Catégories
Marchés géographiques

Démystifier le marché de l’Atlantique-Centre

La firme Léger a effectué une enquête pour le compte du ministère du Tourisme du Québec afin de connaître le comportement de voyage de ses principales clientèles, dont les Américains de l’Atlantique-Centre qui englobe les régions métropolitaines de New York, Philadelphie et Washington. Le sondage a été mené en ligne en octobre 2016, auprès de 1 216 répondants qui avaient effectué au moins un voyage d’agrément incluant minimalement une nuitée en dehors de leur région de résidence au cours des trois dernières années.

Profiter de l’été

Les touristes de la région de Washington se démarquent avec une moyenne de 5,9 voyages

En moyenne, les voyageurs de l’Atlantique-Centre ont réalisé 5,2 voyages d’agrément en dehors de leur région de résidence au cours des trois dernières années. Le nombre de déplacements est légèrement inférieur à ce qui a pu être observé dans les autres marchés américains, tel que celui de la Nouvelle-Angleterre (moyenne de 5,7 voyages). Les touristes de la région de Washington se démarquent avec une moyenne de 5,9 voyages. De mai à octobre, les touristes de l’Atlantique-Centre ont effectué en moyenne 3 voyages d’agrément comparativement à 2,2 voyages de novembre à avril. Ils ont réalisé majoritairement 1 ou 2 déplacements (39 %) au cours des trois dernières années.

atlantique-centre-nombre-voyage

Le Québec en été, l’Ontario en hiver

Les principales destinations de ces voyageurs sont les États-Unis (88 %), suivis des Caraïbes (34 %), du Canada (26 %) et de l’Europe (26 %). Au Canada, le Québec arrive à égalité avec l’Ontario (14 %). En période estivale, le Québec est la première province visitée par cette clientèle (12 %). Cependant, elle se glisse légèrement derrière sa voisine ontarienne en hiver. Les touristes de New York sont les plus nombreux à choisir le Québec comme destination (voir le graphique 2).

atlantique-centre-provinces-visitees

Les musées fréquentés par tous

La majorité des voyageurs d’agrément de l’Atlantique-Centre (87 %) ont pratiqué des activités culturelles et évènementielles au cours des trois dernières années. Parmi les plus populaires se trouvent les musées (48 %) et les festivals et évènements d’été (42 % ; voir le graphique 3).
atlantique-centre-activites-culturelles

Les musées sont les activités culturelles les plus populaires pour l’ensemble des régions de l’Atlantique-Centre. Néanmoins, ils sont davantage fréquentés par les touristes venant de Washington (51 %). De ce fait, ceux-ci dépassent la moyenne des autres marchés américains étudiés (50 % pour la Nouvelle-Angleterre et 45 % pour l’Ouest). Les voyageurs de la région de Philadelphie ont une légère préférence pour les festivals et les évènements d’été (44 %) comparativement à ceux de New York (42 %) et de Washington (41 %).

Pour 76 % des répondants, au moins une de ces activités culturelles et évènementielles représente la raison principale du voyage d’agrément.

Les plages et les parcs nationaux ont la cote          

Plus de huit touristes d’agrément sur dix (85 %) ont pratiqué des activités de plein air et sportives lors de leurs voyages d’agrément réalisés au cours des trois dernières années. Ils se sont principalement rendus à la plage ou se sont baignés (56 %), ont visité des parcs nationaux (41 %), ont pratiqué la course à pied ou la marche (39 %), ainsi que la randonnée pédestre en milieu naturel (35 % ; voir le graphique 4).

atlantique-centre-activites-pleinair

Pour 84 % des répondants, au moins une de ces activités de plein air et sportives constitue la raison principale du voyage d’agrément réalisé au cours des trois dernières années.

Les voyageurs de la région de Washington se démarquent des autres marchés; leur taux de pratique est supérieur pour les activités de plage et de baignade et pour les parcs nationaux. La course à pied et la marche sont toutefois plus populaires auprès des répondants de la région de New York.

Être en ville et magasiner

Neuf voyageurs d’agrément de l’Atlantique-Centre sur dix ont pratiqué des activités récréatives et de divertissement.

Neuf voyageurs d’agrément de l’Atlantique-Centre sur dix ont pratiqué des activités récréatives et de divertissement. Les principales étant le magasinage (58 %), la visite de parcs zoologiques et d’aquariums (37 %), de parcs d’attractions, aquatiques ou thématiques (37 %) et le tourisme urbain (36 % ; voir le graphique 5).

atlantique-centre-activites-recreativesLes voyageurs de la région de New York participent moins à des activités récréatives et de divertissement. Cependant, ils se démarquent des autres marchés de l’Atlantique-Centre et américains par leur fréquentation supérieure des casinos et des boîtes de nuit (38 %). Les voyageurs de la région de Philadelphie préfèrent davantage les parcs zoologiques et les aquariums (47 %). Le tourisme urbain est plus populaire auprès des voyageurs de la région de New York (40 %).

Pour 79 % des répondants, au moins une de ces activités récréatives et de divertissement constitue la raison principale de leur voyage d’agrément au cours des trois dernières années.

L’attractivité des activités de plein air et sportives

Les répondants ont évalué le degré d’attractivité des activités réalisées en voyage en leur donnant une note de 1 à 10 ; 10 signifiant qu’il s’agit d’une activité très attrayante. Dans l’ensemble, les touristes de l’Atlantique-Centre semblent posséder un intérêt modéré à l’égard des activités qu’il est possible de pratiquer lors d’un voyage d’agrément. En effet, seules les catégories festivals et évènements d’été, plages et baignades ainsi que les parcs nationaux franchissent le cap des 7 points (voir le tableau 1).

atlantique-centre-activites-attrayantes

Les activités les plus attrayantes sont aussi celles qui seraient une motivation suffisante pour justifier un voyage d’agrément : plages et baignades (50 % des répondants), les parcs nationaux (47 %) et les festivals et événements d’été (46 %). De manière générale, les activités de plein air et sportives sont les plus attractives et les plus à même d’inciter à voyager.

les activités de plein air et sportives sont les plus attractives

Cette étude permet de mieux cibler la clientèle de l’Atlantique-Centre en déterminant à la fois les moments et les lieux où ils voyagent, mais aussi les activités touristiques les plus pratiquées et les plus attractives. Pour connaître les comportements des autres marchés géographiques de l’enquête du ministère du Tourisme, consultez nos analyses suivantes :

– Mieux connaître les voyageurs de la Nouvelle-Angleterre

– Les Français en voyage d’agrément

– Inspiration et planification de voyages des principales clientèles du Québec

 

Source de l’image à la une : Pexels

Catégories
Technologies Tendances

Qu’ont en commun Mildred, Edward et Aerobot?

Quelle importance pour le tourisme ?

