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Hébergement

Des silos à grains reconvertis en hôtel haut de gamme

Inutilisés depuis 2001, les silos à grains du vieux-port de Cape Town ont trouvé une seconde vie. Le groupe hôtelier Royal Portfolio a aménagé l’hôtel haut de gamme The Silo dans l’ancienne section de l’élévateur à grains du complexe. Le design reflète la mémoire du lieu et laisse son empreinte dans le paysage urbain de la ville. La structure de six étages a été bonifiée par l’ajout d’imposantes baies vitrées. Leur disposition et leur géométrie permettent au bâtiment de se transformer telle une lanterne la nuit venue. En plus d’offrir un centre sportif et un spa, l’hôtel propose à ses clients un restaurant directement sur son toit. Les 28 chambres ont été aménagées au-dessus des cellules de stockage du silo qui deviendront, quant à elles, un musée d’art contemporain qui ouvrira ses portes en septembre 2017. Des tours guidés seront proposés aux clients de l’établissement. 

La construction de cet hôtel est l’un des nombreux exemples de réutilisation de silos industriels. En effet, Marseille a transformé le silo d’Arenc en salle de spectacles polyvalente et Helsinki a métamorphosé de vieux silos à l’huile en phares interactifs géants. Le Silo no 5 du Vieux-Port de Montréal a inspiré plusieurs projets, mais aucun n’a abouti. Le plus récent est celui proposé par la Société du Vieux-Port de Montréal dans le cadre d’un plan de revitalisation du secteur. Le Silo no 5 serait transformé en tour d’observation et une partie serait détruite pour faire place à un grand espace public.

Pour l’instant, la seule mise en valeur prévue sera orchestrée par le Musée d’art contemporain de Montréal qui projettera des textes de Leonard Cohen sur les murs, dès le 7 novembre prochain.

Quel(s) projet(s) voyez-vous prendre forme dans le Silo no 5 ?

Source de l’image à la une : © The Royal Portfolio

Écrit en collaboration avec Julie Payeur

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Tendances

Les multiples avantages des artistes en résidence

L’art sous toutes ses formes est présent dans de nombreux lieux touristiques, outre les musées. Mais dans les établissements les plus innovants, une place à part entière est également réservée à l’artiste. Les programmes d’artistes en résidence consistent à les accueillir sur une période de quelques jours à plusieurs mois, le temps de créer une ou plusieurs œuvres. Déjà en 2009, le Réseau de veille avait étudié cette tendance en détaillant plusieurs exemples. Voici de nouveaux cas de bonnes pratiques.

Une démarche intégrée dans l’ADN de la marque

Ace Hotel à New York collabore avec différents partenaires (musée, laboratoire et studio d’innovation, communauté artistique) à l’organisation d’événements impliquant des artistes en résidence :

  • En 2014, plusieurs chambres de l’établissement ont servi de lieu de création durant quelques jours à des artistes qui avaient carte blanche pour interpréter la mode à leur façon. Leur travail fut présenté au public durant la semaine de la mode.
  • Chaque dimanche, un artiste passe la nuit dans une chambre pour créer une œuvre qu’il expose le lundi matin. Sa biographie et son travail sont ensuite publiés sur le blogue.
  • En 2016, des artistes en résidence de l’organisme Residency Unlimited furent invités à participer à une série de discussions tenues au bar de l’hôtel. Ces événements intimistes leur ont permis de présenter leur parcours à la communauté locale et aux visiteurs.

L’hôtel El Ganzo, au Mexique, a construit un studio d’enregistrement pour y accueillir des musiciens. En échange, une performance musicale est offerte à la clientèle et est retransmise sur la chaine YouTube de l’établissement. De plus, la vidéo de l’hôtel, diffusée sur la page d’accueil de son site Web, est présentée sur fond de morceaux musicaux enregistrés à même son enceinte. Ces artistes et leur musique font ainsi partie intégrante de l’image de marque de l’établissement.

Source : El Ganzo

S’ouvrir à la communauté locale

Le programme de l’hôtel Le Pfister de Milwaukee aux États-Unis implique la communauté et le milieu artistique local dont sont issus la plupart des artistes en résidence. Des experts régionaux du domaine des arts font partie du comité de sélection des artistes. Lors de l’exposition des travaux des finalistes, l’avis du public (résidents et clients) est pris en considération pour choisir le candidat gagnant. Celui-ci travaille ensuite dans la galerie de l’hôtel, qui est fréquentée non seulement par la clientèle, mais aussi par les amateurs d’art de la ville.

Le Minneapolis Institute of Art aux États-Unis a invité une artiste d’origine mexicaine à passer trois mois cet été dans les

Par cette initiative, celui-ci veut marquer son appui au milieu artistique local.

quartiers d’immigrants de la ville pour y rencontrer les résidents. Les portraits créés seront ensuite exposés au musée durant six mois, accompagnés de vidéos à propos de ces communautés.

En 2015, l’aéroport de Brisbane en Australie a donné un accès exclusif pendant six mois au renommé peintre Robert Brownhall. En est née une série de peintures représentant le quotidien de ce lieu et mettant en scène les passagers, les avions et l’architecture. Une de ces œuvres a intégré la collection permanente d’art public de l’aéroport. Par cette initiative, celui-ci veut marquer son appui au milieu artistique local.

Sensibiliser la clientèle à l’art

À l’hôtel Le Pfister, les artistes en résidence organisent des tours guidés pour faire découvrir à la clientèle l’ensemble des œuvres d’art exposées et entreposées dans l’établissement. Chacun est spécialisé dans une discipline artistique précise, ce qui lui permet d’apporter une perspective unique.

Au Goldmoor Inn dans l’Illinois, un artiste par semaine s’installe dans un studio prévu pour l’occasion, durant le mois de janvier. Les clients sont invités à les observer et à converser avec eux. À la fin de la semaine, l’artiste offre un cours à ceux qui le désirent, suivi d’une réception au champagne.

