Catégories
Faits et chiffres Marchés géographiques

2007, un grand cru pour le marché américain à l’international… mais pas pour le Québec

Au rythme où s’accumulent les récentes nouvelles économiques ayant une incidence sur les performances touristiques, les résultats de l’année 2007 nous semblent déjà loin derrière. Ce sont des baisses substantielles en ce qui a trait aux excursionnistes d’agrément et aux touristes en visite chez des parents et des amis qui ont particulièrement miné les résultats du Québec sur ce marché. Voici un portrait statistique détaillé des voyages des Américains au Québec.

Rappelons-nous que l’économie américaine se portait plutôt bien cette année-là et que les Américains enregistraient un nombre record de plus de 64 millions de déplacements à l’international (voir graphique 1).

americains1_2007

Une année à oublier

C’est un sombre tableau qui ressort de l’année 2007 et de la performance touristique du marché américain au Québec (tableau 1). Deux seuils symboliques que l’on n’avait pas observés depuis longtemps ont malheureusement été franchis. D’une part, le nombre de touristes est passé sous la barre des deux millions. D’autre part, le nombre d’excursionnistes est en chute libre; il est nettement sous le cap du million désormais. Les baisses les plus importantes par rapport à 2006 se sont fait sentir du côté des excursionnistes en visite d’agrément (-18%) et des touristes en voyage chez des parents et des amis (-19%).

americains1_20072

On s’en doutait déjà depuis quelque temps, puisque tous les indicateurs pointaient dans cette direction avec les chiffres des entrées aux frontières qui affichaient une baisse continuelle. Plusieurs raisons expliquent cette baisse marquée de l’intérêt de nos voisins du sud à visiter le Québec. Nous vous invitons à lire une précédente analyse du RVT qui fait le point sur tous les facteurs structurels qui sous-tendent cette tendance regrettable. (Lire aussi: Ces Américains qui ne nous aiment plus).

americains2_2007_titreamericains2_20074

En analysant plus en détail la provenance des touristes selon leur motif de voyage et leur État d’origine, on constate une évolution inégale pour les différents marchés (graphique 2). Par exemple,  la Floride a presque rejoint le Maine en matière d’importance de volume touristique. En 2007, le Québec a accueilli plus de 100 000 touristes floridiens, soit seulement 6 000 de moins que le Maine. En 2005, l’écart du

volume touristique entre ces deux États était de plus de 50 000. Les chiffres encerclés représentent la variation par rapport à l’année précédente. Mentionnons aussi l’apport non négligeable de la Californie qui, avec 24 000 touristes, constitue le deuxième marché d’affaires en importance derrière l’État de New York (40 000).

Répartition des excursionnistes

Au cours des dernières années, le Québec n’a cessé de voir le nombre d’excursionnistes américains chuter. En effet, en comparant les résultats de l’année 2007 avec ceux de 2005, on constate que ce sont 312 000 visiteurs quotidiens de moins, soit une énorme baisse de 26%. Toutefois, la répartition géographique de ces visiteurs demeure à peu près inchangée alors que le Vermont, avec ses 885 000 excursionnistes, compose environ 50% de la clientèle d’excursionnistes (graphique 3). C’est l’État de New York qui a subi la plus forte baisse depuis 2003. Des 351 000 New Yorkais qui ont fait une excursion au Québec cette année-là, il en restait à peine la moitié (175 000) en 2007.

americains3_2007

L’enquête réalisée auprès des touristes américains révèle qu’ils s’adonnent avant tout à la visite des sites historiques, suivie de celle des musées et des galeries d’art lorsqu’ils visitent le Québec (graphique 4). Les sites historiques sont surtout prisés par les marchés éloignés comme la Floride, la Californie et le Texas. Les Américains en provenance du New Jersey et de la Pennsylvanie semblent apprécier particulièrement les divertissements nocturnes. Mentionnons également la présence d’un bassin de skieurs intéressant issu des États de la Pennsylvanie et du New Jersey.

americains4_2007

Les destinations régionales

Pour mesurer le tourisme dans les régions du Québec, nous avons regroupé tous les buts de voyage et inclus les excursions (même jour) des voyageurs américains (graphique 5). Près de 1,3 million de voyageurs ont déclaré avoir visité Montréal durant leur séjour au Québec en 2007. Il est intéressant de remarquer qu’en dépit de son éloignement, la région touristique de l’Abitibi-Témiscamingue parvient à tirer son épingle du jeu avec plus de 30 000 visiteurs des États-Unis, notamment grâce à son offre de grande nature et à son produit de chasse et pêche.

americains5_2007

L’âge des touristes américains qui visitent le Québec varie quelque peu selon leur État de provenance (graphique 6). Une importante proportion, environ le tiers, de jeunes (moins de 35 ans) composent les touristes issus des marchés de New York et du Massachusetts. À l’opposé, une grande partie de la clientèle américaine provenant de la Floride (49%) et du Maine (43%) est âgée de 55 ans et plus.

americains6_2007

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des voyageurs d’agrément selon l’année de référence.

americains2_20071

Sur le plan de la durée moyenne des voyages, on a perdu une grande partie des gains réalisés en 2006. Par contre, tant les dépenses moyennes par visite que celles par jour ont connu une appréciation en 2007 par rapport à l’année précédente, sans toutefois atteindre le niveau de 2004.

L’année 2007 représente probablement le meilleur reflet des difficultés éprouvées par l’ensemble du pays vis-à-vis des touristes américains. Ces derniers ont voyagé plus que jamais à l’étranger; pourtant, la performance du Québec s’est avérée très décevante, et la glissade se poursuit.«

Sources:
– Office of Travel and Tourism Industries 2007. «United States Resident Travel Abroad» [http://tinet.ita.doc.gov/outreachpages/download_data_table/2007_US_Travel_Abroad.pdf].
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2003-2007.

Catégories
Faits et chiffres Marchés géographiques Perspectives

Indices de compétitivité du Québec pour le troisième trimestre 2009

Grâce aux données compilées par le Conference Board du Canada, la Commission canadienne du tourisme publie trimestriellement un rapport mesurant la compétitivité du Canada et des provinces en regard des autres destinations concurrentes.

Voici quelques extraits de ce rapport qui met en lumière les perspectives touristiques pour le Québec par rapport à ses marchés internationaux prioritaires, et ce, pour le troisième trimestre 2009. Ces indicateurs tiennent compte des principaux indices prévisibles, soit le prix des prestations touristiques, le taux de change et la capacité aérienne pour les vols directs.


Une perte nette de plus de 68 700 sièges

L’analyse de la capacité aérienne en provenance des principaux marchés internationaux du Québec annonce un été 2009 particulièrement difficile (tableau 1). Les données de la firme BACK Aviation Solutions indiquent qu’il y aura près de 69 000 sièges de moins disponibles sur les vols directs vers le Québec en provenance des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et du Mexique au cours du troisième trimestre 2009 (juillet, août, septembre).

Différentiel des sièges disponibles sur les vols directs vers le Québec

On prévoit que la France constituera le seul marché à présenter un solde positif de capacité avec un ajout d’environ 10 000 sièges. Ce gain est toutefois presque complètement annulé par l’importante baisse de 16,4% prévu pour le Royaume-Uni, un marché pourtant de moindre importance que la France pour le Québec. C’est sur le marché américain que la diminution de la capacité aérienne se fait le plus sentir alors que l’on retranchera cet été plus de 68 000 sièges en direction du Québec.


Le Québec plus lourdement touché que la moyenne canadienne

L’ensemble des provinces canadiennes verra son nombre de vols directs en provenance des États-Unis diminuer de 7,2%. C’est la Colombie-Britannique qui est la province la plus touchée avec un différentiel négatif de près de 130 000 sièges (-14,3%) à l’été 2009 (graphique 1). Proportionnellement, l’Ontario s’en tire mieux que le Québec avec une diminution prévue de 6,3%. Néanmoins, sa capacité aérienne sera quand même privée de plus de 113 000 sièges.

Capacité aérienne des vols direct vers le Québec

Pour les principaux marchés plus éloignés, l’indice de compétitivité du Québec en matière de capacité aérienne est plutôt décevant lorsqu’on le compare aux autres provinces canadiennes concurrentes. L’érosion la plus sentie pour le Québec se fera sur le marché britannique alors que le nombre de sièges diminuera de 16,4% comparativement à 6,6% pour l’Ontario. Fait à remarquer, la Colombie-Britannique, qui présente des volumes similaires vis-à-vis du marché allemand, enregistrera un gain spectaculaire de 21,8% tandis que le Québec demeurera stable.