Comme la relation client est très importante dans l’industrie touristique, les chatbots constituent certainement un atout, puisqu’ils sont disponibles en tout temps, évitant ainsi au voyageur de se retrouver bloqué quelque part sans aide. À cet égard, le fournisseur de services numériques Travelaer a conclu, après avoir observé les interactions des internautes avec les entreprises touristiques sur Facebook Messenger pendant un an, que le service à la clientèle ou les fonctionnalités de libre-service représentent les principales demandes des clients.

 Voyons comment certaines entreprises touristiques utilisent ces robots pour améliorer leur service à la clientèle et quels sont les résultats qu’elles obtiennent.

Aerobot, Mildred et quelques autres

Plusieurs compagnies ont créé des chatbots, principalement sur la plateforme Facebook Messenger. En voici quelques exemples.

Aerobot d’Aeromexico sert, entre autres, à l’achat de billets en ligne, à informer sur l’état des vols et à fournir des recommandations sur la destination. Depuis l’entrée en fonction d’Aerobot, l’entreprise a réduit le temps moyen de réponse aux questions par clavardage qui est passé de 16 minutes à 2 minutes, et le Département de service à la clientèle est presque entièrement automatisé.

Chatbot_logos_cies_aeriennes

Source : Tnooz

Un peu différent, Mildred, le chatbot de Lufthansa, permet aux internautes de dénicher les vols les moins chers au cours des neuf mois à venir. Les utilisateurs peuvent également restreindre leurs résultats de recherche à des dates précises et à des classes de réservation (économie, économie supérieure ou affaires) et inclure des détails tels que l’aéroport ou la ville d’origine.

Chatbot_lufthansa

Source : Future Travel Experience

La compagnie aérienne KLM utilise notamment un chatbot pour l’envoi ou l’échange de billets d’avion, pour tout ce qui a trait aux informations de vol et pour résoudre les réclamations de ses clients. L’outil, disponible sur WeChat et Facebook Messenger peut répondre à plus de 60 000 questions simples ou complexes. Le chabot utilise également des émoticônes pour aider les passagers à trouver ce qu’ils recherchent une fois arrivés à destination. Pour mieux comprendre le fonctionnement du service, visionnez la vidéo suivante.

Le chatbot de British Airways se base lui aussi sur des émoticônes pour suggérer des destinations de voyage (voir la vidéo). L’internaute entame une conversation avec le robot qui lui pose des questions. Le voyageur y répond en choisissant parmi les émoticônes proposées. Après quelques questions, le chatbot lui propose une destination. Dès lors, l’internaute est redirigé sur la page du site de British Airways décrivant la destination.

Même l’économie collaborative s’est lancée récemment dans la course aux chatbots. C’est le cas d’Uber et de Lyft qui offrent la réservation d’un taxi via Facebook Messenger. Il suffit de discuter avec un chatbot sur Messenger pour réserver une course instantanément.

Les agences de voyages en ligne s’y mettent aussi

Les géants Booking.com et Expedia utilisent un chatbot depuis 2015. Les comparateurs Kayak, Skyscanner et Cheapflight en ont également. Les deux premiers proposent des destinations en fonction du budget, invitent les voyageurs à chercher des vols et leur exposent le meilleur moment pour partir. Le dernier est aussi capable d’adapter le style de sa conversation en fonction de son interlocuteur. Le chatbot d’Hipmunk, un autre comparateur, est l’un des premiers à permettre aux utilisateurs d’inviter des amis à discuter, en proposant des sessions de groupe.

Discutez avec Edward ou Hijiffy pour réserver votre chambre

De grandes chaînes hôtelières ont fait le pari d’offrir un service à la clientèle 24 h/24 et 7 jours/7. Hyatt a été l’une des premières à mettre en place un robot conversationnel sur Facebook Messenger en 2015. Plusieurs autres ont suivi : Starwood Hotels, Radisson, AccorHotels.

Edward, le robot conversationnel des hôtels Edwardian à Londres, propriété de Radisson Blu, renseigne l’internaute sur les équipements de l’hôtel, donne des conseils et reçoit même les plaintes d’invités en quelques secondes.

Le chatbot des hôtels Mercure répond aux questions des voyageurs portant sur la ville dans laquelle ils séjournent et leur propose même des anecdotes. Le robot dispose de sa propre base d’informations et s’enrichit continuellement d’histoires partagées par d’autres utilisateurs. AccorHotels affirme que son robot entretient de 2000 à 3000 conversations par jour. Autre robot de la chaîne, celui de JO&JOE, spécifiquement dédié aux milléniaux, joue le rôle de concierge en recommandant ses bons plans. Tout comme HiJiffy, le chatbot concierge qui met en relation le personnel de l’hôtel et les clients qui souhaitent réserver une chambre, accéder aux services de l’hôtel, être informés des événements quotidiens qui se déroulent dans l’établissement ou demander conseil pour visiter la ville. Les hôteliers peuvent facilement ajouter Hijiffy à Facebook Messenger.

Découvrir la culture grâce à Tourisbot

L’internaute à la recherche d’un lieu culturel ou patrimonial peut converser avec l’un des trois chatbots de TourisBots : TourisBot Monuments, TourisBot Musées ou TourisBot Sites classés. Ces derniers suggèrent des idées de visite à proximité, par région ou même dans toute la France et redirigent l’internaute vers les sites officiels de l’un ou l’autre des 40 000 monuments, 8000 musées ou 2700 sites culturels classés. Une fois le lieu choisi, le visiteur peut réserver son hébergement à proximité sans quitter la plateforme.

Chatbot_tourisbot

Source : TourisBot

Les exemples de chatbots dans l’industrie touristique sont variés. Est-ce que celui-ci peut se substituer à l’humain pour dialoguer avec les clients ? Sans doute pas. Son intérêt réside dans sa capacité à effectuer des tâches répétitives, ce qui laisse tout le temps aux individus pour se consacrer aux cas les plus difficiles, améliorant ainsi la relation client.

Source de l’image à la une: Lufthansa Best Price

Catégories
Produits et activités

Dynamiser les territoires ruraux grâce aux festivals culturels

Sur le site de Québec Original, parmi les festivals et les événements répertoriés, seuls 26 % se tiennent dans les régions éloignées. Pourtant, ils deviennent souvent des vecteurs de développement économique et social pour ces villes et ces régions rurales. Voici trois exemples de festivals en France et au Québec qui ont fait rayonner leur communauté en mettant la culture à l’honneur.

 

 

 

Transformer une petite municipalité en un festival

La Gacilly est une municipalité de 4000 habitants située en Bretagne, en France. La ville a célèbré cette année la 14e édition du Festival Photo La Gacilly, qui est devenu au fil des ans le plus grand festival de photo en plein air du pays. Entre juin et septembre, près de 400 000 visiteurs étaient attendus pour contempler le travail de photographes internationaux de renom, issus du monde de l’art et du photojournalisme. Chaque année, une région du monde est sous le feu des projecteurs et représentée sous un angle humaniste et écologique. Les œuvres sont mises en scène dans les rues, sur les maisons, sur les bâtiments et dans les boisés de la ville.

