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Ailleurs dans le monde Enjeux Marchés géographiques

Ces Américains qui ne nous aiment plus…

Quand on pense aux Américains qui nous délaissent, il nous vient rapidement en tête le prix de l’essence, le taux de change et le ralentissement économique. Mais la liste des facteurs qui minent la relation «touristique» entre le Canada et les États-Unis est beaucoup plus longue. En voici quelques-uns.

Quand la relation bat de l’aile

Dans un rapport commandé par Industrie Canada, le Conference Board of Canada trace un portrait bien sombre de la situation. Certains conjoncturels d’autres structurels, voici les principaux facteurs qui fragilisent le marché américain.

Taux de change – La valeur élevée du dollar canadien réduit de façon notable l’avantage concurrentiel du Canada comme destination touristique, principalement sur le marché des déplacements en automobile qui s’avère sensible aux fluctuations du taux de change.

Prix de l’essence – À court terme, l’escalade du prix de l’essence force certains Américains à voyager plus près de chez eux alors que d’autres délaissent l’automobile au profit de l’avion, ouvrant la porte aux destinations outre-mer. Si le prix du baril de pétrole continue d’augmenter, cela risque de perturber grandement la vitalité de l’industrie touristique en diminuant sensiblement le revenu disponible des ménages et, ainsi, le budget discrétionnaire alloué aux voyages. De plus, cette montée du cours du pétrole engendrera une hausse du prix des voyages.

Diminution de la demande globale – L’augmentation du coût de l’énergie, la dépréciation du marché de l’habitation et le ralentissement économique sont autant de facteurs qui nuisent à la confiance des consommateurs et qui peut leur enlever le goût de voyager, entraînant une baisse de la demande globale.

Sécurité aux frontières – Le resserrement de la sécurité et le temps d’attente aux postes frontaliers et dans les aéroports incitent plusieurs voyageurs à rester dans leur pays ou à modifier leur destination.

Initiative relative aux voyages dans l’hémisphère occidental – Cette initiative exige la possession d’un passeport pour toute personne entrant ou retournant aux États-Unis par voie aérienne (janvier 2007), terrestre (juin 2009) ou maritime (juin 2009). En plus de réduire les voyages des Américains au Canada, cette politique a forcé bon nombre d’entre eux à se procurer un passeport, ce qui leur facilite l’accès aux destinations de voyage outre-mer. L’Institut canadien de recherche sur le tourisme prévoit des pertes cumulatives de 3,2 milliards CAD entre 2005 et 2010.

Augmentation du prix des voyages – Le coût des voyages au Canada a grimpé plus rapidement qu’aux États-Unis et le taux de change exacerbe ces hausses. De 2000 à 2007, le coût moyen de la chambre d’hôtel a crû de 57% au Canada et de 60% au Québec, passant de 76,97 à 122,81 CAD. Aux États-Unis, cette augmentation n’a été que de 22%. De plus, le prix des vols reste moins élevé en sol américain qu’au Canada. Selon l’indice de compétitivité, les voyageurs américains paieront 12,3% de plus au troisième trimestre de 2008 comparativement à la même période l’an dernier pour un séjour de quatre nuitées au Canada (avion, hébergement, repas et autres frais), tandis qu’un voyage semblable chez eux coûtera 7,3% de plus.

Concurrence accrue – L’accès à plusieurs nouvelles destinations est facilité par l’augmentation des accords de ciel ouvert, du caractère lucratif des liaisons aériennes internationales, du développement touristique de nouvelles régions et du prix plus qu’abordable de leurs prestations. À titre comparatif, de 2002 à 2006 la capacité aérienne vers le Canada a augmenté de 1,6% alors que la hausse vers le Mexique a été de 32,7%, de 31,2% vers l’Europe de l’Est, de 113,2% vers le Moyen-Orient, de 35,6% vers l’Océanie et de 87,1% vers la Chine. Cette croissance du transport aérien devrait se maintenir à long terme. De plus, l’expansion des transporteurs à bas coûts a contribué à accroître le marché intérieur. C’est sans compter les investissements promotionnels importants des destinations concurrentes pour courtiser les Américains.

Changements démographiques – Les marchés potentiels s’éloignent. Au cours des 15 dernières années, on a constaté une augmentation de la population dans le sud et l’ouest des États-Unis et cette tendance devrait s’accentuer d’ici 2020. Ce développement ne favorise en rien le marché routier de courte distance. De plus, la croissance importante de la population multiethnique (hispanique, afro-américaine et asiatique), laquelle représentait 1 résidant sur 3 en 2006, oblige le Canada à mieux connaître ces groupes.

Changement des conditions du marché – Depuis que les conditions géopolitiques se sont stabilisées, la sécurité et la tranquillité qu’offrait le Canada ont perdu de leur attrait et les Américains se tournent vers les destinations outre-mer.

Modification des préférences liées aux voyages – Des changements sociologiques s’opèrent dans la société américaine. Les gens recherchent  davantage l’intensité et les émotions fortes. Ils ont développé le goût de la découverte et du risque. Ils souhaitent connaître d’autres horizons et d’autres styles de vie. Un nombre grandissant de voyageurs veulent vivre des expériences touristiques nouvelles, uniques, qui sortent des sentiers battus. Perçu comme un pays peu intéressant qui ne leur offre rien de nouveau, les Américains délaissent le Canada au profit d’autres destinations.

Diminution constante du temps libre – Peu de vacances, trop stressés pour en prendre, style de vie effréné qui complique la prise de vacances d’une durée de 1 ou 2 semaines… On assiste dès lors à une forte croissance des voyages de dernière minute et de courte durée (3 à 4 jours). Parmi les Américains, 35% ne prennent pas toutes leurs vacances et ce nombre monte en flèche depuis 2005. Les raisons? Ils trouvent trop difficile de s’absenter du travail ou ils préfèrent recevoir une compensation en argent.

Émergence d’Internet – Grands utilisateurs d’Internet pour planifier et réserver leurs vacances, les Américains ont accès à une abondance de renseignements et découvrent des destinations nouvelles auxquelles ils n’auraient pas pensé. Ce marché croît rapidement et les outils évoluent à une vitesse folle.

Pour 2008, on peut ajouter à cette liste de facteurs la tenue des élections aux États-Unis, puisque les Américains voyagent beaucoup moins pendant cette période.

Alors…

Il nous reste à nous retrousser les manches, à trouver des raisons convaincantes et irrésistibles de visiter notre pays, à ébaucher de nouvelles stratégies et à nous mobiliser pour reconquérir le cœur des Américains.

Tout un défi!

L’Association de l’industrie touristique du Canada (TIAC) a lancé un appel à l’action. Vous pouvez consulter leur RAPPORT SUR LA COMPÉTITIVITÉ DE L’INDUSTRIE TOURISTIQUE CANADIENNE.

Lire aussi:
Capsule – Les Canadiens sont-ils insensibles au prix de l’essence?

Sources:
– Conference Board of Canada – Canadian Tourism Research Institute. «Évaluation du rendement du Canada dans le marché américain des voyages à l’étranger», préparé pour Industrie Canada, février 2008.
– Conference Board of Canada. «Voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada – Perspectives sur la concurrence à court terme, 3e trimestre 2008», Commission canadienne du tourisme.
– Ministère du Tourisme. «Hausse du prix de l’essence – Quel en est l’effet sur l’activité touristique?»,
Bulletin Totalement Tourisme!, vol. 1, no 10, 29 mai 2008.

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Segments de clientèles Transport

Le marché de groupe revient par la grande porte

Les voyages de groupe ont su se réinventer et parviennent aujourd’hui à satisfaire presque toutes les catégories de touristes. Les horaires chargés, les circuits unidimensionnels et parfaitement structurés font place à l’originalité, aux privilèges, aux regroupements par affinités et aux déplacements par petits groupes. Voici un regard sur ce secteur en mutation et sur ce que l’on observe sur le marché québécois.

