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Marchés géographiques Segments de clientèles

Les communautés ethniques de Montréal voyagent-elles au Québec?

Les Montréalais provenant des diverses communautés ethniques représentent 21% de la population de la grande région de Montréal et, pourtant, cette cohorte de plus de 664 000 individus contribue peu au tourisme québécois. Elle préfère voyager en Ontario et dans le Nord-Est américain, particulièrement pour rendre visite à des parents et à des amis. Qui sont ces gens et que font-ils?

La cohorte des CEM

Grâce aux données statistiques produites par le Print Measurement Bureau (PMB), il est possible de segmenter la population du Québec en combinant des variables géographiques et démographiques. La présente analyse vise à offrir un portrait détaillé des habitudes de voyages des communautés ethniques habitant dans la grande région de Montréal (CEM), y compris dans les couronnes Nord et Sud (lire aussi: Les groupes multiethniques, un monde à découvrir… chez nous!). Cette catégorie des groupes ethniques comprend les personnes de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal identifiées comme des «non-blancs», selon la définition de Statistique Canada, ou qui parlent une langue autre que le français ou l’anglais à la maison.

La population appartenant à ce groupe compte environ 664 000 individus, soit près de 10% de la population du Québec âgée de 12 ans et plus. Quelque 155 000 CEM ont déclaré avoir effectué un voyage touristique au Québec au cours des 12 derniers mois, soit le quart de ce segment de population.

La base de comparaison des habitudes de voyage repose sur la formule d’un index 100, standard moyen de la population canadienne. Par exemple, un indice de 150 indique une propension 1,5 fois supérieure à la moyenne nationale. Afin d’obtenir un maximum de pertinence, nous comparons les variables propres aux CEM avec celles de l’ensemble des résidants de la RMR de la métropole.

Où vont-ils?

On s’en doutait, les CEM voyagent moins au Canada et encore moins au Québec que l’ensemble des résidants de la RMR de la métropole (graphique 1). Par contre, il est intéressant d’observer que les CEM affichent une propension à voyager supérieure si l’on regarde spécifiquement les voyages en Ontario, vers le Nord-Est américain ou l’ensemble des destinations internationales.

Une étude plus approfondie de la clientèle qui voyage au Québec éclaire davantage quant à la contribution relative de la clientèle des CEM par rapport aux autres groupes démographiques de la RMR de Montréal. Notons d’abord que la RMR de Montréal compte 1 million de personnes qui ont voyagé au Québec durant la dernière année, comparativement à 1,2 million pour le reste du Québec. Nous avons réparti ce million de touristes montréalais en quatre segments démographiques, à savoir les francophones blancs multilingues, les francophones blancs unilingues, les anglophones blancs et finalement les autres groupes ethniques de Montréal (CEM).

Le segment des CEM n’est certes pas négligeable puisqu’il représente pour le Québec plus de 15% de l’ensemble du marché touristique montréalais (graphique 2). Le plus important contingent de touristes provient des Montréalais francophones blancs et multilingues. Ces derniers comptent pour 42% de l’ensemble de la RMR de Montréal mais, surtout, correspondent à 54% des touristes montréalais qui voyagent au Québec.

Activités de prédilection en voyage

En raison de préférences culturelles distinctes, les activités pratiquées par les CEM lors de voyages au Canada diffèrent significativement de celles des autres Montréalais (graphique 3). Parmi les activités les plus prisées, mentionnons la visite de parcs thématiques/jardins zoologiques, l’assistance à des événements sportifs et la participation à la vie nocturne d’une destination. Toutefois, pour la majorité des autres activités, la propension à y participer s’avère beaucoup moins élevée que pour la moyenne montréalaise, particulièrement en ce qui concerne le ski alpin/planche à neige, les activités sportives en général et le tourisme d’aventure/randonnée.

Une analyse des activités pratiquées lors des voyages internationaux révèle un portrait quelque peu différent (graphique 4). On remarque par exemple, sans surprise, que la visite de parents ou d’amis est extrêmement populaire auprès des CEM, alors que l’indice atteint 175 comparativement à 104 pour les autres Montréalais. Fait intéressant, les groupes ethniques sont beaucoup moins portés à visiter les parcs thématiques/zoos à l’étranger que lors de voyages dans leur pays de résidence. C’est par contre le phénomène inverse qui se produit dans le cas des activités sportives, plutôt populaires lors de voyages internationaux. Le magasinage et l’expérience de la vie nocturne constituent deux autres activités pour lesquelles les CEM démontrent un intérêt supérieur à la moyenne montréalaise.

Profil général de loisir

Ce qui caractérise d’abord les CEM, c’est qu’ils ne sont pas particulièrement actifs dans la vie de tous les jours alors que, pour la très grande majorité des activités, ils présentent un indice de participation nettement inférieur à la moyenne montréalaise (graphique 5). On remarque un intérêt évident pour le soccer, tant au niveau de la participation que de l’assistance à des matchs. Le basketball obtient également un indice significativement élevé. Pour le reste, nous avons sélectionné un certain nombre d’activités illustrant le faible intérêt des CEM en comparaison des autres résidants montréalais. Parmi les activités où l’attirance naturelle semble faire défaut, on trouve le camping, le golf, les différents sports d’hiver, le canot, le théâtre, etc.

Les voyages d’affaires

Environ 54 000 CEM mentionnent avoir réalisé au moins un voyage d’affaires au cours des trois dernières années (graphique 6). Cela représente un indice de 62, ce qui est nettement moins que la moyenne canadienne et légèrement inférieur à l’indice de l’ensemble du Québec (75).

Par ailleurs, on constate que les Montréalais anglophones de race blanche sont particulièrement actifs sur le plan des voyages d’affaires. À l’opposé du spectre, les résidants de la métropole de race blanche et ne parlant que le français affichent un indice très bas, soit 39.

Source:
– PMB 2006 Two-Year Readership Database, traitement spécial d’un profil selon le modèle «Canada 39», 2006. 

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Marchés géographiques

Connaissez-vous le marché sud-coréen?

À l’heure de l’effervescence chinoise, un autre pays asiatique voit sa population prendre plus que jamais le chemin des destinations étrangères. En 2005, plus de 10 millions de Sud-Coréens ont voyagé à l’international, une croissance de 14,3% par rapport à 2004 et un record pour ce pays de 48 millions d’habitants. Le Canada et le Québec pourraient-ils tirer meilleur parti de la croissance du tourisme sud-coréen?

Profil des touristes

Le marché touristique sud-coréen est relativement jeune alors que 52,4% des touristes internationaux ont moins de 40 ans et que 29,1% ont moins de 30 ans. En 2004, 78% des touristes sud-coréens qui sont venus au Canada pour un voyage d’agrément étaient âgés de 20 à 35 ans.

Par ailleurs, il faut souligner que la République de Corée figure parmi les pays les plus «branchés». En effet, selon une étude Ipsos-Reid, 70% des adultes sud-coréens sont des internautes, soit une proportion similaire à celle enregistrée au Canada et aux États-Unis. Les consommateurs sud-coréens sont donc fortement susceptibles d’être inspirés par Internet pour prendre leurs décisions de voyages. Selon un récent sondage de Global Market Insite, 69% d’entre eux ont navigué sur le Web pour trouver des idées et 65% affirment avoir réservé plus de la moitié de leur voyage en ligne.

Destinations prisées

Les destinations asiatiques sont naturellement les premières à bénéficier de la croissance du tourisme sud-coréen. En 2005, selon les données de la Korea National Tourism Organization, l’Asie demeure la destination privilégiée des Coréens avec 72,6% des voyages internationaux. La Chine et le Japon accaparent à eux seuls 51,1% des séjours à l’étranger.

Les Amériques conservent la 2e position avec 8,3% des voyages, juste devant l’Europe (5,8%) et les régions du Pacifique (4,5%). Par contre, depuis les événements de septembre 2001, les voyages vers les États-Unis ont été fortement ralentis par les exigences accrues sur le plan de l’émission des visas. En 2005, les États-Unis ont tout de même accueilli plus de 705 000 voyageurs sud-coréens. 

