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Produits et activités

L’avenir de la motoneige touristique passe-t-il par le marché américain?

Comme destination touristique de motoneige, le Québec jouit d’une bonne réputation à l’échelle mondiale. Il s’agit toutefois d’un secteur à maturité victime notamment des hausses du coût du carburant et de fortes pressions sur le plan environnemental. Des résultats touristiques mitigés génèrent inévitablement des questionnements. A-t-on fait le plein des touristes motoneigistes ou passe-t-on à côté de marchés porteurs peu exploités? Le développement de nouveaux marchés éloignés aux États-Unis pourrait-il s’avérer intéressant pour les voyagistes et le créneau de la location? Serait-il possible de donner un nouveau souffle à l’industrie de la motoneige au Québec?

Recrudescence de la demande québécoise

Les années 2000 coïncident avec le déclin de la demande, particulièrement du côté de la clientèle américaine des motoneigistes qui est en chute libre. Un regard historique sur les droits d’accès vendus nous apporte un éclairage sur l’état de la situation en ce qui concerne plus précisément le marché des propriétaires de motoneige (graphique 1).

Depuis 2000-2001, le nombre de droits vendus n’a cessé de diminuer, sauf la dernière saison qui a connu une croissance spectaculaire de 27% par rapport à 2006-2007 (+35% auprès de la clientèle québécoise). L’hiver précoce de 2007 a certes été un important déclencheur d’intérêt.

En 2007-2008, les Québécois ont acheté 88% des droits d’accès.

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La demande ne se limite pas qu’aux propriétaires, puisqu’un nombre important de touristes pratiquent cette activité avec une motoneige empruntée ou de location. Selon le Print Mesurement Bureau (PMB) 2008, 346 000 Québécois de 12 ans et plus ont pratiqué la motoneige au moins une fois au cours des 12 derniers mois.

Selon la même enquête, l’ensemble du marché canadien atteint 1,16 million de motoneigistes. De ce nombre, quelque 394 000 Canadiens (122 000 Québécois) ont déclaré avoir pratiqué la motoneige à l’occasion de voyages de vacances au Canada.

Voici plus précisément d’où proviennent les 12 765 motoneigistes des marchés extérieurs qui ont acheté un droit d’accès au Québec lors de la saison 2007-2008 (graphique 2).

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L’énigme américaine

Du côté de la clientèle américaine, la situation est beaucoup moins reluisante. Au cours de la saison 2000-2001, plus de 17 000 d’entre eux ont acheté un droit d’accès au Québec. En 2007-2008, ils étaient à peine 6000, soit une chute de 65%. Pourtant, l’étude de Travel Activities & Motivation Survey (TAMS) de 2007 révèle que plus de 3,8 millions d’Américains ont pratiqué la motoneige durant un voyage d’une nuit et plus au cours des deux dernières années. Pour environ la moitié d’entre eux, la motoneige constituait la principale motivation du voyage. Force est de constater que le marché actuel du Québec représente une infime partie de l’ensemble du potentiel américain.

Il faut savoir que parmi les motoneigistes américains, plus de 380 000 ont aussi réalisé un voyage au Québec au cours des deux dernières années. Toutefois, seulement 37 % de cette clientèle potentielle est issue des marchés traditionnels du Québec, soit la Nouvelle-Angleterre et l’Atlantique Centre (New Jersey, New York, Pennsylvanie). Or, ces marchés représentent pourtant 95% de la clientèle actuelle des motoneigistes qui achètent des droits d’accès.

L’adepte américain

L’étude de TAMS de 2007 nous donne d’intéressantes précisions sur le portrait type de l’adepte de la motoneige et du quad:

  • un homme âgé de 18 à 44 ans vivant en couple ou en famille;
  • affiche un niveau de scolarité inférieur à la moyenne;
  • dispose d’un revenu de ménage supérieur;
  • plus actif pour les activités extérieures (ex.: chasse et pêche, équitation, sports extrêmes) et culturelles (ex.: concerts, spectacles et festivals d’humour, casinos, événements sportif, équestre ou western) que le voyageur d’agrément moyen;
  • plus porté à camper dans les parcs nationaux ou dans des lieux isolés;
  • plus susceptible d’avoir effectué un voyage au Canada que le voyageur américain d’agrément moyen;
  • visite l’Ontario 2,5 fois plus souvent que le Québec et considère la Colombie-Britannique comme la province la plus attrayante du Canada;
  • utilise Internet autant, sinon plus, que les autres voyageurs d’agrément.

De nouvelles opportunités

Beaucoup de motoneigistes américains ne sont probablement pas propriétaires d’une motoneige, puisque environ 50% des adeptes proviennent d’États situés au sud du pays.

De plus, la majorité de ceux qui ont pratiqué la motoneige l’a fait lors d’une randonnée journalière à l’occasion d’un séjour touristique multiactivités. Par exemple, près de 525 000 motoneigistes qui habitent la région du Pacifique (majoritairement représentée par la Californie) ont réalisé une excursion de motoneige à l’intérieur de la même journée tandis que seulement 160 000 l’ont fait pendant un périple incluant plusieurs nuitées à l’extérieur de la ville.

Traditionnellement, l’offre touristique de motoneige présentée aux Américains s’est toujours concentrée sur le marché limitrophe, ciblant principalement les propriétaires. Le temps est-il venu de modifier quelque peu la stratégie? Devrait-on réviser notre offre de manière à proposer plus de forfaits multiactivités et à mieux satisfaire les aspirations de l’ensemble de la clientèle américaine, incluant celle des États éloignés? De tels forfaits, mis en marché par plusieurs voyagistes, séduisent depuis longtemps la clientèle européenne.

Concluons qu’il existe un potentiel bien réel d’attirer les Américains, mais qu’il subsiste un défi à relever en ce qui concerne leur perception du Québec.

Avec la collaboration de Olivier Payette

Lire aussi:

Capsule – Le développement durable et la motoneige: un défi à relever
La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement
La motoneige en harmonie: deux exemples de réussite
Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement

Sources:
– Chaire de tourisme Transat de l’ESG-UQAM. «Tourisme hivernal – Motoneige», Diagnostic final préliminaire, 21 mars 2003.
– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «U.S. Travel Market; Snowmobiling and ATVing while on trips of one or more nights», Travel Activities & Motivation Survey, avril 2007.
– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «U.S. Travel Market; U.S. Travelers to Quebec», Travel Activities & Motivation Survey, janvier 2008.
– Print Mesurement Bureau, 2008.
– Robbins, Jim. «Judge Rejects Plan for More Snowmobiles at National Parks», The New York Times, 16 septembre 2008.

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Enjeux Produits et activités

Le développement durable et la motoneige: un défi à relever

En dépit des importantes retombées économiques qu’elle génère, l’industrie de la motoneige continue de susciter des débats en ce qui a trait au développement durable. La contemplation des paysages et le contact avec la nature figurent parmi les principales motivations qui incitent les gens à faire de la motoneige. Cet attrait de la nature sauvage amène donc les motoneigistes à pratiquer leur sport dans des lieux de prédilection tels que les parcs.  Doit-on trouver un compromis afin de permettre une circulation partielle des motoneiges sachant qu’elles constituent une source de pollution et qu’elles sont susceptibles de déranger la faune?

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Au Québec, on a pris la décision de respecter les intérêts environnementaux concernant la présence des motoneiges dans ces zones de préservation. Le gouvernement prévoit se conformer à un règlement de l’an 2000 qui interdit les véhicules hors route dans les parcs provinciaux, au plus tard en 2009.

Aux États-Unis, l’approche des autorités à cet égard diffère quelque peu. Le National Park Service a déposé en 2007 un imposant rapport (Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement) qui dresse un portrait de la situation quant à l’impact de la circulation des véhicules sur la neige, notamment dans les parcs de Yellowstone et de Grand Teton, très prisés des motoneigistes. La position américaine préconise un contrôle de l’accès plutôt qu’une interdiction complète. Le rapport fait état d’impacts mineurs sur la faune, la qualité de l’air et la pollution sonore.