Le marché de groupe continue d’évoluer

Il est faux de penser que la société individuelle que nous sommes devenus n’est plus compatible avec les voyages de groupe. Le concept de groupe a toutefois évolué, passant du groupe imposé (où l’on ne choisit pas les autres) au groupe choisi (regroupant des membres de la famille, des amis, des gens avec les mêmes affinités). D’un point de vue sociologique, l’augmentation du nombre de célibataires, de veufs, de divorcés entraîne aussi des situations de solitude rendant propice le désir de se regrouper au moment des vacances.

Oubliez les circuits d’autobus remplis de retraités, de joueurs de bingo compulsifs et parcourant toujours les mêmes itinéraires traditionnels. Pour un grand nombre de gens, particulièrement les baby-boomers, les voyages de groupe traditionnels, de taille unique, ne conviennent plus. De tempérament plus actif, ils préfèrent se rassembler au sein de groupes de moindre taille (15 à 35 individus) et apprécient l’authenticité des visites de même que les possibilités d’interaction. Ce type de voyage organisé se caractérise par des requêtes très précises de la part d’une clientèle particulièrement exigeante qui a habituellement déjà voyagé de façon individuelle. Les départs, davantage sur mesure, sont souvent planifiés très longtemps d’avance (plus d’un an).

L’éclatement du Tour & Travel

La formule de groupe s’est transformée grandement et comble dorénavant plusieurs profils de clientèles. (Lire aussi: Le tourisme de groupe prend un air de jeunesse.) Les intervenants présents sur ce marché se sont adaptés en multipliant les thématiques de voyages et en offrant des circuits spécialisés. Des routes gastronomiques aux périples à vélo en passant par la virée des monastères, la tendance est aux voyages à thème où les gens découvrent un coin de pays, tout en partageant une même passion.

Ces nouvelles tribus qui voyagent

Depuis quelques années, on observe un renforcement des valeurs familiales. La frénésie et le stress du quotidien entraînent un important besoin de moments entre amis et en famille. Pour plusieurs, le concept de la «maison de famille» n’existe plus, ce qui favorise les rassemblements dans des endroits où tout est organisé.

Ces «tribus» ou clans familiaux, formés de 8 à 15 personnes, rassemblent souvent parents, enfants, petits-enfants, frères, sœurs et amis. En parallèle, l’organisation de séjours sur demande, en lien avec des événements familiaux tels que des anniversaires de mariage, gagne en popularité.

Tendances des groupes au Québec

Une étude réalisée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte de l’Association des propriétaires d’autobus du Québec (APAQ) permet d’obtenir certaines données plus spécifiques sur les tendances des groupes au Québec. Cette enquête a été réalisée à la bourse Bienvenue Québec auprès des acheteurs présents. Ces derniers ont généré au total 9011 groupes sur les routes du Québec en 2007. De ce nombre, près de la moitié proviennent d’entreprises dont le volume des départs à destination du Québec a nécessité plus de 300 autocars.

Types de clientèles de groupe

La composition des groupes peut prendre plusieurs formes (graphique 1). En 2007, les trois segments les plus souvent identifiés comme clientèle actuelle des grossistes présents à Bienvenue Québec étaient les groupes d’aînés, les groupes récréatifs et les groupes scolaires. L’année précédente, les groupes récréatifs, spécialisés et scolaires reflétaient davantage la composition de la clientèle des participants en affichant la plus grande représentativité.

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Les trois activités qui suscitent le plus d’intérêt de la part des acheteurs qui convoitent le marché du Québec sont les musées, les croisières et les sites culturels (graphique 2). Les parcs d’attractions et les sites religieux sont par ailleurs de plus en plus populaires depuis les deux dernières années. De façon inverse, les stations de ski et les casinos affichent une baisse depuis 2004. Fait à noter, les sites agrotouristiques et de produits du terroir ont été ajoutés dans les choix du questionnaire depuis 2006. L’intérêt porté à ces activités est significatif et atteint près de 60% depuis les deux dernières années.

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Par comparaison, les cinq thématiques de circuits les plus fréquemment offertes par les voyagistes membres de la National Tour Association aux États-Unis sont la culture, l’histoire, les parcs nationaux, les couleurs d’automne et les croisières.

Destinations prisées par les groupes

Les trois destinations les plus souvent proposées en 2007 dans les forfaits de groupes à destination du Québec sont Montréal, Québec et Charlevoix. Cette dernière affiche d’ailleurs une progression remarquable depuis 2004. L’Outaouais se positionne en quatrième avec une augmentation de 12% par rapport à 2006.

En ce qui concerne les nouvelles destinations québécoises considérées à l’avenir par les grossistes, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Gaspésie, Québec, Charlevoix et les Laurentides ont été les cinq régions les plus recherchées lors du rendez-vous Bienvenue Québec 2007 (graphique 3). Toutes les régions ont obtenu un meilleur résultat par rapport à 2006, excepté Laval. Depuis les trois dernières années, les acheteurs lorgnent de plus en plus vers l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, le Centre-du-Québec, Duplessis, Lanaudière, la Mauricie, la Montérégie, Montréal, le Nord-du-Québec/Baie-James et Québec. Précisons que cette information est présentée à titre indicatif, pour donner le pouls du secteur, et non à titre de mesure concrète.

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Opinion sur les meilleurs atouts du Québec

À la suite de l’événement Bienvenue Québec 2007, l’APAQ a sondé les grossistes pour savoir s’ils croyaient que le Québec devrait miser sur certains types de circuits dans le but de tirer avantage de son potentiel à l’égard de la demande internationale (tableau 1). Il en résulte que les circuits urbains axés sur Québec et Montréal ainsi que ceux qui misent sur l’interprétation, la découverte et l’apprentissage génèrent le plus d’intérêt. Par contre, ceux qui mettent en valeur les communautés traditionnelles et les produits de bien-être/santé sont moins attrayants aux yeux des acheteurs interrogés.

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Vendre un rêve

Pour les spécialistes des voyages de groupes, les règles du jeu ont bien changé. Le défi consiste maintenant à identifier les réseaux qui lient les consommateurs selon leurs affinités ou leur sentiment d’appartenance à un groupe. La segmentation de la clientèle potentielle se fait maintenant beaucoup moins selon l’âge, mais plutôt selon ses intérêts et ses motivations. Les boomers, qui demeurent le segment le plus porteur pour les voyages de groupe, savent ce qu’ils veulent, quand et pourquoi. Reste à leur proposer des expériences innovantes et personnalisées, afin de leur permettre de vivre un rêve, de réaliser une aspiration.

Lire aussi:
Le tourisme de groupe prend un air de jeunesse

Sources:
– Bauer, Ana. «Le tourisme de groupe n’est pas mort», Cahier Espaces, novembre 2007.
– Connolly, Daniel J. «Groups and Meeting: Market Opportunity Redefined», PhoCusWright, janvier 2007.
– Germain, Kate et Claude Péloquin. «Compilation des données recueillies à l’aide du questionnaire utilisé dans le cadre de l’événement Bienvenue Québec», Chaire de tourisme Transat, mars 2008.
– Lopez, Jean-Marc. Les sites culturels se professionnalisent pour conquérir les groupes», Cahier Espaces, novembre 2007.
– Ruel, Sylvie. «Les voyages de groupe, il y en a pour tous les goûts!», Touring, printemps 2008.
– Veneto, Joe. «Les nouveaux marchés du tourisme de groupe», Cahier Espaces, novembre 2007.

