Quatre navettes de douze passagers facilitent désormais les trajets domicile-travail des employés de la station de ski Jay Peak, au Vermont. Cette initiative, financée par la station ainsi que par la Vermont Agency of Transportation, permet de desservir six villes environnantes. Si la demande augmente, quatre autres véhicules pourront être ajoutés afin d’étendre le service à d’autres municipalités.
Jay Peak a bénéficié d’investissements majeurs au cours des dernières années et ses besoins en main-d’œuvre se sont multipliés, alors que les défis de recrutement sont déjà nombreux. De 500 personnes embauchées en 2010, la station est passée aujourd’hui à quelque 1500 employés.
Beaucoup moins cher que les résidences de personnel que l’on trouve dans certaines stations majeures telles Whistler et Banff, ce service de navette original contribue à alimenter l’image dynamique de Jay Peak et à souligner les efforts du Vermont en matière de respect de l’environnement.
Comme chaque année depuis maintenant dix ans, le magazine Ski Area Management (SAM) publie les bonnes et les moins bonnes initiatives marketing des stations de ski. Les experts responsables de les évaluer estiment que la saison 2013-2014 a été teintée d’une certaine maturité par rapport à l’utilisation des technologies telles que le Web, les applications mobiles et les médias sociaux. Voici quelques exemples inspirants liés au service à la clientèle.
L’application Sherpa: un guide pour la descente
Copper Mountain, au Colorado, a développé une application géolocalisée pour téléphone intelligent qui permet à l’utilisateur d’obtenir des renseignements en fonction de l’endroit où il se trouve. Le skieur reçoit ainsi des informations vocales sur la direction à prendre pour profiter d’une neige fraîchement tombée, un bref historique concernant le nom de la piste sur laquelle il se trouve ou encore les promotions en cours au restaurant se trouvant à quelques mètres de là. La réaction des utilisateurs par rapport à l’application s’est révélée extrêmement positive. La vidéo ci-dessous la présente.
L’humour pour s’en sortir
Au Wyoming, la station de ski Jackson Hole a accidentellement envoyé un courriel à tous ses contacts, alors qu’elle ne s’adressait qu’aux clients sur le point de se rendre à destination. Pour corriger le tir, l’équipe marketing a concocté un message d’excuses intitulé «Our Moosetake», en y joignant une photo d’orignal ainsi qu’un mot expliquant le malentendu. Voilà une petite erreur qui fut bien récupérée.
Inciter les clients à partager de l’information et des photos de leur séjour, c’est bien, mais les aider à le faire, c’est encore mieux! Les jeunes adultes de la génération Y le font presque d’instinct, mais ce n’est pas nécessairement le cas des X et des baby-boomers. Vail Resorts l’a bien compris et propose, sur son blogue Epic Moms, un article portant sur le fonctionnement d’Instagram: «How to Instagram your ski trip». Cette publication a stimulé le partage de photos sur la plateforme, en plus de créer une impression positive auprès de ce segment de clientèle que sont les mères.
Le centre de villégiature Aspen/Snowmass, au Colorado, offre aux internautes de clavarder avec des membres du personnel pour obtenir des renseignements sur la destination*, un peu comme le font certains sites Web pour le soutien technique. Voilà qui s’ajoute aux options de contacts par les médias sociaux déjà bien mises en évidence sur le site Web grâce à la zone Aspen/Snowmass Live!. Le personnel est à l’affût et le consommateur se trouve à quelques clics d’une réponse personnalisée. Cela correspond bien aux exigences de la génération Y en matière d’instantanéité.
L’évaluation des initiatives marketing par les experts du magazine SAM a permis de dégager certaines tendances, comme la multiplication des concours sur les médias sociaux. On en compte de plus en plus et ils constituent une bonne façon de développer sa communauté et de favoriser l’intérêt des consommateurs pour la marque. Néanmoins, la transparence et le bon déroulement sont de mise pour obtenir l’effet escompté.
Le centre de villégiature Liberty Mountain, en Pennsylvanie, lançait un concours de photos en décembre 2013. Bien que l’initiative concernait la plateforme Instagram, les autres réseaux tels que Facebook, Twitter et YouTube ont été mis à contribution. L’annonce du concours #winteratliberty a pris la forme d’une image publiée sur Instagram, incluant les instructions. La station a animé les médias sociaux en annonçant les photos gagnantes chaque semaine, faisant ainsi des heureux, tout en augmentant l’effet viral et l’engagement des participants.
À titre de contre-exemple, les experts du magazine SAM présentent le cas du concours EpicRace de Vail Resorts. Le défi consistait à figurer parmi les 10 premiers à skier dans les 26 stations réparties dans les 4 pays que rassemble l’Epic Pass. L’enjeu: un abonnement à vie dans toutes ces stations. Des centaines de participants se sont inscrits, ont investi des milliers de dollars et beaucoup de temps pour accomplir cet exploit, tout en faisant office d’ambassadeurs de la marque. Au fil d’arrivée, plusieurs participants ont remis en question la légitimité de la victoire de deux skieurs sur qui, de toute évidence, planaient de sérieux doutes. Les organisateurs n’ont pas donné d’explications claires et sont restés nébuleux dans leurs réponses aux nombreuses questions posées par les concurrents à ce sujet. Ces derniers, des partisans de la marque tout au long de l’aventure, en ont gardé un goût amer. Même les gagnants sont demeurés plutôt discrets.
De mieux en mieux
Les experts du magazine SAM estiment que la saison 2013-2014, contrairement aux saisons d’autres années, n’a pas connu de campagnes désastreuses sur les médias sociaux. Par le passé, certaines stations ont été victimes de l’effet viral que peuvent prendre des mauvaises nouvelles les concernant. Ces mêmes analystes révèlent aussi n’avoir rien observé de particulièrement extraordinaire. L’effet de nouveauté des médias sociaux s’est estompé, et les entreprises les maîtrisent mieux, mais elles doivent redoubler d’efforts et faire preuve de créativité pour sortir du lot et enrichir l’expérience virtuelle du client.
Le développement d’une offre estivale dans les stations de ski ne date pas d’hier. Elle permet d’exploiter plus efficacement les infrastructures déjà en place, de créer des centres de profit additionnels, de fidéliser la clientèle et de stimuler l’économie locale; ce qui est tout à fait favorable à moyen et à long termes.
