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Produits et activités Tendances

La Jeune Rue, nouveau concept urbain

La Jeune Rue regroupe 36 commerces de proximité (boucherie, marché couvert, restaurants, fromagerie, etc.), une galerie d’art et un cinéma. L’idée était de créer un espace inédit, où les citoyens et les visiteurs peuvent avoir accès à des produits biologiques tout en admirant une architecture unique.

Ce nouveau projet permet de répondre à une volonté de mieux vivre en ville. Pour les concepteurs, l’urbanité ne devrait pas être un rempart à la rencontre sociale ou à la consommation raisonnée. Ainsi, la démarche ne se limite pas à un retour à une consommation plus traditionnelle; La Jeune Rue apporte une réponse à plusieurs problématiques d’actualité: valorisation du terroir, sauvegarde des savoir-faire ancestraux, liens entre la ville et les champs, soutien des paysans soucieux de l’environnement, maintien d’une vie de quartier, etc. Bref, La Jeune Rue bouleverse l’idée d’un espace urbain statique, difficilement transformable, et laisse rêveur quant aux possibilités de bonification des villes…

 

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Marchés géographiques Tourisme durable

Le tourisme insulaire navigue vers la durabilité

Des enjeux propres à l’insularité

Les milliers d’îles disséminées sur la planète comptent parmi les destinations touristiques les plus prisées du monde. Par leurs caractéristiques et leur localisation, ces endroits promettent aux visiteurs un dépaysement inégalé.

Bien que les îles profitent d’un caractère spécial qui les avantage d’un point de vue touristique, ces mêmes particularités engendrent des problématiques auxquelles les destinations continentales n’ont généralement pas à faire face. Les enjeux distincts du tourisme insulaire comprennent:

  • une capacité d’accueil limitée en raison de l’espace disponible restreint;
  • une forte pression sur les espaces et les ressources naturelles;
  • des conflits d’usage exacerbés par la spécificité des territoires;
  • une fréquentation touristique dépendante des moyens de transport;
  • une pression sur les prix de l’équipement et des services touristiques.

Les effets des changements climatiques menacent particulièrement les zones côtières et entraînent des enjeux majeurs qui nécessitent déjà la mise en place de stratégies d’adaptation et d’atténuation. La modification de la fréquence, de la durée et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes ainsi que l’accélération de l’élévation du niveau de la mer peuvent mettre en péril l’activité touristique.

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Vue aérienne des îles Abrolhos (Australie), © Julie Edgley

Le tourisme durable: une approche non négociable

Concilier la fréquentation des visiteurs et la préservation des milieux naturels constitue un défi prioritaire pour un nombre croissant de destinations insulaires. Pour plusieurs de ces îles, le tourisme représente la principale source de retombées économiques et d’emplois, mais il ne contribue pas toujours à l’amélioration de la qualité de vie des résidents. Afin de résoudre cette problématique, les destinations doivent suivre les principes de durabilité.

L’exemple du cap Hatteras

Situé dans la région des Outer Banks en Caroline du Nord, le cap Hatteras est un parc national regroupant des îles et des îlets formant une étroite bande de sable au cœur de l’océan Atlantique. Un pont construit en 1963 afin de faciliter l’accès au parc a toutefois contribué à sa surfréquentation, ce qui a fragilisé les écosystèmes et dégradé l’expérience touristique. Il a fallu qu’un nouveau règlement encadrant la circulation automobile sur la plage soit adopté en 2012 pour mettre un frein à la détérioration du cap.

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Vue aérienne de cap Hatteras (États-Unis) © Laura Sturtz, National Park Service

Voici quelques leçons tirées de cette expérience:

  • L‘établissement d’un mode de gouvernance et des usages appropriés du territoire permet d’atténuer les problèmes prévisibles.
  • Les priorités de gestion doivent être convenues tôt dans le processus de planification; elles servent à déterminer quelles activités seront permises et comment elles seront gérées.
  • Les restrictions et l’harmonisation des usages sont nécessaires à la préservation du territoire. Aucune activité unique ou aucun groupe d’usagers ne devrait monopoliser les espaces nécessaires à la protection des ressources.
  • La clé du succès relève de la résolution rapide des problèmes. Il faut s’attaquer aux enjeux et aux conflits dès qu’ils émergent.

Lorsque le tourisme et la conservation de la nature vont main dans la main

Le développement touristique durable peut éveiller la conscience des visiteurs comme celle des résidents et apporter un soutien indispensable à la conservation de la biodiversité. Il est même possible de protéger les ressources naturelles tout en intensifiant les usages récréatifs.

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Vue aérienne de l’île Terschelling (Pays-Bas) © Ralf Roletschek

En 1974, la municipalité de l’île Terschelling, située aux Pays-Bas, a créé des politiques intégrées encadrant l’agriculture, la protection de la nature et le développement du tourisme. Grâce à cette vision à long terme et aux mesures qui en ont découlé, la destination a pu doubler le nombre de touristes accueillis tout en augmentant la population faunique. Cette gestion efficace du territoire doit son succès, entre autres, à un plan de zonage basé sur la segmentation des visiteurs (voir le tableau). Les installations ont été aménagées en fonction de chaque catégorie et tenaient compte de la vulnérabilité des différentes aires naturelles. 

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Le charme des îles, plus que des vues sur la mer

Pour développer l’offre hors saison, plusieurs destinations insulaires ont décidé d’adopter une stratégie de diversification des expériences fondée sur la mise en valeur du patrimoine culturel. On retrouve au cœur de cette démarche le partage de la fierté culturelle avec le visiteur, rappelant qu’il ne faut pas réduire la destination à ses paysages invitants. Dans un esprit de durabilité, l’exploitation de cette richesse est accompagnée d’efforts de préservation et engage la communauté dès l’étape de la planification. Un exemple simple: la page dédiée à la découverte des îles sur le site Internet de Tourisme Îles de la Madeleine laisse une grande place aux Madelinots. Dans la section «Portraits de gens d’ici», les résidents peuvent exprimer leur passion pour leur région.

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Source: Tourisme Îles-de-la-Madeleine

Encourager la population locale à s’engager est aussi une façon de stimuler les activités entrepreneuriales. L’offre de l’île d’Ouessant, en Bretagne (France), s’est vue renouvelée par une nouvelle vague d’initiatives touristiques inspirées par un désir de valoriser les attributs culturels. Parmi celles-ci, la création de la compagnie Kalon Eusa, qui propose des parcours thématiques variés dont la «sortie algues culinaires» et la balade littéraire «Ouessant, muse des écrivains».

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Source: Kalon Eusa

Avec leurs paysages idylliques tournés vers la mer, les territoires insulaires invitent naturellement au bonheur et à la détente. La concurrence internationale accrue oblige toutefois ces destinations à se renouveler tout en s’adaptant continuellement aux multiples défis liés à la durabilité des ressources.