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Enjeux Tendances

Le monde en 2030

Le monde change et il change vite. Skierons-nous encore sur de la vraie neige? Cohabiterons-nous avec des robots? Vivrons-nous jusqu’à 125 ans? Restera-t-il du pétrole pour faire voler nos avions? Beaucoup plus de questions que de réponses donc et les hypothèses sur notre avenir sont aussi nombreuses que contradictoires. Difficile de s’y retrouver dans tout le discours des futurologues, mais amusons-nous à suivre quelques pistes de réflexion. Peut-être celles-ci auront-elles un effet inéluctable sur l’industrie touristique?

La population mondiale

Nous sommes près de 7 milliards de personnes en 2008 et nous serons plus de 8 milliards en 2030. Il faudra donner à manger et à boire à tout ce monde et combler ses besoins en énergie! Vivrons-nous une pénurie de ressources?

Cette croissance démographique proviendra de certaines régions du monde, dont l’Asie et l’Afrique. La déjà si populeuse Chine devrait être dépassée par l’Inde en 2030. En effet, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Inde sera le pays le plus peuplé du monde en 2030, soit cinq ans plus tôt que prévu lors des précédentes estimations. C’est la natalité nettement plus élevée dans le sous-continent qu’en Chine qui explique ce résultat.

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En plus de croître, la population change de profil. En 2006, environ une personne sur 13 avait plus de 65 ans. Cette proportion pourrait passer à une personne sur 8, soit 1 milliard de personnes en 2030. Et ces ratios sont beaucoup plus élevés dans les pays développés. Une forte immigration des pays moins développés vers les plus riches, l’aide robotisée ainsi que la technologie s’occuperont de cette cohorte vieillissante. Qui se prépare à recevoir une clientèle touristique du 3e et même du 4e âge?

Le réchauffement de la planète

Selon un rapport produit par le Benfield-UCL Hazard Research Center, intitulé Holiday 2030, la température globale devrait augmenter de un à deux degré d’ici 2030. Ce changement pourrait avoir des répercussions importantes sur les destinations touristiques. Certaines destinations soleil souffriront d’une chaleur trop extrême; l’Espagne en été par exemple. La hausse du niveau de l’eau contribuera à l’érosion des côtes. L’augmentation des risques d’ouragan, la dégradation des récifs coralliens sont quelques autres conséquences possibles.

Les destinations hivernales seront également touchées. Un récent slogan de la station Aspen au Colorado qui dit «La neige est une espèce en danger» annoncerait-il donc un réel déclin des sports d’hiver? Selon une étude prospective de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de stations de ski européennes devrait fondre. Au Québec aussi, la saison de ski sera plus courte et reposera de plus en plus sur l’enneigement artificiel (difficile à croire en date d’aujourd’hui!). Mais, dans un contexte d’économie des ressources, les canons à neige gourmands en eau et en énergie auront-ils libre jeu? Et quel sera le prix d’un billet de remontée?

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Lire aussi: Si le climat vous intéresse!

Les enjeux liés aux transports

Nous approchons du moment où le pétrole sera trop dispendieux pour une consommation massive comme maintenant. D’autant plus que, avec une hausse de la population et de la classe moyenne, les besoins énergétiques doubleront dans les 25 prochaines années, malgré une préoccupation grandissante pour l’environnement.

L’époque où la technologie automobile était au service de la vitesse et de la performance achève. Les efforts sont mis à développer des modes de propulsion innovants et bien moins polluants. L’hydrogène ou l’électricité? Les véhicules hybrides se répandent, mais la technologie a encore du chemin à parcourir en matière d’autonomie. En utilisant uniquement sa batterie électrique, la Prius de Toyota ne peut rouler que sur une distance de 2 kilomètres.

On comptait 24 millions de passagers aériens en 1950 et 2,1 milliards en 2006. L’Association internationale du transport aérien (IATA) en prédit 2,75 milliards en 2011… alors combien en 2030? Voici quelques réflexions sur les impacts de cette situation:

  • Le pétrole de plus en plus cher amène les recherches actuelles à réfléchir à des avions qui consommeraient moins et transporteraient encore plus d’individus. Airbus s’est engagé à réduire de 50 % les émissions de dioxyde de carbone de ses avions d’ici à 2020. On parle aussi «d’ailes volantes», c’est-à-dire des machines très plates et triangulaires qui accueilleraient des passagers dans leurs ailes. On fait également des essais pour remettre les dirigeables en service. Près de 80 ans après leur disparition, ils volent à nouveau en 3D sur les écrans d’ordinateur. Ils consommeraient quatre fois moins que les avions et sont envisagés dans le domaine du fret. Leur taille gigantesque demeure un handicap; il faut toujours un mètre cube d’hélium par kilo de charge.
  • Pour que l’essor se poursuive, il faudrait multiplier les aéroports et ce, dans un contexte où les enjeux environnementaux s’accentuent.
  • Comment éviter un encombrement du ciel? En poursuivant le passage des actuelles routes aériennes (marquées au sol par des phares électromagnétiques) vers des routes totalement virtuelles où les avions utilisent les satellites GPS.
  • La question du contrôle aérien demeure. Le système actuel est «humain», donc limité par le nombre d’avions qu’un contrôleur peut diriger à un moment donné. Le monde de l’aviation espère toujours créer des avions totalement indépendants, qui auraient à leur bord les instruments nécessaires pour leur permettre d’éviter les collisions.

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L’avenir du tourisme de masse

Selon une étude du Groupe Cendant, le simple forfait avion-plage ne sera plus au goût du jour en 2020. Les individus préféreront les voyages excitants, ludiques, riches en expériences et en découvertes culturelles. L’industrie touristique devra relever le défi de conjuguer tourisme de masse et authenticité. Il y a cependant un décalage entre les attentes des voyageurs des pays émergents et celles des pays qui ont de l’expérience en matière de voyage. Les exigences des Chinois et des Indiens, par exemple, sont celles d’un Européen des années 1970 ou d’un Japonais d’il y a 10 ans.

La famille nouvelle

Les trente dernières années ont vu la famille se métamorphoser drastiquement. Les tendances actuelles – les différents modes de cohabitation, un nombre élevé de divorces, des naissances hors mariage et des parents célibataires – seront encore plus prononcées en 2020. Les chercheurs s’entendent pour dire que nous pourrons très difficilement parler de «familles typiques» et que ce concept fera place à des familles de tous types et de toutes tailles. De plus, avec la combinaison des dettes étudiantes et de l’augmentation du coût des propriétés, les enfants resteront avec leurs parents plus longtemps!

L’offre touristique devra donc être créative et flexible pour répondre aux intérêts de toute la famille, des grands-parents aux petits-enfants. Chacun aura ses intérêts particuliers, mais ils devront aussi pouvoir se retrouver tous ensemble.

Cependant, tous ne vivront pas en famille, aussi éclatée soit-elle, et la société de demain comptera encore plus de célibataires et de personnes seules. Il faudra leur permettre de se joindre à des groupes qui ont les mêmes centres d’intérêt qu’eux.

Et ce n’est pas tout!

La société comporte combien d’autres facettes qui seront différentes demain. Pensons à la révolution médicale, déjà bien entamée, qui devrait prolonger notre espérance de vie et nous permettre encore plus simplement de subir des retouches esthétiques. Imaginons un monde ou l’Internet sans fil est omniprésent et permet des formules de travail ultra-flexibles, mais aussi une surveillance technologique et un partage de l’information personnelle à grande échelle. Réfléchissons à la présence de robots dans tous les aspects de notre vie quotidienne; cette vision futuriste est certes à nos portes. Spéculons sur l’avenir des grandes villes, toujours plus audacieuses… Mais, surtout, soyons à l’affût de ce qui nous attend, préparons-nous et essayons de préserver ce monde aux mille facettes, qui offre tant à découvrir.

