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La culture et le design au service du Saint-Laurent

Tilman Latz, architecte paysagiste et urbaniste allemand, apprécie l’intensité du Vieux-Port de Montréal, où les anciens silos côtoient les habitations et les installations récréatives. Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis, estime qu’en Gaspésie le paysage maritime est bien vide, qu’il manque d’animation et d’activités nautiques. Daniel Blier, directeur du Parc Jean-Drapeau, veut donner l’occasion aux visiteurs de rouler leurs bas de pantalons pour mettre les pieds dans l’eau, comme on peut désormais le faire à New York ou à Lyon. Voici, en rafale, quelques exemples d’idées et de projets partagés lors du Congrès Tourisme + Paysages de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ), qui s’est déroulé à Montréal les 4 et 5 avril 2014.

Ce ne sont pas les projets qui manquent…

Le quai

Une plateforme flottante pouvant accueillir des événements sera dressée sur le canal Lachine dès ce printemps. Le ponton de 24 sur 11 mètres pourra servir à différents types d’occasions: projection en plein air, spectacle de musique ou réception regroupant jusqu’à 200 personnes. Le promoteur du projet, Simon Lebrun, vise à rendre cette structure permanente. Elle pourra être déplacée, à la guise du client, dans le périmètre du canal Lachine. M. Lebrun est aussi fondateur d’Héritage Maritime Canada, dont la mission consiste à promouvoir le patrimoine maritime. Il est également derrière le Défi Canot à glace Bota Bota Montréal et d’autres événements festifs se déroulant au Vieux-Port.

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© Simon Lebrun

Parcours insulaire

Aux Îles-de-la-Madeleine, la firme Bourgeois/Lechasseur Architectes a créé des installations inspirées de la mer et des îles afin de mettre ces dernières en valeur. La Place des gens de mer, à Cap-aux-Meules, marque le début d’un parcours insulaire regroupant 12 sites extérieurs. Implantée sur le terrain d’une ancienne usine de transformation de poissons, industrie emblématique des Îles, cette place publique constitue le point de départ de la découverte de l’archipel. Les autorités souhaitent aussi en faire un lieu de rassemblement. Elle accueillera le Marché du village et le futur mémorial aux marins. Des corridors d’accès ont également été aménagés afin de relier le noyau villageois au sentier du littoral.

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© bourgeoislechasseur.com

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© bourgeoislechasseur.com

Plan Bleu Vert

L’Arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles a élaboré le plan Bleu Vert dans le but de valoriser ses berges. La mairesse, Chantal Rouleau, insiste sur l’importance de changer l’image de l’est de l’île de Montréal en misant sur son emplacement aux abords du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Prairies. Parmi les projets, le plan comprend la création de «fenêtres» ou d’ouvertures sur les plans d’eau tous les 500 mètres ainsi que l’aménagement d’accès publics aux berges. La mairesse souligne que 24 rues sans issue pourraient très bien offrir des percées visuelles sur l’eau. Il suffirait de peu: on retire les blocs de béton, on désherbe un peu et on installe du mobilier urbain.

L’Arrondissement a lancé un concours afin d’aménager la plage de l’Est, ce qui figure également au programme du plan Bleu Vert. La firme Ruccolo + Faubert Architectes & Ni a ainsi été sélectionnée pour créer un lieu accessible à tous et offrant un lien privilégié entre le visiteur et le fleuve.

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Projet La plage de l’Est – © Ruccolo + Faubert Architectes & Ni

S’inspirer d’ailleurs

Estuaire

Comme le mentionnait Jean Blaise, directeur de l’organisme Le Voyage à Nantes, la Ville de Nantes mise sur le patrimoine et la culture comme leviers d’attractivité. Pour mieux souligner le lien entre cette ville et sa voisine, Saint-Nazaire, on a invité des artistes à interpréter le paysage sur les 60 kilomètres de l’estuaire qui les relient. La collection permanente rassemble 29 œuvres formant un parcours le long de la Loire ouvert aux visiteurs à l’année. Chacune de ces créations met en vedette un lieu atypique ou un site notable du territoire. Les images ci-dessous donnent un aperçu de l’exposition pérenne du projet Estuaire.

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© Bernard Renoux – «La Maison dans la Loire» de Jean-Luc Courcoult

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© Nautilus Nantes – «Nymphéa» d’Ange Leccia

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© Bernard Renoux – «The Settlers» de Sarah Sze    

Brooklyn Bridge Park 

Les friches industrielles de cette zone riveraine de l’East River se transforment depuis une dizaine d’années en un parc urbain exceptionnel qui offre des voies de passage entre la ville et la rivière, telles qu’une rampe de mise à l’eau pour kayaks. En plus des points de vue spectaculaires sur Manhattan, le Brooklyn Bridge Park, qui s’étend sur plus de deux kilomètres, propose une programmation variée ainsi que la possibilité de pratiquer des activités de plein air de toutes sortes et de tenir des événements de grande envergure. La diversité des aménagements et l’intégration du patrimoine industriel ne sont pas étrangères aux nombreuses distinctions qu’a reçues la firme d’architectes paysagistes Michael Van Valkenburgh Associates Inc, chargée de ce projet de longue haleine.

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© Michael Van Valkenburgh Associates Inc.

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© Michael Van Valkenburgh Associates Inc.

Plusieurs autres projets inspirants ont été abordés lors du Congrès annuel de l’AAPQ. De la créativité des professionnels québécois et de sources d’inspiration étrangères germent des idées qui devraient bien servir la stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent développée par Tourisme Québec et ses nombreux partenaires. Il s’agit d’une mission qui exige non seulement une approche multidisciplinaire, mais surtout l’aval des communautés locales.

 

Image à la une : © Simon Lebrun

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Des lieux de réunion inusités, sources d’inspiration

Les entreprises touristiques ouvrent grand leurs portes aux touristes d’affaires. Au fond d’une mine, dans un zoo, un site industriel ou un jardin extérieur, elles savent créer une ambiance et une atmosphère propices aux échanges et à la créativité. Elles mettent de plus en plus l’accent sur les émotions, les impressions et les sensations qu’elles feront vivre aux visiteurs pour concevoir une expérience unique.

Le choix du site parfait: une étape cruciale pour la réussite d’un événement

Selon la Professional Convention Management Association, le site idéal doit combiner trois éléments pour créer une expérience mémorable: les facteurs environnementaux, qui incluent tous les stimuli présents dans l’environnement immédiat – sons, odeurs, textures, éléments visuels; les facteurs humains, qui se rapportent aux interactions des participants entre eux ou avec les membres du personnel; les facteurs émotionnels, qui eux, sont fortement influencés par les stimuli sensoriels.

Les lieux de réunion uniques ou inusités possèdent plusieurs caractéristiques qui permettent de créer cette expérience mémorable. Ils offrent:

  • l’ambiance et l’atmosphère liées aux stimuli de l’environnement;
  • l’originalité. L’unicité du lieu favorise les échanges entre les participants. Elle est donc liée aux facteurs humains;
  • l’émotion, liée à la capacité d’évoquer des sentiments positifs chez les participants.

Différents types de lieux de réunion

Les lieux de réunion sont aussi variés que les réunions elles-mêmes. Plusieurs catégories d’entreprises touristiques pourraient offrir leurs services à des groupes pour la tenue de réunions, séminaires, conférence ou même, de team building (lire aussi: Une nouvelle tendance: le team building culinaire) afin de diversifier leur clientèle et d’atténuer les effets de la saisonnalité. De plus, un lieu inusité s’inscrit parfaitement dans la tendance bleisure (lire aussi: La tendance des voyages de type bleisure s’accentue), qui allie les affaires et l’agrément.

Voici quelques exemples d’endroits inhabituels pour accueillir des groupes d’affaires:

  • les attractions: zoos et aquariums, spas, parcs à thème, d’amusement ou naturels, sites historiques, centres de ski, etc.;
  • les lieux de divertissement comme les cinémas;
  • les musées ou autres espaces de diffusion culturelle;
  • les lieux extérieurs: jardins botaniques, fermes, terrasses et jardins, vignobles, etc.;
  • les lieux sportifs: arénas, complexes sportifs, terrains de golf, pistes de course, stades, etc.;
  • les mines et autres lieux historiques désaffectés
  • les croisières (lire aussi: Réunions d’affaires: sur l’eau, entre deux manèges ou au fond des bois).

Une seule limite à cette courte liste: votre imagination! Laissez-vous inspirer par des exemples venus d’ici et d’ailleurs et créez votre propre expérience unique!

Les attractions: de tout pour tous les goûts

Plusieurs attractions s’intéressent à la clientèle corporative en leur offrant des services adaptés: salles de réunion multifonctionnelles dotées d’équipements à la fine pointe de la technologie, services de traiteur ou de banquets, activités ou visites sur le site ou l’attraction, etc. Les réunions font partie intégrante de leur offre touristique. Les informations sont répertoriées sur leur site Internet et un représentant ou une équipe de ventes s’occupe spécifiquement du volet congrès-réunions.