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

Image à la une: © Julie Edgley

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Produits et activités

Le tourisme géologique en pleine expansion

Le géoparc comme outil de développement touristique du territoire

chaque géoparc doit être formé d’un patrimoine géologique exceptionnel du point de vue scientifique, esthétique ou éducatif

Le géoparc permet la structuration de l’offre touristique autour d’un thème central: le géotourisme. Créé en 2004 grâce à l’appui de l’UNESCO, le Réseau mondial des géoparcs nationaux, qui compte actuellement 100 sites répartis dans 29 pays, vise à reconnaître et à mettre en valeur le patrimoine géologique d’un territoire à l’échelle internationale. La charte sur laquelle il repose mentionne que chaque géoparc doit être formé d’un patrimoine géologique exceptionnel du point de vue scientifique, esthétique ou éducatif. Il peut aussi inclure un intérêt archéologique, écologique ou culturel, et doit absolument s’inscrire dans une stratégie de développement économique durable.

Des exemples venus de plusieurs coins du monde

CN_Geotourisme_image1À l’international, le géoparc Rokua s’étend sur 1326 km² et englobe le parc national Rokua, établi en 1956 en Finlande. Ce territoire nordique se caractérise par diverses formations géologiques inhabituelles qui remontent à une période de glaciation, comme des crêtes glaciaires ou des marmites de géants. Traversé par un réseau de sentiers de randonnée et de pistes de ski, le parc est aussi réputé pour ses eskers et ses dunes. En plus de son environnement incomparable, le géoparc raconte l’histoire d’un village préhistorique et de sa culture. Depuis sa création, la région a connu un nouvel essor touristique et attire de plus en plus de voyageurs venus des quatre coins du monde, grâce à divers projets qui ont permis au géoparc, entre autres, de renforcer sa présence sur le Web et de promouvoir son image de marque. 

Le géoparc Stonehammer, au Nouveau-Brunswick, a été le premier d’Amérique du Nord à faire partie du Réseau mondial. Il couvre 2500 km2 et comprend près de 60 sites géologiques et dépôts de fossiles importants, dont une douzaine sont accessibles au public. Ils englobent des lieux d’un intérêt particulier sur le plan scientifique, des parcs publics, des paysages urbains, des musées et des expositions. Ce programme unique de promotion de l’exceptionnel patrimoine géologique du Nouveau-Brunswick a reçu le Prix de l’innovateur de l’année 2011, dans le cadre de la remise des Grands prix du tourisme canadien. Stonehammer est une organisation appuyée par une communauté qui rassemble des propriétaires de sites, des exploitants touristiques, des particuliers et d’autres parties intéressées.

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Source: Discover Saint-John

En novembre 2012, plusieurs gens d’affaires de Percé se sont réunis afin de créer la coopérative du géoparc de Percé, dans le but d’adhérer au Réseau mondial des géoparcs nationaux de l’UNESCO. Ils visent ainsi à redonner ses lettres de noblesse à la municipalité et à insuffler de la vigueur à son industrie touristique, entre autres en développant des sentiers et un centre d’interprétation au cœur du mont Sainte-Anne.

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Sans être un géoparc à proprement parler, le parc national de Miguasha, site naturel du patrimoine mondial, permet à ses visiteurs de découvrir la vie comme elle existait il y a 380 millions d’années, à travers des poissons et des plantes fossiles. Le patrimoine naturel – falaise fossilifère composée de deux formations géologiques – y côtoie le patrimoine culturel – héritage autochtone toujours présent. De plus, la visite du musée d’histoire naturelle offre aux visiteurs une expérience scientifique extraordinaire.

L’aménagement des sites

L’aménagement des sites géologiques constitue une manière de les valoriser. De nos jours, les infrastructures mises en place visent l’observation des lieux sans leur dégradation

L’aménagement des sites géologiques constitue une manière de les valoriser. De nos jours, les infrastructures mises en place visent l’observation des lieux sans leur dégradation : des sites paléontologiques ont été recouverts de vitres de protection pour permettre au randonneur de découvrir des fossiles, une passerelle transparente s’avance au-dessus du Grand Canyon, une plateforme jetée au-dessus du vide offre une vue sur la «ligne», accident tectonique séparant les Alpes du Nord de celles du Sud. Bien que ces outils soient onéreux, des recherches réalisées sur 10 sentiers thématiques en Suisse ont montré que les retombées pouvaient atteindre 50 fois la somme investie.

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Les circuits et géoroutes

En 2012, le Chablais est devenu le 4e géoparc français. Unique d’un point de vue géologique, la région raconte, sur 50 km, l’histoire de la formation des Alpes, qui remonte à 250 millions d’années. Sa géoroute permet la mise en réseau, l’aménagement et l’interprétation de plus d’une vingtaine de sites géopatrimoniaux emblématiques du Chablais. À partir de panneaux d’information, le visiteur peut s’approprier l’histoire des lieux.

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La route géologique transpyrénéenne, comme son nom l’indique, traverse les Pyrénées à partir de Bélair, en France, jusqu’à Riglos, en Espagne. L’itinéraire comprend 25 arrêts facilement accessibles, aménagés en bord de route avec des panneaux explicatifs bilingues (français et espagnol), qui racontent, sur 200 km, l’histoire de la formation de cette chaîne de montagnes vieille de 400 millions d’années. Un guide comportant des informations complémentaires ainsi qu’un jeu-questionnaire ludique peut être téléchargé à partir du site Web de la route. 

SuisseMobile, le réseau pour la mobilité douce, qui vise à rendre une foule d’activités accessibles de manière non motorisée, a mis sur pied une géoroute pour les cyclistes, qui se traverse en deux étapes principales. Le trajet s’effectue à travers l’un des derniers deltas naturels et franchit un jardin de blocs erratiques qui montre les traces laissées par le glacier du lac de Constance.

Les événements

Créer un événement favorise l’attractivité de la destination, mobilise de nombreux acteurs et procure des retombées directes et indirectes. Voici quelques exemples:

Régions du Québec, laissez-vous inspirer par ces exemples, et ceux du cahier «Tourisme géologique» de la Revue Espaces, pour mettre en valeur et préserver le géopatrimoine de la province!

– Image à la une ©Stockvault

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

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Hébergement

Les hôtels verts: source de confusion pour les consommateurs

Marketing ou relations publiques

Selon Cronin, Smith, Gleim, Ramirez et Martinez (2011), les entreprises doivent élaborer des stratégies de marketing vert pour répondre à la demande du public et déclarent que souscrire au triple résultat leur permet d’accroître leur chiffre d’affaires.

La hausse de la demande en tourisme durable entraîne l’accroissement du marketing vert. Les consommateurs qui veulent faire le «bon» choix sont bombardés d’options écologiques, mais doivent rester prudents et avoir la possibilité de distinguer le tourisme vert de l’«écoblanchiment» («Green wash» ou «green washing»). Dans l’industrie du tourisme, les mentions «vert», «durable» ou «éco» ont fait l’objet d’une attention considérable de la part des hôtels au cours des dernières années, se traduisant par un nombre accru des programmes verts. Ceux-ci prétendent offrir l’efficacité opérationnelle, une économie des coûts, l’adoption des valeurs de l’entreprise par les employés, du marketing et de meilleures relations publiques. La question est de savoir si ces programmes sont efficaces en ce qui concerne le marketing et les relations publiques.

