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Segments de clientèles

Retrouver son cœur d’ado

Selon Print Measurement Bureau, 47% des Canadiens âgés de 12 à 17 ans ont réalisé au moins un voyage au Canada au cours des 12 derniers mois, soit 1,14 million de jeunes, une proportion à peine inférieure à l’ensemble des Canadiens (53%). En ce qui a trait aux voyages à l’extérieur du Canada au cours des trois dernières années, la proportion est la même pour les adolescents que pour l’ensemble de la population, soit de 45%.

Le premier critère de succès pour les jeunes est l’ambiance et les liens dans le groupe.

Que ce soit pour la pratique d’un sport, une immersion linguistique, un camp de vacances loin de la maison ou les vacances en famille, les adolescents ont un important pouvoir de persuasion quand vient le temps de partir en voyage. Le premier critère de succès pour les jeunes est l’ambiance et les liens dans le groupe. Il s’agit également d’un moment de prise d’autonomie; les voyages ont un caractère initiatique, c’est souvent une étape dans le détachement de la famille.

Voici quelques exemples et apprentissages pertinents tirés notamment de l’édition mars-avril 2014 d’Espaces, dont une section est dédiée au tourisme des jeunes et des adolescents.

En colonie de vacances, la si, la sol

Les programmes de camp de vacances ont beaucoup évolué au cours des dernières années. Si les traditionnels camps en nature demeurent populaires, des voyagistes amènent maintenant les jeunes à voyager à travers le monde. Les séjours dans des destinations éloignées coûtent plus cher, mais les parents estiment que ça en vaut la peine si le jeune vit une réelle expérience éducative, enrichissante et sécuritaire. C’est ce que propose Zigo, un voyagiste spécialisé dans l’organisation de voyages pour ce segment d’âge. Dans un entretien, le directeur, Patrice Halimi, explique que les adolescents commencent à affirmer leur besoin d’autonomie et que l’entreprise organise des voyages qui «leur permettent de s’impliquer, de participer activement au déroulement du séjour». Ils doivent prendre certaines décisions quant à l’hébergement, au transport et aux activités tout en participant à la gestion du budget.

Visionnez un aperçu de la saison 2013 (et osez dire que vous ne souhaiteriez pas avoir 15 ans de nouveau).

 

Le voyagiste Travel for Teens offre un produit similaire.

Une génération conscientisée

Les voyages responsables et solidaires gagnent en popularité. Avec l’organisme Rempart, plus de 3000 jeunes et adolescents par année, principalement français, participent à des chantiers de sauvegarde et de restauration du patrimoine. Encadrés par des animateurs, les participants bénévoles apprennent des techniques de restauration variées. Il s’agit aussi d’un moment de vie collective et de découverte de la région. Un sondage effectué auprès de 2453 de leurs participants en 2013 indiquait d’ailleurs que les premières motivations sont de participer à un projet de restauration (62%), de rencontrer d’autres personnes (62%), de faire quelque chose d’utile (57%), de découvrir une région (41%) et d’acquérir une formation technique (41%).

La beauté d’avoir un pays bilingue…

…c’est de faciliter les échanges linguistiques! Sevec est l’un des programmes canadiens de jumelage linguistique. Chaque année, l’entreprise encadre environ 5000 participants âgés de 12 à 17 ans. Chacun est hébergé dans une famille, mais participe à plusieurs activités de groupe. Selon l’organisme, 78% des jeunes ont affirmé que leur expérience d’échange les a rendus plus fiers d’être Canadiens et leur a donné envie d’en apprendre plus sur leur pays.

Cool, les camps familiaux!

Belambra, c’est 58 clubs de vacances familiaux en France. Le directeur marketing, Sylvain Caucheteux, explique qu’il s’agit d’un segment de clientèle hétérogène qu’il divise en trois catégories: les préadolescents (de 11 à 13 ans), les adolescents (de 14 à 17 ans) et les jeunes (18 ans et plus). Pour les préadolescents et les adolescents, un lieu propre leur est destiné, respectivement la Fabrique et le Spot, où différentes activités sportives et créatives leur sont offertes. Par exemple, la Belambra Académie, basée sur le modèle de Star Académie et de Bodycombat, est un programme d’aérobie intégrant les arts martiaux. Depuis 2013, certains clubs affichent le label «Fiesta», signifiant ainsi la présence d’animation de jour et de nuit pour les adolescents (cocktail sur la plage, soirée discothèque, casino, etc.). Le directeur rappelle aussi l’importance de se renouveler constamment pour demeurer au goût du jour. L’entreprise communique avec cette clientèle par l’entremise de Facebook et de sa communauté de 50 000 fans.

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 Source : Belambra clubs

Tous ces exploitants ne doivent pas uniquement veiller à l’accueil des adolescents, mais également apporter un soutien aux organisateurs du voyage (parents, enseignants ou entraîneurs).

Rejoindre les adolescents

Il s’agit d’un segment de clientèle difficile à atteindre. La majorité des adolescents cherchent à se définir en tant que personne et ne savent pas toujours clairement ce qu’ils recherchent. C’est pourquoi ils sont imprévisibles. Leur revenu, provenant d’une allocation familiale ou d’emploi à temps partiel, est essentiellement dépensé en activités de loisirs ou en biens de consommation qui leur font plaisir.

Pour les rejoindre, souvenez-vous qu’ils sont partout à travers les médias sociaux. Selon l’étude réalisée par The Intelligence Group et rapportée par eMarketer, près des trois quarts des jeunes de 14 à 18 ans ont indiqué utiliser YouTube fréquemment, comparativement à 60% pour Facebook (voir le graphique 1). De plus, ils expérimentent un grand nombre de sites et d’applications (What’sapp, Wanelo, Vine, Snapchat, Kik et 4chan).

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Leur présence sur Facebook ou Twitter ne signifie pas qu’ils sont des fans ou des followers des pages d’entreprises qu’ils apprécient. Selon Forrester Research, 28% des jeunes souhaitent que l’entreprise écoute ce qu’ils ont à dire sur les médias sociaux, que les marques les suivent et non l’inverse. C’est d’ailleurs à l’avantage des organisations qui désirent se plonger dans l’univers de cette clientèle.

Peu ou pas réceptifs aux messages publicitaires traditionnels, les adolescents les ignorent habilement. Même pour le marketing en ligne, ils sont habitués à fermer ou à éviter les bannières et les pop-up, les considérant pratiquement comme du contenu indésirable. Les promotions sous forme de jeu ou encore la musique représentent de meilleurs moyens de capter leur attention. Usez de créativité!

 

Source image à la une: Freeimages.com

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Enjeux Réseaux de distribution

Des enjeux de taille soulevés au Congrès ITB Berlin 2012

La santé touristique mondiale a été l’un des sujets de discussion du Congrès ITB Berlin 2012, qui a eu lieu du 7 au 9 mars dernier. Au cœur des préoccupations: les répercussions de la situation économique en Europe sur l’industrie touristique et plus particulièrement sur les comportements des voyageurs. Au regard des chiffres à la hausse, c’est dans un contexte optimiste que se sont menées les conférences. De plus, les changements au sein des réseaux de distribution en ligne ont été longuement abordés. Une consolidation des principaux portails de réservation est en train de s’opérer, mais l’arrivée de nouveaux acteurs ajoute un défi.

La santé touristique mondiale

Malgré les désastres naturels et les crises ayant touché de nombreux pays, les voyages internationaux ont atteint un niveau record en 2011. Rolf Freitag, PDG de la firme IPK, a dévoilé des données du World Travel Monitor, selon lesquelles le volume des séjours à l’étranger a augmenté de 5%, pour atteindre 750 millions de voyages l’année dernière. Le rapport note une croissance de 4% du nombre de nuitées, qui est passé à 6,2 milliards. Quant aux dépenses, elles ont connu un essor de 8% avec 828 milliards d’euros, dépassant le record établi avant la crise économique de 2008.

Selon ces données, les Européens ont repris leurs habitudes en voyageant davantage à l’étranger; on a observé une hausse de 4%, contre 2% en 2010, pour un total de 414 millions de voyages. La Russie a enregistré la plus forte hausse (13%), la Suisse se démarque avec une croissance de 9%, alors que pour l’Allemagne et l’Espagne, elle n’est que de 1%. Enfin, le nombre de voyageurs britanniques est resté stable.