L’impact des changements climatiques et l’évolution du comportement des consommateurs, qui cherchent désormais à pratiquer diverses activités, créent des courbes de fréquentation en dents de scie dans les stations. Des stratégies sont mises de l’avant pour contrer ces tendances lourdes; la diversification des activités en hiver et en été en fait partie. Une étude présentée par RRC Associates, dont les résultats ont été présentés en mai 2014 au congrès de la National Ski Area Association (NSAA) – le regroupement des stations de ski américaines –, révèle que:
84% des 107 stations répondantes proposent une offre estivale ou annuelle (quatre saisons);
en moyenne, chacune de ces stations a reçu 52 500 visiteurs à l’été 2013;
la fréquentation a crû en moyenne de 37% au cours des 5 dernières années;
les activités de mai à octobre représentent environ 11% des revenus annuels;
les attractions qui, de l’avis des gestionnaires des stations, remportent le plus grand succès financier sont la luge alpine, le parc aquatique et la montagne russe (voir le graphique 1).
Diversifiez, diversifiez qu’ils disaient!
On observe de plus en plus de développements de parcs d’attractions, aquatiques ou autre, à même la montagne. Ces infrastructures nécessitent de gros investissements et la proximité d’un marché de masse. De plus, elles impliquent de devoir renouveler le produit pour maintenir l’intérêt et assurer une fréquentation qui rentabilisera les actifs. Aux États-Unis, la prolifération de ces parcs amène des experts à se questionner sur le point de saturation de cette offre.
Néanmoins, il existe d’autres moyens de susciter l’intérêt, et à moindre coût. La clé du succès réside souvent dans une programmation variée. La créativité des organisateurs et l’enthousiasme du personnel doivent être au rendez-vous. Les activités peuvent être organisées à partir des installations existantes ou d’aménagements temporaires, ou encore n’impliquer que de petits investissements.
L’aventure extrême et douce
Le tourisme d’aventure et les expériences qui procurent des sensations fortes s’inscrivent dans les tendances à la hausse. Les parcours d’aventure dans les arbres, les tyroliennes et les murs d’escalade se multiplient dans les stations de ski. Les courses d’aventure extrême comme Tough Mudder ou Mud Hero sont aussi très populaires; des stations québécoises en accueillent depuis quelques années.
La randonnée pédestre est une activité indémodable qui peut être renouvelée par des événements thématiques ou par l’offre de variantes originales. Les circuits de promenade à pieds nus se développent en France, notamment à la Ferme Aventure, dans les Vosges. Les randonneurs marchent sur des roches, des feuilles, dans l’herbe et même dans la boue. Cette activité familiale remporte beaucoup de succès, surtout auprès des enfants. En Savoie, on peut aussi faire de la randonnée aquatique: en compagnie d’un guide accompagnateur, les marcheurs remontent des torrents par petits groupes.
Le vélo de montagne est l’activité de prédilection en dehors de la saison de ski pour un grand nombre de stations. La NSAA et l’International Mountain Bicycling Association (IMBA) ont d’ailleurs signé une entente, il y a quelques années, afin d’outiller les stations pour le développement et la promotion de cette offre.
La Ville de Steamboat Springs, au Colorado, va plus loin. Alors que son offre hivernale et son image de marque sont bien reconnues et constituent même une marque déposée − Steamboat Ski Town, USAÒ -, elle souhaite en faire autant l’été avec Steamboat Bike Town USAÒ. Regroupant plusieurs partenaires de la communauté, dont la station de ski, cette organisation a pris l’engagement de faire de la région LA destination vélo des États-Unis (The Ultimate Destination for Cycling Experiences). Elle ne s’arrête pas au vélo de montagne : son site Web propose des circuits de vélo de route, de ville, BMX, freeride, etc.
Non exclusifs aux milieux montagneux, les séjours qui combinent plein air et apprentissage peuvent aussi contribuer à diversifier l’offre et à attirer une nouvelle clientèle. L’office du tourisme du Massachusetts, par exemple, propose des learning adventures: la cuisine avec un chef, les rudiments de la sculpture, de la soudure, du soufflage de verre ou encore la familiarisation avec l’apiculture ou la conception de fromages. Dans le Maine, une auberge et une école d’ébénisterie collaborent pour offrir aux voyageurs des ateliers de fabrication de traîneau. Faire appel aux ressources locales et aux spécialités régionales constitue un atout attractif.
L’animation urbaine au village
Les petites villes et les villages ont la cote depuis quelques années. Les voyageurs cherchent des expériences authentiques dans des milieux de vie ayant de la personnalité. Le magazine Travel & Leisure a demandé à ses lecteurs d’indiquer leur village favori. Les gens étaient ensuite appelés à voter sur plusieurs aspects, dont la présence de musées, de marchés agricoles, d’activités de plein air et d’hébergements pour accueillir les familles. Cinq des vingt municipalités retenues sont des destinations de ski. Les communautés d’Aspen, d’Estes Park et de Telluride, toutes au Colorado, ainsi que de Stowe (Vermont) et de Park City (Utah) attirent par leur dynamisme, leur scène culturelle, mais aussi par leur offre culinaire, leurs spécialités, qu’il s’agisse de microbrasseries ou de productions vinicoles, et par l’animation de leur centre-ville.
Telluride Mountain Film Festival – Source: Mountain Film
S’adapter
L’offre estivale se développe dans un nombre grandissant de stations; elle devient donc de plus en plus compétitive. Pour tirer leur épingle du jeu, les stations devront faire comme en hiver: s’adapter aux comportements changeants des consommateurs, aux tendances touristiques et aux préférences en matière de loisirs, mais aussi demeurer fidèles à leur image de marque et à leur positionnement.
France Montagnes, l’association chargée de la promotion touristique des massifs français, enchaîne les campagnes originales et décalées. Humoristiques et interactives, aux slogans accrocheurs, comme «La montagne, bienfaits pour vous» ou «Envoyez balader vos enfants!», elles visent à attirer un ensemble de clientèles vers les stations de montagne, tant en hiver qu’en été.
À l’affût des outils promotionnels les plus incisifs et marquants, où l’enjeu expérientiel devient un leitmotiv pour les professionnels du marketing, les utilisateurs peuvent littéralement vivre la montagne avant d’y être. Et le dernier en date, cmamontagne.com, surfe sur les tendances de montagne 2.0 de participation, d’engagement et de personnalisation.
Cette plateforme Web communautaire recueille les expériences et les coups de cœur des internautes sous forme de photos, de vidéos, de «j’aime» et de commentaires. Ce nouveau réseau social a pour vocation de réunir les adeptes de la montagne autour de leur passion commune.
