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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Les glissades sur tube ont la cote

Les sports de glisse ne se limitent plus au ski alpin et à la planche à neige. Les glissades sur tube gagnent de nombreux adeptes et quantité de stations de ski et d’autres parcs spécialisés ont investi massivement au cours des dernières années afin de se doter d’installations qui permettent la pratique de la glissade sur tube. Déjà offerte par la moitié des domaines skiables américains, cette activité, qui génère déjà en moyenne quelque 22 000 visites annuellement par station, est en voie de devenir un produit vedette.

Une activité universelle

L’une des raisons expliquant l’intérêt pour la glissade sur tube est son accessibilité à tous. Les gens qui n’affichent pas une bonne forme physique peuvent utiliser un remonte-pente ou un tapis roulant pour la remontée et de s’asseoir sur une chambre à air pour glisser. Même les personnes à capacité physique très restreinte (ex.: paraplégiques) peuvent s’y adonner. Selon un sondage américain réalisé par Kottke, l’âge de la clientèle se répartit comme suit:

  • 31% d’enfants de 12 ans et moins,
  • 35% de jeunes de 13 à 17 ans,
  • 34% d’adultes.

D’un simple couloir pour la descente sur chambre à air à de larges bandes de plus de huit mètres de largeur qui permettent de faire descendre simultanément une vingtaine de tubes, la conception des installations se diversifie. Les bateaux pneumatiques de type rafting s’ajoutent aux produits disponibles. La longueur et l’inclinaison varient aussi beaucoup, certaines pistes permettant d’atteindre des vitesses de plus de 60 km/h.

De l’argent neuf pour les stations de ski

Il y a 15 ans, l’attrait pour la planche à neige a donné un second souffle à l’industrie du ski et a permis de renouveler significativement le bassin de clientèles. La même histoire est en train de se répéter avec la popularité grandissante des glissades sur tube.

Pour plusieurs centres de ski, l’ajout d’équipements de glissade sur tube a diversifié les sources de revenus et ajouté à la rentabilité de l’entreprise. Beaucoup plus que de modestes collines, les pentes dédiées à ces glissades sont aménagées, à l’image des autres sports de glisse, sur de nouveaux flancs de montagnes à forte inclinaison. Les corridors de glisse peuvent atteindre plus de 400 mètres de long.

Dans bien des cas, la portion de la montagne où l’on trouve les glissades est dotée de son propre chalet, d’une entrée et d’un stationnement indépendants. L’équipement de fabrication de la neige est souvent la seule infrastructure partagée.

Cela permet aux stations de ski qui prennent la décision d’investir dans ce type d’installations d’offrir à leur clientèle un excellent complément. Les skieurs et les planchistes emmènent souvent des adeptes de la glissade avec eux. Sans compter que plusieurs skieurs désirent pratiquer les deux activités. Les sessions de glisse se vendent habituellement par bloc de 60 minutes ou de 120 minutes.

L’autre avantage pour les centres de ski vient du fait que la clientèle des tubes n’a souvent pas l’intention de skier. Sauf que la vision d’une montagne bien enneigée peut devenir un stimulant pour revenir pratiquer d’autres activités de glisse. La clientèle de la glissade constitue donc un terreau fertile de futurs skieurs.

La fièvre américaine

Les dirigeants de plusieurs stations de ski aux États-Unis sont enthousiasmés de l’engouement généré par l’introduction d’équipements dédiés à la glissade sur tube, d’autant plus que ces investissements se traduisent dans la majorité des cas par une rentabilité bien sentie sur le plan de l’exploitation.

Environ la moitié des stations de ski américaines offrent désormais la glissade sur tube. Celle-ci est d’ailleurs considérée comme l’une des activités hivernales qui affichent la plus forte croissance aux États-Unis. Dans un contexte où la neige se fait de plus en plus rare dans la cour arrière des résidences, de tels parcs enneigés continueront d’avoir la cote.


Prenons par exemple le cas du Massanutten Resort, un centre de villégiature quatre-saisons situé dans l’État de la Virginie. En 1998, l’entreprise a ajouté à ses installations un parc à tubes comprenant cinq corridors de glisse de 300 mètres de long. Devant l’immense popularité de l’activité, neuf autres tracés ont été aménagés et un tapis roulant a aussi été ajouté. En dépit d’une plus grande capacité d’accueil, l’établissement enregistre annuellement de 35 à 40 jours d’exploitation à pleine capacité, et le parc à tubes, plus de 65 000 visites annuellement, soit le tiers de l’achalandage généré par la montagne en hiver.

Du côté de la station Perfect North Slopes, située en banlieue de Cincinnati, le succès de l’inauguration des glissades sur tube s’est fait sentir dès la première année de service (2001) avec 35 000 visites. Grâce à de nouveaux investissements qui ont fait passer le nombre de pistes à 25, les dirigeants s’attendent à recevoir cette année plus de 100 000 visites.

Quelques chiffres aux États-Unis

La répartition des parcs à tubes est très inégale chez nos voisins du Sud. Présents marginalement dans certains resorts, ils occupent une place prépondérante de l’activité hivernale dans d’autres. L’étude de la National Ski Areas Association présente un portrait de l’évolution de l’achalandage moyen dans les parcs à tubes des stations de ski (graphique 1). C’est dans le Sud-Est que les stations affichent en moyenne le plus grand nombre de visites pour les glissades sur tube annuellement, soit 35 000. Les régions du Centre (Midwest) et des Rocheuses sont celles qui ont connu des hausses au cours des dernières années. Évidemment, cela n’indique pas la progression du nombre total de visites puisque nous ne connaissons pas l’évolution de l’ensemble de l’offre.


C’est dans la région du Centre que l’apport de la glissade sur tube est la plus importante, comparativement au ski, alors qu’elle a compté pour un ratio de 25% par rapport au total des jours/ski de la saison 2005-2006. Dans l’ensemble du pays, la proportion de cette contribution se chiffre à 6,2%.

Encore loin du potentiel?

Au Québec, les données contenues dans l’Étude économique et financière des stations de ski du Québec indiquent que le potentiel de la glissade sur tube semble loin d’être atteint. Une trentaine de stations offrent actuellement la glissade sur tube, soit des revenus totaux de plus d’un million de dollars. L’apport de cette activité demeure ainsi encore très marginal pour l’industrie du ski au Québec, représentant moins de 1% des revenus de l’ensemble des stations de ski.

À première vue, si l’on compare ces données avec celles des États-Unis où le nombre de visites de glissade compte pour plus de 6% du total national des jours-ski, cela permet d’envisager un potentiel de croissance. Il s’avère toutefois difficile de quantifier l’achalandage global à l’échelle du Québec, puisque plusieurs régions se sont dotées d’installations qui ne figurent pas parmi les opérations d’un centre de ski.

On peut toutefois supposer que la part du lion revient très certainement aux parcs spécialisés dans la glissade. Une importante partie de l’achalandage est généré par trois joueurs majeurs qui ont beaucoup investi dans ce créneau de marché: le Village Vacances Valcartier, la Pente des Pays d’en Haut et les Super Glissades de Saint-Jean-de-Matha.

Voir aussi

Massanutten
Perfect North Slopes
Valcartier
Glissade
Glissade St-Jean-de-Matha

Sources:
– ASSQ, Michel Archambault, Kate Germain et Jean Morin. Étude économique et financière des stations de ski du Québec – Saison 2005-2006, novembre 2006.
– Lomax, Becky. Tubin’ USA, NSAA Journal, février-mars 2007.
– RRC Associates. Kottke National End of Season Survey 2005/06, National Ski Areas Association, mai 2006.
– Wolleson, Nate. Snow Trails to Add New Tubing Park, Snow Trails [www.snowtrails.com], août 2006

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Enjeux Marketing Tourisme durable

Si le climat vous intéresse!

Un peu comme un échantillon que l’on reçoit par la poste, le Québec a eu l’occasion d’expérimenter le produit très médiatisé «facteurs climatiques». Comble de malchance, l’essai s’est effectué durant la période des Fêtes, moment faste pour la pratique des sports d’hiver. Pas de panique à bord, ce n’est qu’un échantillon! Les experts le confirment: les conditions météo qui ont prévalu jusqu’au début de janvier ne sont pas la nouvelle norme, mais plutôt un avant-goût de ce qui nous attend dans quelques décennies. Même si la neige s’est enfin décidée à tomber, cette expérience nous force à réfléchir sérieusement.

Action – réaction!

Pour garder l’intérêt des skieurs au moment où la neige se faisait rare, la station de ski américaine Jay Peak a lancé une offensive promotionnelle invitant les adeptes à consulter le site Jay2pour1.com. Les prochains centimètres de neige tombés détermineront le rabais auquel les skieurs inscrits auront droit sur les remontées mécaniques, l’hébergement, le Passeport Jay Peak, etc.

Tourisme Outaouais a modifié sa campagne publicitaire «Et si on partait en Outaouais» en y ajoutant «Avec ou sans neige».

