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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Le ressourcement: essentiel, populaire et en pleine évolution!

Nous entendons souvent parler du tourisme de santé mais ce concept s’inscrit dans une notion plus large: le tourisme de ressourcement. L’Organisation Mondiale du Tourisme a identifié ce type de vacances comme une niche à suivre de près. Qu’en est-il exactement et quelles sont les avenues en vogue?

La société occidentale est trop souvent dépassée par un rythme de vie effréné, un manque de spiritualité et un éloignement du sens de la communauté. De plus, une conscience accrue de l’importance de la santé physique et mentale, de l’environnement ainsi que des thérapies alternatives explique la croissance de la demande pour le tourisme de ressourcement intégral. Le temps et l’espace sont de nouveaux éléments de luxe dans nos sociétés urbanisées et les clientèles recherchent un bien-être plus profond et global.

Qu’est-ce que le tourisme de ressourcement?

L’approche holistique qui consiste à traiter la personne dans son ensemble se traduit, en tourisme, par des vacances visant à créer un sentiment de bien-être en intégrant l’esprit, le corps et l’âme. Le ressourcement concerne donc les expériences qui tiennent compte de ces trois éléments à la fois.

  • Le yoga est de loin l’activité de ressourcement la plus populaire et les retraites axées sur cette activité sont en croissance. À titre indicatif, on estime que 7,5% de la population américaine pratiquait le yoga en 2005 (16,5 millions de personnes), soit une augmentation de 43% par rapport à 2002. Au Canada, 6 % de la population pratique cette activité. Le yoga est plus populaire dans l’ouest du pays avec un taux de pratique de 10% en Colombie-Britannique versus 4% au Québec.  

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  • L’Âyurveda est une médecine douce indienne qui part du principe voulant qu’un individu en harmonie avec son environnement et dont le mode de vie est équilibré sera heureux et en santé. L’approche résolument holistique de la médecine ayurvédique compte sans doute pour beaucoup dans ce nouvel engouement. Outre le traitement de problèmes de santé, les traitements ayurvédiques sont de plus en plus populaires auprès des Européens et des Américains comme une façon de conserver la beauté naturellement et de ralentir le vieillissement.
  • La détoxication (et non désintoxication) consiste à nettoyer l’organisme par diverses méthodes. Les retraites offrant cette expérience sont de plus en plus populaires dans nos sociétés où l’alimentation est souvent déséquilibrée et où la vie stressante entraîne parfois des problèmes digestifs.   
  • La méditation, et principalement la méditation bouddhiste, gagne aussi en popularité et est souvent associée au yoga.  

Les retraites au sens large forment donc la principale forme de tourisme de ressourcement. Elles sont souvent associées à une des activités susmentionnées mais peuvent simplement être un séjour dans un endroit loin du bruit et du stress pour se recentrer sur soi-même. Les retraites comportent souvent un aspect spirituel ou des activités de ressourcement intégrant le corps et l’esprit. Enfin, des célébrités comme Sting ou Madonna ont aidé à la popularité du yoga, de l’Âyurveda et de la détoxication.  

Quelles sont les destinations privilégiées? 

Les destinations les plus prisées sont l’Inde, principalement pour l’Âyurveda, le yoga et la méditation. Ces activités sont aussi bien développées ailleurs en Asie, notamment en Thaïlande. Au Japon, les ryokan, des auberges traditionnelles qui proposent une expérience authentique et calme, gagnent en popularité.  

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Les États-Unis comptent de nombreux centres de ressourcement et produisent des guides tels que Yoga Escapes, Healthy Escapes ou Holidays that will change your life visant principalement une clientèle étatsunienne. En Europe, quoiqu’il n’existe pas de donnée précise sur l’offre, l’Espagne, le Portugal, la France et la Grèce semblent présenter un plus grands nombre d’établissements. 

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Quelle est la clientèle et comment se comporte-t-elle? 

La clientèle compte beaucoup plus de femmes que d’hommes, soit environ 70%, quoique le yoga gagne la clientèle masculine petit à petit. La méditation semble attirer un pourcentage égal d’hommes et de femmes. Les baby-boomers sont au cœur de ce marché mais les jeunes femmes professionnelles recherchent de plus en plus un équilibre par rapport à leur emploi. Les touristes de ressourcement voyagent principalement seuls mais certains partent en groupe d’amis ou en couple.

Le tourisme de ressourcement représente une bonne stratégie de diversification de produits pour les destinations nouvelles ou matures. Il permet un étalement de la saison touristique et la durée de séjour des visiteurs est d’environ 7 à 10 jours mais, certains séjours peuvent même durer un mois ou plus. Un autre avantage est que le taux de répétition est élevé chez cette clientèle. En effet, ils réalisent souvent un voyage de ressourcement par année, d’où la tendance chez les opérateurs à varier les destinations.

Une industrie personnalisée et difficile à quantifier  

Les intervenants sont les hôteliers qui offrent des séjours de tourisme de ressourcement, les centres entièrement dédiés au développement personnel, à la nutrition, à la remise en forme ou simplement au repos ainsi que les tours opérateurs. Principalement basés sur Internet, ces derniers offrent des vacances de ressourcement spécialisées. Il s’agit d’une industrie très personnalisée où le bouche à oreille est très important. Le marketing direct, l’Internet et les médias sont les autres outils marketing en plus d’un fort service après-vente (créer des communautés, envoyer un bulletin, organiser des rassemblements). 

La taille et la croissance du tourisme de ressourcement est difficile à quantifier justement parce que les opérateurs sont souvent indépendants et de petite taille, que leur marketing est principalement virtuel repose sur Internet et le bouche à oreille et qu’ils ne disposent pas des ressources nécessaires à la production d’indicateurs.  

Quelles sont les tendances affectant le tourisme de ressourcement? 

Tout comme l’industrie en général, le tourisme de ressourcement est affecté par certaines tendances telles que des séjours plus courts mais plus fréquents, une plus grande authenticité, des voyages personnalisés, des réservations de dernière minute et une conscience accrue de l’environnement. Plus spécifiquement, les tendances en matière de ressourcement sont les suivantes :  

  • Les séances de détoxication incluent la relaxation, un régime biologique équilibré, saunas et exercices et l’expulsion du bagage émotionnel à travers une thérapie individuelle ou en groupe.
  • Les retraites en spas dans des établissements hôteliers incluent des ateliers de bien-être ou artistiques, des retraites spirituelles.   
  • Des vacances en familles pour répondre à l’intérêt des parents à élever leurs enfants dans un cadre actif, santé et communautaire.  
  • On observe une croissance du ressourcement «social». La recherche de solitude sera souvent remplacée par un désir de se retrouver en communauté et les interactions sociales sont de plus en plus vues comme un aspect d’une vie saine.
  • À l’origine axé sur l’individu, les centres de ressourcement ouvrent l’expérience sur les autres et sur la planète. Les consommateurs sont sensibles à des termes tels que «naturel», «biologique», «vert», «durable» et «écologique» et s’attendent à des traitements authentiques, impliquant un personnel local et contribuant au bien de la collectivité.  

Le Québec est-il de la partie? 

L’offre en tourisme de ressourcement au Québec se développe peu à peu mais demeure modeste en comparaison à d’autres destinations. Certains établissements comme le Spa Eastman, l’Auberge de santé Claire Lamarche, le centre de thalassothérapie Aqua-mer ou l’Abbaye de Saint-Benoit-du-Lac offrent des retraites de ressourcement. L’offre québécoise demeure axée sur les expériences plus traditionnelles (spa, santé) et il semble y avoir un potentiel et une demande pour des retraites plus variées et spécialisées. Notre nature généreuse et sauvage est un élément attractif et distinctif pour le développement de tels séjours. Aussi, le marché américain représente un bassin de clientèle à étudier pour lui proposer des produits adaptés.  

Sources:
– Mintel. «Holistic Tourism – International, Travel & Tourism Analyst», numéro 2, février 2007. 
– Print Measurement Bureau. «Étude PMB 2006. Loisirs, Restaurants, tabac.»

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Hébergement

Ce qui se passe dans l’hôtellerie… mode ou tendance?

Le secteur de l’hébergement s’éclate. Qu’est-ce qui est une mode ou une tendance? Jusqu’où faut-il aller pour satisfaire tous les goûts et pour répondre à tous les styles de vie? Pas facile la vie d’hôtelier aujourd’hui!

Mode ou tendance? Les modes passent et les clients aussi…

Une mode présente un caractère éphémère, une adoption rapide et passagère. À l’inverse, la tendance désigne une notion de durée, une direction, un mouvement d’évolution qui affecte un phénomène.

Le type de mobilier, la couleur et la décoration sont soumis aux diktats de la mode. Plusieurs propriétaires d’hôtels branchés s’engagent dans une escalade de coûts où les goûts du moment passent et les clients aussi. La technologie, quant à elle, relève de la tendance, alors que le service Internet haute vitesse est devenu un outil presque indispensable au quotidien.

Un secteur où l’on ne s’ennuie pas!

Dans les années 1960 et 1970, les franchises hôtelières, les hôtels dans les aéroports et le long des axes routiers importants se sont multipliés. On installait le téléphone dans les chambres. Dans les années 1980, on parlait de segmentation et de nouvelles chaînes présentant différentes catégories de services et de prix voyaient le jour. La décennie suivante a été plus difficile en raison de la guerre du Golfe et de la récession économique, et le secteur hôtelier a mis du temps à s’en relever.

Qu’en est-il des années 2000 rythmées par les catastrophes successives que l’on connaît et par la révolution technologique avec Internet en tête? Comment départager ce qui est mode de ce qui est tendance?