De nombreuses études ont été faites sur le comportement en matière de tourisme durable (voir sustainabletourism.net pour ces études). Par exemple, un sondage fait en 2012 par TripAdvisor a permis de constater que 71% des personnes interrogées feraient des choix écologiques au cours des douze mois subséquents. En 2012, le voyagiste TUI, a appris que 54% des sondés connaissaient très bien la notion de durabilité et que 40% d’entre eux s’y intéressaient. En 2011, 93% des lecteurs du Conde Nast Traveler croyaient que les agences de voyages devraient s’occuper de la protection de l’environnement et 58% d’entre eux ont dit que leur choix de destination était influencé par le soutien qui est apporté à la communauté locale.

Informations confuses

Pour connaître les pratiques des hôtels verts, une étude approfondie du Web a été effectuée entre les mois de septembre et de décembre 2013. Plus de 100 pages de Google ont été analysées à cinq occasions différentes. Parmi les termes utilisés: «Green hotels» («hôtels verts»), «Ecohotels» («écohôtels») et «Sustainable hotels» («hôtels durables»).

Un nombre de divergences découlent des recherches effectuées. Les résultats montrent que certains hôtels qui apparaissent dans Google à la requête «vert» ou «éco» n’adoptent pas vraiment de pratiques «vertes». Un hôtel en Colombie-Britannique s’autoproclamant «centre de villégiature écotouristique», par exemple, est relié au réseau électrique et ses pratiques écologiques les plus importantes sont le recyclage et le compostage.

Il n’existe pas non plus de réel système de classement mondialement reconnu pour les sites «d’hôtels verts». Actuellement, l’industrie touristique possède un bon nombre de programmes de certification et pourtant aucun n’a de masse critique. Par ailleurs, certains programmes qui gagnent du terrain ne figurent pas dans les résultats des moteurs de recherche parce qu’ils ne portent pas les mentions «vert» ou «éco». Tous ces termes, comme «durable», «responsable», «vert», «éco», etc., alimentent la perplexité des membres de l’industrie et des consommateurs.

Les sites Web analysés occupent quatre catégories principales:

1. Des hôtels individuels qui font la promotion de leur propre programme vert. Il s’agit surtout de ceux liés à des groupes hôteliers importants (Kimpton, Marriott, etc.).

2. Des sites Web qui certifient l’aspect écologique des hôtels selon un ensemble de critères précis et leur attribuent une cote. Dans cette catégorie, on trouve:

a. Des organismes qui fournissent des critères précis, quantifiables et détaillés – Clef verte, Green Globe, LEED, ISO 1400, Green Seal, Energy Star, GSTC, et;

b. Des organismes dont les critères sont vagues et difficiles à quantifier – Eco Luxury hotels, Eco hotels of the World, etc.

3. Des sites Web qui proposent des hôtels écologiques en fonction des critères d’autres fournisseurs (Expedia, TripAdvisor).

4. Des sites Web qui donnent des renseignements et des outils pour devenir écologique (souvent des articles de revues conseillant les hôtels sur leur façon de réduire leur empreinte écologique).

La majorité des résultats des recherches sur le Web portaient sur des hôtels écologiques évalués selon des critères d’autres fournisseurs. Par exemple, Eco lodge, Element et Green Tourism contenaient tous des hôtels ayant obtenu la certification LEED, ou qui utilisaient des appareils homologués Energy Star. Dans ce cas, le site Web, plutôt que de certifier les hôtels de façon indépendante, fournissait une liste des hôtels verts évalués selon des systèmes de certification établis. Ces critères étaient presque tous de nature écologique et n’abordaient pas l’impact sur les communautés ou les autres aspects sociaux qui intéressent les consommateurs. D’autres sites Web donnaient des renseignements et des outils aux hôtels ou aux voyageurs pour devenir plus écologiques. Ce sont plutôt des outils de formation et des fournisseurs de services en matière de mise en œuvre de solutions durables qui étaient proposés dans ce cas.

Conclusions

De ces recherches, nous pouvons tirer deux conclusions. D’abord, de nombreuses prétentions de «durabilité» ne sont en fait que de l’«écoblanchiment». Ce terme qui désigne des tactiques de marketing (affirmations mensongères ou exagérées) utilisées par des entreprises pour donner l’impression qu’elles sont vertes[1]. L’objectif principal de ce stratagème marketing est de convaincre les consommateurs que les entreprises, ou les hôtels dans ce cas, mettent en œuvre des initiatives durables, même si c’est faux. Aujourd’hui, la sensibilisation des consommateurs se limite surtout au lavage des serviettes et les hôtels tardent à aborder des sujets tels que les déchets, l’électricité, le chauffage/la climatisation ou les éléments sociaux et communautaires.

Ensuite, il est manifeste que les valeurs écologiques s’imposent. Bien que les renseignements soient difficiles à comprendre – ils sont beaucoup plus nombreux. Le fait que TripAdvisor offre un classement «vert» peut être bénéfique parce qu’il possède assez d’influence pour forcer les hôtels à améliorer la qualité de leurs services ou de tout autre élément dont se plaignent les voyageurs. Plus de 40 millions de personnes accèdent à TripAdvisor par mois, ce qui porte à croire qu’il peut inciter les consommateurs à faire des choix plus durables. Malheureusement, il ne cote les hôtels qu’en fonction de critères environnementaux et délaisse les critères sociaux. Ce qui est regrettable, étant donné que bon nombre de voyageurs veulent savoir ce que fait l’hôtel pour la communauté locale.  

L’idée de profiter des retombées du voyage écologique peut sembler attrayante, toutefois, l’information qui s’y rapporte actuellement n’aide pas les consommateurs à faire des choix éclairés. Les hôtels ne devraient pas seulement se contenter d’utiliser les programmes verts comme moyen d’attirer les consommateurs. Ces programmes servent également à améliorer l’efficacité opérationnelle, à réduire les coûts ainsi qu’à attirer, à retenir et à inspirer les employés. Leur mise en œuvre en vaut la peine, même si le marketing ne fonctionne pas.

Si l’industrie du tourisme désire vraiment inciter les consommateurs à faire des choix «verts», elle doit tenir compte des éléments clés suivants:

  1. Les sites Web devraient être transparents pour permettre aux consommateurs de déterminer ce qui est réellement écologique.
  2. Un seul site Web principal regroupant tous les hôtels «verts» devrait être créé afin de simplifier les recherches.
  3. Les critères d’évaluation devraient être les mêmes standardisés pour faciliter leur compréhension.

[1] Le terme a été utilisé pour la première fois par l’écologiste Jay Westerveld lorsqu’il s’est opposé aux hôteliers qui plaçaient dans les chambres des avis demandant aux clients de réutiliser leurs serviettes pour «sauver la planète». En réalité, cette initiative était plutôt motivée par la réduction des coûts liée au fait de laver moins de serviettes (Motavalli, 2011).