À travers les yeux de ces amateurs de plein air et parmi six catégories, on découvre des lieux, des entreprises et des moments de vie passionnants.
En plus d’animer toute une communauté, les stations trouvent ici une occasion rêvée de faire parler de leur territoire et de conquérir de nouveaux ambassadeurs, puisque par l’intermédiaire d’un jeu-concours mensuel, les visiteurs peuvent voter afin d’élire les plus belles expériences en montagne. Les gagnants courent la chance de remporter des séjours, des abonnements annuels et de l’équipement de ski. Voici des concours qui dynamisent ce dispositif Web et se positionnent en tant qu’outils de promotion de la montagne à fort potentiel social et viral.
Le snowga combine les postures et techniques de respiration du yoga avec la pratique de sports d’hiver (ski de fond, raquette, etc.). Ayant pour but de calmer le corps et l’esprit avant l’activité exercée, cette nouvelle pratique présente aussi l’avantage de faire découvrir le yoga à un nouveau segment de clientèle. Amenant le concept à un autre niveau, l’entreprise Yogachelan, dans l’État de Washington, souhaite proposer au cours de la prochaine année un forfait qui combinerait le yoga, la raquette et la visite des vignobles locaux.
Le vélo de montagne des neiges
Profitant de la popularité du fat bike, ces vélos équipés de larges pneus permettant aux amateurs de s’aventurer dans des sentiers enneigés et sur le sable, certaines destinations ont développé une offre cycliste hivernale. L’organisme Teton Mountain Bike Tours, dans le Wyoming, propose par exemple des randonnées de vélo des neiges dans les parcs nationaux de la région. Accompagnés d’un guide, les participants peuvent combiner leur parcours avec certaines activités d’interprétation de la faune ainsi qu’un repas à saveur locale. Pour sa part, la station de Val Thorens, en France, pousse cette pratique à l’extrême : le vélo sur neige en descente, réservé aux cyclistes plus expérimentés, nécessite là encore que les participants soient accompagnés d’un guide.
De nouvelles façons de dévaler les pentes!
Chaque année, de nouvelles activités nous font vivre des expériences de glisse différentes dans les stations de montagne. Les gestionnaires misent principalement sur ce genre de produit afin de différencier leur offre par rapport aux concurrents. Yooner, ski biking, Ktrack ou 3ski, les exemples sont nombreux!
Le Yukigassen
Le Yukigassen est un jeu japonais dont l’objectif est d’éliminer l’équipe adverse à l’aide de boules de neige ou de capturer leur drapeau. Pratiqué de façon professionnelle au Japon, il est maintenant développé comme activité ludique dans les stations de montagne à travers le monde. Peu importe l’âge ou le niveau d’habileté, tous peuvent maintenant participer à ce genre d’événement. Le Canada compte d’ailleurs un organisme directeur de ce sport, Yukigassen Canada, qui cherche à développer une série d’événements à travers le pays. Pour une deuxième année consécutive en 2014, le Carnaval d’hiver de Thetford organise un tournoi de ce genre.
Des activités accessibles à tous!
Le baby traîneau à chiens
Afin d’initier les plus jeunes à cette pratique hivernale, certaines entreprises ont misé sur le baby traîneau à chiens, spécialement adapté à la morphologie des enfants de 3 à 7 ans. Les stations-villages du Val d’Arly Mont Blanc, en France, ont créé un espace ludique sécurisé et réservé à cette pratique.
Le babysnow
Dans la même veine, le babysnow est une petite planche à neige avec guidon, qui permet aux adultes d’amener leur enfant de 1 à 5 ans lors de la pratique d’activités de plein air. Ayant fait son apparition dans plusieurs stations françaises, cet engin peut être utilisé lors de randonnées en raquette, en ski de fond ou en ski alpin. Il s’agit d’un moyen efficace d’initiation des plus jeunes à la pratique d’activités hivernales!
Tout le monde descend!
Innsbruck, en Autriche, a créé le RollRinn, un événement sportif où les personnes à mobilité réduite peuvent se mesurer à des personnes sans handicap sur des pistes de ski alpin ou de ski de fond. Une grande variété de bolides ont d’ailleurs été conçus afin que tous puissent participer à cet événement rassembleur (voir la vidéo ci-dessous).
Des festivals hauts en couleur!
Festival international de glace et de neige de Harbin, Chine
Considéré comme l’un des plus grands festivals hivernaux au monde, le Festival international de glace et de neige de Harbin est un événement artistique, culturel et sportif qui transforme littéralement la ville. En effet, de nombreuses sculptures de glace, dont la plupart représentent les plus grands monuments du monde, envahissent les parcs. Jeux de lumière, feux d’artifice et lanternes sont quelques-unes des autres animations qui dynamisent la ville de janvier à mars. Plusieurs visites guidées sont d’ailleurs organisées dans les parcs de la ville, favorisant ainsi la découverte de certains sites.
Durant quatre jours, les façades, rues, monuments et jardins de Lyon, en France, s’ornent d’illuminations impressionnantes. Animations, danse, feux d’artifice, spectacles de tout genre et scénographies agrémentent de nombreux arrondissements, encourageant ainsi la circulation des visiteurs à travers la ville. Les familles et les sportifs y trouvent également leur compte, puisque des parcours thématiques ont été spécialement conçus pour être empruntés à vélo et avec les enfants.
Sapporo Snow Festival, Japon
En février, le Sapporo Snow Festival, dans la ville du même nom, attire environ deux millions de visiteurs annuellement sur sept jours de festivités. Cet événement se déroule principalement sur trois sites:
Odori Park: site principal du festival; des sculptures de neige, petites et grandes, y sont présentées, en plus de nombreux concerts et événements ludiques.
Susukino: c’est à cet endroit qu’ont lieu les cérémonies d’ouverture et de clôture ainsi que la compétition internationale de sculptures de glace.
Tsu Dome: ce site comprend trois types de glissades, du rafting des neiges, des sculptures de glace ainsi qu’un labyrinthe de neige. À l’intérieur du dôme, plusieurs activités pour enfants sont proposées.
Et vous, quelles initiatives touristiques hivernales vous ont marqué en 2013?
la station Whistler Blackcomb est le principal moteur de l’achalandage touristique de la ville en hiver
Plus grand domaine skiable d’Amérique du Nord, la station Whistler Blackcomb est le principal moteur de l’achalandage touristique de la ville en hiver. Avec son abondance de neige, on peut y pratiquer une variété d’activités d’aventure, telles que le ski alpin, le canyoning de glace et l’héliski. La piste de Bobsleigh utilisée lors des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 a également été transformée en attraction touristique. La destination compte d’ailleurs sur de nombreuses compétitions sportives internationales réparties sur la période hivernale. Sa célèbre télécabine PEAK 2 PEAK, qui relie les deux sommets, a aussi contribué à sa renommée.
