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L’industrie des spas fait peau neuve

Quelques grandes tendances pour 2013

Le tourisme de bien-être et de santé a été l’un des sujets de discussion au congrès ITB-Berlin 2013, qui a eu lieu du 6 au 8 mars 2013. Susie Ellis, présidente de SpaFinder Wellness, y a présenté les grandes tendances de l’industrie des spas. En voici quelques-unes:

1. Hôtels «santé»

De nos jours, 40% des touristes accordent une grande importance à la santé lorsqu’ils voyagent. Selon un sondage de Hilton Hotels & Resorts mené en 2012 auprès de 6000 répondants à travers les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Chine, près de la moitié des sondés affirment que la présence d’un spa constitue un facteur important dans le choix d’un hôtel. Les hôteliers doivent en tenir compte et sortir leur salle de gym ou leur spa du sous-sol où ils les ont traditionnellement confinés. Plusieurs l’ont compris et cette tendance aux hôtels plus «sains» combine spa, remise en forme, saine alimentation et sommeil de qualité.

Des chaînes hôtelières bien établies, comme Westin, définissent (ou redéfinissent) leur image autour du bien-être: lits et spas «Heavenly», plats santé SuperFoodsRx et séances d’entraînement avec concierge de course.

D’autres créent de nouvelles marques. En 2014, le groupe Intercontinental se prépare à dévoiler à New York son label «tout-bien-être», EVEN, et à ouvrir 100 propriétés supplémentaires dans les cinq années subséquentes. La marque promeut une vie en santé: saine alimentation, exercice et repos.

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2. Massages axés sur la «pleine conscience» du corps et de l’esprit

Pour contrer le stress, la prochaine décennie fera appel à la «pleine conscience», soit l’attention particulière au moment présent. Les spas mettront l’accent sur le bien-être physique, émotionnel et psychologique de leurs clients à l’aide de programmes de méditation et de massages utilisant des techniques de respiration et de visualisation. One Wellness and Spa, de Canmore en Alberta, figure parmi les premiers spas à offrir des massages «pleine conscience» dans son programme Pathways to Engagement.

3. Concepts basés sur un plus grand contact avec la terre

La connexion du corps à la terre, notamment par le biais de la marche pieds nus, réduit les maladies et la douleur tout en favorisant le sommeil; voilà les conclusions des experts. Les spas se tournent vers des façons créatives et émouvantes de ré-immerger leurs clients dans l’environnement naturel:

  • spas dans les arbres (Hidden Pound, Kennebunkport);
  • spas «va-nu-pieds»;
  • massages sur la plage;
  • spas éphémères érigés dans des tentes en pleine nature (Moat Spa, Wales).

Finis les chants d’oiseaux préenregistrés, bienvenue dans la vraie nature.

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4. Ayurveda et autres techniques anciennes

CN_Tendances_SPAS_image3Une philosophie de vie saine figure à la base de cette médecine holistique traditionnelle indienne qu’est l’Ayurveda. Les spas procureront de plus en plus d’expériences authentiques de bien-être avec un look résolument à l’ancienne, comme ces bains thermaux publics de style romain à l’Aire Ancient Baths, à New York (voir l’image).

5. Bien-être pour tous

L’industrie changera de cap: un peu moins de soins de luxe et un peu plus de bien-être pour tous, incluant les bébés, les personnes âgées et les handicapés. Plus de spas offriront un accès pour les personnes à CN_Tendances_SPAS_image4mobilité réduite, comme des portes extra larges pour accueillir les fauteuils roulants; des lits hydrauliques qui peuvent être abaissés et relevés; des ascenseurs et des rampes au lieu de marches; et des douches et saunas accessibles. Certaines techniques de massage sont spécifiquement conçues pour les aînés comme dans les établissements du Massage Envy Spa, aux États-Unis, ou pour soulager la douleur comme le Watsu (contraction de Shiatsu et water), un massage Shiastsu dans l’eau.

6. Menus «beauté» pour hommes

Le marché des soins corporels et des cosmétiques masculins est en pleine explosion. Les hommes représentent un segment important de la clientèle des spas, surtout dans les hôtels urbains et ceux qui s’adressent aux voyageurs d’affaires, où la répartition entre les sexes se rapproche du 50/50. Les spas tablent sur cette tendance en créant des menus «beauté» pour hommes: soins de la peau, pedi et manu cures, épilation à la cire, voire même injection de Botox® ou chirurgie. L’un des précurseurs, Nickel, un spa pour hommes seulement, possède des succursales dans les plus grandes villes du monde, soit Londres, Paris, San Francisco et New York.

Une demande multigénérationnelle

Une étude de Berkeley Young and Young Strategies, citée par Hilton Hotel & Resort dans un document sur les tendances mondiales dans les spas, rapporte que l’utilisation des spas varie selon la génération:

  • La génération silencieuse (née entre 1925 et 1942)

La génération silencieuse est traditionnelle dans son approche des spas. Elle recherche la qualité des soins et des interactions avec les gens. Elle demeurera fidèle aux marques et aux individus qui leur prodigueront des soins personnalisés.

Cette génération de consommateurs est en grande partie locale et sa loyauté peut soutenir le secteur hôtelier lors des baisses d’achalandage. Les spas n’attireront pas cette clientèle par des campagnes de médias sociaux ou des infolettres, mais par un marketing personnalisé, comme des appels de suivi et des notes de remerciement.

  • Les baby-boomers (nés entre 1943 et 1960)

Les baby-boomers constituent l’un des principaux moteurs de croissance de l’industrie des spas. En fait, 67% d’un groupe de 160 agents de voyages interrogés par SpaFinder Wellness à la fin 2012 ont rapporté que les baby-boomers constituent le segment de clientèle le plus enclin à réserver un séjour dans un spa. L’industrie tente donc d’affiner ses offres pour répondre aux besoins de ces clients.

  • La génération X (née entre 1961 et 1981)

Technophile, telle est la génération X! Cette dernière vit et affiche son quotidien sur Internet. Il en va de même pour ses expériences en spa qui sont abondamment divulguées, examinées et commentées en ligne. D’ailleurs, les membres de cette génération sont avisés en ce qui a trait à l’utilisation des spas et l’industrie doit être prête à répondre à des questions précises et pointues sur leurs offres. La génération X est plutôt sceptique et critique quant aux bienfaits des traitements et des services. Il faut donc lui fournir des preuves de leur efficacité. En outre, la génération X est respectueuse de l’environnement et elle examinera la consommation d’énergie et d’eau, dans sa décision de recevoir des soins dans un spa.

  • La génération Y (née entre 1982 et 2000)

Les Y sont généralement bien informés, ils aiment acheter et profiter de la vie. Ce groupe envisage le spa comme une nécessité du quotidien et ose essayer les nouveautés. Plus que toute autre génération, celle-ci est axée sur des résultats immédiats. Le marketing doit mettre l’accent sur les tendances, les traitements et les services qui procurent des résultats instantanés. L’industrie doit garder un œil attentif sur cette génération, car elle façonnera les tendances spa des prochaines années.

Le Québec n’est pas en reste en ce qui a trait à l’offre des spas. De multiples expériences se vivent tant dans des spas urbains qu’en pleine nature: bains nordiques, soins corporels ou esthétiques, massothérapie, soins pour enfants, pour femmes enceintes, aromathérapie, cures d’alimentation, entraînement privé, méditation, yoga, avec ou sans hébergement, la liste est longue et prouve l’intérêt des établissements québécois de suivre les grandes tendances de l’industrie!

Sources:

− Bô, Daniel. «L’hôtel Yves Rocher, la vie au naturel», influencia.net, 20 mars 2013.

− Ellis, Susan. «Latest Global Data. Future Trends», présentation dans le cadre d’ITB-Berlin, 7 mars 2013.

− Dowling, Aoife. «SpaFinder survey: two thirds of travel agents report growth for spa travel», spaopportunities.com, 13 mars 2013.

− Hilton Hotels & Resorts. «Blue paper: Emerging global spa trends», juillet 2012.

− Spas Finder Wellness. «2013 Trend Report: Top 10 Global Spa & Wellness Trends Forecast, 2013.

Sites Internet:

Aire Ancient Baths

Alliance spa relais santé

Hidden Pound

Massage Envy Spa

Moat Spa

Nickel Spa New York

One Wellness and Spa

Thermae Bath Spa

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Innovation et différenciation dans les spas

Une innovation réussie résulte de la rencontre de la différenciation et des besoins des consommateurs. Chacun tente d’offrir une expérience mémorable et, plus important encore, des résultats concrets sur la santé et le bien-être des clients. Se distinguer par un design raffiné, une architecture originale ou pro-environnementale, offrir des traitements exclusifs ou optimiser l’utilisation des ressources naturelles locales, rien n’arrête l’industrie des spas dans la course à l’innovation.

Design audacieux et ancré dans le milieu

Construit sur un ancien traversier, le spa Bota Bota est amarré aux Quais du Vieux-Port de Montréal; on peut y vivre une expérience particulière de bien-être en milieu à la fois urbain et maritime. La firme Sid Lee Architecture a d’ailleurs reçu un Lion d’or à Cannes lors du Festival international de la créativité, dans la catégorie «Design», pour ce nouvel attrait du Vieux-Montréal.