Certitudes et incertitudes

Il faut tout de même habiter une autre planète pour ne pas être au courant du branle-bas autour des changements climatiques et de leurs conséquences. Oui, mais… on en parlait pour dans 30, 40 ou 50 ans!

Une certitude: l’ordre mondial climatique est bouleversé. Une autre certitude: les météorologues soulignent que les conditions connues jusqu’au début de janvier ne seront pas la norme à court terme et qu’il y aura encore des hivers au Québec.

Le bouleversement du climat entraînera principalement l’augmentation des températures, la hausse du niveau des océans et la fréquence accrue des dérèglements climatiques (inondation, sécheresse, ouragan, pluie diluvienne, canicule, etc.).

Après le terrorisme, un autre impondérable avec lequel il faudra composer maintenant: le climat. Mais il est encore difficile de prévoir où, quand et comment il frappera, de même que l’ampleur de ses effets. Pour l’instant, le ski et le golf ne font pas encore bon ménage en décembre.

Le ski et le golf au Québec sous la loupe des chercheurs

Au Québec, le consortium Ouranos a pour mission de surveiller les changements climatiques et leurs impacts afin d’informer et de conseiller les décideurs sur l’évolution du climat et d’élaborer des stratégies d’adaptation locales et régionales. Ce groupe a déjà réalisé une imposante étude pour l’industrie touristique: «Impacts et adaptations aux changements climatiques pour les activités de ski et de golf et l’industrie touristique: le cas du Québec».

Des hivers plus doux et des saisons de ski plus courtes s’annoncent. On souligne, entre autres, l’enjeu crucial que constitue la capacité d’investir dans la fabrication de la neige pour les stations de ski au cours des prochaines années. Effet contraire pour le golf, alors que les saisons s’allongeront. Toutefois, des journées très chaudes et une hausse des précipitations perturberont la pratique.

Le tourisme, à la fois coupable et victime

Même si l’industrie touristique subit les frasques de la météo, il faut aussi souligner qu’elle est pointée du doigt dans les dérèglements de dame Nature, le transport étant le principal secteur au banc des accusés. (Lire aussi: Vers un bilan «carbone neutre» – Le voyage prend le virage écologique.)

Si le virage du développement durable n’est pas amorcé par l’industrie touristique, les facteurs climatiques pourraient l’imposer et peut-être de façon peu élégante. Des actions à court, moyen et long terme s’imposent.

1- Comprendre le phénomène et enrayer les facteurs qui perturbent le climat

À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale du tourisme tape sur ce clou depuis quelques années. De sa première «Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme» en Tunisie en avril 2003 est issue La Déclaration de Djerba sur le tourisme et le changement climatique. Cette déclaration devrait constituer les premières pistes d’actions (adhésion au Protocole de Kyoto, études des effets réciproques du tourisme et du changement climatique, application de mesures d’adaptation et d’atténuation pour contrecarrer les effets négatifs, etc.).

Bien qu’il soit difficile de renverser la vapeur, adopter un comportement responsable devient le mot d’ordre pour, à tout le moins, ne pas aggraver la situation.

  • Utiliser des moyens de transport moins polluants et énergivores.
  • Évaluer les retombées de toutes nouvelles infrastructures sur l’environnement.
  • Sensibiliser les touristes à adopter un comportement responsable.
  • Promouvoir les entreprises qui agissent de façon responsable.
  • Encourager le développement de produits respectant les prémisses du développement durable.

2- Saisir les impacts sur l’industrie touristique

Même si les études qui traitent des impacts du climat sur le tourisme ne sont pas légion, certaines perturbations sont à prévoir.

  • Transformation radicale de la nature selon les endroits (absence de neige, érosion des berges, assèchement de plans d’eau, détérioration de la végétation, etc.).
  • Perturbation des activités extérieures.
  • Modification du rythme saisonnier des voyages – les grandes chaleurs estivales déplaceront l’exercice de certaines activités vers le printemps et l’automne (visite de centres urbains, golf, etc.).
  • Changement des flux touristiques – le jeu de la concurrence entre les destinations sera modifié et le déplacement de la demande s’effectuera du Sud vers le Nord. Les chaleurs estivales pourraient faire fuir les touristes des grands centres urbains situés plus au sud. Le temps doux hivernal, compromettant les conditions d’enneigement pour certaines stations de ski, pourrait donner un nouvel essor à d’autres stations bénéficiant de meilleures conditions et ce, malgré une saison hivernale écourtée. En hiver, les destinations du Sud pourraient présenter moins d’attrait en raison des risques de maladies tropicales accrus, de la chaleur accablante, de l’érosion des rives et de la pression sur les ressources naturelles et les écosystèmes.

3- Envisager des mesures alternatives et des activités de remplacement

Si un horizon de vingt ou trente ans peut paraître loin, envisager des solutions de rechange impliquera sûrement des changements majeurs et des investissements financiers importants. Dans cette optique, c’est maintenant qu’il faut y réfléchir.

  • Opter pour des activités de remplacement – ex. quad (véhicule tout-terrain) en remplacement de la motoneige.
  • Diversifier les activités – ex. vélo de montagne quand les conditions ne se prêtent pas au ski alpin.
  • Construire des installations artificielles – ex. patinoire intérieure; domaine skiable intérieur (skidôme).
  • Développer de nouveaux produits – ex. mountainboarding.
  • Modifier le produit – ex. plongée d’exploration d’épaves plutôt que d’observation des coraux.
  • Se tourner vers un autre marché – ex. randonneurs plutôt que skieurs; pour une destination soleil, voyage de noces plutôt que plongeurs.
  • Adopter une nouvelle stratégie promotionnelle – ex. mettre en valeur l’offre des intersaisons (printemps et automne); créer des événements dans les saisons intermédiaires.

Ce qui pourrait aussi arriver

L’effet météo sur les touristes ne date pas d’hier. Il conditionne les déplacements et, immanquablement, un été pluvieux au Québec exerce un effet désastreux sur les retombées touristiques. Quelles conséquences dame Nature pourrait-elle avoir sur le touriste?

  • Décisions de dernière minute – elles pourraient être accentuées par ce phénomène.
  • Coûts supplémentaires – facteur polluant, le transport pourrait écoper de surtaxes et entraîner une hausse significative des coûts de déplacement.
  • Diminution des déplacements – dans le but de minimiser les impacts négatifs liés aux transports, les gens se déplaceraient moins souvent, mais peut-être pour plus longtemps. Les voyageurs d’affaires pourraient rationaliser leurs déplacements et se tourner résolument vers des solutions de rechange comme la vidéoconférence et d’autres moyens de télécommunication.

Voici, en complément d’information, certains textes qui ont été publiés par le Réseau de veille en tourisme sur le sujet :

Sources:
– Consortium Ouranos. «Impacts et adaptations aux changements climatiques pour les activités de ski et de golf et l’industrie touristique: le cas du Québec», mai 2006, [www.ouranos.ca/doc/produit_f.html].
– Journal of Sustainable Tourism. «Special Issue – Tourism and its Interactions with Climate Change», vol. 14, no 4, 2006.
– Organisation mondiale du tourisme. «Changement climatique et tourisme», Actes de la 1re Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme, Djerba, Tunisie, 9-11 avril 2003.
– Yeoman, Ian et Una MacMahon-Beattie. «Understanding the Impact of Climate Change on Scottish Tourism», Journal of Vacation Marketing, vol. 12, no 4, 2006, p. 371-379.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Sentier aérien, parcours acrobatique, arbre en arbre… la nouvelle vogue en matière d’activités de plein air!

En quelques années, le nombre de sites offrant des sentiers aériens en forêt de type «arbre en arbre» s’est accru à travers le monde. Mais en quoi consiste cette nouvelle activité? Qui la pratique? Quels sont ses enjeux?

Un parcours aérien en forêt est équipé d’installations qui permettent au pratiquant de cheminer en hauteur et de façon plus ou moins acrobatique sur les arbres ou sur d’autres supports, naturels ou non, en assurant lui-même sa sécurité au moyen d’un équipement individuel de protection contre les chutes (harnais, longes, connecteurs, etc.) le tout relié à une ligne de vie installée sur son parcours.

Contrairement à la pratique de l’escalade ou de la via ferrata*, l’activité de parcours acrobatique se déroule dans un espace limité où le participant est complètement pris en charge. Chacun peut donc se présenter sur un site sans aucun préparatif, ni connaissance préalables. Cette facilité d’accès et cette souplesse constituent très certainement des atouts indéniables par rapport à d’autres activités de montagne qui nécessitent un investissement et un engagement importants, un long apprentissage ou un encadrement lourd et coûteux, et qui peuvent donner le sentiment qu’elles sont réservées à quelques passionnés.