  • De nouvelles chaînes apparaissent alors que d’autres se redéfinissent.
  • Le design et la démesure de l’architecture sont devenus une façon de se distinguer, mais à quel prix? (Lire aussi: Surenchère, démesure et originalité.)
  • Les lifestyle hotels se développent.
  • En opposition, certains hôteliers s’engagent dans le no-frills (service de base sans extras).
  • La concurrence s’affronte sur le terrain de l’image de marque (brand), des prix, des services (centres de santé, d’entraînement, de yoga), des programmes de fidélisation, de l’aménagement (espace, matelas), de la techno (Internet haute vitesse, Wi-Fi, lecteur MP3, télé au plasma).
  • Les lobbys d’hôtel changent de vocation, les spas deviennent la norme dans le haut de gamme, les chambres anti-allergènes font leur apparition, les salles de bains se mettent au goût du jour avec en prime les minibars de produits de bien-être (bougie parfumée, sels de bain, etc.).
  • Les hôteliers s’engagent dans la surenchère des services et des équipements.
  • L’hébergement s’éclate: hôtel de charme, hébergements alternatif et insolite, hôtel capsule, hôtel sous l’eau, condo-hôtel, location de maisons, camping de luxe, hôtel pet-friendly et même location de sofas.

L’hôtel est devenu un produit touristique en soi et on parle désormais d’expérience.

Avec l’avènement du Web 2.0, on peut penser que l’appréciation des gens et leur notation prendront le pas sur le bon vieux système de classification. (Lire aussi: Web 2.0, vous n’avez pas fini d’en entendre parler!) En effet, l’hôtelier ne peut plus s’asseoir sur ses étoiles car les clients, sur différents blogues et sites comme TripAdvisor, commentent tant les oreillers de l’hôtel que son stationnement, recommandent ou déconseillent un massothérapeute et y vont de leur appréciation sur la cuisine.

Personnalisation et segmentation vont de pair

La surenchère des services et des équipements n’entraîne-t-elle pas une hausse de prix non désirée par le client? Qu’est-ce que ce dernier veut vraiment et combien est-il prêt à payer pour satisfaire ses besoins et ses attentes?

Selon une enquête de DK Shifflet & Associates, l’absence de tracas (que tout fonctionne bien ou que les problèmes soient résolus rapidement) et un environnement sans fumée se classaient en tête de liste des attentes, devançant les éléments de confort en vogue comme le lit haut de gamme et les produits de beauté de qualité. Bien que les gens aiment les nombreuses améliorations apportées aux chambres, les prix qui y sont associés les obligent à choisir un établissement adapté à leur portefeuille et non à leur goût. Il ne faut pas se leurrer, la localisation de l’hôtel et le prix de la chambre resteront parmi les principaux critères de choix, à moins que l’hôtel ne devienne une destination en soi. (Lire aussi: L’hôtel et le client d’affaires.)

Ce sont plutôt les attentes qui viennent brouiller les cartes et sur lesquelles la segmentation s’effectue. Que veulent le voyageur d’affaires, les générations X, Y, baby-boomer et senior, la famille, le branché, l’écolo, le vacancier aisé financièrement, l’étudiant, etc.?

Les installations luxueuses et les produits haut de gamme ne montrent pas de signes d’essoufflement. Les gens qui voyagent souvent apprécient les multiples services, les extras et le luxe.

Un mouvement se dessine dans le milieu hôtelier: la personnalisation de la chambre d’hôtel. Équipements, odeurs, couleurs, sons ou visuels, le client est en voie de personnaliser sa chambre selon ses goûts et ses besoins: oreiller de plume, Highland Scotch, senteur de vanille, téléchargement des photos de la famille dans des cadres au plasma, affichage d’un paysage virtuel dans la fenêtre en remplacement de la vue sur l’immeuble voisin, exerciseur pour tenir la forme, etc. On verra poindre dans la chambre d’hôtel des espaces polyvalents, configurables et adaptables pour y aménager un espace de travail, de relaxation, de fitness ou une aire de jeux pour les enfants, selon les besoins du voyageur. À préciser lors de la réservation svp!

Les besoins, les attentes… investir là où ça compte!

Dans ce milieu, l’avantage concurrentiel et la différenciation sont éphémères. Sitôt les draps de coton 600 fils, le lit superconfort et l’écran de télé au plasma publicisés, sitôt la concurrence emboîte le pas. Il convient alors de se créer une personnalité en fonction du segment de clientèle que l’on veut attirer. Impossible de plaire à tout le monde!

Il importe de connaître son produit, de comprendre le consommateur et de miser sur la qualité. Il faut aussi se demander qu’est-ce qui rapporte le plus, qui ajoute une plus-value et quels sont les besoins de la clientèle cible. La valeur n’est pas associée qu’aux dollars, c’est aussi une question d’émotion. Les recherches démontrent qu’une personne est prête à payer plus cher pour quelque chose qui lui apporte de la satisfaction, un bien-être.

Souvent, ce sont les petits investissements, la qualité du service, les éléments qui facilitent le séjour du visiteur et une touche de personnalisation qui font la grande différence.

Lire aussi:
Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?
Les animaux de compagnie: un créneau de «niche»
Les condotels: nouveau levier financier du tourisme
Les percées de l’hébergement alternatif
L’hôtel et le client d’affaires
Surenchère, démesure et originalité
Web 2.0, vous n’avez pas fini d’en entendre parler!

Sources:

– Betts, Kate. «A Hotel Guru Changes Rooms», Time Magazine Online, [www.time.com], 7 août 2006.
– D.K. Shifflet & Associates. «Travel Trends Turn!», AHLA Summit Presentation, printemps 2006.
– Ehotelier.com. «Hotel of the Future: Download Your Dream Room», [ehotelier.com], 6 septembre 2006.
– Hotels Magazine. «The Future», [www.hotelsmag.com], août 2006.
– Hotels Magazine. «Celebrating Forty Years of HOTELS Magazine», [www.hotelsmag.com], août 2006.
– Orlando Sentinel. «For Hotel Guests, Mints on Pillows No Longer Suffice», 21 septembre 2006.
– PriceWaterHouseCoopers. «Standing Out In a Crowd: PriceWaterHouseCoopers’ Fourth European Lifestyle Hotel Survey 2006», 14 septembre 2006.
– The Associated Press. «Companies Envision Hotels of the Future», 18 septembre 2006.
– Travelweekly. «NYLO Hotels Reveals Plans for First Two Properties in Brand», [www.travelweekly.com], 19 septembre 2006.
– Yancey, Kitty Bean. «In-Room Beauty Bar», USA Today, 26 septembre 2006.

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Produits et activités

La face cachée des produits de luxe

Le passage du matériel à l’émotionnel modifie le visage du luxe. Tous les produits s’engagent vers cette transition où unicité, excentricité et exclusivité rythment les expériences. Une aventure où aucun faux pas n’est permis et où il ne faut surtout pas s’asseoir sur ses lauriers!

Il ne fait aucun doute aujourd’hui que les segments de clientèle du marché du luxe sont de plus en plus diversifiés et que leur comportement diffère de celui d’avant (lire aussi: La nouvelle image de la clientèle de luxe).

Dans le domaine du voyage, on parle désormais de luxe traditionnel et de nouveau luxe. Le premier est associé à l’hôtel cinq étoiles, au resort huppé et aux prestations onéreuses. Quant au second, bien qu’il soit dispendieux, il se situe aux antipodes de la consommation matérielle et de la possession d’objets coûteux. Il tient davantage à la façon de consommer le luxe et met l’accent sur l’émotion, sur l’expérience à vivre.

Le luxe c’est…

  • la grande suite à l’hôtel, la chambre avec une vue superbe, le penthouse, la limousine…
  • le prestige de la marque, l’endroit où le personnel connaît votre nom

Mais c’est aussi…

  • le temps, l’espace, le silence, l’isolement
  • l’émotion ressentie
  • l’évasion des contraintes quotidiennes et de la complexité du monde environnant où tout est simple et facile
  • l’originalité, l’insolite

Et c’est surtout…

  • l’exclusivité!

Une courtepointe d’expériences, de l’excentricité à l’unicité

Un client loue un château d’une cinquantaine de chambres dans les Highlands en Écosse pour une réunion de famille ou nolise un bateau avec équipage pour une lune de miel en Méditerranée. Il pratique un sport extrême, un majordome est à son service à son retour et il peut savourer un moment de détente dans son spa privé. Intéressé à développer ses talents, il apprend la photographie, la voile, la fouille archéologique ou la cuisine avec des gens de renom.

La recherche de la nouveauté et de l’exclusivité repousse les frontières. Les produits sortent des normes établies (lire aussi: Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping?). La clientèle de luxe veut de plus en plus être au coeur de l’action et en retirer un maximum sur le plan de l’accomplissement personnel.

Le site haut de gamme www.thebluefish.com offre la possibilité de devenir pilote de chasse pour une journée (Top Gun Challenge), de survoler l’Himalaya et de voir le sommet du mont Everest de près, de participer à une course de bateaux haute performance (Poker Run Rocket) entre Miami et Key Largo, de participer à une expérience unique de safari et de golf en Afrique du Sud avec déplacement en jet privé, etc.

À l’opposé, se situe un autre registre de besoins: la quête de relaxation, d’isolement et de bien-être axée sur la santé afin de se faire dorloter et de refaire le plein d’énergie. Cela oblige les entreprises engagées dans ce créneau à élargir et à sophistiquer leur offre de produits – du spa au spiritualisme, des enveloppements de boue à la méditation.

