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La coop, c’est tendance!

 

Tous secteurs confondus, on compte au Québec près de 3 300 coopératives et mutuelles qui représentent 92 000 emplois, dont la majorité se trouvent en région. Elles génèrent un chiffre d’affaires de plus de 25,6 milliards de dollars. Quelque 255 de ces entreprises œuvrent dans les secteurs du loisir, de la restauration, de l’hôtellerie, des arts et de la culture.

 

De quoi parle-t-on, au juste?

Comme l’indique Monique F. Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement des caisses Desjardins, la coopérative est un rassemblement de personnes plutôt qu’un regroupement de capitaux, comme c’est le cas dans une entreprise classique. Les individus qui créent la coopérative ont pour objectif de se donner des services afin de répondre à des besoins particuliers.

La formule coopérative s’adapte selon les secteurs d’activités. Mais qu’il s’agisse d’agriculture, d’habitation, de foresterie, de services financiers ou de loisirs, le principe de base demeure le même: un membre, un vote. C’est en assemblée générale qu’est décidé, démocratiquement, comment seront investis les excédents.

Un modèle résolument actuel

la formule coopérative correspond tout à fait aux valeurs actuelles d’un nombre grandissant d’entrepreneurs

Mise en commun des ressources, responsabilisation, démocratie, développement régional, retombées positives directes dans la communauté: la formule coopérative correspond tout à fait aux valeurs actuelles d’un nombre grandissant d’entrepreneurs. Elle s’inscrit dans le mouvement de l’économie sociale, un modèle qui vise l’augmentation de la richesse collective, mais aussi la rentabilité sociale.

Les entreprises coopératives sont généralement très ancrées dans leur milieu. Il s’agit d’un concept basé sur l’ouverture et l’inclusion, qui implique la création de biens et services pour la communauté. La coopérative propose de nombreux avantages et s’insère particulièrement bien dans le paysage économique rural:

  • Comme elle est gérée par ses membres afin de répondre à leurs besoins, elle s’adapte et se renouvelle, souvent génération après génération, s’inscrivant ainsi dans le patrimoine.
  • Il s’agit d’un actif collectif qui ne peut être vendu ou délocalisé.
  • Elle participe activement au développement local par les emplois qu’elle génère et les partenariats qu’elle développe.
  • Lorsqu’elle réussit à passer le cap des 10 ans d’existence, elle a une espérance de vie deux fois plus élevée que les entreprises traditionnelles.

Le tourisme et la coopérative

La coopérative de solidarité a la particularité de regrouper plus d’un type de membres, contrairement aux autres catégories qui n’en impliquent qu’un seul (consommateurs, producteurs ou travailleurs). C’est elle qui s’avère le mieux correspondre aux besoins de l’industrie touristique, notamment parce qu’elle favorise les partenariats.

Le développement durable semble aller de soi avec la gestion d’une coopérative. Du moins, les piliers social et économique s’inscrivent déjà au sein des principes de base. Dans l’industrie touristique, celui de l’environnement s’intègre tout naturellement dans les valeurs qui dictent la gestion de l’entreprise. Voici quelques modèles en tourisme qui démontrent un dynamisme inspirant.  

La Coopérative de Solidarité V.E.R.T.E. (Vision entrepreneuriale régionale touristique et environnementale), au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a été créée en 2007 avec pour mission de «faire vivre la culture régionale aux voyageurs à travers le monde et aux résidents locaux en offrant de l’hébergement diversifié et des activités touristiques et culturelles accessibles».

Grâce à ses 500 membres, elle est propriétaire d’un bar culturel – Le Bar à Pitons – et de l’auberge de jeunesse La Maison Price. Le développement durable est au cœur de ses activités et de ses partenariats. Cette organisation à but lucratif s’est distinguée au fil des années, notamment par son offre hôtelière, aux Grands Prix du tourisme québécois de 2012.

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Auberge de Saguenay – La Maison Price – Source: Coop verte

La Vallée Bras-du-Nord, située dans la région de Saint-Raymond, près de Portneuf, est bien connue du milieu touristique. Il s’agit d’une coopérative de solidarité qui vise le développement harmonieux de l’écotourisme dans la région. Elle regroupe les trois types de membres:

  • utilisateurs-producteurs: ils utilisent les services de la coopérative tout en en produisant – entreprise de tourisme d’aventure, hôtels, campings, etc.;
  • travailleurs: ils travaillent pour la coopérative – les employés qui souhaitent adhérer à titre de membre et déboursent la somme requise;
  • de soutien: ils ont un intérêt économique ou social dans la coopérative – des individus ou des organisations y ayant investi.

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Source: Vallée bras du nord

Depuis sa création en 2002, la coopérative de la Vallée Bras-du-Nord a remporté plus d’une dizaine de prix. Son modèle est bien représentatif du concept d’économie sociale, puisqu’elle intègre dans son développement la population locale, des jeunes en réinsertion sociale et plusieurs entreprises de la région. Il s’agit là d’un beau modèle de réussite pour une destination.

Écovoile Baie-des-Chaleurs, une petite coopérative de solidarité située en Gaspésie, a pour mission de «promouvoir la pratique du nautisme et faire connaître le milieu marin de la Baie-des-Chaleurs dans une perspective éducative». On y offre des cours de voile, des sorties guidées en mer, de la location d’équipements et un camp de jour de voile. L’un de ses objectifs est de contribuer au développement socio-économique de Carleton-sur-Mer, en exploitant son caractère maritime. Elle semble y parvenir depuis sa création en 2007, grâce à la qualité et à la variété de son membership. La vidéo suivante présente l’esprit qui anime Écovoile Baie-des-Chaleurs et l’importance de la vie maritime pour la communauté.

Former les entrepreneurs à la coopération

Pour soutenir la création de nouvelles coopératives et aider celles qui sont déjà en place, le Québec compte 11 coopératives de développement régional (CDR) dont c’est le mandat premier. La formation des entrepreneurs au modèle coopératif s’avère néanmoins essentielle. Une initiative a d’ailleurs récemment été lancée en ce sens, de concert avec la CDR de Montréal-Laval.

La Chaire de leadership en enseignement en création et gestion de coopératives et d’entreprises collectives de l’Université Laval souhaite sensibiliser les étudiants à cette forme d’entrepreneuriat, mais également contribuer à les former pour assurer le succès de ce modèle d’affaires. Cette Chaire estime que la formule de la coopérative représente un potentiel énorme, puisqu’elle répond aux valeurs de la génération montante en favorisant une meilleure répartition des richesses et en respectant les principes de la démocratie.

 Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

Image à la une: © istockphoto

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Initiatives paysagères inspirantes

Les Urbainculteurs

L’agriculture urbaine se développe sous de multiples formes. L’organisme de Québec les Urbainculteurs aménage des potagers pour les entreprises et à l’occasion d’événements. Par souci environnemental et pour favoriser la consommation de produits frais sans ingrédient chimique, les Urbainculteurs trouvent des solutions pour cultiver en ville. Des hôtels, des restaurants, des festivals, des centres de congrès et même le parlement ont eu recours à leurs services. Dans certains cas, ces potagers fournissent les cuisines de ces organisations en légumes et en fines herbes tout en réduisant notamment l’approvisionnement en aliments ayant parcouru de longues distances.

L’Hôtel du Vieux-Québec

Le toit de l’Hôtel du Vieux-Québec est bien garni. Les Urbainculteurs y ont aménagé et entretiennent un potager auquel ils ont ajouté, en 2011, deux ruches. En plus de produire de belles récoltes, partagées entre le directeur, les employés et un restaurant partenaire, le toit vert permet de conserver la fraîcheur du bâtiment en été et de capter les eaux de pluie.

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© Urbainculteurs

L’Auberge Place d’Armes de Québec

Donnant sur un petit toit plat, deux chambres de l’Auberge Place d’Armes, dans le Vieux-Québec, offrent désormais à ses occupants une vue sur un jardin fleuri. Quelques plantes bien choisies pour pousser à l’ombre donnent de l’attrait à ces chambres.

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© Urbainculteurs

Les Francofolies et le Festival International de Jazz de Montréal 

Certains kiosques de l’édition 2013 des Francofolies et du Festival International de Jazz de Montréal comportaient des aménagements de plantes comestibles, même des arbres fruitiers! Des fines herbes, des plants de laitue, de poireau ou encore des fleurs comestibles ont remplacé les traditionnelles boîtes fleuries. L’un des objectifs de ce changement était de sensibiliser les festivaliers au jardinage et à l’agriculture urbaine.

