Catégories
Gestion

Les entrepreneurs québécois de la génération Y

La génération Y a grandi dans un environnement propice à l’entrepreneuriat, d’un point de vue social, scolaire, économique et technologique. D’après une étude réalisée par la Chaire en entrepreneuriat et innovation de la Faculté des sciences de l’administration (FSA) de l’Université Laval pour le compte de la Caisse de dépôt et placement du Québec, les Y sont indifférents aux conventions déjà établies, n’hésitent pas à innover en proposant de nouveaux modèles d’affaires et certains aspirent même à changer le monde…

L’étude, menée auprès de 64 entrepreneurs âgés de 20 à 36 ans (génération Y), 79 de 37 à 46 ans (génération X), ainsi que 167 de 47 à 68 ans (baby-boomers), fait ressortir plusieurs tendances générationnelles. Bien que l’échantillon soit de petite taille, il met en lumière des notions qui permettent de mieux connaître les entrepreneurs québécois. Voici quelques faits issus de cette recherche.

Caractéristiques des entrepreneurs Y et de leur entreprise

Plus scolarisés que les entrepreneurs des générations précédentes, les Y sont plus nombreux à détenir un diplôme universitaire. Plusieurs ont même suivi des cours en entrepreneuriat, des formations en gestion ou effectué un MBA.

De 30 % à 40 % des diplômés de MBA créent leur entreprise à la fin de leurs études.

L’âge moyen des entrepreneurs de la génération Y au démarrage, à la reprise ou à l’achat d’une première entreprise se situe à 26 ans. À titre comparatif, l’âge moyen auquel les X ont lancé leur entreprise est de 31 ans et chez les baby-boomers, il est de 35 ans.

Les Y dirigent des entreprises composées de petites équipes : 38 % comptent d’un à quatre employés et 34 % de cinq à neuf. Il semble y avoir une corrélation entre la scolarité et la taille de l’entreprise; les Y ayant suivi une formation en gestion, en entrepreneuriat ou détenant un MBA sont deux fois plus nombreux à diriger une organisation de 20 employés et plus.

Les Y préfèrent créer une entreprise (64 %) qu’en reprendre ou en racheter une (33 %). L’incorporation représente la forme juridique la plus privilégiée par ceux-ci (81 %).

Un intérêt grandissant pour l’entrepreneuriat

Les Y rêvent de plus en plus de posséder leur entreprise et ils affectionnent davantage l’entrepreneuriat que les individus des générations précédentes. Selon l’Indice entrepreneurial québécois 2015, 36,6 % des 18 à 34 ans ont l’intention de créer un jour une nouvelle entreprise ou d’en reprendre une déjà existante. En 2014, ces intentions étaient de 33,6 % et en 2013, de 25 %.

AR_Les entrepreneurs québécois de la génération Y1

Les Y sont également plus enclins à prendre action pour créer ou reprendre une entreprise. Au cours de la dernière année, 13,9 % ont effectué des démarches concrètes afin de se lancer en affaires. En 2014, ce pourcentage se situait à 12 % et en 2013 à 7,4 %.

En affaires, les Y ont besoin d’être bien entourés

Dans son étude, la Chaire en entrepreneuriat et innovation de la FSA de l’Université Laval fait ressortir plusieurs éléments facilitant le cheminement d’un entrepreneur. On constate que les besoins des Y diffèrent à plusieurs égards de ceux des X. Ces derniers attribuent beaucoup plus d’importance à leur confiance en leurs capacités et à leur connaissance du secteur d’activité que leurs cadets. Ce qui compte le plus pour les Y est le soutien moral de leur entourage ainsi que les compétences et l’expérience de leurs collaborateurs. Malheureusement, l’étude ne spécifie pas les éléments qui se trouvent dans la catégorie « autre », soit l’option la plus sélectionnée des 20-36 ans.

AR_Les entrepreneurs québécois de la génération Y2

De nombreux entrepreneurs Y perçoivent leur entreprise tel un projet. Adeptes du multitâche, ils s’impliquent parfois dans plus d’un projet à la fois. Ils sont habitués à travailler en équipe, ainsi, 89 % préfèrent s’associer à d’autres partenaires.

Motivations et défis

Malgré le stress et l’incertitude, les longues heures de travail, l’insécurité financière et les nombreuses responsabilités, les Y perçoivent plusieurs avantages à démarrer, acheter ou reprendre une entreprise. Ce qui motive le plus cette génération est d’être son propre patron et de jouir d’une certaine autonomie. Ces jeunes deviennent également entrepreneurs par passion et parce qu’ils veulent saisir une occasion d’affaires.

L’entrepreneuriat comporte certes son lot de défis, mais les motivations qui poussent les Y à posséder leur entreprise font en sorte que, même en situation de fermeture, cette jeune génération ne baisse pas les bras. Selon l’indice entrepreneurial québécois 2015, plus de deux jeunes sur trois ayant mis fin à leur entreprise sont à nouveau présents dans l’écosystème entrepreneurial.

 

Catégories
Produits et activités

Connaissez-vous le prêt-à-pêcher?

Depuis 2014, la SÉPAQ offre un forfait de pêche tout inclus dans onze réserves fauniques et quatre parcs nationaux du Québec, comprenant l’équipement de pêche à la truite mouchetée (cannes à pêche, coffre et leurres), les droits d’accès pour la pêche et une embarcation. Plusieurs combinaisons de services incluant l’hébergement sont également offertes. Une bonne manière de recruter de nouveaux adeptes et de former la relève! Pour lire au sujet d’autres exemples de renouvellement de la clientèle, consultez cette analyse.

 

Source de l’image à la une : ©Sépaq

Catégories
Technologies

Vers des villes intelligentes et innovantes

La ville intelligente et innovante est celle qui cherche constamment à mieux répondre aux besoins de l’ensemble de la communauté par une utilisation optimale des outils numériques et par le partage de l’information. Voici trois villes du Québec qui ont déjà bien amorcé ce virage, ainsi que des projets profitant à l’industrie touristique et faisant appel aux principes de la ville intelligente.

 

Montréal vise 2017

À l’été 2014, la Ville de Montréal a mis sur pied le Bureau de la ville intelligente et numérique (BVIN). Son objectif : faire de Montréal un chef de file mondialement reconnu parmi les villes intelligentes et numériques d’ici 2017, année où elle célébrera son 375e anniversaire. La stratégie 2014-2017 élaborée par le BVIN est le fruit de consultations et d’un dialogue continu avec les Montréalais.

 Parmi les actions concrètes entreprises par la Ville, mentionnons la mise en place d’une plateforme de données ouvertes à partir desquelles des applications ont été créées. Elle souhaite éventuellement offrir un accès Internet sans fil sur l’ensemble de son territoire. Cette connexion gratuite sera d’ailleurs possible dans le centre-ville dès l’été 2015. De plus, des actions en matière de mobilité urbaine, de services numériques et de création d’espaces d’innovation sont prévues par le BVIN.