Goldmoor-inn-artiste-en-residence      Source : Facebook/Goldmoor Inn

Les artistes en résidence sont aussi les bienvenus dans des musées sans vocation artistique. Par exemple, le musée canadien de l’immigration du Quai 21 à Halifax accueillera cette année son deuxième artiste pour une durée de six mois. En plus d’élaborer un projet d’art visuel, il devra interagir avec le public et répondre aux entrevues des médias. L’an passé, Kyle Jackson a créé une peinture représentant le paquebot l’Empress of Ireland, en collaboration avec les visiteurs, dont de nombreux enfants.

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Source : musée canadien de l’immigration du Quai 21

Les créations artistiques intégrées dans le lieu

Le musée d’art à Coral Springs en Floride propose un programme de trois mois qui inclut un budget de 9000 $, du matériel et un studio au sein de l’établissement. L’institution achète ensuite les œuvres créées et les intègre à sa

Pour ce musée de taille modeste, cette démarche permet de bonifier sa collection à un coût abordable

collection permanente. Pour ce musée de taille modeste, cette démarche permet de bonifier sa collection à un coût abordable. Au Quin Hotel à New York, les travaux des artistes intègrent temporairement sa collection permanente. Un mur d’écrans numériques dans le lobby présente quelques-unes de ces œuvres, créant un décor sans cesse renouvelé.

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Source : Facebook/Quin Hotel

Attirer de nouveaux publics

Le sentier transfrontalier de la piste Chilkoot est le lieu du programme d’artistes en résidence de Parcs Canada, du Centre des arts du Yukon et du Service des parcs nationaux des États-Unis. Trois spécialistes des arts visuels sont sélectionnés chaque année pour arpenter une section de ce sentier historique durant deux semaines. Ils sont invités à discuter avec les randonneurs tout en menant leurs activités artistiques, afin d’améliorer l’expérience des visiteurs. Des ateliers et des causeries sont organisés par leurs soins dans les communautés avoisinantes, faisant ainsi connaître l’art contemporain à de nouveaux publics.

Les programmes d’artistes en résidence sont utiles à de nombreux égards. Le client, l’organisme et l’artiste y trouvent leur compte. Ces démarches sont accessibles à toute entreprise touristique, quelles que soient sa taille et la place qu’elle souhaite accorder à la création artistique.

Source de l’image à la une : Unsplash

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Produits et activités

Le renouveau des musées

Les changements rapides de nos sociétés poussent les institutions muséales à repenser leurs processus d’accueil et de gestion. Loin d’être une menace, ce contexte dynamique permet au secteur de faire preuve de créativité, de redéfinir ses relations avec le public et de sortir de sa traditionnelle neutralité pour se positionner en moteur de changement sociétal, et inspirer l’ensemble du domaine touristique.

 

 

Surfer sur une vague d’empathie

Que ce soit pour découvrir une culture différente, une pratique artistique émergente ou une époque historique, le musée, dans son essence, invite à la rencontre de l’autre et à la confrontation de perspectives. Grâce à leur façon unique d’immerger les visiteurs au cœur de divers récits, les institutions s’imposent comme de puissants moteurs d’empathie et participent au renforcement des liens sociaux. En 2013, une étude menée au Crystal Bridges Museum of American Art a révélé qu’après une seule visite, les niveaux d’ouverture, d’empathie et de tolérance des participants avaient sensiblement augmenté. Pour que la magie opère, l’accent doit être mis sur la rencontre entre des gens de différentes origines, ethniques ou sociales, et les conditions doivent favoriser la discussion directe avec des étrangers.

Ouvert en 2015, le Empathy Museum est le premier espace d’art itinérant dédié à la compréhension du monde à travers la perspective d’inconnus. Sa mission est d’aborder l’empathie comme vecteur relationnel, mais également comme outil pour penser différemment les conflits, les préjudices et les inégalités mondiales. Sa première exposition, « A Mile in My Shoes », est une boutique de souliers interactive permettant aux visiteurs d’enfiler les chaussures d’une autre personne pour marcher environ 1,5 kilomètre, en écoutant le récit de sa vie.

Renouveau musee empathy museum

Source: Empathy Museum presents: A Mile in My Shoes, photo Cat Lee

Dans le cadre de l’exposition « Genocide: The Threat Continues », les visiteurs du United States Holocaust Memorial Museum pouvaient avoir une conversation en temps réel avec des personnes ayant fui les violences de leur pays d’origine pour trouver refuge en Iraq, en Jordanie ou en Allemagne. Le projet, issu d’une campagne de financement Kickstarter, mise sur l’humanité commune des interlocuteurs pour adoucir les divisions de classe, d’identité ou de culture.

Ébranler les convictions, détruire les barrières

Longtemps inattaquables, les structures judiciaires sont réexaminées et perçues tant comme un moyen de protéger les citoyens que comme des organes créateurs d’inégalité et d’exclusion.

À Johannesburg, le Constitution Hill illustre bien cette problématique. Situé dans une ancienne prison, où des militants tels Nelson Mandela et Gandhi ont été incarcérés, le musée rappelle aux visiteurs que la justice peut être utilisée comme un moyen d’oppression. Si le système de l’Apartheid, alors encadré légalement, est aujourd’hui considéré comme inhumain, qu’en est-il des pouvoirs juridiques actuels?

Le Eastern State Penitentiary museum s’est récemment détaché de sa position habituellement impartiale sur sujet de la réforme du système carcéral américain. Ainsi, l’exposition « Prisons Today. Questions in the Age of Mass Incarceration » s’ouvre sur l’affirmation suivante : « L’incarcération de masse ne fonctionne pas ». En amenant le visiteur à se questionner sur son propre rapport à la légalité, le parcours relativise la notion même de criminalité et appelle à plus d’empathie.

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Source : Prisons Today: Questions in the Age of Mass Incarceration at Eastern State Penitentiary in Philadelphia, PA.