D’abord en France, puis ailleurs en Europe, en passant par la Chine et l’Amérique

Le premier parcours acrobatique en forêt a vu le jour en 1995 dans le département des Hautes-Alpes en France. L’idée de base visait à offrir au grand public la possibilité de vivre une aventure à son niveau, dans un environnement aménagé, avec une notion de risque contrôlé. On a implanté ces jeux, inspirés des parcours d’entraînement militaire, dans des zones boisées, d’abord en montagne puis, plus récemment, dans les grandes régions touristiques et à proximité d’agglomérations importantes. On recense aujourd’hui plus de 400 sites sur le territoire français.

Le concept figure également dans d’autres pays européens (Suisse, Italie, pays anglo-saxons, Belgique) et, dernièrement, il a fait son apparition en Chine (Macao), au Japon et au Brésil.

Qu’en est-il au Québec?

Les premiers sites ont vu le jour en 2002 au Québec et on en dénombre une dizaine aujourd’hui. Selon certains observateurs, leur nombre pourrait atteindre la trentaine d’ici 2007. L’engouement pour ce type d’exploitation a pu être influencé par plusieurs facteurs, entre autres par un investissement initial assez modeste et un retour sur investissement relativement rapide (souvent inférieur à 5 ans).

Bien que la pratique encore trop récente de cette activité empêche de définir précisément la clientèle, certaines grandes caractéristiques émergent:

  • les parcours sont fréquentés à la fois par une clientèle de séjour et par les résidants des grands centres urbains situés à proximité;
  • la clientèle de séjour est surtout présente durant la période des vacances scolaires estivales, alors que la clientèle locale s’étale du printemps à l’automne, tout comme les groupes;
  • les groupes constituent la clientèle principale sur certains sites;
  • les pratiquants reviennent plus d’une fois sur le même parcours pendant une saison et sont aussi susceptibles de fréquenter plusieurs sites.

La plupart des parcours ouverts en 2004 ont dépassé leurs objectifs de fréquentation tout en n’ayant que très peu investi en publicité, car une imposante couverture médiatique leur a accordé une excellente visibilité (émissions de télévision, articles de journaux).

Des enjeux importants

Le développement harmonieux et durable de même que le respect des espaces forestiers constituent des enjeux de premier plan. L’intégration des parcours et des bâtiments à l’environnement naturel et le respect de la capacité de charge du milieu doivent guider le développement des sites.

L’aspect sécuritaire de l’activité s’avère primordial et nul ne peut improviser. Les animateurs doivent suivre une formation adaptée et adopter une position rigoureuse dans l’encadrement de l’activité. Finalement, l’entretien des parcours nécessite des précautions spécifiques.

Comme la plupart des sites proposent des jeux quasi identiques, la différenciation et l’intérêt d’un site dépendent en grande partie de son emplacement, de sa beauté et de l’agencement des jeux. D’ailleurs, l’offre doit se renouveler continuellement pour ne pas lasser les adeptes. Pour ce faire, différentes options sont envisageables:

  • création de jeux adaptés à des clientèles distinctes avec des niveaux de difficulté variables;
  • développement d’une thématique et animation des lieux;
  • déploiement d’activités connexes ou complémentaires telles que sentiers d’interprétation, stages de consolidation d’équipes, services de restauration, espaces aménagés pour la pratique de l’escalade ou de la via ferrata;
  • conception d’une panoplie d’activités pédagogiques (aire d’herboristerie, barrage de castors, aménagement de plantes, etc.).

Effet de mode ou tendance lourde?

Une chose est certaine, ça dure depuis dix ans en Europe et le marché est encore en pleine effervescence. D’ailleurs, certains centres de ski tels le Mont Orford, dans les Cantons-de-l’Est et le Mont-Sainte-Anne, dans la région de Québec, ont profité de cet engouement pour mettre sur pied des activités d’hébertisme aérien, de tyrolienne (cable aérien de 150 mètres), d’escalade et de canyoning (descente en rappel au-dessus d’une chute) afin d’assurer un achalandage en montagne hors de la saison hivernale: un bon moyen de se développer à peu de frais.

* La «via ferrata» est un itinéraire tracé dans une paroi rocheuse équipée d’échelles, de marches et de différents éléments destinés à rendre la progression plus aisée. Elle nécessite un équipement spécial qui permet d’assurer la sécurité des pratiquants.

Sources:
Parcours Aventure
Arbre-en Arbre Canada
Corpo Aventure
– Revue Espace Tourisme & Loisirs, no 182, mai 2001

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Une concurrence qui mine la performance du Québec et du Canada

Règle générale, les statistiques touristiques sont abordées sous l’angle des arrivées. Ainsi, on mesure la performance d’une destination d’après le nombre de visiteurs qu’elle reçoit. Lorsqu’on compare le taux de croissance des départs internationaux de certains marchés avec les arrivées touristiques de ces mêmes marchés vers le Québec et le Canada, on obtient un tout autre regard. Le Canada est en perte de vitesse et la vivacité de la concurrence se fait durement sentir.

Une concurrence qui mine la performance

Globalement, l’industrie touristique internationale se porte bien, mais la concurrence est plus vive que jamais. En ce sens, certaines destinations tirent davantage leur épingle du jeu alors que d’autres, qui ne faisaient pas partie du paysage touristique il y a quelques années, font leur apparition dans le radar et grignotent lentement mais sûrement des parts de marché. (Lire aussi: Quand on dit que la concurrence s’intensifie.)

En 1990, la part touristique mondiale des arrivées internationales du Canada se chiffrait à 3,8%. En 1998, elle est passée à 3,1%, alors qu’en 2004 elle n’atteignait plus que 2,5%. Cela illustre bien les effets de la concurrence et du désir des touristes de découvrir de nouveaux horizons. (Lire aussi: Les stars au firmament des destinations.)

Afin de mieux évaluer les conséquences de la concurrence sur les performances relatives du Québec et du Canada, nous avons comparé le taux de croissance des départs vers l’étranger des principaux marchés émetteurs de 1998 par rapport à 2005 avec le taux de croissance du nombre d’arrivées au Canada et au Québec pour ces mêmes marchés et la même période (graphique 1). Précisons que pour les fins de l’exercice, une année de référence (1998) a été utilisée et il est possible qu’elle représente une année atypique pour certains marchés. C’est le cas notamment de la clientèle japonaise qui s’était déplacée en très grand nombre au Québec en 1998. Les conclusions à en tirer doivent ainsi être effectuées avec prudence et analysées globalement. Néanmoins, les résultats s’avèrent fort révélateurs.

Regardons maintenant en détail la façon dont les parts de marché de ces sept principaux pays émetteurs se sont érodées lorsqu’on compare 1998 à 2005.

Allemagne

L’Allemagne demeure le marché émetteur le plus important de la planète, mais il est en perte de vitesse. Les dépenses touristiques internationales des Allemands ont atteint 71 milliards USD en 2004. Depuis 1998, le nombre de départs vers l’étranger ne s’est apprécié que de 10%. Pendant ce temps, les arrivées touristiques des Allemands au Canada et au Québec reculaient respectivement de 14% et de 19%. Précisons que seulement 6% des voyages des Allemands ont été effectués à l’extérieur de l’Europe en 2005.

On observe actuellement beaucoup d’optimisme en ce qui a trait à l’économie allemande. Un récent sondage révèle que 60 millions de voyages de plus de cinq jours ont été planifiés pour 2006. La nature demeure un élément attractif majeur pour ce marché. Les Allemands accordent beaucoup d’importance à la sécurité et rejettent les destinations récemment victimes de catastrophes. L’Australie est considérée comme un concurrent important par la Commission canadienne du tourisme.

États-Unis

Dans un récent article du Réseau de veille, nous soulignions le fait que les Américains ont massivement recommencé à voyager à l’étranger alors que, parallèlement, le Canada ne cesse d’enregistrer des résultats décevants. (Lire aussi: Touristes américains: où sont-ils passés?)

Tout comme pour le marché allemand, les départs à l’étranger des Américains ont augmenté de 10% depuis 1998. Les gains réalisés par le Canada et le Québec en 1998, 1999 et 2000 ont été sérieusement amputés dans les années qui ont suivi les événements du 11 septembre 2001. Le taux de croissance de la clientèle américaine au Québec se solde par une augmentation de 5% de 1998 à 2005, comparativement à 3% pour l’ensemble du pays.

France

L’importance des visiteurs français ne fait aucun doute puisque ce marché domine le tourisme d’outre-mer vers le Québec. En 2004, les Français comptaient pour plus de 28% des touristes d’outre-mer voyageant au Québec pour des motifs d’agrément et pour 31% de ceux qui venaient visiter des parents ou des amis. Bien que 79% des Français qui visitent le Canada viennent au Québec, les dernières années se sont avérées difficiles. Les Français affichent la plus forte progression (+43%) des départs internationaux parmi les clientèles étudiées, mais le Québec enregistre pourtant une importante baisse de 20% depuis 1998.