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© Urbainculteurs

Sortir l’art des musées

Le festival Art souterrain, à Montréal, a pour mission de démocratiser l’art contemporain en l’unissant au patrimoine culturel souterrain. En mars 2014, le Montréal souterrain a accueilli 93 projets d’art, créant ainsi un circuit accessible gratuitement, intégré au quotidien des gens et offrant une vitrine élargie aux artistes. De plus, cet événement anime un réseau piétonnier aux nombreuses ramifications où défile un très grand nombre de personnes. Le paysage du Montréal souterrain offre de belles possibilités aux artistes.

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© SAMLERENARD MMXIII

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© Érick Duhagon

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© SAMLERENARD MMXIII

Créer des espaces rassembleurs

L’entreprise Design par Judith Portier propose des aménagements événementiels hors de l’ordinaire. La création, l’innovation et l’esprit de communauté sont au cœur des designs de cette firme.

Le Conteneur des sucres

Le Conteneur des sucres, une cabane à sucre urbaine située dans le quartier Verdun, à Montréal, propose non seulement des produits de l’érable, mais aussi des spécialités gourmandes du quartier, le temps de deux week-ends du mois de mars. Lorsque le conteneur ouvre ses portes et déploie ses nappes et ses coussins à carreaux sur les marches de l’église, la fête commence. La vidéo ci-dessous donne un aperçu de l’événement.

 

Le quartier de Noël

Dans la même veine, l’entreprise crée depuis deux ans le quartier de Noël, toujours à Verdun. C’est à l’aide de trois conteneurs judicieusement aménagés – vente de sapins, emballage de cadeaux et atelier du père Noël – que la magie opère. L’arrivée des conteneurs, avant même leur ouverture, provoque une frénésie dans le secteur.

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© Design par Judith Portier

Recycler le patrimoine industriel

L’architecte paysagiste et urbaniste Tilman Latz a pris part à plusieurs projets de requalification de sites industriels. Le Parco Dora, à Turin, une réalisation de la firme Latz + Partner, est un bon exemple de recyclage d’un tel site. Toujours présentes, les structures sont désormais multifonctionnelles. Le mélange de l’acier et de la végétation crée une ambiance urbaine tout en rappelant le passé industriel de la ville. Ce parc est aujourd’hui très fréquenté et les anciennes installations accueillent des événements très variés, qu’il s’agisse de spectacles rock ou de célébrations religieuses. Comme le souligne M. Latz, plutôt que de tout raser et de créer un parc de toutes pièces, les projets de requalification et de recyclage du patrimoine s’avèrent souvent plus significatifs pour les résidents et peuvent devenir des attraits touristiques.

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©  Heidemarie Niemann et ©  Andrea Serra

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© La Stampa

Un projet porteur: Plan paysage de la route 138

Mettre en valeur les paysages nécessite l’engagement et la persévérance de la communauté et des autorités locales. Les MRC de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix et de Charlevoix-Est se sont unies en 2009 pour créer la Table de concertation sur les paysages. Parmi les travaux de ce regroupement, on compte le Plan paysage de la route 138, qui consiste notamment à établir un concept de signature artistique, à donner des pistes de design et des paramètres d’aménagement pour orienter les interventions futures. Ce concept est celui de l’«éloge de la lenteur».  

Le plan, réalisé par le Groupe IBI/DAA, cible neuf secteurs pour lesquels on compte mettre en valeur le paysage. Par exemple, dans le secteur Clermont-La-Malbaie, on suggère d’améliorer la signalétique urbaine, d’aménager une halte à Clermont, de planter une bande d’arbustes dans le secteur commercial et industriel et de reconfigurer le pont de la rivière Malbaie afin de mieux intégrer la circulation des piétons et des cyclistes. Le Plan rassemble beaucoup d’informations concrètes qui pourraient certainement contribuer à faire de la route 138, dans Charlevoix, un parcours touristique enrichi, où les visiteurs auront envie de s’arrêter.

Une image identitaire

Comme l’indiquait Michel Zins de la firme Zins Beauchesnes et associés lors du congrès de l’AAPQ, l’idée n’est pas de créer un environnement esthétique qui est déconnecté de son contexte, mais plutôt des lieux caractéristiques de la destination. Le voyageur cherche des paysages uniques, identitaires, des images distinctives qui forgeront ses souvenirs.

 

Image à la une : © Urbainculteurs

 

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Produits et activités

La labellisation des beaux villages comme outil de développement

stimuler le tourisme régional et rural en offrant aux visiteurs nationaux et internationaux un label de qualité touristique reconnu

L’Association des plus beaux villages du Québec (APBVQ) regroupe 38 villages répartis dans 11 régions touristiques du Québec, mais particulièrement concentrés dans celles de Québec (8 villages), de la Montérégie (6), de Chaudière-Appalaches (5), du Bas-Saint-Laurent et des Cantons-de-l’Est (4 chacun). Son défi consiste à constituer un réseau de villages exceptionnels et variés, situés généralement au bord de l’eau, et sélectionnés pour leur patrimoine architectural et historique de même que pour la beauté de leurs paysages. L’APBVQ a comme objectif de stimuler le tourisme régional et rural en offrant aux visiteurs nationaux et internationaux un label de qualité touristique reconnu par la Fédération des Plus Beaux Villages de la Terre.

Un concept qui répond aux attentes des clientèles…

L’affiliation au réseau constitue une reconnaissance du soin que les villageois ont apporté à préserver les charmes de leur municipalité. Elle incite les visiteurs à adopter un comportement écotouristique et leur offre l’occasion de vivre un séjour de découverte et de détente qui privilégie l’authenticité, les contacts humains, les activités en milieu naturel et les produits du terroir: autant de manières de répondre aux tendances touristiques actuelles. Les réseaux des Plus Beaux Villages s’inscrivent aussi dans la mouvance du slow travel et des voyages en solo, puisque les municipalités qui y adhèrent sont faites pour être visitées à pied ou à bicyclette, loin des foules et de l’agitation!

… et qui offre des retombées non négligeables

Constituer un réseau de «Plus Beaux Villages» contribue au développement et à la qualité de l’offre touristique régionale

Constituer un réseau de «Plus Beaux Villages» contribue au développement et à la qualité de l’offre touristique régionale. En France, d’où il tire ses origines, le label est reconnu par les visiteurs et son influence est réelle. En effet, selon l’association Les Plus Beaux Villages de France®, l’augmentation de la fréquentation touristique peut se situer dans une fourchette allant de 10% à 50%, notamment en ce qui concerne les clientèles internationales, selon la notoriété du village.

Structurer l’offre des villages

Pour structurer leur offre touristique, certains beaux villages d’ici et d’ailleurs ont effectué des actions touchant des domaines variés. En voici quelques exemples.

La valorisation du territoire
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Kamouraska, dans la région du Bas-Saint-Laurent, a créé un circuit du patrimoine avec panneaux d’interprétation et visites guidées de l’église, mettant en valeur le patrimoine bâti et historique de l’endroit. D’ailleurs, afin de préserver cette richesse, la municipalité a adopté un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) qui guidera ses différentes interventions. Quant à Saint-Pacôme, située dans la même région touristique, elle a instauré un circuit pédestre patrimonial avec panneaux pour guider le visiteur vers les plus beaux bâtiments du village. 

 

 

 

Saint-Pacôme – Source: St-Pacome

L’accessibilité

En partenariat avec Braille et Culture, l’association Les Plus Beaux Villages de France a depuis 2005 mis sur pied dans 11 villages des parcours sensoriels ainsi que des circuits adaptés à l’aide d’audioguides, de carnets de visite en braille ou en gros caractères ainsi que de maquettes tactiles de sites et monuments. Des formations à l’accueil des déficients visuels ont aussi été dispensées aux prestataires touristiques.            

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Collonges-la-Rouge – Source: Les plus beaux villages de France

L’animation

Il peut s’agir de foires artisanales, de marchés du terroir ou des vins, ou encore de parcours animés. Un rallye de prestige reliera par exemple, pour la troisième année, une vingtaine des «Plus Beaux Villages» de France entre Paris et Cannes, à la découverte du patrimoine, du terroir, de la gastronomie et de l’artisanat des divers villages traversés.

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La Route des Villages, Paris-Cannes – Source: 4 roues sous 1 parapluie

La fidélisation

Par leur contribution financière, les membres du Club des Amis des Plus beaux Villages de Wallonie, de France et d’Italie participent à la sauvegarde du patrimoine et bénéficient en retour d’offres privilèges lors de leurs séjours dans les villages, ainsi que d’un abonnement au bulletin de l’association et à la lettre d’information interne du réseau.