En collaboration avec Julie Ellefsen

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Produits et activités

Petites et moyennes stations de montagne: vers l’aventure durable

Défis de développement du tourisme hivernal propres aux régions

Le développement du tourisme hivernal est source de nombreux défis pour les communautés rurales et les gestionnaires de petites et moyennes stations de montagne. Voici quatre de leurs principaux enjeux et possibilités:

1)    La diversification de l’économie locale, l’étalement de la saison touristique et la revitalisation de la région

Plusieurs destinations rurales, en raison d’une forte saisonnalité, cherchent à étaler leur saison touristique par la mise en valeur du tourisme hivernal. Cela peut engendrer des résultats tangibles pour les entreprises et les communautés locales: optimisation des infrastructures de service, création d’entreprises et d’emplois, prolongation de la période de travail, etc.

2)    Un développement des domaines skiables qui prend en compte les conséquences des changements climatiques sur le milieu montagneux

Avec l’accentuation des changements climatiques et la fragilité des écosystèmes montagneux, certains gestionnaires de stations de montagne cherchent à réduire la coupe d’arbres, les pratiques d’excavation et les nouvelles constructions. Ceux-ci peuvent également choisir de limiter le nombre de visiteurs par groupe de même que l’accès à certaines zones plus sensibles, réduisant ainsi la pression touristique sur le territoire.

3)    L’adaptation à une clientèle de montagne changeante par le développement de créneaux prometteurs

Les touristes sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales, recherchent constamment de nouveaux défis et accordent une importance particulière à l’authenticité des lieux fréquentés. Comme l’achalandage des stations québécoises a diminué de 5% depuis 2000 (voir le graphique 1) et d’autres activités de montagne gagnent en popularité (raquette, ski hors-piste, ski de fond, etc.), les petites et moyennes stations complètent leur offre par des produits de niche à fort potentiel.

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4)    La mobilisation des acteurs autour d’une vision commune du tourisme hivernal

Inscrire les projets de développement dans le cadre d’une réflexion globale, durable et mobilisatrice des acteurs sectoriels et gouvernementaux est un excellent moyen de faciliter leur mise en œuvre et d’assurer un positionnement efficace de la destination. Selon le plan de développement des activités hivernales de la Coopérative de solidarité et de développement récréotouristique des Chic-Chocs (ou COOP Accès Chic-Chocs), les principaux enjeux devant être traités sont:

  • l’accessibilité au territoire;
  • les autorisations et partenariats d’affaires;
  • le soutien et la coordination de la mise en marché;
  • le financement des investissements;
  • l’accompagnement et la formation des promoteurs;
  • la coordination du transport des clientèles;
  • la sensibilisation des intervenants publics au développement du secteur privé.

La France constitue un bon exemple dans ce sens. L’espace valléen du Beaufortain-Val d’Arly a instauré une convention de stations durables afin d’avoir une vision à long terme du développement touristique des stations et massifs de montagne. Pour sa part, le département de l’Isère propose aux stations de signer et de cofinancer des contrats pour la mise en place d’activités touristiques autres que le ski traditionnel.

Le ski hors-piste guidé: une approche durable de la montagne

SnowSports Industries America souligne que 20% des skieurs et planchistes américains sont allés sur des parcours hors-piste en 2012/2013

Bien qu’il comporte certains risques, le ski hors-piste guidé combine à la fois le respect de l’environnement montagneux, la formation et l’éducation des adeptes ainsi qu’une expérience unique mettant en valeur les panoramas d’un territoire. SnowSports Industries America souligne que 20% des skieurs et planchistes américains sont allés sur des parcours hors-piste en 2012/2013 (soit plus de 5 millions de personnes), et les fabricants d’équipements de ski notent une croissance rapide de ce segment lors des cinq dernières années (voir la vidéo ci-dessous). Ce créneau tend aussi à se démocratiser avec le développement d’une variété d’offres répondant aux besoins de différents niveaux d’expertise.

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Source: ESPN Video

Quatre entreprises de la Haute-Gaspésie (Vallée Taconique, Ski Chic-Chocs, Vertigo Aventures et Chic-Chac) misent exclusivement sur la pratique du ski hors-piste guidé dans des domaines exclusifs. La coopérative de solidarité et de développement récréotouristique des Chic-Chocs les accompagne d’ailleurs dans l’aménagement durable et sécuritaire de leurs activités. En plus de limiter le nombre de visiteurs par jour sur le site, ces stations contribuent à la dynamisation et à la vitalité de la région, principalement par la création d’entreprises, l’embauche de guides locaux ainsi que l’éducation et la formation des adeptes sur les risques de cette pratique.

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Source: Chic-Chac

Le ski de randonnée et le ski-raquette: des pratiques écotouristiques

la vente de peaux d’ascension a plus que triplé dans les sept dernières années.

Le ski de randonnée avec peaux adhésives et le ski-raquette (ski Hok) sont deux activités hybrides qui permettent à leurs adeptes d’alterner ascension et descente de la montagne. Puisque la montée se fait à l’aide de peaux de phoque fixées sous les skis, ces deux pratiques écotouristiques permettent aux stations ou domaines de minimiser la construction de nouvelles infrastructures ou l’utilisation de véhicules à essence. Aux États-Unis, où la vente de peaux d’ascension a plus que triplé dans les sept dernières années (voir le graphique 2), de plus en plus de destinations développent des politiques et des procédures afin d’accommoder les Uphillers (Arapahoe Basin, Crested Butte, Sugarloaf Mountain Resort).

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Le Parc régional de Val-d’Irène, en Gaspésie, est en train de mettre en place un secteur entièrement consacré à cette clientèle. Lauréate du grand prix du concours des Dragons du Ski pour le projet le plus novateur, durable, rentable, faisable, viable et rayonnant pour sa région, l’entreprise veut ainsi diversifier sa clientèle, en plus d’augmenter considérablement l’offre de services de la montagne (passant de 60 à plus de 120 jours de disponibilité). Le parc travaille aussi en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, l’Association des stations de ski du Québec ainsi que d’autres acteurs clés pour la réalisation de ce projet.

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Source: Val-d’Irène

L’approche durable des activités de montagne prend de l’ampleur chez les gestionnaires de stations. Malgré les défis auxquels ils doivent faire face, cette tendance ne semble pas vouloir s’essouffler!

 

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Marketing Tendances

#JeudiTourisme 2013: Local, collaboratif, responsable

Les voyageurs veulent vivre des expériences authentiques, des rapprochements avec la communauté locale ainsi qu’avec leurs pairs, tout en minimisant leur empreinte écologique. Aidé par les médias sociaux et la technologie mobile, ce phénomène donne lieu à une multiplication des plateformes collaboratives et à des initiatives visant une consommation plus responsable.

Les secrets bien gardés de l’Islande

L’Islande invite les visiteurs et résidents à partager leurs coups de cœur sur les médias sociaux en utilisant le mot-clic #icelandsecret. On peut prendre connaissance de ces secrets partagés sur le site de l’organisme de promotion de la destination Inspiredbyiceland (voir la vidéo ci-dessous).