Sources:

– Dugain, Marc. «Le futur, enfin! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, 2007.
– Ihaddadène, Luc. «Vous pensiez aller au ski en 2050? – Vivre en 2020», Le Monde hors série, mars 2007.
– Lauer, Stéphane. «Auto: Adieu la frime – Vivre en 2020», Le Monde hors série, octobre 2006.
– Garot, Jean-Marc. Entrevue «La Planète en overbooking – Vivre en 2020», Le Monde hors série, novembre 2005.
– Hopquin, Benoit. «Revoilà le dirigeable! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, avril 2007.
– Agence France-Presse. «Le tourisme a encore de beaux jours devant lui jusqu’en 2030», Journal de Montréal, 1er décembre 2007.
– Robertet, Éric. Entrevue «Tourisme – En 2020, « bronzer idiot » ne suffira plus», [LCI.fr], 31 mars 2008.
– Hammond, Ray. «The World in 2030», Plastics Europe, novembre 2007.
– Guardian Special. «The World in 2020», [www.guardian.co.uk], 2004.
– McGuire, Bill, Benfield-UCL Hazard Research Centre. Holiday 2030, Halifax Travel Insurance, 2006.

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Technologies Transport

C’est beau la techno!

Le géant Google et Gilbarco Veeder-Root (entreprise manufacturière de pompes à essence) s’associent et planifient l’intégration du service de cartographie sur 3500 pompes à essence aux États-Unis. L’écran pourra afficher le parcours vers la destination demandée par l’automobiliste, les attraits locaux, les hôtels, les restaurants et les hôpitaux. Il sera même possible d’imprimer les itinéraires.

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Apparemment sans publicité, le papier d’impression comportera tout de même des bons de réduction. Si les commerces environnants doivent payer pour y être inclus, la recherche peut s’avérer biaisée. Cela dit, c’est brillant non?

Source:
– Ricker, Thomas. «Google Gas Pumps: The Savior of Lost Men», [www.engaget.com], 7 novembre 2007.

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Enjeux Tourisme durable

Vers un bilan «carbone neutre» – Le voyage prend le virage écologique

Devant les préoccupations grandissantes que suscitent les changements climatiques, les gens d’affaires, les vedettes du rock et, de plus en plus, les voyageurs ordinaires cherchent à respecter un bilan «carbone neutre» lorsqu’ils voyagent, en contrebalançant leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette tendance constitue un pas important vers l’amélioration de la performance environnementale du voyage.

Le tourisme contribue aux changements climatiques attribuables à l’activité humaine en entraînant la consommation de ressources naturelles non renouvelables, tant durant les déplacements que pendant le séjour à la destination de voyage. Le transport est responsable d’environ 80% des répercussions totales qu’a un touriste moyen sur l’environnement, le reste étant attribué à la consommation de différents biens et services, comme l’hébergement, la restauration, les loisirs et les activités. Toutefois, le tourisme étant une industrie intersectorielle et non traditionnelle, il n’existe pas de données statistiques globales sur le profil exact de consommation des ressources qui y est associé.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat estime que, à l’échelle internationale, le secteur du transport contribue aux émissions de dioxyde de carbone dans une proportion d’environ 13%, le transport aérien de passagers comptant pour 2-3%. La part des émissions provenant du transport terrestre et maritime lié au tourisme n’est, de façon générale, pas connue. On s’attend en outre à ce que le tourisme et le transport de passagers par avion augmentent de 4% et de 5% par année, respectivement, d’ici 2015. La croissance de l’industrie du voyage demeure donc l’un des points chauds du tourisme durable.

Dans l’industrie de l’aviation, on continue d’investir considérabement dans le but de rendre le secteur plus écologique et de réduire sa contribution aux changements climatiques. L’éco-efficacité du reste de l’industrie touristique continue également de s’améliorer, mais les jalons restent à poser dans l’ensemble du secteur. Par exemple, l’efficacité du carburant pour avion s’est améliorée de 5% en 2004 et 2005 seulement et un Airbus A380 ou un Boeing B787 peuvent transporter 100 passagers avec 3 litres de carburant par kilomètre, ce qui est tout à fait comparable au transport automobile, avec la plupart des modèles de voitures. À l’heure actuelle, cependant, le transport aérien sous aucune de ses formes ne peut être considéré comme durable, parce qu’il brûle des combustibles fossiles non renouvelables. En outre, les avions émettent de nombreux gaz nocifs, dont les effets sont 4 fois pires à 30 000 pieds dans les airs qu’au niveau du sol.

Par conséquent, c’est par leurs choix en matière de consommation que les voyageurs pourront devenir plus écologiquement responsables. Malgré une tendance vers un consumérisme plus écologique, des recherches récentes indiquent que la plupart des touristes ne sont pas complètement conscients des conséquences qu’ont leurs choix individuels sur l’environnement ni de leur contribution aux changements climatiques. Malgré l’augmentation des surtaxes imposées sur le transport aérien, le coût réel du voyage n’est pas un reflet fidèle des coûts pour l’environnement.

Options pour atténuer les répercussions du voyage sur l’environnement

Il existe deux options permettant d’améliorer la durabilité écologique du voyage: l’une est de réduire directement les émissions, l’autre, de compenser pour la pollution produite. Parfois, selon l’endroit qu’il visite, le voyageur peut choisir des formes de transport moins polluantes et des produits et services touristiques plus «responsables». Mais, comme voyager moins ne serait pas avantageux sur le plan du développement économique, l’option 2 devient une nécessité.

Le voyage à bilan «carbone* neutre» consiste en l’achat volontaire de crédits de carbone dans le cadre de projets de compensation, qui contrebalancent les émissions polluantes engendrées. Le coût et le choix de ces projets dépendent de la source à laquelle le voyageur achète ces crédits (tableau 1). La plupart des compagnies offrent toute une gamme d’options d’investissement dans la technologie à faible consommation d’énergie ou dans l’achat de certificats d’énergie renouvelable dans les domaines de l’énergie éolienne, solaire, de biomasse et géothermique. La contribution à des projets de stockage du dioxyde de carbone par la plantation d’arbres est une autre option fréquemment offerte.

La compensation volontaire des émissions de gaz à effet de serre est une tendance de plus en plus populaire, étant passée, à l’échelle internationale, de 1 million de tonnes de dioxyde de carbone en 2001 à 9,5 millions de tonnes en 2004. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de statistiques facilement consultables sur la taille du marché de la réduction volontaire des émissions de dioxyde de carbone et encore moins pour le secteur du tourisme. Le protocole de Kyoto souligne des stratégies obligatoires et volontaires de compensation des émissions polluantes. L’industrie du tourisme, y compris le secteur de l’aviation, n’est pas (encore) réglementée et n’est donc actuellement soumise à aucune obligation de se pencher sur la question des changements climatiques. La compagnie British Airways a lancé, en 2005, son propre programme de compensation volontaire et encourage ses clients à contribuer à des projets d’énergie renouvelable. En réalité, le voyage à bilan «carbone neutre» est un moyen de soulager le sentiment de culpabilité que nous ressentons vis-à-vis du voyage et de la consommation. Certaines personnes s’opposent à la compensation des émissions de gaz à effet de serre, parce qu’elles y voient une façon de se donner le droit de polluer.

Tableau 1 : Estimation des émissions et coût des certificats de compensation
correspondants offerts par cinq compagnies pour un voyage aller-retour
en avion entre Montréal et Orlando.

** d’après les calculs des émissions donnés sur les sites Internet des compagnies
respectives pour un voyage de 3500 km. Le coût moyen actuel équivalant à une tonne de C02
sur le marché de la réduction volontaire des émissions est de 1,25$ au tarif d’entreprises.