On constate aussi le désir chez la clientèle de luxe de posséder, ne serait-ce qu’en partie, une propriété, un yacht, un condo sur un grand paquebot, etc. Il y a aussi le concept «Small is beautiful» où le caractère privé d’un club, l’ambiance d’un petit hôtel, le désir d’intimité sont recherchés.

Plusieurs destinations considérées encore comme marginales, telles que l’Amérique du Sud (Brésil en tête), les États baltiques, l’Afrique, la Chine, le Moyen-Orient, l’Asie et les pays du Pacifique, attirent une nouvelle clientèle, tandis que les grandes destinations urbaines et de villégiature (Londres, Paris, la Toscane et la Côte d’Azur) conservent leur statut.

Âme et style deviennent la signature de l’hôtellerie

Récemment, des «institutions» prestigieuses de l’hébergement haut de gamme ont donné naissance à des chaînes. En effet, la bannière de luxe Crillon a comme porte-étendard le célèbre hôtel Crillon de Paris, tout comme le Waldorf-Astoria devient le fleuron de la nouvelle Waldorf-Astoria Collection. Une autre nouvelle chaîne, Capella Hotels & Resorts, est lancée sous la direction de Horst Schulze, l’homme qui a fait la renommée de Ritz-Carlton.

Depuis quelques années déjà, des architectes réputés et des icônes de la mode ou du design conçoivent des hôtels et y apportent leur style, leur signature (des hôtels sont signés Armani, Bulgari et Versace, chacun des 11 étages de l’Hôtel Puerta America à Madrid a été conçu par un architecte de renom). Les salles de bains s’agrandissent et deviennent plus somptueuses.

Plusieurs hôtels prennent des couleurs locales alors que la décoration et les matériaux reflètent la culture du pays.

La personnalisation et le «sur mesure» sont maintenant des mots d’ordre. La taille de l’hôtel devient un élément discriminant, car offrir un service personnalisé et de qualité dans un établissement de plus de cent chambres demeure difficile à réaliser.

Les hôtels de luxe qui ont une réputation de longue date dans le segment haut de gamme doivent se dépoussiérer s’ils veulent attirer la génération X (25-40 ans), clientèle qui prend de l’ampleur. En effet, leur célébrité et leur côté austère intimident ces jeunes consommateurs qui recherchent à la fois une image plus moderne et la facilité que leur procurent les équipements technologiques.

Le produit spa en vogue

Neil Jacobs, vice-président senior aux opérations du Four Seasons Hotels en Asie-Pacifique, souligne que le spa s’avère une nécessité au même titre que les restaurants et les salles de réunions. Ce service devient un critère de sélection d’un lieu de séjour. Bien qu’encore au stade de développement, les «spas-destinations» connaissent une croissance accélérée. Les spas empruntent différentes avenues allant de l’éco-spa à la thalasso, en passant par les spas médicaux, urbains ou ceux basés sur l’Âyurveda (pratique traditionnelle indienne). Le caractère privé d’un spa, un village axé sur ce service, des thérapeutes expérimentés, l’authenticité, l’élégance et le raffinement, une grande cuisine (chef réputé) constituent autant d’éléments associés à une expérience de luxe.

Les services aériens décollent dans maintes directions

Les désagréments des déplacements aériens (aéroport achalandé, mesures de sécurité contraignantes, attente, service en déclin, retard, etc.) rebutent la plupart des passagers. Pour contrer ces ennuis, pour pallier le manque de temps et pour satisfaire le désir de se déplacer de point à point sans avoir à effectuer de transferts, les voyageurs fortunés et aisés sont nombreux à se tourner vers différentes solutions de rechange.

Les services de «taxi aérien» se multiplient (ex. Boston-Newark), offrant des prix compétitifs et réduisant les délais occasionnés par l’utilisation des compagnies traditionnelles (lire aussi: Les taxis aériens envahiront bientôt le ciel). Un service d’hélicoptère (US Helicopter) effectue la navette entre le centre-ville de Manhattan et l’aéroport Kennedy en seulement 8 minutes pour un coût de 160USD.

La location, le nolisement, le co-achat et l’achat de jets constituent autant d’avenues empruntées par les clients fortunés et aisés. La croissance de la demande facilite les démarches et louer un jet devient aussi facile que de louer une voiture. Notons la dernière venue en termes de service, une carte de membre (exigeant un important dépôt) qui permet de souscrire à un programme de temps de location prépayé et qui réduit le taux horaire de la location.

Le nouveau A380 redéfinit la notion de service de luxe. Selon la configuration de l’appareil, il pourra offrir bar, poste de travail pour les voyageurs d’affaires, casino, gymnase, salon, espace privé pour dormir ou espace ouvert permettant aux passagers de se délier les jambes. Et le summum du luxe, des douches… quoique l’eau reste problématique en raison de son poids.

Pour qui s’engage sur cette voie… aucun faux pas n’est permis!

Le «meilleur» devient un standard dans ce segment de marché.

Bien qu’il demeure un absolu, le prix élevé n’est plus la seule garantie d’un produit de luxe. La perception de la valeur se décline sous plusieurs vocables: exclusivité, réputation, intégrité d’une marque, expérience.

L’attitude take-care-of-me de cette clientèle, le besoin de personnalisation et de reconnaissance de son statut requièrent un service irréprochable et de la flexibilité. Qui plus est, l’assignation d’une personne au service du client (butler) est en voie de devenir la norme dans le segment supérieur.

Bien que l’industrie du voyage de luxe ait le vent dans les voiles, il faut noter que le cycle de vie d’un produit de luxe est relativement court et qu’actuellement le concept de qualité tend à se diluer. Les dirigeants d’entreprise ressentent une pression de la demande pour la diversification, l’authenticité et l’unicité de l’expérience. Les entreprises doivent sans cesse:

  • renouveler leurs produits, mettre de l’avant des concepts novateurs
  • actualiser le produit afin de le garder au goût du jour, moderne et actuel
  • offrir un produit adapté à chaque client afin que ce dernier vive une expérience personnalisée
  • recruter du personnel exceptionnel à la hauteur de l’expérience

Cependant, une vogue de surenchère a cours dans l’industrie et cette démesure devrait être évitée. Est-il nécessaire de proposer un choix de 18 oreillers dans la chambre? Est-ce que l’eau embouteillée requiert le support d’un sommelier? Doit-on offrir une sélection de 12 plumes pour simplement signer la note au restaurant? Si une entreprise est réputée pour offrir une qualité irréprochable, les clients auront une totale confiance dans la marque.

La gestion de la relation client est primordiale dans ce secteur afin de le fidéliser, puisqu’il devient de plus en plus exigeant. C’est pourquoi il faut accentuer la qualité du service, l’attention aux menus détails (comme un mot écrit à la main) et aussi étaler ses actions avant et après le séjour.

«… a market niche where the standard is ‘the best’…»?
Bob Sullivan, Vice-President & Publisher, Travel Weekly.

Sources:
– HotelMarketing.com. «Survey: 2006 Consumer Trends in Affluence & Luxury», 23 juin 2006.
– Smith Travel Research. «Experts Discuss Future Of Luxury Travel», 26 juin 2006.
-Travel Weekly, dossier «2006 Consumer Trends in Affluence & Luxury», 14 juin 2006:
– Chipkin, Harvey. «Hotels Indulge the ‘Give Me More’ Generation».
– Chipkin, Harvey. «Spa-centric Hotels Part of an Evolving Trend».
– Gebhart, Fred. «Private Jet Travel Taking Off in All Directions».
– McDonald, Michele. «Airbus’ A380 To Send Luxury Transport Soaring».
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now? And What’s Next», [Hotel-Online.com], octobre 2005.
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now And What’s Next for 2006», [Hotel-Online.com], mars 2006.
– Weiner Escalaera, Karen. «Luxury Travel Now And What’s Next III», Smith Travel Research, mai 2006.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

CAPSULE – Quand on dit que la concurrence s’intensifie…

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les dix premières destinations au classement mondial constituaient 88% des arrivées internationales en 1950, proportion qui a diminué à 49% en 2002. Cette tendance devrait se poursuivre, mais dans une moindre mesure, alors que le pourcentage devrait se situer autour de 46% en 2020. Dans un tel contexte, comment ne pas se serrer les coudes pour essayer de contrer la perte de vitesse du Canada?

En une cinquantaine d’années, les arrivées internationales ont connu une augmentation annuelle moyenne de 6,6%, passant de 25 millions en 1950 à plus de 700 millions en 2002. Malgré cette croissance, on observe que les grands acteurs ont perdu une part importante du marché au profit des destinations marginales (graphique 1).

En effet, le Top 5 des principales destinations récoltait 71% des arrivées internationales en 1950 et, en 2002, il n’en obtenait plus que 35%. Les pays occupant les positions 6 à 10 du grand classement mondial ont vu la part de leurs arrivées internationales chuter depuis 1970, passant de 22% à 14% en 2002. Les destinations classées de la 11e à la 15e place ont détenu, pendant ces cinq décennies, une proportion assez stable du marché, autour de 10% (9 à 11%).

Ce sont les pays situés sous la barre des 15 premières destinations qui ont gagné beaucoup de terrain durant toutes ces années, pour finalement s’approprier 40% des arrivées internationales en 2002 et surpasser le nombre total des arrivées des 5 plus importantes nations (35%). (Lire aussi: Les stars au firmament des destinations et Les grandes destinations classiques et les vedettes montantes.)

Quant au Canada, il occupait la 2e position du classement du Top 10 des destinations en 1950. En 1970, il avait glissé au 11e rang et, après avoir oscillé au classement mondial, il retournait au 11e rang en 2004. En 1990, le Canada s’accaparait 3,8% des arrivées internationales à l’échelle mondiale. Ce pourcentage est passé à 3,1% en 1998 et à 2,5% en 2004.