WestJet sur Songza

Le transporteur aérien WestJet rend disponibles des sélections musicales sur la plateforme Web de partage de musique Songza. Des collaborateurs mais aussi les clients peuvent alimenter la banque et proposer des listes de lecture.

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Source: http://songza.com

L’échange de nuitées entre particuliers

Accueillir des visiteurs, cumuler des nuitées, puis les échanger contre des séjours chez d’autres membres de la communauté, voilà ce que propose le réseau Cosmopolit Home. Les membres peuvent voyager à travers le monde et être hébergés gratuitement, selon le nombre de visiteurs qu’ils ont d’abord accueillis chez eux. La vidéo ci-dessous explique clairement le concept.

Crowdsourcing au Chicago History Museum

En octobre dernier, le Chicago History Museum lançait un appel à tous afin d’obtenir des suggestions pour de futures expositions. Les gens étaient ensuite invités à voter sur Facebook pour le sujet de leur choix.

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Source: facebook.com/chicagohistory 

Partir en voyage et louer sa voiture

Laisser sa voiture en location plutôt que payer un stationnement à l’aéroport, voilà ce que propose Carnomise, une plateforme de location de véhicules entre particuliers. Carnomise met en relation d’un côté le voyageur qui arrive à l’aéroport et, de l’autre, celui qui part en voyage et y laisse son véhicule.

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Source: http://www.carnomise.com/

Des chalets écologiques

Isolés avec de la paille, alimentés en électricité par des panneaux solaires, les chalets Solisterra, situés en Outaouais, offrent un milieu de vie sain, dépourvu de peinture et de matières plastiques.

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Source: www.solisterra.ca

Un concert alimenté par des vélos

Pour souligner les deux ans du V’Lille, le vélo en libre-service de la ville de Lille, en France, un concert «vélo-électrifié» a été mis sur pied. Quelque 200 cyclistes ont pédalé énergiquement afin de fournir en électricité le groupe pop-rock Velocity Bird.

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Source: www.lavoixdunord.fr 

 Merci @Chantalneault, @ClaudineBarry, @JDosReisPedro, @maylisavezina, @PierreCoronas, @TourOutaouais, @vincentleclerc7!

En savoir plus sur l’initiative #JeudiTourisme

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Gestion

Des destinations touristiques qui répondent au phénomène climatique

Parce qu’il faut atténuer mais aussi s’adapter

En 2013, la Commission européenne (CE) a mis en ligne un système d’indicateurs pour la gestion durable des destinations touristiques. Ce guide vise à soutenir et à orienter les destinations dans leur démarche vers un développement viable des ressources. L’atténuation, soit la réduction des gaz à effet de serre, demeure la clé de la durabilité économique, environnementale et sociale. Néanmoins, les critères liés à l’adaptation au climat (p. ex.: infrastructures touristiques en zone vulnérable, mise en place d’une stratégie) s’inscrivent maintenant dans le volet environnemental, signe que l’industrie subit ou profite déjà de certains impacts.

L’Australie, un leader

Les écosystèmes fragiles de l’Australie (les récifs, régions tropicales, parcs nationaux ou régions montagneuses) sont sensibles aux effets des changements climatiques. L’engagement des entreprises en adaptation figure dans la stratégie touristique nationale à long terme de l’Australie, intitulée Tourism 2020.

Dans la même optique, Sustainable Tourism Australia, une organisation appartenant à Ecotourism Australia, a mis sur pied une certification pour reconnaître les efforts mis de l’avant face au climat. Elle est accessible à l’ensemble des organisations touristiques publiques ou privées.

KG_DestinationAdapte_Climat_image1Le programme Climate Action Australia classe les organisations en trois niveaux:

  1.  Certifié business: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, mais ne mesure pas nécessairement son empreinte carbone.
  2.  Certifié innovator: l’entreprise a mis en place des actions de réduction de gaz à effet de serre et d’adaptation, évalue et mesure son empreinte carbone.
  3.  Certifié leader: l’entreprise a mis sur pied une stratégie intégrée sur les changements climatiques à tous les niveaux pertinents des activités et de la planification d’affaires.

Une mise à jour sera effectuée au même rythme que l’évolution des technologies, de la disponibilité de l’information et des changements législatifs. Voici quelques-uns des critères du programme:

  • éthique et responsabilité collective: considérer les options d’assurance pour se prémunir des dommages liés aux événements météorologiques extrêmes, travailler ensemble pour réduire les coûts;
  • clientèle: colliger de l’information sur les répercussions sociales du changement climatique (décision d’achat, comportement de voyage) pour adapter son produit, son service et son marketing, assurer le confort du visiteur, communiquer les risques liés à la santé et à la sécurité;
  • choix de fournisseurs responsables.

Investir dans la sauvegarde du patrimoine naturel

Dans la région de Devon, située au sud-ouest de l’Angleterre, l’offre touristique est composée de parcs nationaux, de sports extrêmes, de plages, de plaisirs gastronomiques, de villages et de villes rustiques. L’organisation de gestion de la destination, Visit Devon, engage autant les habitants et entreprises de la région que les touristes dans une démarche durable et collective pour la conservation de l’héritage naturel, la façon qu’elle a choisie pour combattre les impacts du réchauffement. L’objectif est que la région devienne la plus «verte» d’Angleterre.

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Source: Visit Devon

Le site destiné aux professionnels, Devon Tourism Advice, propose des ressources aux entrepreneurs actuels et futurs pour le développement durable. Plusieurs outils sont mis à leur disposition, notamment:

  • un réseau de «champions» formé d’entrepreneurs prêts à aider les autres dans leur processus de gestion responsable;
  • des suggestions pour partager la responsabilité de conservation avec les clients (projet Visitor Gifting). Par exemple, les entreprises peuvent collecter de l’argent lors d’événements spéciaux ou ajouter un supplément sur des produits locaux;
  • le guide Green Tourism Marketing Toolkit;
  • plusieurs certifications et récompenses régionales (p. ex.: Dartmoor first, Devon Environmental Business Initiative Awards) et nationales (p. ex.: Green Tourism Business Scheme) axées sur la durabilité (environnementale, sociale, économique et locale).

La promotion du site Climateprepared, un site Web qui aide les gestionnaires à agir maintenant face aux inondations, aux sécheresses, à l’érosion côtière et aux périodes de canicule. 

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 Source: Climateprepared

Miser sur l’excellence

La destination de ski Åre en Suède a participé au programme de recherche international Clim-ATIC de 2009 à 2011 pour s’adapter aujourd’hui au changement potentiel dans les habitudes de voyage dû aux changements climatiques. La destination vise à diversifier l’offre et répartir les risques d’affaires sur un plus grand éventail d’activités de même qu’à réduire sa dépendance à l’égard des combustibles fossiles, par le développement d’un réseau de transport écologique alternatif et l’économie énergétique. La destination de ski a opté pour une stratégie environnementale nourrie par des alliances entre les autorités locales et le secteur privé (110 entreprises). Elle compte assurer le leadership européen en matière d’adaptation et développer les sports (hiver et été) en misant sur l’excellence et la recherche.