L’après-ski est une facette de la ville bien appréciée des touristes, pour profiter de la vie nocturne, des restaurants ou pour le magasinage. Certaines activités intérieures, tant sportives (Meadow Park Sports Centre, The Core, etc.) et culturelles (galeries d’art, musées, etc.) que de bien-être, sont également accessibles. Son Festival du film et ses festivités de Noël contribuent pour leur part à enrichir les activités offertes par la ville en décembre. La destination cherche aussi à attirer davantage de touristes d’affaires, principalement avec le développement du Whistler Conference Centre en plein cœur du village.
Rovaniemi, Finlande
Profitant de sa proximité avec le cercle polaire, Rovaniemi est reconnue comme «ville officielle du père Noël».
Profitant de sa proximité avec le cercle polaire, Rovaniemi est reconnue comme «ville officielle du père Noël». Les compagnies aériennes augmentent d’ailleurs le nombre de vols vers cette destination afin de répondre à cette hausse de la demande durant la période des Fêtes. Sur place, un village du père Noël a été entièrement créé, accueillant notamment son bureau de poste ainsi que l’école et l’atelier des elfes (Joulukka). Plusieurs événements tournent autour de cette thématique, dont la cérémonie du 23 décembre, qui est télédiffusée internationalement. Une webtélé du père Noël a aussi été développée afin de faire la promotion de la destination.
Des activités de plein air des plus originales sont offertes aux touristes, telles que l’observation des aurores boréales, les safaris en motoneige, le golf d’hiver, le traîneau à rennes et à chiens, la descente en VTT ou la baignade dans les lacs gelés. Quelques musées, dont les thématiques touchent principalement la faune et la flore arctiques (ex.: Arktikum) ou encore la culture et l’histoire de la Laponie (ex.: Maison de la culture Korundi), complètent l’offre touristique de cette destination.
Innsbruck, Autriche
Surnommée la Capitale des Alpes, Innsbruck propose une offre tant urbaine que de plein air. La ville met de l’avant son architecture particulière, notamment ses anciennes installations olympiques de même que ses monuments gothiques et baroques. Plusieurs musées, galeries d’art et activités intérieures (centre de santé et de remise en forme, casino, etc.) sont aussi proposés aux visiteurs. Pour la période des Fêtes, cinq marchés de Noël ayant des thématiques particulières sont dispersés à travers la ville.
En plus de la variété des activités de plein air disponibles dans ses neuf domaines skiables (ski alpin, ski de fond, luge, raquette, canyoning de glace, etc.), la région reçoit de façon récurrente de nombreux événements sportifs professionnels. Des navettes gratuites sont de plus proposées aux visiteurs, au départ et à destination des stations de ski. À noter que depuis 2011, le Snow Festival permet chaque année aux familles de se divertir et de se familiariser avec différents sports hivernaux en pleine ville, contribuant ainsi au développement de la relève.
Oslo, Norvège
Avec ses cinq stations de ski, son réseau de ski de fond bien développé, ses nombreux lacs gelés et ses pistes de luge – dont une d’une longueur de deux kilomètres –, Oslo porte bien son surnom de Capitale mondiale de l’hiver. La majorité des activités sont disponibles à moins de 30 minutes du centre-ville, et son réseau de transport en commun, constamment renouvelé, permet leur accès à faible coût. La destination accueille d’importants événements sportifs, certains récurrents, comme la coupe du monde de ski de fond, et d’autres ponctuels, tels que les Championnats du monde de ski acrobatique de 2013. Le site de saut à ski Holmenkollen et son musée sont d’ailleurs les attraits les plus visités de la ville depuis sa reconstruction en 2009.
Oslo s’anime particulièrement pendant la période des Fêtes, lorsqu’illuminations et marchés de Noël redessinent la ville. Son offre culturelle est également bien présente, avec près de cinquante musées (principalement sous une thématique nordique et scandinave), son parc des sculptures, sa forteresse d’Akershus, sa Galerie nationale et son opéra.
Tallinn, Estonie
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Tallinn présente de nombreuses activités d’interprétation du patrimoine historique, un programme événementiel chargé et récurrent (ex.: Tallinn Black Nights Film Festival), plusieurs festivités du temps des Fêtes, ainsi qu’une offre gastronomique du terroir spécialement conçue pour la saison hivernale. Avec ses infrastructures modernes et sa réputation de ville technologique, elle est également un site de choix pour le tourisme d’affaires. De plus, Tallinn compte une douzaine d’hôtels-spa spécialisés dans les massages aux pierres chaudes et les soins pour le corps. À noter que dans cette destination de magasinage hors taxe, les propriétaires d’établissements hôteliers doivent inclure le petit-déjeuner et la taxe dans le prix affiché.
Des passeportstouristiques bien utiles!
Dans le but d’encourager la découverte de leur ville, Tallinn (Tallinn Card), Oslo (Oslo Pass) et Innsbruck (Innsbruck Card) ont chacune développé une carte qui offre à son acheteur le transport en commun, le stationnement ainsi que l’accès à un ensemble d’attraits et de services. Plusieurs réductions sont également incluses dans les commerces de ces villes. Selon VisitOSLO, cette initiative plaît aux touristes, puisque 98% des utilisateurs la recommanderaient à un ami.
Au vu de cette féroce concurrence en tourisme hivernal, il est de plus en plus difficile pour les destinations de se démarquer. Dans ce contexte, quelles cartes les villes du Québec devraient-elles jouer pour continuer à forger leur réputation à l’international?
Défis de développement du tourisme hivernal propres aux régions
Le développement du tourisme hivernal est source de nombreux défis pour les communautés rurales et les gestionnaires de petites et moyennes stations de montagne. Voici quatre de leurs principaux enjeux et possibilités:
1) La diversification de l’économie locale, l’étalement de la saison touristique et la revitalisation de la région
Plusieurs destinations rurales, en raison d’une forte saisonnalité, cherchent à étaler leur saison touristique par la mise en valeur du tourisme hivernal. Cela peut engendrer des résultats tangibles pour les entreprises et les communautés locales: optimisation des infrastructures de service, création d’entreprises et d’emplois, prolongation de la période de travail, etc.
