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Croisières urbaines sur glace? Pourquoi pas!

La ville de Moscou compte désormais un produit innovateur pour faire découvrir différemment les charmes de l’hiver à Moscou: des croisières sur les glaces de la rivière Moscova. À l’aide de brise-glaces modifiés, aux allures d’un bateau-mouche, la compagnie Radisson Royal Moscow propose aux touristes des excursions urbaines d’une durée de deux heures. Elle dispose d’une flotte de cinq navires luxueux dotés des dernières technologies et d’un service de restauration haut de gamme. Les bateaux peuvent transporter jusqu’à 200 passagers à 20 km/h et sont aptes à naviguer à travers des glaces mesurant jusqu’à 10 centimètres d’épaisseur. Pour effectuer cette croisière, il faut débourser de 33 à 50 USD, incluant le repas. Pourrait-on offrir un produit semblable au Québec?

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Décortiquer le cheminement d’achat de voyage en ligne

L’internaute est un véritable kangourou du voyage! Il bondit d’un site Internet à l’autre à une fréquence impressionnante. Lorsqu’il sélectionne sa destination, il navigue en moyenne sur 3,6 sites. Pour le choix des différents services touristiques, c’est un autre 3,7 sites. Finalement, pour ses achats touristiques, il en utilise 2,6. Voici les dernières tendances quant à l’utilisation des diverses catégories de sites, transactionnels ou non, qui composent le parcours du voyageur.

Transactionnel vs non transactionnel

Pour réserver leurs vacances en ligne, les consommateurs visitent plusieurs catégories de sites avant d’en arriver à une décision d’achat. Des agences en ligne aux sites de commentaires des voyageurs, en passant par les portails de destination ou les métamoteurs de recherche, l’internaute adopte un processus complexe de planification et de réservation. Une analyse détaillée de ce cycle permet de comprendre l’importance des sites non transactionnels et la grande influence qu’ils exercent sur la décision d’achat. À l’aide de sondages réalisés aux États-Unis, les firmes de recherche Compete et PhoCusWright se sont intéressées à l’utilisation globale du Web touristique.

Le graphique 1 résume le niveau d’achalandage des voyageurs sur les sites à vocation transactionnelle ou non transactionnelle. Depuis les deux dernières années, la situation s’est stabilisée: les deux tiers des visites s’effectuent où il est possible de réserver un service touristique, et les sites non transactionnels accaparent environ 33% des visites.

trafic sites touristiques transactionnels

Où vont exactement les internautes?

Les consommateurs disposent maintenant d’une palette d’outils des plus complètes pour planifier et réserver leurs voyages. Néanmoins, plusieurs d’entre eux sont encore relativement méconnus de la majorité des voyageurs et leur adoption se fait progressivement. Les agences en ligne majeures comme Expedia ont bénéficié d’une grande notoriété grâce à d’imposants budgets marketing. Cet effet s’est quelque peu estompé, et de plus en plus d’internautes réalisent qu’il y a d’autres options intéressantes comme les métamoteurs de recherche (ex.: Kayak) qui permettent de comparer les prix de plusieurs entreprises sur un seul site (graphique 2).

Volume sites touristiques par catégorie

On remarque aussi que les fournisseurs de services, soit les chaînes hôtelières, les transporteurs aériens et les croisiéristes, affichent tous une croissance du nombre de visiteurs. L’analyse mensuelle démontre le caractère saisonnier des visites, selon la catégorie de services. Les mois de janvier et de mars sont les périodes où les gens effectuent le plus de recherches pour des vols. Quant aux sites d’hôtels, les mois de pointe sont ceux d’été.

Le but ultime, convertir chez soi

Savoir quelles catégories de sites de voyage fréquentent les consommateurs est une chose, comprendre comment les visites se traduisent en conversion d’achat en est une autre. Pour ce qui est du volume, les fournisseurs de services s’en tirent bien en attirant une majorité d’internautes sur leur site pour conclure la transaction. Règle générale, 70% des transactions touristiques sur le Web s’effectuent de cette façon, sans passer par un intermédiaire de voyage comme une agence en ligne (graphique 3).

Il est important de distinguer ici volume de transactions et proportion d’internautes. Les consommateurs achètent d’abord leurs billets d’avion sur les sites d’agences en ligne dans une proportion de 53% par rapport aux portails des transporteurs aériens. Or, une majorité de ces internautes sont des voyageurs occasionnels. Les grands voyageurs adoptent un comportement différent, choisissant davantage les sites des fournisseurs. Ces derniers génèrent un volume élevé de transactions; c’est pourquoi ils sont avantagés lorsqu’on considère les visites mensuelles uniques dans le graphique 3.

Ventes online site web fournisseurs

Plusieurs visites sont souvent nécessaires avant qu’un fournisseur génère une vente. Ce sont les compagnies de location de voitures qui transforment la plus grande proportion des visites en réservations avec un taux de 20% au deuxième trimestre 2009. Voici les taux de conversion pour chacun des segments au cours de la même période:

  • Voitures de location par les agences en ligne, 13%
  • Vols par les compagnies aériennes, 12%
  • Chambres d’hôtel par les chaînes hôtelières, 11%
  • Vols par les agences en ligne, 8%
  • Chambres d’hôtel par les agences en ligne, 7%
  • Forfaits par les agences en ligne, 2,5%
  • Croisières par les croisiéristes, 2,4%
  • Croisières par les agences en ligne, 0,5%

Au Québec, un sondage réalisé en mai 2009 par la firme Skooiz a demandé aux Québécois quels étaient leurs sites Web de voyages préférés (graphique 4). Si l’on fait abstraction de la distinction entre le lieu de magasinage et l’endroit de la transaction, on constate que le portrait semble particulier chez nous. Instinctivement, les vacanciers québécois mentionnent d’abord leurs sites de prédilection pour trouver des forfaits vers le Sud. Voyagesarabais, Expedia et Vacances Transat occupent les trois premières positions alors qu’Air Canada ne vient qu’au quatrième rang. Ces résultats sont toutefois difficilement comparables en raison de méthodologies complètement différentes. Précisons aussi que l’échantillon utilisé correspond à celui d’un groupe de Québécois déterminé et non à celui du voyageur moyen.

Sites web préférés des Québécois

L’influence grandissante des sites non transactionnels

En plus de tous les entrecroisés effectués pour valider leur choix d’achat, les internautes s’appuient sur une panoplie de nouveaux acteurs agissant comme aides à la planification (graphique 5). Au deuxième trimestre 2009, 28% des internautes ont affirmé avoir également consulté des sites d’aide à la planification ou de partage de commentaires (ex.: TripAdvisor, igougo, etc.) au cours de leur démarche de réservation d’une chambre d’hôtel. Les sites proposant des rabais ou des promotions de dernière minute (ex.: cheapflights.com, Travelzoo, etc.) font également partie de l’arsenal d’aide à la réservation, utilisés d’abord pour la location d’autos (27%), ensuite pour les vols (25%) et les chambres d’hôtel (22%).