En dépit des nombreux évènements négatifs survenus en 2011 dans certaines régions du globe, le tourisme affiche déjà des signes de reprise. À titre d’exemple, le niveau de fréquentation en Égypte est revenu à la normale cinq mois après le printemps arabe. De plus, d’autres destinations ont profité de cette crise, car le nombre de touristes a fortement augmenté dans les îles Canaries, en Turquie et dans les Émirats arabes unis. En ayant déplacé sa capacité aérienne d’Égypte aux îles Canaries avant ses compétiteurs, le voyagiste TUI a vu la croissance de ses ventes augmenter de 60% auprès de la clientèle allemande, comparativement à 35% pour l’ensemble des voyagistes qui ont accru leur présence sur ces îles.

Comment ces évènements ont-ils impacté les comportements de voyage des Européens?

Matthias Hartmann, PDG de GfK Group, une firme de recherche, expliquait lors du Congrès que l’industrie touristique semble moins touchée par les crises économiques que les autres secteurs. Les consommateurs conservent leurs habitudes d’achat de voyages au détriment d’autres types de dépenses. Selon un sondage de la firme GfK, 38% des Européens font d’abord des économies sur la nourriture et la boisson, à égalité avec les vêtements et les chaussures, suivis des repas au restaurant (37%). Seulement 29% d’entre eux sont prêts à diminuer leur budget de voyage (voir le graphique 1). Même s’ils se limitent d’une manière ou d’une autre dans le type et la durée de leurs vacances en temps de crise, ils ne sont pas prêts à les sacrifier entièrement.

Carroll Rheem, directrice de la recherche chez PhoCusWright, a révélé les principaux faits d’un récent sondage de la firme intitulé «European Consumer Travel». Le constat est positif, les Européens sont partis davantage en vacances en 2011, les Français (+8%) en tête, suivis des Britanniques (+5%) et des Allemands (+4%). Les voyageurs de ces trois marchés ont prolongé leurs séjours au détriment de la fréquence de leurs voyages, qui a subi une diminution. Le segment des 18 à 34 ans mène la reprise, et celui des 25 à 34 ans démontre la meilleure amélioration. Pour 2012, les intentions de voyage sont positives pour ces trois marchés, particulièrement les Français, qui manifestent un fort optimisme.

Leur comportement en ligne

En 2011, les recherches et les réservations en ligne liées au voyage ont continué de croître. À l’étape de la comparaison et du choix des produits touristiques, les sites de commentaires de voyageurs et les moteurs de recherche dédiés aux voyages ont reçu les plus fortes hausses de fréquentation (voir le graphique 2). La moitié des voyageurs français, 47% des Allemands et 64% des Britanniques réservent leurs voyages en ligne.

 

Le sondage révèle une croissance de l’utilisation de l’Internet mobile pour toutes sortes de recherches liées à la planification du voyage. Les voyageurs français sont les plus sujets à consulter Internet sur leur appareil mobile plusieurs fois par jour (21%), suivis des Britanniques (19%) et des Allemands (11%). Enfin, plus de la moitié de l’ensemble des répondants sont présents sur les médias sociaux et leur principale activité est de partager leurs expériences de voyages.

Les réseaux de distribution en ligne

Les analystes de PhoCusWright ont souligné deux importants changements dans les réseaux de distribution en ligne: les regroupements entre agences de voyages en ligne (OTA) et la saturation du marché, principalement aux États-Unis, où l’on assiste à une maturité.

Des dirigeants d’Expedia, de Sabre, de Hotel Reservation Service (HRS) et de Justbook Mobile se sont réunis lors d’un panel pour parler de la consolidation des OTA, qui touche aussi le système traditionnel de réservation que sont les GDS. Selon Expedia, ce renforcement est accompagné par l’arrivée de nouveaux acteurs spécialisés dans des secteurs de niche, comme Mr & Mrs Smith. Cette fragmentation s’amplifiera, et la priorité pour une OTA sera alors d’optimiser sa présence et de s’étendre vers d’autres marchés géographiques. Enfin, les agences de voyages mobiles (MTA), telles que Justbook Hotel ou Hotel Tonight, tiendront un rôle de plus en plus important dans les années à venir.

 

Source: Hospitality Inside

Quant à la question du futur des commissions des OTA, le panel affirme que les hôtels modifieront leurs stratégies en limitant le nombre de fournisseurs et en concentrant leurs efforts sur leur site Internet, afin de réduire leurs coûts de distribution.

En 2011, les canaux de distribution en ligne ont continué de gagner des parts de marché sur les réservations de voyages. Les acteurs se multiplient et se diversifient, et seuls ceux étant capables d’innover resteront compétitifs. En ce qui concerne la croissance touristique mondiale, Rolf Freitag est optimiste pour 2012, même si les perspectives économiques dans de nombreux marchés semblent indiquer une récession.

 

Sources :

-Hartmann, Matthias. «Consumer and travel trends in times of the Financial crisis», présentation lors du Congrès ITB Berlin, 7 mars 2012.

-Hospitality Inside. «ITB distribution panel: Which portals will fall by the wayside?», hospitalityinside.com, 16 mars 2012.

-Rheem, Carol. «European Consumer Trends : the only constant is change», présentation lors du Congrès ITB Berlin, 7 mars 2012.

-Wildberg, Roland. «World travel justs keeps growing», 4hoteliers.com, 10 mars 2012.

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Ailleurs dans le monde Gestion Marketing

Le pouvoir marketing d’une alliance stratégique

L’Historic Shopping & Dining Attractions, c’est trois destinations qui, ensemble, ont su mettre leurs atouts en valeur auprès des voyagistes. Mme Carolyn J. Feimster, présidente de CJF Marketing International, a présenté un exemple réussi d’une alliance lors de l’événement ONE Travel Conference, tenu à Pasadena en Californie du 16 au 18 janvier 2011. Ce modèle inspirant pour tout type d’offre vous donnera-t-il des idées?

Que ce soit le Faneuil Hall Marketplace de Boston, le South Street Seaport à New York ou encore l’Union Station à Washington DC, tous trois offrent une expérience de magasinage et de restauration dans un cadre historique. L’objectif premier de leur alliance était de fournir un nouveau produit à vendre par les voyagistes qui inclut deux activités fortement populaires (magasinage et restaurants) auprès des touristes culturels.

Parfois, la contrainte inspire la créativité

Ce partenariat, dont l’idée germait dans l’esprit de Mme Feimster depuis quelque temps, est né de la volonté des centres commerciaux historiques de participer au Pow Wow, le salon professionnel le plus important pour l’industrie du voyage aux États-Unis. L’inscription à l’événement étant trop onéreuse pour un seul partenaire, les trois centres se sont regroupés. La création d’un nouveau produit à offrir aux voyagistes allait de soi en raison des caractéristiques similaires des trois lieux: expérience de magasinage unique, divertissement et expositions, restauration diversifiée et haut de gamme. Chacun des sites fait également découvrir un aspect différent du patrimoine américain.

Afin d’optimiser leur participation au Pow Wow, les partenaires ont créé des bannières et des outils de vente, en plus de préparer des bons pour le magasinage et les restaurants ainsi que des cadeaux à distribuer. Leur présence a été un franc succès, car 43 des 44 rencontres planifiées ont eu lieu, ce qui est exceptionnel pour un nouveau produit touristique. L’événement a aussi suscité beaucoup de commentaires positifs. Cette réussite a amené les partenaires à se doter d’un plan d’affaires pour l’année à venir. Ainsi, ils ont participé à quatre autres événements du genre.

L’alliance incite à la structuration du produit

Les trois centres commerciaux historiques reconnaissent l’importance d’être présents auprès des voyagistes et ce partenariat leur permet d’en rejoindre un plus grand nombre à moindre coût. De plus, il leur donne l’occasion de mieux définir leur image et d’en consolider certains aspects. Par exemple, le Faneuil Hall Marketplace a aménagé son centre de renseignements à l’intérieur du Revolutionary Bostonian Museum Store pour une meilleure intégration de l’aspect historique.

Plusieurs voyagistes étant désormais bien informés de l’expérience de magasinage, de restauration et de divertissement, les partenaires ont réalisé que les touristes désiraient en savoir davantage sur l’histoire du lieu. Ils ont donc conçu des tours guidés avec des entreprises locales. Offerts en forfaits avec un repas et une trousse de bienvenue VIP (coupons de réduction et cartes), ces tours augmentent l’attractivité du produit pour les voyagistes.