Seulement 38% des voyages en Amérique ont été faits par agrément. Une proportion nettement moins élevée que pour l’Europe (51,8%), l’Asie (62%) et le Pacifique (77%). D’ailleurs, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Europe occidentale figurent parmi les concurrents identifiés par le Commission canadienne du tourisme (CCT).

La situation canadienne

Un sondage de Korea Travel News réalisé en 2004 indique que les Coréens classent le Canada en 7e position parmi leurs destinations outre-mer préférées (4,2% des répondants).

En 2005, selon les données de Statistique Canada, les Coréens ont généré 191 000 voyages-personnes au Canada, positionnant ainsi la République de Corée au 2e rang des marchés asiatiques derrière le Japon (441 000), mais devant la Chine (120 000),  Hong Kong (113 000) et Taiwan (100 000). 

Les grossistes coréens interrogés par la CCT précisent que la Colombie-Britannique demeure la destination canadienne la plus demandée, avec 35% des ventes de produits canadiens pour les voyages estivaux, suivie de l’Ontario (25%), de l’Alberta (25%) et du Québec (15%).  Cette répartition géographique n’est pas surprenante car Air Canada offre une liaison quotidienne entre Séoul et Vancouver.

Toutefois, l’industrie touristique ontarienne bénéficie de la présence d’une liaison saisonnière entre Séoul et Toronto. En 2005, ce vol direct était offert à une fréquence de trois vols par semaine, uniquement de juillet à octobre. D’ailleurs, en avril 2005, l’Ontario a mené une première mission commerciale à Séoul afin de consolider les rapports avec les principaux voyagistes et les transporteurs partenaires.

Et au Québec?

Avec 16 700 visiteurs, la Corée du Sud demeure un marché marginal qui vient au 11e rang des destinations outre-mer au Québec. De plus, près de 5000 de ces touristes sont venus au Québec pour y faire des études. Un nombre peu surprenant quand on sait que la République de Corée constitue le plus grand  bassin d’étudiants étrangers dans les établissements d’enseignement canadiens.

Toutefois, le marché sud-coréen mérite de rester sous surveillance, car le Québec dispose d’une offre touristique susceptible d’intéresser cette clientèle. L’enquête de la CCT auprès des grossistes sud-coréens révèle que, dans l’ordre, le tourisme itinérant, la nature et les séjours dans les villes et les centres de villégiature, sont les produits qui se vendent le mieux pour la saison estivale, alors que, pour ce qui concerne les voyages en automne, la nature prend la première position devant le tourisme itinérant et les séjours dans les villes et les centres de villégiature.

Une croissance remarquable

Si l’on considère qu’en 2000 la République de Corée (Corée du Sud) émettait 4,8 millions de visiteurs vers l’étranger et que les voyages internationaux asiatiques ont été fortement ralentis en 2003 lors de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), la croissance enregistrée au cours des dernières années est vraiment remarquable. Cette performance touristique (10 millions de voyageurs internationaux) positionne d’ailleurs ce pays parmi les plus importants marchés émetteurs asiatiques, derrière la Chine (20 millions) et le Japon (17 millions).

Parmi les facteurs contribuant à cette hausse, il faut souligner la vitalité économique du pays dont le PNB connaît une croissance soutenue depuis quelques années et qui se situe désormais au 11e rang mondial, juste devant l’Australie et le Brésil. En 2004, le PIB par habitant (19 000$ – 49e rang mondial) était égal à celui de plusieurs petits pays européens et fortement supérieur à celui de la Chine (5560$).

D’autre part, le gouvernement sud-coréen a récemment instauré une réduction du temps de travail hebdomadaire qui passe de 44 à 40 heures, entraînant la normalisation de la semaine de cinq jours. Pour la majorité des entreprises, la date butoir pour se conformer à la loi était fixée au premier juillet 2005. Toutefois, ce n’est qu’en 2011 que tous les travailleurs sud-coréens auront deux jours de congé par semaine. Naturellement, un tel changement social aura une incidence sur leur temps libre, donc sur leur disponibilité à voyager.

Il sera donc très intéressant de suivre l’évolution de ce marché.

Sources :

– Commission canadienne du tourisme. «Corée – Rapport trimestriel du marché -2005», 1er, 3e et 4e trimestres de 2005. [http://www.canadatourism.com/]
– Commission canadienne du tourisme. «Voyages intérieurs et voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada – Analyse des perspectives du marché à court terme», 1er, 3e et 4e trimestres de 2005. [http://stage.canadatourism.com/]
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», Catalogue no 66-001-PIF, décembre 2005.
– «The Korean Outbound Tourism Miracle», Hotel Marketing , [http://www.hotelmarketing.com], 13 février 2006.
– Tourism Australia. «Korea – Australia’s Market Share and Brand Position», [www.tourism.australia.com/korea], juillet 2005.

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Ailleurs dans le monde Marketing

La radio comme outil d’accueil et de renseignements touristiques

L’automobile constitue le mode de transport le plus populaire des voyageurs, spécialement au Québec. Comme la radio demeure une façon efficace de rejoindre les automobilistes captifs de leur véhicule, certaines destinations ont choisi d’y recourir afin de mousser l’offre touristique régionale. Bienvenue sur les ondes de la radio touristique.

L’utilisation des ondes radio pour diffuser de l’information touristique n’est pas une idée nouvelle. Au Québec, depuis plusieurs années, le Parc Safari à Hemmingford utilise la radio pour transmettre des renseignements aux visiteurs qui parcourent la section du safari automobile. Dans l’Ouest canadien, le parc national de Banff possède également ses propres fréquences radio (anglophone et francophone) qui leur permettent de proposer aux visiteurs du parc une panoplie de renseignements utiles, éducatifs ou divertissants.

 

Le tourisme sur les ondes radiophoniques canadiennes

Comme le soulignait une récente étude de la San Francisco State University, 62% des voyageurs recherchent de l’information durant leur voyage, notamment sur les lieux visités et les activités pratiquées. Ainsi, la mise en place d’un nouvel outil d’information à destination, telle la radio touristique, pourrait influencer le comportement des visiteurs. Voilà pourquoi de plus en plus de villes et de régions se laissent tenter par la création d’une radio touristique.

En effet, selon le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), plusieurs villes et régions du pays recourent déjà aux ondes radio pour transmettre de l’information touristique à leurs visiteurs. Plus d’une dizaine de licences permettant la diffusion en boucle de séquences d’information touristique préenregistrée, d’une durée variant de 15 minutes à une heure, sont actuellement en vigueur en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario (Sault-Sainte-Marie et Niagara) ainsi que dans les Maritimes.

À Halifax, depuis 2002, la station de radio touristique (97,9 FM) diffuse, 24 heures sur 24, une boucle de 15 minutes présentant plus d’une vingtaine de renseignements, y compris les prévisions météo, les conditions routières, les arrivées et les départs à l’aéroport, la liste des événements à venir, etc., qui sont mis à jour plusieurs fois par jour. Le promoteur, qui a également le droit de diffuser 6 minutes de matériel commercial par heure, envisage maintenant d’ouvrir une station à Ottawa.

Le modèle d’affaires semble également inspirer d’autres entrepreneurs car, au cours de la dernière année, le CRTC a approuvé de nouveaux services d’information touristique sur bande FM pour les territoires de Moncton et de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, et de North Vancouver, en Colombie-Britannique.

Le phénomène atteint le Québec

Absente du paysage touristique québécois jusqu’à maintenant, une première radio touristique régionale verra le jour dans la région de Québec en mai 2006. Dotée d’antennes francophone (CKJF-FM 90,3) et anglophone (CJNG-FM 89,7), cette nouvelle station radiodiffusera 10 chroniques à l’heure afin de faire la promotion des sites et des activités à caractères éducatif, récréatif, gastronomique, culturel, patrimonial et historique.