Le Canada sera compétitif sur l’indice du prix

Le graphique 2 brosse un portrait de la situation en ce qui concerne la compétitivité de l’ensemble de la destination canadienne en matière de coût des voyages. Les données illustrées affichent la variation par rapport à la même période de l’année 2008 et sont comparées avec le coût des voyages vers d’autres destinations. À l’exception de la Corée du Sud, il en coûtera moins cher voyager au Canada à l’été 2009 pour tous les principaux marchés internationaux en comparaison des autres destinations. Les Américains, les Français et les Australiens détiennent tous un pouvoir d’achat pour des voyages au Canada sensiblement plus intéressant en 2009 comparativement à d’autres destinations concurrentes.

Variation du coût des voyages

L’amélioration de la compétitivité de l’indice du prix pour la destination canadienne est largement attribuable à des baisses importantes des tarifs aériens pour des vols directs vers les principaux marchés touristiques ainsi qu’à un fléchissement de la devise canadienne par rapport à l’été 2008. Le rapport du Conference Board précise également qu’à l’échelle canadienne c’est au Québec et en Ontario que l’on trouvera les meilleurs prix pour les Américains, les Mexicains et les Français. L’indice mesuré des prix de voyages tient compte du tarif aérien, de l’hébergement, des repas et d’autres achats touristiques.

Source:

– Conference Board du Canada. «Voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada – Perspectives à court terme sur la concurrence», préparé pour la Commission canadienne du tourisme, mai 2009.

Catégories
Marchés géographiques Segments de clientèles

Les courts séjours: la réalité du tourisme au Québec

Sondages et experts américains s’entendent pour avancer que la crise ne semble pas empêcher les touristes de voyager, mais que ceux-ci tenteront de moins dépenser, notamment en partant moins longtemps. Au Québec, plus de 85% des voyages des Québécois ont une durée de trois nuits ou moins ainsi que 70% des séjours des Canadiens hors Québec et plus de 60% de ceux des Américains. C’est donc une majorité écrasante des voyages dans la province.

Les Québécois

Que ce soit pour s’offrir une escapade, pour visiter des parents et amis ou par affaires, les Québécois font des déplacements dans leur province qui s’avèrent de courte durée. La proportion est très forte, peu importe la ville d’origine (graphique 1). Malheureusement, le changement de méthodologie de Statistique Canada ne permet pas de comparer ces informations avec les années précédentes et d’observer une évolution ou une stabilité.

courts_sejours1

Les Canadiens hors Québec

On constate que les séjours de trois jours et moins dominent également les séjours des Canadiens au Québec. Pour l’ensemble des visiteurs canadiens hors Québec, les courts séjours constituent 89% des visites de parents et d’amis, 77% des voyages d’agrément et 83% des déplacements d’affaires. Les séjours d’agrément des Torontois sont aussi de courte durée dans 79% des cas.

courts_sejours2

Les Américains

Toutes destinations confondues, 46% des voyages d’agrément des Américains durent trois jours ou moins. En fait, 66% de tous les Américains ayant voyagé au cours de 2008 ont effectué au moins un séjour de trois jours ou moins, selon une étude de PhoCusWright réalisée en 2009. Étant donné que la durée des voyages est déjà très brève, la firme prévoit que celle-ci demeurera relativement stable en 2009.

On aurait tendance à penser que les Américains sont moins enclins à se rendre au Québec pour trois jours ou moins, particulièrement ceux originaires d’États non limitrophes. Néanmoins, la proportion des courts séjours des Américains au Québec s’avère souvent élevée (graphique 3).

courts_sejours31

Pour l’ensemble des touristes américains au Québec, 59% des voyages d’agrément et 69% des voyages d’affaires ont une durée de trois jours ou moins.

  • Près de la moitié des visites d’agrément des Californiens sont de brève durée.
  • Les courts séjours représentent 58% des voyages d’agrément en provenance de la Floride et 49% des déplacements d’affaires.
  • Le nombre de visiteurs en provenance de l’État de l’Illinois est relativement faible mais, encore une fois, les voyages sont de courte durée.
  • Notons l’écart entre les visiteurs d’agrément des États limitrophes; les courts séjours des visiteurs de l’État de New York représentent 60% alors que ceux en provenance du New Hampshire, du Maine ou du Vermont varient de 75% à 86%.

Rappelons que des voyages au Québec peuvent être jumelés à la visite d’autres provinces.

Les données de Statistique Canada indiquent une stabilité dans la proportion des voyages courte durée depuis 2004. De façon plus générale, la durée moyenne de séjour des Américains au Québec est également stable depuis 1991, variant de 3,2 à 3,8 nuitées.

Considérant ces fortes proportions, il est pertinent de mentionner quelques éléments du profil des voyageurs américains de longues fins de semaine, tels qu’analysés par PhoCusWright en 2007, soit:

courts_sejours11

Ce sont les touristes de 55 ans et plus qui voyagent le plus fréquemment pour des périodes de trois jours moins.

On aurait pu s’attendre à ce que les plus jeunes générations dépensent davantage en ligne, alors que ce sont plutôt les voyageurs de 55 ans et plus. Leur moyenne de dépenses en ligne est de 2673 USD par an.

PhoCusWright souligne également la plus forte proportion d’hommes pour ce type de voyage ainsi que leurs dépenses plus élevées. Il est vrai que les voyages d’agrément entre hommes connaissent un essor particulier. Les buts de voyage sont l’amusement (de type Las Vegas) ou concernent souvent les sports, qu’on veuille les pratiquer (golf, ski, surf, pêche) ou assister à des événements. Les fins de semaine entre copines sont populaires depuis plus longtemps. Elles visent davantage à se détendre et à se faire dorloter. D’autres types de séjour rejoignent néanmoins des niches (par exemple, vélo de montagne et randonnée).

courts_sejours21

Les visiteurs outre-mer

La durée moyenne de séjour des marchés outre-mer au Québec a augmenté au cours des dernières années, passant de 8,2 à 11,3 nuitées entre 1997 et 2007. Les courts séjours représentent environ 25% des voyages au Québec. Néanmoins, de nombreuses sources indiquent qu’ils sont en hausse au sein de ces marchés (toutes destinations confondues), ce qui défavorise le Canada, trop éloigné pour bénéficier de ces déplacements.

Ça se passe sur Internet!

Le court séjour est grandement favorisé par les occasions qu’offre l’Internet, particulièrement en temps de crise économique où l’on tente de réduire les dépenses en voyage. Selon le Baromètre annuel Raffour Interactif, les internautes français partent plus souvent en court séjour que les non-internautes (35% contre 20%). En fait, 40% de la population française (toutes durées de séjour confondues) a préparé son voyage en ligne. Grâce à l’accès en temps réel à l’information et aux disponibilités, le Web stimule la demande. Selon l’expert qui a dirigé cette étude, M. Guy Raffour, «plus le séjour est court, thématisé, expérientiel, optimisé en rapport qualité-prix, plus il est conforme aux spécificités du e-tourisme».

La crise influe sur la durée de séjour

En février dernier, un sondage de la firme YPartnership, effectué auprès de plus de 2000 Américains, révélait les intentions de voyage pour les mois à venir. La crise économique ne semble pas se faire sentir sur le désir de voyager, alors que 63% des répondants planifient faire au moins un voyage au cours des six prochains mois (versus 60% lors du même sondage en janvier 2008). Les effets de la crise concernent plutôt le comportement de voyage, dont la durée de séjour (lire aussi: Voyager, mais réduire les dépenses).

courts_sejours32

Le principal défi pour l’industrie touristique n’est pas nécessairement d’inciter les individus à voyager malgré la crise économique, mais plutôt de les amener à prolonger leur séjour, ou du moins, à ne pas l’écourter.