La mise en marché de l’offre touristique des villages

Tous les réseaux ont mis en place des supports classiques de promotion, notamment un guide officiel et un site Web. Pour atteindre le grand public, ils organisent des actions médiatiques auprès de la presse, mais aussi de chaînes de télé qui diffusent des films promotionnels et des vidéos.

En ce qui a trait aux initiatives de mise en marché, il en existe peu à l’heure actuelle, à l’exception de la France et de l’Italie qui se sont toutes deux associées à des voyagistes. Come To France propose des séjours thématiques à l’attention d’une clientèle individuelle, étrangère et française. Au programme: hébergement de charme, cours de cuisine au retour du marché, stage d’artisanat, visite privée du village, initiation à la pêche à la ligne, etc.

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Borghi Travel est le voyagiste officiel et exclusif du réseau italien des Plus Beaux Villages. Les particuliers peuvent réserver leur séjour en ligne en choisissant parmi plus de 200 destinations, 400 structures d’hébergement et de restauration, et 50 forfaits thématiques: vélo, trekking, sport, bien-être, mer, montagne, cuisine, etc. L’association italienne I Borghi più Belli d’Italia évalue la fréquentation dans les villages à 10 millions de nuitées, dont plus du tiers (36%) sont réservées par des clientèles étrangères.

Au Québec, l’absence d’une masse critique de villages, leur éparpillement sur le territoire et la capacité d’accueil disparate d’une région à l’autre sont quelques irritants à la commercialisation. Toutefois, la localisation des villages du réseau le long des Routes et circuits touristiques officiels du Québec offre d’excellentes occasions de partenariats.

CN_beaux_village_image4Actuellement, l’offre de l’Association des plus beaux villages du Québec est disponible sur l’application mobile Nestor – Le Québec de Mobeva, qui regroupe un ensemble d’attraits touristiques de la province. Le touriste peut y télécharger une description des villages membres et les géolocaliser. D’autres associations de renom sont aussi partenaires de l’application (Circuit du Paysan et Hôtellerie Champêtre).

 

 

 

 Source: Association des plus beaux villages du Québec

L’attractivité touristique des «Plus Beaux Villages» et la notoriété du label à travers le monde renforcent l’image de l’ensemble de la destination Québec et de ses régions touristiques, contribuant en cela à sa croissance économique et touristique.

 

– Image à la UNE: Association des plus beaux villages du Québec © Yves Laframboise

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Gestion Produits et activités

Festivals et municipalités: un mariage de raison

 

Situation amoureuse: en couple

Pour Luce Proulx, de SATQ-FEQ, les liens entre les festivals et les municipalités du Québec peuvent être abordés comme une relation de couple. Dans le cas d’une relation en harmonie:

  • le milieu municipal est impliqué et participe à la tenue de l’événement;
  • les citoyens s’investissent et développent un sentiment d’appartenance vis-à-vis du festival;
  • la communauté locale bénéficie de retombées économiques et sociales directes.

À l’inverse, si la relation est tumultueuse:

  • les organes municipaux sont désengagés;
  • les citoyens tentent de freiner la tenue de l’événement;
  • les organisateurs peinent à recruter des bénévoles;
  • les impacts locaux sont plus négatifs que positifs (nuisances, problèmes de sécurité, etc.).

Le soutien que les villes manifestent aux festivals est généralement circonscrit dans une politique ou un programme déterminés, et peut prendre différentes formes: aide financière, appui technique, prêt de matériel ou de locaux, contribution en services (police, signalisation, etc.). À titre d’exemple, en 2011, les municipalités du Québec ont dépensé en moyenne 220 000$ pour les foires et les expositions, les investissements variant de 24$ à 18,2 millions de dollars en fonction de l’agglomération.

Si les élus s’investissent dans une relation avec les festivals, c’est qu’en échange, leur contribution au bien-être des individus et des communautés locales est significative. Un sondage de SATQ-FEQ souligne ce constat:

  • 60% des Québécois ont assisté à au moins un événement de leur région entre 2010 et 2012;
  • 62% des événements sont impliqués dans des instances de développement économique locales;
  • 79% favorisent concrètement la participation et l’interaction sociale;
  • 79% sensibilisent les participants aux saines habitudes de vie;
  • 83% font appel à des fournisseurs locaux;
  • 33% utilisent un programme d’employabilité pour le recrutement.

Globalement, la nature des retombées d’un festival dépend des pratiques et des valeurs qui constituent le fondement de la relation entre les organisateurs et la municipalité.

Le point de vue d’un festival…

Pendant l’atelier, Malika Bajjaje et Jean-Charles Doyon, respectivement présidente et directeur général du Festival des traditions du monde de Sherbrooke, partageaient leur vision sur les partenariats à établir avec sa municipalité.

Prenant place dans la troisième ville accueillant le plus d’immigrants au Québec, le Festival des traditions de monde de Sherbrooke tend à dresser un tableau vivant des réalités vécues par la population à travers trois dimensions:

  • culturelle, par l’intégration et l’implication des différentes communautés à la programmation;
  • sociale, grâce à la gratuité d’accès au site et à la participation des minorités (conseil d’administration, bénévolat, emplois);
  • économique, en faisant appel à des artistes, des commerçants, des artisans et des chefs locaux.

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Source: Festival des traditions du monde de Sherbrooke

De fait, en reflétant l’identité de la communauté locale, le festival participe au rayonnement de Sherbrooke, favorise le dynamisme social et entraîne le développement d’un sentiment d’appartenance chez les habitants. Les retombées constatées ajoutent une dimension politique à l’événement, ce qui favorise l’établissement d’ententes avec la municipalité.

Voici quelques conseils pour optimiser la relation avec les instances politiques locales:

  • Faire connaître son événement aux élus: Il est essentiel de leur présenter le festival, d’expliquer l’objectif des organisateurs et de délimiter le public visé. Cette entrée en matière permet de tisser des liens dans une optique de prise de décisions communes.
  • Faire preuve de bonne volonté: Les organisateurs doivent lancer une campagne de séduction auprès des élus en se montrant coopérants et transparents (présentation du rapport annuel, des résultats, des partenaires, etc.).
  • Se positionner comme une occasion de visibilité: En laissant une tribune aux instances municipales pendant les conférences de presse et les diverses activités de l’événement, les organisateurs facilitent l’appropriation et le sentiment d’appartenance des élus envers la manifestation.
  • Établir une relation pérenne: Après la tenue du festival, il est important d’assurer un suivi avec la municipalité en remerciant les autorités qui se sont impliquées, en réfléchissant conjointement aux possibilités de croissance du festival et en veillant à formaliser les liens établis pour assurer leur longévité.                          

Finalement, une collaboration saine entre un festival et une municipalité permet aux deux parties d’avancer ensemble au service de la population, de véhiculer un message de cohésion et de créer une synergie favorable au rayonnement du territoire.

… et d’une municipalité

Si les festivals doivent justifier leur pertinence par rapport aux objectifs de développement municipaux, les villes cherchent à démontrer que leur intervention est essentielle pour optimiser les effets positifs d’un événement. Éric Boily, de la Ville de Gatineau, présentait son approche en tant que chef de la division Fêtes et festivals.

La mission de la Ville de Gatineau consiste à se positionner comme chef de file dans le domaine des fêtes, festivals et événements en favorisant le développement de partenariats et en offrant un soutien de nature financière, technique ou professionnelle aux manifestations locales, qu’elles soient en démarrage ou déjà bien établies.

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Source: Ville de Gatineau

Les critères d’évaluation mis en place pour la sélection des dossiers admissibles sont révélateurs des attentes municipales. Les candidats doivent montrer que leur événement:

  • permet de développer une nouvelle clientèle (10%);
  • bénéficie d’un rayonnement et peut en faire profiter la ville (20%);
  • engendre des retombées touristiques et économiques (20%);
  • démontre du professionnalisme et soigne la qualité de son offre globale (20%);
  • favorise une synergie avec le milieu (10%);
  • réalise des actions en faveur du développement durable (10%);
  • maintient une certaine autonomie par rapport au soutien financier municipal (10%).

Les attentes municipales relèvent des champs social et économique. En effet, les élus cherchent à développer une forte culture du partenariat et à maintenir le dynamisme engendré par un festival au-delà de la durée de l’événement, afin de modeler l’image de la ville, tant pour les touristes que pour les résidents.