La Cour américaine intervient

Les lobbys environnementaux n’ont toutefois jamais cessé de mettre la pression sur le gouvernement, et récemment un juge fédéral leur a donné raison. Le 15 septembre dernier, la Cour fédérale américaine a renversé la décision de l’administration Bush en statuant que l’autorisation d’accès à plus de 500 motoneiges par jour dans les parcs de Grand Teton et Yellowstone contrevenait à la responsabilité première du National Park Service de protéger les parcs. Le juge a intimé le service des parcs de proposer un nouveau plan.

À l’hiver 2008, ce sont 720 motoneiges BAT (Best available technology) qui ont quotidiennement été autorisées dans ces parcs. Tous ces véhicules sont accompagnés par des guides professionnels, et les périodes de fréquentation sont limitées.

Cette décision aux États-Unis constitue une balise importante en ce qui concerne les politiques de gestion des accès des véhicules hors route aux zones naturelles. La cohabitation entre la motoneige et l’environnement n’a pas fini de faire jaser. La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec a d’ailleurs emboîté le pas vers une démarche verte en déposant le 19 septembre dernier son plan quinquennal pour l’environnement.

Le durcissement des politiques gouvernementales dans un souci de favoriser le développement durable pourrait s’avérer porteur de nouvelles solutions technologiques. Il faudra notamment surveiller l’apparition de motoneiges électriques, comme le modèle Symetron de Racer Technologies, qui pourraient un jour ou l’autre révolutionner cette industrie.

Avec la collaboration de Olivier Payette

Lire aussi:

L’avenir de la motoneige touristique passe-t-il par le marché américain?
La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement
La motoneige en harmonie: deux exemples de réussite
Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement

Sources :

– Fédération des clubs de motoneigistes du Québec. «Plan d’action quinquennal de la FCMQ pour l’environnement», 19 septembre 2008.
– National Park Service, U.S. Departement of interior. «Final winter use rule for Yellowstone and Grand Teton», published in Federal Register, décembre 2007.

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Faits et chiffres Marchés géographiques Tendances

Le touriste américain: une espèce en évolution

On parle beaucoup de la baisse importante que le Canada subit relativement au marché touristique américain. Néanmoins, au-delà des chiffres de volume, le touriste américain continue d’évoluer, ses comportements de voyage changent, ses habitudes de planification se modifient. Voici un portrait de ce touriste d’aujourd’hui, sans égard à la destination visitée.

La préparation

Afin de mieux comprendre comment évolue le touriste américain contemporain, nous avons regroupé une panoplie d’indicateurs concernant différentes facettes reliées à ses habitudes de voyage (lire aussi: Les Américains: de la visite rare, qui reste plus longtemps… mais dépense moins!). Même si ces informations touchent spécifiquement le marché américain, plusieurs de ces tendances peuvent être extrapolées à l’ensemble de la clientèle touristique.

L’Office of Travel & Tourism Industries (OTTI) compile annuellement un certain nombre d’indicateurs qui nous apprennent notamment que, en l’espace de six ans, Internet (38%) a rattrapé l’agence de voyages (37%) comme source d’information pour la prise de décision des voyages internationaux effectués en avion (tableau 1). La différence était pourtant considérable en l’an 2000 avec 30 points d’écart.

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En ce qui concerne l’étape de la réservation, Internet a pris de l’ampleur, mais demeure second derrière l’agence de voyages (tableau 2). Les voyageurs d’agrément sont toutefois davantage portés à réserver en ligne (32%) que la clientèle d’affaires (18%).Les voyages internationaux sont planifiés plus longtemps à l’avance, soit 90 jours avant la date de départ en 2006 comparativement à 77 jours en 1997.

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Les motivations de voyage

La proportion d’Américains qui voyagent par agrément ou en visite chez des parents et des amis (VPA) est en croissance par rapport à celle du tourisme d’affaires (graphiques 1 et 2), et ce, bien que le nombre absolu des voyageurs d’affaires augmente. À eux deux, les voyages d’agrément et les VPA composent 73% de l’ensemble des déplacements internationaux par avion des Américains en 2006. Ce sont les hispaniques et les autres minorités ethniques qui provoquent une augmentation des VPA.

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Les activités pratiquées

Sur le plan des activités pratiquées en voyages à l’étranger, les Américains démontrent une étonnante constance (tableau 3). Toutefois, dans l’ensemble, les touristes se montrent un peu moins actifs durant leur séjour. En effet, presque toutes les activités affichent un taux de participation identique ou en baisse en 2006 par rapport à 1996. La plus importante baisse de popularité concerne les visites en campagne (-6%). Seuls les tours guidés présentent une légère hausse (+1%).

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Les baby-boomers sont les plus grands consommateurs de voyages de luxe puisqu’ils génèrent plus de 80% des dépenses pour ce type de produit. Précisons que ce sont les jeunes baby-boomers (45-55 ans) qui sont les plus enclins à voyager à l’étranger plutôt que les plus âgés (56-63 ans).

Par ailleurs, selon un sondage réalisé par Travelocity auprès de sa clientèle américaine, plus de 55% des gens planifiaient réaliser un voyage multigénérationnel au cours de l’année 2008. Les principales activités pratiquées lors de ces voyages sont la plage (23%), les activités de plein air (19%) et les expériences culturelles (13%). Fait intéressant, près de la moitié (45%) ne prévoient aucune activité pour un tel voyage.

D’après le même sondage, 33% des répondants envisagent d’effectuer un voyage «de filles» ou «de gars». L’absence de programmation est encore plus évidente : 67% des répondants n’ont aucune activité prévue.

Les intérêts croisés

Les personnes qui voyagent à l’étranger présentent un profil d’ensemble distinct des autres Américains sur plusieurs aspects. Pour des fins de marketing ou pour mieux comprendre les divers intérêts des voyageurs, il est intéressant d’analyser quels sont les produits ou les activités les plus compatibles avec eux. La revue annuelle Lifestyle Market Analyst compile de tels indices où le nombre 100 représente la moyenne américaine. Voici les produits et les activités affichant la plus forte corrélation avec les Américains qui voyagent à l’étranger:

•    Assiste à des événements culturels ou artistiques (258)
•    Ski fréquemment (236)
•    Investit dans l’immobilier (231)
•    Joue au tennis fréquemment (226)
•    Apprécie le vin (224)
•    Voyage aux États-Unis (217)
•    Apprécie la cuisine gastronomique (204)
•    Investit à la bourse (201)
•    Apprécie les antiquités et les œuvres d’art (196)
•    Adepte de la science et des nouvelles technologies (193)
•    Sensible au patrimoine national (190)
•    Pratique le bateau à moteur ou à voile (183)

Les facteurs d’influence

Diverses formes d’influence conditionnent le processus décisionnel du voyageur. La conscientisation pour un tourisme plus responsable se répercute clairement sur certains projets de voyage. Selon un sondage de Travelocity effectué auprès de ses membres, environ 18% des gens ont mentionné avoir déjà effectué dans le passé un voyage qui comprenait une composante de philanthropie ou de volontarisme. C’est encore plus marqué sur le plan de l’intention, alors que 38% souhaiteraient incorporer une telle forme d’engagement dans leur plan de voyage de 2008. Les causes identifiées concernent d’abord l’environnement (33%), l’éducation (30%) et la santé (17%).

Selon ce même sondage, le souci pour un tourisme durable déborde les intentions et se traduit par une volonté de dépenser davantage. Environ 34% des gens sont prêts à débourser jusqu’à 50$ supplémentaires pour une destination soucieuse de l’environnement, 23% de 51$ à 100$ et 21% plus de 100$.

En matière de choix d’hébergement, un grand nombre de facteurs s’ajoutent à la variable du prix. Voici quelques-uns des principaux éléments pris en considération avant de réserver une chambre selon un sondage effectué par Greenfield Online auprès d’Américains qui ont séjourné dans des établissements aux États-Unis, par agrément ou par affaires.

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Une croissance, mais…

Le comportement de voyage du touriste américain demeure intimement lié aux cycles économiques que vivent les États-Unis. Les signes persistants de ralentissement économique agissent comme toile de fond et peuvent accentuer certaines tendances relevées précédemment, voire générer de nouvelles habitudes de voyage.