Visites de sites touristiques non transactionnels

On remarque également qu’une proportion importante de consommateurs a utilisé un métamoteur de recherche (ex.: Kayak, Farecompare, etc.) comme outil de comparaison des prix, particulièrement pour le segment aérien (21%). Les sites de destination tels que les portails des DMO sont les sites non transactionnels les moins utilisés au moment du processus de réservation des trois secteurs en question. Leur utilisation s’intensifie davantage à l’étape de la planification des activités à faire à destination.

On le constate, le processus de planification touristique est devenu complexe. Pour chacune des phases de réservation d’un voyage, le consommateur visite plusieurs catégories de sites avant d’arrêter son choix. Il est utopique de croire qu’un seul site pourra combler l’ensemble de ses besoins. Il faut reconnaître la valeur des sites non transactionnels, sachant notamment qu’un voyageur qui en a fréquenté un sera plus susceptible de procéder à une réservation lorsqu’il navigue ensuite sur un site transactionnel. Plus que jamais, l’internaute qui arrive sur votre site est un voyageur potentiel très bien informé!

Sources:

– Katz, Aaron et Cathy Schetzina. «Key 2009 Online Traffic and Conversion Trends», Compete et PhoCusWright, 20 octobre 2009.
– Rheem, Carroll et Cathy Schetzina. «Online Traffic and Conversion Report», Compete et PhoCusWright, septembre 2009.
– Skooiz. «Comment les Québécois utilisent-ils et cherchent-ils sur Internet?», mai 2009.

Lire aussi :
Dernières tendances dans l’utilisation du Web chez les voyageurs
Attention, les métamoteurs de recherche débarquent

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Perspectives

Indices de compétitivité du Québec pour le premier trimestre 2010

Grâce aux données compilées par le Conference Board du Canada, la Commission canadienne du tourisme (CCT) publie trimestriellement un rapport mesurant la compétitivité du Canada et des provinces en regard des autres destinations concurrentes.

Voici quelques extraits de ce rapport qui met en lumière les perspectives touristiques pour le Québec par rapport à ses marchés internationaux prioritaires, et ce, pour le premier trimestre 2010. Ces indicateurs tiennent compte des principaux indices prévisibles, soit le prix des prestations touristiques, le taux de change et la capacité aérienne pour les vols directs. À titre de référence historique à court terme, il est possible de consulter les analyses de perspectives précédentes (lire aussi: Indices de compétitivité du Québec pour le quatrième trimestre 2009).

L’année 2010 débute du bon pied

Après une diminution totale de près de 100 000 sièges disponibles vers le Québec au cours des deux derniers trimestres de 2009, voici que l’année 2010 s’annonce positive avec une capacité accrue de plus de 30 000 sièges (tableau 1). Les données de la firme BACK Aviation Solutions indiquent que les marchés américain, mexicain et français seront les trois principaux vecteurs de cette croissance pour le Québec. Seuls l’Allemagne et le Royaume-Uni continuent d’afficher un solde négatif de capacité avec des retraits respectifs d’environ 1000 et 1900 sièges.

Nombre sièges disponibles
On constate un revirement important concernant le Mexique ce qui peut sembler contradictoire avec la baisse récente du nombre de visiteurs mexicains due aux nouvelles exigences les obligeant à obtenir un visa. Précisons cependant que les vols entre le Canada et le Mexique sont composés à plus de 80% de voyageurs canadiens. La croissance anticipée s’explique probablement en grande partie par une forte demande pour des voyages des Québécois au Mexique cet hiver. Néanmoins, comme il s’agit uniquement de la capacité aérienne du Mexique vers le Canada, cela exclut tous les vols nolisés n’étant pas commercialisés à partir du Mexique, comme c’est le cas par exemple pour les vols d’Air Transat.

Déception britannique

Alors que l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta peuvent s’attendre à une reprise du marché britannique au premier trimestre 2010, ce n’est malheureusement pas le cas pour le Québec qui devra composer avec une autre baisse, cette fois de 4,4% (graphique 1). Rappelons qu’au quatrième trimestre 2009, le Conference Board faisait état d’un important recul du nombre de sièges pour ce marché vers le Québec de 16%. Pour les vols en provenance de l’Allemagne, le Québec est là aussi la seule province à ne pas bénéficier d’une croissance du marché alors que l’Alberta pourra compter sur une capacité bonifiée de plus de 15 000 sièges, soit une hausse de 54%.

Capacité aérienne
Du côté des États-Unis, on observe une timide reprise vers le Québec, l’Alberta et la Colombie-Britannique mais elle se fait attendre dans le cas de l’Ontario. Finalement, le Québec continue d’afficher une solide performance sur le marché français alors qu’il accapare plus de 93% de la croissance canadienne au premier trimestre 2010.

Le Canada sera compétitif sur l’indice du prix

Selon les données compilées par le Conference Board (graphique 2), il en coûtera plus cher de voyager au Canada (en bleu) durant le 1er trimestre qu’à la même période l’an dernier pour les touristes en provenance des États-Unis (+12,6%), du Mexique (+3,3%) et du Royaume-Uni (+11,1%). On remarque à l’inverse que les marchés australiens (-20%), sud-coréens (-15,5%) et japonais (-14,7%) amélioreront significativement leur pouvoir d’achat vis-à-vis de la destination canadienne.

Coût voyages Canada

Par ailleurs, on constate une détérioration de la compétitivité du Canada par rapport aux coûts vers les autres destinations à l’égard des marchés américains, mexicains, britanniques, français et Australiens. C’est avec les États-Unis que l’écart risque de se faire le plus sentir (+12,6 c. -3,3%). La compétitivité de la destination canadienne en matière de prix par rapport aux destinations concurrentes s’améliore toutefois pour les voyageurs en provenance de l’Allemagne, du Japon, de la Corée du Sud et de la Chine.

Rappelons que la variation de l’indice du prix pour la destination canadienne est principalement attribuable aux fluctuations du tarif aérien moyen pour des vols en provenance des marchés touristiques étudiés. À cela s’ajoute la variation du dollar canadien par rapport aux autres devises des marchés touristiques comparé à l’an dernier.

Source:
– Conference Board du Canada. «Voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada – Perspectives à court terme sur la concurrence, premier trimestre 2010», préparé pour la Commission canadienne du tourisme, octobre 2009.

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Produits et activités

Tourisme d’aventure, des idées en rafale

Plusieurs idées ont émergé de l’Adventure Travel World Summit qui s’est déroulé dans Charlevoix en octobre dernier. Dans cet article, vous saurez pourquoi il ne faut pas négliger l’apport d’une bonne histoire dans l’expérience du visiteur, pourquoi il faut absolument prévoir le transfert de la connaissance, particulièrement au sein d’une PME d’aventure, et comment il faut adopter un programme d’entreprise socialement responsable… et surtout très concret.