Graphique 1

Source: Organisation mondiale du tourisme

Au fil des années, les traditionnelles vacances d’été «soleil et mer» ont cédé le pas à un monde de découvertes, à la diversification des types de tourisme et à un marché fragmenté. Les destinations se sont multipliées et offrent désormais plusieurs produits et toute une panoplie d’expériences différentes.

En conférence, Jean-Marc Eustache de Transat A.T. inc. soulignait la métamorphose du marché en matière de tourisme international. «Historiquement, le touriste était occidental, et il venait soit des États-Unis, soit d’Europe de l’Ouest. Une poignée de pays fournissait le plus gros du contingent touristique mondial. Et par ailleurs les destinations de prédilection se comptaient sur les doigts de la main. Sans avoir fait le calcul, je pense que la loi du 80/20 s’appliquait: 80% des touristes venaient d’une poignée de pays, toujours les mêmes, et visitaient une poignée de pays, toujours les mêmes. Tout ça est en train de changer très vite. […] Ce ne sont plus quelques dizaines de destinations qui se font concurrence pour se partager la part du lion du tourisme international, mais des centaines.»

Sources:
– Eustache, Jean-Marc. «Tourisme: les défis de demain», conférence prononcée au Cercle de tourisme du Québec – Chaire de Tourisme, ESG-UQAM, Montréal, 22 septembre 2005. http://transatat.com/fr/centre_medias/2.3.discours.asp.
– Eustache, Jean-Marc. «Bâtir la destination touristique internationale de demain», conférence prononcée à la Chambre de commerce de Québec, Québec, 21 février 2006. http://transatat.com/fr/centre_medias/2.3.discours.asp.
– Yeoman, Ian et Colin Munro, Une McMahon-Beattie. «Tomorrow’s: World, Consumer and Tourist», Journal of Vacation Marketing, vol. 12, no 2, avril 2006, p.174-192.

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Enjeux Tendances

Que nous réserve la bulle touristique pour les prochaines années?

Quels sont les grands facteurs d’influence qui moduleront l’offre et la demande touristiques pour la décennie en cours? Pour n’en citer qu’un… la Chine et l’Inde deviendront les stars incontestées des prochaines années et s’imposeront sur la scène touristique.

  • Climat d’incertitude
    L’instabilité politique, économique, climatique et sanitaire des dernières années nous a appris que l’industrie touristique, et particulièrement le secteur aérien,  peuvent devenir très vulnérables et qu’aucune destination n’est à l’abri de ces menaces.
  • Hausse des prix du pétrole
    Les prochaines années laissent présager d’autres hausses du coût du carburant. Les multiples répercussions du prix du pétrole sur les entreprises touristiques entraîneront une augmentation des coûts pour le voyageur. Couplée aux facteurs de risque, on pourrait assister à une accentuation des déplacements intrarégionaux. Les pays les plus pauvres souffriront des hausses des frais de transport et auront besoin d’un soutien particulier.
  • Sécurité et formalités visant la facilitation des voyages
    Les modalités entourant la sécurité et la protection des voyageurs jouent un rôle important dans le positionnement d’un pays sur l’échiquier touristique. Les prochaines années devraient initier l’harmonisation des formalités.
  • Accroissement de la richesse, tant sur les marchés existants qu’émergents
    La prospérité économique constitue un vecteur de croissance touristique. Les marchés existants continueront d’accroître leur richesse. Parmi les marchés émergents, la Chine et l’Inde progresseront le plus rapidement. Les experts anticipent des problèmes d’engorgement des routes aériennes.
  • Développement du multilatéralisme et du régionalisme
    Les alliances Sud-Sud se développeront et créeront des rapports plus équitables. La consolidation politico-économique des grandes régions du monde qui est en train de s’organiser restructurera le mouvement de mondialisation. L’Asie deviendra un pôle économique sous surveillance. En conséquence, le tourisme, de même que les structures et les coûts des transports, seront grandement influencés.
  • Technologie au premier plan
    Que ce soit le développement des communications, la convergence d’Internet, du téléphone cellulaire et de la télévision ou la mise en service de nouveaux appareils aéronautiques, la technologie continuera à jouer un rôle de premier plan dans l’évolution de l’industrie touristique.
  • Changements démographiques
    La concentration des populations en milieu urbain de même que la dynamique familiale et professionnelle continueront à modifier le comportement de voyage. Le vieillissement de la population dans les grands pays industrialisés signifie qu’un plus grand nombre de baby-boomers disposeront de temps et d’argent pour voyager. Sur ce point, certains experts émettent cependant des bémols quant aux sommes discrétionnaires des revenus de retraite.
  • Augmentation du pouvoir du consommateur grâce à Internet
    On observe un déplacement du centre du pouvoir du professionnel en tourisme vers le voyageur en ce qui concerne l’accès à l’information, les prix et les réservations. Les consommateurs maîtrisent bien l’Internet et les décisions qui en découlent.
  • Amélioration de la qualité de vie comme motivation au voyage
    Que ce soit pour le désir de découvrir, pour enrichir son existence, pour se reposer ou pour faire une cure de jeunesse, le tourisme comptera parmi les éléments qui contribueront à améliorer la qualité de vie.
  • Intensification de la concurrence
    Dans une perspective de croissance économique, chaque ville, région et pays réclameront une part du gâteau touristique. Dans ce contexte, la stratégie d’image prendra de l’importance.
  • Stratégies promotionnelles à l’enseigne des partenariats public-privé
    De tels partenariats s’observeront plus particulièrement dans les pays dotés d’un régime politique fédéral ou fortement décentralisé.
  • Renforcement des fusions et des acquisitions
    Hôtellerie, compagnies aériennes, réseau de distribution et voyagistes poursuivront leurs vagues d’acquisitions.
  • Carence des infrastructures touristiques
    En ce qui concerne les infrastructures dans les grands pays occidentaux, on observe un manque de planification pour répondre à la croissance internationale à venir. Agrandir un aéroport ou augmenter le parc hôtelier exige un calendrier de préparation de plusieurs années.
  • Produits en plein essor
    Le tourisme vert, le tourisme de bien-être (spas) et le tourisme de santé (chirurgies et convalescence) sont des produits en plein essor. Bien que l’on parle de segmentation et de spécialisation, le tourisme de masse n’est pas en voie d’extinction.

Flirter avec la Chine et l’Inde

Même si la Chine et l’Inde constituent des marchés potentiels énormes, la liste de leurs prétendants est longue. Plus de 170 destinations se servent de leurs charmes pour faire la cour aux Chinois et aux Indiens. Malgré leur bon vouloir, le modèle de déplacement des voyageurs des marchés émergents à l’extérieur de leur pays demeure souvent le même. Dans un premier temps, les déplacements se font en groupe et les pays limitrophes récoltent une large part du gâteau. Dans un deuxième temps, l’Europe et l’Amérique du Nord (particulièrement la côte Ouest) s’inscrivent dans leur rayon de déplacements et les voyageurs individuels se multiplient.

Certains comportements diffèrent toutefois. Les voyageurs chinois voudront trouver une certaine sécurité en matière de langue et de nourriture et seront attirés par les communautés chinoises importantes à l’étranger. Quant aux voyageurs indiens, leur expérience de voyage fait en sorte qu’ils sont plus aptes à se déplacer individuellement et ce un peu partout à travers le monde.

Il est tout de même temps d’entrer dans la ronde pour ceux qui désirent figurer dans l’imaginaire de ces voyageurs. 

Le tourisme en général devrait poursuivre son ascension

Si l’on se fie aux cinquante années passées et même si, certaines années, le profil de la courbe de croissance a subi quelques modifications, le tourisme n’est pas prêt de péricliter. Mais… malgré l’augmentation annuelle de la demande internationale anticipée de 4,2%, les régions se font de plus en plus nombreuses à vouloir courtiser les voyageurs.

Sources:
– Baumgarten, Jean-Claude. Président du World Travel & Tourism Council (WTTC) et invité du Cercle de tourisme du Québec, 20 avril 2006.
– Désiront André. Entrevue avec M. Jean-Claude Baumgarten à l’occasion de son allocution au Cercle de tourisme du Québec, 20 avril 2006.
– Frangialli, Francesco. «Défis pour un nouveau millénaire», Le Devoir, 1er et 2 avril 2006.
– Sarrasin, Bruno. «Temps de ruptures et continuités», Le Devoir, 1er et 2 avril 2006.

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Produits et activités

Complexe de villégiature aquatique intérieur: le Québec prendra-t-il la vague?

Le projet de transformation de l’aéroport Mirabel et de l’ancien hôtel Château Mirabel en «resort» aquatique intérieur semble novateur. Pourtant, il ne ferait que permettre au Québec de se doter d’une infrastructure déjà largement offerte aux États-Unis.

Offrir l’été en toutes saisons

Les consommateurs démontrent un intérêt grandissant envers les parcs thématiques à vocation aquatique. De 1991 à 2003, le nombre de visiteurs dans les parcs aquatiques américains est passé de 42 à 73 millions. Toutefois, les conditions climatiques du nord des États-Unis et du Canada ne permettent pas une opération annuelle de parcs aquatiques extérieurs comme c’est le cas en Floride, en Californie ou au Texas où l’on trouve les parcs aquatiques les plus achalandés d’Amérique du Nord.

