussi de préciser que si la demande pour les croisières «polaires» est effectivement à la hausse, il y a une saturation artificielle du marché causée par le nombre limité de vaisseaux polaires disponibles pour ce type d’activité (voir le même ouvrage mentionné plus haut pour un tableau complet des navires employés). C’est le cas notamment pour l’Antarctique. Dans le Haut-Arctique, seuls quelques navires répondent aux normes de navigation en mers polaires (les conditions de navigation y sont beaucoup plus problématiques, d’où la quasi nécessité d’affréter les rares brise-glace russes disponibles).

Le coût des croisières en Haut-Arctique, nettement plus élevé, fragmente davantage la demande et, de ce fait, limite pour l’instant l’expansion de l’industrie dans l’Hémisphère Nord. Cela dit, la Murmansk Shipping Company de Russie qui affrète certains de ses brise-glace (traditionnels et nucléaires) aux croisières polaires prévoit l’entrée en service de nouveaux navires d’ici la prochaine décennie avec des ponts spécialement conçus pour les touristes.

Finalement, il ne faut pas confondre le type de croisières offert en Alaska (dans la «péninsule») avec les croisières polaires. Dans le premier cas, il s’agit de croisières dites «traditionnelles», c’est-à-dire, un navire-attraction, avec salles de spectacles, piscine, etc. Dans le second cas, le milieu naturel constitue l’attraction vedette, le navire ne possédant aucune infrastructure pour la vie de luxe (pas de salle de spectacle, de restaurant ou de cafétéria, ni aucun code vestimentaire, pour ne mentionner que ces quelques différences). De là viennent l’association entre les notions d’aventure et d’exploration du tourisme de croisières polaires.

Grenier, Alain A.
Maître de conférence
Université de Laponie, Finlande

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

À quand la «Route blanche» de la raquette au Québec?

Aucune barrière physique à l’entrée! Si vous pouvez marcher, vous pouvez faire de la raquette. De nombreux éléments convergent pour assurer une croissance continue de ce sport. Serait-il utopique de croire que le Québec puisse un jour se positionner comme LA destination mondiale de la raquette?

Populaire au Québec…

En septembre 2004, le Réseau de veille effectuait un sondage sur la pratique des activités de plein air chez les Québécois. Lorsqu’il s’agissait de citer les deux activités de plein air les plus pratiquées à l’hiver dernier, 6,3% ont répondu la raquette. On peut présumer que le pourcentage des adeptes est plus élevé, car certains n’ont pas mentionné la raquette comme étant une de leurs principales activités de plein air, mais s’y sont tout de même adonnés. À cet effet, le dernier sondage omnibus touristique de la firme Zins Beauchesne et associés rapportait que 9% des Québécois pratiquaient la raquette. 

Lors d’une étude effectuée en 2003 par la Fédération des pourvoiries du Québec sur le plein air, la raquette occupait la deuxième place parmi les activités hivernales offertes dans les pourvoiries et arrivait en tête de liste parmi les activités hivernales à mettre en priorité pour le développement.

On constate que l’offre de lieux de pratique s’est développée au cours des dernières années. En plus des pourvoiries, la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) compte trois centres touristiques, quatorze parcs nationaux et six réserves fauniques où l’on peut s’adonner à cette activité. En voie de réalisation, le projet du Sentier national au Québec, chapeauté par la Fédération québécoise de la marche, prévoit l’aménagement d’un sentier continu de 1100 kilomètres dédié à la marche, à la raquette et au ski de fond. Déjà 600 kilomètres sont aménagés et plusieurs refuges reçoivent les randonneurs. Une fois terminé, le Sentier national s’intégrera à un parcours pancanadien.

Sentier national au Québec

Et ailleurs

Selon Matt Schueller, analyste principal pour le Leisure Trends Group aux États-Unis, la raquette est un des sports dont la popularité croît le plus rapidement depuis les dernières années. Il y a cinq ans, on dénombrait 2,9 millions de personnes en ayant fait au moins une fois. En 2002-2003, ce nombre est grimpé à 5,9 millions. Dix États comptaient plus de 150 000 personnes s’adonnant à ce sport en 2002, avec l’État de New York bon premier (621 000), suivi de la Californie (563 000) et du Michigan (259 000). Fait surprenant, la Floride se classait au huitième rang avec plus de 165 000 raquetteurs, comme quoi les Floridiens n’ont pas peur de se déplacer dans les régions enneigées.