En permettant des ajouts de renseignements de dernière minute sur les productions culturelles, la radio permettra ainsi aux entreprises culturelles de rejoindre les clientèles touristiques, malgré une confirmation souvent tardive de leur programmation. Souvent exclus des médias imprimés à cause des délais de production ou des outils audiovisuels en raison des coûts élevés de production, cette facilité de mise à jour des contenus radiophoniques pourrait s’avérer une piste intéressante pour la promotion du tourisme culturel.

Le défi: inviter les touristes à syntoniser la fréquence touristique…

Dans le but de rejoindre facilement les visiteurs, le promoteur de la radio touristique de Québec a conclu une entente avec Transport Québec pour l’installation de panneaux en bordure des principaux axes d’accès routiers de la Vieille Capitale.

En Australie, le promoteur d’une radio touristique de la région occidentale du pays a également privilégié la mise en place de panneaux.

Toutefois, il a poussé ses efforts une étape plus loin, en créant un site Internet  et des annonces publicitaires visant à promouvoir son service ainsi que les différentes fréquences disponibles
dans la région.

…et garantir la qualité des informations diffusées

Dans la quasi-totalité des destinations canadiennes desservies par une radio touristique, cette dernière est détenue par des intérêts privés. Ce nouveau service d’accueil demeure donc un défi de collaboration entre les promoteurs et les organismes touristiques officiels, afin d’assurer que le visiteur qui syntonise la station reçoive une information de qualité.

Sources :

– Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, [www.crtc.gc.ca].
– Fortin, Denis. «Nouvelles touristiques dans le paysage radiophonique», [www.quebechebdo.com], 8 mars 2006.
– MacLeod, Janet. «Tourist Radio Station Designated Halifax’s Emergency Station», King’s Journalism Review, vol. 11, octobre 2005.
– The Friends of Banff National Park. «Park Radio», [www.friendsofbanff.com].

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Segments de clientèles Technologies

müvmédia 2006: découvrir le Québec à la manière des jeunes

Qui ne se souvient pas des magnifiques moments de télévision transmis par les jeunes explorateurs de «La Course destination monde»? C’est un peu cette magie que Tourisme Jeunesse, Voyages Campus et müv, le magazine québécois spécialisé dans le tourisme pour les jeunes, désirent recréer en proposant l’événement müvmédia 2006. Initiative intéressante alors que le concours devient prétexte à la découverte des régions du Québec, à la manière des jeunes.

Nature de l’événement

Müvmédia 2006, le rallye du nomade, consiste en un concours de reportages multimédias pour les jeunes de 18 à 30 ans dont l’objectif vise à promouvoir le voyage comme véhicule d’apprentissage et de découverte. De plus, il s’agit d’une initiative toute québécoise alors que, pendant 11 semaines à l’été 2006, six jeunes (sélectionnés parmi des centaines de candidatures) sillonneront le Québec et créeront chacun 10 reportages. Ces derniers constitueront une vitrine promotionnelle fort intéressante pour l’industrie touristique puisqu’ils seront présentés au public sur le Web et dans certains médias québécois. Mentionnons que Télé-Québec et Téléfilm Canada agissent également à titre de partenaires de l’événement.

Même si le voyage ne s’inscrit que comme toile de fond, les participants découvriront plusieurs régions du Québec, séjourneront dans les auberges de jeunesse et communiqueront aux gens leur vision de l’expérience. Les reportages seront jugés à la fois par un jury sélectionné et par le grand public.

Des restrictions comme une allocation de séjour et un «Passeport transport» comprenant un nombre déterminé de laissez-passer pour des moyens de transport variés obligeront les participants à bien gérer leurs dépenses et leur itinéraire de voyage. 

Qui sont ces jeunes?

Dans le cadre d’un sondage réalisé au printemps 2005, le magazine müv a dressé un portrait de la clientèle cible des jeunes voyageurs de 18 à 30 ans visés par l’expérience müvmédia 2006, soit à titre de participants ou encore à titre de spectateurs du concours. Voici quelques caractéristiques:

  • 42% ont déjà complété des études universitaires;
  • 55% sont encore aux études;
  • 24% s’intéressent particulièrement au plein air;
  • 87% ont effectué un voyage au cours des 12 derniers mois;
  • 64% effectuent de 2 à 4 voyages par année;
  • 79% ont accès à Internet à la maison.

Promouvoir autrement

On se demande souvent comment vendre nos produits touristiques pour qu’ils plaisent à différents segments de population. Dans le cas de la clientèle des jeunes, quoi de mieux que de leur montrer nos richesses touristiques telles que perçues par les jeunes eux-mêmes? Dans un contexte où le consommateur est de plus en plus immunisé contre la publicité mal adaptée, une approche innovatrice comme celle de müvmédia 2006 est susceptible de créer un effet réel sur la clientèle visée. L’angle du voyage qui aura passionné le jeune reporter interpellera très certainement le voyageur en devenir de sa génération.

Certains gestionnaires pourraient se laisser tenter à répéter ce type d’expérience afin de cibler d’autres segments de clientèle. Pourquoi pas la promotion du tourisme des seniors tel que vu par les seniors?

On peut aussi fort bien imaginer que certains reportages pourront être récupérés à d’autres fins promotionnelles, notamment sur les portails des destinations concernées ou même sur le site de BonjourQuébec.com. La visibilité et la portée de l’événement demeurent encore inconnues et il est trop tôt pour en évaluer les effets escomptés, mais l’initiative vaut certes la peine d’être saluée. 

Source:
Müvmédia 2006

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Produits et activités

Redonner le canal aux riverains et aux touristes: les cas de Lachine et de Willebroeck

À Lachine (arrondissement montréalais) comme à Bruxelles (capitale de la Belgique), une voie navigable a fait jadis les beaux jours du commerce. Abandonnées, inexploitées, délabrées et polluées, toutes deux tentent un imposant programme de revitalisation et de réaménagement. Voyez comment certains décideurs ont entrepris de jouer la carte récréotouristique, dans des projets de développement durable, à vocation tant sociale que résidentielle.

Le 1er mars dernier, lors de la conférence FORUM URBA 2015, tenue à l’UQAM, le Réseau de veille en Tourisme assistait à une présentation sur la «revitalisation du canal de Lachine et ses effets d’entraînement sur Montréal et la région métropolitaine».

Ouvert en 1825, le canal de Lachine, long de 14 km et parsemé d’écluses, traverse quatre arrondissements montréalais (Verdun, Sud-Ouest, Lachine et LaSalle) sur une dénivellation de 14 mètres.

Le canal connut une intense activité jusqu’en 1959 et fut le berceau de nombreuses industries qui, après cette date, fermèrent leurs portes les unes après les autres, transformant le canal en une zone délabrée et plutôt insalubre.

Ce n’est que dans les années 1970 que certains élus municipaux y ont vu le potentiel récréotouristique non négligeable et qu’ils ont décidé d’entreprendre sa revitalisation. Et il fallut attendre deux décennies, soit jusqu’en 1996, pour que le lancement du projet intermunicipal de développement nautique, connu sous le vo­cable du «Grand Montréal Bleu», voie le jour.

Depuis 2002, après un travail colossal de réaménagement des berges et des quais, d’assainissement des eaux, de réfection des écluses, etc., le canal est rouvert à la navigation. De nombreux randonneurs, cyclistes et amateurs de patins à roulettes parcourent désormais la piste cyclable qui longe ses berges.

Les Croisières canal de Lachine proposent, au départ du quai du marché Atwater et sur un parcours de près de 2 heures, une visite nautique guidée à la découverte des berges, des écluses, des bâtiments et des industries d’hier et d’aujourd’hui.

En 2005, le canal de Lachine fêtait son 180e anniversaire. À cette occasion, diverses manifestations culturelles s’y sont déroulées.