Selon Mintel, les Américains conserveront leur troisième position parmi les principaux marchés émetteurs dans le monde. On anticipe des dépenses à l’étranger de l’ordre de 121 milliards USD en 2020, soit une croissance de 22% par rapport à 2006. Le nombre de détenteurs de passeport augmentera également considérablement en raison des nouvelles exigences de certaines destinations comme les Caraïbes et le Mexique. Pour le Canada, le défi reste tout entier à plusieurs égards si l’on veut mettre un frein au glissement de nos parts de marché et regagner un certain lustre quant à ce marché en déclin.

Sources:
– Mintel. «US Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 6, avril 2008.
– Office of Travel & Tourism Industries. «2006 Profile of U.S. Resident Travelers Visiting Overseas Destinations – Outbound», juillet 2007.
– SRDS Media Solutions. «The Lifestyle Market Analyst», 2007.
– Travel Industry Association. «Domestic Travel Market Report», 2007.
– Travelocity. «2008 Travel Forecast Poll», janvier 2008.

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Ailleurs dans le monde Tendances

La consécration de l’Europe de l’Est sur l’échiquier touristique

CP_2008-09_EU_Est_img1Saviez-vous que les trois capitales des pays baltes font partie du patrimoine mondial del’Organisationdes Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)? Que plus de la moitié du territoire de la Bulgarie abrite des montagnes dont certains sommets avoisinent les 3000 mètres, où les domaines skiables abondent? Que la Roumanie dispose de plus du tiers des spas naturels de l’Europe et de milliers de centres de santé? On parle souvent d’une concurrence internationale qui s’intensifie, voici un regard sur une région du monde qui connaît l’une des plus fortes progressions touristiques: l’Europe de l’Est.

Tous progressent fortement sauf la Hongrie

En 2007, si on enlève la piètre performance de la Hongrie, on constate une progression de plus de 25% du nombre de touristes étrangers dans l’ensemble des pays de l’Europe de l’Est par rapport à l’année 2003. En termes de volumes, cela représente 7,3 millions de touristes additionnels (4,5 en incluant la Hongrie). Pour mesurer l’ampleur de ces gains, mentionnons que le Québec a accueilli en 2007 environ 3,2 millions de touristes, dont 1,1 million en provenance d’outre-mer.

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Les pays baltes

Anciens États de l’ex-URSS, les petits pays baltes, composés de la Lituanie, de l’Estonie et de la Lettonie, ont connu une véritable éclosion sur le plan touristique au cours de la dernière décennie. C’est d’abord la richesse culturelle de cette région du nord-est de l’Europe qui séduit les touristes.

Les trois capitales baltes (Vilnius, Tallinn et Riga) font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. À elle seule, la Lituanie abrite un impressionnant total de cinq sites de l’UNESCO. En dépit d’un territoire limité, ce pays est aussi reconnu pour la préservation de ses milieux naturels composés de cinq parcs nationaux et de 30 parcs régionaux. Elle obtiendra une reconnaissance supplémentaire lorsque Vilnius sera désignée comme l’une des deux capitales culturelles de l’Europe en 2009.

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Du côté de l’Estonie, la capitale Tallinn commercialise activement les city breaks qui sont particulièrement populaires auprès des Finlandais et des Britanniques. La carte culturelle est aussi au programme avec le centre historique et des sites importants tels que le Musée de l’occupation et la National Opera House. C’est toutefois à l’extérieur de la ville que se situent les meilleurs attraits touristiques et l’Estonie se positionne comme une destination «naturelle», avec son slogan marketing: «A Cool Country with a Warm Heart». L’hiver y est rigoureux et 40% du territoire est couvert d’une forêt naturelle abritant une riche faune (élans, ours, sangliers, etc.)

La Lettonie mise également sur son riche passé alors que Riga fut, aux 14e et 15e siècles, une place d’affaires majeure avec le deuxième port en importance de l’empire russe. Plusieurs édifices témoignent de cette époque et en font une destination de grand intérêt sur le plan du patrimoine architectural. On y trouve également plusieurs plages parsemées le long de la côte baltique.

Pologne

Dès son émergence de l’ère communiste, les Allemands et les Britanniques ont rapidement entrepris de découvrir la Pologne. Plus récemment, ce sont les touristes italiens, français et néerlandais qui débarquent en grand nombre dans cette région.

En 2006, la capitale Varsovie a bénéficié d’investissements de l’Union européenne et du secteur privé dépassant les 10 milliards USD pour améliorer son infrastructure touristique. De plus, comme Varsovie sera l’une des deux villes hôtes de l’Euro 2012 de soccer, le pays recevra beaucoup d’attention médiatique. Parmi les principaux attraits, mentionnons Cracovie, patrimoine mondial de l’UNESCO, et Zakopane, un resort qui se positionne comme une alternative beaucoup moins coûteuse que les autres centres de ski européens.

Roumanie

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Voilà une destination qui est encore loin de son plein potentiel touristique avec à peine plus de un million de touristes, principalement des Italiens, des Allemands et des Français. C’est d’abord la Transylvanie, pays du comte Dracula, qui vient à l’esprit quand on pense à la Roumanie. Cette région abrite plusieurs cités médiévales, dont Sibiu, élue capitale culturelle de l’Europe en 2007.

Le gouvernement roumain a entrepris de moderniser la capitale, Bucarest, qui compte maintenant quatre hôtels cinq étoiles. Le pays bénéficie aussi d’une longue tradition de thermalisme avec des milliers de centres de santé alimentés de sources d’eau minérale destinés d’abord à la population locale. Des plans sont mis en œuvre pour amener un plus grand nombre de spas à un calibre international.

Bulgarie

Même si elles sonnent identiques, la Bulgarie et la Roumanie sont loin d’être jumelles. La Bulgarie connaît un essor phénoménal grâce à ses deux principaux pôles touristiques: la villégiature de montagne et la plage. Plus de 70% des touristes internationaux en Bulgarie choisissent un resort le long du littoral de sable de 400 kilomètres bordant la mer Noire, attirés notamment par un chaud soleil et des prix très bas. La Bulgarie est en voie de devenir une sérieuse alternative à d’autres destinations plus coûteuses comme celles situées en Méditerranée.

La Bulgarie s’inscrit aussi comme une destination hivernale à fort potentiel. Plus de la moitié de son territoire est montagneux avec des sommets enneigés de près de 3000 mètres. Le plus réputé, Bansko, offre un centre de ski moderne muni d’infrastructures et d’équipements de pointe. On y trouve plus de 65 kilomètres de pistes entretenues, une trentaine d’hôtels et une centaine de restaurants et de bars.

Les autorités touristiques souhaitent maintenant diversifier la clientèle et développer davantage le tourisme haut de gamme.

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Les Canadiens vers l’Europe élargie

Nous passons rapidement sur les autres pays du bloc de l’Est qui ont néanmoins aussi beaucoup à offrir aux touristes avides de nouveautés; que ce soit la République tchèque pour Prague la magnifique, son héritage musical, ses spas ou ses vignes, la Hongrie pour son orchestre symphonique et son fameux lac Balaton ou la Slovaquie pour ses villages royaux, sa route gothique et ses neuf parcs nationaux.

Les Canadiens et les Québécois ne sont pas différents des autres touristes quant à la volonté de découvrir de nouvelles destinations (graphique 1). Ils effectuent de plus en plus de voyages vers des pays européens autres que le Royaume-Uni, la France et l’Italie. L’émergence de l’Europe de l’Est est en partie responsable de cette tendance. Selon le Print Measurement Bureau 2008, près de 1,3 million de Canadiens (dont 273 000 Québécois) ont déclaré avoir voyagé par agrément dans un «autre*» pays européen au cours des deux dernières années, soit une augmentation de 38% par rapport à 2001.

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Difficile pour une destination établie de concurrencer l’attrait de l’exotisme sans parvenir à renouveler son offre. Les positionnements stratégiques et les messages marketing revampés ont leurs limites. Pour séduire ces touristes qui carburent aux expériences inspirantes, il en faut davantage. L’industrie a besoin de nouveaux produits, de projets novateurs… et, surtout, mobilisateurs.