Certains programmes de compensation sont controversés, la plupart comportant en effet des désavantages inhérents. Par exemple, l’utilisation de biodiésel provenant de produits de l’agriculture comme le sucre ou le maïs soulève des préoccupations en raison du recours au génie génétique. On s’interroge également sur les avantages réels de certains projets menés dans les pays en voie de développement, comme la plantation d’arbres en monoculture avec l’objectif de stocker du carbone. Cette pratique entraîne, entre autres problèmes, une perte de biodiversité et son efficacité est discutable. Dans le district néo-zélandais de Kaikora, le conseil municipal offre aux touristes, au cours de leur séjour, la possibilité de planter un arbre qui porte un numéro et peut ainsi être retrouvé lors de visites ultérieures.

Globalement, le principe de compensation des émissions a été critiqué sur les plans des coûts, des mesures et des certificats et parce qu’il n’incite pas les consommateurs à remplacer les combustibles fossiles qu’ils utilisent par des formes d’énergie renouvelable. La compensation ne permet pas la régulation des activités polluantes, mais doit néanmoins être encouragée comme mesure provisoire. Sans aucun doute, la viabilité et la rentabilité du recours à d’autres formes d’énergie, provenant de sources renouvelables, augmentent en même temps que la technologie progresse.

En attendant de pouvoir faire mieux, les voyageurs peuvent choisir de voyager de façon plus responsable en investissant dans des projets de compensation, et plus particulièrement dans la technologie, qui nous assureront un futur plus vert. D’une façon ou d’une autre, le développement durable implique le principe du «pollueur-payeur» et les voyageurs doivent améliorer leur performance environnementale. Comme on peut le voir au tableau 1, les coûts de ces projets ne sont pas exorbitants. Mais, avant d’en arriver à décider de voyager de façon plus écologiquement responsable, les voyageurs doivent d’abord être informés des répercussions que peut avoir leur contribution à l’effet de serre et des avantages de la compensation des émissions polluantes.

* Par «carbone», on entend le dioxyde de carbone à l’état gazeux. Les projets de compensation des émissions de dioxyde de carbone comprennent parfois la compensation des émissions d’autres gaz à effet de serre.  

Sources:

– Baral, A. et G.S. Guha. «Trees for Carbon Sequestration or Fossil Fuel Substitution: the Issue of Cost Vs Benefit», Biomass and Bioenergy, vol. 27, 2004, p. 41-55. 
– Becken, S. et B. Lane.  «Air Travel and the Environment. An Interview with Hugh Somerville», Journal of Sustainable Tourism, vol. 14, no 2, 2006, p. 216-219.
– Becken, S., D.G. Simmons et C. Frampton. «Energy Use Associated with Different Travel Choices», Tourism Management, vol. 24, 2006. p. 267-277.
– Department for Environment, Food and Rural Affairs. «News Release: Carbon Offset Scheme Launched», 12 septembre 2005, 2 p.
– Gössling, S., M. Bredberg, A. Randow, Sandström et S. Svensson. «Tourist Perceptions of Climate Change: A Study of International Tourist in Zanzibar», Current Issues in Tourism, vol. 9, nos 4-5, 2006, p. 419-435.
– Intergovernmental Panel on Climate Change. «Special Report: Aviation and the Global Atmosphere. Summary for Policy Makers», 1999, 23 p. 
– Lynes, J. K. et D. Dredge. «Going Green: Motivation for Environmental Commitment in the Airline Industry. A Case Study of Scandinavian Airlines», Journal of Sustainable Tourism, vol. 14, no 2, 2006, p. 116-138.
– Van Kooten, G.C., A.J. Eagle, J. Manley et T. Smolak. «How Costly Are Carbon Offsets?
A Meta-analysis of Carbon Forest Sinks», Environmental Science and Policy, vol. 7, 2004, p. 239-251.
– Various authors. «New Internationlist», no 391, juillet 2006

Sur le Web:

– Atmosfair
Climate Care 
Intergovernmental Panel on Climate Change
International Air Transport Association Website
My Climate Via Sustainable Tourism International
Native Energy
– Carbon Neutral Company

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Gestion Produits et activités

Et si les croisières voguaient vers le «low cost»?

En 2003, l’entreprise easyGroup, dont fait partie le transporteur aérien à rabais easyJet, signifiait son intention d’étendre son modèle d’affaires au secteur des croisières. Ce nouveau concept d’hôtel flottant à bas prix, easyCruise, ne fait cependant pas l’unanimité et plusieurs professionnels du voyage n’y croient pas. Est-ce que le concept «low cost» peut être appliqué avec succès dans l’industrie des croisières? Cette avenue représente-t-elle une occasion d’affaires pour le Québec?

Un parallèle avec le transport aérien

L’idée de proposer des croisières à tarifs réduits a suscité beaucoup de réactions au sein de l’industrie touristique. Lorsque les transporteurs aériens à rabais ont fait leur apparition, plusieurs demeuraient sceptiques quant à leur capacité à concurrencer directement les transporteurs réguliers. Aujourd’hui, le paysage aérien se trouve fondamentalement modifié en raison des succès retentissants qu’ont connus les compagnies low cost.

Il est intéressant de tracer un parallèle entre l’initiative d’easyCruise et le nouveau paysage du transport aérien. Dans les deux cas, on souhaite offrir le choix au consommateur qui désire acheter une prestation dépourvue d’extras, et ce, au plus bas prix possible. Pour une majorité de touristes, l’achat d’un billet d’avion représente une étape nécessaire (mais coûteuse) pour atteindre une destination. Les vols no frills en ont séduit plusieurs, incluant de plus en plus de voyageurs d’affaires. La philosophie d’easyCruise s’inscrit dans la même veine.

Concurrence aux croisières, pas si sûr!

L’initiateur du projet et fondateur d’easyJet, Stelios Haji-Ioannou, souhaite adopter la stratégie du prix le plus bas possible pour une croisière, un secteur à forte marge bénéficiaire. Sur le navire d’easyCruise, les cabines ne coûteront que 50 $US en moyenne par personne, mais le service offert sera minimaliste. Les clients devront payer repas et boissons et tous les autres à-côtés non essentiels. Même le ménage de la cabine sera en option.

En fait, c’est tout le côté glamour de la croisière qui est laissé de côté pour en réduire les coûts. Donc, pas de spectacles exclusifs, de soupers romantiques ou autres divertissements extravagants. Le temps de navigation sera réduit au maximum pour accroître le temps libre lors des escales.

On parle ici d’un produit complètement différent de la croisière traditionnelle, dont le prix comprend habituellement la portion aérienne vers le port d’embarquement. Le concept d’easyCruise se rapproche davantage du transport maritime que de la croisière tout inclus. Par ailleurs, la croisière traditionnelle est considérée comme un produit complexe, qui peut nécessiter un ratio d’un membre d’équipage par passager. Dans le cas d’easyCruise, ce rapport sera de 40 membres d’équipage pour 400 passagers.

Les croisiéristes ne perçoivent pas les croisières low cost comme une menace, mais comme une possibilité parmi d’autres types de vacances (le circuit automobile par exemple). Selon certains analystes, l’emploi du terme même relève de la stratégie marketing pour vendre un service de transport qui n’a rien à voir avec une croisière.

Pour la clientèle qui cherche un produit de luxe offrant une panoplie de divertissements, des buffets à volonté et un service remarquable, la croisière à tarif réduit ne constitue pas une option. Par contre, pour les gens qui souhaitent découvrir, à moindre coût, une région du globe à bord d’un hôtel flottant, il s’agit d’une avenue des plus intéressantes. L’entreprise vise particulièrement le segment des 20-40 ans. Internet constituera le canal de distribution privilégié par easyGroup.