Si le chemin d’un partenariat entre les municipalités et les festivals peut paraître ardu, il est néanmoins nécessaire pour qui veut s’assurer de la pérennité d’un projet événementiel et favoriser l’adhésion de la population.

 

Image à la une: © Ville de Gatineau

 

Commentaires d’Éric Boily

Les municipalités reconnaissent généralement l’importance des festivals et événements, qui constituent un secteur dynamique de leur économie locale tout en ayant une indéniable incidence sur la qualité de vie de leurs citoyens.

Voilà selon nous une bonne nouvelle, car si un projet, quel qu’il soit, n’est pas accueilli dans un terreau fertile localement, un promoteur a bien peu de chances de voir son initiative prendre racine et encore moins d’en assurer la pérennité.

Les municipalités ont par ailleurs tout intérêt à développer des relations porteuses avec les organisateurs d’événements. Ce faisant, elles favorisent en effet l’activité événementielle, laquelle constitue une vitrine extraordinaire pour le dynamisme et l’identité d’un milieu. C’est un outil de rayonnement de la culture qui consolide le sentiment de fierté et d’appartenance des citoyens tout en contribuant à façonner la perception que l’on aura d’une ville.

Les plus grands événements ont des effets structurants sur leur milieu, notamment grâce à la création d’entreprises et au développement d’un savoir-faire permettant une professionnalisation du milieu événementiel. Mais plus encore, des événements de tout type et de toute taille – soit une offre festive forte, diversifiée et de qualité – favorisent l’identification et l’adhésion du citoyen à son milieu. Cette offre répond à son besoin d’assister à des manifestations culturelles et événementielles signifiantes, en plus de faire d’une ville une destination conviviale pour les visiteurs. Les festivals et événements donnent un sens à une ville, la rendent attrayante et permettent à la population de se l’approprier autrement, par des spectacles accessibles, à tarification modulée, et avec des infrastructures adaptées.

À notre avis, le rôle de la municipalité dans son partenariat avec les intervenants du milieu est de stimuler le paysage événementiel en favorisant le partage d’expertises, en soutenant la création et le développement de créneaux déterminés dans lesquels elle souhaite se démarquer de façon concrète par rapport aux autres régions et marchés du Québec et du pays, selon les réalités régionales qui la caractérisent.

La concertation avec les acteurs du développement, notamment, sur les plans touristique et économique, le Centre local de développement (CLD), l’Association touristique régionale (ATR), la Chambre de commerce et la Conférence des élus (CRÉ), permet une meilleure planification et une plus grande cohérence du développement et du soutien aux événements.

La concertation et le partenariat sont deux éléments essentiels favorisant une démarche commune et complémentaire des partenaires associatifs et corporatifs dans leur soutien aux festivals et événements. Une approche proactive participe à l’élargissement des frontières, facilite la réalisation de partenariats novateurs, et aide à diversifier la base du financement pour la consolidation et le développement d’événements majeurs sur le territoire d’une ville.

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Marketing Transport

Le road trip a toujours la cote

Des clichés qui font toujours rêver

33% des femmes et 25% des hommes américains disent ne jamais avoir traversé leur pays en voiture, mais rêvent de le faire un jour

Souvent associés aux voyages en famille d’une autre époque, les motels en bordure de route, les cantines aux frites savoureuses et la tournée des campings font de nombreux nostalgiques. La légendaire Route 66 des États-Unis, les classiques du cinéma de type road movies ou encore l’œuvre de Jack Kerouac contribuent aussi à l’imaginaire du fameux road trip. Partir à l’aventure sur la route demeure une expérience fortement convoitée. Une enquête réalisée par Expedia en 2012 dévoilait que 33% des femmes et 25% des hommes américains disent ne jamais avoir traversé leur pays en voiture, mais rêvent de le faire un jour. 

Au Québec, les voyages en voiture sont de mise

Selon Statistique Canada, 92% des voyages touristiques des Québécois au Québec (pour agrément ou pour visiter des parents ou des amis) en 2011 ont été réalisés en voiture, en camion ou en véhicule récréatif (privés ou en location). Cette proportion est de 78% dans le cas des touristes canadiens originaires d’autres provinces et de 65% en ce qui a trait aux Américains.

Faciliter la vie des voyageurs sur la route

Au-delà des haltes routières et de la signalisation touristique le long des routes, une foule de services peuvent être développés par les destinations. Un accueil adapté, des outils qui favorisent l’autonomie, les médias sociaux et la technologie mobile sont largement mis à contribution. En voici quelques exemples.

L’application Roadtrippers

Le road trip est bien ancré dans la culture populaire américaine. La plateforme mobile Roadtrippers, qui permet à l’utilisateur de planifier en ligne son itinéraire, connaît d’ailleurs un grand engouement. Elle consiste en une carte dynamique des États-Unis sur laquelle l’internaute indique ses points de départ et d’arrivée, puis les types de produits et services qu’il souhaite voir s’afficher sur son plan, comme les attraits, les restaurants et cafés, les sites naturels, etc. Chaque critère se décline en sous-catégories lui permettant de personnaliser son parcours. Des versions spécialisées pour les voyages en famille ou encore pour ceux qui se déplacent en véhicule récréatif (VR) sont disponibles. Roadtrippers met aussi de l’avant les commerces locaux, les attraits qui sortent des sentiers battus ainsi que les expériences culturelles authentiques.

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Source: Roadtrippers

L’Oregon

Compte tenu du succès de l’application Roadtrippers, l’organisation de gestion de la destination (OGD) de l’Oregon l’a intégrée à son site Web. Travel Oregon utilise d’ailleurs beaucoup l’expression road trip pour qualifier les circuits et l’offre touristique à découvrir. Visionnez l’une des vidéos Tasty Oregon Road Trips, un exemple mettant en vedette le tourisme gourmand.

Les #WICKEDROADTRIPS du Massachusetts

L’OGD du Massachusetts lançait, pour l’été 2013, un concours de photos sur la plateforme Instagram afin d’inciter les gens à partager leurs clichés lors de leurs déplacements dans l’État. Les participants n’avaient qu’à déposer leurs photos à l’aide du mot-clic #WICKEDROADTRIP et à mentionner @VISITMA. Chaque semaine, un gagnant remportait des entrées gratuites dans certaines attractions de la région. De plus, en visitant le site Web du concours, l’internaute pouvait bénéficier d’un rabais de 20% sur une location de voiture, grâce à un partenariat avec Alamo.

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Source: massvacation.com

L’ultime road trip américain

Le voyagiste TrekAmerica offre une tournée à travers 48 États américains (excluant l’Alaska et Hawaï), un voyage de près de 3 mois. Il s’agit d’une première du genre, selon l’entreprise. Pour un peu moins de 10 000 dollars américains, The Great 48 comprend 80 nuitées d’hébergement, le transport en véhicule privé avec Wi-Fi ainsi que la visite de 19 parcs nationaux et de nombreuses petites et grandes villes, le tout accompagné d’un guide.

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The Great 48 – Source: Trekamerica.com

L’Australie

La découverte du territoire australien par de longs voyages en voiture constitue aussi une image forte. Plusieurs initiatives facilitent d’ailleurs l’organisation d’un parcours. L’OGD du pays propose notamment une série d’itinéraires. Dans le Queensland, des communautés se sont rassemblées pour créer une boucle de 1 000 km, afin de mettre en valeur et de partager les richesses naturelles et culturelles de cette région. La Natural Sciences Loop offre aux voyageurs de la route une expérience les mettant en contact avec l’astronomie, la géologie, la biologie, la paléontologie et l’histoire, entre autres.

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Source: naturalsciences.com

Bienvenue aux VR

Pour mieux répondre aux besoins des voyageurs en VR, le Campervan & Motorhome Club of Australia a mis sur pied le programme RV Friendly Town, qui fait la promotion du tourisme en véhicule récréatif pour les municipalités souhaitant attirer ce segment de clientèle. Pour obtenir le titre de destination «RV Friendly», la communauté doit répondre à certains critères, dont les suivants:

  • Mettre à la disposition des visiteurs des espaces de stationnement de grandeur adaptée aux VR pour des périodes de 24 à 48 heures, gratuitement ou à prix abordable;
  • Donner accès à de l’eau potable et à une station de vidange pour les eaux usées.

Voilà un programme qui permet aux municipalités sans terrain de camping à proximité d’être considérées par les voyageurs en VR.