Pour une touche exotique, quoi de mieux que les parcs animaliers comme le ZSL London Zoo, le Zoo de Granby, l’Aquarium du Québec et le Cincinnati Zoo & Botanical Garden.

Pour le sport et le plein air, les groupes peuvent tenir leurs rencontres dans certains terrains de golf ou centres de ski comme celui d’Holimont, dans l’État de New York, aux monts Sainte-Anne et Stoneham à Québec ou au sommet du mont Tremblant, où ils tiendront leur réunion avant de dévaler les pistes. Plusieurs parcs du Québec – dont le parc de la Chute Montmorency, la Station touristique Dechesnay et le parc national d’Oka – et d’ailleurs (Yosomete, Bluestone National Park, Royaume-Uni) offrent eux aussi une combinaison de lieux propices aux échanges et de nombreuses activités de plein air et de détente qui favorisent la communication, la concentration et la réflexion. Certains lieux historiques nationaux s’ouvrent aux clientèles corporatives; c’est le cas de la Citadelle d’Halifax ou du Fort-Lennox.

L’ambiance champêtre et le cadre enchanteur des jardins extérieurs comme ceux du Domaine Joly-De Lotbinière ou des jardins botaniques de Montréal et de Toronto sont propices à la discussion. Construit en 1932, le chalet du Mont-Royal offre quant à lui une vue spectaculaire sur la ville de Montréal.

Le Québec regorge de sites historiques ou industriels. Plusieurs accueillent leur clientèle dans un décor exceptionnel comme la Pulperie de Chicoutimi/Musée régional, le Site historique maritime Pointe-au-Père, dont la fenestration du hall d’entrée donne sur le fleuve.

L’environnement souterrain offre un cadre unique à mille lieux des habituelles sources de distractions si souvent associés aux salles de réunion traditionnelles. Dans les profondeurs de la terre, Les Crayères des Montquartiers, d’anciennes carrières de craie qui ont abrité les fûts de la plus grande brasserie de la région parisienne, organisent la tenue d’événements dans de majestueuses galeries voûtées devenues aujourd’hui des caves à vin privées. L’auditorium de la mine d’or Lamaque dans la Cité de l’Or, à Val d’Or, situé à 300 pieds sous terre vaut son pesant d’or! L’expérience débute avec la lente descente vers les profondeurs à bord d’un «transporteur d’hommes», de quoi resserrer les liens en partant! Mais attention, claustrophobes s’abstenir.

 

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L’édifice Nordheimer de l’hôtel Intercontinental de Montréal abrite en ses fondations trois magnifiques voûtes de pierres datant du milieu du 18e siècle. Entièrement restaurées, ces voûtes servent à la tenue de réceptions et de conférences.

Même l’hiver se met de la partie avec Le Village des neiges à Montréal et son tout nouveau centre des congrès, l’Icebreaker, qui offre une expérience unique à -5 degrés Celsius.

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Les lieux de diffusion culturelle à l’écoute des gens d’affaires

Plusieurs théâtres, cinémas, salles de spectacle, maisons de la culture, centres ou galeries d’arts, etc. proposent des installations de conférence; c’est le cas des cinémas Cineplex, du TNM (hall, salle de spectacle et salle de répétition), du Vieux bureau de poste de Saint-Romuald dans la région de Chaudière-Appalaches, transformé en l’an 2000 en salle de spectacles, de la Saatchi Gallery dans Chelsea à Londres et de l’Improv Centre, une salle de spectacles située à Granville Island, une pittoresque petite île à quelques minutes du centre-ville de Vancouver. Le théâtre Granada à Sherbrooke, lieu historique du patrimoine canadien, est également très apprécié des organisateurs d’événements.

Une foule de musées proposent aussi leurs services pour la tenue de réunions dans un univers feutré et inspirant, souvent parmi les plus grands créateurs de ce monde: que l’on pense au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée de la Civilisation à Québec, au Guggenheim Museum de New York, au Andy Warhol Museum de Pittsburg, ou au Abraham Lincoln Presidential Museum à Springfield en Illinois.

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Les modes de transport et les attraits hivernaux ne sont pas en reste

En bateau, en train, en limousine ou en autobus, les réunions font du kilométrage! Que ce soit l’Orford Express avec ses trois voitures-restaurants munies d’écrans à chaque table et d’un système audio-visuel pour les présentations, une limousine du groupe AA Transportation qui permet d’installer un projecteur et un écran dans la limousine, ou encore, un autobus à deux étages avec écran géant LCD, l’expérience se vit hors des sentiers battus.

 

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Source: Acteva

De nombreux autres exemples peuvent s’ajouter à cette liste non exhaustive. Et vous? Avez-vous déjà songé à proposer vos services à une clientèle corporative? Il est temps de penser autrement et de sortir des ornières.

 

Sources:

– «Unusual Meeting Locations», blogue Acteva, 3 mai 2012.

– Chouteau, Zachary. «Options Abound», Meeting Focus, février 2012.

– Debris, Malcolm. «Unusual Meeting Rooms – 4 Different Styles of Meeting Rooms», Articlesbases, 10 janvier 2011.

– Del Rosso, Laura. «Sweet Spots», Meeting Focus, mai 2012.

– Hébert, Claudine. «Épatons la galerie!», cahier Les Affaires, 15 septembre 2012, p. A2-A5.

– Professional Convention Management Association. «Unique Meeting Venues».

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La valorisation d’une destination touristique par l’aménagement floral

Les fleurs et les plantes contribuent à l’embellissement des villes, des maisons et des lieux touristiques. L’aménagement floral au sein d’espaces publics ou privés est un prétexte au spectacle ou à l’animation, mais permet surtout la revitalisation et la consolidation de l’attractivité touristique du lieu. En étant une composante des jardins et des espaces verts, comment peut-il accroître l’attrait d’une destination?

Qu’est-ce que le tourisme des jardins?

Le jardin est, par définition, un espace intérieur ou extérieur clôturé, où l’on cultive des végétaux. Cependant, cette analyse considère uniquement les aménagements de fleurs et de plantes. Le caractère éphémère du jardin permet un perpétuel renouveau et incite à la créativité, associant ainsi l’art à cette pratique. Différents segments de clientèle sont attirés par ces offres, que ce soient des jardiniers amateurs ou professionnels, des adeptes de tourisme culturel, de loisirs ou tout simplement des amoureux de la nature. Produit d’appel ou de soutien, le thème du jardin est bel et bien intégré dans l’offre touristique et revêt différentes formes.

Les jardins floraux

Certains jardins ont une renommée internationale, tels le Sissinghurst Castle Garden en Angleterre, les jardins Butchart en Colombie-Britannique, le Kirstenbosch au Cap, en Afrique du Sud, la récente High Line de New York, ou encore le jardin Majorelle au Maroc. Au-delà de ces quelques attraits, il existe des milliers de jardins publics et privés. En France, 40% des 1 000 jardins ouverts au public seraient privés. Le Québec recèle aussi de nombreux trésors, tels que les Jardins de Métis et le Jardin botanique de Montréal. Selon les données 2012 de Print Measurement Bureau, ce dernier a été visité par près de 9% des Québécois âgés de douze ans et plus au cours des douze derniers mois.

Sources: Sissinghurst Castle Garden, et Kirstenbosch

D’importantes associations se sont donné comme mandat de promouvoir les jardins. La Royal Horticultural Society recense actuellement 370 000 membres dans le monde. Elle organise des événements floraux, encourage les labels de qualité, les villes fleuries, mène des campagnes pour le jardinage à l’école, etc. Une autre association, Jardins sans Limites, regroupe des jardins de la France, de l’Allemagne et du Luxembourg, et propose de courts séjours incluant des visites de plusieurs jardins. Enfin, l’Association des jardins du Québec a pour mission de développer et de promouvoir les jardins ouverts au public.

Les Gîtes de France proposent une catégorie gîtes au jardin, qui inclut plus de 300 chambres d’hôtes et de 1 200 locations de vacances, tenues par des personnes souhaitant partager leur passion. À titre d’exemple, lors d’un séjour à l’un des écogîtes de Baugnac, les clients peuvent suivre un parcours pédagogique composé de 14 bacs de fleurs et de plantes.

Source: Gîtes de Beaugnac

Des labels pour la reconnaissance de l’expression florale

La Corporation des Fleurons du Québec a depuis 6 ans instauré un programme de certification, qui attribue aux 350 municipalités participantes de 1 à 5 fleurons, selon leur embellissement horticole et paysager (voir la photo ci-dessous). Cette classification existe aussi à l’échelle nationale et est gérée par l’organisme Collectivités en fleurs, qui en est à sa 18e édition. Il évalue entre autres l’action environnementale, la conservation du patrimoine, la foresterie urbaine, l’aménagement paysager et floral, ainsi que l’implication communautaire de la Ville.