Les itinéraires d’easyCruise ne sont pas encore fixés, mais on sait déjà que le bateau sillonnera le bassin méditerranéen pour s’arrêter notamment en France, en Espagne et en Italie. Actuellement en restauration, le navire sera opérationnel en 2005 et les réservations débuteront d’ici la fin de 2004.

Un créneau porteur

Les passagers devraient dépenser davantage lors des escales, d’où l’intérêt pour les destinations d’accueillir ces croisières. Il est plus facile d’attirer les passagers au restaurant quand le prix du transport en bateau n’inclut pas de fastes buffets. Les vacances se dérouleront davantage sur terre que sur l’eau. D’autant plus qu’économiser sur le transport est maintenant perçu comme «intelligent» et de moins en moins «m’as-tu-vu?».

Un tel concept de transport maritime sera peut-être compatible avec la tendance à la personnalisation des voyages. Les touristes préférant développer leur propre itinéraire lors des escales jugeront sans doute le produit intéressant, parce qu’il permet davantage de flexibilité. À l’opposé des croisières tout inclus, cette formule permet une plus grande latitude. Comme pour les autres types de croisières, on peut s’attendre à ce que les destinations en mesure d’offrir plusieurs attraits et activités soient privilégiées.

Une occasion d’affaires pour le Québec?

Le voyageur expérimenté réclamera de plus en plus de nouvelles destinations. Un circuit d’une semaine ou plus sur le Saint-Laurent vers l’intérieur du Québec pourrait s’avérer porteur auprès des marchés américains et européens. Si le projet d’easyGroup rencontre le succès, il y a fort à parier que d’autres voudront l’imiter et que les parcours se multiplieront.

Certaines entreprises québécoises offrent actuellement un service de transport maritime. Il y a Les Dauphins du Saint-Laurent qui, avec une navette quotidienne Montréal-Québec en quatre heures, concurrencent en quelque sorte le train et l’autobus. Quant aux parcours de plusieurs nuitées, le Relais Nordik et le Groupe CTMA combinent circuits touristiques et transport de passagers. Évidemment, il s’agit ici de produits différents du concept de croisière low cost. Pour un voyage entre Rimouski et Blanc-Sablon sur le N/M Nordik Express, un forfait de 6 nuits dans une cabine avec toilette et douche privées, incluant les repas, coûte environ 1200$.

Il existe une demande pour les croisières en eau froide à destination du Canada atlantique. L’offre sur ce marché est actuellement très limitée, particulièrement dans une optique de transport maritime à bas prix. Avec un fleuve navigable à l’année, le Québec peut très bien se positionner comme destination de croisière quatre saisons.

Dans l’éventualité d’un tel scénario de transport maritime, plusieurs escales constitueraient des visites d’intérêt. On n’a qu’à penser à la Basse-Côte-Nord (dont Harrington Harbour), à l’île d’Anticosti, aux îles de la Madeleine, au parc Forillon, au parc marin du SaguenaySaint-Laurent, sans oublier Montréal et Québec. Sans compter que pour les destinations éloignées où l’infrastructure touristique demeure parfois limitée, la venue d’un hôtel flottant représente une avenue intéressante.

Le Québec comme circuit de transport maritime à bas prix, pourquoi pas?

Sources:
– Port de Québec. Le vent du large nous amène une spectaculaire saison des croisières 2004, le 21 mai 2004.
– TourMag. Easycruise? Les professionnels n’y croient pas!, 13 mars 2004.
– Desvignes, Claudine. «La croisière se démocratise, l’exemple de Costa Croisières», Cahier Espaces, vol. 79, novembre 2003.

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Tendances

Les grandes tendances qui révolutionneront l’industrie touristique à l’aube du 3e millénaire

Dans le texte «Boule de cristal, que nous prédis-tu?», notre analyste s’est avancée à imaginer l’avenir de l’industrie touristique. Un de nos experts s’est également prêté au jeu : M. MICHAEL NOWLIS, consultant et directeur de Tourism Control Intelligence (France et États-Unis), nous fait part de ses prévisions pour la prochaine décennie.

Tendances globales

  • L’industrie des croisières connaîtra une croissance phénoménale.
  • Une population plus âgée et plus éduquée en Europe et en Amérique du Nord recherchera des produits écotouristiques et culturels.
  • Les concepts italiens de «slow food» et de «slow cities» s’étendront à toute l’Europe.
  • Les principaux pôles touristiques dans la prochaine décennie seront Londres, New York, Sydney and Dubaï.
  • Le prix d’accès aux attractions touristiques sera plus élevé pour les non-résidents que pour la population locale (Venise, Petra, Bath, etc.).
  • Les comptes satellite du tourisme (TSA – Tourism Satellite Accounting) seront adoptés par plusieurs pays développés mais ignorés par les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie et par la plupart des pays de l’Europe de l’Ouest.
  • Des espaces de prière et des boussoles seront installés dans la plupart des avions desservant la population islamique.
  • L’Antarctique deviendra une destination écotouristique et offrira tous les services – hébergement, restauration et tours organisés.
  • Le «magasinage», du méga centre commercial à la petite boutique d’artisanat, deviendra une activité incontournable pour les destinations touristiques.
  • Les randonnées dans l’espace deviendront une activité récréative pour la clientèle très aisée.
  • Alors qu’il est difficile de croire qu’ils puissent devenir plus «gros», les grands centres d’attraction (Las Vegas, Orlando, Sun City, etc.) prendront encore plus d’ampleur!
  • Les bateaux de croisière se transformeront en station de villégiature et les gens pourront y acheter des condominiums.
  • Malgré les efforts internationaux pour les contrer, les destinations réputées pour le sexe et la drogue continueront d’être florissantes.
  • Les compagnies aériennes, les agents de voyages et les voyagistes s’allieront avec les institutions financières pour offrir au consommateur des prêts-voyages.
  • Les touristes des pays occidentaux bouderont des destinations attrayantes en raison des pratiques douteuses de leur gouvernement (Zimbabwe, Libye, Iran, Corée du Nord, etc.).
  • MGM Mirage gagnera la bataille contre les Hilton, Harrah’s et Bally’s pour se hisser au sommet de l’industrie des casinos.
  • Les économies de Cuba, de l’Égypte, de l’Espagne et de la Thaïlande deviendront fortement dépendantes du tourisme.
  • Les touristes s’intéressant aux «Rave» voyageront de plus en plus loin à la recherche du «perfect party» (BringItOn! Travel, Like Hiptrips, Experienceibiza, etc.).
  • D’énormes projets d’infrastructures faciliteront l’accès d’une destination aux automobilistes (voie pour les automobiles dans le Channel Tunnel reliant la France à l’Angleterre, la chaussée Bahrain-Qatar, etc.).
  • Autour de 2018, la Chine deviendra la première destination à recevoir 100 millions de touristes internationaux dans une année. La France atteindra ce chiffre dans les deux ou trois années suivantes.