Grande similitude avec le canal de Willebroek

Cette conférence a attiré notre attention sur une réalisation fort semblable: celle du canal de Willebroeck, en Belgique. À bien des égards, le canal de Willebroek ressemble à celui de Lachine. C’est une voie navigable qui relie la capitale au port d’Anvers. Construit dans les années 1550 et en opération jusqu’en 1907, il servait à faciliter le commerce par voie terrestre, ce qui contribua largement à l’essor économique de la région.

Long de 28 kilomètres, ce canal est doté de quatre écluses avec une dénivellation identique à celle du canal de Lachine. Il débouche, outre dans le port de Bruxelles, sur de nombreux bassins destinés au déchargement de marchandises.

Cette voie navigable était bordée d’industries qui utilisaient l’eau comme matière première ou force motrice, comme des blanchisseries, des brasseries, des filatures de coton, des moulins à eau, etc.

Après avoir connu des hauts et des bas, la pollution industrielle, après avoir été recouvert à certains endroits pour faire place à de grands boulevards, la Ville de Bruxelles a décidé, dans un grand vent de revitalisation écologique, de faire revivre ses plans d’eaux. C’est ainsi qu’est né le projet du «maillage bleu».

Pour redonner vie aux berges et s’appuyant sur les Plans particuliers d’affectation du sol (PPAS), le conseil communal de Bruxelles-Ville a travaillé au développement et à l’aménagement de certaines zones portuaires. À de nombreux endroits, la ville a tenté, dès lors, de se réapproprier des terrains en friche pour l’aménagement d’ensembles mixtes: bureaux, logements résidentiels et sociaux, restaurants, espaces verts, etc., le tout relié par le réseau de transports en commun.

Si bien qu’aujourd’hui, en plein centre-ville, le canal dégage une atmosphère touristique spectaculaire. Ce nouvel attrait a séduit des commerces branchés qui s’y sont implantés rapidement (designers de mode, antiquaires, etc.). Et l’on ne compte plus les nombreuses activités, comme des ballades en bateau, la découverte de galeries d’art, l’éclosion de petits marchés typiques (marchés aux fleurs, aux poissons, aux puces, bouquinistes, etc.), qui ont fleuri le long de l’eau.

La Fonderie (Centre d’histoire économique et sociale de la Région bruxelloise) y organise des parcours touristiques, à pied ou en bateau, permettant la découverte des écluses, des ponts levants, de différents quais (dont certains sont toujours en activité), ainsi que du patrimoine architectural et industriel encore présent de nos jours. Y sont aussi proposées des croisières spécialisées, dont une pour les enfants de 6 à 12 ans, intitulée Les moussaillons lèvent l’ancre, qui raconte l’histoire du port et du canal en dessins et en photos.

Aussi, plusieurs appontements sur le canal permettent la pratique de sports nautiques. Le canal est également le lieu de régates en kayak.

Côté architectural, la rénovation de certains quartiers fort délabrés bordant les berges est encore à venir, mais, d’ores et déjà, la réfection des bâtiments va bon train, certains immeubles servant de modèles. Les projets immobiliers y poussent comme des champignons, que ce soit pour faire place à des logements sociaux ou à des édifices de luxe.

Importance du développement riverain au Québec

Le développement riverain est un sujetde préoccupations au Québec. À preuve, le 21 février dernier à Valleyfield, le tourisme nautique était au centre d’un important forum organisé par la Régie intermunicipale du canal Soulanges. Plus de 200 représentants d’organismes associés au tourisme nautique s’y sont réunis pour discuter d’une quinzaine de projets de développement riverains qui représenteraient des investissements de centaines de millions de dollars pour le Québec, dont ceux touchant le vieux canal de Beauharnois, le canal Soulanges, mais aussi le canal Galop de Cornwall, le Réseau bleu de Montréal, le développement Lakes to Locks Passage de l’État de New York, la Société du Havre, le port de plaisance de Lachine, le Vieux-Port de Montréal, le Yacht Club de Montréal et le projet portuaire de Sorel-Tracy.

Le tourisme nautique à Montréal

Le tourisme nautique, à Montréal comme partout ailleurs, s’insère globalement au sein de l’industrie récréotouristique. En effet, bien que les plaisanciers se déplacent selon un mode de transport spécifique, ils n’en demeurent pas moins intéressés par les attraits géographiques, historiques, culturels, gastronomiques, offerts tout au long des régions parcourues.

Cependant, quand on étudie la capacité de l’offre et de la demande en matière de clientèle nautique que l’on pourrait potentiellement attirer, il ne faut pas faire l’erreur, commise trop régulièrement, d’inclure une clientèle potentielle trop large.

En effet, en conférence, Paul-Émile Cadorette (Parcs Canada) affirmait que, selon certaines études et contre toutes attentes, la majorité des touristes nautiques de plaisance n’ont guère tendance à s’éloigner de leur marina de plus de 5 kilomètres! C’est un pensez-y bien!

Si le sujet vous intéresse, voir aussi:

Montréal, futur havre de plaisance pour les touristes, travailleurs et riverains
Tourisme nautique: la carte cachée des régions

Voir aussi

Le Port de Bruxelles
Le Canal de Lachine

Sources:

– Conférence FORUM URBA 2015. «La revitalisation du Canal Lachine et ses effets d’entraînement sur Montréal et la région métropolitaine», UQAM, 1er mars 2006.
– Lévesque, Solange. «La nouvelle vie du canal de Lachine», Le Devoir, 12 août 2005.
– Lhuillier, Vanessa. «Bruxelles l’industrielle se révèle au fil de l’eau», Le Soir, 20 août 2005.
– Pitre, Mario. «Le canal Soulanges, un élément-clé du développement riverain au Québec», Le Soleil de Valleyfield, 25 février 2006.
– Voogt, Fabrice. «Le Willebroeck poursuit sa mue», Le Soir, 23 novembre 2005.

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Ailleurs dans le monde Marketing

Promotions touristiques originales et insolites

À l’heure où l’on se questionne sur l’efficacité des brochures touristiques, certaines régions ou attractions réinventent la formule promotionnelle de manière originale et insolite, soit sous forme d’une bande dessinée, soit encore par le biais d’un jeu multimédia interactif.

Une brochure touristique sous forme de bande dessinée

En Belgique, la province de Liège vient d’éditer une brochure touristique bien spéciale. L’ouvrage, intitulé «Parcours illustré en Province de Liège», n’est autre qu’une bande dessinée qui met en vedette dix sites touristiques incontournables de la région.

Cette BD, publiée à 2000 exemplaires (24 pages cartonnées et en couleurs), a nécessité un investissement de départ d’environ 17 000 euros (23 300 CAD). Les trois quarts de la production ont été mis en vente, au prix de 10 euros, lors du Festival de la bande dessinée de la ville de Seraing, qui a eu lieu le 11 février dernier. Le quart restant a été remis au bailleur de fonds, la province de Liège, pour distribution.

Ensuite, afin d’augmenter l’intérêt de l’opération, des ex-libris de chaque image ont été réalisés et répartis comme suit: 100 exemplaires numérotés et signés par l’artiste et 100 exemplaires sous forme de portfolio de luxe, également numérotés et signés.

Selon Christian Mathoul, organisateur du Festival de la BD de Seraing et acteur clé du domaine de la bande dessinée, cette idée pourrait fort bien s’étendre à d’autres régions ou pays, de même qu’à d’autres thématiques. Il confirme d’ailleurs que son équipe prépare actuellement, avec la province de Liège, un prochain album qui fera la promotion soit des groupes folkloriques, soit de la gastronomie provinciale.

Rien de plus normal, direz-vous, que de vendre la région par ce qui la caractérise le plus. La Belgique n’est-elle pas le berceau de la BD?

Mais quelle idée originale de souder les attraits touristiques à un secteur industriel représentatif du lieu géographique. Cet ouvrage fait donc d’une pierre deux coups et promeut dès lors deux spécificités régionales: le tourisme et la bande dessinée.

Une idée à creuser pour le Québec?