 

Source: Ville de Maniwaki

Le label Villes et Villages Fleuris est très populaire en France, puisque plus de 3 800 communes ont été certifiées en 2010. Créé il y a plus de 50 ans, il découle d’une volonté encore plus ancienne d’inciter les gares ferroviaires et les hôteliers à fleurir leurs infrastructures, afin de dynamiser l’activité touristique. Le Comité des Parcs et Jardins de France et le ministère de la Culture ont mis en place le label Jardin remarquable, pour «les jardins ouverts au public présentant un intérêt culturel, esthétique, historique ou botanique». Il permet à ces jardins d’obtenir une signalisation routière spécifique.

Les retombées engendrées par ces labels sont nombreuses et touchent surtout l’amélioration du cadre physique. Selon un sondage Ipsos mené en 2011, les Français estiment que la qualité de vie est meilleure au sein des communes fleuries. De plus, 37% des répondants pensent que ce label constitue un élément pouvant déterminer le choix de leur séjour touristique.

Les routes touristiques

Reliant 19 jardins et 28 Collectivités en fleurs, la Route des jardins du Canada traverse le pays d’est en ouest. VIA Rail, le principal commanditaire, a établi une carte répertoriant les arrêts incontournables (voir la carte ci-dessous).

 Source: Canada Garden Route

Au Québec, Tourisme Gaspésie propose un Circuit jardins et ponts couverts; sur le site de Tourisme Lanaudière, il est possible de consulter le parcours Jardins et horticulture sur une carte interactive; à Montréal, l’organisme Sentier Urbain offre un circuit reliant huit jardins cachés au cœur de l’arrondissement de Ville-Marie, attirant chaque été 12 000 visiteurs. En plus de représenter des lieux d’apprentissage pour les enfants, ces jardins accueillent aussi des spectacles et des conférences.

Les festivals et événements

Festivals, expositions, événements, fêtes, conférences: les rassemblements ne manquent pas pour mettre à l’honneur les plantes et les fleurs! La plus grande exposition d’horticulture au monde, Floriade, a lieu chaque année aux Pays-Bas, où deux millions de personnes se réunissent. Son pendant canadien, Canada Blooms, se situe à Toronto (voir les photos ci-dessous). Selon l’American Bus Association, c’est l’un des 100 événements majeurs en Amérique du Nord.

 

Source: Canada Garden Route

Certains festivals, comme celui organisé par les Jardins de Métis, rassemblent des projets imaginés et réalisés par des architectes, des designers et des artistes de nombreux pays. Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire, en France, est ouvert d’avril à octobre et propose un thème différent lors de chaque édition (voir les photos ci-dessous). Cette année, les créateurs disposeront d’une parcelle du parc afin de concevoir leur projet inspiré de la thématique «Jardins des délices, jardins des délires». Les Mosaïcultures Internationales, qui ont eu lieu deux fois à Montréal, sont un exemple de rayonnement touristique. L’événement, qui se veut un lieu d’inventions et de curiosités, a attiré 750 000 visiteurs en 2003 et revient en 2013 au Jardin botanique, sur le thème «Terre d’Espérance».

 

Source: Domaine Chaumont, Édition 2011

Enfin, les fleurs peuvent être le symbole d’une région. Leur éclosion est un véritable événement et suscite la curiosité des touristes qui se déplacent pendant cette période afin de les admirer, comme le mimosa sur la Côte d’Azur, les pommiers en fleur de la Montérégie, ou encore les tulipes des Pays-Bas.

 

L’Ontario semble accorder de l’importance au tourisme des jardins, puisque l’association Landscape Ontario organise tous les deux ans un congrès sur ce thème. Au Québec, malgré une baisse de la fréquentation dans les différents sites publics, l’intérêt de la part des entreprises et des institutions est bien présent. En témoignent le retour des Mosaïcultures Internationales de Montréal ainsi que la revitalisation du Jardin botanique dans le cadre du projet Espace pour la vie. L’offre de produits touristiques autour des jardins suit la croissance de la pratique de l’horticulture par la population. Elle est assez diversifiée pour être intégrée dans la stratégie marketing du Québec.

 

Sources:

– Bélisle, Sarah. «Un circuit-jardin au cœur du centre-ville», journaldemontreal.com, 10 août 2011.

– Canada Blooms. «Canada Blooms honoured among Ontario’s top events», communiqué de presse, mai 2010.

– CNW Telbec. «Les Mosaïcultures internationales reviendront à Montréal en 2013 sous le thème Terre d’Espérance», newswire.ca, 15 mars 2012.

– Origet du Cluzeau, Claude. «Vendre le tourisme des jardins», Économica, Paris, 2011, 152 p.

– Print Measurement Bureau. Étude PMB Printemps 2012, mars 2012.

– Villes et Villages Fleuris. «Les Français et les villes et villages fleuris», villes-et-villages-fleuris.com, 14 octobre 2011.

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Segments de clientèles

Des exemples de bonnes pratiques pour améliorer l’accessibilité

De la gare à l’auberge de jeunesse en passant par l’office de tourisme, de meilleures pratiques en matière d’accessibilité sont mises en place en France, grâce à la Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette loi reconnaît en effet le principe d’accessibilité pour tous, quel que soit le handicap.

Qu’est-ce qu’une bonne pratique en matière d’accessibilité du tourisme?

Selon un rapport réalisé par Kéroul, en collaboration avec la Commission canadienne du tourisme, une bonne pratique en matière d’accessibilité du tourisme doit:

  • favoriser l’accessibilité par des actions à court, à moyen ou à long terme, qui visent tant les destinations et les municipalités que les entreprises touristiques elles-mêmes;
  • être transférable, donc reproductible ailleurs, avec ou sans modification;
  • inspirer l’action en démontrant l’importance d’agir de façon créative; par exemple, par l’intervention de nouveaux acteurs et leur mobilisation autour d’enjeux communs;
  • encourager l’implication des organismes publics et privés;
  • répondre à des besoins réels.

En France, 6 critères ont guidé le choix des 14 réalisations exemplaires en matière d’accessibilité, sur les 220 dossiers déposés par le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, soit:

  • la qualité d’usage;
  • la qualité urbanistique, esthétique et l’innovation;
  • la sécurité;
  • la qualité environnementale;
  • la gouvernance et la concertation;
  • l’économie générale de la réalisation.

Ces exemples sont publiés dans le Recueil de bonnes pratiques et de bons usages en matière d’accessibilité de la cité; nous vous en présentons ci-dessous quelques-uns.

Auberge de jeunesse l’Escale

La réalisation répond aux besoins de tous les types de déficiences: mobile, visuelle, auditive ou intellectuelle. Lors de la construction de l’auberge de jeunesse l’Escale, on a privilégié une accessibilité intégrée, dans laquelle les aménagements ne sont perçus que par les usagers qui en ont besoin. Ainsi, le client «ordinaire» ne remarquera pas que le carrelage du hall d’accueil, en partie granuleux, représente un chemin, que les toilettes sont fixées sur un fond plus sombre pour être repérées par les personnes atteintes d’une déficience visuelle, que les associations textes-images ont été créées en grande partie pour ceux qui présentent une déficience intellectuelle, que les ascenseurs parlent ou encore que la hauteur du seuil est abaissée. La communauté urbaine de Dunkerque a su associer l’ensemble des partenaires, notamment la société d’aménagement et le futur exploitant.

Parc de la Vanoise et son refuge

Le refuge du Plan du Lac, construit dans la vallée de la Maurienne, à 2351 m d’altitude, a été rendu accessible aux non-voyants et aux personnes à mobilité réduite, entre autres par l’adaptation de sanitaires, par l’installation d’une signalétique spécifique (panneaux en relief, outils audiotactiles), de plans inclinés et d’une rampe extérieure, ainsi que par l’aménagement du mobilier. Le parc offre également le prêt d’un module «tout chemin» adaptable sur les fauteuils de ville (voir vidéo ci-dessous), d’audioguides et de livrets pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle. Ce refuge est le fruit d’une étroite collaboration de tous les acteurs locaux: élus, techniciens, associations.

Gîtes Les Salicornes

Le propriétaire offre deux gîtes: l’un est adapté pour les quatre familles de handicap, l’autre pour les handicaps mental et auditif. L’accès aux sites est facilité par un stationnement dont le sol est compacté, des rampes d’accès et l’absence de seuils, ainsi que par des chemins en relief avec contraste de couleurs. La salle de bain, la cuisine et les chambres sont entièrement adaptées grâce, entre autres, à des barres d’appui, à des contrastes de couleur, à des meubles bas sur roulettes, à des prises et à des interrupteurs placés à la bonne hauteur.

La qualité des services et le haut degré d’accessibilité permettent aux voyageurs en situation de handicap de profiter d’un lieu de vacances dans la plus grande autonomie possible.