Produits et services

  • Les centres d’affaires dans les hôtels seront moins nécessaires car les équipements des chambres seront adaptés aux besoins des voyageurs d’affaires – grand bureau de travail, ordinateur et technologie de communication avancée.
  • La croissance des réseaux de train à grande vitesse en Europe éliminera les vols de courte distance.
  • Dans le but d’attirer le voyageur d’affaires décontracté, les salles de réunion et de restauration dans les hôtels prendront des airs moins formels.
  • Les hôtels «boutique» rafleront des parts de marché aux chaînes hôtelières de luxe telles que Four Seasons, Ritz Carlton et Fairmont.
  • Les grands aéroports servant de plaques tournantes (hubs) installeront des hotels-capsules dans les terminaux.
  • Les hôtels et restaurants adapteront leurs installations pour la clientèle plus âgée – marches d’escaliers moins hautes, rampes, portes plus larges.
  • Les guides de voyages se spécialiseront et seront plus fréquemment consultés – principalement sur le Web.
  • La distinction entre les hôtels d’affaires et de loisirs s’atténuera. Le voyageur d’affaires recherche les spas, les centres de conditionnement physique et des activités de divertissement tandis que le client «loisirs» désire avoir accès aux technologies de communication avancées.
  • Plutôt que de laisser le client rechercher un produit qu’il pourra associer à une certaine garantie de satisfaction, l’entreprise lui donnera l’assurance de la «Garantie de satisfaction à 100%».
  • La croissance de livraison du repas à domicile va surpasser tout autre type de services de restauration.
  • Le vieillissement de la population et l’engouement pour un mode de vie plus sain suscitera un intérêt pour les spas et centres de santé intégrés en Europe et pour les «health-tels» en Amérique du Nord et en Asie.
  • On assistera à une vague de construction d’hôtels et de centres de congrès économiques pour répondre aux besoins des entreprises exerçant un contrôle serré de leurs coûts et dépenses.
  • Les nouveaux hôtels en Europe et au Japon devront construire des chambres plus spacieuses, plus proches des standards américains.
  • Les grandes entreprises en restauration ouvriront des points de vente de nourriture et de boisson (bar, comptoir à café…) dans des lieux publics – buanderies, stations-services, etc.
  • Dans le marché d’agrément, les stations de loisirs urbaines concurrenceront les villages vacances des destinations soleil.
  • Dans les hôtels de catégorie budget, de nombreux services automatisés élimineront l’interaction humaine avec le client – enregistrement et départ automatiques avec la carte de crédit, distributeurs automatiques de nourriture et boissons, salle de bain autonettoyante, buanderie libre-service.
  • Après avoir ignoré la clientèle familiale, les centres de villégiature luxueux la courtiseront en multipliant les activités et en offrant des menus spéciaux pour les enfants.

Investissement et Finance

  • Les actifs immobiliers dans le secteur de l’hôtellerie se concentreront de plus en plus dans les portfolios de quelques investisseurs et en particulier au sein de fonds de capitaux privés.
  • La forte concurrence pour l’obtention des contrats de gestion hôtelière exercera une pression à la baisse des honoraires de gestion pour se situer aussi bas que 1% du revenu brut, 5% des revenus avant frais fixes et 4$ par réservation.
  • Les compagnies aériennes continueront d’enregistrer des pertes importantes en raison des coûts élevés du pétrole, des nouvelles mesures de sécurité, de la forte concurrence des transporteurs à tarifs réduits et de l’intense compétition découlant des accords à ciels ouverts.
  • À la suite de l’importante liquidation américaine des années 1980 et 1990, les compagnies hôtelières seront rapatriées aux États-Unis (Westin, Ramada, Renaissance, etc.).
  • Les alliances aériennes du 20e siècle évolueront de plus en plus vers des acquisitions (Air France-KLM, American-TWA, etc.) alors que les plus faibles acteurs essaieront de survivre.
  • À la fin de la décennie, une vingtaine de compagnies contrôleront l’ensemble des marques hôtelières dans le monde.
  • Les études de faisabilité dans le secteur hôtelier deviendront un domaine peu rentable pour les firmes de consultants.
  • Les compagnies de gestion hôtelière vendront leurs parts dans l’immobilier pour accroître leurs contrats de gestion.
  • Les acquisitions des palaces européens vont engendrer un ratio du coût par chambre astronomique (i.e. Savoy Group).
  • Pour accélérer leur croissance, les compagnies hôtelières développeront davantage les activités de franchises dans le secteur hôtelier (i.e. Radisson, Choice, Cendant, Holiday Inn, etc.).
  • En Europe et en Amérique du Nord, il y aura de plus en plus de rénovations d’hôtel et moins de nouvelles constructions.

Ressources humaines

  • Un manque important de personnel qualifié obligera les entreprises hôtelières à développer ou à sous-traiter des centres de formation.
  • La mise en place des nouvelles technologies dans les établissements de luxe ne remplacera aucunement le facteur humain. Au contraire, celui-ci deviendra encore plus important.
  • Les syndicats de l’industrie hôtelière et de la restauration seront plus flexibles à l’égard des horaires et plus souples sur les fonctions des employés afin de garantir une sécurité de l’emploi et maintenir les avantages sociaux.
  • Les établissements de formation en tourisme et en gestion hôtelière troqueront la salle de cours pour l’expérience sur le terrain et la bibliothèque pour le Web.
  • La puissance des syndicats, la réduction du temps de travail et la réticence à toucher aux bénéfices sociaux maintiendra l’Europe comme la destination mondiale la plus coûteuse.
  • Les quotas imposés pour l’emploi de main d’oeuvre nationale au Moyen Orient entraîneront une réduction de la productivité et une hausse des coûts.
  • Afin d’éviter la faillite, les employés des compagnies aériennes consentiront à une diminution significative de leurs salaires et avantages sociaux.

Marketing

  • Internet deviendra le principal canal de distribution pour tous les produits touristiques éliminant ainsi la plupart des intermédiaires.
  • Comprendre le comportement du consommateur (goûts, aversions, habitudes, intérêts, passe-temps) deviendra crucial et procurera un avantage compétitif dans le domaine du marketing hôtelier.
  • Comme objectif stratégique, les agences de voyages miseront sur la fidélisation du client plutôt que sur la «chasse» aux nouveaux clients.
  • L’uniformisation des services aériens deviendra la norme alors qu’à l’opposé, les hôteliers mettront l’emphase sur la différenciation de leurs prestations.
  • L’emmagasinement des données (data warehousing) et leur exploitation (data mining) offriront des possibilités inimaginables de marketing relationnel et de «one to one» marketing.
  • Les placements médias se déplaceront vers le Web.
  • Le consommateur, de plus en plus sensible au rapport qualité/prix, exigera pour un produit, plus d’information, plus détaillée.
  • Les clients s’attendront de plus en plus à pouvoir négocier les tarifs des chambres d’hôtels et des billets d’avions.
  • Les alliances entre secteurs complémentaires (restauration, hébergement, voyage, loisirs) s’avèreront des stratégies de marketing efficaces.
  • Une meilleure compréhension du comportement psychographique (attitudes, styles de vie, valeurs, etc.) du consommateur permettra de raffiner la segmentation de la clientèle et d’en définir les sous-segments.
  • Alors que le marketing fait de plus en plus de distinction entre loyauté et satisfaction, les programmes de fidélisation deviendront plus élaborés.
  • Les systèmes de «revenue management» seront plus sophistiqués et transférés du département des réservations au département du marketing et des ventes.
  • Les systèmes de «revenue management» seront utilisés pour établir la tarification dans la restauration, les parcs d’attraction, les clubs de golf, le tourisme d’autocar, les cinémas, les centres de congrès et les centres sportifs.
  • Afin d’assurer une meilleure efficacité opérationnelle du marketing, la standardisation des systèmes de gestion informatisés (PMS – property management system) facilitera le transfert de l’information au système de réservations (CRS – customer reservation system).
  • Les instruments de mesure d’efficacité des actions marketing sont aujourd’hui les parts de marchés et la rentabilité. À l’avenir, elle ne se mesurera plus en termes de produits mais bien en termes de clientèle, par la rentabilité d’un type de clientèle et les parts de marché des différents segments de clients.