La possibilité d’offrir un produit réellement toutes saisons, d’éliminer le risque perçu lié à la météo (même en été), d’offrir une alternative de divertissement en soirée (les parcs sont souvent ouverts jusqu’à 22 h) et de répondre à la tendance favorable aux courts séjours en famille sont quelques-unes des raisons qui peuvent expliquer la croissance accélérée de ce type de produit. Les complexes situés à proximité d’importants bassins de population ou de destinations vacances établies enregistrent de meilleures performances.

Toutefois, les propriétaires doivent continuellement investir afin de bonifier l’offre du complexe et ainsi assurer un effet de nouveauté susceptible d’attirer davantage de consommateurs et de convaincre les clients de revenir. Cette obligation d’innover entraînera inévitablement une augmentation de la taille des resorts, notamment par l’ajout de composantes de grande taille comme les piscines à vagues. À court terme, l’augmentation de la concurrence obligera aussi les complexes à personnaliser l’expérience offerte et à garantir un niveau élevé de services afin de se distinguer des compétiteurs.

Un raz-de-marée de nouvelles offres

En 2005, 23 complexes aquatiques intérieurs ont ouvert leurs portes ou ont agrandi leurs installations, portant l’offre nord-américaine à un total de 82 resorts offrant 18 000 chambres et 232 000 mètres carrés de parcs aquatiques intérieurs. Ces ajouts représentent une croissance annuelle de 19% de l’offre d’hébergement et de 35% des aires de récréation, un rythme de croissance substantiellement supérieur à celui de l’hébergement traditionnel (environ 1,5%).

Et l’engouement ne s’arrête pas là! Une récente étude de la firme Hotel and Leisure Advisor, LCC, estime que 23 nouveaux projets d’ouverture et d’agrandissement se concrétiseront en 2006 et que plus de 150 projets sont actuellement à l’étude ou en développement en Amérique du Nord.

Un phénomène du Midwest américain

Le phénomène des resorts aquatiques intérieurs est originaire de Wisconsin Dells (Wisconsin), petite municipalité de 5000 résidants, où a été bâti le premier complexe américain en 1989. Avant cette date, la région offrait déjà quelques parcs aquatiques extérieurs et une variété d’activités de plein air, mais la saison touristique durait concrètement une centaine de jours et le taux d’occupation annuel des hôteliers plafonnait à 40%.

Tablant sur la proximité de trois importants marchés (Chicago, Minneapolis et Milwaukee sont à moins de trois heures de route), la destination a pris le virage aquatique intérieur. Au cours des 15 dernières années, 17 resorts se sont ajoutés à l’offre de cette ville qui se proclame la capitale mondiale des parcs aquatiques. En 2005, Wisconsin Dells a accueilli plus de 3 millions de visiteurs et les hôteliers ont affiché un taux d’occupation annuel de 80%.

Cette concentration contribue au positionnement de l’État du Wisconsin comme leader avec 30 des 71 complexes actuellement disponibles aux États-Unis. On y trouve également le plus grand parc aquatique américain, le Kalahari Resort, qui compte 11 615 mètres carrés. En fait, les États du Midwest s’accaparent la part du lion avec environ 75% de l’offre américaine, suivis des États des plaines américaines avec 10%.

Le Nord-Est des États-Unis sur le tremplin?

Au cours des derniers mois, deux établissements ont ouvert leurs portes dans le Nord-Est. La bannière Great Wolf Lodge a choisi la région du mont Pocono (Pennsylvanie) pour l’implantation de son septième établissement, alors que la firme Six Flags optait pour la région de Lake George (New York) pour l’ouverture de son premier parc aquatique intérieur. Sensible à l’importance de l’innovation, le nouveau complexe de Six Flags est doté d’un toit en Texlon, un matériel qui laisse filtrer les rayons UV, permettant ainsi aux visiteurs de bronzer même à l’intérieur. 

Le concept de parc aquatique intérieur fait ainsi une percée dans un territoire qui, jusqu’à récemment, n’en comptait que deux (Erie en Pennsylvanie et Cape Cod au Massachusetts). Les États des régions de la Nouvelle-Angleterre et de l’Atlantique Centre semblent vouloir faire une place à ce type de complexe car, selon l’étude de Hotel and Leisure Advisor, LCC, quelque 35 projets seraient actuellement en cours ou à l’étude.

Le Canada et le Québec se mouillent peu!

Même si c’est au Canada que l’on peut voir le plus grand parc aquatique intérieur d’Amérique du Nord: le World Waterpark, situé dans le West Edmonton Mall en Alberta – 18 fois plus spacieux que le plus grand parc aquatique des États-Unis – (lire aussi: Prendre des vacances à Berlin ou sur une île tropicale? Et pourquoi pas les deux!), le pays fait figure de parent pauvre face à son voisin américain. 

Au cours des dernières années, plusieurs hôteliers canadiens ont investi afin de moderniser leur piscine en y ajoutant certaines composantes d’amusement (glissades et autres), sans toutefois oser le pari d’ouvrir un réel parc aquatique intérieur (superficie supérieure à 929 mètres carrés). Selon Hotel and Leisure Advisor, LCC, le Canada abrite actuellement 11 resorts aquatiques intérieurs (6 dans l’Ouest, 4 en Ontario et 1 au Québec) et seulement 5 projets seraient en construction ou à l’étude au pays. 

Bien nanti en matière de parcs aquatiques extérieurs, comptant même sur la présence du plus grand parc aquatique extérieur au Canada (le Village Vacances Valcaltier), le Québec se jettera-t-il aussi à l’eau? Outre le projet du consortium européen I-Parks-Oger International à l’ancien aéroport de Mirabel, on trouve une mention d’un centre aquatique intérieur/extérieur de 2000 mètres carrés dans le projet de développement 2005-2010 du Mont-Orford. C’est relativement peu si l’on considère l’intérêt des Québécois pour les activités aquatiques!

Lire aussi

Parcs d’attractions: que nous réserve 2005?
Les parcs à thèmes en Amérique du Nord: maturation, consolidation et diversification

Sources:

– Duddin, Jean-Maurice. «Mirabel – Attractions à l’aérogare – Le promoteur: un groupe français», Journal de Montréal, 3 février 2006.
– Levine, Arthur. «What’s New at Theme Parks, Amusement Parks, and Water Parks for 2006?», [www.themeparks.about.com], 2006.
– Loose, Cindy. «Summer Under Glass», The Washington Post, 19 février 2006, p. 1.
– Sangree, David J. «Indoor Waterparks and Hotels? Year End 2005 Overview», Hotel online [Hotelonline.com], février 2006.

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Produits et activités

Casinos: l’industrie diversifie sa mise!

La volonté de la Société des casinos du Québec de commercialiser son établissement de Gatineau sous l’appellation Complexe du Lac-Leamy et de vouloir repositionner le Casino de Montréal dans un complexe intégré semble s’inscrire dans une tendance mondiale.

Explosion de l’offre

Avant le début de la décennie 1990, aux États-Unis, seuls le Nevada et le New Jersey (région d’Atlantic City) avaient légalisé les casinos commerciaux. Neuf autres États américains les ont graduellement autorisés de 1990 à 2000.

S’ajoutent à cela les 485 casinos autochtones répartis dans 28 États américains et tous les nouveaux projets actuellement en développement.

Selon Hospitality Real Estate Counselors (HREC), les investissements réalisés en 2005 se chiffraient à 4 milliards USD par rapport à 3 milliards USD pour 2003 et 2004 ensemble. Pour la période 2006 à 2009, 14,5 milliards USD de projets sont en cours ou annoncés, et ce, sans compter des rumeurs concernant 14 milliards USD supplémentaires.

Las Vegas mise sur le divertissement

Depuis 2002, après une vaine tentative de rejoindre la clientèle familiale, les promoteurs de Las Vegas ont mis l’accent sur les spectacles, l’animation des sites, la restauration thématique et le shopping. Le divertissement a permis de repositionner la destination: de 2000 à 2004, le nombre de visiteurs est passé de 35,4 millions à 37,4 millions, dont plus de 5,7 millions de congressistes.

Ailleurs aux États-Unis

Si toutes les réalisations n’ont pas l’envergure de celles de Las Vegas, les projets récents et à venir démontrent que plusieurs investissements portent désormais l’étiquette «Vegas Style».

Atlantic City a résolument pris le virage «Vegas» avec l’ouverture du Borgota Hotel Casino & Spa en juillet 2003. Le succès de ce complexe de divertissement a relancé la destination et ses promoteurs annonçaient récemment l’ajout de 800 chambres d’hôtel au coût de 325 millions USD. Depuis, les projets se succèdent :

  • Le Tropicana Casino: investissement de 280 millions USD pour la construction d’un hôtel de 502 chambres et d’un complexe comprenant 40 restaurants, bars, discothèques et boutiques, en plus d’un spa et d’un cinéma Imax.
  • Le Showboat Casino: ouverture d’une succursale de la chaîne House of Blues qui offre désormais une salle de spectacles de 2500 places et un restaurant thématique. 
  • The Pier at Caesars: travaux de 175 millions USD visant à doter l’établissement d’une salle à manger de prestige, de boutiques et d’un complexe de divertissement, dès 2006.

Résultat des mises: en 2005, pour la première fois, les revenus de jeu des casinos d’Atlantic City franchissaient la barre des 5 milliards USD (comparé à 6,8 milliards USD pour Las Vegas).

Au Missouri, on estime à 1,3 milliard USD les investissements des casinos au cours des prochaines années et la majorité des sommes ne vise pas les aires de jeu.

En 2006, la Pennsylvanie autorisera l’ouverture de 14 casinos, notamment dans la ville de Pittsburgh, et des projets de «resorts-casinos» sont également à l’étude au Rhode Island, au Delaware, au Michigan, en Oregon et dans l’État de New York.