Gare de Saint-Cloud/Val d’Or

Depuis février 2006, la SNCF a mis en place un conseil consultatif des personnes handicapées ou à mobilité réduite regroupant huit associations nationales relatives à tous les types de handicap. Le projet de la gare de Saint-Cloud/Val d’Or a vu le jour grâce à cette collaboration. Il comprend une nouvelle passerelle surplombant l’ensemble des voies et servant de lien entre les deux quais, qui ont été totalement rénovés et équipés, en bordure, de bandes d’éveil de vigilance. On y accède par des ascenseurs ou des escaliers mécaniques. Les principaux aménagements et équipements sont les suivants:

  • une flèche sonore qui aide les personnes ayant une déficience visuelle à se déplacer en gare;
  • des bandes de guidage doubles reconnaissables et sécurisantes pour les personnes présentant une déficience visuelle, mentale ou intellectuelle;
  • des rampes qui favorisent les déplacements des personnes à mobilité réduite, ou encombrées de valises ou de poussettes;
  • un personnage virtuel, Jade, qui traduit les annonces sonores en langue des signes française.

 

Source: developpement-durable.gouv.fr

 Office de tourisme Vitrine des métiers d’arts de Villedieu-les-Poêles

Lors de la construction de l’office de tourisme Vitrine des métiers d’arts de Villedieu-les-Poêles, l’accessibilité a été abordée de manière très complète, tant du point de vue des aménagements réalisés pour l’ensemble des handicaps que de ceux des outils pédagogiques mis à la disposition des visiteurs (mallettes tactiles, guides en braille, boucles magnétiques portatives dans toutes les pièces permettant aux personnes atteintes d’une déficience auditive d’entendre les informations, etc.) et de la formation du personnel. Initialement destinés à un public présentant un handicap, un certain nombre d’aménagements ont été généralisés: visites commentées, jeu interactif pour personnes souffrant de handicap intellectuel, ou amélioration du confort visuel des espaces d’exposition.

 

On a réaménagé les abords du bâtiment afin d’en faciliter l’accès et de le relier au centre-ville ainsi qu’aux équipements qui en sont proches, par un itinéraire accessible et sécurisé.

En France, on comptait, en 2011, 5 000 sites certifiés (30% de gîtes et de meublés, 12% d’hôtels, 17% d’hébergements de vacances et 10% de lieux de patrimoine). Au Québec, La Route Accessible comprend 170 établissements culturels et touristiques: hôtels, parcs d’attractions, sites patrimoniaux, attraits culturels, lieux d’information touristique, jardins et parcs naturels, entre autres. Aux États-Unis, l’accessibilité des lieux touristiques devrait s’accentuer avec l’instauration, en mars 2012, de nouvelles lignes directrices pour les hôtels, les compagnies aériennes, les attractions, etc., dont l’objectif sera d’accroître l’accessibilité aux personnes handicapées et de faciliter leurs voyages. Il existe donc assurément d’autres exemples de bonnes pratiques. Vous en connaissez? Faites-nous-en part en laissant un commentaire au bas de cette analyse.

 

Sources:

– Kéroul et Commission canadienne du tourisme. «Best Practices in Tourism Accessibility for Travellers with Restricted Physical Ability», APEC Tourism Working Group, octobre 2003.

– Masson, Annette. «Tourisme et handicaps: déjà 10 ans et 5 000 sites labélisés», handicap.fr, 1er décembre 2011.

– Michaud, Annick. «Accessibilité aux divers handicaps: des lauriers pour L’Escale», La Voix du Nord, 14 mars 2012.

– Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. «Recueil des belles pratiques et des bons usages», developpement-durable.gouv.fr, consulté le 23 mars 2012.

Sites Web:

Gîtes Les Salicornes

Parc national de la Vanoise

 

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Produits et activités Technologies

L’expérience nature revisitée par les technologies

Découvrir la nature et profiter de ses merveilles en compagnie de son iPhone ou à travers des jeux interactifs: l’idée paraît surprenante? Pour certains gestionnaires de parcs nationaux et d’espaces naturels, l’exploration de ces nouveaux services numériques est un excellent moyen de réinventer les visites traditionnelles, de stimuler les connaissances et de rapprocher le visiteur du territoire. Entre mobilité, bornes interactives et Web 2.0, tous les moyens sont bons pour faire apprécier la nature autrement!

Une nouvelle offre, une nouvelle demande

À l’ère de la sensibilisation à l’environnement, la plupart des espaces naturels offrent des activités d’interprétation. Quelle que soit l’approche technologique choisie par l’espace naturel, il peut faire vivre à ses clients une expérience agréable en nature et les sensibiliser aux problématiques actuelles.

Aujourd’hui, le visiteur d’espaces naturels et le touriste en général sont moins passifs et recherchent des expériences participatives. Dans la veine du tourisme d’apprentissage (lire aussi: Le tourisme d’apprentissage, une tendance qui ne s’essouffle pas), les produits comportant une forte dimension liée à l’acquisition de connaissances sont en vogue.

Des exemples d’outils éducatifs

Du centre de découverte et de services à l’accompagnement sur le terrain jusqu’au retour à la maison, le Parc national de Yellowstone dans le Wyoming a réinventé son approche client en intégrant les nouvelles technologies. Le nouveau centre de découverte, inauguré en 2010, inclut des salles thématiques, un théâtre, des maquettes fluorescentes, des parcours ludiques et un espace multimédia dernier cri. Le bâtiment est certifié LEED et est entièrement dédié à l’éducation pour les visiteurs de tous âges.

Le parc fait aussi figure de pionnier avec son application iPhone Georoamer, qui permet aux visiteurs de choisir leurs circuits en fonction d’un certain nombre de critères, de se repérer grâce à la géolocalisation, d’en apprendre plus sur l’histoire ou sur la géothermie et d’accéder à toutes sortes d’informations sur l’hébergement, la réglementation, les activités, etc. Avec une telle application audiovisuelle, il n’est plus nécessaire de s’encombrer de cartes et de brochures.

 

Source: GeoRoamer

Mentionnons également l’application iPhone BoodereeBirds en Australie, qui permet à l’utilisateur de découvrir toutes les espèces du parc Booderee et de choisir un circuit en fonction de ses intérêts (types d’oiseaux, habitats et meilleurs sites d’observation) ainsi que du temps dont il dispose pour effectuer sa visite.

Une approche Web avant-gardiste pour susciter la curiosité

L’Agence nationale des parcs nationaux du Gabon propose aux visiteurs de découvrir ses 13 parcs à travers une visite virtuelle, c’est-à-dire une plateforme multimédia en 3D et interactive baptisée «Gabon Designed by Nature». Grâce à ce centre d’interprétation virtuel, l’internaute peut écouter des capsules sonores ou regarder des photos et vidéos. Il s’agit d’une excellente façon d’aborder certaines problématiques, tout en démystifiant cette destination éloignée auprès de clientèles potentielles. À l’ère du numérique, le Gabon profite pleinement de l’essor des outils Web 2.0 pour faire la promotion de ses aires naturelles.

Source: Gabon Nature 

Une meilleure compréhension de la nature en milieu urbain

Plusieurs applications servent à reconnaître les traces d’animaux, les fleurs, les arbres ou les oiseaux présents dans un parc, par exemple MyNature, Wild flowers,Leafsnap, ou Audubon Guides. Disponible dans deux parcs parisiens, l’application Sound Delta Wild permet aux visiteurs d’entendre les chants de divers oiseaux selon leur localisation dans le parc, grâce à leur iPhone et à l’installation de points d’écoute. L’application permet aussi de savoir s’il s’agit d’une espèce en danger.

Source: Sound Delta Wild

Les parcs nationaux du Québec modernisent leurs outils d’interprétation

Le taux d’utilisation du téléphone intelligent est de 25% chez les adultes québécois en 2011 (une croissance de 50% par rapport à 2010), d’après l’enquête NETendances du CEFRIO. La Sépaq a bel et bien saisi ce contexte de croissance de la mobilité et a adapté son offre.

L’organisme chargé de la gestion des parcs nationaux a lancé en septembre 2011 une nouvelle application nommée «Explorateur Parc Parcours». Elle donne à l’utilisateur la possibilité de découvrir un territoire en l’informant sur les richesses écologiques du parc et sur les activités qui y sont proposées. L’application est téléchargeable gratuitement pour les appareils Apple; sinon, on peut louer des iPod sur place. On peut aussi avoir accès au contenu de cette application à partir des nouvelles bornes interactives installées dans les centres de découverte.