Tous trois sont reliés par le réseau de transport ferroviaire Amtrak qui fait maintenant la promotion de leur alliance au Royaume-Uni à travers Amtrak Vacations. Ce nouveau partenariat a engendré la rédaction d’un article de quatre pages décrivant chacun des centres commerciaux historiques dans Essentially America UK, d’une valeur de 33 000$. Mme Feimster insiste d’ailleurs sur l’importance des relations publiques qui se doivent d’être créatives. D’autres partenariats similaires ont vu le jour et ont augmenté la visibilité des trois centres.

Tant qu’à y être, élargissons les horizons

Forts de ces premiers résultats, les partenaires de l’alliance se sont tournés vers les marchés FIT, de groupes et d’affaires:

  • forfaits d’accueil de groupe incluant des rabais et des activités avec certains commerçants et restaurateurs ainsi qu’une trousse de bienvenue VIP;
  • programmes spéciaux pour les accompagnateurs de participants à des congrès ou à des événements;
  • tours guidés personnalisés sur demande;
  • pochette promotionnelle pour les délégués de congrès;
  • possibilité pour les organisateurs de congrès d’acheter des cartes-cadeaux afin de les inclure dans la pochette des délégués;
  • organisation d’événements et d’expositions dans chacun des trois lieux (p. ex. Bodies);
  • lunch, souper ou cocktail privés pouvant être organisés sur demande;
  • coupons de réduction téléchargeables en ligne;
  • facilité de stationnement pour les autocars;
  • formation pour les agents de réservation et offre d’incitatifs à la vente;
  • assistance aux tournées de familiarisation.

Quelques considérations sur la création d’une alliance

1.  Développer une alliance pour:

  • élargir la portée et la fréquence de votre message;
  • renforcer le positionnement;
  • augmenter le budget.

2.  Choisir les partenaires appropriés. Penser aux organismes et aux entreprises ayant des objectifs similaires aux vôtres.

3.  S’assurer que les clientèles visées par les partenaires potentiels s’apparentent aux vôtres.

4.  Être créatif et flexible afin de structurer une offre qui est mutuellement bénéfique.

5.  Établir des objectifs.

6.  Développer des partenariats afin de réaliser des missions de ventes plus efficaces.

7.  Inclure un système d’évaluation.

8.  Poursuivre continuellement une démarche de veille et nourrir l’alliance de nouvelles idées et de nouveaux partenaires.

Qu’il s’agisse ici de zones commerciales situées dans un site historique ne limite en rien l’inspiration que peut éveiller cet exemple pour d’autres types d’offres touristiques. Il est question de produits similaires ou complémentaires qui s’allient avec créativité, leadership et audace. Dans le contexte actuel de forte concurrence, les alliances bien orchestrées peuvent constituer un levier puissant.

Sources:
– Feimster, Carolyn. «Historic Shopping & Dining Attractions East Coast», présentation lors de One Travel Conference, Pasadena CA, 16 au 18 janvier 2011.
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Segments de clientèles Transport

Le marché de groupe revient par la grande porte

Les voyages de groupe ont su se réinventer et parviennent aujourd’hui à satisfaire presque toutes les catégories de touristes. Les horaires chargés, les circuits unidimensionnels et parfaitement structurés font place à l’originalité, aux privilèges, aux regroupements par affinités et aux déplacements par petits groupes. Voici un regard sur ce secteur en mutation et sur ce que l’on observe sur le marché québécois.

Le marché de groupe continue d’évoluer

Il est faux de penser que la société individuelle que nous sommes devenus n’est plus compatible avec les voyages de groupe. Le concept de groupe a toutefois évolué, passant du groupe imposé (où l’on ne choisit pas les autres) au groupe choisi (regroupant des membres de la famille, des amis, des gens avec les mêmes affinités). D’un point de vue sociologique, l’augmentation du nombre de célibataires, de veufs, de divorcés entraîne aussi des situations de solitude rendant propice le désir de se regrouper au moment des vacances.

Oubliez les circuits d’autobus remplis de retraités, de joueurs de bingo compulsifs et parcourant toujours les mêmes itinéraires traditionnels. Pour un grand nombre de gens, particulièrement les baby-boomers, les voyages de groupe traditionnels, de taille unique, ne conviennent plus. De tempérament plus actif, ils préfèrent se rassembler au sein de groupes de moindre taille (15 à 35 individus) et apprécient l’authenticité des visites de même que les possibilités d’interaction. Ce type de voyage organisé se caractérise par des requêtes très précises de la part d’une clientèle particulièrement exigeante qui a habituellement déjà voyagé de façon individuelle. Les départs, davantage sur mesure, sont souvent planifiés très longtemps d’avance (plus d’un an).

L’éclatement du Tour & Travel

La formule de groupe s’est transformée grandement et comble dorénavant plusieurs profils de clientèles. (Lire aussi: Le tourisme de groupe prend un air de jeunesse.) Les intervenants présents sur ce marché se sont adaptés en multipliant les thématiques de voyages et en offrant des circuits spécialisés. Des routes gastronomiques aux périples à vélo en passant par la virée des monastères, la tendance est aux voyages à thème où les gens découvrent un coin de pays, tout en partageant une même passion.

Ces nouvelles tribus qui voyagent

Depuis quelques années, on observe un renforcement des valeurs familiales. La frénésie et le stress du quotidien entraînent un important besoin de moments entre amis et en famille. Pour plusieurs, le concept de la «maison de famille» n’existe plus, ce qui favorise les rassemblements dans des endroits où tout est organisé.

Ces «tribus» ou clans familiaux, formés de 8 à 15 personnes, rassemblent souvent parents, enfants, petits-enfants, frères, sœurs et amis. En parallèle, l’organisation de séjours sur demande, en lien avec des événements familiaux tels que des anniversaires de mariage, gagne en popularité.

Tendances des groupes au Québec

Une étude réalisée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte de l’Association des propriétaires d’autobus du Québec (APAQ) permet d’obtenir certaines données plus spécifiques sur les tendances des groupes au Québec. Cette enquête a été réalisée à la bourse Bienvenue Québec auprès des acheteurs présents. Ces derniers ont généré au total 9011 groupes sur les routes du Québec en 2007. De ce nombre, près de la moitié proviennent d’entreprises dont le volume des départs à destination du Québec a nécessité plus de 300 autocars.

Types de clientèles de groupe

La composition des groupes peut prendre plusieurs formes (graphique 1). En 2007, les trois segments les plus souvent identifiés comme clientèle actuelle des grossistes présents à Bienvenue Québec étaient les groupes d’aînés, les groupes récréatifs et les groupes scolaires. L’année précédente, les groupes récréatifs, spécialisés et scolaires reflétaient davantage la composition de la clientèle des participants en affichant la plus grande représentativité.

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Les trois activités qui suscitent le plus d’intérêt de la part des acheteurs qui convoitent le marché du Québec sont les musées, les croisières et les sites culturels (graphique 2). Les parcs d’attractions et les sites religieux sont par ailleurs de plus en plus populaires depuis les deux dernières années. De façon inverse, les stations de ski et les casinos affichent une baisse depuis 2004. Fait à noter, les sites agrotouristiques et de produits du terroir ont été ajoutés dans les choix du questionnaire depuis 2006. L’intérêt porté à ces activités est significatif et atteint près de 60% depuis les deux dernières années.

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Par comparaison, les cinq thématiques de circuits les plus fréquemment offertes par les voyagistes membres de la National Tour Association aux États-Unis sont la culture, l’histoire, les parcs nationaux, les couleurs d’automne et les croisières.

Destinations prisées par les groupes

Les trois destinations les plus souvent proposées en 2007 dans les forfaits de groupes à destination du Québec sont Montréal, Québec et Charlevoix. Cette dernière affiche d’ailleurs une progression remarquable depuis 2004. L’Outaouais se positionne en quatrième avec une augmentation de 12% par rapport à 2006.

En ce qui concerne les nouvelles destinations québécoises considérées à l’avenir par les grossistes, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Gaspésie, Québec, Charlevoix et les Laurentides ont été les cinq régions les plus recherchées lors du rendez-vous Bienvenue Québec 2007 (graphique 3). Toutes les régions ont obtenu un meilleur résultat par rapport à 2006, excepté Laval. Depuis les trois dernières années, les acheteurs lorgnent de plus en plus vers l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, le Centre-du-Québec, Duplessis, Lanaudière, la Mauricie, la Montérégie, Montréal, le Nord-du-Québec/Baie-James et Québec. Précisons que cette information est présentée à titre indicatif, pour donner le pouls du secteur, et non à titre de mesure concrète.