Si la bande dessinée colle à la Belgique, comme les moules aux frites, Montréal peut se targuer d’être l’une des capitales mondiales du jeu électronique. Le dynamisme de l’industrie des logiciels d’animation et d’effets spéciaux cinématographiques y est reconnu internationalement.

Ce créneau technologique a d’ores et déjà donné lieu à quelques belles réalisations originales en matière de promotion du tourisme. Citons en exemple:

  • Des fantômes au musée, jeu informatique conçu en premier lieu pour des élèves du 3e cycle du primaire. Réalisée grâce à la technologie Flash, cette histoire, dont l’utilisateur est le héros, promène le joueur dans un musée hanté où des fantômes ont vidé les expositions de leurs artefacts. Le directeur du musée, découragé, fait alors appel à des jeunes pour résoudre des énigmes qui permettront de retrouver les objets dérobés.
  • Outre son attrait ludique, ce jeu multimédia réalisé par le Musée de la Civilisation à Québec est également prétexte à une visite virtuelle hantée de trois lieux historiques du Québec, soit: le Vieux Presbytère de Batiscan, le Manoir Le Boutillier et la Maison des Chapais, partenaires du projet, ce qui a permis de mettre en valeur les objets de la collection nationale du Musée.


Des fantômes au musée

  • Le Rallye patrimonial de Lanaudière, rallye virtuel mettant en évidence 25 bâtiments d’intérêt patrimonial répartis dans les six MRC de la région. Cette chasse aux trésors invite à une véritable visite virtuelle de Lanaudière, tout en répondant à des questions d’étape.


Rallye patrimonial de Lanaudière

Comme quoi, avec un peu d’imagination et de créativité, chaque région peut développer et exploiter les potentialités de ses attraits touristiques, avec l’aide de partenaires locaux, industriels ou publics, représentatifs de la région.

Sources:

– Wauters, Laurence. «Une BD pour vanter dix sites touristiques», Le Soir, 13 février 2006.

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Ailleurs dans le monde Gestion

De la région à la province: des comparatifs pour mesurer la performance

Dans la foulée des opérations, les gestionnaires et les cadres d’entreprises touristiques doivent prendre des décisions rapidement. Ainsi, la nécessité de disposer d’information précise, facilement accessible, aisément manipulable et fréquemment mise à jour constitue un élément incontournable de la prise de décisions. Dans ces conditions, l’utilisation d’une démarche rationnelle devient un avantage stratégique décisif.

Les pratiques québécoises

Au Québec, la production et l’utilisation d’indicateurs de performance démontrent une pluralité des pratiques. En effet, un inventaire non exhaustif réalisé auprès d’associations touristiques régionales et de différents regroupements a permis de découvrir qu’il n’existe pas d’outil commun québécois d’analyse et de gestion des indicateurs de performance (tableau 1).

Organisme Nom de l’outil Type de données
Association des hôteliers du Québec Portrait de l’industrie hôtelière du Québec Performance hôtelière pour toutes les régions du Québec
Office du tourisme de Québec ÉCHOtourisme STATistique Performance hôtelière Fréquentation des attraits, etc.
Tourisme Québec Bulletin touristique Volume d’entrées aux frontières Fréquentation hôtelière et des attraits Degré d’activité dans les secteurs
Tourisme Montréal Indicateur Plus Performance hôtelière
Fréquentation des attraits
Achalandage des aéroports
Degré d’activité par secteur, etc.
Tourisme Outaouais Plateforme des indicateurs de performance Performance hôtelière
Fréquentation des attraits, etc.
Le Québec maritime La VIGIE-touristique Performance hôtelière
Fréquentation des attraits, etc.

Sources : Sites Internet respectifs des organismes

Les initiatives précédentes poursuivent des objectifs similaires, puisque les données générées deviennent des outils pour mesurer la performance d’une région selon différents aspects, principalement l’achalandage des attraits et de l’hébergement commercial. Certains systèmes de collecte n’en sont qu’à leurs premières armes, alors que d’autres bénéficient d’une expérience de plus de 15 ans dans le domaine.

La portée géographique des outils de collecte et de gestion de données demeure relativement régionale, sauf dans le cas de l’Association des hôteliers du Québec qui trace le portrait du secteur à l’échelle provinciale. Pour sa part, la VIGIE-touristique du Québec maritime s’avère l’outil le plus global, puisqu’il comprend les données de cinq régions touristiques. Comme la réalité du tourisme requiert de multiples comparables, la contribution d’une intelligence collective régionale dans l’élaboration d’un outil commun accroîtrait la compréhension du phénomène touristique québécois.

L’exemple du Queensland avec le R-TAM

État avant-gardiste de l’Australie, le Queensland est cité en exemple pour son outil de collecte et de gestion de données touristiques: le R-TAM (Regional Tourism Activity Monitor). Ce système de cueillette et de diffusion d’indicateurs de performance permet aux entreprises participantes d’obtenir en temps opportun, des rapports qui présentent un portrait global de la santé de l’industrie touristique.

Les renseignements recueillis couvrent donc une vaste gamme de secteurs touristiques, ce qui implique flexibilité et diversification dans la collecte de données. Pour ce faire, un système électronique de gestion permet aux participants d’envoyer leurs données mensuellement par courriel, par télécopieur ou directement par l’extranet, et de recevoir les rapports en moins de 4 semaines.

La gestion du R-TAM relève d’un partenariat entre Tourism Queensland et le Bureau de la statistique qui prennent respectivement en charge les fonctions d’information et de support à l’utilisation ainsi que la collecte, la compilation et la diffusion des données aux participants. Afin d’accroître le succès du projet, des bulletins d’information donnant aux usagers des trucs et des astuces sur l’utilisation du R-TAM sont publiés trimestriellement. De plus, une équipe est entièrement affectée au processus permanent de recrutement d’entreprises pour les inciter à participer au programme.

Une popularité croissante

Depuis son lancement officiel en 2002, 12 régions sur 14 participent au programme. Le sondage de satisfaction mené en 2003 a permis d’établir un profil des utilisateurs. Ces derniers mesurent leur performance par rapport à leur région d’origine, mais évaluent également l’impact de leurs stratégies de marketing, de leurs programmes de développement et de leurs stratégies de planification. La majorité des répondants trouve le programme assez utile (à 66%) ou extrêmement utile (à 33%). De plus, une proportion de 75% affirme que les données fournies dans les rapports reflètent la réalité de l’activité touristique de leur région. Ainsi, la satisfaction globale à l’égard du R-TAM atteint 75% parmi les répondants du sondage.

Les facteurs de succès

Le succès d’un outil de gestion des indicateurs de performance à grande échelle repose sur diverses composantes telles que le climat de travail, le fonctionnement du système ainsi que le contenu de l’information fournie aux participants.

Dans son cas, le R-TAM s’appuie sur un partenariat commun entre les intervenants qui favorise un climat positif de travail caractérisé par des échanges fréquents et une compréhension commune de la démarche. La collecte de données est orientée vers les besoins de l’industrie, ce qui permet aux entreprises d’agir plus efficacement et de fournir un meilleur levier de développement. Les résultats de la collecte sont diffusés rapidement et contiennent de l’information supplémentaire par rapport à ce qui existe déjà (plus-value), tout en étant assez brefs pour ne pas alourdir les tâches quotidiennes des gestionnaires. La possibilité de comparer leur performance avec plusieurs régions touristiques leur permet de se situer par rapport aux concurrents indirects.

Malgré tout, la patience est de mise, car il faut du temps pour recruter suffisamment d’intervenants afin que les données soient de plus en plus pertinentes. Ainsi, la collaboration réduit les coûts d’exploitation du projet, augmente l’accès aux compétences requises et accroît la validité des résultats.

Un R-TAM québécois?