Dans un autre ordre d’idée, nombre de musées ont choisi d’afficher leur soutien aux migrants et réfugiés internationaux, dont la légitimité de la présence dans leur pays d’accueil porte à controverse. En 2016, un projet lancé par le Middlesbrough Institute of Modern Art visait à créer des liens entre les résidents et les nouveaux arrivants. Une exposition issue de la rencontre entre ces deux groupes a été conçue et des actions concrètes ont également été posées pour faciliter l’insertion des migrants (don de nourriture, accès à des ordinateurs, etc.), en partenariat avec les associations locales. Dans cette même perspective d’intégration, le ministère de la Culture allemand a employé comme guides des réfugiés syriens et iraquiens afin que les nouveaux arrivants puissent avoir accès aux collections des musées de Berlin dans leur langue maternelle.

Échouer pour s’améliorer

Le renouveau de l’offre muséale ne se limite pas au contenu des expositions; il passe également par une mutation profonde des structures. La course à l’innovation actuelle pousse les institutions à augmenter leur réactivité et à développer une forte tolérance au risque, aptitudes qui viennent bouleverser une longue tradition de perfectionnisme.

La multiplication de « labs » au sein des musées, tels le Carnegie Museums’ Innovation Studio ou le Met MediaLab, invite les visiteurs et les employés à réfléchir librement sur de nouvelles expériences à développer. Ces initiatives témoignent bien de la volonté des gestionnaires de sortir leurs équipes de leur zone de confort et d’intégrer l’erreur au processus de création du produit final.

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Source: Twitter

Cependant, une culture de l’amélioration continue ne peut être cantonnée à un département et tout le processus doit être repensé. Ainsi, le Minneapolis Institute of Art a décidé de s’affranchir des canevas de gestion classiques pour favoriser la réactivité et l’interaction avec les visiteurs, à toutes les étapes de la création de produits. En formant les cadres séniors à plus de souplesse et en créant de petites équipes indépendantes de la hiérarchie, l’institut a réussi à réduire considérablement les délais de prise de décision et de lancement d’un projet qui, dans le cas des musées, s’étend traditionnellement sur plusieurs années. Le nouveau système a également mis en lumière le fait que les tests sur le public, tout au long du processus, conduisent à une amélioration immédiate de l’offre. Une plateforme numérique récolte dorénavant les commentaires des visiteurs. L’outil a permis d’ajuster certaines expositions déjà en cours et de créer un engagement direct avec le public en intégrant le storytelling à la stratégie de communication globale.

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Source : Minneapolis Institute of Art

Ainsi, pour faire face aux nouvelles attentes des visiteurs, les musées doivent repenser leurs contenus, leurs processus internes et leur façon d’interagir avec leur clientèle. Loin d’être propres au domaine, ces nouvelles orientations pourraient être adoptées avec succès par d’autres secteurs de l’industrie touristique.

Source de l’image à la une: Middlesbrough Institute of Modern Art

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Produits et activités Tourisme durable

De petites villes utilisent leurs atouts pour se revitaliser

De nombreuses villes qui se sont développées autour d’une seule industrie durant plusieurs décennies, ont vu ce secteur d’activité s’effriter ou des entreprises phares quitter la région. Affligées par les effets de l’étalement urbain, ces petites villes se sont retrouvées avec des centres-ville désertés. Certaines ont surmonté ce passage à vide, non sans efforts, pour connaître aujourd’hui de beaux succès et une notoriété sur le plan touristique. Une étude américaine de la United States Environmental Protection Agency rassemble plusieurs exemples de réussite.

Voici les cas de Paducah, dans l’État du Kentucky et de Roanoke en Virginie.

Paducah mise sur les arts et la culture

Dans les années 1980, la municipalité de Paducah (25 000 habitants) souffre d’un manque de vitalité économique et assiste à l’exode de sa population vers la banlieue. Le centre-ville, composé en grande partie de bâtiments historiques, enregistre un taux d’inoccupation de 70 %. La criminalité rend le lieu d’autant moins fréquentable.

Revitalisation petite ville arbres batiments historique

Source: Calebism

En 1988, la mairesse ainsi que plusieurs partenaires publics qui formeront le Paducah Renaissance Alliance, considèrent alors que le succès de la ville passe par un centre-ville en santé. On choisit de redorer le blason de Paducah en misant notamment sur ses atouts, dont son secteur historique, la « Renaissance Area ».

Impliquer les artistes 

L’un des éléments phares de l’approche consiste à valoriser les institutions culturelles qui ont le potentiel de drainer de l’activité dans le secteur. Le National Quilt Museum, inspiré par des résidents passionnés de matelassage, la Paducah School of Art and Design et le Luther F. Carson Four Rivers Center qui accueille des spectacles d’envergure voient le jour. Quelque 665 000 personnes provenant des quatre coins du pays ont assisté à l’un de ses événements dans les cinq ans qui ont suivi son ouverture.

Les efforts de revitalisation d’un secteur résidentiel central de la ville sont également notables. La Ville a consenti à vendre à des artistes pour la somme de 1 $ plusieurs immeubles qui devaient être entièrement rénovés. Des programmes de subvention et des ententes pour des loyers peu élevés ont permis au secteur de renaître et d’attirer des gens de partout, grâce aux ateliers et aux galeries d’art qui y ont vu le jour. D’autres types de commerces, comme des restaurants, des cafés, des boutiques se sont ensuite greffés au paysage pour combler les désirs de cette nouvelle affluence.

Revitalisation petites villes artistes

Source : Noah Adams/NPR

Ville créative de l’UNESCO 

En 2007, une étude menée par Americans for the Arts révèle que les organisations artistiques et culturelles à but non lucratif ont généré près de 40 millions de dollars américains en activités économiques dans la grande région de Paducah. Durant cette même année, plus de 400 000 personnes ont assisté à des événements culturels; 38 % d’entre elles provenaient de l’extérieur de l’État.