Festival-Photo-exposition-La-Gacilly

Source : © Festival Photo La Gacilly

L’implication des résidents est indissociable de la réussite de l’événement

L’événement géré par une association financée par des organismes publics et des entreprises privées locales offre une programmation entièrement gratuite. Cette année, il s’étend à deux autres communes où se sont tenues deux expositions. La durée et l’omniprésence dans la ville du festival exigent l’implication des résidents puisqu’ils sont indissociables de la réussite de l’événement. Les commerçants et les restaurateurs sont mis à contribution pour la logistique, et cette année des artistes locaux ont créé des œuvres pour l’occasion, dont une exposition photo mettant en vedette les habitants (voir les deux photos ci-dessous).

festival-photo-La-Gacilly-Ed-Alcock

Source : © Ed Alcock – CDT 56/Agence Myop pour Le Festival Photo La Gacilly 2017

Selon Auguste Coudray, président du festival, les résidents veulent de plus en plus s’impliquer et mettre à profit leur savoir-faire. Il est également ravi de constater que cet événement culturel crée des emplois saisonniers et contribue au rayonnement du territoire. L’impact touristique dépasse les frontières de la région puisque selon une étude de 2012, un tiers des visiteurs provient de l’extérieur de la Bretagne et un autre tiers de l’étranger.

Créer des liens entre villages de montagne

Le principe d’itinérance permet à des villages plus isolés d’être les hôtes de cet événement

L’Espace culturel de Chaillol en France organise depuis plus de 20 ans le festival de Chaillol dans une trentaine de municipalités de moins de 10 000 habitants des Hautes-Alpes. Le principe d’itinérance permet à des villages plus isolés d’être les hôtes de cet événement dédié à la musique et d’attirer des visiteurs. Au fil des années, plusieurs villes ont démontré leur intérêt à y participer, permettant ainsi à l’événement d’étaler sa présence sur le territoire. Ce festival se tient un mois durant l’été et valorise le patrimoine puisque les concerts, les rencontres, les débats et les cafés littéraires ont lieu dans des églises, des chapelles et des châteaux.

Festival-de-Chaillol-Al-Chevillard

Source : Facebook/Festival de Chaillol © Alexandre Chevillard

Le festival et les petites municipalités, qui ont parfois moins de compétences et de capacité financière pour créer une offre culturelle de qualité, mutualisent leurs moyens. Diverses parties prenantes de chaque ville participante prêtent main-forte à l’Espace culturel. Les collectivités territoriales et diverses associations collaborent à l’organisation et à la programmation, et les entreprises de la région commanditent l’événement. Afin de soutenir sa démarche écoresponsable, le festival priorise l’achat local, que ce soit pour la restauration des artistes et des organisateurs, pour les cadeaux des artistes ou pour les boissons offertes aux participants.

Festival-de-Chaillol-carte-interactive

Source : Festival de Chaillol

En 2016, 57 concerts avec 87 artistes dans 32 municipalités ont eu lieu, attirant près de 7000 spectateurs. Cette édition a nécessité un budget de 410 000 euros (l’équivalent de 595 000 dollars canadiens). Depuis 2009, le concept du festival s’est étendu au-delà de la saison estivale avec les Week-ends musicaux. De janvier à juin, quatre concerts sont présentés dans quatre municipalités de quatre vallées de la région, pendant quatre jours à la fin de chaque mois. La singularité du festival de Chaillot tient à son nomadisme et à sa capacité de dynamiser et de rallier un large territoire rural. « Aller à la rencontre plutôt que faire venir », voilà l’objectif des organisateurs.

Transmettre des valeurs ancestrales dans le cadre d’un festival

Mashteuiatsh, la seule communauté innue du Saguenay–Lac-Saint-Jean, a créé le Festival de contes et légendes Atalukan en 2011. Depuis, sept autres localités se sont ralliées à l’événement et accueillent des activités durant une semaine au mois d’août. Les conteurs invités et locaux transmettent les croyances de ce peuple des Premières Nations dans plusieurs lieux, essentiellement au camping Plage Robertson de Mashteuiatsh, mais aussi dans une microbrasserie, un musée, un couvent, un café et une place publique. L’année dernière, le coup d’envoi du festival fut donné par une balade contée en canot sur le lac Saint-Jean, activité qui a attiré les journalistes de la région, garantissant des retombées médiatiques non négligeables.

Festival-contes-legendes-Atalukan-Andre-Lemelin

Source : Facebook/Festival de contes et légendes Atalukan

Ce festival permet l’échange et le partage de traditions orales d’une communauté culturelle

Ouvert tant aux autochtones qu’aux visiteurs d’ailleurs, le festival a accueilli près de 2500 personnes en 2016, soit le double de l’année précédente. Les commanditaires de l’événement sont avant tout des organisations locales, telles que le Conseil de bande de la Première Nation et la caisse populaire Desjardins du Pekuakami, le camping Plage Robertson, mais il compte aussi sur l’aide financière du Conseil des arts du Canada. Ce festival permet l’échange et le partage de traditions orales d’une communauté culturelle en situation minoritaire, tout en facilitant sa mise en valeur et son rayonnement.

Festival-contes-legendes-Atalukan-Andre-Lemelin-feu

Source : Facebook/Festival de contes et légendes Atalukan

Principal facteur de réussite

Ces festivals sont nés sous l’impulsion de la communauté locale et doivent leur succès à la collaboration entre les municipalités, les associations, les commerces, les entreprises, les attraits touristiques et les citoyens. Tous bénéficient des retombées de ces événements qui permettent de faire rayonner leur territoire, tout en valorisant la culture.

 

Source de l’image à la une : © Dominique Rolland — Festival Photo La Gacilly

Catégories
Marchés géographiques

Mieux connaître les voyageurs de la Nouvelle-Angleterre

La firme Léger a effectué une enquête pour le compte du ministère du Tourisme du Québec afin de connaître le comportement de voyage de ses principales clientèles, dont les Américains de la Nouvelle-Angleterre. Le sondage a été mené en ligne en octobre 2016, auprès de 1610 répondants provenant du Boston Census Metropolitan Area (CMA; région urbaine), du Maine, du New Hampshire et du Vermont. Pour se qualifier, ils devaient avoir effectué au moins un voyage d’agrément en dehors de leur État ou région urbaine de résidence au cours des trois dernières années.

Des voyages en période estivale

Les touristes de la Nouvelle-Angleterre ont réalisé en moyenne 5,7 voyages d’agrément en dehors de leur région de résidence au cours des trois dernières années, soit plus que les touristes de tous les autres marchés des États-Unis (entre 5,0 et 5,6).