L’effet des histoires sur l’expérience

Edward Watchman et Sheree Johnson ont discuté de l’importance des histoires dans l’expérience touristique. Cette forme de communication humaine depuis toujours plaît à tout le monde. Les histoires jouissent d’un fort pouvoir de persuasion et elles influent sur le choix rationnel des consommateurs.

histoires

Parmi les avantages que procurent les histoires, en voici quelques-uns:

  • tisser des liens entre les gens;
  • donner un sens, apporter une signification;
  • inciter à l’action;
  • être mémorables (on oublie rapidement des faits et chiffres, mais on se souvient des histoires);
  • transcender les cultures, lier les gens à leurs croyances.

L’industrie du voyage dépend des choix du consommateur. Or, les décisions rationnelles des touristes sont d’abord conditionnées par des émotions. Les histoires influencent justement le choix rationnel des voyageurs. Citées à titre d’exemple de réussite, les entreprises Nike et Apple sont parvenues à rejoindre efficacement leur clientèle à l’aide d’histoires.

Il ne faut pas négliger l’apport d’une bonne histoire au sein de votre entreprise. C’est l’occasion de rendre votre produit encore plus vivant. Cela peut même faire en sorte que vous soyez choisi avant la concurrence.

Le transfert de la connaissance en entreprise d’aventure

L’auteur Steve Trautman a parlé de l’importance pour les gestionnaires de tourisme d’aventure de préserver l’inestimable capital de la connaissance en entreprise. On ne peut pas remplacer les années d’expérience et l’acquisition du savoir au fil des ans, mais on peut assurément réduire le temps nécessaire à la relève afin qu’elle puisse acquérir le discernement souhaité.

Steve Trautman soutient qu’il est important que les piliers d’une entreprise enseignent les notions, transmettent les connaissances qu’ils détiennent à leurs employés. Voici quelques exemples concrets.

  • Fixer les prix pour la nouvelle saison
  • Donner les consignes de sécurité à un groupe de clients
  • Choisir l’option d’hébergement pour une nouvelle destination
  • Prévoir un budget pour un forfait de groupe sur plusieurs jours
  • Mettre à jour les nouveaux produits sur le système de réservation
  • Utiliser les techniques de la vente incitative (up selling) et des services additionnels auprès des clients
  • Planifier les horaires pour le personnel à temps partiel
  • Gérer la clientèle insatisfaite

Les gestionnaires de tourisme d’aventure sont instinctifs et passionnés, mais ils doivent penser à cet enjeu du transfert des connaissances.

Une responsabilité sociale payante pour tous

Chris Noble de la compagnie d’assurances de voyages WorldNomads.com a expliqué pourquoi il peut s’avérer avantageux de s’associer à des causes de tourisme responsable. Il a donné l’exemple de son entreprise qui a établi un partenariat avec l’organisme Footprint Network. L’objectif de ce dernier consiste à faire une différence concrète dans les milieux défavorisés à l’aide de projets voués au développement durable. En achetant un produit d’assurance chez WorldNomads.com, les gens peuvent faire un don qui servira à une cause bien précise.Footprint

Jusqu’à maintenant, le programme Footprint associé à WorldNomads.com a permis de recueillir 284 000 dons ayant mené à la réalisation de 51 projets. Chris Noble a expliqué pourquoi cette initiative a fonctionné pour son entreprise.

  • C’est tangible aux yeux du client
  • C’est facile et s’applique à de petits projets
  • Tout l’argent versé est consacré aux projets
  • On fait preuve de transparence grâce à des rapports de suivi pour démontrer l’évolution des accomplissements
  • Ça fonctionne 24h sur 24 sur Internet

Participer à ce programme de développement durable entraîne plusieurs répercussions positives pour WorldNomads.com.

  • Apporte une personnalité d’authenticité à la marque
  • Arrime les valeurs associées à la marque et celles de la clientèle
  • Accroît la portée et la visibilité de la marque
  • Crée de nouveaux partenariats et des occasions de marketing
  • Augmente considérablement les revenus
  • Agit à titre de programme d’entreprise en matière de responsabilité sociale

La coquille technologie développée par WorldNomads.com permettant de recueillir facilement des dons par Internet est maintenant utilisée par d’autres entreprises souhaitant à leur tour s’associer à Footprint. L’approche semble extrêmement populaire. Par exemple, dans le secteur aérien, 86% des clients ont choisi d’effectuer un don. Plus de 3,2 millions de dollars par mois sont actuellement versés à ce programme.

Quelques bribes en rafale

Aid to Artisans (www.aidtoartisans.org) est un bon exemple de pratique en matière de tourisme responsable. Il s’agit d’un organisme sans but lucratif qui met en contact des artisans de différents pays en développement avec des marchés touristiques à la recherche de souvenirs qui ont une signification et qui sont novateurs. L’objectif consiste à créer des occasions d’affaires pour des artisans dans le besoin et à répondre à la demande d’entreprises touristiques souhaitant offrir à leur clientèle des produits originaux, mais surtout socialement responsables.

aidtoartisans

Les résultats du prochain sommet de Copenhague seront déterminants. Selon Hubert Reeves, il faudra en arriver à réduire de 70% les émissions de CO2, seulement pour stabiliser la planète.

Selon Jeff Dossett d’AdventureLink, le tourisme d’aventure est fondamentalement social. C’est pourquoi il recommande fortement aux entreprises d’utiliser les médias sociaux pour donner la chance à la clientèle de s’exprimer, de raconter ses récits. Le tourisme d’aventure est le créneau par excellence pour les gens désireux de créer un impact positif sur la société à partir de leur voyage. C’est l’occasion d’inspirer les autres.

Une présentation de l’Alpine Tourist Commission (www.alpseurope.com) a démontré la pertinence de s’associer en faisant fi des frontières géographiques. L’organisme The Alps assure la promotion du territoire alpin de cinq pays, soit l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la France et l’Italie. La vidéo promotionnelle conjointe présentée lors de la conférence faisait ressortir de façon éloquente la synergie des destinations à vendre l’expérience alpine et non un pays ou un territoire en particulier.

Alpes

Source:
– Adventure Travel World Summit, conférence qui s’est déroulée dans Charlevoix, du 19 au 22 octobre 2009.

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Produits et activités Segments de clientèles Tendances

Tendances 2010 dans le tourisme d’aventure

Les intérêts et les comportements des touristes d’aventure ont changé. Comment l’évolution des aspirations de cette clientèle influera-t-elle sur la composition de l’offre et sur les stratégies de marketing à l’aube de la saison 2010? Les mythes concernant l’absence d’occasions pour la distribution en ligne pour ce type de produit persistent… et pourtant! Compte rendu inspiré de l’Adventure Travel World Summit qui s’est déroulé dans la région de Charlevoix en octobre dernier.