Ailleurs dans le monde

En France, le groupe Barrière, le plus important opérateur de casinos français, ouvrait récemment son 36e établissement, le premier dans la région parisienne. Le nouveau casino d’Enghien-les-Bains a été intégré au projet de restauration de l’ancien théâtre de la ville qui devient ainsi le lieu de divertissement de l’établissement.

En Suisse, le Grand Casino de Lucerne a vu son chiffre d’affaires s’accroître de 7,7 % au cours des premiers mois de 2005, résultat que le gestionnaire attribue à l’ajout récent d’un auditorium offrant diverses prestations culturelles et à l’obtention de prestigieux prix de gastronomie par son restaurant.

En 2005, en Angleterre, le gouvernement annonçait son intention d’émettre une licence unique pour la construction et l’exploitation d’un super casino «Vegas Style».

Les marchés de Singapour et de Macau sont particulièrement ciblés par les grandes firmes américaines (MGM Mirage, Harrah’s Entertainment, Wynn Resorts, etc.) qui souhaitent profiter de la légalisation du jeu sur ces deux territoires pour tirer profit du potentiel du marché chinois en recréant des complexes similaires à ceux construits sur la strip de Las Vegas.

Au Canada

À Edmonton, un nouveau complexe ouvrira ses portes à la fin de 2006. Ce projet du groupe américain Century Casino intégrera un casino, un hôtel de 40 chambres, une salle de spectacles et des restaurants.

Parmi les ajouts récents, notons l’ouverture, en juin 2004, à Richmond en Colombie-Britannique, d’un nouveau complexe casino qui compte un hôtel de 222 suites, un théâtre de 1000 places, un restaurant, un spa, des salles de réunions et de congrès, ainsi qu’une marina.

En juin 2004 également, l’ouverture du Niagara Fallsview Casino Resort a doté la région de Niagara d’un complexe qui peut rivaliser avec les casinos les plus somptueux du monde. Cette infrastructure de 1 milliard CAD propose :

  • un casino de 200 000 pieds carrés;
  • un hôtel de 368 chambres luxueuses;
  • un amphithéâtre de 1500 sièges;
  • 10 restaurants;
  • un centre de conférence de 50 000 pieds carrés;
  • un spa et des boutiques.

Si le Québec pouvait se targuer d’être novateur lors de l’ouverture d’un des premiers casinos commerciaux au Canada, celui de Montréal en 1993, force est d’avouer que l’univers des casinos a grandement évolué depuis ce temps!

Sources:
– American Gambling Association. «2005 State of the States – The AGA Survey of Casino Entertainment», www.americangaming.org, 4 mai 2005.
– «Atlantic City Moves Out of the Shadow of Las Vegas», Gambling Magazine [www.gamblingmagazine.com], 17 juillet 2005.
– «Casinos Booming Despite Hurricanes And Regulations», Gambling Magazine [www.gamblingmagazine.com], 20 décembre 2005.
– HREC – Hospitality Real Estate Counselors. «New Casino Development Survey», Hotel Online [www.hotel-online.com], 3 août 2005.
–  «Missouri Casinos Plan $1.3B In Upgrades», Gambling Magazine [www.gamblingmagazine.com], 26 janvier 2006.

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Tendances

Quelles sont les tendances pour 2006? +++ Commentaire de Michaël Nowlis +++

Chaque début d’année apporte son lot de prévisions et de prédictions sur une foule de sujets. Des technologies au secteur de l’hébergement, en passant par les destinations vedettes, voici en vrac certaines tendances pour la prochaine année.

Tourisme d’agrément

En 2006, le voyage d’agrément continuera d’être le principal facteur de la croissance du tourisme. Selon certains experts américains, le repos et la détente motiveront plus de la moitié des voyageurs d’agrément.

Les activités telles que les spas ainsi que celles promettant un environnement sans stress semblent promises au succès. Un récent sondage de Tripadvisor.com révèle que 50% des 3000 répondants envisagent un séjour spa au cours de la prochaine année. La tendance étant encore aux courts séjours, le défi du secteur touristique est d’offrir le plus haut niveau de détente dans le plus bref laps de temps.

La fréquentation des parcs nationaux sera en augmentation, alors que l’achalandage des parcs thématiques subira une diminution.

Le domaine des croisières devrait poursuivre sa lancée et connaître une excellente année, notamment grâce à la mise en service de nouveaux navires et à la popularité croissante de ce produit auprès des familles. La vente d’hébergement à temps partagé (time-sharing) sur les bateaux de croisières est identifiée comme axe porteur pour les prochaines années.

Une meilleure performance attendrait les villes qui mettent l’accent sur le plaisir et offrent une diversité et une forte densité d’activités, idéalement à distance de marche.

Finalement, l’augmentation de la demande incite les experts à inviter les consommateurs à réserver tôt afin de s’assurer de trouver des disponibilités aux périodes désirées.

Tourisme d’affaires

Le tourisme d’affaires nord-américain connaîtra une année intéressante avec une croissance de 5% en 2006, par rapport à une hausse de 4% en 2005. Cette augmentation sera principalement attribuable au marché des réunions et des congrès. Toutefois, pour leurs besoins corporatifs quotidiens, les gens d’affaires continuent de chercher des solutions de rechange pour arriver à faire des affaires sans voyager.

De récentes prévisions de Meeting Planners International (MPI) confirment une hausse des dépenses et du nombre d’événements de 7% pour la prochaine année.

Cette prévision repose principalement sur les marchés nationaux, car les organisateurs américains et européens ne prévoient pas de croissance de leurs événements internationaux. Au Canada, le nombre de visiteurs de congrès américains devrait demeurer stable.

Bonne nouvelle pour les fournisseurs, MPI anticipe que les délais pour les appels de soumissions (lead time) commenceront à allonger. En 2006, on estime qu’ils connaîtront un accroissement de près de 40%, ce qui représente un gain de deux à trois mois supplémentaires entre le moment de la demande de soumission et le déroulement de l’événement.

Hébergement

En Amérique du Nord, compte tenu de l’augmentation de la demande et d’une faible croissance de l’offre, les tarifs moyens devraient poursuivre leur croissance en 2006. Les segments haut de gamme et de luxe tout particulièrement devraient tirer profit de cette situation.

Par ailleurs, en 2006, l’hôtellerie, tout comme l’ensemble des secteurs touristiques, fera face aux défis du manque de personnel et de la gestion des ressources humaines. Une récente étude américaine souligne en effet que 25% des employés du secteur de l’hébergement se disent insatisfaits de leur emploi et que 32% d’entre eux souhaitent se trouver un nouvel emploi au cours de la prochaine année. L’année 2006 risque d’être mouvementée pour les hôteliers des grandes villes américaines, alors que plusieurs conventions collectives devront être renégociées.

Transport

Le secteur aérien nord-américain continuera de subir une pression énorme, alors que les transporteurs à rabais poursuivront leur invasion des routes traditionnelles des grands transporteurs. Dans ce contexte concurrentiel, les tarifs demeureront avantageux, mais une hausse prévisible du coût du carburant, jumelée à une stagnation des sièges disponibles, devrait pousser à la hausse les prix moyens des transporteurs réguliers. On verra un accroissement des services payants à la carte pour les services en vol (oreiller, couverture, repas, collation, etc.)

Du côté des aéroports, on devrait assister à une croissance des services offerts aux voyageurs. L’ajout de boutiques, de restaurants, de salles d’entraînement, de soins esthétiques et de services professionnels s’inscrit dans les pistes privilégiées par les gestionnaires aéroportuaires pour diversifier leurs sources de revenus et améliorer l’expérience de leur clientèle.

En 2006, on assistera également aux premiers vols commerciaux du Airbus A-380. Ce méga avion à deux étages sera le premier à offrir des aires de socialisation.

Aux États-Unis, les voyages en train connaîtront une recrudescence en 2006. L’amélioration des services et des horaires, mais surtout la possibilité de transformer le transport d’un rôle utilitaire à une expérience en soi pique de plus en plus l’intérêt des consommateurs pour ce service, spécialement ceux de la génération X.

Technologie

Les clients, autant d’affaires que d’agrément, exigeront plus que jamais d’avoir la possibilité de se «brancher» partout et en tout temps. Hôtels et resorts, centres de congrès, aéroports et moyens de transport accentueront leur capacité à offrir l’Internet haute vitesse (gratuitement si possible). Au cours de l’année 2006, les transporteurs aériens américains offriront les premiers branchements Internet sans fil pendant un vol.

L’utilisation accrue d’Internet par les consommateurs continue de révolutionner la mise en marché et la distribution des produits et des services touristiques. En 2006, le nombre de transactions en ligne poursuivra sa forte croissance, alors qu’aux États-Unis la firme Phocuswright prévoit que, d’ici 2007, 40% des achats touristiques seront effectués en ligne.

Par ailleurs, le tourisme trouve une place grandissante au sein de grands portails de recherche (Google et Yahoo) ou de sites généraux de magasinage en ligne (Pricegrabber). Une telle multiplication des outils crée une transparence des prix qui oblige les fournisseurs à se préoccuper encore plus fortement de leur image de marque, puisque c’est la combinaison du tarif avec la perception du fournisseur par le consommateur qui établit la valeur perçue.

Le marketing touristique devrait accorder une importance accrue à la commercialisation électronique. On prévoit une application élargie des concepts de «meilleurs prix garantis», de dynamic packaging et de référencement payant. (Lire aussi: L’art d’être repéré sur le Web.) Les experts soulignent également l’engouement actuel pour les médias générés par les internautes, tels que les blogues (lire aussi: Phénomène BLOGUE), ainsi que les fonctionnalités de messagerie instantanée. Les individus exerceront une influence rapide et grandissante sur le succès commercial de produits et services.