Lorsque le visiteur s’intéresse à la faune, à la flore ou aux paysages qui composent un parc en particulier, il accède à diverses informations lui permettant d’enrichir ses connaissances. S’il souhaite plutôt planifier une randonnée ou une activité, il peut se renseigner sur les différents parcours pédestres, cyclables ou même navigables et les visualiser. Ces parcours sont agrémentés de points de découverte, où des renseignements sur les habitats, les espèces ou l’histoire du parc sont accessibles par l’appareil mobile, sans connexion réseau. L’option «Pour en connaître plus» donne accès à une série de fiches thématiques grâce auxquelles le visiteur peut approfondir et élargir ses connaissances sur le parc avant ou après la visite.

 

L’expérience s’avère originale et stimulante pour le client. Actuellement, l’application est disponible pour les parcs de la Jacques-Cartier, du Mont-Saint-Bruno et de Frontenac; la Sépaq vise l’ensemble de son réseau d’ici 2014.

 

Une implantation technologique dans un espace naturel n’est pas sans limites

Le problème de connectivité demeure un frein au développement d’applications mobiles dans les espaces naturels. Des solutions technologiques hors ligne sont envisageables. De plus, l’idée d’expérimenter la technologie sur un site naturel n’est pas forcement appréciée de tous. Plusieurs souhaitent profiter des activités extérieures et ne veulent pas s’emmurer dans le centre de découverte pour «apprendre» et encore moins utiliser un appareil mobile qui peut créer une frontière avec le territoire. Pour certains, profiter de la nature est synonyme de coupure avec le quotidien, de détente ou de ressourcement et ainsi incompatible avec la technologie.

Somme toute, il ne s’agit pas de remplacer les outils traditionnels, mais de proposer aux intéressés des services multimédias complémentaires qui permettent de redécouvrir la richesse et la diversité du territoire de façon plus divertissante et autonome.

 

Analyse écrite avec la collaboration de Nadège Domergue

 

Sources:

– Domergue, Nadège. «Les environnements multimédias dans les parcs nationaux du Québec, une nouvelle approche pour enrichir les connaissances des visiteurs. Enquête auprès des visiteurs. Enquête auprès du personnel d’accueil.», rapport de stage, décembre 2011.

– NETendances. «Évolution de l’utilisation d’Internet au Québec», Cefrio, septembre 2011.

– Rothstein, Edward. «A Cathedral to the Shrine of Nature», New York times, 30 août 2010.

 

Sites Internet:

Sépaq

Parc national du Yellowstone

Application Georoamer

Sound Delta Wild

Gabon nature

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Enjeux Transport

(Éco)Mobilité vers les espaces naturels et les régions rurales

De nombreux Québécois et touristes sont restreints lorsqu’ils visitent la province sans voiture. Se rendre dans des parcs et des campagnes semble parfois même impossible pour ce type de visiteur. Des navettes ou des projets de partenariat avec les compagnies de transport collectif pourraient contribuer à résoudre cette problématique. Nous avons sélectionné trois exemples de bonnes pratiques qui illustrent des solutions d’écomobilité vers des espaces naturels.

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Produits et activités

Connaissez-vous les parcs régionaux du Québec?

Saviez-vous qu’il existe près de 200 parcs régionaux dans la province et qu’ils totalisent de 15 à 19 millions de visites annuelles? En avril dernier, une centaine d’intervenants se sont rassemblés au Manoir du lac Delage pour assister au premier Colloque québécois sur les parcs régionaux. Cet événement était organisé par le Groupe IBI/DAA, en partenariat avec l’Association québécoise du loisir municipal, ATR associées du Québec et la Fédération québécoise des organisations locales de tourisme. Les nombreux panels et conférences ont permis de faire un tour d’horizon de ce créneau quelque peu éclaté à travers la province.

Qu’est-ce qu’un parc régional?

C’est un site en milieu naturel proposant des activités de loisir et de plein air avec, au minimum, un rayonnement régional. Cette définition regroupe un large éventail de sites potentiels, tels que des infrastructures municipales, des parcs régionaux, des sites récréotouristiques privés et des coopératives de plein air.

Un parc régional reconnu par le gouvernement du Québec est adopté par règlement, selon la Loi sur les compétences municipales. Il naît d’une initiative régionale et s’établit sur des terres publiques ou privées accessibles au public. Une minorité de parcs régionaux, sur les quelque 200 se définissant comme tel, porterait l’appellation légale et reconnue par le gouvernement du Québec. Le processus de reconnaissance s’avère long et fastidieux pour plusieurs petits organismes qui doivent s’adresser à de multiples instances. De plus, l’utilisation multifonctionnelle des ressources naturelles assujettit les gestionnaires de parcs à plusieurs lois qui relèvent de ministères différents.

Qu’un parc soit reconnu ou non, sa pérennité repose sur l’équilibre entre sa vocation récréotouristique dominante et une utilisation saine du milieu naturel avec un respect de son seuil de tolérance.

Portrait des parcs régionaux

Le groupe IBI/DAA a présenté les résultats d’une vaste enquête réalisée auprès des gestionnaires de parcs régionaux du Québec. La participation de 80 d’entre eux a permis de dresser un premier profil sectoriel, dont voici les principaux faits saillants.

En moyenne, ces parcs existent depuis plus de 25 ans et représentent plus de 6000 emplois au Québec, dont un tiers de travailleurs permanents. Ils génèrent des revenus totaux de plus de 80 millions de dollars pour la province (voir graphique 1). La période de fort achalandage débute généralement au printemps et se termine à l’automne: environ la moitié des parcs reçoivent moins de 25 000 visiteurs annuellement et 21% plus de 100 000.

parcs_regionaux_graph1

Parmi l’offre estivale, 90% des parcs proposent de la randonnée pédestre (25 km de sentiers en moyenne), délogeant de loin le vélo de montagne et de randonnée, les terrains de jeux, le canot, le kayak, la pêche, et les centres d’interprétation se maintiennent tous entre 30% et 40%.

Selon les répondants, la marche arrive presqu’à égalité avec la raquette parmi les activités offertes en hiver dans les parcs régionaux (voir graphique 2).

parcs_regionaux_graph2

Près de la moitié des parcs offrent au moins un type d’hébergement (camping, refuge, tente prospecteur, prêt-à-camper, chalet locatif), 43% louent des équipements pour les activités hivernales (patins, ski de fond, etc.) et 33% des embarcations nautiques.

Les gestionnaires de parcs ont mentionné plusieurs enjeux touchant

  • les ressources humaines: précarité des emplois, difficulté à attirer une main-d’œuvre qualifiée;
  • le financement: difficulté à s’autofinancer, à obtenir une subvention récurrente et à investir dans des projets;
  • le territoire: vandalisme et vol, problème d’entretien du site, gestion de l’occupation du territoire;
  • le produit: maintenir la qualité de l’offre et innover.

François Chevrier, spécialiste du Web et du marketing touristique, faisait remarquer le manque de référencement des parcs régionaux sur les moteurs de recherche et une présence encore inexploitée pour la majorité dans les médias sociaux. Les parcs sont les maîtres de leur contenu et de leur histoire; le Web est un outil efficace pour faire vivre l’expérience au client et l’inciter à se déplacer.

Modèles structurants

Certains parcs ont mis en place une structure organisationnelle innovante pour renforcer leur positionnement à l’échelle régionale. Par exemple, la municipalité régionale de comté (MRC) Matawinie, dans Lanaudière, regroupe six parcs régionaux en terres publique et privée. En misant sur le récréotourisme comme moteur économique, la Société de développement des parcs régionaux de la Matawinie (SDPRM) a donné naissance au premier réseau de parcs régionaux au Québec en 2009. La planification et la mise en valeur récréotouristique des parcs dans une optique de développement durable constituent la mission première de l’organisme. L’ensemble des municipalités de la MRC contribuent financièrement au fonctionnement de la SDPRM. Cette mise en réseau a comme objectif de faire connaître la région comme lieu incontournable de plein air.

Parcs_regionaux_image1

Source: Parc régionaux MRC Matawinie

Dans la région de Portneuf, les gestionnaires de la Coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord usent de leur passion et de leurs compétences pour mobiliser en continu les propriétaires de la vallée et la population dans ce projet structurant de sentiers de randonnée pédestre, de vélo de montagne et de modes d’hébergement alternatifs. Leur coopérative se présente comme une réussite en matière d’appropriation des lieux par les résidents. (Lire aussi Développer une région touristique de façon harmonieuse, c’est possible! (Compte rendu de conférence))

Vers une vision d’avenir?

La cohabitation difficile des usages et des ressources du territoire, la valeur locale des parcs et la précarité du financement et des ressources humaines peuvent constituer des freins au développement d’une offre et d’une image provinciales. Monsieur Langevin Gagnon du Parc régional du Mont Ham propose des solutions pour rassembler le secteur. Par exemple, développer un branding avec une thématique familiale ou de rencontre avec l’art de vivre des gens de chez nous, mettre en place une association pour la mise en marché et l’accompagnement de projets, une certification, tout cela pour bâtir un réseau durable.