Sources:
– Al Hilal Publishing & Marketing Group. «Europe Benefits from Diaspora Tourism», Travel & Tourism News Middle East Eastern [www.ttnworldwide.com], vol. 26, no 8, août 2008.
– Mintel. «Emergence of Central & Eastern European Travel», Travel & Tourism Analyst, no 4 mars 2008.
– Print Measurement Bureau (PMB). «Two-Year Readership Database», 2001-2008.
– Pucci, Carol. «Lower Prices Luring Tourists to Eastern Europe», The Seattle Times, 14 mai 2007.
– TVNZ. «Eastern Europe Entices Aus Tourists», One News [www.tvnz.co.nz], 5 mai 2008.
– Harpaz, Beth. «Travel Trends for 2008», The Times-Picayune [blog.nola.com/millieball], 6 janvier 2008.

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Segments de clientèles Transport

Le marché de groupe revient par la grande porte

Les voyages de groupe ont su se réinventer et parviennent aujourd’hui à satisfaire presque toutes les catégories de touristes. Les horaires chargés, les circuits unidimensionnels et parfaitement structurés font place à l’originalité, aux privilèges, aux regroupements par affinités et aux déplacements par petits groupes. Voici un regard sur ce secteur en mutation et sur ce que l’on observe sur le marché québécois.

Le marché de groupe continue d’évoluer

Il est faux de penser que la société individuelle que nous sommes devenus n’est plus compatible avec les voyages de groupe. Le concept de groupe a toutefois évolué, passant du groupe imposé (où l’on ne choisit pas les autres) au groupe choisi (regroupant des membres de la famille, des amis, des gens avec les mêmes affinités). D’un point de vue sociologique, l’augmentation du nombre de célibataires, de veufs, de divorcés entraîne aussi des situations de solitude rendant propice le désir de se regrouper au moment des vacances.

Oubliez les circuits d’autobus remplis de retraités, de joueurs de bingo compulsifs et parcourant toujours les mêmes itinéraires traditionnels. Pour un grand nombre de gens, particulièrement les baby-boomers, les voyages de groupe traditionnels, de taille unique, ne conviennent plus. De tempérament plus actif, ils préfèrent se rassembler au sein de groupes de moindre taille (15 à 35 individus) et apprécient l’authenticité des visites de même que les possibilités d’interaction. Ce type de voyage organisé se caractérise par des requêtes très précises de la part d’une clientèle particulièrement exigeante qui a habituellement déjà voyagé de façon individuelle. Les départs, davantage sur mesure, sont souvent planifiés très longtemps d’avance (plus d’un an).

L’éclatement du Tour & Travel

La formule de groupe s’est transformée grandement et comble dorénavant plusieurs profils de clientèles. (Lire aussi: Le tourisme de groupe prend un air de jeunesse.) Les intervenants présents sur ce marché se sont adaptés en multipliant les thématiques de voyages et en offrant des circuits spécialisés. Des routes gastronomiques aux périples à vélo en passant par la virée des monastères, la tendance est aux voyages à thème où les gens découvrent un coin de pays, tout en partageant une même passion.

Ces nouvelles tribus qui voyagent

Depuis quelques années, on observe un renforcement des valeurs familiales. La frénésie et le stress du quotidien entraînent un important besoin de moments entre amis et en famille. Pour plusieurs, le concept de la «maison de famille» n’existe plus, ce qui favorise les rassemblements dans des endroits où tout est organisé.

Ces «tribus» ou clans familiaux, formés de 8 à 15 personnes, rassemblent souvent parents, enfants, petits-enfants, frères, sœurs et amis. En parallèle, l’organisation de séjours sur demande, en lien avec des événements familiaux tels que des anniversaires de mariage, gagne en popularité.

Tendances des groupes au Québec

Une étude réalisée par la Chaire de tourisme Transat pour le compte de l’Association des propriétaires d’autobus du Québec (APAQ) permet d’obtenir certaines données plus spécifiques sur les tendances des groupes au Québec. Cette enquête a été réalisée à la bourse Bienvenue Québec auprès des acheteurs présents. Ces derniers ont généré au total 9011 groupes sur les routes du Québec en 2007. De ce nombre, près de la moitié proviennent d’entreprises dont le volume des départs à destination du Québec a nécessité plus de 300 autocars.

Types de clientèles de groupe

La composition des groupes peut prendre plusieurs formes (graphique 1). En 2007, les trois segments les plus souvent identifiés comme clientèle actuelle des grossistes présents à Bienvenue Québec étaient les groupes d’aînés, les groupes récréatifs et les groupes scolaires. L’année précédente, les groupes récréatifs, spécialisés et scolaires reflétaient davantage la composition de la clientèle des participants en affichant la plus grande représentativité.

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Les trois activités qui suscitent le plus d’intérêt de la part des acheteurs qui convoitent le marché du Québec sont les musées, les croisières et les sites culturels (graphique 2). Les parcs d’attractions et les sites religieux sont par ailleurs de plus en plus populaires depuis les deux dernières années. De façon inverse, les stations de ski et les casinos affichent une baisse depuis 2004. Fait à noter, les sites agrotouristiques et de produits du terroir ont été ajoutés dans les choix du questionnaire depuis 2006. L’intérêt porté à ces activités est significatif et atteint près de 60% depuis les deux dernières années.

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Par comparaison, les cinq thématiques de circuits les plus fréquemment offertes par les voyagistes membres de la National Tour Association aux États-Unis sont la culture, l’histoire, les parcs nationaux, les couleurs d’automne et les croisières.

Destinations prisées par les groupes

Les trois destinations les plus souvent proposées en 2007 dans les forfaits de groupes à destination du Québec sont Montréal, Québec et Charlevoix. Cette dernière affiche d’ailleurs une progression remarquable depuis 2004. L’Outaouais se positionne en quatrième avec une augmentation de 12% par rapport à 2006.

En ce qui concerne les nouvelles destinations québécoises considérées à l’avenir par les grossistes, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Gaspésie, Québec, Charlevoix et les Laurentides ont été les cinq régions les plus recherchées lors du rendez-vous Bienvenue Québec 2007 (graphique 3). Toutes les régions ont obtenu un meilleur résultat par rapport à 2006, excepté Laval. Depuis les trois dernières années, les acheteurs lorgnent de plus en plus vers l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, le Centre-du-Québec, Duplessis, Lanaudière, la Mauricie, la Montérégie, Montréal, le Nord-du-Québec/Baie-James et Québec. Précisons que cette information est présentée à titre indicatif, pour donner le pouls du secteur, et non à titre de mesure concrète.

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Opinion sur les meilleurs atouts du Québec

À la suite de l’événement Bienvenue Québec 2007, l’APAQ a sondé les grossistes pour savoir s’ils croyaient que le Québec devrait miser sur certains types de circuits dans le but de tirer avantage de son potentiel à l’égard de la demande internationale (tableau 1). Il en résulte que les circuits urbains axés sur Québec et Montréal ainsi que ceux qui misent sur l’interprétation, la découverte et l’apprentissage génèrent le plus d’intérêt. Par contre, ceux qui mettent en valeur les communautés traditionnelles et les produits de bien-être/santé sont moins attrayants aux yeux des acheteurs interrogés.

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Vendre un rêve

Pour les spécialistes des voyages de groupes, les règles du jeu ont bien changé. Le défi consiste maintenant à identifier les réseaux qui lient les consommateurs selon leurs affinités ou leur sentiment d’appartenance à un groupe. La segmentation de la clientèle potentielle se fait maintenant beaucoup moins selon l’âge, mais plutôt selon ses intérêts et ses motivations. Les boomers, qui demeurent le segment le plus porteur pour les voyages de groupe, savent ce qu’ils veulent, quand et pourquoi. Reste à leur proposer des expériences innovantes et personnalisées, afin de leur permettre de vivre un rêve, de réaliser une aspiration.