Jusqu’en 2010, environ 100 millions USD ont été investis dans le centre-ville de Paducah, dont la moitié venant du milieu privé. Les efforts de la Paducah Renaissance Alliance ont contribué à :

  • l’ouverture de 234 nouvelles entreprises;
  • attirer plus de 70 artistes qui ont rénové des bâtiments abandonnés;
  • la création de 1 000 nouveaux emplois;
  • la rénovation de 119 bâtiments;
  • une chute du taux d’inoccupation des bâtiments de 70 % à 14 %;
  • l’amélioration drastique de la qualité de vie;
  • une hausse considérable de la fréquentation et des dépenses touristiques;
  • la désignation par l’UNESCO, en 2013, de Paducah comme ville créative dans la catégorie : « artisanat et arts populaires ». Une reconnaissance bien méritée après plus d’une décennie d’efforts et d’investissements dans les arts et la culture.

Roanoke table sur le plein air

Dans les années 1980, la ville de Roanoke (98 465 résidents) voit plusieurs entreprises quitter son centre-ville, dont un siège social important (Norfolk & Western Railway) entraînant du même coup une série de pertes d’emplois. Les résidents quittent le centre-ville pour la banlieue et de nombreux bâtiments sont laissés à l’abandon.

Avec une situation géographique unique en Virginie, dans une vallée le long du Blue Ridge Parkway, une zone qui relie des parcs nationaux et le sentier des Appalaches, le plein air comme outil de développement économique s’impose.

Les autorités s’engagent alors à :

  • réaménager le centre-ville;
  • faire des loisirs de plein air un moteur économique;
  • créer un centre de recherche biomédical et un carrefour technologique.

 

Un dynamisme renouvelé 

Des programmes d’incitatifs à la rénovation ont été mis en place. La Ville a offert des subventions pour l’amélioration des espaces publics et des parcs urbains. Elle a contribué à créer un partenariat entre une organisation biomédicale, le collège Virginia Tech et University of Virginia pour la création du Carilion Biomedical Institute. La Carilion Clinic, un hôtel et une école médicale ont ensuite été construits. Mais pour attirer des résidents et des entreprises, il fallait procéder à l’amélioration du cadre de vie :

  • Entre 1995 et 2012, 42 km de voies vertes ont été aménagées dans la ville et ses alentours;
  • Un réseau cyclable permettant de sécuriser la pratique du vélo en ville et de la rendre plus attirante est développé;
  • Entre 2008 et 2010, la Ville place sous sa protection près de 5 000 hectares afin de préserver, notamment, des milieux de vie sauvage et certains panoramas;
  • En 2002, la Ville vise à obtenir une canopée d’arbres couvrant 40 % de sa superficie en dix ans; En 2010, 48 % du territoire est couvert d’arbres.

Le centre-ville de Roanoke a changé drastiquement depuis 2000. Alors que seulement une poignée d’individus y habitaient, quelque 1 200 résidents y ont élu domicile à ce jour. Entre 2009 et 2012, 25 restaurants se sont ajoutés, plusieurs d’entre eux ont profité de l’engouement pour les produits locaux en mettant de l’avant ceux disponibles au marché de fermiers de Roanoke.

L’organisme Smarter Travel a désigné Roanoke comme l’une des dix meilleures petites villes en croissance.

Revitalisation plein air Roanoke velo

Source : Visit Roanoke

Tactiques gagnantes

Chaque ville est unique. Une recette gagnante dans un cas peut se révéler un échec dans un autre. L’étude de la U.S. Environmental Protection Agency (EPA) expose quelques tactiques communes aux municipalités étudiées.

  • Identifier et utiliser les meilleurs atouts existants (paysage/ressources naturelles, plein air, bâtiments historiques, institutions culturelles) pour développer une économie résiliente;
  • Engager tous les membres de la communauté pour planifier l’avenir;
  • Tirer avantage de tout financement externe;
  • Créer des incitatifs au développement;
  • Encourager les investissements dans la communauté;
  • Faciliter la coopération au sein de la communauté et à travers la région;
  • Favoriser un environnement sain et de qualité.

Chaque milieu peut adapter ces éléments en regard de ses propres caractéristiques. Les petites et moyennes villes attirent par ce qu’elles ont d’authentique à offrir. Quels sont les atouts de votre ville?

Image à la une : Cooltown Studios

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Segments de clientèles

Mieux accueillir les familles au musée

L’association Môm’Art épaule les sites culturels et les musées qui adhèrent à sa charte et qui témoignent d’une volonté de mieux accueillir les familles. Désignés « Musée Joyeux », ces lieux sont tous répertoriés sur le site Web de l’association. Pour l’instant, ils se situent essentiellement en France et en Belgique, mais l’organisme souhaite élargir ses horizons jusqu’au Québec.

Le site Web de Môm’Art héberge également un blogue collaboratif sur lequel plusieurs blogueurs et familles partagent leurs expériences vécues dans divers musées. Une occasion de voir ce qui se fait dans d’autres lieux culturels, de s’inspirer et de prendre note des bons coups et des initiatives moins réussies.

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Source : Môm’Art | auteur : Dominique Le Bagousse

De quelle façon accueillez-vous les familles? Mettez-vous en place des projets entièrement dédiés à cette clientèle?

Source de l’image à la une : © Môm’Art | auteur : Dominique Le Bagousse

 

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Produits et activités

L’engagement des musées dans la société

La conférence CTM, qui se déroulait à Québec du 15 au 18 novembre 2016, portait sur le thème de l’engagement. Lors des présentations et des ateliers, près de 200 experts culturels internationaux ont échangé à propos des défis que pose l’engagement dans l’ensemble de leurs activités et des bonnes pratiques mises en place par leur institution.

Cette année, CTM a accordé beaucoup d’importance à la mission sociale des institutions muséales et à leurs valeurs. Ce deuxième et dernier compte rendu (lire aussi : L’engagement du public dans les musées) portera cette fois sur l’engagement des musées dans la société et l’implication de leurs ressources humaines.