Pour déterminer les projets concrets à réaliser, le BVIN tend l’oreille et consulte les principaux intéressés, soit l’ensemble de la communauté. Il utilise les sondages, les causeries, les colloques et invite les gens à venir partager leurs idées sur son portail. L’événement d’idéation « Je vois Montréal », qui invitait en novembre 2014 les universitaires, les entreprises, les politiciens et les citoyens à venir partager leurs projets concernant l’avenir de leur ville, fut un véritable incubateur d’idées. En tout, 180 projets, de grande comme de petite envergure, ont été retenus. Leurs instigateurs ont même signé un engagement avec la Ville afin que cette dernière assure un certain suivi. L’un des projets vedettes de cette rencontre historique consiste à créer une mutuelle de taxis électriques grâce à un nouveau modèle d’affaires basé sur une économie verte et sociale, tout en faisant appel à la technologie numérique. Cette initiative a pour but de renouveler l’industrie du taxi, d’affronter la menace que représente Uber pour le secteur, d’améliorer la mobilité urbaine et de créer une image de marque forte et porteuse pour Montréal.

CB_villes_innovantes_image1

Source : XPND.com

Québec ville ouverte

La Ville de Québec figure au palmarès Smart21 des villes intelligentes pour les années 2011, 2012 et 2014. Comme Montréal et de nombreuses autres villes canadiennes, elle dispose d’un portail de données publiques et invite les organisations, les entreprises et les chercheurs à créer des applications à partir de celles-ci afin de faciliter la vie des citoyens et des visiteurs tout en favorisant une utilisation optimale des services publics. À titre d’exemple, l’application Découvrir Québec propose une centaine de sites patrimoniaux et historiques, tandis que ParkMoi! Québec répertorie les stationnements à proximité de l’utilisateur.

CB_villes_innovantes_image2

Source : Ville de Québec

Le succès de la campagne « Effet Québec »

Toujours dans cet esprit de participation citoyenne et en phase avec les plateformes collaboratives, l’Office du tourisme de Québec ainsi que l’agence de publicité Cossette ont développé un projet publicitaire innovant qui fait appel aux amoureux de cette ville. Durant la campagne « Effet Québec », dont la première édition s’est déroulée à l’été 2013, les gens étaient invités à partager en ligne leurs coups de cœur ou à voter pour ceux déjà proposés. Le succès a été tel qu’une seconde édition a vu le jour à l’hiver 2014. La vidéo ci-dessous présente la campagne.

Le dynamisme de Sherbrooke

Sherbrooke est inscrite au palmarès de Smart21 2015, aux côtés de villes comme Rio de Janeiro (Brésil) et New Taipei City (Taiwan). La municipalité de 160 000 habitants de la région des Cantons-de-l’Est a entrepris récemment un virage technologique. Une vingtaine d’intervenants locaux mettent la main à la pâte dans le contexte du projet « Sherbrooke intelligente et innovante ».

Sa petite taille, notamment, constitue un avantage. En effet, la proximité des différents acteurs favorise l’efficacité des efforts. La présence de 2 universités est également un vecteur de dynamisme; on compte 10,32 étudiants par 100 citoyens. Ces institutions organisent des événements de création technologique comme le StartUp Weekend, les StartUp Drinks et les hackatons, où les participants sont invités à créer des applications à partir des données ouvertes partagées par les partenaires de la compétition. 

Faire participer les citoyens

Destination Sherbrooke, l’organisme responsable de la promotion touristique de la ville de Sherbrooke, contribue à propulser la municipalité au titre de ville intelligente et innovante, notamment par son initiative Carticipe. Il s’agit d’une plateforme collaborative invitant les citoyens à émettre leurs suggestions pour le développement touristique de leur ville. L’utilisateur doit créer une courte fiche afin de présenter son idée, y intégrer des photos, l’associer à un pictogramme selon le thème approprié et glisser celui-ci sur la carte interactive pour désigner le lieu proposé. Les internautes peuvent commenter les projets ainsi que voter pour ceux qu’ils préfèrent. Voilà un moyen novateur d’engager la population dans le développement économique, mais aussi de créer un esprit de communauté et un sentiment d’appartenance.

 CB_villes_innovantes_image3

Source : Destination Sherbrooke

Les outils numériques incitent à revoir les façons de faire en offrant beaucoup de possibilités. La mise en commun et le partage des données, mais aussi et surtout des idées et des compétences, assurent de beaux projets aux communautés et aux secteurs d’activité qui prennent le virage numérique.

 

Image à la une : @ iStock photo 

Catégories
Marchés géographiques

Tout, tout, tout sur les voyages des Québécois!

La Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM a réalisé en décembre 2014 un sondage sur les habitudes de voyage des principaux marchés du Québec. Les deux partenaires principaux ayant contribué financièrement au projet sont AIMIA et le Ministère du Tourisme du Québec. Les autres partenaires financiers sont ATR Associées du Québec, l’Office du tourisme de Québec ainsi que la Société des Attractions Touristiques du Québec et Festivals et Événements Québec. Un panel Web a permis de joindre 5520 répondants du Québec, de l’Ontario, de la France et du nord-est des États-Unis. Un rapport détaillé des résultats de cette enquête a été publié en mars 2015. Voici un aperçu de l’un des volets de cette étude, soit le comportement de voyage d’agrément des Québécois.

 

L’été au Québec… mais aussi dans le Sud!

Les Québécois voyagent d’abord et avant tout chez eux, au Québec. Plus de la moitié (56 %) de leurs séjours d’agrément d’une nuit ou plus au cours des 12 derniers mois ont été réalisés dans la belle province. Ils se sont principalement déroulés dans les régions de Québec, des Laurentides, de Montréal et des Cantons-de-l’Est. La plupart de ces Québécois (81 %) s’y étaient déjà rendus auparavant. Les États-Unis et les destinations soleil arrivent respectivement aux 2e et 3e rangs des endroits prisés par les Québécois en voyage d’agrément (voir le graphique 1).

 Graphique_1_Tout_sur_les_voyages_des_quebecois

Les Québécois fréquentent le Sud en hiver, c’est bien connu. Mais ils le font encore davantage en été.

Les principaux territoires visités aux États-Unis se situent sur la côte est américaine, soit la Nouvelle-Angleterre, les États de l’Atlantique centre et de l’Atlantique sud. Cuba, le Mexique et la République dominicaine représentent 73 % des séjours des Québécois dans le Sud. L’Europe compte pour 6 % des voyages d’agrément des 12 derniers mois. C’est la France qui domine avec 29 % de ces séjours, suivie de loin par l’Italie (12 %), puis l’Espagne (7 %).

Les Québécois fréquentent le Sud en hiver, c’est bien connu. Mais ils le font encore davantage en été. En effet, bien que le quart des séjours vers les destinations soleil se soient déroulés de janvier à mars, 31 % ont eu lieu au 3e trimestre, soit de juillet à septembre. Cette proportion de voyages estivaux grimpe à 44 % pour les séjours au Québec, à 40 % pour les destinations américaines ainsi que pour le reste du Canada. Le tableau suivant illustre la répartition trimestrielle des séjours des Québécois selon les destinations.