Le Québec a à sa disposition maintes pratiques qui permettraient la mise sur pied d’un système de gestion des indicateurs de performance à plus grande échelle, ce qui doterait les entreprises de comparables pour l’analyse de leur performance grâce à la standardisation de la collecte de l’information. En comparant la situation québécoise à l’outil reconnu du Queensland, on constate qu’une combinaison des pratiques existantes surpasserait le R-TAM. Le seul chaînon manquant à l’élaboration d’un tel système est la présence d’un organisme qui prendrait en charge la gestion du projet. Cet organisme rassembleur aurait la capacité d’élaborer la portion technique d’un programme de gestion de données, mais aussi de susciter la participation des entreprises et des organisations touristiques locales.
À quand ce partage d’information au Québec?

Sources :
– Association des hôteliers du Québec. «Portrait de l’industrie», [www.hoteliersquebec.org], août 2005.
– Centre for Regional Tourism Research. «National Data Summit on the Collection and Management of Local Tourism Data Sets», septembre 2003.
– Le Québec maritime. «Rapport annuel 2004-2005», février 2006.
– Office du tourisme de Québec. «Données statistiques sur l’activité touristique régionale», [www.quebecregion.com], août 2005.
– Tourisme Montréal. «Research at Tourisme Montréal – A Necessary Partnership», [www.tourisme-montreal.org], août 2005.
– Tourism Queensland. «Participant Satisfaction Survey Summary Report», [www.tq.com.au], septembre 2003.

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Tendances

Le financement socialement responsable, une avenue à explorer

Avec le vent de responsabilisation et d’éthique qui souffle sur les collectivités, le financement socialement responsable connaît une progression importante. Au-delà des fonds ou des placements éthiques, de la finance solidaire, de l’investissement communautaire, du capital de développement…, il faut retenir qu’il existe plusieurs outils collectifs de financement qui s’offrent à l’industrie touristique pour du développement régional, que ceux-ci sont en croissance, qu’ils privilégient une démarche de développement durable, qu’ils servent à une meilleure intégration du projet dans son milieu et qu’ils exercent un effet de levier.

Le financement socialement responsable en forte progression

Depuis plusieurs années, les gens dénoncent les entreprises qui ne sont pas socialement responsables: dégradation de l’environnement, corruption, conditions de travail misérables, exploitation des enfants, etc. Ainsi, parallèlement à ses obligations de rendement financier de plus en plus pressantes, la compagnie devient redevable de la répercussion de ses activités sur la société et sur l’environnement. Pionnière dans le domaine, la France a légiféré afin que les entreprises cotées en bourse rendent des comptes sur ces conséquences.

Dans cet esprit, on observe une forte progression dans l’investissement socialement responsable, lequel consiste à sélectionner et à gérer les investissements selon des critères sociaux et environnementaux. Une proportion de 84% des investisseurs canadiens pense que les milieux financiers devraient accorder plus d’attention aux questions sociales et environnementales dans leur évaluation des entreprises (étude de GlobeScan Inc. en 2003).

Selon l’Association pour l’investissement responsable (AIR), le total des avoirs gérés au Canada selon les principes de l’investissement responsable s’élevait à 65,5 milliards de dollars en 2004, ce qui constitue une augmentation de 31% comparativement à 2002. Aux États-Unis, le Social Investment Forum Foundation rapportait que ces investissements avaient plus que triplé de 1995 à 2005, passant de 639 milliards à 2,3 billions USD.

Le Québec joue un rôle prépondérant dans ce domaine au Canada avec, à l’origine, le Mouvement Desjardins. Lui ont emboîté le pas le Fonds de solidarité, Fondaction, les sociétés locales d’investissement dans le développement de l’emploi (SOLIDE), les centres locaux de développement, les fonds d’investissement régional et les fonds de prêt communautaire.

Le financement solidaire, avant tout un soutien de proximité aux exclus des financements classiques

Le financement solidaire constitue un volet du financement socialement responsable. Il a pris un réel envol dans les années 1970 et poursuit aujourd’hui son essor en raison des besoins de financement croissants des entreprises et de la prise de conscience du rôle social et de la responsabilité collective du citoyen.

Gouverné par les acteurs locaux, ce type de financement s’adresse aux exclus des financements traditionnels. Voici les principes qui sous-tendent la finance solidaire:

  • participer collectivement au développement économique d’une région rurale;
  • créer ou préserver des emplois;
  • encourager la pratique de développement durable;
  • valoriser l’environnement et la culture locale;
  • favoriser un projet collectif ou l’implication sociale;
  • servir de levier pour obtenir un financement par des voies plus classiques.

L’investisseur dans les fonds de finance solidaire privilégie l’utilité sociale plutôt que les hauts rendements financiers. Il n’investit pas uniquement en fonction de principes financiers, mais recherche davantage l’équilibre entre les facteurs humain et économique, de même que les critères d’éthique.

La finance solidaire se veut un instrument financier de proximité. Cette notion de proximité est importante car elle suscite la motivation des investisseurs. En effet, cette forme d’investissement rapproche l’emprunteur du prêteur et ce dernier peut mieux mesurer l’impact de son placement. Cette forme d’engagement s’inscrit dans la foulée de la consommation équitable, du bénévolat, du don, etc. En s’adressant particulièrement aux projets collectifs qui sont généralement étroitement intégrés à leur milieu, elle permet de favoriser la pérennité des projets.

Premier instrument financier destiné uniquement à la finance solidaire, le Réseau d’investissement social du Québec (RISQ) comporte un volet lié au développement touristique. Fleuron québécois, la Caisse d’économie solidaire Desjardins constitue un incontournable dans ce type de financement avec 10 000 membres (individuels, coop, organismes à but non lucratif, etc.). L’Alliance de recherche universités-communautés en économie sociale (ARUC-ÉS) souligne que la particularité, et par conséquent la force de la finance solidaire au Québec, est le réseautage entre les partenaires pour une concertation et une complémentarité des actions.

À titre d’exemple, la Corporation du Parc du Cap Jaseux de Saint-Fulgence est devenue la Coopérative de Solidarité du Cap Jaseux. Cette dernière, en partenariat avec Parcours Aventures inc. et D’Arbre en Arbre Canada inc., a formé le Parc Aventures Cap Jaseux et ces trois organismes exploitent maintenant le site conjointement.

De quoi s’y perdre… mais aussi de quoi réfléchir!

Trop souvent, les médias regroupent toutes les pratiques sous l’étiquette «fonds éthiques». Même s’il convient de départager les différents types de financement socialement responsable, seuls les spécialistes qui sont tombés dans la potion magique savent s’y reconnaître. Par exemple, la typologie se scinde en deux grands types de pratiques, soit les placements et les investissements responsables. Les investissements regroupent la finance solidaire et le capital de développement, lesquels se subdivisent ainsi:

  • microfinance (19 fonds)*
  • capital de risque et prêts dédiés aux OBNL et aux coopératives (106 fonds)*
  • capital et prêts pour le logement communautaire et social (4 fonds)*
  • autres formes d’investissement communautaire (7 fonds)*
  • capital de risque pour le développement local (PME) (111 fonds)*
  • capital de risque pour l’emploi et la participation des travailleurs
  • capital de risque pour le développement régional
  • capital de risque pour l’environnement

    *nombre de fonds répertoriés en 2004

Lors d’une rencontre portant sur le tourisme et la finance solidaire, tenue en décembre dernier, Christian Mantei, directeur général d’ODIT (Observation, Développement et Ingénierie touristique) France, soulignait qu’une économie touristique qui fonctionne est une économie ancrée dans son territoire. Le promoteur doit rechercher la meilleure intégration possible de son projet au territoire et à la population. La réussite d’un projet assure un équilibre entre développement durable et efficacité économique des activités projetées. Et cette efficacité se concrétise lorsqu’une entreprise peut se nourrir de l’activité d’une autre entreprise: un musée d’un hôtel, un restaurant d’un circuit de randonnée, etc.

Merci à M. Gilles L. Bourque, économiste au Fondaction (CSN).