Selon Barbara di Stefano, directrice générale de Destination Québec à Paris, le fractionnement des séjours constitue une tendance lourde du marché français, en raison de l’offre des compagnies aériennes à rabais et des ventes de dernière minute qui rendent abordables de nombreuses destinations. Le facteur prix demeure primordial dans leur choix de vacances, ce qui favorise notamment les destinations de l’Afrique du Nord.

Italie

Depuis 2001, l’Italie éprouve des difficultés économiques et perd du terrain, tant au chapitre des arrivées que des départs internationaux. Ce marché a glissé de la 8e à la 11e position en termes d’importance pour le Québec depuis 1998. Cette léthargie s’est traduite par une chute de 22% du nombre d’arrivées, comparativement à une baisse de 7% du nombre de départs internationaux. On ne s’attend pas à ce que la situation s’améliore puisque l’année 2005 s’est avérée très difficile sur le plan économique, pesant lourdement sur le portefeuille des familles italiennes.

Japon

Le Japon demeure un marché touristique émetteur d’importance, en dépit du marasme économique dans lequel il est plongé depuis une dizaine d’années. En fait, même si les visites des Japonais sont en chute libre au Canada depuis 1996 (lire aussi: Quel avenir pour le marché japonais?), globalement, ce marché à repris de la vigueur et affiche un solde positif impressionnant de 39% de ses départs vers l’étranger de 1998 à 2005.

Quand on regarde les données concernant le Québec, il faut savoir que la moitié des Japonais y entrent par le biais d’une autre province canadienne. L’absence de vols directs vers le Japon n’avantage pas le Québec. Aussi, ce dernier a-t-il enregistré une diminution de 58% du nombre de visites de cette clientèle de 1998 à 2005. L’ensemble du Canada a toutefois moins souffert avec une baisse d’environ 12%.

Mexique

Nouvel Eldorado du tourisme, plusieurs destinations misent beaucoup sur l’émergence du tourisme mexicain. Désormais, environ deux millions de Mexicains voyagent en avion chaque année vers des destinations étrangères. Depuis 1998, le taux de départ s’est accru de 39%. La performance du Québec se situe légèrement sous la moyenne avec une croissance des arrivées de 25%. Le Canada, pour sa part, tire bien son épingle du jeu alors que les visites ont explosé de 69%. Selon une analyse de marché réalisée par la Commission canadienne du tourisme, le Mexique se classe au cinquième rang en termes de potentiel touristique pour le Canada.

Royaume-Uni

Finalement, le Royaume-Uni s’avère l’un des marchés qui est resté le plus fidèle au Canada et le nombre de visites est demeuré relativement stable au cours des dernières années. Depuis 1998, le nombre de départs des Britanniques est en hausse de 30%, alors que le Canada et le Québec enregistraient des augmentations respectives de 21% et de 16%. Le ski alpin constitue l’un des facteurs de succès. Cette activité jouit d’une excellente popularité depuis au moins 10 à 15 ans et attire un nombre considérable de Britanniques avides de bonnes conditions d’enneigement.

Une réflexion collective

Évidemment, après avoir analysé tous ces constats, il est guère évident de trouver des solutions pour mieux performer. Il faut toutefois savoir que plusieurs destinations voient dans le tourisme une industrie d’une importance majeure pour leur économie et n’hésitent pas à consentir les efforts nécessaires pour conserver ou accroître leur positionnement concurrentiel sur l’échiquier international.

L’industrie touristique souffre actuellement d’un déficit d’affection et de reconnaissance auprès des médias et du public québécois. Pendant ce temps, une destination comme l’Australie prend les grands moyens pour briller parmi les meilleurs et multiplie les partenariats afin de déployer des actions promotionnelles majeures grâce à un budget annuel de 140 millions CAD. La bonne nouvelle c’est qu’il n’est jamais trop tard pour agir.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Rapports trimestriels du marché», 2006.
– European Travel Commission. «European Tourism Insights 2005», avril 2006.
– IPK International. «German Travel Trends», 2006.
– Maison de la France. «Courrier d’Italie», avril 2006.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Stratégie de marketing touristique 2000-2005 – Marchés des autres pays que les États-Unis», 2000.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Profils de marché», Direction générale du marketing, 2006.
– Organisation mondiale du tourisme. «Compendium of Tourism Statistics», 2001.
– Organisation mondiale du tourisme. «Annuaire des statistiques du tourisme», 2002.
– Secretaria de Turismo. «Data Tur Certeza Estratégica», 2006.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2006.
– Tourism Australia. «Action Plan for Japanese Tourism», janvier 2006.
– Transport Travel and Tourism of UK. «Travel and Tourism 2003 to 2006», 1er trimestre 2006.

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Marketing Produits et activités

Commercialisation touristique du golf: approche destination vs circuit

Pour plusieurs destinations, l’offre des parcours de golf s’inscrit comme l’une des composantes de l’ensemble des produits touristiques disponibles aux visiteurs afin d’agrémenter leur séjour. Pour d’autres, il s’agit de jouer au maximum la carte du golf pour attirer les mordus qui recherchent une masse critique de terrains de qualité, voire de calibre international. À ceux-là, on doit vendre une expérience car le golf devient alors le principal but de leur voyage.

Deux types de golfeurs touristiques

Pour bien saisir la portée des deux approches, il importe préalablement de distinguer deux catégories de golfeurs touristiques. On trouve d’abord le segment plus large composé des individus qui pratiquent cette activité dans le cadre d’un voyage. Pour eux, le golf ne représente pas forcément le but premier du déplacement. Un sondage effectué par la Chaire de Tourisme de l’ESG-UQAM auprès des golfeurs québécois révèle qu’environ 26% d’entre eux ont effectué, au cours de la dernière année, un voyage de plus de 24 heures, toutes destinations confondues, durant lequel ils ont joué au golf. Cela représente 260 000 personnes.

Viennent ensuite les adeptes de golf qui choisiront de consacrer leur voyage à leur activité de prédilection. Ces derniers sélectionneront ainsi la destination qui correspond le mieux à leur conception du voyage de golf idéal basé sur des critères tels que la variété de l’offre, la qualité et la renommée des parcours, le défi relié au niveau de difficulté, la beauté des clubs de golfs, les infrastructures d’accueil sur place, etc. Pour de tels golfeurs, les activités touristiques complémentaires de la destination ne deviennent que secondaires et n’ont que très peu d’influence sur leurs choix de destination.

L’expérience unique du circuit

Il y a des avantages et des inconvénients à commercialiser une destination comme un lieu de vacances où l’on peut jouer au golf comparativement à un circuit dédié spécifiquement à cette activité. Le choix de la stratégie à suivre revêt une grande importance car il s’agit d’un marché hautement compétitif avec un large éventail de destinations qui proposent une offre de haut calibre et qui ciblent essentiellement la même clientèle.

La notion de circuit peut être associée à un brand dans la sphère du golf (ex.: Robert Trent Jones Golf Trail). Il s’agit de regrouper un certain nombre de parcours de qualité pour en tracer un itinéraire logique de voyage qui saura capter l’intérêt du golfeur à la recherche d’une expérience unique. Pour certaines régions, on choisit de miser sur le golf pour attirer une catégorie de touristes qui ne seraient pas venus n’eût été la présence du circuit.

Si l’on tentait de faire un parallèle avec un autre secteur, on pourrait parler par exemple d’un circuit «Relais et Châteaux» en France qui proposerait un séjour touristique composé d’hôtels mondialement reconnus en raison de leur appartenance à la célèbre association. Une destination pourrait alors décider de miser sur cette notoriété pour commercialiser le circuit en question.

Selon la maison de consultation The Rudder Group, les principaux aspects positifs liés à la commercialisation d’un circuit sont:

  • l’opportunité naturelle de pouvoir «brander» ce type de produit;
  • le concept convivial et aisé à comprendre pour la clientèle;
  • l’engouement touristique pour ce type de développement;
  • la possibilité d’être intégré facilement à une stratégie nationale, même lorsque limité à une région.

Parmi les inconvénients possibles, soulignons:

  • l’impression de déjà-vu dans le cas d’un nouveau circuit;
  • la portée plus étroite en termes de clientèle visée;
  • les distances importantes à franchir entre les clubs de golf;
  • le défi d’harmoniser la prestation pour offrir une expérience cohérente et de qualité égale.

Une majorité désire plus que le golf

Puisque les mordus du golf ne représentent qu’une minorité de golfeurs, une grande partie des adeptes de ce sport ont des attentes qui débordent l’activité proprement dite. La stratégie visant à promouvoir une destination de vacances où il y a un(des) terrain(s) de golf permet de viser un marché plus large qui souhaite diversifier ses activités durant son séjour. «Venez jouer au golf et plus encore!». C’est la direction empruntée par la plupart des destinations qui misent aussi sur leurs autres atouts pour convaincre les visiteurs potentiels.