Des voyageurs branchés et à la dernière minute

Selon la firme PhoCusWright, 20% des nuitées réservées par des Américains pendant un voyage sur la route aux États-Unis le sont à la dernière minute, dont 21% à partir d’un appareil mobile. Les interfaces mobiles s’avèrent un moyen efficace pour s’adresser aux roadtrippers; que ce soit pour la planification, les réservations ou les activités à faire sur place.  

Le Québec détient quelques classiques en matière de road trip, pensons au tour de la Gaspésie, ou encore à celui du lac Saint-Jean. Pour inciter les voyageurs à fréquenter l’une des 15 routes touristiques officielles de la province ou simplement pour favoriser le tourisme dans les régions, actualisons l’image du road trip québécois!

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

 

– Image à la une ©istockphoto

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Produits et activités Tourisme durable

Des festivals et événements enracinés dans leur communauté

Un phénomène qui interpelle les organisateurs

Les festivals et événements semblent de plus en plus concernés par leur responsabilité sociale, que ce soit afin de maintenir la motivation et l’engagement de leurs employés et bénévoles, de devenir des acteurs incontournables du développement socioéconomique de leur communauté ou de répondre aux exigences des consommateurs et des partenaires d’affaires. Générant plus de 9 500 emplois directs et comptant sur quelque 50 000 bénévoles au Québec selon la Société des Attractions Touristiques du Québec (SATQ) et Festivals et Événements Québec (FEQ), ce secteur a aussi pour avantages de divertir et d’animer un territoire, de créer des liens sociaux et de mettre en valeur l’essence même d’une communauté. Mais comment mesurer concrètement la performance de ce pilier du développement durable?

Le modèle d’évaluation des pratiques sociales

FEQ a récemment développé un modèle d’évaluation des pratiques sociales (MEPS) à l’intention des festivals et événements

FEQ a récemment développé un modèle d’évaluation des pratiques sociales (MEPS) à l’intention des festivals et événements. Montée sous la forme d’un tableau Excel, cette grille d’autoévaluation est basée sur des indices de performance calculés automatiquement autour de douze enjeux relatifs aux pratiques sociales des événements:

  • la gestion responsable;
  • la gouvernance participative;
  • l’épanouissement du personnel bénévole et salarié;
  • la qualité de vie des populations environnantes;
  • l’épanouissement et la qualité de vie des festivaliers;
  • la participation sociale auprès de l’événement;
  • l’engagement de l’événement auprès de sa communauté;
  • l’accessibilité;
  • la mise en valeur de l’identité socioculturelle du milieu;
  • la promotion de la diversité culturelle;
  • le développement de la créativité et la capacité d’innovation;
  • la consommation locale et responsable.

Disponible gratuitement en ligne, cet outil permet aux organisations de:

  • visualiser rapidement des informations qui sont ordinairement décentralisées;
  • prendre des décisions opérationnelles et stratégiques sur des enjeux sociaux;
  • réfléchir sur certaines de leurs pratiques sociales et définir des objectifs pour leur amélioration continue;
  • baser leur reddition de compte auprès des bailleurs de fonds sur des informations mesurées, objectives, pertinentes et fiables;
  • communiquer à l’interne et à l’externe les bonnes pratiques;
  • se comparer aux pratiques généralement présentes dans l’industrie.

Des employés et des bénévoles fidèles et reconnus

Le Mondial des Cultures de Drummondville, qui compte sur plus de 1 900 bénévoles durant ses 11 jours de festivités, peut être considéré comme un modèle dans la gestion des bénévoles au Québec. D’abord, les organisateurs accordent une importance particulière à leur formation et à leur encadrement (guide d’accueil, soutien, sécurité, etc.). Après l’événement, les bénévoles et responsables sont récompensés par des activités sociales ou des cadeaux lors d’une soirée de remerciement. Un nouveau programme de reconnaissance a d’ailleurs été instauré en 2013, leur accordant des privilèges selon leur contribution horaire. Ces initiatives semblent plaire, puisque 2% de la population de Drummondville y est bénévole, avec un taux de retour évalué à 90%. 

Sur le plan social, ce festival se démarque également par:

  • la consultation écrite et orale des responsables et des bénévoles afin d’obtenir leur rétroaction;
  • l’adaptation du site à divers groupes sociaux, dont les familles et les personnes à mobilité réduite;
  • l’offre d’un stationnement incitatif et d’une navette gratuite aux festivaliers;
  • la compréhension et le respect de la diversité culturelle. Son slogan de 2013, «Prenez l’accent», démontre bien cette volonté.

Un festival engagé envers sa communauté

Le festival d’arts et de musique indépendante de KnockanStockan, en Irlande, est le gagnant des Irish Festival Awards de 2011 dans la catégorie responsabilité sociale. Avant chaque édition, un prospectus est envoyé aux résidents du petit village de Lacken afin de les informer et de connaître leurs préoccupations par rapport au festival. De plus, un agent de liaison est en place pour répondre à leurs interrogations. L’établissement d’une politique Leave no Trace auprès des festivaliers est un exemple de proposition des résidents prise en compte par les organisateurs.

Des petits festivals qui se démarquent!

le Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie, contribue à l’émancipation de l’identité culturelle francophone ainsi qu’à la vitalité de sa municipalité.

Mettant en valeur des artistes émergents, le Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie, contribue à l’émancipation de l’identité culturelle francophone ainsi qu’à la vitalité de sa municipalité. Lors de l’événement, toute la population de 178 habitants est mobilisée, contribuant ainsi grandement à la fierté locale. L’organisme responsable de l’organisation du festival a créé en 2010 le Fonds Dan-Gaudreau, consacré à la diffusion et à l’accessibilité de la culture chez les jeunes gaspésiens. Celui-ci a permis, entre autres, la création de nombreuses bourses et d’ateliers de formation pour les participants du festival. De plus, pour rendre hommage à l’artiste porte-parole, un chœur de près de 300 jeunes gaspésiens est formé annuellement, favorisant ainsi leur appartenance à la région. Afin d’attirer la clientèle des villages voisins, le festival a aussi mis en place un service de transport gratuit.

Pour sa part, le Festival International Contes en Îles, aux Îles-de-la-Madeleine, est considéré comme un événement majeur de la vie culturelle madelinienne qui contribue à prolonger l’activité touristique automnale de la destination. La majorité des activités sont gratuites et se déroulent dans une variété de lieux (bars, cafés, restaurants, etc.), encourageant ainsi la découverte de la région et l’achat local.

D’autres initiatives inspirantes

La Fête des vendanges de Neuchâtel, en Suisse, fait partie intégrante de la culture et contribue, depuis plus de 110 ans, à la fierté communautaire et à la renommée de cette ville de 33 000 habitants. Recevant environ 300 000 visiteurs sur trois jours de festivité, l’ensemble de la communauté est ainsi mis à contribution (commerçants, sociétés locales, bénévoles, autorités municipales, etc.). Le festival met en valeur l’identité du territoire à travers son patrimoine culturel et culinaire, il offre des occasions de rencontre et de développement de relations entre les parties prenantes, en plus de donner une opportunité aux locaux de s’engager envers leur communauté.

À Chicago, le Pitchfork Music Festival a doublé la taille de son stationnement pour vélo en 2012. Il a aussi développé une application mobile pour les festivaliers souhaitant covoiturer pour se rendre à l’événement.

Au Brésil, les organisateurs du festival Rock in Rio désirant encourager la consommation responsable d’alcool, les consommateurs âgés de 18 ans et plus ont été identifiés à l’aide d’un bracelet et une formation spéciale a été donnée aux employés des bars locaux.

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Source: Worldwide Brewing Alliance

Les organisateurs du Challenge 255 de Baie-du-Febvre, un événement de courses de camions et de motos du Centre-du-Québec, ont mis en place un salon de l’emploi pour l’industrie du camionnage.

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Crédit photo : Yvan Ouellet, Crayonart – Source: Challenge 255

Lors des festivals tenus à Édimbourg, en Écosse, la police participe de façon interactive à la prévention du crime et à la sécurité du site par l’intermédiaire de Twitter.

 

Les festivals et événements multiplient les initiatives inspirantes sur le plan social. Avec des outils de mesure comme celui mis en place par la FEQ, ils ne peuvent négliger cet aspect du développement durable.

 

Cette analyse a été produite pour alimenter le site Web EspaceTourismeDurable.com, destiné aux acteurs touristiques de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.