Destinations

En ce début d’année, la Chine demeure la destination qui suscite le plus d’intérêt et de curiosité. L’éditeur Lonely Planets positionne d’ailleurs ce pays au sommet des destinations en croissance, suivi du Mali, du Brésil, de l’Islande et de la Serbie-Montenegro. En matière de destinations offrant un rapport qualité-prix exceptionnel, l’éditeur cite l’Argentine, au premier rang, suivie de la Nouvelle-Zélande, du Maroc, de l’Inde et du Mexique.

En Europe, selon American Express, le Royaume-Uni, la France et l’Italie demeurent les destinations préférées des Américains, mais l’Europe de l’Est continue de susciter énormément d’intérêt, notamment les pays de la Riviera adriatique (Croatie, Slovénie, Montenegro), qui représentent une alternative moins onéreuse.

Sources:
– Armstrong, David. «Travel, Tourism Bouncing Back – Conventions and Visitors Returning, but Room Rates and Airfares Are Going Up», San Francisco Chronicle, 8 janvier 2006, p. J1.
– Cruise Lines International Association. «Cruise Industry Trends for 2006», [Traveldailynews.com], 16 janvier 2006.
– Grossman, David. «What’s in Store for Business Travelers in 2006?», USA Today, 9 janvier 2006.
– Harpaz, Beth J. «2006 Hot Spots Include Colorado, China & Croatia», Associated Press, [CNN.com ], 29 décembre 2005.
– Jones, Steve. «Steady Growth Forecast for Business Travel», [Travelmole.com], 3 janvier 2006.
– Meeting Professionals International. «Meetings Industry to Grow in 2006», [4hoteliers.com], 11 janvier 2006.
– Randall, Judy. «Top Travel Trends for 2006», The Charlotte Observer, 25 décembre 2005.
– Sloan, Gene. «China, the New Croatia?», USA Today, 5 janvier 2006.
– Westenberg, Kerri. «Travel Trends: Where it’s at in 2006?», [StarTribune.com], 2 janvier 2006.
– Yesawich, Pepperdine, Brown & Russel. «Ten Trends to Watch in the Year Ahead», [ehotelier.com]

Commentary from Michael Nowlis on the tourism trends in 2006

[March 5, 2006] François Chevrier’s article concerning tourism trends in 2006 summarizes the broad expectations of many analysts in the North American market. As it is difficult to address the multitudinous industry developments in such a brief piece, I am pleased to suggest a few international trends to complement his list.

Gen Y hybrid consumers will use price transparency provided by the Internet and the euro to combine five-star hotel accommodations with low-cost flights, both reserved at discount travel sites. Although practitioners of conspicuous consumption, the Millennial Group sees no contradiction in following a 5-minute lunch at McDonald’s with a 5-hour dinner chez Ducasse. New concepts of value for money will result in consumers mixing and matching products to satisfy their desire of the moment. 

Merger and acquisition activity in the hotel sector will continue at a torrid pace. Starwood’s recent purchases of Meridien and Société du Louvre, the Fairmont-Raffles merger and the reunification of Hilton are precursors of the rapid consolidation ahead. 

Multi-brand lodging companies will further capitalize on the reputations of their flagship properties to create upscale product groups using brands such as St. Regis, Waldorf-Astoria and Crillon. These super-luxury properties will justify stratospheric rates by offering enhanced amenities and employing database technology to introduce new standards of service excellence. 

As budget airlines emerge in new geographic regions, they will expose the long-ignored fact that air transport is a commodity where low-cost leaders are most profitable. Investors who shied away from traditional carriers will find confidence in these new airlines as manifested by Ryanair’s ranking of maintaining the second highest market capitalization of European airlines (behind Air France-KLM). 

While travelers become increasingly accustomed to living in an unsafe world, security will play a significant role in selecting leisure destinations. Disease, crime, air safety and terrorism will become important criteria for holidaymakers planning trips abroad.

While Mr. Chevrier provides a broad optimistic forecast for North America, other destinations will manifest greater variations in demand. In Europe, the United Kingdom, Austria and the Netherlands will see increasing growth in their business and leisure markets while Poland, Germany and Sweden will struggle to fill hotel rooms and tourist facilities. François Chevrier cites the growing attraction of China and India but Asian tourism markets such as Indonesia, Sri Lanka and Nepal will suffer from political instability. 

In 2006, analysts, scholars and industry leaders will discover the meaning of Albert Einstein’s observation that « The only constant in the universe is change ».

Michael Nowlis
Managing Director, Tourism Control Intelligence

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Segments de clientèles

Bienvenue dans le merveilleux monde des sociostyles!

Les strates démographiques constituent certes la base de la segmentation, mais qu’en est-il des «sociostyles»? Sont-ils annonciateurs d’une mode ou d’une tendance lourde? À moins qu’il ne s’agisse d’une nouvelle invention des spécialistes marketing pour pousser les gens à la consommation. Il s’avère tout de même intéressant d’intégrer ces nouvelles tendances à son vocabulaire et d’y déceler quelques occasions d’affaires.

Histoire de se mettre au parfum!

Nous sommes à l’ère de l’individualisation, d’où la prolifération de la segmentation et des marchés de niche. Tous les produits se déclinent désormais pour répondre aux multiples préférences des consommateurs et il semble que la nouveauté n’ait de limite que celle de l’imagination des gens.

Il existe toujours les bons vieux segments démographiques qui dictent les courants de consommation, mais parallèlement, les grandes firmes de marketing identifient certains comportements sociaux.

L’entreprise de marketing Claritas a développé un système de segmentation de la clientèle (PRIZM) afin de décortiquer et de comprendre le comportement du consommateur. Ce système découpe la population américaine en 15 différents groupes et 62 segments selon la démographie, les préférences, les comportements et les styles de vie. Ces regroupements vont du Urban Uptown au Beltway Boomers en passant par le Gray Power et les Young Influentials, sans oublier les Up-and-Comers, les White Picket Fences et les Fast-Track Families. Comme quoi rien n’est facile au pays de la segmentation!

Au-delà de ces catégorisations, nous observons certains phénomènes sociaux qui peuvent orienter le développement des produits et des services ou modifier notre façon de nous adresser à nos clients potentiels.

Le Metrosexual

L’expression Metrosexual a été inventée par l’écrivain anglais Marks Simpsons en 1994 et reprise par les médias en 2002. Précisons que metro est dérivé de metropolitain et non du transport en commun. Le Metrosexual type est l’homme urbain branché chez qui priment l’apparence et le mode de vie:

  • il est âgé entre 20 et 40 ans;
  • il aime magasiner et paie le prix pour de grandes marques connues;
  • il soigne son apparence: coiffeur-styliste, entraînement physique, massage, soins de la peau, manucure, épilation;
  • il apprécie les bonnes et belles choses: design intérieur, vin, nourriture, voiture;
  • il lit des magazines pour hommes où la politique étrangère côtoie les recommandations des meilleures crèmes pour le visage;
  • il apprécie les sports, mais diffère des vrais amateurs;
  • ses goûts se rapprochent de ceux des femmes;
  • il possède beaucoup de caractéristiques qui s’apparentent à la clientèle gay, mais il est hétérosexuel.

Cette clientèle carbure aux marques branchées, mais elle n’est pas très fidèle puisqu’elle aime la nouveauté. Pour lui plaire, les hôtels se «revampent», adaptent leurs menus et retapent leurs salles de bain. Les dirigeants des spas le courtisent et un placement publicitaire dans les magazines qu’il aime lire produira son effet.

La Massclusivity

La Massclusivity désigne une clientèle désireuse d’obtenir des privilèges en exclusivité. Elle veut jouir de prérogatives liées à son statut. Elle raffole des cartes de membres qui lui accordent ces privilèges exclusifs.

Hôtels «griffés», accessibilité à une plage déserte, friandises confectionnées par un grand chocolatier, accès à un club de nuit privé ne sont que quelques exemples de ses intérêts. On peut même aller jusqu’à lui faciliter l’achat d’une propriété dans un pays étranger. Lufthansa a ouvert à Francfort le premier terminal dédié à cette clientèle et offre des vols première classe qui lui sont entièrement réservés. Singapour Airlines envisage d’emboîter le pas. Avec la croissance du nombre de nouveaux riches asiatiques, cette tendance ne s’essoufflera pas dans les prochaines années.

Sans cibler cette clientèle haut de gamme, la démocratisation du luxe (produits et services de qualité à prix abordables) nous permet tout de même de rejoindre un segment beaucoup plus substantiel de personnes. Pas besoin d’un emballage de chocolats Godiva exclusif à 350 $US, mais des truffes sur la table de nuit peuvent suffire.

Les Masters of the Youniverse

L’individualisation et l’indépendance sous-tendent le courant sociétal des Masters of the Youniverse. Ce nouveau consommateur veut créer et contrôler son propre univers. Internet et le téléphone cellulaire lui offrent la liberté, la rapidité et la mobilité qu’il recherche. La venue des transporteurs et des hôtels à bas prix lui procure la flexibilité désirée. Le forfait tout inclus et le voyage organisé comblent son besoin de facilité, tandis que le voyage à la carte lui permet de répondre à ses goûts particuliers.

On lui offre trente parfums de glace, des huiles d’olive au goût d’herbe coupée, de la musique pour tous les styles. La multiplication des produits et services lui permet de personnaliser son «univers» en fonction de ses besoins et de ses goûts.