Un sondage effectué par la US National Golf Foundation confirme l’étendue des critères de sélection d’une destination de golf (graphique 1). Pour chacun des éléments, le pointage représente la proportion des golfeurs américains qui accordent une note de 9 ou 10 en termes d’importance.

Peu importe l’approche de mise en marché utilisée, une question demeure: le Québec peut-il représenter une destination touristique pour les golfeurs? Les critères illustrés dans le graphique démontrent que l’aspect abordable de la destination, de même que des conditions climatiques favorables, influencent grandement la majorité des golfeurs désireux de jouer au golf pendant leurs vacances. Mais il faut se rappeler que, pour cette majorité de vacanciers, les autres activités sont également importantes. Madame voudra peut-être faire les boutiques, monsieur pourrait se laisser tenter par des activités culturelles, les enfants réclameront un parc d’attractions, etc. Le Québec a certes le potentiel de jouer cette carte du golf… et beaucoup plus.

Dans son étude, la Chaire de Tourisme a dénombré 362 clubs de golf au Québec. Mais pour les touristes dont le golf constitue le but premier du voyage, ce n’est pas tant la quantité de parcours disponibles qui crée l’engouement, mais bien la présence d’un certain nombre de parcours haut de gamme recherchés par les mordus. L’appartenance à un regroupement de renom tel ClubLink au Canada ou Troon aux États-Unis et la présence de parcours signés par des concepteurs reconnus ajoutent au pouvoir d’attraction pour la clientèle internationale. C’est en effet ce type d’expérience supérieure de golf que recherchera le touriste sélectif et non la possibilité d’y jouer à bon prix. (Lire aussi:Le golfeur, un touriste sélectif)

À suivre… «Deux approches de commercialisation du golf: des cas concrets»

Sources:
– Chaire de Tourisme de l’ESG-UQAM. «Plan stratégique de développement et de commercialisation du golf touristique au Québec», Étude réalisée pour l’Association des terrains de golf du Québec, avril 2006.
– Duncan Mills. «A Study of the Best Practices of Golf Course Marketing Consortia», mars 2004.
– Myrtle Beach Area Chamber of Commerce. «The Myrtle Beach Area Statistical Abstract», février 2005.
– National Golf Foundation. «Golf Industry Report: Golf Participation Issue», vol. 5, 2005.
– Office of the Lieutenant Governor and the Department of Culture, Recreation and Tourism of Louisiana. «Strategic Plan 2005-06 through 2009-10», 2004.
– Prince Edward Island Tourism Advisory Council. «The Prince Edward Island Strategy for Tourism Competitiveness 2005-2010», juillet 2005.
– The Rudder Group, Georgia Tech. «Georgia Golf Branding Strategy Recommendation», juin 2002.

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Segments de clientèles

Coup d’oeil: l’évolution du marché français

Destination rêvée des Français le Canada/Québec? C’est ce que nous apprenait Mme Barbara di Stefano, directrice générale de Destination Québec à Paris et représentante du ministère du Tourisme du Québec en France, lors des récentes Assises de l’industrie touristique 2006.

Les vacances, un besoin vital pour nos cousins français

Le nombre de Français qui voyagent à l’étranger enregistre une progression malgré:

  • les nombreux événements ayant pu affecter la confiance des touristes (séisme et tsunami, attentats, catastrophes naturelles, crise sanitaire, etc.);
  • une conjoncture toujours morose en France (taux de chômage élevé, consommation au ralenti, élections prévues en 2007);
  • une hausse du prix des billets d’avion due à la surtaxe de carburant.

Ainsi, deux Français sur trois partent en vacances – alors qu’on parle d’un Américain sur deux -, majoritairement pour de longs séjours (2/3 des voyages). Malgré cela, on assiste à une augmentation des courts séjours (croissance de 20% en 10 ans), lesquels sont facilités par la Loi sur la réduction du temps de travail (RTT) qui fait passer la semaine de travail de 39 à 35 heures et «oblige» les travailleurs à prendre deux semaines de vacances consécutives entre le 1er mai et le 1er octobre de chaque année. En comparaison, en 2004,  27% des travailleurs québécois avaient moins de deux semaines de vacances, parmi lesquels 13% ne bénéficiaient pas de vacances. Quant à nos voisins du Sud, la majorité d’entre eux s’offrira moins de deux semaines de congés par année.

Des séjours plus nombreux mais plus courts

Le fractionnement des séjours constitue une tendance lourde du marché français. Les séjours d’été de plus de quatre semaines ont diminué de moitié (de 16% à 8%), en raison de l’offre des compagnies aériennes à rabais (low costs) et des ventes de dernière minute ou des achats opportunistes qui rendent de nombreuses destinations attrayantes à des prix plus que raisonnables. Il importe en effet de souligner que le prix demeure un facteur déterminant dans le choix d’une destination de vacances pour les Français.

Destinations de vacances préférées

Des centaines de destinations étrangères se disputent le pavé à Paris pour gagner le coeur des Français, qui, d’ailleurs, voyagent de plus en plus à l’étranger, surtout en Europe et en Afrique du Nord. Toutefois, les pays d’Europe de l’Est enregistrent une très bonne croissance par rapport à ceux de l’Europe du Nord et du Sud qui, eux, sont en baisse. Ils aiment les destinations ensoleillées et la mer qui comptent pour 46% de leurs nuitées. Voilà pourquoi la Tunisie et le Maroc sont toujours très prisés tout au long de l’année.

Destination de vacances rêvée

Bien que les Français séjournent majoritairement sur leur continent, le Canada et le Québec enregistrent une très belle progression du volume et des dépenses des touristes français, qui affichent une reprise depuis 2004. Le Canada espère même battre, d’ici 2008, le record historique de 476 000 Français atteint en 1996.

Source: Enquête sur les voyages internationaux
(la donnée 2005 pour le Québec est estimée)

Source: Enquête sur les voyages internationaux
(la donnée 2005 est estimée)

Par ailleurs, selon une étude réalisée par Raffour Interactif, parmi tous les Français partis en vacances en 2005, un sur cinq a identifié le Canada/Québec comme étant sa destination rêvée, avant même les États-Unis qui figurent en huitième position. Ces «rêveurs» constituent un bassin de clientèle déjà favorable à la destination, donc, plus facile à convaincre. Leur profil est le suivant:

  • ils proviennent surtout de Paris/région parisienne et de l’ouest de la France;
  • ils sont âgés de 35 à 64 ans;
  • ils vivent en couple avec des enfants;
  • ils utilisent Internet pour se renseigner (près de 40%) ou pour réserver (17%).

Les Français au Québec

En 2005, la moitié des Français qui visitaient le Québec provenaient de la région parisienne et séjournaient au Québec en moyenne 14 jours, principalement l’été, y dépensaient en moyenne 1200$ par personne, par séjour. Près du tiers d’entre eux voyageait dans le but de visiter des parents et des amis et se rendait dans les villes de Montréal et de Québec, sur la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Mauricie et dans les Laurentides.
Le Français est un client fidèle qui fréquentera le Québec plusieurs fois et au cours des quatre saisons. En effet, on assiste à une croissance des voyages individuels en hiver pour la pratique de la motoneige et les séjours multi activités (traîneau à chiens, motoneige, gastronomie, etc.).
Le touriste français voyageant au Québec utilise les services d’un agent de voyages pour l’achat des prestations de base (vol, quelques nuitées, location de voiture) et bâtit ses séjours «à la carte».

Les clientèles de groupe et d’affaires

Le cinquième des touristes français voyage encore en groupe et utilise les services des spécialistes (agences réceptives) pour l’organisation de ses voyages.
Les voyages de groupe qui s’effectuent au Québec se réalisent principalement en septembre-octobre et durent une  semaine. Les groupes sont surtout formés de comités d’entreprise, lesquels s’avèrent très sensibles aux événements (sanitaires, politiques, sécurité, etc.), tout comme aux prix d’ailleurs. Il existe donc une vive concurrence pour ce type de clientèle.
Quant au tourisme d’affaires, il constitue près de 14% du volume des voyages au Québec. Les voyageurs d’affaires privilégient la grande nature et les activités hors ville et leur séjour est relativement court, soit de quatre à cinq jours, rarement d’une semaine.
 
Présentation de Barbara di Stefano (fichier pdf) 

Source:
– di Stefano, Barbara. «Tout savoir sur l’évolution du marché français», Assises de l’industrie touristique, Montréal, 26 mai 2006.

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Enjeux Gestion

Coup de pouce: financement de projets touristiques au Québec

Lors des Assises de l’industrie touristique 2006, qui ont eu lieu le vendredi 26 mai dernier à Montréal, Louis Aubuchon, conseiller au Fonds de solidarité FTQ, a présenté quelques données sur le financement de projets touristiques au Québec. Hormis le Fonds de solidarité FTQ, il existe également d’autres sources de financement, malgré que l’industrie du tourisme reste le parent pauvre de l’investissement aux entreprises.