Le MoMa pose des actions concrètes

Kim Mitchell, chef des communications au Musée d’art moderne de New York (MoMA) et Tiffany Rolfe, partenaire et chef de la création chez co : collective, ont présenté les initiatives mises en place par le MoMA pour clarifier sa raison d’être au cours des dernières années à travers un projet identitaire. Bien que l’institution possède déjà une notoriété dans le milieu muséal, le MoMA a procédé à une réflexion durant laquelle il s’est interrogé sur son essence première, son comportement dans la société et la façon dont il projette de se comporter dans le futur. Pour appuyer cette démarche et la communiquer auprès du public, le musée a privilégié le storydoing, c’est-à-dire mettre en pratique les valeurs de l’institution. En plus d’être cohérente, cette approche marque les esprits, tant du public que des médias.

Fort de l’ambition d’être le musée d’art moderne et contemporain le plus engagé auprès de tous, le MoMA cherche à s’ouvrir et à créer davantage de dialogues avec son public, plus précisément les Newyorkais, les jeunes et la communauté créative. Pour atteindre cet objectif, le musée a mené plusieurs actions. Voici quelques exemples :

  • il enraie les obstacles : pour attirer davantage d’artistes au musée, le MoMA leur offre un tarif spécial;
  • il ajoute de la valeur : des événements sont organisés pour des groupes spécifiques, durant les heures de fermeture;
  • il crée des expériences mémorables : les quiet mornings permettent à des centaines de personnes d’effectuer leur pratique de méditation ensemble au musée.

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Source : MoMA

Le MBAM : branché sur son milieu

Pour sa part, Danielle Champagne, directrice de la fondation du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), a démontré par plusieurs exemples la façon dont le musée agit à titre de vecteur de changements sociaux dans sa communauté et au-delà.

  • Thématiques engagées : depuis quelques années, le MBAM ose sortir des sentiers battus pour s’arrimer à des enjeux de la société actuelle tels que la diversité corporelle, l’homosexualité et la bisexualité, la paix et la liberté.
  • Engagement communautaire : le MBAM collabore avec plus de 450 organismes œuvrant avec les clientèles immigrantes, réfugiées, défavorisées, handicapées, âgées et à risque. Ses programmes éducatifs, culturels et communautaires ont attiré 307 000 participants en 2015.
  • Implication dans des projets liés à la santé : en plus de s’exposer dans des centres médicaux, le musée se veut un espace de mieux-être pour les aînés, en offrant des parcours santé à travers les galeries. Le musée accueille également des personnes atteintes de diverses pathologies en leur proposant un choix d’ateliers.

Le MBAM contribue activement à la société en abordant le monde différemment, en faisant le pont entre le passé et le présent, tout en étant bien conscient des enjeux de son temps.

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Source : présentation de Danielle Champagne

L’engagement du personnel

Au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), on a cherché à démocratiser l’expérience muséale en produisant du contenu vidéo accessible à un large public. Pour atteindre cet objectif, il fut impératif de mobiliser le personnel et de s’assurer de son engagement envers l’idée. Ainsi, des conservateurs, des commissaires d’exposition, des artistes et même la directrice générale du musée ont mis leur expertise au service d’un projet de websérie en acceptant, entre autres, d’être sous l’œil de la caméra.

Lors de la conférence CTM, Marie-Hélène Raymond, édimestre et gestionnaire de communauté au MNBAQ, a présenté le projet de websérie du musée. La première phase, « Une œuvre expliquée », composée de douze épisodes d’une longueur de plus ou moins trois minutes, a été diffusée sur le Web d’avril 2015 à avril 2016, à raison d’un épisode par mois. La seconde phase, « Un artiste, une œuvre », visant à promouvoir l’art québécois, a pour sa part été diffusée d’un seul trait. Ses 33 épisodes furent donc partagés sur le Web en septembre 2016.

Divers partenaires ont collaboré au projet : des artistes, des humoristes, un cardinal, des enfants, etc. Cette collaboration, entre des membres du personnel et des personnes provenant de tous horizons, a permis aux vidéos d’obtenir une vitrine sur des médias jamais rejoints auparavant. Après avoir été partagées sur les médias sociaux, les vidéos ont été reprises par plusieurs blogues et autres plateformes Web, ce qui a permis d’atteindre un public beaucoup plus vaste.

MNBAQ

Source : mnbaq.org

Un musée ne pourrait fonctionner sans le travail et la passion de chaque individu qui œuvre au sein de son institution. Pour toucher le public, il faut d’abord qu’il y ait une cohésion au sein des troupes, il faut mobiliser chaque individu et orienter ses actions vers des objectifs communs fondés sur les valeurs de l’établissement.

Source de l’image à la une : © Agenda

 

 

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Produits et activités

Le tourisme gourmand au Québec prend du galon

Du 16 au 18 novembre dernier se tenait le 1er Grand rendez-vous en agrotourisme et tourisme gourmand à Victoriaville. L’événement a accueilli 160 intervenants et exploitants provenant de toutes les régions du Québec. Il s’agissait d’une initiative de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand du Québec, Terroir et Saveurs.

Denis Brisebois, directeur de Lemay Stratégies, a présenté les résultats d’une enquête sur les retombées économiques et l’importance de l’agrotourisme et du tourisme gourmand au Québec. Le bilan : 25,9 millions de visites en 2015 ! De ce nombre, 43 % proviennent de clientèles touristiques. Cela représente une moyenne de 14000 visites-personne par année pour les 789 producteurs agrotouristiques et les 1052 exploitants œuvrant en tourisme gourmand.

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Source : Lemay Stratégies

Le tourisme gourmand peut désormais être abordé comme un produit d’appel ayant un excellent potentiel d’exportation.

Quatre entreprises d’ici qui ne se tournent pas les pouces

La Maison Lavande, à Saint-Eustache dans les Basses-Laurentides, exploite un créneau unique dans la région. Depuis les débuts de la lavanderaie en 2006, le couple d’entrepreneurs a grandement diversifié ses activités, explique Nancie Ferron, copropriétaire. Au cours des dernières années, il y a eu la création d’une vaste gamme de produits cosmétiques (plus de 70 produits pour le corps, la maison et même pour les animaux) ainsi que des créations gourmandes.