 

Source: Bota Bota

Le centre de villégiature et spa Stonewaer Cove reçoit ses clients dans des cabanes sur pilotis au cœur de la Mark Twain National Forest. Ainsi juchées et largement vitrées, les salles de détente et de massage offrent un lieu en symbiose avec la nature.

Source: Discover Spas

Vers des soins santé plus poussés

De nombreux spas ont pris le virage vers la santé et le bien-être, et cette tendance semble perdurer. Selon Amy MacDonald, consultante dans le développement de spas, le segment de clientèle qui recherche un style de vie santé est en hausse. De plus en plus d’individus sont en quête d’une certaine spiritualité.

Parmi les établissements donnant des soins de santé plus avancés, mentionnons le Sanctuary Spa, en Arizona, qui a récemment fait suivre une formation spécialisée à tous ses thérapeutes, désormais qualifiés pour effectuer des massages thérapeutiques aux personnes atteintes d’un cancer. Le Spa Eastman a également formé ses thérapeutes pour mieux répondre aux besoins de cette clientèle. De plus, le spa London Syon Park du Waldorf Astoria s’est affilié à un chirurgien plastique afin de développer des soins avancés de rajeunissement non chirurgicaux.

De telles offres ne rejoignent habituellement pas la majorité de la clientèle, mais permettent à l’établissement de se différencier des autres, ce qui peut néanmoins être rentable.

Pionniers dans les pratiques environnementales

Dans la perspective d’inscrire l’ensemble de l’établissement dans un véritable esprit de bien-être, des pratiques respectueuses de l’environnement sont de mise afin d’assurer une certaine crédibilité. De nombreux spas suivent cette ligne directrice et certains se démarquent par leurs innovations. Situé dans une réserve de l’UNESCO en Malaisie, le spa Andaman n’utilise que des produits et traitements 100% certifiés biologiques. Le principal défi quant aux traitements verts est leur efficacité; il importe donc de prendre le temps de bien les tester.

L’architecture peut également être une façon de faire figure de précurseur en matière d’environnement. Par exemple, le Spa Mont Saint-Hilaire en Montérégie utilise un système géothermique. Les bassins extérieurs chauffés d’un spa sont très énergivores, particulièrement pendant la saison hivernale. Verte et renouvelable, la géothermie permet su Spa Mont Saint-Hilaire de combler presque tous ses besoins énergétiques: chauffer et climatiser un bâtiment de 7 500 pi2, faire fondre la neige sur les sentiers et maintenir la température des bassins. Cette technologie est coûteuse au départ, mais elle permet à l’établissement d’économiser substantiellement par la suite sur les frais d’énergie.

À l’échelle d’une destination touristique

Désigné comme une réserve de biosphère par l’Unesco, le Spreewald Therme en Allemagne est une station thermale qui utilise de l’eau minérale située à plus de 1 300 mètres sous la terre et composée de minéraux et de sels semblables à ceux de la mer Morte. À la découverte de cette source d’eau, la destination a rapidement gagné en popularité grâce à la fondation de plusieurs spas, hôtels et resorts offrant des soins corporels. Une route thématique, kurortroute (routes des spas, en français) ainsi qu’un sentier cyclable sillonnent la communauté. Attrait central de la région en tant que spa de destination, le Spreewald Therme est un complexe moderne de neuf piscines alimentées par l’eau de la source. À des degrés différents (variant entre 18 °C et 38 °C), ces piscines couvrent 772 m2.

 

Source: The New York Times

La Chine, en pleine expansion touristique, accueillera prochainement un resort basé sur des sources d’eau chaude, le Liaoning Wulong International Hot Spring Town. Le coût global du projet s’élèvera à plus de dix milliards de dollars américains. Les créateurs souhaitent rivaliser avec des lieux réputés mondialement tels qu’Evian en France.

Charme historique et traditions ancestrales

La ville de Bath, au Royaume-Uni, est associée à l’hydrothérapie depuis l’Empire romain et a été également très populaire à l’époque georgienne. L’organisme English Heritage a récemment confirmé la création du premier hôtel spa depuis plus de 100 ans. La ville se réapproprie donc ce patrimoine architectural et culturel. Toujours au Royaume-Uni, un luxueux spa, Ellenborough Park, a été construit sur une propriété du 16e siècle dans la région de Cotswolds.

Les spas inspirés par les cultures ancestrales ont vraiment la cote. La dernière décennie a vu la prolifération des établissements «zen» d’influence asiatique. Aujourd’hui apparaissent des spas s’inspirant des traditions amérindiennes. On y offre des rituels basés sur des remèdes anciens et des traitements liés à la terre. Dans les hôtels Marriott de Dubaï du Qatar, les spas Saray offrent un voyage à travers l’histoire et la culture du Moyen-Orient. Au Québec, l’Auberge du Lac-Taureau offre un forfait amérindien.

Vers des soins nouveaux ou un raffinement extrême

Ayant développé un véritable «art de chatouiller», un spa de Madrid, le CosquilleArte, ne titille pas et ne déclenche pas le fou rire. Il s’agit plutôt d’un traitement en douceur visant le corps et l’esprit.

L’aromathérapie est également une avenue innovante. Au NoMi Spa du Park Hyatt de Chicago, on propose une expérience sensorielle complète, où des spécialistes personnalisent un mélange d’huiles essentielles intégré à toutes les étapes du traitement.

En matière de raffinement, mentionnons le nouveau Spa Six Senses de l’Hotel Missoni au Koweït qui offre une variété de traitements dans un décor haut de gamme.

Source: Luxe Magazine

L’industrie des spas s’est depuis longtemps définie comme une composante d’un mode de vie sain plutôt que comme un luxe frivole. L’esprit du moment: authenticité, prévention et design.

 

Sources :

– Bagel Storck, Ann. «Next-Generation Spas», Hotels, juin 2011.

– Bradley, Kimberly. «Hot Water Below Brings Pleasures Above in Germany», The New York Times, 26 août 2010.

– Discover Spas. «New Spa Treehouses to Premier at Stonewater Cove Resort on the Shores of Beautiful Table Rock Lake Memorial Day Weekend», Discoverspas.com, 3 février 2011.

– Gayot.com. «The Current Spa & Salon – Native American Rituals in Washington State», Gayot.com, juin 2010.

– Gayot.com. «CosquilleArte, the World’s First Tickle Spa, Debuts in Madrid», Gayot.com, juillet 2011.

– HMM Editorial Staff. «Top Ten luxury spa openings in 2011», Hospitality World Network, 10 août 2011.

– Lafrance, Annie. «Des spas urbains dépaysants à Montréal», Le Soleil, 28 juillet 2011.

– Luxe Magazine. «Six Senses Spa opens at Hotel Missoni Kuwait», luxemagazine.com, mai 2011.

– Perreault-Labelle, Anick. «La géothermie est aussi rentable pour les petits projets», Les Affaires, 23 avril 2011.

– Spa Eastman. «Le Spa Eastman réalise enfin son rêve d’offrir des services de massothérapie et soins corporels adaptés aux clients atteints de cancer», communiqué de presse, 12 mai 2009.

– Spa Opportunities. «English Heritage grant for Buxton spa hotel», Spaopportunities.com, 8 juillet 2011.

– Spa Opportunities. «Spa opens at historic estate», Spaopportunities.com, 15 juin 2011.

– Turenne, Martine. «Sid Lee: La créativité absolue fait recette», Les Affaires, 9 juillet 2011.

– Tourisme Hôtellerie (Vanessa), «Projet de plus d’un milliard d’euros en Chine pour concurrencer les plus grandes références du thermalisme», Tourismehotellerie.fr, 17 août 2011.

 

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Les camps d’entraînement extrême: une nouvelle tendance des voyages haut de gamme

Désintoxication, yoga, Pilates, randonnées en montagne, équipes de remise en forme dirigées par d’anciens membres des forces armées… plusieurs formules dans de nombreuses destinations s’offrent au voyageur en quête de défis; en voici quelques-unes.

En novembre 2010, Euromonitor annonçait l’engouement des Nord-Américains pour les voyages de privation de confort, qu’ils définissent comme des expériences de transformation physique et mentale conçues pour tonifier le corps et libérer l’esprit. Ils comprennent des séances de mise en forme extrêmes incluant jusqu’à dix heures d’exercices par jour et la privation de sucreries, d’alcool, de viande et souvent de produits laitiers. À lui seul, le site Internet SpaFinder répertorie 272 séjours de vacances de remise en forme. Ces derniers représentent 5% des 60 milliards de dollars américains générés par l’industrie des spas aux États-Unis.

D’où vient cette popularité?

Pour certains analystes de l’industrie, l’accroissement de la classe supérieure dirigée par des baby-boomers en quête de sens n’a fait qu’accroître l’engouement pour ce type de vacances. En effet, les gens aisés constituent les leaders des séances d’exercice extrêmes: 12% des Américains qui s’exercent le font cinq fois par semaine et 44% d’entre eux gagnent plus de 75 000 USD, selon une étude du National Institue of Health en 2008. Au Canada, près de la moitié de la population s’adonnait régulièrement à de l’activité physique en 2009 (graphique 1).