Même scénario pour la Suisse, où les taux de croissance annuels varient entre 20 et 40% depuis cinq ans. En France, dans le bilan de la saison hivernale 2002-2003, l’Observatoire National du Tourisme soulignait que les activités hors ski, notamment la raquette, avaient largement augmenté. Et la tendance se poursuit, car ce sport a aussi connu une augmentation en 2003-2004.

Aussi facile que gauche, droite, gauche, droite!

On oublie les raquettes en babiche! En achetant Tubbs Snowshoe Co. en 1988, Ed Kiniry a révolutionné cette industrie et l’a faite entrer dans l’ère du high-tech.

La facilité de la pratique voue cette activité à un essor important:

  • la raquette ne requiert pas d’habileté particulière; des personnes de tous âges peuvent s’y adonner;
  • avec la croissance du nombre de personnes soucieuses de leur santé, la raquette est un excellent moyen de se maintenir en forme et de profiter du plein air;
  • ce sport ne comporte pas de risques de blessure; il devient une excellente avenue pour l’imposante partie de la population qui avance en âge;
  • les raquettes sont légères et peu encombrantes; 
  • l’équipement est peu coûteux;
  • pas besoin d’un support spécial ou d’une voiture avec un espace de rangement spacieux, les raquettes sont faciles à transporter sous le bras ou dans un sac à dos.

Une multitude de créneaux à exploiter

Avec une paire de raquettes, on peut marcher, grimper, courir, partir en expédition avec sac à dos ou faire une longue randonnée. Il devient alors facile de segmenter la clientèle selon les niveaux de difficulté de la pratique.

En Suisse, où la tendance est de pratiquer la planche à neige hors des pentes, le marché de la raquette courtise les planchistes afin qu’ils escaladent la montagne avec cet équipement.

Think Big!

Même si les chiffres sont encore conservateurs, ce sport a un bel avenir devant lui, et ce, surtout avec le vieillissement de la population. Quels pays nordiques peuvent se vanter de réunir autant de conditions pour offrir toute une panoplie de plaisirs d’hiver? Pourquoi ne pas entreprendre une étude qui évaluerait le marché potentiel de ce sport et la possibilité que le Québec se positionne comme la première destination mondiale de la raquette?

Voir aussi

Sentier national de la Fédération québécoise de la marche

Sources:
– Berger, Jodi. «Snowshoes have people of all ages and abilities choosing to take a hike», Rocky Mountain News, 15 novembre 2003.
– Fédération des pourvoiries du Québec. «Le plein air en pourvoirie en 2004: Portrait & Diagnostic», 2004.
– Outdoor Industry Foundation. «Outdoor Recreation Participation & Spending Study: A State-by-State Perspective», 2002.
– von Kaenel, Marianne. «Snowshoe Market Switzerland», U.S. Department of Commerce, International Trade Administration, novembre 2001.

Catégories
Produits et activités

Tourisme vert: des racines et des ailes

En Grande-Bretagne, en France, tout comme au Québec, le tourisme de jardins fait de plus en plus d’adeptes. Plus qu’une mode, le tourisme vert est devenu une tendance forte de notre société. Pas de doute, ce créneau a des ailes!

Le tourisme de jardins fait un tabac en France

En France, la notion de «tourisme de jardins» est apparue il y a dix à quinze ans et connaît un succès grandissant. Le territoire national compte environ 1658 jardins protégés, dont 530 classés. De nombreux événements ont été créés pour attirer le public: fêtes des plantes, salons, visites guidées, manifestations culturelles.

Côté chiffres, selon l’Agence française de l’ingénierie touristique (Afit), le tourisme de jardins aurait intéressé quelque 25 millions de visiteurs en 2000 (dont 16% d’étrangers) sur 405 sites interrogés parmi 762 jardins. En 2002, le montant national des dépenses municipales consacrées aux espaces verts s’est élevé à 2,5 milliards d’euros.

Toujours selon l’Afit, les dépenses liées au jardin en France dépassent aujourd’hui celles qui ont trait au bricolage.