Qui est le touriste d’aventure?

Xola, une firme de recherche sur le tourisme d’aventure, dresse quelques caractéristiques propres à cette clientèle aux États-Unis:

  • représentée par tous les groupes d’âge (27% des touristes sont âgés de 25 à 44 ans, 25% ont plus de 54 ans);
  • composée d’une forte proportion de voyageurs internationaux (62% ont fait au moins un voyage d’agrément à l’international au cours des trois dernières années);
  • 80% détiennent un passeport;
  • 68% disposent d’un revenu familial de plus de 75 000 USD.

Les activités les plus demandées sont la randonnée pédestre (81%), les aventures avec expériences culturelles (68%), le trekking (55%), l’observation de la nature (54%) et les parcs nationaux (53%). Le coût moyen d’un voyage d’aventure est de 3000 USD.

Les changements observés auprès de la clientèle

Afin de faire la lumière sur les dernières tendances du secteur, l’Adventure Travel Trade Association (ATTA) a dévoilé les résultats d’un sondage mené durant la première moitié de l’année 2009 auprès de 287 grossistes de tourisme d’aventure répartis dans 51 pays. Durant cette période, 33% des entreprises ont mentionné qu’en dépit de la crise économique, les réservations de l’année étaient en hausse. La majorité (56%) faisait toutefois état de réservations à la baisse par rapport à l’année précédente.

Les tendances pour 2010 lèvent aussi le voile sur des changements par rapport à la demande. On note un intérêt accru pour les éléments suivants (proportion d’entreprises ayant noté une augmentation):

  • itinéraires personnalisés (84%);
  • voyages axés sur des activités d’aventure (79%);
  • voyages plus courts (73%);
  • aventures axées sur une interaction culturelle (70%);
  • voyages plus rapprochés, des vols moins longs (55%);
  • voyages multigénérationnels (55%);
  • forfaits incluant une composante de tourisme volontaire (40%).

On note également une forte demande pour des produits de haute qualité, particulièrement ceux misant sur le développement durable. Les voyageurs sont beaucoup mieux informés à propos de cet aspect et le réclame davantage au moment de choisir leurs forfaits. Les entreprises doivent adapter leurs efforts marketing et de relations publiques afin que le message et le produit reflètent cette tendance.

Des changements ont également été observés quant aux destinations d’aventure recherchées par les voyageurs. Les régions ayant enregistré la plus forte augmentation d’intérêt sont les suivantes:

  • Amérique du Sud (26%);
  • Afrique du Sud (24%);
  • Europe de l’Ouest (23%);
  • Moyen-Orient (20%);
  • Asie du Sud (20%).

L’incertitude généralisée liée à la crise économique mondiale a aussi entraîné des changements dans les habitudes de réservation. La clientèle des grossistes réserve dorénavant moins longtemps d’avance. Plus de 35% d’entre eux croient que ce comportement est enraciné alors que le tiers des exploitants estiment plutôt que l’avenir est très difficile à prévoir à ce chapitre.

L’aventure du Web

Le virage Internet se poursuivra en 2010 pour les entreprises de tourisme d’aventure alors que 72% d’entre elles augmenteront leurs dépenses allouées à l’optimisation des moteurs de recherche et que 66% auront un budget de publicité en ligne accru. De plus, 77% des grossistes prévoient dédier une ressource spécialement pour les réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook. Près de la moitié des gestionnaires anticipent diminuer ou éliminer les publicités traditionnelles.

Dans un atelier distinct, Stephen Joyce de la firme Sentias Software abordait d’ailleurs d’importants enjeux en lien avec le réseau de distribution. Il a notamment fait état de quatre mythes associés à la vente de produits de tourisme d’aventure.

1- Le tourisme d’aventure est trop complexe pour être vendu en ligne

Stephen Joyce pense au contraire que les forfaits d’aventure ne sont pas complexes, mais constituent plutôt un amalgame de produits simples. Si l’on arrive à simplifier l’offre en décomposant les forfaits en blocs distincts, il est facilement envisageable de la distribuer en ligne. Par exemple, un safari de 10 jours en Afrique pourrait se diviser en trois expériences d’hébergement, en trois tours guidés et en deux transferts aériens.

2- Les GDS ne sont pas accessibles aux produits de tourisme d’aventure

C’est parce que l’offre d’aventure en ligne est limitée qu’il n’y pas lieu d’en effectuer la distribution via un GDS majeur. Il vaut mieux envisager de conclure un partenariat avec un important regroupement d’agences de voyages qui procurerait un accès à son réseau mondial de points de vente. Un partenariat avec les DMO (organisation de gestion de la destination) locaux, pour figurer parmi l’offre Web à destination, s’avère aussi une option intéressante en matière de stratégie de distribution.

3- La standardisation nécessaire à la distribution entraînera la banalisation

Selon Stephen Joyce, bien que la création de critères de standardisation favorise le magasinage de la clientèle, cela ne change rien au fait que le tourisme d’aventure est d’abord composé d’expériences variant énormément d’un forfait à l’autre. La possibilité de comparer les produits par un filtre de standards communs pourrait au contraire amplifier les éléments de différentiation et simplifier le processus de recherche et de sélection pour les consommateurs.

4- Le coût de la distribution est trop élevé

Pour qu’un forfait d’aventure soit rentable à vendre par le biais du réseau de distribution, il doit disposer d’une marge bénéficiaire d’environ 30% à 40%. Selon le canal choisi, le coût de distribution d’un produit d’aventure varie de 18% à 30%. L’objectif consiste à planifier une telle marge et à adopter la prémisse qu’une vente réalisée sur l’un de ces canaux ne se serait pas matérialisée autrement. Il ne faut pas négliger le fait que c’est habituellement le réseau de distribution qui paie les coûts de marketing associés à la vente du produit.

En conclusion, même si le secteur du tourisme d’aventure n’a pas été épargné par la crise économique, la plupart des entreprises y résistent bien. La demande pour des produits offrant des expériences riches, qui épousent les principes du développement durable, demeure forte.

Source:
– Adventure Travel World Summit, conférence qui s’est déroulée à Charlevoix, du 19 au 22 octobre 2009.

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Ailleurs dans le monde Technologies

Destinations touristiques sans fil, un comportement de consommation à redéfinir

Les technologies d’accès Internet sans fil à portée étendue permettent de nouvelles occasions sur les territoires. Les destinations, plus particulièrement les villes, peuvent tirer profit d’applications en implantant à grande échelle des réseaux sans fil. Pour l’industrie touristique, ces avancées technologiques auront un impact majeur, car le comportement du voyageur changera lorsqu’il aura accès au sans-fil partout et à un coût raisonnable. Nous voici à l’ère de la communication «géopertinente»! Dimitrios Buhalis, un chercheur britannique réputé, s’est intéressé à cette pratique de gestion et il a présenté les conclusions de son étude lors de l’Advances for Marketing Tourism Conference à Bournemouth.