Le Fonds de solidarité FTQ (Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec) est connu comme une société de capital de risque pour les PME québécoises. Sa mission principale consiste à contribuer à la création et au maintien des emplois au Québec, en investissant dans les moyennes et petites entreprises. Plus spécifiquement, le Fonds de solidarité FTQ s’occupe du démarrage, de l’expansion et de la relance des PME.

Fin novembre 2005, l’actif net du Fonds s’élevait à 6,5 milliards $CA et représentait des investissements de 2,7 milliards $CA, répartis dans 2139 entreprises partenaires. En région, le Fonds est secondé par 16 fonds régionaux. Ceux-ci sont actifs dans presque tous les secteurs de l’économie québécoise, y compris le récréotourisme (environ 3%).

«Avoir une idée» ou «avoir un projet»

Lors de sa présentation, Louis Aubuchon a fortement insisté sur la différence qui peut exister entre «avoir une idée» et «avoir un projet». Selon lui, l’idée est «une vision, un rêve». Le projet, lui, est la réflexion d’une idée afin de la rendre matérialisable (chiffrable).

Pour être considéré valable, le projet devra avoir un rendement suffisant pour satisfaire tous les besoins de l’entreprise (les frais de fonctionnement, les salaires des employés ainsi qu’une marge pour couvrir une augmentation à venir, d’éventuels frais de rénovation ou d’agrandissement, des frais de promotion, etc.). Les promoteurs ont trop souvent tendance à présenter un budget de «démarrage», oubliant qu’ils auront par la suite une entreprise à faire vivre!

Il convient également d’analyser dans les moindres détails le marché et la clientèle potentielle. L’organisme prêteur, pour sa part, étudie également le profil du promoteur du projet et sa vision économique, son plan d’affaires et ses prévisions financières. En outre, il étudie le risque associé.

Y a-t-il place pour le capital de risque dans le tourisme?

Au-delà de cette présentation, nous pouvons nous demander quelle est réellement l’importance accordée à l’industrie touristique par celle du capital de risque, puisque d’aucuns déplorent que ce secteur soit bien trop souvent considéré comme peu ou non rentable et qu’il soit risqué, voire même dangereux, d’y investir.

En 2005, l’industrie québécoise du capital de risque représentait 710 M$ injectés dans l’économie, tous secteurs industriels confondus (soit une hausse de 12% par rapport à 2004). Au cours des trois premiers mois de 2006, elle a connu un accroissement de son activité, les dollars investis totalisant 155 millions de dollars (soit 8% de plus qu’au même trimestre l’an dernier). Le nombre d’entreprises québécoises ayant reçu du capital de risque a aussi augmenté de 6%, passant de 82 entreprises au 1er trimestre de 2005 à 87 à la même période de 2006.

C’est le secteur des technologies de l’information (TI) qui en sort grand gagnant, avec plus du tiers du montant total investi (soit 244 M$ versés à 76 entreprises). Viennent ensuite les entreprises de la catégorie «sciences de la vie» avec 51 entreprises héritant collectivement de 196 M$ (soit une progression de 12% par rapport à 2004).

La part de capital de risque investi par région au Québec, en 2005, se présente comme suit:

Malheureusement, la part allouée au secteur récréotouristique est tellement minime qu’elle n’apparaît même pas dans le bilan annuel 2005 de Réseau Capital, l’Association du capital-risque et du placement privé du Québec.

Dans la liste des projets touristiques financés par le Fonds de solidarité FTQ, citons, entre autres, le Manoir Richelieu, le Château Mont Tremblant, le Château Bonne Entente, Transat A.T., Jonview Canada, la Pourvoirie Mirage, Les Croisières 2001, etc.

D’autres sources de financement

Il existe bien entendu d’autres sources de financement pour les PME au Québec, par exemple (liste non exhaustive):

Il y a également un fonds spécial de capital de risque appelé Fonds d’intervention économique régional (FIER). Ce dernier doit servir aux entreprises (tous secteurs industriels confondus) pour appuyer le développement des secteurs économiques les plus dynamiques de la région.

Présentation de Louis Aubuchon (fichier pdf)

Le sujet vous intéresse, lisez aussi:
PME, relève-toi!
Structures de gouvernance et financement du tourisme

Voir aussi

Fonds de solidarité FTQ
Fonds FIER
Réseau Capital

Sources:

– Aubuchon, Louis. «Performance financière et financement de projets touristiques au Québec», Assises de l’industrie touristique 2006, Montréal, 26 mai 2006.
– Réseau Capital. «Bilan de l’industrie québécoise du capital de risque pour le 1er trimestre 2006», 10 mai 2006.

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Marketing

Coup de coeur: le tourisme et l’Art de vivre (Compte rendu de conférence)

Lors des Assises de l’industrie touristique 2006, Jean-Claude Poitras, créateur de mode, designer et passionné des voyages est venu présenter le tourisme, revu et corrigé façon XXIe siècle. Comment sortir de la banalité et exploiter l’art de vivre à la québécoise? L’ethno-chic permet de dépoussiérer les traditions.

«L’époque est au branding et la tendance life style n’a rien d’éphémère.» Les magazines «art de vivre» foisonnent. On y trouve des rubriques sur la culture, l’architecture, les escapades de week-end, la décoration intérieure, les destinations voyages, les loisirs culturels, la cuisine, etc.

«Un branding d’exception est un exercice qui ne s’improvise pas et qui implique une volonté de changement et d’évolution.»

Du Global au Glocal

À l’ère de la mondialisation, le Global nous permet de vivre les grands courants et d’être dans l’ère du temps. Mais comment pouvons-nous nous positionner dans tout cela? Le Glocal arrive à la rescousse et devient le moyen d’expression de notre identité dans cette jungle où tout tend à s’internationaliser et à se standardiser.

Oser la modernité!

Et si nous dépoussiérions nos racines et «revampions» l’image clichée et folklorique, le style vieillot du Québec? Si nous voulons redessiner le Québec touristique, il importe de poser un regard neuf sur notre réalité, sur nos racines. Et pour définir l’image et l’identité d’une marque, d’un événement, d’un restaurant, d’un hôtel, d’une ville, d’une région, il nous faut penser autrement et nous ouvrir à de nouveaux horizons, à de nouvelles dimensions: innover et se différencier sont deux façons de le faire.

Les entreprises qui font rayonner le Québec, tels le Festival International de Jazz et le Cirque du Soleil, sont caractérisées par l’unicité, l’audace, l’innovation, la création, l’originalité, l’inspiration. Nombreux sont les designers qui ont saisi la force de l’impact du design multidisciplinaire : Philippe Stark, Giorgio Armani,  Ralph Lauren, Christian Lacroix, etc.

«Pour obtenir ce que l’on n’a jamais eu, il faut faire ce que l’on n’a jamais fait.»

Le mariage de la modernité et de la tradition nécessite le besoin de se réinventer. Que ce soit dans le développement, le positionnement ou le marketing, le design se retrouve à chaque étape stratégique. Ce processus prend la forme suivante:

  • Se découvrir, se différencier
    Déterminer ce que l’on veut être – cela signifie se connaître et fouiller, rechercher ce qui se fait ailleurs.
  • Se définir, se réinventer
    Savoir ce que l’on veut faire – il s’agit de trouver son style, de sortir de la banalité, de définir son image et sa vision, de puiser dans ses racines et de les réactualiser.
  • Se déployer, faire rayonner
    Établir ce que l’on veut projeter – il faut revoir son vocabulaire, déterminer son image de marque et imposer son style.

Design, branding, Art de vivre et marketing constituent les ingrédients indissociables de la planification d’une marque.

«Au lieu de vous débattre pour faire mieux que la concurrence,
pourquoi ne pas innover pour ne pas avoir à concurrencer?»
Kathy Megyery, Secor Taktik 2006


La pyramide du Louvre à Paris, les extravagances de Londres, l’avant-gardisme de Barcelone, la séduction exotique, culturelle et très design de l’Argentine constituent des exemples intéressants du mariage de la modernité et de la tradition. À Paris, un resto design a décidé de puiser dans nos racines et de les réinventer avec des panaches d’orignaux originaux… de différents matériaux et de différentes couleurs.

Prenons l’exemple du sirop d’érable. Plus grand producteur mondial, le Québec présente un emballage banal et folklorique alors que d’autres produits traditionnels comme la vodka Absolut ou l’eau Evian ont misé sur le design pour «revamper» leur image.

Pourquoi ne pas dépoussiérer la fameuse «cabane au Canada»?

 

Le courant «ethno-chic»

Le courant «ethno-chic» allie modernité, design contemporain et racines ethniques. Présentant souvent un aménagement minimaliste, des matériaux bruts et naturels, les produits inspirés de cette tendance soulignent les caractéristiques d’une population et d’une région.

 

Des exemples inspirants de positionnement

Le Costa Rica, c’est pura vida.

Le Guatemala est devenu en quelques années l’alma de la tierra (l’âme de la terre).