La génération C

La génération C ne constitue pas un nouveau segment démographique des jeunes nés entre le 3 novembre 1987 et le 12 avril 1991. La consommation de «contenu» décrit plutôt l’origine de ce phénomène. Celui qui a généré tant d’information sur Internet, celui qui oblige à augmenter sans cesse la puissance des micro-ordinateurs, celui qui ne jure que par le multimédia (images, audio, etc.).

On décèle un fort courant de gens «technos». Qu’à cela ne tienne, on utilisera la techno pour développer un nouveau produit, pour s’adresser à eux ou pour révolutionner une façon de faire dans la publicisation de produits.

La société a changé et continue de changer, qu’on se le dise!

Le cocooning se mute en nesting… on pourrait presque décliner à l’infini le croisement des segments démographiques et des comportements sociaux. Est-ce que les gens s’identifient vraiment à ces segments? On ne parierait pas là-dessus. Il faut tout de même s’arrêter pour réfléchir et comprendre comment vit et évolue notre société. Ces grands courants nous permettent de mieux saisir qui sont en fait nos clients potentiels et actuels, de mieux prévoir ce que nous réserve la boule de cristal ou encore de l’inventer.

On écrivait précédemment que la nouveauté se limite à l’imagination des gens. Et bien, on constate l’émergence d’une classe créative dans les domaines du génie, des arts, de l’entrepreneuriat, de la médecine, du droit, etc. qui trouve des solutions à des problèmes, réinvente les façons de faire traditionnelles et innove.

Il est utopique de croire qu’un produit peut intéresser tous les voyageurs. Mais il ne suffit pas de les segmenter, il faut savoir leur parler, car il existe de nombreuses manières de s’adresser à eux.

Sources:
– Claritas [www.clusterbigip1.claritas.com].
– Martineau, Annie. «Être ou ne pas être métrosexuel», Amabilia – Sociétés [www.amabilia.com].
– Trendwatching.com [www.trendwatching.com].

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Parcs d’attractions: que nous réserve 2005?

La création du mégacentre de divertissement Tropical Islands près de Berlin fait jaser toute l’Europe. Mais quelles seront les grandes tendances en matière de parcs à thèmes et de divertissement en 2005?

De l’eau et des jeux

Un créneau semble se développer plus que les autres: les parcs aquatiques intérieurs jumelés avec de l’hébergement. Sans pouvoir affirmer si cette tendance tient de la mode passagère, force est de constater que sa croissance semble trop importante pour l’ignorer.

En Amérique du Nord, les hôtels disposant d’un parc aquatique intérieur se développent et continueront de progresser plus rapidement que l’industrie hôtelière classique. En effet, certains analystes avancent même qu’en 2005, ces nouveaux types d’hôtels enregistreront un taux de croissance annuel de 23% à 29%, contre 1,3% seulement pour l’hôtellerie traditionnelle.

Plusieurs aménagements ont déjà vu le jour et d’autres investissements sont en cours. Citons l’inauguration, en janvier 2005, d’un complexe hôtel/aquaparc/aquarium aux chutes Niagara, une initiative de Ripley’s Entertainment.

Ce projet de 200 millions $CA constitue l’une des plus récentes grandes réalisations destinées à la famille en Ontario. Le complexe, d’une superficie de 25 acres (10,1 hectares), inclut un hôtel de 406 chambres (le Great Wolf Lodge), un parc aquatique intérieur et un aquarium (dont la construction est prévue en 2006). On s’attend à ce que ce nouveau centre thématique, une fois achevé, attire 2,5 millions de personnes par an.

À l’image d’Orlando en Floride, les chutes Niagara se développent à la vitesse grand V. Les projets touristiques des dernières années ont transformé la petite ville industrielle en une véritable destination touristique. On y a construit plus de 40 hôtels et motels depuis dix ans et l’industrie touristique contribue à l’économie locale de façon significative – plus de 1,73 milliard $CA par année.

Interrogé sur la question de l’évolution des parcs thématiques, Philippe Pichon, directeur de projets de développement chez Grévin & Cie (France)*, souligne que l’hôtel à proximité des attractions (aquarium, parc aquatique, centre commercial, casino, musées, restaurants, etc.) fonctionne selon «l’effet de la rue commerçante», et retient les clients un jour ou deux de plus sur le site. Les visiteurs captifs y privilégient les activités de loisirs «de la maison» et restent aux environs de l’hôtel.

À moyen terme, il ne sera pas étonnant de constater l’émergence de ce type de mariage (hôtel/parc aquatique intérieur) aux abords des stations de sports d’hiver, des terrains de golf, des centres de conférence, etc.

Autres changements à l’horizon en 2005

  • La technologie. Selon Philippe Pichon, l’Europe ne prendra pas part à une course à la technologie. Cela représente des investissements beaucoup trop lourds, que seuls les États-Unis pourront réaliser. Dans cet esprit, mentionnons le LegoLand de Californie, qui vient d’annoncer un investissement de 5 millions $US en janvier 2005, ainsi que l’ajout de cinq nouvelles attractions, grâce à une augmentation significative de son chiffre d’affaires en 2004 (+11%).
  • La montée chinoise. La Chine représente un marché énorme, mais sera-t-elle la manne tant espérée, puisque seule une petite portion de la population pourra assumer de telles dépenses. M. Pichon croit qu’il serait sans doute plus intéressant de développer, chez eux, des projets de divertissement conçus «à la chinoise», en collaboration avec des gens du milieu. Les activités devront se baser sur leur culture et les frais de fonctionnement, être adaptés à la Chine et au niveau de vie de ses habitants. Toutefois, rappelons la popularité incontestée des parcs d’attractions américains tels que Disneyland auprès de cette clientèle asiatique. (Lire aussi: Les touristes chinois seront-ils la manne tant espérée?)
  • Les canaux de distribution. Ces derniers ne devraient pas subir de grands changements. Cependant, une meilleure utilisation d’Internet pourrait mieux fidéliser la clientèle par des campagnes de marketing très ciblées.

Bilan de l’année 2004

Selon les dernières estimations d’Amusement Business, en collaboration avec l’entreprise de recherche Economic Research Associates, la fréquentation dans les 50 parcs d’attractions les plus populaires aux États-Unis enregistre un bond de presque 4%, soit la première augmentation significative depuis les attentats de 2001 (contre 2,2% dans les 50 plus importants parcs du monde).

Pour expliquer cette hausse, mentionnons, entre autres, la faiblesse du dollar américain (qui devrait pousser les touristes européens à rester plus longtemps, ainsi qu’à dépenser davantage) et la volonté des Américains de rester sur le territoire national.

Les grands parcs d’attractions se livrent une concurrence féroce: c’est à coups de millions qu’apparaissent chaque mois de nouvelles attractions, toutes plus gigantesques et plus modernes les unes que les autres. Citons simplement l’exemple du groupe Six Flags qui a annoncé l’ouverture de cinq nouveaux manèges à sensations fortes dans ses parcs, incluant des montagnes russes en forme de fer à cheval, hautes de 30 mètres, à Denver au Colorado.

Remarquons aussi le phénomène du Retailtainement (contraction des mots retail, distribution et entertainment, divertissement), qui prend une ampleur considérable (lire aussi : Les parcs à thèmes en Amérique du Nord: maturation, consolidation et diversification). Le fait de transformer des centres commerciaux entiers en véritable «lieu d’aventure» permet de garder captive, pour quelques heures, une clientèle tant régionale qu’étrangère.

En Europe, on constate deux choses: une diminution de 7 à 9% de la marge d’exploitation et une baisse de fréquentation. Due, entre autres, à une météo défavorable ainsi qu’à un étalement de la demande causé par la démultiplication de l’offre sur le territoire, le tout est heureusement pallié par une augmentation des dépenses moyennes, ce qui tend à stabiliser le volume d’affaires.

Côté clientèle, tout le monde sait qu’elle vieillit. D’une part, bien que les enfants des baby-boomers emmènent leurs propres petites familles dans les parcs d’attractions, leurs enfants sont encore trop jeunes – de 0 à 10 ans – pour constituer une nouvelle clientèle en soi. Quant aux ados, ils ne possèdent pas le pouvoir d’achat des baby-boomers. D’autre part, les jeunes parents sont moins attirés par les parcs de divertissement. Ils recherchent des sorties éducatives et se tournent alors vers des parcs à thèmes de type Vulcania ou Futuroscope.

* La société Grévin & Cie anime treize sites de loisirs (parcs d’attractions, sites touristiques, parcs nature et animaux) aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France, dont le parc Astérix et le Bioscope. En 2005, Grévin & Cie poursuivra sa stratégie d’européanisation. Enfin, rappelons qu’à l’hiver 2000, l’entreprise française désirait acheter La Ronde.

Voir aussi

Prendre des vacances à Berlin ou sur une île tropicale? Et pourquoi pas les deux!
L’offre d’hébergement dans un parc d’attractions constitue un avantage concurrentiel
Amusement Theme Parks (portail spécialisé)
Great Wolf Lodge
Grévin & Cie
Futuroscope

Sources:
– Orlando Sentinel. «Forecast 2005: Theme parks outlook», 10 janvier 2005.
– USA Today. «Attendance at theme parks increases, reversing 2 years of decline», 13 décembre 2004.
– Fink, James. «Ripley’s Great Wolf start $200M N.F., Ont. project», The Business Journal (Milwaukee), 18 janvier 2005.
– Michelmore, Bill. «Indoor water park on tap», The Buffalo News, 15 janvier 2005.
– La Dernière heure. «À la recherche d’armes de distraction massive», 11 juillet 2004.