Le Web sans fil et le tourisme: un mariage idéal

La clientèle touristique est composée d’individus ayant une propension très élevée à utiliser la technologie mobile. Certaines destinations ont déjà déployé des infrastructures d’Internet sans fil à grande échelle afin de répondre à un tel besoin auprès de leurs visiteurs. Selon le chercheur Dimitrios Buhalis, ces technologies maintenant très accessibles entraîneront inévitablement un lot de nouveaux enjeux et d’occasions pour les destinations et les organisations touristiques.

Jusqu’à présent, on se sert surtout de la technologie Wi-Fi pour mettre sur pied un large réseau sans fil. Les consommateurs utilisent actuellement plusieurs types d’appareils, tels que les ordinateurs portables et les téléphones intelligents, avec lesquels ils peuvent se connecter à Internet grâce au Wi-Fi. À l’échelle d’une destination, les applications liées au tourisme sont nombreuses et peuvent être divisées en quatre catégories.

1.Outils de navigation

Ces applications ont pour but de guider les voyageurs durant leurs visites touristiques. Par exemple, la ville de Derry en Angleterre propose un tour guidé multimédia de son offre culturelle et historique. Le territoire de la vieille ville est divisé en 6 zones et en 26 «portions» d’offre touristique. Tous les attraits sont «géolocalisés», ce qui permet au visiteur de recevoir toute l’information pertinente selon sa position précise sur le site. Le touriste bénéficie ainsi d’un riche contenu multimédia et d’une carte interactive, tout en effectuant ses déplacements à son rythme. Des appareils sont aussi offerts en location aux visiteurs (image).

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2.Outils marketing

Les applications d’affaires en lien avec le marketing mobile sont aussi susceptibles de bouleverser la relation entre la destination et le voyageur. Par exemple, à Stratford-upon-Avon en Angleterre, les visiteurs peuvent louer un appareil guide Web qui leur procure des suggestions promotionnelles pertinentes, basées sur leur localisation précise. Cet outil devient alors un puissant canal marketing, très efficace pour commercialiser l’offre locale et les rabais de dernière minute.

3.L’échange d’informations touristiques

Certaines municipalités comme celles de Minneapolis et de Westminster se servent d’un réseau sans fil étendu pour rendre l’information accessible aux touristes ou pour diffuser en temps réel des événements se déroulant dans la ville. C’est le nouveau protocole mobile WiMAX ou WiBro, faisant référence au service sans fil à très large portée, qui rend cette catégorie de services particulièrement attrayante. Ces standards de communication possèdent l’avantage de relier les points d’accès à des réseaux très étendus, palliant ainsi les limites qu’imposait la technologie Wi-Fi traditionnelle.  La technologie permet l’accès Internet même lors des déplacements à haute vitesse (plus de 120 km/h). Ainsi, les voyageurs peuvent par exemple envoyer des vidéos en ligne pendant le trajet d’un autocar, d’un train ou même d’un métro. Un service commercial de type WiBro a été mis en place à bord des autobus de la ville de Séoul, en Corée du Sud.

korea

4.Main-d’œuvre mobile

Les employés de la station de villégiature de Jackson Hole se servent de la technologie WiMAX pour améliorer la productivité de leurs employés. Ceux-ci l’utilisent pour acheminer, à partir de leur véhicule, tout type d’information tel que des extraits vidéo ou audio, à la direction ou à n’importe quel destinataire sur le site.

Plusieurs enjeux se pointent à l’horizon

Pour les destinations souhaitant implanter un réseau sans fil d’envergure, Dimitrios Buhalis recommande d’adopter un modèle de gestion où l’État agit comme principal actionnaire et maître d’œuvre des opérations, surtout si les objectifs concernent d’abord les avantages pour la société et non une source de profits. La majorité des cas étudiés ici étaient toutefois détenus et gérés par des intérêts privés, mais recevaient certaines contributions du secteur public.

La question de la tarification constitue d’ailleurs un enjeu de taille, puisque le déploiement de telles infrastructures est assez onéreux.  Plusieurs municipalités exigent des frais mensuels variant entre 10$ et 40$ par mois pour l’utilisation du service. À la ville de Derry, on a opté pour une stratégie flexible où les visiteurs se voient offrir gracieusement les 30 premières minutes. À la municipalité de St. Cloud, en Floride, les décideurs politiques ont fait le grand saut avec une approche gratuite pour tous, le modèle intitulé «Civic Wireless».  L’accès au Web sans fil est complètement financé par la Ville et est considéré comme un service public. St. Cloud cherche toutefois à intégrer un partenaire privé afin d’en diminuer les charges.

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Mentionnons qu’il existe aussi à Montréal une initiative similaire, Île sans fil, un organisme à but non lucratif ayant pour mission de fournir un accès Internet sans fil public et gratuit à Montréal. L’organisme concentre ses activités sur le déploiement de bornes d’accès Internet sans fil (environ 150) dans des endroits publics déterminés tels que les parcs et les cafés (voir image). Les services d’installation et d’administration des points d’accès sont offerts gratuitement.

mtl-sans-fil

Bien que ces développements technologiques en soient encore à une phase émergente, on s’attend à ce que plusieurs destinations prennent avantage des technologies BWA (Broadband Wireless Advanced). Les gestionnaires touristiques doivent se préparer à ces changements, particulièrement en ce qui a trait à l’influence de ces technologies sur les comportements de visite et d’achat du voyageur à destination.  Par exemple, cela entraînera beaucoup d’options pour les chasseurs d’aubaines qui, une fois rendus à destination, se verront offrir des promotions alors qu’ils auront déjà réservé.

Sources:
– Buhalis, Dimitrios et Luca Pistidda. «Wireless Applications in Destinations», Bournemouth University, Advances for Marketing Tourism Conference, tenue à Bournemouth du 7 au 9 septembre 2009.

http://usiwireless.com/

www.stcloud.org

www.wirelessderry.org

Jackson Hole

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Ailleurs dans le monde Marketing

La crise identitaire du tourisme en région, le cas de l’outback australien

D’un point de vue marketing, les autorités touristiques australiennes ne sont pas parvenues à créer des images distinctives des différentes régions éloignées du pays, ni à promouvoir pour chacune d’elles un positionnement unique. Les régions n’ont pas réussi non plus à faire consensus pour se regrouper et développer un branding national fort afin de commercialiser efficacement  l’outback australien. Conséquence: la performance touristique dans l’arrière-pays est en déclin. Deux chercheurs australiens de l’Université Charles Darwin ont analysé cette question et en ont présenté les conclusions lors de l’Advances for Marketing Tourism Conference à Bournemouth.