2) Un développement des domaines skiables qui prend en compte les conséquences des changements climatiques sur le milieu montagneux
Avec l’accentuation des changements climatiques et la fragilité des écosystèmes montagneux, certains gestionnaires de stations de montagne cherchent à réduire la coupe d’arbres, les pratiques d’excavation et les nouvelles constructions. Ceux-ci peuvent également choisir de limiter le nombre de visiteurs par groupe de même que l’accès à certaines zones plus sensibles, réduisant ainsi la pression touristique sur le territoire.
3) L’adaptation à une clientèle de montagne changeante par le développement de créneaux prometteurs
Les touristes sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales, recherchent constamment de nouveaux défis et accordent une importance particulière à l’authenticité des lieux fréquentés. Comme l’achalandage des stations québécoises a diminué de 5% depuis 2000 (voir le graphique 1) et d’autres activités de montagne gagnent en popularité (raquette, ski hors-piste, ski de fond, etc.), les petites et moyennes stations complètent leur offre par des produits de niche à fort potentiel.
4) La mobilisation des acteurs autour d’une vision commune du tourisme hivernal
Inscrire les projets de développement dans le cadre d’une réflexion globale, durable et mobilisatrice des acteurs sectoriels et gouvernementaux est un excellent moyen de faciliter leur mise en œuvre et d’assurer un positionnement efficace de la destination. Selon le plan de développement des activités hivernales de la Coopérative de solidarité et de développement récréotouristique des Chic-Chocs (ou COOP Accès Chic-Chocs), les principaux enjeux devant être traités sont:
l’accessibilité au territoire;
les autorisations et partenariats d’affaires;
le soutien et la coordination de la mise en marché;
le financement des investissements;
l’accompagnement et la formation des promoteurs;
la coordination du transport des clientèles;
la sensibilisation des intervenants publics au développement du secteur privé.
La France constitue un bon exemple dans ce sens. L’espace valléen du Beaufortain-Val d’Arly a instauré une convention de stations durables afin d’avoir une vision à long terme du développement touristique des stations et massifs de montagne. Pour sa part, le département de l’Isère propose aux stations de signer et de cofinancer des contrats pour la mise en place d’activités touristiques autres que le ski traditionnel.
Le ski hors-piste guidé: une approche durable de la montagne
SnowSports Industries America souligne que 20% des skieurs et planchistes américains sont allés sur des parcours hors-piste en 2012/2013
Bien qu’il comporte certains risques, le ski hors-piste guidé combine à la fois le respect de l’environnement montagneux, la formation et l’éducation des adeptes ainsi qu’une expérience unique mettant en valeur les panoramas d’un territoire. SnowSports Industries America souligne que 20% des skieurs et planchistes américains sont allés sur des parcours hors-piste en 2012/2013 (soit plus de 5 millions de personnes), et les fabricants d’équipements de ski notent une croissance rapide de ce segment lors des cinq dernières années (voir la vidéo ci-dessous). Ce créneau tend aussi à se démocratiser avec le développement d’une variété d’offres répondant aux besoins de différents niveaux d’expertise.
Quatre entreprises de la Haute-Gaspésie (Vallée Taconique, Ski Chic-Chocs, Vertigo Aventures et Chic-Chac) misent exclusivement sur la pratique du ski hors-piste guidé dans des domaines exclusifs. La coopérative de solidarité et de développement récréotouristique des Chic-Chocs les accompagne d’ailleurs dans l’aménagement durable et sécuritaire de leurs activités. En plus de limiter le nombre de visiteurs par jour sur le site, ces stations contribuent à la dynamisation et à la vitalité de la région, principalement par la création d’entreprises, l’embauche de guides locaux ainsi que l’éducation et la formation des adeptes sur les risques de cette pratique.
Le ski de randonnée et le ski-raquette: des pratiques écotouristiques
la vente de peaux d’ascension a plus que triplé dans les sept dernières années.
Le ski de randonnée avec peaux adhésives et le ski-raquette (ski Hok) sont deux activités hybrides qui permettent à leurs adeptes d’alterner ascension et descente de la montagne. Puisque la montée se fait à l’aide de peaux de phoque fixées sous les skis, ces deux pratiques écotouristiques permettent aux stations ou domaines de minimiser la construction de nouvelles infrastructures ou l’utilisation de véhicules à essence. Aux États-Unis, où la vente de peaux d’ascension a plus que triplé dans les sept dernières années (voir le graphique 2), de plus en plus de destinations développent des politiques et des procédures afin d’accommoder les Uphillers (Arapahoe Basin, Crested Butte, Sugarloaf Mountain Resort).
Le Parc régional de Val-d’Irène, en Gaspésie, est en train de mettre en place un secteur entièrement consacré à cette clientèle. Lauréate du grand prix du concours des Dragons du Ski pour le projet le plus novateur, durable, rentable, faisable, viable et rayonnant pour sa région, l’entreprise veut ainsi diversifier sa clientèle, en plus d’augmenter considérablement l’offre de services de la montagne (passant de 60 à plus de 120 jours de disponibilité). Le parc travaille aussi en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, l’Association des stations de ski du Québec ainsi que d’autres acteurs clés pour la réalisation de ce projet.
L’approche durable des activités de montagne prend de l’ampleur chez les gestionnaires de stations. Malgré les défis auxquels ils doivent faire face, cette tendance ne semble pas vouloir s’essouffler!
Cette analyse a été produite pour alimenter le site WebEspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.
Selon une étude de l’organisme américain SnowSports Industries America (SIA), au moins 40% des Américains pratiquant les sports d’hiver sont âgés de 18 à 34 ans. Au-delà de 35% des skieurs de fond et alpins ainsi que plus de la moitié des planchistes et des skieurs acrobatiques sont issus de la génération Y. Une grande partie d’entre eux habitent en ville, dans les États situés du côté de l’Atlantique.
Cette même étude révèle que les termes employés par les skieurs pour décrire leurs motivations concernent le «virage parfait» et le plaisir d’être en plein air, dans la nature. Les planchistes de la génération Y parlent plutôt de la liberté que procure cette activité. Une partie des skieurs alpins pratiquent aussi la planche, et vice-versa.
Grisés par cette sensation de liberté, 70% des planchistes essaieront le hors-piste tout en demeurant dans les limites de la station de ski. Sortir des sentiers battus interpelle aussi les skieurs de cette génération: 20% en ont déjà fait l’essai, et un tiers comptent le faire dans les zones desservies par une remontée mécanique.