Des solutions adaptées

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Source: Facebook. The North Face Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Après trois ans de mauvaises surprises météorologiques, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (France, Suisse et Italie) propose un format de course garanti pour 2013 en cas de mauvais temps. Les organisateurs ont prévu des parcours de rechange avec des caractéristiques semblables à ceux d’origine, ce qui assurera la sécurité des coureurs et des bénévoles.

Dans un autre ordre d’idées, certains se proclament anticaniculaires. Par exemple, France Montagnes, un organisme de promotion des sports de montagne, profite des vagues de chaleur pour attirer la clientèle dans ses «zones de fraîcheur».

Au Québec, les entreprises réagissent depuis longtemps à l’imprévisibilité des conditions météorologiques et communiquent de plus en plus efficacement avec leur clientèle. Le simple fait d’être proactives leur permet de mieux se préparer et de se prémunir contre des effets indésirables. À un autre niveau, un encadrement législatif et politique pour soutenir les entrepreneurs s’avèrent nécessaires pour l’élaboration de stratégies face aux effets des événements météorologiques en matière de ressources humaines, financières et matérielles de l’entreprise. 

Également, l’anticipation des changements de comportement de la clientèle assurera une plus grande résilience de l’industrie touristique et, par le fait même, un meilleur positionnement à long terme.

 

Cette analyse a été rédigée en collaboration avec Stéphanie Bleau.

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Segments de clientèles Tourisme durable

Les multiples visages de la consommation responsable

Si beaucoup de voyageurs se préoccupent de réduire leur impact négatif sur l’environnement, très peu sont prêts à renoncer complètement à leurs vacances. Au lieu de cela, ils recherchent des séjours plus responsables et exigent de la part des entreprises touristiques qu’elles prennent les devants en leur offrant des options durables et écologiques.

Des consommateurs durables aux profils variés

Selon une étude sur les attitudes, motivations et comportements des consommateurs en ce qui a trait à la consommation durable, réalisée par BBMG, GlobeScan et SustainAbility auprès de 6224 personnes réparties dans six marchés (Brésil, Chine, Allemagne, Inde, Royaume-Uni et États-Unis), il existe quatre segments de consommateurs durables (voir le graphique 1):

  • les malléables (37%)
  • les terre-à-terre (34%)
  • les indifférents (16%)
  • les défenseurs (14%)

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Les ardents défenseurs

Ce segment de clientèle plutôt urbain (52% d’entre eux vivent dans une grande ville) se fait un devoir d’acheter des produits socialement et écologiquement responsables, et il est prêt à payer un supplément pour de tels produits. Bien que ce groupe soit de petite taille, ses membres peuvent largement influencer les autres consommateurs en ayant recours aux médias sociaux pour partager leurs opinions:

  • 59% d’entre eux utilisent les médias sociaux régulièrement;
  • 25% se sont fait entendre sur une question environnementale;
  • 74% ont déjà encouragé les autres à effectuer des achats responsables.

Les malléables

Quoique matérialistes, ces consommateurs urbains aspirent à effectuer des achats durables: 82% d’entre eux se procureraient plus de produits durables pour une qualité comparable ou supérieure à celle de leur marque habituelle. Le style est important pour ces clients, qui sont plus susceptibles que tout autre groupe d’essayer de nouvelles choses.

Les terre-à-terre

Ils tardent à acheter des produits durables car ils sont découragés par les prix souvent plus élevés, et ils s’avèrent généralement sceptiques devant les revendications sociales et environnementales des entreprises. Pour ces terre-à-terre, les bénéfices sociaux et environnementaux sont perçus comme des «ajouts superflus»; ils ne sont tout simplement pas à la recherche d’options viables. Les récompenses ou les promotions peuvent être un moyen de les initier à de nouveaux produits ou services.

Les indifférents

Ce sont les moins urbains de tous les segments de consommateurs durables: 60% habitent en banlieue, dans une petite municipalité ou en zone rurale. Individualistes, les indifférents ressentent peu de responsabilité envers la société, et seulement un sur quatre se sent coupable de son propre impact sur l’environnement. Ils sont également sceptiques au sujet des revendications vertes des entreprises.

Des hôtels verts pour ardents défenseurs

Les produits conçus avec des matériaux durables, recyclés ou fabriqués de manière écologique s’avèrent particulièrement attrayants pour les défenseurs engagés parce qu’ils correspondent à leur système de valeurs. C’est le cas de l’hôtel-boutique de luxe Shore Hotel Santa Monica, en Californie, ouvert depuis octobre 2011 et qui a reçu la certification LEED Or. Le bâtiment a été conçu pour être aussi durable et respectueux de l’environnement que possible, avec sa structure en acier inoxydable et en grès local, son éclairage à DEL à faible consommation d’énergie et ses équipements de plomberie à faible débit, qui réduisent considérablement la consommation d’eau. Il se distingue aussi par sa conciergerie verte, une ressource unique et novatrice qui conseille la clientèle sur tout ce qui a trait au respect de l’environnement dans la région: activités, services, spas, transport, vie nocturne, etc. L’Écol’Hôtel K, qui verra le jour à Trois-Rivières, sera le premier hôtel-école canadien entièrement rénové selon les principes du développement durable, afin d’atteindre la certification LEED Or.

CN_Consommation_responsable_image_1Le Green Leaf Inn, quant à lui, se targue d’être le premier hôtel à consommation énergétique nette zéro en Amérique du Nord: il générera plus d’électricité qu’il n’en consommera, et ce, dès son ouverture à la fin de l’année. Cet hôtel de charme situé à Delavan, au Wisconsin, comprendra un système de traitement des eaux usées et de collecte des eaux pluviales, une éolienne ainsi que des panneaux solaires multiples. Des codes QR permettront aux clients d’en apprendre davantage sur les initiatives vertes de l’hôtel.
En plus de son engagement écologique à réduire sa consommation d’énergie et d’eau, à effectuer un tri sélectif des déchets, ainsi qu’à utiliser des produits d’entretien et de rénovation des chambres respectueux de l’environnement et de la santé, le Solar Hôtel, à Paris, tend vers un militantisme social qui pourrait très bien plaire aux touristes engagés:

  • engagement en faveur des jeunes en difficulté;
  • sensibilisation des jeunes étudiants en hôtellerie à la défense de l’environnement;
  • accueil de stagiaires handicapés;
  • accueil permanent et gratuit d’artistes.

Des hôtels emblématiques pour touristes malléables
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Des produits écologiques immédiatement reconnaissables par leur design et leur originalité peuvent plaire aux consommateurs malléables. C’est le cas de l’hôtel B3 de Bogota, qui ne passe pas inaperçu avec son mur végétalisé de huit étages, composé de plus de 25 000 plantes, dont 40% sont des espèces indigènes de Colombie. Ce jardin vertical, qui orne l’extérieur du bâtiment, contribue à l’isolation de l’hôtel et à la réduction de la pollution.