Sécurité et sûreté

  • Avant de vérifier la disponibilité d’un billet ou d’une chambre, le voyageur consultera les sites d’information sur les conditions de santé d’une destination (i.e. www.cdc.gov/travel).
  • Les problèmes de sécurité en Terre Sainte encourageront les touristes religieux à effectuer des pèlerinages vers d’autres destinations comme l’Éthiopie, Cuba, la Grèce, l’Italie et le Maroc.
  • Certaines destinations touristiques traditionnelles seront ignorées en raison d’actes criminels et du terrorisme.
  • La clé magnétique dans les établissements hôteliers sera remplacée par la carte de crédit du client.
  • Les coffres-forts individuels des chambres d’hôtels seront adaptés pour y mettre les ordinateurs portables des clients.
  • Les compagnies hôtelières internationales refuseront la gestion ou la franchise d’un hôtel s’il n’est pas muni de système d’extinction d’incendie (sprinkler system) dans les chambres.
  • Dans un avenir prévisible, la peur des actes terroristes maintiendra Israël, l’Indonésie, l’Irak et l’Inde hors des principaux circuits touristiques.
  • L’avancée des technologies d’encryptage rendra les paiements en ligne plus sécurisés.

Gestion financière et contrôle des coûts

  • La remise en question et la justification des coûts et dépenses à chaque nouveau budget (Zero-based budgeting) deviendront la norme dans l’industrie.
  • Le GOPAR (Gross Operating Profit per Available Room) remplacera le RevPAR (REVenue Per Available Room) comme mesure de rentabilité des ventes dans le secteur hôtelier.
  • Le personnel et les coûts d’opération dans les centres de réservations téléphoniques seront réduits en raison de l’évolution de la technologie de la reconnaissance de la voix.
  • Pour sensibiliser le client à la conservation de l’eau et de l’énergie, les hôteliers installeront des compteurs et factureront le client en fonction de leur consommation.
  • La déréglementation du marché des télécommunications aura un impact positif plus important pour les hôteliers que la déréglementation du secteur aérien.
  • Alors que les réservations hôtelières effectuées par les systèmes de distribution mondiaux (Global distribution system – GDS) sont en diminution, ces derniers exploiteront les avancées technologiques en télécommunication pour réduire les frais et les coûts.

Les clients des hôtels et cafés désirent de plus en plus l’accès à Internet sans fil et de multiples facteurs inciteront les gestionnaires hôteliers à prendre ce virage – plate-forme pour des points de vente mobiles, réduction des coûts de câblage et facturation plus efficace dans le secteur de la restauration.

Michael Nowlis, consultant et directeur, Tourism Control Intelligence (France et États-Unis)

 

Champs d’expertise:

  • Grandes tendances dans le tourisme international : immobilier, finances, marketing, revenue management, fusions et acquisitions, sécurité, distribution électronique, ressources humaines, technologie

Voir les analyses de Michael Nowlis

 

Contact:

Tourism Control Intelligence
93, Rue des Moines
75017 Paris
France

Telephone: (33) 1.42.28.31.69 or (33) 6.14.21.48.68
Facsimile: (33) 1.34.43.17.01
E-mail: Nowlis@aol.com


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Enjeux Transport

Programme NEXUS, plan d’action pour une «frontière intelligente»

Depuis juin 2002, les voyageurs à faible risque qui traversent très régulièrement la frontière canado-américaine, peuvent s’inscrire au Programme NEXUS.

Mis de l’avant par quatre organismes fédéraux (US Immigration & Naturalization Service, Citoyenneté et Immigration Canada, Agence des services frontaliers du Canada et US Customs Service), NEXUS est une initiative binationale (Canada – États-Unis) conçue pour améliorer la sécurité et la circulation à la frontière internationale.

Cette initiative est un des éléments clés du plan d’action pour une « frontière intelligente » et vise à promouvoir les échanges commerciaux, le tourisme et la circulation des marchandises et des personnes entre les deux pays.

Dans la foulée des attentats du 11 septembre et du resserrement des politiques de sécurité transfrontalières qui en a découlé, ce programme vise à réduire le temps d’attente pour les voyageurs à faible risque qui franchissent fréquemment la frontière.

Cette nouvelle technologie automatisée permet aux voyageurs pré autorisés à faible risque d’entrer au Canada et aux États-Unis en utilisant des voies de passage spécialement équipées. Les candidats au programme NEXUS paient un droit non remboursable perçu tous les cinq ans de 80 CAD (50 USD) et font l’objet d’une vérification de sécurité par les quatre organismes cités ci-dessus.

Les utilisateurs autorisés reçoivent un guide du participant, une carte d’identité avec photo et une carte de proximité. Pour des questions de sécurité, l’inscription est renouvelable au cinq ans.

Pour entrer aux États-Unis, les utilisateurs de NEXUS montrent leur carte de proximité lorsqu’ils s’approchent de la voie de passage réservée aux frontaliers. Une puce informatique insérée dans cette carte envoie un signal à une antenne installée dans la voie de passage réservée. L’agent fédéral responsable de la voie peut alors voir la photo de l’utilisateur NEXUS et lire des renseignements sur le participant.

Les utilisateurs NEXUS qui désirent entrer au Canada sont alors dirigés vers la voie de passage réservée aux frontaliers où leur plaque d’immatriculation est lue optiquement. Ils doivent alors présenter leur carte d’identité NEXUS avec photo pour confirmer leur participation au programme.

Ce programme est ouvert aux citoyens des États-Unis et du Canada, ainsi qu’aux résidents permanents des deux pays et aux titulaires de visas qui doivent fréquemment traverser la frontière.

Une première période de test

Le programme NEXUS a été mis en oeuvre dans le cadre d’un projet pilote au pont reliant Port Huron (Michigan) et Sarnia (Ontario), en novembre 2000. Après avoir été suspendu à la suite des attentats du 11 septembre 2001, il a été relancé en décembre 2001.

Le programme a ensuite été modifié en juillet 2002 pour tenir compte des éléments du programme national de sécurité.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) souhaite maintenant installer, dès juin 2004, un système de reconnaissance biométrique à certains postes-frontière du pays. La technologie s’appliquera aux utilisateurs de la carte NEXUS. Ceux-ci devront dorénavant, outre les renseignements habituels, fournir leurs empreintes digitales.

Bientôt un NEXUS-aérien

Le Canada et les États-Unis travaillent actuellement en collaboration pour concevoir et mettre en oeuvre un projet pilote NEXUS-aérien à l’intention des voyageurs qui empruntent des vols commerciaux. Une fois en place, le projet pilote facilitera l’entrée au Canada et aux États-Unis des voyageurs pré-autorisés présentant un faible risque, grâce à des comptoirs de services automatisés utilisant la technologie biométrique de lecture d’empreintes rétiniennes.

Les participants approuvés devront payer des frais annuels pour utiliser des comptoirs de services automatisés dans la zone d’inspection primaire des douanes canadiennes et dans les zones de pré-contrôle des États-Unis à l’aéroport international MacDonald-Cartier (Ottawa) et à l’aéroport international Trudeau (Montréal).

À ces comptoirs de services, les participants fourniront l’empreinte de leur iris pour confirmer leur identité et répondront aux questions d’usage des douanes et de l’immigration au moyen d’un écran tactile.

L’identification des passagers par l’iris ne sera cependant pas disponible à l’aéroport Pierre Elliott-Trudeau (Dorval) avant l’automne 2004, faute de place pour l’équipement informatique !

Voir aussi:
La carte d’identité nationale électronique sera-t-elle la réponse à la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine?
Les mesures de sécurité, un passage obligé
États-Unis: La nouvelle législation en matière de passeport va perturber le flux touristique

Sources :
– Agence des douanes et du revenu du Canada. « Le Canada et les États-Unis marquent l’ouverture de nouvelles voies NEXUS », Communiqué de presse, 26 juin 2002.
– « Pas de place pour la biométrie à Montréal », Les Affaires, 27 septembre 2003, p. 24.
– Gagnon, Marie-Julie. « Biométrie : L’avenir de la haute sécurité », La Presse, 17 novembre 2003.

Sur le Web :
US Immigration and Naturalization Service
US Customs Service
Agence des douanes et du revenu du Canada
Citoyenneté et Immigration Canada