Les voyageurs considèrent leur moment de loisir comme un antidote existentiel à la pandémie de stress des temps modernes, à la sédentarité et à la suralimentation. Mais pour d’autres, ces vacances d’entraînement extrême ne sont peut-être pas si différentes de leur quotidien dans lequel ils occupent des emplois stressants, où la concurrence est féroce et les heures de travail interminables. Sciemment ou non, ils «se divertissent» de la même manière qu’ils travaillent: en repoussant leurs limites à l’extrême. Enfin, la popularité des émissions de télévision de remise en forme et d’aventure, telles que The Biggest Loser, Adventure Racing, et plus près de nous au Québec, SOS Beauté (qui propose aussi des camps d’entraînement aux spectateurs de l’émission), n’est pas étrangère à cet enthousiasme pour les voyages de privation de confort.

Quelques formules de camps extrêmes

Aventure et trek. Mountain Trek propose des vacances de remise en forme, de désintoxication et de perte de poids par des activités de plein air réalisées avec des guides certifiés et des pourvoyeurs locaux: kayak, vélo et randonnées en montagne, équitation, yoga, massages, saunas; le tout dans deux établissements, le Rockwater Secret Cove Resort de Vancouver au Canada et le Rancho La Puerta à Baja au Mexique.

Source: Mountain Trek

L’Ashram est le berceau des vacances de privation de confort; ce camp extrême de remise en forme dans les montagnes de la Californie à Palo Alto remonte à… 1974. Aujourd’hui, il invite ses hôtes pour une semaine de santé et de remise en forme. Voici une journée type: lever à 5 h 30, yoga à 6 h, déjeuner à 7 h 30, randonnée en montagne à 8 h 30, dîner à 13 h, exercices aquatiques à 15 h, musculation à 16 h, entraînement spécialisé à 17 h, yoga à 18 h, souper à 19 h 30, coucher à 21 h 30; le tout pour la modique somme de 4 500 USD. Le Jungle Bay Boot Camp, en Dominique dans les Caraïbes, offre des séjours de remise en forme incluant yoga et Pilates, randonnées dans la forêt tropicale, kayak de mer ou plongée en apnée.

Source: Jungle Bay Boot Camp

Bikini. Au programme: perte de poids, yoga et remise en forme. À l’Amansala Resort de Tulum au Mexique, chaque journée débute par une séance de mise en forme sur la plage de la Riviera Maya suivie d’une marche rapide, de yoga, d’exercices pour renforcer les abdominaux et la capacité cardiorespiratoire, de Pilates, de circuits à vélo ou en kayak, de danse africaine, de salsa ou de danse du ventre. Le tout se termine par du yoga et de la méditation.

Source: Amansala Resort

Cowboy. Au Rancho Cortez Fitness Ranch près de Bandera au Texas, on encourage les visiteurs à circuler à vélo sur les 5500 hectares de terres, à effectuer des randonnées pédestres et équestres, à s’adonner au kick-boxing, au yoga, au yoga-équestre, à des exercices de Pilates, au Zumba – combinaison de danse latine et d’exercices d’aérobie – et à s’entraîner en piscine.

De luxe. Camp Biche, près de Cahors dans le sud de la France, figure parmi les six meilleurs camps de mise en forme au monde, selon le journal The Independant de Londres. Le séjour d’une semaine comprend l’hébergement dans un manoir, des repas gastronomiques et un massage chaque jour, des exercices de yoga, de Pilates, des entraînements intensifs quotidiens et de longues randonnées de trois à quatre heures.

Situé dans un environnement rural avec vue imprenable, le Fit Boot Camp en Toscane accueille ses hôtes dans une villa en pierre qui surplombe les collines à Castiglione del Lago. Toutes les séances de remise en forme sont données pas des instructeurs de conditionnement physique militaire!

Source: New You Boot Camp

Le New You Boot Camp, au Portugal, est un complexe hôtelier de luxe entouré de superbes jardins subtropicaux. Au programme: entraînement au réveil, randonnée d’une journée complète dans les montagnes de la Serra de Monchique, diverses activités de conditionnement physique militaire, musculation, boxe, saut à la corde, vélo de montagne, jeux d’équipe, courses à obstacles, pour n’en nommer que quelques-uns.

Le Ranch at Live Oak Malibu accueille ses visiteurs dans des chalets privés sans téléphone cellulaire, ni télévision, et leur offre huit heures d’exercices par jour et un régime végétarien de 1500 calories.

Source: Ranch at Live Oak Malibu

Fatpacking.  Ces vacances «sac au dos» se déroulent dans plusieurs parcs nationaux américains. Les participants visent une meilleure forme physique et une perte de poids par des randonnées en terrains accidentés et la natation. Les nuits se passent sous la tente et chaque voyageur porte lui-même tous ses effets personnels ainsi que sa nourriture.

Militaire. Premier camp de type militaire d’Écosse, The Camp est conçu pour les femmes seulement et l’équipe d’entraîneurs est dirigée par d’anciens membres des forces spéciales britanniques.

Source: The Camp

Son pendant masculin, le Men’s fitness Boot Camp, en Floride et en Californie,  offre cinq heures de séances d’entraînement quotidiennes entrecoupées de repas à faible indice glycémique et de cours d’éducation nutritionnelle.

Cet engouement pour les camps de remise en forme extrêmes s’observe aussi au Québec, mais plutôt dans certains parcs ou dans les centres de conditionnement physique. La mise en marché d’un tel produit intéressera-t-elle l’industrie des spas ou encore celle des centres de villégiature?

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La résilience de l’industrie des spas

Sondages et professionnels du secteur prédisent une croissance pour le secteur des spas d’ici la fin de l’année. Paradoxalement, plusieurs établissements s’adaptent lentement à la réalité du marché. Par exemple, parmi les adeptes des spas, 47% ont réservé des massages en ligne et 89% d’entre eux seraient prêts à en faire autant, mais seulement 30% des spas offrent la possibilité de réserver en ligne! Il est probablement temps de tirer profit des nouvelles tendances et de connaître les facteurs influant sur la motivation des consommateurs.

Des faits et des chiffres

Voici de bonnes nouvelles! Selon l’enquête de SpaFinder menée auprès de 250 agents de voyages en juillet 2010, 61% des répondants prévoient une croissance des voyages ayant pour but la visite d’un spa d’ici la fin de l’année, et seulement 7% s’attendent à des baisses.

Environ 66% des agents interrogés (contre 52% l’an dernier) soulignent que les touristes montrent un intérêt nettement plus marqué pour les vacances dédiées au bien-être comportant des programmes de perte de poids, de remise en forme ou de yoga. Toujours selon l’enquête de SpaFinder, les offres à connotation spirituelle semblent devenir moins attirantes, et seulement 38% des répondants indiquent qu’elles sont importantes pour les clients, alors qu’ils étaient 70% à l’affirmer en 2009.

Les agents de voyages notent que le premier changement survenu dans le comportement des touristes de spas est d’abord la course aux aubaines, ensuite la préférence pour des vacances de courte durée et enfin, la recherche de la proximité.

Des changements de comportements et des tendances à surveiller

On ne cessera jamais de le répéter, les consommateurs sont plus exigeants et leurs attentes en matière de qualité des services qu’ils reçoivent sont en hausse constante. Cela exerce de la pression sur les spas pour qu’ils offrent un service exceptionnel et qu’ils transforment chaque visite en une expérience personnalisée et mémorable. Comme ils sont conscients de cette réalité, 87% des membres de l’International Spa Association (ISPA) sollicitent les commentaires de leurs clients pour améliorer leurs prestations, et 48% ont mis en place des programmes de fidélisation de la clientèle.

La popularité des minitraitements demeure importante. Ces services offerts à prix réduit sont une façon commode de tester les différentes prestations des nombreux spas. Environ 86% des membres d’ISPA offrent désormais de courts traitements de 30 minutes ou moins.

Les spas sont de plus en plus perçus comme des acteurs favorisant la prévention de maladies. Les traitements comme le massage, l’acupuncture et la méditation sont désormais reconnus comme contribuant à diminuer le stress et à réduire le temps de convalescence des patients avant et après les interventions médicales.

Les alliances stratégiques et les partenariats les plus populaires demeurent la création de programmes de bien-être dans les hôpitaux locaux, l’accueil de clients des hôtels sans installation de spa et l’offre de rabais aux employés des entreprises de proximité.

La commodité qu’offre la téléphonie mobile s’empare de l’industrie des spas. Par exemple, l’application The Four Seasons permet de découvrir les soins offerts par le spa et de vérifier la disponibilité des cabines de traitement dans l’établissement. L’application SpaFinder, quant à elle, utilise la géolocalisation pour trouver les spas situés aux alentours.