Que dire de la Nouvelle-Zélande avec  son 100% Pure New Zealand?

L’Espagne, longtemps associée au tourisme de masse et aux plages bétonnées, a pris le virage de la culture et de la modernité: le musée Guggenheim à Bilbao, la renaissance de Barcelone, la mode nouvelle vague de Zara, le cinéma d’Almodovar, l’engouement pour les vins espagnols, les tours Kio à Madrid, la gastronomie et ses tapas réactualisés, etc. Il en est de même des mille visages de l’Inde et de sa campagne Incredible India.

On succombe aux charmes authentiques des hôtels:

  • des haciendas du Mexique
  • des riads du Maroc
  • des paradors d’Espagne
  • des pousadas du Portugal
  • des écolodges du Costa Rica

Le Québec n’est pas en reste avec certains exemples inspirants:

  • la Grande Bibliothèque
  • les jardins de Métis
  • le groupe Germain
  • la revitalisation du quartier Saint-Roch à Québec et du quartier international de Montréal
  • les grands chefs Normand Laprise et Laurent Godbout (Montréal), et Daniel Vézina (Québec)
  • le Café Europea et son espace boutique de Jérôme Ferrer

La perception que l’on a du Québec

L’image clichée et folklorique du Québec ne fait pas le poids face à la concurrence internationale. À certains égards, la banalité et le conservatisme mènent à l’indifférence.

Consultant en branding pour les villes, les régions et les pays, Simon Anholt, au cours de son déplacement entre l’aéroport et le centre-ville lors de sa première visite à Montréal, se croyait au Kazakhstan.  Il trouvait la ville si laide qu’il croyait s’être trompé de pays.

Charles Leocha, auteur, éditeur et chroniqueur spécialisé dans le domaine du voyage et des sports de glisse, soulignait, lors d’une conférence au Cercle de tourisme du Québec, que l’industrie du tourisme québécois faisait mal sa mise en marché aux États-Unis et que le Québec devrait plutôt miser sur ses caractéristiques propres qui le démarquent des autres destinations.

La une du magazine Gourmet titrait: «Affordable Montreal». Aurait-on l’idée de reprendre le même qualificatif pour des grandes destinations: Affordable Barcelona, Affordable London? Est-ce tout ce que Montréal a à offrir?

Notons que, parmi les mentions d’excellence du Condé Nast Traveler, le Canada n’a récolté que quatre nominations dans le Hot List, sur un pied d’égalité avec le Cambodge et le Vietnam.

Le design n’est pas toujours histoire de gros sous!

«Le design vient concrétiser le savoir-faire et le savoir-vivre authentiques.» Il rend beau, unique, concret. C’est pourquoi, afin de le démocratiser, il importe de l’intégrer à notre quotidien.

Aujourd’hui, le design c’est, d’un côté, le magasin de meubles haut de gamme RocheBobois et, de l’autre, le très populaire Ikea; c’est la célèbre maison de couture Prada et la mode abordable de Zara.

Le design peut s’intégrer dans un produit à bien des niveaux et souvent à petite échelle:

  • installer des parasols stylisés en remplacement des fameux parasols de plastique à l’effigie d’une publicité de bière
  • porter une attention aux arts de la table
  • décorer une chambre avec les produits des artisans locaux – chocolat sur l’oreiller, bougie, savon, coussin, lampe… en plus d’offrir un répertoire des artisans de la place.

Malgré une enveloppe budgétaire restreinte, le «passage des arts gourmands» est né sous l’enseigne du style et de la créativité. Ayant la volonté de se démarquer, les organisateurs des Fêtes d’Automne de Saint-Donat au Québec ont fait appel à Jean-Claude Poitras pour assurer la direction artistique de l’événement. Son mandat était de définir une vision, de développer un concept original et distinctif, d’y insuffler une synergie mobilisatrice.

«Porter un regard contemporain pour innover, montrer le meilleur de la vie et entrer dans la légende.»

L’Art de vivre, c’est faire vivre une expérience

Il faut «oser sortir du standard, des images préconçues et de la banalité pour véritablement faire vivre une expérience».

Le design comme fil conducteur d’une expérience à vivre se retrouve à toutes les étapes, du logo à la brochure, du site Web aux uniformes, de la vaisselle à la literie, des luminaires au mobilier, etc.

Il faut inventer un style qui évoque une émotion, donner le goût, être à la hauteur des attentes et faire vivre une expérience. Par exemple: un hôtel de charme où l’esprit de l’établissement est campé par une horloge sans aiguilles à l’entrée, où l’on accueille les gens avec le sourire, où l’on «présente» la chambre en expliquant que l’on a eu le souci d’intégrer l’artisanat local au décor, où l’on considère les gens comme des invités.

 «L’Art de vivre, c’est la musique. Le design, ce sont les mots, comme dans la chanson.»

Merci à Jean-Claude Poitras!
www.jean-claudepoitras.com

Source:
– Poitras, Jean-Claude. «La promotion de l’art de vivre au Québec comme outil de développement marketing de votre entreprise», Assises de l’industrie touristique, Montréal, 26 mai 2006.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Développer une culture sportive pour assurer le renouvellement des clientèles: le cas de la Norvège

En Norvège, la popularité du ski de fond existe depuis longtemps et repose sur de vieilles traditions. Quoiqu’il en soit, ce pays s’est doté des moyens nécessaires pour entretenir l’intérêt envers cette activité et, surtout, pour s’approprier son hiver, grâce au développement d’une culture sportive qui débute dès les premiers pas des enfants. Et si cette approche inspirante se voulait une solution pour stimuler le renouvellement des clientèles de loisir et de tourisme et freiner le phénomène de sédentarisation qui sévit de plus en plus dans notre société contemporaine?

Un milieu urbain dédié au ski de fond

Les résidants d’Oslo et des 20 municipalités environnantes bénéficient d’un réseau de pistes de ski de fond très élaboré. On y trouve 2600 kilomètres de pistes tracées, dont 2000 sont entretenus mécaniquement. Puisqu’en Scandinavie la noirceur tombe dès 15 heures pendant une bonne partie de l’hiver, la capitale norvégienne s’est également dotée de plus de 200 kilomètres de sentiers éclairés pour permettre les sorties de fin de journée.

Les terres utilisées pour l’ensemble du réseau appartiennent à plus de 2000 propriétaires différents. L’Association de ski de fond obtient les droits d’accès auprès de chacun de ceux-ci. Il n’existe aucune forme de compensation pour ce type de consentement. L’entretien des pistes est assuré par l’Association qui obtient son financement de ses quelque 50 000 membres. Les résidants ont le choix de s’enregistrer pour la saison ou… pour la vie. Les municipalités complètent le financement pour couvrir les frais d’entretien du réseau.

Former la relève dans les écoles

La clé du succès d’un tel réseau de pistes de ski de fond dans la grande région d’Oslo repose sur le maintien de la tradition nationale de cette activité. Depuis les années 1980, c’est-à-dire depuis le début de l’entretien mécanique des pistes, le nombre annuel de membres demeure relativement stable, ne fluctuant qu’en fonction de la qualité des hivers.

 

Mais d’où vient cette culture de la pratique des sports d’hiver et comment a-t-elle été entretenue?

Pour trouver une explication, il faut regarder du côté des programmes scolaires. Chaque année, plus de 10 000 enfants participent à l’école de ski de l’Association, par l’entremise des programmes des garderies et des écoles. Dès l’âge de 3 ans, les enfants sont initiés à cette activité. Cette école contribue ainsi à perpétuer le cycle de la tradition du ski de fond.

Par ailleurs, on constate que les enfants, qu’ils aient fréquenté l’école de ski de fond ou non, ont tendance à abandonner la pratique lorsqu’ils atteignent l’adolescence afin d’expérimenter la planche à neige ou le ski alpin. Néanmoins, lorsqu’ils fondent eux-mêmes leur famille, ils reviennent au ski de fond, deviennent membres de l’Association et inscrivent leurs propres enfants à l’école de ski. Rappelons que la Norvège est un pays qui abrite environ 4,5 millions d’âmes, dont un peu plus de un demi-million habitent la région d’Oslo.

Un engagement bien senti du secteur privé

Il n’y a pas que les individus qui se sentent interpellés par les loisirs d’hiver, la communauté des affaires l’est également. Plusieurs entreprises oeuvrant dans les sports d’hiver proposent aux membres de l’Association d’intéressants rabais sur une sélection de produits et services. Certaines, même, soucieuses de  démontrer leur engagement social, s’associent aux activités de plein air et apportent un soutien financier à l’Association.

Dans la même foulée, la culture sportive du pays se transpose également par la tenue de plusieurs compétitions internationales de ski de fond qui réunissent tant les professionnels que les amateurs. Les deux événements les plus courus après les Coupes du monde sont le Holmenkollen Ski Marathon (photo) et la Birkebeiner Rennet, où 11 000 personnes participent annuellement à cette épreuve de 56 kilomètres.