Plus récemment, l’entreprise a déployé des boutiques d’allées dans quelques centres commerciaux, lui permettant de rejoindre une plus large clientèle. Avec son site Web transactionnel et au goût du jour ainsi qu’une présence active sur les médias sociaux — un employé à temps plein s’y dédie — La Maison Lavande a rajeuni sa clientèle.

la maison lavande boutique

Source : La Maison Lavande

En juillet 2016, l’entreprise de livraison de petits déjeuners à domicile Oatbox a tenu son événement Silver Spoon Collective sur le site de La Maison Lavande. Les influenceurs invités ont contribué à développer la notoriété et la réputation de l’entreprise.

L’Auberge des Glacis, à l’Islet dans Chaudière-Appalaches, est non seulement fière de mettre sur sa table des produits de 70 entreprises de la région, mais a bien compris l’importance des entreprises agrotouristiques et des producteurs agroalimentaires pour sa clientèle.

Nancy Lemieux, propriétaire, explique que des capsules vidéo ont été créées afin de présenter chacun des producteurs qui l’approvisionnent. Cette démarche s’est déroulée au cours des derniers mois avec l’aide de la journaliste Danielle Laforce. La toute nouvelle chaîne Glacis.tv permet d’aller à la rencontre des personnes derrière chacun des produits, de leur façon de travailler et de leur histoire. On y propose aussi des capsules du chef de l’auberge. Une dizaine de vidéos sont déjà en ligne et plusieurs autres sont à venir. Elles donnent une toute nouvelle valeur à l’auberge et à sa table tout en contribuant à faire connaître les entreprises de la région. Il s’agit également de contenus parfaits pour le partage sur les médias sociaux.

Source : Glacis.tv

L’Orpailleur, à Dunham dans les Cantons-de-l’Est, est un vignoble pionnier de son industrie et de l’agrotourisme au Québec. Charles-Henri de Coussergues a implanté ses premières vignes en 1982 et produit la première bouteille de vin en 1985. Il a défriché le secteur de la viticulture au Québec. Depuis, il ne cesse d’œuvrer à faire connaître les vins d’ici et à faciliter leur distribution. La petite histoire de l’Orpailleur fait partie intégrante de l’expérience agrotouristique proposée.

Edith Ducharme, directrice des communications et du marketing, se dit gardienne de la marque et de l’histoire de l’entreprise. L’Orpailleur s’est grandement développé au cours des années. L’entreprise organise plusieurs événements et produit 165  000 bouteilles annuellement. Mme Ducharme donne cinq conseils aux entreprises agrotouristiques :

  1. Mettre son histoire de l’avant ;
  2. Garder l’accent sur la mission centrale, ne pas s’éparpiller ;
  3. Rester modeste. Aussi réussis que les produits puissent être, d’autres producteurs font également des prouesses ;
  4. Avoir de l’audace. La modestie ne l’empêche en rien, il faut oser innover ;
  5. Demeurer prudent, et surtout, authentique.

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Source : L’Orpailleur

Le copropriétaire de la Cidrerie et Vergers Pedneault de l’Île-aux-Coudres dans Charlevoix, Éric Desgagnés, exploite les fruits d’un verger datant de 1918, fondé par son grand-père. L’entreprise fabrique 26 produits alcoolisés différents, issus de la pomme, mais aussi d’autres petits fruits comme la prune.

L’île-aux-Coudres étant isolée et fréquentée surtout l’été, la distribution sur le site ou aux alentours s’avère difficile. L’entreprise a donc déployé ses produits dans de nombreux points de vente (29 au total), dont quatre boutiques mises sur pied par les copropriétaires (Baie-Saint-Paul, La Malbaie, quartier Petit Champlain et Marché du Vieux-Port à Québec). L’objectif est bien sûr de vendre des produits, mais également d’attirer des visiteurs à l’Île-aux-Coudres.

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Source : Cidrerie et Vergers Pedneault

Desgagnés estime aussi qu’il est important de s’impliquer dans l’industrie ; il est lui-même président de l’association touristique régionale. Enfin, la présence de l’entreprise au sein du vaste réseau d’Économusées est une belle avenue à exploiter. Feuilletez leur e-magazine pour en savoir davantage sur ce réseau.

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Source : Société du réseau Économusée®

Vers la reconnaissance d’un produit d’appel

Plusieurs autres présentations ont enrichi ce 1er Grand rendez-vous en agrotourisme et tourisme gourmand. L’engouement des clientèles touristiques et excursionnistes n’est plus à démontrer et l’offre québécoise est riche, néanmoins dispersée et soumise à un contexte de forte concurrence. Un des objectifs de la rencontre consistait à mobiliser les acteurs du secteur vers une plus grande cohésion et un meilleur positionnement dans l’offre touristique québécoise. L’avenir nous dira s’ils ont atteint leur but!

Source de l’image à la une: La Maison Lavande

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Produits et activités

L’engagement du public dans les musées

La conférence CTM, qui se déroulait à Québec du 15 au 18 novembre 2016, portait sur le thème de l’engagement. Lors des présentations et des ateliers, près de 200 experts culturels internationaux ont échangé à propos des défis que pose l’engagement dans l’ensemble de leurs activités et des bonnes pratiques mises en place par leur institution. Ce premier d’une série de deux comptes rendus portera sur l’engagement du public; le second se penchera sur l’engagement des musées dans la société.