Les résidents du Vermont sont ceux qui voyagent le plus fréquemment

Les résidents du Vermont sont ceux qui voyagent le plus fréquemment (6,0 voyages en moyenne).

L’ensemble des répondants se déplace davantage durant la période estivale, soit de mai à octobre, que pendant les autres mois. Ils ont effectué majoritairement 5 voyages estivaux ou plus (35 %) au cours des trois dernières années alors qu’en hiver, ils se sont limités à 1 ou 2 déplacements (40 % ; voir le graphique 1).

Nombre-voyages-agrément-touristes-Nouvelle-Angleterre

Le Québec parmi les principales destinations

Les principales destinations des voyageurs d’agrément de la Nouvelle-Angleterre sont les États-Unis (93 %), le Canada (32 %), les Caraïbes (27 %) et l’Europe (25 %). Ils sont plus nombreux à visiter notre pays en période estivale (29 %) qu’en hiver (14 %).

Le Québec est la première province visitée par cette clientèle

Le Québec est la première province visitée par cette clientèle (voir le graphique 2), qui provient essentiellement du Vermont, que ce soit l’été ou l’hiver. Selon le ministère du Tourisme, cet État étant limitrophe à la province, cette popularité s’explique, entre autres, par le phénomène de « gravité », c’est-à-dire que plus le marché est proche de la destination visitée, plus les flux touristiques sont importants. Autre fait à noter, les habitants du Maine voyagent autant au Québec que dans les Provinces de l’Atlantique en été.

Provinces-canadiennes-visitees-voyageurs-Nouvelle-Angleterre

Les musées et les festivals et événements estivaux sont populaires

La plupart (87 %) des touristes de la Nouvelle-Angleterre ont pratiqué des activités culturelles et événementielles au cours de leurs voyages d’agrément.

(87 %) des touristes de la Nouvelle-Angleterre ont pratiqué des activités culturelles et événementielles

Ils ont visité principalement les musées et les économusées, assisté à des festivals et des événements estivaux et effectué des routes et des circuits touristiques (voir le graphique 3). 

Activites-culturelles-divertissement

Les touristes du Vermont sont proportionnellement plus nombreux que l’ensemble des répondants à se rendre aux musées et aux économusées (53 %), ceux du New Hampshire ont une préférence plus marquée pour les festivals et les événements (47 %) et les répondants de Boston fréquentent davantage les routes et les circuits touristiques (44 %).

Pour 71 % des répondants, au moins une de ces activités culturelles et événementielles représente la raison principale du voyage d’agrément.

La plage et les parcs nationaux séduisent

Près de 9 touristes d’agrément de la Nouvelle-Angleterre sur dix (89 %) ont pratiqué des activités de plein air et sportives.

89% des touristes d’agrément de la Nouvelle-Angleterre  ont pratiqué des activités de plein air et sportives

Ils se sont principalement rendus à la plage ou se sont baignés, ont visité des parcs nationaux, ont pratiqué la course à pied ou la marche, ainsi que la randonnée pédestre en milieu naturel (voir le graphique 4).

Principales-activites-plein-air-sportives

Les touristes de Boston se démarquent des touristes des autres marchés par un taux de pratique supérieur des quatre principales activités. À l’inverse, les résidents du Maine s’intéressent moins à la pratique sportive que l’ensemble des répondants, mais démontrent un intérêt plus élevé pour l’observation de la faune et de la flore (38 %) et les séjours en villégiature (32 %).

Pour 78 % des répondants, au moins une de ces activités de plein air et sportives constitue la raison principale de leur voyage d’agrément au cours des trois dernières années.

Le magasinage en tête

Neuf voyageurs d’agrément de la Nouvelle-Angleterre sur dix ont pratiqué des activités récréatives et de divertissement.

Neuf voyageurs d’agrément de la Nouvelle-Angleterre sur dix ont pratiqué des activités récréatives et de divertissement

Les principales étant le magasinage, la visite de parcs zoologiques, d’aquariums, de parcs d’attractions, aquatiques ou thématiques et le tourisme urbain (voir le graphique 5).

Principales-activites-recreatives-divertissement

Les voyageurs du Vermont pratiquent moins ce type d’activités que leurs voisins. Alors que les répondants du Maine et du Vermont sont attirés davantage par les parcs à thème, ceux de la région de Boston ont un taux de pratique supérieur pour les activités suivantes : tourisme urbain (38 %), jardins botaniques (34 %), croisières (29 %), parcs urbains (28 %) et spas et soins de bien-être (26 %).

Pour 69 % des répondants, au moins une de ces activités récréatives et de divertissement représente la raison principale de leur voyage d’agrément au cours des trois dernières années.

Le plein air : un produit phare

les activités de plein air et sportives sont les plus attractives

Les répondants ont évalué le degré d’attractivité des activités réalisées en voyage en leur donnant une note de 1 à 10 ; 10 signifiant qu’il s’agit d’une activité très attrayante (voir le tableau 1). On remarque que celles récoltant les meilleures notes figurent parmi les principales activités pratiquées en voyage (voir les graphiques plus haut). Il est aussi intéressant de constater que seules les activités récréatives et de divertissement ne franchissent pas le cap de 7,0.

activites-attrayantes

Les activités les plus attrayantes sont aussi celles qui seraient une motivation suffisante pour justifier un voyage d’agrément : festivals et événements d’été (pour 51 % des répondants), plage et baignade (52 %) et zoos et aquariums (36 %). De manière générale, les activités de plein air et sportives sont les plus attractives et les plus susceptibles d’inciter à voyager.

Cette étude permet de mieux cibler la clientèle de la Nouvelle-Angleterre en déterminant à la fois les moments et les lieux où ils voyagent, et les activités touristiques les plus pratiquées et les plus attractives. Pour connaître les comportements des autres marchés géographiques de l’enquête du ministère du Tourisme, consultez nos analyses suivantes :

– Les Français en voyage d’agrément

– Inspiration et planification de voyages des principales clientèles du Québec

– Démystifier le marché de l’Atlantique-Centre

 

Source de l’image à la une : Pexels

Catégories
Produits et activités

Le tourisme religieux : accessible et attrayant

Plusieurs institutions religieuses se sont adaptées pour répondre aux besoins d’une nouvelle clientèle en quête d’authenticité, de développement personnel et de rencontres. Elles font preuve d’une plus grande ouverture envers les touristes qui ne poursuivent pas nécessairement une démarche spirituelle. Les sites tentent d’être plus flexibles et diversifient leur offre tout en s’ouvrant à d’autres types d’expériences religieuses et touristiques.

 

 

Vous pouvez consulter le commentaire de Siham Jamaa au bas de la page.