Dans son dernier rapport portant sur les tendances de 2010, l’ISPA informe qu’environ 59% des visiteurs de spas seraient susceptibles d’envoyer un courriel à des amis pour partager leur expérience, alors que 48% écriraient un commentaire en ligne et 41% deviendraient un «fan» sur un site de réseautage social. Cela témoigne de deux réalités:

  • les clients parlent de leurs expériences sur la Toile et les spas se doivent d’offrir un service de qualité en tout temps;
  • par leur effet viral, les médias sociaux représentent un nouvel outil de communication à explorer, d’autant plus qu’ils offrent la possibilité de diffuser rapidement les offres spéciales et de dernière minute.
  • La solidarité communautaire encourage certains spas à offrir des promotions et des services gratuits aux personnes qui servent la communauté comme les enseignants, les travailleurs en soins palliatifs ou le personnel militaire. Les spas font également équipe avec les hôpitaux locaux pour enseigner et promouvoir un style de vie sain.

    La génération des jeunes adultes nés dans les années 1980 afflue dans les spas. Étant la première génération à voir leurs parents fréquenter les spas dans les années 1990, ce groupe d’âge a grandi dans une culture où prendre soin de soi et conserver une bonne hygiène de vie est la norme.

    La simplification de la carte des soins reste de mise. En effet, les spas proposent moins de soins pour se concentrer sur ce qu’ils savent faire de mieux que leurs concurrents.

    Les spas reconnaissent l’insomnie comme un sérieux problème dont souffre un grand nombre de leurs clients. Pour pallier ce problème, certains établissements offrent des traitements ciblés pour aider les patients à fermer l’œil. Il est même possible de réserver une cabine après un traitement pour faire une sieste.

    Qu’en pensent les experts de l’industrie?

    L’industrie des spas peut bénéficier d’occasions de partenariat avec des secteurs connexes et améliorer son marketing et sa distribution. À titre d’exemple, il est possible:

  • de présenter les offres de manière à définir les spas et le bien-être comme une nécessité;
  • de s’adapter à la réalité technologique. Comme il a été mentionné plus haut, il existe encore un écart important entre le niveau d’adoption de la réservation en ligne par les consommateurs et la proportion des spas qui offrent cette possibilité.
  • Les prévisions prouvent que les consommateurs recherchent des résultats tangibles, des produits adaptés à leurs besoins et des informations qui leur permettront d’améliorer leur qualité de vie. Plus que jamais, les spas devront démontrer leur valeur ajoutée auprès de leur clientèle.

    Sources

  • Karantzevalou, Vicky. «Spa travel deals in 2010 are either more aggressive than or equal to 2009», traveldailynews.com, 23 août 2010.
  • Oakley, Louise. «Spa stats hit the summit», hoteliermiddleeast.com, 22 août 2010.
  • Skininc.com, «SpaFinder Releases “State of Spa Travel” Survey Results», 1er septembre 2010.
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    Faits et chiffres Produits et activités

    Les loisirs des Québécois

    Connaître les loisirs des Québécois, c’est aussi savoir quelles activités ils sont susceptibles de pratiquer lors d’un voyage. Qu’aiment-ils faire et qu’est-ce qui pourrait faire partie de l’offre touristique d’une destination, d’un hôtel ou d’un centre de villégiature? 47 activités, sports et loisirs sont ici soupesés.

    Dans cette analyse, les taux de pratique d’activités de loisirs et de sports sont tirés des données de Print Measurement Bureau (PMB). Les graphiques présentent tous le taux de pratique par rapport au total de la population de 12 ans et plus pour 2003, 2006 et 2009 ainsi que le nombre d’adeptes en 2009. Notez qu’il s’agit d’activités de loisirs et que celles-ci ne sont pas nécessairement pratiquées lors d’un voyage. Les loisirs ont été regroupés en diverses catégories afin de faciliter la lecture.

    De plus en plus sportifs ces Québécois!

    À l’exception du hockey et de la natation, la pratique (au moins une fois au cours de la dernière année) de tous les autres sports est en hausse. De 2003 à 2009, on observe des augmentations de 174% pour le yoga (de 2% à 6% de la population), de 79% pour la fréquentation des centres sportifs, de 58% pour le jogging et de 56% pour le soccer. Or, par rapport à la population canadienne, les taux de pratique sont souvent inférieurs. Malgré une hausse considérable, le yoga obtient un indice de 70, la natation, de 72, et le jogging, de 73 (un indice de 100 représente la moyenne de l’ensemble de la population canadienne). Le soccer (112) et le volleyball (108) sont légèrement plus pratiqués au Québec.

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    Le plein air manque-t-il d’air?

    Plus de 40% de la population ont fait de la marche ou de la randonnée au cours des 12 derniers mois précédant le sondage de PMB 2009. Cependant, l’indice du Québec n’est que de 88, comparativement à l’ensemble du Canada, qui est de 100. Or, le cyclisme est non seulement populaire et en croissance mais, dans ce cas, l’indice du Québec est de 148, soit fortement au-dessus de la moyenne canadienne. Des 36% de la population ayant fait du vélo, près de 16% en ont fait 10 fois ou plus. Certaines activités sont en baisse par rapport à 2006 ou à 2003 comme le camping, la pêche, le golf, le bateau à moteur, le patin à roues alignées, l’observation d’oiseaux et le vélo de montagne. Concernant le patin à roues alignées, les Québécois sont les champions canadiens, obtenant un indice de 170.

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    À l’exception de la planche à neige, les activités hivernales ne sont pas non plus en croissance, enregistrant une baisse de 26% pour la motoneige, de 22% pour le ski alpin et de 12% pour le ski de fond de 2003 à 2009. C’est le patinage qui regroupe le plus d’adeptes (17%). Néanmoins, pour toutes ces activités sauf la planche à neige, le Québec obtient un indice au-dessus de 100 (ski de fond, 124; motoneige, 120).

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    Rendez-vous culturels

    La fréquentation de certains types d’attraits ou d’événements culturels se révèle à la hausse pour tous ceux observés à l’exception des concerts de musique classique et de l’opéra. Plus d’un Québécois sur cinq est allé au théâtre au moins une fois selon le sondage de 2009; une hausse de 17% par rapport à celui de 2003. Les musées et les galeries d’art ont également connu une croissance (20% et 36% respectivement). Les autres types de concert sont en hausse de popularité (concert populaire, 35%; rock, 39%; jazz, 41%). Ces activités demeurent occasionnelles. En effet, la majorité des amateurs de culture n’ont fréquenté ces attraits qu’une ou deux fois (musée, 71%; galerie d’art, 72%) ou ont assisté seulement une ou deux fois à des événements culturels (opéra, 81%; concert jazz, 70%; classique, 70%; rock, 72%; populaire, 68% théâtre`, 66%) au cours des 12 mois précédant le sondage. L’indice 100 nous apprend que les Québécois sont beaucoup plus intéressés par les concerts de musique populaire (159) et de jazz (140) que la moyenne canadienne. En revanche, l’opéra (70) et les concerts de musique rock (70) sont moins populaires ici.

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    110%!

    L’assistance à des événements sportifs, quoique l’on parle pour la plupart de petits pourcentages de la population, est en croissance pour tous les types de sports à l’exception du baseball. Le déménagement des Expos en 2005 n’y est certainement pas étranger. Le hockey est bel et bien le sport national des Québécois. Parmi les fortes hausses, il y a les événements de golf (183%), de football (108%) et de soccer (102%), où l’on devine l’effet d’équipes comme les Alouettes, l’Impact et le Rouge et Or. Par rapport à l’ensemble du Canada, la course automobile est particulièrement populaire au Québec (indice de 140), grâce notamment à la formule 1. Cette course qui attire certainement une part considérable des 359 000 Québécois ayant assisté à ce type d’événement reviendra-t-elle à Montréal?

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    Catégorie méli-mélo

    Parmi les autres attraits fréquentés et les loisirs pratiqués, il y a la croissance exponentielle des spas. Le nombre de Québécois ayant visité un spa au moins une fois est passé de 213 000 à 703 000, une hausse de 230%. Les parcs d’attractions semblent un peu moins populaires que les zoos ou aquariums. Ces derniers ont d’ailleurs vu leur nombre d’adeptes augmenter de 39% de 2003 à 2009. Les indices de ces activités sont tous en deçà de 100, particulièrement le casino (68) et les parcs d’attractions (76). Cela dit, le cinéma maintient plus ou moins sa popularité (59% de la population) ainsi que le nightlife (18%) et la photographie (17%).

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    Quelles sont vos observations quant aux loisirs en général? Ces résultats de sondage sont-ils fidèles à la réalité selon vous? Plus précisément dans votre gestion touristique, cette analyse vous donne-t-elle des idées pour diversifier ou modifier votre offre?

    Source:
    – Print Measurement Bureau, 2003, 2006 et 2009.

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    Gestion Hébergement

    La clientèle locale dans la mire des hôtels

    Les hôtels courtisent de plus en plus la clientèle locale principalement à travers leurs restaurants et leurs bars, mais également avec leur spa et leurs chambres. Cette tendance s’observe surtout dans les établissements urbains. Design renouvelé, ambiance bistro et événements sociaux permettent de concurrencer les restaurants des environs. Pour l’hôtel, il s’agit d’une stratégie qui vise à s’assurer une plus grande constance dans l’achalandage et à traverser les périodes économiques difficiles.