Planche à neige, patin et motoneige
Selon le Print Measurement Bureau (PMB), les membres de la génération Y sont généralement plus enclins à pratiquer des activités hivernales que la moyenne de la population québécoise, sauf en ce qui concerne le ski de randonnée (voir le graphique 1). Ces jeunes adultes font du ski dans la même proportion que l’ensemble des Québécois, mais sont plus portés à faire de la planche (7% par rapport à 5%). Le patinage sur glace est pratiqué par près du quart des Y, soit beaucoup plus que la moyenne (18%), mais ils n’en font en majorité qu’une ou deux fois par année. En revanche, le tiers des planchistes de cette génération en font dix fois ou plus durant la saison.
Techno et storytelling
Très informés et habiles avec les nouvelles technologies, les Y seront attirés par des marques qui communiquent avec eux, plutôt que par celles qui tentent délibérément de leur vendre quelque chose.
Pour s’adresser à ces jeunes adultes, mieux vaut éviter d’employer les stratégies de vente traditionnelles. Très informés et habiles avec les nouvelles technologies, les Y seront attirés par des marques qui communiquent avec eux, plutôt que par celles qui tentent délibérément de leur vendre quelque chose. Les campagnes qui intègrent une histoire, ou leur suggèrent de suivre les péripéties d’un personnage et d’interagir avec lui sur les médias sociaux fonctionnent bien. Les promotions liées à leur réalité et branchées sur leurs besoins sont bien reçues.
Les Y consultent une multitude de plateformes sur le Web, ce qui ne rend pas la tâche facile aux responsables marketing. Les commentaires en ligne occupent beaucoup d’importance dans leurs choix. En fait, ils se fient d’abord aux avis émis par leurs pairs, avant même ceux des membres de leur propre famille.
Selon le Cefrio, jusqu’à 93% des internautes québécois de 18 à 34 ans utilisent les médias sociaux, dont YouTube, Facebook, Google+, Twitter et LinkedIn. L’organisme précise néanmoins que les 18 à 24 ans et les 25 à 34 ans ont un profil différent. Les plus jeunes emploient plus les médias sociaux que leurs aînés, alors que les seconds ont davantage recours aux courriels que leurs cadets. Ces aspects sont donc à considérer dans le choix des moyens de communication.
Mettre les Y dans sa poche…
La station de ski Sugarbush, au Vermont, a bien saisi l’importance de maintenir l’intérêt des Y à la pratique du ski ou de la planche. L’expert en marketing David Coats, responsable de plusieurs projets liés à la station, explique comment, durant la vingtaine, les skieurs n’ont bien souvent pas les moyens de pratiquer des sports de glisse. La clientèle cible des jeunes adultes commence à bien gagner sa vie seulement vers 30 ans. Ce laps de temps de 10 ans renferme un précieux bassin de skieurs potentiels.
En attirant ces jeunes et en gagnant leur confiance, la station comptait augmenter ses chances de les voir revenir avec leurs enfants. Ainsi, pour la saison 2011-2012, Sugarbush a lancé un abonnement très avantageux pour les adultes dans la vingtaine: le For20s Pass. Celui-ci se détaillait à 299$ pour un accès illimité à la station pendant toute la saison. Un abonnement adulte standard se vendait alors 499$. Comme l’exprime M. Coats, ce n’est pas seulement la réduction qui est attirante, mais aussi et surtout le fait que la station ait pensé à ce segment et à sa réalité financière. Les membres de la génération Y cherchent à être reconnus, considérés par la marque. Si c’est le cas, ils auront alors tendance à s’engager envers elle.
La campagne s’est principalement déroulée sur les médias sociaux et par courriel. L’agence de marketing a utilisé Twitter particulièrement pour rejoindre les influenceurs de la communauté de skieurs. De cette façon, ce n’est plus la station qui tente de vendre son abonnement, mais plutôt des voix indépendantes, donc plus crédibles, qui émettent une opinion.
Lors de la saison précédant la campagne, Sugarbush avait vendu moins de 50 abonnements au segment des 19 à 29 ans. L’objectif avec le For20s Pass était de vendre 1 000 abonnements entre la fin août et le début septembre 2011; or, ce sont plutôt 2 000 accès qui se sont envolés.
Cibler les segments de clientèle
Pour mieux cibler la clientèle des Y, SIA donne quelques suggestions:
Construisez une base de données avec courriel et âge, et concevez vos campagnes en tenant compte des différences générationnelles – cela vous sera également utile pour les autres segments;
Engagez la conversation avec les Y en proposant du contenu Web dynamique comme des avis en ligne, le partage de photos et de vidéos;
Mettez l’accent sur l’expérience plutôt que sur le produit.
Enfin, les Y ne sont pas dupes. Ayant grandi à une époque où l’accès à l’information est plus facile que jamais, ils savent comment obtenir des renseignements crédibles. Alors, soyez authentique, n’essayez pas de vendre ce que vous n’êtes pas.
L’image du ski de fond réservé exclusivement aux sportifs et aux retraités est balayée. La discipline fait peau neuve et se diversifie. Pour satisfaire une clientèle de plus en plus diversifiée, des nouveaux services et aménagements se profilent. Face aux changements observés relatifs à la pratique de ce sport, les intervenants misent sur la diversification des activités hivernales et sur l’innovation du produit. Tour d’horizon de projets inspirants pour le Québec.
Des initiatives gouvernementales
En France, le ministère de la Jeunesse et des Sports crée en 2007 le Conseil National du Nordique, chargé de définir une stratégie nationale et d’insuffler des réflexions innovantes autour de l’image du ski de fond, de l’aménagement et de l’offre. La filière doit passer d’un univers «sportif» centré sur le ski de fond à celui de «loisirs nordiques» multiactivités. Un positionnement novateur autour de quatre cibles diversifiées permet d’identifier trois typologies d’espaces:
Les gestionnaires sont amenés à adapter ces propositions d’aménagements en fonction de leurs propres caractéristiques territoriales, administratives et commerciales. L’image du ski de fond est aussi revisitée et la création du label Nordic France répond à une démarche d’amélioration continue des services et de l’offre. Les stations sont incitées à obtenir entre un et cinq «sapins» (à l’image du système des étoiles pour les hôteliers) pour chacune des quatre grandes familles de critères (voir schéma ci-dessous).