À cette première édition s’ajouteront fort probablement d’autres rencontres. La situation actuelle a été diagnostiquée, mais elle est encore loin de celle souhaitée. Ces passionnés de plein air ont franchi un premier pas vers une concertation plus structurée du secteur et le développement d’une force commune, tout en préservant leur unicité.

 

Source :

– Colloque québécois sur les parcs régionaux, Manoir du lac Delage, 27 et 28 avril 2011.

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Gestion Tourisme durable

Le cas du Parc national du Mont-Orford

L’analyse du cas du Parc national du Mont-Orford illustre la dynamique des différents acteurs partagés entre les fonctions de conservation et de développement touristique dans l’aménagement d’une aire protégée, les tensions qui en résultent et les enseignements à en tirer. Ce cas est présenté dans L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux. Entre conservation, participation et marché par Christiane Gagnon, professeure au Département des sciences humaines de l’Université du Québec à Chicoutimi et codirectrice du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), et Nathalie Lahaye, maître de conférences à l’Université de Toulouse, Institut universitaire de technologie de Tarbes en France.

Les caractéristiques du Parc national

  • Une aire protégée de 58 km2 abritant les monts Orford, Chauve et Alfred-DesRochers.
  • L’un des plus petits parcs nationaux au Québec, mais dont le taux de fréquentation est parmi les plus élevés du réseau.
  • Situé en territoire urbanisé dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Memphrémagog, à proximité du bassin montréalais et du nord-est des États-Unis.
  • Créé en 1938 à des fins récréatives; à l’époque, des donateurs privés et 27 municipalités ayant souscrit à l’achat de terrains les cèdent au gouvernement.
  • Un des principaux attraits touristiques et un important moteur économique de la région favorisant la villégiature et le récréotourisme.
  • Les principales activités du parc sont le ski, le golf et le camping. Il compte aussi une base de plein air, un centre culturel et musical, des sentiers de randonnées ainsi qu’une grande diversité biologique floristique et faunique.

Le contexte institutionnel et politique

  • 2001 – Modification de la Loi sur les parcs pour ne retenir qu’une seule catégorie de parc, soit celle de parc national, ce qui met côté à côte conservation et récréation extensive. Toute modification aux limites territoriales peut être soumise à une consultation publique.
  • 2002 – Consultation sur la modification du zonage du parc et des orientations de développement à la suite du dépôt par Intermont inc. (compagnie gestionnaire des infrastructures de ski et de golf) d’un plan de développement visant à assurer la relance du centre de ski alpin et du terrain de golf. Divergence au sujet de l’échange de terrains prévu.
  • 2004 – Mandat de consultation par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) à la suite du dépôt du Plan directeur de développement de la station touristique (265 mémoires déposés). Conclusion : examiner d’autres options qui permettent la coexistence des activités dans les territoires sous bail sans porter atteinte à l’intégrité du parc national.
  • 2006 – Adoption du projet de loi 23 modifiant les limites du parc et autorisant la vente de terrains dézonés au secteur privé pour la construction immobilière, et ce, malgré les recommandations du BAPE. Ce projet de loi soulève la colère de la communauté, suscite des hostilités et crée une polarisation dans le conflit.

Les objets du conflit

  • Modifications des limites du parc conduisant à des échanges de terrains pour soustraire du parc des terrains nécessaires à la construction du complexe immobilier visant à rentabiliser le centre de ski.
  • Modalités de valorisation économique du parc et de la rentabilisation du centre de ski.

Les enjeux

  • Intégrité écologique et territoriale quant aux limites.
  • Équité quant à l’accessibilité du parc et de ses infrastructures.
  • Plan de développement visant à relancer la montagne dotée d’installations vétustes et dont les activités sont de plus en plus menacées par les effets des changements climatiques, d’où l’importance du projet immobilier privé et luxueux pour attirer des touristes qui sont de plus en plus exigeants.
  • Projet et échanges de terrains jugés inéquitables par les opposants à la fois écologiquement (diversité moins grande) et socialement (privilèges du promoteur et des propriétaires de condominiums limitant l’accès au patrimoine naturel du domaine public).

La dynamique des acteurs

  • Mobilisation de nombreux protagonistes: promoteur privé soutenu par le gouvernement du Québec et conforté par une loi, acteurs économiques locaux et régionaux qui anticipent de profiter des retombées économiques liées au tourisme et à la construction du complexe récréotouristique, acteurs territoriaux (Ville, MRC, Conseil régional des élus, associations professionnelles) qui défendent souvent une position ambigüe, associations et usagers du parc.
  • Formation d’une coalition d’acteurs, SOS Mont-Orford, qui accuse le gouvernement de privatiser la montagne et de favoriser les amis du parti, voire de créer un précédent mettant en jeu l’intégrité du parc et, potentiellement, celle de l’ensemble des 22 parcs nationaux du réseau québécois.
  • Dégagement d’un consensus hybride, à savoir l’importance du parc pour la qualité de vie de la communauté et des multiples usagers et comme moteur de l’activité touristique.
  • Mobilisation qui s’étend peu à peu à l’ensemble de la population québécoise contre la vente de terrains, la modification des limites du parc et le projet de développement immobilier.
  • Dénonciation de la nature même du projet de développement touristique, bien loin du modèle écotouristique.

L’issue du conflit

En 2007, le gouvernement, devant l’ampleur du conflit, fait volte-face: les terres publiques ne seront pas vendues. Pour se sortir de ce conflit, il confie à la MRC de Memphrémagog le mandat de trouver un projet d’aménagement réconciliateur capable d’allier préservation et développement, par le biais d’un projet écotouristique plus compatible avec la vocation d’un parc national.

En 2008, Québec entreprend un programme de travaux de réhabilitation des composantes naturelles du domaine skiable et du terrain de golf.

En 2009, le dépôt du rapport au gouvernement ne fait pas l’unanimité. Les deux centres d’hébergement de moindre ampleur que le premier, sur des terres privées, sont destinés à garantir la pérennité du centre de ski. Ils sont reliés au domaine skiable par des remontées qui doivent bénéficier d’un droit de passage sur les terres publiques. Pour les opposants, le projet de liaison par télécabine signifie la porte ouverte à tout autre type d’aménagement de la montagne.

L’intensité de la crise a créé «un avant et après Orford».

Les enseignements

Ce conflit illustre:

la difficulté à trouver une voie d’intégration collectivement admise où s’opposent deux grands types de valeurs: la conservation par l’intégrité écologique et territoriale, et la mise en valeur par le développement d’une offre touristique plus moderne;

le manque de compréhension du poids social et historique associé à la montagne en tant que symbole de la beauté des paysages estriens et de la valeur de préservation par l’action des donateurs;

la nature très souvent conflictuelle du processus de valorisation d’un territoire et les divergences d’intérêts, de valeurs et de représentations entre les différents acteurs;

la juxtaposition des mécanismes de décision et de gestion, les limites de la gouvernance non ancrée territorialement, le manque d’articulation entre les échelles territoriales dans un projet initié par l’État;

la force d’une société civile qui s’impose comme acteur incontournable et des groupes de pression obligeant le gouvernement à reculer et à trouver de nouvelles solutions;

le poids du mouvement traduisant la volonté de redéfinir la conservation de la nature dans une forme plus participative;

la défense d’un bien public et de l’équité à l’accès, la détermination populaire de protéger les parcs;

l’insuffisante intégration des communautés locales dans le processus de décision et de gestion du projet;

les nombreux enjeux relatifs au développement durable, soit l’équilibre entre les différentes fonctions éducative, récréative, culturelle et historique, économique, sociale, de préservation et de protection;

le besoin d’une gouvernance territoriale et participative sans polarisation du principe dominant de la rentabilité économique ou celui de l’intégrité écologique;

la fragilité du réseau des parcs québécois, le fait que la protection des parcs nationaux n’est pas totalement acquise, que les limites territoriales peuvent être révisées, et la permanence de protection, remise en cause.

La suite

En mars 2010, le gouvernement du Québec dépose le projet de loi 90 visant d’une part la vente par appel d’offres des équipements de la station de ski et du terrain de golf et, d’autre part, l’intégration des terres publiques au Parc national du Mont-Orford. Ce projet de loi prévoit aussi la fermeture et le démantèlement des installations du centre de ski et du terrain de golf si l’option d’acquisition et de gestion par une entreprise, autre que le gouvernement, n’est pas possible ou non viable. Les 459 hectares du centre de ski et du terrain de golf seront intégrés dans les limites du Parc national du Mont-Orford.

L’appel d’offres consiste en la cession du centre de ski et du terrain de golf pour la somme symbolique de 1$ et en un investissement gouvernemental de 2 MCAD pour moderniser le système d’enneigement des pistes. En contrepartie, l’acquéreur s’engage à exploiter les installations durant au moins cinq ans et à payer une caution de 4 MCAD (exigée par le gouvernement pour s’assurer de la solvabilité des acheteurs).