Sources:
–    Crowell, Chris. «Vacations offset ongoing demand, occupancy lull», Hotel and Motel Management, 20 mai 2009.
–    Evin, Florence. «Moins loin, moins cher, plus souvent», Le Monde, 19 septembre 2008.
–    Hotel News Resource. «Lenth of stay: the Real Challenge Now Facing the Travel Industry», Travel Horizon, YPartnership, 7 avril 2009.
–    PhoCusWright. «Demographic Patterns Among Long Weekend Travelers», DataPoint – A Statistical View of the Travel Marketplace, novembre 2007.
–    PhoCusWright. «PhoCusWright’s Consumer Travel Report Part One», avril 2009.
–    Raffour, Guy. «Internet dope le court séjour», Espaces, octobre 2007.
–    Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2004-2008.
–    Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», traitement spécial, 2006-2007.
–    Travel Daily News. «Shorter stays in hotels are likely to remain a common feature of travel – European Travel Commission», 20 mai 2009.

Catégories
Tendances

Voyager, mais réduire les dépenses

Une récession économique pousse bien des consommateurs à réviser leur budget et à resserrer les cordons de leur bourse. Les plus touchés par la crise mettront une croix sur les voyages, mais pour un grand nombre de personnes, ils s’insèrent dans leur mode de vie. Alors que certains voyageront comme par le passé, d’autres choisiront plutôt de diminuer le budget ou la durée de leurs déplacements touristiques. Plusieurs sondages ont tâté le pouls de la population pour connaître les intentions des voyageurs à court terme. En voici un bref aperçu.

Le regroupement international BedandBreakfast.com a sondé les voyageurs à propos de leurs vacances d’été 2009.

  • Sur les quelque 3 300 répondants, 80% prévoient réaliser autant sinon plus de voyages qu’à l’été 2008.
  • La moitié d’entre eux planifient des déplacements plus près de la maison.
  • Même s’ils prévoient prendre des vacances cet été, six voyageurs sur dix organiseront leurs séjours différemment à cause de la récession, notamment en:
  1. comprimant les dépenses quotidiennes lors des voyages (51,2%);
  2. réduisant la durée de séjour (43,4%).
  • Les aubaines sur l’hébergement encouragent 76% des voyageurs à se déplacer davantage;
  • La relaxation constitue l’activité la plus souvent mentionnée en regard des prochaines vacances (65%), suivie de la visite de parents et d’amis (56%) et de la baignade à la mer (plage) ou au lac (47%).

Affaires versus agrément

La publication Research Alert dévoilait récemment les résultats d’un sondage d’Ipsos réalisé auprès des Américains concernant l’effet de la récession sur les comportements de voyage. Le graphique suivant illustre comment les touristes d’affaires et ceux d’agrément réduiront leur budget de voyage. Les repas et le divertissement représentent le secteur le plus susceptible de subir les compressions de la clientèle d’agrément (66%) alors que ce n’est pas du tout le cas de celle d’affaires (2%). Cette dernière prévoit plutôt réduire ses dépenses en optant pour des hôtels plus économiques (61%). Diminuer le nombre de nuitées en voyage, loger chez des amis ou de la famille, conduire plutôt que prendre l’avion et choisir des destinations plus près de la maison sont tous des moyens considérés par les deux clientèles, bien que dans des proportions différentes. En fait, le deuxième moyen le plus fréquemment cité par les voyageurs d’affaires en mode «réduction» est le choix sur les vols de places en classe économique plutôt qu’en classe supérieure.

capsule

Plus de Canadiens choisissent de rester au pays

Le contexte économique peu favorable ne semble pas trop dissuader les Canadiens de partir en vacances. Une enquête de Harris-Decima et La Presse canadienne, réalisée en juin 2009, dévoile entre autres que:

  • six Canadiens sur dix planifient voyager pour leurs vacances estivales;
  • parmi ces derniers, le quart (26%) prévoit demeurer à proximité de leur ville de résidence, 35% voyageront à l’intérieur de leur province et 18% comptent sortir du pays;
  • la moitié (54%) de ceux qui ont l’intention de voyager conserve le même budget de voyage que l’année précédente alors que 29% disent vouloir dépenser moins.

Enfin, la hausse fulgurante du prix de l’essence de l’été dernier aura peut-être exercé une plus grande pression sur les voyageurs qui, cette année, connaissent un petit répit à cet égard.

Sources:
–    Hospitality Trends. «Survey Shows Despite Concerns About High Gas Prices And Recession, Travelers Plan Summer Travel», [http://www.htrends.com/trends-detail-sid-39351.html], 15 juin 2009.
–    Hotelmarketing.com. «Summer travel trends according to hotels.com», [http://www.hotelmarketing.com/index.php/article/summer_travel_trends_according_to_hotelscom/], 7 juillet 2009.
–    Ipsos, «How Travelers Plan to Save Money in 2009, Business Travelers VS. Leisure Travelers», Research Alert, Vol. XXVII, No 12.
–    La Presse Canadienne. «Six Canadiens sur dix projettent de partir en vacances cet été», [http://www.cyberpresse.ca/vivre/famille/vie-de-famille/200906/28/01-879665-six-canadiens-sur-10-projettent-de-partir-en-vacances-cet-ete.php], 28 juin 2009.

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités Tendances Transport

Le vélo pour promouvoir une destination: le cas de Portland

Le vélo peut transformer une ville et sauver la planète! Rex Burkholder, conseiller élu au Conseil métropolitain de la ville de Portland en Oregon, en est convaincu. C’était d’ailleurs le titre de sa conférence présentée par l’organisme Vivre en Ville à l’occasion du Jour de la Terre au cours de laquelle M. Burkholder a exposé le cas de Portland et de sa culture cycliste, devenue la véritable identité de la métropole.

Le chemin parcouru

Dans les années 1980, M. Burkholder faisait partie d’un groupe de défenseurs des droits des cyclistes urbains qui exerçait un lobbying auprès de la municipalité en vue de développer l’infrastructure nécessaire pour les déplacements à bicyclette. S’inspirant d’autres villes cyclables du monde comme Copenhague et Amsterdam, Portland s’est mise à l’aménagement de son réseau de voies cyclables. Un effort particulier a été déployé pour trouver des solutions aux conflits d’usage entre cyclistes, piétons et automobilistes. La ville compte maintenant plus de 400 km de voies accessibles aux vélos.

velo_oregon_video1

Comme on l’avait espéré, la population locale a littéralement épousé la cause, et les déplacements en ville se font de plus en plus sur deux roues. «Il y a eu une augmentation linéaire de l’utilisation du vélo, mais depuis les quatre dernières années, la croissance est exponentielle», observe M. Roger Geller, coordonnateur du cyclisme de la ville de Portland dans le New York Times.

velo_oregon2jpg

Une culture se met en selle

Depuis, la culture du cyclisme a explosé. Elle fait partie de l’identité de Portland et est même utilisée pour promouvoir la destination auprès des clientèles touristiques que l’on invite à venir pédaler avec les résidants.

Le vélo est accepté et respecté par les automobilistes partout en ville. Il est intégré au réseau des transports en commun, est admis en tout temps dans les autobus munis de supports à cet effet, dans les tramways et dans les trains (incluant le train de l’aéroport qui amène les voyageurs au centre-ville). La ville est d’autant plus «navigable» sur deux roues que les voies cyclables sont pourvues de panneaux de signalisation indiquant la distance et la durée des voyages (à vélo) entre les différents points de repère.

Le long des pistes cyclables, on découvre espaces verts, bistros, cafés, microbrasseries et petits commerces qui font le charme de la ville. Plusieurs hôtels offrent un service gratuit de prêt de vélo et toutes les grandes attractions sont accessibles par bicyclette. Les stationnements à vélo sécuritaires abondent, ayant remplacé certaines places de stationnement pour voiture, et les «Benson Bubblers», fontaines emblématiques de Portland, désaltèrent les cyclistes.

Au cours de l’année, résidants et touristes sont invités à se joindre à la multitude d’activités organisées sous la thématique du vélo. Il y en a vraiment pour tous les goûts:
–    parades et festivals tels que Pedalpalooza;
–    randonnées sociales, familiales, architecturales, artistiques, touristiques, etc.;
–    petits déjeuners pour cyclistes servis sur les ponts;
–    matchs de polo à vélo;
–    courses de vélos d’enfant (conduits par des adultes);
–    balades de nuit;
–    etc.

velo_oregon3

velo_oregon4

Pour savoir ce qui se passe sur la scène cycliste en ville, on peut consulter le quotidien électronique www.Bikeportland.org qui couvre toutes les manchettes touchant au vélo, du calendrier des événements à la politique. Un représentant du conseiller municipal Sam Adams avoue d’ailleurs qu’il est inconcevable de se faire élire à Portland sans le soutien de la communauté cycliste.