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Opinion sur les meilleurs atouts du Québec

À la suite de l’événement Bienvenue Québec 2007, l’APAQ a sondé les grossistes pour savoir s’ils croyaient que le Québec devrait miser sur certains types de circuits dans le but de tirer avantage de son potentiel à l’égard de la demande internationale (tableau 1). Il en résulte que les circuits urbains axés sur Québec et Montréal ainsi que ceux qui misent sur l’interprétation, la découverte et l’apprentissage génèrent le plus d’intérêt. Par contre, ceux qui mettent en valeur les communautés traditionnelles et les produits de bien-être/santé sont moins attrayants aux yeux des acheteurs interrogés.

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Vendre un rêve

Pour les spécialistes des voyages de groupes, les règles du jeu ont bien changé. Le défi consiste maintenant à identifier les réseaux qui lient les consommateurs selon leurs affinités ou leur sentiment d’appartenance à un groupe. La segmentation de la clientèle potentielle se fait maintenant beaucoup moins selon l’âge, mais plutôt selon ses intérêts et ses motivations. Les boomers, qui demeurent le segment le plus porteur pour les voyages de groupe, savent ce qu’ils veulent, quand et pourquoi. Reste à leur proposer des expériences innovantes et personnalisées, afin de leur permettre de vivre un rêve, de réaliser une aspiration.

Lire aussi:
Le tourisme de groupe prend un air de jeunesse

Sources:
– Bauer, Ana. «Le tourisme de groupe n’est pas mort», Cahier Espaces, novembre 2007.
– Connolly, Daniel J. «Groups and Meeting: Market Opportunity Redefined», PhoCusWright, janvier 2007.
– Germain, Kate et Claude Péloquin. «Compilation des données recueillies à l’aide du questionnaire utilisé dans le cadre de l’événement Bienvenue Québec», Chaire de tourisme Transat, mars 2008.
– Lopez, Jean-Marc. Les sites culturels se professionnalisent pour conquérir les groupes», Cahier Espaces, novembre 2007.
– Ruel, Sylvie. «Les voyages de groupe, il y en a pour tous les goûts!», Touring, printemps 2008.
– Veneto, Joe. «Les nouveaux marchés du tourisme de groupe», Cahier Espaces, novembre 2007.

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Réseaux de distribution Technologies

Désintermédiation: quand tout le monde veut vendre tout le monde

Après avoir fait la pluie et le beau temps au début des années 2000, les agences en ligne ne cessent de perdre du terrain au profit des fournisseurs qui s’imposent grâce aux ventes directes sur Internet. De leur côté, les «tour-opérateurs» (T-O) traditionnels débarquent sur le champ de bataille des agences en ligne. Ils ouvrent leur jeu et misent sur le Web en déployant une offre diversifiée qui s’adresse directement au consommateur. Mais ce n’est pas tout: certains transporteurs profitent de leur important achalandage et commencent à ressembler étrangement à des voyagistes. La désintermédiation est bien amorcée!

D’abord le transport à bas prix

Dans un article précédent, on a vu que le paysage de la distribution continue de se transformer rapidement: le segment de l’agrément devient de plus en plus concentré. (Lire aussi: Regard sur les grands changements du tour-operating mondial.) Cette fois-ci, nous nous attardons à un autre phénomène d’importance au sein de la distribution: la désintermédiation.

Selon un sondage réalisé auprès de 25 000 Britanniques, lorsqu’il s’agit de choisir un transporteur pour leurs vacances d’agrément, les gens accordent encore plus d’importance au prix aujourd’hui qu’il y a 4 ans (tableau 1).

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Chez la clientèle d’agrément, la demande de voyages à rabais ne s’essouffle pas. Dans le cas d’un voyage par avion, près du quart (24%) des gens déterminent la date de leur départ en fonction de la disponibilité de tarifs à rabais.

Le règne des low costs

Au Canada, l’incursion du modèle low cost a connu des résultats mitigés. À part le succès de la compagnie WestJet, les autres initiatives telles que Jetsgo, Zip, Canjet, Tango et Canada 3000 ont toutes rencontré d’importantes difficultés.

En Europe par contre, le modèle low cost utilisé par de nombreux transporteurs aériens continue de performer. C’est le segment qui affiche la plus forte croissance dans le tourisme de masse: le nombre de vols low cost a doublé de 2004 à 2007 pour atteindre 4500 vols quotidiens. Ryanair transporte désormais plus de passagers en Europe que British Airways.

Et ce n’est pas fini puisqu’on anticipe une croissance de 86% du marché de 2007 à 2012, pour desservir un volume annuel de 185 millions de passagers. Actuellement, la part de marché des transporteurs low cost en Europe, pour ce qui est du nombre de déplacements, est de 16%. Ryanair, easyJet et Air Berlin contrôlent les deux tiers de ce marché en termes de nombre de passagers.

Transporteurs ou grossistes?

Au cours des dernières années, la concurrence livrée par les transporteurs low cost s’est transportée sur un nouveau territoire, celui des forfaits de vacances. Le traditionnel 7/14 jours n’est plus un inconditionnel. Des produits plus flexibles comme le city break deviennent très tendance. C’est parce qu’ils répondaient à ce besoin que les transporteurs low cost ont grugé une part significative de la clientèle du transport nolisé des T-O, non seulement au volet des vols mais aussi des forfaits avec transport et hébergement. Ils ont notamment réalisé des gains significatifs en Europe sur le créneau «plage» court-courrier des T-O.

Grâce à leur capacité améliorée pour la réservation d’hôtels, les low costs parviennent à concurrencer sérieusement les grandes agences en ligne présentes en Europe (Expedia et Lastminute), lesquelles n’ont pas accès à l’inventaire des joueurs importants tels que Ryanair et easyJet. Cette incursion des low costs dans le dynamic packaging, qui permet aux voyageurs de concevoir leur propre forfait, a fait très mal aux grands T-O qui misent principalement sur le volume, avec de faibles marges.

Les T-O réagissent

Les grands T-O ont pris au sérieux la menace de la vente directe sur Internet. Au cours des dernières années, ils ont investi massivement pour rattraper le temps perdu. (Lire aussi: Les voyagistes en direct, le mouvement s’accélère.) En 2006, les ventes en ligne de TUI ont totalisé 2,2 milliards d’euros.

Pour répondre au besoin de flexibilité du consommateur, particulièrement sur le plan des forfaits court-courrier, les T-O ont commencé à permettre l’assemblage des vacances en ligne avec des blocs séparés pour les vols et l’hébergement. Le dynamic packaging gagnera en popularité en raison de cette volonté des consommateurs d’acheter les composantes individuellement et de jouir d’un maximum de flexibilité. En Europe, les forfaits modulés, constitués par la clientèle, comptaient pour 6 % du marché d’agrément en 2000. On estime qu’ils atteindront 30 % en 2010.

easyJet symbolise ce que devient la désintermédiation

En 2007, easyJet a transporté plus de 32 millions de passagers. Afin de maximiser sa rentabilité, l’entreprise tire une importante partie de ses revenus de sources complémentaires aux ventes de sièges. En 2006, les revenus dérivés (voitures de location, assurances, excès de bagages, frais de modification, etc.) d’easyJet ont augmenté de 34%. Quant aux recettes provenant des revenus des partenaires, elles se sont accrues de façon spectaculaire (+83%).

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C’est pour capitaliser sur la vente d’autres produits touristiques que la compagnie a lancé à l’été 2007 sa nouvelle filiale easyJetHolidays. Celle-ci symbolise ce que peuvent devenir les low costs: des T-O qui permettent aux internautes de bâtir leurs voyages à la carte. easyJetHolidays est un portail de réservation pour le marché britannique où les voyageurs ont accès à 75 destinations et à 10 000 hôtels en Europe. Pour easyJet, cette action constitue une nouvelle phase de développement en diversifiant la marque vers une formule hybride entre le T-O en ligne et le supermarché du voyage. Le positionnement marketing fait ressortir certains avantages par rapport aux agences en ligne ou aux T-O, soit: pas de commission et aucune durée de séjour imposée.

Plus près de nous, WestJet semble aller dans la même direction avec son portail grand public WestJet Vacations inauguré à l’été 2006. De 2007 à 2008, ses revenus devraient passer de 50 M$ à plus de 120 M$. Plusieurs transporteurs comme Air Canada proposent une offre élargie d’hébergement. Marriott vend des forfaits complets, y compris les billets d’avion (image). Bref, l’industrie touristique n’a jamais été aussi décloisonnée!