Visionnez la vidéo réalisée par l’organisme:

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Produits et activités

Un nouveau souffle pour le patrimoine industriel

Généralement situées près des centres urbains, les friches industrielles couvrent souvent de grandes surfaces, et leur reconversion laisse place à une multitude d’activités. Parcs récréatifs, boutiques, restaurants, galeries d’art, musées: voilà quelques exemples d’aménagements pouvant satisfaire une variété de clientèles. Certaines villes ont fait preuve d’innovation et revitalisé leurs quartiers industriels au bénéfice tant de la population locale que des touristes. Grâce à ces démarches, le patrimoine industriel revit, et sa reconversion s’inscrit dans les tendances de développement durable.

L’Allemagne: pionnière de la mise en valeur du patrimoine industriel

Plutôt que de délaisser les vestiges miniers devenus désuets, le gouvernement a sélectionné quelques sites pour les transformer en attractions culturelles

L’Allemagne et la région de la Ruhr ont ouvert la voie dans la redynamisation d’anciennes infrastructures industrielles en attraits culturels. Leurs efforts ont abouti en 2010 à la sélection de la Ruhr comme Capitale européenne de la culture, une première pour une région. Plutôt que de délaisser les vestiges miniers devenus désuets, le gouvernement a sélectionné quelques sites pour les transformer en attractions culturelles. Ainsi, un des plus grands gazomètres au monde a été reconverti en espace d’exposition. L’ancien moulin de Duisbourg abrite maintenant une collection d’art moderne, et les hauts fourneaux de Duisbourg-Nord sont devenus un parc paysager incluant un mur d’escalade, des sentiers de vélo de montagne et un spectacle d’illuminations de soir. Des résidus miniers ont été transformés pour former une piste de ski, un autre gazomètre est devenu un centre de plongée et un ancien puits de mine accueille un club de parachutisme intérieur; les exemples de reconversion ne manquent pas.

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Zollverein: une mine d’activités

Le complexe industriel de la mine de charbon de Zollverein (couvrant 100 hectares) a été transformé en centre multifonctionnel pour les arts, la culture, les entreprises de création et les activités récréotouristiques. Sa reconversion avait débuté en 1990, et l’endroit a depuis été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site attire maintenant près d’un million de visiteurs annuellement.

Une piscine se trouve au cœur des infrastructures métalliques de l’usine, et des sentiers de randonnée pédestre ou cyclable entourent l’ancienne mine. Offrant une vue imprenable de ce site du patrimoine mondial et un bon aperçu de son fonctionnement, une grande roue plonge à l’intérieur d’un des anciens fourneaux pour ensuite s’élever au-dessus des bâtiments. L’hiver, une patinoire de 150 mètres longe les infrastructures.

Les installations restées intactes abritent le «sentier monumental de Zollverein». Des visites guidées permettent aux participants de se familiariser avec l’extraction du charbon, dont le processus est illustré à l’aide de maquettes, de films, d’installations muséo-techniques et d’un accompagnement sonore. Le soir, les bâtiments sont illuminés par un spectacle de lumières.

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En plus de ces activités récréotouristiques, Zollverein se spécialise dans la diffusion culturelle. Du jazz à la musique pop, le site a reçu depuis 1997 plus de 160 concerts et favorise maintenant le développement des arts de la danse, du théâtre, des arts visuels et de la performance artistique. On y retrouve aussi le Musée Red Dot Design, qui est l’un des plus grands centres d’exposition de design contemporain. Les passionnés de gastronomie ne sont pas en reste, car plusieurs restaurants et cafés sont présents. L’un de ces derniers fait un clin d’œil à l’histoire de l’ancienne entreprise en offrant des aliments que l’on retrouvait typiquement lors des pauses des travailleurs de la mine.

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Les produits locaux au premier plan

À quelques pas du centre-ville de Toronto, une ancienne distillerie de whisky est devenue l’un des plus grands quartiers piétons consacrés à la promotion des arts, de la culture et du divertissement. Ouvert depuis 2003, le Distillery Historic District regroupe des cafés, des galeries d’art de renommée mondiale, des restaurants chics, des théâtres et quelques-unes des boutiques les plus prisées de la ville. Les mois d’été regorgent d’activités: festivals de musique et d’art, marchés de producteurs, événements de dégustation de bières, etc. Le site accueille aussi plus d’une quarantaine d’entreprises: firmes de design, agences de publicité, sociétés de production de films, toutes inspirées par le décor industriel de l’ancienne usine. Aucune franchise ni aucune marque nationale ne se trouvent à la Distillery, les visiteurs ont droit à une expérience unique de la culture torontoise.

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Anciens silos à grains: une base pour l’escalade sur glace

Les reconversions ne se limitent pas aux zones urbaines

Les reconversions ne se limitent pas aux zones urbaines. À Cedar Falls, dans l’Iowa, des silos à grains non utilisés ont été transformés en murs d’escalade sur glace d’une hauteur de huit étages. Des systèmes de tuyaux accrochés au sommet des silos font couler de l’eau, qui gèle et crée le mur de glace, les conditions d’ascension variant selon la météo et le vent. Débutants comme experts peuvent ainsi parfaire leurs compétences et profiter de ces monuments agricoles réadaptés.

Pour bien des communautés de quelque envergure que ce soit, les vestiges industriels restent peu exploités. Le sort du silo numéro 5 du Vieux-Montréal ou du complexe de Canada Malting, le long du canal Lachine, demeure incertain. Ces sites industriels ont le potentiel de devenir de véritables attraits, qui sauront plaire à la population locale ainsi qu’aux touristes, tout en préservant les valeurs paysagères, historiques et architecturales de la destination. Quel avenir voyez-vous pour le patrimoine industriel de votre ville?

Analyse réalisée grâce à un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Le tourisme au sein des communautés anglophones du Québec

Afin de contribuer à la reconnaissance du tourisme dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM), Industrie Canada a confié à la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM le mandat de brosser un portrait de l’offre touristique des 33 MRC dans lesquelles plus de 5% de la population est anglophone.

Profil touristique des MRC ayant un caractère anglophone

Adapté des travaux du Comité performance de l’industrie touristique, le tableau 1 présente d’abord la répartition des MRC à l’étude, selon leur catégorie.

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Le profil touristique des MRC a ensuite été défini à partir des trois dimensions suivantes:

  • le portrait de l’offre touristique, soit l’hébergement, les produits d’appel et la masse critique d’activités;
  • la performance, soit le volume de touristes et leurs dépenses;
  • les possibilités d’avenir, soit la promotion et les investissements en tourisme, l’économie et la population locale.

Afin que leur potentiel touristique soit établi, un indice composite a été créé par l’attribution d’un poids relatif à chacune de ces dimensions. Les résultats indiquent que près du tiers de ces territoires ont un potentiel touristique élevé ou très élevé (voir le tableau 2).

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Qu’en pensent les associations touristiques régionales?

Une évaluation de l’offre et de la performance touristiques des MRC par les associations touristiques régionales (ATR) concernées a ensuite été réalisée. Les organismes avaient à se prononcer pour chaque MRC de leur territoire sur:

  • les principaux produits et entreprises touristiques;
  • leur potentiel de développement;
  • le diagnostic et la performance touristiques;
  • la place de la communauté anglophone sur le plan touristique.

Selon les ATR consultées, la majorité des MRC à l’étude (24) devraient connaître une croissance touristique au cours des cinq prochaines années. La bonne performance de certains territoires est principalement attribuable à l’offre de produits touristiques de qualité, au caractère unique de leurs ressources naturelles et à la présence de produits d’appel de forte notoriété. La proximité de certains marchés touristiques et la compétence des gestionnaires en place sont aussi garantes de leur succès.

Des entreprises touristiques issues d’initiatives de la communauté anglophone ont pu être identifiées dans plus de la moitié (18) des MRC à l’étude. La majorité d’entre elles travaillent conjointement avec leur ATR respective et contribuent activement au développement touristique de leur MRC. Selon les ATR, les trois principales manières dont les MRC peuvent tirer profit de la présence de leur communauté anglophone en tourisme sont:

  • développer des services de guides dans les deux langues officielles du Canada;
  • miser sur la présence d’une communauté anglophone dans leur promotion hors Québec;
  • cibler de nouveaux segments de marché.

Quelques bonnes pratiques

Dans le but d’alimenter la créativité des chefs de file et des entrepreneurs en tourisme de ces communautés, quatre études de cas sont présentées, chacune dans un contexte régional particulier.

1-   Région métropolitaine: Le Festival international de musique POP Montréal

Événement culturel soutenant les artistes émergents à travers le monde, POP Montréal reflète bien les volets artistique et multiculturel souvent associés à la métropole. Ce festival international de musique encourage la découverte des quartiers de la ville ainsi que la participation citoyenne par le bénévolat. Au fil des années, l’adaptation de sa promotion, le renouvellement de son offre et le développement de partenariats avec des organismes provenant des différentes communautés culturelles de Montréal sont devenus les principaux critères de succès du festival. POP Montréal a aussi développé une application mobile bilingue, en plus d’être très actif sur les médias sociaux dans les deux langues.