Avec une telle dévotion à la culture du vélo, ce n’est pas étonnant que Portland ait reçu l’an dernier la plus haute distinction décernée par la Ligue des cyclistes américains (League of American Bicyclists) et qu’elle soit régulièrement nommée au classement des villes à voir en pédalant.

Droit devant, les deux mains sur le guidon

Selon la revue Forbes, la visite d’une ville à vélo est une activité de plus en plus appréciée des touristes. Il n’est donc pas surprenant que Portland veuille profiter de sa lancée en vue de devenir une métropole cyclable de première classe. Ainsi, M. Burkholder a confirmé qu’une proposition d’une valeur de plusieurs milliards de dollars avait été faite au gouvernement fédéral américain afin de poursuivre le développement de l’infrastructure et de la culture cycliste pour les vingt prochaines années.

Montréal dans le peloton

Depuis que la revue Bicycling a nommé Montréal comme «meilleure ville cyclable en Amérique du Nord» en 1999, les conditions pour les adeptes du vélo urbain ne cessent de s’améliorer. En effet, lors du dépôt de son plan de transport en 2007, la Ville s’est fixé comme objectif d’obtenir de nouveau cette désignation fort attrayante.

Ainsi, grâce à un partenariat entre la Ville de Montréal et le ministère des Transports du Québec, le réseau cyclable de la ville passera de 400 km à 800 km d’ici 2013. On prévoit aussi équiper les autobus et les taxis de porte-vélos et ajouter des aires de stationnement dans la métropole. Dès cet été, une première carte du réseau cyclable de l’île comprenant les stations de vélo en libre-service, BIXI, est mise à la disposition des résidants et des touristes. La nomination de Michel Labrecque, fondateur de Vélo-Québec, à la tête de la Société des transports de Montréal et l’enthousiasme entourant le 25e anniversaire du Tour de l’Île illustrent bien que la culture du vélo est solidement établie dans la ville.

velo_oregon5jpg

Les touristes viendront-ils pédaler à nos côtés en plus grand nombre? Avec l’un des plus importants réseaux urbains de pistes cyclables en Amérique, le soutien croissant des gouvernements et une culture cycliste grandissante, Montréal semble engagée dans la bonne voie.

À lire aussi: En attendant Bixi… le vélo en libre-service

Sources:

– Bower, Crai S. « North America’s Most Bike-Friendly Cities »,, Forbes Traveler, 17 juin 2008. [http://www.forbestraveler.com/adventure/north-americas-bike-friendly-cities-story.html] .
– Burkholder, Rex, Conseiller au Metro Regional Portland. Conférence «How Bicycles Can Transform Cities and Save the World», Colloque «Vers des communautés actives», organisé par Vivre en Ville et Jour de la Terre Québec, 21 avril 2009. [http://www.vivreenville.org/Colloque_VCA.htm].
– Furber, Matt. «Portland, Portland Style: Touring by Bicycle», New York Times, 3 avril 2009. [http://travel.nytimes.com/2009/04/03/travel/escapes/03Portland.html].
– Gouvernement du Québec. Communiqué «Partenariat entre la Ville de Montréal et le ministère des Transports du Québec – Des investissements de plus de 10,4 M$ pour la réalisation de projets de pistes cyclables à Montréal», 22 septembre 2007. [http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Septembre2008/22/c7012.html].
– Kostala, Anne. «Get the Fast Track on Montreal». The Guardian, 3 mai 2009. [http://www.guardian.co.uk/travel/2009/may/03/montreal-public-bike-scheme-cycling-canada?page=all].
– Ville de Montréal. Communiqué «Montréal dévoile sa programmation pour 2009: 60 kilomètres de nouvelles voies cyclables!», 15 avril 2009. [http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=65,106529&_dad=portal&_schema=PORTAL&_piref65_263689_65_106529_106529.next_page=htdocs/portlet/communiques/fr/detail.jsp&_piref65_263689_65_106529_106529.id=12087&annee=2009&mois=4].

Sites:
www.bicycling.com
www.Bikeportland.org
www.veloquebec.info
www.streetfilms.org

Catégories
Enjeux Faits et chiffres Gestion Tendances

Rien ne va plus… tour d’horizon de la situation

Les temps sont durs, particulièrement pour nos voisins du Sud. On le sait, on l’entend tous les jours… Dans l’industrie touristique, comment se traduit ce marasme? Plusieurs experts se sont penchés sur la question et y vont de leurs prévisions. Bien qu’elles puissent changer rapidement, au gré des aléas de l’économie, nous vous en présentons quelques-unes.

La dégringolade malgré des hausses

L’année 2008 a pourtant bien débuté. Les indicateurs étaient pratiquement tous à la hausse, puis la demande a commencé à s’effriter, surtout à cause de l’augmentation fulgurante du prix du pétrole, jusqu’à ce qu’éclate la fameuse crise, à l’automne, soit l’effondrement des marchés financiers.

Le nombre de touristes internationaux en 2008 s’élève à 925 millions selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). C’est 2% de plus qu’en 2007. On a d’abord assisté à une hausse de la demande, puis à une stagnation et, enfin, à un recul. Ce ralentissement suit une série de quatre années de croissance historique: 7% par an de  2004 à 2007.

Le transport aérien a connu une augmentation de 1,6% du trafic de passagers en 2008, selon l’International Air Transport Association (IATA). Mais pour le seul mois de décembre, l’IATA enregistre une chute de 4,6%. Le nombre de voyageurs en première classe sur les vols internationaux – en grande partie une clientèle d’affaires – a baissé de 8% en 2008. Aux États-Unis, le secteur de l’hébergement ressent également les contrecoups de cette crise dès 2008. C’est ce que soutient la firme PricewaterhouseCoopers avec ses données (Tableau 1).

CB_2009-03_rien_ne_va_tbl1

L’année 2009: tous les marchés sont en baisse

L’OMT, qui demeure très prudente dans ses prévisions, estime que le tourisme international devrait stagner ou même décliner (0 à 2%) durant l’année 2009. Mais si l’économie démontre des signes hâtifs de rétablissement – dans les 6 premiers mois de 2009 -, le tourisme international pourrait croître légèrement en 2009. Inversement, si l’économie se détériore, les données prévisionnelles seront revues à la baisse. Les Amériques et l’Europe constitueront les deux régions du monde les plus touchées par cette crise. Selon la US Travel Association, les voyages domestiques aux États-Unis subiront une baisse de 1,9%.

Le marché corporatif sera plus touché que celui de l’agrément, car de nombreuses entreprises ont diminué le budget qu’elles allouent aux voyages d’affaires (Lire aussi: Le tourisme d’affaires en temps de crise). Dès lors, ces voyageurs se déplaceront plus en classe économique et se logeront plutôt dans des hôtels moins coûteux. Selon un sondage de l’Association of Corporate Travel Executives (ACTE), 71% des gestionnaires américains couperont dans les dépenses en 2009. Déjà, avec les pertes d’emplois massives aux États-Unis, des milliers de voyageurs d’affaires cesseront leurs déplacements habituels. Les autres favoriseront, autant que possible, la vidéoconférence, surtout dans le cas des réunions internes.

Les voyageurs d’agrément chercheront eux aussi les bas prix en choisissant, entre autres, d’acheter leur billet d’avion à la dernière minute au cas où les prix chuteraient. Ils étudieront également les aubaines avant de sélectionner leur lieu d’hébergement. Le marché sera au voyageur! Par ailleurs, la croissance de l’offre diminuera, en raison de l’accès et du coût du financement ainsi que de la baisse de la demande.

Une dure année en vue pour le transport aérien

L’année 2009 risque d’être l’une des années les plus difficiles que l’aviation internationale ait jamais connue. Les compagnies aériennes luttent pour tenter d’ajuster la capacité à la demande qui chute. L’IATA prévoit une baisse des revenus de l’industrie (passagers et cargo) de 35 milliards USD en 2009. À cet égard, l’Association estime que l’industrie subira des changements structurels importants.

L’hébergement essuiera des pertes

Les firmes de consultation PKF Hospitality Research et PricewaterhouseCoopers présentent quelques prévisions sur la performance hôtelière en 2009. Comme elles concernent les États-Unis, observons-les avec une certaine réserve puisque la situation y est beaucoup plus dramatique qu’au Québec, jusqu’à présent du moins.