Lire aussi:
Le tourisme de groupe prend un air de jeunesse

Sources:
– Bauer, Ana. «Le tourisme de groupe n’est pas mort», Cahier Espaces, novembre 2007.
– Connolly, Daniel J. «Groups and Meeting: Market Opportunity Redefined», PhoCusWright, janvier 2007.
– Germain, Kate et Claude Péloquin. «Compilation des données recueillies à l’aide du questionnaire utilisé dans le cadre de l’événement Bienvenue Québec», Chaire de tourisme Transat, mars 2008.
– Lopez, Jean-Marc. Les sites culturels se professionnalisent pour conquérir les groupes», Cahier Espaces, novembre 2007.
– Ruel, Sylvie. «Les voyages de groupe, il y en a pour tous les goûts!», Touring, printemps 2008.
– Veneto, Joe. «Les nouveaux marchés du tourisme de groupe», Cahier Espaces, novembre 2007.

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Ailleurs dans le monde Enjeux Gestion

Benchmarking – Réflexions de l’Australie face aux défis du tourisme intérieur

Désir de voyager à l’étranger, baisse du sentiment d’appartenance à la nation chez les jeunes, mauvaise perception du produit: voilà des exemples de défis liés au tourisme intérieur auxquels sont confrontés les acteurs de l’industrie du tourisme en Australie. Aux prises avec un tourisme national qui stagne, les autorités touristiques ont décidé de prendre les choses en main en lançant un vaste processus de consultation dans le milieu. Voici quelques faits marquant de cette démarche qui se veut porteuse d’enseignements pour d’autres destinations qui vivent la même réalité.

Facteurs hors de contrôle

Parmi les nombreux facteurs qui exercent une influence sur la force du tourisme intérieur, plusieurs échappent au contrôle des autorités touristiques et n’ont pas été pris en compte dans l’élaboration des scénarios. On constate rapidement que, même à l’opposé de la planète, la plupart des défis ressemblent étrangement aux nôtres. Voici les principaux enjeux auxquels fait face l’industrie touristique australienne:

  • émergence de nouvelles destinations concurrentes en Asie,
  • resserrement des contrôles de sécurité aux douanes,
  • taux de change défavorable du dollar australien,
  • prix de l’essence élevé favorisant le transport aérien comme substitut à l’automobile,
  • offre insuffisante de l’hébergement,
  • industrie s’adaptant lentement aux changements climatiques et aux préoccupations environnementales.

Dans cet exercice de réflexion, d’autres types de facteurs qui auront un impact négatif sur le tourisme australien ont été testés selon un scénario pessimiste. On s’attend à ce que ces tendances se concrétisent si l’industrie ne fait rien pour s’adapter, spécialement vis-à-vis la demande changeante des consommateurs pour des expériences plus inspirantes.

L’enjeu de la démographie et d’une génération «perdue»

Comme c’est le cas dans la plupart des pays occidentaux, la population australienne vieillit. D’ici 2050, environ le quart de cette dernière aura plus de 65 ans. L’un des importants enjeux consiste justement à préparer la relève avec les générations à venir. Une attention particulière a été portée à la génération Z, constituée des jeunes nés après 1991. N’ayant pas connu le monde sans Internet ou sans les jeux vidéo, ils sont entourés d’une kyrielle de biens de consommation.

L’étude du comportement de voyage chez les Z se limite aux vacances familiales. La préoccupation à l’endroit de ce groupe d’âge tient du fait que les familles voyagent moins souvent, faisant en sorte que ces jeunes n’acquièrent pas l’habitude des voyages, particulièrement ceux dans leur propre pays. Il est important d’accorder une attention spéciale aux Z, car ils ne se seront pas dotés d’une solide «mémoire de voyage» forgée à la suite d’expériences vécues à l’occasion de voyages nationaux. À l’instar de ce que l’on observe auprès de la génération Y, les Z qui développeront leur goût aux voyages seront plus portés que les générations précédentes à favoriser les destinations internationales.

Des défis en rafale

Les observations dégagées par la démarche australienne proviennent d’opinions et constituent une base de recherche plus qualitative que factuelle. Voici quelques enjeux identifiés auxquels se rattachent parfois des pistes de solution:

  • L’industrie touristique n’est pas alignée derrière une vision commune et partagée de ce que devrait être le tourisme national. Il manque un support financier du gouvernement qui servirait à renforcer le message et à inciter les Australiens à voyager chez eux.
  • Le pays a besoin d’une image de marque forte et cohérente du tourisme intérieur.
  • Par son désir de plaire avant tout à la clientèle internationale, l’industrie touristique a parfois eu une influence négative sur la perception du tourisme au pays.
  • L’Australie ne peut offrir la même diversité d’expériences culturelles à ses résidents que les autres destinations internationales. Mais une redéfinition de l’image de marque, arrimée au type d’expérience recherché par les Australiens, s’avère nécessaire. Il faut promouvoir la diversité du pays et lutter contre la perception que cette offre est homogène, sans contraste culturel.
  • La population tend à utiliser les vacances pour des voyages à l’international et à ne voyager à l’intérieur du pays que pour des courts séjours.
  • La tendance aux courts séjours et aux décisions spontanées demandera à l’industrie de s’ajuster avec des produits et une promotion flexibles, pouvant être constitués rapidement. Ces offres doivent être en mesure de répondre aux exigences des consommateurs à la recherche d’une satisfaction instantanée.
  • La part du budget de loisirs accordée aux voyages intérieurs continuera de décliner, particulièrement chez les jeunes submergés par les produits technologiques. Les intervenants touristiques doivent, collectivement, développer une offre intelligente, captivante et surtout inspirante pour donner le goût de voyager.
  • La nécessité d’éduquer les générations de futurs touristes en vue de leur fournir des raisons valables de voyager et l’importance de donner un sens à la découverte du pays sont vues comme des facteurs critiques à la relance du tourisme intérieur. Cela passe par l’instauration d’une fierté nationale chez les jeunes et par de meilleurs enseignements liés au patrimoine et à la géographie.
  • La consommation «sans frais» de l’environnement naturel est trop répandue. L’industrie doit trouver des façons innovantes de greffer un volet économique à ces expériences, de manière à tirer profit de l’ensemble des visiteurs et à appuyer de nouveaux projets de développement.
  • On constate un besoin criant d’investissements dans les infrastructures régionales pour soutenir la demande, tant actuelle que potentielle. Toutefois, le retour sur l’investissement en région est perçu comme risqué. On se questionne alors sur l’opportunité de concentrer les investissements sur les grandes villes et ensuite d’adopter une vision créative pour favoriser l’essor touristique des régions.
  • Dans l’ensemble, la qualité des produits et des services destinés au marché intérieur doit être revue, l’offre renouvelée.
  • Pour parvenir à développer un tourisme innovateur et inspirant, l’industrie a besoin des meilleurs talents disponibles, souvent difficiles à attirer ou à retenir au sein du secteur. Il faut mettre en place un programme de développement professionnel et créer les conditions nécessaires pour rendre la profession attrayante.
  • L’équilibre entre la compétition et la collaboration des différents acteurs au sein de l’industrie est loin d’être optimal. Il est essentiel d’élaborer des stratégies nationales de collaboration qui transcenderont les régions et les provinces.
  • L’industrie doit compter sur un cadre financier apte à fournir des incitatifs aux voyagistes pour une promotion active du tourisme du pays.

Vers un plan d’action national

D’importants investissements et un engagement envers la formation s’avéreront nécessaires pour élever une plus grande partie des produits australiens destinés au marché local au calibre du tourisme international. Les entreprises qui ne parviendront pas à améliorer la qualité de leur offre peineront, avec le temps, à demeurer viables.

À la lumière de l’ensemble des témoignages recueillis et des tendances qui se dessinent, les autorités australiennes s’attendent à une future structure de l’industrie composée d’un nombre moindre d’intervenants générant sensiblement le même niveau de dépenses touristiques. Le processus de consultation a finalement aussi clairement identifié l’urgent besoin que le pays se dote d’un plan d’action national sur le tourisme intérieur qui canalisera tant les efforts des autorités gouvernementales que ceux de tous les acteurs de l’industrie.
On le voit bien, les préoccupations observées en Australie ne sont pas si loin de nos propres défis. Saluons l’avant-gardisme de Tourism Australia de s’attaquer ainsi avec vigueur et vision aux perspectives du tourisme intérieur, facette souvent négligée par les organisations touristiques.

Source:
-Tourism Research Australia. «Through the Looking Glass: The Future of Domestic Tourism in Australia», Tourism Australia [www.tra.australia.com], février 2008.