 Tableau_1_tout_sur_les_voyages_des_quebecois

En hôtel quatre étoiles ou chez des proches

En général, les voyages d’agrément des Québécois durent plus de six nuitées. Lorsqu’il s’agit d’un séjour au Québec, cette moyenne se situe à 3,8 nuitées alors qu’elle monte à 16,7 lors d’un voyage en Europe. Les Québécois voyageant seuls et ceux dont les séjours se déroulent de janvier à mars partent habituellement pour plus longtemps, neuf nuitées en moyenne.

L’hôtel d’au moins quatre étoiles et la résidence de famille ou d’amis constituent les modes d’hébergement les plus utilisés par les Québécois (toutes destinations confondues). L’hôtellerie trois étoiles, le chalet, la maison ou l’appartement loué sur des plateformes comme Airbnb ou HomeAway, puis le camping suivent. Le graphique 2 illustre les modes d’hébergement utilisés par les Québécois lors d’un séjour type au cours des 12 derniers mois. Parmi ceux dont le voyage s’est déroulé au Québec, la résidence de parents ou d’amis est le mode d’hébergement le plus employé, suivi de l’hôtellerie quatre étoiles, puis trois étoiles.

 Grahique_2_Tout_sur_les_voyages_des_quebecois

Le magasinage et la randonnée ont la cote!

Parmi les activités culturelles et de divertissement les plus pratiquées par les Québécois pendant un séjour touristique, le magasinage et la visite de ville arrivent en tête de liste (43 %). Bien que dans de moindres proportions, comme l’indique le tableau 2, les Québécois en voyage sont aussi des adeptes de gastronomie, de musées et de sites historiques.

Dans la catégorie des activités estivales de plein air, c’est la randonnée pédestre qui rejoint la plus grande part de Québécois. Près du tiers d’entre eux en ont fait lors d’un voyage type. Toutes proportions gardées, la baignade, la pêche et le camping figurent aussi parmi les activités de plein air les plus populaires en voyage durant l’été.

En matière d’activités hivernales, c’est encore la randonnée pédestre qui récolte la plus grande proportion de pratiquants québécois. Près d’un voyageur sur cinq affirme en avoir fait lors d’un voyage au cours de la dernière année. Loin derrière arrivent la raquette, le patin, le ski alpin, les événements sportifs et la glissade sur tube.

Néanmoins, comme l’indique le tableau 2, les parts de pratiquants sont faibles. En fait, 27 % des Québécois ont indiqué ne pratiquer aucune activité de plein air en voyage l’été et cette proportion grimpe à 64 % en période hivernale!

 Tableau_2_tout_sur_les_voyages_des_quebecois

Une affaire de famille

La majorité des Québécois voyagent en couple (40 %) ou en famille avec des enfants (22 %). Les adultes âgés de 35 à 54 ans sont particulièrement enclins (36 %) à voyager en famille. Par ailleurs, la visite de parents ou d’amis figure au premier rang des incitatifs de voyages au Québec, suivie de la proximité de la destination. Néanmoins, la beauté des paysages a amené le tiers des voyageurs d’ici à choisir la belle province comme destination. Des restrictions en matière de budget et de temps, mais aussi la disponibilité des activités à pratiquer constituent des éléments qui ont motivé plus de 20 % des Québécois à réaliser un séjour d’agrément au Québec.

Graphique_3_Tout_sur_les_voyages_des_quebecois

Ceux qui voyagent le font beaucoup!

Les Québécois ayant voyagé par agrément au cours des trois dernières années l’ont fait en moyenne près de sept fois au Québec.

Les Québécois ayant voyagé par agrément au cours des trois dernières années l’ont fait en moyenne près de sept fois au Québec. Ils ont davantage visité les États-Unis (3 fois) que l’Ontario (2,7 fois) et sont aussi allés plus souvent en Europe (2,2 fois) et dans le Sud (2,2 fois) que dans l’Ouest canadien (1,9 fois) au cours de cette même période.

Enfin, quelque 39 % des Québécois ont mentionné n’avoir fait aucun voyage d’agrément au cours des 12 derniers mois; principalement pour des raisons financières (58 %), par manque de temps (13 %), mais aussi parce que certains d’entre eux (19 %) n’éprouvent pas le désir de voyager et préfèrent rester à la maison.

 

Image à la une : © istock photo

Catégories
Marchés géographiques

Les Québécois, plus sorteux qu’avant!

 

À la lumière des données du Print Measurement Bureau (PMB), voici un portrait évolutif de certains comportements de voyages liés aux séjours d’agrément (d’une nuit ou plus) des Canadiens et des Québécois. À noter qu’à la différence des chiffres fournis par Statistique Canada concernant les voyages des résidents canadiens, les enquêtes du PMB concernent les individus. Ces données du PMB proviennent d’un sondage effectué mensuellement et échelonné sur une période de deux ans. Le nombre total de répondants s’élève à près de 21 500 Canadiens, dont plus de 6700 Québécois âgés de 12 ans ou plus.

Les Québécois en rattrapage

D’après le sondage de 2004, plus de 46 % des Canadiens des autres provinces avaient voyagé à l’international au cours des 3 années précédentes. Chez les Québécois, cette proportion s’élevait à seulement 27 %. Au fil des années, l’écart entre ces moyennes s’amenuise (voir le graphique 1). L’incidence des Québécois qui ont voyagé à l’étranger atteint maintenant 41 % selon les données du PMB 2014, alors que la moyenne des autres provinces canadiennes est de 46 %. Les provinces qui enregistrent les plus fortes proportions de voyageurs internationaux sont l’Ontario (49 %) et les Prairies (47 %). Les résidents des provinces de l’Atlantique sont les moins enclins à avoir réalisé un voyage à l’étranger au cours des 3 dernières années (29 %).

 

CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_1

 

Beaucoup plus de voyages qu’il y a 10 ans

Le graphique 2 illustre l’évolution des habitudes de voyage à l’étranger des Québécois au cours des 12 derniers mois. On remarque une forte croissance de la part des Québécois qui ont réalisé au moins 2 voyages. De 10 % en 2004, cette proportion atteint 21 % en 2014, soit plus du double.

 CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_2

Des classiques bien ancrés

Le nord-est des États-Unis a connu une recrudescence de popularité comme destination pendant les dix dernières années. En 2004, 7 % des Québécois affirmaient y être allés en voyage d’agrément au cours des 3 dernières années; ils étaient plutôt 13 % en 2012. La France, l’Angleterre et l’Italie figurent toujours parmi les destinations européennes fréquentées par le plus grand nombre de Québécois, mais les proportions restent stables (voir le graphique 3).

CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_3 

Le Sud attire toujours plus

Les destinations soleil ont la cote auprès des Québécois, ce n’est pas une surprise. Mais la progression du nombre de Québécois qui s’y rendent est remarquable. Certaines îles des Caraïbes, parmi les destinations les plus populaires, sont en forte croissance. Alors qu’en 2004, quelque 3 % de Québécois affirmaient s’être rendus à Cuba au cours des 3 dernières années, cette proportion grimpait à près de 10 % lors du sondage de 2014. 

Alors qu’en 2004, quelque 3 % de Québécois affirmaient s’être rendus à Cuba au cours des 3 dernières années, cette proportion grimpait à près de 10 % lors du sondage de 2014.

La République dominicaine et le Mexique enregistrent aussi une croissance de voyageurs québécois. Dépassée par Cuba depuis le sondage de 2010, la Floride demeure une destination prisée par une part grandissante de Québécois (voir le graphique 4).

 CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_4

Les Québécois voyagent moins au Canada que les autres

Les données du sondage PMB 2014 indiquent qu’un peu plus de la moitié (53 %) des Canadiens de 12 ans ou plus ont fait un voyage d’agrément au pays au cours des 12 derniers mois. Cette proportion est plus basse (45 %) parmi les Québécois. En fait, il s’agit du plus bas taux de touristes nationaux de tout le pays. L’incidence la plus élevée est celle liée aux citoyens des Prairies (65 %), suivie par la Colombie-Britannique et les provinces de l’Atlantique (voir le graphique 5). Globalement, ces chiffres ont très peu changé depuis les 10 dernières années.

 CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_5

Où vont les Québécois et leurs voisins?

Alors que 35 % des Québécois ont réalisé un séjour d’agrément au Québec, 40 % des Ontariens l’ont fait en Ontario et une grande part des résidents de l’Atlantique se sont promenés dans les provinces de l’est du pays (voir le graphique 6). Aussi, 11 % des Ontariens et 7 % des résidents de l’Atlantique sont venus au Québec. À l’inverse, 13 % des Québécois sont allés en Ontario et 5 %, tout au plus, dans les provinces de l’Est canadien.

CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_6

De plus en plus de Québécois voyagent. L’industrie touristique d’ici doit tout mettre en œuvre pour que ceux-ci considèrent leur province comme une destination attrayante. Non seulement ils généreront des retombées économiques importantes au Québec, mais en plus, ils feront d’excellents ambassadeurs.

 

Image à la une : © istock photo

Catégories
Produits et activités

Rendre son âme à la rue principale

Des programmes structurants

Citoyens, commerçants et élus cherchent à redonner à la rue principale son utilité première d’espace de communication et de rencontre, tandis que les professionnels du tourisme y voient une occasion d’attirer les visiteurs hors des axes routiers principaux.

L’organisme national de bienfaisance Héritage Canada La Fiducie nationale (HCFN) a conçu le programme Rues principales afin d’aider les municipalités à revitaliser durablement leur centre-ville. À l’échelle du Québec, la Fondation Rues principales poursuit le même objectif en favorisant la concertation du milieu.

En portant un regard nouveau sur les richesses de l’environnement à développer, ces deux organismes proposent de tisser des partenariats à long terme entre les différentes parties prenantes. D’un point de vue touristique, l’idée est de faire de ces villages plus que des lieux de passage, mais aussi des espaces de rencontres authentiques avec la population locale et des occasions d’acheter des produits régionaux.

Miser sur les bâtiments symboliques

Le magasin général

À L’Anse-à-Beaufils, le Magasin général Robin, Jones and Whitman propose des expositions et des visites animées par des acteurs qui mettent en scène le quotidien des Gaspésiens du 19e siècle et témoignent du rôle central tenu par les magasins généraux dans la communauté rurale.

CD_Revitaliser_rue_principale_image1

Source: Photographe Cosmos

Le Magasin général Lebrun de Maskinongé n’est pas situé au cœur du village, mais il présente la particularité d’abriter une salle de spectacle à l’ambiance intimiste où les artistes en vogue se succèdent. Le magasin joue la carte de la nostalgie avec ses bonbons anciens, son décor artisanal et sa boutique de Noël.

CD_Revitaliser_rue_principale_image2

Source: Magasin général Lebrun

Ces nouvelles utilisations des magasins généraux les replacent au centre de la dynamique villageoise, permettent une immersion au cœur de l’histoire rurale du Québec et conjuguent patrimoine et considérations pratiques.

La gare

Points de contact avec l’extérieur, les gares des municipalités régionales tiennent une place essentielle dans la dynamique économique et sont souvent classées comme monuments patrimoniaux. En 2014, à la suite d’une entente avec VIA Rail, la ville de La Tuque a acheté sa gare ainsi que celle du village voisin, Parent, pour la somme symbolique de 1$.

CD_Revitaliser_rue_principale_image3

Source: Ici Radio-Canada

La démarche a permis de conserver des bâtiments emblématiques, mais aussi d’y intégrer une structure d’information touristique pour mieux accueillir les visiteurs. Le projet fait suite à une revendication des résidents qui cherchent à dynamiser leur centre-ville par le tourisme tout en facilitant l’accès de leur territoire aux voyageurs.

Les marchés

Traditionnellement, le jour du marché assure une fonction sociale autant qu’alimentaire. Il constitue une occasion de rencontre entre les locaux et les gens de passage. Actuellement, le retour du marché sur la place publique permet de rétablir le commerce de proximité et de valoriser les produits régionaux et artisanaux.

Construit sur un ancien terrain vague, le Marché Dorval, dans cette municipalité, d’abord été un événement temporaire. Vu le succès du projet, un architecte local a construit une structure permanente qui s’harmonise avec les autres bâtiments de la ville. Avec ses kiosques de fleurs, de fruits, de légumes et de produits du terroir, le Marché Dorval embellit la rue principale et dynamise l’économie.

Depuis 2007, les marchés de Noël Joliette-Lanaudière proposent des kiosques de produits du terroir et artisanaux, une maison du père Noël, des animations pour petits et grands, des démonstrations de métiers anciens ainsi qu’un spectacle son et lumière. Les marchés attirent de nombreux touristes de l’extérieur, au plus grand plaisir des commerçants locaux qui connaissent ainsi une seconde saison touristique à une période moins achalandée. Véritable succès, l’initiative est répertoriée parmi les événements d’intérêt sur le site Web du Chemin du Roy.

CD_Revitaliser_rue_principale_image4

Source: Facebook

En plus de favoriser les échanges sociaux et de dynamiser l’économie, la mise en valeur des zones clés de la rue principale, témoin de la culture locale, s’insère de façon cohérente dans le développement des routes touristiques (Chemin du Roy, Route du Paysan, etc.). En effet, des rues principales embellies constituent des points d’intérêt qui valent la peine qu’on s’écarte des grands axes routiers pour suivre les chemins secondaires.

Histoires d’antan et communications d’aujourd’hui

Les succès de revitalisation des rues principales véhiculent une image rassurante pour les investisseurs et positive pour les touristes. Aussi, rien ne vaut une bonne stratégie de communication pour les tenir informés!