Le Tubohotel, constitué de 20 chambres faites de tuyaux en béton recyclés empilés pour former deux mini-pyramides, ou encore le complexe hôtelier Ariaú Amazon Towers, érigé au faîte des arbres de la forêt amazonienne, représentent deux autres beaux exemples d’hébergement durable emblématiques.

Des visites guidées hors des sentiers battus                                    
CN_Consommation_responsable_image_3Bien souvent, les voyageurs éthiques adoptent également un comportement socialement responsable, citoyen et tourné vers autrui. Ils souhaitent vivre des expériences touristiques qui leur confèrent l’impression de redonner à la communauté ou aux gens visités. Pour répondre à ce besoin, une véritable tendance touristique a vu le jour dans les grandes villes: les visites guidées avec un sans-abri À Londres, les Unseen Tours, mis sur pied par The Sock Mob, un réseau de bénévoles œuvrant auprès des sans-abri, propose quatre visites guidées différentes qui combinent l’histoire de la ville et des anecdotes sur la vie dans la rue. Les Secret City Tours, qui ont vu le jour en avril 2013, ont recruté leurs guides parmi les camelots de The Big Issue, un magazine vendu par les itinérants. Ces derniers ont ensuite été formés par les membres d’une troupe de théâtre locale. L’entreprise la plus récente, Hidden City Tours, a initié des démunis de Barcelone à l’art du guidage (lire aussi: Des visites guidées originales).

Les exemples sont multiples, les types de consommateurs également. En comprenant mieux leurs aspirations et leurs actions, les acteurs du tourisme peuvent repenser leurs produits pour en tenir compte, tout en imaginant un avenir plus responsable.

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Produits et activités Transport

Les véhicules électriques hors des sentiers battus!

La présence de moyens de transport électriques dans les destinations de plein air répond essentiellement à quatre objectifs intimement liés à certaines tendances observables en tourisme:

  1. Réduire ses émissions de gaz à effet de serre: les voyageurs accordent de plus en plus d’importance à la pratique d’activités écoresponsables lors de leur voyage (lire aussi: Le tourisme d’aventure sur la voie durable).
  2. Rendre son territoire accessible aux personnes à mobilité réduite: Kéroul souligne que le marché touristique des personnes à capacité physique restreinte représente 15% de la population du Québec et ira en augmentant dans les prochaines années, en raison du vieillissement de la population (lire aussi: Concevoir et organiser des visites adaptées aux clientèles en situation de handicap).
  3. Rendre accessibles les secteurs nécessitant une bonne condition physique ou interdits aux véhicules motorisés: on constate un intérêt grandissant des touristes pour le cyclotourisme (lire aussi: Cyclotourisme: l’offre s’organise!). Cependant, le dénivelé montagneux de certains secteurs peut constituer un obstacle pour les amateurs d’aventure douce.
  4. Développer des produits touristiques originaux, avant-gardistes et uniques: les modèles de véhicules électriques évoluant très rapidement, certaines destinations les achètent dans le but de diversifier leur offre et de se distinguer des concurrents. Ces produits innovants peuvent contribuer à générer du bouche à oreille sur la destination (lire aussi: Le marketing par le bouche à oreille: comment faire parler vos clients!).

Voici maintenant quelques exemples d’utilisation en milieu naturel de ces véhicules électriques par des entreprises touristiques.  

Le vélo à assistance électrique

Déjà bien présent dans certains milieux urbains, le vélo à assistance électrique (VAE) est de plus en plus populaire dans la nature. Doté d’une batterie électrique et d’un petit moteur, il permet à l’usager de choisir le niveau d’assistance désiré, selon ses besoins. Cet appareil a pour principal avantage de réduire les efforts liés à la pratique du vélo, en plus d’être silencieux et écologique ainsi que d’encourager la pratique d’activités de plein air.

Dans le massif du Mont-Blanc, quatre stations de montagne proposent des itinéraires thématiques en vélo électrique de randonnée (VER), que ce soit pour une visite culturelle ou pour la découverte des paysages et des villages montagneux de la région. Au moment de la location, un carnet de route est prêté aux randonneurs afin qu’ils aient un aperçu des itinéraires disponibles. De plus, les touristes peuvent télécharger l’application eRando, qui leur fournit du contenu informatif en lien avec les principaux centres d’intérêt situés le long du parcours. S’ils le désirent, les clients peuvent aussi se faire accompagner d’un guide.

Vélo Électrique de Randonnée dans le Val d'Arly

Source: Val d’Arly, Mont-Blanc, ©Office de Tourisme du Val d’Arly

Le Segway tout terrain!

Segway a développé le modèle X2, conçu pour le hors-route et les sentiers en forêt. Quelques destinations proposent aux touristes – qui doivent au préalable suivre une courte formation – des tours en forêt à bord de ces véhicules originaux et sans émission de CO2. À titre d’exemple, le Blue Mountain Resort, en Ontario, propose des excursions guidées jusqu’aux escarpements du Niagara. D’autres destinations nord-américaines offrent le même type de produit, comme le Camelbeach Waterpark, en Pennsylvanie, et la station de montagne Snowshoe, dans l’État de Virginie-Occidentale.

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Source: Snowshoe Resort, West Virginia, ©Philip Duncan

Dans le cadre de son programme de gestion environnementale, la Sépaq se tourne de plus en plus vers les véhicules électriques dans ses parcs. Par exemple, la station touristique Duchesnay, située dans la région de Québec, possède une douzaine de Segway XT et offre à sa clientèle une expérience guidée en nature.

Quad, safari et patrimoine?

Situé à Montebello, le Camp Explora propose aux couples et aux familles une expérience «safari mystère» à bord d’un quad électrique. Muni d’un iPad et accompagné de son copilote, le participant sillonne les sentiers boisés à la recherche d’une multitude d’indices permettant la résolution d’énigmes et la découverte des secrets du club disparu de Montebello! Cette activité durable et silencieuse favorise l’observation de la faune et de la flore du secteur, en plus d’encourager l’exploration du patrimoine local. Voilà une expérience innovante qui peut être pratiquée été comme hiver et permet aux visiteurs d’atteindre des secteurs difficilement accessibles par d’autres moyens de transport.

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Source: Camp Explora

Des véhicules adaptés aux personnes à mobilité réduite

Développé principalement pour les personnes à mobilité réduite, le quad VTT électrique permet de se balader en forêt de façon sécuritaire et durable. L’entreprise française Mobile Dream, qui fabrique ce véhicule, a conçu un siège réglable et adaptable à différentes morphologies, ainsi que deux ailes de transfert permettant aux personnes à mobilité réduite de facilement prendre place dans le véhicule depuis leur fauteuil roulant.

Dans la base d’activités nature d’AF Organisation, en France, de nombreux quads électriques sont disponibles en location. L’un d’entre eux est d’ailleurs équipé de poignées «tétra», spécifiquement conçues pour les personnes plus limitées physiquement. Des excursions guidées pour les enfants, la famille, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite sont offertes. Des parcours particuliers ont été créés pour les amateurs de sensations fortes, les adeptes de nature et de patrimoine, ou pour l’observation du lever du soleil.