Selon leurs calculs, le RevPAR chutera de 7,8 à 11,2% en 2009. Il n’augmentera pas avant le deuxième trimestre de 2010. Le taux d’occupation sera d’autant plus touché étant donné l’augmentation de l’offre prévue de 2,9% par rapport à 2008. Le prix quotidien moyen sera maintenu par certains hôteliers en raison des ratés de la stratégie des baisses de prix au lendemain du 11 septembre 2001. Mais globalement, il baissera tout de même de 2,7 à 5,2%.

Au Québec, qu’est-ce qui nous attend?

Jusqu’à maintenant, le Québec ne semble pas trop touché par cette turbulence. La crise est-elle simplement retardée? Les répercussions seront-elles aussi fortes que celles prévues aux États-Unis? Difficile à dire. Mais des signes traduisent une crainte quant à l’avenir. Pensons notamment à Montréal et aux projets hôteliers reportés, voire annulés; à Mont-Tremblant, sur le Versant Soleil où un casino ouvrira ses portes cet été, mais sans hôtel ni centre de congrès.

La suroffre en matière d’hébergement en milieu urbain, la baisse du tourisme d’affaires et de la demande internationale, dont celle en provenance des États-Unis, entraîneront certainement un ralentissement du tourisme. Mais les voyages de proximité seront sûrement favorisés.

Profitons-en!

Un ralentissement des activités est parfois nécessaire pour qu’une entreprise prenne le temps de revoir ses façons de faire et innover. N’attendons pas d’être en pleine crise pour devenir plus performant, il sera peut-être trop tard! Pensons notamment à:

  • prendre le virage vert et ainsi réaliser des économies;
  • valoriser les employés par des formations, des ateliers de consolidation d’équipe (team building);
  • améliorer la performance de l’entreprise en réévaluant les processus;
  • remettre en question l’image de l’entreprise en nous demandant ce que nous faisons de mieux et pourquoi;
  • s’assurer que nos finances sont en ordre et à protéger nos liquidités;
  • être proactif, les gagnants seront ceux qui sauront se positionner avantageusement au moment de la reprise.

À quand la reprise…

Des analystes prévoient une reprise lente à partir de la fin de 2009 alors que d’autres tablent sur une reprise en 2010 qui pourrait se révéler étonnamment robuste. Cette forte reprise serait poussée par une recrudescence de la demande et l’injection sans précédent de stimuli gouvernementaux dans l’économie. Les fournisseurs de services devraient ainsi se préparer à ce rebond en saisissant les occasions qui se présentent dès maintenant.

Sources:
–    Business Travel News. «PKF Predicts Depth Of Hotel Revenue Drop», 10 décembre 2008.
–    Craft, Lester. «Preview 2009: It’s not too early to prepare for the 2010 rebound», Northstar Travel Media LLC., 2008.
–    Euromonitor International. «Trend Watch: Travel Predictions for 2009», 30 janvier 2009.
–    Evans, Robert. «Airlines face worst crisis in 50 years», Reuters, décembre 2008.
–    International Air Transport Association. «Le fret plonge de 22,6% en décembre», communiqué de presse, 29 janvier 2009.
–    Organisation mondiale du tourisme. «Baromètre OMT du tourisme mondial: le tourisme international malmené par la détérioration de l’économie mondiale», communiqué de presse, 27 janvier 2009.
–    «Pisa Forum confirms that recovery could start within 12 months», [http://www.hotelexecutive.com/newswire/pub/_32733.asp], 17 novembre 2008.
–    Grossman, David. «Business travelers may catch a price break in 2009», Usa today, 2 janvier 2009.
–    «PKF Predicts Depth Of Hotel Revenue Drop», [http://www.allbusiness.com/travel-hospitality-tourism/lodging-lodging-industry/11728725-1.html], 10 décembre 2008.
–    «PricewaterhouseCoopers Forecast a Significant Reduction in Hotel RevPAR in 2009», [http://www.hotelnewsresource.com/article36856.html], 2 février 2009.
–    PricewaterhouseCoopers, «Hotels: managing in a downturn», novembre 2008.
–    «PwC Forecasts 11% Drop In U.S. RevPAR», [http://www.hotelsmag.com/article/CA6632412.html], 27 janvier 2009.
–    The Associated Press. «World’s airlines lost $5 billion in 2008, group says», Usa today, 29 janvier 2009.

Catégories
Produits et activités Segments de clientèles

S’adapter à l’évolution démographique des skieurs et planchistes

Le renouvellement des clientèles des sports de glisse constitue un enjeu majeur depuis plusieurs années. C’est un sujet d’actualité alors que le noyau des skieurs et planchistes (surfeurs des neiges) vieillit et que la sédentarité dont souffrent de nombreux jeunes menace la relève. Des stations ont mis en œuvre des stratégies qui, d’une part, prolongent l’intérêt des skieurs plus âgés et, d’autre part, favorisent la rétention des débutants qui s’initient à l’activité.

Les adeptes québécois

On dénombre au Québec plus de 907 000 personnes âgées de 5 ans et plus qui pratiquent – au moins une fois par année – le ski alpin comparativement à 423 000 pour la planche à neige. Environ 9% de la clientèle s’adonne aux deux sports. On recense quelque 500 000 skieurs ou planchistes de 12 ans et plus dans la seule région métropolitaine de Montréal (PMB 2008).

En dépit du vieillissement de la population, les jeunes skieurs québécois (5-17 ans) continuent d’être au rendez-vous; ils représentent 30% des adeptes même s’ils ne comptent que pour 10% de la population (graphiques 1 et 2).

CP_2009-02_evolt_demog_ski_grphq1
CP_2009-02_evolt_demog_ski_grphq2

Il y a 20 ans, le segment des 50 ans et plus se composait d’à peine 6% de la clientèle au Québec comparativement à 14% aujourd’hui (Lire aussi: La relève des skieurs et planchistes est-elle au rendez-vous?).

Le marché américain

Pour le marché américain, nous avons choisi de nous limiter au bassin des skieurs qui fréquentent les stations situées dans le nord-est du pays. Ces dernières ont produit un volume de 14 millions de visites au cours de la saison 2007-2008, soit une hausse de 15% par rapport à l’année précédente. Précisons qu’environ 85% des voyages d’agrément de ski au Québec en provenance des États-Unis sont réalisés par des résidants de cette région. Voici quelques caractéristiques de la clientèle qui fréquente les stations situées dans le nord-est des États-Unis selon une enquête de la National Ski Areas Association (NSAA):

  • 55% – hommes
  • 35% – âgés de 17 ans et moins
  • 28% – planchistes
  • 6% –   première saison de ski alpin
  • 28% – première saison de planche à neige
  • 30% – détenteurs d’un abonnement annuel
  • 19% – louent des équipements
  • 12% – prennent des leçons
  • 46% – des visites sont des excursions du même jour
  • 54% – voyages d’au moins une nuitée
  • 10% – membres d’un groupe ou d’un club de ski

Une relève inquiétante

D’importants enjeux démographiques auront une forte incidence sur les clientèles des skieurs américains, selon SOS Outreach, et ce, même si la dernière saison montre une croissance. Certaines statistiques concernant la relève inquiètent:

  • 40% des jeunes Américains sont issus de minorités ethniques alors qu’ils ne représentent que 13% de la clientèle actuelle;
  • 25% des jeunes souffrent d’obésité et délaissent les activités extérieures.

Pour les Canadiens, le taux de participation des jeunes (12-17 ans) est demeuré relativement stable. Chez les planchistes, il passe de 19% à 18% (2001 versus 2008), alors que chez les skieurs, il a augmenté de 17 à 19%.

Cultiver la motivation des tempes grises

Pour les baby-boomers plus âgés, l’accès à des pistes bien damées s’avère prioritaire afin de leur permettre de passer une journée agréable et moins ardue physiquement. Si cette clientèle apprécie les pentes relativement abruptes, elle est généralement peu intéressée par les bosses. Plusieurs stations ont revu leurs procédures de damage pour mieux desservir les baby-boomers.

De plus en plus de grands-parents souhaitent passer du temps de qualité avec leurs petits-enfants. À cet effet, les escapades en ski représentent l’occasion idéale. Les baby-boomers disposent de temps, d’argent et de la santé pour leur faire vivre une expérience amusante, leur enseigner le ski, prendre un repas agréable, échanger et développer une complicité avec eux, etc. Il s’agit d’une combinaison naturelle, surtout au stade de l’apprentissage où les deux se plaisent au même rythme. PMB estime à 70 000 le nombre de skieurs québécois grands-parents.