Bien que la localité d’Indian Head, en Saskatchewan, compte moins de 2000 habitants, les artisans de sa revitalisation sont particulièrement fiers de leurs réalisations. Les projets achevés et en cours sont affichés sur un site Web, et la page Facebook Indian Head Main Street Revitalization assure une fonction de babillard municipal, communautaire et touristique où sont annoncés les festivals et événements, les jours de marché, les nouvelles de la chambre de commerce et les occasions d’affaires.

CD_Revitaliser_rue_principale_image5

Source: Indian Head Main Street Revitalization

À Contrecœur, des initiatives similaires ont été mises en place. En plus de faire office de centre d’information, le site Web de Rues principales Contrecœur présente les partenaires engagés dans la revitalisation du centre-ville, annonce des formations destinées aux entrepreneurs et affiche diverses campagnes d’incitation à la consommation locale.

 

En rendant son âme d’antan à la rue principale, les acteurs du développement touristique et régional assurent une meilleure répartition des visiteurs sur le territoire, augmentent le sentiment d’appartenance des communautés locales et, par un effet domino, participent à un renouveau économique des milieux ruraux. Avez-vous d’autres exemples de revitalisation réussie?

Catégories
Tendances

15 tendances touristiques pour 2015

Le 21 janvier se déroulait la 1re édition 2015 des Gueuletons touristiques de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM. Pierre Bellerose (Vice-président, Relations publiques, Recherche et Développement du produit) de Tourisme Montréal et Paul Arseneault (Professeur en gestion des entreprises et des organisations touristiques) de l’ESG UQAM ont poursuivi la tradition pour une 3e année consécutive en y présentant les tendances touristiques qui teinteront l’année 2015.

 

1.     L’ère de l’image de soi

Les autoportraits (selfie), les courtes vidéos, Instagram… On like, on texte, on répond par des émoticônes, on illustre et on s’illustre! La destination choisie par le visiteur importe, mais la mise en scène élaborée par celui-ci pour partager son expérience prend le dessus. Se mettre en valeur constitue un mouvement de fond selon les deux experts. Le prêt de caméras de type Go Pro que portent les aventuriers pour filmer leurs exploits et les bornes à selfie préidentifiées devant des hauts-lieux touristiques démontrent bien l’exploitation de ce courant.

2.     La force retrouvée du marché américain

Avec une économie américaine sortie de la récession, des Américains qui dépensent plus en divertissements, un indice de confiance à la hausse, un taux de change favorable, la chute du prix de l’essence; les planètes sont bien alignées pour un retour chez nous de nos voisins du Sud. Déjà observée en 2014, la tendance à la hausse de leurs visites devrait se poursuivre. 

3.     Internet des objets

Les objets connectés à Internet (téléphones, montres, bracelets, etc.) génèrent de nouvelles façons de recevoir et de consommer les données. Les entreprises en seront submergées. Bien gérées et choisies de façon judicieuses, ces informations permettront de personnaliser davantage l’offre, et ce, de façon instantanée.

4.     Le début de la fin de l’histoire?

Tout doit se dérouler rapidement, surtout avec la génération Z (née après 1995). La popularité des médias sociaux tel que Vine (vidéos de 8 secondes) auprès de ces jeunes sous-entend un passage du storytelling au storymaking. À cet égard, la marque doit être un facilitateur plutôt qu’un créateur d’histoire. La campagne de Tourisme Montréal #MTLMOMENTS, où les gens étaient invités à partager sur les médias sociaux des photos de moments forts dans la métropole, s’inscrit tout à fait dans cette tendance.

5.     2015: année de la saturation pour les OTA

Les agences de voyages en ligne (OTA) ont essuyé beaucoup de critiques en 2014. Ce ne sera guère mieux en 2015. Les acteurs traditionnels continueront de dénoncer certaines de leurs pratiques. De plus, l’offre des OTA atteint une certaine limite. D’abord, le nombre d’entreprises ayant souscrit avec ces agences atteint un plateau. Aussi, elles n’accèderont pas aux inventaires des plateformes de location entre particuliers (économie collaborative), comme Airbnb.

6.     Du défi et de la complexité d’être restaurateur

Le nombre de restaurants est élevé et le taux de roulement aussi. Les blogueurs et les leaders du milieu moussent beaucoup les nouveautés. Dans un tel contexte, il est difficile de durer. Pour favoriser leur survie, certaines entreprises mettront en place des procédures limitant les inconvénients en cas de no show, comme une pénalité sous forme d’amende pour un client qui n’honore pas sa réservation. Se renouveler et se regrouper feront aussi partie des initiatives des restaurateurs avertis.

7.     Les hôtels travailleront fort pour notre confort

Le bien-être du client est au cœur des préoccupations de l’hôtelier avisé. Cela passe notamment par une bonne nuit de sommeil: offrir des matelas et des oreillers de grande qualité, des chambres insonorisées et un contrôle de la température et de la luminosité. La technologie joue également un rôle dans cette quête du bien-être. Par exemple, des hôteliers proposent une bande passante efficace pour une connexion Internet rapide, un service de conciergerie numérique, etc. La chambre se transforme en un cocon de confort.

8.     L’automne devient l’été: changements climatiques appliqués

La planète se réchauffe, les automnes ont des allures d’été, les hivers des apparences d’automne. Les entreprises observent déjà des changements et adaptent leurs produits, leurs horaires, leur modèle d’affaires. Cette adaptation s’avère essentielle dès maintenant.

9.     Gouvernance renouvelée du tourisme québécois

La gouvernance en tourisme pose de nombreux défis, et ce, partout dans le monde. Celle du Québec est plus que jamais remise en question. Le tourisme québécois est analysé sous toutes ses coutures. De nouvelles voies seront-elles tracées en 2015 afin de favoriser une croissance qui se compare à celle du tourisme mondial? Les Assises du tourisme 2015 devraient livrer le modèle d’affaires repensé issu de ce processus de réflexion.

10.  Les aéroports nous accueillent et nous facilitent la vie

La croissance du tourisme incite les aéroports à investir pour améliorer l’expérience des voyageurs. La technologie est mise à profit afin de mieux guider le visiteur et de faciliter son enregistrement. Les balises iBeacon permettent d’offrir la bonne information au bon passager et au bon moment.

11.  Les OGD, agents de développement économique

On attend plus des organismes de gestion de la destination (OGD). Ils doivent démontrer leur performance en tant que promoteurs du tourisme, mais aussi faire la preuve de leur impact dans le développement économique local. Pour faire face à cette pression, les OGD devront accroître leur influence sur différents plans, tel que le développement urbain, l’amélioration de la qualité de vie ou encore s’impliquer dans le marketing du territoire dans sa globalité.

12.  Tourisme collaboratif, la suite

Les plateformes de location d’hébergement et probablement aussi celles de transport entre particuliers poursuivront leur croissance en 2015. Ces joueurs de l’économie collaborative seront toujours confrontés à des enjeux liés à la règlementation. Les tentatives concernant d’autres secteurs comme les repas chez l’habitant ou les tours guidés et activités demeureront très marginales.