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Quand les métamoteurs se mettent de la partie

Pourquoi ajouter les métamoteurs dans l’équation? Peu connus du grand public jusqu’à récemment, ces outils gagnent rapidement en notoriété. Selon PhoCusWright, 57% des e-touristes canadiens les utilisent. Une majorité de voyageurs optent pour des comparateurs de prix, mais préfèrent conclure la transaction directement sur le site du fournisseur. C’est précisément ce que les métamoteurs permettent de faire, contrairement aux sites des agences en ligne.

Kayak et SideStep sont les deux principaux leaders (graphique 1). En décembre dernier, ces deux entreprises ont fusionné, ce qui ne pourra qu’accélérer leur influence sur la distribution en ligne des produits touristiques. C’est dans ce contexte que ces intermédiaires deviendront de plus en plus pertinents pour les «tour-opérateurs» qui chercheront à attirer les internautes directement sur leur site.

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Vers une redéfinition des rôles

Considérant que le volet transport constitue souvent la première étape de la planification d’un voyage, le rôle que joueront les compagnies aériennes comme portail de réservation revêt une importance stratégique en termes de distribution.

D’une part les T-O vendront de plus en plus directement aux consommateurs en ligne. D’autre part les agences en ligne continueront de développer leurs forfaits. Quant aux chaînes hôtelières et aux compagnies aériennes, elles s’aventureront de plus en plus loin dans la vente d’autres composantes touristiques. Avec tous ces chassés-croisés, le média ou l’intermédiaire de la transaction deviendra de plus en plus difficile à discerner pour le consommateur.

Sources:
– Badrinathan, Ram et Michael Cannizzaro. «The Breakdown of the Tour Operator Business Model: Fixed Menu or Buffet?», PhoCusWright, mars 2007.
– Gunnion, Stephen. «Budget Airlines Reach for the Skies», The Financial Times, 28 novembre 2007.
– Lainé, Linda. «Faut-il craindre les TO en ligne?», L’Écho touristique, no 2836, 7-13 décembre 2007.
– Market Business Development. «The UK Tour Operators Market Development», 2007.
– Merten, Ralph. «Multi-Channel Distribution: Focus on Tour Operators», PhoCusWright, octobre 2007.
– Mintel International Group. «European Leisure Travel Industry», septembre 2007.
– Mintel International Group. «No-frills/Low-cost Airlines», juin 2007.
– Quinby, Douglas. «Canadian Online Travel Overview», PhoCusWright, juin 2007.
– Saks, Greg. «Analysis of Kayak.com and SideStep.com Merger», Compete, 27 décembre 2007.

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Réseaux de distribution Tendances

Regard sur les grands changements du «tour-operating» mondial

Les grands «tour-opérateurs» ont récemment été très actifs sur le plan des fusions et des acquisitions afin de mieux se positionner sur l’échiquier mondial. La concurrence s’intensifie et, surtout, provient de nouveaux fronts. Pour y faire face, les géants européens ont choisi de s’unir et de devenir doublement imposants. Le tour-operating traditionnel n’y échappe pas; il se fait bousculer de toutes parts par tous ces nouveaux modèles d’affaires propulsés par la vague du tourisme en ligne.

La concentration des acteurs reprend de plus belle

La distribution du voyage a subi une transformation importante alors que les grands «tour-opérateurs» mondiaux ont relancé leurs efforts de concentration des activités touristiques. Déjà en l’an 2000, la Chaire de tourisme Transat dressait un portrait de l’industrie du réseau de distribution et faisait état d’une course aux regroupements. Des conglomérats comme le géant allemand Preussag délaissaient progressivement certaines de leurs activités traditionnelles pour se consacrer davantage au tourisme.

Si l’industrie du voyage était concentrée en 2000, elle l’est encore davantage aujourd’hui. Après une accalmie de quelques années à la suite des événements du 11 septembre 2001, la course aux fusions et aux acquisitions a récemment repris son envol. D’abord il faut savoir que le cœur du réseau de distribution mondial en termes tui.jpgde tourisme d’agrément siège en Europe où deux géants trônent au sommet de la liste des grands T-O: TUI Travel et Thomas Cook. Aux États-Unis, la situation est complètement différente et l’industrie est très fragmentée. Du côté canadien, le groupe Transat A.T. conserve sa position de chef de file.

Quelques mouvements observés

Afin d’illustrer l’effervescence et le dynamisme de la concurrence au sein du réseau de distribution, voici quelques transactions récentes:

  • 2005: achat de lastminute.com par Travelocity Europe (Sabre).
  • Juin 2006: Blackstone achète Travelport (Cendant, ebookers, Galileo, Orbitz, Cheaptickets, HotelClub, Gullivers).
  • Décembre 2006: Travelport acquiert Worldspan, ce qui lui confère la position de leader dans les GDS (global distribution system).
  • Mars 2007: Travelport cède Orbitz, qui devient entité publique.
  • Silver Lake et Texas Pacific Group achètent Sabre.
  • Novembre 2007: Liberty Travel est acheté par la compagnie australienne Flight Centre Limited.
  • Janvier 2008: easyJet acquiert le low cost britannique GB Airways.

Un ralentissement généralisé de la croissance du segment d’agrément a conduit à la fusion des numéros 1 et 5 (TUI et First Choice) et des numéros 2 et 3 (Thomas Cook et MyTravel) au premier trimestre de 2007. Les deux conglomérats espèrent ainsi créer des synergies importantes.

Bien qu’il soit difficile de s’y retrouver avec tous ces mouvements, on remarque notamment l’intérêt récent des firmes d’investissement privé qui commencent à placer leurs billes dans le tourisme. De plus, certains grands T-O comme First Choice ont entrepris de diversifier leur offre en procédant à l’acquisition de nombreux grossistes «de niche».

Europe: foyer du tourisme d’agrément

Les années 2000 ont été difficiles pour la distribution du tourisme d’agrément, dominée par TUI, Thomas Cook, MyTravel, Rewe et First Choice (graphique 1).

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En 2006, les revenus des T-O européens représentaient 54% du marché mondial. L’important regroupement de TUI–First Choice et de Thomas Cook–MyTravel confère des parts de marché respectives de 34% et de 23% sur l’Europe à ces deux nouvelles entités. Fort d’un chiffre d’affaires de 18 milliards d’euros, TUI Travel s’inscrit désormais comme un joueur dominant à l’échelle mondiale. Avec son virage Internet, il devient même le numéro 2 du tourisme en ligne en Europe et aspire sérieusement à la position de tête d’Expedia.

Stratégies d’affaires des grands groupes

Le tourisme de masse traditionnel vendu par les groupes intégrés en Europe subit néanmoins beaucoup de pression concurrentielle. Plusieurs se sont retirés ou ont diminué leur présence sur les destinations de masse court-courrier comme l’Espagne. On observe une augmentation de la capacité vers de nouvelles destinations éloignées, plus exotiques, avec notamment une offre de produits différenciés (aventure, voyage d’«activité», etc.).

La désintermédiation, ou plus simplement la vente en direct, constitue un enjeu majeur pour les grossistes et plusieurs ont choisi de développer une forte présence Internet, dont des portails d’hébergement indépendants. Aussi permettent-ils dorénavant une modulation de l’assemblage des vacances en ligne avec des blocs distincts (vol et hébergement séparés), par opposition aux forfaits tout compris.

Voici quelques autres constats ou stratégies d’affaires associés aux grands T-O:

  • La diversification de l’offre des transporteurs low cost et la popularité de la forfaitisation dynamique menacent les T-O qui misent principalement sur le volume avec faibles marges.
  • L’obligation de conserver de lourdes immobilisations, comme des avions et des hôtels, devient risquée financièrement.
  • La conciliation difficile d’une offre inélastique avec une demande très élastique.
  • La menace vient des petits T-O qui versent de meilleures commissions aux agences.
  • La stratégie de différentiation des grossistes par le concept de value for money qui inclut l’utilisation de récompenses (surclassement, nuitée additionnelle, voiture de location comprise, repas gratuits, etc.) et la diminution du temps de recherche.
  • L’ajout d’expériences inhabituelles, de forfaits à forts contenus éducationnels.
  • Les stratégies d’affaires incluant davantage les métamoteurs de recherche tels que Kayak et Mobissimo, lesquels deviennent de plus en plus pertinents.
  • Les partenariats avec les groupes environnementaux dans le but de permettre aux voyageurs de contribuer financièrement à la réduction d’émissions de carbone.
  • L’amélioration de l’expérience Internet, par exemple par l’introduction de la technologie Human Digital Assistance, plate-forme personnalisée comprenant un comptoir d’aide numérisé de forme humaine et un service autonome, en temps réel.