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Enjeux Transport

Les Canadiens sont-ils insensibles au prix de l’essence?

L’évolution du prix de l’essence figure parmi nos sujets de discussion préférés… après la météo! Les consommateurs ont beau maugréer contre les hausses spectaculaires des tarifs à la pompe, qu’en est-il des répercussions sur les habitudes des Canadiens et des Américains quant à l’utilisation de l’automobile?

Différent des années 1980

Le prix du carburant au Canada et ailleurs dans le monde a battu des records historiques en 2008 (graphique 1). En juin 2008, le prix moyen d’un litre d’essence régulière se détaillait à environ 1,43$ dans une station libre-service de la région montréalaise. Dix ans auparavant, ce même litre se vendait à une fraction du prix, soit 0,57$.

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On serait tenté de comparer avec les années 1980, mais le contexte était alors bien différent. Nous vivions à ce moment-là une période de récession économique, ce qui se traduit notamment par une réduction de la consommation en transport et une baisse des ventes d’essence. C’est d’ailleurs ce qui s’était passé à l’époque, alors que, de 1980 à 1984, les prix avaient gonflé de 65%, entraînant une diminution du volume des achats d’essence de plus de 12%.

Les Canadiens s’en moquent!

En dépit de cette inflation vertigineuse des produits pétroliers, les automobilistes n’ont en rien modifié leurs comportements de consommation, du moins au Canada. L’analyse des données de ventes de carburant pour les véhicules automobiles confirme une progression constante de la consommation à l’échelle du pays (graphique 2). Les automobilistes canadiens ont parcouru 332 milliards de kilomètres en 2007, une augmentation de 5,2% par rapport à 2002.

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L’une des explications fournies par Statistique Canada est que ces hausses ont été compensées par une baisse substantielle du coût des véhicules automobiles. En effet, en 2002, la part de la voiture dans le budget d’un ménage s’établissait à 6,2% alors qu’elle compte pour 5,3% en 2008. Parallèlement, le poste de dépense d’essence est passé de 2,9% à 3,8% dans le budget des familles canadiennes au cours de la même période. L’effet combiné s’avère donc nul. Ajoutons à cela le fait que l’économie canadienne continue de bien se porter.

Situation différente aux États-Unis

C’est justement un contexte fort différent que l’on observe aux États-Unis. Les conséquences du ralentissement de l’économie se font durement sentir auprès des Américains. À preuve, les coûts élevés à la pompe entraînent des réactions différentes de ce que l’on observe au Canada et influencent directement le comportement des automobilistes.

Selon le département américain des Transports, les Américains ont parcouru 19,6 milliards de kilomètres de moins en juin 2008, soit une baisse importante de 4,7% par rapport au même mois de l’année précédente. On enregistre à ce chapitre un déclin pour un sixième mois consécutif, une première depuis le choc pétrolier de 1973. Évidemment, cette situation a un impact direct sur les déplacements touristiques et les destinations limitrophes sont privilégiées.

La poussée du dollar canadien constitue un autre facteur explicatif de la différence observée entre le Canada et son voisin du Sud. Selon Statistique Canada, les Canadiens ont économisé environ 30 milliards de dollars sur l’achat de l’essence en raison de l’appréciation du dollar canadien.

Quant aux déplacements touristiques des Canadiens en voiture, ils ne semblent pas trop affectés pour le moment. Reste à souhaiter que l’économie canadienne tienne le coup!

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Réseaux de distribution Technologies Tendances

Dernières tendances dans l’utilisation du Web chez les voyageurs

Le tourisme en ligne fait maintenant partie intégrante du processus de décision des voyageurs. Environ les trois quarts des voyageurs branchés se servent du Web pour magasiner et/ou acheter leurs voyages. Alors qu’elles semblaient en perdition, les agences de voyages en ligne ont repris du gallon en 2007. Les recommandations d’inconnus agissent comme un facteur déterminant d’achat pour plus de 87% des voyageurs. Voici un topo des dernières tendances dans l’univers très changeant de la distribution en ligne.

Contexte de l’enquête

Depuis maintenant 10 ans, la firme de recherche PhoCusWright, spécialisée dans les tendances du tourisme en ligne, dresse un profil annuel complet des voyageurs branchés aux États-Unis. Selon un sondage de PhoCusWright qui s’est déroulé à l’automne 2007, un «e-touriste» est celui qui a voyagé dans un avion commercial au cours de la dernière année, a séjourné dans un hôtel par agrément et a utilisé Internet au cours du dernier mois.

La grande majorité des voyageurs sont aussi des internautes. En effet, 67% de l’ensemble des voyageurs américains et 73% des voyageurs «branchés» achètent habituellement leurs voyages d’agrément sur le Web (graphique 1). Ces derniers correspondent à près de 24% de la population adulte américaine.

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On évalue à 19% la proportion des voyageurs branchés qui achètent «hors ligne», après avoir magasiné ou non sur Internet. Ceux qui magasinent sur le Web ont tendance à fréquenter un plus grand nombre de sites avant de procéder à l’achat.

La résurrection des agences en ligne

Jusqu’en 2006, les agences en ligne représentaient une référence de choix comme outil de comparaison, mais un nombre grandissant de voyageurs préféraient transiger directement auprès du fournisseur. En effet, 61% des gens utilisaient des intermédiaires pour magasiner, mais seulement 48% transigeaient avec eux. Les chiffres de 2007 illustrent un renversement évident de cette tendance, du moins aux États-Unis (graphiques 2 et 3).

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Un bémol s’impose en ce qui a trait à la compréhension qu’a une partie des voyageurs quant à la nature et au fonctionnement de certains canaux de distribution. Par exemple, on constate que 10% de ceux-ci affirment avoir acheté leur prestation de voyage par le biais d’un moteur de recherche (ex.: Google), soit un intermédiaire. L’évaluation de l’importance du direct est ainsi probablement sous-évaluée.

La situation au Canada est pourtant bien différente. Les agences en ligne n’accaparent que 23% du marché. Toutefois, les tendances observées aux États-Unis nous rejoignent habituellement un an ou deux plus tard.

Quelques raisons expliquent la recrudescence de l’intérêt pour les intermédiaires:

  • notoriété de leur marque bien appuyée par des campagnes promotionnelles massives;
  • grande attirance de la part des internautes novices;
  • contenu diversifié avec une offre de plus en plus complexe;
  • élimination de certains frais par des agences telles que Priceline, Hotwire et Hotels.com;
  • date d’expiration de plusieurs programmes de fidélisation ayant réduit l’avantage concurrentiel des fournisseurs.

En vertu des pratiques de yield management, les consommateurs doivent s’adapter à une importante volatilité des prix, particulièrement en ce qui concerne les billets d’avion et l’hébergement, ce qui influence le comportement des voyageurs au moment de la planification. Plus de la moitié (51%) visitent au moins deux sites avant d’acheter un vol ou une chambre d’hôtel, comparativement à seulement 30% lors de la réservation d’une voiture de location (graphique 4). Avec l’accroissement anticipé de l’utilisation des métamoteurs de recherche tels que Kayak, on peut s’attendre à ce que le nombre de sites visités baisse quelque peu au cours des prochaines années.

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Les combinaisons ont la cote

L’année 2007 fut celle des produits plus complexes qui semblent désormais avoir le vent dans les voiles. Plusieurs voyageurs optent maintenant pour l’achat de forfaits de vacances en ligne ou simplement l’achat d’une combinaison de prestations en une seule transaction. Plus de 26% des voyageurs branchés ont acheté un forfait de vacances en ligne en 2007 et 39% ont combiné des achats. Non seulement ils sont plus nombreux à transiger en ligne, mais ils le font aussi sur une base plus régulière (tableau 1).

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Domination d’Internet ou non, la forfaitisation n’est clairement pas en péril. Comme on ne parle plus d’une demande marginale, cela met en évidence l’importance, pour les fournisseurs de produits complexes, d’offrir un support à la clientèledurant tout le processus de planification et de réservation.