    Les bars et les restaurants, au cœur de la vie urbaine

    Ayant réalisé qu’ils devaient concurrencer les restaurants indépendants, ceux des hôtels ont repensé leur concept et tentent de se démarquer. Les salles à manger sont souvent plus intimes, plus modernes, et la cuisine est plutôt de style bistro. Auparavant, les classiques et chics restaurants d’hôtels n’attiraient la clientèle locale que pour des occasions spéciales avec un faible taux de retour (repeat business). Il importe donc d’élargir la demande à diverses clientèles afin d’assurer la pérennité du restaurant.

    Imaginez… Un recouvrement de chaises agencé au tapis, des murs de bois et d’encadrement de soie, des rideaux dignes de Versailles. Du caractère certes, mais un critique culinaire se demandait, à travers un article du Washington Post, si le chef goûtait ses plats. C’était à propos du restaurant Kobalt du Ritz Carlton de la 22e rue à Washington en 2001. Aujourd’hui tenu par le célèbre chef Eric Ripert, le Westend Bistro a des planchers de bois, les tables sont nues, et les couleurs, chaudes (voir la photo ci-dessous). On y sert une excellente cuisine mi-française mi-américaine. Il est difficile d’y obtenir une réservation, et la majorité des clients ne proviennent pas de l’hôtel.

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    Il s’agit d’un exemple typique de réaménagement du produit qu’ont suivi de nombreux hôtels au cours des dernières années.

    Le Crimson Lounge de l’Hôtel Sax est un des lieux les plus populaires pour la vie nocturne de Chicago. La moitié de sa clientèle se compose de résidants, et l’autre, de clients de l’hôtel. Depuis sa revitalisation complète en 2007 (voir l’image ci-dessous), le bar a plus que triplé son achalandage.

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    Autre bon coup, la Maison 140, de Beverly Hills, a transformé sa formule mensuelle «vins et fromages» en une activité hebdomadaire très populaire, surtout auprès de la clientèle locale. Offrant initialement plusieurs choix de vins pour un prix relativement élevé, le bar de l’hôtel propose maintenant un vin provenant d’un producteur californien. Le coût est dorénavant très abordable et inclut la dégustation de fromages locaux. En plus, le viticulteur en question est présent à l’activité.

    La consommation verte et responsable gagne le menu des hôtels. Le bar XYZ du W de San Francisco organise des 5 à 7 Eco-licious Cocktail Mixer, où l’on ne sert que des vins et des cocktails entièrement biologiques ou des bières de microbrasseries. Environ 70% des clients de cet événement habitent la ville.

    Les hôtels W veulent d’ailleurs créer une ambiance sociale dans ses établissements avec, par exemple, la présence de bars dans les halls ou le restaurant. L’idée n’est pas seulement de concevoir une atmosphère agréable pour les clients de l’hôtel, mais surtout de rendre l’endroit suffisamment convivial pour attirer la clientèle locale.

    Les restaurants d’hôtels sont donc résolument moins formels : menus simplifiés – mais pas moins raffinés – salles à manger de style bistro et accent mis sur l’ambiance.

    Comment créer un restaurant qui soit une destination en soi? D’abord, distinguer l’identité du restaurant de celle de l’hôtel. Celui-ci devrait être traité comme une entreprise à part entière qui – tiens donc! – est justement la porte voisine de l’hôtel. Ensuite, embaucher un gérant qui comprend la gestion d’un restaurant plutôt qu’un gestionnaire de services alimentaires (Food & beverage) ou sinon, former ce dernier en conséquence. Et enfin, connaître la concurrence; elle ne se résume pas seulement aux autres restaurants d’hôtels.

    Portes ouvertes sur les spas d’hôtels

    Les spas d’hôtels ont longtemps été l’oasis de calme des voyageurs d’affaires qui s’y libéraient du stress lié au voyage et au travail. Mais avec les aléas économiques et le contrôle plus serré des dépenses des voyageurs, plusieurs spas vivent leur propre stress. Selon la firme de consultation PKF, les spas d’hôtels connaissent une réduction du taux d’occupation et des revenus depuis l’automne 2008. Les prévisions pour 2009 sont également à la baisse.

    Parmi les stratégies déployées pour contrer cette situation, les spas d’hôtels courtisent de plus en plus les clientèles locale et régionale. La présidente d’International Spa Association indique que les spas de centres de villégiature, en particulier, tentent d’attirer ces nouvelles clientèles. Par exemple, le Ginn Hammock Beach Resort de Palm Coast en Floride, le MGM Grand Hotel and Casino à Las Vegas et le Fairmont Sonoma Mission Inn en Californie offrent tous des incitatifs pour les résidants des environs, comme des prix d’entrée réduits ou des rabais sur les traitements.

    Une nuit hors de l’ordinaire

    Dans une proportion probablement plus restreinte, même les chambres deviennent attirantes pour la population locale. Comme le mentionnait Simon Diotte dans La Presse, il peut s’avérer très agréable pour des Montréalais de s’évader dans leur propre ville, histoire de s’offrir un bon moment en couple sans avoir à se déplacer très loin.

    Plusieurs établissements hôteliers du Québec réussissent bien la diversification de leur clientèle.  Parlez-nous de vos bons coups pour attirer la clientèle locale dans notre section Commentaires!

    Sources:
    –    Costa, Michael. «King Crimson – Hotel Sax’s hot bar draws crowds», Hotel F&B, Hotel Cuisine & Menus Newsletter, août 2008.
    –    Costa, Michael. «Makeover at Maison 140 – Regional focus transforms wine tastings into weekly sellouts», Hotel F&B, Hotel Cuisine & Menus Newsletter, août 2008.
    –    Costa, Michael. «Seeing Green – Organic cocktail generate after-work business at XYZ Bar», Hotel F&B, Hotel Cuisine & Menus newsletter, août 2008.
    –    Diotte, Simon. «S’évader à l’hôtel… dans sa ville!», La Presse, 18 mars 2009.
    –    Lucas, Nigel. «Hotel Restaurants Attracting Local Markets», PKF Consulting Vancouver, avril 2008.
    –    Puccini, Bob. «Recipe for a destination restaurant», [www.Hotelsmag.com], octobre 2008.
    –    Rosenwald, S. Micheal. «Celebrity chefs spice up hotel restaurants», Hotel Finance Resource, septembre 2008.

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    Produits et activités

    L’innovation de produits et services: un atout de différenciation

    L’innovation, ce n’est pas nécessairement l’invention d’un nouveau produit. C’est aussi l’introduction d’un élément nouveau pour changer quelque chose d’ancien. Marcel Lévy, journaliste français, a ainsi commencé l’atelier intitulé Innovation de produits et services: atout de différenciation, qui se déroulait aux Assises du tourisme 2009. Le journaliste a mis la table aux deux conférenciers venus témoigner de leur expérience et de leur relation à l’innovation. Créatifs et déterminés, Benoît Berthiaume, directeur général du Spa Scandinave, et Alain Guérin, président de SkyVenture Montréal, ont présenté leurs projets avec beaucoup de passion. Voici un aperçu de ce qu’on a pu entendre lors de cet atelier.

    L’innovation c’est… (ou ce n’est pas)

    En guise d’introduction, M. Lévy entreprend un bref tour d’horizon du concept d’innovation et effectue quelques constats.

    • « C’est difficile de créer un produit entièrement nouveau… ça arrive aux 50 ans! Il faut plutôt l’adapter, le changer, le modifier pour en faire une nouveauté.»
    • «Ce n’est pas parce que c’est neuf que c’est de l’innovation.»
    • «Ce n’est pas parce que l’idée d’hier n’a pas marché que celle de demain ne fonctionnera pas.»
    • «L’innovation se fait souvent dans ce qui est invisible.»
    • «Le droit à l’erreur est permanent.»
    • «Oser, c’est déjà innover!»
    • «Au Québec, l’innovation devrait passer par un changement d’image (…) Sortez des stéréotypes (bucherons, caribous, Gendarmerie royale, etc.) et exploitez le changement qui est déjà amorcé.»

    Sortir des sentiers battus

    À travers leurs expériences, les deux intervenants ont aussi appris sur l’innovation. Benoît Berthiaume, innovateur dans l’âme, et Alain Guérin, comptable et «créateur», affrontent constamment leurs peurs pour relever de nouveaux défis. Dans le premier cas, les nombreux voyages exploratoires ont fait germer l’idée de l’adaptation d’une tradition millénaire (les bains) aux besoins actuels des Nord-Américains, le tout dans un format accessible. Implanté à Tremblant avec ses bâtiments de bois, ses bains extérieurs et son environnement alpin, le Spa Scandinave propose, depuis janvier 2009, le Scandinave Les Bains Vieux-Montréal, dans une formule adaptée au milieu urbain où le visiteur est interpellé par ses cinq sens. Il ne s’agit donc pas de reprendre une formule qui fonctionne et de la dupliquer mais plutôt de la modifier, de faire appel à des designers, des créateurs pour l’intégrer au lieu d’accueil et au marché ciblé. Aussi présente à Collingwood, en Ontario, une nouvelle mouture du Spa Scandinave verra le jour à Whistler à l’automne 2009. Comme le mentionne M. Berthiaume,  quand on crée un produit touristique authentique original, on observe un effet de rétention auprès de la clientèle, et c’est payant!