Marché américain fragmenté

Du côté américain, le marché est excessivement fragmenté. On recense plus de 2500 exploitants qui œuvrent dans le transport nolisé. Plus de 50% de ces compagnies détiennent moins de trois avions. Quant aux grossistes présents sur le marché de l’agrément, la concurrence est vive en raison du nombre d’acteurs. Les cinq plus grands joueurs détiennent 32% du marché (Liberty Travel 16%, Mark Travel 9%, AmericanTours International 4,4%, Extraordinary Vacations Group 1,2%, Tauck Inc 1,2%). Les analystes prévoient d’ailleurs une consolidation.

Environ 48% de la clientèle des T-O est constituée de seniors. À l’instar de ce que l’on observe déjà en Europe, on verra davantage de grossistes se connecter directement en ligne avec les consommateurs et les entreprises, tant pour les réservations que pour le paiement. La forte préférence des consommateurs pour la réservation en ligne accentuera la pression sur les T-O, même pour les entreprises de niche. Il faut aussi anticiper une réduction des taux de commission sur les ventes de forfaits.

En plus de Liberty Travel (Gogo Worldwide Vacations) et de Mark Travel (16 bannières dont Funjet Vacations et TransGlobal Vacations), les autres T-O américains d’importance sur le marché de l’agrément sont:

  • Extraordinary Vacations Group (Maupintour),
  • American Tours International,
  • Tauck Inc.,
  • Contiki Holidays,
  • Trafalgar Tours.

Une tendance de fond est fortement ancrée derrière tous ces grands changements qui bouleversent le réseau de distribution: le phénomène de la désintermédiation qui change les règles du jeu, forçant chacun des maillons de la chaîne de distribution à revoir son positionnement traditionnel et ses stratégies. Nous y reviendrons plus en profondeur lors d’une prochaine analyse.

Sources:
– Badrinathan, Ram et Michael Cannizzaro. «The Breakdown of the Tour Operator Business Model: Fixed Menu or Buffet?», PhoCusWright, mars 2007.
– Chaire de tourisme Transat. «La tourisme à l’heure des alliances, des fusions et des acquisitions», novembre 2000.
– IBISWorld. «Tour Operators in the US», 19 janvier 2008.
– Lainé, Linda. «Faut-il craindre les TO en ligne?», L’Écho touristique, no 2836, 7 au 13 décembre 2007.
– Market Business Development. «The UK Tour Operators Market Development», 2007.
– Merten, Ralph. «Multi-Channel Distribution: Focus on Tour Operators», PhoCusWright, octobre 2007.
– Mintel International Group. «European Leisure Travel Industry», septembre 2007.

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Produits et activités Tendances

Les tendances du tourisme d’aventure

Si l’on tient compte de l’équipement récréatif et de l’hébergement, le secteur de l’aventure représente aujourd’hui une industrie d’environ 850 milliards USD. Les voyages d’aventure organisés ne constituent qu’une part de ce secteur, mais une part importante. Quant au tourisme de plein air, il compte pour au moins un cinquième de toute l’industrie touristique. Les tendances qui marquent ce secteur ne sont par conséquent pas négligeables pour notre industrie.

Croissance

Au cours des dernières décennies, le secteur commercial du tourisme d’aventure n’a cessé de croître. De nombreuses personnes ayant de l’argent mais peu de temps pour le dépenser et jouissant d’une bonne forme physique considèrent maintenant l’aventure comme une série d’activités de villégiature qu’ils peuvent s’offrir à l’occasion, plutôt que comme une discipline dans laquelle investir temps et argent afin d’acquérir de l’équipement et des compétences à long terme. Le secteur se développe donc auprès de la clientèle tant expérimentée que novice.

Pyramide des prix

L’industrie du tourisme d’aventure est constituée, soit d’un petit nombre de produits très onéreux, dont le prix élevé s’explique par la nécessité d’utiliser un équipement spécialisé, par l’éloignement ou les compétences préalables requises, soit par de nombreuses activités de courte durée, peu chères, ne nécessitant pas de compétences particulières et se déroulant dans des lieux accessibles, près des principaux points d’entrée et de sortie des touristes.

Des produits de plus en plus luxueux

Les amateurs de tourisme d’aventure peuvent s’offrir de plus en plus de luxe: les autobus transportant les randonneurs sont toujours plus confortables; les auberges accueillant les adeptes de l’héliski ou de la plongée sous-marine possèdent des spas et mettent à la disposition de leur clientèle des services de massothérapie; les entreprises de plongée, de surfboat et d’héliski fournissent des avions privés nolisés particulièrement somptueux; les bateaux de croisière possèdent des suites équipées d’un téléphone satellite et certains disposent même d’un hélicoptère à bord. C’est presque devenu une évidence: les voyagistes qui réussissent sont ceux qui offrent des produits de plus en plus luxueux.

Destinations d’aventure

Le nombre de destinations touristiques qui se commercialisent spécifiquement comme des destinations d’aventure, en utilisant souvent le terme «capitales de l’aventure», a grandement augmenté au cours des dernières années. Certaines d’entre elles, établies depuis longtemps, décident de concevoir de nouveaux produits ou d’adopter de nouvelles stratégies de marketing. D’autres s’avèrent des destinations moins fréquentées qui souhaitent développer le tourisme en offrant toute une gamme de produits d’aventure. D’autres encore utilisent l’aventure comme outil de marketing. Quoi qu’il en soit, les séjours d’aventure croissent rapidement, en nombre, en envergure et en variété.

Migration touristique

Dans certaines régions, la possibilité de faire des activités de plein air et, à un degré moindre, la vente de produits d’aventure ont donné lieu à une migration touristique qui, à son tour, a entraîné une croissance du tourisme d’aventure, la clientèle migrante recherchant des produits commerciaux qui répondent à son style de vie.

Forfaits au détail

De nombreux voyagistes offrent toute une gamme de produits dans différentes destinations, sans nécessairement maintenir une base opérationnelle à chacune d’entre elles. La plupart sont des forfaitistes qui vendent au détail différents produits touristiques locaux à une clientèle internationale. D’autres, des voyagistes spécialisés, présentent un même type de produits ou d’activités dans plusieurs destinations différentes.

Combinaisons de produits

Il est maintenant monnaie courante, pour les voyagistes, de proposer une gamme d’activités d’aventure différentes à une même destination de voyage. Celles-ci, offertes à prix réduit en un regroupement d’activités individuelles, sont vendues souvent sous la forme de «combos». Certains se composent d’un programme organisé par différentes compagnies en un même Celebrity Nudes endroit alors que, dans d’autres cas, une seule entreprise achète des concurrents locaux qui proposent des activités différentes ou encore acquiert l’équipement, le personnel et les permis nécessaires pour offrir elle-même ces activités.

Marketing croisé

Il existe une forte tendance à accroître les stratégies de marketing croisé entre les produits de tourisme d’aventure et d’autres produits achetés par les mêmes consommateurs. Ces liens se créent par le biais de magazines, d’envois postaux, d’encarts publicitaires, de sites Internet, de la télévision, de films, de la mode, des boutiques et du marchandisage, des téléphones cellulaires, des lecteurs de musique et de certains établissements de divertissement, comme les boîtes de nuit.

Voyages d’«exploration»

De nombreuses entreprises de tourisme d’aventure haut de gamme ont maintenant ajouté des expéditions d’«exploration» à leurs activités habituelles. Il ne s’agit pas nécessairement de premières ascensions, descentes ou traversées, mais ce sont généralement de nouveaux itinéraires, en tout cas pour l’entreprise qui les propose. Le terme est utilisé tant comme procédé de marketing, pour attirer les aventuriers, que comme avis de non-responsabilité, pour prévenir la clientèle que le voyage ne se déroulera pas nécessairement sans accroc ni exactement selon les plans.

Itinéraires flexibles

D’autres voyagistes annoncent que leurs horaires ou itinéraires sont flexibles et que cela fait partie de l’aventure. Cette approche est utilisée d’une extrémité à l’autre de l’échelle économique, des simples voyages en autobus jusqu’aux luxueuses croisières polaires.

Imitations et acquisitions

La création d’un nouveau produit de tourisme d’aventure requiert des investissements considérables pour la conception et la mise en marché. Une fois qu’un produit a acquis une certaine notoriété, d’autres entrepreneurs tentent souvent de s’en porter acquéreur ou d’offrir un produit d’imitation, à prix réduit. Le risque est particulièrement grand pour de nouveaux produits créés dans les pays en développement. On en connaît maintenant plusieurs exemples.