L’outback au cœur de l’identité touristique australienne

La problématique du développement touristique australien en région est très intéressante, car plusieurs des enjeux sont similaires à ceux ciblés par d’autres destinations, notamment par le Québec.

Les images presque mythiques de l’arrière-pays australien, le fameux outback, ont joué depuis plusieurs années un rôle majeur dans le marketing de l’ensemble de la destination, tant sur le plan domestique qu’international. L’Australie s’est toujours concentrée sur la mise en valeur des contrées rurales, considérées comme une source importante de motivation des voyageurs qui visitent le pays. Des études récentes confirment cette tendance alors que les visiteurs recherchent des expériences authentiques, où l’on trouve une véritable représentation de la nature et de la culture.

Récemment, Tourism Australia a même obtenu les droits sur les images de l’importante production cinématographique «Australia» afin que les voyagistes puissent les utiliser à des fins de promotion de l’outback australien. Ce film a véritablement procuré un deuxième souffle à ces régions éloignées.

Crise identitaire sur la terre du «down under»

Plusieurs régions touristiques de l’Australie se situent sur le territoire de l’outback (territoire en jaune sur la carte). Selon les observations effectuées par les chercheurs, l’agence nationale de marketing encourage chacun des territoires à établir son propre positionnement autour de cette image de l’arrière-pays. Par exemple, Western Australia se proclame «the real outback» alors que Northern Territory s’affiche en tant que «heart of the outback» et comme «Australia’s real outback». Pour le North West, c’est l’«authentic Aussie outback adventure». Même la ville de Sydney le commercialise avec plusieurs tours guidés dans un rayon de moins de 100 kilomètres de la ville.

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La labellisation officielle de l’appellation outback est employée par quatre États australiens et utilisée à outrance à l’échelle régionale. Cette appropriation du terme par autant de destinations différentes suggère que l’on accorde une importance majeure à cette composante dans l’offre touristique du pays. Pourtant, un regard rapide sur la carte montre plutôt que le territoire de l’outback ne représente en fait que la partie située hors des populaires zones côtières.

Le plus grand attrait de l’arrière-pays devient aussi sa principale faiblesse

Sur l’ensemble du territoire de l’arrière-pays, seules quatre municipalités possèdent une population de plus de 20 000 habitants, aucune ne surpasse 30 000. On n’y trouve aucun aéroport international et seulement deux villes disposent de vols domestiques pour voyager à l’extérieur de l’État. Plus de 80% des visiteurs voyagent de manière autonome sur le réseau routier, avec leur propre véhicule ou une voiture en location.

Ce qui rend l’image de l’outback attrayante, ce qui lui procure un positionnement fort, c’est son inaccessibilité, son envergure et son éloignement. D’un point de vue touristique, le message peut paraître contradictoire si l’on sait qu’on veut attirer un grand volume de visiteurs, dont la masse critique permettra de stimuler l’investissement.

Pourquoi l’outback australien est-il mal commercialisé?

Les deux chercheurs ont évalué les efforts de marketing et de positionnement de l’outback australien mis de l’avant au cours des dernières années. De 2001 à 2006, le tourisme dans l’arrière-pays a affiché une baisse constante: 15% pour le tourisme international et 3% sur le plan domestique. Pendant ce temps, l’ensemble du pays a vu son volume de voyageurs internationaux croître de 16%.

Les deux auteurs de l’étude ont tenté de comprendre pourquoi l’arrière-pays souffre d’une aussi piètre performance alors que le produit semble pourtant porteur et que les chiffres à l’échelle nationale sont excellents. L’analyse en profondeur du positionnement de chacun des territoires et des messages véhiculés permet d’avancer des hypothèses.

D’abord, la différentiation des expériences dans chacune des régions d’arrière-pays est très faible, les caractéristiques fondamentales étant les mêmes partout. Aucune région n’a su se démarquer, se distinguer du standard de l’outback fondé sur les images illustrant toujours les mêmes messages promotionnels. Chaque région se considère intensément comme «la vraie», «la seule authentique» outback. Pour le touriste, le message perçu est confus et la comparaison entre les régions devient alors purement subjective. Par conséquent, plus de touristes se résignent à visiter les zones accessibles en périphérie urbaine et délaissent l’option de découvrir le véritable outback.

Vivre ou périr ensemble!

Les autorités touristiques n’ont pas réussi à positionner de façon distinctive chacune des régions offrant l’outback. Selon les chercheurs, toutes les entités touristiques doivent prendre clairement position pour un branding national unique et fort par lequel tout le monde y sera gagnant ou perdant. Une autre option serait que le pays s’engage dans un processus d’évaluation (monitoring) des avantages compétitifs de chacune des régions de manière à déterminer ses meilleurs atouts. Or, cette approche favorisera inévitablement des régions au détriment d’autres.

L’outback australien doit être considéré comme une agglomération de régions réunies par un attribut géographique. Sa commercialisation comme un tout fait autant de sens que l’idée de vendre par exemple les Alpes, les plages des Caraïbes ou la savane africaine. Le développement touristique obéit trop souvent à des impératifs administratifs alors qu’il devrait suivre une logique géographique. Plusieurs destinations partagent certes des défis similaires à ceux de l’Australie.

Source:

– Carson, Dean et Andrew Taylor. «We’ll all go down together: the marketing response of Australia’s outback destination to recent declines in performance», Bournemouth University, Advances for Marketing Tourism Conference, tenue à Bournemouth du 7 au 9 septembre 2009.

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Marketing

Vendre une destination à moitié prix comme outil marketing: le cas de Poznan

Les gestionnaires d’une ville polonaise ont adopté une forme innovatrice de collaboration marketing basée sur la tarification afin de stimuler la demande touristique: inviter les touristes à découvrir la ville «à moitié prix» pendant deux jours. Les dirigeants ont observé une hausse de 55% du nombre de chambres occupées comparativement à la fin de semaine précédente. Un chercheur polonais s’est intéressé à cette pratique de gestion et a présenté les conclusions de son étude lors de l’Advances for Marketing Tourism Conference à Bournemouth.

L’objectif de la démarche

L’initiative de l’événement «Poznan à moitié prix» consiste à permettre aux visiteurs poznan1locaux et de l’extérieur de la région de bénéficier d’une réduction de prix de 50% pour les services touristiques de la ville, incluant les attraits et l’hébergement. L’objectif de ce projet original visait à changer l’image touristique de la ville prioritairement sur le marché polonais. La période ciblée se limitait à une fin de semaine seulement, celle du 24-25 mai 2008.