13.  La Chine, opérateur touristique d’envergure

Les Chinois s’imposent de plus en plus dans l’industrie, comme voyageurs, mais aussi comme opérateurs. Des partenariats entre des entreprises touristiques d’envergure en Asie-Pacifique et l’acquisition d’organisations occidentales par des intérêts chinois comme le Club Med et le Château Montebello démontrent bien leur dynamisme. En 2015, la Chine deviendra le plus grand marché de voyageurs d’affaires internationaux, dépassant ainsi les États-Unis.

14.  La convergence du commerce physique et du commerce virtuel

Le tourisme est lié au bouleversement de la trame commerciale, le magasinage étant une activité majeure.  Les expériences réelles et virtuelles sont désormais intimement liées et doivent être cohérentes entre les différentes interfaces que sont le mobile, les points de vente et les interactions en ligne. Les commerces ayant pignon sur rue devront plus que jamais interpeler les travailleurs mais aussi les touristes pour leur survie. Les livraisons à domicile seront en demande.

15.  La fin du marketing de masse en tourisme

Des changements profonds se sont opérés au fil des dernières années en ce qui a trait au marketing. La transformation des comportements du client et des supports technologiques, la multiplication des canaux et l’hyperpersonnalisation poussent le marketing de masse vers la sortie. Nous sommes à l’ère du marketing de créneau hyperpersonnalisé. Chaque personne devient une niche! Plusieurs des tendances mentionnées précédemment expliquent cette transition qui est amorcée depuis déjà bien des années, mais qui rencontre encore de la réticence chez certains joueurs.

Les conférenciers ont fait la démonstration que les 15 tendances de l’industrie touristique sont autant d’éléments à considérer par les acteurs de l’industrie. Ils ont suscité la réflexion, invité les participants à penser différemment et à remettre en question leurs façons de faire en tenant compte de ces courants.

 

Pour connaître tous les détails de ces 15 tendances, visionnez la vidéo.

Merci à nos conférenciers:

– Pierre Bellerose (@pierrebellerose), vice-président – Relations publiques, accueil, recherche et développement du produit à Tourisme Montréal;

– Paul Arseneault (@paularseneault), professeur, Département d’études urbaines et touristiques de l’ESG UQAM

Catégories
Produits et activités Segments de clientèles

Regard sur 25 ans de présence des jeunes au musée

Entre 1989 et 2013, Lucie Daignault, responsable de l’évaluation au Musée de la civilisation de Québec (MCQ), a étudié les habitudes de fréquentation du musée par les 18 à 34 ans en essayant de déterminer leur profil, leurs attentes et les moyens de communication à privilégier pour les joindre efficacement.

Des visiteurs sociaux

Les enquêtes effectuées auprès des Québécois âgés de 18 à 34 ans témoignent d’une légère baisse de fréquentation au MCQ. La variation est plus grande chez les 25 à 34 ans que chez les 18 à 24 ans. Pour Lucie Daignault, la forte diminution constatée entre 2000 et 2009 s’explique par le changement de stratégie du Musée, qui a décidé d’orienter sa promotion autour d’une exposition vedette. Après sondage, il est apparu que les jeunes adultes étaient plus sensibles à la publicité soulignant la diversité des thématiques. La reprise de la fréquentation à partir de 2009 tient au développement de sujets d’expositions plus porteurs auprès des jeunes comme les momies, les samouraïs ou la musique.

Depuis les 25 dernières années, les jeunes adultes représentent le groupe d’âge qui fréquente le plus le Musée en compagnie d’amis

Depuis les 25 dernières années, les jeunes adultes représentent le groupe d’âge qui fréquente le plus le Musée en compagnie d’amis. Ce sont surtout des filles, car elles le fréquentent déjà plus que les garçons. Le fait de suivre le conseil d’un ami reste la première motivation de la visite, et venir accompagnée assure une plus grande satisfaction à la jeune clientèle, particulièrement quand les expositions favorisent les interactions entre les visiteurs.

À l’image de la population québécoise en général, les jeunes visiteurs sont de plus en plus éduqués. La composition sociale du public est fortement déterminée par la programmation du Musée.

Le ciblage de sa communication

Alors que pour les touristes, la première source d’information est le site Web du MCQ, les visiteurs locaux se fient au bouche-à-oreille. Le recours aux réseaux sociaux devient donc indispensable pour faire parler de soi, mais aussi pour favoriser les interactions entre les visiteurs, particulièrement précieuses pour les jeunes adultes.

Pour les non-visiteurs, le principal frein à la fréquentation de l’établissement est qu’ils n’entendent pas parler du Musée et de sa programmation. Aussi bien pour les locaux que pour les touristes, l’affichage constitue un moyen d’information essentiel, pourvu qu’il cible les lieux fréquentés par les jeunes adultes (sur leur trajet, dans les bars, etc.).

Des attentes similaires au fil des ans

Cette analyse amène madame Daignault à effectuer les observations suivantes pour ce segment. L’idée que les jeunes adultes se font du Musée est souvent altérée par le souvenir des visites qu’ils ont faites en famille ou dans le cadre d’activités scolaires, pratiques communément associées à la contrainte. Or c’est généralement dans l’un ou l’autre de ces contextes qu’a eu lieu leur première rencontre avec le Musée.

L’idée que les jeunes adultes se font du Musée est souvent altérée par le souvenir des visites qu’ils ont faites en famille ou dans le cadre d’activités scolaires

Depuis 25 ans, les 18 à 34 ans constituent le groupe d’âge qui perçoit le moins le Musée comme un divertissement. Pourtant, cette caractéristique, autant que la notion de découverte, est au cœur de ce qu’ils considèrent comme une expérience réussie. En segmentant les tranches d’âge de façon plus précise, il apparaît que pour les 18 à 24 ans, l’amusement prime sur l’apprentissage. En revanche, les 25 à 34 ans sont à la recherche d’informations les aidant à se réaliser en tant qu’individu et citoyen. Pour eux, il est essentiel de bonifier leurs connaissances sur des enjeux de société ou de porter un regard nouveau sur des notions déjà acquises.

Plus précisément, en matière d’expositions muséales, les 18 à 34 ans s’attendent à:

  • voir évoquer les problématiques sociales sous-jacentes aux thèmes abordés;
  • vivre une expérience inédite de participation et d’immersion où les sens sont sollicités;
  • avoir recours aux nouvelles technologies et à l’interactivité;
  • partager un moment de plaisir, de découverte et d’émotion.