Assurances

En raison de la possibilité de litiges, particulièrement en Amérique du Nord, les fournisseurs de produits de tourisme d’aventure sont devenus de plus en plus soucieux de se protéger contre d’éventuelles poursuites, ce qui a donné lieu à des clauses et à des avis de non-responsabilité de plus en plus longs et complexes et à des primes d’assurance de plus en plus élevées. Il y a même des pays où de nombreux fournisseurs de certains types d’activités ont été forcés de se retirer du marché. Cette réduction de la concurrence a fait grimper les prix, permettant aux entreprises restantes de couvrir l’augmentation de leurs frais d’assurance. L’imposition légale d’un plafond de responsabilité, de façon générale comme en Nouvelle-Zélande, ou selon l’activité comme dans certains États américains, est de plus en plus importante pour l’avenir de l’industrie.

Source:

– Buckley, R. 2006, Adventure Tourism, CABI, Oxford, [www.cabi.org].

Ralf Buckley, professeur et titulaire,Chaire en écotourisme, School of Environmental and Applied Sciences, Griffith University (Australie)

Champs d’expertise:

  • Écotourisme
  • Impacts environnementaux du tourisme
  • Développement durable

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Réseaux de distribution Technologies

Les voyagistes en direct, le mouvement s’accélère

Cela fait déjà un bon moment que l’on anticipe une réelle incursion sur le Web des géants du tourisme, notamment TUI et Thomas Cook. Se relevant d’années difficiles, les grands voyagistes européens ont trouvé le moyen de donner la riposte aux transporteurs à rabais et aux agences en ligne qui, progressivement, parvenaient à leur soutirer des parts de marché en raison des percées du commerce en ligne. Grâce à leur nouveau portail de réservations, à leurs campagnes télé et à leur centre d’appels, les voyagistes rejoignent désormais directement et de manière efficace les consommateurs.

Pour maintenir les acquis

Jusqu’à récemment, les grands tour-opérateurs spécialisés dans la vente de forfaits de vacances demeuraient à l’écart de la distribution en ligne, s’appuyant essentiellement sur leur réseau d’agences de voyages traditionnelles. Selon les derniers estimés, les ventes directes des tour-opérateurs européens ne dépassaient guère les 8%, alors que l’on demeurait également soucieux de ne pas pénaliser le réseau des agences, tributaire d’une part majeure de leur chiffre d’affaires. Si l’on regarde spécifiquement les ventes en ligne de forfaits de vacances, selon PhoCusWright, seulement 9% ont été enregistrées par les voyagistes en 2005, la grande majorité étant attribuable aux agences en ligne.

Le vent semble néanmoins tourner en faveur des tour-opérateurs d’envergure tels que TUI et Thomas Cook qui ont amorcé la transition vers le commerce en ligne (voir image). Les investissements massifs consentis récemment au développement d’une plateforme de commerce électronique par les voyagistes majeurs commencent à porter leurs fruits et une nouvelle dynamique s’installe.

Une telle stratégie devenait nécessaire afin de conserver les acquis en termes de parts de marché, les voyageurs étant de plus en plus nombreux à vouloir acheter en ligne. Au Royaume-Uni par exemple, on s’attend à ce que la forfaitisation dynamique (qui permet au consommateur de concevoir lui-même son forfait sur Internet) représente plus de 34% du chiffre d’affaires des tour-opérateurs britanniques en 2007 – elle comptait pour seulement 3,8% jusqu’à récemment.

De plus, le marché des vacances court-courrier est devenu ultra compétitif en Europe depuis l’arrivée des transporteurs à rabais. La présence sur le Web des tarifs de tous les segments aériens, y compris ceux des transporteurs réguliers et nolisés, permet aux internautes de comparer aisément l’offre disponible et d’effectuer une chasse aux aubaines. Les forfaits de vacances traditionnels se voient donc menacés, les consommateurs étant maintenant en mesure de déterminer le prix de chacune des composantes et de créer leurs propres forfaits personnalisés. C’est cette réelle possibilité de perdre le voyageur aux mains des agences en ligne ou d’autres fournisseurs offrant les mêmes possibilités de forfaitisation dynamique qui a forcé les tour-opérateurs à réagir.

Les tour-opérateurs ciblent directement les consommateurs

En 2005, TUI a enregistré des ventes record grâce principalement aux transactions sur Internet qui ont atteint 1,8 milliard d’euros, soit une augmentation annuelle de 44%. Sur les marchés allemand et britannique, l’entreprise domine avec des parts de marché respectives de 18% et de 13%. Et ce n’est que le début, puisque le lancement officiel du portail global de TUI avec toutes ses fonctionnalités ne s’est fait qu’en décembre dernier. Pourtant reconnu pour ses forfaits de vacances, le voyagiste enregistre aussi des hausses significatives de réservations en ligne d’autres produits, notamment des vols et de l’hébergement.

Si l’on inclut les réservations effectuées par l’entremise des centres d’appels et les ventes découlant des publicités télévisées, les ventes directes aux consommateurs comptent désormais pour 25% du chiffre d’affaires de la division tourisme de TUI qui totalise environ 14 milliards d’euros.

Le voyagiste Thomson, filiale de TUI, offre plusieurs nouveautés qui visent à séduire directement le consommateur. L’entreprise compte par exemple transmettre à ses clients les dernières offres par le biais de liens RSS acheminés sur leur téléphone cellulaire. Autre innovation, depuis février dernier les clients peuvent visualiser en trois dimensions le site de vacances convoité, grâce à la technologie de Google Earth. En plus des nombreuses images, le site s’appuie également sur une banque de quelque 1700 vidéos pour faciliter le processus d’achat des produits variés offerts aux internautes.

Marketing fonceur chez Thomas Cook

Du côté de Thomas Cook, l’autre géant du tourisme, les ventes en ligne sur le marché britannique représentent désormais plus de 20% du chiffre d’affaires. En février 2006, le conglomérat britannique a aussi opté pour une importante offensive publicitaire afin d’influencer la perception des consommateurs quant à la nature même de l’entreprise. La stratégie était de positionner Thomas Cook comme le plus important leader en termes d’offres sur Internet. Le message adopté visait directement ses deux principaux rivaux, soit Expedia et Lastminute, avec l’objectif de démontrer que le site s’inscrit comme un point de vente unique où l’on retrouve, en plus des forfaits de vacances habituels, tous les vols réguliers, les vols nolisés ainsi que l’option de la forfaitisation dynamique.

En plus de parrainer des soirées cinéma et certains programmes de télévision où il offre la possibilité de gagner un voyage, Thomas Cook promeut particulièrement sa marque Neckermann dans la presse télé. Le groupe a même créé pour l’occasion un personnage, Supernecky (voir image), qui symbolise «les valeurs de proximité et d’accessibilité» du tour-opérateur. Il servira d’outil de communication, tant à l’endroit du grand public qu’auprès du réseau de distribution.

Baisse des commissions

Une autre étape charnière de la stratégie globale des voyagistes consiste à réviser le modèle d’affaires des compensations offertes au réseau de distribution. Certains voyagistes ont réduit à 7% le taux de commission consenti aux agences de voyages depuis janvier 2006. Cette décision initiée par Thomson fut très mal accueillie de la part des agences détaillantes qui craignaient que les voyagistes n’accélèrent leur stratégie d’affaires relative aux ventes directes auprès des voyageurs. Les analystes s’attendent à ce que les sommes épargnées soient réinvesties dans le marketing direct.  

En guise de contestation, plusieurs agences de voyages ont cessé de vendre les produits de Thomson, mais, paradoxalement, le site Internet de ce dernier est désormais l’un des plus fréquentés. Le pari semble en voie de rapporter gros à Thomson et d’autres tour-opérateurs pourraient s’en inspirer. Une deuxième baisse des commissions, cette fois à 5%, sera vraisemblablement bientôt annoncée.

Plus près de nous, le groupe Transat domine la scène canadienne sur le marché des voyages de vacances. Le voyagiste québécois mise encore beaucoup sur son réseau d’agences détaillantes pour vendre ses produits, mais une partie de plus en plus importante de son chiffre d’affaires provient maintenant des ventes en ligne réalisées directement auprès des consommateurs, grâce à son site Exit.ca. 