Sources:
– Association pour l’investissement responsable. «Revue 2004 de l’investissement responsable au Canada», avril 2005.
– Confédération des syndicats nationaux et autres. «Mémoire présenté à la Commission des finances publiques sur la responsabilité sociale des entreprises et l’investissement responsable», septembre 2002.
– Observation, développement et ingénierie touristique – ODIT France. «Quand le tourisme français s’intéresse à la finance solidaire», Communiqué, [www.odit-france.fr], 17 novembre 2005.
– ODIT France. «La finance solidaire: un instrument financier de proximité», Communiqué, [www.odit-france.fr], 18 novembre 2005.
– Social Investment Forum. «2005 Report on Socially Responsible Investing Trends in the United States – 10-Year Review», 24 janvier 2006.
– Social Investment Organization. «Améliorer la transparence, la responsabilité et la viabilité», août 2002.

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Produits et activités

Quand le tourisme spirituel prêche pour sa paroisse

Au Québec comme ailleurs, le «tourisme spirituel» fait de plus en plus d’adeptes. Jeunes ou vieux, croyants ou non, hommes et femmes, seuls ou en couple, ils sont de plus en plus nombreux en quête de silence et de beaux paysages où se ressourcer. Et, pour les accueillir, bon nombre de communautés et de monastères proposent aujourd’hui des séjours de quelques jours, avec ou sans prières. Ce phénomène représente cependant une manne financière qui pourrait sauver abbayes et régions.

Au Québec, en novembre dernier, une nouvelle circulait à l’effet qu’un consortium d’organismes des milieux de l’éducation, du tourisme, de la culture et de l’industrie agroalimentaire désirait acheter l’abbaye cistercienne Notre-Dame du Lac à Oka, pour y poursuivre l’oeuvre des pères trappistes, et ce, dans le plus grand respect de l’intégrité architecturale et paysagère du domaine.

La proposition envisageait la cohabitation de plusieurs activités souvent complémentaires, comme:

  • les arts et la culture: création d’un centre d’interprétation et de préservation du patrimoine par l’organisation d’événements artistiques (concerts, etc.);
  • la formation: mise en place d’entreprises-écoles (sur le modèle du compagnonnage) ou de programmes d’insertion en milieu de travail;
  • l’agriculture et la transformation alimentaire: implantation d’un centre de recherche en agriculture et développement d’une vitrine de produits régionaux (comme ceux de la pomme, le fromage Oka, etc.);
  • et, bien sûr, le tourisme: accueil de groupes pour des réunions d’affaires et des congrès, hébergement pour des retraites spirituelles et aussi organisation et hébergement lors de randonnées de ski de fond (avec souper et nuitée au monastère).

Un tourisme en quête de spiritualité

Alors que les églises se vident à l’heure de la messe, celles-ci font le plein de touristes quand vient le temps d’admirer patrimoine et art du sacré. Paradoxalement, l’oratoire Saint-Joseph se classe au troisième rang des sites les plus visités à Montréal (derrière le Casino et le Vieux-Port), avec deux millions de visiteurs par an. Quant à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, elle attire annuellement 1,5 million de pèlerins.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette célébrera son centenaire en 2007. Ce site religieux est le quatrième sanctuaire en importance au Québec. Chaque année, il reçoit des milliers de visiteurs et de touristes.

À l’abbaye bénédictine de Saint-Benoît-du-Lac, près d’Austin dans les Cantons-de-l’Est, l’hôtellerie affiche très souvent complet. Située aux pieds du lac Memphrémagog, cette abbaye accueille des personnes, hommes et femmes, de toutes les religions, ainsi que des non-pratiquants. L’abbaye constitue un site touristique majeur puisqu’elle attire de 100 000 à 200 000 visiteurs par an (soit 1000 à 2000 personnes par semaine, en saison estivale). Certains viennent pour la messe, d’autres pour le repos, d’autres encore pour goûter au fromage et au cidre de pomme fabriqué par les moines à l’abbaye même.

Alors, que ce soit par simple curiosité, pour apprécier la richesse patrimoniale, pour des motifs spirituels, pour assister à un événement particulier, ou pour trouver calme et repos, le nombre de visiteurs ne cesse de croître.

Maredsous, Orval, et les autres

La Belgique compte de très nombreuses abbayes. Celles-ci, de par leurs missions touristique et agroalimentaire, participent activement au développement économique de leur région.

Dans la région de Namur, l’abbaye de Maredsous, un monastère fondé au XIXe siècle, est non seulement un haut lieu du tourisme belge, mais aussi la principale attraction touristique de la région. Ces lieux sont très courtisés par de nombreux touristes à la recherche de quiétude et de ressourcement naturel. En 2004, on y évalue d’ailleurs le nombre de visiteurs à plus de 400 000.

La survie de l’abbaye est assurée tant par les redevances perçues sur la commercialisation des produits qu’ils fabriquent (comme la bière et le fromage) que par les visites touristiques organisées. Mais, la vente des produits du terroir ne suffisant pas à assurer l’indépendance financière, les responsables du centre d’accueil de l’abbaye ont décidé, depuis quelques années, d’y ajouter un programme d’animations payantes (expositions temporaires, pièces de théâtre, festivals, etc.).

Le centre d’accueil attenant (Centre Saint-Joseph) permet la dégustation de leurs spécialités traditionnelles, comme le pain, le fromage, la bière et les produits du terroir. Des visites guidées de l’abbaye et de son atelier de céramique sont organisées pour des groupes de vingt personnes. On y organise également des expositions temporaires (sur la fabrication du fromage et de la bière, par exemple) ainsi que des projections cinématographiques qui présentent la vie des moines et l’histoire de l’abbaye.

Dans le sud-est du pays, l’abbaye Notre-Dame d’Orval se présente comme un ensemble d’un type particulier qui regroupe, tel un village, des zones bien distinctes, comme:

  • l’église et le cloître, ainsi que les anciennes ruines;
  • l’hôtellerie: à la recherche de ressourcement et de repos spirituel, les visiteurs, hommes et femmes, peuvent y loger pour une durée de 2 à 7 jours, seuls ou en groupe. Les hôtes sont alors invités à participer à la prière, ainsi qu’à des périodes, animées par un frère de la communauté, où ils peuvent littéralement «faire le plein»;
  • les ateliers: de nombreuses activités économiques assurent la pérennité financière de l’abbaye, et ce, dans bon nombre de secteurs de travail, par exemple un atelier de manutention, l’exploitation des produits de la forêt, l’entretien du site et des bâtiments, sans oublier les multiples services et tâches que nécessite la communauté (cuisine, buanderie, infirmerie, bibliothèque, etc.);
  • la fromagerie;
  • la brasserie: pour des personnes associées au secteur brassicole, qui ne se visite que de manière limitée et sur rendez-vous;
  • le musée pharmaceutique: qui organise des visites de groupe guidées, en quatre langues.

Les nombreux travaux de reconstruction et de préservation sont financés par les produits locaux. La brasserie est d’ailleurs le principal employeur de la région. Selon la coutume cistercienne, la communauté d’Orval vit de ses activités, dont le tourisme prend une grande part.

Citons également, entre autres, l’abbaye de Villers-la-Ville, le monastère Saint-André de Clerlande, l’abbaye de Scourmont, l’abbaye de Stavelot, l’abbaye de Floreffe, l’abbaye Notre-Dame de Leffe

.

Bref, alors que partout en Occident les traditions religieuses historiques luttent contre une désaffection notoire du culte et un déficit de ressources humaines et matérielles, on constate un intérêt particulier pour le tourisme spirituel.

Cette nouvelle forme de tourisme génère des retombées économiques non négligeables, tant pour la survie du monument historique même et de ses résidants que pour le développement local. En zone rurale, le rôle économique du patrimoine est d’ailleurs souvent important, car il permet aux prestataires touristiques régionaux d’offrir un produit global (hôtels, gîtes, chambre d’hôtes, restaurants, caves de dégustation, économusées, vitrine agroalimentaire, etc.), et ce, en toutes saisons.

Et qui dit développement économique dit création d’autres activités aux abords du site et, bien sûr, création d’emplois.