Le séjour versus l’excursion

Selon une étude de l’université de Georgie, 69% des skieurs et planchistes décident à la dernière minute de pratiquer leur sport préféré en raison des conditions de neige. Les chercheurs ont d’ailleurs noté que lors d’excursions de ski, la distance constitue un critère de décision plus important que celui du coût associé au voyage.

Pour les séjours avec nuitées, les skieurs choisissent davantage une destination en fonction de la variété des pistes alors que les planchistes sont plutôt influencés par les services offerts sur place.

Les stratégies d’adaptation

Aux États-Unis, la participation des jeunes aux sports d’hiver est en baisse. Pour y remédier, les gestionnaires doivent faire preuve d’imagination pour susciter un plus grand intérêt, particulièrement auprès des minorités visibles, et pour améliorer le taux de rétention des débutants. Parmi les skieurs qui essaient ce sport, 16% deviendront des adeptes réguliers.

Pour augmenter ce ratio, la station Loveland, au Colorado, présente le programme «Three-class pass» qui offre un abonnement de saison gratuit aux adultes débutants qui ont complété trois leçons. Le programme s’avère populaire; le nombre d’abonnements émis annuellement ne cesse de croître. À Gunstock au New Hampshire, on remet au skieur qui complète son troisième cours une série de rabais, notamment pour la location ou l’achat d’équipement et de billets de ski.

CP_2009-02_evolt_demog_ski_img1

Pour ce qui est des skieurs vieillissants, les défis sont similaires. Les baby-boomers atteignent progressivement la soixantaine et la majorité d’entre eux désirent demeurer actifs. L’étude de la NSAA souligne l’importance de cultiver la motivation des clientèles plus âgées envers les sports de glisse.

À cet égard, certaines stations ont mis en place des initiatives intéressantes. Par exemple, Loon Mountain, au New Hampshire, a créé des «cliniques» adaptées à la clientèle vieillissante. Le programme «Flying 50s» s’adresse exclusivement aux plus de 50 ans et offre des cours qui prennent la forme d’activités sociales (soirées d’après-ski, first tracks, etc.). D’autres actions très spécialisées sont mises de l’avant par exemple montrer comment aborder les bosses («Bumps for Boomers»), aller dans les sous-bois, affronter la neige poudreuse, etc. Les instructeurs de ces «cliniques» ont souvent, eux aussi, plus de 50 ans. Au Québec, soulignons notamment la stratégie de Ski Bromont où l’on offre un membership à vie aux skieurs de 70 ans  lors de l’achat d’un abonnement d’une saison.

En conclusion, les gestionnaires ont tout intérêt à bonifier leur offre grâce à des programmes adaptés, de petits compléments, des attentions spéciales qui tiennent compte des tendances démographiques et des aspirations changeantes des différents segments de clientèles.

Sources:
– Conseil canadien du ski. «Le  modèle de croissance canadien – Perspectives de l’industrie canadienne des sports d’hiver», janvier 2009.
– Clark, Jayne. «It’s Time to Learn a Snow Sport», USA Today, [www.usatoday.com/travel/destinations/ski/2009-01-08-winter-trails-day_N.htm], 12 janvier 2009.
– CROP. «Pratique des sports de glisse au Québec», 2008.
– Cummings, Karen. «Skiing with Grandkids», Tripso, [www.tripso.com/traveler/skiing-with-grandkids/]
– Finnell, Janice. «Success Stories», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Lang Research Inc. «TAMS 2006: Canadian Activity Profile: Downhill Skiing & Snowboarding While on Trips», 26 octobre 2007.
– Menconi, Arn. «Youth Participation Key to Future Industry Growth», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Print Measurement Bureau, 2008
– Roessing Walter. «Boomers on Groomers», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Won, Doyeon, Hyejin Bang et David J. Shonk. «Relative Importance of Factors in Choosing a Regional Ski Destination: Influence of Consumption Situation and Recreation Specialization», Journal of Sport & Tourism, vol. 13, no 4, novembre 2008.

Catégories
Hébergement

Compléments dans les hôtels: quelles sont les aspirations de la clientèle d’affaires?

Dans le secteur de l’hôtellerie, la clientèle est en droit de s’attendre à une certaine standardisation dans les services. Pourtant, lorsque vient le temps d’analyser les services complémentaires offerts par les établissements, tous ne proposent pas les mêmes options. Les gestionnaires ont-ils raison d’investir dans ces petits ajouts pour bonifier leur produit? Qu’en est-il du point de vue de la clientèle? Quelles attentions font vraiment la différence à ses yeux?

L’accès Internet

Il faut d’abord parler de l’épineuse question de l’accès Internet. Maintenant devenu une nécessité, la grande majorité (91%) des établissements hôteliers offrent ce service à leurs clients. On constate toutefois un énorme fossé entre l’hébergement haut de gamme et les autres catégories. L’enquête annuelle publiée en 2008 par l’American Hotel & Lodging Association (AH&LA) aux États-Unis, menée auprès de plus de 10 000 de ses membres, révèle que 75% des hôtels de luxe et 91 % de ceux de très haute gamme (upper upscale) font payer leurs clients pour une connexion Web (graphique 1). C’est tout le contraire pour l’ensemble des autres catégories.

CP_2008-10_complement_htl_clientl_aff_grphq1

Pourtant, 59% de la clientèle d’affaires estime qu’il est très important que leur chambre soit dotée d’un service gratuit d’Internet haute vitesse sans fil. (Lire aussi: L’accès «sans fil» dans les hôtels, atout ou nécessité?) Selon un observateur de l’industrie, Adam Kirby, cette pratique des hôtels de catégorie supérieure d’imposer des frais élevés pour l’accès Internet n’a plus sa place et constitue une source fréquente de mécontentement de la clientèle.

Un petit déjeuner avant tout

La firme de recherche Yesawich, Pepperdine, Brown & Russell (YPB&R) a réalisé en 2007 une enquête auprès de voyageurs d’affaires américains pour évaluer leur niveau d’appréciation des différents services complémentaires que l’on trouve régulièrement avec la location d’une chambre d’hôtel. C’est le petit déjeuner offert gracieusement qui obtient la meilleure cote auprès de la clientèle d’affaires (63% des répondants), soit un niveau d’importance d’au moins 4 sur une échelle de 5 (graphique 2). De plus, les gens apprécient beaucoup (42%) recevoir un journal à leur chambre le matin. À l’opposé, des compléments tels que des films à la carte et un système CD/stéréo ne sont pas perçus comme des services essentiels par les voyageurs d’affaires.

CP_2008-10_complement_htl_clientl_aff_grphq2

Des opinions divergentes

Évidemment, les aspirations de la clientèle varient selon certains critères sociodémographiques. Les graphiques 3 à 7 illustrent ces variations pour les quelques services complémentaires que nous avons retenus. On constate par exemple que les hommes accordent davantage d’importance à la présence d’un écran plat dans leur chambre (graphique 3). En 2007, environ 43% des membres de l’AH&LA disposent d’un tel téléviseur dans leur chambre.

CP_2008-10_complement_htl_clientl_aff_grphq3

Le téléviseur haute définition dans la chambre est plus important pour les gens dont le revenu annuel du ménage dépasse 75 000 USD que pour les autres, probablement parce qu’ils sont plus habitués à ce standard (graphique 4). Les hommes ont aussi un penchant favorable à cet égard. Plus de 36% des membres de l’AH&LA disposent d’un tel équipement dans leur chambre.

CP_2008-10_complement_htl_clientl_aff_grphq4

La clientèle plus jeune (moins de 42 ans) apprécie grandement les gadgets électroniques. En effet, ils sont beaucoup plus nombreux à désirer profiter d’une chaîne audio/CD acceptant les fichiers musicaux de type MP3 (graphique 5). Seulement 10% des voyageurs d’âge mature juge ce service très important comparativement à 25% chez les plus jeunes.