La Washington State Parks and Recreation Commission gère 120 aires nordiques (Sno-Parks) qui parsèment l’État. Des efforts importants ont été consentis pour l’aménagement d’aires de stationnement et d’espaces nordiques multiactivités. Ces aires permettent d’accéder à plus de 5300 km de sentiers dont 835 km consacrés aux activités douces (non motorisées). La signalisation est adaptée à chaque site et indique au visiteur les activités qu’il peut y pratiquer. Par exemple, l’image ci-dessous signifie que le ski de randonnée, la raquette et le traîneau à chiens peuvent être pratiqués mais que les pistes ne sont pas damées.
Source: Washington State Parks and Recreation Commission
Avec une augmentation des fondeurs et des raquetteurs, mais aussi une popularité grandissante pour le ski-joëring (le skieur est tiré par un cheval ou un chien), le traîneau à chiens, la marche hivernale, l’escalade de glace et le camping hivernal, l’organisation espère répondre plus adéquatement aux diverses attentes tout en faisant face à des enjeux importants comme le manque de neige. Plusieurs organismes gèrent conjointement ce système et les accès sont valables pour plus d’un État, favorisant ainsi la mobilité des visiteurs.
La British Columbia Nordic Marketing Society (BCNMS) a été créée à la suite d’une volonté de décentralisation du ministère du Tourisme. L’association dispose de budgets pour organiser l’industrie et mettre en marché les activités nordiques. Dans le cadre de la campagne Experiences BC, on souhaite dynamiser notamment l’offre de ski de fond et de raquette et augmenter significativement la clientèle touristique sur les lieux de pratique. Des réflexions sont régulièrement menées et les outils communicationnels se multiplient pour promouvoir les sites (voir la figure ci-dessous).
Source: Bcnordic
La Société du Partenariat ontarien de marketing touristique (SPOMT) souhaite explorer de nouvelles expressions de l’image de marque en s’appuyant notamment sur l’attachement émotif que peuvent éprouver les visiteurs à l’égard de la province. À travers sa nouvelle plateforme Internet, spécialement conçue pour la promotion des activités de plein air, la société mise sur la forfaitisation et propose aux visiteurs des centaines d’escapades. Les internautes peuvent préciser leur recherche grâce à une sélection de critères (activité, saison, expérience, durée du séjour et destination).
Entre ceux qui veulent observer la faune, faire du sport, stimuler leurs enfants, passer du bon temps entre amis, s’évader avec leur conjoint, s’adonner à la photo ou skier avec leur chien, les services sont à la personnalisation et le design des sentiers à l’innovation.
Les programmes et événements «À fond les filles!», «Cœurs de femmes», «Women’s Day» ou encore les «Women’s Ski Tours» incitent les femmes à venir entre amies ou en famille pour vivre une expérience dans un climat social et de détente. L’offre s’est bonifiée jusqu’à proposer des journées découverte et des courts séjours. Le ski de fond est combiné à d’autres activités (yoga, spa, atelier photos, sculpture, défilés de mode), à des visites guidées thématiques, à des initiations avec des athlètes connus ou à des soirées animées avec repas gastronomique.
D’autres gestionnaires misent sur l’aménagement de circuits thématiques comme la station Praz de Lys en France, qui offre une piste aménagée qui permet au visiteur de se composer un programme santé/bien-être. Des conseils de gestion de l’effort et du rythme cardiaque parsèment le parcours via des panneaux et des appareils mesurant la fréquence cardiaque sont mis à la disposition des clients.
Les sentiers adaptés pour les chiens et le ski joëring sont de plus en plus populaires dans un contexte récréatif. En Alberta (Kananaski country) et en France, des agences se spécialisent dans les visites guidées en profitant d’un réseau dédié.
La Methow Valley, dans l’État de Washington, est le paradis des fondeurs. Un réseau de plus de 200 km de sentiers interreliés permet au visiteur de se déplacer d’un site à l’autre sans quitter ses skis. Tout est mis en œuvre pour que le skieur profite bien de la journée et des services aux abords des sentiers: pistes côte-à-côte, refuges chauffés, restaurants, auberges, etc.
Baladaski, dans le Jura en France, représente un intérêt touristique, pédagogique et gastronomique de pleine nature; une boucle ludique faisant participer activement le fondeur dans sa découverte du patrimoine naturel et historique. À l’aide d’une fiche de parcours qui permet une orientation visuelle grâce aux photos et aux coordonnées cartographiques, la balade prend la forme d’un jeu de piste. La notion de performance est écartée; seuls plaisirs, convivialité et calme prévalent!
Au Devil’s Thumb Ranch, dans le Colorado, le nouveau centre d’accueil et les 16 chalets sont conçus dans une vision écoresponsable tandis que le spa, les piscines géothermales, le restaurant étoilé et la cave à vin viennent enrichir l’expérience. Le réseau de sentiers ne cesse de s’agrandir et quelques pistes sont éclairées le soir. L’accueil y est chaleureux et personnalisé.
Enfin, le site Web de Ski Vermont est un bel exemple de commercialisation. Dans l’onglet Resort Finder, les utilisateurs peuvent trouver la station idéale selon leurs intérêts: région, étendue du domaine, autres activités hivernales proposées, animations culturelles et restauration. Sous l’accroche Discover your perfect Vermont resort, le visiteur doit déplacer le curseur pour voir l’offre s’adapter.
Saisissez-vous vraiment toutes les occasions de bonifier l’expérience de vos clients? Connaissez-vous bien leurs attentes? Optimisez-vous les partenariats, la segmentation et les stratégies d’adaptation? L’activité n’échappe pas aux tendances d’aujourd’hui, séduisez vos adeptes de l’hiver!
Source:
– Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM. «Étude de la clientèle pratiquant le ski de fond et la raquette, et analyse des enjeux dans une perspective touristique». Sondage IPSOS, juillet 2012.
Une transformation complète d’un ascenseur en gondole de ski, une promotion de dernière minute bien placée, des récompenses pour les internautes les plus influents, une participation des clients au processus publicitaire d’une montagne, toutes les occasions sont bonnes pour se faire voir et entendre ou pour en apprendre davantage sur sa clientèle. Depuis 2004, le magazine Ski Area Management (SAM) passe en revue les bons coups marketing des centres de villégiature en Amérique du Nord. Voici quelques exemples inspirants tirés de cet article qui ont marqué la saison de ski 2011-2012.
Des promotions orchestrées au bon moment!