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Source: lisiSoft

2-   Pôle urbain: La microbrasserie les Brasseurs du Temps

Située à Gatineau, la microbrasserie les Brasseurs du Temps (BDT) propose un concept qui intègre la gastronomie, la culture et le patrimoine brassicole de la région, grandement lié à l’histoire de la communauté anglophone de la MRC. Que ce soit par le développement de recettes mettant en valeur les produits de la région ou par l’adaptation de son offre culturelle (spectacles et conférences dans les deux langues officielles, musée du patrimoine brassicole), les BDT ont su profiter de la présence des communautés anglophone et francophone des environs. Les gestionnaires font d’ailleurs autant de promotion dans le marché québécois qu’ontarien, en plus de favoriser l’embauche de main-d’œuvre bilingue. 

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Source: Les Brasseurs du Temps

3-   Région centrale: La station de montagne Au Diable Vert

Localisée dans les Cantons-de-l’Est, la station de montagne Au Diable Vert a développé une expérience originale, diversifiée et répondant aux particularités linguistiques de ses clientèles. En effet, en plus de son offre d’hébergement variée et écotouristique (camping rustique, auberge, maison dans les arbres, etc.), l’entreprise propose plusieurs activités d’interprétation guidées dans les deux langues. Les employés se doivent aussi d’être bilingues, afin de faciliter la communication avec leurs partenaires et leurs clientèles.

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Source: Au Diable Vert. Crédit photo: Romy Zeitlinger.

4-     Région périphérique: La communauté anglophone de Grosse-Île (Îles-de-la-Madeleine)

Dans le but de diversifier l’économie et de faire connaître la culture, l’histoire et les ressources naturelles de la communauté anglophone de Grosse-Île, le Conseil des Madelinots anglophones (CAMI) a réalisé un plan de développement touristique. Bien qu’elle soit toujours dans sa phase de mise en œuvre, cette initiative est principalement intéressante en ce qui a trait à la mobilisation de la communauté dans le projet et au nombre de partenaires qui y ont contribué.

Et vous, que pensez-vous de cette démarche? Quel est l’apport de la communauté anglophone de votre territoire, en matière de tourisme?

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Ailleurs dans le monde Tendances

Comment dynamiser votre petite ville

Malgré les fusions, le Québec compte plus de 1000 municipalités de moins de 10 000 habitants. L’offre touristique en région repose en grande partie sur ces localités et ce sont les particularités de chacune qui contribuent au succès de l’expérience du voyageur. Certaines petites communautés, ici comme ailleurs, s’avèrent très dynamiques et proposent des milieux de vie attrayants par la diversité des emplois qu’on y offre, des styles de vie, de la scène culturelle et artistique, des loisirs, de leur ambiance et de leur authenticité. Le mouvement slow, l’intérêt pour les produits locaux, la recherche d’expériences authentiques, le goût d’entrer en contact avec la population locale, le désir de rencontrer les producteurs, voilà autant de tendances qui favorisent le tourisme dans les petites municipalités.

Qu’est-ce qu’une petite ville cool?

Great Barrington, dans les Berkshires au Massachusetts fait partie de la cuvée 2012 de «The 20 Best Small Towns in America» du magazine Smithsonian.com. On dit de cette localité de 6 800 âmes que l’on peut y manger des sushis comme des chimichangas mexicains, que l’on y croise des passants avec matelas de yoga sous le bras ou panier de produits de la ferme d’à côté ou encore se baladant avec un double espresso bien serré. En plus de ses cafés et de ses restaurants attrayants, la ville compte de nombreux festivals et dispose d’une riche scène culturelle.

 

Great Barrington, MA. Source: Smithsonianmag

L’Équipe du Smithsonian.com, magazine dédié à la culture, l’histoire, la science et les arts, estime que pour qu’une municipalité mérite d’être visitée plus que les autres, elle doit miser sur la culture. Pour élaborer sa liste, elle a notamment consulté une base de données géographiques permettant d’isoler les communautés de moins de 25 000 habitants avec de fortes concentrations de musées, de sites historiques, de jardins botaniques, d’orchestres permanents, de galeries d’art et d’autres composantes culturelles.

Un autre palmarès, celui de Budget Travel, issu d’un vote populaire, présente annuellement depuis 2006 les «Americas Coolest Small Towns». Les candidates doivent avoir une population de moins de 10 000 habitants, compter plusieurs commerces indépendants, dégager une certaine «énergie», offrir un environnement enchanteur, proposer des produits culturels et artistiques et… du bon café! Hammondsport, dans l’État de New York, a remporté le titre de la petite ville la plus cool des États-Unis, ex æquo avec Beaufort en Caroline du Nord. La première, qui compte 725 résidants, est reconnue pour les vignobles qui l’entourent. On l’aime pour ses boutiques d’art, ses produits locaux et son atmosphère chaleureuse. Beaufort (4 309 habitants) est située au bord de la mer et fut autrefois un repère de pirates. Des attraits, comme un musée, témoignent de ce passé.

Quelques pistes pour des communautés dynamiques

Le groupe The Association for Enterprise Opportunity créait, il y a quelques années, le concept Regional Flavor, ou saveur régionale, dans le but d’aider les localités rurales à mieux se développer. Le cadre de cette stratégie mise sur les objectifs suivants:

  • bâtir une communauté où il fera bon vivre;
  • accueillir des visiteurs qui sauront apprécier les atouts de l’endroit;
  • inciter les enfants qui grandissent dans la communauté à y considérer leur avenir.

Source: ruralmarketing.com

Voici une synthèse des cinq principes du projet Regional Flavor:

1. Aider chacune des organisations locales à se surpasser, à demeurer unique et à innover continuellement tout en mettant l’emphase sur leurs forces. Certains termes clés caractérisent ce principe:

  • Penser local: favoriser les fournisseurs locaux;
  • Collaborer: développer des partenariats est un impératif, surtout dans les petites localités;
  • Innover: exprimer sa vision et ses objectifs de façon originale et unique;
  • Se présenter sous son meilleur jour: balayer le trottoir et nettoyer les fenêtres du commerce. Si le local voisin est vacant, nettoyer son trottoir et ses fenêtres.

2. Identifier les atouts spécifiques à la région et les mettre à profit:

  • Les personnes clés, celles qui réalisent des projets et qui performent bien dans la région;
  • Les entreprises qui durent;
  • Les organisations rassembleuses;
  • Les attraits et activités touristiques;
  • Les personnes-ressources, celles qui travaillent à améliorer le sort de la communauté.

3. Lier les atouts en créant des activités:

  • Lier les artistes, les producteurs de spécialités régionales, les spécialistes du patrimoine et les entreprises de loisirs en mettant de l’avant les intérêts qu’ils pourraient avoir en commun;
  • Nommer un leader comme une coopérative ou un comité de revitalisation.

4. Encourager les visiteurs et les résidants à créer un lien émotif avec la région:

  • La grande majorité des activités et des services offerts à un endroit le sont aussi ailleurs. Il faut donc identifier un atout distinctif et faire la promotion d’expériences authentiques de façon à ce qu’elles enrichissent la vie de ceux qui les vivront afin qu’elles deviennent mémorables;
  • Il faut créer des liens entre les attraits, les services ainsi qu’avec les communautés avoisinantes.

5. Créer des liens stratégiques entre le milieu rural et les noyaux urbains environnants:

  • La plupart des visiteurs proviennent de la ville et aiment bien une transition en douceur pour les sortir de leur zone de confort. Au Tennessee, par exemple, on a développé un réseau d’itinéraires cyclables qui partent des villes et villages pour ensuite sillonner l’arrière-pays.

Social, local et mobile

Les petites municipalités n’échappent pas aux grandes tendances de l’heure. Les médias sociaux, les appareils mobiles et les possibilités de recherches locales sont de plus en plus indispensables au voyageur. Il s’avère donc essentiel d’acquérir les connaissances pour mettre en place une stratégie liée à ces outils de communication. Certaines municipalités jouent à fond la carte des médias sociaux, par exemple:

  • À Lake Arrowhead, en Californie, les médias sociaux ont complètement remplacé les publicités imprimées. Un an après le premier tweet, les réservations pour cette destination ont été plus élevées que jamais auparavant;
  • Lorsqu’Allan Jenkins a publié sur Twitter qu’il cherchait une destination, @travelcoosbay de Coos Bay en Oregon a répondu «You should drop in for the night». Après avoir reçu un lien Flickr vers des photos de l’endroit, A. Jenkins demande si les gens sont aussi sympathiques que la nature est belle. Coos Bay répond par la photo ci-dessous. De nombreux résidants de l’endroit ont aussi publié des tweets et envoyé des vidéos personnalisées sur YouTube.

