À l’ère de la rapidité et de l’instantanéité, le slow travel s’impose comme un contre-balancier salutaire. Souvent caractérisé par des voyages de proximité, une faible empreinte écologique et une mise en valeur de l’expérience touristique comme telle, le slow travel suscite encore des débats quant à ses éléments de définition. Difficiles à cerner et à mesurer, les tendances sociétales actuelles consolident néanmoins sa raison d’être et sa croissance.
Le slow travel a vu le jour en 1999 et découle du mouvement slow, originaire d’Italie en 1986. Ce dernier est né en réaction au rythme de vie et de travail très rapides, à l’augmentation du niveau de stress et à la perception de devoir être en mode multitâche constamment.
En ce qui concerne le slow travel, il suppose de ralentir le rythme pour mieux apprécier toute l’expérience touristique, de prendre le temps de découvrir une destination plus en profondeur, de s’ouvrir à l’environnement local et de s’insérer dans une vie sociale. L’idée est aussi de réduire le nombre d’expériences pendant les vacances et de se concentrer sur la qualité de celles-ci. Diverses définitions prennent souvent en compte le mode de transport, mais excluent habituellement l’avion. Dans cette analyse, nous retiendrons un concept qui n’est pas défini par un mode de transport particulier ou encore par certaines destinations, mais plutôt par l’approche du touriste par rapport au voyage. (Lire aussi: La tendance «Slow» se propage!)
C’est en comparant le slow travel au tourisme traditionnel qu’on le définit le mieux.

Les principales motivations
Le choix de certains modes de transport
Que ce soit pour se rendre à une destination ou pour se déplacer dans les alentours, certains modes de transport témoignent de la volonté des voyageurs de prendre leur temps et leur permettent de découvrir davantage le territoire qu’ils traversent.
- Le train est fortement associé au slow travel, principalement en raison de sa faible incidence écologique, du fait que c’est une façon généralement relaxante de voyager et il s’agit d’un moyen de transport plus lent que l’avion.
- La navigation à voile ou à rame (les grandes croisières ne satisfont habituellement pas les critères du slow travel).
- Le vélo, qu’il soit utilisé pour rayonner autour d’une destination ou encore pour parcourir une région en passant des nuitées à différents endroits.
- La randonnée pédestre, dans le même esprit que celui du vélo.
- L’autobus public est un mode de transport qui permet de relaxer, de rejoindre de petites municipalités et de côtoyer la population locale.
Expérimenter une destination dans son ensemble
Les activités auxquelles on se réfère souvent lorsque l’on pense au slow travel sont davantage de l’ordre de «faire» et de «vivre» que de «voir»:
- résider dans un lieu d’hébergement disposant d’une cuisine et préparer des repas avec des aliments locaux;
- visiter les marchés et les boutiques;
- relaxer dans les cafés et les établissements servant des produits régionaux;
- interagir avec la population;
- se familiariser avec la langue, puis l’apprendre;
- s’intégrer à la communauté en se restaurant aux endroits fréquentés par les résidents;
- suivre le rythme de la vie locale, ne pas se fier seulement aux guides touristiques.
Le souci de l’environnement
Le slow travel est attirant pour ceux qui se préoccupent de leur empreinte écologique. Il ne s’agit cependant pas d’une motivation pour tous les touristes slow.
Des raisons budgétaires
Alors que la plupart des adeptes le font volontairement, certains y participent en raison de contraintes budgétaires. Quoiqu’il s’agisse d’un sujet peu documenté,on peut supposer que le slow travel est susceptible de coûter moins cher, ne serait-ce qu’en transport.
Les destinations à découvrir lentement
Plusieurs destinations orientent leur offre vers des expériences inspirées du slow travel.
Les Perles des Alpes (Alpine Pearls) consistent en un réseau de 24 destinations des Alpes européennes à travers l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche, la Suisse et la Slovénie. Ces communautés proposent des façons simples de passer un séjour de tourisme durable. Les déplacements se font sans voiture – on s’y rend généralement en train et ensuite on se déplace en vélo, en randonnée, à cheval, en autocar ou par d’autres modes en hiver. Les lieux participants s’engagent à respecter dix «promesses» comme la promotion de la culture alpine, ses traditions et sa cuisine.