CP_2008-10_complement_htl_clientl_aff_grphq5

Parmi les diverses clientèles, celle qui dispose d’un revenu de ménage supérieur à 75 000 USD accorde plus d’importance que les autres à recevoir un journal quotidien à la chambre, suivie de celle âgée de moins de 42 ans (graphique 6). Toutefois, de moins en moins d’établissements consentent à offrir gracieusement ce complément: 70% en 2007 comparativement à plus de 83% l’année précédente.

CP_2008-10_complement_htl_clientl_aff_grphq6

Finalement, le petit déjeuner gratuit fait l’unanimité: 62% de chacun des segments de clientèle jugent cette option importante (graphique 7), et les jeunes se montrent les plus favorables (66%). En 2007, environ 59% des membres de l’AH&LA proposaient ce complément, en baisse de 6% par rapport à l’année précédente.

CP_2008-10_complement_htl_clientl_aff_grphq7

Voici quelques-uns des résultats de l’étude 2008 de l’AH&LA en ce qui a trait aux caractéristiques des chambres de ses membres:

  • 35% disposent d’une enceinte acoustique de type «iPod»;
  • près de la moitié (48%) proposent un menu végétarien et 66% un menu «santé», tous deux en forte hausse (environ +15%) par rapport à l’année précédente;
  • près du quart ont des chambres immunisées contre les allergies;
  • 40% n’offrent que des chambres sans fumée;
  • 56% des établissements permettent les animaux.

On peut le comprendre, il n’est pas facile pour les gestionnaires hôteliers de trouver la recette parfaite pour plaire à tous les segments de clientèles. Mais avant de miser sur des formules tout-inclus, n’oublions pas que ce sont parfois les services de base qui font défaut et qui irritent le plus souvent les voyageurs d’affaires. Surtout, écoutez votre clientèle pour déterminer ses besoins et n’hésitez pas à vous inspirer d’une petite dose de créativité pour y ajouter un petit effet «wow».

Sources:
– Brancatelli, Joe. «Why do some hotels provide free internet access, while others charge big?», MSNBC.com, 15 juillet 2008.
– Greenberg, Peter. «Totally geeked-out, hi-tech hotels», TODAYshow.com, 2 avril 2008.
– Johnson, Allie. «Flat-screen televisions are becoming star of the show», Hotel & Motel Management, 21 juillet 2008.
– Kirby, Adam. «Wi-Fi: Give it away now», Hotels Magazine, 27 juin 2008.
– Marzella, Dennis. «Breakfast, news more influential than technology», Consumer Insight, Hotel & Motel Management [www.hotelmotel.com], 21 mai 2007.
– Smith Travel Research. «2008 Lodging Survey», pour l’American Hotel & Lodging Association, 2008.

Catégories
Produits et activités

L’avenir de la motoneige touristique passe-t-il par le marché américain?

Comme destination touristique de motoneige, le Québec jouit d’une bonne réputation à l’échelle mondiale. Il s’agit toutefois d’un secteur à maturité victime notamment des hausses du coût du carburant et de fortes pressions sur le plan environnemental. Des résultats touristiques mitigés génèrent inévitablement des questionnements. A-t-on fait le plein des touristes motoneigistes ou passe-t-on à côté de marchés porteurs peu exploités? Le développement de nouveaux marchés éloignés aux États-Unis pourrait-il s’avérer intéressant pour les voyagistes et le créneau de la location? Serait-il possible de donner un nouveau souffle à l’industrie de la motoneige au Québec?

Recrudescence de la demande québécoise

Les années 2000 coïncident avec le déclin de la demande, particulièrement du côté de la clientèle américaine des motoneigistes qui est en chute libre. Un regard historique sur les droits d’accès vendus nous apporte un éclairage sur l’état de la situation en ce qui concerne plus précisément le marché des propriétaires de motoneige (graphique 1).

Depuis 2000-2001, le nombre de droits vendus n’a cessé de diminuer, sauf la dernière saison qui a connu une croissance spectaculaire de 27% par rapport à 2006-2007 (+35% auprès de la clientèle québécoise). L’hiver précoce de 2007 a certes été un important déclencheur d’intérêt.

En 2007-2008, les Québécois ont acheté 88% des droits d’accès.

CP_2008-10_motoneige_grphq1

La demande ne se limite pas qu’aux propriétaires, puisqu’un nombre important de touristes pratiquent cette activité avec une motoneige empruntée ou de location. Selon le Print Mesurement Bureau (PMB) 2008, 346 000 Québécois de 12 ans et plus ont pratiqué la motoneige au moins une fois au cours des 12 derniers mois.

Selon la même enquête, l’ensemble du marché canadien atteint 1,16 million de motoneigistes. De ce nombre, quelque 394 000 Canadiens (122 000 Québécois) ont déclaré avoir pratiqué la motoneige à l’occasion de voyages de vacances au Canada.

Voici plus précisément d’où proviennent les 12 765 motoneigistes des marchés extérieurs qui ont acheté un droit d’accès au Québec lors de la saison 2007-2008 (graphique 2).

CP_2008-10_motoneige_grphq2

L’énigme américaine

Du côté de la clientèle américaine, la situation est beaucoup moins reluisante. Au cours de la saison 2000-2001, plus de 17 000 d’entre eux ont acheté un droit d’accès au Québec. En 2007-2008, ils étaient à peine 6000, soit une chute de 65%. Pourtant, l’étude de Travel Activities & Motivation Survey (TAMS) de 2007 révèle que plus de 3,8 millions d’Américains ont pratiqué la motoneige durant un voyage d’une nuit et plus au cours des deux dernières années. Pour environ la moitié d’entre eux, la motoneige constituait la principale motivation du voyage. Force est de constater que le marché actuel du Québec représente une infime partie de l’ensemble du potentiel américain.

Il faut savoir que parmi les motoneigistes américains, plus de 380 000 ont aussi réalisé un voyage au Québec au cours des deux dernières années. Toutefois, seulement 37 % de cette clientèle potentielle est issue des marchés traditionnels du Québec, soit la Nouvelle-Angleterre et l’Atlantique Centre (New Jersey, New York, Pennsylvanie). Or, ces marchés représentent pourtant 95% de la clientèle actuelle des motoneigistes qui achètent des droits d’accès.

L’adepte américain

L’étude de TAMS de 2007 nous donne d’intéressantes précisions sur le portrait type de l’adepte de la motoneige et du quad:

  • un homme âgé de 18 à 44 ans vivant en couple ou en famille;
  • affiche un niveau de scolarité inférieur à la moyenne;
  • dispose d’un revenu de ménage supérieur;
  • plus actif pour les activités extérieures (ex.: chasse et pêche, équitation, sports extrêmes) et culturelles (ex.: concerts, spectacles et festivals d’humour, casinos, événements sportif, équestre ou western) que le voyageur d’agrément moyen;
  • plus porté à camper dans les parcs nationaux ou dans des lieux isolés;
  • plus susceptible d’avoir effectué un voyage au Canada que le voyageur américain d’agrément moyen;
  • visite l’Ontario 2,5 fois plus souvent que le Québec et considère la Colombie-Britannique comme la province la plus attrayante du Canada;
  • utilise Internet autant, sinon plus, que les autres voyageurs d’agrément.

De nouvelles opportunités

Beaucoup de motoneigistes américains ne sont probablement pas propriétaires d’une motoneige, puisque environ 50% des adeptes proviennent d’États situés au sud du pays.

De plus, la majorité de ceux qui ont pratiqué la motoneige l’a fait lors d’une randonnée journalière à l’occasion d’un séjour touristique multiactivités. Par exemple, près de 525 000 motoneigistes qui habitent la région du Pacifique (majoritairement représentée par la Californie) ont réalisé une excursion de motoneige à l’intérieur de la même journée tandis que seulement 160 000 l’ont fait pendant un périple incluant plusieurs nuitées à l’extérieur de la ville.

Traditionnellement, l’offre touristique de motoneige présentée aux Américains s’est toujours concentrée sur le marché limitrophe, ciblant principalement les propriétaires. Le temps est-il venu de modifier quelque peu la stratégie? Devrait-on réviser notre offre de manière à proposer plus de forfaits multiactivités et à mieux satisfaire les aspirations de l’ensemble de la clientèle américaine, incluant celle des États éloignés? De tels forfaits, mis en marché par plusieurs voyagistes, séduisent depuis longtemps la clientèle européenne.

Concluons qu’il existe un potentiel bien réel d’attirer les Américains, mais qu’il subsiste un défi à relever en ce qui concerne leur perception du Québec.