Quelques autres tendances observées

  • Le voyage compte parmi les secteurs qui génèrent le plus d’achats en ligne et où les barrières à l’entrée demeurent plutôt faibles. De nombreux nouveaux entrants continuent de faire leur apparition.
  • Le voyageur branché est maintenant particulièrement avisé et fort actif sur le Web. Il discerne plus aisément les différents canaux de réservation et les méthodes de réservation de voyages.
  • La popularité des voyages de courte durée et des longs week-ends surpasse celle des vacances traditionnelles. Le manque de temps des voyageurs les incite à simplifier leur processus de recherche. Ils favorisent davantage les combinaisons de prestations et les forfaits, consultent les sites de commentaires personnels d’autres voyageurs et utilisent les métamoteurs de recherche pour limiter le nombre de sites qu’ils visitent.
  • Les différents outils de comparaison, particulièrement les métamoteurs de recherche, devraient profiter d’une meilleure couverture médiatique et voir leur utilisation augmenter significativement.
  • La moitié des voyageurs adopte le même comportement d’achat qu’il s’agisse d’un voyage d’agrément ou d’affaires, ce qui représente des occasions intéressantes pour les fournisseurs qui souhaitent être présents sur ces deux marchés.
  • Les voyageurs branchés sont maintenant plus nombreux à se fier à d’autres voyageurs plutôt qu’à des publications ou à d’autres sources d’experts. Les médias sociaux tel Facebook influencent directement les achats de plus de 70% des voyageurs branchés.
  • Le caractère beaucoup plus «mobile» des médias sociaux, grâce notamment à l’explosion des fonctionnalités des téléphones cellulaires, favorisera leur intégration dans l’ensemble des étapes de planification et augmentera la portée des recommandations d’individus.

Même si tous les résultats de cette exhaustive étude de PhoCusWright se limitent à la population américaine, rappelons-nous que les tendances observées se répercutent tôt ou tard de notre côté de la frontière. À la vitesse à laquelle les changements se dessinent sur la scène de la distribution en ligne, les gestionnaires ne peuvent que profiter de cet élément d’anticipation.

Sources:
– Quinby, Douglas. «PhoCusWright’s Canadian Online Travel Overview», PhoCusWright, juin 2007.
– Steinbrink, Susan. «The PhoCusWright Consumer Travel Trends Survey Tenth Edition», PhoCusWright, mai 2008.

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Produits et activités Segments de clientèles Tendances

Tendances croisières: à chacun son expérience

Si le ralentissement économique inquiète certains acteurs touristiques, l’industrie des croisières internationales continue de voguer allègrement vers de nouveaux sommets. La demande de la part des Nord-Américains continue de croître à un rythme annuel supérieur à 4%. Chez les Européens, les taux de progression annuels atteignent 15%. Quant aux Québécois, ils n’échappent pas à cette tendance. Ils sont plus de un quart de million à être partis en croisière au cours des trois dernières années.

Un segment profitable pour le Québec

Puisque environ 50% de la clientèle est constituée de clients récurrents, de nouvelles destinations comme le Québec émergent pour satisfaire le besoin de nouveauté. Pour un grand nombre de croisiéristes, le fleuve Saint-Laurent exerce un fort attrait touristique; la ville de Québec principalement récolte la plus importante partie de la croissance des croisières internationales. Elle anticipe un sommet de 107 000 passagers, y compris les membres d’équipage, pour l’année 2008 (graphique 1). Toutefois, les acteurs présents sur le Saint-Laurent bénéficieront d’investissements majeurs – 115 millions CAD – pour permettre d’attirer davantage de croisiéristes et de rehausser leur expérience au Québec, notamment pour de nouvelles escales telles que Havre-Saint-Pierre, Bagotville et Gaspé.

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À l’échelle canadienne, Vancouver domine le marché des croisières internationales puisqu’elle accueille la moitié de l’ensemble des passagers au Canada.

Émergence de nouveaux marchés

Actuellement, de tous les voyageurs qui embarquent sur ces paquebots, une personne sur deux réalise sa première croisière. Selon la Cruise Line International Association (CLIA), qui représente la grande majorité des compagnies de croisières nord-américaines, en 2007, le nombre de croisiéristes a atteint 12,6 millions, dont près de 82% provenaient de l’Amérique du Nord. Chaque année, le taux de croissance surpasse les 4%. Et cette tendance se poursuivra en 2008 selon un récent sondage mené par la CLIA auprès de ses agents de voyages. En effet, plus de 60% d’entre eux s’attendent à obtenir des résultats supérieurs à ceux de 2007 et 20% croient même que la saison 2008 sera la meilleure jamais enregistrée.

Depuis deux ans, l’Europe affiche une progression spectaculaire, selon le European Cruise Council. Après une hausse de 9% du nombre de passagers en 2006, le nombre de croisiéristes a atteint les quatre millions en 2007, soit une croissance de plus de 15%. Le plus important contingent est composé de Britanniques (1,3 million), suivi d’Allemands (763 000), d’Italiens (640 000), d’Espagnols (518 000) et de Français (280 000). Le potentiel du marché européen demeure énorme alors que seulement 1% de la population a déjà fait une croisière.

L’engouement des Québécois

L’intérêt des Québécois pour les croisières augmente encore plus rapidement (en 2008* 25% de croissance par rapport à 2004) que celui de la demande en général (tableau 1) et le nombre de croisiéristes s’établit à plus de 260 000, soit près de 3,5% de l’ensemble de la population.

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Parmi les croisiéristes québécois, la proportion ayant réalisé une croisière de plus de une semaine a triplé en 2008 par rapport à 2001 (30% vs 10%); il s’agit majoritairement des segments des personnes âgées de 40 à 59 ans (38%) et de 60 ans et plus (30%).

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Voici quelques données additionnelles concernant les croisiéristes canadiens:

  • moyenne d’âge: 49 ans;
  • l’Ontario représente 47% du marché canadien, le Québec 20% et la Colombie-Britannique 18%;
  • Toronto représente 22% du marché canadien, Montréal et Vancouver, 12% chacun;
  • environ 46% des adeptes résident dans des villes de plus de un million d’habitants – la moyenne canadienne est de 35%;
  • près de la moitié (47%) disposent d’un revenu familial de plus de 75 000$, la moyenne canadienne s’élève à 38%;
  • séduit davantage les couples sans enfant au foyer (40%).

Dernières tendances

L’augmentation de la demande est notamment stimulée par l’ajout constant de nouveautés et la multiplication d’expériences. (Lire aussi: La croisière: un produit réinventé pour de nouveaux passagers.)

Voici quelques-unes des dernières tendances observées:

  • Les segments qui affichent les plus fortes croissances sont les familles multi générationnelles et les baby-boomers.
  • Les destinations dont la hausse de la demande est la plus forte sont la Méditerranée, l’Alaska et Hawaï. D’autres produits comme l’Amérique centrale et du Sud, l’Europe du Nord, l’Océanie et l’Asie sont aussi à surveiller.
  • La croisière de 6 à 8 jours demeure la plus prisée.
  • Les trois principales raisons évoquées pour choisir une croisière sont un bon rapport qualité/prix, une occasion de voir plusieurs destinations lors d’un même voyage ainsi que la simplicité et l’aspect pratique.
  • La restauration adopte une approche beaucoup plus flexible et diversifiée, dont une variété de menus santé.
  • La très grande majorité des croisières sont réservées plus de six mois à l’avance.
  • Les navires deviennent très imposants, pouvant accueillir plus de 3500 passagers. Oasis of the Seas, un mastodonte qui verra le jour en 2009, pourra en recevoir 5400.
  • Pour rejoindre une plus large clientèle, les expériences se diversifient, sur l’eau (pique-nique et pratique de golf sur gazon naturel, jeu de quilles, démonstration de verre soufflé, etc.) et à destination (circuits à vélo, programme «Silver Links» pour découvrir les clubs de golf dans le monde, etc.).
  • Les compagnies de croisières ciblent davantage les jeunes en développant des services dédiés tels que club de nuit, piscine de surf, saut à l’élastique sur trampoline, escrime, patin à glace, escalade, parc aquatique, cinéma 4D, etc.
  • Davantage de services payants viennent compléter l’offre de la croisière «tout inclus» (acuponcture, menus spécialisés préparés par des chefs de renom, cours de boxe, simulateur de golf, spas, dégustation de vin, etc.).
  • On note une tendance à la spécialisation des croisières (poker, religion, motocyclisme, musique, etc.) avec notamment la création d’un regroupement d’entreprises de niche: Niche Cruise Marketing Alliance.