Source: Alpine Pearls
Traversant Springer Mountain dans l’État de Georgie jusqu’au mont Katahdin dans le Maine, le Sentier des Appalaches (3500 kilomètres) se poursuit ensuite au Québec et au Nouveau-Brunswick pour rejoindre le cap Gaspé (1034 kilomètres). Paradis des randonneurs, le sentier promeut une expérience de slow travel et est associé à la campagne Leave no Trace, qui favorise de bonnes pratiques environnementales.
L’île Stradbroke dans le Queensland en Australie est devenue en 2006 la première slow island. Cette appellation lui permet de rejoindre les clientèles intéressées par la préservation de la nature et la rencontre des résidents.
Outre les destinations, mentionnons qu’il existe de nombreuses entreprises offrant des voyages sur un rythme lent, que ce soit des producteurs de services ou des grossistes. Soulignons également la prolifération et la popularité des guides de voyages qui suivent ce mouvement.
Les tendances sous-jacentes
Certaines tendances récentes favorisent le développement de produits répondant au slow travel.
- Le vieillissement de la population. Les baby-boomers et les seniors voyageront pendant encore de nombreuses années. Expérimentés, ils rechercheront de nouvelles formules, plus personnalisées et riches sur le plan culturel. De plus, étant souvent à la retraite ou à la semi-retraite, ils disposent de plus de temps qu’auparavant et que les générations plus jeunes.
- Le besoin de décrocher de la technologie.
- La recherche d’expériences plus authentiques et du bien-être.
- Le regain de popularité du tourisme domestique depuis la récession encourage les déplacements courts et les modes d’hébergement plus accessibles comme le camping.
- Enfin, la croissance soutenue du slow travel depuis une plus longue période est principalement due à l’engouement pour le tourisme responsable auquel il est intimement lié.
Adopter la devise: lentement mais sûrement!
Sources:
– Mintel. «The Evolution of Slow Travel», Travel and Tourism Analyst, no 4, mars 2011.
– Heitmann, Sine, Peter Robertson et GhislainePovey. «Slow Food, slow Cities and Slow Tourism», tire du collectif. «Research Themes for Tourism», sous la direction de P. Robinson, S. Heitmann, P.U.C. Dieke, 2011, p. 114 à 127
Site Web:
































(actuellement en rénovation) pour relier Roosevelt Island à Manhattan, le transport urbain par câble ne date pas d’hier. Mais les villes s’y intéressent à nouveau depuis quelques années. Alors que certains élus le considèrent comme un gadget ou une attraction plutôt futile, d’autres l’envisagent comme un réel moyen de transport en commun, dont le principal avantage consiste en sa flexibilité pour franchir des obstacles naturels (forte pente, fleuve, etc.) plus facilement que d’autres. Un peu comme le tramway, le transport par câble effectue un retour dans les projets de réaménagement urbain.
de la ville à l’Oregon Health and Science University. Des années de discussions et d’études ont révélé qu’il s’agissait là de l’option optimale. Inauguré en janvier 2007, ce téléphérique parcourt une distance d’un kilomètre sur un dénivelé de 152 mètres. Le trajet dure trois minutes. Une cabine peut accueillir jusqu’à 78 passagers. La fréquentation pour la première année avait été estimée à 864 000 personnes. Ce sont plutôt 1 398 287 passagers, soit 62% de plus que prévu, qui ont été enregistrés.
Depuis 2004, cette télécabine dessert certains quartiers et bidonvilles situés dans les pentes et secteurs enclavés de la ville. La télécabine est ouverte 20 heures par jour, 355 jours par année. Les résultats sont exceptionnels depuis son ouverture. En 2005, elle a transporté 15 millions de passagers. Bien que le Metrocable alourdisse le paysage par sa structure imposante, sa forte fréquentation ne fait aucun doute. Rapidement, la construction d’une seconde liaison s’est imposée, puis une troisième est prévue pour 2009. D’autres villes d’Amérique du Sud envisagent un tel moyen de déplacement, dont Rio de Janeiro.
mais rejeté par la Société du Vieux-Port de Montréal, revient à la surface avec plusieurs modifications. Il s’agit en fait d’un projet de 100 millions de dollars, entièrement financé par l’entreprise privée et qui consiste à relier, par un système de télécabines, le Vieux-Port de Montréal, le Parc Jean-Drapeau et la ville de Saint-Lambert. De nombreux organismes et regroupements d’affaires ont manifesté leur appui au projet. Ce serait une belle occasion de stimuler l’offre touristique et la visibilité montréalaise, en plus, bien sûr, de constituer un moyen de transport tout à fait original et attirant pour les locaux. Comme c’est le cas dans la plupart des villes, c’est la crainte de voir le paysage transformé qui anime les opposants. Il s’agit néanmoins d’un dossier à suivre!