Lorsque bien planifiée, visant un objectif précis et envoyée au moment opportun, une promotion spécifique, même de dernière minute, peut avoir un impact fort positif. Big Sky Resort a su profiter du fait que les chutes de neige tardaient dans plusieurs stations du Colorado et de Lac Tahoe pour mousser les excellentes conditions de ski de l’État du Montana. Ainsi, la station a lancé une promotion s’adressant aux détenteurs de la «EpicPass», qui regroupe la plupart des stations les plus populaires du Colorado et de Lac Tahoe. Pour tout le mois de janvier, un titulaire de la «EpicPass» qui réservait un séjour hôtelier recevait un billet de ski gratuit. Par la simple voie d’un communiqué de presse émis à cet effet, l’information s’est vite propagée dans l’industrie et a entraîné plus de 50 nouvelles réservations au cours du mois (lire la version originale du communiqué)
Une campagne terrain qui a du punch
Avec la campagne «Remember to Breathe » de Tourisme Alberta, les ascenseurs de plusieurs tours à bureaux de Calgary et du Island Mall en Californie se sont transformés en gondoles de ski. Entièrement tapissés de vinyle, ils donnaient l’impression de monter vers le sommet de l’une des montagnes albertaines. Cette campagne s’est déroulée durant quatre mois et demi conjointement aux efforts numériques, radio, imprimés et télé de la destination de ski. Le coup d’envoi de cette stratégie a été donné par un combat de boules de neige géantes en peluche sur lesquelles figurait l’adresse Web Remembertobreathe.com.
Faire participer le client au processus publicitaire
La collecte de données sur la clientèle et sur les résultats d’une campagne marketing est une opération qui peut parfois s’avérer ardue et dispendieuse. À Telluride Ski Resort, l’équipe marketing a eu l’idée de faire participer les clients et de les placer au centre du processus de création publicitaire. Ainsi, on les a invités à voter pour leur concept préféré parmi des annonces de styles différents, via le site Internet et la page Facebook de la station. Les résultats ont été analysés et la campagne a été ajustée en fonction des commentaires. Cette action a permis à la montagne de récolter des données sur les préférences de leurs clients actuels selon leur profil, tout en renforçant leur sentiment d’appartenance, en plus de créer une campagne attrayante, efficace et adaptée à leurs besoins.
L’importance des médias sociaux n’est plus à prouver et ceux-ci sont désormais solidement ancrés dans le paysage promotionnel des stations de ski. À Vail Ski Resort au Colorado, l’expérience digitale passe entre autres par le partage de photos. Pour ce faire, plusieurs photographes professionnels ont été positionnés à différents endroits sur la montagne dans le but de capter les meilleurs moments de la clientèle et ainsi d’augmenter le flux de partage de photos en ligne. Les billets journaliers et passes de saison sont dotés de la technologie RFID (identification par radiofréquence), permettant notamment le transfert d’images vers la plateforme Web dédiée. Une fois la photo prise et la numérisation du billet de remontée réalisée, les photos se retrouvent automatiquement en ligne et le client peut ainsi partager ses souvenirs en temps réel avec parents et amis. Un système de récompenses a également été instauré afin d’encourager la propagation virale des meilleurs exploits sur la montagne.
Quelques bons coups sur Twitter et Facebook
Dans une industrie où les conditions d’enneigement, la température et les prévisions météo constituent des facteurs d’influence considérables dans la prise de décision du consommateur, les médias sociaux jouent un rôle plus qu’important auprès des stations de ski pour générer du contenu en temps réel. Twitter est d’ailleurs une plateforme particulièrement intéressante et Sugarloaf a bien su l’exploiter. Alors que la clientèle de cette montagne du Maine tweetait déjà de façon régulière à propos des conditions de neige, la station a simplement créé le hashtag #slsnow et intégré le flux de tweets directement dans la section «Conditions de neige» du site Web. Les tweets, les photos et les descriptions des conditions se sont ainsi multipliés et le nombre de followers est passé de 4197 à 6915.
Du côté de Sunshine Village, en Alberta, la campagne «Ski the day before we open», a connu un franc succès et s’est par conséquent propagée dans la sphère des médias sociaux. À partir du moment où la campagne a été lancée, et ce, jusqu’au tirage de vingt journées de ski privées en préouverture, Sunshine Village avait la cote sur Twitter et Facebook. La station a également profité de ce buzz viral pour inviter les journalistes à se joindre aux gagnants lors de cette journée de préouverture et ainsi s’assurer d’une excellente visibilité. Cette campagne a permis de récolter un total de 500 entrées pour le tirage et d’augmenter de 7% leur nombre de followers sur Twitter et de fans sur Facebook.
Récompenser ses clients les plus actifs en ligne
Aspen/Snowmass au Colorado est devenu le premier centre de villégiature à utiliser l’outil Klout et à récompenser ses clients influents à l’aide du programme Klout Perks. Non seulement cet outil mesure l’influence en ligne d’une marque ou d’une personne d’après son engagement sur les réseaux Facebook, Twitter, LinkedIn, Google+ et Foursquare, il permet également d’identifier les sujets sur lesquels ces personnes ont un impact, et d’offrir des récompenses aux individus ou aux groupes les plus actifs en ligne pour en faire de véritables ambassadeurs de la marque. Dans le cas d’Aspen, les personnes dont l’indice Klout est supérieur à 40 et dont les sujets d’influence sont en lien avec le tourisme, le voyage, le ski, la planche à neige ou la photographie, reçoivent des billets gratuits, ainsi que des rabais sur les locations d’équipement et les cours de ski. Encore faut-il que ces personnes proviennent de l’un des marchés visés par le centre pour être admissibles.
Et le Québec suit-il?
Au Québec, plusieurs centres de ski et de villégiature sont aussi au parfum de ces tendances qui ont marqué l’hiver 2011-2012 et plusieurs initiatives notables ont également vu le jour dans la belle province. Notamment Ski Bromont, qui a entrepris un virage quasi 100% Web au cours des dernières années et mis en place Flash Connect, une cabine de type photomaton qui permet de prendre des photos et de les partager via Facebook. Notons aussi l’initiative marketing de Mont Sutton intitulée «J’aime – Je plante» élaborée par l’agence Rinaldi Communication Marketing et qui a remporté un prestigieux prix à la Internet Advertising Competition pour la meilleure campagne sur les réseaux sociaux dans la catégorie sport. Et vous, chers lecteurs, avez-vous des exemples d’initiatives marketing innovantes à partager qui vous ont particulièrement marqués?
Sources:
– Katie Bailey, Gregg Blanchard, Rick Kahl, Milena Regos et Samantha Rufo. «Best/Worst marketing 2011-2012». Ski Area Management, mai 2012.