Un secteur en effervescence

Le tourisme religieux dans la métropole a le vent dans les voiles. À titre d’exemple, la basilique Notre-Dame de Montréal est l’un des lieux les plus visités de la ville; elle a connu une hausse de fréquentation de 24,4 % en 2016 par rapport à l’année précédente. L’Oratoire Saint-Joseph a enregistré une augmentation des visites de 12 % et procède à d’importantes rénovations afin de moderniser le site. Selon Tourisme Montréal, 14 % des touristes en visite dans la ville indiquent que le patrimoine religieux constitue un aspect très important de leur séjour.

Cette augmentation se fait sentir mondialement. Le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, par exemple, attire 10 % de marcheurs supplémentaires annuellement depuis 2013, ce qui a entraîné la mise en place de plusieurs mesures afin de bonifier l’offre et sa mise en marché.

Le regroupement des forces pour la mise en marché

Au Québec, la concertation et le travail entre les acteurs de l’industrie touristique et les milieux spirituels et religieux ont permis de développer l’offre pour les locaux et les touristes et de mieux positionner le Québec comme destination internationale.

Depuis 2009, le Regroupement des sanctuaires nationaux du Québec souhaite conquérir le marché international. L’organisme fait la promotion de cinq sanctuaires qui accueillent près de 4,8 millions de visiteurs par année et de quatre régions touristiques. Cette approche globale permet d’offrir aux visiteurs une panoplie de services et d’activités pour compléter leur expérience.

sanctuaire

Source : Les sanctuaires nationaux du Québec

Allumer des lampions et des cellulaires

Plusieurs applications mobiles ayant pour thème le tourisme religieux ont vu le jour. Si certaines permettent de découvrir l’intérieur des bâtiments grâce notamment à la réalité augmentée, d’autres se présentent sous la forme de circuits. Ces derniers permettent de découvrir des lieux emblématiques du patrimoine religieux de différents secteurs d’une ville ou d’une région. Des outils, comme BaladoDécouverte, sont accessibles aux groupes désirant créer ce type d’applications, comme l’ont fait les organismes Tourisme Nicolet-Yamaska (Centre-du-Québec) et les Amis du Patrimoine de Sainte-Luce. Offerte en six langues, l’application mobile Vitraux Sainte-Chapelle permet la compréhension des scènes des 1113 vitraux de la Sainte-Chapelle à Paris. Quand un visiteur pointe la caméra de son appareil intelligent vers un vitrail, celui-ci s’agrandit sur son téléphone et affiche le nom et une courte description de la scène.vitraux

Source : Google Play Store

Pour tous les âges !

Le tourisme religieux ajuste aussi son offre pour les jeunes. Plusieurs institutions religieuses ou laïques leur proposent des activités et des outils de découverte de l’histoire et de l’architecture chrétienne ou d’une autre confession.

Résultat d’une collaboration entre les acteurs du développement touristique et culturel des six MRC de la région de Lanaudière, l’application Mystères dans Lanaudière permet aux jeunes de 6 à 12 ans de découvrir le patrimoine religieux à travers neuf circuits. Dévoilée à l’automne 2016, l’application invite les enfants à résoudre des énigmes à travers les différents parcours extérieurs.

lanaudiere

Source : Google Play Store

À l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme protestante en 2017, l’Office du tourisme de Nuremberg en Allemagne a conçu une figurine de Martin Luther avec la compagnie de jouet Playmobil. Cette édition spéciale est vendue avec une carte touristique de l’Allemagne. Elle a pour but de promouvoir les évènements entourant le thème de la Réforme dans les villes qui ont un lien avec ce personnage important de l’histoire du protestantisme. Disponible uniquement sur commande ou dans les boutiques de souvenirs, cette figurine est devenue l’un des plus grands succès de la compagnie avec plus de 750 000 exemplaires écoulés.

Source - Playmobil

       Source : Playmobil

 Les projections illusionnistes : une idée lumineuse !

Que ce soit un spectacle permanent ou éphémère, à l’intérieur ou sur la façade du bâtiment, les projections illusionnistes ou les fresques lumineuses gagnent en popularité. Cette technologie multimédia projette sur une surface au relief irrégulier, des animations cherchant généralement à provoquer des illusions d’optique et permettant de redécouvrir des joyaux de l’architecture et d’ajouter une valeur significative à l’offre touristique.

Plusieurs villes ont développé ce type de spectacles. Barcelone, Chartres, Lyon, Dunkerque et Poissy en sont des exemples. Dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, la Basilique Notre-Dame de Montréal a mandaté la compagnie Moment Factory pour créer le spectacle AURA.

Depuis quelques années, la cathédrale de Strasbourg s’illumine aussi grâce à un spectacle extérieur. Ayant attiré plus d’un million de personnes en 2015 et 2016 avec la présentation de « Millénaire » et de « Lumière intemporelle », le projet de 2017 propose une nouvelle version plus immersive incluant les bâtiments situés aux alentours de l’édifice religieux.

strasbourg

Source : Twitter

Les efforts du Québec pour favoriser le tourisme religieux sont remarquables. De nombreuses destinations développent des stratégies pour attirer les touristes amateurs de patrimoine religieux et de spiritualité. Par exemple, l’Ermitage Saint-Antoine à Lac-Bouchette a annoncé le développement un projet multimédia qui jumellera les univers du virtuel, de la technologie, de la nature et du spirituel. C’est le premier sanctuaire en Amérique du Nord prenant cette initiative.

Gardons-les à l’œil pour nous en inspirer.

Avez-vous des suggestions d’activités ou des idées pour développer le tourisme religieux au Québec ?

Commentaire de Siham Jamaa

Le tourisme religieux vit une renaissance depuis quelques années que ce soit au niveau du développement de produit, de l’amélioration de l’expérience de visite, notamment par l’intégration des nouvelles technologies ou encore par une meilleure compréhension du parcours des visiteurs, ainsi que par une distribution qui rend cette offre touristique plus visible et plus accessible qu’auparavant.

Cependant, l’utilisation du marketing par les organisations religieuses contemporaines suscite encore parfois le débat car le grand public associe davantage ce concept au monde des affaires. N’en déplaise! Plusieurs exemples, dont ceux mentionnés dans la présente analyse démontrent que lorsque correctement appliqué, le marketing peut aider les organisations religieuses à commercialiser leur offre et à se rapprocher de leur public sans que cela n’altère leurs valeurs spirituelles. La nuance est que le cadre du marketing religieux est spécifique, dans la mesure où il ne suit pas simplement la théorie générale du marketing mais prend également en considération l’aspect distinctif du domaine religieux, avec ses propres règles et sensibilités.

Par exemple, au-delà de leur relation avec les paroissiens et les différents visiteurs dont les touristes, les lieux de culte gèrent diverses autres relations comme celle avec leur clergé ainsi que celles avec plusieurs partenaires dont des organisations à but non lucratif, des institutions gouvernementales, souvent sources de financement, ainsi que des donateurs ou des bénévoles. Par ailleurs, les églises ne vendent pas un produit comme tel ou une expérience éphémère mais construisent des relations durables basées sur l’engagement. Une approche marketing holistique s’avère donc nécessaire pour permettre à ces sites de créer de la valeur auprès des différents publics et d’atteindre leurs objectifs stratégiques sans pour autant compromettre leur mission.