Par ailleurs, l’arrivée en force sur la scène québécoise du grossiste Go Travel Direct a suscité tout un impact et a forcé les joueurs en place à réviser leurs méthodes de distribution. Rappelons que Go Travel Direct opère selon une stratégie de bas prix, court-circuitant le réseau des agences. La riposte de Transat est venue du côté de sa bannière Nolitours qui propose des produits semblables, grâce à des commissions réduites et à des réservations directes en ligne. Une évidence demeure: la course aux aubaines conditionne de plus en plus les relations d’affaires entre les consommateurs et le réseau de distribution. La désintermédiation poursuit son chemin.

Sources:
– Carroll, William J. et Peter O’Connor. «European Hotels: Managing Hospitality Distribution», PhoCusWright, septembre 2005.
– Filliâtre, Pascale et Stéphane Jaladis. «Les TO passent à la télé», L’Écho touristique, no 2754, 3 février 2006.
– Fox, Linda. «Thomson Trials Phone Technology», Travelmole, 23 mars 2006.
– L’Écho touristique. «Thomas Cook préfère la télé», 16 janvier 2006.
– Sileo, Lorraine. «PhoCusWright Assesses its 2005 Predictions, Makes New Ones for ’06» PhoCusWright, 31 janvier 2006.
– Skidmore, Jeremy. «First Choice Set To Follow Thomson with 7% Commission», ABTA Convention Special Report, 25 novembre 2006.
– Skidmore, Jeremy. «Operator Accused of « Hypocrisy » over Commission Cut», ABTA Convention Special Report, 25 novembre 2006.
– Thomas Cook. «New Thomas Cook Advertising Challenges Online Travel Perceptions», Press Releases, 30 janvier 2006.
– Thomas Cook. «Thomascook.hit!», Press Releases, 2 novembre 2005.
– Travelmole. «Thomson Holidays Gives Customers Google Earth», 2 février 2006.
– TUI. «TUI Starts the 2005/2006 Travel Wear with Increased Bookings Turnover Growth in Key Source Markets / Online Turnover Up by 44 Per Cent», Press Releases, 8 mars 2006.

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Enjeux Gestion

Tourisme: les défis de demain

Lors de la tenue du Cercle de tourisme de la Chaire de Tourisme – ESG, UQAM, le 22 septembre 2005, M. Jean-Marc Eustache de Transat inc. a fait part des défis de demain pour le tourisme. Vous pouvez lire son allocution à l’adresse suivante: http://www.transat.com/fr/centre_medias/2.3.discours.asp

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Produits et activités Réseaux de distribution

La forfaitisation revue et corrigée

Entre 1998 et 2003, les dépenses effectuées par les Canadiens pour l’achat de forfaits touristiques au Québec ont connu une croissance de 105%. Très populaire au cours des années 1990, le concept du forfait s’est quelque peu modifié depuis: les technologies ont évolué et le consommateur recherche davantage de souplesse et d’autonomie dans le choix des prestations.

Partie intégrante de la stratégie marketing d’une entreprise, le forfait touristique s’inscrit comme une occasion d’affaires que privilégient plusieurs dirigeants. Précisons que Tourisme Québec définit le forfait comme un amalgame d’au moins deux composantes vendues à un seul prix. Une composante peut être un moyen de transport, une attraction, de l’hébergement, de la restauration, une visite guidée, un événement, une activité spécifique, etc. Contrairement au jargon touristique, une combinaison de produits touristiques au sein de la même entreprise n’en fait pas un forfait au sens strict du terme. Un forfait doit nécessairement réunir des prestations d’au moins deux partenaires distincts.

Dans les années 1990, la popularité du forfait s’expliquait essentiellement par trois éléments:

  1. Il s’avérait simple à comprendre avec un prix unique, un texte explicatif et des photos attrayantes en accompagnement. Un tel scénario comportait l’avantage de permettre de réserver facilement auprès d’un seul intervenant en évitant la multiplication des démarches.
  2. En plus d’être convivial, il constituait un gage de tranquillité d’esprit en permettant de réserver à l’avance et en une seule étape.
  3. Il offrait à la clientèle une avenue économique puisqu’il suggérait la notion de package deal.

Évolution des dépenses pour les forfaits au Québec

Entre 1998 et 2003, les dépenses effectuées par les Canadiens pour l’achat de forfaits touristiques au Canada ont nettement progressé, passant de 854 millions à 1,25 milliard $. Au cours de la même période, les achats de forfaits se déroulant au Québec ont connu une croissance de 105%, pour atteindre un sommet de 414 millions $ en 2003 (graphique 1).

Une nouvelle réalité

L’offre touristique mise de plus en plus sur la personnalisation grâce au développement de produits thématiques, segmentés et sur mesure. La clientèle se veut plus autonome et privilégie les formules souples où la prestation correspondra davantage à ses attentes particulières. Selon le sociologue Jean-Didier Urbain, ce phénomène s’explique par le fait que le touriste revendique son individualisme et veut être davantage maître de ses vacances.

C’est dans cette optique qu’Internet joue maintenant un rôle de premier plan. Si la distribution électronique des voyages a pris son envol, c’est qu’elle offre au consommateur la possibilité de jouer lui-même à l’agent de voyages. Internet a démocratisé l’offre touristique en rendant accessible, d’un clic de souris, un inventaire de prestations d’une ampleur jusqu’alors inimaginable. Encore plus important, on peut aisément y comparer les prix.

L’attrait s’est également manifesté à l’égard des économies, les fournisseurs utilisant régulièrement ce canal pour écouler des prestations. Dans la foulée du e-tourisme, on observe aussi une tendance à la réservation de dernière minute, ce qui change considérablement la donne du forfait. La brochure traditionnelle correspond de moins en moins au profil de ce nouveau touriste branché et spontané.

La forfaitisation en mutation

Le touriste d’aujourd’hui est des plus exigeants. Il préférera ainsi miser sur une certaine flexibilité dans son itinéraire afin de ne pas se faire prendre au dépourvu par des impondérables, tels les aléas de la météo. La conception personnalisée des forfaits et la possibilité de les acheter à la dernière minute sera d’autant plus facilitée que nous assistons à l’émergence de l’assemblage dynamique des forfaits en ligne. De nouvelles technologies permettent en effet l’automatisation de la tarification en temps réel afin d’appliquer les règles de tarification à chacune des composantes ou à l’ensemble du forfait.

Selon PhoCusWright, on verra un déclin dans les forfaits vendus dans les canaux de distribution traditionnels (graphique ci-dessous). Quant aux forfaits achetés sur Internet, leur évolution continuera d’être fulgurante. En 2006, ils totaliseront plus de 10 milliards $US aux États-Unis, soit presque autant que les forfaits traditionnels.

Les forfaits sont-ils dépassés?

Pour des entreprises touristiques situées hors des grands centres urbains et qui souffrent du manque de notoriété de leurs produits, le forfait demeure une valeur sûre. L’addition des forces individuelles des intervenants contribue très certainement à accroître le poids de l’offre et à élargir la zone d’influence des marchés éloignés. Les partenariats d’affaires établis dans le cadre de la forfaitisation facilitent d’autant la mise en marché du produit.

Les entreprises qui n’ont pas facilement accès aux importants canaux de distribution en ligne et qui disposent de peu de moyens pour effectuer des actions promotionnelles ciblées, voire massives, gagneraient également à recourir à la forfaitisation. Certaines conditions s’imposent néanmoins pour assurer le succès d’un forfait:

  • Prendre en considération le fait que les critères d’achat de l’internaute diffèrent grandement de ceux du consommateur traditionnel. Le premier recherche davantage de flexibilité, alors que le second privilégie la simplicité et l’économie.
  • Étudier soigneusement le choix de partenaires afin de s’assurer qu’ils offrent des produits complémentaires et qu’ils sont sérieux et motivés.
  • Former et sensibiliser adéquatement l’ensemble du personnel concerné afin d’en faire de meilleurs vendeurs.
  • Définir une stratégie publicitaire conforme aux objectifs derrière la conception du forfait.

Sources:
– Briard, Clotilde. «L’offre de voyage joue la personnalisation», Les Echos, no 19194, Compétences, mardi 6 juillet 2004, p. 15.
– Sileo, Lorraine. «Trends in Dynamic Packaging: What Every Travel Industry Executive Should Know for 2004», PhoCusWright [www.phocuswright.com], 26 mai 2004.
– Arseneault, Paul et François-Gilbert Chevrier. «La forfaitisation et la promotion conjointe : des outils efficaces», Actes du colloque: Culture et tourisme en ville… une affaire de créativité, 12-13 novembre 1998.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages canadiens», 1998-2003.