Même si sa performance touristique est correcte avec près de 900 000 touristes annuellement, Poznan est d’abord considérée comme une destination d’affaires et un lieu de conférences. Seulement le tiers des visiteurs y viennent par agrément. Il existe à cet égard un problème de perception, puisque les voyageurs potentiels présument que la ville cible principalement les gens d’affaires et que les prix sont en conséquence très élevés. On croit aussi à tort que Poznan n’est pas très divertissant.

L’objectif du projet et de l’outil de promotion par le prix visait aussi à stimuler l’achalandage de l’offre culturelle et récréative de la ville. Plus précisément, les activités marketing avaient trois cibles: les visiteurs, les résidants et l’opinion publique. Quatre objectifs plus spécifiques ont aussi été avancés:

  • créer une image positive de Poznan comme lieu attrayant pour le tourisme culturel ou patrimonial et comme destination urbaine pour les courts séjours;
  • influencer les habitudes de consommation de loisir des résidants afin de rehausser leur intérêt pour l’offre culturelle locale;
  • accroître la demande touristique pour Poznan, particulièrement l’achalandage durant les fins de semaine;
  • diversifier les produits touristiques et les prestations culturelles de la ville.

Est-ce une bonne idée de baisser les prix?

D’entrée de jeu, il peut sembler contraire aux bonnes pratiques de gestion de vouloir stimuler la demande touristique en cassant les prix (lire aussi: Marketing en temps de récession). Des études ont démontré qu’une baisse des prix nuit à la rentabilité à long terme. Appliquée à l’échelle d’une entreprise, une diminution des prix n’engendre qu’une frénésie éphémère des acheteurs et par conséquent une augmentation temporaire des ventes.

Néanmoins, l’objectif de Poznan se distingue de cette approche. On voulait commercialiser la destination dans son ensemble en s’appuyant sur une promotion axée sur le prix et en faire un événement marketing. En agissant de cette façon, on visait à faire bénéficier la destination d’un important battage publicitaire et de se servir de l’événement comme d’un outil de relations publiques.

Les défis d’une telle approche de concertation

Les acteurs liés au projet ont commencé la planification de l’événement six mois à l’avance. Le conseil municipal agissait à titre de maître d’œuvre et assurait la part de financement du secteur public. Obtenir l’aval d’une masse critique d’entreprises privées prêtes à offrir des prix réduits durant une fin de semaine représentait le principal défi de la démarche. On souhaitait recueillir la participation du plus grand nombre possible d’hôtels, de restaurants, de musées et d’autres attractions touristiques de Poznan. C’était la première fois qu’une telle stratégie était utilisée en Pologne. Plus de 200 partenaires ont été sollicités, et des rencontres d’information entourant les modalités liées à la tarification ont été organisées. En dépit de tous ces efforts, seulement 35 organisations, dont 12 hôtels et 8 musées, ont participé à l’événement.

Des résultats inespérés

Unanimement, les partenaires du projet se sont déclarés satisfaits des résultats et ont indiqué que tous les objectifs à court terme avaient été atteints. L’événement a notamment suscité beaucoup d’intérêt parmi les segments de clientèle visés.

Des entrevues ont été conduites auprès des entreprises et des visiteurs. Voici les principaux indicateurs de performance qui ont résulté de l’expérience.

  • Environ 13 000 personnes ont participé à l’événement (46% de résidants, 54% de visiteurs).
  • Les restaurants ont enregistré une hausse du nombre de repas vendus de 30% par rapport à la fin de semaine précédente.
  • Le nombre de chambres vendues a connu une hausse spectaculaire de 55%.
  • 75% des visiteurs ont mentionné qu’ils envisagent de revenir à Poznan pour une autre fin de semaine durant la même année.
  • 88% des visiteurs ont eu une opinion positive de l’événement, jugeant qu’il contribuait à améliorer l’image de la destination et qu’il convenait très bien aux plus jeunes générations.
  • En dépit d’une participation limitée des entreprises, seulement 7% des visiteurs ont émis une opinion négative en raison d’une offre trop limitée. Certains ont aussi jugé l’événement trop court.
  • La couverture médiatique a été excellente, tant dans les agences de presse que dans les grands journaux, à la radio, à la télévision et sur Internet.

L’expérience sera reconduite

Encouragées par ces excellents résultats, les autorités touristiques poznan2ont décidé de répéter l’événement en 2009, durant la fin de semaine du 13-14 juin. Cette fois, il a été plus facile de convaincre les partenaires d’adhérer au projet. Le nombre d’organisations participantes a grimpé à 61 cette année. La réponse du marché a elle aussi été meilleure alors que le nombre de visiteurs est passé de 13 000 à 21 000.

Selon Piotr Zmyślony, le chercheur responsable de cette étude de cas, la réussite de l’implantation d’un tel outil marketing peut être interprétée comme un instrument de mesure de la capacité des partenaires à travailler ensemble et de leur niveau d’engagement. Il ajoute que dans l’éventualité d’un échec, il n’y aurait aucun effet négatif sur l’image de la destination et que cela ne nuirait pas aux partenariats en place.

Source:

– Zmyślony, Piotr. «City for half-price: Towards the collaborative price decision-making in a tourism destination», Poznan University of Economics, Advances for Marketing Tourism Conference, tenue à Bournemouth du 7 au 9 septembre 2009.

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Ailleurs dans le monde Technologies

Les facteurs de succès d’un blogue et d’un forum: étude de cas d’un DMO du Tyrol

Des chercheurs de l’Université de Bolzano en Italie ont effectué une analyse comparative des facteurs de succès d’un blogue et d’un forum de discussion à partir des observations faites sur les sites Web d’un DMO, celui du Tyrol du Sud en Italie. Voici les principales conclusions de ces recherches présentées à l’occasion de l’événement Advances for Marketing Tourism Conference qui s’est déroulé à Bournemouth en septembre dernier.

Contexte de la recherche

L’étude menée par Serena Volo et Linda Osti a été effectuée à partir de deux différents sites Web, un blogue et un forum de discussion. Le site DMO (organisation de gestion de la destination) du Tyrol du Sud possède un blogue pour sa clientèle. Celui-ci apparaît uniquement dans une version C2C, soit une communication limitée entre les consommateurs, sans intervention de l’organisation.

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Les chercheurs ont analysé 105 contributions à ce blogue, incluant les photos, sur une période comprise entre 2006 et 2008. Les sujets abordés par les blogueurs variaient de la description détaillée de leur voyage à des demandes pour des suggestions d’hébergement ou de restaurants. Le profil des gens ayant contribué à un tel blogue est très diversifié, allant de jeunes adultes à de grands-parents. Les trois quarts des blogueurs étaient des visiteurs «répétitifs» de la destination. Quant au forum de discussion «On-Ice», dédié aux sports d’aventure en montagne et aux excursions touristiques, il est hébergé sur un site Web indépendant.