    Quant à M. Guérin, il parle avec beaucoup d’enthousiasme de son produit, un simulateur de chute libre, le premier au Canada et l’un des mieux équipés au monde en matière de haute technologie. Située à Laval, la filiale «montréalaise» de SkyVenture est la 17e du groupe. Alain Guérin développe son projet depuis huit ans. Insufflé par une passion et une détermination étonnante, ce comptable soutient que la foi en son rêve lui donnera raison. Neuf millions de dollars plus tard, SkyVenture Montréal ouvre ses portes. Il est maintenant possible de vivre une expérience de chute libre dans un environnement sécuritaire et accessible à toute la famille (à partir de 4 ans).

    L’implication des employés: un incontournable

    Dans les deux cas, le rôle joué par le personnel de service est crucial pour la qualité de l’expérience. M. Guérin fait référence à la philosophie de Disney où tous les employés sont considérés comme des acteurs. De même, il estime que son personnel constitue l’équipage et qu’ensemble ils mèneront le bateau à bon port. Pour Benoît Berthiaume, amener les employés à croire aux valeurs et à la mission de l’entreprise est indispensable à leur enthousiasme dans l’exercice de leurs tâches et, conséquemment, à la réussite du projet. D’ailleurs, pour bien cerner le cheminement du client à travers les différents points de contact dans l’entreprise, M. Berthiaume a élaboré un modèle: l’expérigramme. Ce dernier lui permet d’analyser le parcours des clients dans l’entreprise et le type de service ou d’intervention à suggérer pour mieux les accompagner tout le long de leur visite. Il s’agit là, selon lui, d’un aspect essentiel à une expérience novatrice.

    De la curiosité et de l’audace

    Comme le mentionnait Benoît Berthiaume, l’ignorance tue un nombre incalculable d’idées géniales. Il faut se laisser inspirer en explorant ce qui se fait ailleurs. Chaque nouveau projet procure un grand stress et bien des inquiétudes, mais l’audace lui permet de développer des nouveautés et de demeurer chef de file dans son secteur. De son côté, Alain Guérin a pour principal objectif de rendre les gens accrocs à son produit. Comme il aime à le dire: «If you build it, they will come!»

    Source:
    –    Berthiaume, Benoît; Guérin, Alain et Marcel Lévy. Atelier «Innovation de produits et services: atout de différenciation», Assises du tourisme 2009.

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    Ailleurs dans le monde Tendances

    La consécration de l’Europe de l’Est sur l’échiquier touristique

    CP_2008-09_EU_Est_img1Saviez-vous que les trois capitales des pays baltes font partie du patrimoine mondial del’Organisationdes Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO)? Que plus de la moitié du territoire de la Bulgarie abrite des montagnes dont certains sommets avoisinent les 3000 mètres, où les domaines skiables abondent? Que la Roumanie dispose de plus du tiers des spas naturels de l’Europe et de milliers de centres de santé? On parle souvent d’une concurrence internationale qui s’intensifie, voici un regard sur une région du monde qui connaît l’une des plus fortes progressions touristiques: l’Europe de l’Est.

    Tous progressent fortement sauf la Hongrie

    En 2007, si on enlève la piètre performance de la Hongrie, on constate une progression de plus de 25% du nombre de touristes étrangers dans l’ensemble des pays de l’Europe de l’Est par rapport à l’année 2003. En termes de volumes, cela représente 7,3 millions de touristes additionnels (4,5 en incluant la Hongrie). Pour mesurer l’ampleur de ces gains, mentionnons que le Québec a accueilli en 2007 environ 3,2 millions de touristes, dont 1,1 million en provenance d’outre-mer.

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    Les pays baltes

    Anciens États de l’ex-URSS, les petits pays baltes, composés de la Lituanie, de l’Estonie et de la Lettonie, ont connu une véritable éclosion sur le plan touristique au cours de la dernière décennie. C’est d’abord la richesse culturelle de cette région du nord-est de l’Europe qui séduit les touristes.

    Les trois capitales baltes (Vilnius, Tallinn et Riga) font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. À elle seule, la Lituanie abrite un impressionnant total de cinq sites de l’UNESCO. En dépit d’un territoire limité, ce pays est aussi reconnu pour la préservation de ses milieux naturels composés de cinq parcs nationaux et de 30 parcs régionaux. Elle obtiendra une reconnaissance supplémentaire lorsque Vilnius sera désignée comme l’une des deux capitales culturelles de l’Europe en 2009.

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    Du côté de l’Estonie, la capitale Tallinn commercialise activement les city breaks qui sont particulièrement populaires auprès des Finlandais et des Britanniques. La carte culturelle est aussi au programme avec le centre historique et des sites importants tels que le Musée de l’occupation et la National Opera House. C’est toutefois à l’extérieur de la ville que se situent les meilleurs attraits touristiques et l’Estonie se positionne comme une destination «naturelle», avec son slogan marketing: «A Cool Country with a Warm Heart». L’hiver y est rigoureux et 40% du territoire est couvert d’une forêt naturelle abritant une riche faune (élans, ours, sangliers, etc.)

    La Lettonie mise également sur son riche passé alors que Riga fut, aux 14e et 15e siècles, une place d’affaires majeure avec le deuxième port en importance de l’empire russe. Plusieurs édifices témoignent de cette époque et en font une destination de grand intérêt sur le plan du patrimoine architectural. On y trouve également plusieurs plages parsemées le long de la côte baltique.

    Pologne

    Dès son émergence de l’ère communiste, les Allemands et les Britanniques ont rapidement entrepris de découvrir la Pologne. Plus récemment, ce sont les touristes italiens, français et néerlandais qui débarquent en grand nombre dans cette région.

    En 2006, la capitale Varsovie a bénéficié d’investissements de l’Union européenne et du secteur privé dépassant les 10 milliards USD pour améliorer son infrastructure touristique. De plus, comme Varsovie sera l’une des deux villes hôtes de l’Euro 2012 de soccer, le pays recevra beaucoup d’attention médiatique. Parmi les principaux attraits, mentionnons Cracovie, patrimoine mondial de l’UNESCO, et Zakopane, un resort qui se positionne comme une alternative beaucoup moins coûteuse que les autres centres de ski européens.

    Roumanie

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    Voilà une destination qui est encore loin de son plein potentiel touristique avec à peine plus de un million de touristes, principalement des Italiens, des Allemands et des Français. C’est d’abord la Transylvanie, pays du comte Dracula, qui vient à l’esprit quand on pense à la Roumanie. Cette région abrite plusieurs cités médiévales, dont Sibiu, élue capitale culturelle de l’Europe en 2007.

    Le gouvernement roumain a entrepris de moderniser la capitale, Bucarest, qui compte maintenant quatre hôtels cinq étoiles. Le pays bénéficie aussi d’une longue tradition de thermalisme avec des milliers de centres de santé alimentés de sources d’eau minérale destinés d’abord à la population locale. Des plans sont mis en œuvre pour amener un plus grand nombre de spas à un calibre international.

    Bulgarie

    Même si elles sonnent identiques, la Bulgarie et la Roumanie sont loin d’être jumelles. La Bulgarie connaît un essor phénoménal grâce à ses deux principaux pôles touristiques: la villégiature de montagne et la plage. Plus de 70% des touristes internationaux en Bulgarie choisissent un resort le long du littoral de sable de 400 kilomètres bordant la mer Noire, attirés notamment par un chaud soleil et des prix très bas. La Bulgarie est en voie de devenir une sérieuse alternative à d’autres destinations plus coûteuses comme celles situées en Méditerranée.

    La Bulgarie s’inscrit aussi comme une destination hivernale à fort potentiel. Plus de la moitié de son territoire est montagneux avec des sommets enneigés de près de 3000 mètres. Le plus réputé, Bansko, offre un centre de ski moderne muni d’infrastructures et d’équipements de pointe. On y trouve plus de 65 kilomètres de pistes entretenues, une trentaine d’hôtels et une centaine de restaurants et de bars.

    Les autorités touristiques souhaitent maintenant diversifier la clientèle et développer davantage le tourisme haut de gamme.

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    Les Canadiens vers l’Europe élargie

    Nous passons rapidement sur les autres pays du bloc de l’Est qui ont néanmoins aussi beaucoup à offrir aux touristes avides de nouveautés; que ce soit la République tchèque pour Prague la magnifique, son héritage musical, ses spas ou ses vignes, la Hongrie pour son orchestre symphonique et son fameux lac Balaton ou la Slovaquie pour ses villages royaux, sa route gothique et ses neuf parcs nationaux.

    Les Canadiens et les Québécois ne sont pas différents des autres touristes quant à la volonté de découvrir de nouvelles destinations (graphique 1). Ils effectuent de plus en plus de voyages vers des pays européens autres que le Royaume-Uni, la France et l’Italie. L’émergence de l’Europe de l’Est est en partie responsable de cette tendance. Selon le Print Measurement Bureau 2008, près de 1,3 million de Canadiens (dont 273 000 Québécois) ont déclaré avoir voyagé par agrément dans un «autre*» pays européen au cours des deux dernières années, soit une augmentation de 38% par rapport à 2001.