Les Québécois ont la main verte

Au Québec, on ressent le même engouement. Depuis plus de 10 ans, l’industrie horticole québécoise se porte mieux que jamais. Les Québécois ont la main verte et investissent temps et argent pour colorer l’été et leur jardin.

Selon le ministère québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, l’horticulture ornementale au Québec est un loisir qui ne cesse de se développer. On estime que cette tendance devrait se maintenir et même s’accroître avec le vieillissement de la population, la retraite des baby-boomers et l’intensification du cocooning.

Le profil type du «pouce vert» québécois est une femme, travaillant à temps plein, résidant dans une maison unifamiliale en banlieue, qu’elle partage avec au moins deux personnes, et dont le ménage jouit d’un revenu d’au moins 60 000$ par année.

L’industrie de l’horticulture ornementale au Québec représente un marché annuel de plus de 1 milliard de dollars et compte près de 40 000 emplois permanents et saisonniers. Cet engouement se traduit bien sûr par des investissements (construction de serres gigantesques, recherche et développement de nouveaux spécimens floraux, etc.)

À l’embellissement des jardins s’ajoute aussi, l’été, le phénomène de l’autocueillette (fraises, framboises, etc.).

Le Jardin botanique de Montréal

Sur ses 75 hectares, le Jardin botanique de Montréal regroupe pas moins de 22 000 espèces et cultivars de plantes, dix serres d’exposition, une trentaine de jardins thématiques et un vaste arboretum.

L’Insectarium de Montréal, situé également dans l’enceinte du Jardin botanique, abrite quelque 160 000 spécimens d’insectes vivants et naturalisés et accueille à lui seul environ 400 000 visiteurs annuellement. Il est reconnu comme le plus grand insectarium en Amérique du Nord. Les deux institutions orientent leurs activités autour des trois axes suivants: tourisme, éducation et recherche scientifique.

Pour 2003, le budget d’exploitation du Jardin et de l’Insectarium s’est élevé à environ 24,7 millions $. L’autofinancement des opérations pour les institutions scientifiques atteint près de 35%, la différence étant assumée par la Ville de Montréal, la Communauté métropolitaine de Montréal et le gouvernement du Québec.

Selon un sondage réalisé en 1998, la clientèle du Jardin botanique de Montréal se compose majoritairement de visiteurs individuels (90%). Elle est essentiellement féminine (+67%) et âgée de plus de 35 ans (+80%). Près de 65% sont des célibataires ou des couples sans enfants et 72% sont francophones.

À l’automne 2002, deux événements majeurs ont particulièrement fait recette. En effet, près de 250 000 visiteurs ont pu admirer l’exposition La magie des lanternes au Jardin de Chine. Parmi eux, environ 178 000 personnes ont profité de l’occasion pour participer aux activités d’Halloween (soit une augmentation de 36% par rapport à la même période en 2001).

Bien sûr, tous les jardins n’ont pas les mêmes moyens financiers. Certains avouent avoir de la difficulté à fonctionner sans subventions gouvernementales répétées. Les gestionnaires de jardins se doivent d’innover et de se renouveler pour continuer d’attirer les touristes. L’organisation de festivals et d’autres événements axés sur les jardins semble bien fonctionner.

Mosaïculture

Le meilleur exemple est sans doute celui des Mosaïcultures internationales de Montréal (MIM), qui ont suscité un engouement énorme. À l’été 2003, ce sont pas moins de 750 000 visiteurs qui y sont venus pour admirer des oeuvres en provenance de 32 pays. Créé à Montréal, cet événement d’envergure s’est déroulé dans le Vieux-Port de Montréal à trois reprises (2000, 2001 et 2003).

Les prochaines Mosaïcultures se tiendront à Shanghai en 2006 et à Boston en 2009.

Voir aussi

Le Jardin botanique de Montréal

Sources:
– Lacombe, Réjean. «L’industrie horticole québécoise ne dérougit pas depuis 10 ans», Le Soleil, 8 mai 2004.
– Ramsay, Charles-Albert. «Les Mosaïcultures à Montréal pour la dernière fois», La Presse, 27 juillet 2003.
– Voila. «Le tourisme de jardins de plus en plus populaire en France», 8 mai 2004.
– Racine, Michel, Arsène Duret, Pierre Vincent et Michel Saint-Pé. «Le renouveau de l’art des jardins», revue Espaces, no 187, novembre 2001.