Le Network Carradale, un centre touristique écossais, offre pour sa part la location de scooters électriques pour la visite de ses forêts, permettant ainsi aux personnes âgées ou à mobilité réduite d’accompagner leur famille dans de longues randonnées pédestres.

Pendant que les destinations cherchent de nouvelles façons d’intégrer ces véhicules électriques dans leur offre, les fabricants ne cessent d’innover. Quels seront les prochains bolides électriques qui se retrouveront dans les sentiers boisés du Québec?

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Produits et activités Tourisme durable

Verdir un festival par la sensibilisation

La perception de la clientèle

Un sondage à l’intention des festivaliers est depuis 2008 produit par Teresa Moore, de la Buckinghamshire New University, en partenariat avec l’organisme A Greener Festival. Ce questionnaire en ligne vise à connaître la perception de la clientèle quant à l’impact des festivals sur l’environnement. En 2012, l’échantillon était composé de 2 300 répondants en provenance de 32 pays – y compris du Canada –, le Royaume-Uni (40%) et la Slovaquie (27%) étant les mieux représentés. Les deux tiers des participants étaient âgés de 30 ans et moins.

L’opinion des festivaliers en matière d’environnement est résumée ci-dessous. Les résultats des années 2012 et 2008 sont quelquefois comparés afin de montrer l’évolution des réponses.  

  • 90% des répondants pensent que les festivals ont la responsabilité de minimiser leur empreinte écologique;
  • 80% estiment que la tâche revient également aux festivaliers (comparativement à 56% en 2008);
  • 43% affirment qu’ils ont changé leur comportement après avoir découvert de nouvelles initiatives ou idées proposées lors d’un événement;
  • Les éléments suivants sont perçus comme des conséquences néfastes de la tenue de festivals: déchets (87%), trafic (81%), bruit (77%), dommage au sol (66%) et émission de CO2 (56%);
  • 86% des répondants trient leurs matières résiduelles lorsque les installations le permettent (comparativement à 62% en 2008);
  • 28% considèrent les pratiques écologiques de l’événement avant d’y assister;
  • 87% iraient voir la prestation de leur groupe favori même si l’événement n’avait pas de politique verte.

Pour la plupart des festivaliers, les pratiques écologiques ne font pas partie des priorités dans le choix d’un événement. Toutefois, la clientèle est consciente que cette responsabilité lui incombe autant qu’aux promoteurs. L’équipe de direction d’un festival devrait considérer un certain nombre de facteurs avant d’entreprendre le virage vert.

Quels sont les ingrédients pour réussir sa stratégie environnementale?

Il est important de comprendre les responsabilités qui accompagnent la stratégie environnementale.

Les experts mentionnent plusieurs enjeux dans l’implantation d’une stratégie environnementale en tourisme: manque de fonds, de réglementation et d’information; intérêts multiples des parties prenantes; contexte politique; soutien de l’administration et capacité de l’organisation. En 2009, le festival Pride Toronto, l’une des plus grandes célébrations culturelles de la communauté gaie et lesbienne (LGBT), a entamé un processus d’analyse dans le but de devenir «carbone neutre» pour 2013.

L’organisation a ainsi formé un partenariat sur trois ans avec l’Icarus Foundation, organisme spécialisé en recherche et éducation environnementale et climatique en tourisme. Plus spécifiquement, elle souhaitait mesurer son impact, sensibiliser et éduquer les employés, les bénévoles ainsi que le public, et mettre en place les mesures adéquates. Un coordonnateur a été embauché au cours de cette période.

La stratégie environnementale (objectifs, mesures et indicateurs de performance) a été élaborée lors de la première année. Dès la deuxième, le festival a mis sur pied bon nombre d’initiatives telles que l’installation d’un kiosque d’information avec écran tactile destiné, entre autres, à évaluer l’intérêt du public sur le sujet et à l’informer sur les initiatives entreprises dans l’organisation. Malgré tout, le festival n’a pas réussi à atteindre l’ensemble des objectifs. Pourquoi?

Premièrement, l’implantation d’une série considérable d’actions (liées à la gestion des matières résiduelles, à l’énergie, à l’eau, aux fournisseurs, aux émissions de gaz à effet de serre, etc.) doit être en harmonie avec les valeurs organisationnelles. Plusieurs pressions externes (politiques et financières, par exemple) peuvent venir bouleverser les priorités des organisateurs. Pride Toronto est très impliqué socialement, et l’énergie du coordonnateur a été canalisée à cette fin. Il est conseillé aux organismes d’insérer leurs pratiques de durabilité dans leurs principes directeurs.    

Deuxièmement, ce type de projet devrait être mené par un décideur à l’intérieur de l’organisation. L’engagement et la motivation des employés ainsi que de l’administration sont privilégiés pour l’opérationnalisation d’un plan d’action. Finalement, la communication de ses bonnes pratiques concrétise la vision d’un festival et le travail accompli.  

Des initiatives de sensibilisation dans les festivals

35% du dioxyde de carbone (CO2) émis par l’industrie touristique dans l’atmosphère provient des déplacements terrestres.

Les festivals constituent un carrefour artistique et culturel d’excellence pour la sensibilisation d’une clientèle captive. L’organisation du carnaval de Rio de Janeiro a incité de façon originale les esprits festifs à échanger leurs canettes de bière vides contre un billet de métro gratuit dans le «tourniquet à bière». La fréquentation de ces derniers a été supérieure de 86% à celle des tourniquets classiques au cours d’une journée. En matière de bienfaits sociaux, les infractions liées à la conduite en état d’ébriété ont diminué de 43% ce jour-là (voir la vidéo).

Source: YouTube. The Beer Turnstile Antarctica AlmapBBDO

Des festivals à thématique écologique misent sur leur expertise pour éduquer la clientèle. À Vancouver, l’Epic Festival, prônant un mode de vie durable, offre des ateliers de jardinage pour les espaces restreints, tels que les balcons d’appartement.

Au Québec, plusieurs événements font appel à la brigade Écho’Scouade pour conscientiser les festivaliers et les commerçants aux comportements écoresponsables. L’organisation des Jeux du Canada 2013 (Sherbrooke) a mis sur pied l’équipe verte Cascades pour informer les participants et le public sur les mesures prises en matière de développement durable. Grâce à la collaboration du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie, cette équipe deviendra permanente et sera valorisée dans diverses manifestations.

Depuis 2010, la norme BNQ 9700-253 sur la gestion responsable d’événements aide les organisateurs à minimiser leur impact environnemental et à augmenter les retombées économiques et sociales. Cette certification propose des critères d’intégration progressive du développement durable. L’adhésion des parties prenantes (fournisseurs, employés, clients, commanditaires, etc.) à votre vision et la communication de vos actions facilitent le changement dans l’organisation. De plus, l’engagement de l’ensemble de vos relations et des festivaliers dans le processus pourrait produire des effets positifs insoupçonnés!

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme urbain durable.