Que les églises fassent du marketing oui, mais jusqu’où peuvent-elles aller sans galvauder le produit ?

Aux États-Unis, on constate que les megachurches (églises protestantes qui acceuillent 2000 personnes et plus) poussent pour la personalisation et organisent leurs activités en fonction des différents publics. Sur une trame de divertissement, les célébrations religieuses y prennent des allures de grands « shows » où la sélection de la musique, le choix du prêcheur voire même la manière de célébrer varient selon les différents types de visteurs. En parallèle, les églises catholiques offrent encore majoritairement des solutions uniques mais certaines sont de plus en plus ouvertes à intégrer des activités culturelles tel que des concerts de musique ou à offrir des cérémonies religieuses en diverses langues, ce qui enrichit l’expérience de visite et crée des moments de rassemblement autour d’intérêts divers.

Au-delà d’améliorer le produit, le marketing religieux permet également aux lieux de culte de renforcer leur image ou leur personnalité (certaines églises voudraient peut-être être vues comme étant jeunes et dynamiques alors que d’autres pourraient vouloir incarner davantage le charisme traditionnel.)

Quoiqu’il en soit, le marketing devient un outil essentiel dans la survie des églises contemporaines qui vivent dans un environnement social marqué par la sécularisation et le désengagement religieux. Un environnement également influencé par la mondialisation qui expose les gens à d’autres courants religieux et les incitent à construire leur propres croyances en combinant avec différentes pensées religieuses et spirituelles.

Cela dit, à l’ère du marketing de contenu et du storytelling, les lieux de cultes, et par ricochet le tourisme religieux, sont très bien positionnés pour bâtir des expériences de visites passionnantes car les religions et les spiritualités ont toutes une histoire à raconter!

Source de l’image à la une : Unsplash

Catégories
Hébergement Ressources humaines

Le concierge d’art, un nouveau métier

L’édition de mai-juin 2017 de la Revue Espaces porte sur la révolution des services de conciergerie. Julie Eugène y expose son expérience de concierge d’art à l’hôtel Royal Monceau, Raffles Paris. Situé à quelques minutes des Champs Élysées, cet établissement a été entièrement refait en 2008 sous l’égide du designer Philippe Starck. Premier hôtel de luxe au monde entièrement consacré à l’art contemporain, ses espaces publics comprennent une collection privée de plus de 350 œuvres d’art. L’hôtel dispose aussi d’une galerie, l’Art District, qui accueille des artistes, des amateurs, des collectionneurs, des mécènes et des professionnels du monde de l’art. Une librairie d’art comptant plus de 700 titres et des objets d’artistes et de créateurs en édition limitée complète l’offre artistique de l’établissement.

concierge-art-nouveau-metier-royal-monceau

Source : Royal Monceau, Raffles Paris

Pour effectuer le lien entre l’art et ses clients, Le Royal Monceau a créé une conciergerie artistique qui consiste à conseiller ses hôtes en leur offrant un programme culturel sur mesure ou en leur proposant une sélection exclusive d’activités culturelles et artistiques : expositions, vernissages, concerts, visites d’ateliers d’artistes, de galeries ou de musées, choix d’une œuvre. Le concierge d’art guide aussi les clients à travers la collection privée de l’établissement.

Pour rejoindre sa clientèle, le concierge distribue chaque semaine, dans toutes les chambres et suites de l’hôtel, un bulletin artistique qui rassemble ses recommandations sur les sorties culturelles à voir et à faire. Cet outil invite également le client à solliciter des visites sur mesure en fonction de ses goûts. La version numérique du bulletin est envoyée à toute personne qui en fait la demande, qu’elle loge à l’hôtel ou non. Cela permet au Royal Monceau de garder un lien avec les amateurs d’art.

Tout comme le poste de concierge traditionnel, celui de concierge d’art exige un réseau développé de contacts afin de pouvoir répondre le plus adéquatement possible aux attentes diversifiées des clients. Mais en plus, il requiert une véritable expertise dans le domaine de l’art contemporain et une excellente connaissance du réseau des galeries et des musées. Ne s’improvise pas concierge d’art qui veut!

Source de l’image à la une : pexels 

Catégories
Produits et activités

Comment valoriser son territoire par la reconversion de sites

Le concours EDEN (European Destinations of ExcelleNce ou Destinations Européennes d’Excellence) a été lancé en 2006 par la Commission européenne. Il « récompense des sites touristiques émergents et originaux, parfois peu connus, dont les acteurs sont mobilisés autour de stratégies alliant croissance économique et développement durable ». À ce jour, l’Europe compte 140 lauréats et près de 400 sites distingués. Voici quelques exemples inspirants de la catégorie « Tourisme et sites reconvertis ».

Conversion du patrimoine industriel      

Roubaix (France)

Située à 15 km au nord-est de Lille, à proximité de la frontière belge, Roubaix est intimement liée au travail de la laine (XIXe siècle) et à l’industrie textile (XXe siècle). Au fil des ans, elle a su transformer son paysage industriel en paysage culturel : salles de spectacles, ateliers d’artistes, centres de création et musées. Par exemple, un ancien atelier de tissage accueille La Manufacture, musée de la mémoire et de la création textile. Ce dernier retrace l’histoire de l’industrie textile du nord de la France et les conditions de vie et de travail des ouvriers, alors que l’ancienne filature de coton abrite les Archives Nationales du Monde du Travail depuis 1993.

roubaix-manufacture

Source : La Manufacture

Pécs (Hongrie) 

Plusieurs sites désaffectés du patrimoine industriel et culturel de Pécs, dans le sud de la Hongrie près de la frontière croate, ont été rénovés et bénéficient d’une toute nouvelle vocation. La plus importante transformation est celle du nouveau quartier de la culture et des arts, construit autour de la célèbre usine de porcelaine Zsolnay. Même si la vieille usine produit toujours de la porcelaine, on y trouve également un espace pour des expositions et des présentations, un centre d’information sur les activités et les événements culturels, de nombreux cafés, un planétarium, un théâtre pour enfants et plusieurs autres équipements. Le quartier culturel de Zsolnay accueille plus de 200 000 visiteurs chaque année.

Żyrardów (Pologne)

Żyrardów, sise à 45 minutes de Varsovie, comptait autrefois parmi les plus grandes villes européennes productrices de lin. Un véritable village avait été construit pour ses travailleurs. Restaurée avec soin, cette municipalité comprend aujourd’hui une usine-musée et ses anciennes filatures ont été transformées en logements, restaurants et magasins, tout en conservant leurs caractéristiques architecturales originales.