À l’inverse, ils ne sont pas satisfaits par une exposition traitant un sujet de façon trop superficielle. La mise en scène doit être soignée, dégager une atmosphère particulière et être adaptée à chaque exposition. Ils constituent le groupe le plus critique envers la lisibilité des informations. Le fait qu’ils se sentent plus surveillés par les gardiens de sécurité que les autres groupes d’âge représente également une source d’insatisfaction. Il est intéressant de noter que le prix d’entrée ne constitue pas un frein à leur visite, bien que les mardis gratuits soient très populaires pour leur tranche d’âge. En revanche, des heures d’ouverture flexibles augmentent la satisfaction des 18 à 34 ans.

Et une fois sur place?

Si la venue au Musée des 18 à 34 ans est motivée par une exposition précise, ils prennent tout de même le temps de visiter les autres salles dans une proportion bien plus grande que les clientèles plus âgées. Lucie Daignault explique ce comportement par la volonté de ces visiteurs de rentabiliser leur sortie et d’en profiter au maximum.

Comme ils sont friands de nouvelles technologies, si une exposition s’appuie sur ce média, ils sont les plus susceptibles de s’en servir. De façon générale, les jeunes adultes préfèrent profiter des installations à leur propre rythme, et leur taux de participation aux visites guidées est bien plus faible que celui des autres clients. Depuis les 25 dernières années, on les retrouve également peu dans les activités proposées par le Musée ou dans le cercle des abonnés.

Finalement et contrairement aux touristes, ils fréquentent très peu la boutique et le café du Musée. Logiquement, leurs dépenses dans ces deux sections de l’établissement sont très faibles.

Ainsi, les recherches de Lucie Daignault mettent en lumière le fait que parallèlement aux études par génération (seniors, baby-boomers, Y, etc.), la segmentation par âge reste pertinente. Il y a 25 ans, les habitudes de fréquentation du Musée par les jeunes adultes ressemblaient déjà fort aux pratiques actuelles. Alors qu’ils représentent près d’un tiers des visiteurs du MCQ, ils constituent définitivement une clientèle à choyer… à long terme!

 

Image à la une: © BY SA NC Stephen Coles

Catégories
Hébergement

Portrait de la restauration au Canada

 

Les ventes de l’industrie de la restauration représentent près de 4% de l’ensemble de l’activité économique canadienne. Plus de 1,1 million de personnes y travaillent directement, dont une grande proportion de jeunes, ce qui en fait le quatrième plus grand employeur au pays. Cette industrie, composée de 88 000 établissements, crée des retombées économiques importantes dans les communautés urbaines comme rurales.

 

Résultats 2012-2013 et prévisions pour 2014

Selon le ConferenceBoard du Canada, l’ensemble de l’industrie des services alimentaires canadiens a connu des résultats décevants en 2013; 951 millions de dollars de profit, ce qui représente une baisse de 33% par rapport à 2012. Restaurants Canada révèle des données indiquant l’augmentation des ventes (variation de 4,7% entre 2012 et 2013), mais pas autant que les coûts. Au Québec, elles ont progressé de 3%. Pour 2014, l’organisme prévoit une croissance modeste des revenus pour les restaurants, alors que les consommateurs canadiens surveillent de près leur budget.

En 2013, ce sont les services alimentaires en milieu institutionnel qui ont connu la plus importante croissance de leurs ventes (6,3%), suivis de près par les restaurants à service complet (5,4%) (voir le tableau 1). Pour les services en milieu touristique, c’est-à-dire principalement les hôtels, motels et centres de villégiature, une croissance de 3,5% a été observée pour 2013, et 4,2% en prévision pour 2014, revenant ainsi au niveau d’avant la récession.

ML_restaurants_2014_tab_1

Notes explicatives:
 Δ = variation
Prél. = résultats préliminaires
Prév. = prévisions

La performance du Québec

Le secteur commercial québécois, c’est-à-dire les restaurants à service rapide ou complet, les traiteurs et les débits de boisson, représente environ le cinquième de l’industrie canadienne en volume de vente (voir le tableau 2). L’Ontario accapare une part plus importante. Les taux de croissance passé et prévu sont légèrement en deçà de la moyenne canadienne. Le Québec compte proportionnellement beaucoup plus de restaurants indépendants que l’Ontario et que l’ensemble du Canada.

ML_restaurants_2014_tab_2

Notes explicatives:
 Δ = variation
14p = résultats préliminaires pour 2014

Répartition journalière

Le repas du soir est celui qui est le plus souvent pris au restaurant (30%) et, avec son addition plus élevée, il constitue environ 47% des ventes. Le petit-déjeuner représente 17% de l’achalandage quotidien au Québec, comparativement à 11% pour l’ensemble du Canada.

ML_restaurants_2014_graph_1

La part du tourisme

Les touristes effectuent 18% de l’ensemble des dépenses dans les services alimentaires canadiens: le tourisme domestique représente près de 14% et les voyageurs internationaux, un peu plus de 4%.

ML_restaurants_2014_graph_2

Les touristes effectuent 18% de l’ensemble des dépenses dans les services alimentaires canadiens

Menus évolutifs

Les goûts et les restrictions alimentaires des consommateurs continuent à forger l’offre culinaire. La population s’avère de plus en plus instruite en matière d’alimentation et de santé. L’industrie est alors forcée d’être plus transparente au regard des aliments servis et de leur origine, ainsi que des méthodes de cuisson. Toutes ces demandes posent des défis logistiques et opérationnels aux restaurateurs. D’un autre côté, les Canadiens sont curieux de découvrir les dernières tendances culinaires et les cuisines d’ailleurs, défiant à nouveau les chefs de diversifier les produits qu’ils offrent. Les restaurateurs s’adaptent bien; nombreux sont ceux qui incluent maintenant des options santé et qui expérimentent de nouveaux produits et recettes.

Sans gluten S.V.P.

Les allergies et les intolérances alimentaires gagnent du terrain auprès des Canadiens, ainsi que les connaissances sur le sujet. Les individus ayant diminué leur consommation de gluten ou l’évitant totalement pour diverses raisons représentent environ 12% de la population. Semblable au Québec et dans plusieurs provinces, ce pourcentage est plutôt de 17% en Colombie-Britannique et est beaucoup plus faible dans les Prairies (5%). Selon une enquête de Restaurants Canada effectuée auprès de 400 restaurateurs, il s’agirait de la première tendance culinaire en 2014. De plus en plus de restaurants offrent et commercialisent des mets sans gluten, mais certains adaptent également leur cuisine pour mieux gérer la contamination et améliorent leurs connaissances en matière de traçabilité des aliments.

Montée des établissement de restauration rapide haut de gamme (fast-casual)

Ces établissements pourraient être définis comme des restaurants rapides (restaurants de type fast-food) offrant des plats de qualité dans un décor s’apparentant à un restaurant à service complet et pour un prix très compétitif. Ils répondent à une demande pour des produits frais et locaux, ainsi qu’au rythme de vie rapide des consommateurs. Quoiqu’ils soient peu nombreux en comparaison aux établissements de restauration rapide, ils se multiplient. Ils accapareraient entre 3 et 5% de l’achalandage. Les hôtels suivent cette tendance; ils sont de plus en plus nombreux à proposer des choix de repas santé et abordables à emporter ou à consommer en salle à manger.