Avec la collaboration de Olivier Payette

Lire aussi:

Capsule – Le développement durable et la motoneige: un défi à relever
La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement
La motoneige en harmonie: deux exemples de réussite
Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement

Sources:
– Chaire de tourisme Transat de l’ESG-UQAM. «Tourisme hivernal – Motoneige», Diagnostic final préliminaire, 21 mars 2003.
– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «U.S. Travel Market; Snowmobiling and ATVing while on trips of one or more nights», Travel Activities & Motivation Survey, avril 2007.
– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «U.S. Travel Market; U.S. Travelers to Quebec», Travel Activities & Motivation Survey, janvier 2008.
– Print Mesurement Bureau, 2008.
– Robbins, Jim. «Judge Rejects Plan for More Snowmobiles at National Parks», The New York Times, 16 septembre 2008.

Catégories
Faits et chiffres Marchés géographiques Tendances

Le touriste américain: une espèce en évolution

On parle beaucoup de la baisse importante que le Canada subit relativement au marché touristique américain. Néanmoins, au-delà des chiffres de volume, le touriste américain continue d’évoluer, ses comportements de voyage changent, ses habitudes de planification se modifient. Voici un portrait de ce touriste d’aujourd’hui, sans égard à la destination visitée.

La préparation

Afin de mieux comprendre comment évolue le touriste américain contemporain, nous avons regroupé une panoplie d’indicateurs concernant différentes facettes reliées à ses habitudes de voyage (lire aussi: Les Américains: de la visite rare, qui reste plus longtemps… mais dépense moins!). Même si ces informations touchent spécifiquement le marché américain, plusieurs de ces tendances peuvent être extrapolées à l’ensemble de la clientèle touristique.

L’Office of Travel & Tourism Industries (OTTI) compile annuellement un certain nombre d’indicateurs qui nous apprennent notamment que, en l’espace de six ans, Internet (38%) a rattrapé l’agence de voyages (37%) comme source d’information pour la prise de décision des voyages internationaux effectués en avion (tableau 1). La différence était pourtant considérable en l’an 2000 avec 30 points d’écart.

CP_2008-09_touriste_amrcn_tbl1

En ce qui concerne l’étape de la réservation, Internet a pris de l’ampleur, mais demeure second derrière l’agence de voyages (tableau 2). Les voyageurs d’agrément sont toutefois davantage portés à réserver en ligne (32%) que la clientèle d’affaires (18%).Les voyages internationaux sont planifiés plus longtemps à l’avance, soit 90 jours avant la date de départ en 2006 comparativement à 77 jours en 1997.

CP_2008-09_touriste_amrcn_tbl2

Les motivations de voyage

La proportion d’Américains qui voyagent par agrément ou en visite chez des parents et des amis (VPA) est en croissance par rapport à celle du tourisme d’affaires (graphiques 1 et 2), et ce, bien que le nombre absolu des voyageurs d’affaires augmente. À eux deux, les voyages d’agrément et les VPA composent 73% de l’ensemble des déplacements internationaux par avion des Américains en 2006. Ce sont les hispaniques et les autres minorités ethniques qui provoquent une augmentation des VPA.

CP_2008-09_touriste_amrcn_grphq1_2

Les activités pratiquées

Sur le plan des activités pratiquées en voyages à l’étranger, les Américains démontrent une étonnante constance (tableau 3). Toutefois, dans l’ensemble, les touristes se montrent un peu moins actifs durant leur séjour. En effet, presque toutes les activités affichent un taux de participation identique ou en baisse en 2006 par rapport à 1996. La plus importante baisse de popularité concerne les visites en campagne (-6%). Seuls les tours guidés présentent une légère hausse (+1%).

CP_2008-09_touriste_amrcn_tbl3

Les baby-boomers sont les plus grands consommateurs de voyages de luxe puisqu’ils génèrent plus de 80% des dépenses pour ce type de produit. Précisons que ce sont les jeunes baby-boomers (45-55 ans) qui sont les plus enclins à voyager à l’étranger plutôt que les plus âgés (56-63 ans).

Par ailleurs, selon un sondage réalisé par Travelocity auprès de sa clientèle américaine, plus de 55% des gens planifiaient réaliser un voyage multigénérationnel au cours de l’année 2008. Les principales activités pratiquées lors de ces voyages sont la plage (23%), les activités de plein air (19%) et les expériences culturelles (13%). Fait intéressant, près de la moitié (45%) ne prévoient aucune activité pour un tel voyage.

D’après le même sondage, 33% des répondants envisagent d’effectuer un voyage «de filles» ou «de gars». L’absence de programmation est encore plus évidente : 67% des répondants n’ont aucune activité prévue.

Les intérêts croisés

Les personnes qui voyagent à l’étranger présentent un profil d’ensemble distinct des autres Américains sur plusieurs aspects. Pour des fins de marketing ou pour mieux comprendre les divers intérêts des voyageurs, il est intéressant d’analyser quels sont les produits ou les activités les plus compatibles avec eux. La revue annuelle Lifestyle Market Analyst compile de tels indices où le nombre 100 représente la moyenne américaine. Voici les produits et les activités affichant la plus forte corrélation avec les Américains qui voyagent à l’étranger:

•    Assiste à des événements culturels ou artistiques (258)
•    Ski fréquemment (236)
•    Investit dans l’immobilier (231)
•    Joue au tennis fréquemment (226)
•    Apprécie le vin (224)
•    Voyage aux États-Unis (217)
•    Apprécie la cuisine gastronomique (204)
•    Investit à la bourse (201)
•    Apprécie les antiquités et les œuvres d’art (196)
•    Adepte de la science et des nouvelles technologies (193)
•    Sensible au patrimoine national (190)
•    Pratique le bateau à moteur ou à voile (183)

Les facteurs d’influence

Diverses formes d’influence conditionnent le processus décisionnel du voyageur. La conscientisation pour un tourisme plus responsable se répercute clairement sur certains projets de voyage. Selon un sondage de Travelocity effectué auprès de ses membres, environ 18% des gens ont mentionné avoir déjà effectué dans le passé un voyage qui comprenait une composante de philanthropie ou de volontarisme. C’est encore plus marqué sur le plan de l’intention, alors que 38% souhaiteraient incorporer une telle forme d’engagement dans leur plan de voyage de 2008. Les causes identifiées concernent d’abord l’environnement (33%), l’éducation (30%) et la santé (17%).

Selon ce même sondage, le souci pour un tourisme durable déborde les intentions et se traduit par une volonté de dépenser davantage. Environ 34% des gens sont prêts à débourser jusqu’à 50$ supplémentaires pour une destination soucieuse de l’environnement, 23% de 51$ à 100$ et 21% plus de 100$.

En matière de choix d’hébergement, un grand nombre de facteurs s’ajoutent à la variable du prix. Voici quelques-uns des principaux éléments pris en considération avant de réserver une chambre selon un sondage effectué par Greenfield Online auprès d’Américains qui ont séjourné dans des établissements aux États-Unis, par agrément ou par affaires.

CP_2008-09_touriste_amrcn_tbl4

Une croissance, mais…

Le comportement de voyage du touriste américain demeure intimement lié aux cycles économiques que vivent les États-Unis. Les signes persistants de ralentissement économique agissent comme toile de fond et peuvent accentuer certaines tendances relevées précédemment, voire générer de nouvelles habitudes de voyage.

Selon Mintel, les Américains conserveront leur troisième position parmi les principaux marchés émetteurs dans le monde. On anticipe des dépenses à l’étranger de l’ordre de 121 milliards USD en 2020, soit une croissance de 22% par rapport à 2006. Le nombre de détenteurs de passeport augmentera également considérablement en raison des nouvelles exigences de certaines destinations comme les Caraïbes et le Mexique. Pour le Canada, le défi reste tout entier à plusieurs égards si l’on veut mettre un frein au glissement de nos parts de marché et regagner un certain lustre quant à ce marché en déclin.

Sources:
– Mintel. «US Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 6, avril 2008.
– Office of Travel & Tourism Industries. «2006 Profile of U.S. Resident Travelers Visiting Overseas Destinations – Outbound», juillet 2007.
– SRDS Media Solutions. «The Lifestyle Market Analyst», 2007.
– Travel Industry Association. «Domestic Travel Market Report», 2007.
– Travelocity. «2008 Travel Forecast Poll», janvier 2008.