Préservation et mise en valeur du patrimoine bâti

La municipalité de Marche-en-Famenne est située dans la région wallonne à proximité de Bruxelles. Elle compte de nombreux sites réhabilités, dont :

  • la Tour de la Juniesse, l’un des derniers vestiges des fortifications médiévales de la ville qui abrite l’exposition permanente de l’École internationale de lutherie;
  • la Maison Jadot transformée en musée de la Famenne;
  • le château van der Straten qui accueille l’hôtel de ville;
  • l’ancienne halle aux blés devenue restaurant;
  • le château d’Hassonville et l’ancienne église des Jésuites convertis en hôtel-restaurant.

tour-juniesse

Tour de la Juniesse

Revitalisation de villes minières

Montevecchio, sur la côte sud-ouest de la Sardaigne, abrite un écomusée dans l’un des plus anciens sites miniers d’Italie. Celui-ci a été restauré pour devenir un centre historique important permettant de mieux connaître cet aspect de l’histoire industrielle de la Sardaigne. Le musée et le village mettent en évidence l’artisanat local, l’histoire des mines et les spécialités culinaires locales issues de recettes traditionnelles. Une visite culturelle spéciale a été conçue pour rassembler les différents éléments de la ville : les mines, l’artisanat rural, les traditions et les maisons résidentielles. Cette approche intégrée visant à montrer l’histoire de la ville en a fait une attraction touristique importante.

montevecchio-mine

Source : miniera di montevecchio 

Inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, Idrija abritait autrefois la deuxième plus grande mine de mercure au monde. Aujourd’hui, le puits d’Antoine, la plus ancienne partie de la mine, est aménagé en musée vivant. Cette transformation, effectuée dans le cadre d’un projet visant à développer le tourisme à Idrija et à préserver l’héritage de la mine, a augmenté le nombre d’établissements et d’infrastructures touristiques dans cette communauté rurale traditionnelle de Slovénie. Outre la mine, le patrimoine immatériel de la ville comprend le château Gewerkenegg et son musée, l’École de dentellerie et le festival annuel de la dentelle, de même que les fabricants des ravioles žlikrofi d’Idrija. 

mine-idrija

Source : Visit Idrija

Restauration citoyenne

Située dans la vallée du parc national des Nockberge en Autriche, Gmünd est une municipalité historique fortifiée que ses habitants décrivent comme une ville d’artistes. Elle a connu des projets de rénovation à grande échelle visant à préserver son ambiance, tout en protégeant ses structures historiques d’une manière innovante. Ainsi, grâce aux initiatives de sa communauté, 15 édifices médiévaux ont été soigneusement restaurés et transformés en espaces artistiques, culturels et verts pour accueillir les œuvres de maîtres-artisans, d’artistes et de sculpteurs, locaux et internationaux. L’administration de la Ville et divers réseaux d’organismes culturels et de marketing ont travaillé ensemble pour renforcer l’économie locale et améliorer la qualité de vie des habitants et des visiteurs.

Ces sites reconvertis permettent aux touristes de découvrir la culture et les traditions locales de manière originale et de vivre des expériences inoubliables dans des destinations hors des sentiers battus.

Source de l’image à la une : pexels.com

 

 

Catégories
Hébergement

Des silos à grains reconvertis en hôtel haut de gamme

Inutilisés depuis 2001, les silos à grains du vieux-port de Cape Town ont trouvé une seconde vie. Le groupe hôtelier Royal Portfolio a aménagé l’hôtel haut de gamme The Silo dans l’ancienne section de l’élévateur à grains du complexe. Le design reflète la mémoire du lieu et laisse son empreinte dans le paysage urbain de la ville. La structure de six étages a été bonifiée par l’ajout d’imposantes baies vitrées. Leur disposition et leur géométrie permettent au bâtiment de se transformer telle une lanterne la nuit venue. En plus d’offrir un centre sportif et un spa, l’hôtel propose à ses clients un restaurant directement sur son toit. Les 28 chambres ont été aménagées au-dessus des cellules de stockage du silo qui deviendront, quant à elles, un musée d’art contemporain qui ouvrira ses portes en septembre 2017. Des tours guidés seront proposés aux clients de l’établissement. 

La construction de cet hôtel est l’un des nombreux exemples de réutilisation de silos industriels. En effet, Marseille a transformé le silo d’Arenc en salle de spectacles polyvalente et Helsinki a métamorphosé de vieux silos à l’huile en phares interactifs géants. Le Silo no 5 du Vieux-Port de Montréal a inspiré plusieurs projets, mais aucun n’a abouti. Le plus récent est celui proposé par la Société du Vieux-Port de Montréal dans le cadre d’un plan de revitalisation du secteur. Le Silo no 5 serait transformé en tour d’observation et une partie serait détruite pour faire place à un grand espace public.

Pour l’instant, la seule mise en valeur prévue sera orchestrée par le Musée d’art contemporain de Montréal qui projettera des textes de Leonard Cohen sur les murs, dès le 7 novembre prochain.

Quel(s) projet(s) voyez-vous prendre forme dans le Silo no 5 ?

Source de l’image à la une : © The Royal Portfolio

Écrit en collaboration avec Julie Payeur

Catégories
Technologies

L’intelligence artificielle entre au musée

Poser des questions à une œuvre d’art et obtenir des réponses : voilà « The Voice of Art », la dernière innovation intégrée aux œuvres du Musée la Pinacothèque de l’État de Sao Paulo, au Brésil.

Près des trois quarts des Brésiliens n’ont jamais mis les pieds dans un musée. L’une des raisons formulées par les répondants à une étude du Brazilian Institute of Economic Reseach est l’impression d’inaccessibilité de l’art pour les non-initiés. Pour remédier à ce constat, on a tenté de favoriser les interactions entre le visiteur et l’œuvre en créant une interface d’intelligence artificielle qui permet un échange.

Poser des questions à l’oeuvre

Grâce à la technologie Watson d’IBM, l’agence Ogilvy Brazil a créé un outil qui permet de remplacer l’audioguide préenregistré par un programme qui glane les données provenant de livres, de magazines, d’articles de journaux, d’entrevues sur le Web, d’archives variées pour répondre aux questions du visiteur. Celles-ci peuvent être liées au contexte dans lequel l’œuvre a été réalisée, aux techniques employées, au style de l’œuvre comme à l’histoire rattachée à l’époque de la création de la pièce. Watson ratisse très large. La vidéo ci-dessous illustre bien le projet.

Le visiteur qui entre au musée de la Pinacothèque peut demander une paire d’écouteurs et un téléphone intelligent équipé de l’application en question. À l’approche d’une œuvre, il reçoit une invitation à poser ses questions. L’application est également disponible dans un format écrit pour les malentendants.

Deux semaines après son lancement, The Voice of Art aurait généré une croissance de la fréquentation au musée de 200 % (!). D’autres musées du Brésil se sont montrés intéressés par la technologie Watson d’IBM, ainsi que des entreprises qui souhaitent que leurs clients puissent interagir avec leurs produits.