Source: stikkymedia.com

 

Des communautés durables

Plus que cool, les communautés doivent miser sur la durabilité, autant sur le plan environnemental, social qu’économique. L’engagement de la population et des entreprises locales et l’identification d’une vision commune sont essentiels pour favoriser un développement sain et durable pour tous.

 

Sources:

– Budget Travel. «Americas Coolest Small Towns 2012», blog.budgettravel.com, 1er février 2012.

– Ivan, Dave. «Can Small Towns Be Cool?», smallbizsurvival.com, mai 2009.

– Lins, Shannon. «Hammondsport Officials Say Coolest Small Town Title Brings Business», wetmtv.com, 30 juin 2012.

– Ministère des Affaires municipals, des Régions et de l’Occupation du territoire. «L’organisation municipale et régionale au Québec en 2012», Gouvernement, du Québec, 2012.

– Palmer, Barbara. «Small-Town, Not Small-Time», pcmaconvene.blogspot.ca, janvier 2011.

– Santos, Stacey. «Small Town Tourism, Big Social Media», stikkymedia.com, 2012.

– Steele, Joanne. «5 Principles to Lay the Groundwork for your Small Town’s Rural Regional Flavor Strategy», ruraltourismmarketing.com, novembre 2009.

– Steele, Joanne. «Creating Small Town Tourism Success Part 1, Branding», ruraltourismmarketing.com, 7 août 2009.

– Shen, Aviva et Susan Spano. «The 20 Best Small Towns in America», Smithsonianmag.com, mai 2012.

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Produits et activités Tendances

L’évolution du slow travel

À l’ère de la rapidité et de l’instantanéité, le slow travel s’impose comme un contre-balancier salutaire. Souvent caractérisé par des voyages de proximité, une faible empreinte écologique et une mise en valeur de l’expérience touristique comme telle, le slow travel suscite encore des débats quant à ses éléments de définition. Difficiles à cerner et à mesurer, les tendances sociétales actuelles consolident néanmoins sa raison d’être et sa croissance.

Le slow travel a vu le jour en 1999 et découle du mouvement slow, originaire d’Italie en 1986. Ce dernier est né en réaction au rythme de vie et de travail très rapides, à l’augmentation du niveau de stress et à la perception de devoir être en mode multitâche constamment.

En ce qui concerne le slow travel, il suppose de ralentir le rythme pour mieux apprécier toute l’expérience touristique, de prendre le temps de découvrir une destination plus en profondeur, de s’ouvrir à l’environnement local et de s’insérer dans une vie sociale. L’idée est aussi de réduire le nombre d’expériences pendant les vacances et de se concentrer sur la qualité de celles-ci. Diverses définitions prennent souvent en compte le mode de transport, mais excluent habituellement l’avion. Dans cette analyse, nous retiendrons un concept qui n’est pas défini par un mode de transport particulier ou encore par certaines destinations, mais plutôt par l’approche du touriste par rapport au voyage. (Lire aussi: La tendance «Slow» se propage!)

C’est en comparant le slow travel au tourisme traditionnel qu’on le définit le mieux.

Les principales motivations

Le choix de certains modes de transport

Que ce soit pour se rendre à une destination ou pour se déplacer dans les alentours, certains modes de transport témoignent de la volonté des voyageurs de prendre leur temps et leur permettent de découvrir davantage le territoire qu’ils traversent.

  • Le train est fortement associé au slow travel, principalement en raison de sa faible incidence écologique, du fait que c’est une façon généralement relaxante de voyager et il s’agit d’un moyen de transport plus lent que l’avion.
  • La navigation à voile ou à rame (les grandes croisières ne satisfont habituellement pas les critères du slow travel).
  • Le vélo, qu’il soit utilisé pour rayonner autour d’une destination ou encore pour parcourir une région en passant des nuitées à différents endroits.
  • La randonnée pédestre, dans le même esprit que celui du vélo.
  • L’autobus public est un mode de transport qui permet de relaxer, de rejoindre de petites municipalités et de côtoyer la population locale.

Expérimenter une destination dans son ensemble

Les activités auxquelles on se réfère souvent lorsque l’on pense au slow travel sont davantage de l’ordre de «faire» et de «vivre» que de «voir»:

  • résider dans un lieu d’hébergement disposant d’une cuisine et préparer des repas avec des aliments locaux;
  • visiter les marchés et les boutiques;
  • relaxer dans les cafés et les établissements servant des produits régionaux;
  • interagir avec la population;
  • se familiariser avec la langue, puis l’apprendre;
  • s’intégrer à la communauté en se restaurant aux endroits fréquentés par les résidents;
  • suivre le rythme de la vie locale, ne pas se fier seulement aux guides touristiques.

Le souci de l’environnement

Le slow travel est attirant pour ceux qui se préoccupent de leur empreinte écologique. Il ne s’agit cependant pas d’une motivation pour tous les touristes slow.

Des raisons budgétaires

Alors que la plupart des adeptes le font volontairement, certains y participent en raison de contraintes budgétaires. Quoiqu’il s’agisse d’un sujet peu documenté,on peut supposer que le slow travel est susceptible de coûter moins cher, ne serait-ce qu’en transport.

Les destinations à découvrir lentement

Plusieurs destinations orientent leur offre vers des expériences inspirées du slow travel.

Les Perles des Alpes (Alpine Pearls) consistent en un réseau de 24 destinations des Alpes européennes à travers l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche, la Suisse et la Slovénie. Ces communautés proposent des façons simples de passer un séjour de tourisme durable. Les déplacements se font sans voiture – on s’y rend généralement en train et ensuite on se déplace en vélo, en randonnée, à cheval, en autocar ou par d’autres modes en hiver. Les lieux participants s’engagent à respecter dix «promesses» comme la promotion de la culture alpine, ses traditions et sa cuisine.

Source: Alpine Pearls

Traversant Springer Mountain dans l’État de Georgie jusqu’au mont Katahdin dans le Maine, le Sentier des Appalaches (3500 kilomètres) se poursuit ensuite au Québec et au Nouveau-Brunswick pour rejoindre le cap Gaspé (1034 kilomètres). Paradis des randonneurs, le sentier promeut une expérience de slow travel et est associé à la campagne Leave no Trace, qui favorise de bonnes pratiques environnementales.

L’île Stradbroke dans le Queensland en Australie est devenue en 2006 la première slow island. Cette appellation lui permet de rejoindre les clientèles intéressées par la préservation de la nature et la rencontre des résidents.

Outre les destinations, mentionnons qu’il existe de nombreuses entreprises offrant des voyages sur un rythme lent, que ce soit des producteurs de services ou des grossistes. Soulignons également la prolifération et la popularité des guides de voyages qui suivent ce mouvement.

Les tendances sous-jacentes

Certaines tendances récentes favorisent le développement de produits répondant au slow travel.

  • Le vieillissement de la population. Les baby-boomers et les seniors voyageront pendant encore de nombreuses années. Expérimentés, ils rechercheront de nouvelles formules, plus personnalisées et riches sur le plan culturel. De plus, étant souvent à la retraite ou à la semi-retraite, ils disposent de plus de temps qu’auparavant et que les générations plus jeunes.
  • Le besoin de décrocher de la technologie.
  • La recherche d’expériences plus authentiques et du bien-être.
  • Le regain de popularité du tourisme domestique depuis la récession encourage les déplacements courts et les modes d’hébergement plus accessibles comme le camping.
  • Enfin, la croissance soutenue du slow travel depuis une plus longue période est principalement due à l’engouement pour le tourisme responsable auquel il est intimement lié.

Adopter la devise: lentement mais sûrement!

 

Sources:

– Mintel. «The Evolution of Slow Travel», Travel and Tourism Analyst, no 4, mars 2011.

– Heitmann, Sine, Peter Robertson et GhislainePovey. «Slow Food, slow Cities and Slow Tourism», tire du collectif. «Research Themes for Tourism», sous la direction de P. Robinson, S. Heitmann, P.U.C. Dieke, 2011, p. 114 à 127

 

Site Web:

– Alpine Pearls