Voici quelques conclusions de l’analyse du forum de discussion et du blogue du DMO du Tyrol du Sud:

  • Le blogue et le forum de discussion sont deux outils marketing intéressants pour les DMO mais les forums apparaissent plus risqués.
  • Les blogues et les forums comportent chacun leurs propres bénéfices. S’ils sont bien exploités, ils peuvent servir les intérêts des DMO et des participants de manière complémentaire.
  • Les chercheurs ont remarqué que le blogue contient parfois une trop grande variété de sujets de communication animés par divers utilisateurs qui demandent et s’échangent de l’information. Ce faisant, le blogue prend alors les allures d’un forum et ne répond plus aux objectifs recherchés au départ.
  • Si un DMO adopte la stratégie de proposer les deux outils aux internautes, il s’assure de combler de façon plus pointue les différents besoins des deux groupes. De plus, il s’agit pour le DMO d’une occasion de récolter davantage d’informations personnalisées et d’en apprendre plus sur les expériences et les comportements passés et potentiels des touristes pour ainsi adapter les stratégies marketing. De plus, un lien vers la page Facebook ou Twitter du DMO pourrait être créé afin d’élargir la portée des outils à la communauté virtuelle.

Facteurs de succès pour un blogue et un forum

Les chercheurs ont également déterminé les principaux facteurs de succès caractérisant chacune des communautés virtuelles. Les  critères établis dans le forum «On-Ice» sont les suivants:

  1. La simplicité de la navigation sur le site et de la création de nouveaux sujets. S’il s’avère ardu de trouver l’information, l’internaute ira sur un autre site.
  2. La fiabilité de l’information qui est publiée et l’intégrité des participants.
  3. La contribution à de nouveaux sujets de discussion par un grand nombre d’utilisateurs.
  4. La qualité du mode d’expression. Un lieu d’échange respectueux des autres membres au sein d’un environnement aussi interactif qu’un forum constitue un facteur important.
  5. La dimension territoriale et l’homogénéité. Dans le cas d’un forum régional comme «On-Ice», la majorité des utilisateurs proviennent du nord de l’Italie et partagent les mêmes styles de vie. Les sujets soulevés sont habituellement en lien avec de courts séjours dans cette région. C’est cette homogénéité entre les participants et les thématiques abordées qui s’avère un facteur de succès de ce forum.
  6. La création d’une communauté qui n’est pas seulement virtuelle, mais aussi réelle. Dans les forums, la possibilité de rencontrer les personnes dans la vraie vie constitue un point important pour les participants.

Quant aux facteurs de succès liés aux blogues, ils sont sensiblement les mêmes que ceux établis pour les forums. Des différences ont été observées en ce qui a trait à la simplicité de navigation qui semble moins importante dans le cas des blogues.

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Améliorer la portée marketing des communautés virtuelles

Les chercheurs ont noté que l’utilité de l’information obtenue par le biais des forums et des blogues est malheureusement souvent limitée par le fait qu’elle ne peut être associée à d’autres informations de nature sociodémographique. Ce sont ces dernières qui agissent à titre d’indicateurs prévisionnels du comportement de la clientèle. Les gestionnaires gagneraient à colliger, sur une base régulière, les données sociodémographiques des utilisateurs de leurs communautés virtuelles. Cette étape franchie, leur profil peut être lié à leur entrée sur le blogue ou sur le forum, augmentant ainsi la pertinence marketing des informations recueillies à propos de la clientèle pour les DMO.

Par contre, en demandant de telles informations personnelles, on doit s’attendre à des changements importants en ce qui a trait au comportement des utilisateurs, à savoir qui participera et comment ils le feront. Il faut garder à l’esprit ce compromis avant d’amorcer un tel processus de collecte de données.

Certaines avenues existent néanmoins pour motiver les utilisateurs et les inciter à fournir des informations personnelles avant de publier un contenu sur le blogue ou le forum. Par exemple, le site Web de l’office de tourisme du Tyrol du Sud a lancé un concours pour la meilleure intervention sur le blogue du DMO. Il s’agit d’une stratégie qui peut être efficace mais qui crée inévitablement un biais sur la spontanéité naturelle des contenus publiés.

Sources:

– Volo, Serena et Linda Osti. «User generated content: an investigation of success factors for blogs and forums», Advances for Marketing Tourism Conference, tenue à Bournemouth du 7 au 9 septembre 2009.

– Forum du Tyrol du Sud
Blogue du Tyrol du Sud

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Perspectives

Aucune croissance du marché britannique au Canada pour les cinq prochaines années

Le marché britannique représente le premier marché d’outre-mer en importance pour le Canada, le deuxième pour le Québec.  Malheureusement, il semble qu’à court terme, nous pourrons difficilement  compter sur ce marché pour relancer la croissance du tourisme international. On anticipe même une baisse d’achalandage de 6,7% pour l’année 2011. Globalement, le volume touristique des départs à l’étranger des Britanniques stagnera en 2009 mais affichera une lente reprise de 3% de 2010 à 2013.

Une croissance qui se fait attendre

Selon les dernières prévisions d’Euromonitor International, les perspectives touristiques pour les voyages vers le Canada d’ici 2013 s’avèrent plutôt ternes (graphique 1).  Les années 2010 et 2011 seront marquées par des baisses du nombre d’arrivées et il faudra attendre 2013 pour atteindre à nouveau le seuil de l’année 2009.

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Après une croissance de 2,4% en 2009, Euromonitor prévoit une baisse combinée de plus de 9% pour 2010 et 2011 (graphique 2). D’ailleurs, c’est le Canada qui subira la plus forte baisse au cours des deux prochaines années sur le marché britannique. Heureusement, on s’attend à une croissance supérieure à la moyenne internationale pour les années 2012 (+5,3%) et 2013 (3,9%).

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L’Espagne constitue la destination principale des Britanniques avec 14 millions de voyages en 2008. L’évolution des déplacements internationaux de ce marché est intimement liée au développement des liaisons aériennes low cost.  La Turquie a enregistré les meilleurs taux de croissance au cours des dernières années pour les voyages en provenance du Royaume-Uni. En 2008, cette destination montre un gain spectaculaire de 11% par rapport à l’année précédente.

La concurrence des destinations émergentes se fait de plus en plus sentir grâce à l’ajout de nouvelles liaisons aériennes à bas prix. C’est le cas par exemple de l’Ukraine qui a récemment bénéficié de nouveaux vols en provenance du Royaume-Uni. Même constat du côté de la région du Moyen-Orient qui exerce, elle aussi, une attraction grandissante au cours des dernières années auprès de ce marché. Les grands gagnants, particulièrement durant les mois d’hiver, sont Israël, l’Égypte et Dubaï.

Source:
-Euromonitor International. «Tourism Flows Outbound – United Kingdom», Country Sector Briefing, août 2009.