La restauration est absolument essentielle à l’expérience touristique, mais elle fait également partie intégrante de la vie des communautés. Au Québec, elle se positionne de plus en plus comme une cuisine distinctive, de grande qualité et abordable. Les restaurateurs devront néanmoins demeurer vigilants dans leur gestion et à l’affût des tendances pour suivre la cadence!

Catégories
Gestion Hébergement

Hôtelier, quel modèle d’exploitation choisir?

Le modèle d’exploitation d’un hôtel ne se choisit pas à la légère. Il doit correspondre au contexte du projet, aux objectifs du propriétaire et au degré de contrôle qu’il souhaite exercer. Dans une optique d’aide à la prise de décision, voici un portrait de quatre modèles d’affaires ainsi que leurs principaux avantages et inconvénients.

Établissement indépendant

Un hôtel indépendant est financé et géré par le même individu (ou groupe d’individus). Ce statut permet au propriétaire de garder une autonomie et un contrôle de la gestion de son établissement. La flexibilité des procédures et standards facilite la personnalisation des services offerts à la clientèle. Les ressources humaines étant limitées et moins hiérarchisées, la prise de décision se fait rapidement, que ce soit pour des enjeux opérationnels ou financiers.

Néanmoins, les défis à relever sont nombreux. Tout d’abord, l’accès au financement est difficile, les banques étant frileuses à accorder un prêt bancaire pour la construction, l’achat ou la rénovation d’un établissement indépendant. En effet, bon nombre d’entre eux sont de petite taille et disposent de ressources réduites pour être rentables. Autre élément de difficulté, le possible manque d’expertise de la part des propriétaires, qui nuit au contrôle des coûts, aux politiques de prix ainsi qu’aux pratiques commerciales et marketing. Cependant, les agences de voyages en ligne facilitent à présent leur commercialisation et augmentent leur visibilité sur Internet.

Contrat de gestion avec une chaîne hôtelière

un contrat de gestion est un modèle où le propriétaire octroie la responsabilité des activités opérationnelles à un exploitant

Par définition, un contrat de gestion est un modèle où le propriétaire octroie la responsabilité des activités opérationnelles à un exploitant. Le premier conserve la charge des aspects juridiques et financiers, et assume les coûts d’exploitation de l’hôtel. Ainsi, il dispose d’une équipe de gestion possédant le savoir-faire opérationnel de la marque et d’outils de systèmes de réservation et de distribution. Si le contrat débute dès la construction de l’hôtel, une équipe est dépêchée sur place pour contrôler le respect des normes préalablement statuées.

Dans le cas d’un contrat avec une chaîne hôtelière, le propriétaire de l’hôtel acquiert le droit d’utiliser son nom. Cela occasionne un apport de clientèle fidèle à la marque, notamment grâce à l’accès aux programmes de fidélisation. Ces avantages garantissent une meilleure rentabilité, et ce partenariat réduit les risques financiers des investisseurs.

Le revers de la médaille se traduit tout d’abord par un pouvoir de négociation faible lors de l’établissement du contrat. De plus, le propriétaire perd de la flexibilité dans ses décisions et doit respecter les standards de la chaîne, ce qui inclut une mise à niveau de son hôtel au début de l’entente. Les frais de gestion sont établis de trois façons:

  • des frais de base représentant entre 2 et 6% des revenus bruts;
  • des frais de base et des frais de performance (ou de bonification) de 1 à 4% du profit d’exploitation brut;
  • des frais de performance de l’ordre de 5 à 10% du profit d’exploitation brut.

Enfin, selon HVS Research, la durée de ces contrats se situe entre 17 et 21 ans, la période étant proportionnelle à la catégorie d’hôtel.

Contrat de gestion avec une société de gestion indépendante

Alors qu’il est difficile pour les petits établissements d’obtenir un contrat de gestion avec une chaîne hôtelière, les partenariats avec une société indépendante leur sont plus accessibles. Le choix de ce type de société, sans marque rattachée, se justifie davantage lorsque l’hôtel se situe dans une zone excentrée, sans autre concurrent. Le contrat est similaire à celui d’une chaîne, mais la durée est moins longue (entre 11 et 15 ans), les termes sont moins contraignants et la négociation est plus équilibrée. De plus, ces sociétés sont souvent plus réactives aux aléas du marché et démontrent une meilleure facilité d’adaptation. Les frais de gestion sont prélevés de la même manière que dans le cadre des contrats avec les chaînes hôtelières, mais les pourcentages fixés sont plus bas.

Au Québec, de nombreux hôtels où la gestion incombe à une société indépendante sont aussi affiliés à une chaîne hôtelière par un contrat de franchise

Au Québec, de nombreux hôtels où la gestion incombe à une société indépendante sont aussi affiliés à une chaîne hôtelière par un contrat de franchise. C’est le cas de ceux gérés par Atlific, SilverBirch ou encore Westmont. Cela leur permet de profiter de la visibilité d’une marque tout en économisant sur les frais de gestion moins élevés, dans le cas de l’exploitant indépendant. Ce dernier est souvent même agréé par le franchiseur.

Contrat de franchise avec une chaîne hôtelière

Cette entente accorde les droits d’utilisation de la marque d’une chaîne à un hôtelier indépendant en échange d’une redevance. Deux autres éléments font partie du contrat de franchise: la transmission du savoir-faire et la mise à disposition d’une assistance commerciale ainsi que du réseau de distribution du franchiseur. Contrairement au contrat de gestion, le propriétaire est responsable de l’exploitation et du respect des standards de la chaîne hôtelière. Les frais sont composés des coûts d’adhésion, selon le nombre de chambres, et des redevances périodiques (pour l’utilisation de la marque, les frais de marketing, de réservations et de programme de fidélisation), généralement fixés selon le revenu des chambres. La durée du contrat varie entre 10 et 15 ans.

Ce modèle permet à l’exploitant de conserver un degré d’autonomie tout en étant guidé et sécurisé par la chaîne. De plus, le propriétaire brise son isolement, puisqu’il accède à un réseau de contacts (le franchiseur et les autres franchisés) avec qui il peut communiquer. Grâce à la notoriété qu’il retire de la marque, il peut se permettre d’augmenter ses prix. À l’instar des contrats de gestion, la franchise contribue à la pérennité financière de l’établissement.

Les chaînes hôtelières telles qu’InterContinental Hotels Group, Accor, Marriott International et Choice Hotels International sont aussi les plus grands franchiseurs. Elles misent sur ces modèles pour prendre de l’expansion, cette solution étant moins coûteuse et plus rapide que la construction de nouveaux hôtels.

L’Association Hôtellerie Québec recense, en date de février 2014, 1 615 établissements en exploitation, dont 88% sont indépendants (incluant les franchisés). Cette proportion était de 80% il y a cinq ans. De plus, 23 compagnies de gestion, étrangères ou québécoises, exploitent 114 hôtels.

 

– Image à la une ©iStockphoto