En octobre 2010, faute d’avoir amassé les quatre millions de dollars exigés en garantie avant la date limite du 30 septembre 2010, le gouvernement du Québec rejette la seule offre déposée à l’intérieur du processus d’appel d’offres, soit celle du groupe Fortune Resort, déjà propriétaire de trois centres de ski au Québec et en Alberta. La balle retourne dans le camp de la MRC de Memphrémagog.

En janvier 2011, le comité administratif mandaté par la MRC de Memphrémagog a déposé au conseil un projet de résolution visant à fonder une société d’économie mixte (SÉM), qui assumera la responsabilité de l’exploitation du centre de ski et du terrain de golf du Parc national du Mont-Orford.

Sources:

– Gagnon, Christiane et Nathalie Lahaye. «Tensions entre conservation et développement touristique – Le cas du Parc national du Mont-Orford (Québec, Canada)», dans L’écotourisme visité par les acteurs territoriaux. Entre conservation, participation et marché, sous la direction de Christiane Gagnon, Presses de l’Université du Québec, collection «Tourisme», Québec, 2010, p. 11-30.

– Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Communiqué de presse, 23 mars 2010.

– MRC de Memphrémagog. Communiqué, 19 janvier 2011.

Projet de loi no 90 (2010, chapitre 9). Loi concernant le parc national du Mont-Orford, Éditeur officiel du Québec, 2010.

– Radio-Canada. «Québec dit non au seul acheteur potentiel», 2 octobre 2010.

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Gestion Hébergement Marketing

Quand la psychologie s’en mêle!

Vous voulez inciter votre clientèle à réutiliser leurs serviettes dans leur chambre d’hôtel? Vous souhaitez que les visiteurs respectent le milieu naturel? Pour réussir, sachez que tout est dans la façon de s’adresser au client! Des recherches portant sur le comportement du consommateur et sur les facteurs qui l’influencent nous aident à rendre notre message plus efficace.

Psycho et serviettes, un mélange inusité!

Des chercheurs universitaires (Goldstein, Cialdini et Griskevicius) ont mesuré l’efficacité de la petite carte encourageant les clients à réutiliser leurs serviettes dans leur chambre d’hôtel en y variant les messages inscrits.

D’un côté, l’argument environnemental: la protection de l’environnement constitue un argument de poids pour encourager le client à réutiliser ses serviettes. De nombreux voyageurs y sont sensibilisés et plusieurs d’entre eux souhaitent récompenser le comportement responsable des entreprises.

De l’autre, les arguments psychologiques basés sur la norme sociale, celle faisant en sorte que, dans un cas d’incertitude, le consommateur s’en remet aux autres pour savoir quelle conduite adopter (lire aussi: Petit traité psychologique du consommateur). L’argument-clé: Tout le monde le fait! Cette théorie est d’autant plus vraie si l’individu s’identifie à un groupe en particulier, se reconnaît en lui (élément de similarité, sentiment d’appartenance).

Un premier test a été effectué avec les deux énoncés suivants:

Arguments Taux de participation
Environnemental

HELP SAVE THE ENVIRONMENT. You can show your respect for nature and help save the environment by reusing your towels during your stay…

35,1%

Norme sociale

JOIN YOUR FELLOW GUESTS IN HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. Almost 75% of guests who are asked to participate in our new resource savings program do help by using their towels more than once…

44,1%

Au verso de chacune des cartes étaient indiqués les bénéfices que leur participation pourrait susciter: économie de 72 000 gallons d’eau, de 480 gallons de détergent, etc.

Quand la similarité peut faire la différence

Un deuxième test a été réalisé pour pousser plus loin la théorie de la norme sociale en y ajoutant l’élément de la similarité, c’est-à-dire le sentiment d’appartenance à un groupe. Les cinq énoncés suivants ont été placés dans différentes chambres:

Arguments Taux de participation
Message standard soulignant l’importance de préserver l’environnement

HELP SAVE THE ENVIRONMENT. You can show your respect for nature and help save the environment by reusing your towels during your stay…

37,2%

Norme sociale

JOIN YOUR FELLOW GUESTS IN HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. In a study conducted in Fall 2003, 75% of the guests participated in our new resource savings program by using their towels more than once. You can join your fellow guests in this program to help save the environment by reusing your towels during your stay.

44%

Élément d’appartenance à un groupe: les clients qui ont occupé cette chambre

JOIN YOUR FELLOW GUESTS IN HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. In a study conducted in Fall 2003, 75% of the guests who stayed in this room (#room number) participated in our new resource savings program by using their towels more than once. You can join your fellow guests…

49,3%

Élément d’appartenance à un groupe: les concitoyens

JOIN YOUR FELLOW CITIZENS IN HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. In a study conducted in Fall 2003, 75% of the guests participated in our new resource savings program by using their towels more than once. You can join your fellow citizens…

43,5%

Élément d’appartenance à un groupe: le sexe féminin ou masculin

JOIN THE MEN AND WOMEN WHO ARE HELPING TO SAVE THE ENVIRONMENT. In a study conducted in Fall 2003, 76% of the women and 74% of the men participated in our new resource savings program by using their towels more than once. You can join the other men and women…

40,9%

Le taux de participation du premier énoncé (37,2%) – argument environnemental – s’est avéré inférieur à tous les autres énoncés (44,5%) et c’est le troisième – les clients de la même chambre – qui a obtenu le taux de participation le plus élevé (49,3%). Ce résultat confirme que plus un individu s’identifie à un groupe en particulier, parfois même inconsciemment, plus il est probable qu’il adopte le comportement de celui-ci.

Argument justificatif, norme sociale et groupe d’appartenance font bon ménage pour susciter l’engagement du consommateur. Et ce mélange ne s’applique pas qu’à la réutilisation de serviettes!

Donnant, donnant, la théorie de la réciprocité

Ces mêmes chercheurs ont aussi évalué la théorie de la réciprocité: le consommateur se sent redevable envers une personne qui lui fait une faveur, lui rend service ou lui porte une attention particulière. Comme cette théorie repose sur le principe du «donnant, donnant», vous avez avantage à faire les premiers pas, comme le test suivant en fait foi.

Le premier énoncé proposait au client de coopérer avec l’hôtel pour préserver l’environnement en réutilisant ses serviettes. L’hôtel s’engageait en retour à verser un pourcentage des économies réalisées à des organisations vouées à la protection de l’environnement. Le taux de participation a atteint 30,7%.

PARTNER WITH US TO HELP SAVE THE ENVIRONMENT. In exchange for your participation in this program, we at the hotel will donate a percentage of the energy savings to a nonprofit environmental protection organization. The environment deserves our combined efforts. You can join us by reusing your towels during your stay.

Par la suite, l’énoncé a été modifié pour préciser que l’hôtel avait versé une contribution financière à des organisations vouées à la protection de l’environnement et qu’en retour, elle demandait la coopération du client afin qu’il réutilise ses serviettes. Le taux de participation a augmenté à 45,2%.

WE’RE DOING OUR PART FOR THE ENVIRONMENT. CAN WE COUNT ON YOU? Because we are committed to preserving the environment, we have made a financial contribution to a nonprofit environmental protection organization on behalf of the hotel and its guests. If you would like to help us in recovering the expense, while conserving natural resources, please reuse your towels during your stay.

Cette étude est assez révélatrice de la façon de rédiger un message lorsque l’on veut influencer les actions du client. Et cette tactique peut être utilisée dans de multiples situations.

L’exemple positif prévaut

Pour encourager les visiteurs à cesser de prélever des morceaux d’arbres dans le US Petrified Forest National Park en Arizona, les responsables du parc ont affiché le message suivant: «Your heritage is being vandalized every day by theft losses of petrified wood of 14 tons a year, mostly a small piece at a time». Selon le principe de la norme sociale de Cialdini, cet avis a un effet «promotionnel» plutôt que dissuasif ou préventif. En effet, cette affiche déculpabilise les gens qui volent des morceaux de bois pétrifié, car ils constatent qu’ils ne sont pas les seuls à le faire.

Pour vérifier ces hypothèses, Cialdini et ses collègues ont placé des morceaux de bois pétrifié préalablement identifiés sur les sentiers. À l’entrée des sentiers, ils ont installé des affiches tantôt normatives – «Many past visitors have removed petrified wood from the Park, changing the natural state of the Petrified Forest», accompagnées d’une image montrant trois visiteurs prélevant du bois –, tantôt restrictives – «Please don’t remove the petrified wood from the Park, in order to preserve the natural state of the Petrified Forest», accompagnées de l’image d’un visiteur volant du bois où un cercle rouge barré était superposé sur sa main. Avant l’affichage des avis, le ratio de vols se situait tout juste sous la barre des 3%. L’affichage de l’avis normatif a fait augmenter ce ratio à 7,92%, tandis que l’avis restrictif l’a diminué à 1,67%.