 

Une approche sensorielle pour engager le public

Éveiller les sens contribue à l’engagement. Cette prémisse, évoquée par Amahl Hazelton, chef des communications chez Moment Factory, s’exprime par la création d’environnements propices au partage. Cette création est guidée par l’identité du lieu à mettre en valeur et s’appuie sur un solide processus de travail intégré. Par exemple, un parc (Foresta Lumina), un musée (Musée de l’ingéniosité J. Armand Bombardier) ou un événement (Bal du Centenaire, Musée Royal de l’Ontario) ont tous une histoire qui, partagée à travers un univers immersif sensoriel, stimule et marque le visiteur. La firme mise ensuite sur le sentiment d’émerveillement du public afin qu’il se connecte avec le lieu.

L’engagement d’un public moins initié aux musées

Les jeunes adultes constituent l’un des principaux publics que de nombreuses institutions culturelles tentent activement d’attirer. De quelle façon peut-on leur donner l’envie de découvrir les musées, et comment développer leur engagement?

« il est indispensable de revoir la façon dont on présente le contenu si l’on veut attirer davantage de milléniaux dans les musées »

Pour Ethan Angelica, guide interprète de l’agence indépendante Museum Hack, il est indispensable de revoir la façon dont on présente le contenu si l’on veut attirer davantage de milléniaux dans les musées. Convaincue par son approche qui sort de l’ordinaire, l’agence, qui offre des visites guidées dans des musées à New York, à Washington D.C. et à San Francisco, cible un public qui n’aime généralement pas les musées.

Ainsi, Museum Hack réinvente l’expérience muséale en personnalisant le contenu selon les intérêts de chaque groupe et en intégrant trois aspects fondamentaux pour engager son public :

  1. Incorporer du divertissement et faire preuve de passion en utilisant le storytelling;
  2. Modifier le script d’une visite traditionnelle afin de créer des expériences sociales;
  3. Créer un sens d’exclusivité dans le but que le public se souvienne d’un moment privilégié vécu au musée.

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Source : museumhack.com

Au Louvre, on mise sur une stratégie de communication digitale pour rejoindre les milléniaux. Anne-Laure Béatrix, directrice des affaires extérieures et Adel Ziane, chef des communications, ont exposé le fruit d’une collaboration avec Will.i.am, chanteur du groupe Black Eyed Peas.

« on marque les esprits lorsque l’on trouve la bonne façon de capter l’attention et de communiquer le contenu »

Selon eux, on marque les esprits lorsque l’on trouve la bonne façon de capter l’attention et de communiquer le contenu. Le public aime se faire surprendre; au-delà de la visite, il désire participer et faire des découvertes.

Le partenariat entre le Louvre et Will.i.am a débuté en 2010, à la suite du tournage de la série Visionaries : Inside the Creative Mind. Ce premier contact avec le musée a inspiré le chanteur à réaliser le vidéoclip Mona Lisa Smile entre les murs de ce haut lieu français. Le succès de cette première collaboration en a engendré une seconde. L’enthousiasme et le réel intérêt de l’artiste pour certaines collections du musée a inspiré le Louvre à approcher le chanteur afin de réaliser le documentaire Will.i.am au Louvre. La relation développée avec le chanteur a ainsi permis au musée de compter sur un solide ambassadeur pour rejoindre un public plus jeune.

Madame Béatrix précise qu’avant d’accepter une idée provenant de l’extérieur, il faut considérer un temps d’adaptation pour se familiariser avec le partenaire. Il est aussi important de s’interroger sur ce que celui-ci apportera de plus au musée et à son public. Parmi les facteurs de succès de la collaboration du Louvre avec Will.i.am se trouvent :

  • L’implication et le cautionnement du projet par l’équipe interne du musée;
  • L’identification des valeurs communes entre l’artiste et le musée afin de donner un sens à la collaboration auprès du public;
  • Le respect de chaque partie prenante;
  • La prise de risque et l’acceptation d’une part d’inconnu.

À l’Opéra National de Paris, on cherche à acquérir de nouveaux publics sans toutefois risquer de perdre la clientèle régulière. Marylou Johnston, directrice des communications et du développement international et Fabrice Gueneau, fondateur et président, tous deux de l’agence Dream On, ont présenté leur stratégie visant à rejoindre de nouveaux publics pour le compte de l’Opéra National de Paris. L’approche privilégiée consiste à positionner l’expérience au centre d’une réflexion plus globale axée sur l’engagement du public.

Au-delà de la refonte de l’identité visuelle, l’agence a développé la plateforme numérique 3e Scène, qui consiste en un espace virtuel de diffusion de contenus. Pour alimenter cette 3e Scène, l’Opéra invite en résidence des artistes de tous horizons (cinéastes, écrivains, photographes, etc.) afin de communiquer sur les arts de la musique et de la danse. Complémentaire à l’expérience de visite pour tous les publics, cette plateforme de diffusion permet de créer davantage de liens avec l’auditoire, de faire vivre virtuellement l’expérience de l’Opéra et d’offrir un espace de partage propice à l’engagement du public.

Opera de Paris

Source : operadeparis.fr

Explorer de nouvelles façons de faire, prendre des risques, être authentique, écouter son auditoire, inviter ses visiteurs à des événements spéciaux afin de développer une communauté, être créatif quant aux moyens de communiquer avec le public; voilà plusieurs exemples soulevés par les participants de la conférence CTM dans le but de créer un engagement durable avec son public.

Source de l’image à la une : © Agenda

 

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Initiative citoyenne au service de la culture

Depuis sa création, cette association à but non lucratif développe des liens avec les institutions culturelles de Paris afin de proposer à ses membres des sorties de qualité. En cinq ans, elle a organisé 250 événements dans 60 lieux différents. L’association compte 200 adhérents et sa communauté sur les médias sociaux en rassemble plusieurs milliers : 7000 sur Twitter et 5000 sur Facebook.La convivialité et l’absence d’obligation à participer apportent une grande flexibilité aux membres. Ainsi, la culture est partagée dans le plaisir, unissant la curiosité de certains à la passion des autres. En plus d’attirer un public en soir de semaine, les musées profitent de la visibilité de l’association et de ses membres sur les médias sociaux.

l'Association un soir un musée un verre pour les touristes et résidants

Source : un Soir un Musée un Verre

Accessible à tous, cette association profite également à la clientèle touristique en lui permettant de découvrir des lieux culturels et d’échanger avec des résidents.