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    Difficile pour une destination établie de concurrencer l’attrait de l’exotisme sans parvenir à renouveler son offre. Les positionnements stratégiques et les messages marketing revampés ont leurs limites. Pour séduire ces touristes qui carburent aux expériences inspirantes, il en faut davantage. L’industrie a besoin de nouveaux produits, de projets novateurs… et, surtout, mobilisateurs.

    Sources:
    – Al Hilal Publishing & Marketing Group. «Europe Benefits from Diaspora Tourism», Travel & Tourism News Middle East Eastern [www.ttnworldwide.com], vol. 26, no 8, août 2008.
    – Mintel. «Emergence of Central & Eastern European Travel», Travel & Tourism Analyst, no 4 mars 2008.
    – Print Measurement Bureau (PMB). «Two-Year Readership Database», 2001-2008.
    – Pucci, Carol. «Lower Prices Luring Tourists to Eastern Europe», The Seattle Times, 14 mai 2007.
    – TVNZ. «Eastern Europe Entices Aus Tourists», One News [www.tvnz.co.nz], 5 mai 2008.
    – Harpaz, Beth. «Travel Trends for 2008», The Times-Picayune [blog.nola.com/millieball], 6 janvier 2008.

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    Tendances

    Client, produit, concurrence, Web… un joyeux «melting pot» de tendances!

    À quoi le voyageur ressemble-t-il? Quels sont les produits qui lui plaisent? Dans quel type d’environnement évolue l’industrie touristique? Que nous réservent la technologie et Internet? Voici la suite des incontournables qui rythment notre industrie avec les hétéroclites, les populaires, les marginaux, les essoufflants et les étourdissants.

    Les hétéroclites

    On s’éloigne de la culture de masse. Le marché se fragmente et est intimement lié aux sociostyles. Essayer de définir tous les profils possibles devient un véritable tour de force.

    • Sociostyles – ils constituent un heureux mélange de courants sociaux, de modes, de valeurs, d’intérêts, de parcours personnels et professionnels, d’obligations, etc.
    • Segmentation – il suffit de brasser tous les sociostyles ensemble et les profils de clientèle se segmentent presque à l’infini: seniors actifs, gais, familles mondialisées, gangs de filles, travailleurs en vadrouille, bobos (bourgeois bohèmes), étudiants et travailleurs en sabbatique, célibataires, amants de la nature, classe élite de voyageurs d’affaires, fanatiques du sport, etc. Les différents segments peuvent souvent transcender les groupes d’âges: il est possible d’être un nouveau papa à 20, 30, 40 et même 50 ans ou de gravir le Kilimandjaro à tout âge.
    • Hybride – un même voyageur peut se payer un week-end de luxe en amoureux, se reposer en famille sur une plage du Sud dans un resort tout compris et réserver par la suite un forfait aventure en Patagonie avec ses copains. Un même voyageur, mais une façon différente de le rejoindre et de s’adresser à lui.
    • Personnalisation – le touriste souhaite du sur-mesure.

    Les populaires et les marginaux

    D’un côté, plusieurs produits très populaires tendent à se différencier et à se personnaliser et, de l’autre, les marchés de niche gagnent en popularité.

    • Phénomène long tail – c’est l’abondance de variété, de choix. L’avenir est au marché de niche, à l’exploitation de créneaux spécialisés. Internet met fin aux limites physiques et géographiques de même qu’à la suprématie des grandes entreprises. Il offre un choix illimité de produits et il en facilite la recherche et la distribution.
    • Niches – tourisme religieux, visite de lieux de bataille, aventure extrême, lune de miel spécialisée pour la clientèle gaie, circuits de magasinage lors de la période des soldes, tourisme médical, slow travel, séjour gastronomique, observation des oiseaux, cours de toutes sortes (peinture, vin, langue, cuisine, etc.), nommez-les…, ils peuvent trouver preneur.
    • Courts séjours – ils deviennent presque la norme.
    • Luxe – la demande de villas privées est en hausse, le luxe s’intéresse au camping, les grands du luxe apposent leur signature dans l’hôtellerie. D’un côté, le nombre de gens fortunés augmente et ils recherchent de plus en plus d’intimité et des produits hors du commun. De l’autre, le luxe se démocratise car, peu importe le niveau de revenus, beaucoup de gens veulent, à un moment ou à un autre, se «payer du luxe». Par conséquent, le luxe emprunte de nouvelles avenues et ce genre de produit affiche une forte croissance.
    • Santé et bien-être – pour contrer l’effervescence du quotidien, pour atténuer les effets du stress au travail, pour s’accorder un temps d’arrêt et relaxer, pour recharger ses batteries, pour se dorloter – rien n’indique que ces besoins s’estomperont dans un avenir rapproché.
    • Voyages multigénérationnels – les grands-parents voyagent avec leurs petits-enfants ou se joignent à la famille.
    • Combinaison affaires et agrément – on joint l’utile à l’agréable. Les voyageurs d’affaires prolongent leur séjour pour visiter les alentours et sont souvent accompagnés de membres de la famille.
    • Croisières – ce produit ne s’essouffle pas car il a su s’adapter à différents créneaux de clientèles en développant des thématiques diverses: croisières fitness et spa, familiales, religieuses, gaies, artistiques, scientifiques, gourmandes, de luxe, etc. On assiste à une surenchère quant à la capacité des navires, au design, au luxe et aux activités offertes. Les itinéraires en Asie et en Europe (Croatie, mer Noire) gagnent en popularité, de même que les services à la carte.
    • Hébergement – l’hébergement traditionnel perd du terrain au profit des art hotels, lifestyle hotels, hôtels-capsules, hôtels sous l’eau, condos-hôtels, campings de luxe, échanges de maisons ou de canapés, yourtes, tipis, etc.
    • Terroir, santé, bio, raffinement – la gastronomie occupe une grande place dans l’expérience touristique. Les produits du terroir sont recherchés et mis en valeur. Les gras trans sont honnis ou bannis. Les portions s’ajustent aux appétits (petites bouchées, entrée seulement ou choix de portion). La fraîcheur est de mise et le bio fait son «frais». Les goûts se raffinent, les produits aussi (huiles, sels, eaux, etc.). Que dire de la cupcake revolution? Elle frappe fort!

    Les essoufflants

    Pas de répit à l’horizon! La concurrence ne cesse de s’accentuer. Pour se tailler une place et la garder, il faut savoir se renouveler.

    • Concurrence – elle force à faire des prouesses. Elle n’a pas fini d’étonner en se multipliant, en se démarquant, en se personnalisant, en s’éclatant. Les destinations hot? Elles changent au gré des sources, des humeurs du voyageur et des battages médiatiques. L’Espagne, New York et l’Australie côtoient Abu Dhabi, le cap Vert, Reykjavik, la Lituanie et Madagascar. Même les villes américaines, comme Baltimore ou Cleveland qui ne sont pas des icônes touristiques, se réinventent et deviennent très compétitives: projets de développement d’envergure, centre ville revitalisé, habité et animé, nouvelles infrastructures de congrès.
    • Chine et Inde – deux marchés gigantesques, tant émetteurs que récepteurs, en pleine effervescence.

    Originalité, folie et démesure – cette tendance est à la hauteur de ses ambitions! Macao veut surpasser Las Vegas. La région du Moyen-Orient, avec Dubaï en tête, continue de concrétiser des projets au superlatif. Les voyageurs dans l’espace se préparent pour l’embarquement. On construit des hôtels démontables, transportables et même dirigeables. Les lits en forme de cercueil trouvent preneurs. Nous n’avons encore rien vu!

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    Source: Manned Cloud, Studio Massaud en partenariat avec ONERA – centre français de recherche aérospatiale.

    • Différenciation et innovation – des moyens de survie à notre disposition. Un moyen de penser le tourisme autrement afin de contrer les effets néfastes qu’il génère.

    Les étourdissants

    Le grand parapluie s’appelle Web 2.0. Il modifie radicalement les façons de communiquer et il évolue à une vitesse effarante. Savoir en tirer profit donne une longueur d’avance sur la concurrence.
    Il permet au consommateur de s’exprimer et d’échanger…

    • Médias sociaux, blogues, etc. – l’entreprise et les médias n’ont plus le monopole de l’information; le consommateur s’en mêle (Facebook, YouTube, Travelistic, FlickR, etc.) et une interaction s’installe. Les bons coups comme les mauvais s’y propagent à la vitesse de l’éclair. L’univers virtuel permet même de s’inventer un personnage et une entreprise (SecondLife).

    Il garnit le coffre à outils du voyageur branché…

    • e-touriste – que ce soit pour trouver le plus bas prix pour un billet d’avion (métamoteurs de recherche, Kayak, Farecast), pour se tenir informé des dernières aubaines disponibles (flux RSS), pour connaître l’appréciation des voyageurs sur la qualité d’un hôtel (Tripadvisor, IgoUgo), pour localiser le meilleur siège disponible dans un avion (SeatGuru), pour dénicher le partenaire de voyage idéal (TravBuddy)… tout ce pouvoir se trouve au bout des doigts du voyageur.