Source d’inspiration pour le Québec?

Dans le dernier budget Harper, le gouvernement reconnaissait que l’activité régulière comporte de nombreux effets positifs chez les enfants. En même temps, l’accroissement des coûts attribuables à la pratique d’activités sportives devient source de préoccupation pour de nombreux parents. Déjà le gouvernement s’est engagé à mettre sur pied un groupe d’experts en santé et en condition physique chargé de fournir des conseils sur les programmes d’activité physique qui deviendront admissibles au crédit d’impôt. Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec y va également de son effort, ayant déposé le 10 mai dernier un projet de loi instituant le Fonds pour le développement du sport et de l’activité physique.

L’occasion pourrait être propice pour introduire certaines activités de loisir traditionnellement moins accessibles, ou simplement moins populaires, auprès des enfants en bas âge.

Une conférence pancanadienne tenue à Magog en mars 2001 s’est d’ailleurs penchée sur la question. L’une des trois principales recommandations issues du sommet sur les enjeux de la participation sportive au Canada était la suivante:

    «Favoriser la pratique du sport et de l’activité physique à l’école grâce à un cadre de pratique sportive structuré (dès le primaire), à la mise en place d’incitatifs divers, et à l’accessibilité des installations sportives pour les jeunes.»

Une initiative québécoise à saluer

Dans le même esprit que l’exemple norvégien sur le ski de fond, l’Association des stations de ski du Québec offre depuis 1987 un programme pour faciliter l’enseignement du ski et de la planche à neige aux jeunes enfants et pour développer une culture de sports d’hiver. Ce programme, intitulé Iniski/Inisurf à l’école, vise à initier directement dans leur cour d’école les jeunes de la maternelle et du primaire à cette activité. Le matériel fourni aux commissions scolaires comprend non seulement les skis, les bottines, les casques de sécurité et les planches à neige, mais aussi un devis technique pour construire une butte de neige dans la cour d’école ainsi qu’un cahier scolaire avec dessins, énigmes et jeux pour préparer les enfants à l’activité extérieure. Plus de 13 000 initiations ont ainsi été réalisées durant la saison 2004-2005.

Il existe au Québec un consensus général sur l’importance d’augmenter le temps consacré à la pratique du sport et de l’activité physique à tous les stades du cheminement éducatif, particulièrement à l’école primaire, où les élèves sont initiés aux sports. Il s’agit de véhiculer une image positive du sport dans le milieu scolaire et de mettre l’accent sur le plaisir et l’accessibilité pour tous, plutôt qu’uniquement sur la performance. Un enfant actif, c’est aussi un voyageur de demain qui aura le goût de participer aux diverses activités touristiques.

Devant une anticipation du rôle accru des écoles dans le développement d’une culture sportive, le moment est peut-être venu pour les divers regroupements sectoriels de se positionner judicieusement à cet égard. Pour plusieurs secteurs d’activité tels que le golf et le ski, l’avenir repose sur le renouvellement des clientèles qui, nécessairement, passe par le maintien d’une relève.

Avec la collaboration de Stéphanie Chrétien

Sources:
– Bégin, Jean-François. «Pour faire bouger le Québec», La Presse, 11 mai 2006.
– Chrétien, Stéphanie. «Le tourisme hivernal en Scandinavie», Réseau de veille en tourisme, 20 mars 2006.
– Ministère des Finances Canada. «Le budget de 2006, cibler les priorités», [www.fin.gc.ca], 2 mai 2006.
– Sport Canada. «Rapport de la Conférence régionale du Québec», Conférence régionale du Québec sur le sport tenue à Magog [www.patrimoinecanadien.gc.ca], 13 mars 2001.

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Quand les touristes jouent à la chasse au trésor

Nous apprenions récemment que les touristes français s’adonnaient, depuis peu, à un nouveau jeu: le GPS-Safari. Il se trouve qu’on y joue au Québec aussi, sous un autre nom peut-être (le geocaching), mais avec les mêmes règles. En quoi cela consiste-t-il et pourquoi l’industrie du tourisme aurait-elle intérêt à développer ce concept?

Au Québec, on joue à la chasse au trésor GPS

Ce jeu-loisir, qui a vu le jour en l’an 2000 en Oregon (États-Unis), est directement issu de la tradition Harry Potter. Il consiste en une chasse au trésor dont les règles du jeu sont simples: trouver des «trésors» cachés dans la nature ou dans des endroits publics de la ville ou de la région.

Ces «trésors», généralement de peu de valeur, sont placés dans un petit contenant qui les protège des intempéries. Ils sont accessibles à pied, à vélo, en moto, en kayak, en raquettes ou à skis!

Pour connaître l’adresse GPS (système de positionnement mondial ou Global Positioning System, en anglais) d’une cachette afin de trouver ces trésors, il suffit de visiter le site Internet geocaching.com.

Au Québec, plus de 1700 joueurs seraient déjà accros de la chasse au trésor GPS (geocaching ou géocachette). Et la tendance semble vouloir faire boule de neige puisqu’elle se pratique déjà dans 221 pays environ (avec plus de 243 000 caches actives, dont pas moins de 2000 au Québec).

Mis à part l’achat d’un GPS (environ 150$CA), ce loisir ne coûte rien. Lorsqu’on trouve un trésor, il faut signer un petit carnet, le logbook. On a alors le choix de remplacer l’objet par un autre et ainsi laisser le plaisir à d’autres de continuer le jeu. Le contenu de la cache change donc continuellement.

En France, on découvre le GPS-Safari urbain

Dans le Doubs, initiative conjointe du Comité départemental du tourisme et de l’office de tourisme de Pontarlier, les touristes français s’adonnent depuis peu au GPS-Safari.

Dans les villes de Besançon, Montbéliard et Pontarlier, l’on pratique déjà ce nouveau jeu de piste high-tech, qui se décline en fonction de divers centres d’intérêts (21 parcours différents selon les goûts: circuit urbain, circuit nautique, circuit nordique, etc.) et différents niveaux de difficulté (de 1 à 5 étoiles, soit de facile à très difficile).

Pour l’occasion, 70 objets ont été dissimulés dans tout le département et la ville prête gratuitement des GPS contre une pièce d’identité.

Avec ou sans GPS

Avec ou sans GPS, le concept fait également des émules:

  • En Belgique, où sera organisé, le 14 mai prochain, la 2e édition du Bruxelles Challenge, un jeu de piste multimédia avec téléphone cellulaire (GSM). Ce jeu urbain, ouvert à tous (touristes, familles, collègues de bureau, etc.), consiste en une sorte de chasse au trésor qui oblige les participants à passer par un ensemble de sites touristiques des plus représentatifs.Une série d’énigmes leur est proposée en rapport avec l’histoire, la culture ou l’originalité des sites. Tout le long du parcours, les joueurs doivent prendre des photos selon les instructions reçues et les envoyer aux organisateurs dans un délai précis, par connexion Internet.Cette activité est organisée par la Ville de Bruxelles et de nombreux partenaires se sont joints au groupe: restaurants, journaux locaux, éditeur de guides touristiques, fabricant de boissons gazeuses, etc.
  • À Paris, où, sous le même angle et tous les trois mois, des milliers d’aventuriers envahissent les rues de la capitale après avoir rempli leur bulletin de participation sur Internet. Dans cette variante du jeu, les participants cherchent des réponses à des énigmes qui leur permettront de gagner un prix de quelques milliers d’euros.

En France, l’agence événementielle Stratevent organise de nombreuses chasses au trésor et d’autres rallyes touristiques, comme:

  • la chasse au trésor sur la Seine… en zodiac, pour découvrir le fleuve parisien de manière insolite et inhabituelle;
  • la rallye en buggy, pour découvrir les rues et les quartiers de Paris;
  • le rallye Da Vinci Code, pour parcourir le Louvre sur les pas des personnages du fameux roman;
  • le rallye des peintres, pour les amoureux de la nature. Ce rallye propose la visite du village de Barbizon (forêt de Fontainebleau), fréquenté par de nombreux peintres, sculpteurs et écrivains.

Voilà d’excellentes idées de Team Building pour les entreprises!

La géolocalisation vous intéresse, lisez aussi:
Quand le tourisme marie la technologie, le bébé s’appelle géo-services (11 novembre 2005).

Voir aussi

Geocaching France
GPS-Safari du Doubs (France)
Geocaching Suisse
Stratevent (France)

Sources:

– Dubois, Annie. «Un nouveau loisir: le ‘géocaching’», Québec Micro, (sans date).
– France 3. «Safari urbain avec GPS à Pontarlier», 12 avril 2006.
– Gagnon, Josiane. «Chasse au trésor high-tech», Le Nouvelliste, 27 février 2006.
– L’Oeil laser. «Les Parisiens s’adonnent à une chasse au trésor», février 2006.
– La Haye, Dominique. «Géocachettes et globe-trotters», Le Droit, 9 janvier 2006.