Image à la une : IBMbrasil

 

Catégories
Produits et activités

9 initiatives inspirantes en tourisme autochtone

Un secteur en pleine ébullition

Lors du Congrès international du tourisme autochtone 2016, l’Association touristique autochtone du Canada présentait son plan stratégique quinquennal et annonçait un soutien gouvernemental de 3,15 millions de dollars pour sa mise en application. De son côté, Tourisme Autochtone Québec a récemment adopté un nouveau plan stratégique 2017-2022. Alors que le nouveau Plan d’investissement en tourisme 2017-2020 du gouvernement du Québec réitère l’importance de la culture autochtone dans les secteurs d’activité stratégiques à valoriser en priorité, l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, dans le cadre de sa Stratégie marketing 2020, identifie ce produit comme l’une des principales expériences distinctives du Québec. 

Cette volonté politique marquée vient appuyer un milieu en pleine expansion. Au Canada, le nombre d’entreprises touristiques autochtones a plus que doublé en quinze ans. Aux États-Unis, où les réalités du secteur peuvent ressembler à celles du Canada, le nombre de visiteurs en territoire autochtone a triplé entre 2007 et 2015. Profitant de cet intérêt croissant, l’American Indian Alaska Native Tourism Association (AIANTA) a lancé le site NativeAmerica.travel pour permettre aux visiteurs d’organiser leur séjour en milieu autochtone. Outil marketing et planificateur de voyage, la plateforme présente aussi un code de bonne conduite à adopter pour respecter les traditions des différentes communautés visitées.

experience-native-america-travel

Source :NativeAmerica.travel

L’AIANTA a également mis sur pied un programme de formation pour aider les professionnels à attirer plus de visiteurs étrangers. L’objectif de l’association est de séduire les voyageurs qui viennent pour la deuxième fois aux États-Unis et qui sont avides de plein air et de rencontres culturelles authentiques. En multipliant sa présence à différents congrès en Europe, l’AIANTA espère plus particulièrement charmer les Allemands, les Anglais et les Italiens friands de parcs nationaux, de longs séjours et d’expériences historiques et éducatives.

Une offre hôtelière renouvelée

Alors que par le passé, les communautés autochtones américaines misaient principalement sur les casinos pour attirer les visiteurs, l’offre s’est considérablement modifiée, particulièrement dans le domaine de l’hôtellerie. Ainsi, le Moenkopi Legacy Inn & Suites, en Arizona, vise une clientèle d’affaires et de congrès. En offrant des espaces et des équipements de grande qualité pour l’organisation d’événements, mais aussi une large palette d’activités pour découvrir la culture Hopi (tours guidés, visite d’ateliers d’artisanat, dîner spectacle, etc.), l’hôtel propose une expérience de bleisure complète, sans casino.

Reconnu comme l’une des meilleures expériences d’écotourisme au monde, le Spirit Bear Lodge en Colombie-Britannique présente un excellent exemple d’intégration du développement durable et communautaire en milieu autochtone. Le bâtiment reprend la forme traditionnelle de la maison longue et les chambres sont décorées par des artistes locaux. Des tours guidés permettent aux visiteurs d’entrer en contact avec la culture de la communauté, mais aussi avec la faune locale, principalement les ours et les loups. Le projet a également permis aux Kitasoo/Xai’xais de redécouvrir leurs traditions grâce à diverses initiatives, comme des camps de jeunes, l’enregistrement de l’histoire des aînés de la communauté et la construction de bâtiments dédiés aux rassemblements et à la transmission culturelle.

spirit-bear-lodge

Source : Facebook

En plein centre-ville de Vancouver, le Skwachàys Lodge est un hôtel boutique, une galerie d’art et une résidence d’artistes. Construit sur le territoire de la nation Squamish, l’hôtel est géré par la Vancouver Native Housing Society, un organisme à but non lucratif dont la mission est d’offrir des logements sécuritaires et abordables aux autochtones et aux populations « sensibles » de Vancouver (aînés, sans-abris et personnes souffrant de troubles mentaux). Chacune des 18 suites de l’hôtel se veut une installation artistique unique; une hutte de sudation se trouve sur le toit du bâtiment et une salle est consacrée aux purifications spirituelles. chambre-skwachays

Source : Skwachàys Lodge

À mi-chemin entre modernité et tradition, l’Hôtel-Musée Premières Nations à Wendake, au Québec, allie découverte de la culture des Hurons-Wendats et centre de villégiature : hôtel-boutique 4 étoiles, restaurant gastronomique, activités de plein air, rencontres immersives avec la population et la culture locale, musée et centre de santé sont au programme.

Des expériences repensées pour une immersion globale

Véritable destination touristique complète, la Montana Moutain, au Yukon est gérée par la nation Carcross/Tagish et repose sur quatre piliers : le respect de la culture, la protection de l’environnement, le soutien à l’entreprenariat et l’amélioration des conditions de vie de la communauté. Plus de 35 kilomètres de sentiers à usage multiple ont été aménagés pour la pratique du ski, de la raquette et de la randonnée. Mais c’est surtout grâce au vélo de montagne que la communauté a pu se distinguer et devenir une destination de choix pour les amateurs de plein air, notamment en étant désignée Global Mountain Bike Destination of the Year par le Outside Magazine en 2013.

montana-moutain

Source : Montana Moutain

Autre façon de marquer les esprits : s’associer à un produit touristique phare. Aux États-Unis, l’AIANTA a développé un projet particulièrement original le long de la Route 66. Bien que la moitié du parcours mythique traverse des réserves, les visiteurs passent souvent à côté de cette richesse culturelle inédite. Le projet « American Indians & Route  66 », a pour vocation de présenter l’histoire authentique de l’itinéraire et de lutter contre les stéréotypes massivement utilisés dans le passé pour attirer les touristes.

66-road

Source : AIANTA

Ateliers de cuisine, restaurants de qualité, le renouveau du tourisme autochtone semble également passer par la mise en valeur de la gastronomie traditionnelle. En Colombie-Britannique, les Osoyoos ont réussi à atteindre l’autonomie économique, notamment grâce à la création de la première exploitation viticole détenue et gérée par des Amérindiens. De son côté, avec son projet The Sioux Chef, Sean Sherman, de la nation Oglala Lakota du Dakota du Sud, a créé son entreprise de traiteur et a ouvert le Tatanka Truck, un camion de cuisine de rue qui propose des aliments consommés historiquement avant le contact avec les Européens. Il a également théorisé le système alimentaire des premières nations, afin de permettre aux autochtones de dévoiler toute la singularité de la cuisine nord-américaine.

Avec ces initiatives innovantes, fortement ancrées sur le territoire et dans les communautés, le tourisme autochtone constitue un puissant moyen de distinction pour l’offre canadienne.

Image à la une : Destination Canada