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Un avenir radieux

Encore aujourd’hui, les consommateurs hésitent avant de réserver un forfait de croisière en ligne. Selon PhoCusWright, seulement 7% des internautes américains favorisent le Web comme mode de réservation de leurs vacances de croisière. Le réseau de distribution traditionnel constitue le principal outil de vente alors que l’expertise des agents de voyages demeure hautement valorisée.

Reste qu’en dépit d’une économie qui tourne au ralenti et des prix élevés à la pompe, l’intérêt pour les croisières ne s’atténue pas. Selon la CLIA, 77% des gens qui ont fait une croisière dans le passé souhaitent en faire une autre au cours des trois prochaines années. Dans le cas de la clientèle potentielle, c’est 55% qui se montrent intéressés à entreprendre une croisière au cours des trois prochaines années. All aboard!

Lire aussi: La croisière: un produit réinventé pour de nouveaux passagers.

Sources:
– Business Research & Economics Advisors. «The Economic Contribution of the International Cruise Industry in Canada 2007», mars 2008.
– CNN. «Cruise Trends for 2008: More Luxury, Potential Deals», [www.cnn.com], 31 janvier 2008.
– Diotte, Simon. «Croisières internationales: année record dans le Saint-Laurent», La Presse, 29 mai 2008.
– Dunham-Potter, Anita. «Recession? Not for the Cruise Industry», [Tripso.com], 17 mars 2008.
– Print Measurement Bureau. «Two-Year Readership Database», 2001, 2004, 2007 et 2008.
– Sarna, Heidi. «The Hottest New Cruise Ships for 2008», Forbes Traveler, 29 février 2008.
– Scemama, Corinne. «La croisière s’éclate», L’Express, 6 mars 2008.
– Steinmetz, Thomas. «CLIA’s Travel Professionals Reveal Top Cruise Trends», eTurboNews, 19 janvier 2008.
– TNS. «Cruise Lines International Association 2008 Cruise Market Profile Study», [www.cruising.org], mai 2008.

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Hébergement

La cohabitation d’hôtels: une concurrence parfois souhaitable

Location, location, location, comme le disent si bien les anglophones. La localisation d’un hôtel joue un rôle déterminant comme facteur d’attraction de la clientèle. Certaines catégories d’hôtels bénéficient de la présence de concurrents, pour d’autres c’est le contraire. Des chercheurs de l’Université de Cornell ont étudié la question en portant une attention particulière sur l’effet de la cohabitation entre les établissements en fonction des différentes catégories d’hôtels.

Méthode de l’enquête

Les chercheurs de l’Université de Cornell ont utilisé un échantillon de 14 995 hôtels répartis sur l’ensemble du territoire américain, dont quelque 1162 établissements indépendants. L’objectif de l’étude consistait principalement à déterminer quel type d’hôtel pouvait tirer des bénéfices d’être situé dans une agglomération regroupant diverses catégories d’établissements et quels autres engendraient des effets négatifs pour leurs compétiteurs.

Pour chacun des hôtels, les caractéristiques suivantes ont été compilées:

  • nombre de chambres,
  • division métropolitaine,
  • localisation géographique précise,
  • type de localisation (urbaine, rurale, zone aéroportuaire, villégiature, près d’une autoroute, etc.),
  • catégorie d’hôtel (de luxe, haut de gamme, intermédiaire avec ou sans service de restauration, économique).

Pour répondre aux objectifs de l’étude, deux importants paramètres ont été pris en considération. D’abord l’aspect de l’«écart stratégique», qui consiste à mesurer l’écart entre la catégorie d’un hôtel et la moyenne attribuée à l’agglomération. Le deuxième paramètre employé visait la performance de l’établissement, où le RevPAR (revenu par chambre disponible) est calculé en divisant le revenu annuel des chambres par le nombre de chambres disponibles.

Les conclusions de l’étude

Les recherches menées par Cathy A. Enz, Linda Canina et Jeffrey Harrison ont permis de tirer quelques conclusions intéressantes:

  • La performance d’un hôtel de catégorie moindre augmente lorsque la moyenne de la classification de son agglomération s’accroît.
  • À l’inverse, la performance d’un hôtel de catégorie supérieure diminue lorsqu’on multiplie le nombre d’établissements de catégorie moindre dans son agglomération.
  • Lorsqu’ils sont localisés suffisamment à l’écart des autres hôtels, les hôtels de luxe enregistrent un meilleur RevPAR et évitent ainsi les effets négatifs de la cohabitation.
  • L’affiliation à une chaîne crée des effets positifs pour presque tous les segments, mais particulièrement dans le cas des catégories intermédiaires. L’exception vient des hôtels de luxe qui sont tout aussi performants, qu’ils appartiennent à une chaîne ou non.
  • On note une performance supérieure des hôtels localisés dans des zones rurales affichant une forte proportion de chaînes hôtelières. La capacité des bannières d’attirer la clientèle dans des zones plus éloignées se répercute positivement sur l’ensemble du parc d’hébergement de l’agglomération.
  • Le caractère hétérogène des segments d’hôtels à l’intérieur d’une agglomération rend cette destination plus attrayante, notamment en offrant une sélection diversifiée et en réduisant les efforts de recherche de la clientèle.
  • Fait intéressant, en présence d’un environnement fortement hétérogène, ce sont les hôtels de luxe qui parviennent le mieux à tirer leur épingle du jeu. Pour leur part, le segment des établissements intermédiaires avec services limités n’obtient aucun effet positif d’être situé au sein d’un parc hôtelier diversifié.

Des retombées concrètes

De façon générale, lorsqu’ils planifient le développement d’un futur hôtel, les gestionnaires doivent s’interroger sur le choix de l’emplacement du site et surtout sur quel segment de marché l’hôtel se positionnera. On pourrait penser que ce sont d’abord les pôles touristiques – attractions, plans d’eau, centres urbains, etc. – qui entraînent la cohabitation d’hôtels. Or, la compilation effectuée dans l’étude n’a identifié que 20% des agglomérations aux États-Unis qui bénéficiaient de tels attributs. Elle démontre toutefois qu’une attention particulière doit être accordée à la densité environnante des autres services similaires.

Les auteurs de l’étude ont poussé la démarche un peu plus loin pour mieux évaluer concrètement les avantages financiers des effets de la cohabitation. Ils ont développé un scénario basé sur l’hypothèse d’un hôtel de 144 chambres de catégorie intermédiaire avec service de restauration situé dans une agglomération comprenant 40% d’établissements de classification supérieure (secteur 1). Ils ont comparé la performance de cet hôtel fictif avec une propriété similaire, mais localisée dans un secteur abritant 75% d’hôtels de catégorie supérieure (secteur 2). Sur une base annuelle, les auteurs estiment qu’il existe un gain potentiel supplémentaire d’environ 800 000$, soit 5600$ par chambre, pour un hôtel situé au sein du secteur 2, démontrant ainsi toute l’importance de la localisation.

De plus, si le lieu de construction d’une nouvelle propriété est situé trop près des autres hôtels, il sera plus difficile pour les gestionnaires d’utiliser le facteur de la localisation comme argument de vente à titre d’avantage concurrentiel. À l’opposé, si le site sélectionné se trouve trop éloigné de l’agglomération, les efforts marketing de la concurrence ne rejailliront pas autant sur l’établissement. Une importante campagne promotionnelle pourrait alors s’avérer nécessaire pour convaincre la clientèle potentielle des bénéfices d’opter pour cet hôtel et cette localisation.

Sources:
– Chung, Wilbur et Arturs Kalnins. «Co-location Effects and Performance: A Test of the Texas Lodging Industry», Strategic Management Journal, vol. 22, 2001.
– Enz, Cathy A., Linda Canina et Jeffrey Harrison. «The Agglomeration Conundrum: How Co-location Helps Some Hotels and Hurts Others», The Center for Hospitality Research – Cornell University, octobre 2005.