    Il offre à l’entreprise, petite et grande, des occasions en or de s’annoncer et d’interagir avec le consommateur…

    • Génération Participation – un dialogue s’installe entre le consommateur et l’entreprise. Elle écoute le point de vue du consommateur, lui fait tester ses produits et crée ses publicités avec son aide.
    • Marketing viral – type de marketing qui se pratique sur le Web et qui se propage.
    • SMO Social Media Optimisation – après le SEO (search engine optimisation), voilà que l’on commence à parler du SMO.
    • Mobile – tout tourne autour de la mobilité que procurent les appareils portatifs (téléphone cellulaire, Blackberry, iPod, etc.). On y télécharge du contenu multimédia sous toutes ses formes: publicités, cartes routières, podcasts de visites guidées, etc. Après l’écran du téléviseur et de l’ordinateur, l’écran du téléphone cellulaire devient le troisième instrument de communication et de marketing d’importance et ce, grâce, entre autres, aux SMS (short message service).
    • Web 3.0 – S’agit-il du web sémantique, de la technologie devenue intelligente? Pour l’instant, il alimente les discussions.
    • Cyber-recrutement – un mode de recrutement qui représente une voie incontournable pour courtiser le bassin de jeunes travailleurs.

    Essoufflé?

    Désolé, le changement, lui, ne présente aucun signe d’essoufflement!

    Sources:
    – Chesshyre, Tom. «40 Travel Trends and Tips for 2008», TimeOnline, 29 décembre 2007.
    – Deloitte – Tourism, Hospitality & Leisure. «Industry Trends 2008», [www.deloitte.com].
    – Freeman, Andrew. «2008 Top Hotel and Restaurant Trends to Watch», Hotel & Resort Insider, janvier 2008.
    – Harpaz, Beth J. «Cruise Trends – New ships, More Luxury», ETurboNews, 28 janvier 2008.
    – Levine, Daniel. «American Trends Important To Know», Tourism Industry Association of Canada / TIAC’s Leadership Summit, novembre 2007.
    – TripAdvisor.com. «Travelers Predict ’08 Trends in Annual TripAdvisor Survey», communiqué de presse, 25 octobre 2007.
    – Réseau de veille en tourisme. Analyses produites au cours de 2007.
    – Sanders, Lorraine. «Daily Travel Advice, Tips and Ideas from TravelPost.com and Around the Web», [TravelPost.com], 17 janvier 2008.

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    Produits et activités Tendances

    Les tendances 2008 pour des spas en «santé»!

    Le produit spa s’est développé à la vitesse grand V et s’insère tout naturellement dans l’offre touristique actuelle, du moins en ce qui concerne les spas d’hôtel et de destination. L’offre de spas semble maintenant bien implantée en Amérique du Nord et elle est rythmée par des tendances qui lui sont propres. L’International Spa Association (ISPA), le regroupement québécois Spa Relais Santé ainsi que d’autres intervenants de ce secteur ont identifié les principales tendances qui devraient teinter 2008. Voici celles qui ont retenu notre attention.

    • Le spa nordique. Le concept visant à passer du chaud au froid – du sauna ou du bain vapeur à une «saucette» dans un cours d’eau ou un lac, surtout en hiver – en séduit plus d’un. Ce type de produit, qui offre un moment de détente en plein air, connaît une croissance importante au Québec. Il semble constituer, entre autres, une porte d’entrée pour une clientèle pour qui le spa classique n’est pas familier.
    • La cuisine à l’honneur. Spa et repas gastronomique santé forment une combinaison recherchée. Mais on veut aussi participer et rapporter à la maison les bonnes idées! Selon l’ISPA, quelque 19% des spas offrent des expériences
      culinaires telles que des cours de cuisine avec des chefs célèbres ou encore des leçons privées de cuisine santé.
    • Les produits locaux en vedette. Tant pour la cuisine que les traitements, on priorise les produits du terroir. Ces derniers sont de plus en plus appréciés et recherchés.
    • Pour un style de vie santé. La moitié des spas américains offrent des programmes axés sur l’adoption d’un style de vie sain, comme des consultations sur la nutrition, sur l’adoption de bonnes habitudes alimentaires, la perte de poids et la prévention de l’obésité, ou encore des programmes d’exercices et de méditation.
    • Des expériences personnalisées. Les spas créent des expériences sur mesure pour leurs clients. Ces derniers peuvent réserver une plage horaire plutôt que des services spécifiques. L’expérience est alors entièrement composée selon leurs préférences: des traitements aux produits, en passant par la musique.
    • Les ados: un segment de clientèle grandissant. Selon l’ISPA, près de 4 millions d’adolescents ont fréquenté un spa. Quelque 16% des spas proposent des traitements spécifiques pour ados, 34% ont conçu des forfaits pour eux et 17% en ont pour les enfants. À titre d’exemple, le Pedicure Party du Arizona Grand Spa comprend une séance de pédicure pour un minimum de trois personnes (ados ou adultes), de la musique, des magazines, des amuse-gueule et quelques accessoires mode.
    • Les affaires et le spa. On prévoit davantage de séjours au spa pour une réunion, un congrès ou encore une retraite entre cadres pour réflexion stratégique!
    • Des spas plus verts. Selon l’ISPA, environ 86% des spas au Canada appliquent des mesures pro environnementales: jardins biologiques sur place, recours aux produits locaux et bio, maquillages minéraux, bâtiments verts, etc.
    • Internet au spa. Pour accommoder les clients qui souhaitent avoir accès à Internet à certains moments de leur visite, des spas intègrent des salles ou des chambres de relaxation avec connexion sans fil.
    • Habiter au spa. L’achat d’une unité d’hébergement dans un spa est à la hausse aux États-Unis. Le réputé spa Canyon Ranch compte désormais des extensions immobilières composées de condos de luxe et des mêmes services et infrastructures que dans ses établissements de spa. Au Québec, plusieurs nouveaux complexes immobiliers haut de gamme aménagent des installations complètes de détente.
    • Plus de traitements… indigènes et exotiques (méthodes faisant référence aux coutumes aborigènes, massages orientaux, produits inusités, etc.), anti-âge, par l’eau, pour favoriser la fertilité… Tous ces traitements existent déjà depuis un bon moment, mais on les retrouve dans un nombre croissant de spas.

    Quelques chiffres…
    L’International Spa Association (ISPA) dévoilait, en décembre 2007, les résultats de sa 2007 Spa Industry Study concernant les États-Unis et le Canada. D’entrée de jeu, le rapport révèle qu’il s’agit d’un secteur d’activité fort et en santé. Pour illustrer le poids de cette industrie, le tableau qui suit résume les faits saillants de cette étude. Les données concernent l’année 2006 et celles entre parenthèses indiquent l’évolution par rapport à 2001. Précisons avant tout que les critères de l’ISPA concernant l’appellation «spa» ne sont pas les mêmes que ceux considérés par le regroupement québécois Spa Relais Santé qui, dans ce dernier cas, sont plus restrictifs. Les chiffres ci-dessous doivent donc être interprétés avec une certaine réserve.

    La croissance des cinq dernières années est particulièrement forte au Canada, alors que les États-Unis semblent avoir atteint une certaine saturation. Selon les données du Print Measurement Bureau (PMB 2007), 8% (538 000) des Québécois de 12 ans et plus sont allés dans un spa au cours des douze derniers mois; c’est presque trois fois plus qu’en 2001 (PMB 2002).

    Une autre étude, réalisée pour la Commission canadienne du tourisme en 2006, indique que l’offre de spas en Colombie-Britannique et au Québec est axée sur le tourisme plus qu’ailleurs au pays. Certains établissements déploient une offre de calibre international. On soutient d’ailleurs que le tourisme de santé au Canada, malgré la qualité de son produit, demeure encore un secret bien gardé… Ébruitons-le et tirons profit de ces tendances pour bonifier les expériences en spa.

    Merci à Claire Levasseur, directrice générale de Spas Relais Santé, de sa collaboration.

    Lire aussi:

    L’industrie des spas a-t-elle atteint la saturation?
    Le spa en hôtel: simple service complémentaire ou centre de profits?

    Sources:
    – Chaire de Tourisme Transat. «Portrait des spas et des centres de santé sur le plan mondial et positionnement de l’industrie au Québec», juillet 2003.
    – Commission canadienne du tourisme. «Profil du secteur des spas au Canada», juillet 2006, (consulté le 23 janvier 2008).
    – Here Is the City. «Spa Trends to Watch in 2008», 16 décembre 2007.
    – ISPA. «2008 Spa Industry Trend Watch», (consulté le 18 janvier 2008).
    – ISPA. «ISPA Releases 2007 Spa Industry Study Profiling the United States and Canada», (consulté le 23 janvier 2008).
    – Karimi, Sabah. «Top Spa Trends and Treatments for 2008», (consulté le 21 janvier 2008).
    – SpaFinder. «Top Ten Spa Trend to Watch in 2008», (consulté le 21 janvier 2008).

    Sites Internet:
    Arizona Grand Resort
    Canyon Ranch Resort & Hotel
    Spas Relais Santé
    The Lodge at Woodloch