Sources:

– Baillargeon, Stéphane. «Un projet pour Oka», Le Devoir, 22 novembre 2005.
– Berger, François. «Le « tourisme spirituel » en hausse», La Presse, 12 juin 2002.
– Désiront, André. «Sur le chemin des sanctuaires», Le Soleil, 23 avril 2005.
– La Presse Canadienne. «L’Ermitage Saint-Antoine accueille chaque année des milliers de pèlerins», 18 juillet 2005.
– Les Cahiers Espaces. «Tourisme religieux», mars 1993.
– Mussot, Raphaëlle. «Monastères et tourisme: enjeux d’une mise en tourisme d’un patrimoine spécifique», Faculté d’anthropologie et de sociologie, Université Lumière Lyon 2, mémoire de DESS, 1998, 97 pages.
– Nouaille, Martine. «De pèlerinages en pardons, le tourisme spirituel en plein essor», Agence France Presse (AFP), 13 août 2003.
– Office des congrès et du tourisme du Grand Montréal. «Étude sur le potentiel touristique du patrimoine religieux montréalais», Rapport final, août 1995.
– Perreault, Mathieu. «Le tourisme religieux a le vent dans les voiles», La Presse, 13 juillet 2005.
– Pirlot, Ronald. «Maredsous – L’abbaye, halte verte prisée par 400 000 visiteurs chaque année», Le Soir, 18 mai 2005.
– Téoros. «Tourisme, religion et patrimoine», vol. 24, no 2, été 2005.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Touristes américains: où sont-ils passés?

En 2004, les Américains ont massivement repris le chemin des destinations étrangères, mais ont semblé délaisser le Canada. Le nombre de touristes internationaux américains – toutes destinations confondues – atteignait alors le total record de 61,8 millions, surpassant la marque établie en 2000. Pourtant, depuis le début du millénaire, le Canada enregistre un important déclin du nombre de visiteurs américains. De 2000 à 2004, leur nombre a chuté de 21,3% et les données préliminaires pour la période de janvier à octobre 2005 annoncent une baisse de 8,7% par rapport à la même période en 2004.

Baisse des visiteurs américains au Canada

Ce déclin marqué préoccupe l’ensemble de l’industrie touristique canadienne, et ce, même si cette diminution affecte différemment les provinces. En effet, au cours de la période 2000-2004, le Québec semble avoir été moins durement touché par la défection des Américains que les autres provinces canadiennes.

Une analyse de l’évolution des arrivées mensuelles des Américains au pays de 2000 à 2004 (graphique 1) permet de constater que, proportionnellement, la baisse est légèrement moins marquée pendant la période estivale (juin: -18,8%, juillet: -16,5% et août: -19%). Toutefois, en chiffres absolus, les pertes sont plus importantes pendant ces mois de haute saison touristique (juillet: -981 777 visiteurs et août: -1 079 657 visiteurs). 

Baisse majeure des excursionnistes

Il faut toutefois préciser que 98% de cette baisse des visiteurs s’explique par l’importante diminution des excursionnistes au Canada, situation qui touche particulièrement l’Ontario qui, en 2000, accueillait les trois quarts (74,4%) du total des excursionnistes américains (tableau 2). De 2000 à 2004, l’Ontario a vu décliner de plus de 7,5 millions le nombre de ces visiteurs d’un jour.

La baisse de l’achalandage touristique américain prend donc des proportions moindres lorsque l’on considère uniquement le volume de touristes (graphique 2). En effet, de 2000 à 2004, le nombre d’Américains qui ont séjourné une nuitée ou plus au pays a diminué à peine de 1,11%. Au cours de cette même période, le Québec enregistrait même une croissance de 3,38%. 

2002: année de référence ou année atypique?

En 2002, le Canada accueillait un total historique de 16,17 millions de touristes américains. Cette hausse de près de 650 000 touristes par rapport à 2001 est survenue alors que les départs internationaux des Américains baissaient de 1,3 million. Cette performance inégalée s’explique en partie par la réaction aux événements de 2001 qui s’est traduite par une recherche de sécurité dans une destination de proximité.

Cette hausse de 2002 repose principalement sur une croissance du tourisme d’agrément, car, en cette année record, le nombre de touristes d’affaires se chiffrait à 1,96 million, en baisse par rapport aux 2,16 millions enregistrés en 2000 (graphique 3). D’ailleurs, depuis quelques années, le tourisme d’affaires occupe une proportion décroissante de l’achalandage touristique des Américains au Canada.

2005: la vraie diminution s’amorce

Les données préliminaires pour l’année 2005 (janvier à octobre) laissent entrevoir une tendance préoccupante pour l’industrie touristique canadienne et plus particulièrement pour celle du Québec.

Cette baisse semble attribuable aux marchés de proximité, car, au cours des dix premiers mois de 2005, le nombre de touristes américains utilisant la voiture comme moyen de transport a baissé de 13,5%, alors qu’il augmentait de 6,4% dans le cas de ceux qui utilisent un autre mode de transport.

Les Américains partent à la découverte du monde

En 2004, les Américains ont voyagé à l’étranger comme jamais, dépassant le record établi en 2000 (61,8 M vs 61,3 M). Au cours de cette période, le Canada enregistrait pourtant un recul de près de 175 000 touristes. Une analyse des régions visitées (tableau 4) démontre que les habitudes de voyages internationaux des Américains connaissent un bouleversement  important.

On remarque que les destinations non traditionnelles semblent profiter d’un engouement accru de la part des voyageurs américains. D’ailleurs, la part de marché des destinations traditionnelles (Canada, Mexique et Europe de l’Ouest) enregistre une baisse significative de 2000 à 2004 (graphique 4). 

Les données préliminaires du gouvernement américain pour la période du 1er janvier au 1er septembre 2005 démontrent que les départs des Américains vers les destinations outre-mer ont connu une croissance de 5%. Encore une fois, l’Amérique centrale (+14%), l’Asie (+10%), l’Amérique du Sud (+9%) et le Moyen-Orient (+8%) enregistraient des croissances supérieures à l’Europe (+3%). 

L’industrie touristique canadienne, qui rêve encore de revivre le succès de 2002, doit accepter qu’on ne puisse plus évoquer l’espoir d’un «retour à la normale», puisque les réalités américaine et mondiale ont été sérieusement modifiées.

L’état de la situation selon la Commission canadienne du tourisme (CCT)

À l’automne 2005, la CCT a formé un groupe de travail chargé d’examiner la situation du marché américain. Les résultats préliminaires tendent à confirmer que le Canada ne peut pas blâmer des facteurs tels que le SRAS, la guerre, le taux de change ou les problèmes frontaliers pour expliquer la baisse de la compétitivité du pays lorsqu’il s’agit d’attirer les touristes américains. Les Américains interrogés par la CCT mentionnent qu’ils ne peuvent exprimer de raisons particulières de ne pas venir au Canada, mais qu’ils ne voient pas non plus de motifs d’y venir. La destination canadienne ne parvient donc plus à se démarquer d’une concurrence de plus en plus relevée.  Le rapport final est attendu à la fin de janvier 2006.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Nouvelles du groupe de travail sur les États-Unis», Tourisme, vol. 002, no 11, novembre-décembre 2005.
– Ontario Ministry of Tourism and Recreation. «Regional Tourism Profile – Provincial Markets Shares», http://www.tourism.gov.on.ca/english/tourdiv/research/rtp/2003/
ComparitiveReportsProvinces/index.html
, 2005.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», Catalogue no 66-001-PIB, janvier 2000 à octobre 2005.
– U.S. Department of Commerce, ITA, Office of Travel and Tourism Industries. «U.S. Citizen Air Traffic to Overseas Regions, Canada & Mexico 2005», www.tinet.ita.doc.gov, 2005.
– U.S. Department of Commerce, ITA, Office of Travel and Tourism Industries. «U.S. Resident Travel Abroad Historical Visitation – Outbound 1994-2004», Juillet 2005.