 

Source de l’image à la une: un Soir un Musée un Verre

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Portrait de l’industrie des attraits

PGAV Destinations, en collaboration avec H2R Market Research et Blooloop, a réalisé une étude auprès d’un millier de visiteurs d’agrément américains qui ont visité au moins une attraction touristique en 2015 ou prévoient le faire en 2016. En voici les principales conclusions :

En 2015, les musées, les zoos, les théâtres, les sites historiques et les parcs à thème figuraient parmi les principaux types d’attraits visités (voir le graphique 1).

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Le tableau 1 présente le profil sociodémographique des visiteurs en fonction de chacune des attractions étudiées. Comme on peut s’y attendre, les diverses générations fréquentent des attraits différents :

  • les milléniaux et les X visitent plutôt les zoos, les parcs aquatiques ou à thème, les amphithéâtres, les aquariums, et les centres de science;
  • les boomers fréquentent les sites, les maisons et les demeures historiques, les centres de divertissement familiaux, les jardins botaniques et effectuent des tours guidés.

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Le visiteur type est une femme

Environ six visiteurs d’attractions sur dix appartiennent à la génération X âgée de moins de 51 ans ou à celle des milléniaux.

Environ six visiteurs d’attractions sur dix appartiennent à la génération X âgée de moins de 51 ans ou à celle des milléniaux. PGAV Destinations définit ainsi le portrait type du visiteur d’attraction:

  • Il s’agit d’une femme âgée de 41 ans et plus, sans diplôme universitaire, et disposant d’un revenu annuel supérieur à 50 000 dollars américains;
  • Elle navigue directement sur les sites Web des attraits pour planifier sa visite;
  • Elle utilise Facebook plus que tout autre média social;
  • Elle fréquente les attractions situées dans un rayon de plus de 80 kilomètres de sa résidence.

Le degré de satisfaction de la clientèle

Le degré de satisfaction des visiteurs est très élevé, allant de 4,17 (sur 5) pour les consommateurs ayant fréquenté un parc aquatique à 4,68 pour les amateurs de théâtre. Plus le client est âgé, plus son niveau d’appréciation est grand : 

  • 70 % chez les seniors;
  • 59 % chez les boomers;
  • 47 % chez les X;
  • 40 % chez les milléniaux.

Les principales sources de satisfaction pour les visiteurs d’attraits sont :

  • l’accueil chaleureux des employés (82 %);
  • la variété des expériences et des activités proposées (81 %);
  • une expérience unique qui sort de l’ordinaire (80 %).

Plus précisément, les visiteurs d’un zoo ou d’un parc animalier apprécient les expositions immersives et les options alimentaires de qualité. Ceux des parcs à thème recherchent plutôt des sensations fortes et des manèges pour la famille. Quant aux amateurs de musées et d’attraits historiques ou éducatifs, ils préfèrent les expositions et les activités interactives.

Ce qui les irrite le plus, c’est l’absence de Wi-Fi. Après tout, quoi de plus agaçant que d’essayer de tuer le temps dans la file d’attente en vérifiant ses courriels ou en naviguant sur les médias sociaux, pour finalement constater qu’il est impossible de se connecter? Les voyageurs s’attendent de plus en plus à rester connectés, peu importe où ils sont et ce qu’ils font.

L’indicateur de fidélité (Net Promoter Score), qui consiste à demander aux clients : « Quelle est la probabilité que vous recommandiez l’attraction à un ami ou à un collègue ? », varie de 50 % à 70 % (voir le graphique 2) selon l’attrait visité. Il varie aussi en fonction de l’âge des clients; il est plus élevé chez les seniors (70 %) et il baisse continuellement en fonction de l’âge pour atteindre 40 % chez les milléniaux.

Portrait de l’industrie des attraits grap.2

Prévisions de fréquentation

Les voyageurs interrogés prévoient accroître leurs visites d’attraits en 2016, principalement dans les centres de divertissement familiaux, les amphithéâtres, les aquariums et les maisons et demeures historiques;

Les voyageurs interrogés prévoient accroître leurs visites d’attraits en 2016…

seuls les musées subiront une diminution de leur achalandage (voir le graphique 3). Parmi ceux qui n’ont visité aucune attraction en 2015, plus de la moitié (59 %) prévoit se rendre au zoo cette année.

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Autres infos en vrac

Les informations qui suivent sont tirées du tableau 2 présenté ci-après.

  • Plus de la moitié des répondants ont mentionné que l’attraction visitée était située à plus de 80 kilomètres de leur domicile; plus des deux tiers en ce qui concerne ceux qui ont effectué un tour guidé ou visité une maison ou une demeure historique.
  • Les Américains fréquentent plusieurs fois la même attraction*. Cela est particulièrement vrai dans le cas des amateurs de zoos ou de parcs à thème; mais un peu moins pour ceux qui effectuent des tours guidés et des visites de musées, de sites et de maisons historiques.
  • Bien que les visiteurs recommanderaient la plupart des attractions à leurs parents et amis, les jardins botaniques, les aquariums et les amphithéâtres sont ceux qui reçoivent la meilleure appréciation, soit une note de plus de 4,5 sur une échelle de 5.

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Enfin, la majorité des répondants ont visité plusieurs types d’attraits au cours de l’année 2015. Ce sont les visiteurs des centres des sciences qui en ont visité le plus grand nombre. Ils ont également fréquenté un musée, un zoo, un site historique, un théâtre, un aquarium, un parc à thème et un centre de divertissement familial dans une proportion supérieure à 50 % pour chaque type d’attraction. Les visiteurs des jardins botaniques et des parcs aquatiques ont visité cinq autres catégories d’attraits dans une proportion supérieure à 50 % alors que les amateurs de zoos sont ceux qui en ont visité le moins (2).

 

Source de l’image à la une : pexels.com