On constate que faire état ou dénoncer un mauvais comportement n’a pas l’effet escompté. Un message sera beaucoup plus efficace s’il met l’accent sur le comportement souhaité plutôt que sur celui qui souligne une mauvaise action.

Sources:

– Cialdini, Robert B. «Descriptive Social Norms as Underappreciated Sources of Social Control», Psychometrika, vol. 72, no 2, juin 2007, p. 263-268.

– Cialdini, Robert B. «Crafting Normative Messages to Protect the Environment», Psychological Science.org, août 2003.

– Goldstein, Noah J., Robert B. Cialdini et Vladas Griskevicius. «A Room with a Viewpoint: Using Social Norms to Motivate Environmental Conservation in Hotels», Journal of Consumer Research, vol. 35, août 2008.

– Goldstein, Noah J., Steve J. Martin et Robert B. Cialdini. «Yes!: 50 Scientifically Proven Ways to Be Persuasive», Free Press, 2008.

– Goldstein, Noah J., Vladas Griskevicius et Robert B. Cialdini. «Invoking Social Norms: A Social Psychology Perspective on Improving Hotels’ Linen-Reuse Programs», Cornell Hotel and Restaurant Administration Quarterly, vol. 48, no 2, mai 2007.

– Marketingsherpa.com. «Six Scientifically Proven Ways to Succeed in Office Politics», 12 janvier 2010.

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Faits et chiffres Hébergement Produits et activités Tendances

Activités, attraits et événements favoris des Québécois

Saviez-vous que 24% des Québécois en voyage d’agrément au Canada vont… à la plage? Que les activités sportives sont particulièrement populaires? Que 769 000 Québécois ont assisté aux Feux Loto-Québec? Saviez-vous qu’une proportion égale (plus de 18%) des Québécois fréquente le Vieux-Port de Montréal et le Vieux-Québec? Enfin, connaissez-vous les activités qu’ils privilégient lors de séjours à l’extérieur du Canada?

D’entrée de jeu, spécifions que les graphiques présentent tous le taux de pratique par rapport au total des voyageurs Québécois (12 ans et plus) pour 2003, 2006 et 2009 ainsi que le nombre d’adeptes en 2009. Ces données de PMB proviennent d’un sondage annuel, administré mensuellement. Le nombre total de répondants s’élève à plus de 6700 Québécois âgés de 12 ans et plus.

Notez également ces précisions méthodologiques:

  • Les années mentionnées sont celles où le sondage a paru et les données ont été recueillies dans les 12 mois à 18 mois précédents.
  • Il s’agit de nombre d’individus et non de visites. Un individu ayant fréquenté un attrait ou un événement plusieurs fois n’est comptabilisé qu’une seule fois.
  • Il s’agit des Québécois, ces données ne tiennent pas compte des visiteurs hors Québec.

Activités pratiquées lors de voyages au Canada

Selon Print Measurement Bureau (PMB), 3,3 millions de Québécois, soit près de la moitié de la population de 12 ans et plus (48,6%), ont effectué au moins un voyage d’agrément au Canada au cours des 12 mois précédant l’enquête 2009. Parmi ces voyageurs, 74% ont voyagé au Québec, 30% en Ontario et 5% au Nouveau-Brunswick.

Certaines activités pratiquées par les Québécois lors de ces voyages ont un taux d’adoption important parmi les voyageurs (graphique 1). Le magasinage domine, mais le quart des répondants choisissent la plage.

Plusieurs activités sont en hausse de popularité. Entre les sondages de 2003 et 2009, mentionnons le magasinage, les activités sportives, la participation à des événements culturels, la chasse ou la pêche, le ski alpin ou la planche à neige, les événements sportifs ainsi que le golf. Cet intérêt pour le sport en général rejoint les observations tirées de l’analyse des loisirs des Québécois (lire aussi: Les loisirs des Québécois).

L’intérêt pour les randonnées ou excursions d’aventure, les parcs nationaux ou provinciaux, les parcs à thème ou zoos, les musées ou galeries d’art ainsi que le night life ont connu une légère diminution entre ces deux sondages.

L’indice 100 indique la propension à pratiquer ces activités par rapport à la moyenne canadienne. Pour la plupart des activités, les taux de pratique sont souvent plus bas. Les Québécois sont moins attirés que l’ensemble des Canadiens par le night life (43), le magasinage (71) ou la visite d’un parc national (76). Ils sont néanmoins plus enclins que la moyenne canadienne à assister à des événements culturels (128), à pratiquer des activités sportives (112) ou encore à faire des randonnées ou des tours d’aventure (105) lors de leurs voyages au Canada.

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Activités pratiquées lors de voyages à l’extérieur du Canada

Les Québécois n’ont pas voyagé qu’au Canada au cours des dernières années, ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux, au fil des ans, à avoir fait au moins un voyage à l’extérieur du pays. En fait, ce nombre est passé de 1 251 000 lors de l’enquête 2003 à 1 399 000 en 2006 pour atteindre 2 453 000 en 2009, une augmentation globale de 96%! Leurs destinations préférées sont le nord-est des États-Unis, la Floride, Cuba, la France et la République Dominicaine.

Si l’on tient compte de ces destinations, il n’est pas étonnant de retrouver la plage au premier rang des activités pratiquées lors des voyages à l’extérieur du Canada (graphique 2). Plus de la moitié des Québécois font un séjour à la plage. Le magasinage se trouve au 2e rang et est en hausse de popularité.

Autres hausses à souligner, les randonnées ou excursions d’aventure rejoignaient 13% des voyageurs en 2003 et 17% en 2009 (croissance absolue de 152%) et les événements culturels où participaient 13% des répondants (croissance absolue de 128%).

Par rapport à la moyenne des Canadiens lors de leurs voyages à l’extérieur du Canada (indice 100), les Québécois sont davantage attirés par la plage (120), par les randonnées, les excursions et les tours d’aventure (122) ainsi que par les activités sportives (112). Les activités que les Québécois pratiquent en moins forte proportion sont le night life (41), les parcs à thème ou zoo (55), la participation à des événements sportifs (60) ainsi que le ski alpin ou la planche à neige (61).

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Événements fréquentés

Le graphique 3 indique que les Feux Loto-Québec (à la fois ceux de Montréal et de Québec) constituent l’événement attirant le plus grand nombre de touristes québécois, d’ailleurs en forte croissance depuis 2003 (67%). En fait, 11% des Québécois y ont assisté. Le Festival International de Jazz arrive deuxième en pourcentage de fréquentation (10%), suivi du Festival d’été de Québec (8%), du Carnaval de Québec (6%) et du Festival Juste pour rire (5%). La popularité de ces quatre derniers événements est en diminution depuis 2003. Cet indicateur ne prend toutefois pas en compte les visites répétitives.

Mentionnons également la hausse des Fêtes de la Nouvelle-France (en chiffres absolus), soit 20% de plus qu’en 2003. En baisse (chiffres absolus), notons le Mondial SAQ, l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, le Festival Juste pour rire et les Francofolies.

Ces événements se déroulant généralement à l’extérieur, les taux de fréquentation parfois élevés de 2006 permettent de supposer que la température a été avantageuse. En fait, le bilan climatologique pour l’été 2005 (période de cueillette des données) indique que la température moyenne pour les mois de juin, juillet et août a été au-dessus de la normale pour toutes les régions du Québec. Cet été se classe parmi les plus chauds et les plus ensoleillés des dernières décennies.

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Attraits

Le Vieux-Québec et le Vieux-Port de Montréal sont très proches l’un de l’autre en ce qui concerne les attraits visités par les Québécois, soit 18% (graphique 4).

C’est à Montréal qu’on dénombre le plus d’attraits intéressant un nombre important de touristes (La Ronde, le Biodôme et le Jardin botanique). Ces attraits sont d’ailleurs tous en hausse de fréquentation en chiffres absolus, mais pas nécessairement en proportion du nombre de voyageurs. Tremblant arrive au 5e rang; 9% s’y sont rendus dans la dernière année, mais il s’agit d’une diminution par rapport à 2006 (11%).

Mentionnons également le Zoo de Granby qui a connu une hausse de 18% du nombre de touristes québécois. Autre augmentation à souligner, PMB dénombre 27% plus de Québécois ayant visité le Musée des beaux-arts de Montréal lors d’un voyage en 2009 qu’en 2003.

L’hypothèse précédente concernant une météo favorable aux activités extérieures en 2005 se confirme. Seuls les attraits touristiques intérieurs, c’est-à-dire le Biodôme, le Musée de la civilisation de Québec et le Musée canadien des civilisations à Gatineau, n’enregistrent pas une proportion particulièrement élevée de voyageurs en 2006.

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Sources:
– Print Measurement Bureau, 2003, 2006 et 2009.
– Centre de ressources en impacts et adaptation au climat et à ses changements (CRIACC). «Bilan climatologique de l’été 2005».